1968 année moderne et au-delà

 

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    5. JAZZ
        5.3. Histoires des jazz
            5.3.11. 1968 année Jazz, Blues, Rn'B, Soul... etc.
1968 année moderne et au-delà 

troisième volet de l'année 1968 en jazz (à compléter avec le temps)

la modernité est affaire de définition toute relative, de relation et de présence aux temps passés, présents... Pour autant que la chose puisse se cerner chronologiquement, on parle de Jazz moderne comme de peinture moderne pour la période allant de la fin de la guerre (incluant le be-bop) jusqu'à la fin des années 50, avant l'arrivée du free-jazz, alors que les musiciens ayant inventés les formes dix ans avant sont encore en pleine maturité : Monk, Gillespie, Kenny Clarke, Max Roach, Charles Mingus, Miles Davis, Gerry Mulligan, Sonny Rollins... Horace Silver, Art Blakey, Stan Getz, Dave Brubeck...

1) je commencerai donc par des enregistrements de musiciens de cette génération et d'ensembles qui en 1968 sonnent, déjà, 'comme avant' : le jazz moderne en sa définition classique

2) je poursuivrai avec des musiciens plus jeunes apparus à la fin des 50' ou au début des 60', repérés par les aînés notamment Miles, Horace Silver ou Art Blakey, leurs groupes étant comme on dit des "pépinières de talents", et qui bien souvent constitueront l'écurie du label Blue Note, qui fête cette année son 60ème anniversaire : nouveaux talents des années 60

3) parmi ceux-ci, bien vite, s'en détachent quelques-uns qui inventeront le jazz des 70' et parfois au-delà (je pense à Wayne Shorter), avec ce qui commence à imposer sa domination sans partage, au point d'exclure de la scène la situation économique aidant les plus anciens, je veux parler de l'électricité et de l'électronique, pour les guitares et les basses, les pianos et autres claviers (Hancock, Corea, Jarreth...), et même les violons, parfois les anches (Phil Woods) et cuivres (Don Ellis) : la jeunesse avant l'au-delà

pour la lisibilité et pour qui s'y intéresse plus particulièrement, je regrouperai quelques saxophonistes, quelques guitaristes, quelques batteurs et aussi de grands orchestres avec la merveilleuse reprise vingt ans plus tard de l'explosif Big Band de Dizzy Gillespie en 1948 - et un regret pour l'effacement alors de plusieurs années de Gil Evans, qui n'aura pu comme souhaité enregistrer avec Hendrix...

quant au choix, il y en a un, la sélection n'est pas exhaustive de ce qu'on peut trouver en ligne, et j'ai quelques trous à boucher (Monk pour n'en citer qu'un)

je ne fais pas de tri selon le genre de musique, étant donné que tout et tous se brasse (bande), de musiques churchy/funky/bluesy à la limite du Rn'B ou de la Soul (James Brown fut un organiste pas très éloigné de Jimmy Smith). Le "free-jazz" fera l'objet de la rubrique 1968 année libre mais là encore, les mêmes musiciens ont pu traverser des catégories qu'ils n'avaient pas créées (Miles lui-même...)

bien persuadé que tout classement est arbitraire dès que l'on veut y faire entrer des réalités mouvantes et surtout vivantes... à vos écoutes !

1) le jazz moderne en sa définition classique les Things to come sont venues avec le be-bop avant d'être balayées par la New Thing (le Free-Jazz), mais ce ne fut qu'un leurre passager. Tout le monde a rejoué et rejoue joue ce "moderne"-là comme si c'était le fin du fin... Ce qui a passionné ennuie, mais en 1968, on en était pas encore là

1 monstre sacré

Charles Mingus - Charles Mingus 1968 film de Thoms Reichman 58:51. Une heure sans commentaires. Pour moi, Dieu n'existe pas, Mingus l'a remplacé

En 1968, Thomas Reichman réalise un excellent documentaire sur le célèbre musicien Charlie Mingus. Le film se présente sous la forme d’un portrait intimiste de l’artiste avec de longs entretiens chez lui entrecoupés d’extraits de concerts. Tout au long du film, le contrebassiste attends, en compagnie de sa petite fille de 5 ans et de la caméra de Reichman que l’on vienne l’expulser de son loft new-yorkais qu’il ne peut plus se permettre de payer, et l’ancien pimp en profite pour rappeler, fusil à la main, sa fascination pour la morale de la rue. On y parle de musique, mais aussi de politique et des questions raciales qui agitaient l’Amérique des 60’s.

Le documentaire se termine sur l’expulsion de son appartement d’un des artistes les plus importants du 20ème siècle, par les forces de l’ordre. Sur le film (en anglais)

3 trompettistes

1968 année moderne et au-delà enregistré au festival de Berlin en 1968

Dizzy Gillespie Big Band in Copenhagen Ray's Idea / Things To Come / Con Alma 

À quelque chose près, le style de Dizzy Gillespie demeure inchangé toute sa vie, comme un Chagall du jazz. Ici le vingtième anniversaire du grand orchester deDizzy en 1948, avec ces remake de partitions si ambitieuses et toujours déroutantes

Miles Davis Quintet +1 in Boston Round Midnight 14:36

1968 année moderne et au-delà Full Album

une des caractéristiques de Miles Davis, c'est que d'un disque à l'autre, d'une formation à l'autre, ça ne sonne plus comme avant, comme un Picasso du jazz. Une autre c'est que les albums studios ne sonnent pas comme les concerts publics, où les choses sont poussées beaucoup plus loin, comme en attestent les disques produits parfois des décennies plus tard, qui remettent en question l'écoute que l'on avait précédemment

1968 année moderne et au-delà

enregistré en mai 1968 sauf pour Paraphernalia avec George Benson en janvier Miles Davis (trompette), Wayne Shorter (saxophone ténor), Herbie Hancock (piano et piano électrique), Ron Carter (contrebasse, basse sur 1), Tony Williams (batterie) George Benson Tous les titres

1968 année moderne et au-delà  Mademoiselle Mabry  avec Wayne Shorter, Chick Corea Dave Holland, Tony Williams

en photo Betty O. Mabry que Miles épouse en septembre 1968. Son influence sera forte sur l'évolution musicale de Davis. Betty Davis en 1975 dans Shut off the Light

le sixième et dernier album de jazz du 2ème quintet, enregistré en juin et septembre 1968, paru en 1969. Miles Davis – trumpet Wayne Shorter – tenor saxophone Herbie Hancock – Fender Rhodes electric piano on tracks 2, 3, 4 & 6 Chick Corea – piano, RMI Electra-piano on tracks 1 & 5 Ron Carter – electric bass on tracks 2, 3, 4 & 6 Dave Holland – double bass on tracks 1 & 5 Tony Williams – drums  Full Album

hors ces albums de studios sortis à l'époque, sont sorti au fil des années des CD pirates ou officiels de concerts, notamment une tournée en Europe en 1969, vue à Lyon, avec Chick Corea, Dave Holland et Jack Dejohnette. J'ai attendu une trentaine d'années pour réécouter la musique que j'avais entendue alors

1968 année moderne et au-delà enregistré en 1968, ne sort qu'en 1980

Lee Morgan (trumpet) Bennie Maupin (tenor saxophone) John Hicks (piano) George Benson (Guitar) Reggie Workman (Bass) Billy Higgins (drums) Taru 
7:07 Un enregistrement précieux aussi pour ces faces de la période très correctement jazz de George Benson

Lee Morgan (tp), Clifford Jordan (ts), John Hicks (p), Reggie Workman (b), Ed Blackwell (ds) Like Someone In Love 15:02 Straight no Chaser 18:26 Lee Morgan, de douze plus jeune que Miles, aurait pu lui faire de l'ombre si son épouse ne l'avait pas descendu à 33 ans, en 1972. En 1968 alors que Miles déjà s'envole pour d'autres ciels, le jeu de Morgan semble ancré dans le hard-bop. Un quintette vigoureux et des nuits chaudes... Les deux batteurs sont ceux du double quartet d'Ornett Coleman / Eric Dolphy dans Free-Jazz en 1960, qui décidra du nom d'un courant comme Impressions, Soleil Levant de Monet pour l'Impressionnisme

un petit 4ème pour l'anecdote vu la courté du Youtube

Nat Adderley Cornet Work Song 1:17 Nat Adderley est le compositeur de ce thème qui sera repris par Claude Nougaro sous le titre 'Armstrong'

4 saxophonistes, 2 ténors et 2 altos 

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Stan Getz ts Stanley Cowell p Miroslav Vitous b Jack DeJohnette dms titre ?
en novembre 1968, Jack Dejohnette est engagé par Getz, l'labum en photo ne sera enregistré qu'en 1969, avant que le batteur d'entre chez Miles Davis. L'ange hongrois Miroslav Vitous sera avec Wayne Shorter et Joe Zawinaul fondateur du groupe de "jazz-rock-fusion" Weather Report, en 1971, dans lequel il sera remplacé en 1976 par Jaco Pastorius

1968 année moderne et au-delà

Sonny Rollins ts Live in Danemark Kenny Drew (p), Niels-Henning Orsted-Pedersen (b), Albert "Tootie" Heath (dr)  On Green Dolphin Street  9:44 Saint-Thomas 10:27

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Art Pepper quintet live at Donte's 1968
Art Pepper :alto sax Joe Romano: tenor sax Franck Strazzeri:piano Chuck Berghofer:bass Nick Ceroli: drums titre ?

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Paul Desmond as with Big Band Argt Don Sebesky - Lady In Cement 3:10 Bossa Nova. Le saxophoniste alto compositeur de Take Five pour le Dave Brubeck Quartet, dissous l'année précédente...

1 gros tube

1968 année moderne et au-delà ce disque est de 1970

Gerry Mulligan and The Dave Brubeck Quartet en Hollande sauf erreur, Mulligan jouant avec Dave Brubeck depuis la fin de son célèbre quartet en 1967 Full Album 56:50

2 trombonistes

Frank Rosolino & Carl Fontana Satin Doll 17:22 solo order: Sweets Edison tp, Pete Christlieb ts, Frank Rosolino tb, Bobby Bryant tp, Carl Fontana tb, and Chuck Berghofer bass photos Deux grands techniciens du trombone dans un contexte néo-classique-bop sur ce vieux saucisson ellingtonien, et les répétitions téléphonées depuis Basie du doux Edison. Satin Doll est le premier standart que j'ai joué entièrement, après le blues.

3 quintettes et un trio

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Horace Silver  Live Jazz Omkring Midnat - Denmark TV Song for my Father 18:22 Horace Silver – Piano Bill Hardman – Trumpet Bennie Maupin – Tenor John Williams – Bass Billy Cobham - Drums

Horace Silver Quintet & Elvin Jones Trio Full59:03

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Art Blakey Jazz Messengers Max Roach Elvin Jones Sunny Murray Full 1 h48mn

Philly Joe Jones Quintet Peter King Alto Sax Harold McNair Tenor Sax, Flute Mike Pyne Piano  Ron Matthewson Bass Philly Joe Jones Drums Londres Oct.1 & 31  Here's That Rainy Day  9:08 Trailways Express

4 guitaristes

1968 année moderne et au-delà le dernier disque enregistré par le guitariste

on dit que les puristes (pour autant qu'il en existe vraiment qui y entendent quelque chose) n'apprécient guère les disques de Wes (ou d'autres, comme Parker ou Getz) avec cordes. Personnellement, je trouve que Don Sebesky est un très bon arrangeur et qu'à cette époque, il ne sortait pas d'un certain esprit... quoiqu'il en soit il met toujours son écriture de façon discrète au service des solistes, et Wes est ici magnifiquement mis en valeur, ce dont il ne manque pas de (nous faire) profiter. On retrouve ses arrangements derrière Kenny Burrell ci-dessous et d'autres sélections

je n'ai pas ce disque mais l'avant-dernier, dont voici des extraits Down Here on the Ground 3:47 I Say a Little Prayer for You 3:17 avec, excusez du peu, Herbie Hancock aux claviers, et Ron Carter à la basse, Grady Tate aux drums et Ray Baretto aux percussions, plus les flûtes de Hubert Laws, le vibraphone de Mike Maineri, etc. le tout enregistré par Rudy Van Gelder. Que demande le peuple ?

Wes Montgomery - My Favorite Things  3:09 Wes Montgomery meurt le 15 juin

1968 année moderne et au-delà détails

Kenny Burrell argt Don Sebesky Wonder why 4:00 See See Rider (pas de Jimmy Smith comme annoncé, photos de Burrell des années 2000...)  3:32 Every Day I Have the Blues 3:41

(j'adore le guitariste Grand Green, mais entre 1967 et 1969, il a des problèmes avec la drogue, la prison...)

1968 année moderne et au-delà

Gabor Szabo Three King Fishers 4:49 Bacchanal 4:58 The look of Love 3:18 encore un merveilleux hongrois qui mis d'ailleurs dans son jazz un peu de son folklore, et qui deiversement apprcié aux USA, si ce n'est par Chico Hamilton, Ron Carter, et quelques autres. Il était pourtant un guitariste original, immédiatement reconnaissable par sa technique et les sons qu'il en tirait. Il est au demeurant un peu décallé dans cette série, du fait même d'une musique relativement inclassable

1968 année moderne et au-delà

Sacha Distel, Jazz Guitarist The Good Life 3:32 qui a connu Sacha Distel comme chanteur de variété comprendra aisément ce qu'étrait pour lui la bonne vie... C'est dommage et dans le genre à tout faire, je préfèrèrais Henri Salvador, bien qu'il n'atteignît pas à ce niveau d'élégance guitaristique

du Groove et pas seulement

Jimmy Smith organ & vocal + Big Band  - Is You Is Or Is You Ain't My Babe  3:28

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Jimmy McGriff & Blue Mitchell The Worm Jazz Funk Organ Full Album 38:27 Organ – Jimmy McGriff  / Alto Saxophone – Danny Turner / Baritone Saxophone – Robert Ashton / Bass [Fender] – Bob Bushnell / Drums – Grady Tate, Mel Lewis / Guitar – Thornel Schwartz / Tenor Saxophone – Fats Theus / Trumpet – Blue Mitchel 

un pianiste heureux

1968 année moderne et au-delà une série de trois LP enregistré en 1968 que je recommande

Oscar Peterson à Vienne avec Sam Jones cb Bobby Durham dr Live at Maltings London   / https://www.youtube.com/watch?v=xcxpBvqV9Ug 2:02 (vérifier)

d'Oscar Peterson il faut se méfier, non qu'il soit canadien, mais d'une technique dont il ne fait pas toujours que de l'esbrouffe... C'est un moderne apaisé qui se coule merveilleusement derrière les solistes à l'ancienne, mais aussi un soliste profond qui déborde les harmonies d'avant sans déranger celle d'après. C'est avant tout un formidable technicien du piano doué d'un sens du swing dont beaucoup pourrait s'inspirer. Une chose à remarquer, il n'a pas bouleversé la formule du trio avec piano, comme le fera Bill Evans (voir pour comprendre ma série le trio piano contrebasse batterie dans le jazz 'moderne'

tout ce que je regrette dans ce cadre c'est aucune trace enregistrée de la tournée en Allemagne avec Coleman Hawkins, décédé l'année suivante

2) un monstre confirmé

1968 année moderne et au-delà Full Album 58:40

Bill Evans avec Eddie Gomez, bass et Jack Dejohnette dms

Here's That Rainy Day  5:24 au piano électrique Never Let Me Go Part 2 Alternative Tak  6:03

avec Bill Evans, on sort de ce qu'on a appelé 'Jazz moderne' au sens du be-bop et ses suites directes (Cool, Hard Bop...) pour intégrer une nouvelle culture harmonique alors que se déconstruisait déjà la précédente dans les années 50 (cf George RUSSELL mais aussi Horace Silver...). Grosso modo, il s'agit de ce qu'on a appelé un peu rapidement "jazz modal", avec une influence déterminante sur les générations suivantes de pianistes, compositeurs, et naturellement tous instrumentistes improvisant avec ces nouvelles conceptions sur des grilles de standarts voire sur de nouvelles structures harmoniques (l'influence de Bill Evans est patente sur Miles Davis à partir de Kind of Blue)

un pianiste français

Martial Solal poursuit ses concerts en trio avec Gilbert 'Bibi' Rovère à la contrebasse et Charles BBellonzi à la batterie, il rencontre en duo le pianiste Hampton Hawes et enregistre un autre disque avec ce trio + sur une face deux sextettes, un à cordes et l'autre d'une instrumentation peu familière dans le jazz : flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, tuba. Sur l'autre face 5 sax et 4 flûtes

1968 année moderne et au-delà 1968 année moderne et au-delà Sample

Electrode avec Michel Magne Poignée De Ciel 4:48

1968 année moderne et au-delà réédition en 2007 sur un CD présentant d'autres compositions de MM

 

des batteurs ça ne compte pas

1968 année moderne et au-delà ce LP est de 1965

Max Roach Drums solo Tivoli Konsertsal, Copenhagen, Denmark, 10-29-68 1) For Big Sid  2) Drums Unlimited 3) Five for One 10:55 Je me suis pooussé à la Fête de l'Huma à la fin des années 80 juste pour voir/écouter Max Roach en solo. Non, c'est pas vrai, pour une fille aussi... Il est pour moi un des seuls à avoir fait de la batterie un instrument soliste qui soit vraiment et pleinement musical. Un régal de précision, de structuration, de polyrythmie et de sens mélodique du rythme

sinon je ne suis pas non plus un fan des "Drums Battles". Dans le genre j'ai vu Blakey avec Tony Williams à Chateauvallon, le  second venu en trio avec Jean-Luc Ponty et Stanley Clarke, un trio qui n'a eu qu'une existence éphémère. Mais avec Blakey et Elvin Jones, même si la construction n'atteint pas les chef d'œuvres de Max Roach, on n'est pas déçu

Elvin Jones and Art Blakey, the 'Newport Jazz Festival's touring group in Rotterdam 5:52

3) la jeune garde

encore des sax, mais pas des anges

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Joe Henderson

Tetragon Joe Henderson (ts); Kenny Barron (p); Ron Carter (b); Louis Hayes (d)
Tetragon 5:40  Waltz for Zweetie 4:29  Invitation 6:19  First Trip 5:15  Th Bead Game 8:15  R.J. 5:38  I've got you under my Skin 4:59  Four ! 1H11mn
Joe Henderson (ts) Wynton Kelly (p) Paul Chambers (b) Jimmy Cobb (d)

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Petro IturraldeHampton Hawes

Pedro Iturralde Quartet Featuring Hampton Hawes Full Album 49 : 22 Pedro Iturralde: reeds Hampton Hawes: piano Eric Peter: bass Peer Wyboris: drums

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Sonny Criss & Horace Tapscott

pianistes en herbe ?

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Andrew Hill - piano Lee Morgan (tracks 1-5), Woody Shaw (tracks 6-10) - trumpet Booker Ervin (tracks 1-5), Frank Mitchell (tracks 6-10) - tenor saxophone Jimmy Ponder - guitar (tracks 6-10) Ron Carter (tracks 1-5), Reggie Workman (tracks 6-10) - bass Idris Muhammad (tracks 6-10), Freddie Waits (tracks 1-5) - drums
Grass Roots 5:49 Photos 
Soul Special 8:51   Venture Inward 4:46   Mira 6:21 sur des images de L'amour fou de Jacques Rivette  Bayou Red  7:46 Love Nocturne 7:35

concernant Herbie Hancock, Keath Jarret et Chick Corea, considérer aussi les disques et concerts enregistrés par Miles Davis en 1968

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Herbie Hancock Album Hear Ô Israël Herbie Hancock – piano Jerome Richardson - flute, tenor and alto sax Jonathan Klein - French horn and baritone Thad Jones - trumpet and flugelhorn Ron Carter – bass Grady Tate – drums Sanctification 9:36  Blessing Over the Candles 0:56 Matovu Bor'chu 6:43  Torah Service Adoration 9:52 Micho Micho 3:32  May the Words of my Mouth  1:28 Kiddush 2:40

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Hancock — piano Thad Jones — fluegelhorn Jerry Dodgion — alto flute Peter Philips — bass trombone Ron Carter — bass Mickey Roker — drums Album Speak like a Child Riot 4:40 Speak like a Child 7:50  The Sorcerer 5:37 Goodbye to Childhood 7:07

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Keith Jarrett (piano/ss) Charles Lloyd (ts/fl) Ron McClure (b) Jack DeJohnette (d) San Francisco june 18  Live 28:12 Keith Jarrett Trio Keith Jarrett (p) Charlie Haden (b) Paul Motian (dr)  from the album Life Between The Exit Signs Margot 3:42   Love n°1 6:13  Lisbon Stomp 6:06  

Keith Jarrett - piano; Charlie Haden - double bass; Paul Motian - drums Live Shelly's Manne-Hole  from Album Somewhere Before  6:50 My back Page 5:32  A beautiful Bob Dylan cover from Jarrett's

1968 année moderne et au-delà tous les morceaux attention remake anachronique

Chick Corea avec Roy Haynes et Miroslav Vitous Tous les titres

guitaristes en diable

Terje Rypdal

un guitariste vraiment innovant et les débuts d'un jazz nordique planant à souhait dont les Guitar' et Trumpet' Heros m'ont toujours laissé froid, comme le souvenir que j'ai du Norvégien à Chateauvallon en 1973 sauf erreur (voir Vincennes ina.fr)

1968 année moderne et au-delà 1968 année moderne et au-delà on 'a pas toujours 20 ans...

son premier disque, avec Jan Garbarek tous les titres

Terje Rypdal — guitar, flute Jan Garbarek — tenor saxophone, flute, clarinet Ekkehard Fintl — oboe, English horn Bobo Stenson — electric piano Arild Andersen — bass, electric bass Jon Christensen — percussion Inger Lise Rypdal — vocals

concernant George Benson et John McLaughlin, voir aussi les disques et concerts enregistrés en 1968 par Miles Davis

John McLaughlin

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Live in NYC 1968  8:00 sans le guitariste, c'est une des rythmiques variables de Miles Davis à l'époque

avec Gunter Hampel vibraphone Time is Now 0:27 court mais intéressant 

avec Peter Kowald John Stevens Donata Höffer Session Group Berlin live 10mn

avec Jimi Hendrix Drivin South jam (studio 1968) 8:58 prometteur mais pas inoubliable et sans suite...

pour le reste attendre 1969 et le premier disque de McLaughlin enregistré à Londres avec John Surman bar &s sax, Brian Odgers bass, Tony Oxley dms, Extrapolation Full Album 40mn, un chef d'œuvre à mon sens et un des meilleurs disques du guitaristes comme de ses compagnons britanniques

et le violon dans tout ça ?

Jean-Luc Ponty

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1968 Club Petit Caméléon Paris

So What ? 14:37 Nostalgia in Time's Square 6:04 Round Midnight 6:54 Summertime 9:35 You've changed 8:43 

Ponty avec Georges Arvanitas p, Jacky Samson b, Charles Saudrais dms Ponty était alors par delà ses coltranismes mon violoniste (français) préféré, alors que je n'ai jamais beaicvoup apprécié Grappely que me faisait supporter Django... et que depuis le départ de Ponty outre-Altlantique, je shunte la, plupart de ses successeurs et surtout Lockword qui m'ennuie Olympia  32:30

sur le même enregistrement suit Dizzy Gillespie impérial dans l'afro-cubain Tin Tin Deo à 9:00 et la suite jusqu'à 20:00 avec un clin d'œil de "l'inventeur" de l'orgue de jazz moderne, avec l'Hammond B3... Jimmy Smith puisqu'il attaque avec un thème de Dizzy, Night In Tunisia, dans une manière plus exigeante que nombre de ses disques, avec Quentin Warren g et ... dms -

4) bigres bandes

le jazz des Big Bands de la Swing Era est sorti peu à peu de la crise d'après-guerre, et l'on a vu gonfler les effectifs de Count Basie comme ceux d'Ellington. Cette sélection "moderne" a commencé avec la réplique du Grand Orchestre de Dizzy en 1948, rejouant les partitions d'alors. Les orchestres qui suivent sont de plein pied dans leur époque

Oliver Nelson

à partir de 1967 le saxophoniste, arrangeur réputé pour Julian Cannonball Adderley, Gene Ammons, Louis Armstrong, Elek Bacsik, Gato Barbieri, Count Basie, Ray Brown, Betty Carter, Chris Connor, King Curtis, Lou Donaldson, Art Farmer, Maynard Ferguson, Jimmy Forrest, Red Garland, Johnny Hartman, Johnny Hodges, Richard "Groove" Holmes, Paul Horn, Milt Jackson, Jackie & Roy, Jay Jay Johnson, Hank Jones, Ramsey Lewis, Gary McFarland, Carmen McRae, Herbie Mann, Thelonious Monk, Wes Montgomery, Lee Morgan, Joe Newman, Esther Phillips, Buddy Rich, Sonny Rollins, Jimmy Rushing, Pee Wee Russell, Shirley Scott, Doc Severinsen, Bud Shank, Jimmy Smith, Billy Taylor, Jack Teagarden, Clark Terry, Cal Tjader, Stanley Turrentine, Frank Wess, Joe Williams, Kai Winding,... dont un des meilleurs disques est Blues and the Abstract Truth (avec Eric Dolphy) est à Los Angeles et travaille pour la télévision, le cinéma...

1968 année moderne et au-delà enr. 1967 sortie 1968

tous les thèmes Oliver Nelson - arranger Joe Newman - conductor, trumpet Burt Collins, Ray Copeland, Ernie Royal, Marvin Stamm - trumpet Jimmy Cleveland, Paul Faulise, Benny Powell, Wayne Andre - trombone Ray Alonge, Jim Buffington - French horn Don Butterfield - tuba Phil Woods - alto sax, clarinet Jerry Dodgion - alto sax, clarinet, flute George Marge - tenor sax, flute, clarinet Zoot Sims - tenor sax Danny Bank - baritone sax, flute, bass clarinet Patti Bown - piano Ron Carter, George Duvivier - bass Ed Shaughnessy - drums Bobby Rosengarden - percussion, vibes 23 musiciens, c'est gros même pour un Big Band, et rien que du beau linge...

1968 année moderne et au-delà

Steve Allen - electric harpsichord, piano Oliver Nelson - arranger, conductor Bobby Bryant - trumpet Tom Scott - tenor saxophone Roger Kellaway - piano Barney Kessel - guitar Larry Bunker, Jimmy Gordon - drums Melissa 4:06 Last Night 2:38 Sound Machine 3:42

Thad Jones & Mel Lewis

1968 année moderne et au-delà tous les morceaux 1968 année moderne et au-delà

deux LP enregistrées cette année-là pour le plus prestigieux des grands orchestres alors en activité, un en studio, The Big Band Sound of Thad Jones/Mel Lewis featuring Miss Ruth Brown, l'autre live au Village Vanguard, Monday Night

à vrai dire, je n'ai pas craqué pour cet orchestre dans ces années-là, ni maintenant. Trop sage et néo-classique à mon goût, sans avoir le charme de Basie dont il tire son esthétique, ou la palette d'Ellington, et venant derrière l'audace de Gillespie en 48 ou les subtilités sonores de Gil Evans, sans parler de Sun Ra, mais c'est une autre histoire...

vidéos live

Thad Jones-Mel Lewis Orchestra (April 22, 1968): Thad Jones , Trumpet; Snooky Young, Richard Williams, Randy Brecker, Danny Moore (Trumpets); Garnett Brown, Benny Powell, Jimmy Knepper, Bob Brookmeyer (Trombones); Jerry Dodgion (alto Saxophone); Jerome Richardson (alto and Soprano saxophones); Seldon Powell, Eddie Daniels (Tenor Saxophone); Pepper Adams (Baritone Saxophone); Roland Hanna (piano); Richard Davis (Bass); Mel lewis (drums).
1. Just Blues  2. St. Louis Blues  3. Kids Are Pretty People 4. Do not Get Sassy 28:46

Just Blues 5:23 où l'on peut apprécier le contrebassiste à tout faire Richard Davis, The Groove Merchant 9:12 pour Roland Hanna au piano

Lalo Schiffrin

1968 année moderne et au-delà extraits

noter dans le personnel musicien la présence de Bud Shank, Bill Perkins et Jack Nimitz aux saxophones, d'Howard Roberts à la guitare, de Ray Brown à la contrebasse, de Max Bennett et Karol Kaye à la basse électrique...

Lalo Schiffrin n'a pas dirigé à ma connaissance un big band régulier mais il est un arrangeur majeur du jazz, collaborateur de Gillespie pendant des années, sans parler de son travail pour le cinéma et la télévision (Mannix, Mission Impossible... cf Greatest Hits), en passant par son œuvre proprement argentine. Un fabuleux concert à Vienne en 1999...

Big Band - The Contender de la série « Mission Impossible »  5:15

Don Ellis

1968 année moderne et au-delà Sample 1968 année moderne et au-delà Sample

Don Ellis tp + électronique Big Band Open beauty Tanglewood  9:13

compagnon de route de Mingus, Dolphy et George Russell, il est un représentant de ce qu'on a appelé le Third Stream du jazz. Deux albums en 1968, Autumn (tous les morceaux) et Shock Treatement

Don Sebesky

Sebesky déjà croisé comme arrangeur pour Wes Mongomery, Kenny Burrell, Paul Desmond...  s'est formé à l'école des Tommy Dorsey, Claude Thornhill, Stan Kenton... (voir l'arrangement de jazz, avec l'oubli ?). Hors de sa carrière pour la comédie musicale, il fut un maître arrangeur pour les crooners comme Sinatra, Tommy Bennett, les crooneuses Barbra Streisand et Liza Minelli, le chanteur multi-instrumentiste Prince...

il a produit des écrins de toute beauté pour Chet Baker, Astrud Gilberto, Freddie Hubbard, George Benson...

en 1968 il n'est pas en retard d'un train musical, ni sémantique

1968 année moderne et au-delà

The Word 4:01 Banana Flower 2:50 Meet a Cheeta 4:03 Morning Star 8:08 avec Hubert Laws à la flûte

dans un autre disque de 1968, The distant Galaxy, on retrouve flûtiste Hubert Laws, et la présence tonique du bassiste Chuck Rainey plus connu pour sa présence derrière les Beatles, Aretha Franklin, Eddie Davis et des dizaines d'autres, dès lors qu'il est question de Funk. J'ai une méthode de basse électrique où il explique sa technique à un doigt en aller-retour, un truc assez singulier, qui explique peut-être le son immédiatement reconnaissable et la subtilité de son soutien rythmique

F.U.N.K. ! parlons-en puisque c'est Chuck Rainey que l'on retrouve à la basse sur le disque éponyme de Madame Davis en compagnie d'Herbie Hancock et Alphonse Mouzon ici

manière de boucler la boucle de cette sélection commencé avec celui qui aura marqué plus que tout autre ce passage du moderne entre passé et futur : Miles Davis...

1968 année moderne et au-delà aux obsèques de Jimi Hendrix

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pas de frontières musicales pour le talent... et l'argent

que l'on écoute ces musiques ou que l'on se penche sur le personnel des orchestres, il saute aux oreilles et aux yeux que les frontières musicales stylistiques telles qu'elles sont vendues en catégories jazz, blues, Rn'B, Funk, Soul... sont allègrement traversées dans ces années de transition, pour ne pas dire de révolution. Quelques dizaines de musiciens sont omniprésents, et ce sont évidemment les meilleurs, pas seulement parce que ce sont des pros qui gagnent leurs vies à tout faire (comme des musiciens de studios excellents mais peu connus du grand public voire des amateurs) : ils sont les meilleurs parce qu'ils sont les inventeurs, les novateurs dont s'entourent d'abord les vedettes en place, avant de suivre leurs propres chemins, pour le meilleur mais aussi pour le pire...

Il est difficile de résister au succès et à l'argent que vous apporte une musique souvent plus facile à entendre, donc plus largement diffusée et vendue à un plus large public. C'est un aspect incontournable de l'effacement du « jazz moderne » dans les années 70 et 80 avec le retrait obligés de ceux qui n'entraient pas dans le rang des sons nouveaux, avant sont retour sous des formes folklorisées, trop privées de ce qui faisait la force des origines, pour des raisons sociales et raciales mêlées y compris la montée d'une classe moyenne noire, les jeunes prolétaires tournant leurs oreilles vers d'autres "musiques"

nous y reviendrons avec la Soul, le Funk et le Rhythm n' Blues, pour compléter le premier volet 1968 année blues Rn'B Soul Funk etc.

 

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je poursuivrai avec 1968 année vocale puis 1968 année libre (le "free-jazz")