classes et blanchité

 

Recherche

Table des matières

Index  

Ancien site LIVREDEL  Sommaire

classes et blanchité 

ouvert le 25 décembre 2014 comme proposition de lecture sous l'angle de la couleur blanche, non comme contradiction essentiellement discriminante

en relation 'la question indigène' et la 'communisation' (ex une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?) et la 'race' pour l'esclavage, construction historico-sociale par et pour le capitalisme

Où la raison s’endort en croyant s’éveiller
Aux Lumières que leurs ombres font vaciller
Continent entartré dans sa blancheur de plomb
Salivant seul à seul d’un ridicule aplomb
Sans dénouer son goût désuet d’unité
De part en part gonflé par tant de vanités
Cause qui cause en se mettant le doigt dans l’œil

extrait de la peau traverse les langages, poème de Livredel, octobre 2003

« La blanchité est bien sûr une catégorie fictive, et comme d’autres catégories d’analyse référant à des identités ethnico-raciales, elle n’a aucun fondement biologique. Cependant, elle est un fait social, qui comporte des conséquences réelles en termes de distribution de richesses, de pouvoir et de prestige. L’originalité de ce concept repose sur le changement de perspective qu’elle propose, c’est-à-dire qu’aussi longtemps que les « Blancs » ne seront pas nommés et perçus comme un groupe « racial » (au même titre que tous les autres groupes), alors le « Blanc » sera la norme, le standard, l’universel : « Other people are raced, we (white people) are just people », et les autres groupes, d’éternelles minorités renvoyant au particulier, au spécifique » 'l'universel lave-t-il plus blanc ? "Races", racisme et système de privilèges'  Horia Kebabza

j'ouvre cette rubrique pour inscrire dans mes considérations sur les rapports classes-races-genre la question de la "race blanche". Le concept de blanchité a été introduit depuis peu en France, reprenant celui de Whiteness forgé aux Etats-Unis

les rubriques précédentes, et notamment celles de abolir le racialisme, ont référencé nombre de textes et livres relevant de cette approche critique, toutefois, je ne disposais pas alors de ce concept critique, et je procédais souvent à partir de mes intuitions alimentées de mes découvertes dans la littérature anglo-saxonne, et ma connaissance de la parole noire forgée par dans mon intérêt pour le jazz et son histoire. Avec le temps, j'importerai ici ces références. Pour l'heure, j'en signalerai de préférence de nouveaux, si possible en français

l'intérêt est de renverser la critique du racisme dans le capitalisme à partir de considérations non plus de ou sur les "racisé.e.s" ou "racialisé.e.s", dont la plupart, dans une démarche universaliste abstraite, pose certes la race comme construction historique et sociale liée à la génèse du capitalisme, mais par la-même se garde d'interroger la race des "dominants", et l'antiracisme des dominants, puisque le capitalisme s'est construit et perdure chez nous dans l'idéologie blanche occidentale

dans une certaine mesure, c'est aussi pour moi une façon de parler depuis ce que je suis - un homme blanc de classe moyenne - tout en interrogeant ma posture abolitionniste, n'étant pas victime directement du racisme, de la domination masculine, et pour l'heure protégé du pire en terme d'appartenance de classe

les textes sont donnés comme d'habitude sans considération de leurs possibles lectures idéologiques (y compris par leurs auteur.e.s), la question étant ici posée du point de vue du combat révolutionnaire, communiste, et non dans une simple perspective démocratique d'égalité sous le capital. De ce point de vue, la critique du racisme s'entend ici comme celle du racisme systémique qui est inséparable du capitalisme comme histoire, structure et contradiction en mouvement, et naturellement contre l'antiracisme de l'universalisme abstrait

c'est aussi à partir de là que l'on peut critiquer les limites de la catégorie de "Blancs" telle que parfois utilisée par les Indigènes de la République en dehors des rapports de classes, et partant les limites des luttes sur cette base, pour autant qu'elles existent dans une dynamique a-classiste

remarque 1 blanchité / blanchitude« Si certain-e-s chercheur-e-s emploient le mot blanchitude pour traduire le mot whiteness, nous préférons celui de blanchité. Comme le fait remarquer Judith Ezekiel, blanchitude est calqué sur le mot négritude, mouvement littéraire et artistique qui cherchait à valoriser les aspects positifs de la culture ou de l'identité noire. C'est sur ce modèle, nous rappelle J. Ezekiel, que Marie Jo Dhavernas (1978) a utilisé le mot féminitude pour désigner ce féminisme qui valorisait une soi-disant "nature" féminine (qu'on a plus tard appelé différentialisme ou essentialisme). La blanchitude, dans cette logique, ne pourrait être qu'une affirmation de ce qui serait positif dans une culture « blanche », ce qui est parfaitement contradictoire avec le concept développé ici.» 'l'universel lave-t-il plus blanc ? "Races", racisme et système de privilèges'  Horia Kebabza

remarque 2 blanchité / négrité / yellowness... : n'importe quel groupe minoritaire pouvant être ici ou là victime de racisme social en raison de sa couleur de peau (par exemple les Noirs en Chine, les esclaves en Mauritanie...), on peut objecter abstraitement que la question de la blanchité est relative et conjoncturelle; le capitalisme n'étant pas structurellement affaire de couleur, qu'il faut envisager d'autres possibles, y compris dans l'éventualité où la domination blanche cèderait la place à une autre au niveau mondial. Pour l'heure nous n'en sommes pas là, et pour ce qui me concerne, je m'intéresse à ce qui se passe 'chez nous' parce que la question se pose ici à portée de vue dans l'espace et le temps, que le racisme systémique est historiquement celui de la domination capitaliste blanche, et de privilèges blancs facteurs d'une segmentation du prolétariat

Introduction

entre classe et blanchité PDF

classes et blanchité

un texte décapant, en guise d'introduction

il s'agit d'un texte simple et pour moi excellent, écrit à la première personne par un homme d'une trentaine d'années, en 2010, et sous-titré Esquisse d'une réflexion sur une position sociale de Blanc de couche moyenne. La réflexion est tout aussi intéressante concernant la question du racisme inconscient que l'attitude des couches moyennes face à des choix 'politiques', et au-delà le comportement auto-satisfait des militants pour des causes bien souvent externes à leur propre situation, sociale, raciale ou sexuée

Origines populaires et immigrées (européenne) Vivre dans un environnement de personnes majoritairement blanches / Un « décor » culturel et symbolique blanc / Enfance en milieu blanc et petit bourgeois / Le cul entre deux classes / Pendant longtemps je n’avais « pas de couleur » / Inconscience et conscience du racisme de notre blanchité / École, entre "classe" et blanchité / Exemples de contribution à l'oppression de classe et l'oppression raciste / La "blanchité occidentale" comme passeport racial et relationnel : les "voyages" / Les relations humaines et notre costume de blanc / Une identité de Blanc-he de couche moyenne: l'économie politique et identitaire du racisme / Difficultés de positionnement anti-raciste dans l'ordinaire des relations humaines : conflit, lâcheté et complicité blanche

Conclusion

          J'espère avoir pu montrer comment d'un impensé "racial", j'en suis venu petit à petit à comprendre l'existence d'un racisme systémique et de ma position social de Blanc avec ses privilèges associés. Autre chose fût alors la découverte des résistances des Blanc-hes, mes résistances de Blanc, à me regarder comme Blanc occupant une position sociale privilégiée contribuant directement ou non au racisme. Je ne crois pas avoir réussi à expliquer clairement ce que je pense moi même, et ce que je comprends du racisme et de la blanchité dans leur complexité. J'ai néanmoins essayé de poser quelques éléments de réflexions même si ils sont biaisés, incomplets ou faux.

         En tout cas, j'espère que les Blanch-es qui subissent et/ou participent au capitalisme et au racisme (en tant que rapport social), et qui souhaitent les remettre en cause, nous réussirons à faire avancer une réflexion encore trop rare en France, pour pouvoir au plus vite renverser le capitalisme et le racisme fusse au prix de la perte de nos avantages qui font que ces systèmes économiques, sociaux, culturelles, symboliques, identitaires, nous tiennent.

Je crois de plus en plus que cette Blanchité, comme instrument et incarnation du rapport social raciste en nous, ne pourra être combattue sans l'établissement d'un rapport de force autonome (hors de nous) des non-Blanch-es "contre" nous même, ou plus exactement contre notre participation directe et indirecte au racisme et contre notre Blanchité. Nous devrons accepter que ce rapport de force soit plus ou moins exigent voire "violent" en fonction de nos résistances et mauvaise foi de Blanch-es à lutter contre le/notre racisme et nos privilèges Blancs.

Pas plus qu'il n'y a "d'auto régulation du marché" ou de "loi de la main invisible" en économie capitaliste qui assureraient un soit-disant équilibre des dérives du capitalisme, nous n'avons de capacité spontanée en tant que groupe social dominant et avantagé par le racisme, à nous transformer par nous-même, spontanément et sympathiquement, sans un rapport de force et un rapport de sens, qui nous "aide" et surtout nous contraint à abandonner notre position social de Blanch-e. La question est de savoir si, de notre côté, nous allons faire notre part du travail et de la lutte pour contribuer concrètement et activement à cette lutte contre le racisme et notre Blanchité.

intéressant en ce que cette posture d'interrogation (nécessairement individuelle au départ) est à la 'race' ce qu'est celle d'un homme se disant féministe, qu'elle nécessité une auto-analyse afin d'adopter pour aller plus loin ce qu'il est convenu d'appeler une posture de déconstruction (« Il est grand temps de redéfinir les termes de l'antiracisme, en commençant par déconstruire le privilège blanc. En voyant et en nommant, la blanchité.» Amandine Gay à propos d'Exhibit B)

classes et blanchité

de la nécessité d'une expression personnelle sans faux-semblants

intéressant aussi en ce que bien souvent, les "marxistes" ou plus généralement ceux qui mettent en cause, en termes d'approche sociologique ou théorique, les dominations sociales ou l'exploitation de classe font l'économie de dire d'où ils parlent, en terme d'origines ou d'appartenance sociale. La discrétion à cet égard atteint parfois au tabou ou au déni, et ce silence est en soi révélateur d'un problème. Est-ce un hasard que l'immense majorité des critiques radicales du capitalisme soient produites par des hommes blancs de couches sociales moyennes ou supérieures, et le plus grave n'est-il pas qu'elles ne s'interrogent jamais sur le rapport entre leur sociologie, leur vie, et leurs idées ? Drôle de matérialisme...

j'ai déjà relevé ici ou là que ce lieu d'où l'on parle ne saurait être neutre. Tout le monde sait bien que c'est un refoulé majeur de la critique sociale, non que le fait de n'être ni prolétaire, ni femme, ni noir... rendrait inapte à la critique radicale (sans quoi je m'abstiendrais en trois dimensions), ou que l'appartenance aux catégories exploitées/dominées le rendrait d'emblée plus pertinente, mais parce qu'on part toujours de sa propre expérience, même quand on s'efforce à la distanciation

* si Roland Simon, de Théorie communiste, a raison de dire qu'on ne peut pas partir en théorie de sa situation individuelle pour parler du particulier ou du général, une formulation impersonnelle masquant d'où elle parle ne saurait le faire automatiquement, sauf précisément à déconstruire chemin faisant ses propres points aveugles. C'est à ce titre que j'ai pu parler de TC comme d'une théorie blanche occidentale en partant du constat qu'elle minimisait en le justifiant les rapports sociaux de races

l'articulation entre approche individuelle et approche de classe est évidente (sur le plan thérique) du simple fait qu'il est difficile de théoriser celle-ci sans avoir interroger celle-là, c'est-à-dire en quelque sorte être passé de l'autre côté du miroir de la blanchité, processus par lequel les sujets d'une éventuelle révolution sont amenés à passer dans la déconstruction (la désubjectivation) de leurs identités de classes, de genre et de race (voir abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus)

10 avril 2015

allez la taupe, creusons plutôt

"The American blindspot" : Reconstruction according to Eric Foner and W.E.B. Du Bois - Noel Ignatiev Libcom.org 10 avril

(il s'agit en fait d'un texte-interview de 1993)

les micro-événements du milieu communisateur européen en déshérence ne doivent pas nous faire oublier l'essentiel, comprendre pour lutter. Il faut continuer ce travail

les noms de cet article son désormais familiers à ma lectrice

WEB Dubois est un des plus grands intellectuels américains du XXe siècle, marxiste et noir, leader du mouvement Black Renaissance, ami de Duke Ellington et Orson Welles, inspirateur de Césaire et de la Négritude... « Du Bois continuait de considérer que le capitalisme était le principal responsable de l'assujettissement des peuples de couleur dans le monde et par conséquent, même s'il reconnaissait les fautes de l'Union soviétique, il continuait de penser que le communisme était une solution possible aux problèmes raciaux »

Noel Ignatiev est un des premiers théoriciens et militants marxistes à attirer l'attention, dès les années 60, sur la question de la 'race', mais il l'inverse en 'la question blanche' plutôt qu'il ne la conserve sous 'la question noire' ou ce que j'appelle, faute de mieux, 'la question indigène'. Allez dire qu'il y aurait en France une 'question blanche', ma lectrice voit d'ici la tronche des « camarades ». J'ai répertorié les livres d'Ignatiev quelque part, sans doute dans la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' ou dans cette page plus bas

Eric Forner est un historien réputé, mais je ne le connais pas

classes et blanchité

The American blindpost, nous pouvons sans grand risque théorique en voir l'équivalent dans les points aveugles français, jusque chez les radicaux 'révolutionnaires', l'équivalent de ce que Lauren Goldner nomme « le marxisme aveugle » (Etats-Unis. Race et classe avant et après Ferguson Echanges n°149)

fatigué, je me contente de signaler l'article, je ne l'ai pas encore lu. Encore un qui ne sera pas traduit... sauf si...

3 avril

résistance des esclaves et contre-révolution à l'origine des États-Unis d'Amérique

The Counter-Revolution of 1776: Slave Resistance & the Origins of the United States of America Gerald Horne

classes et blanchité

Introduction

Slavery, Slave Resistance and the Origins of the American Republic
Revolution in Reverse ? by Kathy Deacon Counterpunch December 31, 2014

rajoutons, sans aucune hésitation, une petite couche historique à cet impensé : le Blanc est incolore, la race c'est les Autres, certainement un des points les plus durs à avaler pour un Blanc occidental quand il est question de races, de racisme, d'antiracisme... que ce soit au nom de l'humanisme abstrait des Valeurs universelles de l'Occident capitaliste, de l'universalisme prolétarien abstrait de la théorie blanc-française de la communisation, de l'humanisme "révolutionnaire" de Temps Critiques, ou pire chez le triste clown Yves Coleman pour qui Parti des Indigènes = Front National

c'est tellement simple, puisque « les races n'existent pas »... Hollande n'a-t-il pas fait enlever le mot 'race' de la Constitution française ?

The Counter-Revolution of 1776 and the Construction of Whiteness
La contre-révolution de 1776 et l'invention de la blanchité Vidéos en 6 épisodes avec l'auteur

 

26 décembre 2014

1880-1910 un processus de racialisation de l’identité de la classe ouvrière française et de construction de la France comme un ensemble « blanc »

Xénophobie et « blanchité » en France dans les années 1880-1910 Laurent Dornel in De quelle couleur sont les Blancs ?

[...] un processus de racialisation de l’identité de la classe ouvrière française et de construction de la France comme un ensemble « blanc » ; les élites et les instances étatiques ont joué un rôle majeur dans l’institutionnalisation de catégories raciales et dans la racialisation des rapports sociaux. Ce processus a été fondateur, d’une part en ce qu’il portait en germe la racialisation, cette fois systématique, qui accompagna l’immigration massive des Trente Glorieuses ; d’autre part, parce qu’il fixait durablement en métropole la racialisation des identités coloniales tout en euphémisant la couleur ou la race. La décolonisation a évidemment rendu impossible le maintien du vocabulaire colonial ; mais « indigène » ou « colonial » n’ont-ils pas été remplacés par « maghrébin », « subsaharien » et même, tout simplement, « immigré » ? Dans le même temps, la construction d’un espace politique européen, en faisant émerger une citoyenneté européenne, a confirmé, dans la pratique comme dans les discours, la partition entre, d’un côté, une immigration européenne, « blanche », libre d’aller et venir à sa guise, et, de l’autre, identifiée à l’immigration postcoloniale et de moins en moins « désirable », une immigration officiellement « extra-européenne », appellation qui maintient l’euphémisation ancienne de la couleur et le non-dit de la « blanchité ».

25 décembre 2014

blanchité : quelques ouvrages, auteurs, textes et références

classes et blanchité

sommaire

I Qu’est-ce qu’être blanc ?
1. Réflexions sur le privilège blanc Pierre Tevanian
2. Il n’y a pas de « question blanche »… Gérard Noiriel
3. « Nous ne voulons plus être les tirailleurs sénégalais d’aucune cause ! » Sadri Khiari
4. Pourquoi s’interroger sur les Blancs ? De l’utilité des whiteness studies Sylvie Laurent
5. « Quand je suis devenu blanc… » Magyd Cherfi

II L’héritage colonial
6. La fabrication des Blancs dans les colonies françaises Frédéric Régent
7. La « ligne de couleur ». Esclavage et racisme colonial et postcolonial Françoise Vergès
8. Blanc, couleur de l’empire Alain Ruscio
9. « Le Blanc n’a pas d’amis. » L’Autre européen dans les littératures africaines orales et écrites Mineke Schipper
10. La couleur indiscernable des « Petits-Blancs » de l’île de La Réunion François Hoarau
11. Les « métis franco-indigènes » dans le second Empire colonial Yerri Urban
12. La construction du « Blanc » dans l’iconographie coloniale Pascal Blanchard et Gilles Boëtsch

III Imaginaires
13. Peau blanche, masques blancs. Frantz Fanon et la blancheur Matthieu Renault
14. La blancheur dans la littérature française Clarissa Behar
15. La mise en scène de la blancheur dans le cinéma français Andrew Asibong
16. De la pâleur au bronzage. Les idéaux de la beauté féminine en France Peter Frost
17. L’écran blanc. Les publics et la question de la diversité Maxime Cervulle
18. Les figures de la « Roumia » Naïma Yahi
19. Y a-t-il une « question blanche » dans le rap français ? Karim Hammou

IV Le « blanc », une couleur politique. La République, les « petits Blancs » et le « racisme anti-Blancs »
20. Une constitution « blanche » peut-elle prétendre à l’universel ? Débat entre Dominique Schnapper et Maboula Soumahoro
21. La « race blanche ». Retour sur les tentatives trompeuses de classification et de hiérarchisation de l’espèce humaine Anna Degioanni et Géraud Gourjon
22. Xénophobie et « blanchité » en France dans les années 1880-1910 Laurent Dornel
23. La construction de l’identité nationale et raciale en France, aux XIXe et XXe siècles Carole Reynaud-Paligot
24. Plus blanc que blanc : réflexion sur le monochrome populiste en Europe Ariane Chebel d’Appollonia
25. La rhétorique de la blancheur dans les pays nordiques Cyril Coulet
26. Racisme(s) ? Retour sur la polémique du « racisme anti-Blancs » en France Damien Charrieras
27. Les juifs et la « ligne de couleur » Enzo Traverso
28. La « communauté juive » française, la gauche et le « racisme anti-Blancs » Guillaume Weill-Raynal
29. De la couleur des Tsiganes en France Emmanuel Filhol
30. « Poor white trash » et « chav » : « mauvais pauvre » et construction d’un imaginaire social Sylvie Laurent

Homo exoticus. Race, classe et critique queer Maxime Cervulle et Nick Rees-Roberts (interview à Libération octobre 2010)

classes et blanchité

un extrait de "Dans le blanc des yeux", diversité, racisme et médias (de Maxime Cervulle), Contretemps

Dans le blanc des yeux revisite les débats français sur les discriminations au prisme des cultural studies anglophones. Dans cet essai, l'auteur fournit une introduction aux Critical white studies (études critiques de la blanchité), un champ académique qui s'est saisi de l'identité blanche comme construction sociale, matérielle et linguistique dans les dernières décennies. Dans l'extrait suivant, l'auteur décrit l'un des courants des études de blanchité qui s'est principalement nourri du marxisme et de la sociologie historique du travail, le courant néoabolitionniste.

on retrouve, ramassées dans ce texte, les références que j'ai délivrées ici ou là au fur et à mesure de mes découvertes dans la critique 'marxiste' du racisme

Quelle est la couleur du blanc ? Libération décembre 2013

blanchité ? A travers ce terme, il s’agit de renverser le regard habituellement porté sur le racisme, en n’interrogeant pas tant les processus d’altérisation et de minorisation, que leur envers : la construction d’une hégémonie blanche rarement interrogée. Cette perspective a émergé de la sociologie et de la littérature afro-américaines, avant de donner lieu à l’apparition d’un champ d’étude particulièrement développé en Grande-Bretagne et aux États-Unis – le champ des Critical White Studies. Qui a pour objet la construction socio-historique des «identités blanches», et son articulation avec le racisme. Le concept ne renvoie toutefois ni à un type corporel, ni à une origine définie, mais à un «construit» social : aux modalités changeantes par lesquelles, en certaines conjonctures, certains groupes peuvent être assignés ou adhérer à une «identité blanche» socialement gratifiante. L’enjeu est à la fois de penser la persistance de l’identification raciale, aussi bien que la façon dont l’occupation d’une telle position identitaire peut se traduire par des formes de gratifications symboliques ou matérielles.

La blanchité comme mensonge socialement partagé, comme œillères cousues de fil d’or entre les lignes entre les mots octobre 2013

Blanchité, racisme, médias : comment sont représentées les minorités ? vidéo 1h40mn Rencontre avec Rokhaya Diallo, Clarissa Behar, Maxime Cervulle

Masculinité, blanchité, hétéronormativité : ces normes qui nous contraignent vidéo 1h50 Salon du livre d'Arras

Ce lundi 29 avril 2013, quatre chercheurs étaient réunis à Arras, en amont du 1er mai pour nous donner à réfléchir sur ce qui détermine notre vision de nous-mêmes et de l'autre, en matière de genre, de rapport Homme / Femme, de classe sociale, d'ancrages géographiques urbains notamment, origines, et particulièrement sur ce que certains médias véhiculent : propos exprimés ouvertement ou sens tacitement induit par certaines formules toutes faites, et ce quotidiennement, façonnant ainsi des représentations fantasmagoriques dangereuses, créant facticement des groupes sociaux homogènes en les stigmatisant et empêchant ainsi la réflexivité sur nous-mêmes, pourtant sine qua non à l'exercice de la citoyenneté *

* tant pis pour qui cette chute citoyenniste invaliderait d'avance la problématique...

L’actualité des études sur la « blanchité – Whiteness » en France Journée d’étude 23 septembre 2011

Politique de l’image : les Cultural Studies et la question de la représentation, réflexion sur la « blanchité » Maxime Cervulle PDF p. 46 Colloque Bpi 2009 (Minorités visibles et blanchité / L’hypervisibilité de l’invisible blanchité / Racisme systémique et hégémonie blanche)

déjà signalé Pour déracialiser, il faut penser la race (et la classe) Elizabeth Esch et David Roediger, The New Socialist Magazine n° 56 (avril-juin 2006) Revue Période

Plus blanc que blanc. Une étude critique des travaux sur la Whiteness Bastien Bosa 14 janvier 2010 Ce texte présente un historique critique des Whiteness Studies depuis les travaux de Toni Morisson en 1992, Richard Dyer en 1997 (« les Blancs créent les images dominantes du monde sans se rendre compte qu’ils créent ce monde à leur image », et David Roediger, dont le livre de 1991, « The Wages of WhitenessLe salaire de la blanchité »), pose la question de l’identification des membres des classes populaires à la catégorie «blanc» au XIX e siècle». Il en souligne le manque de données empiriques et une tendance à la généralisation...

classes et blanchité traduit en français en 1993 classes et blanchité 1997 Essay on Race and Culture

classes et blanchité1991classes et blanchité 2006 classes et blanchité 1999

.

22 décembre 2014

'l'universel lave-t-il plus blanc ? "Races", racisme et système de privilèges'  Horia Kebabza 2006, Infokiosque décembre 2014

classes et blanchité

- Qui sommes-nous ? Le groupe « Race et Genre »
- Un (anti)-racisme sans race est-il possible ?
- Globalisation et racialisation
- Les « whiteness studies » ou la construction de la blanchité
- L’invisibilité des « privilèges blancs »
- Un outil pour la singularité contre l’universel ?
- Présomptions et préjugés : les deux revers d’une même médaille
- Dire, ou ne pas dire ?
- L’impensé des privilèges et le concept d’intersectionnalité

Texte publié initialement dans la revue Les cahiers du CEDREF n°14, « (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et "race" »

en relation

Briser le tabou du « privilège » pour lutter contre le racisme et le sexisme, Ségolène Roy Médiapart janvier 2014

L’autre versant du racisme : le privilège blanc, Ségolène Roy Médiapart mars 2014

« Invisibles ou parias » Filles et garçons des quartiers de relégation Horia Kebabza 2007 Cairn Info

L’objectif de cet article est d’explorer les modalités de reproduction des rapports sociaux de sexe dans les quartiers populaires. [...]

Mais plus loin, les différents rapports de domination qui traversent les relations entre filles et garçons, les oppressions conjuguées de sexe, mais aussi de classe et de race*, sont autant d’éléments explicatifs de comportements peu « lisibles ». Prendre en compte ces articulations devient un enjeu pour comprendre les impasses actuelles de notre société. Car si nous voulons aider des jeunes à rompre ces logiques, et promouvoir un cercle vertueux de « désassignation » des genres, cela signifie sans aucun doute, rompre avec nos propres normes sexuées, et lutter contre le processus de mise à l’écart, social et racial, qui enferme les habitant(e)s des quartiers populaires dans une altérité – chaque jour davantage – indépassable.

* L’idée de race, socialement construite, demeure un concept opératoire pour comprendre des rapports sociaux racialisés. C’est pourquoi « la notion de race doit être promue au rang de production sociale analysable au même titre que les autres productions sociales » : C. Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir, l’idée de nature, Paris, Côté-Femmes, 1992.

ces thèmes et questions sont en relation avec le concept que j'ai proposé d'identité de lutte

dans critique du capital : des classes du genre et de la race, marxisme et intersectionnalité...