'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

 

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'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation 

voir en bas de page le pourquoi de ce livre ici, et la lecture particulière que j'en ferai en rapport avec la théorie de la communisation, telle que je pense possible de l'élargir et de l'enrichir en la précisant de manière plus concrètement en prise sur le présent, autrement dit comme théorie politique du communisme comme combat, et non comme théorisation pour spectateurs du monde

« le prolétariat de Marx n’est pas seulement blanc et européen mais comprend également les travailleurs noirs aux États-Unis de même que les Irlandais qui ne sont pas considérés comme “blancs” à l’époque par les cultures dominantes britannique et nord-américaine »

« Marx est un théoricien dont la conception du capitalisme en tant que système social n’en fait pas un universel abstrait mais qu’elle est parcourue par une vision sociale riche et concrète dans laquelle universalité et particularité interagissent dans le cadre d’une totalité dialectique »

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation préface à l'édition française 

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation 'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation 

je donne les raisons de la présence de ce livre ici en bas de page

10 mars 2015

un aperçu général des chapitres concernant les évolutions de Marx et la conclusion de l'auteur sur ce qu'on peut en retenir aujourd'hui

1) évolutions de Marx sur les sociétés non-occidentales et les articulations de classes, 'races', nations... genre

pour préciser la présentation générale et ce que dit la préface, je donne ici le début et la fin de chaque chapitre, où Anderson souligne les évolutions de Marx tout au long de sa vie, depuis l'ethnocentrisme du Manifeste replacé dans son contexte, jusqu'aux écrits tardifs dont on connaît généralement les questionnements de Marx sur la Russie. Les changements de perspective de travail entre les œuvres de jeunesse et celles de la maturité, entre le Marx dit "humaniste" de L'idéologie allemande et le Marx critique de l'économie politique du Capital sont généralement bien connus, pour avoir fait l'objet des débats autour de la "coupure épistémologique" qu'y voyait Althusser. Ce qui l'est moins, c'est l'évolution permanente de Marx au fil des événements historiques et de ses recherches sur les questions dont traite ce livre de façon extrêmement rigoureuse, au point de bouleverser l'idée que s'en font la plupart des marxistes, quel que soit leur courant. Anderson balaye avec précision et preuves dans le texte nombre d'idées reçues. Bien qu'y étant préparé par mes recherches depuis fin 2013, je ne m'attendais pas à de telles découvertes recoupées par l'attention que portait Marx à ce qui se passait dans le monde entier de son temps

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

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'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

2) les apports de Marx pour penser le monde actuel entre limites et pertinence

pour anticiper sur la question qu'on se pose légitimement si l'on ne veut pas se tromper d'époque et considérer, soit que Marx n'apporterait rien pour penser le monde actuel sous l'angle des rapports de classes, nations et 'races', soit qu'il en aurait tout dit et qu'il n'y aurait qu'à se servir, deux écueils répandus dans et hors le marxisme, je donne ci-dessous les dernières pages de la conclusion où l'auteur propose sa réponse à deux questions : « Que révèle la dialectique sociale multiculturelle et multilinéaire de Marx concernant le capitalisme mondialisé actuel ? Ce positionnement multilinéaire à l'égard du développement social en Russie et dans d'autres pays non capitalistes de son époque est-il toujours pertinent de nos jours ? »

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation

est-il nécessaire d'ajouter que ces conclusions sont en phase avec ce que j'essaye d'établir tant sur le rapport classes, races, nations... que du point de vue de la méthode dialectique entre généralités et particularités, concepts et réalités concrètes ? L'énorme apport de ce livre pour moi est de pouvoir le faire directement à partir de l'œuvre de Marx, et non plus seulement par l'intermédiaire de théoricien.ne.s inspiré.e.s ou non par ses écrits. Je sais bien que dans l'absolu cela ne ressort d'aucune nécessité, citer Marx n'établissant la preuve de rien, tant qu'on ne refait pas le chemin de sa pensée et qu'on n'établit pas le lien avec le monde d'aujourd'hui, tous travers dont on connaît les ravages chez les militants qui récitent Marx ou d'autres comme la Bible... ou le Coran

 

7 mars

pourquoi ce livre ici ?

j'ouvre une page spécifique pour parler de ce livre dont la traduction française était annoncée depuis des années

- Marx explore la périphérie du capitalisme et se confronte à la question coloniale et à celle de la race.
- Une partie essentielle de l’œuvre du théoricien mise à jour et qui bouscule les représentations classiques du marxisme.

Selon une présentation trop rapide. Marx n'aurait été que le théoricien du capitalisme des sociétés occidentales. Pourtant, l'auteur du Capital n'a pas ignoré le reste du monde.

En effet, son installation à Londres, au coeur du plus grand empire mondial, l'amènera à prendre en compte les sociétés non occidentales et le colonialisme, auxquels il consacrera une part importante de son travail. Marx aux antipodes nous entraîne à la découverte de l'approche inédite des rapports raciaux et coloniaux que construit progressivement Marx.
L'auteur s'intéresse particulièrement aux contributions moins connues de Karl Marx, comme ses articles pour le New York Tribune de 1851 à 1862, ou ses carnets, pour certains inédits, de la période 1879-1882, consacrés aux sociétés non occidentales et précapitalistes.

Kevin B. Anderson examine la théorisation que fait Marx d'un certain nombre de sociétés non occidentales (Inde, Russie, Algérie, Chine...) et revient sur son approche des mouvements d'émancipation nationale, en particulier en Pologne et en Irlande. On voit ainsi que Marx se confronte aux particularités liées au nationalisme, à la race et à l'ethnicité, ainsi qu'aux diverses modes de développement humain, social et historique sur les différents continents.

L'ouvrage nous dévoile cette part essentielle et toujours actuelle, mais souvent ignorée, de l'oeuvre de Marx qui explore la périphérie du capitalisme pour scruter la question coloniale et raciale. Un apport indispensable pour penser notre modernité à partir des marges de l'Occident, à partir des antipodes.

Pour l’auteur, « le prolétariat de Marx n’est pas seulement blanc et européen mais comprend également les travailleurs noirs aux États-Unis de même que les Irlandais qui ne sont pas considérés comme “blancs” à l’époque par les cultures dominantes britannique et nord-américaine ».

Marx est donc d’abord un théoricien global dont la critique sociale envisage les notions de capital et de classe de manière
assez large et ouverte pour inclure les particularités liées au nationalisme, à la race et à l’ethnicité, ainsi qu’aux variétés diverses de développement humain, social et historique, depuis l’Europe jusqu’à l’Asie et des
Amériques à l’Afrique.

Pour Kevin B. Anderson, « Marx est un théoricien dont la conception du capitalisme en tant que système social n’en fait pas un universel abstrait mais qu’elle est parcourue par une vision sociale riche et concrète dans laquelle universalité et particularité interagissent dans le cadre d’une totalité dialectique ».

Kevin B. Anderson est professeur de sociologie, de sciences politiques et d’études féministes à l’Université de Californie. Spécialiste de Marx et de l’école de Francfort, il est notamment l’auteur de Lenin, Hegel and Western Marxism : A Critical Study et de Foucault and the Iranian Revolution. Il participe à la Marx-Engels Gesamtausgabe, qui réunit des chercheurs du monde entier en vue de publier l’intégralité de l’oeuvre de Karl Marx. Marx aux antipodes est son premier ouvrage à paraître en français. Traduction Marc Chemali et Véronique Rauline.

Remarque : en présentant ce livre dans la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' l'an dernier, j'écrivais : « il est probable que si j'avais disposé de cet ouvrage, j'aurais conçu autrement le texte abolir le racialisme, janvier 2014. Je me serais épargné une polémique exclusive contre Théorie Communiste selon qui la race n'est pas structurelle au capitalisme. Je l'aurais élargie aux rapports qu'ont entretenus avec la race, et avec Marx, la plupart des marxismes, les plus traditionnels mais aussi nombre de contemporains. Il est même possible, si ces textes de Marx avaient été connus à la fin du 19ème siècle, voire comme « l'Idéologie allemande » dans les années 1920, que les théoriciens mais aussi les partis communistes auraient infléchi leurs positions, et l'histoire aurait pu être différente ».

Anderson raconte en annexe les "vicissitudes des Marx-Engels Gesamtausgabe' des années 20 à nos jours", avec la particularité que certains textes ont été censurés pour la cause stalinienne. Dans la préface, il s'adresse plus particulièrement aux lecteurs français concernant son choix « de l'édition française du Livre I du Capital (1872-75) en raison des passages ajoutés par Marx qui ne se trouvent pas dans les éditions traduites de la version allemande d'Engels de 1890, y compris la traduction française de 1983 », des passages importants concernant le cœur de l'argumentation de 'Marx aux antipodes'. Lecteurs françaises de Marx désespérées par la traduction Roy, vous ne connaissiez pas votre bonheur...

quelle méthode dialectique ?

concernant la méthode et la dialectique, voir les explications d'Anderson dans la préface à l'édition française, et notamment ses emprunts à Raya Dunayevskaya ou son appui sur Bertell Ollman. L'intérêt de ce livre est de soutenir la possibilité d'un élargissement des théories de la communisation aux questions de l'articulation de la contradiction de classes avec les questions de "races" et de "genre" dans la luttes contre le capital, et de le faire à partir d'écrits de Marx méconnus ou inédits > problèmes dialectiques, problèmes de dialectique et de méthode

quels rapports à quels marxismes ?

il convient de remarquer que Kevin B. Anderson n'est pas un auteur relevant des Etudes post-coloniales ou des Etudes subalternes. Dans la bibliographie du livre ne figure pas par exemple Stuart Hall. Ce point est important, parce que les Etudes post-coloniales et subalternes s'inscrivent dans un marxisme passant par Gramsci, Althusser et par ailleurs Derrida. Si Anderson réfère celui-ci, il précise son ancrage théorique : « Si, pendant de nombreuses années, j’ai été fortement influencé par l’École de Francfort, par Georg Lukács et par Lénine en ce qui concerne la dialectique, pour ce livre, ma source d’inspiration principale est légèrement différente, il s’agit de la philosophe marxiste humaniste russo-américaine, Raya Dunayevskaya. De même, si j’ai été fortement influencé par les écrits de Frantz Fanon, W. E. B. Du Bois et C. L. R. James sur la race, le colonialisme et la révolution, mes analyses s’inspirent ici principalement des travaux de Dunayevskaya.»

W. E. B. Du Bois, C. L. R. James et Dunayevskaya étaient trotskystes, et cette dernière fut la secrétaire de Trotsky en 1937 avant de rompre avec lui... L'affirmation d'un marxisme humaniste ne doit pas conduire à repousser l'intérêt théorique pour la théorie de la communisation, car il s'agit d'une lecture de Hegel renouvellant la compréhension du rapport que Marx entretenait avec lui, précisément sur la question de la subjectivité, de la subjectivation (question abordée par ailleurs par Isabelle Garo dans Marx et l'invention historique, 2012)

un enrichissement de la théorie de la communisation dans un faisceau de courants marxistes historiques, sous condition...

avec ces retours à Marx autant qu'à divers courants du marxisme souvent opposés, pour des raisons historiques et politiques évidentes, nous disposons maintenant de la possibilité d'enrichir et d'élargir la théorie de la communisation relativement à sa compréhension linéaire comme issue des théoriciens dits d'ultra-gauche (Görter, Pannekoek, Bordiga, Socialisme ou Barbarie, Situationnisme, Barrot/Dauvé et la construction de la théorie de la communisation à proprement parler depuis les années 1970)

cet élargissement suppose naturellement quelques précautions théoriques (et politiques) car il ne s'agit pas de remettre en cause les fondements acquis de la théorie de la communisation, et son concept principal que rappelle Gilles Dauvé dans son livre à paraître en août, From Crisis to Communisation : « La « Communisation » signifie quelque chose de très simple : une révolution qui commence à changer immédiatement les relations sociales. Elle s'étendrait sur des années, des décennies, sans doute, mais dès le premier jour commencerait à en finir avec le salariat, le profit, la productivité, la propriété privée, les classes, les Etats, la domination masculine, etc.. Il n'y n'aurait aucune « période de transition » au sens marxien, aucune période pendant laquelle les « producteurs associés » continueraient de favoriser la croissance économique pour créer les bases industrielles d'un monde nouveau. Communisation signifie une insurrection créative qui amènerait le communisme, pas ses conditions préalables

ceci étant posé, cette page donnera des extraits significatifs du livre et mes commentaires au fur et à mesure de ma lecture de cet ouvrage de 500 pages et d'une écriture dense, mais sans difficulté particulière pour qui a une connaissance de base des œuvres de Marx... au centre