mes sonnets depuis 2014

 

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    4. POÈMES 1975-2016
        4.1. poèmes 2014-2017
mes sonnets depuis 2014 

mes sonnets jusqu'en 2012 sont sur mon ancien site LIVREDEL, ICI

petite catastrophe, sonnets de 2014 et 2015 scratchés...

 

2017

TOUS EN SCÈNE

La solitude, ça n'excite pas,
c'est où l'autre est exit,
l'ici l'ombre l'exil
en soi pour soi trépas

C'est Godot en coulisses
essuyant ses godasses
en attendant la fin
la salle vide enfin

Avant d'entrer en scène
une première fois :
il a franchi le pas,

Il marche sur ses rêves,
s'assied au dernier rang,
la foule figurant

FoSoBo 26 mars 2017 11:23
sonnet 404

 

LEURRE D'ÉTAIS

Heure d'été
le jour fait leurre
étai de nuit

Un soleil nu
ensommeillé
taie d'or rayé
nuées d'ennui

À l'étalage
vole un nuage
entre deux montres
intéressé

L'ennemi dort
monstre évincé
mort d'avoir nui

FoSoBo 26 mars 2017 09:16
sonnet 403

 

FAR IN THE PAST

Fantasmes affamés,
faméliques reliques
aux loups de purs viatiques
fans de femme fanée

au foyer enfermée,
les mains dans la farine,
l'âme et le cœur far in
the past, en pâte aimée,

empâtée même aimée
d'un pote, à la popote,
touchante mais mémé

Qu'un saint touche à ses seins,
il sera l'assassin
de rêves en compote

FoSoBo 24 mars 2017 12:40
sonnet 402


JE TE PLUMERAI

Désamusé des sornettes
des serpents désabusés,
de langues déjà usés,
loin je m'en vais des sorts nets

au vent mauvais enbaumettes,
baumes des mots tant prisés
en prison, raisons épuisées
d'impuiscience, je dis niet !

Non ! Non et renon aux cultes,
non à ces renoms occultes,
foire aux fois des enfoirés

J'irai par les renoncules
à l'alouette parler
oui, mais la plume à la raie

FoSoBo 24 mars 2017 12:04
sonnet 401

 

CHUTE, CHUTE... CHUT !

Homme des mots et d'émotions
la monde résonne à ta porte
et par ta bouche s'emporte
au vent la vie sans précautions

Ta poésie est l'occupation
de ce lieu d'où s'exhorte
un appel de ce vide, qu'il porte
une geste au-delà des passions

Tristes ou gaies, suffocation
d'une chanson qui manque d'air,
d'un oiseau privé d'ailes

Et qui vole son chant d'y croire,
sous le soleil exactement tel un Icare
à son infinie chute, chute... chut !

FoSoBo 24 mars 2017 10:24
sonnet 400

 

VALSE À DEUX OU TROIS TEMPS

Confidence pour conflit dense,
tu causes tu causes sans écho.
Entre regard froid et cœur chaud
on entre et ressort de ta danse

à côté de tes pompes funèbres
où tu célèbres un grand macabre
avec un air de fête galant.

On entre dans ta danse au pas
de la folie qui va au trépas,
trépané, très pas net, très honnête

ou pas. On sort de la cadence
en disant fuyons ce fiasco,
ou joue l'indifférence et continue son show,
on transpire : on a peur de la transe

FoSoBo 20 mars 08:44
sonnet 399

Le Grand Macabre : opéra en deux actes de György Ligeti, 1977. L'action se déroule dans un pays imaginaire « Brueghelland ». Le grand macabre, personnage qui prétend être l'incarnation de la Mort, annonce la fin proche du monde. (Wikipédia)

 

ABUS ROI

Ta vie mangée par l'art et la sociale
t'as rangé par mille ors et gadoues.
Rongés les os, des dégâts doux
gonflent ton fleuve d'eaux diluviales.

Tu touches les profondeurs alluviales
d'un pied, jamais le même, au bain d'où
sort, congelé, ton lard et le saindoux
dont tu mijotes ce ragoût glacial.

Entre dégoût du luxe et luxure des mots,
ta vie s'enlise et ta mort entre en lice
silencieuse dans le corps du délice.

Pourtant, elle est là, revenue
d'outre tout à l'oreille d'un mur
et te prend, tel un roi, et nu

FoSoBo 20 mars 2017 06:10
sonnet 398

 

DEHORS-DEDANS

souffre monde dedans,
dehors rentrée douleur
de nulle part ailleurs
ni partout discordant

d'Orient ou d'Occident
nos rêves sont nos leurres
du siècle aiguilleurs
vers le grand accident

souffle un vent de panique
sur un air de cantique
des morts, d'un mal des mots

du mauvais sort qui mord
la vie d'un mors aux dents,
le futur m'oxydant

FoSoBo 19 mars 22:04
sonnet 397

 

CUMULONIMBÉ

comme un baiser violet meurt ce jour éteignoir
où la couleur de l'ombre en la douleur est grise
et de trahison grosse; et d'illusion est prise
une saison sans horizon dans le sang noir

de ce printemps violent qui vient sous l'assommoir
avec ses vieux refrains et son temps des cerises
abreuvant les sillons d'un disque qui me brise
le cœur encore mais, me direz-vous, pourquoi ?

pourquoi puisque tout s'est dépassé sans retour
et que tousse l'histoire et que pousse l'encore
un monde vers l'abîme où le presse sa mort ?

pourquoi chanter la vie quand les oiseaux se taisent ?
cachez-moi pour mourir entre vos parenthèses,
crachez sur ma tombe et balayez vos remords

FoSoBo 19 mars 2017 20:05
sonnet 396

 

VIVEMENT DEMAIN

Le samedi
après-midi
tu fais les courses
poète of course

Quand vient le soir
tu es bavard
sous la grande ourse
poète of course

Tout est obscur
tu n'en accours
que plus beau dit

Vient le dimanche
jour de revanche
tu t'ébaudis

FoSoBo 18 mars 2017 14:56
sonnet 395

 

JE N'AI JAMAIS APPRIS À LIRE

À lire je n'ai
jamais appris, à l'écrire
non plus, et plus d'en dire
je suis gêné.

Par mes aînés
tout le fut-il ?
Quoi de futile
y rajouter ?

Nous nous lisons...
qu'un vain délire,
soit inutile !

Alors disons
qu'ainsi soit-il
et le faisons

FoSoBo, 17 mars 2017, 15:01
sonnet 394

en me souvenant, très vaguement, d'Aragon : "Les Incipits, ou je n'ai jamais appris à écrire", 1969

 

TONTON COUSCOUS

à Njie

Le monde est devenu plus petit que tes rêves,
n'attends plus rien que de toi-même aimer
et passionner les autres de tes mets
faits et de tes méfaits, d'être en effet
en grève

Devant la société, et de l'être sans trêve
avant les pieds devant sur le métier qu'on met
les mots en vers et à l'envers de Mallarmé
dans le plat du réel et que le cœur en crève.

Longtemps tu es venu chez 'Tonton', maintenant
c'est toi l'oncle du temps, mais à jamais à perte
de vue, de palabre et sang noir, de vue offerte

À tes yeux comme un plat de 'suggestions créoles'
glissant du ventre au cœur et du corps à l'esprit
des choses, de
la chose à la cause, sans prix

Montreuil, 8 mars 2017, 14:20

sonnet 393

écrit du "Café Gabriel" face au cimetière de Montreuil sous le Parc des Beaumonts. C'est un restau que j'ai fréquenté trente ans, du temps de 'Tonton Couscous', un berbère accueillant que je découvre aujourd'hui 'franco-antillais'... Njie est la serveuse, sénégalaise de loin-sur-Marne (2 heures de trajets AR...). Références et allusions, dans l'ordre, à John Keats, Mallarmé Divagations 1891, Arthur Rimbaud, Aragon, Marcel Proust, Louis Guilloux, Édouard Glissant...

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LYRE ÉCRIRE

Ménure prête-moi ta plume
à la mesure de ta queue
pour écrire en mots que
la nuit se moque de l'écume

Des jours usure des costumes,
de la césure et des moqueux,
des baisures, des maîtres queux,
de leurs cuisines et coutumes.

Marchez volez bergeronnettes,
courrez et chassez hochequeues,
gazouillez mésanges nonnettes,

La beauté s'est perchée sur vos nids
et vous hébergez l'infini
sans dieu ni mètre ni tribune

FoSoBo 8 mars 2017 03:58

sonnet 392

c'est un poème dans la série des oiseaux égrainée ci et là
le
ménure est l'oiseau-lyre d'Australie, excellent imitateur...

 

MESSONGE

Un jour les lettres des journaux
feront la grève des mensonges
et rangeront en mots nouveaux
le sûr désir qui ronge

mes idées usées, mes songes
creux, mes écrits vains, mes mots
de vent mauvais...

À mort mes tristes proses
en langage cuit rose
entre les cuisses bleues
de la douleur des choses,

Le monde ultra violé
va court vole et nous venge
d'un crime trop parfait

FoSoBo 5 mars 2017 15:01

sonnet 391

 

PREMIERS FEUX

Jusqu'au bout de la vie la nuit s'éteint
au bord d'un vide,
un fond de poche atteint
de proche en proche

Un vertige crevé,
avide d'un matin
sucré, salé, mutin,
mutant de neige en rouge

Comme une bouche s'ouvre
au monde à tout baiser
et prise à tout oser,

Brûlez vestiges, que descende
un soir incandescent
sur vos cendres de sang

FoSoBo 5 mars 2017 11:41

sonnet 390

 

TOUT À L'ENVOIR

Tu es là, revenue d'autres outre,
et même et non pareil émoi
entres toutes et moi,
d'un mot d'un rêve nu tuer le doute,

Oui tu es, là, l'inconnue d'une écoute
nouvelle à la croisée des voix,
promise à l'improbable route,
au tournis d'un désir, à l'envoi

D'un poète pendu à sa rime
éperdu assassin d'un doux crime
à son cri dans ton œil délyré,

Toi délivrée de tout délire,
toi délurée de tout à lire,
et tout à l'heure que j'aimerai

FoSoBo 4 mars 2017 21:31

sonnet 389

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ROSSE EST LA VIE

On naît trop de son temps
perdu, fiévreux d'hiers
désuets et divers
songes verts d'un printemps

Incertain, mécontent
du présent, c'est l'hiver,
et la mort sent les vers
sans les neiges d'antan.

On essaye autre chose,
on le sait l'important
c'est la vie c'est la rose...

On s'épique à Duchamp
des épines du chant
qu'on s'époque à l'envers

FoSoBo 3 mars 2017 12:58

 

QUAND TU SERAS BIEN VIEUX

Quand tu seras bien vieux, d'espoir, et sans modèle
Assis au bord du gouffre, avisant, et filant
Tes souvenirs rassis, le regard vigilant
Porté sous l'horizon effaré du bordel,

L'or d'un soleil touchant tes vers sans prix Nobel,
Lors tu n'auras plus peur, las du rythme si lent,
Du bruit blanc, des débris pestilents
De l'immonde isthme ici débordant les poubelles,

Je serai ce fantôme errant au bord de l'eau,
Parmi nos gens sur scène agités sans repos,
Tu mettras sans foi lié le pied dans l'autre fleuve,

Sans regret ni remord, sans parole sans preuve,
Vivant dès aujourd'hui sans attendre de main
Que la tienne en vain même d'une geste humaine.

FoSoBo 1er mars 09:07

sonnet 387

 

LOIN D’ADIAPHORIES

Dans la jungle férine
allé battre blabla,
le cœur dans la farine
et les pieds dans le plat,

J’allais sans coup férir
tomber, succomber bas
sous les griffes félines
d’une hyène en ébat,

Quand tout soudain deux yeux
se jettent par devers
mon regard de traverse,

La vision s’ouvre aux cieux
sous le soleil d’hiver.
Deux iris ont percé la neige

FoSoBo 11 février 18:43
sonnet 386

Adiaphorie : (Philosophie) Absence d’intérêt pour ce qu'il se passe, indifférence.

férin, férine, adj.
Vx. Relatif au caractère de la bête sauvage. 
Mœurs férines; regards férins (Lar. 19e).
- par extension pathologique. [En parlant d'une maladie ou d'un symptôme] Qui présente un caractère dangereux ou pernicieux. 
« Cette espèce, la plus opiniâtre, a été appelée gale férine, ou gale de chien; elle dure souvent des années, et quelquefois toute la vie. » (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p. 432).
Étymol. et Hist. 2. 1743 
toux férine (Trév.). Empr. au latin class. ferinus « de bête sauvage; sauvage, cruel » dérivé de fera « bête sauvage ». Bbg. Wind 1928, p. 84, 189.

 

D'INCERTAIN

Au bord du temps, perdu,
aveugle aux yeux hagards,
que chaque pas égare,
au hasard suspendu

Dans le silence du
brouillard où le regard
s'éteint sans prendre garde
aux murs inattendus,

Pas un écho, la brume
étend sur tout un gris
d'étain qui tait mon cri,

Interné d'incertain
au destin clandestin
d'un bagnard anonyme

FoSoBo, 23 janvier 2017, 14:47
sonnet 385

 

ELLE

Elle est venue matin
d'un pas ensommeillé,
comme nue habillée.

Elle est tôt en couleurs
de cannelle et vanille
et dans son œil noir brille
un soleil de diamant.

Ses charmes sont aimants,
envoûtants ses parfums,
irrésistiblement.

Elle a beau se couvrir
son pas la déshabille,
elle ne sait qu'offrir
son œillade à l'amant.

FoSoBo 19 janvier 2017 06:19
Sonnet 384

 

LA PANNE

7 sonnets le temps d'une panne d'électricité

FosoBo 16 janvier 12:13-14:56 / sonnets 377 à 383

1

On n'est plus au courant
de rien. C'est la coupure
générale. Un coup dur
du destin, ce tyran.

On l'a trouvé marrant
d'abord, mais là, ça dure,
et l'on en vient pleurant
le temps d'avant, c'est sûr.

On rêvait d'électricité
et de soviets, Lénine
était un saint, la mine

Un paradis de libertés
gagnées, et dans l'usine
on cuisinait la vérité.

2

Le monde est arrêté
la vie s'est mise en grève
et la porte bloquée
mets le temps au piquet

Les montres se soulèvent
printemps hiver été
les heures sont traquées
le jour la nuit sans trêve

L'avenir est sans rêve
le présent dépassé
ne sait plus quoi penser

Un chat noir est passé
traversant comme une ombre
une rue vide et sombre

3

Le froid qui vient
porte l'effroi
des temps sans droits
où l'on n'est rien

Des galériens
de tout les proies
qu'un maître broie,
des sous-terriens.

De la morsure
à la mort sûre
on dort si bien

D'un bon sommeil
quand le réveil
est arrêté.

4

On n'ira plus
vendre son cul
On a vécu
on est surplus

Ils ont vaincu
mais ils sont niais
ils nous ont niés
rien n'est perdu

Dans leur panier
ils ont l'oseille
on a osé

Poser nos œufs
avec des yeux
dans les oreilles

5

Avec nos bouches
on a fait mouche
on a volé
le temps zélé

De ses embûches
on a parlé
on a fait ruches
ils ont tremblé !

Chez ces gens riches
comme l'on triche
on fait son nid

Mais les abeilles
font à dessein
d'autres essaims

6

Soudainement se lève
un vent d'orage ardent
et le courage aidant
charge l'Adam sous l'Ève

D'une mission divine
de sexe fort changer
et braver le danger
que la femme devine.

Surgit le corps à corps
où le désir dévore,
une vie court et venge,

Meurt la secte des anges,
ailes brûlées des songes.
Quel plaisir nom de dieu !

7

Le monde est reparti
va savoir où
mais l'on s'en fout
on est de la partie,

Il y a du bonheur dans l'air
entre les branches des sapins
et les tranches de pain
ont du beurre à couper,

La luzerne sourit aux lapins
partout le trèfle a quatre feuilles
à l'appel d'une forêt vierge,

On a éteint les cierges
et payé la concierge
en nature et beauté

 

une série de sonnet "à Verlaine". En relation : à propos de la "musicalité" de Verlaine : fluidité, impair... 15 décembre

 

DES MOTS DÉS

à un ami

J'ai gardé mes plaisirs démodés
pour la fin, mais dès le début
la mode étant passée, j'attendais
le désir et sa faim, sans but.

Des doux, des durs, des purs plaisirs
je n'ai gardé que souvenirs
heureux, des heures désirées
sans but, sans savoir où j'irai

Sans fin, sans mode jeter mes dés
comme sans soif on boit pour oublier
qu'on attend toujours autre chose

Ou quelqu'un, qui était là avant,
quand c'était mieux avec, qu'on attend
sans s'aider d'un désir, sans faim, sa fin

FoSoBo 10 janvier 2016 20:32
sonnet 376

 

POUR TOUT DIRE

à Verlaine

À lire il faut que tout reste
écrit, avec ou sans ratures,
en prose ou en vers lestes.

Si le geste est dans la nature
osé sous toutes coutures,
un poème en retourne sa veste

au pire en perdant un bouton
de rose offerte à Jeanneton,
- soi-disant la bonne aventure
délurée depuis belle lurette.

L'honneur est sauf votre respect,
commis qu'il n'a aucun impair,
avec le pair il fait la paire,
hors quoi le poète est muet.


FoSoBo 10 janvier 2016 19:24
sonnet 375

« De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
[...]
Que ton vers soit la bonne aventure
[...]
Et tout le reste est littérature.»
Verlaine, Art poétique

 

RANCUNE

Ils implorent la lune :
- livre-nous tes secrets
- écris-moi à la plume

- écris-moi à la craie
- dis-nous combien tu es
- prouve que tu n'es qu'une

Ils sont très indiscrets
et la lune s'effraie :
- pour combler leur lacune
ils veulent me tuer

Jamais ne leur ferai
révélation, aucune
hésitation, rancune !
Ils marchent sur mes pieds

 

FoSoBo 10 janvier 2016 18:52
sonnet 374

Plusieurs mini-Lunes à l'origine de la naissance de la Lune ?

 

COMÉDIE

Où je conduis la mise en scène
aux personnages à ma main
en espérant qu'ils la ramènent
et qu'ils me surprennent demain.

Je vous attends mes autres
en vous priant d'être des hôtes
à ma table tous amusants

Et d'abuser ma triste muse
en prose en vers ou en verlan,
qu'enfin vienne le nouvel an.

J'éconduis la ruse et la haine,
le faux ramage, l'inhumain,
pour que répondent à ma peine
vos noms au bas du parchemin.


FoSoBo 10 janvier 2016 14:56
sonnet 373

 

NON DIT

Entre les choses et les mots
il y a un hiatus opiniâtre,
une obscure cause idolâtre,
une discordance même au

Premier regard anormaux,
un acte faux dans le théâtre
à l'œil à l'oreille saumâtre,
soupe à la grimace et grumeaux.

On vit on parle on marche à l'ombre,
on tombe sous un soleil sombre,
on creuse en plein jour son tombeau

On fait sa nuit on meurt d'ennui
On fait le gai sans le savoir
On veut pleurer il va pleuvoir

 

FoSoBo 10 janvier 2016 14:02
sonnet 372

 

AU DÉJETÉ

Un jour viendra le rendez-vous
des mots avec les choses.
S'il en manque et pour cause
il faudra que l'un se dévoue

Pour écrire ce fait nouveau
entre les choses et les mots,
un accord transitoire et qui ose
une bonne métamorphose.

Aujourd'hui est-ce un manque de pot,
de marmite à bouillir l'histoire,
un défaut dans la trajectoire ?

On a jeté des dés pipés,
ceci n'est pas un pipe et
l'on n'a pas aboli le hasard

 

FoSoBo 10 janvier 2016 11:41
sonnet 371

déjeter : déformer en faisant subir une déviation.
« L'homme en se développant, s'est déjeté; il s'est déjeté tant d'un côté, par la prédominance de la vie cérébrale.»
Taine, Voyage en Italie, t. 2, 1866, p. 165; CNRTL

claire métamorphose : « il n'y a en fait de vie qu'écrite, et seule l'écriture peut rendre compte de cette « très peu claire métamorphose de la vie en une vie et d'une vie en ma vie.»
Gérard Dessons cite C. Morali, La Licorne 08 septembre 2010

 

UN MONDE POLYMÈRE

C'est ici un manque de terre
un trop de vide dans les yeux
un trop de ville dans les cieux
un trop de gris dans l'inventaire

Où les mots vont au cimetière
arroser des morts prétentieux
qui n'ont pas appris à se taire,
où le verbe se prend pour dieu.

Ce n'est pas un manque de pots
pour planter des petits drapeaux
sur des morceaux de militaires.

C'est au mieux un manque de peau
sur les os brûlés d'ossuaires
en plastique. Un monde en polymère


FoSoBo 9 janvier 2016 10:51
sonnet 370

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. » Prologue de l'évangile selon Jean

 

PLUS DE CHOPIN

Pas un oiseau n'allège un ciel de plomb
Pas une plume où fond la neige
Pas une encre à jeter sur la page
Pas un gage à l'avenir long

Pas un poème pas un violon
Pas un pinceau pas un arpège
Pas une ancre à lever au large
Pas un présage pas un jalon

Posé vers un destin, pas d'horizon
à passer au loin, pas de fortune
ni dessein, pas de nocturne

Plus de Chopin. Une chanson
dans l'air du temps fait son
frisson sans qu'on la sonne

 

2016

14 décembre

ELLE

Elle est tout
ce que je ne suis pas
elle étouffe
mes pas

Sous le silence de sa voix
elle est ma fille sioux
en mocassins de plume
à l'encre de ma nuit

Elle est là et là-bas
elle est l'eau et là-haut
elle est pluie et soleil

Elle est frêle et l'appui
elle s'efface et puis
je ne sais plus

FoSoBo 14 décembre 2016 22:03

sonnet 368

 

9 décembre

LISIÈRE

Tu es là, dans ce parc, sur ce banc, au soleil,
une partie du ciel est tombée sous le sens,
une part de mes sens est à l'assaut du ciel

Existe par le monde une être sans mirage,
un visage de pluie en larmes de nuages,
une muse idéale, amoureuse absolue,
liseuse d'aventure et de désirs non lus

Emouna qui nous mène entre deux ironèmes
en croisière de feu aux lisières perdues
de langues enflammées, sortilège en partage
de rêves et de lieds et de lits éperdus

De vertus infinies ouvertes au désert
d'une fragilité qui vibre encor d'oser
et de vivre et de perdre et de dire je t'aime


Fosobo 9 décembre 2016 15:46

sonnet 367

 

30 novembre

UNE AMIE

à Corinne Cerise

La fenêtre du temps
est couverte de givre.
Mon amie vient de vivre
et renaître en partant.

Elle est morte et me parle
mieux que vivant pourtant
tout fantôme agité par les vents
hurlant brûlés des livres,

Ces sages faux semblants
rassis d'un mâle amour
aussi lourds qu'ils font peur.

Et toi qui reviendra toujours
faire la vitre claire
Demain c'est le printemps


FoSoBo 30 novembre 2016 15:46

sonnet 366

 

4 novembre

MILLE TRIBORDS

(ceci n'est pas un poème)

Pas loin du port
chauds les oreilles
l'ami Babord
est débordé

En plein Marseille
ça a bardé
Personne est mort ?
va pas tarder

En attendant
la fin de races
celle des classes ?

On est d'accord 
l'a dans les dents
rentre on dedans

Chez les Tontons 4 novembre 2016 17:35

infos des deux bords, via Mille Babords

sonnet 365

 
 
BEN, MON COLON !
 
L'histoire a joué un tour
au colon de la veille,
la terre avait tourné
à sa déconvenue.
 
Il n'est pas revenu,
que ses vassaux d'hier,
esclaves par fournées
des vaisseaux négriers,
 
soient ressortis des soutes
à sa barbe à son nez.
Nos temps portent le doute
 
comme la mer allée
par les vents et marées
vers d'infinies contrées
 
 
FoSoBo 31 octobre 2016 14:20
 
sonnet 364
 
colon renvoie à colonie, non à colonel, ni à gros intestion (côlon). Au Québec, colon = con, connard
 
 
 
LE GOÛT DE L'ABSOLU

certes, en tout et pour tout
le gauchisme
l'amour l'art la révolution...

mais en fin de décompte
récits et contes...
il importe de rompre,
pour vivre, tout cordon

ne pas confondre
ou les fondre
amour et passion

n'être plus le con
de soi-même
s'aimer mieux
même vieux


FoSoBo 30 octobre 00:52

sonnet 363
 
"Le goût de l'absolu" AragonAurélien 1944 chap. XXXV

 
CHANSON D'AUTOMNE

Au tempo lourd
des violents de l'automne
blessent les bourres
l'État qui cogne

Où se révèle
triste l'ardeur
à tuer les beurs

Et se réveille
un doux rêveur
qui vient vivant

Du vent mauvais
qui se relève
et va dare-dare
à la bastonne


FoSoBo 29 octobre 20:14

sonnet 362
 
Mathieu Rigouste 29 octobre
merci à Paul Verlaine Chanson d'automne
 
bourre; les bourres – n.m.
Policier, inspecteur en civil, agent de la sûreté, gendarme ; par ext. insulte générale, salop ; la police
ABC de la langue française
 
 
L'ARDENTE

Elle avait un goût des meilleurs
pour les miens
et réciproquement d'ailleurs
pour les siens

Nous nagions si tant de conserve,
et combien
à l'endroit à l'envers sans réserve,
picassiens,

Dans le bonheur
à toute heure

Jour et nuit
sans ennui

Qu'on aurait dit
l'amour


FoSoBo 23 octobre 22:03

sonnet 361
 
 
 
QUE BEC

Désir de désirer
ou besoin du besoin
de la chose en besogne
?
Que d'une amante en sus
je susse quelque chose
ou rien qu'elle ose

m'inspirer,
en tutu,
dévêtue,
sans vertu

ou avec,
j'aspire
au bec
mouillé


FoSoBo 23 octobre 21:13

sonnet 360


bec mouillé : au Québec, un baiser sur la bouche

 

LENT PLOIE LE TEMPS

Le temps ploie des années
à vieillir employées
précaires sous le poids
de la poisse plié

Tu t'emploies sans tempo
tu veilles sans repos
Le passé est ton maître
en raison de retraite

Tes rimes ont des rides
ton poème se bride
au pas trop d'un galop

poursuivant dans le vide
une ombre de passion
Impatience qui passe


RER A, 18 octobre 12:04

sonnet 359

 

LIBERTÉ SUR PAROLE

à Octavio Paz

J'irai encore, à pied, de syllabe en syllabe
de vers en vers, de rime en rime, de strophe en blancs,
j'irai chanter danser, valser de conte en fable

De lettres en l'être sans compter sur mes doigts
j'écrirai, je crierai, je crie - raie ! de tes pages
toute expression muette et parole sans voix

Oublie la littérature, livre pour livre,
oublie les écrivains, maîtres anciens,
repu et revenu, non d'une triste chaire,

quand te reste à écrire la nature à vivre
un grand dérèglement de tous les sangs, en ordre
et désordre de larmes, dans l'âme des sens


FoSoBo, 16 octobre 19:51

sonnet 358

 

DE FAUSSE ENFANCE, DÉFENSE D'EFFACER

Ah ces livres noyés des souvenirs d'antan
la roseur arrosée d'une prose enfantine
que tu n'as pas trop lue. Quel enfant étais tu
en toi par qui pourquoi, que tes larmes destinent

à l'oubli des corvées et raclées ? Que tais-tu
de ces pages tournées que tu n'oses pas lire ?
Que fais-tu d'un passé, qui t'a fait, que tu hais,
que tu es, que tu tues et repasse à la lyre

en pensant découvrir le secret de ta haine
envers l'autorité, du père et du curé,
du parti, de l'État, de tout ordre à sévir ?

Vérités s'avèrent fruits de sévérité,
que tu n'as pas reniées, alliées et à relier
au présent d'agiter avant de s'en servir


FoSoBo, 16 octobre 13:57


sonnet 357

 

EXPLOIT STATION

là s'arrête le train d'enfer
d'un crime à la rime athlétique,
mort du poème romantique
tel que l'on redoute d'en faire  

un plat de nouilles symbolique.
Place au lyrisme plongeant le fer
au cœur de la plaie mortifère,
place à la mort, au diabolique

effet de la déconstruction
du langage même des mots,
qui mentent à la perfection

et travestissent les vraies choses
qui sont l'unique et seule cause
de la poésie authentique



FoSoBo 13 octobre 13:12

sonnet 356

84 SONNETS D'UN AUTOMNE ÉTONNÉS

27 septembre - 13 octobre



- COMME 7 poèmes 27 sept pages 6 et 7
- QUAND 7...
- COMMENT 7... 28-29 sept p.7
- 7...
- QUI 7... p.8
- POURTANT 7... 30 sept p.8
- SAUVAGE ! 8 octobre p.9
- RELUQUE
- REMIS À PLUS TARD 9 octobre
- INSOUMIS
- DÉSORMAIS
- ENSUITE
- ET ALORS ?
- ET PUIS
- DE BONNES INTENTIONS 10 octobre
- LE MÉTRO FANTÔME
- AVEC DES SI
- SECRET DÉFENSE
- SUCCÈS DAMNÉ
- TRAITEMENT DE TÊTE
- L'INDÉCIS p.10
- IL Y A
- VIGNE
- SIGNES
- LIGNES 11 octobre
- TRANSIT
- CARE FOUR
- TRAGIC MIC MAC
- BIS TOURNI
- TEMPOURISATION
- PAS LABRE
- T
- GRÂCE MATINALE 12 octobre
- CÉDILLE
- TZARA TOUT C' TAS
- À CROIRE NE PAS COMMETTRE
- LÉGER
- LOURD
- À LIER RELIRE
- TOUJOURS DÉJÀ LÀ
- JAMAIS LÀ
- INSTANBILITÉ de SANG
- DÉFOUIR
- RANG PILÉ
- MORT DE CINQ LETTRES 13 octobre
- FIN DE PARTIE

note : 84 = 12 x 7 (ou 14 x 6 comme un sonnet) structure mon œuvrage poétique, pictural, dit LIVREDEL

 

84ème et dernier sonnet de la série Sonnets d'un automne étonnés, 27 septembre - 13 octobre


FIN DE PARTIE

Le serpent à sonnets a fait son tête à queue
Ah que je suis content c'est la faim dans l'automne !
Tous les fruits sont tombés c'est la fête à Newton,
la gaie vendange où je me venge des moqueux.

Tous les bruits sont dans la nature, qui s'étonne ?
Un silence à genoux sur la tombe, presque
la fleur de l'âge soulève encore une tonne
d'espoir aux centenaires avec un trousse-queue

en guise de viogra à l'ancienne en dernier
ressort Ah ! mate la gatte aux yeux d'agate !
Roule ma bille ! Vive la quille ! Au panier

la main se faufile, la pensée déboutonne,
la file s'allonge comme pour la fat' boule
et la fille s'allonge, un scalpel sous les draps



FoSoBo 13 octobre 06:46

sonnet 355

Trousse-queue, subst. masc. Partie du harnais d'un cheval que l'on fait passer à la base de la queue pour la relever. Ortolang CNRTL à Trousser

 


MORT DE CINQ LETTRES

Coquine de sorte qu'aucune porte n'est
ouverte ni fermée, la parole est au net
comme le sort jeté par la fenêtre offerte
aux vents d'une tempête dans un séminai

re de langues orientables. La novlangue en
boite de conserve avec le texto SM
messe en ligne de la nouvelle Église arguant
que moins de lettres offrira plus de morphèmes

C b1 ok1 pb ta k écyé
C'est bien aucun problème t'as qu'à essayer
Tu n'es pas d'accord ? Padak ? Mrd Mdr

Yapuka c'est parti mais c con kon avè
pas inventé ce truc plus tôt. Si Jaurès eu
srè mdr van d'ht un nuage de paix



FoSoBo 13 octobre 05:29

sonnet 354

RANG PILÉ

Mi-militant mi-militaire
Mimile est entré dans le rang.
Il n'est pas un contestataire,
plutôt un parfait adhérent.

Sans plan, sans rêve un Rantanplan
rentre dedans le rang sévère.
Il ne fait jamais le contraire,
il est content en révérant.

Mimile un jour tombe par terre,
mais c'est la faute à l'adjudant,
qui le met au trou l'engueulant :

- Ça t'apprendra les bonnes manières,
il faut, pour faire sa carrière,
se tenir debout dans le rang.



FoSoBo 12 octobre 22:48

sonnet 353

 

DÉFOUIR

Défoui le mâle à la racine
la femme est là, attend
son heure. Lui fait mine

de prendre son temps
mais ne fait que le fuir
Monsieur n'est pas content :

-
Tout ça c'est pour me nuire
et ça m'ennuie, pourtant
tu sais combien je t'aime quand...


Elle le coupe (il se sent castré) :
- Espèce d'emplâtré
pourquoi t'as pas fait la vaisselle ?


La femme est l'avenue de l'homme
La femme est là, venue de l'homme ?



FoSoBo 12 octobre 22:12

sonnet 352

à propos d'Aragon, « La femme est l'avenir de l'homme »

C'est en 1963 dans Le Fou d'Elsa qu'on trouve ce vers : « L'avenir de l'homme, c'est la femme, elle a la couleur de son âme ». Aragon commente : « Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi la femme est l'avenir de l'homme au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme.»

la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) 2013


INSTANBILITÉ de SANG

D'un instant à l'autre tout change,
tout se déperd en création,
et se transforme la raison
d'en n'être et renaître étrange

et à soi-même l'inconnue d'une équation.
Chaque mot à la bouche ouvre le monde
à l'autre comme un baiser de sensations
nouvelles ou connues, et refonde

les sens en pluie dans le sang d'être.
La vie intérieure est mouillée
comme la pulpe mûre du figuier,

de barbarie aussi, à la sève mortelle
qu'on boit dans des calices de cruor,
rouges caillots de nos fruits morts



FoSoBo 12 octobre 21:31

sonnet 351

 

JAMAIS LÀ

au rendez-vous de la mort qui vient,
à pas de loup, d'ouragans et de meutes,
jamais qu'annonce un temps d'émeutes,
d'autres de meurtres... tu te souviens ?

Non, quand ça t'arrange tu ne sais rien,
tu ne veux rien savoir, tout antédiluvien,
avant toi le massacre, après toi le déluge,
l'amnésie en pardon, l'oubli fait ton refuge.

Un amas sacre le printemps
et toutes saisons humaines
à coups de hachoirs et de haines.

L'hiver des hommes écrits des livres
dans le sang, on a vaincu le Musulman,
on est chez nous, ivre pour vivre



FoSoBo 12 octobre 19:51

sonnet 350

Lionel Duroy, L'hiver des hommes, 2012

 

TOUJOURS DÉJÀ LÀ

le révolutionnaire de salon,
sous la table où son nez s'allonge
au net et malhonnête,
croit au prolétaire né

de la dernière pluie acide.
Il va, il vient, il glose, érection
de lui-même sur son trône assis,
éjenculeur sans précaution

de mouches médiatiques
soumises à condition
de son expertise extra-lucide.

Le soleil même n'a plus qu'à se ternir
dans son ombre en attendant la fin.
Pas de panique, et qu'on le nique !



FoSoBo 12 octobre 19:06

sonnet 349


À LIER RELIRE

Écrire est le chantier
d'un lire où l'on délie
notre délire entier
comme un parfait délit.

Il ne fut d'initié
que par notre folie
et le mensonge allié
qu'on couche dans son lit,

tel un cocu choisit
sa maîtresse à l'insu
de son gré, c'est ainsi.

Nous ne fument déçus
que de n'avoir su lire
avant de délirer



FoSoBo 12 octobre 17:53

sonnet 348

 

LOURD

et sourds que nous fûmes
à fumer la moquette,
certitudes assises Ô brûmes
de nos quêtes

Entre les jambes la quéquette,
en travers de la gorge un dépit
au début, une rage à l'enquête
qui suit tel un défi :

Qui étions-nous ? Où allions-nous
en aliénés et fous alliés
de nos défaites ?

Dire que nous ne le sûmes
qu'après s'est vérifié
au-delà de la farce et du désespoir



FoSoBo 12 octobre 17:17

sonnet 347

 

LÉGER

comme Fernand et Fernande légère
il gère en contrebande
et bande en passagère
occase mieux qu'en bande

étrangère à ses goûts,
assuré du dégoût
qui suivra la légion
en comptant ses morpions.

La débandade est à trop coût
si n'était que tirer un coup
en passant par-dessus derrière

l'art des bonnes manières,
prenant lard du cochon
pour plaisir de la chair



FoSoBo 12 octobre 16:28

sonnet 346

Georges Brassens, Fernande

 

à quelques "camarades"

À CROIRE NE PAS COMMETTRE

d'erreurs, on n'avance que par erreur
et sans savoir pourquoi.
Trahi par sa marchandise, un préviseur
improvise l'échec, il annonce n'importe quoi.

Il était une fois un bonhomme de foi
qui disait parfois des bêtises
et s'encombrait, Ô vantardise
dans sa hardiesse, d'un rien inadéquat.

La mâle adresse s'est compromise
en accouchant d'une méprise
et d'un mépris quelquefois

pris pour son contraire :
le vrai est un moment du faux à parfaire,
la vérité sort de l'erreur comme d'un puits, perdue


FoSoBo 11 octobre 15:55

sonnet 345

« On n'avance que par ses erreurs »
Karl Popper

« Le vrai est un moment du faux
Ce qui est méprisable mérite le mépris »

Guy Debord

PS : j'aime que Debord ait écrit « Ce qui est méprisable...» et non « Ceux qui sont méprisables...». Le premier est justesse où le second eût été méprisant

 

TZARA TOUT C' TAS

Prenez un poème et des ciseaux
mettez-les à sac et jetez-le sur la scène,
vous obtiendrez un journal obscène
comme il en court sur les tréteaux.

Les temps sont durs comme du mou,
l'époque est aux tics en stock,
je lui réponds du tac au tac :
va te faire voir je fais avec !

Là-haut sur la montagne, l'était un vieux prophète
à la barbe du monde coupant les cheveux en sept,
sans cou ni tête, en ascète.

Descendu de partout et revenu de tout,
sauf d'un excès d'homo plat, notre surhomme
est tombé sur un os, l'est pas dans son assiette



FoSoBo 12 octobre 15:01

sonnet 344
« Zarathoustra créa cette fatale erreur qu'est la morale ; par conséquent il doit aussi être le premier à reconnaître son erreur.»

Nietzsche, Ecce homo, « Pourquoi je suis un destin », §3
Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.


Tristan Tzara, Pour un faire un poème dadaïste, 1924

 

CÉDILLE (2)

à Boby Lapointe

C comme ça, au Q la déculottée
aggravant son K, un chant du signe
et privé de son son, qu'elle a oté
au pied de la lettre et déposée consigne.

Ah, là qu'on signe au cul de la consonne
hélas effet miné, Lacan là con,
façon passons, facile abscons,
qu'importe le flacon si ça sonne

et résonne à raison sans leçon
en queue de poisson l'hameçon,
ces rimes à l'âme sont la pointe

à ta chanson habile et sans façon,
contrepet sans contrefaçon,
ça lis tes rations comme ci-jointes



FoSoBo 12 octobre 14:02

sonnet 343

Cédille 1 L'HERBE ET LE GAZON 5 mars 2010 sonnets de MO SOUS LA PEAU


GRÂCE MATINALE

De grâce matinale en grasse mâtinée,
jamais ne me suis levé de bonne heure
et ne connaîtrai pas le bonheur
qui vient à qui se lève tôt

Longtemps je me suis levé du pied gauche
avec conviction et bonne humeur,
compagnes de route à ma journée
elles m'ont emmené en bateau

sur toutes mers de mes déboires
et bordé sans remords de beaux draps
en amant de la lune, et le ciel m'aidera

l'amer à boire le café que fait,
chaque matin sans réveil ni charte,
à l'eau chaude sans crainte ma chatte



FoSoBo 12 octobre 12:58

sonnet 342

 

T

T comme tendresse qui traîne, anémiée a-demi,
sa paresse entre les lignes, défrontée,
des jours heureux où nous étions amis,
en ce temps las la vie était d'effrontée

vanité de l'amour, prise pour de l'audace
à deux plus seuls encore de s'y tromper
ensemble séparés, disjoints d'angoisse,
comme d'un couple on dit conjoints, ces réchappés

de l'illusion durable en l'égoïsme à deux.
Cette vie s'écrivait en des sonnets intenses,
poèmes qui devenaient le véritable enjeu.

Quelle mémoire sans écrit si
tout s'en va,
avec le temps
? Maintenant j'écris dans l'instance
au présent d'un vécu, ni stance ni sentence



FoSoBo 11 octobre 21:58

sonnet 341


dans LIVREDEL IX AS TIME GOES BY, Livre de l'absence une série de douze sonnets LIFE OF LOVELESS LIFE du 12 au 16 novembre 2008, mais jamais je n'en avais écrits avec une telle intensité que ces 70 en deux semaines, 10 aujourd'hui. Certes la quantité ne fait pas la qualité, mais c'est néanmoins manière de conjurer ce qui m'apparaissait comme un sommet indépassable de ma poésie, dans un rapport nouveau à l'écriture et au réel libéré de tout masque affectif, et donc de tout romantisme

"T" était l'abréviation de tendresse au bas de nos échanges sms


PAS LABRE

Ah la vache ! Embrasser un bovin,
passe encore du regard,
bouche à bouche divin,
ça se discute dans le pré, gare

au gorille aussi, mammifère supérieur
à lèvres minces, sourire dangereux,
fortes étreintes risquant rieur
au chagrin malheureux

de la déception amoureuse :
le baiser, notre french-kiss,
est certes ouvert à mamy

mais supérieur au bisou de mémère
ou de telle amie Miss.
On n'en fait pas mystère


FoSoBo 11 octobre 19:24

sonnet 340

labre : (Zoologie) Lèvre supérieure des mammifères


TEMPOURISATION

il pleut maintenant des cordes,
décor de pluie et pluie de corps
qui tombent dans la nuit des cors
de chasse à l'homme (et à la femme accorte)

Catherine est mouillée, le Père Lachaise
se retourne dans ses tombes fracassées
par l'ouragan du temps, Haïti d'un malaise
très parisien où mourir est lent assez,

pas entassés en éminences télévisées,
le temps d'un orage à l'autre bout du monde
où l'on parle français, sans nous sentir visés...

"Gypsy tomb' par terre..." Amusant, d'accord,
et mort à la Rromophobie ? Immonde !
Un chaos appelé à régner



FoSoBo 11 octobre 18:43

sonnet 339

 

BIS TOURNI

Mâlheur de nos os trop !
Nosostros point gnardant
la bronzelle y cédant
putassée dans le dos

Le dernier bât qui goutte
a blaisé la bonzelle, brut us
et croûtume que peu ragoûte
"l'avenir de l'homme" made in us

La prose tâte un cancert du chœur
en repissant din l'plat,
note salée sacrée

pour ce menu avaricieux,
et la gerbe assurée
aux zobs secs du milieu


FoSoBo 11 octobre 16:54

sonnet 338

 

TRAGIC MIC MAC

violencre à décroire
l'escrume entre deux os
screvettes de l'expoire
hardi show de Zhéros

tardivés à mousstaches de fat
sur un pur-sans prognathe
manègement au trot
où trop peu fait son rot

en traque pire et transe
en vrac tics sans cadanse
aux cacas de crétins

chiés sous cheval d'arts cons
hainissant « Ah Dada ! »
râlez, nous faire foudre !


FoSoBo 11 octobre 15:55

sonnet 337

 

CARE FOUR

carrefours dont on prend soin, met au four
d'un faire sans en faire un four...
si possible encore la poésie
si vivante encore la théorie

si les luttes nous parlent et de quoi alentour,
et si le capital nous presse d'en causer toujours
Avec ces si tout est possible à la saisie
par la racine du mal contre la barbarie

Je ne chante pas pour passer le temps
il passe en se passant de mes chansons.
Avec le temps on aime encore vivre

Avec le temps on apprend être libre
et l'on apprend l'amour sans bride autour
du cou du même coup de polysons


FoSoBo 11 octobre 15:28

sonnet 336


TRANSIT

Catherine est revenue, hier, de Russie.
Elle n'a pas changé. Bleue blonde porcelaine
à fleurs de peau, Labelle a réussi
sans ride et sans chagrin, madeleine

revenue de tous les deuils aussi,
son homme d'ailleurs mort ailleurs,
sur quelque front dans quelque camp rassis
de guerre lasse et de fous mitrailleurs,

d'aboyeurs qui passent, caravanes de haines
entre charniers à ciel ouvert au plomb
couverts par les bailleurs de fond

Catherine est sa propre fille, intemporeine
en son empire, éternelle muse, présente ici
par excellence de la chair consommée, c'est ainsi


FoSoBo 11 octobre 14:02

sonnet 335


en référence à LIVREDEL II livre de Catherine 1990 et LIVREDEL VIII TRANS'IT, livre du retour 2003-2006

LIGNES

horizontales par deux points fermées,
ou verticalement ouvertes l'une
à l'autre en vers et contrées
découvrant l'horizon, chacune

un au-delà des dunes
de penser, nouvelles sous le front,
récits d'une vigie d'un amer d'infortune

en terre d'anomie autonyme,
effronté dire, affront de mère
d'un vinaigre à maximes,

d'un moulin à parlotte au bord de la mer
pour Quichotte amateur sans monture à ses mots,
à Dada sur son bide et cultivant ses maux
par l'écriture pour la vie, la vie par la lecture



FoSoBo 11 octobre 13:21

sonnet 334

 

SIGNES

des temps, étant ce qu'ils sont : tels quels
qu'on y peut peu, et tellement songes
qu'on en fait quoi ? Rien ? Non, des mensonges !
amassés à la pelle, à l'appel

des feuilles mortes se croyant vives
n'étant que portes à leurs sous-vies
Oh ! combien étions, jeunes convives,
à naître encore que cons cocons ?

Concoctés dans la soie, soyez fiers
d'être coqs. Empâtés dans vos moi,
méfiez-vous donc du cocu en soi

Aboli votre genre, mauvais,
les femmes feront la guerre en paix,
nous entrerons dans la danse en transe



FoSoBo 10 octobre 23:11

sonnet 333

 

VIGNE

Tout reviendra je te pardonne
tes abandons sans ivraisons
et ta raison qui dérésonne
un air d'être sans la chanson

Un jour sans livre est arrivé
qu'on a écrit entre les lignes
- des idées sous un front ridé -

Un jour de foire et de défaites
qu'on chante en gloire et que l'on fête
sauve qui peu, soyons indignes

Mélenchons tout zé populons
démocratons et copulons
et ne cueillons dès aujourd'hui
en nos raisons la bonne vigne



FoSoBo 10 octobre 22:12

sonnet 331

 

IL Y A

Il y a Ilyane elle n'est pas mariée
et il y a Marianne qui n'est pas marrante
(de France elle est la rente)

Ilyane n'a rien
pour elle que ses yeux
Il y a un bon dieu

Marianne est plus courante
ça se voit là pardieu !
Ilyane est mon amante
Il y a un bon dieu

Marianne indifférente
Ilyane amarante
Si ça vous plaît riez
ou dites-moi adieu



FoSoBo 10 octobre 18:25

sonnet 330

 

L'INDÉCIS

C'est lundi si l'on veut...
tous les jours sont pareils
Je vous fais un aveu :
jamais je ne surveille

Cela me rend nerveux
qu'on me prenne au réveil
Je ne suis pas suiveux
je crois qu'on est la veille

Aujourd'hui est demain
hier est aujourd'hui
tous les jours sont pareils

Qui m'aime ne me suit
ni me prend par la main
Attention les oneilles !



FoSoBo 10 octobre 10:24

sonnet 329

 

TRAITEMENT DE TÊTE

Aucune page blanche n'est
revenue de blanche neige
Une page blanche ne naît
que si je la tue. Ou n'ai-je,

à ma tâche attaché,
fait là qu'une tache ?
Chère page à l'arrache
tu l'auras bien cherché

Te voilà dépurée
impure de mon noir
à l'épure d'un espoir

Que salie désormais
je lise un peu plus loin
que le bout de mon nez



FoSoBo 10 octobre 09:16

sonnet 328



* j'emprunte le titre à @Étienne Cdl , spécialiste du genre

 

SUCCÈS DAMNÉ

En année pleine je suis un as pire en
vacances. Les plages de mon temps débauchent
son emploi. Mon carnet de commandes rend
l'âme et mon agenda plein de droite à gauche.

Je ne sais plus où donner de l'athlète au
pied du mur on voit ma façon. Tout là-haut
sur la montagne une souris m'attend. D'elle
j'aurais un enfant d'un autre à tire d'aile.

Le sang glose longtemps l'automne est violent.
Les boules en globules de son savant,
Marseille est dans le porc : le vieux cochon net

s'est lancé dans l'import-export de nonnettes
femmes. Vous me direz pas de sot métier.
Il suffit d'imagination camarades



FoSoBo 10 octobre 08:17

sonnet 327

 

SECRET DÉFENSE

de pénétrer sous peine d'amante à la pelle
roulée dans la farine j'aime tes mains et
ta cousine est éprise avant de me prendre elle
est exquise après c'est pas pareil tu émets

des réserves défense de pénétrer le
territoire d'une autre que toi et jamais
toucher la voisine elle est pourtant aussi belle
que toi j'ai pas saisi ton problème tu mets

des frontières aux désirs les plus naturels
je ne suis pas ta propriété c'est du vol
à la tire un coup dans le bas de mon dos vos

lamentations sont inutiles voilà quelles
ingrates vous faites femmes toutes les mêmes
puisque c'est ça je retourne chez ma maman



FoSoBo 10 octobre 07:36

sonnet 326

 

AVEC DES SI

Avec des si on mettrait à la bourse le feu
on jetterait Parlement Sénat à la Seine
on brûlerait les bulletins dévots et feu
illes d'impôts et l'on serait heureux de la scène

Avec des si on rôtirait poulets obscènes
on trancherait dans l'art du cochon à la truffe
eurocrate On cracherait sur la tombe à ces
névrosés du pognon du pouvoir et des feu

trés palais On aurait trépané la bourgeoise
avec des scies on aurait découpé de joie
les saintes écritures d'État Avec des si

on a des tas d'urgences en l'état laissées
avec des silences entendus et déci
dés plus tard jeté sort aboli du bazar

mais


« Un coup de dés jamais n'abolira le hasard » Stéphane Mallarmé

FoSoBo 10 octobre 06:55
sonnet 325


LE MÉTRO FANTÔME

elle est assise près de moi et le métro berce sa voix
de sucre et de cannelle saupoudrée, parle
à personne en particulier, mais d'une foi
qu'enflamme son regard à vous transpercer par

là où vous fuyez, entre les cris des freins par
fumés d'huile chaude et cette essence éthérée
de vanille, à vous désenvoûter tout un ré
giment de planteurs bananiers. Arrive Par

mentier, le train s'arrête, elle non d'haranguer
les voyageurs pressés et compressés. La porte
appelle l'air du quai, les plus grossiers l'emportent

au paradis de leur bureau paysager.
On repart, elle est toujours assise mais se
tait. J'ignore pourquoi c'est la fin de la messe



FoSoBo 10 octobre 05:29

sonnet 324

« Le Métro fantôme est une pièce de théâtre écrite par Amiri Baraka sous le nom de plume de LeRoi Jones. Elle a obtenu en 1964, à New York, l'Obie Award, récompense décernée à la meilleure pièce de l'année et a rallié à Paris la quasi-unanimité de la critique...»

voir Patlotch RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

 

DE BONNES INTENTIONS

Le cœur en marge et l'âme en bandoulière
je reste là. La passante pressée,
d'un pas stressé sur sa toile tressée
d'un destin animé de journalière

besogne, va... Est-elle ouvrière
ou employée ?  Fait-elle belle assez
pour son taulier au mœurs si familières
qu'un grain de sa beauté lui vaut de ces

manières empressées, que repousser
équivaut licenciée ? Que son œil louche
elle va lui crever, que sa main touche

elle va lui couper, et si sa bouche
vient trop près, elle va l'embrocher
plutôt que débaucher pour un péché

qu'elle n'a pas commis. Ainsi soit-il
selon sa volonté, au prochain vil
jeter la pierre, au suivant le pavé



FoSoBo 10 octobre 03:49


sonnet 323

 

ET PUIS

épuisé disais-je,
encore un privilège
avant l'hiver aux trépassants
d'un jour à l'autre, dépuissant

l'espérance ténue des hiers
dans mon cœur détenu par un tiers
inconnu qui l'a rongé au sang,

donc, quelque chose retient,
quelque chose revient
toujours

un beau jour
quelque chose revient,
je ne sais quoi, presque pas rien
qu'on n'a pas attendu, c'est l'amour



FoSoBo 9 octobre 22:57


sonnet 322

 

ET ALORS ?

Alors il ne se passe rien d'inattendu
étant donnée la conjoncture, et l'habitude
reprend ses droits, et tout paraît comme entendu,
par on ne sait trop quel destin de servitude

écrit sur le grand rouleau, toute certitude
acquise l'annonçant, quoi qu'une prétendue
preuve en démente. Alors nous voilà confondus
d'impuissance, à devenir dément de nos études,

aussi vaines qu'abstruses et ésotéri
ques à zozos, surtout pas assez érotiques
aux yeux de nos héros eux toujours arrivés

avant, on ne sait où ailleurs, d'ailleurs eux non
plus mais quelle importance ? On ne va pas les faire
bouillir dans les marmites du passé de fer



FoSoBo 9 octobre 21:58


sonnet 321

« Ainsi, la Revue positive de Paris me reproche à la fois d’avoir fait de l’économie politique, métaphysique et — devinez quoi ? — de m’être borné à une simple analyse critique des éléments donnés, au lieu de formuler des recettes (comtistes ?) pour les marmites de l’avenir

Karl Marx, Postface de la seconde édition allemande du Capital

 

ENSUITE

De ce tout qui le hante il ne sait plus que faire
et perdu dans ses vers il cherche la sortie
du côté de chez soi ne sait plus si l'enfer
est en lui ou dehors, où il pleut des orties

sur la route, où le chien mouillé se laisse ti
rer par sa maîtresse, et lui, qui n'en a pas, fer
me sa porte au ciel de plomb qui tombe sans faire
plus de bruit qu'une morte dans sa tombe, éti

quetée pour l'immortalité, marqué à l'encre
un nom qui n'est pas le sien - elle s'appelle autre
ment, dit l'arracheur de dents, sourire de con

nivence au pieux gardien de la paix éternelle,
un copain de la guerre avec une gueule de
maître-chien qui boit pour oublier : criminel ?



FoSoBo 9 octobre 20:41


sonnet 320

 

DÉSORMAIS

Tout se confond qui vient et qui est là
déjà, partout, dehors, en moi, en fuite
en avant, en arrière, que tient la
conscience aiguisée, épuisée ensuite

à serrer la patate chaude entre
les dents et l'âme, on dirait d'un violon
mais ce n'est qu'entre ta bouche et ton ventre
en cloque de malheurs annonçant les frelons

de l'automne de vivre, et tu n'aur
as connu qu'une longue saison nor
dique, une nuit lente à l'aurore étale,

un jour interdit de soleil, étal
onné d'absences et talonné par la
conscience aiguisée, épuisée, en fuite



FoSoBo 9 octobre 19:42


sonnet 319

 

à Jean-Luc Mélenchon
valse lente


INSOUMIS

qu'il dit lui, pas gêné, qui soumit
à la loi, à l'État, à sa prêche
tant et tant de cocus endormis
sous les mots mis en tropes qu'on lèche

sous les ors de la gueuse maudits,
République mon culte, et trahis
sant sans honte eux d'en-bas dans la dèche
promis à oublier ses promesses.

Non ! Nous n'irons plus aux voix d'en haut
tombées sur nous comme des puceaux,
enfants de Jeanne d'Arc, dans tes flammes

jetés sitôt voté ton programme
du même toujours déjà parfait :
et nous soumettre à toi ? Insoumis ?



FoSoBo 9 octobre 17:33

sonnet 318

 

mon 317ème sonnet, dédié à Pétrarque, qui en écrivit 317


REMIS À PLUS TARD

QUE je ne verrai pas
ni l'horloge qui sonne
et les trous sous mes pas
d'affranchi qui se donne

à la tête, où raisonne
son cœur, un mal une pas
sion si triste que personne
ici-bas n'entrave ce trépas.

Et toi, qui as mis Laure,
un autre Hélène, en vos sonnets,
et moi, de rimes désarmé

et d'amours désormais désaimé,
d'heures enfuies dans ses nuits blanches
en ces pages noircies... où tout flanche



FoSoBo 9 octobre 15:28

sonnet 317

 

RELUQUE

Je m'écrit je le lis
tu m'écris je me lis
nous nous lions

À genoux je me prie
dans le jeu nous est pris
c'est la loi : rébellion !

Mais nous voilà amis
ennemis, des millions
tous à jeun
nous damnons

de la terre à l'enfer
tous les pions :
tout fut lu à relire
tout le faire à refaire



FoSoBo 8 octobre 15:55

sonnet 316



Écrire pour se relire, être relu...
d'après André Gide

 

SAUVAGE !

Devoir d'ingé
rance, la science
est à bout de gé
rer le tabou capital

Quand d'un Sauvage
on fait un Nobel à péage
et rien d'un sauvageon,

en général
ça finit mal
dit la chanson

Science sans conscience
n'est que mine de l'arme
qui viendra sans sonner l'alarme

et le savant est innocent...



FoSoBo 8 octobre 14:56

sonnet 315


en relation Le Nobel de chimie 2016 avait tout faux un Blog Le Monde 7 octobre 2016

 

POURTANT

il faut bien que ça change un jour
pourquoi pas maintenant ?
- Quand on dit « il faut », c'est déjà foutu

- OK, on pourrait essayer, pour voir…
- Quand on « essaye pour voir », on ne voit rien
- On en voit qui essayent et qui voient...
- quoi ? Ils s'envoient en l'air en se croyant « à l'assaut du ciel »

- Tu critiques tout mais ne proposes rien
- Je ne suis pas théoricien, moi
- Ah bon, un théoricien ça propose ?
- Oui, et femme dispose

- Tu me prends pour Dieu ?
- Pour le diable, il est plus chaud,
et c'est pourquoi je l'aime


FoSoBo 30 septembre 18:34

sonnet 313

 

7 sonnets POURTANT

POURTANT

tout n'est pas noir ou blanc
ni tous ne sont colorés pareil
La vie d'autruche en gris, c'est du flanc
un grand sommeil

de la couleur de vivre
un long aveuglement de toute essence
sociale, d'un Occident si ivre
de sa puissance

qu'il ne sait plus que pisser sur ses pieds
et chier sur ceux des autres
en bottes de non-lieu
pour ses crimes odieux
où il vautre

Ah, mes pieds, dites-moi donc à quoi ça rime


FoSoBo 30 septembre 17:44

sonnet 312


POURTANT

toi près de moi, je ne crains rien
plus que tu ne partes
voir ailleurs si j'y suis ce terrien
si unique à tes yeux sur la carte

du monde

Qu'aurais-je fait sans toit sous le soleil levant ?
Que ferais-je sans toi, dans ce bal de ciment,

Que ferai-je avec toi pour vivre ce présent
Comme un cadeau de l'aube à nos bras de la nuit ?


De tout ce temps, t'ai-je entendue, une seule fois
me donner déraison, et pourtant…
je n'aurai cessé de changer de foi

Ai-je eu tort à mes yeux plus qu'aux tiens ?
Car tu es là, pourtant



FoSoBo 30 septembre 17:17

sonnet 311

4 vers extraits de
SANS AVIS DE TEMPÊTE RER A 4 janvier 2010 18h52, sonnet 140

 

POURTANT

combien est lourd notre passé
de leçons qu'on croyait apprises,
et récitait en bande avec assez
de certitudes. On les disait en prise

sur le réel présent. Cause toujours, Charles
attends de voir ta gueule à la récré,
à la recréation du même,
des baisés l'Arles
sienne est sienne

Nos suffisances n'ont pas suffi
ni nos mépris ni nos méprises

Pensons plutôt qu'on a rien à prix
de toutes nos bêtises


FoSoBo 30 septembre 16:18

sonnet 310

 

POURTANT

on a tout essayé
non ? Du moins tout essuyé
de nos défaites
elles parfaites

Nul ne devrait se plaindre, en un mot
on a tout raté,
et même d'y capter
que couic

on est là, « nous » est là, avec ses maux
d'un mâle assuré puisque
si rassuré par sa rente foncière
ment mensongère

tout alors fait mensonge
de nos songes


FoSoBo 30 septembre 15:55

sonnet 309

 

POURTANT

tu vois, je ne sais rien faire
d'autre, que si tant imparfaire
mon subjectif, en vrac avec mes tics
black bloc en mon éthique

middle class white boy friend d'un.e inconnu.e
dans une mise à nu
misant sur l'abîme
au bord d'une falaise en rime

un trapèze balèze en grande rhétorique
haute voltige perchée d'en-bas
qui se raconte son combat

dans une errance dialectique
coco minute cocotte à zèle a-brute

sans parachute


FoSoBo 30 septembre 15:37

sonnet 308


POURTANT

je nous l'avais bien songé
cette tendance irréfrénable
à croire en tout réalisable
et surtout le plus désiré

Oh, certes, sans quelque espoir, aucun agir...
Il n'est qu'avenir à construire,
mais qui pour le présent détruire ?

Ici et maintenant l'on se détruit
plus sûrement, dans la misère en réseaux
du social étouffant les rapports sociaux

On se touite et, se retouitant,
se produit et se reproduit :
Avec le temps, on perds son temps

Global reality chauffe Marcel !


FoSoBo 30 septembre 14:47

sonnet 307


À QUOI

ça sert tout ça ?
À quoi bon faire ou ne pas faire ?
Ceci... cela ?

À quoi bon s'emmerder quand tout s'en va ?
Tout est à défaire, à refaire... Avec le temps ?
Que faire ?

Si on faisait un « Qui fait quoi »
pour manager nos « savoir-faire » ?
et mieux gérer « le droit à la paresse » ?

Yen aurait qui font rien
par temps de chien
Yen a même des qui... Qui ? Des complices ? Et d'autres qui compissent

Mais yen a surtout qu'applaudissent...
Merde à vos bans !

Avec le temps Léo Ferré

FoSoBo 29 septembre 16:45

sonnet 306

 

pour porter à 7 la série des COMME...

COMME

on fait son lit on se couche ?
Qui est-on ? Qui est "on" ? Qui fait ton lit ?
Qui lave tes chaussettes ?
Qui fait l'amour avec ?

- Avec qui lave ses chaussettes ?
On n'est pas obligé
On peut baiser pied nu...
Avec n'importe qui

On peut causer pendant
ou bien bander taiseux
On peut casser des œufs

Sur les fesses aimées
ou bien caser ses deux
entre elles ou entre eux
mais...

« Comme la passivité fait son lit, elle se couche »

Préface à la quatrième édition italienne de « La Société du Spectacle »
Guy Debord, janvier 1979



FoSoBo 29 septembre 16:18

sonnet 305

 

série de 7 sonnets "OÙ" en vers divers

QUI

a couché avec qui ?
Qui couche avec qui ?
Qui couchera avec qui ?
Qui n'a jamais couché

avec personne ?
Qui n'a jamais aimé personne ?
Qui n'aimera jamais personne ?
Qui personne aimera jamais ?

Aime-t-on sans coucher ? Pourquoi non ?
Couche-t-on sans aimer ? Pourquoi pas ?
Et comme on couche on aime ? Qu'est-ce t'en sais ?

"Aimons-nous les uns les autres" ? Mon cul !
Aime-toi elle t'aimera ? Ça dépend
Aide-toi du ciel dans tes draps ?



FoSoBo 29 septembre 15:46

sonnet 304


QUI

n'est pas contre nous est avec nous ?
hmm... Qui est nous ?
Qui n'est avec personne, toujours ?
Qui n'est jamais qu'avec lui ?

Qui voudrait bien que "les autres", un jour... ?
Qui porte un autre lui en lui ?
Qui accouche de qui ?
Qui se couche et pourquoi ?

Qui change qui en quoi ?
Qui est dieu dans tout ça ?
Qui est mage et qui sage ?

Qui se ronge le frein ?
Qui dérange et qui mange ?
Qui a faim, à la fin ?



FoSoBo 29 septembre 15:37

sonnet 303


QUI

ne veut pas changer la vie ?
Qui abolir le capital ?
Qui faire la révolution ?
Qui l'aime jusqu'à la passion ?

Qui l'appelle de ses vœux ?
Qui la désire et qui le veut ?
Qui dit oui ? Qui dit non ? Qui dit si... ?

Mais si quoi ? Si qu'on en avait... ?
Si qu'ils en avaient... ?
Si cons qu'ils n'en ont pas !?

Qui sait qui la ferait ?
Qui sent qu'il en serait ?
Qui est si sûr de quoi ?
Qui n'a pas peur ?



FoSoBo 29 septembre 15:28

sonnet 302

 

QUI

a vu l'homme qui a vu
la femme ? Qui n'a rien vu entre les deux ?
Qui a d' la merde jusqu'aux yeux ?

Qui
a traversé la biroute
du sexe coupé en quatre comme un cheveu ?
Qui a d' la merde jusqu'aux yeux ?

Qui a reproduit la déroute
avec un zèle capiteux
si pitoyable que péteux ?
Qui a d' la merde jusqu'aux yeux ?

Qui
va payer la banqueroute
avec les miettes des capitaux
qui l'a adjugé in petto ?
Qui a d' la merde jusqu'aux yeux ?



FoSoBo 29 septembre 14:56

sonnet 301

 

QUI

es-tu ? Moi ? Personne
qui
mérite de se le demander.
De seul à seul suffit et c'est exquis

pour qui veut, gourmand sans gourmander,
faire causette aimable.
Le reste est misérable.

Je suis ce que je suis, j'essuie les plâtres
avec un gant de velours, un poil de faire
avec, un zeste d'opiniâtre
et des opinions prolifères,

pour ne point dire prolophiles,
vu qu'avec à la patte un tel fil
on n'est pas sorti de l'auberge sitôt.
Qu'en pensez-vous, cher.e.s incognitos ?



FoSoBo 29 septembre 14:38

sonnet 300

 

QUI

va là ? Personne et tout le monde :
voilà la foule, son choc, son onde,
son nombre ès-qualité
ses quotités, sa quantité

Qui est là ? Tout le monde et personne
on y vaque on y marche sur toi
on nie « non c'est pas moi »
on hiberne on y boue on y sonne

un tocsin que personne n'entend
on crie « fête du bruit ! »... La foule est conne
comme ses pieds. La foule raisonne

avec ses pieds. La foule attend
les coups de pied au cul
des policiers à paniers



FoSoBo 29 septembre 13:57

« J'voudrais avoir la foi, la foi d'mon charbonnier
Qui est heureux comme un pape et con comme un panier »

Brassens, Le mécréant, bis

sonnet 299

 

QUI

dans ce monde étrange,
échange ?
autre chose que des choses
autrement qu'en marchand

de soi-même y compris ?
La relation se meure
là où tout est valeur
qu'est-ce qui n'a pas de prix ?

On avance en marchant
à reculons on ose
franchir un pas et puis
deux en arrière suit.

On cause en théorie
c'est toujours ça de pris



FoSoBo 29 septembre 13:39

sonnet 298

Poétique de la relation, Edouard Glissant 2010

 

série de 7 sonnets "OÙ" en vers divers



Ici. Maintenant. Toujours. Jamais ailleurs
où l'on me dit, ou d'aller voir si j'y suis.
Je suis partout des autres c'est meilleur
chez les Grecs du quartier on me suit

ici et maintenant, entre hier et demain, pas voyeur
ni très regardant sur la couleur
de peau ni de la politique, on essuie
l'air du temps en vendant sa chaleur

à tous les passants, les croquantes aussi,
sans-soucis silencieux, souffre-douleurs
hagards, policiers désarmants, vieillards assis,

et moi "tonton" d'un jour, assis aussi, debout dedans,
le nez dans mon kefta, l'esprit dans son assiette
un crayon à la main, heureux comme un poète



FoSoBo 29 septembre 12:40

sonnet 297

la vie en rose, poème photosophique en 12 épisodes photos Patlotch, quartier, août 14


 



Demain. Demain je partirai à l'heure
où rougit la campagne. J'irai
au bled, voir mon père, sans retard,
seul à en crever sans pouvoir en mourir. Trop tard.

Au bled. Un trou-la-mort, ma terre noire
où je suis né, ailleurs, nulle part,
un lieu déshérité de tout, un non lieu,
un ici-bas si bas qu'on y tourne les yeux vers un dieu.

Demain au bled, avec les dieux pour compagnons,
j'irai aux champignons
des bois. De la forêt l'appel

loin de tout, loin des loups, de troploin, sans rebelle
à envoyer paître avec les vaches regardant passer les trains
de la défaite. Demain, au bled, mon père, étreinte

 

Café Le Progrès, FoSoBo 29 septembre 11:41

sonnet 296

« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt... »
Victor Hugo, Demain, dès l'aube

retours au bled, photos Patlotch



est dans tes poèmes le mystère
qui fait au cœur accord avec la terre entière ?
- le mystère est le tien, d'attendre une réponse à ta question,
qu'aucun poète ne se pose, qu'aucun poème ne résout, qu'aucune caution

ne prouve.
Ah bon ? - Alors que dirais-tu de Baudelaire ?
- Il y a Baudelaire, sa vie et ses poèmes, qu'on a peut-être lus,
pour dire qu'on l'a lu, et après ? Tant de poèmes inconnus
sont aussi beaux que bien des siens plus populaires


- Tu ne respectes rien. Et Rimbaud ? -
Quand on est poète à 17 ans
c'est qu'on a 17 ans. Quand on l'est à 60... À soixante
la noire bat mon cœur dans ma chair, je ne suis qu'une viande
qui pense en dansant, avec des trous le temps

de les combler de sauce piquante

- Ça ne veut rien dire...
- Enfin, tu as compris,
la poésie ne
veut rien dire, mais fait
de dire, ou tente.

Quand c'est raté pour l'un, ça ne l'est pas pour l'autre...
Qui en décide ? La postérité ? L'éternité sablée avec l'amer
dans le champagne d'un trophée trop fait ? La mer !
bouteilles...



FoSoBo 29 septembre 10:42

sonnet 295

 



vois-tu de la poésie dans ces "poèmes" ?
Des jeux de mots et de sens habiles mais
encore ? Tu te dis "poète" mais tu n'aimes
que jouer de la forme et du son. Jamais

aucun poète véritable ne s'est moqué du monde
avec autant de cynisme à la ronde.
Les poètes publient, et les meilleurs sont reconnus
alors que toi tu te défiles et construis ta statue.

Tu confonds poésie et versification de tout et surtout
de n'importe quoi. Tu n'as qu'atouts de charlatan,
personne ne s'y trompe et d'ailleurs, où sont tes lecteurs,

puisque tu dis écrire depuis quarante ans ?
L'artiste en toi que tu prétends tuer n'est pas né.
- Ce que je fais n'est pas pour toi. Poil au nez



FoSoBo 29 septembre 10:06

sonnet 294


 



sont nos amis ? Ah ah, tu veux leur écrire ?
ils sont plus invisibles que ton comité
vacant à la campagne à discourir
en paysans d'Hazan entretenant leur mythe et

sa bonne réputation dans les salons conformes
d'un Tout-Paris branché sur les écoutes, abonnés
aux ragots du milieu dans la fabrique du confort,
qui vient, de se penser hors norme amidonné

de fatuité surfaite au style d'avant qu'il braque,
académié du macadam à Tarnac-en-arnaque,
magasin général des marchandises périmées

de la pensée critique, un toc en stock
aux tics gentils qu'on apprécie au ministère de la culture,
à s'arracher demain en vente signature


FoSoBo 29 septembre 08:26

sonnet 293

Comité invisible : L'insurrection qui vient, À nos amis... La fabrique éditions, Eric Hazan

 



finir ? Nan, là tu déconnes ou quoi ?
on n'est pas là pour se faire
à la fin comme une fin en soie,
fil à l'appâte et rester coi devant l'enfer

du jour. On n'a pas commencé à défaire
l'avenir d'une illusion perdue à l'horizon
d'un gouffre à perdre la raison,
la foi du charbonnier, le beurre de la crémière

assassinée hier par son mari et par derrière,
et tranquillou faudrait se fier
au premier embarqué sur le net et si fier

avec sa fleur d'e-pine de fiéfé
tartuffe à plume dans le cul, tête dans son credo,
autruche aigrie inculte juste bon à tirer dans le dos ?


FoSoBo 29 septembre 07:27

sonnet 292

« Est-il en notre temps rien de plus odieux
De plus désespérant, que de n'pas croire en Dieu ?

J'voudrais avoir la foi, la foi d'mon charbonnier
Qui est heureux comme un pape et con comme un panier »
Georges Brassens, Le mécréant

 



commencer ? Partout !
Par où ? Par tout !
Jusqu'où ? Au bout !
Vers où ? On verra

et qui battra vivra
la suite s'écrira
dans le sang et les larmes
comme on dit et les armes

à la main sans traîner les pieds
d'un poème d'antan, qui n'entend rien venir
et qui ne rime à rien, qu'un bout tabou

s'avouant hors la ligne de front, un effronté
fronton, un a-front, un gnafron, un guignol
un bouffon, un trou fion, un comique troupier, un trou blanc malotru
du poème


FoSoBo 29 septembre 06:46

sonnet 291

 

série de sept sonnets "COMMENT" en vers divers

COMMENT

connaître ? Toute la connaissance est chez les autres
et la mémoire oublie les savoirs arrêtés.
Ce que l'ennemi sait, ne t'en fais pas l'apôtre,
apprends-le, bouffe-le, gerbe-le sans piété

pour tes maîtres anciens. Ton professeur est sans pitié,
c'est toi. Ton élève c'est toi. Mais jamais ne t'élève
au-dessus des nôtres, qui t'alimentent d'amitié,
de confiance et patience au combat, et de rêves

armant vos désirs de commune sans nom,
de pain sans boulanger, de vin sans au-delà à boire,
de « prenez et mangez en tous », car ceci est mon Non !

Comment continuer connaître, sans battre le mortier,
en n'aimant qu'à moitié mettre sur le métier
de vivre ? De l'avenir nous sommes les potiers


L'Internationale, paroles d'Eugène Pottier,
musique de Pierre Degeyter
Debout ! les damnés de la terre !

« Toute la connaissance est chez les autres » Henri Meschonnic
 
FoSoBo 29 septembre 06:28

sonnet 290


 

COMMENT

continuer ? Toute la mer à boire !
payer le sel, de surcroît...
la caravane passe sur la plage où aucun chien n'aboie...
Comment peut-on lutter sans croire ?

On ne peut pas. À ce qu'on fait l'on croit
si l'on est libre de penser. Nulle prison n'en prive,
ta liberté ne s'apprend pas, elle te rive
à l'inventer d'un premier pas, puis affranchie elle s'accroît

Toi qui veux abolir le travail, prends garde à la flemme
qui te guette, qu'elle n'éteigne ta flamme
un soir de solitude désarmée

Chaque jour contre toi l'habitude a levé son armée,
chaque nuit l'ennemi de tes rêves a brisé ton sommeil,
chaque matin la fée te sert le café au réveil



FoSoBo 29 septembre 05:38

sonnet 289

« A man is either free or he is not. There cannot be any apprenticeship for freedom - Amiri Baraka

 

COMMENT

tu dis ? "Les carottes sont cuites" ?!
Mon ami.e, t'es encore bourré.e,
on causera après ta cuite.
Sobres ou pas, j'aime pas les curé.e.s,

La nuit ils ont tous.se.s gris.e.s
À l'avantage des carottes, on peut les manger crues
avec du citron. Tu me les menues brises
avec tes si... à mettre nos rues

en bouteille, sitôt vide que pleine,
ta pente est savonnée, même en plaine,
et tu n'es pas monté sur les hauts, pour la vue,

de Marseille. Voilà comment tu dis des bêtises :
Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Ben toi ce que tu veux, mais moi je continue



Istambul Kebab, FoSoBo, 28 septembre 20:41

sonnet 288

Et maintenant ?
Karl Nesic/Gilles Dauvé troploin, 2012

Bon alors qu’est-ce qu’on fait ?
Bernard Lyon, Meeting n°3 14 juillet 2005

Et maintenant, que vais-je faire ? Gilbert Bécaud 1962/1987

 

COMMENT

font les autres qui s'en balancent de tout ça ?
soit ils ont de la thune, espèrent en avoir
par tel ou tel moyen, je ne veux pas savoir,
soit ils vont sans. Mais qui songe, en deçà

de la faim, à l'au-delà d'ici pour trouver le parfum
du bonheur ? Le goût de l'absolu se perd
dans les roses fanées aussi sûr qu'une fin
entendue attendue en pépère

et nous irons errant, l'avenir dure longtemps,
l'histoire ne s'écrit qu'après dont on se tape
alors d'avoir ou non franchi le pas et les étapes

en théorie, en vers, en rêve ou en catimini
ultra. Parfois tu vis d'extras qui font ton ordinaire,
que t'aies ou pas d'argent, de ta guerre c'est le nerf



FoSoBo 28 septembre 19:42

sonnet 287

« L'avenir dure longtemps » Louis Althusser

Franchir le pas Théorie communiste TC23 2010

« Il y a une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre. On frémit de la nommer : c’est le goût de l’absolu. [...] » Aragon, "Le goût de l'absolu" Aurélien

COMMENT

fais-tu, toi, pour t'en sortir ?
t'as de l'argent je vois,
alors quel sorte de daron t'emploie
pour tant à entreprise t'assujettir ?

Pour y perdre corps et âme en vain
il faut être perché sacrément
et sans être baron ni divin
le faire vainement

Cesse-donc ton errance, entre te prendre
pour le Pape et t'admirer en nullité
dans ton miroir, ou à monter des cendres

sans descendre mon thé. Dois-je attendre
ta bonne volonté... à souffrir le  martyre ?
Tu as encore oublié le sucre !



FoSoBo 28 septembre 18:52

sonnet 286
 
Le même Sardou dit aussi: «Vainement est relatif au sujet; en vain est relatif à l’objet; inutilement, c’est sans utilité pour personne. On a travaillé vainement lorsqu’on l’a fait sans succès, de sorte que l’on a perdu son temps et sa peine: on a travaillé en vain lorsqu’on l’a fait sans atteindre le but qu’on se proposait, à cause de la défectuosité de l’ouvrage. Si je ne puis venir à bout de faire ma besogne, je travaille vainement; je perds inutilement mon temps et ma peine. Si ma besogne faite n’a pas l’effet que j’en attendais, si je n’ai pas atteint mon but, j’ai travaillé en vain; c’est-à-dire que j’ai fait une chose inutile…

On dit aussi que quelqu’un a travaillé vainement, lorsqu’il n’est pas récompensé de son travail, ou que ce travail n’est pas agréé; car dans ce cas le travailleur a perdu son temps et sa peine, sans préjuger aucunement la valeur de son travail, qui peut d’ailleurs être fort bon».
Guy Debord, Commentaires sur "La société du spectacle" XXXIII, 1988

 

COMMENT

peux-tu te taire, jamais ne rien répondre ?
c'est comme préférer mon désarroi,
t'en réjouir en silence. Je vais sans nul arroi,
je vais mon chemin, en vers lents puis-je y pondre

à perdre haleine et pas, ma foi,
ma peine et mon temps à la fois ?
Tu ne dois pas confondre

ce que je suis et que parfois
je cache, avec ce que je fais
en allant jusqu'à fondre,

tel Martel sur les Sarrasins,
parce qu'il faisait trop chaud
au royaume des Francs cousins.
Mais c'est comme tu veux, et peu m'en chaut



arroi : Littéraire. Train, équipage accompagnant un grand personnage : "En grand arroi"

FoSoBo 28 septembre 18:16

sonnet 285

 

COMMENT

te dire comment j'ai fait pour en arriver là
aussi las mais jamais le restant entre
mon désespoir et mes impairs ? Diantre !

Tu sais bien comment vont mes jours et mes nuits,
d'une heure à l'autre à chercher le sommeil
pour y cueillir mes rêves au réveil

Tout je n'ai pas écrit mais trop encore
On s'y perd ? Moi non plus !
mais je n'écrirai jamais le surplus,
"journal intime" livrable après la mort,

des écrivains à la pudeur rompue
et se lavant les mains du score
et des lauriers, vente à l'ex-sport,
marchandise d'eux-mêmes vendue



FoSoBo 28 septembre 17:53

sonnet 284

 

série de sept sonnets "QUAND" en vers divers

QUAND

nous en sommes las de n'être
et ne pas être plus que nous
croire debout bien qu'à genoux
comment pourrait de ce nous naître

un autre nous sans dieu ni maître ?
Avec des si, avec des scies, rien ne dénoue
cette devinette et, si l'on peut se permettre,
nous reste là, sue le burnous.

"on" fait des théories avec des si, avec des scies,
"on" meurt avant leur empirie, et jusqu'ici
"on" a ainsi chassé l'ennui sans mettre

qu'un cheveu dans la soupe de sa calvitie,
"on" est nu, si chauve à l'intérieur de la tête
qu'on se casse de nous sous la casquette



FoSoBo 27 septembre 12:22

sonnet 280

QUAND

je serais grand, je serais révolutionnaire
j'aurais un long couteau
pour couper les poils des chameaux
et je prendrais des airs à dos de dromadaire

je serais grand, j'aurais un dictionnaire
des pages blanches pour les mots nouveaux
dans l'air du temps volants, lépidoptères
aussi communs que nos palanéos

- dans mon filet, papillons solitaires,
d'un élan unitaire
mettez-vous en commune

chassez le militaire
mais gardez le moineau
de jamais militer


FoSoBo 28 septembre 11:23

sonnet 279

le Colias Palaneo est un papillon appelé Solitaire


QUAND

le jour sera venu de
la nuit venue d'avant le jour
viendra un jour un jour de
plus où l'on saura d'hier

la nuit venue avant la guerre
la nuit tenue pendant la guerre
la nuit d'après la nuit devant
le front du jour l'effroi derrière

la der des pros la mer aboie
un cauchemer la merde bue
la mère Ubu chien tricolore

un loup cent loups Milou tintin
loup est un loup pas un chien-chien
à sa mémère encore la guerre



FoSoBo 27 septembre 23:38

sonnet 278

 

QUAND

les poules auront des dents de
vent à semelles de poète,
alors nous chanterions, aidant
le temps venu de l'amusette

à canarder en coin, pouet-pouet
coin-coin, nous coinçerions les cons
dedans pour en hâter la perte,
Ainsi soit-il ! Ah là est grand !

nous chanterions, les coqs auriont
descendu de l'église avec
garçons et filles à bon bec

et sans prier nous rirerions
et sans crier nous chanterions
en dansant avec eux la musette



FoSoBo 27 septembre 22:57

sonnet 277

« Il n'est bon bec que de Paris »
François Villon, Ballade des Femmes de Paris

l'amusette est une espèce de gros fusil de rempart, monté sur affût, et un accordéan de marque Mangein

 

série de six sonnets "COMME" en vers de 6, 7, 9, 10

COMME

il n'y avait plus aucun
espoir, on faisait comme une
grève du temps, avec un
air de se mettre en commune

à l'occasion, pour des prunes,
vertes et bien mûres qu'un
marchand de leurre faquin
vendait moisies sous la lune,

nuit debout, faisant sa thune
où d'autres s'enfilaient qu'im
porte un anneau de saturne

à quelle oreille, Ô fortune
à la barbe d'un flic, un
coquin de républicain



FoSoBo 27 septembre 20:59

sonnet 276

 

COMME

s'ils ne savaient pas, qu'ils mentent
comme des arracheurs de
vérité entre la menthe
et le jasmin dans la de

meure et les jardins en pente
dure... l'avenir, l'attente
où nous allions vers le de
voir sans voir le chemin de

bord en bord, plus loin, trop loin,
disent-ils avec cet air
de savoir où est ton er

reur, celle qu'ils n'ont jamais
commise. Et toi qui te mets
toujours, encore, en colère...



FoSoBo 27 septembre 19:33

sonnet 275

 

COMME

si tu n'avais rien vécu,
entendu ni rien su, elle
était là à ton insu,
ainsi, toujours sensuelle

là, en silence et ton cul
te d'elle un air ridicu
le. Oh tu la savais cruelle
assurément, d'un mortel

oubli de ta dignité
au pied de son imitée
ferveur, sans souci, si belle

en ton mensonge et si peu
pris de doute qu'elle peut
être, qui sait, immortelle ?



FoSoBo 27 septembre 18:52

sonnet 274

 

COMME

j'aurais aimé les jours où tu venais
t'asseoir sous ma fenêtre avec des fleurs
dans tes cheveux au vent, des yeux rieurs,
ta main qui tenait un livre fané

qu'un bel inconnu avait écorné,
quand mine tu faisais, regard ailleurs,
de pouvoir lire, que moi le voyeur
tu voyais comme un homme abandonné,

Jules à son rideau, toi Roméette
ou ne pas être assise sur ce banc
comme s'il n'était pas public. Juliette

était le nom d'une autre fantômette
et mon théâtre allait sans Caliban
d'elle à toi, brûlant comme une allumette



FoSoBo 27 septembre 15:55

sonnet 273

 

COMME

c'est étrange ils se ressemblent tous
et toutes. Ma parole comment
est-ce possible ? Cette frimousse
là ne l'ai-je lue dans un roman ?

Vue sur un trottoir qui se trémousse ?
N'est-ce pas elle qui par moment
se glisse par-dessous mon drap-housse ?
et bien moi qu'elle prend comme amant ?

Ne vienne personne à ma rescousse,
une mémoire est là si je mens,
faut-il encore quelque secousse,

à mon secours un dérèglement
de tous les sens, qu'un rire me pousse
à la place du cœur sans calmant



FoSoBo 27 septembre 15:10

sonnet 272

 

COMME

Elle était debout comme
un panneau à l'entrée
et moi sans un mot comme
un poteau là planté

Alors on a fait comme
si ce n'était pas très
grave Une femme un homme
parfois n'ont pas d'attrait

Aujourd'hui c'est l'automne
c'est pas toujours l'été
J'aurais aimé en somme

en rêve une beauté
Faudrait être médium
pour jamais se planter



FoSoBo 27 septembre 14:20

sonnet 271

 

IL Y A IL Y A IL Y A CE QUI VIENT

il y a toi qui m'aime, et moi d'autres que j'aime
il y a que je t'aime et tu en aimes d'autres

il y a nous en eux, qui ne sommes que deux
il y a eux en nous qui ne sommes que d'eux

il y a tous les autres, parmi eux les nôtres
il y a tant à faire à casser des œufs même

il y a l'omelette et l'appétit qui vient


Fosobo 21 septembre 14:47

demi-sonnet 7 x 12

 

FIN, MA VIE

Le monde est mort demain d'une overdose de désordre
Je me suis tu et sur le coup je t'ai trouvée plus belle
Il reste encore un peu de temps, il va falloir attendre,
On n'a pas l'habitude, que faire avec une nouvelle

aussi inattendue ? Je n'avais pas prévu de vivre
avec si peu de toi et nous voilà comme deux vieux
devant la délivrance, à ne savoir combler le vide
et la soudaine absence d'avenir. Pourquoi les dieux

ne font-ils pas ce qu'on n'attend plus d'eux depuis des siècles ?
Faut-il encore un jour pour ne plus être qu'un passé ?
Et personne après nous pour oublier qu'il fut assez

longtemps possible d'éviter le pire... Il est trop tard.
Ils ont éteint les lumières des rues. Pas un chat noir
ne traverse. L'aube est là. La peur. J'aime ton sourire


FoSoBo 19 septembre 04:21

sonnet 270
14 x 14

 

REALITY SHOW... EFFROI !

Twitter la vie n'est pas
étaler son intimité
jusqu'à franchir le pas
dépassant vos capacités.

Tombé dans la trappe à
votre imprudence illimitée,
Internet fait appât
de toutes vos fragilités.

Twittez frères et sœurs,
mais ne venez verser vos pleurs
où vous aurez servi

Au chœur la soupe à la grimace
éperdu dans la masse
et perdu le temps de la vie


FoSoBo 7 septembre 2016 15:55

sonnet 269

 

VAGUE RÊVE

Un jour j'ai demandé
à la nuit de rêver
en couleur et musique
à cultiver mnésique

Elle m'a exaucé
et j'en fus abadé,
à l'aubade basique
d'une geste extatique :

Un papillon géant
à l'aube s'est posé
sur un air composé

D'un tigre sur une aile
et sur l'autre d'un fauve,
un Bonnard dans les mauves

Un crime passionnel
au matin révélé
par hasard rationnel


FoSoBo 31 août 2016 19:51

sonnet 268



FEMMES VOILÉES IN WONDERLAND

Je ne hais pas les filles à voiles
je n'ai pas leur sens du divin
mais je hais les cafés sans vin
avec elles il me faut plus que boire

J'aime ou pas notre vie à poil
tout dépend avec qui faut voir
mais je hais les lois des ovins
et leur foi d'ici dans le vain

Nous irons tous au paradis
avec ou sans burkini
la vie commence après l'enfer

Le monde étant une merveille
ne s'use que si l'on s'en sert
où crève à jamais le déni

FoSoBo 29 août 2016 15:19

sonnet 267

 

EN TERRASSE

Terrassons
les urgences
Polissons
la patience

Maudissons
les voitures
Polies sont
mes injures

Merde aux cons
de tous bords
mis à mort

en essence,
triste sort
d'être pur



FoSoBo 29 août 2016 15:10

sonnet 266


cinq à sept

LOIN

de la coupe aux lèvres
de lièvre à lapine
du rêve à la fièvre

de grève à la mine
de plomb à la trêve
des conflits au crime

de rime à la fin

FoSoBo 20 août 2016 16:09

demi-sonnet

PRIVILÉGER

Je t'emmènerai partout,
tu n'en reviendras pas, d'ailleurs,
de cet aller sans retour
ni arrêt pour les travailleurs.

Toi l'impérial voyageur,
tu ne descendras plus du tout
à la station employeur,
tu seras départi du labour.

Tu auras pris ta vie au bras
sens dessus sans dessous chics
hâbleurs d'un futur hiérarchique.

Une jeune fille t'embras-
sera d'une humeur lutine
et ton heure viendra : mutine

FoSoBo 4 août 2016 07:54

sonnet 265

 

PRÉSAGES

C'était un temps de plomb et d'oubli,
le soleil n'irait plus à la plage...
L'éternité ? Grève sauvage !
C'était un temps de guerre et repli.

Chaque jour avançait la nuit
au matin d'un nouveau carnage
annoncé d'un voisin rivage.
C'était un temps d'alarme aux ennuis.

On puait peur et peu courage,
aux états d'armes du chômage
on faisait la queue à l'emploi

du temps de misère et de rage,
la mort se piquait d'être sage
aux bords d'une vie hors-la-loi

Lilia 30 juillet 2016 10:42

sonnet 264


ATTENTATOIRE

Le mot définitoire
censé définitif
est un suppositoire
hanté par l'objectif

Ce giratoire de l'insensé
déroge à l'habile
où coule en bile
l'essence dispensée

d'un non-sens à l'histoire,
confiance sans pensée
en devenir prémonitoire,

Déviance aléatoire :
au hasard dépassé
rime l'attentatoire


Lilia 29 juillet 2016 20:32

sonnet 263
 
 
ABÉRANCE

L'air ici plus que doux
dans la lumière autour
d'une mer aux contours
d'un aber confondu

Rivière sous des cieux
d'improbables fortunes
où paressent les dunes
et des vents silencieux

Aux caresses de sables
et d'algues délicieux
à envoûter les diables

et dégoûter les dieux
que paraisse coupable
à leurs yeux l'acte odieux


Lilia 29 juillet 2016 16:18

sonnet 262


« Un aber est une ancienne vallée fluviale envahie par la mer il y a environ 7000 ans. Contrairement aux fjords, les abers ont été creusés non par un glacier mais par un fleuve. »
Pays des abers. Guide d'accueil Finistère, Bretagne, 2016


LA MORT, AU POIDS

La mort n'a pas de prix pas de prise
où la vie ne pèse plus rien
on va on vient comme des chiens
pas d'erreur les mots font la méprise

aucun mépris si l'on comprend bien :
la terre orange devient grise
les coups font des bleus sans surprise
la peur sourde en la crise où l'ancien

offre au neuf son présent affecté
d'un don si parfait de la farce
où la tragédie pond son œuf

que personne n'ira protester :
l'air pourri, ça ira, qu'on s'y fasse
sur la langue on mettra un bœuf


FoSoBo 19 juillet 2016 00:16

sonnet 261

 

LA VALSE DU PEUPLE CHIEN

À la terrasse des habitudes
je bois la tasse des certitudes
je me casse du bois sur le front
en attendant je passe la front

-ière sur place de mon exit
manifeste d'un exil statique
dans ce pays où tout tourne en rond
de Bastille à Bastille environ

place Nation, place République
d'un peuple au palace laïque
et de sa franchitude éperdu

tourniquant sur son culte et perdu
comme un chien sans classe après sa bite
ne sait plus sans laisse où il habite

FoSoBo 16 juillet 2016 19:06

Loi travail : rassemblement statique et manifestation Bastille-Bastille

sonnet 260

NUIT FREDAINE

Alors la nuit n'est plus la promesse de l'aube
et d'un matin ouvert aux gestes paysans
la terre se défriche en langage disant
les choses que les mots habilleront en faunes

dansant sur le faux même au dessus des phonèmes
une sarabande au bal et musette pleine
à craquer les dessous des reines du sabbat
et le très haut des seins et les mains sur le bas

Les ténèbres en transe à la table du diable
ensemble dormiront d'un sommeil insouciable
comme des enfants nés dans les contes de fées

L'aurore surprendra les ombres du désir
le soleil sur les draps versera le café
et le jour nous viendra comme un art de choisir

FoSoBo 16 juillet 2016 02:14 / révisé 22:12

sonnet 259

HEURES D'ÉTÉ

Aux heures d'été enterre tes rêves,
entre dans le jour par tes cauchemars,
dans la nuit hantée éteindre ta fièvre
sans taire l'amour ni tendre à la mort.

Ainsi va ta vie et ton temps sans trêve,
tu ne voudrais plus entendre la mer
apporter les cadavres sur ta grève,
tu aimerais bien en paix t'endormir.

Quel dieu a-t-il voulu que l'humain crève
en pieux récitant au pied de son lit
niaises litanies pour saints d'ordalies ?

Justice à tuer, l'horreur est humaine,
hors-la-loi tu es, tes songes tu mènes
en priant l'hiver de ton impiété

FoSoBo 15 juillet 2016 19:42

sonnet 258

 

AU NIÇOIS QUI...

6 x 14 = 84 syllabes pour 84 morts

Une promenade au
bord de la grande bleue
longue plus d'une lieue
belle comme un cour d'eau

Laide comme un camion
qui apporte la mort
la nuit sans un remord
en blanc sous les lampions.

L'artifice champion
a éteint la lumière
et la joie de la mer.

Sous les fards d'autres dieux
nous portons le fardeau
dont nous sommes les pions

FoSoBo 15 juillet 2016 16:18

sonnet 257

 

ICI AILLEURS, THÉÂTRE INTÉRIEUR

Poème à plusieurs voix
théâtre en moi du monde
entre ce que je vois
et que l'autre féconde

pour entrer dans la ronde
comme en un chœur l'envoi
l'effet d'un faisceau d'ondes
lumière ouvrant la voie

aux sons d'entre couleurs
et tirer du carquois
les flèches perçant l'heure

pour d'un arc essentiel
toucher à corps les cœurs
comme à l'assaut du ciel

FoSoBo 12 juillet 2016 12:49

sonnet 256

 

ODEURS DU TEMPS

Le masque hagard et sans refuge,
la guerre au hasard malheureux
du miséreux. Regard en creux
qu'aggrave un cri sous le déluge.

Rugueuse rigueur, ses yeux rouges
ont des cernes de sang, fiévreux,
la rage aux joues sans fébrifuge
il tangue, il gèle, il est affreux,

il brûle tout son temps sans vivre
plus que l'instant présent sa mort
promise, entre les dents le mors

de l'impudeur, et son odeur
guide plus loin que sa laideur
les pas des sondeurs réunis


FoSoBo 10 juillet 2016 22:39

sonnet 255

 

ICI AILLEURS

Ton infidèle vérité
terrasse l'avenir
à l'idée d'en finir
avec la réalité.

Des mots la vanité
déchante le futur,
inachève l'épure,
présente l'impureté

d'un autre ici partout
ouvrant l'ailleurs au rêve
en partage du tout.

En chaque centre un monde
entre nu dans l'onde
où la vague fait grève

FoSoBo 10 juillet 2016 16:45

sonnet 251




AILLEURS ICI

Il était une foi et j'ai brûlé son livre,
bûché follet avec le feu d'une autre
sans dieu contrebandier,

cet anonyme auteur d'impossibles "Que sais-je ?"
sa réponse oubliant la question étudiée
au pied de la paresse où l'infini s'achève,

où le blanc des yeux crève,
en traître comme en jaune d'eux
sur le plat de leur main morte sur le cœur,
les tympans sourds de son Église cafardeux,

où recommence à vivre une sorcière sœur
ayant pris comme amant son bourreau de travail,
le bûcheur sans bûcher par amour incendié
pour crime dans la rime et vol de sans trouvaille

FoSoBo 10 juillet 2016 18:43

sonnet 252




ICI ICI

C'est là, dans ce court périmètre,
sans environ ni alentour,
sans horizon ni galant tour,
qu'emmène le bâteau sans maître

aussi loin que vont le permettre
les vents dans les mots en retour
des harmoniques tout autour
où la musique va renaître

d'elle-même en phénix et descendre
au plus perdu d'un puits sans fond
chercher les trésors qui refont

le monde des maux mis en cendres
sur la table du rêve enfoui
dans l'oubli de la nuit, inoui

FoSoBo 10 juillet 2016 19:33

sonnet 253




AILLEURS AILLEURS

Ailleurs il n'y a pas d'ailleurs,
tous les ailleurs sont des ici
pour qui est là, là-bas, veilleur
d'un monde en lui, le tien aussi.

Aussi comment en soi l'entendre
pour lui allouer sans attendre
une place où parler d'un meilleur
savoir que le tien obscurci ?

Que peut un poème écouter
sans le dire ou sans le réduire
à la volonté du séduire ?

Où parle l'autre en toi si tu
le tues cent fois, sans le situer,
sans loi ni foi en lui, destitué ?


FoSoBo 10 juillet 2016 20:14

sonnet 254

OBSOLESSENCE

Revenir sur tes pas tout détruire avec soin
que de toi rien ne reste et que l'on voit plus loin
que le but d'une vie que le bout d'un désir
dont l'insatisfaction est l'infini plaisir

Effacer sur la table un geste de témoin
à la tâche, la tache attache du besoin,
de la besogne inépuisable à tout saisir
sans jamais renoncer pour ne jamais choisir

Un chemin parmi tant, une croix, une foi
où se perdre en tous lieux entre absence et présence,
entre ailleurs et ici, avec un autre en soi

Pour faire comme si, si c'était comme ça
et pas autrement dit sans savoir à l'avance
où tu mettrais les vers dans les pieds de la science

FoSoBo 5 juillet 09:07/23:11

sonnet 250

 

CLINAMEN IMPLOSION

est-il mort ou vivant
en ses jeunesses improbables
indivibulle poursuivant
d'avant les mêmes fables

entre l'espoir soleil levant
et le navrement ineffable
d'un culte confortable
éboulé quand, soudain, crève en

quête d'un radieux avenir
son rêve de savon
d'un savant de salon

Agar des rues, des souvenirs,
son radotage médusé
dans sa bulle implosé ?

FoSoBo 5 juillet 07:45

sonnet 249

 

CONTRE LE TEMPS

faire avec

le temps n'a pas d'odeur
tu cherches jusqu'au flair,
haletant, chien errant
sans collier et courant  

la piste et pissant sur
le tronc de ta mémoire
gravée sur l'azur en
passant entre les rangs

outre l'an, outre loi,
doute aussi, foutre foi,
sans savoir, mais y croire

au bout de tant d'années
de vérités damnées :
dis-moi comment se taire

FoSoBo 4 juillet 22:30

sonnet 248

HOMMAGES, FROMAGES, DOMMAGES

sans intérêt : pluriels

mordem physio démord
de rien
déridé ras
d'avant des morts

trépassantes qui passent
sur leurs vies à cons plis
devisant
de Wiesel à Rocard

leurs merdes en raccords
des temples aux marchands
invalidant les politiques

de discours en boutiques
qui n'ont de nuits de bouts
que nuire et brouillards

FoSoBo 4 juillet 21:22

sonnet 247

 

L'ARRIMER LÀ

to be or not to be

Glisse, entre ici et là,
ton œil et ton oreille,
et que l'onde t'accueille
où ton regard parle à

Ton âme en guérilla
désarmée sur le seuil,
affranchie du fauteuil
pour aller au-delà

Du temps, de l'imprésence
à soi à l'autre au mi
lieu du range ennemi,

De l'étrangeté même
d'être et de n'être pas
ici ou là trépas


FoSoBo 2 juillet 2016 15:37

sonnet 246


 

UN JOUR J'ÉCRIRAI

J'ai perdu ma plume
et les exquis mots
écrits sur la lune
et sous le charme haut

D'un amour au cœur
en vers malheureux
dans les longues heures
d'un temps douloureux

Qu'il vienne et revienne
et ma vie reprenne
où je partirai

Au pays que j'aime
avec un poème
toujours à l'apprêt

FoSoBo 27 juin 2016 07:18

sonnet 245



JE SORS DONC J'EXISTE

Désordre 8.

La guerr' de sécession n'a pas cessé c'est sûr,
voilà l'homme qui marche à côté des chaussures,
c'est le canut nouveau, arrivé va-nu-pieds,
la frontière est partout, il n'a pas de papiers

Ni bulletin de vote, ni toit ni masure,
il s'affranchit des bornes, passe la mesure,
il exagère, ce pauvre hère, chosifié,
classifié, racifié, mortifié, crucifié

En route au carrefour de l'espace et du temps,
il est partout et nulle part, il est exit,
il est personne et le tout-monde, il nous excite,

Il n'est rien, il est too, il est moche, il est trop,
il n'a pas le ticket mais il prend le métro
il est sous, il est sans, il est sale : il existe

FoSoBo 25 juin 2016 11:23

sonnet 244

 

EN VERS ET CONTRE RIEN

Désordre 7.

La misère qui vient avec l'odeur du sang
ne trouble pas la fête aux couleurs de la France.
Sur la pelouse à peinture fraîche un coup franc,
deux coups bas, trois pas en arrière, et l'on avance

Où l'on recule, on ne sent pas son ridicule,
la victoire en chantant la perte des conquis
qu'on adore en conquistador d'un crépuscule,
siècles après J-C (d'après 'Je sais Wiki').

Je ne suis plus, je ne sais pas plus avancer,
butant au mur suprême de la réticence,
ligoté entre dire et tenir le silence,

Entre art de la prudence et création de soi
entre agir à l'endroit et détruire à l'envers
agitant sans servir mes doutes mis en vers

FoSoBo 24 juin 2016 18:07

sonnet 243

SONNEZ, LES MUTINES

Désordre 6.

Les cloches sonnent sonnent sonnent
ensemble et chacune est fêlée -
des sons pour casser les faits laids -
clochardes parlant à personne

à qui tout le monde pardonne
quand pas un ne veut s'en mêler.
Les moutons sont nés pour bêler,
la mort saisit le vif qui donne

un air nouveau chaque matin
à chaque jour un tour mutin
loin de l'église et du clocher.

Sonnez, sonnez, sonnez mutines
cassez les oreilles' aux usines,
leurs murs sauront qu'ils vont tomber

Terre Noire 20 juin 2016 00:07

sonnet 242

LE 20ème SEXE

Désordre 5.

Jean-Paul tient le crachoir
Simone le bavoir
Albertine s'ennuie

Le sexe était bridé
du genre à dérider,
de l'Être plein la gueule
à renverser Hegel

debout sur son Idée
qui a fait le vide et
le prix du plein d'essence...

Dérèglement des sens,
Verlaine sur le dos
sur les places la nuit,
Arthur tient le micro
 
Terre Noire 19 juin 2016 20:50

sonnet 241

 

DU PLOMB DANS L'AIR

Désordre 4.

Ciel de sieste et cendres
cent nuances de gris
des cordes pour se pendre
à la pluie, sans abris

contre le plomb à prendre,
tirés comme perdrix
dans l'air du temps à vendre
salaires, profits, prix

sur les étals casher
cœur de cochon moins cher,
du sang sur le couteau,

du boudin au bout d'une
cervelle de poulet...
Et tu te dis tues-les ?

Terre Noire 19 juin 2016 19:06

sonnet 240

LE LIÈVRE OÙ LE TORT TUE

Désordre 3.

Entre la pub et le fromage
on est prié par les rois mages,
à suivre comme des toutous,
de faire bruit de rien du tout.

Avec leurs gueules de vieux sages
ils sont les maître des images,
ils vendraient leurs mamans itou,
leurs crottes de chiens sont partout.

En vieux singe instruit des grimaces
on attend que l'orage passe
et le rendez-vous avec nous.

À l'heure encore des lapins
et de la pine au bord des lèvres
rêver grève et lever les lièvres

Terre Noire 19 juin 2016 14:29

sonnet 239

 

L'ÂME ET LE PAVÉ

Désordre 2.

Un pavé qui vole
a franchi le col
dans une échappée
que j'ai pas loupée

Mon âme en raffole
mais manque de bol
je me suis chopé
la pierre en plein nez

Je vais à l'hosto
mais il est trop tard
et sur le billard

L'âme on m'a coupée
pour mettre à la place
le cœur du pavé

Terre Noire 18 juin 2016 23:56

sonnet 238

LES DEUX GARDIENS

Désordre 1.

Ce n'est qu'un début :
le gardien de but
couché sur la touche
une herbe à la bouche

tire sur son bout.
C'est la nuit debout.
On entend les mouches
voler en babouches,

faire le printemps
avant l'hirondelle
sans grève des zèles

Quant aux soucis, guère :
gardien de la paix
ça n'existe pas

Terre Noire 18 juin 2016 23:02

sonnet 237

MURS DES MOTS, MURS DÉMONS

Murs 7.

Les murs la mort dans le décor
des esprits du sang et des corps
et las tu chantes comme on pisse
l'air de ta guerre en love and peace

L'espoir a bu la tasse encore
ça passe pour un désaccord
qui casse du verre à l'hospice
et qui le prend pour bon auspice

La mer est loin le temps est long
l'histoire s'écrit au salon
l'avenir se cuit en marmites

Le langage engage ses fuites
en arrière et garde l'avant
la lutte sentait bon le vent

FoSoBo 18 juin 2016 14:11

sonnet 236

 


MURS DES FOIS 

Murs  6.

Tu n'en reviendras pas toi qui l'a eue, la foi
du charbonnier, la suie aux yeux, la fin en soi,
la faim jamais, ni froid, un toit pour ton sommeil
toujours. Tout est à eux rien n'est à nous ? Mon œil !

À se payer de maux qui n'ont pas une fois
été les siens, que vaut un mot cul dans la soie ?
Culot gratuit. Cadeau de bon marché : conseil...
en attendant la fin assis dans son fauteuil

de salon virtuel. Le silence est l'armure
en bottes de non-lieu qui tombe à chaque pas
fauché par l'homme nu debout au pied du mur

de sa race à l'oreille cassée, de son sexe
bandé, couilles en or pour rêves de ciment...
Lasse béton ! Sous les pavés plus beau n'y ment

FoSoBo 17 juin 2016 23:29

sonnet 235

LA MORT SONNE À MINUIT

Murs  5.

à Tomoyasu, pour Moeko et Nico

L'hôpital se fout du somnambule
qui danse sa mort funambule,
sous la lune sa fleur épanouie
est tombée du toit à minuit

En noctambule qui fait la fête
il sera tombé sur la tête
sans parachute pour sa folie,
ainsi mourir est plus joli

Quand la fin s'écrit sans préambule
au pied d'une belle-de-nuit
trépasser n'est pas plus un ennui

Qu'une vie à passer au lit
loin des siens loin de tout près de rien
et d'un dernier baiser poète

FoSoBo 16 juin 2016 13:03

sonnet 234

MANUEL POUR LA VALSE AU TEMPS NEUF

Murs  4.

Qu'avons-nous en commun qu'avons-nous
à mettre en commune à ne pas faire
encore les mêmes pas qu'hier
pour danser à jamais à genoux

les vieilles rengaines qui nous nouent
aux pépères repères des pères
entichés attachés aux roberts
aux gaines et dessous des nounous

Viens plutôt mon amour c'est toujours
mieux ailleurs allons-y donc valser
sur les charbons ardus et casser

les tristes arythmies d'un séjour
et si long de misère et si court
d'aventure et de bonheurs volés

FoSoBo 14 juin 2016 13:21

sonnet 233


L'ENNUI D'ÊTRE ASSIS

Murs  3.

À trompe désespoir tu ne marcheras pas
contre ton cœur sous les drapeaux
d'une défaite annoncée de commune
intention pavée pour l'infortune

Tu n'iras plus de ta vie à trépas
boiter sur les trottoirs en marge du troupeau
offrir l'aumône à la tribune
où s'augure une issue importune

Ton refus t'est acquis
tu as quitté la messe
écrite des promesses

que l'on ne fait qu'à soi
pour trahir sa paresse
et l'ennui d'être assis

FoSoBo 14 juin 2016 12:31

sonnet 232

LEUR CONTE EST BON

Murs 2.

Leur jour de gloire est arrivé
entre l'Euro et la police
ils ont grèvé ils ont rêvé
d'être les princes des coulisses

La nuit d'espoir est archivée
les footeux sont entrés en lice
les bleus salis sont délavés
entre deux buts complices

Marchant dans la déroute
et marchandant la soupe
à la grimace populiste

Ils iront jusqu'au bout
du sort capitaliste
au vent mauvais debout

FoSoBo 14 juin 2016 11:50

sonnet 231

DIABLE SANS CONFESSION

Ton bord de Loire est cher
tu n'y viens plus pêcher
le poisson ni pécher
du plaisir de la chair.

Quand tu venais cacher
tes amours primevères
dans les ajoncs d'hier,
comme un baron perché

dans ses rêves d'ailleurs,
tout y était divin,
tu avais de la cuisse

et des mots dits du vin
il fallait que ça jouisse :
en aval dépêché


Terre Noire, 15 avril 2016 16:00

sonnet 229

 

trois sonnets d'un jour au soleil

AU BOUT TABOU

Tout peut se lire en toi
par fenêtres du monde.
Tout peut se dire hors toi
en entrant dans la ronde

des jours des nuits de bout
en bout, lutte féconde
un présent dans la boue
plonge où la bête inonde.

Que noces feras-tu
rater, mariages tristes
et de gays las du gué

qu'on ne traverse pas,
d'appels sans l'apatride,
ou de trancher la bride ?



Terre Noire, 14 avril 2016 14:02

sonnet 228

 

ANDANTE EN FAIRE

Foin de si vains échanges
ne plus donner ce change,
il ne change plus rien
qu'un vrai mal en faux bien.

Ils ne sont plus qu'à nuire
à s'y brosser reluire
les cuivres oxydés
recouvrant les idées

qui secouent l'Occident
et nous donnent des dents :
qu'il morde sa poussière

et se torde dedans
comme en Dante l'enfer :
Brûle le doute en faire



Terre Noire, 14 avril 2016 11:05

sonnet 227

 

ÉCRIRE À L'ARRACHÉE

Écrire à l'arracher,
l'herbe de la paresse,
cette graine d'ivraie
se plante à temps gâcher

dans le jardin des jours.
Que vienne qu'apparaisse
un désir de toujours
d'être un autre sans laisse

et que des mots encore
surgisse le décor
où les choses sont là,

sans crainte d'avoir tort,
et le suc et le sel,
et la terre et le ciel


Terre Noire, 14 avril 2016 10:42

sonnet 226


LA RETRAITE AU FLANC BEAU

à 9/8

Les pires sont les vieux les papys
les vampires du temps ressassant
leur passé leur passif et ça sent
comme un froc où il sont fait pipi

plus loin que le voisin sur son pied
de grégaire en vain cul caressant
sa défaite longue queue de pi-
tre syndiqué sur la pente glissant

un souvenir de soixante-huit
au flanc beau la retraite et la fuite
en arrière des lignes de fronts

soulevant un tonnerre de brutes
hissements sur le chemin des dam-
nés de la terre et morts pour la France

Terre Noire , 13 avril 2016, 21:13

sonnet 225

 

ALLER À JACTER BEST

Cause toujours, poète, qu'un vent mauvais tant
porte d'en faire et contre tout des vers de terre
de sans et de mettre le feu follet au temps
de misères, de faims, de haines au travers

de porcs dupés de France et de navrance autant
qu'en importent ses régiments militantaires
en bottes de non-lieu, en caserne du temps
passé du temps présent et des demains qu'enterrent

leurs cantiques étiques leur politique en toc
leurs pompes pyromanes leurs manies d'époque
leurs plumes bleu blanc brun dans leur culte laïque

qu'une chauvine autruche accroche à l'ambition
vaincue aux frontons la honte d'un État-ration
de son histoire avalée de travers : de porcs

Terre Noire, 13 avril 2016, 19:24

sonnet 224

 

MAUVAIS CLIENT

Passez devant rien ne me presse,
aux égos courses du commerce,
faites-donc la guerre au rayon
porc-de-France-sale-raison.

La poissonnière étant accorte,
un client-roi passe devant,
tu n'étais pas assez d'extorque
pour avoir droit du ci-devant

La charcutière étant d'accord
avec le chaland policé
des achats lents poli assez

Pour que trépasse ton talent
au pied des regards policiers
qu'un vent emporte au ras du dit

Terre Noire, 13 avril 2016, 12:49

sonnet 223

 

MORT AUX OBSÈQUES

à 9 /8

tu n'iras pas enterrer le père
il sera mort tu l'auras tué
il fut trop fort alors que tu es
né sous le signe de perdre impair

pour gagner tard ta liberté.
En rêve si c'était à refaire
n'y comptez pas je suis alerté
des risques à courir au derrière

d'une vie en quête de vérités
sans avoir protégé mes arrières
ni volé ci-devant mes étés.

C'est ainsi tout passe et le printemps
n'attend plus que tes jours à l'envers
dont avec faire don bel hiver

Terre Noire 13 avril 2016 12:49

sonnet 222

 

PÉTAIN FOR EVER

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. » Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, 1851

tu vas tu viens de gauche à droite
tu vois pourquoi ce pays-ci
fut celui de l'étant farci
de bas en haut débauche adroite

défausse gauche / démocratie
du populaire à l'Ubu roite
plus large que la route étroite
où l'on ira si s'éclaircit

la nuit debout le jour aussi,
l'horizon d'un présent offert
sous nos yeux et qu'ils soient ouverts

sur le monde et la farce si,
de tragédie en trajet dite,
la déroute nous est interdite

Terre Noire, 13 avril 2016, 12:22

sonnet 221

sots six sonnets d'un jour de pluie

BRISÉE DES LIENS DU SANG

Brisés des liens du sans
te voilà libre et sain
d'esprit. Autant de prises
sur ta vie et que brise

d'amour vrai l'œil perçant
le faux en traversant
les apparences grises
aux apparats de mise

sociale. Mes amis
sont ailleurs les élus
de mon cœur, et j'ai lu

dans le leur où j'ai mis
tout le mien, et mon corps,
mon vivre mieux encore


Terre Noire 13 avril 2016, 09:52

sonnet 220

 

TON COMPTE EST BON

ainsi va la vie passe et trépasse le temps
qu'on a et celui qu'on a plus de vivre avec
les ans comptés par tant et tant c'est en partant
qu'on reste encore avec soi avec ses échecs

soit sans à soixante ans mais toujours en chantant
comme à vingt comme à vaincre les années à sec
de bas en haut du sexe à la prise de bec
et l'âme transpercée d'une lame insultant

l'avenir commencé comment çà où vas-tu
d'où viens-tu qui es-tu toi qui me parle mal
toi qui me tait trop fort toi qui tue l'animal

en moi qui me fait homme autant que l'encéphale
et le cœur Ah le cœur qui bat, rebat, abat  
ton jeu de cartes sur la route du combat


FoSoBo 8 avril 2016, 10:42

sonnet 219

 
 
AILLEURS SANS REPENTIR

Que fais-tu là poète : amuser des glacis
la galerie du leurre et la farce aux assis ?
Arroser de tes vers un jardin d'imposteurs
et pester riposter et poster bon facteur

de troubles ton blabla dans la médiacratie ?
Vois tu n'es plus toi-même et tu te fais ranci
de l'art pour ces cochons et si piètres rhéteurs
que tu y perds les pieds et la tête à hauteur

De ton cœur à l'œuvrage. Indifférence ici
n'est pas de bonne guerre. Il est temps de partir
où il est tant à faire ailleurs sans repentir.

Ferrailler c'est rouiller, mettre sur le métier
c'est en mettant le feu à tes neurones morts
et t'attendre au tournant avec des dents sans mors


FoSoBo 8 avril 2016, 04:12

sonnet 218
(à l'occasion de mon désabonnement de Médiapart)

 

FABLES DE LÀ FONT HAINE

Dans une basse cour de cocottes moyennes,
une poule aux yeux morts avait pondu un nœud.
De son coq à la patte, un poulet d'la mondaine,
elle avait fait un vœuf, il en était haineux.

Il gueulait au clocher de la hic cité vaine,
mais les gaulinacées lui trouvant un air vieux,
de peine il s'est pendu alors que la vilaine,
au lieu d'en prendre graine, offrit son corps aux dieux.

Un chapon dut, père manqué, se présenter
à l'érection du poulailler, et fut élu
pour avoir la plus dure et la plus résolue

de l'arène, appelée à régner souveraine
du poulier. Il n'y eut jamais plus sous la reine
d'ergotage. Chacun alla prier Ubu


FoSoBo 6 avril 2016, 02:59

sonnet 217


LA RIME MASCULINE

On voit chez l'autre ses défauts,
en son miroir pourtant mieux vaut
savoir reconnaître les siens,
y gagner si on les contient.

Tant c'est celui qui dit qui l'est,
pourquoi s'y complaire plus laid
que l'on espère ou que l'on est
à ses dépens sous son harnais ?

Allons enfants de l'appât triste
le jour de foire est arrivé
dans le concours égocentriste

Au long cours con qu'on a rivé
en malle mâle qualité
haut mal et virtualité


FoSoBo 27 mars 2016 20:14

sonnet (de Pâques) 215

ce poème en vers ennéasyllabiques (9 syllabes) se lit à 3 temps ternaires, comme la valse musette de l'époque, ou la valse jazz plus tard
attention, c'est casse-gueule



 
FAMILLE : JE VOUS AI ?

Né du hasard et d'une famille
parmi pommes de terre et jonquilles,
si j'avions su j'aurions point venu,
mais le mal ainsi fait j'en fus nu.

Comme un malheur ne vient jamais seul
les lapines sortaient en linceul,
guerre froide, en soldats inconnus
juifs ou pas en étaient prévenus.

Le temps passe on survit en béquilles
et les yeux au bain des camomilles,
on boit la tasse des confusions,

on visite le monde en gougueule,
on dit bonjour, fais pas cette gueule !
Il faudrait se bercer d'illusions



FoSoBo, le 23 mars 2016, 21:13

sonnet 214

- 1951, myxomatose chez les lapins français

- le 5 avril 1951, deux jours avant ma naissance, Julius et Ethel Rosenberg, couple de new-yorkais communistes arrêtés pour espionnage au profit de l’URSS, sont jugés coupables. Ils seront exécutés sur la chaise électrique le 19 juin 1953 dans la prison de Sing Sing

- on faisait, avec la camomille du jardin, des infusions et des bains pour les yeux irrités

 

ROULETTE et VÉRITÉ

(comme en valsant)

le temps lance ses dés
table sur vérité
et pourtant elle tourne
et pourtant il n'est tour

ni coton sans s'aider
à la tâche et céder
un pouce de terrain
qu'il pousse dans nos reins

déjà,
comme si tout
n'était pas encor dit
d'elle et nous étourdis,

sévérité oblige
,
un doute sortilège
en nos fragilités


FoSoBo 20 mars 2016 02:50

une variante précédente se terminait sur légèretés

sonnet 213

 

LÀ, MAINTENANT

sonnet anti-poésie

là, maintenant, tout va changer
- Tout ? Non pas tout mais quelque chose
- Quoi ? J'en sais rien je le sens, chez
moi, signe certain, ça s'impose

- De quel ordre est ce changement ?
L'ordre du désordre à l'explose
if you can, my dear Friend, cher
ami du chabardement qu'ose

en commune la plèbe aimant
la justice et la liberté
d'aimer, de vivre en dignité,

de dire oui ou non, de
faire
commune
une toute autre chose :
changer la vie, là, maintenant


FoSoBo, 10 mars 18:07

sonnet 212


PS : dans ce sonnet, la rime a perdu les pédales du vers pour amoureux de la poésie. Qu'ils en soient pour leurs décomptes, sur leurs doigts

l'amour de la poésie, c'est la mort de la poésie Henri Meschonnic
 
 
CECI N'EST PAS UN RÊVE

Tu est venue frapper à la porte d'un rêve
et je t'ai dit d'entrer mais tu ne voulais pas
tu sentais bon la menthe et le thym et la sève
et je t'ai dit d'entrer mais toi tu n'osais pas

Alors j'ai pris ta main et tu as fais un pas
tu avais de grands yeux un éclat sur la lèvre
et je t'ai dit d'entrer faire comme chez toi
mais tu m'as dit
attends ne lève pas le lièvre

Caché dans mon corsage il te mordrait les doigts
et mon sein te protège en lui parlant tout bas
d'une carotte crue et d'un chou à la crème

sauté sur canapé avec un pissenlit,
pendant qu'il mangera je viendrai dans ton lit...
Nous ferons des petits et nous dirons je t'aime



FoSoBo, 8 mars 2016 09:07

sonnet 211

 
 
EN BANLIEUE, SUR CE BANC


lieu public et privé
des yeux de la mémoire,
de dieux et de savoir
ce qui est arrivé

ici, sur les pavés :
la rage ? un désespoir ?
C'est la banale histoire
d'un beau lascar privé

de chance et de la vie
d'un coup d'un seul si vite
et si odieusement

porté par quelques-uns
des siens, quelques voisins,
des chiens, sans lieu, ni ban


FoSoBo, 4 mars, 13:21

sonnet 210

 

ROULETTE AU PAS DE QUARTIER

vers pairs ou impairs et perd

Dans les quartiers impopulaires
on voit des gens passer
entre gendarmes patibulaires,
de vie à trépas soit, mais pas à pas pressés

Il a l'esprit en jugulaire
dans la jungle où tout est compissé,
l'agent outragé pas
« l'identitaire
qui ne vit là que pour tout casser »


Dans les quartiers impopulaires
on a vu le passé passer
de l'imparfait au présent du futur pressé

On y va l'esprit tributaire
de la tribu attributaire
qui ne fait pas de quartier aux quartiers


FoSoBo 26 février 22:48

sonnet 209


 

POIL À LA LIGNE

Newton est revenu, sa pomme,
dire à Einstein : tu es foutu.
Là-haut du satellite, l'homme
aux pieds sur terre est confondu

Et pourtant elle tourne, science
avec ou sans météorites,
et n'a que faire de l'essence,
elle a assez de ses mérites

Elle peut s'envoyer en l'air
avec des si, scies théoriques,
c'est toujours pareil ou tout comme

On prend son parti du faux rhum
on a bu l'espoir à la li-
gne osant la gnose et la gnognote



FoSoBo 26 février 18:16

sonnet 208

 

NAUFRAGE

Une orange verte, à la peau sur les os,
traversant les temps à la nage,
rencontra l'Homme entre deux eaux.

Il lui tint à peu près ce propos :
« La mer est bleue comme
c'est étrange »


Et l'orange :
« Tu verras quand t'auras mon âge ! »
- Tu m'as pris pour une pomme ? »

fit l'Homme

Ils se noyèrent de conserve.

Est-ce ainsi que les pommes
vivent ? Entre l'espoir
et le désert ?


FoSoBo, 23 février 01:51

sonnet 207


Éluard, La Fontaine et Aragon
sont dans un bateau.
Trois poètes tombent à l'eau, qu'est-ce qui reste ?

 

POLIE'MNÉSIE

à Jean Meckert/Amila, La Vierge et le Taureau


François s'en va t'en guerre
dans le Pacifiqu' Sud
Polynésie n'a guère
polysémie c'est rude

François est nucléaire
il y va pour des prudes
énucléé c'est clair
eunuque en francitude

Polynésiens n'ont rien
se moque le souchien
à présent qui préside

à leurs destins, funeste
à nos demains, sans reste
et poliment conchié



FoSoBo, 22 février 2016, 18:43-22:57

sonnet 206

François Rude
Le Départ des volontaires de 1792
ou La Marseillaise

François Hollande en Polynésie, actualités

PS : c'est moi qui deviens amnésique, j'ai d'abord confondu La vierge et le taureau avec Au balcon d'Hiroshima. D'une bombe à l'autre...

 


PRINTEMPS PRÉCOCE

à Corinne Cerise,

Le printemps est venu des envies,
au pas franchi d'ennuis divers,
et de gazons aux vers ravis
au ras : pâquerettes d'hiver

Vous voilà, près de nous, amie,
affranchie des échanges d'hier,
et des garçons aux mots vomis
nous prenant pour leur serpillère.

Dans les vitrines du passé,
les brocanteurs, les gros menteurs,
ont soldé nos espoirs blessés...

Que faire, sans dormir, ensemble,
sur la plage aux pavés d'avant ?
Qui va là, où, vers quoi, et tremble ?


Café Le Montreau,
Montreuil, 22 février 2016, 14:74

sonnet 205

Printemps précoce, Yasujiro Ozu, 1956

 


LAISSE L'ÉTHER, CREUSE L'ÉTANT

pauvre matin maigre penseur
brise l'alter brise le temps
qui bat le beur et tue sa sœur
triste pervers sans maintenant

et sans ici pensé rassis
penchant glacé pendant des heures
pendu aux leurres endurcis
pendant des morts et médiseur

vienne l'instinct vienne l'instant
dans le désir que soit aussi
ainsi la vie ainsi le vent

d'autant et qui l'emporte si
loin du vain pur et des soucis
l'on a tous les jours dix-sept ans


FoSoBo 22 février 2016 11:59

sonnet 204


 

TESTAMENT THÉORIQUE

« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous »
Évangile de Jean, 1, 14

Cette nuit je suis mort d'un cancer de la langue.
Dieu n'a pas hésité, il a remis les clés
du verbe et de la chair, du temps et du big bang
aux bâtards de l'agir et de la liberté.

Pour mon enterrement, Cerise, allez plantez
des graines de pensées dans les jardins du monde,
trouvez-vous un amant d'ailleurs aux yeux d'été
puis, coupant aux zobs secs, dansez sur moi la ronde

d'ennui, dans ce jour de pluie et de pleine lune
laissez hurler les chiens, passer l'écart à vanne,
pisser les théories, pensez aux nuits d'amour

durant plus d'un quart d'heure et mangez des babas
au rhum, avec les rroms, en brûlant les forums.
Tout n'est pas dit car tout reste à faire. Ici-bas


FoSoBo, 17 février 2016, 01:06

Sonnet 203

2015

16 décembre

CLAR i NET

entre la nuit et la non-nuit
entre le non-jour et le jour
entre la danse et le son luit
l'étrangère amour

entrée sans nom, mêlée sans bruit
entre le don doux par l'ajour
parlant à l'autre sans l'ennui
naturelle amour

ici n'entre pas le tricheur
ici tout vient par la fraîcheur
parler encore d'une vie

où cause la terre à l'envie
sans pause ni divin prêcheur
ici tout vient à la fraîcheur



FoSoBo, 16 décembre 2015, 04:03, sonnet 202

 

 

14 octobre

trois sonnets à charge

j'ai brûlé vos baptêmes
rien ne m'est catholique
ni orthodoxe même
et je vais protestant :
vos dieux n'existent pas !

 

FRANCE M'EXISTE PAS

de terre noire est mon quartier
un pays sans frontière
un pays sans front fier
où je suis né

je suis né sans nation
pour vivre sans patrie
j'essuie les passions tristes

j'ai vécu à l'envers
contre les fous d'ici
de leurs dieux et messies
à merci de mes vers

j'ai brûlé mes papiers
je ne suis plus français
France m'existe pas

Terre Noire 14 X 15 14:20 sonnet 198

 

CURE ATELLE

à voile et à vapeur
la France est en errance
un pays sans valeurs
qu'universelles rances

on y gère en voleurs
bien assis sur sa branche
beurre et argent du beurre
au lait de race blanche

de moraline en Morano
mauvaises fois, gros mots
français : clartés obscures

quand tout part à vau-l'eau
sonnailles et grelots :
mes sœurs n'en ayons cure

Terre Noire 14 X 15 15:10 sonnet 199

 

GAUCHE

ni gauche ni à droite
ni attrape-nigauds
aux urnes mis en boîte
en la trappe à gogos

on se débauche en boîte
en satrapes et vieux beaux
et les burnes plus plates
tout y plonge à l'égo

gros gens comme devant
ci-devant citoyens
enfilés par derrière

ainsi va la moyenne
emportée par les vents
noyée au cou la pierre

Terre Noire 14 X 15 15:28  sonnet 200

 

Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, aux États-Généraux du Christianisme, 3 octobre 2015 : « Les valeurs de la République sont largement celles de l'Évangile. » La Vie, hedomadaire chrétien d'actualités n°3658, semaine du 8 au 14 octobre, page 18

« Faire revivre les valeurs républicaines, qui sont aussi largement celles de l'Évangile, constitue pour moi l'une des clés de ce renouveau que vous appelez de vos vœux. »

« Même si elles est marquée par la sécularisation, même si elle a accueilli sur son sol des croyants de toutes confessions, qui contribuent eux aussi à sa richesse culturelle, la France est historiquement un pays de tradition chrétienne. Comment donc les Français pourraient-ils faire société en négligeant cet engagement des chrétiens ? Réciproquement, comment les chrétiens pourraient-ils vivre leur engagement sans être conscients et fiers de défendre les valeurs de la République ? »

 

17 septembre

FLAGRANT DÉLIRE

L'arrêt sonné de sa raison,
arraisonnant son imposture
est venu, loup traqué,
outrager l'écriture

Tu n'iras plus, haut bois,
d'ébène à blanchiture
flirtant la trahison,
boire à la source impure

cette eau pâle où risquer
l'impair, où le pervers
l'emporte dans l'émoi

Mensonge et faux surmoi
d'un dividu rhétoriqueur :
« - Houria ! » loup râle à crève-cœur

Fosobo 17 septembre 2015, 09:34, sonnet 197

 

29 avril

sonnet au bois résonné musette

sur une photographie extraite de « Jeux des enfants ne sont pas jeux »

nous n'irons plus au bois
par les quatre chemins
en moutons aux abois
pour des chiens inhumains

tu diras ton émoi
de la fleur à la main
à Fontenay-sous-Bois
que t'offre ce gamin

tout recommencera
le désir tu l'auras
la bonne envie de faire

comme si toi et moi
nous étions hors-la-loi
seulement sœur et frère

FoSoBo 29 avril 15:01 2015 25 sonnet 196

26 avril

Sonnet à charge

à Freddie et Fredricka Gray Ferguson

À Baltimore
ton frère est mort
le cou tordu
un coup perdu ?

Ferguson sonne
un noir tocsin
là-bas personne
est l'assassin ?

L'ennemi raye
de Maryland en Missouri
les Freddy Gray

Sont-ils tous gris ?
la haine est blanche
les flics aussi

FoSoBo 26 avril 23:56 2015 22 (v'la les flics) sonnet 195

 

22 avril

quatre sonnets autour de minuit

au loin de ma brune

sur des fronts insensés
sous l'affront des mensonges
c'est à fronts renversés
qu'on lutte et que l'on songe

aux coups durs ramassés
à qui jette l'éponge
à qui s'est surpassé
à d'autres qu'un frein ronge

en quête d'un repos
du guerrier dans la peau
d'une brune à la ronde

on tombe sur la blonde
on se dit pas de pot
comment changer le monde ?

FoSoBo 22 avril 23:29 16 2015 sonnet 191

pourquoi ?

pourquoi mourir debout
quand on peut vivre assis
ou couché dans la boue
c'est bien moins cher ainsi

pourquoi quitter chez nous
si l'on restait ici
en priant à genoux
qu'un dieu le veuille aussi

pourquoi chercher plus loin
ce qu'on n'a pas gratuit
qu'on payera demain

pourquoi vivre aujourd'hui
ça attendra la fin
c'est bien assez d'ennuis

FoSoBo 22 avril 23:38 18 2015 sonnet 192

comment ?

comment fais-tu l'amour
toi qui dors sous mon toit
sans attendre de moi
qu'un café au p'tit jour

comment sais-tu toujours
ce qu'un homme en émoi
dans sa tête prévoit
quand tu es de retour

comment peux-tu savoir
comment peux-tu me voir
avant d'être ici-même

comment dit-on « je t'aime »
à celle qui s'en va
ailleurs faire l'amour ?

FoSoBo 22 avril 23:47 19 2015 sonnet 193

qui ?

qui m'entend qui ne m'entend pas
qui m'attend qui ne m'attend pas
qui est là qui n'est pas qui elle
est qui elle aime qui se mêle

de qui je suis qui n'est plus qu'à
côté de lui-même un tracas
à ses yeux qui la larme appellent
qui n'y jettera que du sel

qui paiera le marchand de sort
pour qu'il fasse demain soleil
pour qui l'orage et qui la mort

qui l'attend elle qui ne m'a-
ttend plus moi qui pourtant la veille
quittais une autre qui tant m'aima

FoSoBo 22 avril 24:10 20 2015 sonnet 194

2014

22 novembre

hyper-sonnet photosophique

« C'est fort différent, de voir une chose ou de la faire. Et le domaine propre de l'art et de la poésie est, comme ce dernier mot l'indique, de faire. De quelque chose qui est simplement perçu par les sens, l'homme fait quelque chose que la raison peut comprendre et dont la sensibilité peut jouir, d'une chose matérielle il fait un être spirituel.[...] Pour connaître une chose vous n'avez qu'à comprendre ce qu'elle est, mais pour faire une chose vous avez à comprendre comment elle est faite. » Paul Claudel, Religion et poésie 1925, p. 170-172

considéré comme achevé... provisoirement

les 14 séries de photographies constituent une forme poétique longue, structurée comme mes œuvres précédentes par les nombres 7 et 12 (14 séries de photos, 7 de 12 et 7 de 7, en alternance), pour un "hyper-sonnet". J'y exploite des photographies prises à Sigoyer (Hautes-Alpes) et environs, du 12 au 26 juillet 2014, avec un appareil numérique 'bridge' de milieu de gamme. Elles sont utilisées telles quelles, sans retouche ni effets hormis le recadrage en carré. Je ne suis pas photographe...

bribes poétiques, esquisses de poèmes à parfaire ou non...

citations de Paul Claudel, George Sand, Thomas Mann, Nathalie Sarraute, Tchékhov, Balzac, Jean Giono, Erckmann-Chatrian, Pearl Buck, Richard Wright, Aldous Huxley, et des Contes de la Forêt... rencontres de hasard comme au détour d'un chemin, de livres trouvés sur le lieu de mon séjour

 

structure de l'hyper-sonnet

théorie papillonne 12
théorie du genre animal 7
théorie de l'homme de bois 12
homme de pierre, homme de fer... 7

théorie sans fleur 12
théorie sans phare 7
à régner sur un rêve obscur 12
l'élan de la mare 7

du rouge en rouille 12 
vu à la télé 7
théorie du reflet 12

sept idées d'un chemin 7
douze idées dans les nuages 12
la vie la poésie 7

 

29 juin

Entendons-nous, dans nos campagnes...

Nous aimons trop les voies d'hier
où nos pas tant sont cadencés
et nous prenons les nuits d'hiver
pour annoncer les jours d'été

Nos théories ont des œillères
sur les chemins de l'unité
nos vérités dans les ornières
tombent sans jamais hésiter

Le cerveau s'y plaît à penser
mais dans la vie creuse un fossé
où nul corps ne saurait danser

Amis nous n'aimons pas assez
nos erreurs nos fautes laisser
pour enlacer nos amitiés

FoSoBo, 29 juin, 16:54 sonnet 190

16 juin 2014

gens d'un dernier voyage

en 7 vers pour 12 salopards

Tous les chemins ne mènent pas
les Roms à la Cité des Poètes :
un jeune y passa de vie à trépas

Dans la cave vous fîtes sa fête
de fauché que la mort faucha

pour voyage gratuit à perpète
dans le chariot de vos achats

FoSoBo, 16 juin 2014 21:58 demi-sonnet

Darius « Le droit français s'oppose à la diffusion de cette photo d'une victime mineure.» La procureure de la République de Bobigny, Sylvie Moisson
article 39 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette dernière punit de 15.000 euros d'amende la publication d'une image permettant notamment l'identification d'un adolescent victime d'une infraction. « Si l'amende est assez faible, elle s'accompagnerait de fort dommages et intérêts », précise le service juridique du Figaro
source

Seine-Saint-Denis : pronostic vital engagé pour un jeune Rom victime d'un lynchage AFP 16 juin
« Il a été retrouvé vendredi vers 23h30, inconscient, dans un chariot de supermarché abandonné sur la nationale 1, près de la Cité des Poètes. Un adolescent rom de 16 ans se trouvait lundi entre la vie et la mort après avoir été roué de coups par une douzaine de personnes, qui le soupçonnaient de cambriolage à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis. [...] « Un groupe de plusieurs personnes est venu le chercher dans le campement et l’a emmené de force», a raconté une source policière. L’adolescent aurait alors été séquestré dans une cave, où ses agresseurs l’auraient violemment frappé. Selon une source proche de l’affaire, «une douzaine de personnes» auraient participé à ce lynchage.»

16 mai

à demi-sonnet

L'un dit rien
l'autre, l'indigent
indigène indien,
indiffère les gens

Que faire ?
Un geste
indigeste

FoSoBo 16 mai 18:43

13 mai

Parade

Parade 1917 Picasso Cocteau Satie Diaghilev

Sais-tu où donner de l'athlète ?
Ce qui te passe par la tête
est perdu de trop embrasser
et ton survol aussi. Assez !

Tes vers se meurent dans la quête
où court ta prose en glose à perte
que tes fidèles vont ramasser
demain sur le net entassés.

Quand ton tout rime en hymne à rien
mieux vaudrait faire de l'atout
un tant soit peu un quelque chose

En tirer profit pas des poses
d'enfer prix pour le paradis
parade itou d'apparat dit

FoSoBo 13 mai 23:20 Sonnet 189

 

11 mai

« Le mur, du béton, des fils barbelés tranchants partout donnaient l'impression d'être en prison. » Angela Davis, sur la Palestine Londres janvier 2014

cimentiel

Les mots sont entrés dans les ordres
par la porte des théories
C'est la maison d'arrêt du monde
sur images

De mâles matons montent la ronde 
aux murs de nos prisons, favories
des raisons, intérêts et dommages,
de nous mordre

Là, moment des poissons sans chômage -
leurs poisons à la mer, péchés mignons industriels.

Se vouloir dieu devenir diable
c'est leur travail immatériel...

Mais auront-ils assez de sable
pour cimenter nos ciels ?

FoSoBo 11 mai 2014 20:23 Sonnet 188

 Sonnet 188 34 2014

2 mai

la liberté

la liberté existe je l'ai rencontrée
un soir entre deux portes
bonheur en sa propriété
unique et trop blâmée

vous n'irez plus au chants
les bergers sont passés
les étoiles montrées
sont éteintes

le temps de venir éclairer
l'ardent fourré d'épines
à l'ancienne

s'ouvre une école buissonnière
au vert printemps aqueux
ha que c'est beau là que

l'on sème

FoSoBo 2 mai 22:21 Sonnet 187

« Nous n'irons plus au bois » Les Quatre Barbus et Lucienne Vernay

l'herbe et la ville

fabliau

l'herbe et la ville ont fait rencontre
on ne sait où, on ne sait quand
depuis ces dames se racontent
n'ayant rien à taire à Lacan

les uns sont pour, les autres contre
les deux au dur bain des cancans
s'accordent à régler le compte
d'un vil à l'herbe éradiquant

par la racine ou qu'il attige,
déprisant son long feuilleton,
la belle idylle : qu'en dira-t-on ?

car s'il n'existe herbier de ville
ce n'est pas drôle et humain trop
mauvaise herbe aime le métro

FoSoBo 2 mai 18:52 Sonnet 186

« Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus.» Ralph Waldo Emerson

20 mars

des veines

Tu creuses ton retard
avec un œil de l'un
d'un autre le regard
aiguisé en commun

L'un te montre la lune
l'autre se mord les doigts
Ainsi mis en commune
chacun peut ce qu'il doit

Elles viennent Ils s'en vont
ils prennent des savons
pour accrocher les cœurs

Sur les murs pas la peine
de dessiner la haine
Ils s'en vont Ils ont peur

FoSoBo 20 mars 17:17 Sonnet 184

21 2014

.

la mort, la page et le papillon

la vie dit le brouillon
la page est cent papiers
tout est là tourbillon
rien ne la fait plier

la mort échantillons
referme ses charniers
s'y pose un papillon
qui nous fait l'oublier

demain est déjà las
d'aujourd'hui qui s'en va
sur la pointe des pieds

tu marches et fais des vœux
tu danses sur des œufs
rien ne te fait prier

FoSoBo 20 mars 16:27 Sonnet 183

17 mars

The Big Apple

Voici l'ardent Adam
en homo fabuler
portant sur son épaule
d'Adam Smith le mystère

D'un côté vient sa pomme
de l'autre ces Miss comme
à miser notre terre
avec des airs paumées

Où s'étend la misère
s'éteint la liberté
d'un soleil limité

Allé loin sans la mer
en désertant l'été
fini l'éternité

FoSoBo 21:31 Sonnet 182

j'ai écrit ce poème d'après l'image, et non cherché l'image pour le poème comme ci-dessous, d'où leurs places respectives. The Big Apple est un surnom de New York

18 2014

20 février

ceci n'est pas un sonnet

si tu ne vas pas au cinéma 
le cinéma viendra à toi
 le 
cinéma dit 7ème art 
toujours dépassé par la

réalité fait au présent son cinéma 
mise en scène du capital 
budget l'horreur des jours la nuit 
pour tout le monde c'est gratuit

nous sommes tous au cinéma 
soit actrice de ta vie 
de ton propre rôle figurant

mais paye-toi de retour 
avec un lance-pierre 
allons-y gaiement

sonnet 180

6 2014

 


ALARME AUTOMATIQUE

Murs  1.

Où est-tu toi
pour qui j'écris ce poème
au désespoir
de nous connaître ?

Comment descendre
cette marche d'indignité
d'où l'on parle à personne
par personne interposé ?

Non, il ne s'est rien passé
qui mérite de vivre
au cœur battant les choses

Aujourd'hui le cortège funèbre
défie le passé des illusions gagnées
à la loterie du boulot

Ils iront espérer bille en tête
où l'usine aurait court vécu

J'ai l'âme à marée basse
des jours de fausse fête

Sur la table on rencontre
un vieux bébé comme sorti du bain
avec les seins en sang

Il pleut des cordes à se pendre
au manche d'un parachute déchiré
par tous les sens d'en découdre

Rien ne dérègle tout
qui nous remonte comme on saigne
à la gorge du temps perdu
pour tenter l'impossible attentat

Et tout reste en l'État
tel que la taupe en crève
aux yeux d'enfants soldats
morts au stade du rêve



FoSoBo, 14 juin 2016 07:00
 
double sonnet etc. sans numéro
 
 
demandez le programme
ceci n'est pas un poème

Ah ça ira, ça ira, ça ira quand :

nous briserons la République
et les statuts de la Nation

nous brûlerons les bleu blanc rouge
les vers, les bruns, tous les partis

nous casserons l'Arc de Triomphe
l'Élysée, le Palais Bourbon
la Bourse et la Sorbonne
l'Opéra et le Panthéon

et nous saurons que faire

sans guide à nos créations
sans bride à nos relations
sans rides sur tous les fronts

ce sera la révolution


elle ne sera pas télévisée
 
FoSoBo 30 Avr 04:30
 
sonnet 230