I.1. Définitions de notions et concepts

 

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I.1. Définitions de notions et concepts  

état 13 novembre 08:44

en construction, pour l'heure surtout des concepts de la tradition marxiste, anciens repris, revisités ou nouveaux de mon cru

j'introduirai progressivement des concepts utilisés par le féminisme, la pensée décoloniale, la psycho-analyse, la poétique comme théorie de l'art...

avertissement : il est fréquent que des mots-concepts n'aient pas le même sens selon les auteurs ou le milieu qui les utilisent. Il est important, quitte à le critiquer, d'entendre les concepts dans le sens utilisé, sans quoi c'est la garantie d'un dialogue de sourds, que ce soit dans des échanges directs ou une discussion théorique de textes. On aboutit vite à la langue de bois, au jargon d'un milieu, ou à une novlangue auto-référentielle, gage d'incompréhensions involontaires ou déformations malveillantes pour dénigrer ses adversaires. C'est pourquoi il est préférable d'utiliser le moins de concepts nouveaux possibles et de définir avec précision l'emploi qu'on en fait

en italique, repris d'autres théories 

en rouge : nouveaux concepts ou notions. Si italique, retravaillé.

- auto-organisation des luttes : l'organisation d'une lutte sans parti ni organisation permanente. Différent de "démocratie à la base", processus majoritaire, électoral ou d'assemblée... Elle ne signifie pas autonomie du prolétariat ou du sujet révolutionnaire, toujours en implication réciproque avec le Capital

- citoyennisme : idéologie donnant la primeur à l'intervention active des citoyens opposant la démocratie politique au capitalisme, via l'État. Préfère parler de peuple plutôt que de prolétariat dans un conflit entre classes. Voir aussi démocratisme radical

- communisation : processus révolutionnaire sans étape par une société de transition, ni prise du pouvoir politique. Vise l'abolition directe du capital, des classes, de la valeur et de l'État

- contradiction : en référence à la dialectique des contradictions, d'Heraclite à Hegel, puis Marx et ses héritiers. Voir dépassement

- démocratisme radical (théorie de la communisation, TC) : la critique de cette idéologie prolonge celle de la démocratie politique par l'ultragauche conseilliste. Comme mouvement, renvoie à son émergence vers 1995, consécutive à la décomposition du programmatisme ouvrier et de ses organisations, à l'altermondialisme (ATTAC, Forum sociaux, gauche de la gauche en France...). C'est l'abandon de l'analyse marxienne du capitalisme comme exploitation du prolétariat et lutte des classes. Le démocratisme radical porte une éternisation d'un anticapitalisme sans perspective d'abolition du capital. Voir aussi citoyennisme. Recherche démocratisme radical

- dépassement  (dialectique : lié à contradiction et abolition)

. dépassement produit (TC) : le dépassement est produit par la résolution d'une contradiction

. dépassement à produire : renversé du précédent, concept matérialiste essentiel de ma théorisation. Il le renverse au présent des luttes quoi qu'elles produisent, éradiquant de la théorie communisme toute théologie révolutionnaire, tout déterminisme, idéalisme qui ont été jusqu'ici communs à tous les marxismes en tant qu'idéologie s'apparentant à la foi religieuse. Le théoricisme porte en lui cet idéalisme conceptuel

- émergence (pensée complexe) : voir seuil et changement qualititatif

- général / particulier / singulier : « Est universel ce qui s’étend à l’univers entier, ce qui embrasse la totalité des êtres et des choses. Est général ce qui se rapporte à la totalité des cas ou des individus ; c’est ce qui est le fait de tous ou ce qui concerne le tout. Est particulier ce qui appartient en propre, d’une manière exclusive (à quelqu’un, à quelque chose ou à un ensemble de personnes ou de choses). Est singulier ce qui est seul, ce qui est à part ; c’est ce qui est unique ou ce qui est pris isolément, indépendamment des autres éléments du groupe auquel il appartient. » source 

"Niveau de généralité"  : un des éléments, avec le "point de vue", de la méthode de Marx selon Bertell Holman, dans La dialectique mise en œuvre. Ollman en distingue sept

- genre : au sens de sexe social, construction historique et sociale à la différence de déterminations physiques, biologiques ou morphologiques définissant les hommes et les femmes comme différents, en tant qu'animaux humains

- identité/communauté de lutte : celle qu'on se donne en luttant contre telle domination particulière (exploitation, domination étatique, masculine, raciste...). Elle participe de la luttes de classes de façon contradictoire, mais qui ne saurait d'emblée être figée dans un "communautarisme identitaire". L'identité ouvrière fondant le programmatisme comme lutte pour le pouvoir (de la dictature du prolétariat à l'autonomie pour l'autogestion), était une identité de lutte fondée sur l'universalisme prolétarien, tendant à rejeter les luttes féministes ou raciales. Le rejet de la "non-mixité" correspond aujourd'hui au refus de l'auto-organisation de communautés victimes de dominations particulières, au prétexte qu'elles empêchent la "convergence", ou l'unité du prolétariat. C'est un déni de la légitimité de tout un chacun de se battre contre ce qui l'oppresse, au nom d'un principe universel supérieur et abstrait

- identitaire : péjoratif. Qui caractérise la revendication par une communauté de son identité menacée (Larousse)

- idéologie : je l'utilise au sens d'un ensemble d'idées, produit/construit historiquement, socialement et culturellement/sociétalement comme tel (idéologie dominante, démocratisme radical, eurocentrisme, universalisme prolétarien, idéologie française,...), qu'on s'y réfaire consciemment ou non. La question reste ouverte pour moi de savoir si les idées révlutionnaires constituent une idéologie, au sens d'une foi. Je ne rejette pas, comme la théorie de la communisation le jugeant inutile, l'idée qu'une lutte idéologique est nécessaire comme combat d'idées, et donc des activités communistes militantes. En un sens péjoratif, l'idéologie serait toujours celle des autres, étant entendu qu'on serait soi-même objectif : c'est l'objectivisme

une idéologie fait hégémonie dans le cas où elle est dominante au moins dans certaines classes ou catégories de population. Voir V.2. l'idéologie, vie quotidienne, structure sociétale et culturelle, etc.

- idéologie française : en attendant voir les sujets de L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE, une passion capitaliste occidentale

- implication(s) réciproque(s) (TC) : concept central de la théorie de la communisation particulièrement chez TC. La classe capitaliste et le prolétariat sont les deux pôles de la contradiction de l'exploitation, qui définit le mode de production capitaliste. Dans la rupture théorique des années 1970 avec le programmatisme visant le pouvoir du prolétariat, celui-ci n'est plus qu'objet-sujet du capitalisme; l'abolition de celui-ci suppose celle du prolétariat par lui-même. TC (avant l'introduction de la contradiction de genre) le voit comme processus strictement prolétarien, rejettant tout ce qui viendrait "de l'extérieur", selon l'humanisme-théorique qu'il dénonce chez la plupart des théoriciens communistes (situationnistes, Temps critiques...). Pour ma part, ayant en 2006 élargi le concept à l'implication réciproque réelle dans le capitalisme en subsomption réelle sur la société, l'introduction d'autres contradictions avec le capital n'a rien d'extérieure. Elle signifie l'abandon d'une vision dialectique et structuraliste binaire dans laquelle tout devrait être rapporté à la seule exploitation comme implication réciproque

- intersectionnalité (classe/genre/race) : par excellence une articulation (dialectique ou pas) qui rejette toute structure à dominante, qui pour moi serait le Capital, pour le PIR, qui rejette aussi l'intersectionnalité, l'opposition entre racisés et Blancs. Voir critiques et discussions de l'INTERSECTIONNALITÉ "CLASSE-GENRE-RACE"

- lien organique (Gramsci) : Gramsci parle d'Intellectuel organique. Je l'utilise le sens plus large du lien interne entre les luttes et leur théorisation 

- luttes auto-théorisantes : renversé de luttes théoriciennes (TC)

- modernité : définition à venir dans le sens de sa construction historique et sociale en Occident, critiquée par la pensée décoloniale

- non-mixité : voir identité/communauté de lutte

- patriarcat : contrairement à certains marxistes, je ne vois pas d'inconvénient à utiliser ce concept qui est souvent associé à un rejet de la lutte des classes au sens marxien, comme dans le féminisme matérialiste de Christine Delphy : « Le patriarcat est « une forme d'organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l'autorité par les hommes ». À partir des années 1970, le concept de patriarcat est utilisé par le féminisme radical pour désigner ce qu'il estime être le système social d'oppression des femmes par les hommes.» (Wikipédia). Patriarcat recherche GoogleToutefois, je parle plus souvent de domination masculine et de machisme structurel/sociétal

- pluriversalisme (pensée décoloniale) : définition à venir, voir universalisme prolétarien

- poétique de la révolution : voir le sujet RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION

- point de vue : un élément de méthode incontournable dans ma théorisation, que reflète le plan de ce livre. Le point de vue est lié aux particularités de luttes contre telle domination, tout en embrassant la totalité de la structure à dominante du Capital. Je l'emprunte à Bertell Holman, La dialectique mise en œuvre

- programmatisme ouvrier ou prolétarien :

- prolétariat : chez Marx, celui qui est contraint pour vivre de vendre sa force de travail à un capitaliste. Pose le problème de sa définition à l'heure des "expulsés" (Saskia Sassen), "Nègres du monde" (Achille Mbembe), qui ne sont même plus exploitables, et donc constituent une catégorie de population différente du Lumpen-prolétariat selon Marx. Cela ouvre la question de sa définition si on veut le garder comme sujet révolutionnaire à ce stade du capitalisme remettant en cause la possibilité même de vivre sur terre : d'autres catégories de la population ont autant de raisons que la classe ouvrière de remettre en cause le Capital. C'est pourquoi j'ai renvoyé dos-à-dos, en 2006, les thèses de Temps Critiques (révolution à titre humain abandonnant la contradiction entre classes comme structurante) et les thèses de Théorie communiste (TC) de révolution strictement prolétarienne autour de la contradiction structurelle de l'exploitation. Introduisant la contradiction de genre en 2008, TC fut contraint pour rester cohérent de la construire autour de la contradiction entre classes, ce qui ne saurait entièrement régler le problème de la domniation masculine (voir implication réciproque)

- prolétaire racialisé : j'ai forgé ce concept en 2014 pour éviter celui trans-classiste d'indigènes. Il s'agit du prolétariat victime du racisme, donc d'une double peine, avec celle de l'exploitation; victime de prolophobie racialisée, ou si l'on veut à la fois d'un racisme de classe, au sens où Marx parlait de "race des travailleurs" (Eugène Sue de "race des prolétaires" ), et de racisme en raison de couleur de peau, origine ethnique ou foi religieuse. En relation avec le concept de races sociales, du PIR, et l'idée d'une indigénisation des Blanc des cités populaires (Sadri Khiari 2013)

j'ai forgé ce concept en 2014, entre « race des travailleurs » (Marx), et racisme de classe dans les deux sens du terme : des capitalistes envers les prolétaires au sens métaphorique de Marx, et du racisme lié au capital : à titre d'exemple, "du « racisme de classe »" est le titre d'un paragraphe du livre Coloniser / Exterminer, Sur la guerre et l'État colonial, d'Olivier Le Cour Grandmaison, Fayard 2005. L'auteur précise avoir « emprunté l'expression « racisme de classe » à Étienne Balibar » dans Race, Nation, Classe. Les identités ambiguës, 1990. Parlant des années 1830-1840 en Europe, et citant nombres d'écrivains, historiens, hommes politiques de l'époque, il écrit p.281 : « Les différences sociales croissantes et luttes de classes qu'elles engendrent sont désormais pensées dans les termes d'une quasi-lutte de races. », que l'on retrouve au PIR comme « lutte des races sociales », formule qui provoquera un tollé (cf Jean-Loup Amselle, anthropologue "marxiste", intégrant le PIR dans Les nouveaux rouges-bruns. Le racisme qui vient (2014)

- seuil qualitatif : cette notion appartient tant à la dialectique des contradictions qu'à la pensée complexe (liée à l'émergence). C'est le seuil à partir duquel se produit un dépassement de limites jusque-là non franchies. Il est affaire de contenu et de puissance (rapport de forces), et donc inséparable de la dimension de quantité dans un rapport dialectique complexe : quantité de la qualité, qualité de la quantité. Le théoricisme conceptuel a tendance à délaisser cette dimension concrète des réalités (voir chiffres d'un monde en crise)

- structure à dominante (Althusser, Stuart Hall, Théorie Communiste...) : hiérarchie proéminente dans les différentes structures d'une formation sociale. J'utilise le Capital comme structure à dominante, de préférence à sa structure de classe, comme dans la théorie de la communisation, vestige de l'universalisme prolétarien initié par Marx en même temps que le programmatisme ouvrier. Les 'communisateurs' ont critiqué le programmatisme, mais conservé l'universalisme prolétarien

- structure of feeling (Raymond Willams) : « désigne les différents modes de pensée émergeant ensemble dans une période de l’histoire... apparaît dans l’écart entre le discours officiel des politiques et des lois, et la réponse populaire au discours officiel et son appropriation dans littéraire et autres textes culturels, qui apparaît "entre les lignes".» (Oxford Reference). Le concept concerne à la fois la culture et le sociétal. Il problématise declui d'hégémonie culturelle (Gramsci)

- théoricisme : conception accordant le primat de la théorie sur les luttes auto-théorisantes, les concepts prenant plus d'importance que le réel, avec une tendance idéaliste à revenir avant le Marx de la 11ème Thèse sur Feuerbach, 1845 : « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer. ». Le problème se pose alors d'exposer la théorie à un sujet révolutionnaire potentiel, le plus souvent parti, militant ou milieu activiste ayant besoin d'une théorie pour justifier sa pratique. Dans l'opposition entre Théorie communiste et "milieu radical" (activistes anarchistes et ultragauche...), interventionnisme et activisme sont les deux faces d'une même monnaie vendant le même modèle de révolution à la fin, qu'il s'agit donc soit d'attendre (TC, dndf, troploin...) en abservant les écarts annonçant la communisation (TC), soit d'activer en intervenant par immédiatisme. Cela justifie de distinguer théorie communiste au présent et théorie de la révolution/communisation comme immédiateté non immédiate (voir temporalités, distinction ou médiation temporelle et implication réciproque)

le sujet du forum : THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer

- universalisme prolétarien : idéologie marxiste (ou, plus humaniste, anarchiste) pour laquelle le prolétariat universel n'ayant ni race ni patrie/nation doit s'unir par-delà ces particularités. Il est initié par Marx à défaut d'une critique de l'universalisme des Lumières, qui est une idéologie bourgeoise européenne et occidentale

« Notre association n'est, en fait, rien d'autre que le lien international qui unit les ouvriers les plus avancés des divers pays civilisés. » Marx, La Guerre civile en France, AIT 1871. Voir les éléments repris à Olivier Cours Grandmaison ICI, 27 février 2016, et plus largment le sujet MARX entre EUROCENTRISME PROLÉTARIEN UNIVERSEL et OUVERTURE D'AUTRES CHEMINS RÉVOLUTIONNAIRES

la pensée décoloniale dépasse l'universalime occidentaliste, qu'il soir religieux, humaniste ou prolétarien, par le concept de pluriversalisme

 - valeur (Marx : loi de la valeur) : voir B. Astarian L'abolition de la valeur