IX.5. l'éthique communiste : et la morale ? Contre le moralisme, l'immoralisme, et l'amoralisme

 

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IX.5. l'éthique communiste : et la morale ? Contre le moralisme, l'immoralisme, et l'amoralisme 

8 novembre 18:25

du 19 octobre 2016

morale ?

j'ai déjà dit qu'en sus d'une éthique, il y a pour moi une morale communiste, mais :

moraliste : fait passer tout derrière la morale

immoraliste : fait passer tout devant la morale

amoraliste : ne fait pas passer la morale

ma morale communiste est à tirer, comme on dit "la morale de cette histoire",
de ce qui n'est pas d'essence morale, les rapports sociaux,
elle s'en déduit de surcroît, contre ces trois races
 
du 26 octobre
 
morale, capitalisme et communisme


c'est une question que je n'ai jamais abordée, et qui est à vrai dire un peu passée de mode, alors qu'en 68 et dans les années suivantes on en faisait grand cas. Il existe sur le sujet toute une littérature de "marxistes kantiens". Voir marxisme et morale

n'étant pas philosophe, cette approche ne m'a guère attirée, si ce n'est pour quelques controverses récentes avec Yvon Quiniou, anti-religion obsessionnel qui a réussi cet exploit, devoir toute sa carrière à l'environnement pécéfixe et être en bonne place dans les vitrines anarchistes, ce qui en fait aujourd'hui un des combles "marxistes" de l'idéologie française. Ce philosophe, qui enseignait Marx à l'Université, n'a pas commencé de comprendre un mot à la Critique de l'économie politique, au demeurant absente de ses délires de la raison pure, et fort peu à la critique marxienne de la religion, matrice de la critique de l'idéologie, de la politique et de l'État

j'ai de la morale une approche plutôt pragmatique. Si le capitalisme est "immoral"*, ça ne le définit pas, et n'est que l'appréciation qu'on porte sur ce qu'il fait du point de vue de la justice, de l'égalité, de lois morales construites par l'histoire et passées de la religion à l'humanisme

* allusion à l'ouvrage de Comte-Sponville Le capitalisme est-il moral ? : « Mon idée est que le capitalisme n’est ni moral ni immoral, parce qu’il est radicalement amoral. »

la lutte des classes n'est pas entre le bien et le mal, bien que, ayant défini la capitalisme comme le camp du mal, il en découle une vision du communisme comme combat pour le bien

c'est pourquoi le rejet de toutes considérations morales, ou moralistes, par certains militants révolutionnaires n'est qu'en partie juste, car il n'aboutit souvent qu'à un manichéisme, et bien vite à "la fin justifie les moyens". L'amoralisme du capitalisme débouche alors sur un immoralisme pour le combattre. Les exemples en abondent au passé comme au présent, à tous degrés : s'il n'y a plus guère aujourd'hui de règlements de comptes physiques entre courants révolutionnaires, il est clair que certains procédés ne sont que des assassinats symboliques, par la censure, les controverses truquées..., qui ne sont que les masques d'une faiblesse au moins théorique : on singe un rapport de force qui serait entre classes antagonistes sur le principe campiste "qui n'est pas avec nous est contre nous"

on constate au demeurant une dérive péjorative conforme au cynisme contemporain, un nietzschéisme intellectuel vulgaire, pour lequel tout ce qui relève d'un jugement moral serait moraliste, ce qui se heurte tout simplement au sens commun

la morale de cette histoire est pour moi qu'il y a bien une dimension morale au combat communiste, et qu'elle est le produit de l'expérience à tirer des luttes passées ou présentes. Elle n'y est pas centrale, mais constitue un socle sans lequel risque de s'effondrer toute considération à prétention révolutionnaire, en pratique théorique comme dans les luttes. On s'épargnera évidemment une approche moraliste de la démocratie, de la violence...

il n'y a pas de subjectivation révolutionnaire possible sans morale

PS : dans ce qui précède, et ailleurs concernant ma référence à l'éthique du combat communiste, voir éthique et morale