II.4.1. pensée décoloniale, définition et textes de références

 

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II.4.1. pensée décoloniale, définition et textes de références 

14 novembre 06:01

DÉCOLONIALITÉ : introduction, définitions, textes...

une première mise en garde consiste à distinguer Études post-coloniales et Pensée décoloniale, souvent confondues en France, et assimilées à la philosophie post-moderne, dite French Theory :

« Si la critique décoloniale reconnaît les apports des 'Postcolonial Studies', elle s’en distingue pourtant dans la mesure où elle s’efforce de décoloniser la critique postcoloniale et de dépasser ses limites en défendant un projet de décolonisation épistémique radicale qui prend au sérieux la pensée critique issue des traditions intellectuelles non-occidentales.

Le postmodernisme et le post-structuralisme, en tant que projets épistémiques, font partie intégrante du canon occidental du fait qu’ils reproduisent, dans les domaines de la pensée et de la pratique qui sont les siens, une forme spécifique de colonialité du pouvoir/savoir. Il est regrettable de constater que les Postcolonial studies, en privilégiant Lacan, Gramsci, Foucault et Derrida se trouvent dans l’incapacité de mener à bien une décolonisation épistémique...
» Ramón Grosfoguel

en effet, la critique à prétention marxiste ou anarchiste confond allègrement ces approches théoriques dans un amalgame visant à les dénigrer avant même de les avoir comprises. Un exemple récent : La « gauche communautaire » ou la dégénérescence post-moderne Esteban Rojas pour l'UEC Strasbourg 13 Octobre 2016

on trouvera dans ce sujet des textes des 'pères fondateurs' de la pensée décoloniale entant que telle forgée dans les années1990, héritant de l'indigénisme marxiste latino-américain (Mariategui...), du post-colonialisme... : Enrique Dussel, Aníbal Quijano, Arturo Escobar, Walter Mignolo, Ramón Grosfoguel, etc. 

d'autres en relation : Capucine Boidin et Fátima Hurtado López (philosophie de la libération), Sanjay Subrahmanyam (histoire globale), Maia Ramnath (Decolonizing Anarchism), Glen Coulthard (Red Skin, White Masks), Matthieu Renault (Frantz Fanon et les langages décoloniaux)

Gayatri Spivak nous instruit par ailleurs des rapports entre marxismes et Études subalternes, d'origine indienne, comme un pendant des travaux de Stuart Hall héritant de Marx dans les Cultural Studies. Son essai de 1988 Les Subalternes peuvent-elles parler ? « part d’une critique des efforts déployés actuellement en Occident [notamment par Gilles Deleuze et Michel Foucault] visant à problématiser le sujet, pour aboutir à la question de la représentation du sujet du Tiers-Monde dans le discours occidental. Chemin faisant, l’occasion me sera donnée de suggérer qu’il y a en fait implicitement chez Marx et Derrida un décentrement du sujet plus radical encore.» Gayatri Spivak dans la présentation. C'est aussi une grande leçon de pratique théorique quant à la responsabilité des théoricien.ne.s, et une incitation à approfondir nos questions sur la subjectivation révolutionnaire

une bibliographie assez complète intégrant Vue générale et anthologie, figures et textes représentatifs, études post-coloniales nord-américaines, ressources en ligne

rare livre en français à faire le point avec un choix de textes : Penser l'envers obscur de la modernité - Une anthologie de la pensée décoloniale latino-américaine C. Bourguignon Rougier, P. Colin, R. Grosfoguel - 2014

Depuis maintenant plus d’une décennie, les travaux du groupe de chercheurs modernité/colonialité contribuent à renouveler profondément le champ des interrogations de la théorie critique latino-américaine. Ce réseau d’universitaires, pour la plupart originaires d’Amérique du Sud ou de la Caraïbe, a engagé une déconstruction volontairement « située » du récit ethno-centré et intra-européen de la modernité. En replaçant la colonisation ibérique du « Nouveau Monde » à l’origine de la formation du monde moderne/capitaliste, ces chercheurs ont jeté la lumière sur la dimension intrinsèquement coloniale de la modernité occidentale : les différentes formes de violences impériales ne constituent en aucun cas les conséquences indirectes d’une modernité globalement libératrice, mais l’un des aspects fondamentaux d’une configuration de pouvoir spécifique qui allie, dans un même mouvement, rhétorique émancipatrice et logique oppressive.

La modernité/colonialité n’a pas disparu avec les décolonisations : opérant au niveau ontologique (la colonialité de l’être) et épistémique (la colonialité du savoir), elle est devenue un système de pouvoir articulée au niveau planétaire. Les articles ici réunis se proposent d’explorer, selon des perspectives théoriques très diverses, quelques-unes des implications épistémologiques, éthiques et politiques de ce qui constitue, pour les auteurs, une véritable « option décoloniale ». Au-delà de la diversité des approches, une constante : toutes ces interventions clament l’urgente nécessité de dépasser les apories de la modernité occidentale et de poser les fondements d’une transmodernité multitopique.

dans un chapitre spécifique II.3.3. relations aux marxismes et à la lutte des classes. J'y interroge entre autre l'anti-marxisme de Ramón Grosfoguel, une des principaux théoriciens soutien du PIR depuis sa création en 2005, ce qui peut en expliquer quelques contradictions du point de vue même de la pensée décoloniale, qui n'a rien d'homogène

chercher à savoir

si le combat décolonial est de gauche ou de droite
s'il est un combat de classe

c'est se demander
si l'alcool de vin est rouge ou blanc

et si la coupe est à moitié pleine ou à moitié vide