II.4.4. le PIR, contradictions d'une stratégie politique et leurs causes théoriques...

 

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II.4.4. le PIR, contradictions d'une stratégie politique et leurs causes théoriques... 

21 novembre 04:12

cette question est longuement abordée dans le sujet avec et contre HOURIA BOUTELDJA et le PIR, "RACE, CLASSE et GENRE" ? et autres questions communistes et décoloniales : conversations

je présenterai ultérieurement un résumé. Pour l'heure, un aperçu de mes considérations les plus récentes

21 novembre 2016

dans un entretien récent Ramón Grosfoguel, un des théoriciens inspirateurs du PIR, explique ce qu'est et n'est pas le courant décolonial, son hétérogénéité. Il se situe notamment par rapport à Enrique Dussel et Walter Mignolo... Entretien avec Ramón Grosfoguel par Claude Rougier Réseau d'études décoloniales 2 septembre 2016. Il est ici moins anti-marxiste que dans des textes précédents, et envisage pour la première fois à ma connaissance la possibilité d'un marxisme décolonial

L’extériorité est toujours relative, jamais absolue. Relative parce que nul ne vit dans une extériorité absolue par rapport au système-monde. Nous avons tous été affectés par la civilisation moderne/coloniale d’une manière ou d’une autre. L’expansion coloniale européenne a affecté toutes les cultures à partir de 1492. L’extériorité est produite par ce même système qui « infériorise » des êtres humains en les faisant basculer en-deçà de la ligne de l’humain, c’est pourquoi elle est toujours relative. La pensée critique qui est produite depuis la zone du non-être, depuis la zone des sujets déshumanisés qui ont été soumis à la violence et à l’exploitation les plus brutales, est une pensée conçue depuis l’extériorité ou depuis l’altérité du système. C’est de là qu’émergent les éléments critiques qui permettent de formuler une critique radicale du système-monde en vue de son dépassement. La critique marxiste, basée sur l’expérience historique de l’oppression et de l’exploitation vécue par le prolétariat européen, est elle aussi produite de l’intérieur de cette culture et de cette cosmovision occidentales. Par conséquent, un tel positionnement permet d’émettre une critique depuis la différence, c’est-à-dire depuis la différence de classe (marxisme), de genre (féminisme occidental) ou de sexualité (Queer theory occidentale) au sein de « l’Occident ». Mais la critique qui émane de l’extériorité est une critique qui se fait depuis l’altérité, depuis un dehors « non occidental » relatif. Ces termes proviennent de la philosophie de la libération de Dussel. On peut certes élaborer un marxisme décolonial, des féminismes noirs/indigènes/islamiques, ou de la Queer Theory décoloniale. Mais, pour cela, il faut amorcer un tournant décolonial, en situant sa pensée dans une autre géopolitique et dans une autre corpo-politique de la connaissance.

La difficulté qu’il y a à comprendre la pensée décoloniale vient en partie du fait que lorsqu’on dit pensée ou culture dominantes occidentales, on entend le mot « Occident » comme une géographie ou comme une couleur de peau. En réalité, nous les décoloniaux, nous entendons « Occident » comme une position à l’intérieur de rapports de pouvoir et comme un certain type d’épistémologie.

sur le principe, et une fois admis les points communs et divergences dans le courant décolonial (voir l'entretien complet), il ne saurait pas définition exister de marxisme féministe et décolonial sans « amorcer ce tournant décolonial » et comme on ne se bat que depuis un point de vue situé depuis ce qu'on est, on peut comprendre qu'aucune lutte réelle ne saurait être ce tout à la fois, retombant sur les affres de l'intersectionnalité et de l'abstraction conceptuelle...

1er septembre 2016

d'un trouble dans les rapports entre marxismes et pensée décoloniale en France


un des plus sérieux handicaps, en France, à la percée d'une problématique marxiste décoloniale, ou communiste décoloniale, est d'une part la réduction de la pensée décoloniale elle-même par le prisme de la question d'Islam ou même de l'héritage de l'immigration post-coloniale arabo-musulmane. Elle est certes compréhensible dans ce pays, mais ne saurait masquer que l'Islam n'est pas présent partout dans le monde et par conséquent ne recouvre pas tout de la domination occidentale. Exemple, l'Amérique latine, d'où vient justement la pensée décoloniale

s'ajoutant à ce handicap, un autre, l'anti-marxisme à peine voilé de certaines organisations décoloniales, dont le PIR. Il m'est apparu que celle-ci peut s'expliquer par le fait que le PIR est loin de prendre en compte tous les courants de la pensée décoloniale, et que l'influence dans ses théorisations de Ramon Grosfoguel, un des théoriciens-activistes les plus en vue, n'y est pas pour peu, et nous verrons plus bas pourquoi

j'ai déjà exprimé mes désaccords avec la critique de Marx que fait Grosfoguel, et j'ai eu l'occasion de la préciser dans un échange récent sur Twitter, semi-public, semi-privé (en raison de la contrainte des 140 caractères...). Notre discussion s'est engagé parce que Jeune Mwaka Sauvage, pseudonyme d'un jeune Antillais* a retwitté le texte de Ross Wolfe Fanon and Mariátegui contra Grosfoguel and Coulthard

* Mwaka [moi-ka], du créole « mwen ka » qui signifie "je fais", désigne les antillais métropolitains

j'ai suggéré à mon interlocuteur de prendre en compte les intentions de Wolf, pour qui la pensée décoloniale n'est que perte de temps, et dont les textes la concernant sont unilatéralement destinés à la balayer d'un revers de main pseudo-théorique : Wolf : « Decolonial criticism is [...] a complete waste of time. Reading Ramón Grosfoguel has actually made me dumber... Walter Mignolo, Enrique Dussel, etc. don’t say anything all that earth-shattering or insightful. » : avec une telle critique qui évacue d'un trait de plume une pensée qui pèse son poids de sérieux, que voulez-vous discuter ?

Jeune Mwaka : A vrai dire je n'ai pas encore compris ce qu'on entendait par "pensée décoloniale". Peut être faudrait-il commencer par là

Patlotch : certes, il faut aller aux textes, à leur genèse, à leur diversité, bref, voir le paradigme décolonial en relation à la crise de l'Occident

Jeune Mwaka :
Dans ce cas Fanon, Mariategui, et CLR James seraient-ils également eurocentriste ? J'ai juste a priori une certaine méfiance envers toute injonction à l’allégeance identitaire comme seul possibilité d'émancipation

Patlotch : Les Marx, CLR James, Mariategui, Fanon... avaient des pensées en constante évolution, ils se retourneraient dans leurs tombes : leurs pensées ne sont pas des blocs, ils sont au contraire pris en compte dans l'émergence, la genèse de la pensée décoloniale

Fanon est un précurseur de la pensée décoloniale, quand il montre l'unité dialectique des identités de colon et de colonisé (Peau noire, masques blancs, 1952), ouvre en théorie la possibilité du dépassement de ces identités, mais sur la base de leur reconnaissance : Fanon contre Césaire/Négritude. L'identité de classe des prolétaires est aussi à dépasser, ils ne sont qu'objets du capital, devront s'abolir en tant que tels

ce qui reste encore eurocentriste, c'est le post-colonialisme des Cultural studies, dont les 'décoloniaux' font une critique épistémique

du point de vue méthodologique

la critique radicale doit partir des réalités concrètes actuelles, ce n'est pas une discussion hors-sol entre textes ou théories. Après, sûr qu'on tombe facilement dans le piège, ça paraît rigoureux. Dans un texte à prétention théorique, regarder la logique interne, mais aussi ce qui manque : souvent, c'est le réel concret

on ne peut juger une pensée actuelle avec des lunettes anciennes, seraient-elles marxistes, la compatibilité se juge aujourd'hui, compatibilité avec une analyse de classe actuelle, non de l'époque du programmatisme ouvrier, trotskiste, 'stalinienne' ou autre

bref, ne pas approcher une théorie par ses usages politiques, ou démontrer qu'ils sont les seuls possibles. Sinon Marx = Staline. Et l'on arrive à "pensée décoloniale = caca anti-marxiste, exit la lutte de classes", ce qui est faux, car elle en procède aussi. Exemple : Fania Noël du Camp décolonial, se dit "afroféministe et marxiste". Qu'on débatte de son "marxisme" ok, mais avec des billes

Grosfoguel anti-marxiste grossier

« Ce qui rattache Marx à la tradition philosophique bourgeoise occidentale est le fait que sa conception de l’universalisme, en dépit d’avoir pour origine une localisation particulière – ici le prolétariat –, ne met pas en question le fait que le sujet est un homme européen, hétérosexuel, blanc, judéo-chrétien, etc. Le prolétariat est défini comme un sujet conflictuel situé à l’intérieur des frontières de l’Europe, définition qui empêche Marx de surmonter les limites eurocentriques de la pensée occidentale. Au sein de cette pensée, ni la diversalité cosmologique et épistémologique, ni la multiplicité sexuelle, de genre, raciale et spirituelle des relations de pouvoir ne sont intégrées ou épistémiquement situées

s'il ne s'agit que de faire un procès a Marx je répondrais simplement : « certes, passons à autre chose ». Mais s'il s'agit ici de montrer la faiblesse du marxisme, je répondrais que nous n'aurions aucun mal à la réparer :

En montrant que Marx à totalement occulté l'importance du travail domestique des femmes pour la reproduction de la force de travail, les féministes marxistes comme Federici ont complété le marxisme, montrant ainsi que dès lors on ne peut plus être marxiste sans analyser la question du genre et de la division sexuelle du travail

Concernant la question raciale et la question culturelle, j'aurais tendance à penser la même chose. La plupart des critiques qui prétendent que derrière le prolétariat les marxistes n'ont en tête que des hommes blancs oublient l'importance du prolétariat non-blanc dans le cours de la lutte des classes. Je crois qu'aux États-Unis le taux de syndicalisation des travailleurs noirs est supérieur à celui des travailleurs blancs.

Je ne perçois pas le marxisme comme une idéologie, bien plus comme une méthode pour comprendre le réel, c'est pourquoi le paragraphe qui suit
m'interpelle :

Grosfoguel : « À l’instar des penseurs occidentaux qui l’avaient précédé, Marx participait du racisme épistémique selon lequel n’existe qu’une seule épistémologie ayant accès à l’universalité, et qui ne saurait être autre que la tradition occidentale. Chez Marx, dans l’universalisme épistémique du second type, le sujet d’énonciation reste dissimulé, camouflé, occulté par un nouvel universel abstrait qui n’est plus « l’homme », « le sujet transcendantal », « le moi », mais « le prolétariat » et son projet politique universel : « le communisme ». Le projet communiste au 20ème siècle constitua donc, bien que depuis une perspective « de gauche », un autre dessein impérial/colonial occidental global à travers lequel l’empire soviétique tenta d’exporter au reste du monde son universel abstrait de « communisme » comme « la solution » aux problèmes globaux

Grosfoguel est l'exemple de la simplification de Marx dont je parlais, et il est un conseiller du PIR... Il y a le bouquin de KB Anderson, Marx aux antipodes... mais aussi la critique de l'historien Olivier Le Cour Grandmaison "Coloniser, Exterminer : Sur la guerre et l'Etat colonial" avec un passage sur Marx et Engels qui est sans appel : en résumé c'est "Prolétaires de toutes les nations (civilisées), unissez-vous", le sens dans le Manifeste et l'Adresse de l'AIT, mais Grosfoguel va bien au-delà, et il bascule, sur cette histoire de 'prolétaires blancs'

quoi qu'il en soit, la question n'est pas celle du procès ou de la défense de Marx, mais de continuer son œuvre, c'est une question de méthodologie et d'épistémologie marxiste aussi : dans les milieux théoriques de la communisation, ils ignor(ai)ent complètement tout le marxisme noir (WEB Dubois, James, Stuart Hall... années 60-70 aux USA, indien (Spivak), africain (Mbembe n'est pas anti-marxiste)...

alors on peut dire que oui, il y a un aveuglement eurocentriste, et qui confine chez des marxistes européens et occidentaux au déni et à la supériorité intellectuelle. Ce ne sont pas des imbéciles mais ils sont rivés à l'universalisme prolétarien incolore, qui n'est qu'un renversement de l'universalisme humaniste des Lumières

Jeune Mwaka :  Marx aux antipodes est dans ma liste de livre à lire depuis un petit moment... D'après ce que tu me dis j'ai le sentiment qu'on est quand même quelques uns à se trouver dans la même situation. Sur l'aveuglement eurocentriste des marxistes franchouillards je te suis complètement, mais lorsque les penseurs décoloniaux parlent d'eurocentrisme j'ai parfois l'impression qu'il s'agit de bien plus que cela. Comme je le dis plus haut cette idée qu'il y a plusieurs épistémologies, plusieurs paradigmes, plusieurs types de rationalités je suis d'accord, mais pas dans une seule et même production intellectuelle...
Patlotch : les militants sont les militants, les "marxistes" comme les "décoloniaux", ils récitent des formulent sans toujours saisir le cheminement qui y a conduit. L'idée n'est pas tant qu'il y aurait plusieurs épistémologies, mais une qui domine, l'épistémologie construite par la modernité occidentale, qu'il s'agit donc de déconstruire, et cela passe par plusieurs chemins, théoriques sur plusieurs thèmes et pratiques qui vont des luttes à la bouffe : donc, normal, ça part dans tous les sens et parfois sans aucun sens du ridicule, mais c'est cela qui est à même de faire 'hégémonie", paradigme susceptible de créer des 'liens organiques' entre niveau théorique et combats divers. C'est ce que je retiens d'essentiel, et pourquoi en gros, je 'soutiens' cette dynamique, que je considère historique
 
il va me falloir infléchir ma critique du PIR, jusqu'ici concentrée contre sa stratégie politique cherchant des alliances à gauche, donc grosso modo dans la mouvance démocrate radicale (cf ma question à Houria Bouteldja lors de sa rencontre avec Isabelle Stengers, cette vidéo à 51:15 : Houria étant une fine politique, j'imagine qu'elle a bien compris ma question, mais ne sachant peut-être pas trop d'où elle était posée, c'est à la salle plus qu'à ma question qu'elle adresse sa réponse, rappelant la position classique du PIR, mais laissant de côté sa critique (jusque-là ma critique du PIR était d'ordre théorique et stratégique, politique, et ne portait pas jusque-là sur le versant décolonial de son activité, mais je vais être obligé d'y venir)

c'est aussi sur le terrain du décolonial qu'existe un fort enjeu, dans la possibilité même d'un marxisme ou d'un communisme décolonial, et j'espère qu'on ne considèrera pas comme déplacé qu'un homme blanc puisse avoir sur la question son mot à dire
5 septembre
"essence" et racialisation" : une régression théorique du PIR contre l'essence même de la pensée décoloniale

dans le cadre de l'infléchissement annoncé de mon rapport à la stratégie théorico-politique du PIR

- on jettera un œil sur le court texte
de la nécessité d'une "pédagogie" communiste et décoloniale pour l'ensemble des prolétaires 'racisés' ou non : un passage concerne le PIR et sa compréhension contradictoire, sur le plan théorique et politique, des rapports entre marxisme et pensée décoloniale

- on attendra une éventuelle réponse ou réaction à mon interpellation, via twitter, du PIR et particulièrement de Norman Ajari pour son texte
Faire vivre son essence 22 juin 2016
 

@PartiIndigenes 22 juin 2016

Se dire essentiellement #Noir, c’est admettre dans son existence personnelle un passé Noir, une histoire
bit.ly 28Nm5vb


?@patlotch 1 sept.  

à @PartiIndigenes @normanajari
glissement sémantique un rien contreproductif, car ce n'est pas de l'essence que vous parlez de ce texte


« Le concept d'essence (du latin essentia, du verbe esse, être, parent du grec ousia) désigne en métaphysique une distinction de l'être. Il désigne « ce que la chose est », par opposition au concept d'existence qui lui définit « l'acte d'exister ». Accident se dit de ce qui appartient à un être et peut en être affirmé avec vérité, mais n’est pourtant ni nécessaire ni constant. » Wikipédia

@patlotch 5 septembre

à @PartiIndigenes je n'ai sincèrement pas compris la nécessité de revendiquer comme essence de ce qui est construction historique et sociale

"contreproductif", ai-je écrit, car le PIR est bien assez critiqué pour "essentialisme racialisateur" pour qu'il ne soit point besoin d'en rajouter, qui plus est dans un texte théorique, ce qui tend à prouver que ce reproche pourrait être justifié. Or, à l'examen du texte de Norman Ajari, je vois un "glissement sémantique" qui parle de l'essence là justement où elle n'est pas, du point de vue du sens de ce concept en philosophie

autrement dit, on a là l'exemple d'une fixation au stade de la revendication d'une "identité de lutte", que je trouve légitime du point de vue de la nécessaire auto-organisation des racisés sur la base de leur racialisation par l'ennemi de classe, assignation justement à n'être que cela, mais une erreur théorique, stratégique et politique quant à la possibilité de dépassement de cette identité, dépassement somme tout inhérent à la pensée décoloniale : c'est une régression au stade de la Négritude de Césaire, pourtant critiquée par Franz Fanon dès 1952 dans « Peau noire, masques blancs »

« l'essence humaine n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé.
Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux.»


Marx,
Thèses sur Feuerbach VI 1845

affirmer « Se dire essentiellement #Noir, c’est admettre dans son existence personnelle un passé Noir, une histoire...», c'est se placer du point de vue de l'individu noir isolé... Je comprends qu'ici effectivement, le PIR et Ajari se démarquent de Marx, mais certainement pas parce que cette 6ème thèse serait eurocentriste...

un pas en avant, deux pas en arrière ?

je ne m'explique cette "dérive" que par un souci un rien politicien et démagogique, qui compte peut-être prendre un raccourci et aller plus vite que la musique des conflits sociaux, en prenant la tangente d'une racialisation essentialisante comme point de vue défensif devenu offensif ?
7 septembre
une réponse de Norman Ajari. Quelques remarques et questions
 
@normanajari 6 septembre

J'appelle "essence" la part d'une identité historiquement construite dont, politiquement, nous refusons la déconstruction.
Patlotch :
1. merci pour cette formule dense qui appelle quelques remarques. Il me faudrait relire votre texte...

2. j'essaye de dépasser mon désaccord sur l'emploi ici du concept d'essence en un sens qui ne serait pas essentialiste...

3. voir 5 sept : "essence" et "racialisation" : une régression théorique du PIR contre l'essence même de la pensée décoloniale

4. mes remarques étaient ici, dernier commentaire (ci-dessus)
5. pour vous, il y aurait nécessité "politique" de revendiquer cette essence dans le moteur d'un combat dé-racialisateur

6. si "refuser la déconstruction" = partir de ce qu'on est en tant que "racisé" comme (une) base de ce combat, pas de problème

7. le risque : figer ce moment politique en revendication de rester ce à quoi l'on est assigné (Négritude, Black is Beautiful)

8. pour moi "politique" est un 1er temps nécessaire pour dépasser (dialectique) cette identité "colonisée" : Fanon... Mbembe

9. Comment voyez-vous le dépassement de ce moment politique dans une visée de créolisation (Glissant) révolutionnaire ?

10. et, selon, quelles implications stratégiques de cette visée révolutionnaire dans la construction actuelle d'un en-commun ?

11. cf mon texte du 18 juin 2014 : abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus (en bas de page)

12. et concernant ce que j'entends en théorie par dépassement dialectique à produire par les luttes : DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE

24 septembre

les contradictions du PIR, résumé

le PIR a un double problème avec :

- la pensée décoloniale et le dépassement de sa posture identitaire non-blanche
- la critique du capital...

=> il en est réduit à critiquer le champ blanc de la politique et prétendre refuser son clivage droite-gauche tout en draguant l'extrême-gauche

on ne peut pas critiquer l'État-nation (l'État et la nation) en jouant sur son terrain pour y être reconnu et admis

6 novembre

le dernier texte du PIR Marche de la Dignité 2015. Un an après : un bilan politique, du 31 octobre 2016, met clairement en évidence les limites de son analyse théorique et partant de sa stratégie politique, doublement problématique du point décolonial et de la lutte des classes. Le mot d'ordre d'antiracisme politique ou de politiser l'antiracisme pose le racisme et l'antiracisme sur le terrain politique, et ramène ce combat dans le giron de la démocratie politique et du démocratisme radical. À mon avis cela fera long feu en raison des luttes que produira la crise économique et sociale dans les quartiers populaires, où le prolétariat racialisé ne se contentera pas de ce que peut lui faire espérer la quête d'un pouvoir politique* par le PIR : une discrimation positive à l'américaine ?

Le PIR veut-il (vraiment) le pouvoir ? 7 décembre 2015 par Louisa Yousfi, militante du PIR