À L'INFINI BORD D'ELLE

 

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            4.1.1. poèmes de 2017
À L'INFINI BORD D'ELLE 

1
12 mars

De prime abord s'agit, lui d'un gringue à la belle
inconnue, un soir de vieilles lunes, nuée de libellules
au bord d'une rivière aux lampions des lucioles,
son pied dulçaquicole épris de charme en doute 
halluciné d'un champignon sur rut à bagatelles.

Elle flottait sur un lit d'algues mauves,
languissante glissant de son épaule fauve
une bretelle sur un sein de sirène d'alarme
à l'œil d'amante verte et sans vertu, fidèle
et infidèle à lurelure à son allure, impure perte

du jour au rouge doux, d'où ce gris perle
ému de turgescence prolongée d'un songe
originel irréfuté, de nul mensonge issu, ni d'aucune promesse,
ni d'yeux n'y mettre la main au feu d'une déesse
inconsolée de l'abandon des dieux pour une fesse

ailleurs plus facile à soumettre, soubrette à soulever ses jupes
au premier beau qui passe, face au ciel, mon mari dans la lune !
Un cosmonaute à poil a sauté la grande ourse et personne,
je dis bien personne, n’en a rien écrit, que fait la police
des mœurs interplanétaires ? Que fait tweeter ? Que fait Harry Potter ?

Puis elle partit en voyage, dans l'île aux chiens sauvages,
et je restais à mordre la poussière d'étoiles indignées
par la pollution lumineuse. Je rêvais sur la toile à régner 
en maître-étalon de ses rêves, et elle sur la plage
au soleil vrai, loin des migraines d'un métier

tout en noir et blanc, sans nuance de gris.
La nuit, toutes les chattes ont des couleurs,
moi comme un con je les reconnais à l'odeur
qu'elles font en partant, bonheurs inscrits
dans le décor des corps éperdus de doux leurres,

corps séparés dans la douleur d'aimer encore
l'absente du bouquet et pourtant à cueillir
à tout âge plus fort du naufrage des cœurs,
quand il font vainement la queue pour un sourire,
un dernier verre, un jamais lassé jamais là,

enlacés de nos souvenirs d'un futur outre feu
d'artifices, des maléfices dénoués, des sortilèges
allégés de galéjades sans parpelèges,
indigènes parfaits du monde après les faux
semblants, surpris dans la soudaineté des êtres

sans avoirs, que leurs désirs de vivre et de vibrer
ensemble en polysons au bord de l'aube libre
et dans le don paisible des plaisirs livrés
à l'infini de l'impossible en cible, de l'improbable
en diable, de l'impro mise en geste d'un dé-but

sans fin.

2
13 mars

Entre l'aube et l'aurore un aujourd'hui l'augure,
cet alphabet du jour qui vient, virgule, de la nuit,
point. L'heure du merle à l'orée de l'ennui
que ma chatte lui nuise ou que mon chat l'heureux
lui coupe le sifflet. Tous les goûts sont dans la nature,

les mauvais font littérature et les bons sentiments
ne mangent pas de pain, le reste est nourriture
céleste, dit le greffier de mes boniments,
si leste en griffe et fier de sa plumée pâture 
qu'il laisse son pâté indigeste à minette,

elle est dégriffée. Je suis épaté, mais laminé :
il faut absolument être à la mode,
la poésie est d'un effet miné
par la saison d'enfer et la raison d'en faire une ode
à rien, un chant de ruine, un silence de mots.

Le merle est mort, donc, et la cerise en deuil,
tout le monde s'en moque comme du mot cœur
quand la fausse commune est pleine des rancœurs
du temps passé de modes à trépas, très bas,
stressé, pressé, lassé, là serré cérébral

et c'est sans bras que l'on s'embrasse 
Folleville, fous dans les villes embrasées
où l'on se baise en bulle et que l'on déambule
en débiles dérives des rives d'airain
au débord de terrains vaguement éreinté. 

Blaise Cendrars baise sans bras,
son dard est sans drapeau
dans de beaux draps, chapeau bas

Debord est raviné, c'est les rats vains
de son vin pieux, la dérive des vieux
incontinents pissant sur son tombeau


C'est au bord de tes reins que tout va commencer,
je suis tombé par terre, c'est la faute à tes yeux
d'amande abandonnée, damnant l'amant spécieux,
Ô précieuse où vice est versé, berçant verset
que Satan nique sans queue ni quête que percer

ton âme, mon âme.

J'ai vu d'entre les mots ressusciter cette âme
en robe de soie, toi sans visage, sans visa
revenue parmi fleurs de mille ans, du Vietnam ?
Vénus au lotus rouge, émotif, à motif
inconnu. Sans prise de Têt aller de femme

en tête, battre fête au village du verbe,
le faire chair, plus cher encore en corps hanté,
entêtant à tenter le diable et fou chanter
enfin, à tue-tête et sans char, l'été, qu'ailleurs l'herbe
évertue, que charité ordonne le vertige !

Vertige du printemps, Ô ma saison d'aurore,
que la raison s'endorme et vienne l'oraison
jaculatoire eau vive, Ô ma fontaine d'or
où rime à diapason la secrète liaison
du verbe et de la chair, des âmes et des corps.


Ainsi parle un poète à son cheval (d'arçons)
d'un vers au trot classique et d'un ton trop antique
il fait de pets son troc, et de toc romantique
en tics, des trous dans son froc, le pauvre garçon.
Ah là là, l'alalie, lalalère ou chanson ?

La rime a des ratés, c'est la moto des mots / tôt vermoulus, des vers moulés comme un boudin,
bout d'un crime de sens, partouze non par un / mafieuse de mon culte ! Assis, merde à vos bancs ! 
Méfiance de mes fientes / blanches larmes de l'âme

FoSoBo 13 mars 2017 19:15

[à suivre, avec modération]
 


quelques mots rares, et autres allusions :

dulçaquicole
 : qui vit dans l’eau douce
lurelure : au hasard, sans intention précise
parpeléger : battre des paupières convulsivement, par tics ou nervosité
fleur de mille ans : œillet d'Inde, une des six fleurs les plus en vue du Têt, fête du Nouvel An vietnamien, qui marque également l’arrivée du printemps, son nom signifiant « fête de la Première Aurore »
allalie
 : impossibilité de parler