sonnets de 2017

 

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    4. POÈMES 1975-2016
        4.1. poèmes 2014-2017
            4.1.1. poèmes de 2017
sonnets de 2017 

TOUS EN SCÈNE

La solitude, ça n'excite pas,
c'est où l'autre est exit,
l'ici l'ombre l'exil
en soi pour soi trépas

C'est Godot en coulisses
essuyant ses godasses
en attendant la fin
la salle vide enfin

Avant d'entrer en scène
une première fois :
il a franchi le pas,

Il marche sur ses rêves,
s'assied au dernier rang,
la foule figurant

FoSoBo 26 mars 2017 11:23
sonnet 404

 

LEURRE D'ÉTAIS

Heure d'été
le jour fait leurre
étai de nuit

Un soleil nu
ensommeillé
taie d'or rayé
nuées d'ennui

À l'étalage
vole un nuage
entre deux montres
intéressé

L'ennemi dort
monstre évincé
mort d'avoir nui

FoSoBo 26 mars 2017 09:16
sonnet 403

 

FAR IN THE PAST

Fantasmes affamés,
faméliques reliques
aux loups de purs viatiques
fans de femme fanée

au foyer enfermée,
les mains dans la farine,
l'âme et le cœur far in
the past, en pâte aimée,

empâtée même aimée
d'un pote, à la popote,
touchante mais mémé

Qu'un saint touche à ses seins,
il sera l'assassin
de rêves en compote

FoSoBo 24 mars 2017 12:40
sonnet 402


JE TE PLUMERAI

Désamusé des sornettes
des serpents désabusés,
de langues déjà usés,
loin je m'en vais des sorts nets

au vent mauvais enbaumettes,
baumes des mots tant prisés
en prison, raisons épuisées
d'impuiscience, je dis niet !

Non ! Non et renon aux cultes,
non à ces renoms occultes,
foire aux fois des enfoirés

J'irai par les renoncules
à l'alouette parler
oui, mais la plume à la raie

FoSoBo 24 mars 2017 12:04
sonnet 401

 

CHUTE, CHUTE... CHUT !

Homme des mots et d'émotions
la monde résonne à ta porte
et par ta bouche s'emporte
au vent la vie sans précautions

Ta poésie est l'occupation
de ce lieu d'où s'exhorte
un appel de ce vide, qu'il porte
une geste au-delà des passions

Tristes ou gaies, suffocation
d'une chanson qui manque d'air,
d'un oiseau privé d'ailes

Et qui vole son chant d'y croire,
sous le soleil exactement tel un Icare
à son infinie chute, chute... chut !

FoSoBo 24 mars 2017 10:24
sonnet 400

 

VALSE À DEUX OU TROIS TEMPS

Confidence pour conflit dense,
tu causes tu causes sans écho.
Entre regard froid et cœur chaud
on entre et ressort de ta danse

à côté de tes pompes funèbres
où tu célèbres un grand macabre
avec un air de fête galant.

On entre dans ta danse au pas
de la folie qui va au trépas,
trépané, très pas net, très honnête

ou pas. On sort de la cadence
en disant fuyons ce fiasco,
ou joue l'indifférence et continue son show,
on transpire : on a peur de la transe

FoSoBo 20 mars 08:44
sonnet 399

Le Grand Macabre : opéra en deux actes de György Ligeti, 1977. L'action se déroule dans un pays imaginaire « Brueghelland ». Le grand macabre, personnage qui prétend être l'incarnation de la Mort, annonce la fin proche du monde. (Wikipédia)

 

ABUS ROI

Ta vie mangée par l'art et la sociale
t'as rangé par mille ors et gadoues.
Rongés les os, des dégâts doux
gonflent ton fleuve d'eaux diluviales.

Tu touches les profondeurs alluviales
d'un pied, jamais le même, au bain d'où
sort, congelé, ton lard et le saindoux
dont tu mijotes ce ragoût glacial.

Entre dégoût du luxe et luxure des mots,
ta vie s'enlise et ta mort entre en lice
silencieuse dans le corps du délice.

Pourtant, elle est là, revenue
d'outre tout à l'oreille d'un mur
et te prend, tel un roi, et nu

FoSoBo 20 mars 2017 06:10
sonnet 398

 

DEHORS-DEDANS

souffre monde dedans,
dehors rentrée douleur
de nulle part ailleurs
ni partout discordant

d'Orient ou d'Occident
nos rêves sont nos leurres
du siècle aiguilleurs
vers le grand accident

souffle un vent de panique
sur un air de cantique
des morts, d'un mal des mots

du mauvais sort qui mord
la vie d'un mors aux dents,
le futur m'oxydant

FoSoBo 19 mars 22:04
sonnet 397

 

CUMULONIMBÉ

comme un baiser violet meurt ce jour éteignoir
où la couleur de l'ombre en la douleur est grise
et de trahison grosse; et d'illusion est prise
une saison sans horizon dans le sang noir

de ce printemps violent qui vient sous l'assommoir
avec ses vieux refrains et son temps des cerises
abreuvant les sillons d'un disque qui me brise
le cœur encore mais, me direz-vous, pourquoi ?

pourquoi puisque tout s'est dépassé sans retour
et que tousse l'histoire et que pousse l'encore
un monde vers l'abîme où le presse sa mort ?

pourquoi chanter la vie quand les oiseaux se taisent ?
cachez-moi pour mourir entre vos parenthèses,
crachez sur ma tombe et balayez vos remords

FoSoBo 19 mars 2017 20:05
sonnet 396

 

VIVEMENT DEMAIN

Le samedi
après-midi
tu fais les courses
poète of course

Quand vient le soir
tu es bavard
sous la grande ourse
poète of course

Tout est obscur
tu n'en accours
que plus beau dit

Vient le dimanche
jour de revanche
tu t'ébaudis

FoSoBo 18 mars 2017 14:56
sonnet 395

 

JE N'AI JAMAIS APPRIS À LIRE

À lire je n'ai
jamais appris, à l'écrire
non plus, et plus d'en dire
je suis gêné.

Par mes aînés
tout le fut-il ?
Quoi de futile
y rajouter ?

Nous nous lisons...
qu'un vain délire,
soit inutile !

Alors disons
qu'ainsi soit-il
et le faisons

FoSoBo 17 mars 2017 15:01
sonnet 394

en me souvenant, très vaguement, d'Aragon : "Les Incipits, ou je n'ai jamais appris à écrire", 1969

 

TONTON COUSCOUS

à Njie

Le monde est devenu plus petit que tes rêves,
n'attends plus rien que de toi-même aimer
et passionner les autres de tes mets
faits et de tes méfaits, d'être en effet
en grève

Devant la société, et de l'être sans trêve
avant les pieds devant sur le métier qu'on met
les mots en vers et à l'envers de Mallarmé
dans le plat du réel et que le cœur en crève.

Longtemps tu es venu chez 'Tonton', maintenant
c'est toi l'oncle du temps, mais à jamais à perte
de vue, de palabre et sang noir, de vue offerte

À tes yeux comme un plat de 'suggestions créoles'
glissant du ventre au cœur et du corps à l'esprit
des choses, de
la chose à la cause, sans prix

Montreuil, 8 mars 2017, 14:20

sonnet 393

écrit du "Café Gabriel" face au cimetière de Montreuil sous le Parc des Beaumonts. C'est un restau que j'ai fréquenté trente ans, du temps de 'Tonton Couscous', un berbère accueillant que je découvre aujourd'hui 'franco-antillais'... Njie est la serveuse, sénégalaise de loin-sur-Marne (2 heures de trajets AR...). Références et allusions, dans l'ordre, à John Keats, Mallarmé Divagations 1891, Arthur Rimbaud, Aragon, Marcel Proust, Louis Guilloux, Édouard Glissant...

sonnets de 2017

 

LYRE ÉCRIRE

Ménure prête-moi ta plume
à la mesure de ta queue
pour écrire en mots que
la nuit se moque de l'écume

Des jours usure des costumes,
de la césure et des moqueux,
des baisures, des maîtres queux,
de leurs cuisines et coutumes.

Marchez volez bergeronnettes,
courrez et chassez hochequeues,
gazouillez mésanges nonnettes,

La beauté s'est perchée sur vos nids
et vous hébergez l'infini
sans dieu ni mètre ni tribune

FoSoBo 8 mars 2017 03:58

sonnet 392

c'est un poème dans la série des oiseaux égrainée ci et là
le
ménure est l'oiseau-lyre d'Australie, excellent imitateur...

 

MESSONGE

Un jour les lettres des journaux
feront la grève des mensonges
et rangeront en mots nouveaux
le sûr désir qui ronge

mes idées usées, mes songes
creux, mes écrits vains, mes mots
de vent mauvais...

À mort mes tristes proses
en langage cuit rose
entre les cuisses bleues
de la douleur des choses,

Le monde ultra violé
va court vole et nous venge
d'un crime trop parfait

FoSoBo 5 mars 2017 15:01

sonnet 391

 

PREMIERS FEUX

Jusqu'au bout de la vie la nuit s'éteint
au bord d'un vide,
un fond de poche atteint
de proche en proche

Un vertige crevé,
avide d'un matin
sucré, salé, mutin,
mutant de neige en rouge

Comme une bouche s'ouvre
au monde à tout baiser
et prise à tout oser,

Brûlez vestiges, que descende
un soir incandescent
sur vos cendres de sang

FoSoBo 5 mars 2017 11:41

sonnet 390

 

TOUT À L'ENVOIR

Tu es là, revenue d'autres outre,
et même et non pareil émoi
entres toutes et moi,
d'un mot d'un rêve nu tuer le doute,

Oui tu es, là, l'inconnue d'une écoute
nouvelle à la croisée des voix,
promise à l'improbable route,
au tournis d'un désir, à l'envoi

D'un poète pendu à sa rime
éperdu assassin d'un doux crime
à son cri dans ton œil délyré,

Toi délivrée de tout délire,
toi délurée de tout à lire,
et tout à l'heure que j'aimerai

FoSoBo 4 mars 2017 21:31

sonnet 389

sonnets de 2017

 

ROSSE EST LA VIE

On naît trop de son temps
perdu, fiévreux d'hiers
désuets et divers
songes verts d'un printemps

Incertain, mécontent
du présent, c'est l'hiver,
et la mort sent les vers
sans les neiges d'antan.

On essaye autre chose,
on le sait l'important
c'est la vie c'est la rose...

On s'épique à Duchamp
des épines du chant
qu'on s'époque à l'envers

FoSoBo 3 mars 2017 12:58

 

QUAND TU SERAS BIEN VIEUX

Quand tu seras bien vieux, d'espoir, et sans modèle
Assis au bord du gouffre, avisant, et filant
Tes souvenirs rassis, le regard vigilant
Porté sous l'horizon effaré du bordel,

L'or d'un soleil touchant tes vers sans prix Nobel,
Lors tu n'auras plus peur, las du rythme si lent,
Du bruit blanc, des débris pestilents
De l'immonde isthme ici débordant les poubelles,

Je serai ce fantôme errant au bord de l'eau,
Parmi nos gens sur scène agités sans repos,
Tu mettras sans foi lié le pied dans l'autre fleuve,

Sans regret ni remord, sans parole sans preuve,
Vivant dès aujourd'hui sans attendre de main
Que la tienne en vain même d'une geste humaine.

FoSoBo 1er mars 09:07

sonnet 387

 

LOIN D’ADIAPHORIES

Dans la jungle férine
allé battre blabla,
le cœur dans la farine
et les pieds dans le plat,

J’allais sans coup férir
tomber, succomber bas
sous les griffes félines
d’une hyène en ébat,

Quand tout soudain deux yeux
se jettent par devers
mon regard de traverse,

La vision s’ouvre aux cieux
sous le soleil d’hiver.
Deux iris ont percé la neige

FoSoBo 11 février 18:43
sonnet 386

Adiaphorie : (Philosophie) Absence d’intérêt pour ce qu'il se passe, indifférence.

férin, férine, adj.
Vx. Relatif au caractère de la bête sauvage. 
Mœurs férines; regards férins (Lar. 19e).
- par extension pathologique. [En parlant d'une maladie ou d'un symptôme] Qui présente un caractère dangereux ou pernicieux. 
« Cette espèce, la plus opiniâtre, a été appelée gale férine, ou gale de chien; elle dure souvent des années, et quelquefois toute la vie. » (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p. 432).
Étymol. et Hist. 2. 1743 
toux férine (Trév.). Empr. au latin class. ferinus « de bête sauvage; sauvage, cruel » dérivé de fera « bête sauvage ». Bbg. Wind 1928, p. 84, 189.

 

D'INCERTAIN

Au bord du temps, perdu,
aveugle aux yeux hagards,
que chaque pas égare,
au hasard suspendu

Dans le silence du
brouillard où le regard
s'éteint sans prendre garde
aux murs inattendus,

Pas un écho, la brume
étend sur tout un gris
d'étain qui tait mon cri,

Interné d'incertain
au destin clandestin
d'un bagnard anonyme

FoSoBo, 23 janvier 2017, 14:47
sonnet 385

 

ELLE

Elle est venue matin
d'un pas ensommeillé,
comme nue habillée.

Elle est tôt en couleurs
de cannelle et vanille
et dans son œil noir brille
un soleil de diamant.

Ses charmes sont aimants,
envoûtants ses parfums,
irrésistiblement.

Elle a beau se couvrir
son pas la déshabille,
elle ne sait qu'offrir
son œillade à l'amant.

FoSoBo 19 janvier 2017 06:19
Sonnet 384

 

LA PANNE

7 sonnets le temps d'une panne d'électricité

FosoBo 16 janvier 12:13-14:56 / sonnets 377 à 383

1

On n'est plus au courant
de rien. C'est la coupure
générale. Un coup dur
du destin, ce tyran.

On l'a trouvé marrant
d'abord, mais là, ça dure,
et l'on en vient pleurant
le temps d'avant, c'est sûr.

On rêvait d'électricité
et de soviets, Lénine
était un saint, la mine

Un paradis de libertés
gagnées, et dans l'usine
on cuisinait la vérité.

2

Le monde est arrêté
la vie s'est mise en grève
et la porte bloquée
mets le temps au piquet

Les montres se soulèvent
printemps hiver été
les heures sont traquées
le jour la nuit sans trêve

L'avenir est sans rêve
le présent dépassé
ne sait plus quoi penser

Un chat noir est passé
traversant comme une ombre
une rue vide et sombre

3

Le froid qui vient
porte l'effroi
des temps sans droits
où l'on n'est rien

Des galériens
de tout les proies
qu'un maître broie,
des sous-terriens.

De la morsure
à la mort sûre
on dort si bien

D'un bon sommeil
quand le réveil
est arrêté.

4

On n'ira plus
vendre son cul
On a vécu
on est surplus

Ils ont vaincu
mais ils sont niais
ils nous ont niés
rien n'est perdu

Dans leur panier
ils ont l'oseille
on a osé

Poser nos œufs
avec des yeux
dans les oreilles

5

Avec nos bouches
on a fait mouche
on a volé
le temps zélé

De ses embûches
on a parlé
on a fait ruches
ils ont tremblé !

Chez ces gens riches
comme l'on triche
on fait son nid

Mais les abeilles
font à dessein
d'autres essaims

6

Soudainement se lève
un vent d'orage ardent
et le courage aidant
charge l'Adam sous l'Ève

D'une mission divine
de sexe fort changer
et braver le danger
que la femme devine.

Surgit le corps à corps
où le désir dévore,
une vie court et venge,

Meurt la secte des anges,
ailes brûlées des songes.
Quel plaisir nom de dieu !

7

Le monde est reparti
va savoir où
mais l'on s'en fout
on est de la partie,

Il y a du bonheur dans l'air
entre les branches des sapins
et les tranches de pain
ont du beurre à couper,

La luzerne sourit aux lapins
partout le trèfle a quatre feuilles
à l'appel d'une forêt vierge,

On a éteint les cierges
et payé la concierge
en nature et beauté

 

une série de sonnet "à Verlaine". En relation : à propos de la "musicalité" de Verlaine : fluidité, impair... 15 décembre

 

DES MOTS DÉS

à un ami

J'ai gardé mes plaisirs démodés
pour la fin, mais dès le début
la mode étant passée, j'attendais
le désir et sa faim, sans but.

Des doux, des durs, des purs plaisirs
je n'ai gardé que souvenirs
heureux, des heures désirées
sans but, sans savoir où j'irai

Sans fin, sans mode jeter mes dés
comme sans soif on boit pour oublier
qu'on attend toujours autre chose

Ou quelqu'un, qui était là avant,
quand c'était mieux avec, qu'on attend
sans s'aider d'un désir, sans faim, sa fin

FoSoBo 10 janvier 2016 20:32
sonnet 376

 

POUR TOUT DIRE

à Verlaine

À lire il faut que tout reste
écrit, avec ou sans ratures,
en prose ou en vers lestes.

Si le geste est dans la nature
osé sous toutes coutures,
un poème en retourne sa veste

au pire en perdant un bouton
de rose offerte à Jeanneton,
- soi-disant la bonne aventure
délurée depuis belle lurette.

L'honneur est sauf votre respect,
commis qu'il n'a aucun impair,
avec le pair il fait la paire,
hors quoi le poète est muet.


FoSoBo 10 janvier 2016 19:24
sonnet 375

« De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
[...]
Que ton vers soit la bonne aventure
[...]
Et tout le reste est littérature.»
Verlaine, Art poétique

 

RANCUNE

Ils implorent la lune :
- livre-nous tes secrets
- écris-moi à la plume

- écris-moi à la craie
- dis-nous combien tu es
- prouve que tu n'es qu'une

Ils sont très indiscrets
et la lune s'effraie :
- pour combler leur lacune
ils veulent me tuer

Jamais ne leur ferai
révélation, aucune
hésitation, rancune !
Ils marchent sur mes pieds

 

FoSoBo 10 janvier 2016 18:52
sonnet 374

Plusieurs mini-Lunes à l'origine de la naissance de la Lune ?

 

COMÉDIE

Où je conduis la mise en scène
aux personnages à ma main
en espérant qu'ils la ramènent
et qu'ils me surprennent demain.

Je vous attends mes autres
en vous priant d'être des hôtes
à ma table tous amusants

Et d'abuser ma triste muse
en prose en vers ou en verlan,
qu'enfin vienne le nouvel an.

J'éconduis la ruse et la haine,
le faux ramage, l'inhumain,
pour que répondent à ma peine
vos noms au bas du parchemin.


FoSoBo 10 janvier 2016 14:56
sonnet 373

 

NON DIT

Entre les choses et les mots
il y a un hiatus opiniâtre,
une obscure cause idolâtre,
une discordance même au

Premier regard anormaux,
un acte faux dans le théâtre
à l'œil à l'oreille saumâtre,
soupe à la grimace et grumeaux.

On vit on parle on marche à l'ombre,
on tombe sous un soleil sombre,
on creuse en plein jour son tombeau

On fait sa nuit on meurt d'ennui
On fait le gai sans le savoir
On veut pleurer il va pleuvoir

 

FoSoBo 10 janvier 2016 14:02
sonnet 372

 

AU DÉJETÉ

Un jour viendra le rendez-vous
des mots avec les choses.
S'il en manque et pour cause
il faudra que l'un se dévoue

Pour écrire ce fait nouveau
entre les choses et les mots,
un accord transitoire et qui ose
une belle métamorphose.

Aujourd'hui est-ce un manque de pot,
de marmite à bouillir l'histoire,
un défaut dans la trajectoire ?

On a jeté des dés pipés,
ceci n'est pas un pipe et
l'on n'a pas aboli le hasard

 

FoSoBo 10 janvier 2016 11:41
sonnet 371

déjeter : déformer en faisant subir une déviation.
« L'homme en se développant, s'est déjeté; il s'est déjeté tant d'un côté, par la prédominance de la vie cérébrale.»
Taine, Voyage en Italie, t. 2, 1866, p. 165; CNRTL

claire métamorphose : « il n'y a en fait de vie qu'écrite, et seule l'écriture peut rendre compte de cette « très peu claire métamorphose de la vie en une vie et d'une vie en ma vie.»
Gérard Dessons cite C. Morali, La Licorne 08 septembre 2010

 

UN MONDE POLYMÈRE

C'est ici un manque de terre
un trop de vide dans les yeux
un trop de ville dans les cieux
un trop de gris dans l'inventaire

Où les mots vont au cimetière
arroser des morts prétentieux
qui n'ont pas appris à se taire,
où le verbe se prend pour dieu.

Ce n'est pas un manque de pots
pour planter des petits drapeaux
sur des morceaux de militaires.

C'est au mieux un manque de peau
sur les os brûlés d'ossuaires
en plastique. Un monde en polymère


FoSoBo 9 janvier 2016 10:51
sonnet 370

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. » Prologue de l'évangile selon Jean

 

PLUS DE CHOPIN

Pas un oiseau n'allège un ciel de plomb
Pas une plume où fond la neige
Pas une encre à jeter sur la page
Pas un gage à l'avenir long

Pas un poème pas un violon
Pas un pinceau pas un arpège
Pas une ancre à lever au large
Pas un présage pas un jalon

Posé vers un destin, pas d'horizon
à passer au loin, pas de fortune
ni dessein, pas de nocturne

Plus de Chopin. Une chanson
dans l'air du temps fait son
frisson sans qu'on la sonne

 

FoSoBo 8 janvier 2017 16:54
sonnet 369