sans queue ni tête, un roman d'après 6 janvier 2015

 

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        4.1. poèmes 2014-2017
sans queue ni tête, un roman d'après 6 janvier 2015 

ouvert le 6 janvier 2015

6 janvier 2014

poème sans queue ni tête, un roman d'après

ce sera une forme longue ou une suite de courtes. Avec un projet, une contrainte, des lettres sans jambage. En sont exclues les lettres jambabe (inférieur) : g, j, p, q, g, y, sans queue; et celles sans jambage supérieur, ou hampe, sans tête : b,d,f,h, k, l, t. L'écriture se fera soit les 14 lettres a, c, e, i, m, n, o, r, s, u, v, w, x, z. J'imagine qu'il en résultera un effet visuel autant qu'une harmonie sonore susceptible de répondre esthétiquement parlant à un principe d'unité

une catastrophe, une révolution ?

le roman sera celui du monde suivant un événement inédit dans l'histoire humaine, dont il n'est dit s'il est une catastrophe "naturelle", produite par malheur ou bonheur par l'activité humaine, une catastrophe industrielle ou bio-technologique, ou une révolution...

le langage englouti ?

le lien entre le poème/roman s'établit par cette mutation du langage provoquée par la disparition de la moitié des lettres de l'alphabet, dont découle celle des mots qui les utilisent correspondant à ce qui a disparu : les choses, les êtres, les idées, notions... dont les êtres humains parlent entre eux avec des mots

poésie en chantier

je livrerai de petites formes d'abord (mon vers s'énerve...), avant de construire dans la durée le roman de façon plus ample comme un vrai roman, un roman d'après. Il constituera le LIVRE XII de mon œuvre au long cours rassemblant tous mes poèmes : LIVREDEL

[suite dans notes poétiques 2003-2015]

15 janvier 2015

pour ce qui est de pouvoir écrire d'autres poèmes, ça viendra, mais il en est d'anciens adaptés à ces jours, épars ici ou là depuis 1989, ou dans la série de 12 en 2003-2004 Poésie pour le faire, notamment vivre pour vivre illustré de Jean-Michel Basquiat, un amour éternel avec Goya ou colère en vers français avec John Heartfield. D'autres encore, où l'on ne trouvera pas moins j'espère, le lien exprimé ailleurs en langage politique ou théorique, entre passés plus ou moins lointains et vifs à nos mémoires, et ce présent répétant la même et différente tragédie. J'invite à suivre plutôt les liens, ne serait-ce que pour les images

je veux pouvoir écrire ton nom : liberté

je vais suspendre un temps l'écriture de ce poème annoncé au nom d'une inquiétante prémonition, la nuit du mardi 6 janvier à quelques heures d'un massacre dont on sait qu'il grave dans le temps un avant, un après : sans queue ni tête, un roman d'après

je n'ai ni le cœur ni la force d'écrire en me privant de tous les mots, de toutes les lettres dont on dispose encore pour dire, en tous langages, en toutes langues au-delà de la française aujourd'hui violée, qu'ils soient politiques, théoriques, poétiques mais surtout quotidiens à saisir ou écrire par tous - avec ou sans fautes de français qu'on pardonne moins à qui l'a difficile qu'à d'autres sans excuses -, écrire les mots importants qu'on voudrait effacer des dictionnaires du monde, autant que les dessins pour la vraie liberté, celle de ne pas survivre ou mourir sous le joug de l'argent et de ceux qui en sont les esclaves, de haut en bas de l'échelle sociale

ce poème mort-né, abattu sans envol, a rempli pour moi sa fonction performatrice, me dire une impossible soumission, et la limite à ne pas franchir dans aucun langage d'abord, car toute guerre, avant de tuer avec des armes, se conçoit et se dit par des mots, et nous avons besoin des mots contre une guerre que nous refusons

que ce rien qu'il en reste / ne coupe pas tes jambes / et t'arme de courage

6 janvier 2015

mon vers s'énerve
ô cieux ce soir inouï
une rousse sirène s'ennuie
une veuve aime un monsieur sans rêve
sa sève ressource mes veines

FoSoBo 6 janvier 2015