un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)

 

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un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -) 

ouvert le 18 avril 2015

ces réflexions sont en relation à Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes, féministes, anarchistes, écologiques...

et aux discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

communisation : un concept révolutionnaire pour des luttes révolutionnaires

il faut continuer à se battre avec le concept de communisation comme arme de la théorie révolutionnaire, et non lui faire perdre sa substance par des polémiques subalternes sur des questions superficielles masquant les enjeux de classe, les enjeux humains, les enjeux pour les femmes, les enjeux contre la racialisation des rapports sociaux, les enjeux pour le vivant. Pour cela, il faut donner à la communisation toute sa signification historique, présente, et future, en faire une arme des communistes, féministes, anarchistes, écologistes... dans les luttes d'émancipation contre le capital

Communisation: a revolutionary concept for revolutionary struggles

We must continue to fight with the concept of communisation as a weapon of revolutionary theory, and not make him lose its substance by junior polemics on superficial issues hiding class issues, human issues, issues for women, the issues against the racialization of social relationships, the issues for the living. For this, should give communisation all its historical, present and future significance, making a weapon of the communists, feminists, anarchists, ecologists... in the struggle for emancipation against capital

un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)

 

13 août 2015

Pourquoi pas un LIVRE ? Vers un MANIFESTE du COMMUNISME DÉCOLONIAL

du livre-forum COMMUNISME DÉCOLONIAL

je procède au ménage des sujets pour éclaircir positivement la théorisation du Communisme décolonial, et en balayer ce qui relève par trop de sa genèse pour moi depuis dix ans, la critique de la théorie de la communisation puis plus largement de la post-ultragauche dans l'idéologie française eurocentriste

cette critique étant achevée, elle tient dans mon approche la place que tenait l'Idéologie allemande dans l'évolution de Marx et Engels, livre qui fut publié et connu seulement dans les années 1930, après donc la mort de Lénine et sauf erreur inconnu de Gramsci...

ma critique de la mouvance théorique radicale post-ultragauche et 'communisation' peut aujourd'hui être livrée à celle des souris d'ordinateur et des virus spéculatifs que n'intéresse pas un combat communiste au présent

il n'est maintenant plus exclu que j'envisage d'écrire une brochure facilement imprimable, dans le genre un MANIFESTE du COMMUNISME DÉCOLONIAL. C'est un lourd travail de synthèse et de formulation claire et synthétique du point où je suis parvenu aujourd'hui. Il suppose que j'en détermine avec soin la fonction et le public visé et par conséquent le contenu et la forme. Ce public ne saurait être celui qui s'intéresse habituellement aux questions de théorie communiste, aux approches universitaires, en militants de tels partis ou organisation, mais tout un.e chacun.e susceptible de contribuer où il se trouve à ce combat défini au présent et dans une perspective révolutionnaire d'abolition des colonialités et du capitalisme

c'est une lourde responsabilité, dans la mesure où le concept de communisme décolonial n'existe pas ailleurs qu'ici, alors que paradoxalement, il est en phase avec bien plus de mouvements, de sensibilités et d'aspirations dans le monde que la plupart des expressions politiques à prétention révolutionnaire : c'est un peu comme si des millions de personnes dans le monde faisaient du communisme décolonial sans le savoir, comme Monsieur Jourdain de la prose... en quoi ce sont elles qui ont écrit ce livre dont je ne suis que le lourd porte-plume

deux erreurs seraient à éviter :

- vouloir faire la leçon à ceux qui, de par leur situation de "colonisés", soit dans des pays sous le joug impérialiste et néo-colonialiste, soit comme minorités non blanches dans "nos " pays, porte l'essence de ce double combat

- considérer que la seule teneur "décoloniale" des luttes suffirait à en garantir l'inscription dans une perspective révolutionnaire communiste : c'est un terrain de confrontations et de luttes "internes" à ces mouvements, aussi bien en théorie que dans les situations concrètes de luttes

écrire un Manifeste serait donc une sorte de pari sur sa réception, sur son utilité, et sur sa performativité, c'est-à-dire un pari sur la possibilité qu'il change la donne des luttes sociales, féministes, écologistes... en France particulièrement, puisque ce pays est comme à l'avant-garde de l'idéologie qui s'y oppose le plus : l'eurocentrisme et la production permanente d'un racisme par ceux qui prétendent le combattre au nom du prolétariat universel ou de l'universalité des valeurs humaines du communisme et du féminisme de tradition occidentale

il est donc évident que ce livre s'adresserait, comme à fronts renversés, à des publics divers se caractérisant par un manque, soit par aveuglement eurocentriste, soit pas manque d'une perspective révolutionnaire communiste

je ne suis pas encore prêt à l'écrire pour qu'il réponse à ces diverses exigences

scratch

25 avril

un Manifeste révolutionnaire ? mais quelle fonction et quel contenu, pour la communisation ? 11:50

si les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation ne sont pas guidées par une théorie supérieure, ni un parti ou une organisation permanente de militant.e.s, un tel manifeste ne peut/ne pourrait avoir :

- ni la même fonction que celui de Marx et Engels en 1847, liée à l'existence d'un tel parti et à un programme politique pour une prise de pouvoir du prolétariat

- ni un contenu comparable, que ce soit dans la description du capitalisme, dans celle du rôle des communistes, dans l'exposé des textes et la critique des partis existants, qui constituent les quatre parties du Manifeste écrit par Marx et Engels *

* I. Bourgeois et prolétaires II. Prolétaires et communistes III. Littérature socialiste et communiste IV. Position des communistes envers les différents partis d’opposition

d'une part, vue l'histoire déroulée depuis, et le capitalisme déterminant essentiellement, aujourd'hui, tous les domaines de la vie partout dans le monde, cela supposerait un véritable livre beaucoup plus épais. Il perdrait de ce fait son intérêt, une diffusion facile et une lecture accessible

d'autre part, cela contredirait son objectif même, que suppose un processus d'auto-subjectivation, d'auto-production par les luttes de leurs propres buts et moyens

nous voyons par conséquent que si l'idée d'un tel Manifeste révolutionnaire n'est pas saugrenue, elle est loin d'être évidente à mettre en œuvre. Le contenu ne peut être ni trop général, ce qui lui ôterait tout intérêt dans telle situation particulière, ni trop précis, auquel cas il deviendrait ce qu'il ne veut pas être, un guide, etc.

l'adéquation de la fonction et du contenu renvoie donc immédiatement au principe même, hérité de « l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes » (Owen, Flora Tristan, Marx, AIT...), et à l'adéquation de ce principe à celui de la communisation, c'est-à-dire à la fin de toute séparation entre théorie et pratique, dirigeant.e.s et militant.e.s, activistes et luttes...

la balle dans le pied du «courant communisateur»

une première solution nous est bien connue, puisque c'est celle adoptée en principe* jusque-là par le « courant communisateur » : être parfaitement d'accord avec ce qui précède, et s'en tenir à faire de la théorie communiste sans vouloir faire des «adeptes». Résultat, ils en ont fait quand même, et l'on a pu apprécier leur «trajectoire à balle dans le pied»...

* hors Meeting et Sic = théorie de théoriciens + diffusion d'"activistes" : les supposées «luttes théoriciennes» et la théorie,  «adéquate à l'époque», étaient censées être, selon Sic n°1**, une «détermination objective» des luttes d'ici à la révolution... pour entrer au gouvernement de la Grèce «paradigmatique» du moment actuel ?

** Sic n°1, novembre 2011, éditorial : « Dans le moment actuel, la théorie comme ensemble d’activités concrètes (écriture, revue, réunion, diffusion sous de multiples formes, etc.) devient directement elle-même une détermination objective.»

mission impossible ?

il ne resterait qu'une solution entièrement satisfaisante, que ceux et celles qui l'estiment utile et nécessaire l'écrivent eux et elles-mêmes, ce qui est parfaitement contradictoire avec l'idée d'en proposer un !

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alors, faut-il trouver un équilibre, entre dire l'essentiel mais pas tout ni la synthèse de tout ?

parenthèse : d'autres y ont pensé

un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)

le sens donné ci-dessous n'engage que les auteurs, ou plutôt la nature des mouvements qu'ils citent. Passons encore sur « pouvoir véritablement constituant », qui ne semble pas très éloigné de subjectivation et puissance révolutionnaire. Par contre, s'il ne s'agit pas de « constituer une menace face aux puissants », mais « une force de proposition », autant dire qu'il s'agit d'aménager le capitalisme, pas de l'abolir, non ?

cela précisé, ce qu'il faut retenir ici, c'est la remise en cause du manifeste comme livre d'un prophète

« Ce livre n'est pas un manifeste. Les manifestes entendent faire advenir un autre monde en endossant le rôle du prophète qui crée un peuple à son image. Les mouvements de protestation contemporains, dont Occupy Wall Street ou les Indignés constituent la dernière expression,  ont renversé cet ordre, rendant les manifestes et les prophètes obsolètes. Ils sont descendus dans la rue et, au lieu de suivre les puissants sur leurs lieux de réunions officielles ou officieuses, ils ont occupé les places et les espaces publics : ils n'entendent pas tant constituer une menace face aux puissants qu'une force de proposition. Plus important encore, ces multitudes mobilisées, à travers leurs discours comme leurs pratiques, leurs slogans et leurs désirs, ont engendré de nouveaux principes politiques : comment leurs déclarations peuvent-elles devenir les principes d'organisation d'une nouvelle société ? Comment peuvent-elles réinventer des relations sociales susceptibles de ruiner les rapports d'exploitation de l'ancien monde ? Comment ces déclarations de révolte peuvent-elles devenir un pouvoir véritablement constituant ? »

il semble donc qu'avec cette belle intention, Hardt et Negri n'expriment que la limite des luttes actuelles dans le monde

alors, il va falloir attendre... une vague de luttes ?

tout ça semble tourner en rond... Il est probable qu'il n'existe pas suffisamment, dans le monde, de luttes à partir desquelles aller plus loin. Ce qui n'interdit pas de formuler des hypothèses, en attendant une prochaine vague de rêves, comme disait le poète*

* Une vague de rêves, Aragon 1924, le premier manifeste... surréaliste !  : « Légèrement antérieure au 'Manifeste de Breton', et rédigée dans une langue qui est moins doctrinaire que la sienne, 'Une vague de rêves' est l'un des textes fondateurs du surréalisme. Publié pour la première fois en octobre 1924 dans le numéro 2 de la revue 'Commerce' [sic] que dirigeaient Paul Valéry, Léon-Paul Fargue et Valéry Larbaud, ce texte d'Aragon appartient de plein droit à l'aventure du surréalisme, ses expériences, sa théorisation et sa mise en oeuvre littéraire. Aragon y exprime la fascination que lui inspire l'univers du rêve, les " Rivieras de l'irréel ", les frissons du délire et l'écriture du désastre. »

[à suivre]

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21 avril

le sens de « communistes, féministes, anarchistes, écologistes...»

il nous faut clarifier ce que signifie « communistes, féministes, anarchistes, écologistes...». En effet, cela ressemble par trop au rêve d'une alliance de tous les militants pour une convergence des luttes d'émancipation, telle que nous la connaissons depuis quelques décennies, avec des partis et réseaux rouges et verts, communistes libertaires, etc.

la question est très simple : il n'y aura pas de révolution possible sans abolir l'exploitation capitaliste, la domination masculine, l'État, sans stopper la destruction de l'humain et du vivant. Mais nous constatons que ces combats, soit sont séparés, voire opposés, ou réunis de façon illusoire par des organisations et sous des étiquettes prétendant tenir le tout

aucune illusion sur l'enracinement social des contradictions entre écologisme radical et luttes des salariés pour le salaire et l'emploi (exemple le nucléaire, la pétrochimie, etc.). Aucune illusion sur la domination masculine dans le prolétariat ou les organisations "révolutionnaires". Aucune illusion sur la négation du rapport de classe dans certaines branches du féminisme y compris radical. Aucune illusion sur la sous-estimation des rapports de classes dans certains combats antiracistes, etc.

par conséquent, face à nous, la segmentation, la fragmentation d'un potentiel sujet révolutionnaire, comme productions du capitalisme ne sont pas (que) des idées à combattre par des idées : ce sont des réalités produites et entretenues par le capitalisme totalisé dans sa crise, une nécessité de son économie politique pour sa reproduction, une nécessité pour lui de le faire sur tous les terrains et de façons adaptées aux particularités en divers lieux du monde, avec tous les moyens économiques, étatiques, idéologiques, médiatiques, militaires et policiers

aucune étiquette, "communiste", "féministe", "anarchiste", "écologiste"... ne peut prétendre contenir ce que signifient, historiquement, les autres : la révolution exigera tous ces combats et les appellent dès aujourd'hui. Rien ne servirait de promouvoir l'identité de « communisateur » comme la nouvelle bouteille militante pour faire le plein révolutionnaire, mais si le concept de communisation comme activité révolutionnaire doit avoir un sens, c'est celui-ci

alors nous apparaît toute l'actualité de cette phrase du Manifeste de  1847 : « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier... les communistes sont la fraction la plus résolue, qui stimule toutes les autres, avec une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement.» et de cette affirmation de Marx et Engels dans la préface de 1872 : « les remarques sur la position des communistes à l'égard des différents partis d'opposition sont exactes aujourd'hui »

nous sommes confrontés aujourd'hui, comme Marx et Engels aux lendemains de la Commune de Paris, à l'actualisation de cette question de l'intervention révolutionnaire, et pour cela, il nous faut rompre radicalement avec la conception vieillie de la critique de l'intervention telle que formulée par l'ultragauche et reprise jusque-par la théorie de la communisation

un "Manifeste révolutionnaire" n'est pas (ne serait pas) la panacée ou la réponse à cette difficulté inhérente aux combats dans les circonstances du capitalisme en crise. Il est, à ce stade, avant même d'être rédigé, une manière de poser le problème, et que ceux et celles qui partagent cet objectif se l'approprient, ce qui ne peut se faire que de façon individuelle, inter-subjective ou en réseaux, par ce qu'il faut bien nommer des activistes pour la révolution

 

20 avril

l'intervention communiste en termes nouveaux pour la communisation : une nécessité produite

« Tu ne peux pas faire la même erreur deux fois, car la deuxième fois, ce n’est pas une erreur, c’est un choix »

à propos de : "le communisme, sans parti", « l'ex-camarade traitre», l'identité « camarade », et pourquoi un Manifeste ? 13:30

le hasard veut que j'aies écrit "la révolution sans parti...", alors que Le Monde publiait, le 14 avril, un article intitulé « Le communisme, sans parti » à propos d'Alain Badiou/Peter Engelmann : « Alain Badiou souligne d’ailleurs que l’idée d’un parti du prolétariat – « paradoxe complet » – n’existe pas chez Marx.[...] ». (Je n'ai pas lu cet article d'accès payant)

cette idée n'a rien d'original et n'est pas inventée par l'ultra-gauche, qui n'a fait que la ré-investir, des Gauches allemandes et hollandaises à Bordiga. Notre époque n'a pas plus à voir avec la leur que celle-ci avec la Commune de Paris. Poser "le communisme sans parti" aujourd'hui ne peut donc signifier la même chose, une quelconque invariance du problème

les « partisans de la communisation », quant à ceux que je connais, parlent plus volontiers de communisme en général - mouvement, projet, chemin, etc. - qu'ils ne se disent communistes. Forcément, car cela pose la question même de l'existence de "communistes", de qui ils sont, de ce qu'ils font, dans un combat pour la communisation, et là, plus rien n'est simple, puisqu'il s'agit de ne pas intervenir dans la lutte de classes... Vous me croyez sur paroles ? Non, tant mieux :

« Pour l’ultragauche, la révolution et le communisme consistent en libération du travail et affirmation du prolétariat comme classe dominante, mais toutes les médiations rationnelles et pratiques conduisant à ce but sont critiquées et supprimées : syndicats, partis de masse, parlementarisme, critique même de l’intervention dans la lutte de classe.[...] » Histoire critique de l'Ultra-Gauche, Roland Simon, 2e édition

pour aller plus loin, la théorie de la communisation soutient, ce qui est juste, que le prolétariat ne peut plus s'affirmer face au capital restructuré, ni se donner pour programme de prendre le pouvoir (en haut ou en bas, peu importe ici) : la lutte de classes est produite dans l'implication réciproque prolétariat-capital jusqu'à produire le dépassement du tout dans la crise de reproduction : hic salta ! Question : comment ?

c'est là qu'intervient la nécessité d'une « théorie communiste », ne serait-ce que pour occuper des théoricien.ne.s, et leurs dilettantes, « partisans spectateurs », « supporters »... Mais sans intervention de communistes/féministes/anarchistes/écologistes... dans la lutte de classes, comment la théorie peut-elle ne pas être théoriciste ? C'est la quadrature du cercle que n'a pu résoudre le « courant communisateur », même au plus fort de son tandem avec des « activistes », dans Sic : ainsi est-il. Amen ?

et alors ? et alors ? Alors Zorro est arrivé : c'est la rupture communiste dans théorie de la communisation

toutefois, la difficulté est de situer une frontière (?) entre intervention militante, volontariste et immédiatiste, objectiviste et subjectiviste, et la possibilité que surgissent des luttes des communistes/communisateurs. Pour l'heure cela ne s'est vu nulle part comme expression explicite de la communisation, lutte auto-théorisant la communisation, sauf peut-être en Grèce, avec quelque précipitation, « allant vite en besogne, le cœur l'emportant sur la raison ». On en mesure aujourd'hui les dégâts collatéraux

à quoi bon un Manifeste ?

des questions surgissent : à quoi bon un Manifeste ? à qui s'adresserait-il ? en quoi son objectif diffèrerait-il d'une promotion militante de l'intervention communiste dans les luttes ?

un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)

ici peut nous aider la critique de l'identité communiste (mais aussi bien féministe, anarchiste, écologiste...), le nécessaire dépassement de l'identité « camarade », « compagnon »... très certainement auto-contradictoire dans le discours de la communisation, puisqu'il qui critique systématiquement militantisme et intervention, mais ne s'interroge pas explicitement sur la nature de son discours schizophrène, qui n'est rien d'autre qu'un militantisme théorique voire théoriciste

l'événement Woland/Blaumachen/Syrisa fut assez amusant et significatif à cet égard, puisque les commentateurs/communisateurs ont dû adapté leurs étiquettes : le « camarade Andréas », « l'ex-camarade Woland »... qui a bien amusé TPTG usant des guillemets comme moi, et jusqu'à cette remarque de Quincey :

« And a side note for non-Greek readers: the fact that during Greece’s most turbulent period in decades, a great deal of us communists and anarchists are spending our time informing our international comrades on the names and professions of SYRIZA traitors, as well as correcting French posters, offers a hint on how irrelevant, self-referential and isolated (from the broader society’s debates) we are. The situation is fucking desperate » The Minister Of Sic  Dialectical delinquents 18 avril

« Note adjacente pour les lecteurs non grec : le fait que dans la période grecque la plus turbulente depuis des décennies, beaucoup d'entre nous, communistes et anarchistes, passent leur temps à informer nos camarades internationaux sur les noms et professions des traîtres de la SYRIZA, ainsi qu'à corriger les affiches françaises, offre un indice de ce que nous sommes, hors de propos, autoréférentiels et isolés (à partir de débats de la société au sens large). La situation est fucking désespérée »

le problème de 'l'intervention' communiste resurgit en termes nouveaux pour la théorie de la communisation même

à quelque chose malheur est bon, la contradiction interne du discours schizophrénique des "communisateurs" éclate sur un point clef de l'héritage ultragauche-communisation : l'intervention. Ce n'est donc pas un hasard que le texte rupture 'communiste' dans la théorie de la communisation ait été publié quelques jours avant cette prétendue « tempête dans une verre d'eau » pour qui n'entend rien changer des idées et comportements y ayant conduit, depuis 40 ans, non depuis les émeutes grecques. Je ne connaissais rien de cette histoire avant le 12 avril, et la plupart qui l'ont commentée ignoraient probablement ce texte. Ce n'est pas non plus que « les grands esprits se rencontrent ». Disons que cette idée n'est pas celle d'« un auteur » qui la formulerait comme « un accident de la pensée », mais qu'elle est une nécessité produite au présent *

* à titre de "comparaison", une révolution musicale au XXe siècle : histoire de la musique, instruments et techniques, musique savante et musique populaire, l'Occident et ses autres, nature et culture... improvisation, communisme et communisation dans bribes de jazz et autres musiques

« Je ne regrette pas mon passé, mais seulement le temps perdu avec les mauvaises personnes »

 

18 avril

un Manifeste ! sans blague ? 17:26

de 1848 à nos jours, what's new ?

questionnements préliminaires, observations et premières propositions

il est remarquable que sur l'édition originale de 1848, ne figurent pas les noms de Marx et Engels...

un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -) un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)1972, ma première édition...

plus de questions que de réponses

écrire un manifeste 'communiste' aujourd'hui s'impose-t-il comme une tâche urgente ? Il y a quelques années, au plus fort de l'écho au concept de communisation et de l'intérêt qu'il semblait susciter en Europe, Bernard Lyon, de Théorie Communiste, envisageait sérieusement cette étape comme prochaine. Mais il est vrai qu'il prévisait aussi la révolution pour 2020...

me penchant sur la question, tel que je suis et d'où je parle, une foule de questions surgissent : pourquoi moi ? avec qui ? de quel droit ? pour qui et pour quoi faire ? et bien d'autres de contenu et de forme, de langage, avant même de parler de traduction, de diffusion...

les éléments ne me manqueraient pas. Quant à l'absence de liens particuliers avec de supposés communistes portant l'ensemble de ce qui serait incontournable* dans une tel texte, du fait que, sans nier qu'il en existe, je n'en connais pas, cette absence ne me rend pas plus illégitime qu'un autre, toute question de modestie ou d'immodestie mise à part

* dans le sens de Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes

le Manifeste de 1848 et « nous »

avant de me lancer dans un quelconque projet de plan ou de rédaction, s'impose de redécouvrir le Manifeste du parti communiste écrit en 1847 par Marx et Engels. Ils précisent, dans la préface de l'édition anglaise du 24 juin 1872 : « [chargés par ] la Ligue des communistes, société ouvrière internationale qui, dans les circonstances d'alors, ne pouvait être évidemment que secrète, délégués au congrès tenu à Londres  en novemebre 1847, de rédiger un programme détaillé, à la fois théorique et pratique, du Parti et destiné à la publicité. »

d'emblée saute aux yeux, et dès le titre, une différence, le Manifeste de 1848 est le programme d'un parti communiste existant en 1847, ce qui exclue bien sûr d'y assimiler notre situation, du moins pour les communistes qui inscrivent leurs réflexions et activités dans le paradigme révolutionnaire de la communisation, mais exclue aussi l'idée que Marx en aurait eu une idée figée, bonne raison de se moquer de tous les « marxistes » qui récitent le Manifeste comme d'autres du Roland Simon, du Mahomet ou du Patlotch

des différences et pourtant...

une première différence entre le Manifeste en 1847 et par la suite est donc vue par ses auteurs eux-mêmes. Nous avons déjà vu ce que les auteurs entendaient alors comme rôle spécifique des communistes, et particulièrement les rapports ambivalents sous-entendus avec les partis existants (je n'ôte que la partie programmatiste liée à l'époque, voir la discussion dans les communistes dans les luttes contre le capital, pour l'humain et le vivant :

« Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier... les communistes sont la fraction la plus résolue, qui stimule toutes les autres, avec une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement. Le but immédiat des communistes est la constitution des prolétaires en classe et le renversement de la domination bourgeoise... Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde » Le Manifeste de 1847, Prolétaires et communistes

quant à la propre historicisation par Marx et Engels de leur texte, concernant les partis, sans même aborder la question du rapport entre communistes et partis actuels portant encore ce nom ou s'en réclamant, les auteurs précisaient, dans la même préface de 1872, autrement dit après de la Commune de Paris en 1871 : « Il est évident que la critique de la littérature socialiste présente une lacune pour la période actuelle, puisqu'elle s'arrête à 1847. Et, de même, si les remarques sur la position des communistes à l'égard des différents partis d'opposition sont exactes aujourd'hui, elles sont vieillies dans leur application parce que la situation s'est modifiée du tout au tout et que l'évolution historique a fait disparaître la plupart des partis qui y sont énumérés. »

d'autres différences portent sur quelques points essentiels, et je ne reviens pas ici en détail sur les questions traitées dans le cadre du commun au concept de communisation :

- ni parti ni avant-garde théorique pour le sujet révolutionnaire engageant la révolution communiste comme communisation

- pas de programme (programmatisme ouvrier ou prolétarien) visant à la prise du pouvoir prolétarien ou à son autonomie auto-organisant l'autogestion de la production et des échanges, etc.

- le terme ou l'identité de 'communistes' est trop étroite pour contenir l'ensemble de ceux et celles qui, à titre osons le mot de militant.e.s, s'engaeraient dans un tel combat sur tous les fronts ouverts par... le capital, dans sa destruction programmée de l'humain et du vivant sur terre, du moins pour toutes les populations superflues dont il n'a plus besoin, sauf peut-être comme nouveaux esclaves, pour les exploiter en s'en servir, de chair à canon, de chair biologique dans ses inventions transhumanistes prétendant « augmenter » les capacités du vivant à grand renfort de technosciences, et pour le meilleur des profits possibles

un troisième jeu de différences doit être introduit quant à l'évolution de Marx en particulier quant aux sociétés non occidentales, ses positions n'évoluant de façon décisives qu'à partir des années 50 et plus tard dans les Grundrisse. On se reprtera aux pages copiées-collées de Marx aux antipodes et plus précisément à celles concernant le Manifeste, que je replace en annexe sous ce texte d'aujourd'hui. Pour ce qui nous concerne, cela représente plusieurs différences importantes, mais pour autant, au risque de surprendre, je ne retiendrai pas la question raciale, ou la nécessaire lutte contre la racialisation comme incontournable pour la constitution d'une subjectivation révolutionnaire. Je ne la retiendrai pas au niveau du titre d'un éventuel Manifeste révolutionnaire pour notre temps...

quoi qu'il en soit et fort de ses brèves remarques préliminaires, il ne peut s'agir, ce n'est pas sans regret mais par réalisme révolutionnaire, d'adopter le nom de Manifeste communiste, même sans parti communiste

à ce stade de ma réflexion, ce titre me viendrait :

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de chacun selon son début, à chacun sa fin

on conviendra que c'est un peu long, mais surtout qu'à ce stade déjà, on entend déjà les protestations... mais je ne reviendrai pas en arrière, les plus intéressé.e.s sont invité.e.s à tout reprendre depuis le début, selon son début... et sa fin

annexe :

reprise d'un extrait de Marx aux antipodes, Kevin B. Anderson, concernant le Marx « ethnocentriste et unilinéaire » du Manifeste de 1848

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