des temps, qui passent...

 

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des temps, qui passent... 

ouvert le 15 novembre, tentative non de synthèse, mais de ramasse du tout, théorique, historique, sociologique, poétique...

21 décembre 2014

1968 année Jazz, Blues, Rn'B, Soul... etc.

11 décembre 2014

un rapport immoraliste au réel et au temps

« Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle. » André Gide

des temps, qui passent...

cette phrase magnifique, Gide l'a écrite moins d'une semaine avant sa mort, le 19 février 1951. On la trouve dans Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits, L'imaginaire Gallimard 2001

un bonheur de lecture, d'un écrivain que je connais mal, et dont j'ai par ce dernier livre bourré de lucidité et d'humour beaucoup appris, y retrouvant parfois de ces vérités simples dont j'espère qu'elles m'animent

« Ô ruses, Ô faux-fuyants, Ô compromissions dégradantes ! Pas plus envers soi-même qu'envers autrui, et qu'il vienne de gauche ou de droite, soit catholique, soit communiste, il importe de ne supporter pas le mensonge. Ce que je dis là vous fait-il sourire ? Alors c'est que je ne le dis pas comme il faut. » p. 109

des temps, qui passent... Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent

« Nous sommes les témoins et les acteurs, aujourd'hui [1951], d'une immense farce tragique dont nul ne sait ce qui pourra sortir. Nous avons été soûlés d'horreur et la farce n'est pas près d'être achevée. Devant des milliers d'êtres, le problème s'est posé : mon devoir est-il de dire non, ou oui ? Il se pose encore, avec cette atroce certitude que leur acquiescement ou leur refus n'importera guère. Mais ce qui importe, c'est chacun d'eux, pris isolément. Il importe pour chacun d'eux de pouvoir mourir satisfait de soi et sans s'être renié soi-même. Si le problème se posait également pour moi, soudain, je ne saurais comment le résoudre... et je retournerais « jouer aux boquillons » en attendant d'y voir plus clair. » p. 99

un rapport sans complaisance au réel et au temps

ce qui frappe d'emblée chez Gide, c'est son absence d'auto-complaisance, qui me rappelle celle de Michel Leiris, qui tranchent avec tant d'écrivains au premier rang desquels Aragon, quelle que soit l'admiration que j'ai pour l'écrivain et poète. Celà tient je pense à leur rapport au réel et au temps, dont je pense le mien assez prochemien

cette considération plus personnelle, aussi, qui n'est pas fort éloigné de ce que je ressens parfois, et qu'il m'est arrivé d'écrire (Maboul Isidore 28 Si Maboul s'intéresse encore à l'histoire...)

« Je prends intérêt, je prétends même parfois prendre part à « ce qui arrive »; mais, à vrai dire, il faut bien que je l'avoue : je ne parviens pas réellement à y croire. Je ne sais comment expliquer cel [...] : je ne colle pas, je n'ai jamais pu parfaitement coller avec la réalité. Il n'y a même pas, à proprement parler, dédoublement qui fasse que, en moi, quelqu'un reste spectateur de celui qui agit. Non : c'est celui même qui agit, ou qui souffre, qui ne se prend pas au sérieux. Je crois même que, à l'article de la mort, je me dirai : tiens, il meurt. Alors la misère d'alentour peut venir, de plus en plus près, assiéger ma porte : je suis aussi ému par elle que l'on peut être (et parfois même, parfois plus que s'il s'agissait de moi) et je m'en occupe et préoccupe; mais cela ne prend pas son rang dans les choses réelles. Je crois qu'il faut rattacher cette déficience (car évidemment c'en est une) à ce que je disais plus haut : celle du sentiment du temps. Quoi que ce soit qu'il m'advienne, ou qu'il advienne à autrui, je le mets aussitôt au passé. De quoi fausser gravement le jugement sur les événements appelés à devenir historiques. J'enterre les gens et les choses, et moi-même, avec une facilité déconcertante : je n'en conserve (oh ! malgré moi) que la signification. Et, du train dont va le monde, je me dis et me répète sans cesse que ces ratiocinations pourront bientôt être, avant qu'il soit longtemps, balayées avec tout le reste. » Gide, idem, p. 98

c'est une période étrange, dans laquelle j'agis sans parvenir à être pleinement moi-même, et quand je lis, toujours un peu mais moins que souhaitable, des écrivains, et pas seulement des livres ou des textes "sérieux", je sens bien que ce qui me manque, c'est d'écrire, et plus précisément d'écrire des poèmes. Tant de choses se passent qui se prêteraient à ce que j'en fasse poème... L'envie m'en prends mais je n'arrive pas à la saisir comme un besoin impératif, à m'y coller. Alors dans ces moments, je me trouve particulièrement peu courageux, à n'occuper mon temps que du plus facile. Peut-être cela apparaît-il paradoxal vu ma production sur ce site, les photos dernièrement, les chroniques et autres montages d'actualités donnant sens à mes considérations, mais je n'y vois sauf exceptionnellement qu'une fuite devant la difficulté de me coller au plus difficile pour moi, au meilleur que je puisse créer, et peut-être offrir aux autres. Certes, je n'entretiens pas l'illusion que ma poésie leur apparaîtrait aussi nécessaire que le reste, mais c'est justement là que moi, je pêche par complaisance, en voulant donner de moi une image plus socialement correcte, y compris dans la critique radicale

en un mot dit sans complaisance, je ne suis pas sorti de mes tourments intérieurs entre luttes et création (cf Ma non-'vie d'artiste', la peinture, la poésie, la vie, la forme comme contenu...), et c'est évidemment lié au fait que la lutte n'est pas tant pour moi une nécessité vitale qu'un devoir, et s'il n'est moral, éthique

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15 novembre

« L'humanisme réel n'a pas en Allemagne d'ennemi plus dangereux que le spiritualisme ou idéalisme spéculatif, qui, à la place de l'homme individuel réel, met la « Conscience de soi » ou l' « Esprit » et enseigne avec l'Évangéliste : « C'est l'esprit qui vivifie tout, la chair n'est bonne à rien. » Il va de soi que cet esprit désincarné n'a d'esprit qu'en imagination. Ce que nous combattons dans la Critique de Bauer, c'est précisément la reproduction caricaturale de la spéculation. Elle est à nos yeux l'expression la plus achevée du principe germano-chrétien, qui joue sa dernière carte en métamorphosant « la Critique » elle-même en une puissance transcendante » Marx-Engels, La Sainte-Famille, 1844, préface

pas très sainte famille, promenade historicoco-socio-poétique

des temps, qui passent... des temps, qui passent...

retour du parc Montreau dans lequel se situe le Musée de l'Histoire Vivante de Montreuil, et visite (une heure pendant laquelle nous étions les seuls, ma compagne et moi...), d'une double expo sur la guerre de 14-18, Indochinois dans la Grande Guerre, et dessins et gravures du génial Steinlein*. J'ai découvert ce tableau dans un coin sombre, d'où cette photo médiocre au flash, et son contexte, dont je suppose qu'il est peu connu...

* en 1946-47, mon père était employé de l'administration des Travailleurs Indochinois dans le midi en 1946-47, et mon grand-père maternel, gazé dans les tranchées, en mourut prématurément, ce qui rend aujourd'hui ma mère folle sans espoir de retour. Dans les mêmes années, elle était ouvrière du textile à Roanne...

émotion encore, puisque c'est ici que j'ai exposé en 1993, côte à côte avec Fougeron et Ben (sic), mes peintures-tranferts de 'la République dans un miroir'

en attendant des news de la lutte de classes et qu'on me pardonne ces références plus "staliniennes" qu'anars/ultra-gauche, que chacun.e se raconte "notre histoire"...

si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens

des temps, qui passent...

au parc Montreau j'ai pris l'habitude de photos du peuple en vacance, black, rom, blanc, beur... et tous enfants du bon dieu tels que canards sauvages, rats, corbeaux et autres pigeons à l'ombre de nos quartiers

de cette même promenade d'un samedi temps gris...

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