poèmes de 2016

 

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    4. POÈMES 1975-2016
        4.1. poèmes 2014-2017
poèmes de 2016 

2016 : année poétique

les titres seuls renvoient à 162 sonnets (n° 202 à 361 au 28 octobre). Cette section ne comporte pas les 95 sonkus (mi sonnet - mi haïku), mais les formes japonaises haïkus 44 à 78, et 7 tankas

voir la liste par titres 

j'avais (p)osé en début d'année « 2016 : année poétique ? Ma production théorique va marquer le pas... », c'est raté ! Avec quelque 400 poèmes cette année fut des plus productive. Hors les années 1990-91 avec l'écriture poétique chaque jour, 2008 fut jusque-là mon année la plus productive, avec 101 poèmes

j'importe ici quelques poèmes publiés fin 2015 et ce début d'année : ici *. Ma production théorique va marquer le pas, le temps de laisser décanter ce qui a été posé, et que les événements viennent confirmer ou non les pistes proposées à la réflexion. Depuis des années, je voulais reprendre l'écriture poétique, ce qui suppose le temps, la concentration, la "main à plume", bref, de remettre sur le métier de poète. Le monde à mon extimité n'a pas voulu qu'il en soit ainsi... partie remise, mais en toute chose, choisir c'est renoncer, qui trop embrasse mal étreint

31 décembre

CE JOUR, CETTE NUIT

stupide sur son trente
-et-un des cendres

d'un passé qui ne dépasse que
de son poison la queue

m'emmerde à proprement parler

les jours ne sont que ce que l'on en fait
et qu'on en fasse des défaites me dépasse

FoSoBo 31 décembre 2016 22:21
sonku 136

 

LES JOURS

semblent semblables
qui différents s'assemblent

les jours de fêtes se défont
sur fond de défaite. Au fond

les années des calendriers
qu'on prie de faire unités
sont inappropriées

FoSoBo 31 décembre 2016 14:56
sonku 135

 

30 décembre

RYTHME DAMNÉ

Tant est tentant
l'étant des fêtes
l'étang défaite

Ce temps surfait
du bruit des sourds
muet du monde

Débondons donc les bons dieux dits

FoSoBo 30 décembre 2016 22:03
sonku 134

 

DEDANS TEL

Quelle est la trame
où est le fil
de ce drame

Quel tisserand
sorti du rang
défie l'  aiguille

Qui le lie là ?

FoSoBo 30 décembre 2016 21:04
sonku 133

Heinrich Heine - Les tisserands Silésiens, 1844

 

MERVEILLEUX COMME

ce givre aux pattes d'araignée
ce fumet de la tête au mérou
ce trou dans le ciel sur le ciel
ce cri dans la nuit éloignée
ce sourire au coin de ta rue
ce froufrou dérobé de tes pas

ces riens c'est tout tout comme

FoSoBo 30 décembre 2016 16:27
sonku 132

 

29 décembre

LE SOMMEIL

mon sommeil est éveil
aux mondes d'un dedans

le dehors regardant
je n'y dors que d'un œil

l'autre surveille
au bord de l'érection

l'insurrection qui vient

FoSoBo 29 décembre 2016 11:23
sonku 131

 

L'ENNUI

Plus lent, plus long,
l'ennui
se coule dans le plomb
ennemi de la fuite

Plus lourd, plus blanc,
il assourdit la nuit

L'ennui est sans ensuite

Terretoire 26 déc/ FoSoBo 29 décembre 2016 23:38
sonku 130

 

26 décembre

LE SOLEIL

Toujours haut quelque part
très demandé ailleurs
où il fait de l'œil à l'espoir
pensant que le Père Noël n'y est pas

Pendant ce temps-là
l'Ubermensch est déjà dans la lune
avec des bottes de non-lieu

Terrenoire 26 décembre 2016 13:03
sonku 129

 

23 décembre

THÉÂTRE DE VERRE

en attendant Godette
il dialoguait seul

tel un réfugié
sur son île déserte

la mer apportait des bouteilles
qu'il buvait au soleil

en privilégié

FoSoBo 23 décembre 2016 09:16
sonku 128

 

ÉGLOGUE

la caravane passe
et le temps la voit

des fourmis s'enlacent
sur le plancher des vaches
retardant l'étreinte passée

le regard m'embrasse
sans m'en lasser

FoSoBo 23 décembre 2016 08:44
sonku 127

 

SUICIDE MOT D'EMPLOI

facile. Il faut savoir
arrêter un rêve
mauvais

être ce qu'on n'est pas
qu'on ne veut pas vouloir

la mort à son chevet
d'un désir de conflit sans trêve

FoSoBo 23 décembre 2016 02:41
sonku 126

 

21 décembre

FÊTE À MORT

L'amie la mort
que sans remord

je convie à danser sur le fil

D'une vie funambule
au-dessus d'un nid d'imbéciles,
sans filer nulle métaphore,

La mort a mis ses amis hors d'usage

FoSoBo 21 décembre 2016 13:57
sonku 125

 

20 décembre

TAS DE BEAUX YEUX

On en a tous connu
inconnus, d'aussi beaux

Sans en faire tout un cinéma
Machin Michèle et Gabin truc

Des yeux j'en aime tous les jours
des bleus, des noirs, des turcs

Dans la rue, dans mon lit, vient l'amour

FoSoBo 20 décembre 2016 23:38
sonku 124

Michèle Morgan

 

18 décembre

COCOTTE

À douleur et doux feu
recuit en mon langage

Le mot fait qu'il t'engage
où je roule en roulis

De fonte au pneu qui peut
qu'il pleure ou peu qu'il pleut

Roule ma poule An neuf cocotte !

FoSoBo 18 décembre 2016 23:29
sonku 123

 

LESSIVRE

Lessive pour vivre
la poésie fait son ménage

Babillant pour l'hiver
à raison ou divers
à la saison twitter

Sans objet ni message
c'est l'avant-nettoyage de printemps

FoSoBo 18 décembre 2016 22:57
sonku 122

 

TEMPLE HIER, TEMPS PLIÉS

Dans le sable amouré
sa légion et son air

BMC... BMW
d'un bordel en jachère

De la chair à pas cher
et pour un piaf à l'ombre

Mon coup de pied au cul !

FoSoBo 18 décembre 2016 21:58
sonku 121

Édith Piaf, Il sentait bon le sable chaud, mon légionnaire

BMC Bordel militaire de campagne Patlotch

 

DÉS ARTS

C'est tout l'instable
à chaque instant

Que déteste la table
en toute loi

Instablisons
nos dés raisons

Un coup de dés toujours abolit le désert

FoSoBo 18 décembre 2016 20:41
sonku 120

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard Mallarmé 1897

 

LIT NIET

Au lit d'Internet 
en des draps pas nets

Aide-toi le ciel t'aid'ra pas
il te tombera sur la tête

Vienne une amie
animer ce lit

Alors tout est remis à moins tard

FoSoBo 18 décembre 2016 20:32
sonku 119

lignette : Ficelle de pêche permettant de fabriquer un filet

Oblomov

 

LANGUE AU CHAT

Ma ligne est blanche
de couleur noire

Sur la page pas sage
une ancre nage
à dos d'un chat mot
avec une anguille, de conserve

À quoi voulez-vous que ça serve ?

FoSoBo 18 décembre 2016 20:14
sonku 118

 

CAFÉ CRIME

Fut un noir été
à cracher mes dents

Bonne fée m'aidant
de haine endettée
au crime imparfait
rime n'a pas tue

Ce qu'a fait l'inné

FoSoBo 18 décembre 2016 19:41
sonku 117

 

LES TEMPS

Les temps sont gras
les temps sont aigres

Je tends des bras
si blancs si maigres

À l'outre amer 
des vents en grève

Ô temps ingrats !

FoSoBo 18 décembre 2016 19:06
sonku 116

 

NOËL À LA MER

La coupe est vide
la soupe est pleine
de grimaces

De souples limaces
nagent' entre deux os
que la bave étrenne

L'éternité s'étale avec son bide

FoSoBo 18 décembre 2016 18:43
sonku 115

Traité de bave et d'éternité, Isidore Isou, 1951

 

VRAI

Comme le faux
est sans défaut 
menu mental

Monument tel
qu'il ment fatal
au réel isthme

De l'infinie quiétude

FoSoBo 18 décembre 2016 18:25
sonku 114

 

LIBRE

Comme le risque
pris d'un phœnix
aux ailes dieux

Haut zèle à croire
en fol Icare
au regard fixe

D'un soleil dans les yeux

FoSoBo 18 décembre 2016 18:07
sonku 113

 

BEAU

Comme ta voix
en robe de chambre
d'écho qu'envoie

Ce mur où miroite
en murmure de toi
ton fantôme de glace

Mon pur fantasme y dore

FoSoBo 18 décembre 2016 17:35
sonku 112

 

SIMPLE

comme une chose
telle une rose
serait parfaite

tel le mot fête
effet insigne
décime sa défaite

la poésie est cimetière

FoSoBo 18 décembre 2016 16:54
sonku 111

 

VERS DE TERRE

un chant d'elle morte
éteint ma bougie

je n'ai plus de feu
à couper le souffle

ni rimer mes bouts
casés des lombrics

ci-gît la beauté

FoSoBo 18 décembre 2016 16:18
sonku 110

poésie, beauté et vérité, justesse et justice : éthique et poétique

 

ALEP RIEN DE NIVEAU

Ah lestes compagnies
à l'Est Alep est nié

La Syrie est si triste
et l'assis est sinistre

Ah ces scies facéties
aux faces sans soucis

À l'Ouest rien de nouveau

FoSoBo 18 décembre 2016 15:28
sonku 109

À l'Ouest rien de nouveau

 

LA MORT VIENT

lente et pure
servante

ancillaire abreuvant
nos sillons d'un sang sûr

elle coule
elle est cool

morsure sans censure

FoSoBo 18 décembre 2016 14:56
sonku 108

 

TOUT LE MONDE DESCEND

et fait sa lie
comme il se couche

sans délai
sans délit

ni morveux
qui se mouche

la mort veut : elle accouche

FoSoBo 18 décembre 2016 14:38
sonku 107

 

PAS TAIRE NOS TERRES

Territoires
décernés

Terres noires
décharnées

Terminus
des espoirs

Tout le monde descend

FoSoBo 18 décembre 2016 14:02

sonku 106

 

L'AIR D'AIMER

Sa peau d'opale
et moi livide

Visage pâle
en mon lit vide

État grippal
verre d'eau vain

Ô vers d'Ovide

FoSoBo 18 décembre 2016 12:22

sonku 105

« De même tout amant doit être pâle :
la pâleur est le symptôme de l'Amour,
c'est la couleur qui lui convient :
que, dupe de ta pâleur,
ta maîtresse prenne un tendre intérêt à ta santé. »
Ovide L'art d'aimer, La pâleur du teint [1,721-736]

17 décembre

SONKU
 
C'est l'hiver
c'est l'Uber
Mensch
 
Les soldes du soldat
le Dasein à Dada
sur son culte
 
Advienne que pourri
 
FoSoBo 17 décembre 2016 21:13

sonku 104

 

SECRÈTE éTAT

À c' qui paraît dans les sectes
on lit du Patlotch en cachette

Si j'aurais su quel compromis
entre les veaux et les vomis
eussais-je osé et qu'on le susse

La pine est si moindre mal
que long s'en branle le primal

FoSoBo 17 décembre 2016 18:25

sonku 103

 

L'IVRE D'ELLE

Catherine avait les seins blancs
d'une demi-vierge à mi-temps

Et jusqu'en ses yeux russes
émanait un parfum d'utérus

L'était ma fleur de mâle
en moi poète animal

Trouvez pas ça normal ?

FoSoBo 17 décembre 2016 17:35

sonku 102

 

VERS SOT VERSE AIL

Aller son train de vie
craindre la mort duraille

Le plomb sans préavis
l'enfer et la mitraille

L'abus d'obus et d'au-delà
sans but sans foi ni loi

Déprions mes sœurs ce foirail

FoSoBo 17 décembre  2016 17:26

sonku 101

 

MON BEAU LAPIN

Mon beau lapin
roi des forêts
que j'aime ta fourrure

Quand par l'hiver
je m'en irai
te dépouiller
de cet attrait

À mes copins
je t'offrirai
dans la friture

Qu'ils sont mignons
beaux les rognons
si ronds tes rables
 
Toi que Noël 
passe à la table 
foi de lapin

FoSoBo 17 décembre 2016 11:59

d'après Mon beau sapin, chant de Noël dont la musique fut utilisée par le mouvement international de travailleurs « The Red Flag » (le Drapeau Rouge)

poèmes de 2016

 

16 décembre

DES ESPÉRANTS
 
la coccinelle sur une tige d'herbe
monte et puis s'envole, ou redescend
 
travail des jours défait le verbe
ou parfois le reprend
 
spirale, écho, réverb,
mouvement incessant
 
un temps des espérants
 
FoSoBo 16 décembre 2016 17:53
 
sonku 100
 
 
15 décembre
VOUS
 
vous qui n'êtes pas fous
comme je suis moi sous
la foudre et l'épouvante
 
dites-moi quelque chose
un mot au moins qui cause
 
donnez-moi rendez-vous
à l'espoir près d'Alep
 
FoSoBo 15 décembre 2016 06:55
 
demi-sonnet/sonku 99
 
 
TOI
 
toi qui n'est plus
que l'ombre à la lisière
où tombent nos hiers
 
reviens je t'en supplie
me prendre par la main
me parler des demains
 
qui chantent sous la mer
 
FoSoBo 15 décembre 2016 06:28
 
demi-sonnet/sonku 98
 
14 décembre

ELLE

Elle est tout
ce que je ne suis pas
elle étouffe
mes pas

Sous le silence de sa voix
elle est ma fille sioux
en mocassins de plume
à l'encre de ma nuit

Elle est là et là-bas
elle est l'eau et là-haut
elle est pluie et soleil

Elle est frêle et l'appui
elle s'efface et puis
je ne sais plus

FoSoBo 14 décembre 2016 22:03

sonnet 368

 
RENGAINE EN CLUSE
à Verlaine, Chanson d'Automne
Le simple plomb
si violent
de l'automne
Dresse ma peur
contre l'heure
qui m'est tonne
 
Tout souffletant
et même quand,
bonne sœur,
Je la soutiens
de nos anciens
qu'elle pleure
 
Je reste là
au vent du glas
qui me déporte
De ci, de là
l'œil et l'oreille
mis à la porte
 
FoSoBo, 14 décembre 21:31
 
14 décembre
SURVENUE
à Corinne Cerise
une commune veine
arrose ma vie vaine
au vin noir en cuvée
 
ce souvenir crevé
anime une évanouie
rime au rêve inouïe
 
mon amie sans ennui
 
 
FoSoBo 14 décembre 13:30
 
demi-sonnet/sonku 97, de mots sans hampes ni jambages, tels que j'en avais formulé le projet dans sans queue ni tête, un roman d'après 6 janvier 2015
 
13 décembre
D’OUTRE AMER
 
Sans savoir oublier j'aveuglais la saison
d'un écho beuglement assourdi de raison
 
entre le noir sans blanc et le semblant trou noir
que creusait ce credo au cœur de la mémoire
 
J'y perdais mes couleurs jusqu'au bout de ces nuits
jusqu'au goût de la peur, jusqu'à mourir d'ennuis
 
qui n'étaient ni les miens ni de personne au monde
en chair connue du jour en tous lieux à la ronde
 
Tout prenait de douleur l’odeur de sainteté,
des pleurs de madeleine et des tasses de thé,
 
des nuages de laid flottaient sur l’amer sombre
et j’y voyais noyé l’un tel un tout du nombre
 
Vienne le doute aux routes des temps ternes
et mes voies respirer d'une quête incertaine
 
 
FoSoBo 13 décembre 13:39

 

9 décembre

LISIÈRE

Tu es là, dans ce parc, sur ce banc, au soleil,
une partie du ciel est tombée sous le sens,
une part de mes sens est à l'assaut du ciel

Existe par le monde une être sans mirage,
un visage de pluie en larmes de nuages,
une muse idéale, amoureuse absolue,
liseuse d'aventure et de désirs non lus

Emouna qui nous mène entre deux ironèmes
en croisière de feu aux lisières perdues
de langues enflammées, sortilège en partage
de rêves et de lieds et de lits éperdus

De vertus infinies ouvertes au désert
d'une fragilité qui vibre encor d'oser
et de vivre et de perdre et de dire je t'aime


Fosobo 9 décembre 2016 15:46

sonnet 367

 

30 novembre

UNE AMIE

à Corinne Cerise

La fenêtre du temps
est couverte de givre.
Mon amie vient de vivre
et renaître en partant.

Elle est morte et me parle
mieux que vivant pourtant
tout fantôme agité par les vents
hurlant brûlés des livres,

Ces sages faux semblants
rassis d'un mâle amour
aussi lourds qu'ils font peur.

Et toi qui reviendra toujours
faire la vitre claire
Demain c'est le printemps


FoSoBo 30 novembre 2016 15:46

sonnet 366

 
 
4 novembre
MILLE TRIBORDS

(ceci n'est pas un poème)

Pas loin du port
chauds les oreilles
l'ami Babord
est débordé

En plein Marseille
ça a bardé
Personne est mort ?
va pas tarder

En attendant
la fin de races
celle des classes ?

On est d'accord 
l'a dans les dents
rentre on dedans

Chez les Tontons 4 novembre 2016 17:35

infos des deux bords, via Mille Babords

sonnet 365

 

3 novembre
ÇA SUFFIT COMME ÇA ?
 
le sillon isthme
où l'huître creuse
dans le sable
 
sa malheureuse
et faible fable
du sionisme
 
ça suffat comme ci !
 
Istambule Kefta 3 novembre 15:37
 
sonku 96

31 octobre

BEN, MON COLON !
 
L'histoire a joué un tour
au colon de la veille,
la terre avait tourné
à sa déconvenue.
 
Il n'est pas revenu,
que ses vassaux d'hier,
esclaves par fournées
des vaisseaux négriers,
 
soient ressortis des soutes
à sa barbe à son nez.
Nos temps portent le doute
 
comme la mer allée
par les vents et marées
vers d'infinies contrées
 
FoSoBo 31 octobre 2016 14:20
 
sonnet 364
colon renvoie à colonie, non à colonel, ni à gros intestion (côlon). Au Québec, colon = con, connard
30 octobre
LE GOÛT DE L'ABSOLU

certes, en tout et pour tout
le gauchisme
l'amour l'art la révolution...

mais en fin de décompte
récits et contes...
il importe de rompre,
pour vivre, tout cordon

ne pas confondre
ou les fondre
amour et passion

n'être plus le con
de soi-même
s'aimer mieux
même vieux


FoSoBo 30 octobre 00:52

sonnet 363
"Le goût de l'absolu" AragonAurélien 1944 chap. XXXV
29 octobre
CHANSON D'AUTOMNE

Au tempo lourd
des violents de l'automne
blessent les bourres
l'État qui cogne

Où se révèle
triste l'ardeur
à tuer les beurs

Et se réveille
un doux rêveur
qui vient vivant

Du vent mauvais
qui se relève
et va dare-dare
à la bastonne


FoSoBo 29 octobre 20:14

sonnet 362
Mathieu Rigouste 29 octobre
merci à Paul Verlaine Chanson d'automne
bourre; les bourres – n.m.
Policier, inspecteur en civil, agent de la sûreté, gendarme ; par ext. insulte générale, salop ; la police
ABC de la langue française

28 octobre

série en DÉ des derniers jours > sonkus 

DÉ RÉVOLUTION
DÉ NOUS MENT
DÉ PLIÉ
DÉ SYSIPHE
DÉ MARÉE
SÉRIE DÉ (c'est ridé)
DÉ SI DÉ
DÉ BARDÉ
DÉ MUNI
DÉ BILE
DÉ BIT
DÉ CADENCE
DÉ VOILE
DÉ RÈGLEMENT
DÉ TESTER
DÉ TERRE
DÉ TENTE
DÉ RIVE
DÉ LIVRE
DÉ TENIR
DÉ BRIS DÉ

d'autres poèmes dans les années 2006-2008, pas de formes fixes...

DÉ-COLLAGE
DÉ-LIMITÉ
DÉ-NOUS MENT
DÉ-STRESSÉ
DÉ-TERMINÉ
etc.

27 octobre

(théorie et poésie)

l'auto-conservation est le dernier pas qui coûte


le prolétariat
se met en boîte
de conserve
avec le capital
pour le prix d'un sale air

- passe-moi l'ouvre-boîte
- tu travailles à la chaîne ?
- rien à perdre
- tais-toi et rage
- c'est trop loin à mes risques
- franchis le bas
- c'est le dernier ?
- tu me dégoûtes

FoSoBo 27 octobre 15:37

26 octobre

LA POÉSIE, CRUAUTÉ DU RÉEL

ceci n'est pas un poème

le cruel est beau comme
le laid sur ton feu
le joli jamais

le bonheur ?
lui et la poésie
font deux à l'infini

FoSoBo 26 octobre 01:42

LE POÈME

suite

le poème est beau comme
il peut

il pleut
il pleut
pleut
pleut

puis

il pleut peu

après la pluie
il ne pleut
plus plus plus


le poème ne pleut pas
il ne peut pas
il pleure
il pisse
il rit
il


FoSoBo 26 octobre 04:30

LA VIE DEVENUE COURTE

la jambe grande devant soi
devance par derrière
la vie qu'un chien chasse à courre
le souffle lourd d'un poumon siffle
la fin de la rencontre. Sysiphe l'
ignore encore c'est lui qui trébuche
où s'effondre le monde

elle est morte la ruche

la tête à plume plus vive que la main
la souris accouche d'une montagne
de mots vers la crevasse
elle n'a pas de bord
elle n'a pas demain
pas de mât de cocagne
c'est ta fête ducasse

c'est fini

FoSoBo 26 octobre 10:24


la métrique de ce poème est volontairement flottante. Préférer l'impair, disait Verlaine...

La ducasse est une fête populaire annuelle de villages et petites villes, en Belgique et dans le nord de la France... (Wikipédia)

 

RÉCIT DIT VITE

imprévisation

instantanément est beaucoup trop long
le présent ne va pas assez vite
maintenant est déjà passé
demain est un autre jour
le futur n'est pas l'avenir
le passé est trop lourd
en prêt-importé

ceci n'est pas un poème

ni un inventaire
ni un éventail
ni un avant-goût
ni un égout
ni un nez qui goutte
ni un mouchoir
ni un pipe

ceci n'est pas ceci

mais ça dépend

FoSoBo 26 octobre 15:37

 

25 octobre

« Quoi de neuf ? » est la formule dans la fenêtre d'édition de Twitter, étonnante puisque la plupart des tweets ne présentent que du vieux


QUOI DE VIEUX ?

Tout ou presque
Quoi de neuf ?
Presque rien

Cuit tout court
tweet où rien
a cours

Accoure un couic
l'eusses-tu cru ?

Quoi de vœu ?

Presse que tout soit neuf
et vieux rien du tout

FoSoBo 25 octobre 15:01
photo : un quad neuf rouge
SANS RÉDDITION

Jamais ne rend les armes
en larmes de ta plume

Ne dites rien, j'édite tout
doute de tout

Marx de fabrique
sans addiction
abolie l'édiction

la poésie
c'est l'addition salée
des mots et des choses
gratuite

FoSoBo 25 octobre 16:54
PRIX DE SON TEMPS

Un con pris par son temps
ne le prend pas
il en est prix

À payer pour le perdre
l'esprit en laisse
prié de vendre
à perte

Ce chien courant, c'est moi

FoSoBo 25 octobre 17:17
PRIÈRE DE SERRER

Prière d'insérer ton cœur serré
à ta raison, d'en faire
un nœud

Ligature en ligue
sans littérature
un nous

Un euphonique
dérèglement de tous les sens

FoSoBo 25 octobre 17:35
SANS ARRÊT DU CHŒUR

ceci n'est pas un poème

Poème : à jamais inachevé
dont le poète a résolu un état
proposé au chœur lectorat

« À vous de dire ce que je vois » Aragon, Le roman inachevé

FoSoBo 25 octobre 18:43

24 octobre

à @etienne_cdl

Candel appât candide ?

D'un pas pareil au même,
suspendus d'un non-sens
à un autre sens

Les mots d'Étienne
c'est des ailes

FoSoBo 24 octobre 06:46

 

partie carrée, 7 x 7 vers


HISTOIRE D'HISTOIRES

(lettres sourdes)

« L'histoire n'est-elle histoire que d'être loin
de toi dans l'espace et le temps de vivre
ce qui la fait défait refait comme ivre
entre elle et toi qui n'en es que rené,
que d'en être et connaître beaucoup moins
que rien que tu lis et relie d'un point
à l'horizon des autres faits et gestes ?

Qu'as-tu vécu de tout ? Quel est ton siècle ?
D'où te vient d'arranger cette intrigue hors
des normes établies du genre encore
fécond d'où sort la théorie ? Plonger
dans les fleuves du tout-monde, ou pisser
sur les bords de la scène, est-ce pareil
pour toi ? Ta poésie n'est qu'un sommeil

De la raison impur. Réveille-toi !
Viens plus souvent sur le plancher des vaches
sentir le poids des choses, et plutôt tache
d'en tirer du bon lait, tête les veaux
à l'essence du passé, du nouveau
et donc de l'avenir adieu. Nettoie
aussi tes yeux au savon de Marseille.

Suspends ton vol au trapèze attardé
d'en attendre la chute au pied du mur
du son. Murmure à mon oreille un pur
sens à rêver tout haut. Jette le dé
à l'eau des sources vierges. Quelle idée
neuve, en somme de ton compte, se prend
les mains avec les pieds ? Ta bouche rend
les tripes d'une langue trop crue, elle

Tordue d'un rire à l'entendre cruel.
Que n'auras-tu pas dit, et son contraire ?
Qu'auras-tu fait de nos déboires, braire ?
Qu'en dira-t-on dans la famille ? Tout
ce que tu écris sera contre nous
retenu, et ce que tu n'as pas dit
fera un bruit de tonnerre alourdi
du silence des armes au repos.

Tu n'auras jamais payé tes impôts
qu'en retard d'un train de vie sur ton culte
assis, dans le confort d'un discours occulte.
Tu parles seul à seul. N'entends-tu pas
l'écho, Narcisse à la vertu vêtue
de tes œillères, sûr de toi, têtu
comme une mule est plus sourde qu'un pot ? »


Je suis petit mais de grandes oreilles
ont entendu mes pas à l'unisson
des leurs, pas de géants sur le pavé
glissant, et les claquettes font merveille
aux rythmes de nos cœurs battants, lavés
du soupçon que tu répands, ta leçon
meurt de soif et la rumeur a fait long
feu ! Merde à vos bans de poisons morts !

FoSoBo 24 octobre 08:44
Merde à Vauban Léo Ferré
Arthur chez les enfants

QUAND C'ÉTAIT MIEUX À VENT,

À voile et sans vapeur, on allait sur les flots
naviguer, les nanas viraient des bords avec
des airs de mecs et les sautaient ainsi au sec.

En matelot aussi j'étais
mon idéal,
j'en allais
amuser à la mer sans égal,
culotte de travers, j'en avais le cul haut.

Un pied près de mon cœur, la main près de tes fesses,
j'aimais ton doux frou-frou, qui n'avait ja-jamais
péché. On se mi-mit à s'offrir des caresses

Et le navire en fut tout retourné.
Ohé
Ohé, ohé
... Si cette histoire vous amuse,
C'est pas moi qui l'ai commencée. Ohé, ohé...

FoSoBo 24 octobre 09:52
partie carrée, 12 alexandrins

RELATIONS ÉTRANGÈRES

Nécessité de bon accueil à l'étrangère,
à la française ou pas, à toute passagère
sur tes pas, d'un voyage sur place à ses pieds,
sans bagage que corps à s'aimer sans expier.

Ni renier, ni regrets ni couronnes aux hiers,
quand arrive un été en retard à l'hiver
de vivre. Tu es venue à moi comme un fruit
sous la branche, un oiseau à la main sans un bruit.

Tu avais une robe de ciel, de cannelle
et vanille, une bouche d'avances, tu es belle
plus que mon rêve en rêve. Te voilà partie,
de nos heures migrée, et j'ai pris ton parti.

FoSoBo 24 octobre 10:51

« Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères » Flora Tristan, 1835
Jean Ferrat, Les belles étrangères d'après Aragon, Le roman inachevé, 1956
partie carrée 12 x 12
MENTIR VRAI ?

Chacun sa vérité, tu n'en reviendras pas,
les filles sont plus belles dans la vie encore
que dans mes vers, par aubaine et de haut en bas.

J'en ai connues sûres de l'être et des désirs
pour leurs appâts. Plus rarement j'ai pu saisir
les variations des leurs, ce leurre qui m'échoit.

J'en parle et j'en écris beaucoup moins que j'en sais
et que j'en saigne aussi, de ne jamais savoir
pourquoi elles sont comme ça, d'un tel pouvoir

Sur moi au nom d'un dit sexe faible et si fort
que les hommes devront aller se rhabiller.
La vérité est l'avenir de l'inconfort


FoSoBo 24 octobre 11:50


Le Mentir-vrai, Aragon 1923-1972
Par quel paradoxe magique, la fiction, l’œuvre d’art sont-elles plus à même de révéler la vérité profonde d’une époque, d’un être humain, qu’une étude historique, biologique, psychologique, anthropologique ou documentaire ? Ce qu'Aragon appelle le « mentir-vrai »... Sabine Dotal, Société française de Gestalt
« Il faut être singulièrement sot pour attribuer à un poète les sentiments qui paraissent dans ses vers » Paul Valéry cité ici 1990
partie carrée 12 x 12

CES VÉRITÉS SÉVÈRES

Tu ne veux pas savoir, ça fait trop mal en toi,
tu ne mets sur la table que les cartes truquées,
et tu crois qu'un tour de magie peut arnaquer
un vieux singe averti ? Tu en restes pantois

bouche bée et cousue de fil blanc. Repens-toi
haut et cours là-dessus boire de l'eau sur les quais
en entendant que le passé revienne détraquer
l'horloge mécanique d'un songe aux abois.

Ta caravane est du passé, qui t'envoie paître
où l'herbe était plus rouge et l'avenir plus vert.
Le monde ronge un frein, c'est un adieu sans maître
à l'avenir des fois. Homme, sort de ces vers !

FoSoBo 24 octobre 12:40
film Sur les quais Elia Kazan 1954 avec Marlon Brando 
partie carrée 12 x 12

SI NOS VIES

Si nos vies s'épanchaient comme on l'entend ces jours
nuit debout à genoux perdant la synovie,
on perdrait la mémoire sans mettre à profit
ce qu'un siècle d'erreurs a généré de fours.

Au généreux l'âme bien pleine, et le bonjour
à vos succès ! Suivez donc la foule à l'envi,
je n'attends pas la fin ni que vienne l'envie
d'un je ne sais quoi d'impossible toujours.

Au diable vos vertus, quand elles font retour
du même avec des mots nouveaux inassouvis,
des mots sous vide et périmés d'avoir servi
déjà à nos défaites, en cortèges sans tête

FoSoBo 24 octobre 13:03
mot d'ordre du printemps 2016 : Nos vies valent plus que leurs profits
partie carrée 12 x 12

LABOUR

Le laboureur et ses enfants
travaillaient, prenaient de la peine.
Leur travail était un trésor,
ils l'ont montré, ils en sont morts.


Les enfants du Labour sont toujours à la peine,
ils ont trouvé un chef, un vieux qui parle d'or.
Il retrousse la Manche et l'on entend Big Ben
sonner à l'heure anglaise, l'air d'être d'accord.

Si c'étais moi - c'est pas mon frère et ni mon Sir
certes -, je ne lui confierais pas notre sort.
J'imagine un autre ressort, à lames plein
les mains, des armes pour abolir le labour


FoSoBo 24 octobre 13:48


Le laboureur et ses enfants La Fontaine
Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste anglais, le Labour

LA POÉSIE EST INCORRIGIBLE
version 2

Ma plume au noir est plus claire que ma page blanche
Je sais ce que j'écris et ce que tu penses.

Relie-nous et relis mes pensées des tiennes
Oublie ma mémoire et nos souvenirs pieux.

Ma bouche est froide à la cervelle. J'habite en elle
et mes dents de sagesse ont poussé ton cri primal.

Tout ce que tu sais déjà s'enfouisse sous ma langue
et je la tire au monde infini du langage
en verts mots et vomis de l'âme, d'une gangue
maudite en Eurogue

Tes mots sans gants sanglants me sont leçon le son
d'un gong de ton gang
toi mon racaill choisi parmi mézig

Ainsi soit-il aimé. Entendu d'amour. Obligé.
Qui ? Toi. Par qui ? Nous. Pourquoi ? Je sais plus.

Ils sont venus de toutes parts du monde, en ailes
de vent, elle devant, semaine après semelle,
semer le nouvel ordre en graines de sabots,
chabarder ta misère en vivre beau.

Tu m'égotes ou tu goûtes ? Tu m'épies où tu penses ?
N'oublies pas que tu sais ce que j'écris aussi.

(Les correcteurs sont incorrigibles)

FoSoBo 24 octobre 17:53/ 22:57

23 octobre

FIN DE SEMAINE

à Boby Lapointe et Georges Brassens

Tu hais le dimanche assassin du week-end,
pourquoi toujours en fin de semaine
plutôt qu'au début de quatre jeudis,
quand les poules auront des dents, qu'on dit...

Si ça me dit dimanche ? Oh, mon Boby
là pointe un cochonnet coquin, ça mène
à la grivoise, à ses versets maudits,
à ces mots dits mâchés endimanchés

Que j'aime tous les jours, dont j'ai baisé
la main déplumée, que tu as de grâce
mâtinée, sans vain de messe arrosé
de génie hygiénique et d'une classe

Hors pair et sans vergogne. Ton vers cogne
à la porte, chaud lapin à lièvrette
levée à la chopine au nez d'un cogne,
toi garde forestier de mûre et verte

Langue à vertu avertie de gaie quête,
sans queue ni tête à queue. Ah que lorsqu'on
chantais, bête qu'on était content, quand
les cons tant partaient en pestant, croquants

Empestant l'oseille, à saisir l'occase,
à nous larrons, d'enfoirer la bourgeoise
et sa progéniture à thune plein
les poches, crevées, qu'aucun ne les plaigne !

FoSoBo 23 octobre 18:07

Boby Lapointe 1969

Madame Mado m'a dit
Ne venez pas mardi
Car il y a mon mari
Qui revient mercredi
Venez donc vendredi
Mais alors moi je dis
Je viendrai si ça m'dit dimanche


enfoirer : (vulgaire) et (vieilli) Salir, souiller, littéralement emmerder

croquant

De l’occitan croucant — la jacquerie des croquants est méridionale — d’origine discutée :

1. Selon Théodore Agrippa d'Aubigné, du Crocq, dans le Limousin : « La petite guerre des croquans, ainsi nommez, pour ce que la premiere bande qui prit les armes fut d'une paroisse nommée Croc de Limousin » — (Histoire universelle depuis 1550 jusqu’en 1601, 1630) [...]

2. De crouca (« accrocher, croquer, accroupir ») car les paysans pillaient, rançonnaient? ou parce que les paysans révoltés criaient : « aux croquants ! », c'est-à-dire à ceux qui croquaient, mangeaient les pauvres gens, la noblesse exploitatrice et les seigneurs, par dérision, leur retournèrent l'appellation?.

chez Brassens dans  Les croquants et les croquantes
Le Petit Robert nous dit que les croquants étaient les paysans révoltés sous Henri IV puis Louis XIII. Le mot a pris ensuite le sens de "paysans". Il est parfois utilisé dans le sens de voleur ou de grippe-sous.

Connaissant l'affection de Brassens pour les voleurs (de pommes), les petites gens (Pauvre Martin, Margot & Cie) et les révoltés (il n'était pas anar pour rien), ce portrait des croquants peut surprendre, sauf bien sûr si on l'interprète dans le sens de "riche paysan grippe-sou". Cela semble coller, puisque les croquants "vont en ville" à la foire "à cheval sur leurs sous".

 

on dit que les vers de 11 ou 13 syllabes tournent autour de l'alexandrin. Ça dépend... Poème en alternance de 13 et 11

TREIZE À LA ONZAINE

à Michel Leiris (Langage Tangage)

Trêve de plaisantation, le vers mis dans le fruit,
quand on aime on ne compte pas sur ses pieds,
on marche à l'ombre de la tradition estropiée,
ïambe de bois, boite à prothèse qu'un bruit

Blanc sans diérèse assourdit, autant de divisions,
guerre comme naguère, champ d'illusions
perdues, déjeté le vers, déchanté sur sa jante,
roulé dans le fard, rime guère exigeante.

On s'y perd on n'y danse on nie panse on veut passer
pour et contre à la fois, malentendant voire
halluciné d'un dieu du verbe, mètre à penser
l'anarchie achevée, voyants à la foire

Détrônés frères d'étonnantes muses, si nues
qu'un ver au désir d'un striptease ingénu
sur les tréteaux très tôt d'énoncés à la police
des caractères, pour avoir la peau lisse

Au derrière. Ah là là mes amies quelle intrigante
énigme et passionné délire des mots,
tangage d'un langage qu'engage le Vermot
sur la pente au hasard d'un dé d'élégante

Manière de jeter le sort aux sorties de routes,
au défossé creusé où l'appétit doute
de lui-même au bord d'une indigestion à gerber
le poème à la fin par la cruche daubé


FoSoBo 23 octobre 15:19

suite en tentant d'unifier la totalité de ma vision poétique, 6x4 alexandrins

PRENDRE LE LARGE

aux poètes,
en vrac
François Villon, Pierre Dac, Boris Vian, Herman Melville, Arthur London, Octavio Paz, Paul Verlaine, François Rabelais, Jean Racine, Arthur Rimbaud, etc.


L'orage est là c'est sûr il porte à sécession,
l'évitant au voyage, je mettrais les voiles
sur les filles, de joie, et d'une invitation
sans gage je m'engagerais, en bête à poil,

en prose à moelle sans valeur, mais de parole
non volée et d'ardeur chaleureuse, à l'envol
d'un oiseau de mer, de terre, d'herbe et gaieté,
à guetter la gironde en faconde entêtée.

Nous irions naviguer de conserve féconde
en têtant la baleine invitant la Joconde
à décliner ses nom, adresse, identité,
aller se faire voir en peinture, l'été

Ayant tenu pari, chez les Grecs. Poil au bec,
il n'est de bon que de Paris. Je fais avec
et vous. Et vous ? Qu'en direz-vous qu'en dit tonton
à l'appel de l'automne et sans forêt ni tons,

Ni tonte des moutons au bord de la falaise,
si content que j'y suis j'y reste d'un malaise
soucieux, que pèse sous nos yeux sourcilleux
des cieux portant la guerre et ses guère soigneux

Taillages sans merci, mitraillages odieux,
triages et grillages, nettoyages ethniques...
Pas de panique, dis-tu, j'aimerais t'y voir,
dans ce noir désespoir, l'éternité d'un soir


FoSoBo 23 octobre 00:43


L'invitation au voyage Beaudelaire, Les fleurs du mal, 1857

« La guerre de sécession a cessé ça c'est sûr...» Roger Pierre et Jean-Marc Thibault
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » Jean Jaurès

22 octobre

tentative de revenir à la grande poésie, en 12 x 2 alexandrins 'modernes'

GRAND PARGEMENT

fin de partie carrée

Maintenant vient ici toujours déjà demain
à la porte du crime j'attends l'assassin

de mes rêves, ou la censeure de mes rimes
vers l'échafaud pervers entre impairs et intimes.

Nul n'aura lu la fin - qui connaît le début ? -
hier est le trop loin de ce vieil à tribu :

il s'offre lendemains qui sentent son cercueil.
Sur sa tombe j'irai cracher le sang à l'œil,

mes dettes sont payées, reste à faire le deuil
de sa mutique absence, de sa geste hautaine

et d'indigestes plats repassés comme on pisse
la haine et le pistou à base illico bis

trop d'ail aïe aïe au lit, où se couche Marseille
l'ombre d'un avenir court après le soleil,

à l'Estaque on t'estanque, une boule de feu
te coule dans la gorge et le coup tôt se porte

à l'étripage en gage à l'arrache dedans,
la salle de ta bouche est pleine en attendant

la chirurgie dantesque, un cheval achevé
sur la langue et le bœuf sur la toile au chevet

de maman, le fils indigne un prodige en vers
lents, grouille-toi l'asticot, touche-moi mon pote !

Où je suis mort tu es vivant, dans le compost
il reste de la page à écrire comme on saigne


FoSoBo 22 octobre 22:12


« On dit "ça m'a estanqué" pour assommé, étourdi, bras ballants...» sur l'étymologie de la pétanque, d'après Adé

j'ai volé "salle de bouche" et "un cheval sur la langue" à Étienne Candel, parmi ses 'ironèmes' de ce jour sur Twitter : merci !

du 19 au 22 octobre

sonkus mi-sonnet mi-haïku, 42 poèmes au format Twitter

série en 6 x 7 poèmes de 7 vers, sorte de partie presque carrée dans la veine de LIVRE SANS NOM en 1991 et MABOUL ISIDORE, roman-feuilleton en 2012 et des 84 SONNETS D'UN AUTOMNE ÉTONNÉS du 27 septembre au 13 octobre (page 11 et précédentes)

TWEET POÈMES

MORTE SAISON
FORTE RAISON
SOTTE ORAISON
MORT EN VERS
L'ÉVÈNEMENT
L'OISEAU
LA PLUME

LA POULE
LE COQ
LE POULET
LA RIME À RIEN
MODÉRATION
MAGIE NOIRE
PRÉDILECTION

ÉRUCTATION
MÉDITATION
LIBÉRATION
RÉVOLUTION
L'AFRONT
IRE ALLANT
RÂLE EN TIRE

AH QU' C'EST LES RANGS !
TWEET COUIC !
DÉGÂTS CHEZ LES GATTES
TROUVÈRE
TROU PIED
TROUSSEUR
PROVERBES

PIS-ALLER
DÉFAITE RADICALE
CULTUEL
PUTATION
MASCARADE
MINOTAUROMAGIE
NERVE

VERVE
SAINTE TAXE
FILE EN TROPES
EXITANT
OUTREPOËT
MÂLVOYANCE
FINABLEMENT

18 octobre

DIABLOGUE ENCHANTEUR

- que tu dis
- que je lis
- et cries
- écris
- c'est pareil
- et merveille
- que tu dis

[...]

FoSoBo 18 octobre 17:53

 

17 octobre

L'EMPLOI DU TEMPS

Que fer ! Que fer ! Qu'enfer
et dame Nation annonce la station
au train des voyageurs
aux affres des affaires

C'est le temps de l'emploi
et d'en avoir ou pas
où comme on peut l'on ploie
sous le joug sous l'enjeu
pour la bourse ou la vie

C'est la course à l'envie
d'un but, d'un moi, d'un toit,
de compter comme un autre
pourquoi pas moi, cet autre ?

Le RER a passé ma sortie
je reviens en arrière
au train des voyageurs
qui ne sont pas à l'heure

Le temps fuit son emploi
au train de son affaire,
sans arrêt dans le RER

RER A, 17 octobre 15:37

 

16 octobre

VALSE PLUME

à 3 temps

C'est la valse aux plu-mes
comme on fait son plumard
on veille à l'infortune
long sans dormir le soir

On danse pour des prunes
avec des blondes brunes
On leur tient le crachoir
et la main dans le noir

Que l'on soit importun
n'est pas si important
que de venir sans thune
rentrer en désespoire

FoSoBo, 16 octobre 23:11


DE FAUSSE ENFANCE, DÉFENSE D'EFFACER

Ah ces livres noyés des souvenirs d'antan
la roseur arrosée d'une prose enfantine

que tu n'as pas trop lue. Quel enfant étais tu
en toi par qui pourquoi, que tes larmes destinent

à l'oubli des corvées et raclées ? Que tais-tu
de ces pages tournées que tu n'oses pas lire ?

Que fais-tu d'un passé, qui t'a fait, que tu hais,
que tu es, que tu tues et repasse à la lyre

en pensant découvrir le secret de ta haine
envers l'autorité, du père et du curé,

du parti, de l'État, de tout ordre à sévir ?
Vérités s'avèrent fruits de sévérité,

que tu n'as pas reniées, alliées et à relier
au présent d'agiter avant de s'en servir

FoSoBo, 16 octobre 13:57

peut être mis en forme sonnet

 

15 octobre

Alphonse Allais
bien jusqu'au jour...

hommage

triste condoléance

j'ai des cd
et poussière
qui vient

épouse hier
veuve demain

passion

l'âme en peine
l'amant peine
amoureux de peiner

 

série de 7 poèmes en 7 quatrains

1 LA SIRÈNE AU POÈTE
Plage de sable blanc,
des mots tombant en bulles,
un poète semblant
ramasser sous la lune.

Sirène sur la dune,
robe moulant son flanc,
écaillait une albule
chantant un air gonflant

son sein, et le poète
en devint si tremblant
qu'il en laissa sa quête
envoler vent soufflant.

L'aguicheuse en conçut
de saisir avantage
et de donner un gage
au rimeur à l'insu

de son rêve sans âge.
À l'eau rend le poisson
et s'approche à la nage
de l'étourdi garçon.

Lui n'y tient plus de joie
et se jette à la mer
en brûlant qu'elle joi
gne une ardeur à l'affaire.

Loin d'atteindre son but
elle éteignit son rut
d'un coup de la mamelle
sur le front du mortel.


Marc Chagall, La sirène au poète, 1960

Prenez garde au mirage
emportant votre songe
au-delà d'un rivage
où rêver est mensonge


FoSoBo 15 octobre 07:54
2 TOUCHE PAS À MON POÈTE

Le poète est un autre
un autre que je suis
au pas mien que je puis
qu'il soit ou pas le vôtre.

Le poète est des vôtres
autant que vous voudrez
au pas que vous suivrez
sans en être l'apôtre.

Le poète a fait bien
ou mal qui est le sien
des choses sur parole
et des mots parabole.

Ce n'est pas pour vous plaire
et si cela vous plaît
ce n'est plus son affaire
remuée dans sa plaie.

La poésie ma pute
est ma poule aux yeux d'or
celle avec qui je dors
sans en toucher le but.

Elle touche à son pote
roule à l'appel ses mots
et vous laisse un mégot
en guise de capote.

Poète fait avec
c'est un drôle de mec
Est-ce ma faute à moi
s'il fait ce que je crois ?



FoSoBo 15 octobre 09:52

« Je est un autre » Arthur Rimbaud

« Je suis comme je suis » Jacques Prévert, Paroles

3 L'INTIME ÉTRANGER

En moi belle étrangère
venue me déranger
sans contrainte horlogère
sans crainte d'un danger

Tu es cette bergère
venue à pas de loup
de menthe et de fougère
pour me prendre à ton coup

Et tu me rends garou
aux yeux de l'étranger
regardant comme on gère
un capital jaloux

Tu es ma désarmante
et je suis ton amant
du séjour ardemment
désiré qui me hante

Tu es venue la nuit
tu es restée le jour
tu as chassé l'ennui
tué mon désamour

Il n'y a plus en moi
que d'autres en émoi
et le fruit cueilli mûr
au pied de ton armure

Tu es venue d'ailleurs
où la vie prend la leur
à témoin du beau crime
où meurt le mâle intime



FoSoBo 15 octobre 12:04

« Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de loup de fougère et de menthe »

Claude Roy La nuit 1970

4 L'ÉPANOUIR
Comment ont-ils pu nuire
au cœur de nos combats
à nous couper les bras
en nous jusqu'à détruire

L'ardeur de ceux d'en-bas
le pouvoir du débat
l'essence pour conduire
à miner, pour construire,

La valeur et l'État
le malheur et l'urgence
la machine à cadences
les expulsés en tas

Jusqu'à nous rendre sourds
aveugles gourds et lourds
à remuer nos culs
de perdants et vaincus

Figés dans la défaite
à quémander la fête
du foutre et du ballon
pour des ronds et ronrons

Pour des gnons et des prunes
pour des brunes des blonds
et des fosses communes
pour bières sans houblon

Comment sortir de là
comment nous désenfouir
sans fuir en l'au-delà
Que vienne l'épanouir ?


FoSoBo 15 octobre 12:58
5 REMUGLES

Ça pue et ça remue
le cœur et les viscères
Ça remugle repu
le ventre où la vie serre

Ça t'empeste et ne sert
à rien dans la tempête
Ça t'endort des odeurs
de la mort et du reste

Ça désordre tes rimes
Ça fait caca sous toi
Ça carbure argent-roi
C'est putois c'est plus moi

C'est que tu ne sais d'où
ça pue tant si peu doux
de longtemps et ça dure
et que des mômes endurent

Moments durs mots nuement
nus pour le dire en vers
et contre tout crûment
prosaïquement vert

Insultes ou jurons
qu'on nous zy prenne pluche
qu'on coupe le zizi
et la bourse qui louche

Nous qu'on aime les ours
avec des dents, pas cons,
qui suçaient leur pouce hier
nous mordant la poussière
FoSoBo 15 octobre 13:48

« D'où qui pue donc tant ? » Raymond Queneau, Zazie dans le métro, 1959
6 MARASMES

Ça sent si bon le champignon
qu'on en ferait des omelettes
et si j'étais un homme leste
j'irais au bois mon compagnon

Les accueillir en ma musette
avec un couteau et des noix
avec un bonheur et la foi
à renverser dans la moussette

La belle au bois dormant parfois
sous un chêne ou bien à paraître
entre mon rêve et comme un être
un sapin cadeau d'autrefois

Et là tout soudain que je vois
des mousserons tournant en rond
sur la moquette et sous mes pas
je ne vais pas rester marron

Et casser mes œufs sur le plat
pendant que le loup n'y est pas
on dansera et la sorcière
jettera au feu sans prière

Les cahiers les maîtres avec
ces professeurs du vrai marasme
leurs théories et leurs fantasmes
leurs façons de clouer le bec

Aux vérités et aux poètes
Aux enfants de la liberté
Aux battants d'actualité
Aux champignons de notre quête
FoSoBo 15 octobre 14:29
Le Marasme des Oréades (Marasmius oreades)  ou faux mousseron, en rond de sorcière

« Comme un marasme (comme un édito) » TC 25
7 EN PÂTE HIC

Nous m'est très empathique
parfois, avec un hic
souvent, quand il est empâté
de foi, par lâcheté

Aussi. C'est ainsi. Dramatique
absence à lui-même et d'éthique,
nous battu est un âne bâté
abattu sans combat : hébété

Nous ne met la main à la pâte
qu'en gardant un fil à la patte,
par habitude il prend des tics
avec un air démocratique

Nous reste emporté par son train
de vie et de non-vie, il trône
sur son derrière comme un clone
prolétarien, mais qui l'astreint

À rester le même à traintrain
quotidien ? Dodo et rebelote,
jamais se rebelle et complote
sa fin, et, la faim au ventre, un

Esclave enchaîné à son maître,
lui donne un air de chien errant :
perdre sa laisse de son être
serait le priver, lui garant

De sa propriété, contraint
d'un autre au prix de son travail,
force trimant tel un bétail
brimé sans rime à mes quatrains


FoSoBo 15 octobre 16:18
"Alsthomme" ou « Je suis fier de porter le nom de mon patron »

14 octobre

2 tankas Pensées éliminaires

MES MOI RE
Mon temps se soutient
d'un siècle à se souvenir
ce qui vain revint

sans vaincre ni alentir
le sang, la terre et l'enfer


FoSoBo 14 octobre 22:12

LATENCE

Hors d'attendre même
le temps se suspend d'un change

Mentir d'impatience
tire la patience ensemble
au tempo du temporel


FoSoBo 14 octobre 21:58

série de 7 tankas Élan Alors

INCERNITUDE
Bon. Pas de nouvelle
bonne. Que faire ? Tout est
possible impossible

Avec le temps tout s'en va
et revient sans avertir


FoSoBo 14 octobre 20:05
PLANITUDE
Il s'envoie en l'air
de rien, heureux comme un merle
enchanteur, cerise

au bec, le mec va se mettre,
on le sent bien, en Commune


FoSoBo 14 octobre 19:51


LIBRE CHUTE

Tombé de très haut
s'est brisé la tête alors
du coup pour de vrai

Il prend son pied d'un bon œil
se secoue pour repartir


FoSoBo 14 octobre 19:42
ALORS L'ÉLAN
Cédant à l'élan
son souffle est dans sa folie
toutes dents de vent

Il sent alors qu'il s'envole
sans plus raisons d'atterrir


FoSoBo 14 octobre 19:33
LAGUNE AIR
Mémoire en lagune
où patauge notre histoire
oubli du savoir

Alors notre élan s'y noie
sans souvenir l'avenir


FoSoBo 14 octobre 19:15
BRISE DE TÉTE
La tête se prend
d'un vertige au cœur volant
sous le vent des peines

Alors ton élan se brise
et tout se perd en haleine


FoSoBo 14 octobre 18:16
PASSATION PASSION

Un élan se passe
en témoin comme à la main
l'autre main demain

À l'aube je m'en irais
partout où passe l'ivresse


FoSoBo 14 octobre 17:53
Demain, dès l'aube... Victor Hugo

comme dit plus haut, les vers 1 et 2 ou 2 et 3 forment un quasi-alexandrin, que l'oreille française peut entendre

13 octobre

PLACE AU POÈME

sept haïkus


la poésie fait quelque chose
que la chose fait ou pas
fonction du poète

de dire la chose
qu'elle-même ne fait pas
pourtant qu'elle suggère

mais comment la dire
sans trahir ce qu'elle fait ?
poème es-tu là ?

le poète effacé
qui parle, au nom de la chose ?
d'elle sourd, muette

autre chose qu'elle
mais qu'elle inspire pour être
en devenir d'elle

sans en avoir l'air
la poésie théorise
l'utopie concrète

voilà la question :
qui écrira la chanson
d'après le poème ?




FoSoBo 13 octobre 21:40

haïku 73 - 78

LA CHOSE OU LA VIE ?

sept haïkus

je vis dans les choses,
j'en suis entouré, suis d'elles
les choses en moi

autre chose en moi
être ou ne pas être chose
un autre moi chose ?

autre cause en moi
causer ou ne pas causer
un autre moi cause

en moi d'autres moi
des choses mal entendues
je est nous des autres

la chose est la vie
que le poème écrit
la cause est la vie

là, cause toujours
au puits vas boire l'eau fraîche
tu restes à sec

reste un presque rien
inexplicable des choses
et place au poème


FosoBo 13 octobre 21:22

haïku 66 -72

 

UN POÈME FAIT QUOI ?

sept haïkus
l'œuvre-sujet ou la poésie comme activité des poèmes
« Contre toutes les poétisations, je dis qu'il y a un poème seulement si une forme de vie transforme une forme de langage, et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie » Henri Meschonnic, DADA, ON NE JOUE PLUS novembre 2003 
la chose, qui fait
l'écrire par le poète,
n'est pas poésie

le poème est fait
du ressentir du poète
face à cette chose

l'œuvre est un sujet
le poète un œuvrier
entre elle et la chose

de l'œuvre-sujet
dans le regard du lecteur
la chose est refaite

connaître l'auteur
ne dit pas de ses poèmes
ce qu'ils font langage

le poème importe
la chose comme sujet
entre elle et lectrice

importe un poème
davantage qu'un poète
pour faire un sujet



FoSoBo 13 octobre 16:36

haïku 59 - 65

L'EAU : UN POÈME ?

sept haïkus

La poésie n'est certainement pas dans les choses, autrement tout le monde l'y découvrirait aisément, comme tout le monde trouve si naturellement le bois dans l'arbre et l'eau dans la rivière ou l'océan
Pierre Reverdy "Circonstances de la poésie", dans Cette émotion appelée poésie, Poésie/Gallimard, 2003, p. 112-113



la chose écrit-elle ?
l'eau qui parle, est-ce un poème ?
que fait le poète ?

à la chose, rien
lui, qui ne fait pas la chose
l'écoute qui sourd

l'eau elle, au poète,
lui fait bien quelque chose
puisque lui l'entend

l'eau fraîche secrète,
au poète, des affects
qu'il tente de dire

parole s'envole
alors il l'écrit, elle reste
la chose est écrite

l'eau parle il écrit
ce que lui l'entend lui dire
trace est le poème

le poème est fait
de l'eau, écrit poétique
qui fait le poète



FosoBo 13 octobre 16:00

haïku 51 -58


L'EAU QUI PARLE

sept haïkus


la cause des choses
est entendue : elles sont
sourdes et muettes

là, cause toujours
il faut trouver autre chose
boire de l'eau fraîche ?

l'eau dit quelque chose
-
moi, l'eau fraîche, je dispose
de toi, qui as soif


l'eau sourde du puits
chose fraîche et pas muette
étanchant ma soif

l'eau est une chose
qui me parle du besoin
de boire pour vivre

la chose entendue
elle me cause sans mots
je l'entends qui sourd

problème nouveau
de l'eau qui parle : un poème
sans mots pour le dire ?



FoSoBo 13 octobre 15:01

haïku 44 - 50

les précédents :
HAÏKU, TENKA, SENRYU... formes japonaises ou dérivées

10 octobre

DE BONNES INTENTIONS

Le cœur en marge et l'âme en bandoulière
je reste là. La passante pressée,
d'un pas stressé sur sa toile tressée
d'un destin animé de journalière

besogne, va... Est-elle ouvrière
ou employée ?  Fait-elle belle assez
pour son taulier au mœurs si familières
qu'un grain de sa beauté lui vaut de ces

manières empressées, que repousser
équivaut licenciée ? Que son œil louche
elle va lui crever, que sa main touche

elle va lui couper, et si sa bouche
vient trop près, elle va l'embrocher
plutôt que débaucher pour un péché

qu'elle n'a pas commis. Ainsi soit-il
selon sa volonté, au prochain vil
jeter la pierre, au suivant le pavé



FoSoBo 10 octobre 03:49

 

8 octobre

FAIRE = POÉSIE

toutes les choses/êtres qui n'ont pas ou plus de mots pour les dire
et toutes celles à inventer avec ou sans mots : révolution !

 

Mystère Tweet et Doc Patlotch
Sont dans un bateau
L'un d'eux tombe... allo !
Quies qui leste ?


FoSoBo 8 octobre 13:57

l'un primeur
l'autre le temps
de la déprime

(et Prévert s'efface sur la table)
TWEET SONNET
SAUVAGE !
RELUQUE

7 octobre

MARCHER

temps de l'attente en tant
d'impatiente patience
marche du temps que tente
le temps de la marche

marcher c'est retenir l'instant
qui passe où l'on passe
en sentant
l'espace

marcher n'est d'aucun véhicule que soi
ni la vitesse accélérée
d'une vie précipitée
vers un futur

marcher c'est vivre au présent
une promenade toujours située
près de ses pas franchis

à deux pas de chez soi
on est encore chez soi

se promener c'est aller nulle part
ce n'est pas randonner
un programme kilométré
ni manifester en foule
mettant en scène son échec

si bien qu'on peut marcher
sans sortir de chez soi
et parcourir ainsi

le monde

le monde est à rencontrer avec les pieds de l'esprit


Paris 7 octobre 2016 16:00

ce texte fait écho à celui-ci, d'il y a 35 ans, extrait de I-VII LIVREDEL, poème-roman, 1er avril 1988 - 1er avril 1991/II LIVRE DE CATHERINE Chapitre 3

Écrire c'est marcher.

Semer les mots. Semelle et mots. Écrire c'est semer. S'aimer. Se mêler. Manifester c'est semer. S'aimer. S'en mêler.

Manif. Santé. Sécu. Les manifs c'est la santé d'un peuple. Un peuple crève ou manifeste. Exige. S'exige peuple. S'érige en peuple.

Écrire c'est manifester.

Exiger. S'exiger. Exister. S'exit-er. S'exciter ? S'exiler ? Sex... ?

République. Faubourg du Temple. Foule. Tambours. Camarades. Jean, Marie, Pierre, Julie... Pierrette, la plus belle bouche du monde... et des jambes... Marche ! Sème ! Exit sex !

République. Métro. Saint-Maur. Père Lachaise. Quand tu sors de la bouche Guimard embrasse le ciel. Souris à la grimace !

Par Ménilmontant. Il fait beau temps.

[suite au Père Lachaise]

6 octobre

CONVERSATION AVEC SA MÈRE

Lui : - (rien)
Elle : - on ne discute pas
Lui : - je...
Elle : - on ne répond pas
Lui : - je...
Elle : - tu vas voir quand ton père rentrera
Lui : - (rien)



La Charité sur Loire 1er octobre 13:03

 

PROMENEUR SOLITAIRE

violette ensemencée, par quelle main de vent, sourire en coin, sur mon chemin
d'homme des bois, d'homme des bords d'amers loin de la mer
recourant aux forêts d'un silence entre ciel et terre
solitaire habité d'une infinité d'êtres dont il ignore jusqu'aux noms
s'ils en eurent, et quels usages l'on en fit

homme au bord d'une humaine nature qui s'est oubliée en cultivant son ignorance

Terre Noire 2 octobre 2016 16:45

1er octobre

LAMENTATIONS

Numéro 7 : - (lamentations) il n'y a donc personne ici ?
Numéro 0 : - non, vous êtes seul
Numéro 7 : - où sont les autres ?
Numéro 0 : - lesquels ?
Numéro 7 : - qu'importe lesquels (lamentations)
Numéro 0 : - je est un autre
Numéro 7 : - mais je suis seul (lamentations)
Numéro 0 : - nous sommes tous seuls (lamentations)
Numéro 7 : - à qui le dites-vous… (lamentations)
Numéro 0 : - à moi-même
Numéro 7 : - vous êtes sans fil ?
Numéro 0 : - j'ai une fille, mais elle est sourde (lamentations)
Numéro 7 : - elle n'est pas mûre ?
Numéro 0 : - pourquoi cette question ?
Numéro 7 : - les murs ont des oreilles
Numéro 0 : - (lamentations)
Numéro 7 : - beaucoup de murs ici
Numéro 0 : - c'est pour mieux nous écouter
Numéro 7 : - mais je n'entends rien
Numéro 0 : - vous n'êtes pas mur
Numéro 7 : - (lamentations)
Numéro 0 : - (lamentations) les murs ont les moyens d'entendre ce que vous ne dites pas
Numéro 7 : - j'aimerais bien voir ça
Numéro 0 : - l'écoute est invisible
Numéro 7 : - (lamentations)
Numéro 0 : - je vous laisse seul
Numéro 7 : - (lamentations) je le dirai à votre fille
Numéro 0 : - elle est sourde (lamentations)
Numéro 7 : - elle n'est pas mûre ?
Numéro 0 : - (lamentations)
Numéro 7 : - (lamentations)



FoSoBo 1er octobre 00:07

 

29 septembre

tweet papote pas pote à poète

un poème ou quoi qui le paraisse
rien de tel pour faire fuir les théorichiens de garde
voilà leur droit à la paresse
personne n'y prend garde ?

84 SONNETS du 27 septembre au 13 octobre

6 séries de 7 sonnets : COMME / QUAND / COMMENT / OÙ  / QUI / POURTANT

LAMENTATIONS / CONVERSATION AVEC SA MÈRE / PROMENEUR SOLITAIRE / MARCHER / TWEET SONNET / SAUVAGE !

RELUQUE / REMIS À PLUS TARD QUE / INSOUMIS / DÉSORMAIS / ENSUITE / ET ALORS ? / ET PUIS / DE BONNES INTENTIONS

LE MÉTRO FANTÔME / AVEC DES SI / SECRET DÉFENSE / SUCCÈS DAMNÉ : TRAITEMENT DE TÊTE : L'INDÉCIS / IL Y A / VIGNE

SIGNES / LIGNES / TRANSIT / CARE FOUR / TRAGIC MIC MAC / BIS TOURNI / TEMPOURISATION / PAS LABRE / T

GRÂCE MATINALE / CÉDILLE / TZARA TOUT C' TAS / À CROIRE NE PAS COMMETTRE / LÉGER / LOURD / À LIER RELIRE

TOUJOURS DÉJÀ LÀ / JAMAIS LÀ / INSTANBILITÉ de SANG / DÉFOUIR /RANG PILÉ / MORT DE CINQ LETTRES / FIN DE PARTIE

EXPLOIT STATION

21 septembre

demi-sonnet

IL Y A IL Y A IL Y A CE QUI VIENT

il y a toi qui m'aime, et moi d'autres que j'aime
il y a que je t'aime et tu en aimes d'autres

il y a nous en eux, qui ne sommes que deux
il y a eux en nous qui ne sommes que d'eux

il y a tous les autres, parmi eux les nôtres
il y a tant à faire à casser des œufs même

il y a l'omelette et l'appétit qui vient


Fosobo 21 septembre 14:47

7 x 12

19 septembre

FIN, MA VIE

13 septembre

tweet poème en 140 caractères

à Jacques Prévert


PUITS SEC

il ne fait pas un temps
à tomber de la dernière pluie
on serait sec depuis
épuisé du puisard
suant et puis tuant
maquisard ?


FoSoBo 13 septembre 16:00

7 septembre

tweet poème

à construire une vie à détruire
une vie à construire une vie
à détruire une vie à construire
une vie à détruire une vie
à construire une vie

31 août

VAGUE RÊVE

29 août

EN TERRASSE

FEMMES VOILÉES IN WONDERLAND

20 août

cinq à sept

loin

de la coupe aux lèvres
de lièvre à lapine
du rêve à la fièvre

de grève à la mine
de plomb à la trêve
des conflits au crime

de rime à la fin


FoSoBo 20 août 2016 16:09

un demi-sonnet, pas encore nommé 'sonku'

4 août

PRIVILÉGER

3 août

PRÉSAGES

29 juillet

ABÉRANCE

ATTENTATOIRE

19 juillet

LA MORT, AU POIDS

16 juillet

NUIT FREDAINE

LA VALSE DU PEUPLE CHIEN

15 juillet

AU NIÇOIS QUI...

HEURES D'ÉTÉ

12 juillet

ICI AILLEURS, THÉÂTRE INTÉRIEUR

10 juillet

ICI AILLEURS

AILLEURS ICI

ICI ICI

AILLEURS AILLEURS

ODEURS DU TEMPS

5 juillet

CLINAMEN IMPLOSION

OBSOLESSENCE

4 juillet

HOMMAGES, FROMAGES, DOMMAGES

CONTRE LE TEMPS

2 juillet

L'ARRIMER LÀ

27 juin

UN JOUR J'ÉCRIRAI

25 juin

JE SORS DONC J'EXISTE

24 juin

EN VERS ET CONTRE RIEN

20 juin

SONNEZ, LES MUTINES

19 juin

LE 20è SEXE

DU PLOMB DANS L'AIR

LE LIÈVRE OÙ LE TORT TUE

18 juin

LES DEUX GARDIENS

MURS DES MOTS, MURS DÉMONS

L'ÂME ET LE PAVÉ

17 juin

MURS DES FOIS

16 juin

LA MORT SONNE À MINUIT

14 juin

MANUEL POUR LA VALSE AU TEMPS NEUF

L'ENNUI D'ÊTRE ASSIS

LEUR CONTE EST BON

ALARME AUTOMATIQUE

Murs  1.

Où est-tu toi
pour qui j'écris ce poème
au désespoir
de nous connaître ?

Comment descendre
cette marche d'indignité
d'où l'on parle à personne
par personne interposé ?

Non, il ne s'est rien passé
qui mérite de vivre
au cœur battant les choses

Aujourd'hui le cortège funèbre
défie le passé des illusions gagnées
à la loterie du boulot

Ils iront espérer bille en tête
où l'usine aurait court vécu

J'ai l'âme à marée basse
des jours de fausse fête

Sur la table on rencontre
un vieux bébé comme sorti du bain
avec les seins en sang

Il pleut des cordes à se pendre
au manche d'un parachute déchiré
par tous les sens d'en découdre

Rien ne dérègle tout
qui nous remonte comme on saigne
à la gorge du temps perdu
pour tenter l'impossible attentat

Et tout reste en l'État
tel que la taupe en crève
aux yeux d'enfants soldats
morts au stade du rêve



FoSoBo, 14 juin 2016 07:00

10 mai

LE DÉBUT DE LA FIN

, je sais maintenant comment ça va finir.
, pour moi.
, je le sais parce que j'en tremble.
, ma main en tremble.
, je n'ai pas peur.
, c'est comme ça.

FoSoBo 10 mai 2016 22:03

30 avril

demandez le programme
ceci n'est pas un poème

15 avril

DIABLE SANS CONFESSION

14 avril

ÉCRIRE À L'ARRACHÉE

ANDANTE EN FAIRE

AU BOUT TABOU

13 avril

BRISÉE DES LIENS DU SANG

PÉTAIN FOR EVER

MORT AUX OBSÈQUES

MAUVAIS CLIENT

ALLER À JACTER BEST

LA RETRAITE AU FLANC BEAU

8 avril

AILLEURS SANS REPENTIR

TON COMPTE EST BON

6 avril

FABLES DE LÀ FONT HAINE

28 mars

AU PIED DES BASTILLES NOUS IRONS CHANTER

27 mars

LA RIME MASCULINE

23 mars

FAMILLE : JE VOUS AI ?

20 mars

ROULETTE et VÉRITÉ

10 mars

LÀ, MAINTENANT

8 mars

CECI N'EST PAS UN RÊVE

4 mars

EN BANLIEUE, SUR CE BANC

26 février

POIL À LA LIGNE

ROULETTE AU PAS DE QUARTIER

23 février

NAUFRAGE

22 février

LAISSE L'ÉTHER, CREUSE L'ÉTANT

PRINTEMPS PRÉCOCE

POLIE'MNÉSIE

19 février

NI DIEU, NI MAÎTRE

ni macho ni maîtresse
ni chien ni chaîne
ni nègre cocochon
ni cocu coco con, ni curé du cocon
ni militaire mi-rantanplan
ni militant du rang en plan

on ne vend pas la révolution
comme un homme-sandwich
en vitrine au net anarchiste
telle une pute à Amsterdam
tel l'égo l'aiguillon

au régal des égaux
l'illégal réveillons
merde à vos bancs publics

merde aux Guillon !

17 février

TESTAMENT THÉORIQUE

« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous »
Évangile de Jean, 1, 14


Cette nuit je suis mort d'un cancer de la langue.
Dieu n'a pas hésité, il a remis les clés
du verbe et de la chair, du temps et du big bang
aux bâtards de l'agir et de la liberté.

Pour mon enterrement, Cerise, allez plantez
des graines de pensées dans les jardins du monde,
trouvez-vous un amant d'ailleurs aux yeux d'été
puis, coupant aux zobs secs, dansez sur moi la ronde

d'ennui, dans ce jour de pluie et de pleine lune
laissez hurler les chiens, passer l'écart à vanne,
pisser les théories, pensez aux nuits d'amour

durant plus d'un quart d'heure et mangez des babas
au rhum, avec les rroms, en brûlant les forums.
Tout n'est pas dit car tout reste à faire. Ici-bas


FoSoBo, 17 février 2016, 01:06

 

2 janvier

LÀ, BOUCLE-LÀ !

mes vœux mais
ni Dieu ni Président

Président donné Dieu damné
damnée boucle d'année

le ridicule ne tue pas le Président ne tue pas le ridicule

rien n'est pardonné
et tu l'as bouclé là :

tue le Président !

FoSoBo 01.01.2016 6:01