vu du monde et d'ici

 

Recherche

Table des matières

Index  

Ancien site LIVREDEL  Sommaire

vu du monde et d'ici 

photo en marge tirée de la forêt est un état d'âme

suite de chronique la France Charlie est beau

« Je ne cherche pas à obtenir le statut de théoricien. A quoi bon être théoricien ? Je recours à la théorie pour comprendre et déverrouiller les conjonctures dans lesquelles je me trouve, de façon à agir politiquement en leur sein » Stuart Hall entretien avec Mark Alizart

Communisation 'troisième courant' 2015 esquisse de définition et de problématique
l'intérêt pour les théories de la communisation des études subalternes et post-coloniales
communisation : du nouveau autour d'Althusser pour penser au présent les 'articulations' et la conjoncture révolutionnaire

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

25 mars 2015

critique communiste et 'question indigène', un texte bienvenu d'Henri Simon (93 ans) sur Mondialisme.org

saines interventions qui balayent la mauvaise tournure prise par Mondialisme.org devenu la visionneuse des dérives sans frontières de classe d'Yves Coleman 

dans l'extrait ci-dessous, Henri Simon rejoint mes remarques sur «la condition de colonisé» et la mémoire vive tant dans les ex-pays sous le joug colonial que dans les populations 'indigènes' vivant dans les ex pays colonialistes, les réalités actuelles héritées de « la soi-disant "décolonisation" » justifiant la perception de leurs luttes comme décoloniales

« TERRORISME » : UNE GUERRE À L’ÉCHELLE DU MONDE ? Henri Simon 25 mars

extraits

Le « terrorisme » dénoncé aujourd’hui mondialement comme l’œuvre de fous furieux fanatisés par un islamisme dévoyé a toujours été stigmatisé et combattu de la manière la plus acharnée, ce qui permet d’escamoter à la fois l’origine de cette guerre « contre », ses motivations, ses méthodes et ses objectifs. Qu’en est-il de ce « terrorisme » qui serait une menace mondiale contre un monde capitaliste qui se dit « civilisé » face à des « barbares » ? Pour tenter une approche, il importe de remonter dans l’histoire des deux cents ans passés, aux débuts de la grande période de colonisation sous la férule des Etats industrialisés.

Un potentiel mondial de révolte contre des siècles d’oppression

Sur les 7?milliards d’habitants de la planète, 1,600?million d’êtres humains sont supposés être de confession musulmane. Sur ces derniers, 1?milliard vivent dans le Sud de l’Asie, 321?millions dans le Moyen-Orient et 242?millions en Afrique, la quasi-totalité d’entre eux dans leur contrée d’origine ou dans des migrations internes ou interrégionales. Quelque 44?millions de ces supposés musulmans vivent en Europe et 5?millions en Amérique du Nord. On ne saurait dire qu’ils ont tous entre eux un lien communautaire autour de la religion musulmane car cette religion comporte des frères ennemis (essentiellement les chiites et les sunnites) mais, ce qu’ils partagent presque tous, c’est, eux et leurs ancêtres parfois lointains, d’avoir été des « colonisés », c’est-à-dire soumis à la dure et cruelle loi des colonisateurs dans la dépossession de leurs terres, de leur culture, de leur vie, dans l’esclavage voire dans la déportation.

Personne parmi eux ne saurait abstraire d’être héritier d’une telle domination et exclusion, lointaine pour certains, toute proche pour d’autres. Plus que la religion, c’est cette ex- ou présente condition de colonisé qui forge une conception de la relation avec les puissances impérialistes d’hier et d’aujourd’hui : ce que la plupart connaissent de mémoire familiale, ont connu par le récit de leurs ancêtres ou vécu récemment c’est non seulement cette domination faite de dépossessions, mais un passé de guerre, de répression cruelle de toute velléité de révolte individuelle et/ou collective, la torture, l’extermination. Bien plus, le dépeçage de l’Empire turc après la première guerre mondiale entre les puissances impérialistes d’alors a séparé dans des entités nationales artificielles distinctes des populations qui jusqu’alors formaient des ensembles ethniques, économiques et culturels (et parfois religieux) unis autour d’un riche passé historique, chaque morceau étant soumis à la dure loi assimilatrice d’un autre pouvoir national.

La soi-disant « décolonisation » présentée comme une émancipation quant à cette condition de « colonisé », qui suit la seconde guerre mondiale n’a souvent guère changé à cette condition, sauf qu’à la gestion directe de la puissance coloniale (qui utilisait comme moyen de contrôle les conflits internes causés par le découpage colonial) s’est substituée une « gestion par procuration » déléguée souvent aux anciens auxiliaires de cette domination directe de l’Etat étranger colonisateur via la bourgeoisie compradore (4).

Si les plus importants de ces pays dits musulmans (importants par leur population et leurs ressources, Indonésie, Iran, Turquie, Egypte, Algérie, Maroc,...) ont pu quelque peu s’autonomiser très relativement par rapport à cette tutelle post-coloniale, ceux qui tentaient trop de s’en écarter se voyaient durement rappeler à l’ordre par la puissance dominante. Ceci d’autant plus que, pour l’ensemble du Moyen-Orient, l’exploitation des ressources pétrolières a toujours été la clé du contrôle (et des rivalités) des grandes ­puissances.

Le développement du « terrorisme » est directement lié à ces interventions guerrières directes ou pas, dans le passé comme dans le présent : indépendamment de ce fait fondamental, il faut souligner que des populations entières n’ont jamais connu rien d’autre non seulement de la contrainte quotidienne des sociétés d’exploitation mais une violence tout autant quotidienne pouvant aller jusqu’à des extrêmes. Bien plus, s’ils pouvaient penser échapper à leur misère et/ou à cette violence en émigrant pour se « réfugier » dans la contrainte relative d’une des puissances dominantes, ils y trouvaient une autre forme de ségrégation qui pouvait tout autant dégénérer, individuellement ou collectivement, dans la violence la plus extrême. On peut penser que le recours à la violence de la part des ex-colonisés où qu’ils soient tant dans leurs rapports communautaires que dans leurs relations avec les autres communautés, qui pouvait paraître une vindicte pour ce qu’ils avaient subi dans un passé même lointain ou dans le présent, était aussi une imprégnation de toute leur vie, une sorte de conditionnement social dont la matrice au cours des siècles se référait toujours au capitalisme.

dans 'la question indigène' et la 'communisation'

la guerre contre le terrorisme comme contre-mesures préventives face à une généralisation de mouvements spécifiques...

Et la lutte de classe derrière les paravents idéologiques ? Henri Simon, Mondialisme.org 25 mars

Cet ensemble de contre-mesures (face à un mouvement éventuel mais qu’on ne saurait qualifier de contre-révolutionnaires) peut se justifier par l’extension dans les cinq dernières années de mouvements plus ou moins spontanés qui se sont étendus comme une tache d’huile à plus ou moins grande échelle internationale, sans qu’intervienne une organisation préexistante. On peut trouver des traits communs au « printemps arabe », au mouvement « Occupy » et même à l’extension du « terrorisme islamique ». Malgré leur caractère imprécis, sans véritable contenu de classe, leur existence éphémère – qu’elles aient ce caractère du fait de la répression ou de par leur propre dynamique – peut faire craindre aux dirigeants une nouvelle généralisation de tels mouvements spécifiques, ou, bien plus, l’explosion d’une action ouvrière globalisée. La dimension internationale donnée à la « lutte contre le terrorisme » ferait alors partie, à l’échelle mondiale, des contre-mesures prévenant une telle explosion.


 

Communisation 'troisième courant' 2015 esquisse de définition et de problématique

24 mars

les mots pour le dire de Juliette Keating

Un peu de douceur dans ce monde de brutes 24 mars Médiapart

A Kaboul, une jeune femme de 27 ans, Farkhunda, a été lynchée par une foule d'hommes devant la mosquée, après qu'un mollah l'a faussement accusée d'avoir brûlé des pages du Coran. Battue, jetée du haut du toit où elle tentait de trouver refuge, lapidée de planches de bois, écrasée sous les roues d'une voiture, puis brûlée, Farkhunda a été enterrée hier, malgré le rituel religieux qui l'interdit, par des femmes en colère.

En cas de pénurie de produits d'injection létale, l'Utah a rétabli, pour les condamnés à mort, la possibilité de pelotons d'exécution.

La chanteuse israélienne Noa, défenseure de la paix avec les Palestiniens, a été insultée à l'aéroport de Tel-Aviv. Les personnes qui l'ont reconnue l'ont d'abord traitée d'israëlophobe avant de la menacer : « on va s'occuper de toi ! »

Une aquarelle du jeune Adolf Hitler, peinte en 1912 et représentant un frais bouquet de fleurs orangées dans un joli pot bleu, sera vendue aux enchères à Los Angeles. Prix de départ : 30 000 dollars. Enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes.

vu du monde et d'ici Hitler 1912  vu du monde et d'ici Poutine par Bush

ma lectrice, toi dont le bon goût est assuré, ne préfères-tu pas le portrait de Poutine par George Diabolliou Bush ? (entre nous, certains de mes visiteurs trouveront qu'Hitler n'était point mauvais peintre... Comment leur en vouloir, mon amie, combien n'auraient-ils préféré qu'il fasse alors carrière dans les Beaux-arts ?)

dans faut rigoler...

 

l'idéologie national-politique du capitalisme est au fondement de celle de "la gauche", en Grèce comme en Europe et ailleurs

un mauvais moment grec à passer ?

vu du monde et d'ici If Syriza is the answer, then the question was wrong Cognord

Si la réponse est Syriza, alors ce n’était pas la bonne question via dndf pour la traduction-diffusion française 24 mars

mon seul commentaire portera uniquement sur la note 12 :

« Pour certains commentateurs le niveau d’unité nationale qui s’est exprimé ces dernières semaines dépasse celui atteint pendant les Jeux Olympiques de 2004. Contrairement à diverses allégations trompeuses et en phase avec le choix par Syriza du parti des Grecs Indépendants comme leur partenaire de coalition, le patriotisme de Syriza (et de la Gauche en général) ne constitue pas un choix stratégique du moindre mal. Il fait partie intégrante des mythes fondateurs de la Gauche grecque.»

si cela peut rassurer les camarades grecs, européens et surtout français, le mythe n'est pas fondateur que de la gauche grecque, il puise sans remonter plus loin dans la République moderne, qui n'a rien d'un mythe mais pose les fondements de l'État démocratique du mode de production capitaliste

le type d'alliance observée en Grèce, de Syrisa avec les Grecs indépendants, est tout à fait possible et probable en France et en Espagne, en cas de victoire électorale (ça se traduit en votes communs depuis des années dans les conseils municipaux, départementaux et régionaux en France)

l'après-Charlie et depuis donnent en France la mesure de cette remontée du principe politique fondateur du capitalisme sous label idéologique de libéralisme

c'est inscrit dans l'idéologie nationale populaire commune à la gauche, à la droite, et à leurs extrêmes. Voir pour les aspects radicaux la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

dans nationalismes, identités nationales, identitaires... sous les drapeaux la crise

 

mise au point relativement à RS et Théorie communiste

le dépassement à produire d'une singularité théoricienne comme contrainte intérieure à la théorie de la communisation

1975 rupture dans la théorie de la révolution2015 rupture dans la théorie de la communisation

note du 24 mars 2015 : comme le livre éponyme de 1975 évacuait il y a quarante ans les théorisations concurrentes et celles des 'Autres' non occidentales qu'ils ignoraient ensemble, toutes les variantes actuelles de la théorie de la communisation font mine d'ignorer celles qui mettent en cause leur stérilité théorique et leur ethno-centrisme franchouillard servant ses leçons de communisme au monde entier : après dix années de compagnonnage en dissidence et tentatives infractueuses, il a fallu prendre acte d'une surdité aggravée par l'âge, pour aller plus loin et retrouver le sens du combat communiste sur le terrain des idées

naturellement, ma lectrice sait, mais le lecteur empressé se dira comme les concierges habituels du milieu : - voilà RS et pepe chef de son service d'ordre  habillés pour l'hiver. Tsss... l'hiver est passé et l'individu Roland Simon voit son cas personnel et les limites de l'activité du groupe Théorie Communiste : elle les confronte à leur échec. Quant à pepe, passons, il ne voit pas grand chose de son in-suffisance et de sa vanité castratriste. Ce qu'il a retardé ? le diable est un détail de cette histoire. Sans ce que RS m'a apporté, dieu sait où j'en serais... 

ouvrir une nouvelle période de la théorie communiste

il s'agit de pouvoir à présent théoriser la communisation de façon libre et ouverte, ce qu'empêche la figure tutélaire de celui qui depuis trois à quatre décennies prétend formuler à lui seul « la théorie communiste adéquate à l'époque », dans son entonnoir d'une formulation impersonnelle néanmoins signée (ou pas on reconnaît son style entre 7 milliards), où RS tient les autres pour des fournisseurs anonymes d'idées qu'il ne saurait avoir lui-même. Autrement dit, aux yeux de qui en a encore, dans le milieu, une considération globalement positive, et de qui alentour croirait prouver partant de TC la sclérose théorique du concept de communisation, il s'agit d'ouvrir une nouvelle période de la théorie communiste et pour cela faire tomber RS de son piédestal... pied de stal ?

le communisme n'aime ni sentir le renfermé, ni puer le rance et la rancœur

soyons clairs, chère lectrice, vous en serez d'accord : il est ici question de tout autre chose que des radotages de Jacques Wajnzstejn pour qui "La communisation n'est pas un long fleuve tranquille" (il vaut être un long fleuve qu'un ruisseau court et assez chiant), autre chose que les critiques à ras-des pâquerettes d'un André Dréan ou d'un Claude Guillon et autres gagne-petits-bourgeois anarchisants du landerneau de 3ème âge, autre chose que les resucées de base désespérantes d'un Gilles Dauvé, autre chose que les polémiques dans la concurrence stérile entre RS et Bruno Astarian depuis des décennies : pour aboutir à quoi ? Contre l'indigestion à la nausée, foin de tous ces égo-gérés

j'invite donc qui veut sortir de cette impasse pour avancer en communiste à parler ou agir de façon responsable, en évitant d'utiliser mes déballages en idiot utile de la reconduction du même, en s'épargnant la fausse critique des sarcasmes et l'ironie de bas-étage, aveux d'une incapacité à produire une conception positive et actuelle de la critique communiste comme combat de classe sur le terrain des idées

.

l'alcool, la marchandise opium du voile Ah là là, que choses terre à terre, ou la religion immédiatement confrontée à ses limites

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici

photos ce soir à la volée, non le flou n'a pas fonction de préserver « le droit à l'image », c'est juste raté

dans les gens

.

individu, individualisme, individualité... quelles abolitions et quelle production communiste d'inter-subjectivité ?

retour à Flav, dont j'ai souligné l'intérêt des questionnements conceptuels dans la limite d'un langage dialectico-structuraliste proche de Théorie communiste dont il reproduit les apories (plus bas 22 mars) et le risque qu'il prend après tant d'autres de servir la soupe pour se retrouver gros Jean comme devant

remarques partant de Flav quand il réunit sans aller plus loin « l’abolition des classes et de l’individualité » (dndf 22 mars)

Lucien Sève, rejetant le structuralisme d'Althusser et l'humanisme théorique, est peut-être personnaliste, mais il prend soin de distinguer l'individu du capital et l'individualité à produire par le communisme. Il le fait dès Marxisme et théorie de la personnalité en 1969, qu'il autocriquera avec Je - Sur L'individualité, Approches Pratiques, Ouvertures Marxistes en 1984, puis Penser avec Marx aujourd'hui. II. L'homme ? en 2008

intersubjectivité, l'identité et les autres: « Je suis des autres »

je ne l'ai pas tout lu, notamment Pour une critique de la raison bioéthique, en 1994, où il critique « la vision abstraite d'un sujet isolé, à la fois théoriquement insoutenable et pratiquement réductrice, à quoi l'on a raison d'opposer qu'il n'est point de sujet sans intersubjectivité »

à mon sens, c'est cette notion d'intersubjectivité qu'il faut approfondir. Il y a d'abord, dans le capitalisme, du rapport de Je à l'Autre, à tout autre et particulièrement quand l'autre est défini, essentialisé par son appartenance à une autre identité qui n'est pas celle de son "Je" à lui, mâle blanc occidental : femme, autre 'race', autre lieu que le sien, que ce soit l'Occident et sa culture*

* l'Occident et sa culture ou d'autres points de vue ethnocentrés, qu'on retrouve dans le Japon xénophobe même avant son occidentalisation, ou en Chine sans occidentalisation culturelle pour l'heure, mais la Chine n'a pas encore subsumé le monde sous sa culture comme le capitalisme occidental depuis l'existence de ce mode de production-reproduction. Quant à l'Afrique, elle est encore culturellement entre-deux, et tout un chacun parlant avec des Africains récemment immigrés peut en faire l'expérience inter-subjective

il est clair qu'entendre le dépassement à produire des identités comme dépassant et passant par la reconnaissance de l'identité prolétarienne comme transitoire « contrainte extérieure » n'est pas faux, mais ne sort pas d'un schéma final, qui ne nous apprend pas grand chose sur les processus de désubjectivation ou de subjectivation révolutionnaire de la crise à la communisation, et donc sur leur compréhension actuelle

j'ai engagé une réflexion de longue date sur la construction d'un "Je" par les autres dans la formule « Je suis des autres » dépassant le Rimbaut de «Je suis un autre », et récemment signalé Marx, philosophe de l'intersubjectivité, du Libanais Jad Hatem, en 2002

j'y vois la préfiguration d'une individualité dépassant ce qu'a pu en dire Sève, sans poser la nécessité comme Flav d'une « abolition de l'individualité ». L'être humain, jusqu'à preuve du contraire, se définira toujours par un corps séparé physiquement de celui des autres, du moins tant que le trans-humanisme du capital ne produira pas des collages de monstres bio-technologiques

un peu de poétique nous éloigne de la communisation, beaucoup de poétique y ramène

la théorie de la communisation doit être faite par tous, non par un

l'enjeu en est tout à fait actuel, ne serait-ce que sur le plan de l'élaboration théoricienne. Je ne considère pas possible, même avec tout le génie du monde, d'écrire une théorie à une seule main

c'est pourquoi je m'efforce, dans ma solitude individuelle, de donner toute leur place à d'autres penseurs, à la manière dont Lautréamont, expert en détournement bien avant Debord, disait : « La poésie doit être faite par tous, non par un », phrase qui a été au fond et dans la forme de ma poésie* et de mes travaux plastiques à la fin des années 80 et au début des années 90. Ma « cohérence perso », si l'on veut, qui annonçait il y a 25 ans cette dimension sur le dépassement des identités d'un « troisième courant de la communisation » dont je ne connaîtrai le concept que 15 ans plus tard

* Livredel 1988-1991, présentation de 2004 « Le but était de dépasser, en l'assumant jusqu'à faire disparaître l'écriture individuelle, le statut d'écrivain, qui reconstruit le monde -son monde- dans son miroir, devenant alors une sorte de metteur en scène d'écrits qui semblent s'imposer à lui. Le titre, qui peut se lire LIVRE-DEL (delate) traduit cette contradiction jusqu'à l'auto-destruction »

trois exemples qu'on peut voir en peinture [...]

vu du monde et d'ici 'peinture à l'œil' 1993

'la poésie doit être faite par tous, non par un' n°14, 15 septembre 1993, pigments et transfert typo sur toile 40 x 40 cm

dans ces approches 'artistiques', on peut saisir l'unité insécable de la forme et du contenu, comme métonymie ou métaphore de cette intersubjectivation, de cette créolisation de soi par les autres, pour le dire avec le concept d'Édouard Glissant [...]

mais je ne vois pas où se trouve la nécessité pour abolir le capital d'abolir l'individualité, sauf si l'on en a déjà et comme par avance une conception étroite, qui doit plus à l'individu du capital en version théoricien communisateur, qu'au dépassement auquel il prétend apporter sa contribuation... individualiste ?

à lire complet dans discussions sur la communisation

.

bienvenu dans le monde de la bombe H+ ou l'abolition de l'être humain par le capital

ici et sans parler de ce que fait le capital de la «nature», prend tout son sens mon titre général : le CAPITAL contre le vivant, la REVOLUTION pour la VIE

« Nous avons le potentiel pour prendre le contrôle de notre destinée génétique, et cela pose un péril gigantesque pour l'humanité » George Daley

H+ : le terme transhumanisme est symbolisé par H+ (anciennement >H )

La création de bébés génétiquement modifiés inquiète des chercheurs 20minutes 24 mars autres articles

La biologie synthétique, entre fantasmes et révolutions (1/4) Raphaël Laurenceau, chercheur en microbiologie, Mediapart 24 mars

La femme au cœur des débats SudOuest 24 mars 2015

pour le contexte idéologique
Transhumanisme et posthumanisme PodcastScience 15 février 2012

la communisation comme dépassement de l'humanisme philosophique

critique du post-humanisme : communisation et néo-fascisme à fronts renversés

dépassement de l'humanisme philosophique et de la religion de l'Homme... anti-humanisme athée

à lire complet dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques...

23 mars

élections : la phrase, la farce, et la trappe

avant de remporter les élections en Israël, Netanyahu avait tweeté : « Le bloc de droite est en danger, les électeurs arabes se rendent massivement aux urnes »

aujourd'hui, il excuse : « Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu a présenté lundi ses excuses pour avoir dénoncé le danger de la mobilisation massive des Arabes israéliens aux élections législatives du 17 mars, qu'il a remportéessource AFP 23 mars

participation électorale : le malheur des uns fait le bonheur des autres, mais ça change quoi ?

vive la prolophobie racialisée !

c'est partout pareil, comme on l'a vu "chez nous". Les partis politiques veulent que les électeurs se déplacent à condition de voter pour eux. L'intéressant, c'est quand ils s'intéressent au vote «communautariste» tout en condamnant son existence, que leur politique fabrique. Ils craignent de fait que ce soit un vote de classe. Mais «chez nous », le vote de classe prolétarienne tend à devenir vote FN

les idées de souche française n'ont pas de frontières de classe

casse-tête pour tous : quel vote de classe pour les prolos indigènes ? Leur réponse : vive la prolophobie racialisée !  Ma réponse : voir la composition sociale et raciale de l'abstention, et comme on a interdit en France les indigestes statististiques indigènes... Voilà au moins un point sur lequel s'accordent l'État du capital et ceux qui veulent le détruite en considérant que le prolétariat n'a pas de couleur...

qui s'abstient et qui vote FN ?

« l’institut de sondage Ipsos note que le profil sociologique des abstentionnistes «reste classique»: l'abstention concerne d’abord les jeunes (64% chez les moins de 35 ans), les ouvriers (64%), les bas revenus (55%) et les moins diplômés (53%) En ce qui concerne le premier tour des départementales,  Selon Ipsos, «le FN capte 42% du vote des ouvriers, 34% du vote des employés et près de 30% des électeurs peu diplômés ou plus modestes». On peut donc noter que le profil des abstentionnistes est proche de celui des électeurs du Front national. Ipsos note également que le parti frontiste commence à réaliser des scores non négligeables chez les cadres (15%) et les professions intermédiaires (16%), professions normalement plus enclines à voter pour les partis de gouvernement.

un parti dans la force de l'âge

En termes d'âge, le FN dépasse son score national chez trois des quatre catégories de la population: les moins de 35 ans, les 35-44 ans et les 44-59 ans. Il ne tombe au-dessous de sa moyenne nationale que chez les plus de 60 ans (18%). Une catégorie de la population où la droite classique est en revanche très nettement majoritaire (45%) alors que le total des voix de gauche y chute à 33%.

En termes de niveau de diplôme, le FN est au coude-à-coude avec la gauche chez les titulaires du baccalauréat ou d'un diplôme inférieur, avec un score oscillant autour de 30%

ces éléments sociologiques qualitatifs sont aussi importants et sans doute plus significatifs de l'implantation nationale du Front dans sa progression, on ne peut pas dire, pour autant que l'intelligence tiendrait aux diplômes ou au niveau social, que les électeurs du FN soient plus bêtes que les autres. Vu le niveau des discours anti-FN, on comprend mieux qu'ils tombent à plat

 

genre et classe... populaire en Angleterre

un livre anglais de 1997 traduit en français en 2015

vu du monde et d'ici revue par Vincent Bollenot vu du monde et d'ici

"On est sorties à Manchester l’autre samedi, toutes les trois. C’était bien en fait, on s’est bien marrées. Mais à un moment on est allées dans le quartier bourge, et on se marrait devant les chocolats en se demandant combien on en aurait mangé si on avait pu se les payer, et il y a cette femme qui nous a lancé un regard. Si les regards pouvaient tuer. Genre, on était là, c’est tout, on faisait rien de mal, on n’était pas crades ni rien. Elle nous a juste regardées. On aurait dit que c’était chez elle et qu’on n’avait rien à faire là. Ben tu sais quoi, on est parties, on n’a plus rien dit pendant une demi-heure. T’imagines ? On s’est bien fait remettre à notre place. On aurait dû lui mettre notre poing dans la gueule. C’est des trucs comme ça qui te dégoûtent de sortir. Il vaut mieux rester chez soi."

La matière première de ce livre est une série d’entretiens menés par Beverley Skeggs avec quatre-vingt-trois jeunes femmes issues de la classe ouvrière anglaise, inscrites à une formation d’aide à la personne et travaillées par leur propre respectabilité. Abordant leur rapport à la sexualité, à la classe ou au féminisme, cet ouvrage vient apporter un prolongement essentiel aux travaux de Pierre Bourdieu et de Paul Willis.

« L’auteure montre dans ce livre à quel point les subjectivités, les façons de se comporter en public mais aussi les ressentis intimes sont largement produits par les appartenances de genre, qui ne peuvent être pensées indépendamment des appartenances de classe. En plus de ces deux facteurs, Beverley Skeggs souligne l’importance de la composante « raciale »1 dans la construction des subjectivités (elle montre à plusieurs reprises l’importance du fait que les femmes qu’elle étudie soient blanches). À travers sa démarche, se lit une véritable ambition d’appréhender les individus comme situés à l’intersection de plusieurs facteurs de domination, vécus simultanément et indissociablement : classe, genre, « race », (in)validité, âge, lieu de vie, etc.. Le concept d’intersectionnalité n’est pourtant pas nommé, car il était encore peu usité au moment de l’écriture de Formations of Class and Gender: Becoming Respectable. Beverley Skeggs démontre avec cet ouvrage que la démarche intersectionnelle peut amener à un discours scientifique et politique puissant, pour peu qu’il ne soit pas une déclaration d’intention et que les différentes formes de domination exercées et subies simultanément soient réellement étudiées.»  revue par Vincent Bollenot

dans féminisme et critique du genre / critique de classe

 

le capital, les migrants, et la mort

Le mur meurtrier de la Méditerranée : L’assassinat institutionnel de masse de l’Union européenne Saïd Bouamama 22 mars

3419 migrants sont morts en 2014 en tentant de traverser la Méditerranée selon l’agence de Nations-Unies pour les réfugiés. Ce chiffre macabre fait de la Méditerranée la frontière la plus meurtrière, le nombre total de décès pour le monde entier étant de 4272. Sur une durée plus longue ce sont plus de 20 000 migrants qui ont perdu la vie depuis l’an 2000. La tendance est de surcroît à une hausse permanente, l’année 2014 ayant battu tous les records en laissant loin derrière le précédent pic qui était de 1500 décès en 2011. Les discours politiques et médiatiques construisent chaque nouveau drame comme des catastrophes imprévisibles sur lesquelles les gouvernements européens n’auraient aucune prise et aucune responsabilité. Le discours de la catastrophe cache un processus d’assassinat de masse de l’Union Européenne.

Les angles morts sur les causes structurelles  / Le discours médiatique de la catastrophe n’est qu’un processus de masquage des causes économiques structurelles.  / Le discours médiatique de la catastrophe masque également la responsabilité européenne vis-à-vis de cette cause des migrations contemporaines. / Frontex ou la création des conditions d’un assassinat de masse / La hausse du nombre de décès n’est pas le fait d’une catastrophe imprévisible mais le résultat de décisions prises en toute conscience des conséquences meurtrières. / Aux morts de ma méditerranée, il convient donc d’ajouter les sévices, les brutalités et les morts de la sous-traitance. Ce rôle d’installation des conditions de l’assassinat institutionnel de masse est, bien entendu, absent des reportages que nos médias diffusent à chaque naufrage meurtrier. / Le discours médiatiques sur les passeurs / Si ces criminels doivent être poursuivis et jugés, il n’en demeure pas moins que de telles pratiques ne sont possibles que parce que la politique européenne en crée les conditions.

Les travaux de recherche sur les discriminations considèrent qu’une des formes de celles-ci est la discrimination systémique c’est-à-dire étant la conséquence d’un système et non d’une décision volontaire de discriminer. Nous pouvons emprunter le même concept en ce qui concerne les morts de la méditerranée. Certes l’assassinat de ces migrants n’est pas direct. Il est en revanche le résultat inéluctable des politiques de l’Union Européenne tant dans sa politique africaine que dans sa politique migratoire, tant dans la hausse de la pression migratoire que dans sa traduction en décès à grande échelle.

voir en relation Échanges et mouvements, Une classe en lutte, les tragédies de l'immigration

pas sans rappeler l'industrie de la prison vue par Angela Davis

dans migrantes et migrants, émigré-e-s, Domestic Workers...

abstention, un retrait fécond ?

L’ABSTENTION, SEUL VAINQUEUR DE TOUTES ELECTIONS : TOMBEAU DE LEUR MONDE, BERCEAU DES MONSTRES ET DES RESISTANCES Réseaux CLA Communistes Libertaires Autonomes

analyse semblable après les Européennes, qui s'appuie sur l'idée que « Dans l’histoire de France à chaque fois qu’une République a perdu sa base sociale – ne fût-t-elle que bourgeoise – elle a été renversée

Nous sommes la Résistance de demain Quartiers libres

depuis 25 ans que je ne vote plus, j'ai tendance à compter dans mon camp les abstentionnistes et non inscrits... Il est indéniable que l'abstention a pris un contenu nouveau depuis une quinzaine d'années, un rejet passif de la démocratie politique, voire de la politique, mais aussi de la démocratie en ce qu'elle n'est pas la dictature. Il existe à l'extrême-droite un courant qui n'est pas électoraliste, mais putschiste, et dans la situation instable que nous vivons, bien malin qui peut faire des pronostics

il faudrait recouper cet optimisme concernant l'abstention par un constat d'une montée des luttes pour qu'elle ne traduise pas tout simplement une résignation négative. Or si l'on observe un plus grand nombre de grèves sur les salaires*, dont certaines victorieuses, ça ne va pas beaucoup plus loin...

* voir De plus en plus de grèves sur les salaires Jack, Bellaciao 19 mars : « Le nombre de grèves et débrayages pour des augmentations de salaires augmente régulièrement depuis 4 mois. Ci dessous, la liste des grèves sur le dernier mois, du 20 février au 19 mars 2015 »

qui s'abstient et qui vote FN ?

« l’institut de sondage Ipsos note que le profil sociologique des abstentionnistes «reste classique»: l'abstention concerne d’abord les jeunes (64% chez les moins de 35 ans), les ouvriers (64%), les bas revenus (55%) et les moins diplômés (53%) En ce qui concerne le premier tour des départementales,  Selon Ipsos, «le FN capte 42% du vote des ouvriers, 34% du vote des employés et près de 30% des électeurs peu diplômés ou plus modestes». On peut donc noter que le profil des abstentionnistes est proche de celui des électeurs du Front national. Ipsos note également que le parti frontiste commence à réaliser des scores non négligeables chez les cadres (15%) et les professions intermédiaires (16%), professions normalement plus enclines à voter pour les partis de gouvernement.

personnellement, j'ai exprimé mon pessimisme dans la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France et la possible montée d'un activisme néo-fascisant comme alternative à la vision interprétant les émeutes comme nécessairement d'essence communiste, fréquente chez les anarchistes et à l'ultra-gauche, latente chez les 'communisateurs'

cela dit, si ces Communistes libertaires autonomes ont en partie raison d'affirmer que « les réseaux de luttes et de solidarité à tous les niveaux seront le seul rempart de résistance pour empêcher ces monstres de nous écraser », c'est encore dans une vision militante organisée comme structure de l'auto-organisation des luttes. Autrement dit ils ont un peu tendance à se considérer comme le sujet révolutionnaire, ou du moins 'résistant' par excellence. Mais devant la menace d'un néo-fascisme, peut-on leur donner tort ? Ne serait-ce pas se tromper d'époque que de voir et faire comme si la situation annonçait un mouvement révolutionnaire imminent ?

souvenir souvenir...

dans les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution

.

un instant de bonheur

Five Views of a Robin RedBreast

vu du monde et d'ici  

dans du silence, en langue d'oiseau

printemps

communisme : les mots pour le dire, révision générale

DU COMMUNISME EN FLEUR, FAITES FORTUNE, écrit vain

« Le terme de “communioniste” qui implique celui de “communionisme” est employé en Angleterre en 1827 pour désigner les partisans de Robert Owen.[...] On se sert à nouveau en France du mot communiste après la Révolution de 1830, plus précisément aux environs de 1834. Les polémiques, les procès, l’agitation le rendirent courant, à tel point que Georges Sand, qui lui préférait du reste le terme de “communionisme”, écrivait en 1841 que le mot “fait fortune”.» Extrait de Le curé Meslier (Athée, communiste et révolutionnaire sous Louis XIV)  par Maurice Dommanget (p. 317-318, éd. Julliard 1965)

En principe je suis un homme de printemps. Saisonnablement cyclothymique. Raisonnablement syntonique. Sain tonique au soleil, musement asyntone. Symptôme ici, débute un nouveau cycle, au présent que rebute un saint home, je me sens comme un arbre. Du genre abricotier, abrité, coco fier pour deux sous, bourgeonniste et précoce habité, j'ai chopé sans bouger la bourgeotte. C'est ainsi que j'ai mis à la vie, que j'ai fait rose, et blanche, et pentamère, ma première fleur. Je l'ai faite. Comme on le dit de sa première communion. Fête. « Communier est le fait de recevoir et consommer du pain et éventuellement du vin... » en de certaines circonstances, que précise wikipédia. De bonne foi plus que certain des circonstances, c'est l'éventualité du dit vin qui m'a conduit au communionisme. C'est ainsi que m'étant immédiatement converti en communionisationniste, je me promus vite communionisateur. Souhaitant comme tout un chacun valoriser mes capacités d'individu pour satisfaire mes besoins singulièrement poétothentiques, j'ai choisi la branche communionisationnàtartiste, option "le-plus-tôt-sera-le-mieux". Je suis admissible aux épreuves écrites, je passe l'oral en grec à la prochaine émeute.

Bref, pour ceux qui ne peuvent pas attendre, retenez que je suis un arbre, que je reçois et consomme du vin. Ce qui a du corps, ceci est mon fruit. Ce qu'est un écrit vain. En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau. Prenez et buvez en tous. D'un mot gratuit faites fortune.

Note : Concernant l'invention terminologique et son infinimagination, communioniste ne figure pas dans le recensement que fait en 1841 L. Reybaud (Études sur les socialistes modernes, rééd. 1844, tome 2, p. 267) : « Il serait difficile de dire en quoi consistent les nuances qui les divisent : peut-être n'y faut-il voir qu'une simple différence de noms. On cite toutefois des égalitaires, des fraternitaires, des humanitaires, des communitaires ou icariens, des communistes, des communautistes et des rationalistes cité dans L'humanitaire en discours, Mots, Les langages du politique, n°65, mars 2001. Voir aussi la passionnante thèse d'Andrea LANZA, 2006, La recomposition de l’unité sociale, Étude des tensions démocratiques chez les socialistes fraternitaires (1839-1847) 

Pour mon sujet, il importait de ne pas me fourvoyer avec communautisme, qui fait par trop autisme en commun. C'est bien assez de l'être seul, en poésie.

13 mars 2012

l'appel du large

faire vivre le troisième courant théorique de la communisation

assumer la rupture dans la théorie de la communisation / deux mouvements inversés entre luttes et théorisation : transformer le monde ou le transformer en théorie ?/ l'enfermement s'abolit, mes ennemis ne sont ni des théoriciens ni des théories, mais ma propre impatience et mon manque de confiance / une impossible ouverture conceptuelle consubstancielle à leur forme séparant théorisation et exposition / ne pas subsumer l'enjeu communiste sous l'enjeu théorique

à lire dans discussions sur la communisation

.

la communisation comme secteur de recherche : une analogie

concurrence, jalousie, haine entre chercheurs

on rencontre ces qualités dans tous les secteurs de la recherche, et les théoriciens de la communisation n'y échappent pas, proches d'être des chercheurs spécialisés en "communisme". Deux exemples,

le premier tiré d'un Traité du philosophe allemand Karl Gottlob Schelle en 1802, L'art de se promener, une considération sur la botanique

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici

le second concerne l'histoire de la psychanalyse, Promenades autour du symbole psychanalytique

La minorité capable de comprendre la portée de ces travaux s’est rapidement divisée en deux : un petit contingent de penseurs rigoureux et d’amis fidèles des auteurs, même s’ils ne partageaient pas toutes leurs idées ; un plus fort contingent d’analystes animés par une envie haineuse, qui ont saisi l’occasion d’un malheur familial pour tenter de déconsidérer Nicolas Abraham. La majorité, qui ne comprenait pas ce qui se passait et plutôt peureuse, a suivi les leaders reconnus, comme dans tous les groupes humains. C’est l’occasion de redire qu’en dehors de leur compétence professionnelle spécifique, les psychanalystes, comme les curés, les instituteurs et les juges, ne sont pas plus vertueux que la moyenne de la population dont ils sont issus

à lire complet dans discussions sur la communisation

22 mars

éloge du communautarisme domestique et familier-familial

mon slogan si je devais en adopter un serait « dans la vie ya que la bouffe et le cul » autrement dit les nécessités sociales et individuelles, le vital et les désirs, les "besoins" sociaux et ceux du corps humain socialisé, etc.

vu du monde et d'ici la photo est ratée, peut mieux faire...

la photo pas terrible dsl, c'est un mixte de tradition chinoise et japonaise, avec des restes de cochon. À la maison une règle communauriste fut produite par dépassement de nos origines identitaires respectives : ma compagne cuisine "asiatique" et plus spécifiquement japonais, mon fils "africain" des recettes qu'il tient d'une famille sénégalaise du quartier, et moi "cuisine française traditionnelle" avec mes souvenirs de souche auvergnat-bourguignonne et les livres - je ne sais rien faire sans un livre

cela dit, la recette du bœuf bourguignon par Sato Makoto, un cuisto nippon par ailleurs batteur de jazz gagnant sa vie comme hôtesse d'accueil, fait un tabac au Japon, elle est delà de toute concurrence, mais je suis infoutu de la lire : elle est en caractères "chinois"

ma spécialité est le lapin, que j'ai cuisiné centaines de fois, et dizaines de recettes différentes. Je tiens ça de ma grand-mère et de ses civets, les lapins direct des "cages" éponymes, et le sang que ma mémé en tirait, car mon pépé n'y touchait pas.. Aujoud'hui, le plus difficile où je vis, c'est de trouver du sang de lapin, qu'il faut commander à l'avance aux producteurs-vendeurs du marché. À défaut on peut utiliser du sang de porc

nous n'allons jamais au restaurant sauf asiatique et genre 'soupe pho' ou kebbab et autres turcs. Resto français et multi-culturalistes branchés, ils font pas mieux sauf la peau des fesses, et pour le reste les ami.e.s d'Angleterre, du Liban, de Guyane et d'ailleurs...

désolé pour ma lectrice végéto-véganophile, et quant aux prix, incroyable ce qu'on peut se procurer par l'économie parallèle indigène, ya qu'à voir la beauté des corps là où l'on est supposé manquer de tout : exit la franchouille hardie de ceux d'en-haut et de ceux d'en-bas

90% de la "racaille" ne pense que fric et conchie l'État français, arrangez-vous avec ça, quelle que soit votre religion entre Islam et communisation

dans faut rigoler...

 

de la valeur d'usage de la femme de non-couleur dans le milieu de la communisation, dans la pratique théorique de RS (Roland Simon) et Bernard Lyon (BL) pour Théorie Communiste 23:56

mise à jour d'un précédent commentaire ci-dessous 21 mars 

la double contradiction classe-genre n'épargne pas ses mâles inventeurs, mais cachons cette non-race que "nous" ne saurait voir

droits dans leurs bottes de non-lieu...

quand Nesic soutient que « la sclérose théorique, le mouvement communisateur ne s'en débarassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain », songeons sans trop d'optimisme à la capacité de TC de tenir droit dans ses bottes pendant quarante ans sans dire un mot du féminisme, laissant entendre ce qu'il en pensait, et tout soudain se réveillant 40 ans plus tard pour sortir la lapine de son chapeau structuralo-magique, on allait voir ce qu'on allait voir, Simon 10 Delphy 0, le patriarcat à plate coutûre et Pepe communsateur à genoux devant la grande bougeoise Simone de Beauvoir, 70 ans après « on ne naît pas femme, on le devient. ». Il n'est jamais trop tard pour, mais bon, on a surtout vu de quelles femmes de quelles couleurs il s'agissait de ne point parler, au nom du prolétariat et du genre qui s'auto-abolissent : théorie lisse et blanche sur elle, ne mange pas de pain et n'a pas ses règles

l'instrumentalisation à l'insu de son plein gré de la femme de non-couleur mis à jour 22 mars 23:02

autant dire que ça peut durer ce que durent les vieux cons, l'espace d'une fin de vie. À moins qu'un membre (sic) de Théorie communiste ne tombe amoureux - pour succéder à Chloé « qui a tout ce qu'il faut là où il faut » dixit une éminent membre (resic), la « camarade mais femme » qui fit doublement les frais de son amitié pour Christine Delphy et de l'opération opportuniste de Théorie Communiste avec SIC, etqui s'en prit plein la gueule lors du Summer Meeting grand-breton entraînant la fin de SIC, Revue internationale pour la communisation (comme on dirait Revue non-nègre), sur le montage classe-genre du théoricien qui espérait se diffuser en manipulant le milieu activiste -via Denis/Léon de Mattis. On attend l'autocritique sincère et véridique histoire de la rupture dans la pratique théorique des manigances héritées de l'ultra-gauche pour le pire

rien trop à espérer, à moins qu'une membre de Théorie communiste ne tombe amoureux d'une 'Arabe' ou d'une 'Négresse', autrement dit d'une « Femme de couleur », ou dans mon langage qui n'engage que moi, d'une Indigène, indigeste de la théorie de la communisation. On verrait alors ce qu'on lira si, comme dit le poète, la femme est l'avenir de l'homme

rien trop à espérer, à moins qu'une membre de Théorie communiste ne tombe amoureux d'une 'Arabe', ou d'une 'Négresse', ou d'une Rrom pourquoi non, autrement dit d'une « Femme de couleur », ou dans mon langage qui n'engage que moi, d'une Indigène, indigeste de la théorie de la communisation. On verrait alors ce qu'on lira si, comme dit le poète, la femme est l'avenir de l'homme

PS : mon salut amical à Chloé, dont je n'ai pas de nouvelles

.

Apology for the Black Sheep

non, tous les billets de Juliette Keating ne valent pas son « Éclipse, mon cul ! », parce que quoi qu'on écrive ou dessine pour faire rire, encore faut-il que cela tombe à point pour d'autres, comme on l'a vu concernant les caricatures de Charlie Hebdo. La plupart des billets de cette Keating ne dépassent pas la critique habituelle des politiciens, des journalistes... C'est quand ils ne touchent pas à des sujets explicitement idéologiques qu'ils sont en dernière analyse les plus profonds, et drôles... pour moi

vu du monde et d'ici

je retiens celui-ci parce que, 'quelque part', je m'y retrouve. Ce n'est pas sans faire écho à mes textes tels que (ICI) : L'homme sans ambitions, Vouloir détruire sa "carrière", ou Éloge de mon placard, comme à mon refus de vendre voire de publier mes productions artistiques, cf Ma non-'vie d'artiste', la peinture, la poésie, la vie, la forme comme contenu...

de plus il y est question de mouton, qui fut mon premier surnom dès l'école primaire, en raison de mes cheveux bouclés, et devint Sheep de 13 ans à la trentaine, quand la classe apprit mouton en anglais. Il me reste quelques amis qui m'appellent encore Sheep, mais Patlotch aucun, qui n'est qu'un nom de plume, et difficile à prononcer

Apologie du mouton noir,

de la brebis galeuse et autres vilains petits canards. Apologie des allergiques à la ligne et au cadre, des rétifs à l'opinion prescrite, aux émotions imposées et aux catéchismes de toutes les doctrines. Apologie de ceux que l'on pointe du doigt, de celles dont on se détourne avec une mou d'hypocrite pitié, en riant. Celles et ceux qui n'obtiennent rien parce qu'ils ne demandent rien à personne, qui ne réussiront jamais dans la vie parce qu'ils n'acceptent pas de, ou ne veulent pas que, ou ne se résignent pas à. Parce qu'il s'en foutent, au fond, de réussir ; et qu'est-ce que ça veut dire ? Qui ne servent à rien car ils ne veulent servir à personne. Celles et ceux qui n'existent pas, qui n'auront jamais existé, incapables de faire de leur nom une marque crédible, c'est-à-dire rentable. Ceux qui se trompent de ton, de style, de sujet. Celles qui ne sentent pas leur époque. Qui n'ont rien entre les mains qu'ils puissent vendre, parce que ça ne plaît pas leur truc, ça marchera pas, y'a pas de public pour ça. Ceux et celles qui, sous les éphémères sunlights des médias amnésiques, défendent au tribunal la cause perdue d'avance des gens ordinaires contre la propagande des puissants, contre le fric des vainqueurs. Les ratés lucides qui survivent comme ils peuvent dans un monde qu'ils comprennent trop bien pour désirer y participer. Ces amoureux de la liberté, que l'on appelle perdants alors qu'ils n'ont jamais chercher à gagner. Qui habitent un moment les pages obscures des blogs peu consultés avant de préférer ne pas. Qui disparaissent sans bruit et sans autres traces que des liasses de feuillets jaunis aux fond de tiroirs poussiéreux, des photos dans des boites, des peintures qui moisissent à la cave, ou qui ne laissent rien parce qu'ils ont tout brûlé.

toute ressemblance avec ma singularité en marge du milieu de la communisation relèverait d'une pure coïncidence. Aucun rapport non plus avec la blague d'un ami en Summer Meeting,  l'histoire d'un lapin qui se demande « Qui suis-je ? » et dont la chute est « T'es pas un mouton, t'es un Arabe ! »

dites-vous bien, les copains (ya pas de copines chez zeus), que vous l'avez échappé belle, je suis du signe du bélier, et il existe aussi un mouton rouge

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici ma compagne à la ville de la petite bête Montreuil Parc Montreau 16 octobre 2014

ce genre de réflexion n'est toutefois pas, au-delà de l'humour, sans évoquer la question de l'identité à dépasser, de l'individualité ou de l'individumultiplicité - mon "je suis des autres" de 2002 - de qui n'a rien à vendre pour être membre à part entière de la communauté humaine, quand sera abolie la valeur d'échange, la valeur de l'art comme marchandise, la valeur d'un individu mesurée à ce qu'en font ou n'en font pas les autres plus visibles... mais personne, qui n'en fait rien en temps utile, n'en fera rien quand il aura tout brûlé

vu du monde et d'ici

dans faut rigoler...

.

Marchandises, transport, capital et lutte de classes

Mondialisme.org édite les textes d'une Brochure publiée par Echanges et mouvement en mai 2012

Conséquences sur la structure du capitalisme
Les conséquences de la révolution du conteneur
Les avatars des autres circuits de marchandises spécifiques
Une « nouvelle » ancienne industrie : la logistique
Essor et conjugaison des moyens de transport : quelques exemples
Le conteneur, élément central du problème des transports à l’époque moderne
Transports. Questions de définition
Les transports dans la restructuration du capitalisme
Les transports dans l’expansion mondiale du capital

dans éléments pour une 'critique de l'économie politique'

préférons la critique de l'économie politique à la police d'extrême confusion

outre son intérêt, l'heureux effet de cette publication est de suspendre la litanie d'Yves Coleman en page d'accueil de Mondialisme.org, lui si soucieux d'antisémitisme qu'il tire sur tout ce qui par les luttes et les textes combat le capitalisme réel et concret, l'État français et sa politique anti-sociale et racialiste, ou l'idéologie française nationale-démocratique et populiste en général. Sa dernière sortie sur Houria Bouteldja, des Indigènes de la République, et son « entrée dans l'extrême-droite gauloise et [le PIR ayant] intégré le logiciel nationaliste français » n'en ait pas moins reprise, sous le titre L'antisémitisme des Indigènes de la République, par le blog de Socialisme libertaire, sans la moindre distanciation ni le moindre commentaire. La nébuleuse anarcho-franchouillarde à souhait n'a pas fini de nous pourrir la vie, quand elle oublie qu'être anar, c'est d'abord remettre en cause l'État, sous toutes formes dans lesquelles il est celui du capital et répand son idéologie, y compris en se servant de flics amateurs dans le genre prétendu révolutionnaire d'Yves Coleman

je souhaite à Yves Coleman un prompt rétablissement et de revenir vite nous expliquer en quoi et comment lui « « défend un point de vue de classe, une position anti-étatique ou anti-nationaliste »...

 

les mots pour le dire

« Ma lectrice, elle, n'est pas dupe, futée elle puise à la source. Elle ne moufte pas, mais ne veut pas passer pour une conne. Elle attend l'heure de participer ouvertement au grand remplacement théorique dans la communisation. » Le Prophète, Blasflemme 84, an 2015 d'avant la communisation

théorisation et exposition, attention à la conceptualisation montante qui ne sait pas redescendre

une illusion est de croire que portant tous ses intérêts à la théorisation communiste, jusqu'à en faire un «métier», on théorise mieux que les autres le passé, le présent et l'avenir. Les grands théoriciens du communisme étaient largement plus ouverts et cultivés que ne le montrent ceux de la communisation, et ce sont les eux* qui demeurent aujourd'hui féconds, alors... qui vivra verra

* je ne féminise pas les mots, mais je n'oublie pas Clara Zetkin, Rosa Luxembourg ni les théoriciennes féministes y compris celles du Black Feminism, ni la place des femmes dans la critique marxiste subalterne

évidemment, moins on connaît de choses, plus on croit tout savoir, et de so called "marxistes" n'ont pas fini de se ridiculiser en pensant tout résoudre avec « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, n'a été que l'histoire de luttes de classes » (Le Manifeste), jusqu'à cette ineptie d'un membre de Théorie Communiste : « L'histoire de l'intime jusqu'à nos jours, n'a été que l'histoire de luttes de classes »

à l'étroitesse d'esprit et d'intérêts dans la théorie correspond adéquatement l'infertilité et le sectarisme et le rejet des autres dans la discussion, comme il étend la possibilité d'une utilisation activiste ou militante par des jeunes qui croient découvrir la lune ou inventer le fil à couper le capital

suite à propos du nouveau chez Flav

il est possible que Flav, parlant de ses « concepts propres» sans évoquer les miens dont ils semblent parfois inspirés, ne m'ait pas lu. Je ne lui en tiens pas rigueur, car au contraire, cela n'en donnerait que plus de force à ce qui est commun à nos considérations, comme produit par l'époque. Mais quoi de plus ou mieux ici, sinon une formulation post-philosophique plus proche des amateurs du langage de Théorie communiste, donc susceptible d'y rencontrer un certain succès chez les plus "philosophes" de formation littéraire ? Perso, je doute que ces formulations soient mieux que les miennes à même de faire descendre la théorie du ciel de l'abstration sur la terre des luttes. Le risque est même plutôt de les faire remonter en concept qu'on diffusera comme le nouveau prêt à porter communisateur chic et choc. Je reviens donc sur mes critiques antérieures à TC pour souligner la nature de ce problème

retour sur le caractère « théoriste » de "Théorie communiste" / être attentif à tous les aspects de la théorisation et à sa possibilité de servir à d'autres que nous-mêmes / le peu de connaissances au-delà de la culture littéraire et de ses catégories occidentales (philosophie, histoire, sociologie...) / des spécialistes en communisme étroit, ou le pendant des "experts" du capital ? / l'indispensable ouverture pluri-"disciplinaire"

le manque de culture scientifique et technique et en sciences du vivant participe des faiblesses de la critique communisatrice du capitalisme réel, comme le langage très spécial de sa formulation técéiste : un réductionnisme culturel étonnant pour des connaisseurs de Marx et des héritiers de Pannekoek

il n'est pas sans conséquences lourdes, pour la théorie de la communisation [...]

par le langage encore la fermeture à soi d'un milieu auto-référentiel : mariage consanguin pour gogols militants ?

la preuve du tout à l'égo communisateur, c'est qu'on le mange et qu'on en étouffe

à lire dans discussions sur la communisation

 

communisation : un mouvement du 22 mars ?

« Le Mouvement du 22-Mars est un mouvement étudiant français, d'inspiration libertaire, né dans la nuit du vendredi 22 mars 1968 à la faculté de Nanterre. Réunissant des anarchistes, des situationnistes, des trotskistes et des futurs mao-spontex, Daniel Cohn-Bendit en est la personnalité la plus médiatisée »

les tuniques rouges du concept, les Indiens, et l'éclipse

flav, du nouveau et du bon : le langage de la communisation n'est point tunique uniforme. Dans une intervention de bon aloi, dndf 22 mars, flav reformule dans le sien quelques concepts et questions apportant de quoi rafraîchir les formulations habituelles avec clarté et relative simplicité. Flav montre de réelles capacités théoriques articulant en cohérence nombre des points soulevés dans ma critique du courant communisateur. On attend donc le texte annoncé

le frémissement théorique relevé chez RS après Charlie continue, mais subsiste une limite majeure, un point aveugle commun à tout le milieu français de la communisation, concernant les Autres dans leurs luttes spécifiques, les autres du marxisme blanc européen, et très conséquemment les autres de la théorie de la communisation qui en montrent la fécondité...

ces remarques denses de flav sont importantes, elles vont dans le bon sens près de chez moi quand j'ai appelé à l'approfondissement des conceptions communisatrices sous peine de sclérose théorique

annonce / positivité du mouvement communiste / individu et classe / « bénéfices secondaires » et « auto-production psychologique » / implication réciproque / censure ?

je ne me plains pas d'une censure à dndf, je suis parti, j'ai insulté pepe, j'ai demandé que soit ôté mon site des liens au milieu d'autres citoyennistes, anarchistes de pacotilles, activistes, etc. qui situent le centre de gravité des intérêts de dndf-TC. La censure dans ce sens, je m'en tape, mais :

j'accuse le petit milieu français de la communisation de faire l'impasse sur des problèmes, concepts, questions qui ne sont pas moins que ceux qu'il pose des problèmes, concepts et questions du concept de communisation au présent de la lutte des classes, contre la domination masculine et le racialisme

de deux choses l'une, l'autre c'est l'éclipse

vu du monde et d'ici

souviens-toi, chère lectrice, qu'en toutes époques, on ne retient au présent que les pensées qui bien vite montrent leurs limites historiques. Marx préférait Diderot à tout autre philosophe des Lumières, mais aujourd'hui encore, c'est Voltaire qu'on ressort, pas matérialiste pour deux sous et précurseur du racisme moderne au service du colonialisme. Du vivant de Marx, ses idées étaient moins diffusées en France que celles de Proudhon ou Saint-Simon. Aujourd'hui, le milieu français de la communisation a produit ses limites ethno-centristes qu'il diffuse dans le monde occidental, et critique l'usage déformé qu'on en fait, tout en faisant silence sur l'existence d'une tradition marxisme non-blanche européenne et d'une autre approche, la mienne. Demain qui vivra verra

à lire dans discussions sur la communisation

21 mars

la crise a les religieux Père et Mère qu'elle mérite

qui a dit : « Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue, et un chrétien qui fait entrer en lui la corruption pue.» ? source

ne nous y trempons pas, ce langage papal est l'expression religieuse adéquate à l'époque. Ça va chier des bulles dans l'eau bénite d'ici à sa retraite, qu'il n'exclut pas « d'ici deux ou trois ans, peut-être » source

François le premier rêve de devenir un homme normal, c'est-à-dire un pape anormal, contrairement à François le second, Président normal d'une France normalement normale : « La seule chose que je souhaite c'est de pouvoir entrer dans une pizzeria un jour et y manger sans être reconnu

seulement voilà, pour passer incognito, et filer à l'anglaise, il va lui falloir enlever sa capote

vu du monde et d'ici

dans le genre maîtresse-femme religieuse, je te conseille Mère Agnès-Mariam de la Croix, qui fait un tabac brun chez les rouges et inversement du côté de la droite bourgeoise et catholique la plus orthodoxe qui soit

je te conseille vivement l'intégralité de la vidéo présentée par un très respectacle marxiste classique, le québecquois Robert Bibeau : « Je vous invite à écouter Mère Agnès Mariam de la Croix, une carmélite qui vit en Syrie et qui intervient depuis le début de la guerre hypocrite qui se fait en Syrie afin de faire valoir la simple réalité de cette tuerie que nos gouvernements et nos médias encouragent. Ce témoignage est vraiment IMPORTANT.  Écoutez-la.  Elle était de passage à Paris la semaine dernière.» Robert Bibeau, les 7 du Québec, 17 mars 2015

Syrie, la vérité qu'on vous cache vidéo 18'48"

vu du monde et d'ici « en Syrie Hollande est schizophrénique »

tu m'en diras des nouvelles du front... syrien. Son français est plus qu'impeccable, et puis tu verras, les Libanaises ont un charme exquis, qu'elles tiennent bien sûr de notre présence civilisatrice pendant le mandat français de 1916 à 1926. Bon d'accord, elle est un poil du côté de Hassad, qui n'a pourtant fait que protéger son peuple, mais rassure-toi, pas de quoi en faire un complot, et puis d'abord, elle ne fait pas de politique. Émotion garantie. Mais attention, comme on te l'a dit après Charlie, il ne faut pas céder à l'émotion, seulement à la tentation du blasphème ou de l'amour coquin

pour le coup, François le second nous apparaît un peu moins normal, mais bon, faut de tout pour faire une présidence de notre France garante des valeurs universelles

avant de te convertir au carmélo-gauchisme, appelle-moi

je sais, les horreurs en Syrie, pas de quoi rigoler, mais elles sont si bien partagées...

 

Patlotch en vieux con

il y a quelques années, en 2007 je crois, lors d'un Noël de famille, je discutais avec mon neveu qui approchait alors la quarantaine. Adolescent pris dans la tourmente du divorce de ses parents, pourtant élève brillant, il a quitté le lycée pour choisir la voie du zonage et de la vie précaire, petits boulots, communautés diverses, amours instables laissant les filles cassées, et le monde à refaire par les Robinson du 21ème siècle...

je lui avais quelques années auparavant offert le livre d'Emmet Grogan sur Les Diggers de San FranciscoRingolevio, une vie jouée sans temps morts, qu'il me dit alors n'avoir pas ouvert. Je lui suggérais de lire John Zerzan, dont on se doute bien que ce n'est pas mon truc pour chier dans les bois en révolutionnaire. Je pensais sincèrement que ça l'intéresserait et donnerait plus de substance à ses convictions. Mal m'en prit, car lui n'y vit qu'une manière de propagande. Je lui expliquai donc - j'étais en pleine période anti-immédiatiste pure et dure -, que selon moi, un changement dans le monde n'avait aucune chance d'advenir par de tels modes de vies prétendus en marge du capitalisme, et que tout en respectant son choix, je m'opposais à ce qu'on en fasse la voie vers la révolution par excellence. La sanction tomba : « Vieux con ! », la même que j'aurais pu réserver à mes parents à vingt ans, quand je passais ma crise gauchiste chez les cocos (j'aurais pu adhérer à n'importe quoi, je n'y connaissais rien)

je m'en souviens ici et maintenant, après mes sorties concernant RS et plus spécialement Gilles Dauvé. Je vois de loin la réaction des jeunes du monde entier occidental, impatients de changer le monde, lisant ses textes en toutes langues européennes, et imaginant derrière ce septuagénaire français, ayant vécu à l'aise pour consacrer cinquante ans de sa vie à dire et écrire que la révolution, ce n'était pas comme ça, ce n'est pas comme ça, ce ne sera pas comme ça... 

à 20 ans, j'arrêtais mes études « pour ne pas servir les patrons », et si je ne me suis pas retrouvé dans le Larzac, c'est peut-être faute d'avoir rencontré une bombe aspirante bergère anti-atomique. Aujourd'hui au même âge, qui dit que je ne serais pas dans une ZAD ?

j'ai 63 ans et je considère aujourd'hui que Dauvé, avec sa pédagogie démoralisante et démobilisatrice (au nom du communisme !), mérite amplement, à leurs yeux de jeunes concernés par leur avenir et se battant pour le préserver du pire, de passer pour une « vieux con »

comme disait Aragon dans Blanche on l'oubli, je cite de mémoire : « On n'a pas toujours raison d'avoir raison. »

plus facile de se moquer de Hessel, Indignez-vous...

« Qu'est-ce qui vous indigne ? »

Sur le parvis de La Défense, devant la Grande Arche, ce jour, quelques dizaines d'Indignés tiennent la place depuis deux semaines. Leur carré s'étend, mais pas leur nombre, par les dazibaos posés au sol, dont les thèmes débordent allègrement les présupposés de ce mouvement. Quelques policiers les encadrent. Ils se les gèlent ensemble. Dans les cars, les flics sont au chaud, plus nombreux que les manifestants. Ce soir, du haut de l'escalator qui descend au RER, deux militants bariolés haranguent la foule des salariés. L'un tend la main : « - Soutenez-nous ! », tandis que l'autre : « - Il y en a, des moutons, qui se soumettent, plus de moutons que de lions...» Quelques moutons y vont de leurs euros. L'histoire ne dit pas ce qu'en pense un homme âgé, un SDF qui est là, au pied de l'escalier, depuis plusieurs années...

J' suis p't-être un peu zinzin
mais pas l' genr' zindignés

Que m' semblent ces gens niais
et leurs airs policés

French'min qu'on me dise, hein,
à quoi sert ce bousin ?

Étant des indiens nés
(indigène et cousin)

Je préfèr' l'indigeste...
Poil au pâté d' bousier

15 novembre 2011  source Travailler-Poème ou Crise en vers

vu du monde et d'ici le mythe du bousier

.

l'éclipse éclipsée

à toujours endosser le rôle du méchant, on y perd sa réputation... de méchant qui dit la vérité dit blesse. Cette fois j'ai ri de bon cœur, au premier degré si tu préfères, pour ce texte au second, « Éclipse, mon cul ! », d'une billetiste du blog Médiapart, Juliette Keating

j'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'une maîtresse déçue de n'avoir rien pu montrer à ses élèves, dans la non-obscurité inattendue après le foin médiatique et vendeur de lunettes spéciales. De retour d'avoir mené mon chat, Django, passer de mâle à castrat, je me réjouissais de quelques photos à y perdre la vue, mais de clarté obscure, point. Les meilleurs astronomes en herbe ont expliqué que les nuages s'étaient interposés entre la lune et le soleil...

« Vendredi 20 mars, un écolier de huit ans a été interrogé pendant douze heures par les services de police pour apologie du terrorisme. Le jeune garçon, refusant obstinément de suivre sa classe qui se rendait sur les lieux de l'observation de l'éclipse solaire, aurait déclaré à plusieurs reprises : « éclipse, mon cul ! », suscitant l'indignation du personnel enseignant et de ses camarades.[...] » la suite ICI

vu du monde et d'ici 1961 source

je me souviens encore de mon émotion d'enfant, dans la cour de l'école primaire, devant L'éclipse totale de soleil du 15 février 1961, et l'à peine moins jour d'hier matin m'a attristé pour tous ces gosses ou ces plus grands qui espéraient un spectacle au niveau de l'histoire universelle de la France. Juliette Keating l'aura en quelque sorte relevé

mon chat va bien, merci. Il dort, on ne dérange pas un chat qui dort... Kit, Cat, Keating...

rien de nouveau sous le front

des nouvelles du maximaliste prolétarien universel

Jean-Louis Roche, toujours à la pointe de l'analyse marxiste concrète d'une situation concrète, et s'appuyant sur « notre bon maître Engels » titre son analyse de la situation tunisienne Carnage en Tunisie : un nouveau pas vers la guerre globale démocratie bourgeoise contre obscurantisme. J'avoue n'avoir pas tout lu, mais apprécié ce titre pour ses saveurs anciennes

vu du monde et d'ici un vrai rouge

des nouvelles du neveu de l'Oncle Tom ?

Yves Coleman avait mis en ligne hier sur Mondialisme.org un texte dont je ne me rappelle pas le titre exact, du genre : la fourestophobie, nouvelle [?] du "gauchisme". Il y soutenait la tonitruande Catherine Fourest, nouveau prétexte pour s'en prendre à (concentré comme on dit des tomates) « l'antisémitisme identitaire d'extrême-droite réactionnaire », comprendre les Indigènes de la République

il évoquait (en note) une possible dérive de la beauté vénale et nationale, « à confirmer ». Soit qu'il ait vérifié, soit qu'on l'ait informé de ce qui n'est jamais chez elle un « dérapage islamophobe », le texte a disparu aujourd'hui. Je laisse ma perspicace lectrice en imaginer les raisons. Peut-être s'est-il aperçu qu'à trop en faire, il serait déconsidéré dans les milieux anarlopes, où l'on utilise son flair policier d'idiot utile qu'il est... jusqu'à ce que cela dévoile par trop la substance néo-cons' de ses islamagames

à moins qu'il n'ait reçu des menaces ? Qui sait, par ces temps de «confusionnisme», quelqu'un l'aura pris pour une autre. Inutile de préciser que ce n'est pas moi, aucun mobile, au contraire : comment rigoler sans Yves Coleman ? Roche n'est plus tout jeune, ça ne durerait pas jusqu'à la révolution, et pepe ne peut accueillir tout l'humour du monde

vu du monde et d'ici Mondialisme ? Point d'orgue

dans faut rigoler...

.

pour le mouvement du communisme et la communisation : des questions 16:35

parler de communisation au présent, c'est formaliser intellectuellement les problèmes actuels posés par le moment présent du capitalisme et des luttes

le nouveau paradigme n'est pas grec mais mondial, il émerge notamment en Europe et en Amérique latine avec un nouvel attelage national-démocratie de gauche et droite radicales vs nébuleuse anti-système anarcho-néofasciste / la possibilité de la guerre n'est pas à écarter avant qu'une nouvelle fenêtre révolutionnaire s'ouvre à l'histoire / le dogmatisme técéiste : parti(e) remis(e) ?/ le problème n'est pas celui du mouvement communisateur mais de son milieu théorique / pour en finir avec le micro-parti 'Théorie Communiste' / Droits dans leurs bottes de non-lieu / Dauvé se raccroche en 2012 à la mode genre-classe théorisée par TC...

avec un additif sur les pro et anti-Patlotch au sein de 'Théorie communiste' et les pratiques euro-centristes de Roland Simon et Gilles Dauvé / chez Dauvé, donneur de leçon de communisme passif au monde entier, une logique de démobilisation : pas de contradictions dans les luttes, pas d'activité possible pour les communistes conséquents

à lire dans discussions sur la communisation

le temps des méprises et la déprise des temps 06:28

à propos de Karl Nésic : Deux ou trois raisons de ne pas désespérer, Et maintenant Troploin 2012

« Le  mouvement communisateur se trompe de période historique. Il commence d’ailleurs à être atteint de sclérose théorique, dont il ne se débarrassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain, tant il est évident qu’il n’y est poussé par aucune réalité sociale. »

je voudrais pouvoir dire en quoi je partage et ne partage pas cet avis de Karl Nesic, sans entrer dans la totalité de son intervention. J'ai affirmé qu'il n'y avait pas sclérose théorique pour le concept de communisation, mais je le reconnais avec lui dans « la quasi-totalité du mouvement dit communisateur. »

il s'agit d'éviter les méprises dans la critique du courant emmené par Théorie communiste, et la mienne ne recoupe que contradictoirement celle de Troploin. Je partage cette idée que « le mouvement communisateur se trompe de période historique » et qu'il a échoué à faire ce qu'il prétend, « parler au présent de la communisation ».[...]

pour moi, c'est le rapport au présent qui s'est vidé de tout réalisme, voire de sérieux théoricien, et sans y revenir en détail, dans le cœur de la critique communiste qui est celle de l'économie politique. On assiste alors à un balancement incessant entre considérations sur la communisation au futur, et ce qui permettrait de voir aujourd'hui de les fonder concrètement. Le décrochage est particulièrement net entre les efforts d'un RS [...] et l'absence de commentaires qu'il suscite [...]

alors oui, nous sommes trimballés dans « l'échelle du temps » jusqu'à ne plus savoir de quoi ni de quand l'on parle, ce qui se traduit par un va-et-vient entre idéalisme déterministe et objectiviste sur la base d'un dogme técéiste pourtant dépassé par RS, et sa tentative de parler malgré tout des réalités sous nos yeux sans y perdre son âme communisatrice, voire le sens d'une intervention communiste sans laquelle la théorie n'est plus communiste, mais pure démarche d'historien du présent peu concerné par ce dont il parle [...]

je ne partage pas l'avis de Nesic pour qui « le mouvement communisateur [serait] atteint de sclérose théorique [parce qu'il ne serait] poussé par aucune réalité sociale

au fond, il y a un point partagé par Théorie communiste et Troploin, et sur lequel je me sépare d'eux pris ensemble par-delà leurs divergences, c'est une conception abstraite et universaliste du prolétariat, réduit à son concept qui, bien sûr, ne peut pas être faux, ni même à terme la théorie de l'abolition du capital. Je comprends donc les raisons de Dauvé et Nesic pour arrêter Troploin comme recoupant celles qui empêchent les técéistes dogmatiques de parler de la communisation au présent

à lire complet dans discussions sur la communisation

poèmes 2015

sans titre et sans qualité, sans souche et sans papier

sept fois sept vers sans foi ni loi

le pire est là qui vient repassant la tenue de nos vieilles erreurs
la taupe est jeune et creuse encor dans les trous noirs de nos lueurs

je marche sur le sable de nos mots vidant l'avenir
par l'imposture universelle
de mâles certitudes
de pâles servitudes
de lâches attitudes

sur les blessures de mon orgueil je marche en boitant sur
les pieds d'un vers cassé dans la blanche poussière
sur la mer asséchée d'avoir trop bu hier
toute le sang de la terre et des rêves d'azur 

qu'importe l'air du temps dans le vain dit du sûr
nous voilà nus comme des vers enfilant les chaussures
de nos morts pour la gloire
dont on fait nos médailles communes
sous l'arc de triomphe de nos défaites

on n'a jamais brûlé la banque des forfaits
on n'a jamais compté les efforts faits
pour payer le prix fort de nos hontes
cacher nos règlements de comptes
notre misère au pied du mur rendant l'arme à la trahison
passant à l'ennemi comme en rentrant à la maison

nous n'avons que nos cœurs que nos mains que nos peines
à porter et nos coups à survivre en corps à mi debout
nous n'avons que nos sœurs que leurs reins que leur saines
vérités et nos jours à revivre encore amis d'un nous

la révolte enchantée pour ultime salaire
nous n'aurons plus confiance qu'en nos ennemis
eux qui prient dans les ruines du temple
pour se tenir en face avec leurs canons clairs
sonnant l'heure dernière d'un tsunami émis

nous n'aurons plus confiance qu'en nous-mêmes
pour sortir de nous-mêmes
pour entrer dans la danse du temps éprouvé
par la communauté libre de s'y trouver

nous n'aurons plus confiance qu'en nos peurs
reconnues n'être pas à la hauteur
de nos espoirs en nos combats
de nos déboires sous nos pas
de nos désirs d'être meilleurs

nous n'aurons plus qu'à inventer l'amour
par défaut de n'avoir rien à vendre
par raison d'un savoir neuf apprendre
sans mesurer du temps les rebours

alors peut-être sera peut-être
et pourra être qui pourra
et fera naître qui viendra
sur le sable enfin réuni
l'un dans l'autre au pas affranchi

Fosobo 21 mars 2015 03:31

5 2015

20 mars

chronique la France

« Français de souche » n'existe pas pour la justice

pour les injustices pas de problème, celui qui n'existe pas reconnait ceux qui existent, les non-de-souche, comme les Charlie les pas-Charlie 

vu du monde et d'ici autoportrait en de souche vu d'en dessus

le rappeur Saidou et le sociologue Saïd Bouamama relaxés : qui a peur des « islamo-gauchistes » ? Nous revivrons le temps des émeutes

 

le féminisme et la question indigène

Tout commence
Avec les éclats du feu
Corps présents à nous
Nous présents au monde
Sans identité, sans langue, sans pays.
Le temps d’une main caressante
A suffi à éveiller le doute
Le tourment, le silence…

Habiba Djahnine poète et réalisatrice kabyle dont la sœur Nabila, militante féministe, a été assassinée en 1995 à Tizi-Ouzou. Entretien

« J'éloignerai la guerre et l'identité, je construirai les fragments de la maison » Une poésie de la vie en Algérie après la guerre civile Interview vidéo

Décoloniser le féminisme - Sortir de la confusion audio 1h07

Émission de Radio Grenouille avec les sociologues et activistes Hanane Karimi, Malika Hamidi, Houria Bouteldja, Kian Azadeh qui parlent des multiples formes du féminisme

à cette occasion, deux remarques :

1) le féminisme des femmes indigènes n'est pas nécessairement médié par l'Islam et la question religieuse

à toutes fins utiles, cette précision de Bouteldja : « Que ce soit clair, je ne me revendique pas du féminisme islamique... je ne constate pas d'implantation dans les (quartiers), et je ne vois pas comment l'interprétation du Coran pourrait résoudre les problèmes que rencontrent les femmes dans leur vie quotidienne et leurs luttes, (problèmes de race, de classe, de genre...) »

on note que le féminisme des indigènes n'est pas posé par elles nécessairement en terme d'Islam ou de religion, ce que voudraient nous faire croire les féministes (blanches) hostiles. Le terme de « féminisme islamique » est d'origine universitaire et ne recouvre aucun homogénéité d'un pays à l'autre ou entre divers courants ayant des accords et des divergences. C'est le contraire qui serait étonnant, mais tous s'accordent sur la stigmatisation visant les femmes comme telles, leur origine ethnique ou leur religion, le tout sous couvert d'athéisme républicain (ou 'prolétarien')

on peut se faire une idée de la réception de Houria Bouteldja sur Internet depuis un mois, et constater que l'essentiel consiste en attaques des néofascistes identitaires nationalistes, d'où émerge singulièrement l'anarcho-gauchiste Yves Coleman, dont les textes trans-classistes, à prétention d'éclairer sur l'antisémitisme, tirent dans le même sens et sont repris par les milieux anarchistes et libertaires : pour l'essentiel, des blancs mecs...

2) le nœud gordien des théories de la communisation

le milieu théorique de la communisation n'a manifesté aucun intérêt pour la question féminine chez les femmes françaises 'racialisées'. Sauf si cela m'a échappé, la construction de Théorie communiste de la « double contradiction de classe et de genre » passe centralement par la dé-construction des thèses de Christine Delphy sur le Patriarcat

autrement dit - alors que l'articulation classe-genre-race ne peut partout dans le monde ne peut s'appréhender qu'en considérant le rapport classe-genre dans sa médiation par la race, dit concrètement qu'à partir de la situation et des luttes des femmes non-blanches des couches sociales subalternes - le problème n'est même pas évoqué par Théorie communiste. Il faudrait être particulièrement indulgent pour ne pas y relever la même posture quant au rapport classe-race en général (hommes et femmes prolétaires), et ne pas s'inquiéter que cette aporie théorique soit justement celle dans laquelle s'engouffre la possible dérive de l'ultra-gauche vers le néo-fascisme. flav peut souligner, je le pense aussi, que « La dérive négationniste n’est pas inhérente au concept de communisation », mais ce dont il est question aujourd'hui n'est pas directement « le produit d’un résidu de programmatisme bordiguiste ayant trompé beaucoup de monde dont des communisateurs.». C'est sur la base de la critique par l'ultra-gauche historique de « l'antifascime et de l'antiracisme »*, sur le fond réveillé de faiblesses dans sa critique toute fraîche par les 'communisateurs',  que se pose un problème gravement actuel 

Nous ne sommes pas anti- » BL-TC. Sans être antiraciste ni antifasciste à la manière de l'universalisme humaniste abstrait, on n'en tombe pas moins dans un universalisme prolétarien qui n'est qu'un « marxisme aveugle », comme dit Loren Golner dans son entretien sur Ferguson. À quoi il faut relier la dernière expression en date de BL sur la question, dans « Utérus vs mélanine » en 2012 : « Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dévalué, secondarisé par la mise de question des races au niveau de celle du genre.» Comme si le problème méritait d'établir des hiérarchies et des comparaisons alors qu'il recouvre deux rapports liés mais par définition différents, et comme si les féministes noires américaines ou indigènes en France « secondarisaient » leur race ou leur genre, et y compris leur classe, vu qu'elles n'en ont pas le choix. Cela dit, depuis deux ans, BL n'affirme plus rien et fuit de façon très nette la polémique même qu'il se proposait

autrement dit, la théorie de la communisation, au-delà de ce dont elle ne parle pas, se trouve aujourd'hui ligotée dans un véritable sac de nœuds théorique qui touche le corpus entier par plusieurs points dont : la définition abstraite du prolétariat actuel, l'absence de théorisation de la race et des rapports conséquents avec la classe et le genre, l'absence de compréhension exprimée de la dérive néofasciste, le refus assumé de débattre, assimilant toute activité communiste explicite à du militantisme ou de l'activisme. Je crois avoir montrer que ce nœud ne peut se défaire, à partir de la situation française, qu'en abordant sans complexe la question indigène, et en plongeant les mains dans le cambouis

on a longtemps, moi aussi, été fasciné par « la cohérence » de Théorie communiste. Force est de constater qu'elle n'est pas au rendez-vous du moment présent et n'est plus cohérente que dans l'inconséquence de ses paralogismes. Pour ma part, je suis preneur de toute critique de mes incohérences et de mes inconséquences. Pour l'heure, les seules que j'ai reçues du milieu furent une allusion à mon probable antisémitisme par un Juif se revendiquant Juif, ses sarcasmes sur les indigènes, et une alerte quant à mon relai de «l'islamo-gauchiste gratiné Saïd Bouamama». En substance le sens des critiques d'un Yves Coleman, des néofachos, et des haines républicaines de souche, maquillées en purisme communisateur. La dérive n'est certes pas inhérente à la théorie, qui lui offre pourtant toutes possibilités par ses apories, mais elle est bien réelle chez des amis de trente ans de TC : racistes par défaut, ou prisonniers de leur orgueil ?

pour revenir au débat audio, on y entend des considérations un peu plus concrètes et théoriquement matérialistes que les développements dialectico-structuralistes de TC, dans un langage d'ancienne philosophie si compliqué que même des plus proches n'arrivent pas à suivre, et s'en vont à rebours à vau-l'eau. On dit que les femmes sont souvent plus terre à terre : remarque machiste ? Elles ont appris dans le sang le prix de leurs rêves

.

« The race question has yet to be put on the table for communisation theory » suite, via Ferguson, pour en finir avec le « marxisme aveugle »

États-Unis. Race et classe avant et après Ferguson Loren Goldner Mondialisme.org 19 mars 2015

traduit de l'audio en espagnol Anábasis 053 - (17-XII-14) - Raza y clase en Estados Unidos antes y después de Ferguson décembre 2014

extraits ci-dessous concernant plus particulièrement le rapport race-classe et le marxisme. On lira avec intérêt le rapport avec le mouvement Occupy, plutôt de Blancs déclassés, les manifestations majoritairement blanches après le procès en acquittement, sauf à Oakland, dont j'avais évoqué la situation particulière avec les romans "prolétariens" d'Eric Miles Williamson, ancien ouvrier du bâtiment, trompettiste de jazz amateur, aujourd'hui enseignant en littérature : Gris Oakland, Noir béton, Bienvenue à Oakland...

Cette fois les gens ne sont pas rentrés chez eux / Précariat blanc / Une campagne électorale permanente / Le racisme, création de la classe dominante / Après l'esclavage, une nouvelle forme de servitude / Restructuration et réaction des années 1970 / Insurrections urbaines / La question blanche / Classe moyenne noire /

Un marxisme aveugle

C’est un problème pour le marxisme aux Etats-Unis : on dit qu’un marxisme insensible à la question de la couleur est un marxisme aveugle ; il y a eu jusqu’à récemment beaucoup de marxistes « aveugles » à ce sujet. Je dois confesser que moi aussi, dans ma jeunesse, je pensais qu’un prolétariat est un prolétariat ; blanc, rouge ou jaune, pas d’importance. Mais en fait non, et cela ne peut pas se comprendre en lisant Le Capital de Marx ; on doit le comprendre en étudiant la formation concrète de la classe ouvrière aux Etats-Unis, avec la conservation de cette idéologie et pratique pré-industrielles, créées à partir de l’Etat de Virginie. Alors c’est un fait très intéressant que, jusqu’en 1900, 90 % des Noirs « émancipés » sont restés dans les Etats du Sud profond (Mississippi, Alabama...). La grande émigration vers le Nord industriel des Noirs du Sud a commencé avec la première guerre mondiale et s’est poursuivie dans les années 1920-1930. Lors de la deuxième guerre mondiale, il y avait une énorme émigration au Nord et il s’est créé pour la première fois vraiment une classe ouvrière multiraciale, surtout dans les centres industriels tels que Detroit, Chicago et d’autres dans le Middle-East des Etats-Unis. D’un côté cela apparaissait comme une nouveauté par rapport au passé, mais d’un autre côté on retrouvait la même hiérarchie raciale, cette fois dans la production et dans la vie quotidienne des villes du Nord.

Par exemple, dans les usines d’automobiles de Detroit et d’autres villes du Middle East, les ouvriers blancs avaient, en général, les meilleurs postes de travail et les Noirs toujours les plus mauvais. Le rôle des syndicats, surtout celui des ouvriers de l’automobile (United Auto Workers), j’allais dire qu’il était ambigu, mais en fait il n’était pas du tout ambigu, le syndicat a aidé à maintenir cette situation jusqu’à la fin des années 1960, quand a commencé une réelle insurrection noire dans les Etats du Nord, y compris dans les usines de Detroit, Chicago, etc. Pour la première fois il y eut des luttes contre ce type de séparation dans les usines. En général, à quelques exceptions près, le rôle de la classe ouvrière blanche dans cette partie des années 1960 et début 1970, n’a pas été brillant ; il y a bien eu quelques épisodes de solidarité mais ils étaient exceptionnels ; la règle était plutôt, comme je disais, une perpétuation de la hiérarchie raciale, un manque de solidarité entre Blancs et Noirs.

Au début des années 1970 notamment, on avait l’impression que les capitalistes avaient perdu vraiment le contrôle des usines ; le niveau d’absentéisme au travail était incroyable? : les lundis et les vendredis presque la moitié du personnel était « malade », absente. Il y a eu par exemple une convention négociée au début des années 1970 par le syndicat United Auto Workers (UAW) ; quand les bureaucrates syndicaux ont annoncé fièrement qu’ils avaient gagné la semaine de quatre jours, les ouvriers ont répondu « La semaine de quatre jours ? Nous l’avons déjà ! »

La question blanche

Par exemple, dans le cas des luttes ouvrières que je mentionnais, à Détroit et autres, elles avaient aussi inspiré un certain radicalisme aux ouvriers blancs. Je ne veux pas dire que ceux-ci avaient besoin de l’influence du mouvement noir, parce qu’il y a eu des grèves sauvages et des luttes dans l’industrie des Etats-Unis depuis les années 1950, mais il est évident que les succès du mouvement noir et sa combativité étaient une incitation non seulement pour les ouvriers mais aussi pour d’autres sphères de la société, comme, par exemple les gays, qui en 1969 ont animé des émeutes à Stonewall, un quartier de New York, contre la répression policière ; de même pour le mouvement féministe et ainsi de suite.

Donc, pour revenir au début de notre conversation, déjà au xviie?siècle la « question noire? », qui est en réalité « ?la question blanche? », celle de la passivité de la majorité des Blancs à travers de nombreux mécanismes, est le point le plus marquant de la lutte des classes aux Etats-Unis. Je ne dis pas que ce soit en soi une lutte de classe mais bien la clé de l’ordre établi qui s’est développé depuis aussi longtemps que j’ai essayé de le dépeindre. Ce système d’oppression des Noirs n’a pas tant pour but de contrôler les Noirs, que de contrôler les Blancs.[...]

Classe moyenne noire

[...] Il y a cinquante ans, un président noir aux Etats-Unis aurait été impensable. De même, la séparation de cette classe moyenne-riche noire que j’ai mentionnée, dans des villes comme Atlanta, n’existait pas non plus. Mais en même temps nous avons aux Etats-Unis entre 1 et 2 millions de personnes dans les prisons, dont 80?% à 90?% sont noirs et latinos. Ainsi, la même polarisation qui a existé dans toute la société existe aussi au sein de la population noire ; oui, c’est vrai que maintenant il y a des bourgeois riches noirs dans pas mal de villes, mais il y a une population emprisonnée énorme qui n’existait pas non plus il y a cinquante ans... Pour arriver à la conclusion, ces rapports entre race et classe sociale qui ont commencé en Virginie il y a quatre cents ans n’ont pas cessé de se recomposer, avec des progrès et des reculs, mais toujours existants dans le temps.

y compris concernant le rapport classe-race, on se gardera de généraliser la situation des États-Unis (qui ne sont pas la Grèce «paradigmatique» de certains communisateurs). On a vu aussi, avec le Black Feminism, qu'elle possède cette particularité d'autoriser une articulation classe/genre/race intéressante sur le plan théorique, et par un biais qui n'est pas celui de la tradition féministe blanche française, de couches moyennes voire bourgeoises (Beauvoir...)

on ne s'empêchera pas néanmoins de penser à la situation française, précisément maintenant que tout remonte des rapports de classe et de race de "notre histoire", via la traite et l'esclavage puis le colonialisme jusqu'à la question indigène telle qu'elle se pose aujourd'hui comme d'ailleurs aux USA, plutôt comme « une question blanche » et le poids sur la théorie de la communisation d'un « marxisme aveugle » plus plombé et retardataire qu'aux USA et dans les Pays anglo-saxons en général

en relation, Ferguson : L’incendie impossible à éteindre et provenant du même site MetaMute en juillet 2012 The Gender Rift in Communisation, où il est question d'abolition de la race et de « mettre la race sur la table de la théorie de la communisation », suite à quoi sur ma table j'ai produit les dossiers et textes de la communisation comme abolition du racialisme + hic salta ou franchir le pas, TC théorie blanche occidentale

dans critique du capital : classes, genre, races / marxisme et intersectionnalité...

.

jazz et autres musiques

un ovni s'est éclipsé

Daevid Allen, fondateur de Gong et Soft Machine est mort Le Figaro 13 mars

dès 1966 on peut-dire que le "jazz-rock" - ou la "fusion" - était né, mais on ne l'appelait pas comme ça. Le guitariste et chanteur australien Daevid Allen en fut un des inventeurs, avec le batteur Robert Wyatt et le groupe Soft Machine, d'une originalité psychédélique et loufoque qui n'est pas sans évoquer Frank Zappa. Il n'y reste qu'un an, et c'est en France qu'en 1967 il fonde Gong avec sa compagne Gilly Smith (chant, rires et soupirs), Didier Malherbe* (saxophone et flûtes), Christian Tritsch (basse) et Pip Pyle (batterie)

* dont les plus jeunes connaissent le Hadouk Trio

vu du monde et d'ici le Gong en 1967, pour attendre l'éclipse ou faire tourner les tables ?

en 1960 il s'était posé en Angleterre : « J’avais mis de l’argent de côté, suffisamment pour tenir un an en Europe. Je voulais expérimenter une forme de free jazz dans le style d’Ornette Coleman.»

vu du monde et d'ici vidéos : Soft Machine Daevid Allen Gong Daevid Allen

je dois dire qu'à l'époque, j'étais peu amateur du genre, mais davantage du jazz classique puis du be-bop et la suite, Miles Davis, Coltrane (mon premier disque en 1967)... Avec le recul, ça s'écoute plutôt bien, le niveau musical est très au-dessus de la moyenne des autres groupes dits "pop". C'est dans le Soft Machine d'après Allen que se fera connaître un des guitaristes les plus inventifs des 70', le virtuose Allan Holdsworth, et qu'on retrouvera le batteur Jack Bruce (décédé l'an dernier), membre du trio Cream avec Eric Clapton et Ginger Baker

si l'on n'attend ni blues ni funk ni groove des profondeurs, du beau linge, blanc certes, mais le dessus du panier

esprit de l'escalier

je n'ai pas mentionné la récente disparition du trompettiste Lew Soloff, qui fut membre du groupe américain Blood Sweet and Tears de 1968 (il remplace Randy Brecker) à 1973, dans la même veine pré-jazz-rock mais avec des cuivres (Spinning Wheel 1969). Il avait auparavant travaillé pour Maynard Ferguson, Tito Puente and Machito, Gil Evans, Paul Simon, Dizzy Gillespie...  On le retrouve ensuite avec Gill Evans, Charles Mingus, Carla Bley, Manhattan Transfert...

vu du monde et d'ici ciel ! un peau-rouge !

Lew Soloff performing "Thoroughbred" with the Gil Evans Orchestra, 1976. Ambiance très davisienne fusion, sauf la trompette...

dans bribes de jazz et autres musiques

 

un peu d'histoire ?

d'un inconscient de souche française

j'ai fini par me demander si mes vues n'étaient pas un décalées par rapport à celles de tant de Français, y compris à l'extrême-gauche, chez les communistes et anarchistes. Je suis tant imprégné de lectures sur le sujet du colonialisme depuis des décennies que j'imagine que ces connaissances sont assez répandues. Il m'apparaît que même chez ceux qui en savent un peu plus, l'opinion est assez courante que tout ça, c'est fini. On a bien en tête une vague idée de ce que fut (à l'imparfait) la France-Afrique de De Gaulle à Mitterrand, mais on répugne à considérer Hollande pour le digne successeur des Jules Ferry et autres Libéraux colonialistes du 19ème et du 20ème siècles

mon impression est que les Français sont tombés là-dedans petits, et suivant la génération, ont en tête un souvenir de ce qu'ils ont appris à l'école - c'est-à-dire peu de quoi avoir une vision critique du colonialisme français. Un des points les plus sensibles est la bonne image de Napoléon, dont l'impérialisme ne fut autre qu'un retour aux formes monarchistes et despotiques du pouvoir d'Etat. On a souvent une image positive de son empire en Europe - le plus grand avant Hitler qui l'admirait -, dans la lancée de la Révolution française et contre la réaction militaire des monarchies européenne, sans trop savoir que ces guerres avaient des enjeux économiques dans l'émergence du capitalisme comme mode de production. On ignore le plus souvent qu'il fut le premier grand dirigeant colonialiste moderne, peut-être parce que ses projets furent mis en échec partout par les Anglais. Mais ils annonçaient rien de moins que leur reprise victorieuse à partir de 1840 avec la conquête de l'Algérie, puis de l'Afrique noire et bientôt du Sud-Est asiatique. Du fait qu'il n'en reste aujourd'hui que les Départements et Territoires d'Outre-Mer, on fait comme si le moment colonial et impérialiste appartenait au passé, comme si la décolonisation y avait mis bon ordre. Mais tous les Français ne vivent pas du même côté de ce passé

le résultat, c'est les traces effacées des mémoires sauf chez les héritiers des victimes indigènes, et tout ce qui alimente aujourd'hui, quelques soient les idées politiques, l'idéologie française, structurée comme un inconscient... avec bonne conscience

Naissance de la bonne conscience coloniale Les libéraux français et britanniques et la question impériale (1770-1870) Jennifer Pitt 2008

Quels arguments ont pu justifier la domination coloniale des nations européennes sur le monde ? Par quel processus les idéaux des Lumières prônant l’égalité fondamentale de tous les êtres humains ont-ils été retournés pour cautionner l’asservissement de peuples entiers au XIXe siècle ? Comment certains penseurs libéraux, si virulents à l’égard du despotisme en Europe, ont-ils pu prôner, sans l’ombre d’un remords, la conquête des Amériques, de l’Inde, de la Chine puis de l’Afrique par les nations occidentales ?

Dans un essai rigoureux, Jennifer Pitts expose d’abord les critiques acerbes que des penseurs britanniques tels Adam Smith, Jeremy Bentham et Edmund Burke formulent à l’égard de la domination impériale de l’Inde par la Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle. Puis elle analyse le glissement progressif de la pensée libérale qui, sous l’influence de philosophes comme John Stuart Mill, réduit les autres civilisations du monde au rang de peuples « arriérés » et « barbares ». Bientôt c’est Tocqueville, penseur de la démocratie, qui se fait le promoteur de la colonisation de l’Algérie par la France.

La régression est si manifeste qu’au milieu du XIXe siècle, des deux côtés de la Manche, pratiquement plus aucun intellectuel n’est prêt à élever la voix contre un système qui spolie et massacre les peuples indigènes aux Indes, aux Amériques, en Algérie…

En remontant aux sources intellectuelles de la bonne conscience coloniale, Jennifer Pitts apporte une contribution essentielle à la compréhension de la première mondialisation si brillamment analysée par C. A. Bayly dans "La naissance du monde moderne".

vu du monde et d'ici

Compte-rendu par David Todd extraits « [...] Naissance de la bonne conscience coloniale poursuit, en l’affinant et en l’étendant à la France, le travail de révision de l’histoire du libéralisme politique, trop souvent européano-centrée, entamé par Uday Singh Mehta dans Liberalism and Empire, paru en 1999. La contribution majeure de l’ouvrage de Pitts est d’identifier un basculement décisif, d’un discours libéral globalement accusateur à un discours de célébration de la colonisation, entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Il offre un éclairage nouveau et original sur des penseurs trop facilement dénigrés, comme Burke, ou idéalisés, comme Tocqueville. L’analyse, claire et rigoureuse, emporte la conviction du lecteur, sauf la tentative de démontrer l’hostilité de Bentham à la colonisation, qui requiert trop souvent d’interpréter ses expressions de soutien comme des traits d’ironie.

Plus généralement, la dimension économique des débats sur la colonisation, pourtant fondamentale, reste reléguée au second plan. Les libéraux d’avant 1820 rejetaient moins le principe de l’expansion outre-mer que le « système colonial » reposant sur l’esclavage et l’obligation faite aux colonies de commercer exclusivement avec leur métropole. Une fois instaurées les libertés du travail et des échanges, il leur est plus facile de se rallier à un projet colonial qui a profondément changé de nature, même si certains libéraux de premier plan, mais non mentionnés par Pitts, comme Richard Cobden et Frédéric Bastiat, restèrent viscéralement hostiles à toute forme de colonialisme. Faut-il parler de revirement des libéraux sur la question coloniale ou d’invention d’une nouvelle colonisation « libérale » ? "Naissance de la bonne conscience coloniale" n’en pose pas moins avec brio les termes d’un nouveau débat historique essentiel sur les rapports complexes entretenus par le libéralisme démocratique avec l’universalisme. » 

retour du refoulé et inquiétude

cette idéologie française est très inquiétante, dans sa spécificité humaniste abstraite universelle, comme dans son universalisme prolétarien euro-centrée, cra elle ignore ou veut (faire) oublier à peu près tout des crimes connus en son nom d'hier à aujourd'hui. Elle ne l'est pas seulement en tant qu'alimentant le Conflit de civilisation cher aux néo-cons et supposée d'importation américaine, elle l'est en elle-même et concernant le devenir particulier des luttes de classe en France. Elle est inquiétante parce qu'il n'y a pas grand chose en face, et que même chez ceux sur qui l'ont croit pouvoir appuyer une "résistance", on compte ses amis, on en voit plus se défiler que prendre la question indigène à bras le corps

les seuls à pouvoir saisir l'importance du sujet, hormis les plus concernés mêmes en tant qu'indigènes, sont à mon sens les partisans de la communisation, mais la plupart sont plus préoccupés par ce qui annoncerait une révolution communiste, que par ce qui ne manque pas dès aujourd'hui pour de la repousser aux calandes grecques, et sans doute pas avant qu'une guerre mondiale n'en crée les conditions à grande échelle

dans la guerre, rien ne sert d'être pacifiste. Avant la guerre on n'est pas obligé de ne rien faire pour l'éviter. Si ce n'est pas la guerre du prolétariat, c'est toujours lui la chair à canon

19 mars

journal extime 2015

du Tout-monde et de la relation poétique

le monde, internet et moi

en passant par le passé, ce qui rend (im)possible une rencontre, la télévision, ma jeunesse, la vieillesse, Rimbaud : les Colonies ou la poésie ?

qui considère l'autre comme l'étranger réceptacle de son discours se voue à une fermeture, tôt ou tard implosive sur le plan individuel, explosive sur le plan social

poème dans les dents 2012

.

les abeill-es, bzz bzz bzz

l'abeille et la science, de Marx à nous

« Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habileté de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c’est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur.» Karl Marx Le Capital - Livre premier Le développement de la production capitaliste Production de valeurs d’usage et production de la plus-value 1867

Les abeilles savent compter et reconnaître un visage humain L'Express AFP autres

et comme tout finit pas une chanson, « l'essaim non pas les seins » : Bourvil, Les abeilles

« heureusement qu'c'est pas demain la veille, que les femmes deviendront des abeilles... » (oui parce que le bourdon après le coït ne se contente pas d'une petite mort, il crève... un rêve d'abolition du genre ?)

vu du monde et d'ici

dans faut rigoler...

.

la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

« La dérive négationniste n’est pas inhérente au concept de communisation... mais cette histoire ne doit pas être prise à la légère. »

lu sur dndf, flav 19 mars 

« La dérive négationniste n’est pas inhérente au concept de communisation, mais produit d’un résidu de programmatisme bordiguiste ayant trompé beaucoup de monde dont des communisateurs. On peut en parler, mais c’est pénible que ça revienne toujours comme un cheveu sur la soupe. Autant que les commentaires relatifs à cette histoire aille se greffer sur la page mise en liens par pepe. Du moins ce serait sympa, ça éviterait de casser le fil de discussion ici. Surtout que cette histoire ne doit pas être prise à la légère. Faudrait pas que ce soit juste pour lancer un discrédit

adé « C’est parce que la crise actuelle est moment critique des appartenances que la question des identités individuelles se pose comme recherche/rénovation de nouvelles identités. »

flav : « Oui, et c’est valable pour le néofascisme : d’une part il s’agit plus d’une réaction à l’impossibilité d’une nouvelle affirmation du travail qu’à une résurgence de celle-ci. D’autre part il y a la volonté très forte de naturaliser l’individu, ce qui entraine ce néofascisme sur le terrain de l’identité en général. Et forcément aussi en particulier, comme tu le dis, il façonne bel et bien l’identité ouvrière, mais plus précisémment l’identité d’ouvriers. Et non celle d’une entité pouvant réclamer légitimement le contrôle de la production. Extrait de la ligne politique du bloc identitaire : « Ils (la gauche socialiste et droite libérale) voient le salarié comme une marchandise et une ressource comptable, nous le voyons comme une personne concrète et enracinée. » Enfin ce néo-fascisme est mise en forme de la concurrence des prolétaires entre eux/p>

ben comme ça je me sens moins seul, et la formulation plus théorique est intéressante. Il faut aller jusqu'au bout, « la concurrence des prolétaires » sur quelle ligne ? Poser la question c'est y répondre : la ligne de couleur que définissait WEB Dubois au sein du prolétariat, et aujourd'hui la question dite notamment par les néofascistes de l'immigration (tu parles Charles...), et que j'appelle la question indigène. Dans le rapport classe, elle détermine aujourd'hui des lignes de fractures, et partant celles du débat, jusqu'à confronter au néofascisme les anarchistes, les communistes... et les communisateurs (voir ce jour discussions sur la communisation)

c'est une question théorique à considérer comme « une détermination objective » dans le cours des choses

à propos des discours politiques anarchistes et communistes sur la question indigène

j'ai défini la question indigène comme la problématique des identités sous lesquelles peut apparaître l'affrontement de classe au capital, en tant qu'il racialise les rapports économiques, l'idéologie et la politique. Je l'ai fait pour éviter de la poser uniquement comme décolonialisme et opposition Blancs-Autres voire conflit racial, tel qu'on le lit (pas toujours et à confirmer de moins en moins) chez le PIR, Parti des Indigènes

comme toute question sociale, certes aussi politique, économique et idéologique, la question indigène se pose dans les rapports sociaux, non par la médiation d'une quelconque représentation politique. De même que la question juive ne peut être cernée en s'en tenant aux discours du CRIF, de l'UEJF ou de l'UJFP, la question indigène ne peut l'être en se focalisant sur ceux du PIR. Cette représentation politique, selon ses caractéristiques sociologiques et son importance quantitative, sa "représentativité", peut être considérée comme plus ou moins légitime en termes de classe, mais elle traduit toujours des contradictions de classe (cf par ex. Marx, Les luttes de classes en France)

réduire la question indigène ainsi posée à ce qu'en dit le PIR ou à ce qu'on dit du PIR, c'est bien sûr la vision qu'ont toutes les organisations et les militants qui confondent l'affrontement de classes avec celui de leurs partis ou organisations. C'est le meilleur moyen de n'y rien comprendre

c'est ainsi que cela se présente par exemple au npa ou entre le npa et LO (voir le fil Indigènes de la République sur le Forum des marxistes révolutionnaires, depuis 2010). On trouve l'équivalent anarchiste sur le forum anarchiste Indigènes de la République : racisme et patriarcat. Inévitablement, la discussion sombre dans cette approche organisationnelle, en termes d'accords et désaccords avec le PIR, tel de ses textes ou de ses leaders, Houria Bouteldja étant la plus controversée

je fuis cette posture comme la peste pour deux raisons de fond :

- celle évoquée plus haut : la lutte des classes n'est pas une lutte entre orgas ou positions politiques

- c'est une posture d'extériorité, en tant que ceux qui l'adoptent, étant le plus souvent 'blancs', ne peuvent quoi qu'ils disent éviter de donner des leçons d'abord aux organisations indigènes, mais aussi aux prolétaires racialisés, posture dénoncée par exemple par Césaire dans sa lettre de démission du PCF en 1956, non seulement pour son stalinisme et les errements de son anticolonialisme, mais son fraternalisme, qui n'est qu'un paternalisme qu'on retrouve plus bas concernant l'extrême-gauche et les anarchistes d'aujourd'hui

la question indigène, telle que définie plus haut, est ainsi évacuée sous prétexte qu'elle serait comme la religion opium du peuple à sens unique, le principal obstacle à une conscience classe du prolétariat, et à son unité. Il suffirait de dénoncer cet écran visant à cacher les enjeux de classe pour révéler la réalité sous l'idéologie, tout en en tenant les indigènes pour responsables par leur « communautarisme ». Autrement dit, sous des apparences de débat actuel, on ressort les dogmes révolutionnaires inopérant aujourd'hui, et l'on se retrouve sans trop s'en émouvoir sur le terrain de l'adversaire, qu'il soit l'Etat, les médias ou l'extrême-droite, dont les indigènes sont une cible privilégiée, idéologique et policière, avec l'argumentation de l'extrême-droite

quelques exemples de cette posture chez des anarchistes :

- le site Base de données anarchistes diffuse le texte d'Yves Coleman Les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise

- entendu hier sur Radio Vosstanie : « le PIR, Parti des Indigènes de la République, une secte obscure racialiste, petite bourgeoise intellectuelle, à côté de la plaque , ignore l'athéisme prolétarien »

voici une Lettre ouverte d’un anarchiste indigène à un anarcho-colon pour décolonisation des abjectes mentalités que l'on trouve dans toutes les tendances à prétention révolutionnaires, et relire "l'homme blanc" doit écouter ses AutrEs - avec Amiri Baraka-LeRoi Jones et Maya Angelou, ce qu'a manifestement su faire Roland Simon pour avoir écrit le texte le citoyen, l'Autre et l'État

Pour en finir avec le communautarisme majoritaire et le suprémacisme européen Karim Ramadan 14 août 2005

Le texte qui suit, issu d’une liste de discussion anticolonialiste de la mouvance libertaire, s’en prend à cet anarchisme franco-français plus anti-religieux qu’anti-étatiste et plus autoritariste que libertaire. Il le qualifie de colonial, en des termes véhéments, mais qui nous paraissent hélas adaptés aux dérives qui se font jour jusque dans la mouvance libertaire française - on est tenté de dire franchouillarde...

Salut,

Ton intervention paternaliste montre l’énormité du travail a accomplir chez les anars francais et chez les petits colons de gauche en général. Ton monologue est basé sur une hystérie politique, sur un intégrisme et un sectarisme politique abject. De plus tes accusations ridicules montrent ton ignorance des groupes et individus que tu calomnies. Ma compréhension de l’éthique libertaire, c’est de commencer par savoir de quoi et de qui on parle, de fonder son commentaire sur une expérience personnelle ou sur une communauté de vécu d’une situation. (Sans avoir besoin pour autant d’être un spécialiste) [...]

et cette chute, qui vaut son pesant de cacahuètes pour l'incontournable auto-organisation à laquelle sont convoqués vers la communisation tous les prolétaires, et dans leurs spécificités quand ils sont des femmes, des indigènes, ou pire, les deux

« Les indigènes ne peuvent compter que sur eux-mêmes et ne s’attendre à aucune solidarité militante, sauf celle bourrée d’arrières-pensées électorales de quelques zombies rescapés du trotskysme électoral ou des Verts.»

il est également clair que ce qui vise le plus avancé en la matière électoraliste, le npa, cela vaut aussi pour les partisans de la communisation qui penseraient sauter les étapes en promouvant ses thèses dans les milieux militants indigènes. Ce n'est pas mon objectif, parce que si je m'intéresse aux PIR, je ne me fais aucune illusion sur son existence comme parti, même s'il devenait puissant et plus 'prolétarien'. Cela posé, je considère indispensable d'enrichir la critique radicale, communiste, par les deux bouts de la théorie et de luttes dans leurs spécificités

je pose la question indigène comme féconde pour penser la communisation, à entendre des deux côtés. Compte-tenu de mes origines, je ne vais pas porter la bonne parole en milieu indigène, ni au PIR ni dans les quartiers ou j'ai néanmoins des ami.e.s. Je fais le boulot qui me semble prioritaire parmi ceux qui ont les mêmes origines que moi, ou qui malgré leurs origines croient pouvoir les effacer par un discours de dénégation, quand ce n'est pas des insultes fleurtant bon avec la prolophobie et le machisme racialisés de l'idéologie capitaliste occidentale

à lire complet dans discussions sur la communisation

.

discussions sur la communisation

« la communisation n’expose pas une réponse mais une question : comment...? » flav dndf

« L’emploi du futur au lieu du subjonctif n’exprime en rien une inéluctabilité de la révolution (je ne suis pas madame soleil, R.S. non-plus d’ailleurs!), mais que l’exposé de celle-ci est déduite des conditions présentes, et n’est pas d’ordre spéculatif (quoiqu’il peut accidentellement y en avoir, l’erreur est humaine, et le lecteur supposé critique et attentif).» Flav

dans une intervention salutaire sur dndf, flav fait écho à mes remarques récentes sur le communisme et l'individu, les identités y compris néo-fascisantes, le comment au présent, etc. Il annonce un article prometteur. Ainsi le texte de RS le citoyen l'autre et l'Etat « ne passe plus à la trappe » nigaude. Bribes :

- question identitaire et néo-fascisme : « d’une part il s’agit plus d’une réaction à l’impossibilité d’une nouvelle affirmation du travail qu’à une résurgence de celle ci. D’autre part il y a la volonté très forte de naturaliser l’individu, ce qui entraine ce néofascisme sur le terrain de l’identité en général. Et forcément aussi en particulier, comme tu le dis, il façonne bel et bien l’identité ouvrière, mais plus précisemment l’identité d’ouvriers »

- individu - capital : « la notion d’individu renvoie nécessairement à une subjectivité qui ne peut pas ne pas être en rapport avec une société, d’où la nécessité de son dépassement. » Tout le passage est très intéressant, individuation/dividuation (j'avais une page là-dessus dans Ressources classées sur la communisation)

- « contrairement à l’identité ouvrière, qui s’est révélée soluble dans le capital, le fait que l’auto-négation de l’individu coincide avec le procès de son abolition tel qu’il est jusqu’au bout médié par son rapport (anthropique) au capital, tient la route. Ce n’était pas le cas de l’autonégation du prolétariat : la négation n’est qu’une affirmation négative, or en tant que médiation l’identité ouvrière s’est révélée être soluble dans le capital (subsomption réelle du travail), donc la négation de cette médiation (qui n’est pas identique au prolétariat) ne pouvait qu’être mise en forme de sa solubilité dans le capital. »

c'est un problème que j'avais soulevé dans la théorie de TC comme « démonstration par l'absurde », la théorie ne pouvant pas être fausse à terme, même en cas d'échec, mais inopérante tant qu'elle n'est pas fondée dans les contradictions actuelles. C'est alors qu'elle apparaît comme déterminisme ou spéculation, et c'est ainsi que des « partisans de la communisation » la présente souvent, la servent et s'en servent à l'envers

- parler au présent de communisation « l’exposé de la révolution est déduit des conditions présentes, et n’est pas d’ordre spéculatif. [...] Le problème n’est pas la réponse mais la question. Autrement dit la communisation n’expose pas une réponse mais une question : comment une classe agissant en tant que classe peut-elle abolir les classes ? On se sert des contradictions actuelles pour sans cesse réexprimer cette question. Ce qui légitime la question c’est que le capitalisme est une contradiction »

la théorie avance impure : la question du comment s'est précisée de plusieurs autres

la question du comment ne peut pas être posée comme recherche du retour d'une identité de classe (ouvrière, prolétarienne, humaine...). Ce serait contradictoire à la théorie  même de la communisation. L'identité de classe sous-jacente est médiée par d'autres identités, bases de luttes partielles contre le capital, et ce sont elles qu'il convient d'interroger dans leur rapport de classe au capital. Autrement dit, la théorie ici se fait concrète, elle se salit les mains avec des réalités impures, au lieu de se prétendre théorie pure, structuraliste et conceptuelle en gardant l'esprit propre de toute contradiction, qui exit le genre, qui exit la "race", qui exit le néo-fascisme, etc.

moralité : il faut se saisir précisément de ce qui nous gêne, et qui est normal car le capitalisme ne va pas nous servir des solutions sur un plateau. La question identitaire, la question indigène, la question de la domination mâle, trois questions qui se posent y compris dans l'objectivisme communisateur militant voire programmatiste, et ses spéculations hors-sol, contre l'intérêt actuel du concept

peut-être que ces questions je les pose encore de façon trop spéculative, mais à ce stade de leur apparition, on ne peut ni les écarter, ni en faire l'alpha et l'omega du passage de l'abstraction théorique au concret d'une théorie-lutte, pour la raison première que les luttes qui les portent ne les revendiquent pas explicitement, consciemment, et ne sont donc pas (encore ?) la base d'une subjectivation révolutionnaire. Mais si elle ne les posait pas, à quoi servirait de faire une théorie de la révolution ?

.

l'amaigrissement qui vient

« Les députés refusent d'interdire les mannequins trop maigres » Le Monde 18 mars

le mannequin maigre est l'avenir de la femme, qui est l'avenir de l'homme, dit le poète

le Prophète voit une cure d'austérité aggravée après les élections de Miss Département, qui défilera sur les tréteaux très tard sans prendre le temps de manger du cochon

vu du monde et d'ici Toutes les mêmes !

c'est pas drôle...

 

18 mars

la victoire enchantée des néos-cons...

bibi, la vedette hollandaise de la manif Charlie, a gagné

Victorieux, Netanyahou met le cap très à droite Tribune de Genève 18 mars
Israël - Son triomphe-surprise en poche, le premier ministre veut former une coalition avec ses alliés religieux et nationalistes

victoire du « peuple juif » d'Israël, avant-garde à son insu de l'impérialisme occidental

victoire aussi du philo-sionisme des zélites françaises

victoire toujours des petits cons 'antifas' et 'néofas', et de leurs amis de la police française dans leur chasse aux sorcières arabo-indigènes

victoire encore pour l'anarcho-gauchisme français, le plus bête du monde

défaite palestinienne, défaite prolétarienne, défaite indigène, défaite pour la communisation, défaite pour la pensée radicalement libre et critique

.

et pendant ce temps las

le sexe des anges communisateurs

Questions pour les partisans de la communisation dndf 18 mars

Le retour aujourd’hui à Francfort du couple Black Block / démocratisme radical est-il le symptôme de l’enlisement actuel des luttes et de l’incapacité conjointe du capital à se restructurer, situation dont la Grèce serait le paradigme ? Ou juste une occasion de se fendre la gueule ?

Violents incidents à Francfort en marge de l’inauguration du nouveau siège de la BCE

Vous avez tout le temps que vous voudrez pour répondre, personne ne ramasse les copies

c'est plus fort qu'eux, dès qu'ils voient ce genre d'agitation folklorique par quelques centaines de totos pour l'Europe entière, ça les excite... Le monde existe dans leur tête comme un dogme ancien de TC à vérifier, quand RS, qu'ils prennent pour leur gourou, s'efforce de faire de la théorie un chantier permanent

rien de nouveau sous le soleil, LA théorie est devenue invariante / le problème est dans la question : comment une analyse d'il y a plus de 12 ans... / l'opium des pepeistes de dndf / « une occasion de se fendre la gueule ? » surtout une occasion de plus, pour pepe, de prendre ses lecteurs pour des cons et de souligner ses propres limites

ils ne sont plus dans aucun camp : des zombies du moment présent

à lire dans discussions sur la communisation

 

la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

la nausée vue sur Internet, mais ailleurs ?

j'insiste sur le fait que je ne connais pas ces milieux, encore moins côté droit. Ce que je vois, c'est la présence sur Internet, et là ya pas photo : ce qui était le plus répandu il y a 5 à 10 ans, sur des blogs d'ultra-gauche anarcho-autonomes, comme réception activiste du concept de communisation, y compris par les liens de dndf aujourd'hui moribonds, c'est remplacé aujourd'hui par des blogs "néo-fascisants" d'un aussi haut niveau d'intellectualité. Un Soral n'est là qu'un intermédiaire mais particulièrement médiatisé, entre des idéologues 'théoriciens' et le caractère populiste de la propagande, notamment en direction des banlieues et du prolétariat de toutes couleurs de peau, pour le rabattage électoral vers le FN. D'un côté ça "nettoie" le concept de communisation (dans le sens où le fait Dauvé par exemple), d'un autre avec ou sans le concept, ça déménage à droite...

tout se passe comme si le rapport entre théoriciens et activistes/militants était du même genre que dans Meeting et SIC (2004-2012), entre TC et le milieu dont Denis/Léon de Mattis était alors un 'leader objectif'. Francis Cousin, avec sa référence à Marx et son usage de la communisation comme immédiateté révolutionnaire à base prolétarienne-post-humaniste, serait le plus théoriciste de la bande, d'où mon trouble au départ, à l'immigration près... l'aporie des théories de la communisation, sauf la mienne. Ça valait vraiment le coup de virer «Endnotes» pour sa «dérive universitaire» et ses «PowerPoint», alors que ces Britanniques étaient les seuls à poser la question raciale sur la table de la communisation

tout ça une fois de plus pour la fermer, aujourd'hui sur l'activisme facho-révolutionnaire : quelle perspicacité et quel courage ! Ça me rappelle l'avant-guerre, et la critique radicalement prolétarienne du fascisme à base antisémite et de "la guerre impérialiste" : « pas notre problème », analyse dont le fond se retrouve évidemment dans le problème qu'a eu l'ultra-gauche avec le "négationnisme" revendiqué par une poignée de la Vieille Taupe, des « vieilles lunes » pour le Don Quichotte de dndf qui bavasse sur les identités comme un problème remis à la communisation, plus tard... et trop loin

.

féminisme et critique du genre / critique de classe

« Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi la femme est l'avenir de l'homme au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme Aragon

« On fait maintenant partie, non sans difficultés ni oppositions de certaines, du paysage féministe français »

un texte de mai 2010

Féministes découvertes… avec ou sans voile ! Retour sur six ans d’engagementNdella Paye Mamans toutes égales 14 mars/p>

vu du monde et d'ici

dans mon approche des interactions entre classes, genre et 'races' ou religions, j'ai soutenu l'idée qu'il n'était pas possible d'articuler empiriquement classe et genre sans passer par la question raciale voire religieuse (concernant l'Islam voir le Christianisme). Je m'appuyais sur les luttes effectives dans lesquelles les femmes tiennent une place prépondérante dans le monde, et particulièrement sur la singularité du Black Feminism, dont l'intérêt théorique a également été souligné par Théorie communiste

aujourd'hui, ayant avancé dans cette insectionnalité à dominante sous le mode de production capitaliste (voir Stuart Hall et Althusser dans le monde et le capital, l'Occident et les autres), je le formulerais autrement particulièrement concernant la France, autour de 'la question indigène' en tant qu'elle prend une place déterminante dans la conjoncture post-Charlie

limites, mais... dynamique ?

pas d'emballement, il ne s'agissait dans ce texte que d'une « jonction » souhaitée dans le féminisme français, et avec des figures telles que Delphy ou Catherine Samary, pour rompre avec le phénomène de masse d'un féminisme blanc de couches moyennes et supérieures. Cela s'inscrivait encore dans une perspective démocratique, revendicatrice et politique. C'était il y a cinq ans, mais pour l'heure, ce sont en matière de féminisme encore de telles luttes que nous avons sous les yeux. Il n'est toutefois pas improbable que la situation devienne plus tendue, sur cette question comme sur d'autres...

pour tout dire, à voir la fureur anti-religieuse et anti-voile dans le discours "féministe" de certains mecs d'extrême-gauche, je pense qu'ils sont plus réellement machistes que vraiment racistes. Mais l'un n'empêche pas l'autre, et que les femmes s'en mêlent sur ce double terrain, qui implique de fait la dimension sociale, c'est encore par les temps qui courent une des meilleures nouvelles. J'y vais de mon couplet aragonien* revisité : les femmes sont l'avenir des hommes !

* cf introduction à mon long feuilleton « la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) » sur le défunt forum Jazzitude en 2013

vu du monde et d'ici

esprit de l'escalier, pour ma lectrice qui aime les images, petite pub pour les centaines que j'ai regroupées (si elles n'ont pas disparu dans le séisme de mon ordinateur), ici : Images de musiciennes de l'antiquité à nos jours. Ça ne vaut pas un bon travail d'historien ou d'anthrologue de la musique, mais ça peut aider à balayer quelques idées reçues

à lire complet dans féminisme et critique du genre / critique de classe

 

critique de l'économie politique

« un « chevauchement monstrueux » entre monde d’avant et monde d’après »

toujours instructive, la livraison mensuelle de leap, un Think Tank qui analyse la conjoncture et propose ses conseils aux investisseurs, on s'en doute payants

2015 – Médias, finances, système-pétrole, appareil militaro-industriel, QE : la guerre des narratifs Geab

je laisse ma lectrice répondre à la question : en tant que « narratif », Patlotch « tente-t-il d'imposer sa vision du monde pour dominer celui-ci » ? Si j'en avais le pouvoir, et fort de l'info que je ne fus pas un enfant désiré, je dirais plutôt « si j'aurais su, j'aurais pas v'nu ». Cela dit, les choses étant ce qu'elle sont, je suis venu, j'ai vu, j'ai vécu...

plus sérieusement, analyse à recouper avec les informationsDans le monde une classe en lutte, d'Échanges et Mouvements... qui ne fait pas dans le « narratif »

complet dans éléments pour une 'critique de l'économie politique'

.

contraintes extérieures-intérieures

fragmentation du prolétariat entre luttes ouvrières et luttes écolo-radicales : faites vos jeux

St-Nazaire: la CGT fait grève pour tabasser des écolos... Athénéo du Puy-de-Dôme, Anarchie... 16 mars

sujet pour le bac pro option "communisation"

1) quelles sont les bonnes « limites » de l'affrontement au capital entre « contraintes extérieures » de l'appartenance à la classe ouvrière, ou à l'humanité menacée de périr

2) le slogan « tout ce qui existe mérite de périr » est-il communisateur ou capitaliste ?

dans le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

.

la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

quand un facho mange le morceau

« Ce brave garçon, dégoûté de la besogne immonde qu'on lui faisait accomplir, s'était décidé à manger le morceau et à documenter les nationalistes » Léon Daudet - Au temps de Judas

à propos de « l'Insurrection qui vient » : « ultra-gauche » et « fachos », convergences et désaccords

le point de vue de Michel Drac, frère des Cousin, Cerise, Vauclin... idéologues des activistes nationalistes

« intéressant de parcourir cette « insurrection qui vient ». D’autant plus intéressant que, comme on va le voir, la pensée de l’ultra-gauche présente un certain nombre de points communs avec la nôtre ». Il est intéressant de le faire du point de vue communisateur qui, dans la décennie 2000, a entretenu des polémiques théoriques avec les thèses de Tiqqun et du Comité invisible. Quelques textes de 2004 à 2015 [...]

La théorie de la communisation et la question du fascisme dndf novembre 2012

extraits en traduction automatique, pas le temps de faire mieux, mais le texte demanderait à bénéficier d'une traduction française intégrale correcte, puisqu'on y trouve la plupart des ingrédients relevés dans la mouvance dont parle cette page, avec ces définitions qui sont aux yeux des zombies du milieu radical des oxymores : « fascistes de gauche », « nationalistes autonomes », « anarchistes nationalistes »

Même une communisation partiellement racialisée est concevable [...] Aujourd'hui... « fascistes de gauche », « nationalistes autonomes » et ainsi de suite, dont le rêve est exactement cela, et leurs chances pas si mauvaises. Dans leur monde, Hitler est coupable d'avoir vendu à la révolution national-socialiste « les Juifs » et « le système »

si une part d'entre nous sous-estime la possibilité de leur victoire par une croyance résiduelle inscrite en quelque sorte dans l'ADN de l'histoire mondiale qui, après le capitalisme, ne peut que s'améliorer, nous le faisons à nos propres risques et périls... 

dndf y relevait « une vision pessimiste de la sortie de crise » et la distinction entre théoriciens (TC, Hic Salta, Top Loin) et « Ceux qui peuvent être définis par un concept «volontariste » de la communisation associé à des gens influencés par la revue Tiqqun et des publications attribué au « Comité invisible» comme «The Call» (2004) et «L’insurrection qui vient » (2007)». Aujourd'hui le pessimisme est devenu un peu plus réalisme, puisque les murs théorico-politiques ont explicitement sauté entre cette dernière mouvance et les «fachos», jusqu'à utiliser le concept de communisation (Cousin). Cette mise en garde anglaise à nos amis de leur milieu est donc un peu plus actuelle

et voilà pourquoi votre fille est muette

et moi qui la ramène en « antisémite », en « islamo-gauchiste », avec mes « indigènes », toutes alertes bienveillantes de "camarades", étrangement similaires aux critiques des fachos, dont Yves Coleman est le soldat 'racisé' en pointe pour la défense des « Juifs » : vous avez dit idéologie dominante ? mais est vrai que nos apprentis sorciers militants sous-théoriciens n'appartiennent pas à la "race" menacée

comme disait Marx, « les individus sont toujours partis d'eux-mêmes...». Concernant l'appartenance à la classe mais aussi à la 'race' dominante « et plus encore dans la tribu », ce milieu de l'entre-"nous" des "camarades", « ce fait reste encore caché »

allez, parler, c'est plus sain et ça fait du bien : Silence sur Gaza... B.L. Théorie communiste, 10 janvier 2009

à lire complet dans la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

.

plan du site Table des matières complète / Ancien site LIVREDEL  Sommaire

mise à jour du plan d'accès simplifié

17 mars

de chacun selon ses Indiens, à chacun son racisme

après Tintin ou Congo, vient le tour de Tintin et les « Peaux-Rouges » d'être critiqué pour racisme colonial

vu du monde et d'ici Vestige du colonialisme

Les « peaux-rouges » n’apprécient pas Tintin Affaires Internationales 17 mars

Cette fois-ci, ceux sont des habitants de Winnipeg, dans le sud du Canada, qui réclament le retrait de « Tintin en Amérique » des étalages des librairies « Chapter’s ». D’après l’une de ces résidentes en colère, « les Indiens sont présentés comme des êtres sauvages et dangereux », tandis que « le petit Tintin, sans défense, fait écho au racisme que nous subissons ici » [...] dans cette province du Canada. Ils représentent ainsi plus de 15 % de la population et selon des documents du gouvernement fédéral, ils auraient plus de chance « de grandir dans la pauvreté, d’abandonner l’école, de dépendre de l’aide sociale, de vivre dans des logements délabrés et d’être victimes de violence familiale ».

à quand le tour de Tintin au pays de l'or noir ?

un Peau-Rouge! au secours !

vu du monde et d'ici présence du néocolonialisme ?

à suivre dans faut rigoler...

.

la question indigène et la communisation

prenant acte que la page « une caution intellectuelle à Houria Bouteldja ? » est une des plus lues de mon blog (je ne choisis pas), je la remonte dans l'arborescence du blog à côté de la communisation comme abolition du racialisme

* le titre « une caution intellectuelle...» s'explique par l'interpellation d'un certain nono sur le site dndf, voir 17 janvier 2014, en bas. Elle a justifié ma réponse et l'ouverture de cette page

dans l'actualité française et mondiale, elle s'avère un bon choix (celui de ma lectrice = mon lectorat) pour des commentaires permanents, autour de l'évolution des positions du PIR (ou d'autres 'autres'), de la question indigène et de la théorie de la communisation qui se croisent autour du problème des identités de lutte sous lesquelles la lutte de classe ne pourra plus que s'exprimer jusqu'à l'unité "prolétarienne" ou "humaine" abolissant le tout

mes différends avec le PIR sont clairs, mais je n'ai pas à leur faire de leçon. Je prend le PIR comme une réalité nécessaire dans la situation française, une expression contradictoire mais significative d'un besoin d'auto-organisation des indigènes (comme par ailleurs et de façon liée les femmes), dans les limites politiques et idéologiques que lui assigne ce parti, en tant que parti politique [...]

"Houria Bouteldja", le nom de contradictions de la lutte de classes dans ses rapports de 'femmes' et 'races', nations et religions

"Houria Bouteldja", je n'en fais pas une figure historique et symbolique telle qu'en son temps une Angela Davis avec son livre Femmes, classe et race, mais le nom emblématique et problématisant de la question indigène en France, en tant qu'elle est question de 'race', de femme, et de classe comm structure dominant le capitalisme comme mode de production et de reproduction

cela permet de considérer comme un problème actuel la perspective d'une abolition du capital par une révolution communiste selon le concept de communisation

cela permet de comprendre concrètement et donc théoriquement les identités de luttes sous lesquelles est produite en France une lutte de classe qui ne trouvera plus son unité sous une identité prolétarienne effective en tant que telle, depuis la disparition de l'identité ouvrière dans la restructuration du capital, et face à sa récupération néo-fascisante nationaliste, écologiste et féministe, par l'idéologie, la théorie et la politique dans les actes qui définissent un funeste destin

PS : à qui cela dérangerait les certitudes occidées, disons qu'un (ultra-)gauchisme n'est pas pire qu'un autre dans son objectivisme et son aveuglement, quand sa limite est son identité, sa surdité à l'Autre'... Il n'y a pas de bonne compétition au nom des prolétaires contre le capital : l'identité du pire est-elle bien où l'on pense ? Un grand plaisir pour moi de chatouiller où ça démange

.

les pendules mises à l'heure du monde en mars

ET LA LUTTE DE CLASSE DERRIERE LES PARAVENTS IDEOLOGIQUES ? Dans le monde une classe en lutte, Échanges et Mouvements 17 mars

GRANDE DISTRIBUTION, GRANDE EXPLOITATION, LE MENSONGE ORGANISÉ / LES CRIMES DU CAPITAL  / LES MULTIPLES VISAGES DE L’EXPLOITATION / LES TRANSPORTS, LA CRISE ET LES LUTTES / LES VISAGES MULTIPLES DE LA RÉPRESSION / OCCUPATIONS ET ÉMEUTES  / VASES COMMUNICANTS / Activités syndicales

précision : comme il le dit lui-même, Yves Coleman n'est que le webmestre de mondialisme.org, site qui sert de caution à sa dérive obsessionnelle judéocentrée, aveugle précisément aux données mensuelles d'Échanges et Mouvements sur le capitalisme et les luttes de classe dans le monde

.

pudeurs sur la ville

les trous noirs de la France du capital et des gauchismes identitaires

sept photos en allant faire les courses, ce soir

vu du monde et d'ici classe, genre, race : la banlieue mise au ban

vu du monde et d'ici philosémitisme d'État

vu du monde et d'ici misère noire : quelle couleur ?

nous attaquerons le capital et ses politiques par tous moyens de la théorie, de l'action, de la représentation du réel par une poétique qui n'est pas à vendre

les autres images dans promenades socio-poétiques

 

indigène domestique ?

entre asianité et pastiche du théâtre nô, dont sont friand.e.s les Nippon.e.s, humour et masque de beauté à domicile

vu du monde et d'ici Mo sous la peau poèmes

dans faut rigoler...

 

difficulté sud-américaine pour l'impérialisme américain

Défaite d’Obama : la totalité des gouvernements sud-américains lui demande de retirer son décret qui prévoit une invasion militaire Étasunienne au Venezuela

j'avoue n'avoir pas bien suivi cet épisode qui agite surtout, en France, les nationaux-populistes, la gauche gauche et les gauchistes, comme les complotistes en mal de blabla virtuel. Il n'empêche que c'est une ligne de confrontation pour l'Occident capitaliste en crise de suprématie. Sans illusion sur les voies étatiques de libération de l'Amérique du Sud, je ne boude pas mon plaisr quand les Yankees se prennent une claque

« Cinglante défaite pour Barack Obama et nouveau pas dans l’unité et la souveraineté latino-américaines : tous les Etats membres de l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur), à savoir l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela se sont réunis en session extraordinaire à Quito ce samedi 14 mars 2015 pour manifester leur rejet unanime du décret pris par Washington contre le Vénézuéla le 9 mars 2015 parce qu’”il constitue une menace d’ingérence et de violation de la souveraineté et du principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres États”.»

vu du monde et d'ici

.

la phrase du jour

L'Assemblée nationale adopte la proposition de loi sur la fin de vie  L'Express 17 mars

avec tout le respect dû à qui est menacé de mort par vieillesse ou maladie, c'est bien en effet à une fin de vie de la représentation politique qu'il convient de se préparer, qu'on soit ou non député ou aspirant à la fonction

vu du monde et d'ici

dans faut rigoler...

.

la théorie de la communisation et 'la question indigène'

j'utilise l'expression 'la question indigène' comme traduisant de façon simple la problématique des identités de luttes de classe, un concept théorique que j'ai formalisé comme un appel le 18 juin 2014, dans abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus

la ligne de classe vs la ligne de couleur ou les limites de l'anti-racisme indigène du PIR

Non au(x) racisme(s) d’État, non au philosémitisme d’État ! Manifestation samedi 21 mars 2015, à 15h à Barbès PIR

cet appel souligne à juste titre le caractère structurel du racisme d'État à l'encontre des "Indigènes" (« Afro-antillais, Arabo-musulmans, Rroms...») et le fait qu'il n'existe pas l'équivalent à l'encontre des « Juifs ». Il souligne une différence : « il est vrai que persiste en France un antisémitisme traditionnel, alimenté par les officines d’extrême-droite. Mais il n’y a pas d’antisémitisme d’État. Les Juifs ne sont pas discriminés au logement ou au travail, ne sont pas harcelés par la police et ne subissent pas de propagande antisémite à grande échelle dans les grands médias nationaux

tout un chacun peut certes constater « Cette politique basée sur un traitement privilégié dont bénéficie la répression de l’antisémitisme par rapport aux autres racismes ».

mais au PIR, on ne trouve que marginalement une analyse de classe, ou une critique du Capital, dans cet appel il n'y en a pas. On ne veut connaître que la ligne de couleur, l'héritage du colonialisme, pas la ligne de classe comme structurante. Pourquoi le PIR évite-t-il de souligner le caractère social de ces discriminations, le fait que les indigènes des couches moyennes et supérieures ne sont pas, ou très peu, victimes de ces discriminations ? Une raison est la nature politique et la composition de ce parti pris dans ses contradictions, par exemple refuser « l'intégration » à la République mais revendiquer « le droit de vote des étrangers »

un des fondateurs du PIR, Youssef Bousoumah, compagnon d'Houria Bouteldja, va jusqu'à prétendre : « Aujourd'hui, Les musulmans ne sont plus O.S. ou femme de ménage, bien que ces métiers ne sont pas dégradants, ils sont maintenant enseignants, médecins, professeurs, physiciens, chercheurs, ils sont partout, ils sont sortis de l'enclave dans laquelle on voulait les enfermer, et c'est cela qui est insupportable pour les islamophobes et l'impérialisme

sans parler de la contre-vérité sociologique, et de la contradiction à relever ailleurs le sort des prolétaires indigènes des quartiers, on ne saurait mieux affirmer un point de vue d'indigène des couches moyennes. Comme le remarque un militant de LO dans un propos rapporté ici par vérié du npa :

« C'est l'esprit brouillon habituel du PIR, où un impérialisme désincarné aurait un problème avec l'acquisition de compétences par les musulmans. Il faudrait déjà prouver cette ascension sociale. [...] Surtout, cela montre que le PIR comprend le racisme comme une survivance coloniale, alors que les injustices de classe sont dans cette perspective de moins en moins d'actualité.

La grande faiblesse du PIR et de ses intellectuels sympathisants qui sont philosophes et non historiens, c'est qu'ils se perdent dans des concepts plus que dans de véritables contextes. [...] Boussoumah nous parle de ses copains, pas du chômage

au total, avec cette ligne d'un anti-racisme certes plus concret que celui universaliste abstrait de l'idéologie française républicaine et démocratique, le PIR ne franchit pas le pas d'une analyse de classe. Il a beau revendiquer l'héritage de WEB Dubois, de Césaire (je parle de ses positions les plus tranchées telles dans la Lettre de démission du PCF en 1956), ou plus près de nous d'Angela Davis (Femmes, Races, Classes, le titre de son nlivre le disait clairement en ), il fait preuve d'une véritable régression d'analyse. Pourquoi ?

le fait de se poser en parti politique de représentation dans la compétition démocratique conduit le PIR aux concessions démagogiques habituelles, et c'est ici qu'il faut chercher aussi sa critique du philosémitisme d'État, une critique qui déplace l'alliance de l'Etat français à l'impérialisme occidental avec l'État d'Israël fondé et entretenu aux avants-postes dans une région où le capitalisme occidental entend maintenir sa présence pour des raisons géo-stratégiques économiques et militaires (rente pétrolière, ligne d'affrontement avec l'Asie voire la Russie)

cette posture est bien sûr contradictoire avec la nécessité, telle que la formule Saïd Bouamama, d'une auto-organisation des indigènes, en quoi l'on voit bien que le PIR et ses environs idéologiques présentent des clivages que ne traduit pas la façon habituelle d'en parler

la question indigène comme problème actuel de la communisation pour théoriser les identités de luttes de classe

du côté de la théorie de la communisation, nous pouvons relever de tels clivages de façon symétrique dans la relation classes/identités

la ligne générale apparaît comme sous-estimant le facteur de 'race' comme structurant historiquement et pratiquement le capitalisme de ses origines à aujourd'hui. La gêne patente pour simplement parler de ces questions n'est pas ailleurs, il ne faut pas sortir de l'orthodoxie du marxisme occidental blanc, même si cela suppose de petits arrangements avec Marx (Marx aux antipodes)

ici le problème n'est pas lié au fait que les théoriciens de la communisation ne soient pas des prolétaires, au fond les mêmes couches sociales, à la 'race' près que celles des leaders du PIR, puisqu'ils ne revendiquent ni avant-garde, ni parti

théoriser les identités de luttes de classe, c'est d'une part tirer toutes les conséquences de la disparition de l'identité ouvrière et de l'affirmation que l'unité du prolétariat ne reviendra plus avant la communisation comme passage à son auto-abolition, et d'autre part pouvoir parler au présent de la communisation de façon concrète liée au cours du capital et aux luttes que nous avons sous les yeux avec leur forte composante identitaire de 'race', de 'nation' et de 'religion'. On voit ici en quoi le discours du parti des Indigènes nous concerne en ses limites mêmes

eurocentrisme

le seul en dehors de mézigue à l'avoir exprimé dans le milieu de la communisation à l'avoir exprimé, mais de façon très partielle, est Karl Nesic, dans son explication à l'arrêt de publication de TropLoin en 2012, Et maintenant ? : « Vouloir prendre à bras le corps la compréhension réelle de ce monde, ou au moins s’y essayer en évitant par exemple de répéter les mêmes généralités entendus depuis des années et déjà fausses en 1975, conduirait obligatoirement à la mise en cause de quelques certitudes, et je ne pense pas les communisateurs capables de cet exercice. Quelques exemples en vrac : - Un européocentrisme qui n’ose pas dire son nom, qui pose comme impossible le développement économique, politique et social de pays dits émergents comme la Chine ou l’Inde. Je ne dis pas que ce développement adviendra nécessairement, mais qu’il demeure une forte probabilité, si ce n’est possibilité »

une prétendue « sclérose théorique »

Nesic considère que « Le  mouvement communisateur se trompe de période historique. Il commence d’ailleurs à être atteint de sclérose théorique, dont il ne se débarrassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain, tant il est évident qu’il n’y est poussé par aucune réalité sociale.» Quant à la sclérose théorique, c'est peu ou prou l'avis exprimé par Wajnzstejn de Temps critiques, dont le vide d'analyse du racialisme de classe est patent, comme dans La critique radicale de la valeur (Wertkritik) : vous avez dit philosémitisme ? Je pense pourtant avoir cerné les apories des thèses sur la communisation dans ce qu'elles ont de commun à toutes leurs expressions devenues classiques

tout se passe comme si « il va falloir attendre », puisque c'est trop loin. Le résultat visible est d'évacuer l'intérêt actuel de la question des identités de luttes de classe, avec comme lourde conséquence l'incapacité de parler au présent de la communisation, non seulement en France mais partout dans le monde où elle s'annonce comme un problème majeur des luttes, de celles des femmes dans les pays néo-néocolonisés au symptome États-unien de Ferguson, en passant par la question des migrants en Europe, en Grèce, l'ennemi principal islamiste, les nationalismes ukrainien, russe, japonais, etc. et la tension à la guerre mondiale sous pavillon de « la communauté internationale », à savoir l'Occident capitaliste

le fait que la révolution communiste ne soit pas programmée demain matin ne signifie pas que toute activité communiste est vaine, à rejeter comme « militantisme » ou vouée au théoricisme attentiste

le seul théoricien à avoir fait écho à mes considérations théoriques, et en quelque sorte répondu à mon appel à approfondir la théorie de la communisation menacée de cette sclérose, est Roland Simon dans son texte le citoyen, l'autre et l'État. Encore faut-il le distinguer ici à titre personnel, puisque d'autres membres ou proches de Théorie communiste sont assez loin d'en tenir compte, et reproduisent leur retard sur la ligne générale antérieure, d'avant Charlie

il est donc faux d'affirmer qu'il y aurait sclérose théorique. Il est au contraire tout à fait intéressant de constater que ce que j'appelle en raccourci la question indigène est devenue à part entière un problème actuel de la théorie de la communisation, en tant qu'elle nous apprend à théoriser celle des identités de lutte. Il est normal que RS l'exprime dans la formalisation théorique qui lui est habituelle et dans la continuité du chantier permament de Théorie communiste, comme il est normal que je l'exprime à ma manière. L'important, c'est que cela puisse alimenter les discussions au-delà du milieu identifié comme celui de la communisation, puisque celle-ci n'a et n'aura ni milieu ni centre

PS : cette ligne de classe renouvellée par la question indigène est le discriminant essentiel qui distingue notre approche communiste de la récupération par l'extrême droite (Marine Le Pen saluant l'ultra-gauche théorique, le néo-situationnisme "marxien" Francis Cousin, le nationaliste Lucien Cerise et les activistes néo-fascistes de La dissidence française avec son collage au Musée de l'Immigration. Voir la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France)

dans discussions sur la communisation et une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?

16 mars

la forêt est un état d'âme

dialectique de la nature et théorie du reflet française de souche

en douze photos + sept en Forêt de Notre-Dame, aujourd'hui

vu du monde et d'ici

indianité

vu du monde et d'ici

à suivre dans la forêt est un état d'âme

.

la phrase du jour

« On s'ennuirait s'il n'y avait pas de rumeurs » Poutine, dont la non apparition inquiétait depuis deux semaines, FranceTV

il n'a pourtant pas l'air drôle, mais c'est vrai, sans théorie du complot, on ne saurait pas que la CIA a financé Al Qaida par erreur

vu du monde et d'ici

on savait déjà Patlotch antisémite et islamo-gauchiste, et l'on s'en doutait, cette rumeur... maintenant on le sait : Patlotch est pro-russe !

dans faut rigoler...

 

le capitalisme porte la guerre...

le Japon s'en ira en guerre, suite... avec la France

Armement : la France et le Japon cimentent leur relation Les Échos 16 mars

Les deux pays ont conclu un accord ouvrant la voie à des matériels communs. Tokyo, qui a levé l'interdiction d'exporter, veut renforcer son industrie militaire.

« Un pas considérable »

« Cela fixera le cadre de notre collaboration », a précisé Laurent Fabius, cité par l'AFP. Les projets évoqués par le ministre des Affaires étrangères concernent notamment « les systèmes de drones, les hélicoptères ou l'espace ». Le déminage pourrait enrichir la liste. Pour Jean-Yves Le Drian, son alter ego de la Défense, il s'agit d' « un pas considérable qui devrait être suivi le plus rapidement possible, peut-être avant la fin de l'année, d'un accord de logistique et approvisionnement ».

sera-ce la drone de guerre ? Une chose est sûre, il n'y a pas que la liste qui va s'enrichir, et tout ça, c'est minant

vu du monde et d'ici

dans la police et l'armée des États contre les populations

.

la question indigène en France

in memorium Les émeutes de novembre, Zyed et Bouna, dix ans déjà

vu du monde et d'ici Clichy, Zyed et Bouna 17 et 15 ans, 27 octobre 2005

ma lectrice me dira, dix ans c'est rien, quand on considère que le dossier Mis et Thiénot n'est pas clos 70 ans après les faits

.

de la théorie à la pratique

Le Musée de l'immigration vandalisé par un groupe d'extrême droite Europe 1 16 mars

puisque l'information fait désormais la Une, il s'agit du groupe dont je parlais avant-hier, La dissidende française, en relation avec les thèses évoquées dans la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France. Le groupe est dirigé par un transfuge de l'extrême-gauche, Vincent Vauclin

Communiqué de la Dissidence Française

Quelques semaines après son lancement, notre Campagne Nationale pour la Remigration prend de l’ampleur.
À Paris, en Bretagne, en Champagne, en Normandie, en Aquitaine, en Essonne ou encore en Provence-Alpes-Côte-d’Azur : nos affiches se propagent partout !
Au total, nos militants et sympathisants ont déjà organisé une vingtaine d’opérations militantes sur l’ensemble du territoire.
Et ce n’est qu’un début !

Nous comptons sur la mobilisation de chacun pour que cette campagne essentielle se diffuse encore davantage dans les semaines qui viennent, sur internet comme sur le terrain.
Plus que jamais, les Français doivent prendre conscience des périls qui menacent la France, au premier rang desquels se trouve évidemment le Grand Remplacement qui menace la substance même de notre pays, et face auquel nous devons dépasser les divisions stériles pour nous rassembler dans un mouvement général de refus et de résistance radicale.

L’Histoire, ça se brusque.

vu du monde et d'ici de source autorisée vu du monde et d'ici

Nos militants parisiens ont organisé cette nuit une opération éclair ciblant le Musée de l’Immigration, dans le cadre de notre campagne nationale pour la Remigration !
Ce lieu dédié à la propagande cosmopolite et à la réécriture mondialiste de l’Histoire, récemment inauguré par Hollande, a donc reçu notre visite : voici quelques photos prises à l’occasion de cette action choc !

le Musée de l'immigration occupe le Palais de la Porte Dorée, qui donne sur le Bois et le Zoo de Vincennes. Concernant le choix symbolique de cette action commando, il fut construit pour l'Exposition coloniale en 1931, il fut  ensuite Musée des colonies, avec une stèle À la France colonisatrice et civilisatrice, puis Musée des Arts africains et océaniens, avec un Aquarium où l'on pouvait jeter des pièces jaunes (ou blanches) à une baleine...

pour la coïncidence et qui ne connaît pas les lieux, c'est à deux pas de l'hyper-cacher de la porte de Vincennes, et ça s'est passé la veille de la ré-ouverture en présence du ministre de l'Intérieur

retour à Francis Cousin

sur les affiches collées au Musée par La Dissidence française au Musée de l'Immigration : - "une solution: re-migration", "le multiculturalisme est un échec et mène la France à la guerre civile", "l'immigration de masse met en péril notre civilisation et l'avenir de notre peuple", "la re-migration est la seule solution pour éviter un embrasement général" -

cela suffit à recouper avec le discours "marxien" de Cousin prétendant que le capital européen a fait venir les immigrés pour empêcher les prolétaires européens de faire leur révolution. Le but était effectivement la pression sur les salaires et la sur-exploitation dans les conditions de la séparation OP/OS, mais dans les années 60, cela n'a pas alors fait décoller le chômage en Europe. De plus, contrairement à ce que prétend Cousin, au Japon, le fait que les travailleurs soient "soumis" n'empêche que les entreprises ont recours à l'immigration pour des raisons démographiques compte-tenu du vieillissement de la population

les théories "radicales" de Cousin et Cerise (nationaliste transfuge de l'ultra-gauche comme il dit) ont pour fonction de brouiller les pistes au niveau intellectuel, afin de  fournir un fond théorique aux activistes :Vincent Vauclin, leader de La dissidence française, vient de l'extrême-gauche

nuance avec la remarque d'adé-dndf, ce ne sont certes pas  « les vieilles lunes  du négationnisme » selon nono, mais c'est bien « maintenant » et les causes ne sont pas sans rapport avec l'affaire qui n'a pas épargné Dauvé. Mais aujourd'hui, le négationnisme nouveau, c'est la question indigène, suivez mon regard...

.

la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

« La seule question que pose ce texte est celle de son existence, qu’est-ce que ça exprime, qu’est-ce que cela signifie maintenant ? » une remarque de Roland Simon en décembre 2013, dndf

remarque préalable : il s'agit de comprendre, d'être prévenu, pas de "dénoncer" une "confusionnisme" qui, nous l'avons vu, est dans l'air du temps comme produit idéologique, avec le rejet de la politique voire de l'économie, et des "solutions" "radicales" à prétention "révolutionnaires"... Guillemets partout pour prendre la distance d'un point de vue communiste. Notre problème, le mien du moins, n'est pas d'instituer une vaine confrontation, mais de se concentrer sur l'essentiel dans les rapports sociaux pour analyser le moment présent du capitalisme et creuser les voies d'une perspective communiste sur la base des luttes sociales significatives par leur contenu et leur ampleur

une difficulté à s'y retrouver c'est qu'il n'y a pas vraiment de solution de continuité (= de rupture) dans les variantes en débats, qui transitent de l'ultra-gauche à l'ultra-droite, le mouvement m'apparaissant essentiellement comme un aller sans retour. Il s'agit donc de discerner où se situe le pointe de rupture avec "nous", au sens de la théorie communiste de la communisation. Il est clair qu'il existe aujourd'hui à droite, au sens idéologique de la nouvelle droite initiée en 1968 par le Grece, une capacité intellectuelle de critique théorique qui dépasse celle qui subsiste à "gauche", y compris au sens où "nous" en relèverions encore dans la trajectoire historique qui fait encore sens en France. Il est tout aussi clair que les thèses qui y sont brassées ont plus de succès que les nôtres et que, même bien persuadé que ce ne sont pas les idées qui changent le monde, je ne le considère pas de bon augure

je crois important de distinguer (cf RS en exergue), ce qui relève d'un fort activisme sur internet (vidéos, textes, radios, conférences, débats...), d'une présence de terrain que revendique Lucien Cerise « dans le milieu associatif de la relocalisation et de la permaculture, donc dans la branche environnementaliste, qui est plus anarcho-écolo-décroissante-luddite-survivaliste-situationniste que proprement marxiste, et à laquelle on pourrait associer les gens de « Tarnac » ou de Notre-Dame-des-Landes ». Mais je dois avouer qu'à cet égard, je n'ai pas d'information quant à la nature des discussions dans ces milieux que je ne fréquente pas, et dont je tiens l'impact réel sur les rapports de classes comme assez peu significatif, peu massif, et moins important que les aspects populaires et populistes qui traduisent le moment actuel de la crise des représentations politiques

vu du monde et d'ici

Cerise sur le gâté : une version nationaliste venue de l'ultra-gauche activiste

nous avons rencontré par hasard Francis Cousin, qui représente cette tendance avec un discours théorique néo-situationniste se revendiquant de Marx et Debord, critiquant radicalement la politique et l'économie, et parlant «au présent» de «communisation» et renvoyant dos à dos « l'extrême droite et l'extrême-gauche du capital ». Cousin symbolise par conséquent le passage possible entre « eux » et « nous » sur le plan théorique, et je ne crois pas qu'on puisse faire mine de l'ignorer. Si lui n'explicite par son rapport à l'activisme d'ultra-gauche ni aux courants identitaires d'extrême-droite, il n'hésite pas à débattre avec des intellectuels qui s'en réclament, et si ce n'est directement avec Alain de Benoist (à ma connaissance), avec d'autres intellectuels plus jeunes et très actif ou activistes sur internet.

un carrefour de rencontre de cette nébuleuse anti-système est le blog scriptolog, dont le look est à lui seul tout un programme, mais je ne m'y arrêterais pas. Parmi les auteurs qui s'y expriment ou y sont relayés, l'un a particulièrement arrêté mon attention, pour son parcours, son discours, et à la différence donc de Cousin, qu'il ne fasse pas mystère de traverser des expériences de l'ultra-gauche à l'ultra-droite [...]

à lire dans cette nouvelle page les sulfureuses pensées de Lucien Cerise, en marge de "notre" théorie de la communisation, mais pas sans rapport de fait à éclaircir, puisque l'on y retrouve nombre de thèmes qui sont au cœur de ses débats : capitalisme, État-nation, race, genre, identités... ultra-gauche, milieux activistes, immédiatisme...

on relèvera que sont complètement absents de son propos l'exploitation à proprement parler, le prolétariat et la lutte des classes, comme l'idée même du communisme ou de la communisation comme révolution d'abolition du capital

pourtant, ce qu'on trouve chez Lucien Cerise n'est pas dans un rapport moins significatif et troublé que la théorie de la communisation à « L'insurrection qui vient », et quant à ce qu'il écrit, comme le dit RS en exergue à propos de « Premières mesures révolutionnaires » de Hazan, mais plus sérieusement ici « La seule question que pose ce texte est celle de son existence, qu’est-ce que ça exprime, qu’est-ce que cela signifie maintenant ? » comprendre ici ces textes, ces idées et leur existence etc.

pour ma part, je persiste à croire que nous devons pallier les apories théoriques de la théorie-lutte de classe, être parfaitement clairs sur notre ancrage dans les luttes du prolétariat, y compris sous diverses identités qui en masquent ce caractère de classe, et nous voyions bien que la différence porte fondamentalement, ici, sur la question de l'Etat-nation, de le "race" et de "genre", et plus généralement de que qu'on fait des identités en relation à la lutte des classes

dit autrement, la théorie de la communisation est confrontée aux limites de son réductionnisme théoriciste tant par son euro-centrisme que par son silence sur de qui est aujourd'hui au cœur de la situation française. Ça commence à faire  beaucoup

c'est à lire dans la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

15 mars

voyage vers l'Ouest : Saiyuki

Saiyuki : Nguyên Lê Trio Live 5:52
"Saiyuki" ou "Chronique du Voyage vers l’Ouest" est un disque subtil et inspiré, où l’est de l’Asie échange avec l’Ouest, où le Japon, incarné par la magnifique Mieko Miyazaki au koto (et chant), flirte avec l’Inde des virtuoses Prabhu Edouard aux tablas (et chant)

vu du monde et d'ici

suivi de

Nguyen Le ''Songs of Freedom'' Full Concert Live 2012 1h:16:39
NGUYÊN LÊ - guitar & laptop, arrangements ILLYA AMAR - vibraphone & malletkat LINLEY MARTHE - electric bass
STÉPHANE GALLAND - drums
HIMIKO PAGANOTTI - DHAFER YOUSSEF - YOUN SUN NAH - OUSMAN DANEDJO - DAVID LINX - JULIA SARR - vocals
PRABHU EDOUARD - dholak & vocals KEYVAN CHEMIRANI - zarb

Nguyên Lê Jazzman de notre temps : « Musicien qui fait dialoguer ses racines vietnamiennes avec l’influence déterminante de Jimi Hendrix sous le sceau du jazz et de l’improvisation, Nguyên Lê aborde la musique avec une conscience des frontières et le désir de les transcender. Sa carrière prend les apparences d’un voyage, d’une confrontation à l’exotisme et à l’autre, au service d’une poétique dont les couleurs doivent beaucoup à un manière très personnelle d’user des nombreuses sonorités propres à la guitare électrique.[suite

Huong Thanh & Nguyen Le - Fragile Beauty 2007 chant vietnamien, guitares et argt

Nguyên Lê Celebrating Jimi Hendrix Terri Lyne Carrington dms vocal, Michel Alibo bass Additional personnel: Aida Khann, Corin Curschellas (vocals); Bojan Zulfikarpasic (piano); Me'Shell Ndegéocello (electric bass); Karim Ziad (percussion) 2002

a Drum is a Woman

car n'oubliez jamais, les mecs, que la batterie est aussi une affaire de femmes, et pas que de cuisine

après Terry Line, retour chaud à Kimberly Thompson

vu du monde et d'ici Quartet Greenwich Village  2011

Drum Solo 2011 Live Set in Kansas City 2013 Live Drum Solo Kim Thompson Interview

en quartet féminin avec Tia Fuller alto, soprano, flûte Life will bring feat. Milagros Blades Vocal & Dance

A Drum is a Woman est le titre d'une suite de Duke Ellington en 1956 

en relation la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists)

dans bribes de jazz et autres musiques

 

"je" suis hallal, cacher et cochon

la cuisine communautariste de Patlotch, Auvergnat de souche

andouillette grillée aux oignons jaunes, vin blanc et vinaigre balsamique

vu du monde et d'ici c'est aujourd'hui diman-che...

dans faut rigoler...

.

la question indigène en France, suite

de l'inactualité de la démission de Césaire en 1956 (suite de Tout-monde dans une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?)

c'est une chose qu'Edwy Plenel, à l'instar de Chritiane Taubira, essayent de nous faire avaler leur intérêt tardif et leur édulcoration des œuvres de Fanon, Kateb, et Glissant

c'en une autre que la réponse de ce Rabourgris au texte de Plenel sur Médiapart Fanon, Kateb, Glissant : l’archipel des indépendances

un cadavre exquis

M. Plenel je voudrais apporter quelques petits bémols à votre dithyrambe des trois grands hommes Fanon, Kateb et Glissant.

Et vous leur adjoignez Césaire que vous citez.  A l'occasion vous vous servez de lui pour égratigner le PCF. Puis-je vous faire remarquer qu'entre le PCF de 1956 et celui d'aujourd'hui il y a eu quelques aggiornamentos? Césaire parle d'un PCF d'un autre siècle, inféodé à Staline.

D'autre part j'aurais quelques préventions à l'égard des propos que vous mettez en exergue :
« Nous voulons que nos sociétés s’élèvent à un degré supérieur de développement, mais d’elles-mêmes, par croissance interne, par nécessité intérieure, par progrès organique, sans que rien d’extérieur vienne gauchir cette croissance, ou l’altérer ou la compromettre. »

J'y vois des risques d'un repli sur soi dangereux, voire utopique, à l'heure de la mondialisation. Le parcours politique de Césaire apporte un démenti cinglant à ces propos, il fut député apparenté PS jusqu'en 1993, maire de Fort de France jusqu'en 2001 et il a appelé à voter pour Ségolène Royal en 2007, autant de gestes politiques qui démontrent qu'il n'a pas promu la « croissance interne » autonome ou indépendante de la société antillaise.

J'ajouterais pour ma part, comme l'a fort bien écrit Régis Debray, le moment fraternité ne me semble pas un élément négligeable de notre République, en un pays de citoyens égaux il n'y a pas de « grand » frère.

Vous êtes moins disert au sujet de Kateb, j'aimerais bien connaître votre point de vue d'islamophile assumé au sujet de la perception des religions qu'avait Kateb mais aussi Fanon ou Glissant.

Je n'ai pas la prétention de m'ériger en connaisseur de l’œuvre de ces trois grands hommes mais permettez moi de vous dire que leur rendre hommage vous autorise-t-il à faire croire au lecteur qu'ils auraient pleinement approuvé vos positions à l'égard des religions, des laïcards et des athées ?

c'était mieux avant (eux aussi)

Cadavre exquis, jeu inventé par les Surréalistes en 1925

1924, Premier pamphlet surréaliste collectif publié à l'occasion de la mort d'Anatole France, signé Louis Aragon, Joseph Delteil, Pierre Drieu La Rochelle, André Breton, Paul Éluard, Philippe Soupault

« Le scepticisme, l'ironie, la lâcheté, France, l'esprit français, qu'est-ce ? Un grand souffle d'oubli me traîne loin de tout cela » Paul Éluard

vu du monde et d'ici

.

une question indigène en France ? ou la radicalité limitée, la radicalité coincée, la radicalité bouffie, en un mot : la radicalité française

l'État, les médias, la gauche, la droite, les fascistes, les gauchistes et le milieu français de la communisation

tous-ensembleux-tous ensembleux, yé yé yé

vu du monde et d'ici silence dans la théorie

« Nous ne sommes pas antiracistes » Bernard Lyon, de la marseillaise Théorie communiste ou les limites de la critique de l'antiracisme idéologique

les mots sont importants : vous avez dit communautarisme ?

philosémitisme ? « Le Ministre de l'Intérieur apporte son soutien à la communauté juive » France Info ce matin

« Le Ministre de l'Intérieur rassure les Musulmans » islamophilie ?

.

plan hyper chats renforcé

l'hyper cacher rouvre en présence du Ministre de l'Intérieur

vu du monde et d'ici la griffe, pas le Crif

.

l'énergie du soleil au désert : pour qui ?

écolo-énergie et néo-néocolonialisme économique et militaire

Des centrales solaires géantes au Sahara : solution au changement climatique ou néocolonialisme déguisé ? Hamza Hamouchene basta.mag Article publié initialement en anglais par The New Internationalist mars 2015

vu du monde et d'ici La centrale solaire d'Aïn Ben Mathar (Maroc)

Le méga projet Desertec consiste à approvisionner toute l’Europe en électricité produite par des centrales solaires au Sahara. Lancé par des grandes entreprises allemandes, le projet semble pour l’instant au point mort. La construction de plusieurs autres centrales solaires d’envergure sont cependant encore à l’ordre du jour en Afrique du Nord, en dépit des préoccupations locales. Dans cet article, Hamza Hamouchene se penche sur les conséquences géopolitiques de tels projets, et se demande dans quelle mesure, et à quelles conditions, l’énergie solaire du désert peut réellement jouer un rôle dans un avenir démocratique et durable des deux côtés de la Méditerranée.

Desertec, un projet à 400 milliards d’euros / Le Sahara pour approvisionner le monde entier en énergie / Solution au changement climatique ou domination occidentale ? / Vitrine pour les multinationales et les régimes autoritaires / Où en est le projet Desertec ? / La plus grande centrale solaire du monde à Ouarzazate / Un « développement durable » sans les communautés locales / Pas d’accès équitable aux technologies / L’énergie solaire, nouvelle rente des régimes autoritaires ? / L’énergie solaire, nouvelle rente des régimes autoritaires ? / « Laissez la lumière du soleil aux peuples du désert ! »

la bonté de l'écologisme rentable

vu du monde et d'ici autres images

Publicité : « La totalité de l’électricité consommée dans le monde peut être produite par 1 % de la surface du Sahara.Le projet desertec a l’ambition de créer d’autres interconnexions de réseaux, sur une base éolienne/solaire/biomasse/hydroélectricité. Comme on le voit sur la carte, le projet est colossal. Et nécessite bien sûr des infrastructures de transport de l’électricité que nous n’avons pas à l’heure actuelle. Un autre avantage, dans ce projet, est qu’on dessale énormément d’eau de mer, avec le refroidissement. Et sans doute développe t’ on l’ Afrique du Nord. Dans ce projet, on parle de "ferme solaire". Il n’est pas utilisé les panneaux classiques, mais des panneuax à concentration. On produit aussi énormément de sel. Le chantier pharaonique du 21°siècle ? » source (d'énergie) leblogénergie

La Guerre du Mali a pour but de sécuriser Desertec ; Source énergétique future de l’Europe ! Algérie Network 3 avril 2013

vu du monde et d'ici l'abominable homme des sables

dans éléments pour une 'critique de l'économie politique'

14 mars

le dés-ordre nouveau de la radicalité est arrivé sans attendre 'l'insurrection qui vient'

Remigration : Intensifier la mobilisation ! Communiqué de La dissidence 14 mars 2015

le parcours militant du leader de ce groupe n'est pas inintéressant : « Vincent Vauclin est un activiste et un écrivain français. Il est issu de l'extrême-gauche, et fut notamment responsable de section syndicale Solidaires dans un centre d'appel. Il se rapproche du camp national dès 2008 et fonde en 2011 La Dissidence Française dont il est depuis le Coordinateur National. Cet engagement politique le fait exclure de Solidaires, entraînant sa rupture totale avec le gauchisme qu'il dénonce comme force auxiliaire et caution morale du Capital. Vincent Vauclin est également titulaire d'une Licence de Psychologie...»

il est l'auteur de « Putsch, l'histoire ça se brusque », version fasciste de l'immédiatisme révolutionnaire des activistes anarcho-communisateurs

le site La dissidence française, les résistants à l'Empire (référence au bouquin de Soral, pas de Négri mais...) diffuse des textes du "communisateur" Francis Cousin, par exemple Critique du concept de désinformation

extrait : « Tant que le fétichisme de la marchandise existera, et peu importe là quelle faction étatique en assume la gestion, le renseignement et l’investigation, la vérité officielle du spectacle démocratique ne saurait être autre chose que la perfide impérialiste du marché, puissance la plus hostile qui puisse être pour la vraie passion de vérité humaine.

Ainsi, de l’extrême droite à l’extrême gauche du Capital, tous les contre-médiatiques qui voudraient simplement changer d’État et modifier la donne de l’argent, omettent de voir que le faux ne résulte nullement de soi-disant mauvais jugements, observations ou déductions mais qu’il est, a contrario, l’impeccable conclusion du bon raisonnement spectaliste de l’intellection marchande »

il n'en est pas moins à discerner notre Théorie de la communisation, qui considère aussi le gauchisme comme « force auxiliaire et caution morale du Capital »

une nouvel indice qu'une différence essentielle porte sur la question indigène, aporie des théories de la communisation

intéressante trace de la négativité sociétale que produit l'air du temps, on ne l'attendait pas comme ça, mais c'est venu, comme une insurrection qui vient... C'est au fond, la nouvelle théorie adéquate à l'époque, à ceci près qu'elle n'est pas communiste, mais fasciste et raciste, et qu'en ceci elle ne met pas en péril le capitalisme, mais prépare le nouvel esclavage

au fond, c'est une alternative dans le capitalisme, un putsch militaro-populaire contre l'Etat, c'est encore l'Etat du capital et un peu plus d'armée, une chose qui ne s'était pas jusqu'ici présentée de manière aussi claire en France, depuis les deux Napoléon, Pétain, et de Gaulle (voir la police et l'armée des États contre les populations)

dans la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France

 

« dans la vie ya que la bouffe et le cul »

par cette mienne sentance des années 1990, j'annonçais la double contradiction de classe et de genre, mais connectée concrètement à la vie quotidienne, en termes de besoins vitaux et de désirs humains. Comme n'en furent témoin.e.s que mes rencontres dans l'ascenseur pour l'échafroid du boulot, je n'ai pas de preuve qu'à ce moment-là, j'avais raison avant tout le monde

en attendant, je vis en famille, c'est toujours mieux que Sans famille, une de mes premières lectures, avec des images... Pour ses potes du quartier, le fils a préparé un tiep bou dien, plat sénégalais à base de riz et viande ou poisson, avec une dorade fraîche du marché

vu du monde et d'ici

 

notre théorie-lutte

« Hâtons-nous de rendre la communisation populaire » Patlotch Junior Seven, d'après Diderot « Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire » De l'interprétation de la nature 1753

pourquoi faire de la théorie et pour quoi maintenant ?

nous ne faisons pas de la théorie pour fournir un guide aux luttes. Nous ne faisons pas de la théorie pour aboutir à un corpus parfait à sortir le jour de la lutte finale. Nous ne faisons pas de la théorie pour combattre les dogmes révolutionnaires désuets. Nous ne faisons pas de la théorie comme propagande de nos acquis. Nous ne faisons pas de la théorie un chantier permanent pour nous faire plaisir

notre théorie problématise intellectuellement les limites et la dynamique des luttes

la théorie s'attaque en permanence à des problèmes à résoudre, comme les luttes en somme. On ne résoud pas des problèmes non posés, des problèmes mal posés et moins encore des problèmes évacués au nom de la théorie, le comble étant que ce puisse être celle faite au nom de la communisation

si comme disait Marx, un problème bien posé est à moitié résolu et si l'humanité ne pose que les problèmes qu'elle peut résoudre, c'est typiquement le cas des problèmes que je pose à et dans la théorie de la communisation. Je ne les pose que parce qu'ils sont là, sous mes yeux, comme en est un exemple la question indigène

aux premières loges

la polémique que je souhaite et que j'entretiens à défaut un peu seul, c'est une bonne polémique pour la théorie, parce qu'elle est repose sur des événements qui sont la dynamique de la situation mondiale, et qu'ils sont si présents chez nous dans leurs particularités françaises

théorie-lutte est sans doute préférable à théorie politique, qui se traîne encore le mot politique (le vs la politique n'est pas clair pour tout le monde), et le soupçon d'intervention militante. Laissons ça à ceux qui s'enferment dans ces catégories suffisamment floues pour alimenter la sclérose du débat et justement, éviter de se poser les bonnes questions : définissons les problèmes de la théorie dans les problèmes posés par les luttes

alors notre théorie intéressera ceux qui sont à même de l'alimenter, que ce soit par des remarques d'ordre intellectuel, par des témoignages de luttes susceptibles de l'enrichir ou d'en diversifier les appuis particuliers, par sa présence explicite et consciente dans telle lutte, sous réserve de n'en pas chercher la trace dans une terminologie connue et pré-mâchée, qui signe de l'activisme "communisateur"

nous sommes des sans-nom

ajoutons, c'est aussi mon dada (je suis à cet égard dadaiste), que nous n'avons pas besoin du mot communisation pour en faire la théorie, mais du concept bel et bien, car la validité d'un concept renvoie au réel dans tous langages et toutes langues du monde, et la révolution à l'ordre du jour de l'avenir, elle est partout, pour qui veut bien l'entendre, dans les termes où nous la posons de communisation

dans discussions sur la communisation

 

la haine humaine en guise d'argument : philosémitisme vs l'antisémitisme ou l'impasse des fausses oppositions

à titre d'exercice, je laisse ma lectrice juger la façon dont Yves Coleman, à partir de la conférence d'Houria Bouteldja à Oslo, tire argumentation de son texte pour lui faire dire le contraire

Racisme (s) et philosémitisme d’Etat ou comment politiser l’antiracisme en France ? Houria Bouteldja, PIR, 11 mars 2015

Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise Yves Coleman Mondialisme.org 15 mars 2015

je ne suis pas persuadé que centrer un analyse sur la catégorie de « philosémitisme » soit le meilleur moyen d'éclairer la question, et il est probable que c'est ce que peuvent saisir les adversaires de toutes obédiences. Cela dit, il faut les lunettes policières d'Yves Coleman pour en faire ce qu'il en fait. Goûtons le sel de cette remarque :

« Pour ma part, je me méfierai donc toujours des « philosémites », chrétiens ou athées, de droite ou de gauche, mais pas du tout pour les raisons avancées par l’extrême droite complotiste et Mme Bouteldja du PIR. Tout simplement parce que des gens qui se prétendent « philosémites » ne défendent ni un point de vue de classe, ni une position anti-étatique ou anti-nationaliste...»

où trouve-t-on, hors la pétition de principe qu'il ne manque jamais de rappeler comme caution de sa radicalité révolutionnaire, la critique que Coleman ferait de l'Etat ou du capital ? Étrangement, le PIR et Houria Bouteldja sont les cibles, y compris physiques, de «l'extrême-droite gauloise» dont il voudrait nous faire croire que relèvent les Indigènes de la République et sa porte-parole. Ainsi le PIR serait-il la cinquième colonne du nationalisme français : « Le PIR mérite bien son nom : il est devenu un courant parfaitement autochtone, qui a totalement intégré le logiciel nationaliste français

la suite dans une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?

.

la communisation n'a ni milieu ni centre

en marge du Tout-monde (ci-dessous et dans bribes de jazz)

pepe se plaint d'un « petit milieu [de la communisation] pichrocolin et dérisoire ». Faut-il avoir la cruauté de lui rappeler que ce milieu, c'est le sien, et qu'il en est un des plus fervents gardiens de la petitesse, de l'étroitesse et du sectarisme, par l'image qu'il en donne et oui, la censure de fait des idées qui ne sont pas celles qui définissent strictement à ses yeux la communisation ?

la théorie est faite pour problématiser ce que font les luttes, pas pour évacuer les problèmes qu'elles (se) posent, sans quoi on en fait une théorie toujours-déjà morte : c'est la différence entre diffuser un texte de Roland Simon et faire comme s'il ne contenait rien de nouveau sous le soleil communisateur

la boucle est bouclée, on n'a qu'à la boucler, pour celui qui parle de «l'anathème policier» des autres, mais dont la devise est en drapeau sur son blog « quand les caniches rêvent que l’infini est à leur portée… ». On ne le fait pas dire à ce tartuffe, qui ne saurait si bien faire son auto-critique

en défense de Théorie communiste

plus choquant que ces considérations policières se retrouvent sous un texte qui, vu mes critiques antérieures sans concession à Roland Simon, se distingue par sa remarquable ouverture d'analyse : « le citoyen, l’Autre et l’Etat » et l'on peut se réjouir qu'il soit et de loin un des plus lus du site depuis longtemps (ou regretter que la suite, certes plus théorique et difficile de lecture, donne lieu à si peu de commentaires)

« Mais la citoyenneté nationale n’est pas innocente ni dans sa naissance ni dans ses implications. Elle se construit face à « l’Autre » qui la menace et elle implique la suppression de la menace. Aujourd’hui l’islamisme, demain ou en même temps la lutte de classe ou les luttes de femmes. Quatre millions de personnes se rassemblent et ce qui est frappant c’est le vide du discours : il n’y a rien à dire, rien à faire d’autre que de dire « je suis républicain », rien d’autre qu’à comprendre « ce qu’est une nation », rien d’autre qu’à promener une immense représentation de la République menacée par d’anonymes corbeaux noirs que tout le monde identifie sans peine.

La nation ne devient un thème de mobilisation et de combat que si elle est construite comme menacée et les menaces ne peuvent alors être formulées que dans les termes que la nation impose, ceux de ses valeurs et de son authenticité. Le citoyen est une abstraction quant à son rapport à l’individu concret défini dans des rapports de production, des rapports de classes et de genre, mais il n’est pas une abstraction vide de déterminations. L’égalité et l’équivalence des citoyens entre eux qui font leur abstraction supposent un partage de qualités communes historiques et culturelles. Il n’y a pas de citoyenneté sans identité, sans la possibilité de pouvoir dire « nous » et « eux ». Dire « nous » et « eux » n’est pas l’apanage du Front National, des mangeurs de cochonnailles et des buveurs de vin rouge

« la suppression de la menace » vaut aussi pour la théorie ("ce dont on ne parle pas n'existe pas"). On l'a vu avec le sort que la République aussi bien que le marxisme français ont réservé et réservent encore à des figures telles que, par exemple, Fanon, Yacine et Glissant : le même rapport de rejet existe entre « nous » et « eux », ce qui n'est pas le cas aux USA, dont il ne suffit pas de pointer la dérive universitaire de la compréhension de la « communisation » (Dauvé), car ne s'y est pas faite plus que chez nous, à ma connaissance, la rencontre théorique que je propose de construire dans le monde et le capital, l'Occident et les autres 

il en va ici au-delà de dire « nous » et « eux », mais de pouvoir faire l'omelette du « nous » sans y cacher les « eux » des Autres encore considérés comme tels et comme infréquentables en théorie, autrement dit de la capacité non seulement à les écouter, mais à tenir compte de ce qu'ils disent dans "nos" propres constructions théorico-politiques, quitte à le faire sur la base de leur critique. C'est précisément ce qui ne semble pas possible dans cette discussion. Certes, ne pas parler de quelque chose n'est pas à proprement parler une censure, il est facile de s'en défendre démocratiquement*, mais l'effet est le même, et tristement ici, chez dndf prétendant à la communisation, sur le même terrain, le même terreau de souche que le discours français républicain

* pepe-dndf assure qu'il ne censure pas, et, au sens de la démocratie politique, aucune raison de douter de sa bonne foi (j'ai souhaité moi-même ne plus intervenir il y a un an). La censure en démocratie consiste davantage à ne pas parler de ce qui gêne qu'à interdire de parler, certes une différence avec la "dictature" qui tend à s'estomper. Il ne suffit donc pas de critiquer la démocratie pour finalement en retenir sa pratique spectaculaire, au sens de Debord. On a toujours à voir avec l'idéologie dans laquelle on baigne

la communisation n'a pas de nom en propre, elle n'existe qu'en l'impropriété de son concept et des luttes qui la produisent comme problème au présent

vrai que le concept de 'communisation' n'appartient à personne, et c'est presqu'un bonheur que ceux qui s'en font comme les dépositaires d'un brevet pourraient être les derniers à en porter la pertinence. Comme le dit si modestement Il Latto Cattivo, du même réseau qui veille sur la fermeture euro-centrée du concept : « Notre propre empreinte, « Il Lato Cattivo », présente dans ces pages, ne manquera pas de se dissoudre quand ce sera le moment ». Si ça continue comme ça, le moment viendra vite où ils rejoindront les «zombies» qui les font partager si généreusement, dans leur milieu, leur « hilarité ». Rira bien qui rira le dernier

dans discussions sur la communisation

.

du Tout-monde

ces intellectuels indigènes que la République n'aime pas

Rencontre Frantz Fanon, Kateb Yacine, Édouard Glissant Programme par l'Institut du Tout-Monde
à  la Maison de l'Amérique latine et au New-Morning du 13 au 15 mars

le Tout-monde est un concept forgé par Édouard Glissant. Il en fit deux livres éponymes, le roman Tout-monde en 1995 et le Traité du Tout-monde en 1997. A la mondialisation capitaliste, Glissant opposera son concept de mondialité

autre concept puissant la créolisation du monde, qui a pour intérêt de ne pas se réduire à des problématiques caribéennes ou antillaises, à la différence de créolité qui tend à être plus local. Il y a toutefois plusieurs définitions, et des usages variables des deux concepts : voir Créolisation et créolité à la Martinique : essai de périodisation Gary l'Étang

j'ai découvert ces œuvres dans les années 1990, notamment pour leur intérêt dans le domaine de la poétique, en relation avec les écrits d' Henri Meschonnic, avec qui Glissant peut être mis en relation féconde par la conceptualisation qu'ils avaient du rythme, dans la vie et dans le langage. Voir par exemple Édouard Glissant et les partis pris du rythme Jean-Luc Tamby 

j'ai utilisé ces approches pour écrire en 2002 le livre en ligne Jazz et problèmes des hommes et le texte plus condensé Jazzitude, ces deux penseurs figrant parmi les dédicataires

vu du monde et d'ici

quant aux journées Fanon, Yacine, Glissant, je les ai ratées, mais je note dans le programme la première journée sur le thème « Fanon, Kateb, Glissant : de la décolonisation aux indépendances », une intervention de Benjamin Stora  « Un travail en commun pour une “Histoire des relations entre juifs et musulmans” », Raphaël Lauro : « Brève présentation des archives politiques d'Édouard Glissant - 1950-1960 » (Glissant fut communiste, et signataire en 1960 du Manifeste des 121 « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie »). Pour la petite histoire on y trouve en vrac Pierre Boulez, André Breton, Guy Debord, Daniel Guérin, Henri Lefebvre, Michel Leiris, François Maspero, Jean-Paul Sartre... un liste qui donne une idée des intellectuels anti-colonialistes qui avaient rompu avec le stalinisme et le PCF

à la soirée poétique et musicale du 15 mars, la présence de Jacques Coursil, qui fut un passionnant trompettiste de jazz autour de 1968, et qui a repris depuis quelques années une activité musicale. Il est professeur de linguistique et chercheur en philosophie des mathématiques. Comme en écho à cette rencontre intellectuelle entre 'France' des Antilles et Afro-Américains, le jazz donc :

Jacques Coursil Black Suite, deux faces d'un disque 33T de 1969 avec Jacques Coursil (trumpet) Anthony Braxton (contra-bass clarinet) Arthur Jones (alto saxophone) Bob Guerin (bass) Claude Delcloo (drums) Burton Greene (piano) Black suite 1 17'56 Black Suite 2 12'49. Passionnant de bout en bout, avec ces géants que sont Braxton et Arthur Jones, le contrebassiste si tôt disparu Beb (et non Bob) Guérin et ses graves beautés, les "bruits" de Claude Delcloo si éloignés de l'idée qu'onsefaisait de la batterie avant le free-jazz, etc.

Franz Fanon interprété par Jacques Coursil 3'35 musique sur un texte de Fanon, à découvrir (désolé pour le discours qui suit de Taubira sur Fanon, et sa présence décalée à ces journées, sa présence au gouvernement de Hollande suffisant à la rendre ici illégitime à mes yeux du moins, aussi indécente qu'Obama ou Hollande honorant le sans-papiers malien musulman sauveurs de vie juives à l'hyper-casher de la Porte de Vincennes)

« Non je n'ai pas le droit d'être un Noir, pas le droit d'être ceci ou cela, le Nègre n'est pas, pas plus que le Blanc »

bref du beau linge à Paris en ce week-end, et cette présence insistante d'une pensée venue des colonies françaises héritant de Césaire et Fanon, plus connue aux USA qu'en France, où ces intellectuels ont subi une quasi censure étatique et universitaire

la farce tragique du marxisme français dans les bras de la République universelle du capital

le pire et le plus désolant n'est-il pas l'ignorance, par la pensée d'extrême-gauche et le marxisme français, de ces figures entre autres, plus proche de leur considération par la République du capital français que de la hauteur et de l'amplitude de vue d'une pensée révolutionnaire héritée de Marx ?

rappelons encore ces mots en 1956 d'Aimé Césaire : « Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe, et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative dont je parlais tout à l’heure et qui est, en définitive, le droit à la personnalité. »

et l'on voudrait que nous ne soyons pas violents ?

dans bribes de jazz, puisqu'après tout, il en reste au moins la musique en partage, qui ne prête pas à polémique

.

de la fesse enfin, ça nous change du cul qui ne vaut pas son double

Sondage sur la fessée : 70% des Français veulent pouvoir châtier leurs enfants MétroNews 13 mars
PAN PAN CUL CUL - Sept Français sur dix ne veulent pas d’une loi interdisant la fessée. La France a pourtant été épinglée en la matière par le Conseil de l’Europe.

Interdire la fessée ? Vous n’y pensez pas ! Telle est l’opinion d’une large majorité de Français, attachés à cette correction pour les enfants. Sept Français sur dix se disent en effet opposés à une législation visant à l’interdire, et à interdire la gifle, selon un sondage Ifop pour le Figaro publié vendredi.

Seule une minorité de Français (30%) se déclare favorable "à ce que la France interdise par la loi les châtiments corporels (gifle, fessée) envers les enfants".

C’est chez les sympathisants du Front national (79%) que le refus est le plus fort. Viennent ensuite les sympathisants UMP (74%) et PS (64%). S’agissant des châtiments corporels, les femmes sont plus nombreuses à se dire prêtes à changer les choses : 33% sont pour une nouvelle loi, contre 27% des hommes.

j'ai promis la vérité à ma lectrice, je ne me déroberai pas. Elle saura tout de ma pensée fessière, foncière et intime de classe, moi qui reçus plus d'une fessée imméritée, alors que j'avais peur comme une image, de mon père fouettard qui utilisait - pas de petite économie dans les familles modestes -, un martinet fabriqué par pépé, en véritable peau de vache

c'est pourquoi, dit ma psychanalisse, je me venge aujourd'hui sur pepe : l'inconscient est sussuré comme un langage, dit-elle, et pepe c'est pépé, comme mémé c'est mais mais... il y a toujours un mais, parfois deux, un sur chaque fesse : elle aussi me faissait. Ce sont les deux fesses d'un même revers de main, car elle était adroite

on ne disait pas alors « de gauche » et elle n'avait qu'un œil, l'autre crevé d'un couteau et d'une main gauche. Mais elle m'avait à l'œil, qui lui restait, comme l'idée toujours de m'empêcher de faire ce qu'elle ne voulait pas, alors que mon pépé il était gentil. C'est lui qui m'a appris à fabriquer un martinet. J'en ai fait des centaines, et je les ai vendus très vite, de peur qu'une loi interdise le fouet, cet autre nom de l'hirondelle, à ne point confondre avec le martinet, qui contrairement à l'idée qui vient, n'est pas le mâle de la martinette

la martinette est une voiture à deux temps fabriquée en 1921 et ressemblant à un zèbre, ce qui est drôle, un zèbre... Le zèbre sert de test antiraciste, selon qu'on le voit noir rayé de blanc ou blanc rayé de noir, mais je ne connais pas la réponse. Ma mère, qui ne me faissait pas, disait : « On ne répond pas ! ». Je ne me souviens pas de la question, et même s'il y en avait une. Pourtant ma mère n'était pas énarque mais, dans sa jeunesse d'avant femme-au-foyer, ouvrière dans le textile, avec une histoire de pause pipi très courte. La pause, pas l'histoire. Les meilleures sont les plus courtes. Les histoires, pas les pauses. Généralement, ma lectrice le sait, elle n'a pas lu jusque-là, du coup je me relâche, je marque une pause. Point

tout le monde le savait avant le sondage, ça correspond à l'intuition française spontanée, les frontistes sont les plus pro-fessée. C'est normal, pour eux tous ceux qui n'en sont pas, du Front, sont effrontés. Ils méritent la fessée. Notez que Valérie, l'ex non-femme de François le second, est adepte elle de la gifle. Imaginez une seconde qu'elle ait fessé le mec qui l'a moquée à la terrasse. Ouh la la, que n'aurait-on pas songé sans sonder les Français libres d'expressions, et les Françaises qui portent la culotte, comme on disait des femmes de tête dont les hommes n'étaient que des femmelettes

vu du monde et d'ici

la femmelette n'est pas la femelle du fameux trois moi, mais le genre de mec qui n'en na pas, dit-on, de roustons. Tout ça est si confus dans mon esprit que je préfèrerais qu'on en finisse avec ce genre de conneries, on gagnerait du temps pour baiser entre qui on veut sans se préoccuper de quel sexe on va à con fesse. On est un con, ça ne lui donne pas pour autant un genre féminin, mais dit-on, indéfini. La preuve qu'existe un infini de possibilités indéfinies est qu'on est nombreux

j'en ai parlé à ma moitié, parce qu'elle n'est pas mon double, ce qui se prouve aisément comme 2 et 2 font 4, et je vous jure sur les fesses de mon fils qui étudie l'arithmétique que ce n'est pas une histoire de cul. Je lui en ai parlé, à ma moitié, car son avis est toujours meilleur que le mien, qui pense à tout, jamais à rien. La preuve qu'elle oui, elle n'a rien dit

il n'y a jamais eu de fessées entre nous, ma moitié et moi, ni pour mon fils. Une loi d'interdiction ne nous aurait rien interdit, c'est frustrant, une loi pour rien, non ? Mais ça fait causer, et causer n'a jamais fait de mal à personne, encore moins à ceux qui font des lois. D'où vient l'idée que les lois, c'est d'abord fait pour qu'on en cause, et oublier qu'on pourrait s'en passer, des fois qu'on y songe. Et on est nombreux

dans faut rigoler... mais on n'est pas obligé, ya pas encore de loi

 

le Japon officiel programme la mort massive autour de Fukushima

Quatre ans après l’explosion d’une centrale nucléaire à Fukushima, le sort des populations concernées est loin d’être réglé. La chercheuse Cécile Asanuma-Brice décrypte la politique qui vise à inciter ces personnes à réintégrer les zones encore contaminées le journal du CNRS mars 2015

mon titre se souvient encore du traitement des victimes d'Hiroshima et Nagasaki dans les décennies qui ont suivi les bombes américaines d'août 1945. En plus des victimes directes mortes dans les premiers jours, une population de dizaines de milliers de personnes a été pestiférée. Elle a subi la double peine d'une prise en charge lamentable et d'un rejet par ceux qui n'étaient pas touchés, malgré, naturellement, de belles actions de solidarité active. Je tiens des informations de première main, si j'ose dire, de membres de la famille de ma compagne habitants de Hiroshima où je les ai rencontrés, et d'une amie de Nagasaki

le futur vient toujours

disons que, même au Japon, humain trop humain et trop cher on paye pas, donc qu'ils crèvent mais qu'ils ne viennent pas nous empoisonner... Ce que raconte la chercheuse du CNRS est dans dans la continuité d'un particularisme national, événement mondial par son caractère éminemment actuel, et qui trouve son équivalent un peu partout (exemple aux USA après Katrina à la Nouvelle-Orléans, ou chez nous... bientôt, histoire de tourner résolument notre regard vers le futur qui vient)

vu du monde et d'ici

je n'ai pas pris cette photo, bien sûr, je n'y étais pas, mais je l'aurais prise précisément de la même façon concernant le cadrage, la pesrpective et la position du 'personnage'

13 mars

3ème avertissement avant incendie

« La prochaine fois, le feu » James Baldwin

sur la question indigène et le communisme, pour servir aux bâtards de Staline et tous racistes au nom du prolétariat mondial

en mémoire de la Lettre à Maurice Thorez d'Aimé Césaire, démission du Parti Communiste Français, le 24 octobre 1956

la question dite de l'immigration, dénommée la question indigène, est devenue un paramètre de discernement dans la définition d'une position communiste révolutionnaire. Je redonne cette lettre de démission de Césaire du PCF, non qu'il aurait été un révolutionnaire par excellence, mais pour ce qu'elle nous enseigne aujourd'hui quant à ce que peuvent penser ceux qui, comme lui, ne sont pas des communistes appartenant à l'identité raciale majoritaire où ils vivent. Et, à l'inverse de ce que nous pouvons déduire de ce que nous en disons, ou pas. Ce qui peut faire de nous, à notre insu bien sûr, et à quelque courant radical que nous prétendions appartenir, de dignes héritiers de la pensée de Staline

je ne retiens que les extraits les plus encore significatifs, et, étant entendu qu'il s'agit du Parti Communiste Français dans la Guerre d'Algérie, j'invite à le remplacer par quelque parti que ce soit, quelque organisation que ce soit, quelque théorie que ce soit, qui se mêlerait aujourd'hui de parler du communisme mondial sans donner la parole à ce que je nomme par simplicité les Indigènes (tout le monde comprend de quelles population il est question), ou à prendre en considération dans sa théorie ou sa pratique leur situation particulière

on remplacera avantageusement le mot peuple par un autre, si l'on évite d'y voir, trop facile (Dauvé l'a placée en exergue...), l'idée chère aux marxistes que le peuple ici serait opposable ici au concept de prolétariat, et dès qu'ils voient le mot, y lisent leur concept en lieu et place de tous autres sens possibles

j'attire l'attention que cette lettre, aujourd'hui, tomberait sans coup férir sous l'accusation de « communautarisme », ou de position « identitaire », pour un grand nombre de "camarades" d'extrême-gauche, d'anarchistes et communistes libertaires, d'ultra-gauche... en tous cas partisans d'une révolution contre le capital (c'est la rhétorique de Temps Critiques entre autres, sans parler de leur pote le fat Yves Coleman, flic antifa fournisseur de listes aux néo-cons)

en effet Césaire, répondant par avance, il y a près de 60 ans, à l'accusation de « provincialisme » ou de « particularisme étroit », ajouterait sans aucun doute la catégorie de « communautariste » dont l'usage est l'équivalent actuel opposé à l'identité française "normale", de souche, quoi, c'est-à-dire neutre, en un mot : citoyennement correcte et républicaine

il s'agit bien entendu d'un point de vue qu'oon peut considérer comme humaniste, et voir aisément les limites dans le contexte des luttes contre le colonialisme, et sa compréhension d'alors dans le capitalisme avant la défaite définitive du mouvement ouvrier des années 70 et suivantes, avant la fin des décolonisation, avant les luttes des Noir.e.s américains, la fin de l'Apartheid en Afrique du Sud, etc. Une sorte de moment dans lequel s'est condensé l'histoire des rapports dans ce que le stalino-trotskisme historique considérait comme « le mouvement communiste international et ses trois composantes, les pays socialistes, le mouvement ouvrier dans les pays capitalistes développés, et les luttes de libérations nationales dans les pays colonisés »*

* vision qui a prévalu jusqu'à l'effondrement de l'URSS ou presque, et que j'ai entendue en 1971, à l'occasion de ma première rencontre avec des communistes, de la bouche d'Alain Gresh, "descendu de Paris" où il était membre de la direction de l'UEC (orga des étudiants liée au PCF, non nécessairement membres du parti) pour une réunion des étudiants de classes préparatoires aux grandes écoles à Lyon, sur le thème de la situation internationale, une autre réunion portant peu après sur la philosophie marxiste, avec un exposé d'un Marseillais alors à l'ENS de la rue d'Ulm

de quoi Staline est-il ici le nom ?

il est, dans ce contexte de la critique radicale en France après Charlie - radical ici prend les choses à la racine, la souche française du communisme - le nom de tout ethnocentrisme blanc à prétention communiste ou communisatrice, aucune tendance communiste française n'y ayant échappé, et n'y échappant toujours pas à ce jour, en 2015

on pourra aussi lire avec intérêt les mots de Césaire sur la relation universel-particulier, que j'ai un peu abordée sur ces questions de "race" avec Stuart Hall et autres héritiers de Marx, et de façon plus concrète que toute philosophie envisageable sur la question, et de toute contorsion dialectico-structuraliste ne prouvant qu'une ignorance des choses mêmes, mais prétendant les remplacer

il est bien évident que depuis Césaire, ces problèmes ont fait l'objet de nombreuses et importantes avancées théoriques dont j'ai donné quelques exemples

bonne lecture et rendez-vous plus bas

Aimé Césaire, poète dans le monde, 1913-2008, extraits de sa lettre de démission du Parti communiste français :

Un fait à mes yeux capital est celui-ci : que nous, hommes de couleur, en ce moment précis de l’évolution historique, avons, dans notre conscience, pris possession de tout le champ de notre singularité et que nous sommes prêts à assumer sur tous les plans et dans tous les domaines les responsabilités qui découlent de cette prise de conscience.

Singularité de notre « situation dans le monde » qui ne se confond avec nulle autre.
Singularité de nos problèmes qui ne se ramènent à nul autre problème.
Singularité de notre histoire coupée de terribles avatars qui n’appartiennent qu’à elle.
Singularité de notre culture que nous voulons vivre de manière de plus en plus réelle.

Qu’en résulte-t-il, sinon que nos voies vers l’avenir, je dis toutes nos voies, la voie politique comme la voie culturelle, ne sont pas toutes faites ; qu’elles sont à découvrir, et que les soins de cette découverte ne regardent que nous ? C’est assez dire que nous sommes convaincus que nos questions, ou si l’on veut la question coloniale, ne peut pas être traitée comme une partie d’un ensemble plus important, une partie sur laquelle d’autres pourront transiger ou passer tel compromis qu’il leur semblera juste de passer eu égard à une situation générale qu’ils auront seuls à apprécier.

Ce n’est pas volonté de se battre seul et dédain de toute alliance. C’est volonté de ne pas confondre alliance et subordination. Solidarité et démission. Or c’est là très exactement de quoi nous menacent quelques uns des défauts très apparents que nous constatons chez les membres de etc. : leur assimilationisme invétéré ; leur chauvinisme inconscient ; leur conviction passablement primaire – qu’ils partagent avec les bourgeois européens – de la supériorité omnilatérale de l’Occident ; leur croyance que l’évolution telle qu’elle s’est opérée en Europe est la seule possible ; la seule désirable ; qu’elle est celle par laquelle le monde entier devra passer ; pour tout dire, leur croyance rarement avouée, mais réelle, à la civilisation avec un grand C ; au progrès avec un grand P (témoin leur hostilité à ce qu’ils appellent avec dédain le « relativisme culturel », tous défauts qui bien entendu culminent dans la gent littéraire qui à propos de tout et de rien dogmatise au nom du parti).

Il faut dire en passant que les communistes français ont été à bonne école. Celle de Staline. Et Staline est bel et bien celui qui a ré introduit dans la pensée socialiste, la notion de peuples « avancés » et de peuples « attardés ».* Et s’il parle du devoir du peuple avancé (en l’espèce les Grands Russes) d’aider les peuples arriérés à rattraper leur retard, je ne sache pas que le paternalisme colonialiste proclame une autre prétention.

* pensée qui vient d'Hegel et que l'on retrouve chez Marx mais plus à partir de la fin des années 1950, selon anderson Marx aux antipodes. Pensée que l'on retrouve chez le "communisateur" Francis Cousin

Dans le cas de Staline et de ses sectateurs, ce n’est peut-être pas de paternalisme qu’il s’agit. Mais c’est à coup sûr de quelque chose qui lui ressemble à s’y méprendre.

Inventons le mot : c’est du « fraternalisme ».

Car il s’agit bel et bien d’un frère, d’un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès.

Or c’est très exactement ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus.

Dans ces conditions on comprend que nous ne puissions donner à personne délégation pour penser pour nous ; délégation pour chercher pour nous ; que nous ne puissions désormais accepter que qui que ce soit, fût-ce le meilleur de nos amis, se porte fort pour nous. Si le but de toute politique progressiste est de rendre un jour leur liberté aux peuples colonisés, au moins faut-il que l’action quotidienne des partis progressistes n’entre pas en contradiction avec la fin recherchée et ne détruise pas tous les jours les bases mêmes, les bases organisationnelles comme les bases psychologiques de cette future liberté, lesquelles se ramènent à un seul postulat : le droit à l’initiative.

Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. Que ce que je veux, c’est que marxisme et communisme soient mis au service des peuples noirs, et non les peuples noirs au service du marxisme et du communisme. Que la doctrine et le mouvement soient faits pour les hommes, non les hommes pour la doctrine ou pour le mouvement. Et bien entendu cela n’est pas valable pour les seuls communistes. Et si j’étais chrétien ou musulman, je dirais la même chose. Qu’aucune doctrine ne vaut que repensée par nous, que repensée pour nous, que convertie à nous. Cela a l’air d’aller de soi. Et pourtant dans les faits cela ne va pas de soi.

Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe, et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative dont je parlais tout à l’heure et qui est, en définitive, le droit à la personnalité.

C’est sans doute là l’essentiel de l’affaire. L’heure de nous mêmes a sonné.

Et ce que je viens de dire des nègres n’est pas valable que pour les nègres. Oui tout peut encore être sauvé, tout, même le pseudo socialisme installé çà et là en Europe par Staline, à condition que l’initiative soit rendue aux peuples qui jusqu’ici n’ont fait que la subir ; à condition que le pouvoir descende et s’enracine dans le peuple, et je ne cache pas que la fermentation qui se produit à l’heure actuelle en Pologne, par exemple, me remplit de joie et d’espoir.

Ici que l’on me permette de penser plus particulièrement à mon pays etc. J’y pense pour constater que le Parti est dans l’incapacité absolue de lui offrir une quelconque perspective qui soit autre chose qu’utopique ; que le Parti ne s’est jamais soucié de lui en offrir ; qu’il n’a jamais pensé à nous qu’en fonction d’une stratégie mondiale au demeurant déroutante.

Je sais bien. On nous offre en échange la solidarité avec le peuple français ; avec le prolétariat français, et à travers le communisme, avec les prolétariats mondiaux. Je ne nie pas ces réalités. Mais je ne veux pas ériger ces solidarités en métaphysique. Il n’y a pas d’alliés de droit divin. Il y a des alliés que nous impose le lieu, le moment et la nature des choses. Et si l’alliance avec le prolétariat français est exclusive, si elle tend à nous faire oublier ou contrarier d’autres alliances nécessaires et naturelles, légitimes et fécondantes, si le communisme saccage nos amitiés les plus vivifiantes, celle qui nous unit à l’Afrique, alors je dis que le communisme nous a rendu un bien mauvais service en nous faisant troquer la Fraternité vivante contre ce qui risque d’apparaître comme la plus froide des abstractions. Je préviens une objection. Provincialisme ? Non pas. Je ne m’enterre pas dans un particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné.

Il y a deux manières de se perdre : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel ».

Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers. Alors ? Alors il nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent. En bref, nous considérons désormais comme notre devoir de conjuguer nos efforts à ceux de tous les hommes épris de justice et de vérité pour bâtir etc.

Dans ces conditions, je vous prie de recevoir ma démission de etc.

Aimé Césaire, Paris, le 24 octobre 1956

le Nègre est une insulte à la civilisation

vu du monde et d'ici source Claude Ribbe

ce qui est dit s'écrit, se crie : s'impose dans l'ordre d'une évidence

lu ? compris ? Bien. Voici ce qui, de cet instant entre nous s'impose :

on a longuement disserté, en milieu communisateur, de la violence faite à une femme quand on la considère en tant que femme, et non comme un être humain normal

on n'a jamais dit un seul mot, en milieu communisateur, de la violence faite à une personne noire de peau, à la considérer comme un.e Noir.e, un.e Asiatique, j'en passe et des meilleures

dans le premier cas, il y avait « assignation au genre » et je le partage. Dans le second, on n'a pas parlé d'« assignation à la race », ce que je considère tout bonnement d'autant plus raciste que l'on se dit communiste, car c'est dans le rapport, la relation, l'inter-subjectivation, qu'est le racisme, non dans la pensée séparée de l'individu considéré comme raciste, que l'on accuse de l'être avec tant de facilité quand il le revendique

comment peut-on prétendre à l'idée d'émanciper l'humanité entière en ayant en tête, plus forte que toute raison, cette impensée-là, cet inconscience-là ?

alors qu'on se mette, en pensée, dans la peau d'un.e Noir.e. Pas facile. Un bon auto-sondage d'opinion intime, se regarder dans une glace et se demander : et si l'on me considérait d'une couleur de peau ?

quant à moi, ça va, merci : je sais que je suis un mâle blanc, je ne le revendique pas, ni d'en changer, mais je sais ce que produisent mes mots, mes gestes, mes regards, tout ce que je suis face à un.e personne « de couleur », tant que nous ne nous connaissons pas assez bien pour que nous deux puissions réellemnt faire comme si, natrellement, spontanément, d'un oublier-savoir partagé, dépassées nos identités de couleurs. C'est un travail, sauf si l'on a vécu ça très jeune dans un milieu où c'est une habitude, et ça peut être le cas dans les 'quartiers'

il ne me vient plus à l'idée ni au corps de faire comme si nous, de chaque côté de la relation, pouvions l'oublier, de cette façon si accessible à tous ceux qui, du simple fait de savoir que les races sont des constructions historiques et sociales, se considèrent comme évidemment non-racistes, non pas même « antiracistes abstraits universalistes », mais refusant de prendre en compte les implications quotidiennes de vivre en tant que « de couleur » dans une société dominée, ne serait-ce que démographiquement, par des Blanc.he.s

on ne s'en tire pas en écrivant  « racisé.e.s » avec ou sans guillemets, ni même comme je l'ai suggéré « racialisé.e.s », tant qu'on ne se considère pas soi-même comme possiblement « racisé.e » par d'autres. En quoi la réflexion sur la blanchité, ou sur la blanchitude revendiquée par les identitaires de chez nous, qui semble a priori essentialisante (un mot qui en jette et qui rassure, on n'est pas raciste avec ça dans la bouche), n'est pas si vaseuse qu'elle en a l'air, puisque refusant à d'autres (purs prolétaires conceptuels) de se reconnaître dans une identité de couleur qu'on leur a collée, on admet plus difficilement qu'ils puissent faire de même à notre égard. C'est le procès fait aux indigènes... qui affirment pourtant ne pas vouloir être intégrés par la France et la République. Moi, je me désintègrerais volontiers

quand ces Blanc.he.s, qui plus est communistes, leurs demandent d'oublier leur couleur pour se comporter en purs prolétaires conceptuels, je les considère comme des ennemi.e.s de classes objectifs, ni plus ni moins que toute personne se mettant de son plein gré au service de la classe dominante

il ne sera plus admis de personne, se réclamant du communisme ou de la communisation, non seulement la moindre bavure, mais aussi le si pratique oubli de la question indigène, le si confortable silence sur « la ligne de partage des couleurs », pour le dire avec WEB Dubois

depuis un an, plus les décennies antérieures de brouillon de cette décision historique en Franssouche, mes dossiers ont éclairé ces questions, que nul n'est censé ignorer dans le milieu de la communisation

sera considéré comme raciste de plein gré en connaissance de cause qui, en personne avertie, n'en tiendra pas compte, et signera alors sa propre démission..

pour le non-parti de mon communisme universel particulier, Patlotch, le 13 mars 2015

« Le jazz et l'homme différencié - Musique de la transe. Corps possédé et chaos mental. Pour Julius Evola, "cette africanisation mentale était le symptôme d'une civilisation occidentale en ruines." Ben voyons. Reste que le jazz, première expression musicale du siècle dernier, se définit avant tout comme le passage d'une "musique populaire, voire ethnique" en "musique savante". Bien plus singulière qu'une simple "musique du monde" et autre chose qu'une "musique classique". Rencontre improbable entre les battements de cœur, le "pulse" original et le choral luthérien - entre l'esclave et son maître, oserait-on dire. Musique de désir et de recherche, du désir de la recherche. De joie pure et de structure (parfois laborieuse). De scène et d'autocréation. Art qui "nous ramène à ce que l'on est devenu ou à ce que l'on n'est plus". » Pierre Cormary la page de - à tous égards "intéressante" dans le registre de l'idéologie se revendiquant "de droite". Pierre Cormary (sic) se dit admirateur de Marc-Edouard Nabe, Alain Zannini, alias MEN - authentique jazzmen guitariste et écrivain, auteuur du plus beau livre jamais écrit en langue française sur Billie Holiday et son âme -, qui ne lui rend pas son admiration, mais dit avoir « beaucoup de peine pour cette bande de guignols de droite catholique bourgeoise qui se croit subversive et révolutionnaire parce qu’elle ne rit pas aux blagues de Bruno Gaccio ! Pauvres imbéciles…» Pierre Cormary, le gros porc recycleur 1er février 2015

dans une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?

 

à mon lectorat nouveau ou ancien

« ma lectrice » c'est toutes et tous qui lisent mon blog

comme il y a pas mal de nouveaux et nouvelles qui viennent lire particulièrement les pages sur le capitalisme et la révolution, voici une introduction très générale à ce qu'on y trouve :

le CAPITAL contre le vivant, la REVOLUTION pour la VIE

le titre de cette partie de mon blog a changé : le mot de "révolution" remplace celui de "communisme". Pourquoi ?

- la première raison est que le seul mot de "communisme" peut faire fuir des personnes qui pourtant seraient intéressées par le contenu de ce site

- la deuxième est que "communisme" ne s'entend pas pour ce qu'il signifie pour moi, dans la tradition de Marx, à savoir le mouvement des luttes qui permettent d'affronter le capitalisme jusqu'à son abolition. Le processus de cette abolition, un courant de la théorie révolutionnaire dont je me réclame l'appelle "communisation", et la conçoit comme nécessairement mondiale. Elle pourrait s'étaler sur des décennies voire des siècles pour changer les rapports entre les êtres humains, entre eux et la "nature"

- j'utilise le mot de "révolution" parce qu'il sous-entend d'emblée un bouleversement, un changement d'ordre historique, et donc contient cette idée de mouvement contre le capitalisme. Elle se trouvent dans les luttes du passé où celles d'aujourd'hui, menées ou pas au nom du communisme mais quoi qu'il en soit vaincues jusque-là, particulièrement le mouvement ouvrier des 19ème et 20ème siècle, que nous appelons "programmatisme" du fait qu'il avait un programme, un projet à faire aboutir, par des étapes, à ce qu'il considérait comme "la société communiste"

les luttes que nous appelons dans la tradition de Marx « luttes de classe » participent de cette évolution à travers les siècles, dans les conditions et formes qu'elles ont prises, à la fois particulières et spécifiques, générales et mondiales parfois, selon les pays, les continents, les appartenances ethniques, raciales ou religieuses, le problème de la domination des hommes sur les femmes, etc. Mais cet affrontement a toujours lieu selon la loi du plus fort, la règle du jeu du capital, que ne peuvent remettre en cause les combats pour le salaire, pour la  terre, pour vivre moins mal ou simplement sauver sa peau et celle de siens

je ne suis pas particulièrement attaché aux mots, sans quoi il faudrait que le français soit compris dans le monde entier. Je suis attaché aux concepts et préoccupé par le fait que, pour chaque peuple et chaque langue selon son lieu et son histoire, ces concepts peuvent être exister ou non, être proches ou différents : il n'y a pas de mot 'neige' dans la langue d'un pays où il ne neige jamais, et s'il est emrunté, onadopte le mot du pays à neige, ou un équivalent. Il est donc déjà difficile de se comprendre entre cultures différentes, et si l'on ne comprend pas l'autre, il faut se dire que lui non plus, et que dans ce cas, il ne peut y avoir de rencontre, et de partage de vues ou de moments de vie communs qui sont pourtant indispensables à la construction de luttes communes ou se comprenant comme participant du même mouvement révolutionnaire d'ensemble

un concept est l'idée générale sous laquelle on regroupe tout ce qui en relève : animal pour le chien ou le moustique, insecte pour la mouche ou la puce, arbre pour le sapin ou l'érable, etc. On comprend que le concept de chien n'aboie pas, que celui d'insecte ne pique pas, que celui d'être humain ne mange pas de pain, etc. Et donc de même pour des notions abstraites recouvrant des rapports sociaux concrets : exploitation du travail, valeur d'échange et d'usage, marchandise comme produit du travail ou bien à échanger d'une côté (l'acheteur) pour satisfaire un besoin, parfois simplement une envie de quelque chose qui n'est pas vital, de l'autre côté (le vendeur) pour faire un bénéfice, qui dans le cas du commerce capitaliste devient un profit, et permet de payer les salaires de travailleurs qui ont produit davantage que le sa valeur, sans quoi n'il n'y aurait pas de profit, etc.

c'est très schématique mais cela suffit pour comprendre que le résultat, c'est que ça recommence tant que ça peut produire du profit, autrement dit jusque ça ne puisse plus le faire : c'est la crise qui peut alors devenir le drame des capitalistes, puisqu'elle menace leur système de s'effondrer. Et alors ? Que deviendrons-nous (ce nous c'est l'humanité entière), hé bien la question sera posée de faire ou non... la révolution

alors à quoi sert tout ce bavardage sur mon blog ?

les termes de concepts, de catégories, de contradiction, de dialectique, etc. relèvent de la philosophie, de sa tradition, mais si nous les utilisons, c'est pour nous comprendre, et rien de plus que nous représenter le monde capitaliste tel qu'il est et tel que nous pouvons en finir avec lui. Le faire ne tient pas à des idées, seraient-elles les meilleures, mais aux luttes qui nous inspirent ces idées, et qui les portent avec une intelligence propre, qui se passe des mots que nous utilisons pour les comprendre et aller plus loin, ainsi de suite. C'est dire que l'idée même de théorie contient un risque redoutable : en formaliser une qui donne le sentiment qu'elle permettrait de sentir et saisir les choses mieux que ceux qui les font et se battent, avec ou sans ces idées théoriques

voilà à grands traits de quoi parle mon site en dehors d'autres rubriques, sur le jazz ou mes travaux "artistiques" et ma poésie, et à quoi tiennent ces controverses avec d'autres vues sur la question, des idées plus que les personnes derrière, que je connais ou non. Mon souhait est que mon blog, même si je suis seul à y intervenir, soit un lieu de débats qu'on ne trouve pas ailleurs et dont chacun.e peut faire profit

contact : on peut me joindre à Patlotch AT free POINT fr sans espace, pour des critiques ou commentaires, dont je tiendrai compte s'ils m'apparaissent utiles à ces débats. Je cite parfois des interlocuteurs anonymes, non pour les blesser ou en faire des vedettes du milieu, mais dès lors qu'ils formulent une idée féconde à discuter, qu'on la partage ou pas. Il est donc vrai qu'il est préférable, dans ce cadre, de ne pas m'écrire pour des considérations anodines ou relevant des ragots propres à tout milieu intellectuel, qui ne m'intéressent pas. Les amoureuses ne vous pressez pas, mon cœur est pris

anecdote : la dernière fois que j'ai rencontré un "camarade" autour d'un verre, situation paraît-il propice à la franchise, il m'a raconté les histoires de cul censées expliquer les différends dans le milieu grec radical... Ce qu'il pensait lui des problèmes théoriques en discussion, je ne l'ai jamais su... Lui était bien avec tout le monde, moi semble-t-il avec personne, mais sur ce coup ou d'autres, je ne regrette rien, sauf s'il n'a pas compris et doit encore en souffrir. Il n'y a rien que je déteste plus que le manque de franchise et la malhonnêteté intellectuelle. Qu'il soit compris que je suis près à tout pour défendre mon droit à dire en toute sincérité ce que je pense, et que personne ne compte sur mon amitié, qui ne respecterait pas d'abord cette exigence, que je m'impose comme une hygiène personnelle, et comme on dit dans les 'quartiers', de respect

mon très grand défaut est de considérer que, sauf en matière d'intimité ou de sécurité, toute vérité est bonne à dire

.

vulnérabilité et conflictualité féministe en Indonésie

Rendre les femmes visibles : un véritable défi en Indonésie AlterAsia 9 mars 2015

vu du monde et d'ici ONG Pekka

Nani Zulminarni, militante pour l’autonomisation des femmes, partage ses points de vue sur l’égalité des sexes, le mouvement des femmes et l’évolution de leur rôle en Indonésie.

un entretien intéressant pour ses informations, la signification de "l'autonomisation des femmes et des filles", la méfiance des cadres organisés des "Objectifs de développement durable", etc.

rien d'une insurrection pour "abolir le genre", rien d'une émeute attirant les curieux d'un écart policier, des choses terre à terre dans leurs limites, juste que cela concerne, aujourd'hui et pas pour faire la révolution dans dix ans ou vingt ans, sans transition pendant un siècle que nous ne connaîtrons pas, ni ne saurons qui aura eu raison avant tout le monde : elles s'en foutent et elles ont raison

juste la vie quotidienne qui concerne la vie de dizaines de milliers de prolétaires, femmes, enfants, et même des mâles du coup...

dans féminisme et critique de genre / critique de classe

.

vendredi 13

jour de bonheur pour le milieu et ma lectrice 19:24

Moi j'ai tout donné mes illusions
Et ma vie et mes hontes
Pour vous épargner la dérision
De n'être au bout du compte
Que ce qu'à la fin nous aurons été.

Aragon Le roman inachevé 1956

2ème avertissement, avant feu de cheminée ou la grande lessive théorique et pratique du milieu de la communisation en théorie

j'ai écrit il y a deux jours avertissement avant pétard mouillé : le fichisme ne passera pas, et cela portait doublement

1) quasi anecdotiquement : sur les allusions répétées, par adé, au fait que j'imposerais ma « brutalité » mis en relation avec « les dérives néo-fascisantes du prolétariat », le même qui m'a accusé d'antisémitisme comme pepe de « Vichinsky de la communisation » [...] Il faut arrêter ces jeux à la con, sans quoi il est inévitable que ça nous pète à la gueule à la manière du négationnisme dans l'ultra-gauche, comme le montre le retour à pas feutrés de lobo. Dès avant j'avais commencé d'allumer quelques contre-feux donnant des éléments de compréhension théorique

ce qui m'intéresse est de comprendre en quoi la théorie est liée à des luttes qui peuvent annoncer la communisation, comment elles y parviennent plus ou moins et pourquoi elles ne le font pas en relation à une théorie séparée et dépolitisée (agir avec un sens politique étant assimilé à du militantisme, cette posture honnie que pourtant adoptent les propagandistes de la communisation, qui laissent à d'autres, à gauche qui plus est, les tâches critiques quotidiennes méprisables car limitées : l'effet est déplorable car il incite à une position de spectateur, qu'ils le veuillent ou non, et le monde entier se fout de savoir ce qu'ils font ou pas en tant qu'individus dans les luttes)

2) sur la compréhension de ce qu'on appelle « confusionnisme » ou « rouges-bruns » : le Cousin et « nous », qui rejoint les mêmes questions de relations dans le milieu et de problématiques théoriques que je suis seul à exprimer (je ne prétends pas être le seul à les avoir en tête ou à en discuter je ne sais où)

vu du monde et d'ici Lecture du Werther de Goethe de Wilhelm Amberg 1874

le débat théorique exige plus et mieux que la coexistence pacifique et la guerre froide entre théoriciens

la sage discrétion dont font preuve Bruno Astarian et Gilles Dauvé ne suffit pas. On ne résoudra rien en faisant mine de considérer que "nous" "nous" aimons parce que "nous" diffusons et traduisons "nos" textes réciproquement (sauf les miens, merci à tous)

j'estime nécessaire de clarifier tout ça avant que ça ne prennent, dansle contexte actuel, des proportions qui nous échappent, y compris avec des interventions comme celle de lobo, qui tape à côté et fait revenir l'accusation de négationnisme, étrangement en rapport avec les questions du confusionnisme, les «explications » de mondialisme.org, le fatras dincompréhension deu maximaliste Jean-Louis Roche, etc.

imaginons le sort de Léon de Mattis si son Mort à la démocratie sortait maintenant, et interrogeons-nous sur ce qui le permettrait quant à son contenu théorique en relation avec la communisation. J'avais fait part de ma désapprobation de pratiques politiciennes supposés prendre en compte le niveau de compréhension sans apporter des explications théoriques fondamentales, quand il n'apparaissait pas que son auteur était un des ténors des revues Meeting puis SIC, et TC a tardé à ragéir parce qu'il fallait préserver la sainte-alliance théoriciens-activistes tout en condamnant ceux-ci. Ce qui devait arriver arriva, et ça s'est produit comme de bien entendu aux dépens d'une femme, membre du groupe Théorie communiste qui avançait la contradiction de genre comme essentielle. Événement déclencheur de la rupture dans SIC et de la crise du milieu théoricien depuis

le débat théorique exige plus et mieux que la coexistence pacifique et la guerre froide entre théoriciens / l'aporie de la race et l'antisémitisme comme problème récurrent du milieu issu de l'ultra-gauche / qui ne comprend pas se condamne à taper à côté / « notre histoire » n'est pas celle du narcissisme qui caractérise le milieu communisateur / des guillemets à camarades : "nous" et "les autres" / le milieu de la communisation : un esprit de parti comme les autres / l'ordre règne chez pepe / vraie camaraderie et inter-subjectivité communiste / priorité aux débats / « un coq théorique lilliputien » ne menace pas le concept des concept, tant qu'on n'en parle pas, il n'existe pas

à lire dans discussions sur la communisation

12 mars 2015

le combat continue mais sans le début dndf : c'est jamais au présent qu'on parle de communisation ?

logomachie et tauromachie dans la naumachie, ou la magie des mots pour mots de la magie

« Les naumachies consistait en des combats sur l'eau, pratiqués par les Romains comme un spectacle. »

vu du monde et d'ici les naumachies, jeux du cirque

c'est le grand retour de lobo (voir février 2014) dans la logomachie, et de pepe en tauromacho. Adé a de la chance d'être félicité, après moi par lobo, pour son parler vrai. Quant au débat, jusqu'à preuve du contraire, c'est raté, pepe n'en veut pas

@adé « J’espère avoir répondu » - non, désolé, tu n'as pas répondu, lobo te parle des luttes qu'il connait dans lesquelles il ne voit pas le rapport entre le moment actuel et celui décrit au futur comme communisation, des sexes différents de femmes et d'hommes, du rapport entre identités et classe aujourd'hui... Tu ne réponds, entre ton histoire de l'humanité et ton rêve communisateur, à aucune des questions qui devraient faire problème pour qui affirme « c'est au présent que nous parlons de communisation », citation de Théorie communiste en exergue du blog à pepe. La description que tu donnes du passage au communisme n'a grosso modo rien de nouveau depuis Marx, hormis l'absence de transition : c'est une grande avancée, digne du Cousin Francis, la dialectique en moins !

tout le problème de la théorie de la communisation, et plus encore celui de TC, c'est de passer de l'abstraction théorique "pré-voyant" cette forme de révolution, à celui de sa construction permanente au présent des luttes concrètes qui en seraient l'annonce réelle. C'est ce que TC a cru pouvoir faire dans les années 2000 avec la théorie de l'écart dans la période Meeting-Sic en relation avec les activistes qu'il critiquait. Cette construction concrète n'était qu'un leurre, à cette époque du moins, et peu ou prou, on en est revenu à l'abstraction des années 80-90, certes sur la base d'une critique partiellement vérifiée du capitalisme et dans sa crise approfondie, mais nulle part quant à l'avenir des luttes en partant de celles du présent

voilà le problème majeur, non seulement pour cette théorie et ses théoriciens, mais pour la perspective révolutionnaire elle-même. Voilà donc des questions à débattre. Tout le reste est littérature... et logomachie

c'était déjà le sens de mes interventions en juin 2014 sur le forum-communisation, qui m'a valu ça de pepe 24 juin : « On va essayer d'alimenter ce forum en passant entre les gouttes de la logorrhée auto-passionnelle du Wichinsky de la communisation. A suivre. pepe ». Il n'y est pas revenu et depuis mon départ, le forum est mort : qui impose quoi et qui joue un rôle de flic des débats en chef objectif de la police des commentaires, annonçant la carrière toute tracée de ce genre de gugusse dans une révolution à balles dans le dos ? En attendant il stocke les points d'exclamation comme des banderilles pour sa corrida sans taureau

la question des identités à dépasser se pose fortement aujourd'hui (Charlie et ses "je", les religions, les races, les anti-Français, les pro-Américains, les républicains, les démocrates, les "communautaristes", ceux qui ne votent pas, ceux qui votent mal, les rouges, les bruns, les "confusionnistes", les "antifas", les "camarades", les bons des uns et les mauvais des autres, les nationaux, les "zimmigrés" et les "zimmigrantes", les femmes voilées, les trop ou pas assez, les pas ici non plus ailleurs, etc. plus les zorribles «militants!!!!» à pepe qui font un tabac, moins tous ce dont je parle et qui fait un tabou indigène indigeste en milieu communisateur), c'est bien pourquoi j'ai mis le paquet là-dessus dans mon travail, non pour écrire un beau récit tout neuf de la communisation, qui viendra ou non, comme ça ou autrement

alors surtout n'en parlons pas, d'autant que ce sont les sujets centraux du texte de Roland Simon qui lui valent ces commentaires : n'appelle-t-il rien de plus intelligent que se perdre en polémiques oiseuses sur le sexe de la communisation ?

mais sans doute ne suis-je pour pepe qu'un « coq théorique lilliputien » ou de ces « caniches qui rêvent que l'infini est à leur portée », à part ça, non jamais de « mépris » chez pepe, si sûr de lui ? Et l'insulte ultra-gauchiste de rigueur : « militant!!!! ». La sainte horreur de pepe. N'importe qui témoignant d'une expérience de lutte est un « militant!!!! », sauf ceux qui le font de bonnes luttes dans le moule pépéiste. Au fait, pepe, il (ne) milite (pas) pour quoi ?

comme lobo le dit de l'ultra-gauche, la trajectoire suit son cours : on ne discute pas un dogme, et moins encore quand il fait tout, sauf ses preuves

dans discussions sur la communisation

 

"je" suis Cesare ?

Cesare Battisti arrêté au Brésil en vue de son expulsion Les Échos 12 mars Battisti

vu du monde et d'ici c'était pas mieux avant, face au mur

.

arrête ton char ! - Jamais !

Et une nouvelle jeunesse pour le char Leclerc ! La Tribune

« Le ministère de la Défense a lancé la modernisation du char de combat Leclerc (Nexter). Une opération d'un montant de 330 millions d'euros environ.

en Pologne, s'il y a un problème de tuyau, le plombier est sur place

« le Leclerc confère actuellement aux forces terrestres françaises la capacité "d'entrée en premier" dans le cadre d'une coalition internationale. » Ainsi, la France va déployer en Pologne des chars Leclerc avec des véhicules blindés VBCI pendant deux mois et participera à un certain nombre d'exercices de l'OTAN sur place.

Ce contrat de la DGA va en outre donner une bouffée d'oxygène à Roanne [...]

Roanne : la fierté d'une ville

quand j'étais petit [...]

vu du monde et d'ici

le prolétariat roannais est fier de son char

les usines employaient 16.000 personnes en 1918, 13.000 en juin 40, 800 en 2012 [...]

vu du monde et d'ici comme un éléphant trompe, un char ment énormément

les patrons aussi sont fiers, mais s'ils sont réciproquement impliqués, ils ne sont général-ement pas roannais (je suis commune-autartiste)

Nexter produit ses blindés comme des automobiles : le porte-drapeau (sic) de la mutation industrielle ! L'Usine Nouvelle

« Nul doute que les prospects actuels de Nexter, comme la Suède, l’Espagne, le Canada ou l’Inde, seront sensibles aux progrès réalisés par le fabricant français. [...].»

quand on consulte les compte-rendus de Comité d'Entreprise des syndicats, on les voit se réjouir des engins qui reviennent d'Afghanistan, de Centre Afrique, du Gabon [...] l'important c'est que la production finisse par relancer la production, c'est comme pour la population, et les femmes c'est le prolo du prolo [...]

le genre et la classe ou le genre et la claque

c'était mieux avant, mais ça va venir... les claques

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici du rififi dans le genre : elle a giflé un homme !

complet dans faut rigoler...

.

à ma lectrice : sur ma méthode en théorie

pour penser par soi-même, penser avec les autres dans leur logique et dans la sienne : c'est l'inter-subjectivité en matière de théorie

pas de marxistes pour inspirer Marx / renverser, il en restera toujours quelque chose / des thématiques au long cours, la question de l'inter-subjectivité : du 'Je' et de 'l'Autre' ensemble / vous avez dit « un chantier permanent » ? / le débat malgré tout / la théorie comme enquête dans le genre 'Noir', le théoricien et sa lectrice en détective public / infusion diffuse ou diffusion profuse ?

vu du monde et d'ici La liseuse ou Marie-Madeleine lisant (Jean-Jacques Henner) source

à lire dans discussions sur la communisation

.

à propos d'un bout de tissu, une pétition islamo-gauchiste signée par 1000 universitaires

« Il semblerait que la « gentille beurette » figure médiatique de la décennie précédente ait disparu.» Roland Simon, « le citoyen, l’Autre et l’Etat » dndf 16 janvier

Contre le voile à l’université, ou contre quelques étudiantes ? Libération 8 mars

à Madame la Minitre... extraits

Vous voulez œuvrer pour le droit des femmes à l’université ? Remettez en place un service de médecine universitaire digne de ce nom à même de fournir une information et des soins notamment relatifs aux droits reproductifs toujours plus menacés par la «crise» ; assurez-vous que les services sociaux à destination des étudiantes et des personnels ne soient pas systématiquement la première ligne budgétaire que nos présidents et CA suppriment, que des transports publics desservent nos campus dans des conditions acceptables et que des logements décents pour étudiantes soient construits en nombre suffisant, ou même, ouvrez des crèches dans nos universités pour permettre à toutes les femmes de venir travailler, étudier et se former.

Enfin, vous voulez discuter des droits des femmes, de liberté, d’égalité ? Des questions de genre, des droits des minorités sexuelles et raciales, des rapports sociaux tels qu’ils s’articulent aux politiques néolibérales de destruction des services publics et de privatisation des biens communs (qui transforment le savoir en marchandise par le biais de politiques que le PS relaie depuis des années) ? Venez dans nos cours et nos séminaires, dans nos départements, nos équipes de recherches, écoutez les enseignantes, les étudiantes, voilées, pas voilées, qui débattent, construisent ensemble une pensée critique à même de servir les connaissances qui nourriront les bibliothèques de demain comme les luttes menées en commun pour faire advenir un monde meilleur dont vous semblez avoir déjà fait le deuil.

pour une critique radicale du voile à la française

vu du monde et d'ici

Pour le droit de cité du fichu arabo-judéo-berbère autant que du béret basque Gérard Belorgey Médiapart 4 mars

« Et bien, ce fichu des femmes du Maghreb, pareil à celui des femmes de la Bible, à celui des paysannes des pays de froid  ou de soleil,  de  brume ou de vent, à celui de toutes les aïeules qui durent se couvrir les oreilles et les cheveux pour mener leur vie et qui ont eu parfois aussi à se protéger du brutal désir des hommes, ce fichu je demande qu'il ait droit de cité sur la tête de leurs héritières : qu'il ne soit, où que ce soit, pas plus interdit que n'est interdit le béret basque ! »

 

conclusion provisoire sur Francis Cousin et la communisation

à partir des textes et vidéos que j'ai pu consulter, j'en arrive à me faire cet avis non plus mitigé sur notre philo-analyste, mais discernant des aspects positifs et négatifs :

pour le positif /pour le négatif / affres à suivre

il ne sera pas inutile de suivre le parcours et la réception de ce petit nouveau sur le marché communisateur français

complet dans discussions sur la communisation

sur Marx et la communisation etc. Qu'ouis-je de Francis Cousin ? 

une vision racialiste de l'histoire, du prolétariat et de la révolution

commentaires à partir de Pour comprendre l'œuvre de Karl Marx 1/4   2/4   3/4   4/4  MétaTV 10 janvier 2015 2h25mn

à boire et à manger, à jouir et à gerber / le communisme anti-religieux ? une réponse intéressante « Il faut faire l'opposition entre le sacral et le sacré » une dimension ontologique / des trous dans la trajectoire théorique / la dérive racialiste de Cousin signe sa récupération des thèses communisatrices

complet dans discussions sur la communisation

11 mars

un regard pré-électoral : le FN sur le chemin des institutions

avant que ne tombent les résultats des départementales, et afin d'éviter des analyses discutables sur la validité de la représentation nationale des partis, particulièrement du FN, quelques chiffres sur les candidatures et cantons (2054)

« le Front national est le parti politique qui affiche le «taux de couverture le plus important parmi l'ensemble des formations politiques.» Les binômes frontistes couvrent 93% des cantons face à ceux de l'UMP ou d'Union de la droite qui en couvrent 78% mais aussi face aux candidats du PS et d'Union de la Gauche (77%). Les pourcentages tombent à 58% pour le Front de gauche, le Parti communiste [le PCF revendique 76%] et le Parti de gauche, et 19% pour les écologistes d'EELV. »

le FN : un coup de peuple et de jeunesse dans la classe politique ?

le FN est le parti le plus partout (93% des cantons), qui présente le plus grand nombre d'ouvriers (4%) et d'employés (26%), mais la palme pour les retraités revient au Front de gauche (30%) suivi par le FN (26%) et le PS (25%)

question âge tout est relatif, les partis se tenant dans un mouchoir de poche. Le FN a la moyenne d'âge la plus basse (49,4 ans) avant Debout la France (47,4 ans), le Front de gauche la plus âgée (52,7 ans) suivi par le PS (52,2 ans) et l'UMP (51,6 ans). 15% des candidats FN ont moins de trente ans

(concernant le nombre de femmes, seulement des chiffres de 2011, dans l'ordre : Verts 35%, FrontPCGauche 29%, FN 26%, PS 23%, UMP17%)

dans l'ensemble 40% des candidats sont cadres ou de professions libérales, le FN en compte 14%. Ces couches représentent 9% de la population

le FN comme les autres, les autres comme le FN

grosso-modo et comme il le souhaite, le FN tend à être « un parti comme les autres », mais plus représentatif en termes de couverture sociale (sécurité en plus plus), comme l'indique par ailleurs l'influence de ses thèmes dans l'opinion publique. Mais de ce point de vue, on peut aussi considérer à l'inverse que tous les partis tendent à devenir comme le FN, puisque tous surfent électoralement sur l'ethnicisation des questions sociales

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici source (y consulter la carte 1/1 pour la gauche)

FN Une nouvelle génération d'élus source

Au-delà de la bataille de chiffres, le FN compte sur ces élections pour renforcer son ancrage local dans tous les départements de France et récolter les fruits d'un travail de développement des fédérations engagées depuis le mois de juillet. Seule une centaine de cantons n'auront pas de candidats FN. En annonçant 1910 binômes, les frontistes consolident l'implantation des municipales et veulent s'appuyer sur une nouvelle génération d'élus, sachant que 1200 élus municipaux FN seront candidats aux départementales et que 14,5% des candidats ont moins de trente ans. «C'est un vrai changement de dimension» considère Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, responsable de ces élections. Il voit ces départementales comme une étape stratégique dans la professionnalisation du Front national. Sans s'aventurer à faire des pronostics, notamment à cause du mode de scrutin majoritaire, le Front national rappelle cependant qu'il avait dépassé les 40% dans 95 cantons et les 35% dans 310 cantons aux dernières élections européennes. Au sein du parti de Marine Le Pen, on estime aussi qu'une telle consolidation du maillage territorial sera un atout pour la présidentielle de 2017. On pense que la candidate du Front national pourra s'appuyer sur des relais locaux plus nombreux et plus solides qu'en 2012.

.

crise du capital et terrorisme : critique de la 'désinformation' et de la 'manipulation', immanence de l'idéologie et théories du complot

suite sur les considérations de Francis Cousin

un entretien intéressant, nonobstant le langage néo-situationniste et les mérites de Marx semblant être déshistorisés par le raccourci de formules chocs (comme dans la conférence), ce que n'a pas compris Jean-Louis Roche dans sa dénonciation du Faussaire de Radio-Courtoisie, depuis son dogme révolutionnaire et sa vision de la politique opposant une bonne gauche extrême à une extrême-droite diabolique, comme tous ceux qui n'ont rien compris à la démocratie politique et à la fonction capitaliste des États

assumer la critique radicale de la politique

tous ceux qui critiquent la démocratie capitaliste et la politique en tant que telle sont susceptibles d'être dans le collimateur de tous les partis et militants de gauche et d'extrême-gauche, on a vu les antécédents du négationnisme imputé à toute une partie de l'ultra-gauche sans discernement, et les risques pris par Léon de Mattis avec son livre 'Mort à la démocratie'. On voit aujourd'hui la confusion panique se répandre chez tous ceux qui croient encore à la politique, et je ne doute pas d'être l'objet de soupçons de la part des plus timorés sur cette question dans la critique radicale, du seul fait de renvoyer à des textes et vidéos diffusés où l'on sait. Je ne vois franchement pas comment faire autrement, ou n'en point parler...

à lire avec des lunettes, comme d'hab' : contre l'usage surabondant et discutable du « fétichisme de la marchandise », je préfère considérer le fonctionnement immanent de l'idéologie du capital. Peu m'importe ici d'ergoter sur la stricte rigueur conceptuelle. Dieu ma lectrice reconnaîtra les siens

Terrorisme, Système et Stratégie de la tension Francis Cousin 19 janvier 2015 (l'entretien est plus probablement antérieur aux attentats parisiens mais postérieur à  'l'affaire Merat')

luttes radicales, autonomie ouvrière, restructuration impérialiste / services secrets / bourgeoise et classe capitaliste, etc.

extraits à lire dans la police et l'armée des États contre les populations

.

à propos de Francis Cousin, suite

que penser des tentatives de vivre autrement dès aujourd'hui ? à partir de Marx 2/2

je cite de mémoire, n'ayant pas revisualisé la vidéo où notre "philo-analyste" (sic) répond à une question sur ce qu'il pense de ceux qui tentent de vivre autrement, en s'orientant vers des modes de vie échappant à ce qu'ils considèrent comme mettant en danger la vie sur terre. La personne qui pose la question évoque le survivalisme, mais la réponse peut concerner des formes de 'résistance' diverses, des communautés reposant sur un faisceau d'idéologiques à forte composante écologiste. On peut même penser à l'organisation des zad...

l'essentiel est ailleurs

Cousin ne s'embarrasse pas de détails. Il dit en quelques mots comprendre que face à l'angoisse d'un futur menaçant rien moins que la possibilité de vivre sur terre, des gens aient envie dès maintenant de vivre autrement, quel que soit le discours accompagnant ces pratiques, puis il ajoute que là n'est pas l'essentiel, et il recadre aussitôt sur la contradiction du capital telle que je l'ai présentée hier

réflexion sur la pratique théorique

autrement dit, il ne (se) fait pas, de ceux qui sont tentés par ces expériences de survie et de vie ou qui les voient d'un bon œil, des adversaires idéologiques voire des ennemis. Il ne s'en prend pas à eux violemment comme étant des Robinson ex-communistes...

ça me rappelle une polémique dans une réunion sur la communisation en 2007 à Montreuil, dans laquelle j'avais avancé ne pas voir grande différence entre toutes ces communautés, quelle que soit l'idéologie derrière, et que celle relevant d'une illusion communiste ou communisatrice ne pissait pas plus loin. Que n'avais-je pas dit, puisqu'une grande partie des présents, en relation avec telle de ces communautés tototes en région parisienne ou dans le Larzac, faisaient de cette controverse l'alpha et l'oméga d'une frontière communisatrice dans des pratiques communes relevant de l'activisme immédiatiste

que diable allions-nous faire dans cette galère, comme si cela avait eu le moindre impact sur la contradiction essentielle que nous voyions ailleurs ?

.

terrorisme et impérialisme américain : théories du complot ?

les informations, je n'ai aucun moyen de les vérifier, mais un peu celui voir leur utilisation, leur montage, pour quelle analyse en relation avec celle de la situation générale, des considérations géostratégiques dans la concurrence capitaliste croisée d'enjeux internationaux (Etats-nations-régions) et transnationaux (capitaux des grands groupes). [...]

or, nous l'avons vu, une grande faiblesse des théories de la communisation est leur difficulté à considérer les contradictions géo-stratégiques du capitalisme mondial en tant qu'il fonctionne, pour contrer la tendance à la baisse du taux de profit, sur le principe de la concurrence entre capitaux organisés en sphères concurrentielles sur une base transnationale : à la fois déconnection et inter-dépendance

des fonctions des États en fonction... [...]

la question est plutôt de ces informations, quand elles sont vérifiables et se recoupent, ne pas avoir des analyses simplistes, opposant deux camps clairement identifiables, et construire des complots à la manière de Thierry Messiaen par exemple, comme on l'a vu depuis le 11 septembre 2001. Il me semble que les articles ci-dessous ne tombent pas dans ce travers, sauf à ignorer complètement le rôle de la CIA et des services secrets dans l'histoire contemporaine

trois articles d'une même journaliste, Julie Lévesque, journaliste et chercheure au Centre de recherche sur la mondialisation, dont je n'ignore pas qu'il figure en bonne place sur les listes de sites « confusionnistes » diffusées par les 'antifas' (voir par exemple Indymédia Nantes Mondialisation.ca : analyse antifasciste d'un site d'un site janvier 2010). Mais comme dit mon Cousin : L'antifascisme et l'antiracisme sont des religions du capital

Irak : Terrorisme « made in USA » et chaos constructif au Moyen-Orient Julie Lévesque News off American Company Internet Council Diconisco.tv 30 juin 2014

Canada : Campagne de peur – Les «extrémistes islamiques» et le rôle douteux des services de renseignement Julie Lévesque Mondialisation.ca 25 octobre 2014

Boko Haram = USA : Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est de contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles Julie Lévesque Regard sur l'Afrique 9 mars 2015

ce qui n'est pas encore très clair relativement à Daesh et Boko-Haram ressemble toutefois étrangement à ce qui s'est passé en Afghanistan, pour ne donner qu'un exemple ne prêtant pas à discussion

dans la police et l'armée des États contre les populations

sexe et révolution : pour l'auto-érection du sujet révolutionnaire

les mâles attaquent !

vu du monde et d'ici

dans faut rigoler...

10 mars / 11 mars

à propos de Francis Cousin, suite : pas de "communisme" ! et alors ?

une rupture nouvelle dans la théorie de la révolution pour abolir le capital

après coup, quelque chose qui me revient que je n'ai vérifié. Je n'ai pas entendu le mot communisme en ce qui concerne la révolution dans la conférence de Cousin à partir de Marx [...] d'une façon générale, il me semble shunter tout ce qui fait problème par vieux langage

à première vue, une si présente référence à Marx et plus de communisme, c'est choquant (pour "nous"), mais personnellement, je ne m'arrête pas à ça, je l'écris et le crie depuis quinze ans, comme le jazz, le communisme réel ne se fait pas, ne se joue pas sous son nom

comme je l'ai souligné, Cousin dépasse ici à la fois la critique communiste structuraliste de Théorie communiste, et l'humanisme théorique de Temps critiques qui dit ne plus être communiste, ni marxiste (citations à trouver), et qui donc finit par retomber dans la philosophie humaniste pré-marxiste (cf derniers textes après les attentats parisiens, la critique du dépassement etc.). Cela ne l'amène pas à abandonner le processus communisateur comme dépassement produit de l'implication réciproque capital-prolétariat, mais à considérer avec plus d'ampleur historique le bouleversement que pourrait être la communisation, et donc à être plus concret sur nombre de questions, dont celle de l'individu de « la communauté organique des êtres », le rapport à la nature, le problème de la religion et du "sacral", etc. C'est pourquoi j'ai fait le lien avec Camatte nonobstant son abandon de la révolution communiste

on comprend qu'il puisse être complètement inaudible à l'extrême-gauche ou par les débris de l'ultra-gauche, mais pas par les partisans de la communisation, à qui il offre de nouvelles pistes de réflexion

vu du monde et d'ici

adieu veaux, vaches, cocochons, poulets ! / qui m'aime ne me suive pas / tourni, douche froide et gratuite pour tout le monde, mais c'est comme ça : c'est au présent que nous parlons de communisation / un 'Meeting permanent', sans blague ? / les frères Jacques Gilles Nicolas Henri Martin Roland et moi, tous ensemble tous ensemble... à la ramasse ?

bis Morgen früh !

demain est un autre jour, mais je vais commencer par changer le titre général : de le capital contre le vivant, le communisme pour la vie, je vais passer à le capital contre le vivant, la révolution pour la vie. C'est comme si c'était fait, du passé faisons table rase !

dans discussions sur la communisation

.

notes et commentaires critiques des thèses de Francis Cousin dans "à partir de Marx" 2014

je propose ces éléments sans prétention à couvrir tout le champ de son corpus, à partir de sa conférence de septembre 2014, à l'invitation d'Égalité et Réconciliation Lorraine. J'ai voulu me faire une idée plus précise à partir de sa relation à Marx et de ce qu'il en tire. C'est l'objet de deux vidéos sous l'affiche générale

- la première est l'exposé à partir de Marx 1/2 1h08

- la seconde le débat, ou plutôt les questions-réponses à partir de Marx 2/2 1h25

premier jet de notes prises en visualisant presque tout. J'ai sauté des passages historiques de l'exposé, mais il faudrait y revenir, parce que Cousin fait en permanence des remarques générales, théoriques... J'ai reclassé mes notes pas nécessairement dans l'ordre de la conférence

la critique radicale de l'économie et de la politique... abolition du salariat, de l'argent, de l'Etat... / histoire de l'humanité / 6ème chapitre du Capital / sur le colonialisme / domination formelle et domination réelle, tendance à la baisse du taux de profit, le capital comme "contradiction en procès", critique focalisée sur celle de la marchandise et de la valeur /« antifascisme, antiracisme religions du capital » / la révolution processus / critique radicale de l'organisation, de l'avant-garde / aujourd'hui, que faire ? /- question les Juifs en relation au capital... - question sur le patriotisme, le nationalisme

- question articulation capitalisme et religion / la sacralité sans religion dans la communauté de l'être / critique radicale de l'organisation, de l'avant-garde / aujourd'hui, que faire ? / question les Juifs en relation au capital... / question sur le patriotisme, le nationalisme / question sur la destruction des races, par le capital ou avant qu'on arrive à ça ? - question articulation capitalisme et religion - la sacralité sans religion dans la communauté de l'être / rapport général aux théories de la communisation connues (de moi) / un souffle qui rappelle Camatte ? et le "sacral", sans religion ni dieu / sans conclure et curieux de réactions...

vu du monde et d'ici

à lire dans discussions sur la communisation

.

'Marx aux antipodes' : un aperçu général des chapitres concernant les évolutions de Marx et la conclusion K.B. Anderson sur ce qu'on peut en retenir aujourd'hui

1) évolutions de Marx sur les sociétés non-occidentales et les articulations de classes, 'races', nations... genre

pour préciser la présentation générale et ce que dit la préface, je donne ici le début et la fin de chaque chapitre, où Anderson souligne les évolutions de Marx tout au long de sa vie, depuis l'ethnocentrisme du Manifeste replacé dans son contexte, jusqu'aux écrits tardifs dont on connaît généralement les questionnements de Marx sur la Russie. Les changements de perspective de travail entre les œuvres de jeunesse et celles de la maturité, entre le Marx dit "humaniste" de L'idéologie allemande et le Marx critique de l'économie politique du Capital sont généralement bien connus, pour avoir fait l'objet des débats autour de la "coupure épistémologique" qu'y voyait Althusser. Ce qui l'est moins, c'est l'évolution permanente de Marx au fil des événements historiques et de ses recherches sur les questions dont traite ce livre de façon extrêmement rigoureuse, au point de bouleverser l'idée que s'en font la plupart des marxistes, quel que soit leur courant. Anderson balaye avec précision et preuves dans le texte nombre d'idées reçues. Bien qu'y étant préparé par mes recherches depuis fin 2013, je ne m'attendais pas à de telles découvertes recoupées par l'attention que portait Marx à ce qui se passait dans le monde entier de son temps

vu du monde et d'ici

2) les apports de Marx pour penser le monde actuel entre limites et pertinence

pour anticiper sur la question qu'on se pose légitimement si l'on ne veut pas se tromper d'époque et considérer, soit que Marx n'apporterait rien pour penser le monde actuel sous l'angle des rapports de classes, nations et 'races', soit qu'il en aurait tout dit et qu'il n'y aurait qu'à se servir, deux écueils répandus dans et hors le marxisme, je donne ci-dessous les dernières pages de la conclusion, dans lesquelles l'auteur propose sa réponse à deux questions : « Que révèle la dialectique sociale multiculturelle et multilinéaire de Marx concernant le capitalisme mondialisé actuel ? Ce positionnement multilinéaire à l'égard du développement social en Russie et dans d'autres pays non capitalistes de son époque est-il toujours pertinent de nos jours ? »

vu du monde et d'ici

est-il nécessaire d'ajouter que ces conclusions sont en phase avec ce que j'essaye d'établir tant sur le rapport classes, races, nations... que du point de vue de la méthode dialectique entre généralités et particularités, concepts et réalités concrètes ? L'énorme apport de ce livre pour moi est de pouvoir le faire directement à partir de l'œuvre de Marx, et non plus seulement par l'intermédiaire de théoricien.ne.s inspiré.e.s ou non par ses écrits. Je sais bien que dans l'absolu, cela ne ressort d'aucune nécessité, citer Marx n'établissant la preuve de rien tant qu'on ne refait pas le chemin de sa pensée et qu'on n'établit pas le lien avec le monde d'aujourd'hui, tous travers dont on connaît les ravages chez les militants qui récitent Marx ou d'autres comme la Bible... ou le Coran

douze pages en extraits dans 'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

.

avertissement avant pétard mouillé : le fichisme ne passera pas

à propos de cette remarque de adé : « Patlotch, qui malgré la brutalité des rapports qu’il impose, absolument contradictoire avec ses idées [...], à présent s’interroge sur la possibilité d’une identité ouvrière néo-fascisante »

couper court avec des amalgames et en finir avec des comportements délétères dans le milieu communisateur / qui « impose » quoi et à qui ? / Un fonctionnement organique ? chiche ! / mise au point sur « une identité ouvrière néo-fascisante »

vu du monde et d'ici

à lire dans discussions sur la communisation

9 mars

Patlotch en « islamo-gauchiste gratiné »

« Le désir est à la lisière » Roland Barthes, de mémoire

Etudiantes voilées à l'université : "J'en ai marre qu'on me juge sur un bout de tissu" FrancTVinfo 5 mars

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici Ciel, un barbu ! source

.

« l'organisation, c'est l'organisation des tâches. C'est aussi simple que cela » Ah bon ?

sur l'organisation et l'activité des communistes relativement à la communisation, comme processus ultérieur et comme pratiques théorico-politiques actuelles

définir quelles tâches suppose plus que les organiser / quelles relations entre communistes et prolétariat révolutionnaire : des différences ? / le spectre de la spontanéité / que sont les théoriciens communistes, dans tout ça ? / aucune expérience à ce jour / pratique théorico-politique au présent / attendre, compter et distribuer les points ?

notes rapides à lire dans discussions sur la communisation

.

la communisation bien mal comprise... par ses célibataires-mêmes

il est un peu désespérant de constater comme le concept de communisation et ceux qui le sous-tendent, dans l'héritage tant de Marx que de la critique du programmatisme ou la définition de la révolution comme prolétarienne, sont mal compris dès le premier cercle des proches du milieu théoricien

autant adé est capable de réciter du TC face à toute réticence théorique, autant dans le débat "interne" (le sien d'abord), ses doutes sont curieusement révélateurs d'incompréhensions fondamentales. Exemple, dans ce commentaire, parlons affaires

saisissant cette intervention, j'aborde plusieurs points de base et d'autres plus actuels, entre la perspective théorique de la communisation et le fait de pouvoir en parler au présent :

la définition d'une classe / le programmatisme et son effondrement / le prolétariat fait la révolution... / il peut y avoir emparement sans appropriation / classes et identités / le problème de la définition du prolétariat dans le processus de la communisation / cheminements différenciés et multilinéaires de la subjectivation révolutionnaire et du processus communisateur... de classe : une exploration DES voies 'multilinéaires' de la révolution / la modélisation dialectique / la communisation n'est pas un modèle futur dont il faudrait trouver les traces au présent : parler au présent de la communisation, c'est considérer le présent tel quel  / la classe communisatrice n'est pas, ou pas seulement, le prolétariat ouvrier... / une partie du prolétariat peut aussi se constituer en classe contre-révolutionnaire / le genre comme facteur d'une possible constitution en classe non révolutionnaire du prolétariat

à lire dans discussions sur la communisation
.

appeler un chat un chat : du racisme de classe en France et de la position des communistes

« Les ouvriers du Nord ont enfin parfaitement compris que le travail, tant qu'il serait flétri dans la peau noire, ne sera jamais émancipé dans la peau blanche. » Lettre de Marx au père de Paul Lafargue, son futur gendre, suite à « l'écrasement de Johnson par les Républicains radicaux aux législatives de 1866 [...] cette dernière formulation  [que je souligne] apparaît aussi dans le Capital en 1867 » K.B Anderson, Race, classe et esclavage, dans Marx aux antipodes, Syllepse 2015, P. 184

racisme structurel, institutionnel et idéologique

les mots à tonalité "savante" - les mots de la philosophie, de la sociologie... - ont toujours un effet de distance par rapport aux réalités qu'ils traduisent et recouvrent d'un voile de pudeur intellectuelle. Ce ne sont pas les mêmes mots qu'utilisent les gens d'en-bas pour désigner la même chose. Cela s'ajoute au langage enrobé qui est devenu la règle, "non-voyant" pour "aveugle", "technicien de surface" pour "balayeur" (on ne dit pas "aspiratrice"), etc.

il faut redonner aux mots leur valeur et leur performativité de critique radicale. Il le faut d'autant plus si l'on se prévaut d'une critique de ce monde comme étant celui du capitalisme fondé sur l'exploitation de classe, la domination masculine et la domination raciale

le racisme structurel est un racisme de classe au sens économique et social concret où les populations concernées en sont victimes comme ayant, en masse et proportion, un niveau de vie inférieur à la moyenne de la population toutes races "confondues"

le racisme institutionnel est un racisme d'État puisque les politiques d'État n'ont rien fait pour l'éradiquer. Ni les lois "antiracistes" ni les "politiques de la ville" n'ont eu les résultats supposés

le racisme idéologique est un racisme des idées, un racisme culturel enraciné dans l'histoire particulière de la France (Saïd Bouamama, Les fondements historiques et idéologiques du racisme « respectable » de la « gauche » française 2012/2015). C'est celui de gens explicitement racistes ou qui ne voient ni racisme de classe, ni racisme d'État. Il est porté par les médias, les partis politiques. J'ai parlé à cet égard d'un racisme devenu légitime, ce que recoupent les enquêtes d'opinions depuis quelques années

l'antiracisme universaliste abstrait nie ces caractères de classe du racisme en France / l'islamophobie est en réalité un prolophobie racialisée, ce que n'est pas l'antisémitisme... / le prolétariat blanc français est massivement raciste : l'antiracisme universel abstrait cache le caractère de classe du racisme structurel : la religion et l'anti-religion à la rescousse de l'idéologie dominante / quelle position théorico-politiques des communistes en relation à la communisation ?

à lire dans le racisme de classe en France : structurel, institutionnel et idéologique

.

8 mars

entre individus, avec Marx lu par Jad Hatem

retour à 'Marx, philosophe de l'intersubjectivité'

en matière de théorie et de tout, il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Je vais donc poursuivre mon constructivisme communisateur sur toutes les pistes engagées, dont on voit qu'elles se recoupent indéfiniment. Par exemple, la question des individus* et des identités, de la subjectivité qui ne se conçoit pas sans autre puisqu'elle est un rapport social, et ainsi de suite jusqu'à la subjectivation, c'est-à-dire au changement de(s) individualité(s) dont l'enjeu révolutionnaire se passe d'un dessin

* d'une façon générale, je pense qu'il vaudrait mieux, du point de vue des rapports sociaux ou inter-humains, utiliser la catégorie d'individu au pluriel, théoriser les individus plutôt que l'individu, de même qu'on théorise "les femmes", non "la femme"

quelques extraits donc, de ce livre ouvert au hasard... je suis un peu dadaïste en théorie. Marx vs Stirner, on ne s'en lasse pas...

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici

5 pages choisies à lire dans individualités et singularités communistes, où est le problème ?

 

à contre-courant ? avec Olivier Messiaen, les oiseaux... et le jazz

parmi mes compositeurs préférés, et bien que la plupart soient d'Europe centrale (Liszt, Bartók et Kodaly, Dvorák et Janácek...), un français : Olivier Messiaen

si je lui laisse volontiers sa foi chrétienne, je suis fasciné par son écoute concrète et sa transcription de la nature, particulièrement des oiseaux. J'aime aussi son utilisation de la clarinette...

Messiaen - Oiseaux Exotiques - Aimard, Boulez Part 1 Part 2

Olivier Messiaen, le compositeur ornithologue (1908-1992) François-Bernard Mâche

Il se disait autant ornithologue que compositeur. Et même peut-être davantage un admirateur d’oiseaux qu’un amoureux des notes. Olivier Messiaen avait retranscrit près de 400 chants d’oiseaux, répertoriés dans ses œuvres

vu du monde et d'ici et puis j'aime les oiseaux vu du monde et d'ici du silence, en langue d'oiseau photos

ce qu'on sait généralement moins, ce que le jazz a inspiré Messiaen, et réciproquement

The Jazz Influence on Olivier Messiaen Devin Roth les modes de Messiaen pour l'improvisation en jazz vidéos

dans bribes de jazz et autres musiques

.

à contre-courant ?

Vague de grèves sur les salaires Jack Bellacio 8 mars

C’est le moment de faire grève pour les salaires La tendance amorcée il y a deux semaines se confirme : les patrons cèdent de plus en plus souvent aux grèves sur les salaires et de plus en plus rapidement. Dans la période précédente, décembre ou janvier, ils ne donnaient rien et du coup soit les mouvements étaient symboliques soit les grèves duraient. Aujourd’hui, ils ont tendance à céder au bout de 3 ou 4 jours, et aux 1,5 à 2% qu’ils concèdent le plus souvent, ils ajoutent maintenant fréquemment une prime exceptionnelle de plusieurs centaines d’euros jusqu’à 2 200 euros pour les grévistes de la SRPP. Il faut dire que le nombre de grèves augmente, la participation aux grèves aussi, les usines sont plus fréquemment bloquées, le niveau des revendications s’accroit, les syndicats demandent des ré-ouvertures de négociations salariales lorsque celles-ci sont terminées - bref on assiste à une lente montée de la contestation et à un véritable mouvement sur les salaires qui déborde les NAO - et les médias comme les confédérations commencent à souligner le phénomène ; par exemple la CGT qui veut centrer le 9 avril sur les salaires. C’est le moment de faire grève pour les salaires mais aussi, de mener une politique qui s’appuie sur ce mouvement. Jacques

suit une liste impressionnante de conflits salariaux en février et mars, que je n'ai pas le temps de vérifier...

grèves sur les salaires infos

à contre-courant, avec Assata et Tupac Shakur

2Pac Dear Mama 1995 version sous-titrée Tupac Shakur une voix, un groove et des textes qui vous feront aimer le rap Ghetto Gospel 2005

Interview 1988 / The Tragedy of Tupac Shakur Documentary full 37:35 un très beau film

« Personne au monde, personne dans l'histoire, n'a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de celui qui l'opprime Assata Shakur

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici 

Assaka Shakur Assata Shakur parle depuis l’exil (1/2) Assata Shakur parle depuis l’exil (2/2) entretiens de 1998 original in english

Femmes en prison, qu'advient-il de nous ?

« Je songe à mes sœurs dans le mouvement. Je me rappelle le temps où, drapées dans des tenues africaines, nous accusions nos aïeules et nous-mêmes d’être des castratrices et les rejetions. Nous faisions pénitence pour avoir dépouillé nos frères de leur masculinité, comme si nous étions celles qui les avaient oppressés… Je me rappelle l’époque du Black Panther Party quand nous étions « modérément libérées ». Quand nous étions autorisées à porter des pantalons et qu’on nous demandait de porter les armes. L’époque où nous devions faire les yeux doux à nos dirigeants. L’époque où nous travaillions comme des chiens et luttions avec acharnement pour un respect que de leur côté ils s’obstinaient à nous refuser. Je me rappelle des cours d’histoire noire où les femmes n’apparaissaient pas et des posters de nos « dirigeants » où les femmes brillaient par leur absence. Nous rendions visite à nos soeurs qui devaient assumer la charge des enfants pendant que le Frère vaquait à ses occupations ou partait, appelé par des choses plus grandes et plus importantes.

Nous étions nombreuses à rejeter le mouvement des femmes blanches. Miss Ann4 restait Miss Ann même si elle brûlait son soutien-gorge. Nous ne pouvions pas éprouver de compassion pour le fait qu’elle était recluse dans sa maison et opprimée par son mari. Nous étions, et nous sommes toujours, enfermées dans une prison bien plus terrible. Nous savions que notre expérience de femmes noires était complètement différente de celle de nos sœurs du mouvement des femmes blanches. Et nous n’avions aucune envie de nous rendre dans quelque groupe de conscientisation avec des blanches et mettre notre âme à nu. »

Joanne Deborah Byron, devenue Joanne Chesimard après son mariage, est plus connue sous son nom africain : Assata Olugbala Shakur. Née le 16 juillet 1947 à New York aux États-Unis, celle qui deviendra la marraine du rappeur Tupac Shakur fut une membre active de la section de Harlem du Black Panther Party (BPP) puis de la Black Liberation Army (BLA). Cette dernière, passée du modèle d’auto-défense armée du BPP à la lutte armée, émerge après l’hécatombe dans les rangs des radicaux noirs due à la répression d’État, et notamment au COINTELPRO, un programme d’infiltration, de répression et d’assassinats ciblés dirigé contre les mouvements radicaux noirs, latinos et amérindiens. Formée en 1970, la BLA devient véritablement active à partir de la scission au sein du BPP en 1971. Elle se présente comme un groupe anti-capitaliste, anti-impérialiste, anti-raciste et anti-sexiste, luttant pour « l’institution de relations socialistes dans lesquelles le peuple noir aurait un contrôle total et absolu sur son propre destin en tant que peuple ». La BLA mènera entre autres une campagne défensive et offensive contre les violences policières comme l’avaient fait les Black Panthers et procédera à des éxécutions ciblées de policiers pour protester contre des crimes policiers ou des morts en détention.

Assata Shakur rejoint le BPP lorsqu’elle a 23 ans, avant de s’engager dans la BLA la même année, en 1970. Son militantisme au sein des Black Panthers n’était pas dénué de critiques, sur la réponse armée à opposer à la répression et aux assassinats ciblés ou encore sur la faible importance accordée à l’histoire noire : « Ils lisaient le petit livre rouge mais ne savaient pas qui étaient Harriet Tubman, Marcus Garvey et Nat Turner. Ils parlaient d’intercommunalisme mais continuaient à croire que la Guerre Civile avait été menée pour libérer les esclaves ». En 1971, elle est arrêtée une première fois, à la suite d’une altercation avec un client d’un hôtel de Manhattan, altercation au cours de laquelle elle reçoit une balle dans le ventre. Elle est arrêtée et inculpée de tentative de vol, de violences et de port d’arme prohibée, avant dêtre libérée sous caution. Elle est ensuite soupçonnée d’avoir participé à une série de braquages (des « expropriations révolutionnaires » comme préférait les appeler la BLA) et d’avoir blessé un policier. En 1972, le FBI lance une traque à travers tout le territoire afin de capturer celle qu’il présente comme la dirigeante d’une organisation ayant commis « une série de meurtres de sang-froid contre des officiers de la police de New York ». On découvrira par la suite qu’Assata Shakur avait été prise pour cible par un programme de répression du FBI nommé CHESROB, destiné à « attribuer à l’ancienne Panther new-yorkaise Joanne Chesimard presque la totalité des braquages de banque et des crimes violents impliquant une femme sur la côte est. » Assata Shakur est condamnée à la prison à perpétuité en 1973 pour le meurtre présumé d’un agent de la police d’État du New Jersey. Le 2 novembre 1979, elle réussit à s’évader de prison, après y avoir subi des tortures qu’elle dénonce dans le texte « Women In Prison : how it is with us ». En cavale et en clandestinité pendant plusieurs années, elle finit par demander le statut de réfugié politique auprès de Fidel Castro, qu’elle obtient en 1984, et s’installe officiellement à Cuba. La traque d’Assata Shakur par le FBI se poursuit. Qualifiée en 2005 de « terroriste intérieure » (« domestic terrorist »), elle devient la première femme à entrer dans la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI au mois de mai 2013. 2 millions d’euros sont promis pour sa capture.


vu du monde et d'ici source

dans bribes de jazz et autres musiques

7 mars

journal extime : journal débord

communisation et théorie politique au présent

réflexions à bâtons rompus sur la politique, la droite et la gauche, l'"anticolonialisme"... en rapport à la théorie politique de la communisation

les questions abordées n'ayant rien d'évident et portant sur une période particulièrement instable, ces notes n'ont pas la prétention d'être très abouties. Elle ne visent qu'à me clarifier l'esprit, et à alimenter la réflexion à défaut d'échanges ou de débats

intervenir en communiste contre la politique, du point de vue de la communisation

il existe plusieurs questions croisées sur lesquelles il ne saurait être question de laisser s'exprimer, au nom de "la lutte de classes", la seule critique d'extrême-gauche selon ses dogmes révolutionnaires arrêtés à tel ou tel point de vue "marxiste"

on aura remarqué que je me fais plaisir en polémiques diverses contre des positions qui ne sont pas d'un grand intérêt théorique. C'est le cas avec Yves Coleman de mondialisme.org et quelques autres gauchistes, ou le drôlatique Jean-Louis Roche du Prolétariat universel, etc. Au-delà d'un simple amusement, est-ce que je perds mon temps ?

le problème de l'intervention politique, depuis des (mes) positions théoriques relevant de la communisation, se pose à condition d'évacuer les illusions de la politique et du militantisme qui l'accompagne, avec l'idée que cela déterminerait le devenir révolutionnaire des luttes contre le capital

vu du monde et d'ici Rebellion

le point d'implosion de l'opposition politique gauche-droite / la critique politique "radicale de gauche" et "Le point d'Explosion des Illusions" / la critique du capital entre "extrême-droite" et "extrême-gauche" / retour sur la "récupération" des thèses communisatrices par Francis Cousin : une récupération possible car eurocentrée / luttes "indigènes" et "anticoloniales", perspective communisatrice et combat communiste / théorie politique de la communisation et retour à Marx

à lire dans les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution

.

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

« le prolétariat de Marx n’est pas seulement blanc et européen mais comprend également les travailleurs noirs aux États-Unis de même que les Irlandais qui ne sont pas considérés comme “blancs” à l’époque par les cultures dominantes britannique et nord-américaine »

« Marx est un théoricien dont la conception du capitalisme en tant que système social n’en fait pas un universel abstrait mais qu’elle est parcourue par une vision sociale riche et concrète dans laquelle universalité et particularité interagissent dans le cadre d’une totalité dialectique »

vu du monde et d'ici

j'ouvre une page spécifique pour parler de ce livre dont la traduction française était annoncée depuis des années

- Marx explore la périphérie du capitalisme et se confronte à la question coloniale et à celle de la race.
- Une partie essentielle de l’œuvre du théoricien mise à jour et qui bouscule les représentations classiques du marxisme.

quelle méthode dialectique ? / quels rapports à quels marxismes ? / un enrichissement de la théorie de la communisation dans un faisceau de courants marxistes historiques, sous condition...

j'insiste particulièrement sur les apports de ce livre dont les « ancrages théoriques » ne relèvent pas du courant marxiste passant par Gramsci, Althusser, Stuart Hall et les Etudes Post-coloniales et Subalternes, mais d'un passage critique par l'Ecole de Francfort et des théoriciens troskystes tels que WEB Dubois, CLR James et Raya Dunayevskaya, plus naturellement le travail propre de KB Anderson, l'écriture de ce livre lui ayant demandé une dizaine d'années

cette page donnera des extraits significatifs du livre et mes commentaires au fur et à mesure de ma lecture de cet ouvrage de 500 pages et d'une écriture dense, mais sans difficulté particulière pour qui a une connaissance de base des œuvres de Marx... au centre

dans Marx aux antipodes et la théorie de la communisation

 

6 mars

de douze choses 2

12 photos du Quartier latin aux Halles de Paris, en relation avec « les activités calmes » dans les gens

vu du monde et d'ici Charlie au Panthéon

pourquoi s'étonner que la laïcité soit devenue l'opium des républicains de droite comme de gauche ?

Le nom du monument, Panthéon, vient du grec pántheion, qui signifie « de tous les dieux ».  D'église catholique et royale, il est devenu Temple laïque de la République entre 1791 et 1793, pendant la Révolution française. Y sont inhumés Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Sadi Carnot, Émile Zola, Jean Jaurès, Jean Moulin, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux ou encore Alexandre Dumas. Le rôle d'église lui est rendu par Napoléon 1er qui conserve la statue de La Renommée (sic), remplacée par une croix en 1822, un drapeau tricolore en 1830 (Louis-Philippe), une croix en décembre 1851 (Napoléon III)... Les Communards scient la croix et la remplacent par un drapeau rouge. (d'après Wikipédia)

une croix est remise en 1873, qui ne semble pas avoir posé depuis de problème à nos républicains laïcs. Voltaire doit bien rigoler, encore qu'il se disait déiste... Toujours est-il qu'aujourd'hui, on a la croix et le drapeau français : Charlie est content ?

et les cathos intégristes de St-Nicolas du Chardonnet (près de la Mutualité) ?

vu du monde et d'ici vous avez dit islamisation par le voile ?

.

problèmes dialectiques, problèmes de dialectique et de méthode

nouveaux regards sur la dialectique de Hegel et Marx et « l’intersectionnalité entre races, classes et luttes contre le capital »

avec Kevin B. Anderson et Raya Dunayevskaya

Kevin B. Anderson, dans l'édition française de Marx in the Margin (Marx aux antipodes. Nations, ethnicité et sociétés non occidentales), consacre la moitié de la préface écrite à cette occasion  à préciser sa démarche théorique. Il est intéressant de noter ici que c'est par un autre biais que Suart Hall, via Gramsci et Althusser, que Dunayevskaya et donc Anderson en viennent à considérer les apports de Marx relativement et pour faire simple aux articulations entre classes, races et genre dans le capitalisme. On retrouve sous-jacente la question des identités sous lesquelles s'expriment les luttes de libérations

je relève aussi que, parmi les relecteurs du manuscrit qu'Anderson remercie, figure Bertell Ollman dont je tiens pour très précieuses les considérations sur la dialectique complexe de Marx

autrement dit la lecture de ce livre (avec nombre de textes de Marx inédits) s'annonce d'emblée au cœur de mes sujets et ceci d'abord du point de vue théorique même et c'est pourquoi je propose ces extraits de la préface dans problèmes dialectiques, problèmes de dialectique et de méthode

découvertes théoriques et relance du concept de communisation

nous ne sommes pas au bout de découvertes théoriques, y compris remontant du passé, et il est heureux qu'elles puissent ouvrir et enrichir les théories de la communisation sans en menacer les acquis essentiels, naturellement sous réserve de quelques précautions. Le plus encourageant est que des apports de théoriciens du "passé" divers et parfois opposés puissent à nouveau participer à ces recherches d'une compréhension du capitalisme actuel et à l'élaboration de voiex révolutionnaires inédites

pour ma part, je considère que le concept de communisation est dorénavant relancé sur des bases plus larges et plus fécondes que ne semblait l'enfermer la vision maintenant classique de sa construction venue d'ultra-gauche, avec ses apories et il faut bien le dire son étroitesse d'esprit et son sectarisme quasi militant. Comme je m'y attendais, c'est précisément sur des questions fondamentales de théorie, de méthode, et particulièrement de construction dialectique que le bouchon a sauté d'une construction structuraliste abstraite, pour ne pas dire mécaniciste et frayant avec l'idéalisme, le risque étant de fabriquer un nouveau dogme révolutionnaire et son programme, ou sa vaine évanescence théoriciste, sans troisième voie pour la communisation. Voilà qui est de bonne augure pour étendre l'intérêt au-delà des milieux habituels et en finir avec des critiques parfois servies sur un plateau *

* les blocages de la théorie de la communisation entre vraies et fausses raisons

les raisons de fond sont inhérentes aux formulations de la théorie par TC, ses apories, ses méthodes et sa pratique théorique - choses abordées en détail dans critique du courant communisateur. Dès lors qu'elle se faisait connaître, elle se heurtait de surcroît, en plus de ces aspects la plupart du temps inaperçus du moins non critiqués sur le fond, à ses propres errements : cibles de diffusion privilégiées, attitudes sectaires, mépris, refus de dialogue, silence sur les critiques dérangeantes, etc.

quant aux fausses raisons, je pense particulièrement aux critiques qui se sont exprimées de façon certes légère sous les plumes des Jacques de Temps Critiques, d'André Dréan, de Claude Guillon, et surtout aux ravages de la compréhension des thèses proposées dans les milieux anarchistes ou activistes par les textes de Léon de Mattis, tout ça pour une méprise magistrale aboutissant à un flop

je pense aussi à leur ignorance ou rejet systématique, in fine provoqués, chez certains marxistes, alternativistes en politique mais parfois inspirés en matière de critique de l'économie politique (les théoriciens post-trotkistes sont plutôt actifs, en France comme aux Etats-Unis, alors évidemment, on y trouve à boire et à manger... Dunayevskaya fut secrétaire de Trosky en 1937...)

je pense au regrettable rejet par Théorie communiste de questionnements de Endnotes, et plus précisément au texte de Chris Chen The Limit Point of Capitalist Equality, Notes toward an abolitionist antiracism, qui référençait déjà Stuart Hall dont je n'ai pas saisi alors les potentialités en m'engageant dans abolir le racialisme 2014 (personne dans ce petit monde franco-bilingue n'a accepté, à ma demande, de le traduire en français : les veaux et dévots franco-communisateurs sont bien immunisés)

la critique de "dérive universitaire" aurait été recevable si TC avait montré autre chose qu'une incapacité à s'exprimer sans jargonner de façon auto-référentielle, et à se faire comprendre hors de sphères justement formatées par l'université... française, alors que dans le même temps TC draguait les milieux anarchistes de gauches, puis féministes radicaux pour se refaire une santé avec le genre. Faire le contraire en pratique de ce qu'ils prétendent en théorie était devenu leur spécialité

je pense encore à la réception du concept dans les pays anglo-saxons (UK USA), qui a été filtrée par les positions de Théorie communiste, et celles faisant consensus dans SIC au-delà de la question du genre, alors focalisées sur une relation à l'activisme dont on a vu l'impasse théorique et pratique

il était devenu évident que ni ces bases (TC et SIC) ni leurs critiques ne permettaient une relance de la théorie révolutionnaire, et telle est la position que j'ai soutenue dans le forum communisation, aujourd'hui moribond. Mais comment être entendu dans un milieu où sont privilégiés les échanges consanguins, avec petits arrangements et traductions sélectives entre amis ? Critiquer tous les "proches" pour les discrétiter n'aboutit qu'à une solitude stérilisante et méritée, au lieu que relire tout le champ du marxisme passé et contemporain permet de saisir la substantifique moëlle communisatrice à produire en commun

c'est pourquoi aussi le livre de Gilles Dauvé, From Crisis to Communisation, tombera à point, publié en anglais en août prochain, pour remettre outre-Manche et outre-Atlantique les choses de la communisation sur leur pied de départ à défaut sauf surprise de problématiques vivantes (cf dans Et maintenant ? les raisons données par TropLoin pour arrêter sa publication). Mais, autant le dire sans fausse modestie, et pour ce que je perçois des positions de Dauvé et donc du contenu de son livre sauf changement de cap théorique, que cette base n'est pas susceptible de produire autant d'effets que les éléments que j'ai proposés ces derniers mois comme autant de problématiques ouvertes d'un chantier véritablement permanent en prise sur les réalités de ce Tout monde, précisément parce que les voies théoriques que j'ai suivies sont ignorées ici et mieux connues là-bas, mais pas encore reliées à leurs potentialités relatives à la théorie de la communisation

dans le monde à l'envers, esquisses théoriques

matins

vu du monde et d'ici une vue imprenable ?

vu du monde et d'ici

retours à Marx suivis de quelques trouvailles

librairies bananières ?

en quête de quelques ouvrages de Stuart Hall (Identités et cultures 1), Gayatri Spivak (Les subalternes peuvent-elles parler ?), et autres des Cultural & Subalterns Studies, j'ai fait chou blanc : misère des rayons correspondants à l'Harmattan, Présence africaine, et dans de grandes librairies du Quartier latin comme à la FNAC des Halles, « la plus grande librairie de France », où l'on m'a conseillé de chercher dans le rayon "Culture et mode de vie"... un autre vendeur m'envoyant dans le rayon maigrelet du supposé « équivalent français : l'histoire coloniale » ... De quoi mesurer la méconnaissance pour ne pas dire le rejet français d'un courant critique dont j'ai fait ressortir quelques potentialités du point de vue de la théorie de la communisation

idem pour les rayons "marxisme", relégués dans un coin voire à la cave, mais là quelques bonnes pêches, à lire avec des lunettes "communisatrices". J'y reviendrai

Isabelle Garo : Marx et l'invention historique, Syllepse 2012 entre autres un chapitre alléchant : Individu, classe, parti : politique et subjectivation

Marx a souvent été présenté comme un penseur déterministe, pour qui l'histoire ne serait que la réalisation d'un programme. Suivant la même perspective, on lui impute un économisme, qui relierait de façon rigide des strates sociales et qui donnerait à la base économique de cet édifice le pouvoir d'en conditionner de façon unilatérale le développement.

Contre ces stéréotypes, il faut souligner que Marx place la politique et les formes collectives d'innovation et d'invention au coeur du processus historique. C'est donc la dimension proprement politique de son analyse qu'il s'agit de mettre en évidence, à travers sa réflexion sur les formes d'organisation, de transition et de médiation politiques.

La place neuve que Marx confère à l'intervention politique le conduit à forger un arsenal de concepts novateurs et une conception sans précédent du rapport entre théorie et pratique. C'est l'ouverture fondamentale du cours de l'histoire sur un devenir à la fois déterminé et non pré-écrit - précisément parce qu'il inclut les luttes sociales et politiques en cours - qui se réfracte, au sein de l'élaboration théorique, sous la forme d'une saisie dialectique du réel. Cette dialectique est attentive aux transformations permanentes de ce réel, mais aussi à la nature d'intervention en son sein de la critique révolutionnaire du capitalisme.

Jad Hatem : Marx, Philosophie de l'intersubjectivité, L'Harmattan 2002 extraits GoogleBook

Marx est essentiellement un philosophe de l'interhumain. Il lui revient d'avoir envisagé la présence originaire de l'autre non seulement par sa parole qui sollicite réponse et adhésion, par son acte ou par son sentiment, mais aussi par son travail. Ce dernier est le lieu ou d'une rencontre qui signifie un surcroît d'être ou, dans le cas de l'aliénation de son produit, d'une perversion de l'être-avec. La problématique marxienne se détache sur un horizon d'abord occupé par l'idéalisme allemand (communication des esprits), puis par Feuerbach (Je-Tu) en discussion avec Stirner (Je). Le jeune Marx parvient à mettre en évidence une relation Je-Tu fondée sur le travail et que corrompt la médiation de l'argent et l'appropriation. Dans la période de maturité, l'insistance se déplace vers une description des rapports inversés. La chosification de la personne (Je-Cela) aboutit à des rapports qui se présentent fallacieusement comme entièrement objectivés (du type Cela-Cela). A cet univers inhumain Marx opposera le paradigme goethéen de l'homme total.

Kevin B. Anderson : Marx aux antipodes / Nations, ethnicité et sociétés non occidentales, Syllepse février 2015

annoncée et attendue depuis des années, cette traduction de Marx in the Margin est susceptible de réviser quelques idées reçues chez les marxistes d'une prétendue orthodoxie marxienne... Ici, à l'inverse d'une opposition entre un jeune Marx humaniste (mais précieux quant à la critique de l'idéologie et de la politique) et le Marx "mature" du Capital, il s'agit de textes des années 1850 à la mort de Marx, sur le colonialisme, l'esclavage, l'émancipation nationale, des thèmes multilinéaaires des Grundrisse, et des textes tardifs sur les sociétés non occidentales et précapitalistesPréface à l'édition française

Selon une présentation trop rapide, Marx n'?aurait été que le théoricien du capitalisme des sociétés occidentales. L'?auteur du Capital n'?a pourtant pas ignoré le reste du monde. En effet, son installation à Londres l?'a placé au cœ?ur du plus grand empire mondial. Ce poste d?'observation l?'amènera à prendre en compte les sociétés non-occidentales et le colonialisme auxquels il consacrera une part importante de son travail. L?'ouvrage nous dévoile cette part essentielle et toujours actuelle, et souvent ignorée, de l??'œuvre de Marx.

Ce livre s'?intéresse aux écrits de Marx sur des sociétés qui, de son vivant, se situaient pour la plupart à la périphérie du capitalisme. Il s'?agit d?une approche inédite des rapports raciaux et coloniaux dans l??'œuvre de Marx. L?'auteur s?'intéresse particulièrement aux contributions moins connues de Karl Marx, tels que ses articles publiés dans le New York Tribune et ses carnets, pour certains inédits, de la période 1879-1882, consacrés aux sociétés non-occidentales et précapitalistes. Il examine la théorisation que fait Marx d?'un certain nombre de sociétés non- occidentales de son temps ? de l?Inde à la Russie en passant par l'?Algérie et la Chine ? et des relations q'u?elles entretiennent avec le capitalisme et le colonialisme. Il revient sur son approche des mouvements d'?émancipation nationale, en particulier en Pologne et en Irlande et leurs rapports avec les mouvements démocratiques et socialistes de l?'époque. Apport souvent occulté, la théorisation de Marx des relations qu?'entretiennent race, ethnicité et classe, qu'?il s'?agisse de la classe travailleuse noire aux États-Unis pendant la guerre de Sécession ou de la classe ouvrière irlandaise en Grande-Bretagne, est également étudiée. Acteur engagé, Marx apporte en effet systématiquement son soutien à des mouvements pour l'?indépendance comme ceux de Pologne et d?'Irlande, ainsi qu'?à la cause anti- esclavagiste aux États-Unis. Il rappelle que les mouvements ouvriers qui ne soutiennent pas les mouvements nationalistes progressistes ou qui ne combattent pas le racisme à l'?égard des minorités ethniques à l?'intérieur de leur propre société courent le danger d?'entraver, voire de mettre fin à leur propre développement et de dégénérer. Pour l?'auteur, « le prolétariat de Marx n'?est pas seulement blanc et européen mais comprend également les travailleurs noirs aux États-Unis de même que les Irlandais qui ne sont pas considérés comme ?blancs? à l?'époque par les cultures dominantes britannique et nord-américaine ». Marx est donc d?'abord un théoricien global dont la critique sociale envisage les notions de capital et de classe de manière assez large et ouverte pour inclure les particularités liées au nationalisme, à la race et à l?'ethnicité, ainsi qu'?aux variétés diverses de développement humain, social et historique, depuis l?'Europe jusqu'?à l?'Asie et des Amériques à l?'Afrique. Pour Kevin B. Anderson, « Marx est un théoricien dont la conception du capitalisme en tant que système social n'?en fait pas un universel abstrait mais qu'?elle est parcourue par une vision sociale riche et concrète dans laquelle universalité et particularité interagissent dans le cadre d?'une totalité dialectique »

voilà, un peu comme Picasso, on ne cherche pas, on trouve... Dans la moisson d'hier, d'autres livres :

Philosophes japonais contemporains Jacynthe Tremblay 2010, avec des textes prometteurs dans les chapitres Le caractère spatiotemporel de l'être humain, À la recherche d'un autre type de subjectivité, Modalités de la rencontre interpersonnelle et Les rapports entre individu, société et État

L'idéologie française

parce qu'on ne s'en lasse pas : « Les représentants (non ouvriers) de la « Jeune France » soutenaient que toutes les nationalités et les nations étaient des « préjugés surannés ». Stirnérianisme proudhonisé : on répartit tout en petits « groupes » ou « communes » qui forment ensuite une « association » et non pas un état. Et tandis que se produit cette individualisation de l’humanité et que se développe le « mutualisme » adéquat, l’histoire des autres pays doit suspendre son cours et le monde entier attendra que les Français soient mûrs pour faire une révolution sociale. Alors ils effectueront sous nos yeux cette expérience, et le reste du monde, subjugué par la force de l’exemple, fera de même. (…) Les Anglais ont bien ri quand j’ai commencé mon discours en disant que notre ami Lafargue et ceux qui avec lui supprimaient les nationalités, s’adressaient à nous en français, c’est-à-dire une langue que les 9/10e de l’assistance ne comprenaient pas. Ensuite, j’ai signalé que Lafargue, sans s’en rendre compte, entendait apparemment par négation des nationalités leur absorption par la nation française modèle » Karl Marx, « Lettre à Friedrich Engels du 20 juin 1866 », Correspondances, tome VIII, Éditions sociales, Paris, 1981 cité par Saïd Bouamama dans Les fondements idéologiques du racisme respectable de la "gauche" française 2012

La condition noire, Essai sur une minorité française Pap Ndiaye 2008

Un livre inaugural. C'est ainsi que se présente l'ouvrage, ni académique ni militant, fort dense mais très clairement écrit et construit, de Pap Ndiaye. L'auteur est maître de conférences à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS). Constatant le hiatus entre la visibilité croissante de la "question noire" dans l'espace public national et l'invisibilité de la recherche universitaire sur ladite question, il entend ouvrir la voie à des "black studies" à la française, un champ d'études nouveau mobilisant différentes sciences sociales, notamment l'histoire et la sociologie. Pour lui, "parler des Noirs est (…) référer à une catégorie imaginée, à des personnes dont l'apparence est d'être noires, et non point à des personnes dont l'essence serait d'être noires". L'auteur se garde donc de toute démarche essentialiste. De préférence à une communauté noire, il préfère la notion de "minorité noire" en cela qu'elle "délimite minimalement un groupe en fonction du critère de l'expérience sociale partagée selon le marqueur social négatif de la peau noire, sans impliquer l'existence de lien culturels communs ou d'une reconnaissance institutionnelle. (…) Ce lien n'est pas nécessairement fondateur d'une identité racialisée", mais il reconnaît le sort partagé d'être considéré comme Noir, quelle que soit, par ailleurs, la diversité subtile des identités choisies.

en contrepoint, la critique à la serpe de Sadri Khiari en 2010 : Pap Ndiaye tire à blanc, mais là encore, les présupposés du PIR tirent sa lecture vers une surinterprétation idéologique et des polémiques douteuses, alors que le principal intérêt de ce livre est ailleurs : ses qualités du point de vue historique et sociologique en font un ouvrage précieux pour une critique radicale dans le sens qui nous intéresse ici

Nous sommes Charlie, 60 écrivains pour la liberté d'expression : en elle-même, la liste des auteurs (et les absent.e.s) est paradigmatique

vu du monde et d'ici 

et parce que tout finit par un roman, de Pavel Hak découvert récemment avec Vomito Negro : Trans

Cela commence dans un pays d'Asie indéfini, vaste morgue gelée dont Wu Tse veut s'échapper. Il y parvient, travaille dans un chantier pour réunir l'argent nécessaire à son passage vers un pays riche. Piégé par un habile entrepreneur, il fait la rencontre d'une jeune femme, la belle Kwan, avec qui il monte un coup pour payer un départ accéléré. Mais le cargo prend l'eau. Wu Tse échoue sur une côte africaine, trouve sur sa route un médecin fou, une équipe scientifique, une tribu anthropophage. Au terme de ses tribulations, il aboutit dans un aéroport occidental. Arrêté à la douane, placé en centre de rétention, il réussit à s'évader. Dans les docks d'un port, il recherche Kwan, petite lueur à l'horizon.

Une fresque époustouflante sur les nouvelles réalités du monde actuel ou à venir, avec ses tyrannies ultra-sécuritaires, ses flux migratoires, ses clandestins, son exploitation des corps, ses trafics, ses corruptions, ses épidémies, ses virus. Le roman n'est jamais aussi réaliste que lorsqu'il se permet d'être visionnaire.

entretien avec l'auteur, vidéo INA

.

tout ce que vous avez voulu savoir sur la Grèce sans jamais oser le demander

Grèce : Est-il possible de gagner la guerre après avoir perdu toutes les batailles ? dndf 6 mars

Préhistoire d’un succès / Banalités de base / Instructions aux sociaux-démocrates contemporains / Les mots captifs 1. La restructuration de la dette 2. L’assouplissement qualitatif (Quantitative Easing ou QE)

Le Point d’Explosion des Illusions

Au niveau des négociations avec l’UE, Syriza, conscient d’avoir besoin que le robinet d’argent de l’UE continue de couler, a bien fait comprendre qu’il souhaitait rester dans la zone euro et précisé qu’il ne prendrait aucune résolution unilatérale, tout ceci en renégociant les conditions du plan de sauvetage. En même temps, Syriza s’est engagé, auprès de ses électeurs et de la gauche, sur des dépenses publiques de type semi-keynésien (minimes mais néanmoins ambitieuses), un soutien aux petits revenus et un programme de création d’emplois, le tout sans taxer les riches ni redistribuer les richesses.

Il est clairement impossible que ces scénarios se réalisent tous les deux. Pour qu’une négociation puisse aboutir, chacune des deux parties doit avoir des atouts en main. Syriza n’en a aucun. Mais il a en revanche la certitude que personne en Europe ne veut d’une situation chaotique, pas plus que d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro ou de l’incertitude qui résulterait de changements aussi drastiques. La situation commence à se clarifier lorsqu’on prend en compte le fait que, à y regarder de plus près, aucune des mesures de la politique intérieure de Syriza (que certains tendent à présenter comme radicales, mais qui, en réalité, ressemblent de manière alarmante aux accords du premier mémorandum de 2010) n’est de nature à inciter l’EU à faire la même analyse  du gouvernement Syriza que, par exemple, celle qu’en fait la revue Jacobin.

A en juger par la stratégie de crise adoptée jusqu’ici par l’Europe (brasser du vent en attendant que ça se passe) et loin de l’attitude enthousiaste considérant la victoire de Syriza comme un moment décisif de l’opposition à l’austérité européenne, on peut  parier que les moins à venir vont probablement être marqués par le  jeu du chat et de la souris  : Syriza va demander un délai supplémentaire pour adapter  son programme au  chaos économique qu’il a hérité du gouvernement précédent; il  va ensuite demander un délai supplémentaire pour permettre au QE d’atteindre la Grèce; puis il va demander un délai supplémentaire en attendant que son (unique) allié en Europe (le parti espagnol Podemos) gagne les élections en décembre 2015 (s’il les gagne). Dans l’intervalle, il peut mettre en œuvre quelques mesures spectaculaires qui seront dénuées de tout contenu effectif (comme, par exemple,  l’augmentation du salaire minimum), histoire de donner l’impression qu’il est effectivement en train de changer les choses. Et puis, si l’UE a décidé de jouer le jeu (ce qu’elle semble jusqu’à présent assumer), elle peut traiter Syriza avec les mêmes égards que ceux qu’elle avait auparavant pour Nouvelle Démocratie et créer une ambiance de reprise économique assortie de budgets excédentaires et de sorties du marché fictifs. En attendant, il semble qu’une certaine forme d’austérité va se poursuivre, mais en suivant des voies que seul un gouvernement de gauche peut se permettre d’emprunter.

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques...

« les activités calmes»

c'est en revenant de la Rue des Écoles où j'étais pour les livres que j'ai pris ces clichés, Boulevard St-Michel, Rue de la Cité, Rue St-Denis...

vu du monde et d'ici pipeau !

vu du monde et d'ici signes extérieurs

dans les gens

5 mars

un racisme français légitime : aller-retour en passant par « les mystères de la gauche » et l'idéologie de la politique

Les fondements idéologiques du racisme respectable de la "gauche" française 5 mars Said Bouamama

« La libération de la parole et des passages à l’acte islamophobe depuis les attentats de janvier 2015 révèlent l’ampleur du « racisme respectable » au sein de la gauche française. Cela nous conduit à republier un de nos textes, publié pour la première fois en avril 2012 dans la revue 'Que faire' [...] »

ce texte de 2012 étant re-diffusé par plusieurs blogs, je donne le lien Mediapart puisqu'il y a des commentaires... pour qui veut approfondir ces questions, je conseille Le credo de l'homme blanc. Regards coloniaux français, XIXe-XXe siècles, Alain Ruscio, Paris, Complexe, 1995 ou autres références déjà données

rien de spécial à dire ou redire, c'est un texte situé à fonction politique de "gauche décoloniale" avec avantages et inconvénients, mais pas dénué d'intérêt théorique, notamment dans la référence à Marx avec plusieurs citations, dont je retiens celle-ci, pour « l'hilarité partagée » :

Voici comment par exemple Karl Marx raille la prétention de la « gauche française » à l’exceptionnalité linguistique et républicaine :

« Les représentants (non ouvriers) de la « Jeune France » soutenaient que toutes les nationalités et les nations étaient des « préjugés surannés ». Stirnérianisme proudhonisé : on répartit tout en petits « groupes » ou « communes » qui forment ensuite une « association » et non pas un état. Et tandis que se produit cette individualisation de l’humanité et que se développe le « mutualisme » adéquat, l’histoire des autres pays doit suspendre son cours et le monde entier attendra que les Français soient mûrs pour faire une révolution sociale. Alors ils effectueront sous nos yeux cette expérience, et le reste du monde, subjugué par la force de l’exemple, fera de même. (…) Les Anglais ont bien ri quand j’ai commencé mon discours en disant que notre ami Lafargue et ceux qui avec lui supprimaient les nationalités, s’adressaient à nous en français, c’est-à-dire une langue que les 9/10e de l’assistance ne comprenaient pas. Ensuite, j’ai signalé que Lafargue, sans s’en rendre compte, entendait apparemment par négation des nationalités leur absorption par la nation française modèle » Karl Marx, « Lettre à Friedrich Engels du 20 juin 1866 », Correspondances, tome VIII, Éditions sociales, Paris, 1981

(Jacques WajnStejn devrait sortir un peu, qui rêve encore à la réputation française dans le monde : « une histoire et une mémoire commune, d’origine ou adoptée, celle liée à la révolution française qui reste, qu’on s’en réclame ou qu’on s’en offusque une référence dans le monde entier et pas simplement pour les couches moyennes des pays émergents.» à propos du 11 janvier)

l'« hilarité partagée » tant quasi devenue un critère de distinction entre "communisateurs, je renvoie à l'appréciation de Bouamama par Yves Coleman, le pourvoyeur en critères de "confusionnisme" de l'extrême-gauche, des libertaires et autres "antifas", dont les listes de "rouges-bruns" sont reprises à tous vents virtuels : Saïd Bouamama, un sociologue au service du hijab... 19 juillet 2004

prolongement avec deux critiques de "gauche" de Jean-Claude Michea. Celle de Yves Coleman Les Mystères de la gauche (1) : de la manipulation historique chez Jean-Claude Michéa 4 mars, et celle d'Isabelle Garo Au nom du peuple, Jean-Claude Michéa réécrit l'histoire 

l'intéressant, c'est la limite d'une critique de gauche (extrême ou pas), ou, ce qui revient au même du point de vue théorique (de la communisation), une critique de la gauche (extrême ou pas), c'est-à-dire une intervention sur le terrain politique de la démocratie

d'un côté, avec Coleman, on semble vouloir une gauche parfaite, des militants purs de soupçons racistes, antisémite ou fascistoïdes, mais on est encore et toujours sur le terrain de la politique, c'est-à-dire dans une posture gauchiste. De l'autre, avec Garo, on défend aussi la possibilité d'une bonne gauche, certes avec une argumentation plus construite avec une connaissance des classiques elle sérieuse du marxisme, des éclairages souvent féconds (j'y reviendrai avec Marx et l'invention historique, Syllepse 2012), mais une montagne de considérations politiques qui ne peuvent accoucher que d'une souris, parce que sans prise sur les contradictions actuelles

bref d'un côté le "militantisme" virtuel d'un gauchiste vieillissant ni utile ni inutile mais symptomatique, de l'autre du post-programmatisme démocratique que son auteure ferait mieux de livrer à la critique rongeuse des souris, celles d'avant les ordinateurs

pour compléter le tableau idéologique, la défense de Jean-Claude Michea : Marianne 4 Janvier 2014

on peut toujours faire son petit pipi communisateur autosatisfait de laisser « notre empreinte » et dire « ces considérations [...] font parties du vieux monde », c'est vrai, mais c'est dans ce monde que nous vivons, et que nous faisons de la théorie communiste donc, entre autre, de la déconstruction des idéologies. Le trio Michéa-Coleman-Garo s'y prête plutôt bien : d'une pierre trois coups

pour revenir à Bouamama et quant au racisme en France, il est non seulement devenu « respectable », mais légitime, comme on dit que le salaire ne l'est plus...

dans le racisme structurel et institutionnel en France, les femmes d'abord ?

Communisation troisième courant, point d'étape théorico-politique, quelques notes (résumé) 11:59

début 2015, et dans l'accélération donnée à voir par les attentats parisiens, la crise ukrainienne, Syrisa au pouvoir en Grèce et les échos mondiaux recoupant la montée du national-populisme autoritaire y compris au sein des partis politiques traditionnels, la lecture des théoriciens fondateurs des études post-coloniales et subalternes m'a donné à recoller les morceaux de pans entiers d'un marxisme méconnu dans le milieu théoricien de la communisation (Gramsci, Althusser, Stuart Hall, Gayatri Spivak...)

j'ai pu ainsi à mon sens effectuer la percée théorique que j'espérais en partant de la critique du courant communisateur dans son état stoppé par l'échec de la Revue SIC, et que j'avais engagée maladroitement en me collant à l'articulation 'races'/classes. Un ensemble de problématiques peuvent donc trouver une nouvelle cohérence que je m'efforcerai dorénavant de préciser dans ma démarche qui se veut, à défaut d'échanges directs, un chantier collectif et ouvert

je m'orienterai progressivement vers une courte synthèse de ce que je considère comme des avancées dans la formulation des questions posées aujourd'hui à la perspective communisatrice le communisme est un combat dans la lutte de classes, et que parler de communisation au présent signifie une activité en ce sens, une activité insécablement théorique et politique

la théorie communiste elle n'est pas séparable de l'activité du prolétariat qui, dans les contradictions qui travaillent le capitalisme en crise, les fait évoluer vers leur résolution. La théorie est immanente aux luttes, sans quoi la possibilité de la formuler comme telle n'existerait pas, et les théoriciens ne serait qu'un genre particulier de philosophes se contentant d'interpréter le monde au lieu de le transformer

la progression s'est faite sur plusieurs lignes dans un mouvement de réciprocité et de cohérence théorique

sept points cardinaux d'une nouvelle cohérence critique

1) la nécessaire abolition concomitante de la domination masculine

2) le nécessaire dépassement d'identités construites par et dans l'histoire du capitalisme comme contradiction entre classes antagonistes, identités qui sont autant de rapports contradictoires articulés à la contradiction de classes

3) la subjectivation révolutionnaire : la constitution de la subjectivité révolutionnaire (communisatrice) est un processus qui passe par les luttes engageant des identités qui ne se présentent plus comme identité prolétarienne ouvrière/p>

- corollaire 1 à ces trois points : le caractère actuel du combat communiste ressort du point précédent parce que les identités de 'race' ou d'ethnicité, de nations, de religions sont au cœur des conflits contemporains partout, et partout traversées par la situation des femmes dans ces conflits

4) la prise en compte d'une géopolitique transnationale du capital (vie et morts des capitaux concurrentiels, fonction mondiale des Etats-nations et des Etats-régions)

- corollaire 2 aux quatre points précédents : on ne peut plus affirmer la communisation comme un processus mondial simultané sans abandonner une conception eurocentriste du communisme, et porter toute l'attention nécessaire aux diverses formes que prend dans le monde « la résistance prolétarienne à l'exploitation et à la dépossession* »

- corollaire 3 : la problématique de la conjoncture révolutionnaire se pose comme mondiale, dans la globalité de l'antagonisme mondial et de ses spécificités locales

5) la question du dépassement des individus produits par le capital débouche sur d'intéressantes reformulations du rapport immédiat des individus à la communauté humaine

6) d'autres points ont été relevés chemin faisant notamment la problématique du « commun », c'est-à-dire de la propriété [...] Cette problématique du commun est aussi celle des rapports de l'humanité à la nature comme rapport social et source de vie. C'est un aspect de la fin de l'humanisme théorique  

7) la définition du communisme comme mouvement s'est précisée en évacuant radicalement celle d'un état sociétal à atteindre. Si ce point ne semble pas urgent en pratique, il a pour corollaire la fin de l'idéalisme en théorie communiste. Ce qui en découle au-delà d'en finir avec l'immédiatisme activiste, c'est l'abandon de tout programmatisme y compris communisateur, un nouvel enjeu idéologique

conclusion sur la politique : organisation, stratégie... la critique du militantisme

c'est dans la possibilité réelle de parler de communisation au présent que réside le caractère politico-théorique du communisme comme combat actuel. Cette possibilité se précise sous forme de questions plus concrètes qui renouvellent celle de l'organisation comme organisation des tâches, et de la stratégie comme activité des communistes pour la subjectivation révolutionnaire

remarques sur la méthode, le rapport aux théoriciens communistes du passé, la pratique théorique, « les niveaux d'abstraction différents auxquels peuvent opérer les concepts »

complet dans le monde à l'envers, esquisses théoriques

4 mars

Marx au jardin

Karl Marx statue ends up in man's back garden after being given to Gloucester as a gift from Trier CitizenNews 2 mars

vu du monde et d'ici une "œuvre" de Ottmar Hörl parmi d'autres... vu du monde et d'ici

« Il avait besoin d'une maison et ma femme et moi étions très heureux de l'avoir ici. Il est parfaitement heureux dans le jardin. C'est le genre de statue qui invite toujours à faire un commentaire » 
 

Chine : « le capitalisme fait reculer les droits des femmes »

China: Capitalism is pushing back women’s rights  ChinaWorker 4 mars

Women in both office and factory employment face illegal pressure to sign “no pregnancy” clauses, to undergo pregnancy tests, and even sign pledges not to marry. When a woman worker becomes pregnant it is not uncommon for a boss to reassign her to uncomfortable, arduous work or long hours to pressure her to quit. It is widely feared that the government’s recent relaxation of the ‘one child policy’ to allow more urban couples to have a second child can actually blowback against women, increasing discrimination in the job market. Sexual harassment is if anything even more flagrant in factories than among white-collar staff. In a 2013 survey by the Sunflower Women Workers Centre, 70 percent of women factory workers in Guangzhou said they had suffered sexual harassment, with 32 percent reporting unwelcome physical contact and 25 percent receiving obscene phone calls or messages.

Yet as the past year’s strike movements show, women factory workers are anything but the servile worker bees the employers imagine. With the number of strikes doubling in 2014 compared to 2013, women workers came to the fore in many struggles and not least the massive Yue Yuen conflict of one year ago. This was China’s biggest strike in three decades and women footwear workers made up 70 percent of the strike force, dispelling any notion they are less determined than their male co-workers. These developments are grounds for great optimism that China’s fledgling women’s movement can link up with the unfolding struggles of the working class to build a force that will overthrow the current system and destroy the roots of women’s oppression once and for all.

.

Ferguson épilogue... jusqu'à la prochaine fois

Pas de poursuite fédérale contre le policier responsable de la mort d'un jeune Noir

 

visites du site en février : stabilité

Patlotch.com : AWStat 575 visiteurs # pour 1096 visites de 65 pays / Webalizer  5548 visites / Patlotch.esy ?

.

luttes de femmes pour le salaire

entre oppression de genre et intérêts de classe, grève à Paris 8
Lorsque les travailleuses prennent leur destin en main
Malena Vrell NPA/CCR 26 février 2015

La lutte des personnels de Paris 8 se situe dans la continuité des luttes ayant éclaté suite à la LRU et la Loi Fioraso. Alors que les attaques se multiplient contre les universités, que les conditions de travail et d’études continuent de se dégrader, les grévistes de Paris 8 incarnent le visage majoritaire au sein de la précarité, celui des femmes, un visage plein de détermination et de combativité.

vu du monde et d'ici

Jamais aussi actives, jamais aussi précaires  / Une grève menée par les premières concernées  / Grève et gestion des finances : entre oppressions et intérêts de classe / Solidarité de classe contre les attaques aux femmes travailleuses

Depuis le 19 janvier, les personnels de Catégorie C, élargis par la suite en un « Collectif des bas salaires », se sont mis en grève pour réclamer une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail. L’augmentation de 98 euros net pour l’ensemble du personnel administratif, dont les contractuel-le-s et vacataires, est ainsi devenue la principale revendication. Les grévistes étant majoritairement des femmes, leur lutte pour les salaires permet également l’émergence des problématiques liées à leur condition de femmes travailleuses. Les contraintes des pressions familiales, de leur invisibilité au travail, des rapports hiérarchiques et genrés ainsi que l’ensemble des violences qu’elles subissent au sein et à l’extérieur de leur centre de travail, transparaissent dans certaines discussions et peuvent être le point de départ d’une réflexion plus profonde autour de l’articulation entre travail précaire et les divers oppressions qu’elles subissent en tant que femmes, le plus souvent, racisées.
[...]
Les grévistes de Paris 8 sont ainsi un exemple de lutte contre la casse de l’enseignement supérieur, mais aussi, contre l’alliance entre patriarcat et capitalisme. Alliance s’appuyant sur l’ensemble des oppressions, clef de voûte cherchant à diviser, même au sein de notre classe, pour mieux exploiter, et dont la précarité féminine, invisibilisée, légitimée, reste un des points d’appui les plus confortables. À l’approche du 8 mars, nous ne pouvons songer à la lutte des grévistes de Paris 8 sans nous rappeler de celles qui avant elles ont pris les rues de Petrograd en 1917, celles qui se sont battues et continuent de se battre aujourd’hui pour le droit à l’avortement, celles qui ont été aux avant-postes lors des processus révolutionnaires arabes, celles qui se battent en Grèce contre l’austérité et les licenciements, à l’image des 595 femmes de ménage du Ministère des Finances, et celles qui peuplent aujourd’hui les rues de Turquie contre les violences faites aux femmes. Toutes ces femmes dont la détermination, la lutte et parfois la vie ont été nécessaires aux acquis d’aujourd’hui et au nom de qui nous continuerons de nous battre pour nos victoires de demain.

.

Communisation Theory : From Crisis To Communisation by Gilles Dauvé August 2015

un livre qui s'annonce conjecturable

vu du monde et d'ici

présentation en anglais et en français dans.les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution 

idéologie globale et spécificités

critique du capital contemporain, études subalternes & post-coloniales et théories de la communisation 

dans le cadre élargi du nouvel intérêt des théoriciens de la communisation pour la figure du zombie*, et plus sérieusement celui de croiser études post-coloniales et marxisme du XXIème siècle pour une compréhension adéquate des processus idéologiques dans leur globalité et leurs spécificités

l'idée se précise que ce n'est pas avec le marxisme post-programmatique ou l'altermondialisme démocratique que les études subalternes et post-coloniales peuvent être fécondes, mais bel et bien avec les théories de la communisation, concernant les formes globales et spécifiques de la lutte de classes à travers l'émergence d'identités de luttes liées à la disparition de l'identité ouvrière et à sa 'récupération' nationaliste et identitaire, dont l'accélération mondiale est patente en ce début 2015

enjeu multiple encore, contre l'enlisement démocratique de l'anti-capitalisme et contre l'eurocentrisme des classiques de la communisation, sortir du théoricisme et donner de la chair réellement mondiale à la critique du capitalisme contemporain

Zombies et frontières à l’ère néolibérale Jean & John Comaroff Comaroff Sylvie Ayimpam Cahiers d'études africaines

vu du monde et d'ici

[...] le cas sud-africain est un révélateur inédit des économies de transition et, de façon plus décisive encore, le miroir grossissant d'une " culture du capitalisme " qui prospère dans le monde entier, avec son lot d'inconséquences et de superstitions. Qu'est-ce que le zombie, sinon la contrepartie clandestine et ténébreuse de l'euromillion ? Et les sociétés du Sud, sinon les laboratoires privilégiés d'analyse de ce que sont déjà, ou en passe de devenir, les pays du Nord ? 

vu du monde et d'ici

Pour Jean et John Comaroff, le capitalisme contemporain a trois principaux visages : il s’agit premièrement d’une propension à faire miroiter des manières inédites de produire des richesses ; deuxièmement de présenter un rapport ambivalent et contradictoire à l’État-nation ; et troisièmement de jouer avec une société civile à la présence ambivalente [...]

en contrepoint 'Temps critiques' « critique du "dépassement", raison, totalité et universalité » : trempée dans la philosophie occidentale, une théorie oxidée jusqu'à la rouille

.

marxisme et Subaltern Studies (SS)

alors que Vivek Chibber peut être superficiellement utilisé par le marxisme orthodoxe pour évacuer l'intérêt des études subalternes et post-coloniales du point de vue de la construction des idéologies contre-révolutionnaires dans le capitalisme contemporain, l'enjeu est posé pour les théories de la communisation d'approfondir avec elles la question des identités sous lesquelles se présente la lutte de classes : les identités ne sont pas des états figés portant une positivité ou une négativité intrinsèques, mais des rapports sociaux, des contradictions en mouvement dans l'implication réciproque capital/prolétariat, c'est-à-dire dans le communisme comme mouvement historique et dialectique des luttes de classes

Uday Chandra à propos de Vivek Chibber.9 mai 2013

dans le monde et le capital, l'Occident et les autres

.

jazz : RIP Orrin Keepnews petits labels pour disques de légende

producteur pour les labels Riverside Records (1952-1964), Milestone Records (1966-1972), Fantasy Records (1972-1980), Landsmark Records (1985-1993) et Muse Records (1993-?)... enregistrements de Randy Weston, Thelonious Monk, Bill Evans, Cannonball & Nat Adderley, Wes Montgomery, Johnny Griffin, Jimmy Heath, Sonny Rollins, McCoy Tyner, Joe Henderson, Lee Konitz, Gary Bartz...

vidéos, interviews...

vu du monde et d'ici avec Scott La Faro, Bill Evans et Paul Motian

quelques chef-d'œuvres : Thelonious Monk: Plays Duke Ellington (1955), Wes Montgomery's Full House (1962), Jazz Contrasts (1957) with Kenny Dorham,  Cannonball Adderley Quintet in San Francisco (1959) and Joe Henderson's Power to the People (1969)... Everybody Digs Bill Evans (1959), Chet Baker's Chet (1959), Jimmy Heath Orchestra's Really Big (1960), Art Blakey and the Jazz Messengers' Caravan (1962)...

mise en bouche : Bill Evans sur Riverside Israël 1961 / Wes Montgomery Full House, full Album (1962 avec Paul Chambers, Jimmy Cobb et Johnny Griffin) / Joe Henderson (avec Herbie Hancock, Ron Carter et Jack DeJohnette) - Power To The People 1969

dans bribes de jazz et autres musiques

.

BHL : Borloo, Hue, Levy et leurs plans Marshall

vu du monde et d'ici trois sauveurs français du monde

leurs bilans étant globalement positifs, on peut leur faire confiance... En commun, un amour de l'Afrique et... des plans Marshall

Borloo, un plan Marshall pour l'électrification du continent africain

« Seulement 25 % de la population africaine bénéficie d’un accès à l’électricité. Il est temps de lancer le plan Marshall de l’électrification du continent [...] C’est vital pour notre croissance, pour notre stabilité, et c’est un supplément d’âme pour l’Europe ». Hollande salue « un projet à la fois pour les Africains et pour le monde »

Hue : un plan Marshall pour le Sud L'Humanité 12 février 2012

Laurent Fabius recase l'ancien patron du PCF Robert Hue pour une mission sur l'Afrique du Sud Europe1 26 février 2015

« M. Robert Hue, qui connaît bien l’Afrique du Sud, aura pour mission de renforcer notre partenariat bilatéral stratégique, en favorisant notamment les échanges entre nos deux pays dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’agro-alimentaire. »

BHL : Mon "plan Marshall pour l'Ukraine"

vu du monde et d'ici Mandela mort, de Klerk bande encore, les Ukrainiens ont-ils un devenir libyen ?

BHL avec, à son côté, Frederick W de Klerk et Leonid Kravtchouk (à dte de la photo) a Vienne, 3 mars 2015 pour le lancement de l'Agence pour la Modernisation de l'Ukraine

« L'écrivain Bernard-Henri Lévy, allié aux millieux économiques ukrainiens (patronat et syndicats) ainsi qu'à des personnalités allemandes (l'ex-ministre des Finances Peer Steinbrück), françaises (l'ex-patronne du Medef Laurence Parisot), polonaises (l'ancien Premier ministre Wlodzimierz Cimoszewicz) ou encore britanniques (l'ancien ministre Peter Mandelson) ». Ajoutons-y « l'inquiétant oligarque Dmytro Vasylovych Firtash [cravate blanche]»

dans faut rigoler...

théorie communiste

féminisme, marxisme et post-colonialisme, suite avec Tani E. Barlow, Jing Wang... : du féminisme en Asie

je poursuis ma quête initiatique d'approches critiques convoquant le marxisme dans le féminisme des "autres". J'ai découvert Tani E. Barlow par hasard, consuisant un entretien avec Gayatri Chakravorty Spivak dans le petit livre signalé le 28 février, Nationalisme et Imagination

Tani E. Barlow s'est consacrée à l'histoire du féminisme en Asie

New Asian Marxisms collectif, 2002 :

""New""Asian Marxisms" brilliantly dramatizes how contemporary scholars have remembered Marxism in Asia of an earlier time and how this 'afterlife' today calls into question the amnesia of Western Marxism and its own complicity with exclusions identified with the culturalist claims of a 'unified' West. While the essays in this volume are all concerned with a particular place and time, they also remind us of what so often is forgotten--that Marxism is at home only in the world."

a range of studies of the Marxist heritage focusing on Korea, Japan, India, and China.[...] Illustrating the importance of central analytical categories like exploitation, alienation, and violence to studies on the politics of knowledge, contributors confront prevailing global consumerist fantasies with accounts of political struggle, cultural displacement, and theoretical strategies.

vu du monde et d'ici 1994  Introduction vu du monde et d'ici 2002 Feminist Marxism and Cultural Politics in the Work of Dai Jinhua

en relation

vu du monde et d'ici

In keeping a sharp theoretical focus, editors of this volume share Barlow’s goal of situating the construction of Chinese women in a global context; He-Yin’s analysis of the question of women in light of global capitalist relations and the editors’ decision to translate nüxing as “women” or the “character of women,” instead of Barlow’s choice of “female sex” (16), will certainly generate further discussions on the significance of the self-fashioning of the Chinese language for transnational feminist theory.

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici

à lire complet dans le monde et le capital, l'Occident et les autres

 

28 février

le gag du jour, même si c'est pas drôle

Le siècle des ténèbres par Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient (sic) de France

le gag ou le gaga, comme dit la dit Lady ? Mais tout y est tellement bien exprimé qui se pense clairement que j'invite expressément qui serait d'accord avec ce furieux à déserter mon blog sans médiation temporelle, sous peine d'y faire une mauvaise rencontre mal Orientée

vu du monde et d'ici « Cette humanisation des rapports entre les individus ... »

que dis-je un gag ? Non, un chef-d'œuvre ! Euréka cqfd !

« Toutes les victimes, qu’elles soient de Paris ou de Copenhague, qu’elles soient juives, coptes d’Egypte ou chrétiennes d’Irak...
Le mal est plus profond, il touche par-delà les frontières l’Europe, non pas l’Europe politique, non pas l’Europe institutionnelle, mais le modèle de civilisation dont elle est porteuse...
Il faut chercher l’explication ailleurs, dans le type de société dont l’Europe est l’incarnation. Ce modèle est le descendant direct de la civilisation des Lumières qui triompha au XVIIIe siècle...
Cette humanisation des rapports entre les individus trouva des prolongements institutionnels dans le cadre des démocraties naissantes qui, succédant aux monarchies éclairées...
C’est tout cela que les actes barbares qui ensanglantent le monde veulent remettre en cause...
C’est bien en nous battant pour le modèle de civilisation qui est le nôtre que nous ferons reculer ceux qui veulent le mettre à mal. Par ce combat, les individus retrouveront également le goût du vivre ensemble, un vivre ensemble qui soit le fruit d’un projet commun...
On célèbre aujourd’hui le sursaut dont les citoyens européens font preuve au regard des événements tragiques que nous vivons...»

Hourra le Grand Oral !

« Daniel Keller est un chef d'entreprise français, grand maître du Grand Orient de France depuis août 2013. Il fait partie de la direction du Groupe Renault... Il est énarque et normalien... »

un antifa ! dgénial !

« Daniel Keller est initié dans la loge « Vérité - ni Dieu ni maître », loge maçonnique d’inspiration anarcho-syndicaliste située à Paris »

casse-toi, pôv' con !

car en plus, il a osé, sous ma fenêtre : « En avril 2011, Daniel Keller devient le 1er président de Fontenay-Laïcité, une association qui vise à défendre la laïcité contre toute pression communautariste à Fontenay-sous-Bois »

qu'il crève ! poil au rêve

vu du monde et d'ici étude 8

La République dans un miroir, 16 janvier 1993, pigments et transfert sur toile 30 x 30 cm

dans faut rigoler...

..

théorie communiste

individus & identités / capital & communisme

« celui qui sait attendre aura la plus belle visitation » disait Roger Vaillant à propos de tout autre chose, dans une formule qui vaut son poids d'or sous la plume de ce bouffe-curé impénitent défroqué du PCF

adé : « Les appartenances de genre, classes et tout les autres sous-ensembles qui en découlent (races, cultures, communautés religieuses, et autres communautés intermédiaires ) sont dépassées sur la base de ce qu’ils sont actuellement, et ce qu’ils sont actuellement c’est la crise de la reproduction du rapport d’appartenance aux classes et aux genres, et à toutes les communautés intermédiaires.

La crise, comme crise de la reproduction, se manifeste comme crise des identités (moment critique des appartenances identitaires), la reproduction des classes, des genres, et de toutes les appartenances intermédiaires apparaît comme crise de l’identité d’appartenance au prolétariat (fin de l’identité ouvrière/prolétarienne), crise de l’assignation basée sur le genre, crise des identités intermédiaires, culturelles, nationales, religieuses.

C’est parce que la crise actuelle est moment critique des appartenances que la question des identités individuelles se pose comme recherche/rénovation de nouvelles identités. C’est à partir du dépassement de cette situation qu’il est possible de poser la société humaine comme dépassement des médiations par la production directe de l’humanité comme communauté humaine:la communauté produit sans médiation les individus adéquats à elle: telle communauté, tels individus.

Tout cela a, je pense, d’énormes implications : rapport direct à la « Nature », production de celle-ci, rapport entre individus comme rapport historiquement produit, production historique dans son rapport avec la nature limitée de l’histoire individuelle, donc rapport avec la production des croyances religieuses, rapport à soi comme rapport à la société/communauté, et inversement, rapport ce cette société immédiatement comme rapport à soi…» Telle communauté, tel individu dndf 28 février

à quelque chose près (car les races, cultures, religions... découlant des appartenances de genre et de classe~, je ne comprends pas), je trouve là les idées que j'ai formulées dans abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus il y a un an

RS avait ouvert les vannes ici : « Comme je l’écrivais dans le texte ci-dessus (A propos de Charlie – suite -), la classe n’apparait pas toujours en clair et même rarement (« il n’est pas dans la nature de la révolution de faire sonner l’heure de la dernière instance ») : c’est dans une multiplicité de pratiques et de contradictions avec le capital et internes, de confrontations avec toutes sortes d’identités, d’actions à partir d’elles et de dépassement de celles-ci, qu’elle s’autotransforme en classe communisatrice et s’abolit

le débat est donc ouvert et c'est heureux. Quelques remarques :

je n'ai pas réfléchi à la formule « crise des identités », ni à l'idée qu'elle serait manifestation de la crise de reproduction, mais on peut concernant le processus de communisation dire que tout est dans tout et multiplier les formules à l'envie. Encore faut-il qu'elles aient un sens précis, à construire chaque fois théoriquement

de même quant à la « recherche de nouvelles identités », qui pourrait être contradictoire à l'idée du dépassement vers un type d'individualités radicalement nouvelles, c'est-à-dire intégrant en elles-mêmes le rapport à la communauté. Pour le dire simplement, et sans rêver à "l'Homme nouveau", un souci du commun dépassant l'égoïsme individualiste des individus du capital. Dans la mesure où l'individu individuel est une construction tardive et d'abord occidentale, il n'est pas difficile de trouver dans le passé des rapports sociaux où l'individu n'existait pas, c'est-à-dire ne se pensait pas comme tel, y compris parce que le lien était médié par la religion...

vu du monde et d'ici

la formule définissant la communauté du communisme « rapports immédiats entre individus » est trompeuse, parce qu'elle nécessite des individus autres qui ne soient plus produits dans des rapports entre individualisés auxquelles nous a habitués le capitalisme. Ce qui en découle, par exemple sur le plan sexuel, c'est un autre contenu des désirs mêmes, du rapport à l'autre sexe, et c'est évidemment là que la question des rapports de genres et de sexes sont bouleversants et bouleversés dans le processus

dernier point, et bien que ce ne soit pas le propos d'adé, je ne crois pas à l'abandon de toutes croyances, religieuses ou pas, mais au contraire que le processus de la communisation repose aussi sur une subjectivation qui engage une éthique, peut-être athée, et si elle relève d'un humanisme, celui-ci aussi serait de contenu différent, ne serait-ce que dans le rapport à la nature

sans réserve donc pour ce genre de débat, mais quand même une tâche première de la théorie sur cette question : comment, au présent, se présente la relation du l'appartenance de classe et de genre dans son rapports aux identités à dépasser ? Question chaude et particulièrement actuelle (« je » suis Charlie, communautarismes, et tout le tremblement idéologique condamnant la moindre expression identitaire d'un désaccord avec la ligne générale de l'Etat français la-race-n'existe-pas-de -souche, nous sommes tous égaux, libres, frères et laïcs...

Bien le bonjour à mes sœurs qui disent merde à la République franco-hollandaise !

.

même si c'est pas vrai, c'est drôle

François Hollande aux obsèques du roi Abdallah en Arabie Saoudite : son avion piloté par deux femmes n’a pas eu l’autorisation d’atterrir Regard sur l'Afrique 26 février 

François Hollande refusé en Arabie Saoudite car ce sont deux femmes qui pilotent l’avion présidentiel.[...] L’avion a dû se dérouter vers la Jordanie et François Hollande transféré par bus jusqu’à la capitale saoudienne. Parti en urgence, il a même oublié son tee-shirt ‘Je Suis Charlie’ qu’il comptait offrir à Salmane, le successeur et à la famille royale pour saluer la mort du souverain et le féliciter de manière posthume des actions qu’il a mis en place durant son règne pour améliorer la condition féminine.

vu du monde et d'ici

théorie communiste

retour à la réflexion théorique : études subalternes et marxisme

« Le terme 'subalternes' renvoie dans ce contexte au travail du marxiste Antonio Gramsci. Littéralement, il désigne une personne ou un groupe de rang inférieur, qu'il s'agisse de race, de classe sociale, genre, orientation sexuelle, ethnie ou religion.» Wiki

souhaitant tenir ce qui est pour moi essentiel, à savoir mon point de vue critique constructiviste d'un Troisième courant de la communisation, je reprends le fil des échanges avec les théories post-coloniales, ici dans la variante des études subalternes. Un premier objectif est de clarifier leur rapport au marxisme, et de balayer la critique superficielle selon laquelle elles ne feraient que reprendre la French Theory des philosophes post-modernes (Foucault, Deleuze, Derrida, etc.)

parallèlement à Stuart Hall concernant l'ancrage marxien des Cultural Studies, je pars de ici d'une pionnière des Subaltern Studies : Gayatri Chakravorty Spivak, et d'une présentation synthétique de son texte de 1988 Can the Subaltern Speak ? traduit en français en 2006

vu du monde et d'ici

"Les Subalternes peuvent-elles parler ?" (un compte rendu)

« En suivant un parcours nécessairement sinueux, cet essai partira d’une critique des efforts déployés actuellement en Occident [notamment par Gilles Deleuze et Michel Foucault] visant à problématiser le sujet, pour aboutir à la question de la représentation du sujet du Tiers-Monde dans le discours occidental. Chemin faisant, l’occasion me sera donnée de suggérer qu’il y a en fait implicitement chez Marx et Derrida un décentrement du sujet plus radical encore. J’aurai de plus recours à l’argument, qui surprendra peut-être, selon lequel la production intellectuelle occidentale est, de maintes façons, complice des intérêts économiques internationaux de l’Occident. Pour finir, je proposerai une analyse alternative des rapports entre les discours de l’Occident et la possibilité pour la femme subalterne de parler (ou la possibilité de parler en son nom). Je tirerai mes exemples spécifiques du cas indien, à travers la discussion approfondie du statut extraordinairement paradoxal de l’abolition par les Britanniques du sacrifice des veuves. » (Gayatri Chakravorty Spivak)

“Les subalternes peuvent-elles parler ?” de Gayatri est un texte [...] de 1983

L’auteure part dans son raisonnement des positions de Foucault et de Deleuze pour en faire la critique. “Les masses n’ont pas besoin d’eux pour savoir; elles savent parfaitement clairement beaucoup mieux qu’eux [les intellectuels]; et elles le disent fort bien” (Michel Foucault, “Les intellectuels et le pouvoir”, in Dits et écrits, t.II, Paris, Gallimard, 1994). [...] Ce qui se trouve ainsi posé, par Gayatri, est la question du rapport entre la construction de représentations du monde par les intellectuels et de la représentation politique des opprimés : “ ces théories [...] doivent prendre acte de la façon dont la mise en représentation du monde [...] dissimule le choix et le besoin de “héros”, de mandataires paternels, d’agents du pouvoir” 

Ce que l’auteure critique donc à travers cette prétention à affirmer que les subalternes peuvent parler, c’est celle de ces intellectuels à être des portes paroles transparents lorsqu’ils énoncent que les subalternes peuvent parler [...] cette position d’arbitre, de juge, de témoin universel, est un rôle auquel je me refuse absolument”

La seconde critique provient du fait qu’il ne s’agit pas tant pour l’intellectuel critique d’affirmer que les subalternes peuvent parler et donc ainsi de réintroduire un sujet souverain, mais au contraire d’expliquer et d’analyser pourquoi elles ne peuvent pas parler et de le dénoncer : “Faire quelque chose, travailler pour la subalterne, cela signifie l’amener dans le discours. La troisième chose est la pire de toutes; on ne donne pas de voix à la subalterne: on travaille pour cette foutue subalterne” [...]

ces quelques points renvoient à son ignorance la critique marxiste vulgaire, que ce soit dans le rapport à Marx ou aux philosophes post-modernes [...] D'emblée l'intérêt multiple : pour la théorie, pour la pratique théorique, et pour la définition d'un sujet face au capital complexifiant le concept de prolétariat. Pour l'apport aux théories féministes ou critique du genre par une expérience "de terrain" avec des populations asiatiques ou africaines

trois extraits photos de Nationalisme et imagination, interventions et entretiens de 2003, 2004 et 2006, portant sur :1)  l'utilisation de la théorie postcoloniale et de la théorie en général, renvoyant à une remarque d'Althusser en 1962 dans « Contradiction et surdétermination » 2) la validité des concepts marxistes d'"échange inégal" et de "plus-value", et sur le rapport genre-classe-capital 3) une prise de distance avec les « mouvements sociaux » (développées ailleurs dans ce livre) et la question de la subjectivité relativement au communisme

à lire complet dans le monde et le capital, l'Occident et les autres
 

le retour du réel en Grèce

Manifestations et violences à Athènes après l'accord Syrisa - Union Européenne

Plusieurs milliers de sympathisants du parti communiste grec KKE ont manifesté vendredi soir devant le Parlement à Athènes contre l’accord conclu entre le gouvernement de gauche radicale Syriza et l’Union européenne sur la poursuite de l’aide au pays. «Aucune tolérance sur cet accord», scandaient les manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les manifestants étaient environ 7.000 à 8.000, de source policière. Le KKE, cinquième parti du pays aux législatives du 25 janvier avec 5,47% des voix et 15 députés sur 300, a traditionnellement une très forte capacité de mobilisation.

Il s’agit de la troisième manifestation contre l’accord conclu en début de semaine avec les créanciers du pays -l’UE, la BCE et le FMI- sur la poursuite de l’aide à la Grèce d’ici l’été. Des rassemblements animés par des formations plus à gauche que Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras, élu sur un programme anti-austérité.

Jeudi soir, 500 sympathisants du petit anticapitaliste Antarsya, s’étaient rassemblés dans le centre d’Athènes. Plus tard dans la soirée, des dizaines d’anarchistes s’étaient rassemblés à Exarchia, un quartier contestataire d’Athènes. En marge des manifestations de jeudi, des vitrines de quelques boutiques ont été brisées, et des voitures incendiées.

à lire pour comprendre ces réactions contre Syrisa :  TPTG : Sur Syriza et sa victoire aux récentes élections générales en Grèce

.

les théories de la communisation prises dans la tourmente de l'incompréhension, de la dénonciation "communiste" à la récupération d'extrême-droite

j'en donnerai ici deux exemples, l'un italien qui se revendique du communisme, l'autre français qui fleurte avec l'extrême-droite

une critique "communiste" de la communisation ?

le premier fait l'objet d'un texte de Il lato Cattivo L'organizzazombie traduit pour dndf : Déambuler sans repos. DemeD, publication de l’Instituto Onorato Damen, ne fait pas dans le détail, puisque dans son collimateur "critique" entrent TropLoin (Dauvé&Nesic), Il Lato Cattivo, Roland Simon (Théorie communiste), Bruno Astarian. La réponse italienne se suffit à elle-même, je n'ai rien à y ajouter. Si par hasard quelque thème critique avait un intérêt, ce serait du côté de l'excès de théoricisme qui prête le flan à l'accusation d'utopisme, mais ce n'est pas sur le terrain de Demed que cette critique pourrait s'avérer pertinente. Je partage donc la sagesse de Il Lato Cattivo : « Nous ne réagirons pas à cet article par une critique, vu le ton et le contenu ce serait lui faire trop d’honneur » [...]

une récupération d'extrême-droite de la communisation !

du second j'ai déjà parlé sans trop savoir, vu l'apparition subite de l'énergumène dans la blogosphère, par des livres, des vidéos et des interventions à la radio. J'ai nommé le "philo-analyste" Francis Cousin, prétendu post-situ qui brasse Marx, Debord... et des bribes de la communisation selon Théorie communiste (voir 10 thèses sur la fabrication capitaliste de la soumission politique, l'émancipation humaine, l'économie de la crise spectaculaire et la crise de l'économie spectaculaire, 2013), à grand renfort, contrairement à Demed, d'auto-émancipation humaine 'véridique', de « révolution sociale auto-conscientisation radicale de l’humain »...

un mélange de situationnisme pour le style, de vitalisme et de critique de "la marchandise", des éléments de Temps critiques pour l'humanisme vers la communauté humaine, et de Théorie communiste pour les aspects marxistes les plus dialectico-structurants (implication réciproque, taux de profit, mouvement contradictoire, extérioriser la nature de classe des prolétaires, dynamique, dépassement, communisation, l'appartenance de classe comme contrainte extérieure...)

à prendre au sérieux, c'est-à-dire en tant que théorie de la révolution communiste

vu du monde et d'ici 

en sortir la théorie de la communisation par le haut, c'est théoriser le rapport classes/racialisation/ethnicisation et le dépassement concret des identités de luttes : la classe et la race comme contraintes extérieures

cette présence réelle de la racialisation structurelle dans le capitalisme actuel a comme écho son absence dans "notre" théorie actuelle de la communisation

à lire complet dans forums, textes et débats sur la communisation

 

26 février

féminisme et critique théorique, pensée sociale et politique

Feminism and Critical Theory, Social and Political Thought Call for Papers February 19, 2015 Appel à contribution, Conférence Université du Sussex 20-21 juin 2015

les voix du féminisme révolutionnaire étant impénétrables, j'ai trouvé cet appel sur le site FSR : Feminist Studies in Religion...

approches possibles mais non limitatives (je souligne) : Marxist feminism or feminist thought engaging with Marxism; feminism, materiality, and ‘new materialisms’; feminist social movements and the politics of popular protest; feminism, police, and prisons; feminism and problems of universality; feminism and psychoanalysis; feminism and autonomism; anarchist feminism; post-crisis masculinities and feminism; postcolonialism and feminism; black British feminism; sexual, racial and social contracts; feminism and the politics and theory of intersectionality; feminism and nationalism; feminism and orientalism in the war on terror; ‘third wave’ feminism; feminism and new forms of slavery; feminism in the global South; feminism and poststructuralism;  feminism and communisation theory; feminism and LGBTQI struggles; feminism and sex-work; feminism and social reproduction; feminism and revolution

espérons qu'il en sortira de quoi mûrir les réflexions [...]

ma contribution : méfiez-vous les filles !

vu du monde et d'ici

un avis français qui ne m'engage pas (il sonne un peu À nous les petites Anglaises !) : « La Poule Sussex est une poule très répandue et facile à élever, elle est aussi une excellente pondeuse. Réputée pour sa chaire blanche savoureuse, la Sussex nous vient du Sud de l’Angleterre ou elle représente là-bas le fleuron de l'aviculture. Elle est aussi une poule très rustique qui supporte bien nos climats, et une bonne mère à ses heures. Les coqs peuvent cependant montrer une certaine agressivité entre eux. »

.

histoire et actualité de la Révolution française

« Marat était le représentant du prolétariat moderne, sorte d’esclavage tempéré par le salaire. Il introduisait sur la scène politique cette multitude jusque-là reléguée dans son impuissance. » Alphonse de Lamartine, Histoire des Girondins (1847), XXXVIII

1789-1799 : Révolution bourgeoise et luttes de classes en France. Interview de Sandra C. DDT 21

un entretien qui tombe à point - y compris relativement aux bons et mauvais procès à Gilles Dauvé -, à la fois du point de vue de l'histoire et de son actualité, à l'heure où fleurissent les drapeaux, les références à la République et aux Lumières, et où remontent à la surface comme autant de remugles les illusions 'petites-bourgeoises' et pré-marxiennes quant aux possibilités d'humaniser le capitalisme, que ce soit en France ou en Grèce. Une classe "disparaît" qui était déjà là : le prolétariat

vu du monde et d'ici Premier chapitre

extraits de l'entretien auxquels je n'ai rien à ajouter, puisque j'ai longuement abordé ces questions par ailleurs, à l'occasion de Maïdan, de Charlie et de Syrisa, et relativement aux illusions humanistes de Temps Critiques après le 11 janvier, etc.

« Aujourd’hui, une fraction de la petite bourgeoisie, que l’on peut qualifier de jacobine, fait miroiter aux travailleurs, frappés de plein fouet par la restructuration du capital, qu’un monde meilleur est possible en “humanisant” le système économique.

Aussi, la crise du capital, ses attaques contre les travailleurs, ou encore le retour de la question nationale et identitaire, au détriment de l’analyse de classe, sont des éléments nouveaux depuis la fin des années 1960.

Ce « nouveau jacobinisme » est favorisé par le contexte de crise économique, le ras-le-bol face aux politiques d’austérité, qui passent par des attaques sur les conditions de travail et sur les services publics. On le retrouve dans des formations politiques tels que le Front de gauche, qui fait souvent référence à Robespierre et aux Jacobins, ou encore Syriza en Grèce. Ces nouveaux jacobins espèrent un capitalisme régulé, plus d’intervention de l’État dans le domaine économique, plus de démocratie, plus de social, plus de moyens dans les services publics, de meilleurs salaires. Leur programme coïncide avec les aspirations d’une partie de la petite bourgeoisie et peut séduire des travailleurs. Ils pensent rallier les intérêts contradictoires de la petite bourgeoisie et du prolétariat, avec notamment un élément sensé être fédérateur : le patriotisme. Ainsi, Tsipras, avant l’élection de son parti Syriza, a appelé à « une nouvelle alliance patriotique » et a promis que son parti garantirait l’ordre politique et social existant. Tout est dit.

Pour les Jacobins, le “peuple” regroupe de façon contradictoire les travailleurs indépendants, les salariés… bref tous ceux dont les intérêts s’opposent au “grand capital”. On retrouve ce type de discours chez les Indignés: les 99 % contre le 1 %. Dans ce type d’analyse, il n’y a pas de place pour le prolétariat, notamment en tant que force autonome. En plus de vouloir perpétuer les contradictions du système capitaliste, le jacobinisme n’est nullement émancipateur.

La question du communisme de Babeuf me semble aussi très intéressante, ainsi que celle de la nation, du nationalisme et de la guerre, problématiques toujours d’actualité. »

en relation sur le site de TropLoin La Révolution française selon Eric Hazan (2013)

 

genre & classe

« théorie du genre et lutte des classes : Manifesto XXI » Billy Elliot OuestFrance 22 février 2015

étant donné que me font vomir les dérives really sionistes d'un supposé "camarade" qui choisit ses bons Juifs parmi les soutiens au néo-colonialisme israélien et fustige les autres (Dominique Vidal, Rony Brauman, Robin Goodfellow, Pierre Stambul de l'UFJP, le NPA, Daniel Bensaïd, Michael Loewy... la Confédération des groupes anarchistes-Région parisienne, le blog TantQu'il...), il ne lui reste plus, en parfait charliste aligné sur la tête de manif du 11 janvier, qu'à avoir épargné Valls, Netanyahou, en ignorant tout bonnement les crimes de l'impérialisme français et ceux du capitalisme réel. À trop vouloir prouver, on oublie l'ennemi principal, et n'y prenant pas garde on se retrouve à ses côtés

je n'irai pas comme certain jusqu'à voir en ce nouveau guépéiste de l'extrême-gauche un « agent double de la CIA » infiltré, mais il fait tout pour y ressembler, en bien triste Charlot :  ses procédés sont pires que ceux à qui il fait des griefs d'antisémitisme, et ses fondements plus troubles encore que ceux d'un Daenincks, dont je veux retenir Meurtre pour mémoire. Tout ça est bien désolant et malsain, mais la pente était logique et la chute annoncée

étant donné donc, parlons d'autre chose

vu du monde et d'ici 1999 Bande annonce VO sous-titrée

Billy Elliot, c'est ce rouquin fils de prolo vivant dans les cités minières de Durham dans l'Angleterre sinistrée des années 80 et qui finit par devenir danseur étoile. Billy Eliott c'est ce garçon frêle et renfermé qui s'accomplit et s'ouvre aux autres par la danse au milieu d'un monde ouvrier en proie à une crise violente. Billy Eliott, c'est surtout la preuve d'une possible émancipation de l'orthodoxie du genre toujours bien présente dans nos sociétés occidentales. Margaret Thatcher est loin de laisser un bon souvenir aux ouvriers et mineurs du Nord-Est de l'Angleterre. Le chômage massif sévit et des grèves spontanées éclatent sur les sites miniers et industriels anémiés. C'est dans ce climat de profondes tensions et de rare violence entre les forces de l'ordre et les prolétaires que vivent Billy et sa famille. [...] Masculinité violente / Le tutu c'est pour les filles...

Plus de quinze ans après le film de Billy Boyd (sortie en 1999), la tolérance et l'émancipation du dogme traditionnel du genre sont des combats mettant toujours la société à vif. Si les sports jugés masculins se démocratisent fortement auprès d'une population féminine en quête de sensations nouvelles, les clivages sexués restent palpables.

 

toubab or not to be... « antifa »... « confusionnisme » et délation

François Hollande, la novlangue et les « Français de souche » Le Figaro 26 février

perso, je ne ferais pas à François le second le reproche d'avoir utilisé, au 2ème degré, la formule « français de souche, comme on dit », mais de l'avoir fait à mauvais escient, comme au demeurant Houria Bouteldja. Je ne partage pas non plus l'expression de Michèle Tribalat « natifs au carré » pour désigner, au plus près de la chose, ceux qui sont nés en France de deux parents nés en France » (source). Au plus près de la chose, sont nés de deux parents nés en France des Antillais, des « immigrés de nièmes générations » (sic) noirs ou maghrébins... qui sont tout aussi racialisés, identifiés par leurs couleurs de peaux, que de plus récemment arrivés, français de papiers, étrangers avec ou sans

comme dit l'auteur de l'article du Figaro : « Il faut dire qu'invoquer la «souche» Française et demander dans le même temps la suppression du mot race dans la constitution témoigne d'un impressionnant art de la synthèse. Il n'a cette fois pas empêché l'habile François Hollande d'intégrer la confrérie du sémantiquement incorrect

on tourne autour de la peau pour n'avoir pas à considérer que dans ce pays plus que beaucoup d'autres, il y a les Blancs et les Autres. Certes ce ne sont pour personnes des catégories politiquement ou théoriquement correctes, pas même pour la plupart des marxistes français. Les patrons, les flics et la plupart des 'gens' sont moins regardants, si j'ose dire, puisqu'il faut bien, raciste ou pas, nommer les choses, au pays où la constitution interdit de les mesurer

toubab me va très bien, mais je n'ai rien contre babtou

vu du monde et d'ici Clip officiel 2011

« indécence » ou réalité gênante ?

par contre, je ne partage pas cet avis du journaliste : « Après Finkielkraut, après Tillinac, François Hollande, à son tour, a «dérapé». Fort heureusement, il s'est arrêté à temps et n'a pas eu l'indécence de préciser que le meneur des profanateurs «de souche» était un adolescent instable qui portait sur ses vêtements des slogans«antifascistes». »

cette info est donnée par Le Monde du 20 février :

(…)  A Sarre-Union, 3 000 habitants, tout le monde se connaît. Et personne ne comprend. Gaëtan Wilsius, élève de 1re L au lycée Georges Imbert, a organisé dans la ville une marche silencieuse « de solidarité et d’indignation » qui a rassemblé dans la ville des centaines de lycéens, mardi. Sur les cinq suspects, il en connaît quatre. Ils étaient tous ensemble au collège Pierre-Claude de Sarre-Union, deux d’entre eux sont comme lui au lycée situé juste à côté.

Il a beau chercher des signes distinctifs, il n’en trouve pas. Sauf peut-être qu’ils étaient « fans de metal », et « se tenaient un peu à part à cause de ce centre d’intérêt ». Pierre, précise Gaëtan, « c’était la personne juste un tout petit peu bizarre parmi des gens normaux. Mais rien de méchant. » Les cinq mineurs n’ont aucun antécédent judiciaire. La justice ne leur connaît pas « de convictions idéologiques qui pourraient expliquer leur comportement » note le procureur. Ils sont issus de « familles bien », qui « ne posent pas de problèmes particuliers et ne sont pas dans le besoin », affirmet-on à la mairie de Sarre-Union. L’un est le fils d’une institutrice, l’autre le petit-fils d’un proviseur. Tous sont « calmes, discrets, pas bagarreurs, n’ont rien de spécial », disent leurs camarades. Quatre sur les cinq habitent Sarre-Union, trois y sont scolarisés dans l’unique lycée. Les élèves de catégorie socio-professionnelle (CSP) favorisée y sont légèrement en dessous de la moyenne académique, les CSP défavorisés sont légèrement au-dessus, mais le taux de réussite au bac se situe entre 90 % et 100 %. « Un établissement sans problèmes particuliers », assure Jacques-Pierre Gougeon, recteur de l’Académie de Strasbourg.

Pierre B. avait étrangement un ennemi déclaré : « le fascisme ». Il portait des slogans antifascistes sur ses vêtements.

« On ne parlait pas politique mais si on évoquait le Front national, il se mettait sur ses deux pattes arrière et se mettait à grogner, raconte Gaëtan. Il prétendait se battre contre le fascisme et était très remonté contre la police. Il traitait les policiers et les militaires de fascistes, avec une hargne qui me mettait mal à l’aise. »

tout sauf inintéressant, car plus difficile à comprendre, socialement sans excuse. Il faut dire que des « antifas », on en trouve de toutes sortes :

le fatras antifa et la délation, un sport virtuel qui monte avec une exigence de clarté remarquable

Liste non exhaustive des sites conspirationnistes et confusionnistes Les Morbacks Véners Antifa et Révolution. Certains commentaires sont intéressants... On y trouve même une rubrique « Lutte des classes » dont la visite est conseillée aux mauvais marxistes

j'ai du mal à me situer, entre « conspirationnisme, confusionnisme,  espèce de charnière entre... s'acoquine avec... fort potentiel de dérapages... ». Le recours à l'expertise s'impose :

vu du monde et d'ici http://confusionnisme.info/

peut-être le genre qui plairait à notre expert en « confusionnisme » d'extrême-gauche-droite. En effet, sur ce site animé par la douteuse Ornella Guyet, on retrouve quelques cibles privilégiées d'Yves Coleman, et son blog mondialisme.org en lien

* il n'aura pas écouté le conseil de Jacques Wajnzstejn : « la critique politique doit éviter autant que faire se peut le ton de la dénonciation [et] de prendre prendre les moyens d’investigation et les finalités de l’enquête de police [...] la critique politique ne doit pas être une chasse à l’homme, ce qui menace toujours quand les deux premiers points que j’ai cités sont réunis et surtout redoublés par une continuité dans cette activité qui peut virer à l’obsession. C’est ce qui est arrivé au sieur Daenincks et je souhaite bien évidemment que ça ne t’arrive pas parce que c’est une maladie dans laquelle on s’enfonce jusqu’à en devenir autiste. »

j'ai ajouté d'une part que le critère campiste (deux camps) autour d'extrême-droite ou fasciste est encore moins pertinent qu'autrefois, et d'autre part que sans creuser les contenus théoriques sous-jacents (conscients ou non), on se condamne à tout mélanger

quoi qu'il en soit, grosse concurrence dans la chasse aux « Rouges-Bruns », qui se bouffent entre eux. On a les ennemis qu'on mérite. Du coup on en viendrait presque à regretter le bon temps où l'ultra-gauche n'avait aucun lien avec le négationnisme, sauf par glissement théorique critique de la démocratie...

dans le racisme structurel et institutionnel en France, les femmes d'abord ?

.

« Le noir est le refuge de la couleur » Gaston Bachelard

refuge : lieu où l'on se met en sûreté. Synonyme : abri. Anglais : refuge

Plus 50 millions de réfugiés et déplacés dans le monde L'Humanité 26 février Rapport 2014 d'Amnesty International sur les 'Droits humains'

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de personnes déplacées dans le monde a dépassé les 50 millions s’alarme Amnesty International dans son rapport annuel. En 2014, les civils ont été particulièrement touchés.

220,000 réfugiés ont tenté de traverser la méditerranée, 3400 sont morts noyés en essayant

4 000 000 personnes ont fui le conflit en Syrie

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici les pays accueillant le plus de réfugiés syriens

dans migrantes et migrants, émigré-e-s, Domestic Workers...

bigre mac

McDonald's soupçonné de fraude fiscale pour plus d'un milliard d'euros infos

vu du monde et d'ici

.

contrôle au fessier

Contrôle au faciès: 13 plaignants devant la Cour d’appel de Paris rfi 26 février

vu du monde et d'ici

.

parvis Marchais-Mathé : compromis historique globalement positif

Le parvis Georges-Marchais débaptisé à Villejuif infos

Les deux familles souhaitent trouver un consensus : « Cette opposition n'a aucun sens et les deux familles la refusent», poursuit la veuve du célèbre dirigeant communiste, député de la première circonscription du Val-de-Marne, dont dépend Villejuif, de 1973 à 1997. Elle rappelle que Catherine Gaston-Mathé, l'épouse du médecin, souhaite «qu'une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises »

le célèbre fabricant de plaques de rues Patlotch a répondu gratuitement à l'appel des veuves 

vu du monde et d'ici avant vu du monde et d'ici après

.

« pour la vis du pressoir la route est droite et courbe »

le chômage diminue et augmente infos

Héraclite dit, fragments 59 et 60, selon les traductions :
. pour la vis du pressoir la route est droite et courbe
. le chemin droit et le contourné, c'est un seul et même chemin
. le sentier droit et le sentier courbe est un et le même
. la route qui monte et qui descend est une seule et la même
. un même chemin en haut, en bas
En matière sociale, Hollande est héraclitéen pour le chômage comme... Tsipras pour les salaires

Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A en métropole a augmenté de 4,8 %. Depuis le début du quinquennat, il s’est accrû de 553.400 personnes.

5,23 millions de chômeurs toutes catégories confondues
Le nombre de demandeurs d’emploi n’a pas diminué en janvier si l’on inclut ceux qui ont travaillé un peu (catégorie B) voire beaucoup (catégorie C). Il progresse au contraire de 16.100 personnes en un mois, soit 5,23 millions de chômeurs. La hausse sur un an est forte  : elle s’élève à 6,2 %.

Ce sont les moins de 25 ans qui profitent le plus de ce regain d’emploi, comme l’a souligné François Rebsamen. Les plus de 50 ans sont les seuls à continuer à subir une dégradation du marché du travail, modeste en janvier (+6.000 demandeurs d’emploi, +0,1 %), mais violente sur un an (+9,6 %).

vu du monde et d'ici

L’ancienneté au chômage s’allonge à 542 jours
Une autre tendance préoccupante se confirme  : les chômeurs le restent de plus en plus longtemps. En janvier, leur «?ancienneté?» moyenne s’est encore accrue de deux bonnes semaines, à 542 jours, c’est-à-dire un an et demi, toutes catégories confondues. Seuls les chômeurs de moins d’un an ont profité de l’embellie de janvier. Les autres ont vu leur effectif croître de 15.200 personnes, soit une hausse de 0,7 % sur un mois. Sur un an, elle atteint 9,3 %. Pour avoir la chance de se faire employer, il faut avoir mariné le moins longtemps possible au chômage.

.

spécial laïcité : Le gouvernement lance la réforme de l'islam de France L'Obs 25 février autres

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici source

dans faut rigoler...

25 février

races et classes : un problème de militants "antiracistes" ?

« antiracisme de classe » ou lutte de classes des racialisés ? identitaires ou identifiés ?

décidément, Yves Coleman est bien pratique, avec ses gros sabots : Acquérir une vision claire des différentes formes de racisme et de leurs rôles. Et réfléchir à ce que pourrait être un antiracisme de classe

bien pratique pour des considérations dépassant sa personne et son militantisme spécialisé dans la dénonciation, non de l'Etat et du capital, mais des militants d'extrême-gauche

tout l'article est construit avec l'idée que le racisme est... une idée. Il s'agirait de s'en faire la bonne pour élaborer le bon «antiracisme», de préférence de gauche ou d'extrême gauche, en prenant en compte des « analyses de sociologues, historiens et spécialistes de sciences sociales, universitaires, économistes... ». Notons au passage que pour Yves Coleman, F. Fanon, Malcolm X, Stockely Carmichael, Huey Newton, Angela Davis sont des « identitaires », un qualificatif qui trouverait grâce à lui une valeur rétro-active pour tous ceux qui ont mené depuis des siècles leurs luttes contre leur esclavage, leur colonisation ou leur ségrégation institutionnelle en France... Le Noir sur-exploité qui se bat le fait parce qu'il est exploité, pas parce qu'il est noir, mais s'il est plus sur-exploitable, c'est parce qu'il est noir 

[...]

vu du monde et d'ici vu du monde et d'ici

il ne vient pas à l'idée d'Yves Coleman que les premiers concernés par le racisme sont les "victimes" du racisme, et qu'eux ne se définissent pas comme « antiracistes ». L'antiracisme vient d'une extériorité compassionnelle au problème de classe et de race. À l'inverse, c'est toujours partant de leur situation concrète, de leur situation sociale, économique ou de leur confrontation à la répression policière, que ces populations racialisées entrent en luttes, des luttes qui ne se caractérisent pas par des revendications «identitaires», mais plutôt à visée dés-identitaires. Au fond, ils ne demandent pas un soutien « antiraciste de classe » à leur luttes. Une telle posture finalement morale n'est bonne qu'à soulager la conscience militante blanche... ou assimilée [...]

penser l'histoire et le présent des identités dans leurs rapport aux classes sociales et à leurs antagonismes

vouloir définir un « antiracisme de classe », c'est vouloir donner des leçons de classe aux racialisés. C'est oublier que le racisme réel est un rapport social, et comme tout rapport social dans le capitalisme, une rapport de classe en lui-même de par son intérêt pour le capital, non par une quelconque prise de conscience apportée par une posture militante qui ne mange pas de pain... noir. D'autant quand on passe son temps, comme Yves Coleman, à flinguer tous ceux qui justement sont pris dans la tourmente et les tourments d'être, non pas «identitaires», mais identifiés par leurs couleurs de peau 

complet dans abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus

.

marxisme et Subaltern Studies... caducité du clivage droite-gauche... théorie "marxiste" d'extrême-droite ? 17:53

en complément à mes commentaires relatifs à Combattre l’influence néfaste des sous-produits politiques du postmodernisme, du postcolonialisme et des « études subalternes », d'Yves Coleman, et son usage abusif et pervers de la critique de Vivek Chiber

Alexander Vogel : The History of Capital and Modernity: Marxism, Postcolonialism, and Universalism: Book review of Postcolonial Theory and the Spectre of Capital

conclusion : La théorie post-coloniale et le spectre du capital, de Vivek Chibber, est un apport bienvenu aux débats en cours entre marxisme et études postcoloniales. C'est une étude approfondie des principaux arguments du groupe des Subaltern Studies [..]. Certes, Chibber peut trouver peu de valeur aux travaux de ce groupes en tant que théoriciens, mais ce que je trouve plus crucial dans le texte de Chibber, c'est qu'il n'est pas un discrédit complet de l'école Subaltern Studies, mais plutôt une réévaluation critique. Je trouve qu'une telle réévaluation peut également gagner à l'utilisation du marxisme par Chibber. Il montre que le marxisme est plus souple que ce qui est tenu pour acquis par le groupe Subaltern Studies.

en somme, ce que Vivek reproche aux Subaltern Studies rejoint la critique que fait Stuart Hall dans le texte de 1991 dont j'ai donné des extraits. Hall montre, à partir du cas de l'Afrique du sud, comment se construit, d'auteur en auteur, une critique du marxisme sur la base d'une lecture schématique de Marx, et comment les apports de Weber et Gramsci à Althusser et Poulantzas permettent d'articuler la pensée marxienne et ces critiques post-coloniales [...] Pour pouvoir « combattre les influences néfastes des sous-produits du postmodernisme, du postcolonialisme et des « études subalternes », encore faut-il d'abord allez voir les produits mêmes et leurs apports à la critique de classe, ce que Coleman ne fait nulle part

choisir c'est renoncer : l'abandon du marxisme ne saurait se prévaloir d'une position de classe

chez Yves Coleman, exit le marxisme et exit la critique décoloniale dans toutes ses variantes, Black Feminism, Post-Colonial Studies, Subaltern Studies... c'est-à-dire tous les apports 'non-blancs, qu'ils viennent des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Amérique du Sud, d'Inde, ou depuis quelques années de France. [...] On constate la même dérive chez Temps Critiques, dont l'idée révolutionnaire suppose malgré tout un besoin d'ancrage dans les réalités d'une lutte de classes qu'ils refoulent sous le label des luttes humanistes pour la communauté humaine [...]

en finir avec la vision droite-gauche du et de la politique

au fond, plus généralement, nous ne sommes pas au bout d'une contradiction, y compris chez les 'communisateurs', du fait d'une mémoire générationnelle chez ces théoriciens, qui ont vécu la fin du mouvement ouvrier et de la connotation gauche-droite des clivages politiques traduisant la lutte de classes réelle jusqu'à la fin des années 60. L'absence d'intervention sur le terrain politique suppose l'existence de luttes ou de critiques concrètes encore formulées par des groupes politiques d'obédience marxiste. [...] Il y a un phénomène d'hystéréris* générationnelle accordant malgré tout une positivité aux repères d'extrême-gauche ou d'ultra-gauche théorique, dont profitent encore ces théories, mais elle ne durera pas et s'effacera dans l'absence d'intervention proprement politique

la théorie politique qui vient, face à la communisation

il va falloir faire radicalement avec la déconnection entre rapports de classes et visions gauche-droite de la politique, c'est-à-dire être conséquent avec sa propre critique de la politique et de l'Etat, sans quoi on comprendra de moins en moins ce qui se passe(ra) particulièrement en France, avec un aspect qui ne doit pas être négligé : on trouve aujourd'hui chez les idéologues catalogués à l'extrême-droite une critique du capital parfois plus pertinente que des analyses d'extrême-gauche [...]

de nouvelles questions posées à la théorie

si l'on considère que l'opposition linéaire droite-gauche ne structure pas, ni ne reflète comme dans le mouvement ouvrier triomphant, les rapports antagoniques de classes, il faut admettre que le débat théorique révolutionnaire doit se mêler d'idéologie sans préjuger d'une plus grande proximité avec des positions "marxistes" de gauche ou de droite [...] Il ne faut pas prendre ça à la légère, parce qu'on a ici, à un certain niveau théorique, le même brouillage que sur le terrain politique ou médiatique, autour des questions de genre, de commaunauté humaine et de communautarisme, d'identités, de "post-humain", etc. Au fond un brouillage dont on a du mal à cerner ce qu'il brouille ou plutôt comment, non pas du passé des formes du rapport de classes parce que c'est clair, mais de son présent et de ce qui vient idéoloquement, politiquement, sociétalement...

complet dans forums, textes et débats sur la communisation

24 février

on peut rire de tout, liberté d'expression !

Dans une autre vie, Norédine Allam était une star de la BD en France et en Europe. On s’arrachait ses talents, de la maison d’édition Dargaud aux studios Astérix. Jusqu’au lancement de la BD « islamique » Muslim’ Show. Si elle rencontre un succès certain dans une trentaine de pays, elle est boudée en France. Interview. Orient XXI 7 février 2014

«  Indonésie, Turquie – un quotidien va publier chaque semaine trois épisodes — Pakistan, Abou Dhabi, Qatar – nous y donnons aussi des cours de dessins et produisons des contenus — : la BD est présente dans plus de trente pays et traduite en dix langues, anglais, arabe, indonésien, malaisien, japonais, bangladais, russe, turc, allemand, ourdou, espagnol, chinois et bientôt dans d’autres langues  ! 

«  Il y a parfois un malentendu avec la presse et le public : la BD n’a pas été créée dans le but de donner une bonne image de l’islam et de favoriser le dialogue interreligieux. Toutefois, cela permet aux personnes d’autres confessions d’entrevoir un quotidien qu’elles ne connaissent pas forcément. Elles nous écrivent pour nous dire qu’elles se reconnaissent dans les valeurs d’entraide, de solidarité, de pudeur et de lutte contre le matérialisme.  »

vu du monde et d'ici autres images

dans faut rigoler...

la phrase du jour

« Africanisation des comportements » : le député UMP, Guy Teissier, relaxé MétroNews 24 février

'Poursuivi pour diffamation raciale le député et président de la métropole Guy Tessier a été relaxé par le tribunal correctionnel. II avait fustigé "l'africanisation des comportements" dans un discours devant des salariés en charge de la propreté, lors de son élection à la tête de la structure'

vu du monde et d'ici génial, le Blanc qui nettoie derrière le Nègre... Je n'ai jamais croisé ce destin. Voir C’est qui ce type sur les affiches de la mairie de Paris ? L'ObsRue89 10 juillet 2013

et dieu, dans tout sale ?

vu du monde et d'ici Notre-Dame de l'Espérance, Rue de la Roquette, hier

Véolia, structure du capital au 31 décembre 2013

vu du monde et d'ici

vu du monde et d'ici Rue de Lappe, hier, un passage obligé de ma poésie depuis trente-cinq ans

twelve in seven back

(8/8 : la noire à 120)

Autour de minuit Tabou
Bird passé passé par là
Par-ci tu repasseras

Ya qu’des blacks pas d’rock du rap

Tabac pas que ça t’avoues
Spot laque basse et des sax
Black music black music black

Ya qu’des blacks pas d’rock du rap

T’as vu quat’ filles vingt mecs
Danse à l’ennui qui s’éclate
Black blanche accroche tu craques

Ya qu’des blacks pas d’rock du rap

T’abats ton jeu de pieds transe
Pire t’es pas Rue de Lappe
Taxi Bastille ça taxe

Ya qu’des blacks pas d’rock du rap

(to bed)

Livre sans nom 1990 : Bastille, ça tourne, le Génie montre son cul au soleil

 

le réel ou sa fabrication ?

du côté de la sociologie de terrain

Le sentiment d’injustice chez les «jeunes de cité» «Transmission historique, processus de ségrégation et radicalisation des discours» Éric Marlière, Maître de conférences à l’Université de Lille 3, chercheur au CeRIES et membre d’ACOFIS 8 février 2015

comme antidote à l'enfumage de la raison critique, contre l'obsession idéologique de l'ethnicisation, contre la religion républicaine transclassiste du laïcisme primaire et secondaire, contre les délires militants de toutes sortes, un texte référencé pour son apport sociologique et ses références bibliographiques, non pour les positions politiques de l'auteur

Si nous avions, dans notre première partie, retracé l’histoire de la population ouvrière dans une proche banlieue de Paris afin de mettre en exergue, la situation de « non reproduction » sociale de ces déshérités du monde ouvrier, il faut replacer les enjeux après vingt-cinq ans de mutations économiques qui affectent l’ensemble des classes populaires. Pour comprendre cette situation qui semble, disons-le, critique au fur et mesure que les effets de la crise s’annoncent, nous pouvons nommer quatre facteurs importants au moins qui sont à l’origine de la détérioration des modes de vie dans les « quartiers populaires » : 1/ la fin de l’encadrement de la jeunesse populaire liée au déclin des syndicats et des socialismes d’une manière générale ; 2/ la construction politique d’un nouvel ennemi intérieur véhiculé par les « jeunes de cité » notamment issus de l’immigration maghrébine et d’Afrique subsaharienne appréhendés comme musulman ; 3/ la relégation sociale de ces enfants d’ouvriers et d’immigrés qui ne peuvent devenir ouvriers et sont, de surcroît, perçus comme inutiles et surtout, dangereux pour la cohésion nationale ; 4/ le fait dans des logements sociaux paupérisés et enclavés qui fait que les « classes moyennes » et les milieux populaires supérieurs ont déserté les « quartiers sensibles », ce qui renforce le stigmate et le sentiment d’abandon dans les constructions identitaires des jeunes observés dans les cités populaires.

Ces évolutions récentes ont ainsi façonné une forme de construction identitaire chez les adolescents et jeunes adultes souvent en « porte-à-faux » avec les autres groupes sociaux qui composent la société française. En effet, ces jeunes sont confrontés à des difficultés et problématiques qui les ont dans une certaine mesure singularisés dans la société française : déshérités de la classe ouvrière, tributaires du passé migratoire familial (parfois lourd à porter et à gérer) et héritiers d’une histoire sociale au sein des « quartiers » teintée de chômage, de violence, de discrimination et de racisme ordinaire. Et même si ces jeunes et moins jeunes – qui appartiennent à la deuxième voire à la troisième « génération » – sont français, il semble que leur présence dans la société française soient sans cesse remise en cause voire hypothéquée à la moindre actualité ou à la première difficulté. C’est pourquoi, le sentiment d’injustice formate l’identité collective et structure la perception sociale de la plupart des « jeunes de cité » et/ou « de banlieue ».  Mais ces relents d’amertume et de colère ont comme revers de la médaille également la construction d’un malaise collectif orienté sur la peur de l’autre, des institutions, de l’état dans la mesure où ces jeunes se sentent perçus par la société environnante comme des « ennemis de l’intérieur » tant ils se voient persécutés, diabolisés et mise à l’index par l’ensemble du corps social.

Face à cette situation qui nous questionnent sur les processus de ségrégation et/ou de ghettoïsation en cours dans les quartiers paupérisés, ces jeunes ont développé, en contrepartie, des attitudes spécifiques autour des questions d’honneur, de virilité, de violence dans leur comportement en société et ont déployé progressivement en raison des désillusions des postures antagonistes avec les municipalités et leurs institutions locales. D’un point de vue plus politique, la construction collective identitaire intrinsèque à ce que nous pouvons attribuer à la jeunesse des quartiers « difficiles »  s’achemine de manière progressive sur une forme de radicalisation politique teintée de relents post-colonialistes, de déceptions à l’égard des partis de gauche et d’un intérêt croissant pour la religion musulmane. Les logiques identitaires entre comportements provocateurs et agressifs et perception cynique et désenchanté des institutions et du politique nous interrogent sur les alternatives possibles à venir pour les jeunes rencontrés sur nos terrains. La question est de savoir comment, dans l’avenir, ces jeunes aux  parcours variés mais confrontés aux déterminismes économiques, sociaux et institutionnels en tout point défavorables à l’origine de relents d’amertume à l’égard de la société. La problématique de la tranquillité publique au niveau locale et de cohésion sociale au niveau national semble être à ce prix.  

.

communauté à structure de classe contre communautarismes : partir des réalités pour assumer le débat théorique 'marxisme'-'décolonialisme'

titre un peu décalé j'en conviens. Si l'Etat souffle le chaud et le froid en instrumentalisant une ethnicisation des rapports sociaux sur la base de clivages opposant des communautés religieuses supposées constituées contre «les français de souche», ce n'est pas tant par humanisme de «conciliation» (cf Hollande réunissant Cukierman et Boubakeur)

l'opération idéologique à laquelle nous assistons depuis des années, et qui s'est accélérée depuis les attentats parisiens, s'inscrit dans la nécessité de répondre à la crise économique et sociale par une attaque frontale au niveau de vie des classes populaires, un autoritarisme généralisé à tous les partis politiques au pouvoir ou non, et une répression juridique et policière sans précédent depuis la guerre d'Algérie

« Français de souche » : polémique autour d'un mot utilisé par Hollande Le Monde et autres

dans ce contexte, on assiste à une volonté de marginaliser tout ce qui s'oppose à la constitution d'un front de "résistance" sur une base croisée contre ces politiques du capital et la racisation/ethnicisation/religiocisation qui les alimente et les autorise. Du point de vue de l'idéologie dominante, disons que c'est de bonne guerre. La question est plus grave quand l'extrême gauche ou les héritiers de l'ultra-gauche nagent dans ce courant nauséabond ou l'alimentent de leurs ruisseaux de propagande

sur le plan théorique, ce discours pervers est nu, soit ignorant, soit prisonnier de ses présupposés politicistes "de gauche", confondant contradictions de classe et luttes militantes partisanes (souvent groucrépusculaires), ou d'un eurocentrisme qui ne doit plus rien au marxisme vivant face monde capitaliste actuel, ni à l'héritage du Marx critique articulant finement les contradictions du capitalisme

à titre d'exemple, non qu'il serait représentatif, mais parce qu'il en présente une caricature et dit tout haut ce que d'autres pensent tout bas, l'activisme du blogueur Yves Coleman sur mondialisme.org. Toutes ses interventions sans exception depuis le 7 janvier (et  avant) vont dans ce sens, et de façon contradictoire : une supposée position de classe, jamais soutenue ni fondée sur une analyse sérieuse du capitalisme aujourd'hui, n'est plus que clause de style pour attaquer en vrac tout ce qui serait le danger, voir l'ennemi principal dans «nos rangs» : l'antisémitisme, l'islamo-gauchisme, la critique décoloniale, etc.

un montage pervers et mensonger

sa dernière intervention, hier, Combattre l’influence néfaste des sous-produits politiques du postmodernisme, du postcolonialisme et des « études subalternes », est un chef-d'œuvre de montage simplifiant à l'outrance les  désaccords qui traversent ces courants théoriques depuis des décennies, bien que le retard français se comble depuis quelques années. J'ai donné les éléments de ce débat, dont l'enjeu est, au niveau théorique, l'articulation du marxisme et de la critique post-coloniale ou décoloniale, une compréhension de l'articulation classe/race/genre à structure dominante de classe. J'ai souligné la dérive des études post-coloniales depuis leur abandon du marxisme, mais ce n'est pas une raison pour jeter les deux bébés avec l'eau du bain, comme le fait Coleman. L'enjeu est au contraire d'intégrer ce que ces approches ont apporté au marxisme dans un débat théorique qui ne fait que s'engager en France, parallèlement à la critique féministe voire de genre

nulle part dans les références que j'ai données pour permettre cette articulation théorique (Gramsci, Althusser, Laclau, Stuart Hall... Mbembe), je ne m'appuie sur ceux à qui Yves Coleman oppose Vivek Chibber : « Gayatri Chakravorty Spivak, Homi Bhabha, Ranajit Guha et le groupe indien des études subalternes (subaltern studies), mais aussi l’anthropologue colombien Arturo Escobar, le sociologue péruvien Aníbal Quijano et le sémiologue argentin Walter Mignolo » (in Contre l’obsession des particularismes culturels, L’universalisme, une arme pour la gauche Le Monde diplomatique mai 2014). J'ajouterais à la liste Paul Gilroy, qui se situe explicitement sur un terrain théorico-politique évacuant le marxisme. En choisissant précisément ceux qui ont tourné le dos à l'analyse de classe, la réponse est dans la question, on n'a plus rien à démontrer, ni rien dans les mains pour construire une théorie révolutionnaire adéquate à notre temps. Pourtant, les textes sont désormais accessibles en français par la grâce des revues Période et dans une moindre mesure Contretemps (un peu le fatras du marxisme post-trotskiste) 

assumer le débat théorique 'marxisme'-'décolonialisme' (j'utilise ces termes par raccourci pratique)

en sélectionnant ses références à sens unique, Yves Coleman fait mine d'ignorer cet enjeu. Il évacue purement et simplement la possibilité même d'un débat théorique et politique. Au lieu de problématiser les questions qui se posent à l'articulation classe/race/genre, il balaie d'un revers de manche tout ce qui est au cœur du tournant actuel dans la confrontation idéologique capital-prolétariat. Il part en guerre contre le post-structuralisme, la déconstruction et tous concepts qui ont alimenté les débats en cause, pour le meilleur (y compris Althusser-Derida-Stuart Hall...), et pour le pire (l'évacuation de la contradiction de classe). Le PIR justement qui, in fine, est devenu la cible privilégiée pour la haine du soldat Coleman, sur la base de silences et mensonges de plus en plus gros

son argumentation contre le PIR ne tient pas une seconde si l'on considère, d'une part les textes, d'autre part la variété des organisations ou associations signataires de l'appel au Meeting du 6 mars contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire ou le texte Contre l’union sacrée, pour une union antiraciste et populaire. Cela ne va sans contradictions pour aucune des organisations signataires (le PIR certes, mais plus encore le PCF). Qu'a-t-il à dire de « Ces Juifs français qui disent merde à Israël » ? des islamo-gauchistes ? Dans le climat actuel, c'est une initiative salutaire, dont il est impossible de dire qu'elle aurait un fondement transclassiste ou pro-islam sous prétexte qu'elle utilise la catégorie floue d'islamophobie. Elle est incompréhensible selon les prétendues analyses de Coleman

nul de saurait choisir une lutte pure de toutes contradictions, mais aujourd'hui, s'il convient de choisir son camp, ce n'est sûrement pas mener un combat de classe que tirer à boulets blancs sur ce qui représente (sic), dans une sphère marginalement médiatisée, un espoir de dépasser les blocages franco-français fantasmant et produisant idéologiquement des communautarismes : on ne comprend rien au "communautarisme" en se plaçant soi-même sur un front communautariste religieux et ethnique, le même que l'État français

oui, ici, pour paraphraser Temps critiques, le prolétariat en lutte annonce au présent la véritable communauté des Hommes, la seule possible face au capital

l'islamo-gauchisme est à Coleman ce que l'islamo-fascisme est à Valls

Coleman roule pour Hollande jusque dans l'utilisation qu'il fait de l'antisémitisme, sans voir que ses cibles et arguments sont étrangement les mêmes que les sionistes (ici c'est la catégorie qui convient). Avec Coleman, Valls et Hollande sont blanchis, aucune critique de leur politique anti-sociale, de leur impérialisme de marchands d'armes aux dictatures réellement islamistes, ni de leur néo-néocolonialisme en Afrique (cf la tournée de Fabius)

c'est bien sûr une question accessoire de savoir pourquoi Coleman est encore accepté comme un "camarade", webmestre du blog mondialisme.org dont le seul intérêt est aujourd'hui de présenter les recensions mensuelles, événementielles, d'Échanges et mouvements, Dans le monde, une classe en lutte. Il ne s'agit même pas de débats théoriques, Coleman est sec de ce point de vue, et son militantisme pré-sénile est complètement hors sol des réalités sociales (voir plus haut sociologie de terrain), à tel point qu'on ne peut plus parler d'objectivisme mais de pur subjectivivisme individuel : de l'idéologie, de l'idéologie, et encore de l'idéologie

une question plus sérieuse est pourquoi ces débats ne s'engagent pas en France, plus encore aujourd'hui

vu du monde et d'ici communautarisme parisien

cette image d'hier sur le boulevard Richard Lenoir de Charlie tristement célèbre, ne vient qu'en contrepoint, la génération n'est pas celle des jeunes des "quartiers", on est dans 11ème arrondissement, pas loin du 20ème, de Belleville, Ménilmontant, des quartiers entre le Père Lachaise, Nation, et Porte de Montreuil, que j'ai sillonnés en tous sens de la fin des années 80 au milieu des années 90, habitant là. Quartiers connus et réputés pour leur absence de clivages à base raciales, et le vidage des catégories ouvrières blanches comme du tissus industriel de pointe (métallurgie notamment). C'est ce que je peux constater à Montreuil et Fontenay-sous-Bois, soit en me promenant partout et parlant avec "les gens", soit fort des témoignages de mon fils au lycée, dans une classe comprenant les plus variables des origines métissées en tous sens, d'origine maghrébine, antillaise, africaine, asiatiques, juives, etc. défiant toutes catégories de "races". Ce qui fait encore le plus clivage dans cette classe de terminale scientifique, c'est le revenu des parents plus que la race ou la religion. Le matraquage tous azimuts du pouvoir politique, des merdias, des gauchistes et de l'imbécile Oncle Tom'man qui ne mettent jamais les pieds dans "les quartiers", ça suffit : ces gens-là n'en sont pas et ne savent pas de quoi ils bavassent avec ou sans théories. Ce qu'ils insupportent, c'est que puisse exister une solidarité de classe, même si elle ne se traduit pas en luttes de classes

.

36 vues du Canal Saint-Martin à Nation

sept vues de l'esprit

vu du monde et d'ici dans promenades socio-poétiques

de douze choses

vu du monde et d'ici dans nature, natures mortes et instablations

comme un lundi

vu du monde et d'ici dans les gens

 

23 février

la propagande, c'est toujours celle des autres

« La propagande est un ensemble d'actions psychologiques exercées sur les pensées et les actes d'une population, afin de l'influencer, l'endoctriner ou l'embrigader.

La propagande n'est étudiée de façon scientifique qu'à partir du XXe siècle avec la recherche en psychologie associée aux moyens de communication modernes, les médias de masse. La description et l'étude des différents types de propagande se sont largement développés à la même époque. Ainsi, en temps de guerre ou de période insurrectionnelle, peut être mis en place un système d'embrigadement sous forme de « propagande d'agitation », ayant pour but de déclencher l'action. De manière plus diffuse mais non moins impérieuse, selon Jacques Ellul, la propagande peut aussi chercher à faire adhérer l'individu et les masses à un ensemble d'idées et de valeurs, à les mobiliser, bref à les intégrer dans une société donnée. On parle dans ce cas de « propagande sociologique » ou encore « d'intégration » par opposition à « d'agitation » selon la typologie proposée par Jacques Ellul. Il s'agit là d'un phénomène nouveau que la psychologie so