discussions  sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

 

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discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation 

pour réagir aux interventions pour ou contre la communisation, glanées ici ou là - mon blog ne permet pas techniquement les commentaires directs, je suis mauvais pour "modérer" et je n'ai pas le temps, vu que j'assure seul tout le reste, qui est lourd... Rendez-vous ailleurs, peut-être

1975 Rupture dans la théorie de la révolution > 2015 Rupture communiste dans la théorie de la communisation

femmes, races, classe, le combat continue !

« L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même » Flora Tristan, 1844 

« Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier...» Marx dans Le Manifeste 1847 prolétaires et communistes 

la théorie-lutte pour le communisme réunit les questions du 'Comment une classe auto-produit le dépassement communisateur' et du Que faire ? communiste

cette page de discussions ouverte en juin 2014 tourne celle du moment historique de la rupture communiste avec le 'courant communisateur', la suite s'en écrira dans les réflexions pour un manifeste révolutionnaire

12 mai 2015

communisation et décolonialité

un changement essentiel tant théorique que relatif aux luttes actuelles : la rupture 'communiste' se double d'une rupture 'décoloniale' dans la théorie de la communisation

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation décolonialité : histoire, théorie et luttes actuelles  Ramon Grosfoguel, vidéo 2:11'

3 mai

moins qu'un forum, mais mieux qu'un forum : des ressources documentaires sur la communisation ! en plus de discussions toujours possibles...

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation participation libre

à défaut d'être réputé, le forum sur la communisation est renommé : 

COMMUNISATION
de la CRISE à la RÉVOLUTION... IL N'Y A QUE LA LUTTE !
(Marx) => DISCUSSIONS, textes et DOCUMENTATION sur la COMMUNISATION

ce n'est pas seulement la quasi-absence d'interventions qui m'a conduit à ré-orienter la fonction de cet outil. C'est la possibilité découverte chemin faisant d'en faire une base de données documentaires sur la connaissance, retrouvant ainsi le sens de mes Communisation Ressources classées (pages détruites en juil 2011), mais sans leur défaut, ce qu'explique l'introduction et objectifs : pourquoi ce plan, ces catégories ? Ressources documentaires...

je verrai plus tard la possibilité d'un index de recherche par mots clés...

techniquement, il faut être inscrit et connecté pour accéder aux liens hypertextes

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à propos de le CAPITAL contre le vivant, la RÉVOLUTION pour la VIE et de ces discussions 

les rubriques et les dossiers constitués depuis quelques années seront dorénavant poursuivis dans les catégories correspondantes du forum sur la communisation

les discussions fictives n'ont plus lieu de remplacer les nécessaires échanges réels. La possibilité en existant désormais, il ne tient plus à moi de faire en sorte qu'elles existent sur une base claire et ouverte

il n'y a aucune sorte de raison pour que les débats soient centrés sur mes propres positions, et ce forum, au-delà du fait que j'en suis l'« Admin » et le garant de son ouverture d'esprit, doit être l'affaire de tous et toutes qui se sentent concernés, comme on disait en 1968

la communisation doit être faite par tous, non par un

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1er mai

le forum sur la communisation : un étang tranquille ?

la participation est libre (répondre ou créer des sujets) sans inscription ni enregistrement. Modération si abus

on ne se précipite pas pour s'inscrire ou intervenir dans le forum de débats sur la communisation...

à quelque chose malheur est bon, c'est plus facile à modérer, et je n'en suis pas encore au stade de l'auto-modération

autres avantages :

- ce qui est posté là-bas n'a pas à l'être ici

- l'importation de textes "jalons" de la théorie, ou de critiques extérieures et intérieures, comme la création de catégories à problématiques, permettent une compréhension plus rapide et plus synthétique des problématiques de la théorie en général et de mes propositions en particulier

- objectifs et principes de discussions / administration des choses du forum / définitions de la communisation
- ACTUALITÉS : commentaires et critiques
- TEXTES à DISCUTER : les vôtres ou d'autres
- LUTTES ACTUELLES et THÉORIES : stratégie politique ? intervention ? organisation ? subjectivation révolutionnaire : une Manifeste révolutionnaire ?
- CLASSES et CAPITAL : comme 'économie politique', pas de capitalisme sans EXPLOITATION du prolétariat
- ÉTAT, POLICE, ARMÉE... MÉDIAS = DOMINATIONS des populations : fascisme ou communisation ? Critique de la démocratie et de la politique
- FEMMES et CLASSES : pas de révolution sans ABOLIR la DOMINATION MASCULINE => auto-organisation des femmes...
- CLASSES et IDENTITÉS ('races', ethnies, religions, nations...) : comment dépasser les divisions ?
- INDIVIDUS face au Capital, à l'État, dans l'idéologie = ALIÉNATION => une individualité communiste ?
- l'HUMAIN' et la 'NATURE' : ÉCOLOGIE COMMUNISTE ? destruction de la vie ou communauté du vivant ?
- DIVERS, LIENS et SUGGESTIONS
 

il serait dommage que d'autres n'en tirent aucun profit : tendance à la baisse ?

29 avril

un forum sur la communisation ? sans blague ! ou avec...

c'était une tentation, c'est une tentative, avec un peu d'auto-organisation, pas trop toto-interventions, et de la théorie pas à côté des luttes 

l'objectif est de permettre des discussions interactives sur les thèmes et problèmes de la communisation, avec un maximum d'ouverture et un minimum de 'censure', de prises de têtes et de becs. Merci de votre accueil et de vos idées

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les mots pour le faire

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer.» Karl Marx 11ème des Thèses sur Feuerbach

« Ses filles l'appelaient non pas "Père", mais "Maure", un surnom qu'on lui avait donné à cause de son teint foncé, de sa barbe et de ses cheveux d'un noir d'ébène » Paul Lafargue, Souvenirs personnels sur Karl Marx, 1890

Tu n'en reviendras pas… Aragon / Léo Ferré Le roman inachevé, 1956

pour le rythme, la diction la chanson, comme Léo Ferré

pour ceux qui la onzième taisent

à Karl Marx, dit Maure

Tu n'en reviendras pas toi qui disais les mots
n'ont été jusqu'ici qu'un récit sans refaire
le monde

Nous qu'avons-nous appris, nous qu'avons-nous compris
d'un sort qui s'est jeté en travers de la route
comme un chien sous les roues de l'histoire en déroute
immonde ?

Voilà l'horreur qui vient à grands pas de raisons
qui marche sur nos rêves
et nous d'aller hagards comme prendre à la gare

le premier train pour nous rendre ensemble en prison
qui emmène plus vite à la fosse où l'on crève
avec une assurance sur la mort plus sûre
qu'un contrat de travail à durée terminée

Terminus tout le monde descend en enfer
place couchée, mais sans toucher, en classe affaire,
à la blonde, à la brune qu'on pouvait tirer
comme une bière fraîche au temps de nos richesses

sans compter sur nos sous
pour un devenir saoul
sans penser avenir
en avant la jeunesse

vivre avec tout le temps des ennuis pour mourir
l'éternité, la mer, le soleil et les fesses
hâlées de la femme au copain d'avant la guerre

la guerre était finie chez nous depuis longtemps
on la faisait là-bas à la télévision
en soirée avec un pétard mouillant les yeux
à la scène barbare et le cœur indigné
par cet autre inhumain couleur non alignée

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation Marx à Alger, 1882

Tu n'en reviendrais pas toi qui étais barbu
si tu voyais de quoi sont capables les Maures   
depuis qu'on est parti que nos soldats sont morts
pour qu'ils vivent enfin avec des mœurs, un but
civilisés, et des envies communes de
supermarché

Tu n'en revenais pas de la Commune de
Paris, les insurgés te donnaient des envies
de révolution, où l'on perdrait deux vies
plutôt qu'en gagner une à travailler encore
bosser à y laisser la peau les os le corps
entier, l'esprit avait déjà pris du ciel
le parti

Dieu seul savait comment et la bourse aussi elle
était un paradis, quand t'en avais, pardi !
à planter, pas des choux, à manger, des radis
par la racine radicalement dessous
qui creuse l'estomac, comme la vieille taupe,
la terre du cercueil de ton bel idéal

Tu n'en reviendrais pas toi mon cher ami Karl
des foutaises qu'on fit, confite onzième thèse

FoSoBo 29 avril 04:30 2015 23

28 avril

la communisation comme règlement de comptes franco-français entre ancien.ne.s combattant.e.s du verbe

Lola 2012 : critique de la critique de la communisation par André Dréan

« Pas de mannequins dans le parti... Que les bouches s’ouvrent... Semons la pagaille ! » Maurice Thorez, août 1931

un inédit à paraître dans :

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

Lola mettait le doigt où ça fait mal, sauf à André, ex-mao converti en anti-marxiste primaire... Lola comme moi avait refusé de s'engager dans l'aventure Sic... Souvenir, souvenir... Bien le bonjour, Lola !

Lola évoque un texte de Joachim Fleur dans Meeting 2Prolétaires, encore un effort pour être communisateurs ! 9 mai 2005... Bien le bonjour, Joachim !

merci à Claude Guillon pour cette publication

cela étant, ça nous rajeunit pas, le passé sans illusion, c'est bien, le présent d'une nécessité, c'est mieux. Rappel :

« the fact that during Greece’s most turbulent period in decades, a great deal of us communists and anarchists are spending our time informing our international comrades on the names and professions of SYRIZA traitors, as well as correcting French posters, offers a hint on how irrelevant, self-referential and isolated (from the broader society’s debates) we are. The situation is fucking desperate » Quincey dialectical delinquents 18 avril

traduction automatique « alors que le capital provoque ses ravages partout dans le monde, beaucoup d'entre nous, communistes et anarchistes, passent leur temps à régler leurs comptes franco-français d'ancien.ne.s combattant.e.s du verbe. C'est dire combien certain.e.s sont à côté de leurs pompes, autoréférentiels et isolés (par rapport aux luttes contre le capital en général). Quelle fucking merde ! »

internautes causant de communisation, encore un effort pour être complets !

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à propos de Baltimore, mort and more... et la France ?

dndf relaie une série d'article et pose cette question : Baltimore : Le spectre des émeutes des années 1960 ?

Pap Ndiaye y répond indirectement en disant qu'un Président noir n'a pas fait mieux que ses prédécesseurs blancs pour les Noir.e.s d'en-bas, c'est-à-dire à leurs yeux plus mal. La période étant différente, il ne semble pas y avoir d'issue à des revendications d'intégration ou d'égalité raciale, ni même pour moins de violences policières. Si vient une vague d'émeutes, elles seront d'emblée plus marquées que dans les années 60 par un caractère de classe, ce qui ne signifie pas qu'elles trouveront une issue politique et sociale favorable, mais qu'elles participeront d'un moment dans la crise dont on voit les mêmes conséquences un peu partout, dans leurs particularités

2005 : un état d'urgence français face à des émeutes françaises, sans précédent depuis la Guerre d'Algérie

le tour de la France viendra - il est déjà venu puisque 2015, en plus du 10ème anniversaire du PIR, événement politique important mais à la marge, c'est celui des émeutes dans « nos banlieues », et d'un état d'urgence français, sans précédent depuis la Guerre d'Algérie...

c'est en ceci qu'il faut poser 'la question indigène' sur la table de la théorie de la communisation, comme importante pour comprendre les luttes à venir et agir en leur sein

à lire complet dans 'la question indigène' et la 'communisation'

 

identités, luttes et unité : de quoi s'agit-il ? 17:08

« le problème majeur auquel nous sommes confrontés, c’est nous. » Actes d’insubordination contre l’ordre confédéral d’usine. Une position politique. dndf 25 avril

« Il y a de profondes divisions dans les usines et les autres lieux de travail. Il faut sortir de cela si l’on veut démanteler le château de cartes  de la résignation qui produit des organisations en dehors et à l’intérieur des usines et des autres postes de travail à partir des différences. L’unité politique des travailleurs n’est pas, et ne peut être une question d’identité.

Dans cette situation les proclamations ne servent pas beaucoup. Les actes d’insubordination des travailleurs migrants à Bentivglio montre une vérité dérangeante de laquelle nous devons nécessairement partir : le problème majeur auquel nous sommes confrontés, c’est nous. »

« le problème majeur » face au capital, c'est le capital. Ces relans autonomistes situant les problèmes à résoudre au sein de la classe débouchent logiquement sur l'ancienne antienne, le vieux refrain de l'unité prolétarienne, à chanter pour faire la révolution... La théorie de la communisation a balayé cette illusion depuis 40 ans, ou plutôt c'est la restructuration du capital qui l'a fait. Il n'y a pas à y revenir 

l'unité prolétarienne, c'est fini

il est vrai que « les proclamations ne servent pas beaucoup », mais encore moins celle consistant à affirmer « Il faut sortir de cela... », ce qui est fort sympathique mais peu réaliste quant aux causes : si la question des identités se posent, qu'on le veuille ou non, il faudrait d'abord démontrer que ces identités ne sont pas surtout le fait de ceux qui les considèrent comme telles : un migrant se définit-il d'abord comme migrant ? Porter sur ces catégories, en communiste, un regard théorique extérieur supposerait de ne pas les considérer peu ou prou comme le fait l'idéologie dominante

pour dépasser les identités, ne commencer ni par les surinterpréter ni par les nier 

pour ma part, je ne fais pas du dépassement des identités le nouveau Deus ex machina révolutionnaire de la crise à la communisation. C'est un angle d'analyse, de compréhension et d'attaque, qui évite de se prendre les pieds en tirant à boulets rouges sur de supposés "communautarismes" divisant le prolétariat... Je pense que toute catégorie sociale exploitée/dominée de façon particulière doit s'auto-organiser sur cette base, que ce soit les femmes ou les 'indigènes', les 'migrants' ou les paysans sans terre... et que c'est seulement comme ça qu'elle peut exprimer son identité de classe aussi. Quand cela confine à la dénonciation de minorités qui se battent avec le peu de moyens à leur disposition, je m'interroge sur la fonction de ces « amis de la classe prolétarienne », et d'autant plus quand ils sont héritiers de la vieille ultragauche, à promouvoir leurs dogmes dinosaures. Et quand ce syndrome atteint des "communisateurs" c'est un comble

discerner information et critique 

toute la première partie du texte, par ses informations, est passionnante, mais sauf mauvaise compréhension de ma part, la chute politique est à rebours des analyses produites depuis 40 ans par la théorie de la communisation. Bien sûr, il ne faut pas en rajouter aux segmentations et divisions, mais rien ne sert de vouloir les empêcher alors qu'elles sont le produit même de la période actuelle. Il n'y a là rien de différent des objectifs d'unité et convergences de tous les opprimé.e.s/dominé.e.s dont l'alternative citoyenne et le 'démocratisme radical' nous ont rebattus les oreilles depuis vingt ans

quelle position politique ?

oui, c'est « une position politique », il est inévitable d'en prendre certaines, dans les luttes. Mais c'est une position politique qui n'est pas compatible avec les analyses théoriques de la communisation, et ce n'est sûrement pas celle-là dont je ferais la promotion

c'est pourquoi je regrette une fois de plus que dndf balance des textes sans les commenter a minima, comme disait Roland Simon à propos de « Première mesures révolutionnaires » d'Eric Hazan :

« par rapport à ce que l’on trouve en général sur Dndf (pour ne pas parler de « ligne générale »), je trouve bizarre la présentation de telles inepties qui, quand elles ne sont pas expressément ainsi qualifiées, équivaut à leur promotion. La seule question que pose ce texte est celle de son existence, qu’est-ce que ça exprime, qu’est-ce que cela signifie maintenant ? » RS dndf 20 décembre 2013

il ne faut pas s'étonner d'être mal compris ou d'alimenter une norme de la communisation, quand on entretient soi-même la confusion. Comme l'écrit André Dréan, cité plus bas :

« Bref, à tenter de suivre le processus sans fin d’interprétation, de réinterprétation, voire de surinterprétation, censé tenir compte des objections et des multiples desiderata, les lecteurs perdent le sens de l’orientation, croient avancer alors qu’ils font du surplace.»

« nous » qui ?

alors je ne saisis pas vraiment de quel « nous » il est question ici. Le nous du sujet révolutionnaire, la "classe" confrontée à son existence comme contrainte(s) extérieure(s), et le nous de l'activité révolutionnaire confrontée à Que faire ? doivent être à la fois distingués et reliés. C'est tout l'enjeu du texte provocateur Communisation 2015 : théorie-lutte et activités communistes, féministes, anarchistes, écologistes... et de cette réflexion sur la pertinence d'un Manifeste révolutionnaire, dans des limites telles que l'on ne peut aller plus vite que la musique, en l'occurrence la lutte, avec sa « médiation temporelle » (Roland Simon fait de la musique comme Monsieur Jourdain, sans le savoir ;-)

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation la révolte des canuts, 1831

Chanson des cas nous

C'est nous les cas nous
nous sommes tous
nous
 

entre nous, poème 22 septembre 2004

remarque adjacente : la communisation affaire de traduction partielle et partiale ?

la communisation serait ainsi envahie pas des "traducteurs", de Marseille à Paris, en passant par Athènes, Bruxelles, Madrid, Londres, Rome et Berlin... des personnes généreuses et bien intentionnées qui apportent certes un savoir-faire précieux, traduire, que d'autres colportent. Ils se font ainsi caisses de résonance du concept de communisation, tant mieux. Un regret, abondance de textes se croisent sans se parler ni être commentés. Plus grave, en favorisant une tendance sur le marché médiatique de la communisation, ils sont aussi (à leur insu ?), les amplificateurs idéologiques, dans la petite Europe capitaliste, d'un nouveau dogme révolutionnaire, une norme communisatrice. On assiste en effet sur Internet à une inflation du canal historique Sic/TC & Cie, et des fausses critiques au raz des pâquerettes qu'il mérite en partie : Woland dans le gouvernement Syrisa : un paradigme inversé de la posture théoriste de la communisation !?

j'ai lancé un appel public à traduire le texte Communisation 2015 : théorie-lutte et activités communistes, féministes, anarchistes, écologistes... Quelqu'un.e ? On peut discuter d'aménagements pour plus synthétique... Contact : PatlotchATfreePOINTfr. Merci

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idéologie, mensonge et propagande : du paradoxe de Lukas Stella à l'intervention révolutionnaire

Trouble dans le Net Lukas Stella 21 avril 2015

je redonne le lien vers cette critique d'Internet, plutôt bonne, mais je mettrais un bémol à l'analyse comme à sa conclusion :

Le trouble du Net isole dans la confusion. Les réseaux de communication déversent leurs messages à sens unique, le partage n'est qu'illusoire. Plus nous sommes connectés à distance de manière restrictive et impersonnelle, moins nous sommes reliés entre nous, impliqués personnellement. Plus on se représente dans nos prothèses communicantes, moins la communication est présente et partagée dans la vie réelle.

Dirigé par les propositions de la machine, soumis au programme qui grave ses présupposés dans le mental, emporté par ses réflexes conditionnés, le surfeur perd toute pensée autonome, toute possibilité d'imaginer d'autres choix librement consentis. Le Net donne l'illusion d'appartenir au monde, d'être dans le mouv'. L'internaute est d'abord spectateur soumis, possédé par sa consommation contemplative de la toile, et quand il croit s'y afficher, il tombe dans son propre panneau publicitaire qui le dépossède de sa personnalité. L'image de soi prêt à consommer, transférée sur le Net, compose le spectacle de la marchandise mis en ligne. Les machines à diffuser des apparences séparent les personnes dans des représentations publicitaires, et intoxiquent la vie sociale qui parait impossible.

s'il est vrai qu'« emporté par ses réflexes conditionnés, le surfeur perd toute pensée autonome, toute possibilité d'imaginer d'autres choix librement consentis. » et au « Le Net donne l'illusion d'appartenir au monde, d'être dans le mouv' », il est faux d'affirmer que tout internaute serait « spectateur soumis... dépossédé de sa personnalité ». Et Lukas Stella ? C'est un peu le paradoxe du Crétois qui affirme : « Tous les Crétois sont des menteurs. »

Internet, même structuré comme Big Brother, n'est pas d'essence différente aux autres médias

il en va d'Internet comme de tout média, selon ce qu'on consulte et ce qu'on en pense, selon qu'on y est simple consommateur ou que l'on s'y exprime, selon ce qu'on dit ou ne dit pas...

cette critique n'est pas surprenante sous la plume de Lukas Stella, très influencé par les considérations situationnistes sur l'idéologie, le vrai et le faux, « apparences, publicitaire, propagande...», dans la lignée du Marx qui aurait mieux fait de s'abstenir d'écrire, en 1845, qu'il fallait « dévoiler l'essence cachée des choses derrière leur apparence trompeuse ». Sa vision de l'idéologie évoluera avec le temps, mais ceux qui passent à côté de sa critique du capital en sont restés à cette vision première...

le gavage des oies du capital et de ses outsider

il y a plusieurs possibilités d'utiliser Internet, la toile comme les mails. Certains envoient « de la merde dans les tuyaux » sans se préoccuper de la réception. Une bibliothèque dans laquelle on se déplace volontairement n'est pas la réception d'un courrier qu'on n'a pas demandé, envoyé en groupement d'adresses. Je n'ai noté aucune différence dans cette pratique chez des militants plus pressés de faire connaître leur point de vue que de s'enquérir de celui des autres. Il faut croire qu'ils ne fonctionnent pas moins sous l'emprise de l'idéologie que les médias en général, dans l'esprit de la propagande, et l'illusoire conviction qu'il s'agirait, au-delà d'informer, de convaincre...

cela relève d'une conception ancienne de « la lutte idéologique » : « Studieren, Organisieren, Propagandieren » Karl Liebknecht.  Il n'y a là aucune obligation, surtout quand on se réclame d'un objectif révolutionnaire

« Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. » Lao Tseu

avec la nécessité d'une auto-subjectivation pour une auto-émancipation, ces pratiques devraient définitivement être éradiquées de l'activité militante, du moins quand elle se réclame de la communisation. C'est encore un de ces symptômes que quelque chose ne tourne pas rond autour de son "milieu"

de même, se croire puissant parce que l'on cache une partie de la vérité/réalité relève d'une illusion, car celle-ci trouve toujours son chemin. C'est du temps perdu, comme le montre par exemple la remontée des religions interdites ou combattues pendant la période soviétique. L'imortant, c'est que s'aiguise l'esprit critique de chacun, qui ne le fait jamais mieux qu'en se confrontant avec quoi il est en désaccord, ou mieux avec le discours ennemi

rien que d'élémentaire, mais à quoi bon vouloir atteindre un « niveau théorique » supérieur si l'on ne l'appuie pas sur des banalités de base ?

franchir l'épais*

Internet n'est certes pas la panacée pour l'intervention révolutionnaire, et si elle y devenait efficiente, l'ennemi fermerait les tuyaux. En attendant, on fait avec parce que rien n'indique qu'il faut faire sans. Ceux qui opposent virtualité irréelle des échanges sur internet à réalité concrète et présentielle des vrais échanges dans « la vraie vie » ont peut-être raté une marche pour franchir le pas

* titre d'un poème du 3 décembre 2011 dans Crise en vers

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27 avril 2015

pour en finir avec la critique intellectuelle séparée 21:04

à propos des « intellos », de l'intellectualité, et de la division des combats révolutionnaires

avec Marx, Woland, Jean Dubuffet, Jacques Derrida, Pierre Desproges, Roland Simon, André Dréan, Aristote et les Rita Mitsouko

non je n'ai rien a priori contre les « intellos », intellectuels de métier ou pas. Les « intellos », c'est une catégorie a-critique aussi pratique que « bobos », d'où son succès comme prétendue "insulte" chez ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, de leur dé-négation et de leur con-fusion... intellectuelle

théorie vs pratique : complétude d'un double manque 'militant'

cette question est plus connue sous l'opposition/réunion de la théorie et la pratique. Remarquons qu'elle n'est guère posée que par des théoriciens*, et pour cause, puisque c'est à eux qu'il manque quelque chose, qu'ils ne peuvent alors que nommer "pratique", et de même en miroir, pour les lutteurs conséquents que seraient les "activistes", en manque d'un théorie justifiant leurs activités... Vous avez reconnu le Meeting permanent et l'impermanence fantômatique de Sic, ces lieux de la complétude de leurs manques symétriques

* pour le côté "anciens combattants verbaux à la retraite", voir par exemple Des rapports entre théorie et pratique blog de Temps Critiques échange entre Jacques Wajnsztejn et Dietrich Hoss mars 2015

intellectuel venu d'en-bas jamais monté bien haut

je ne nie pas être un « intellectuel » et ne tire aucune gloire de l'être devenu de manière autodidacte. Ce que je constate, c'est qu'avec mon parcours 'biographique', issu d'une famille populaire dans laquelle mes parents n'avaient que le Certificat d'études primaires, je suis parfois mieux pourvu pour être à l'aise aussi bien en milieu 'populaire' que parmi des intellectuels, y compris de métiers et professions diverses, universitaires ou non, littéraires ou scientifiques, et artistiques, bien que l'art ne soit jamais « intellectuel », puisqu'en essence et naissance, il ne saurait séparer théorie et pratique

intellectualité vs profondeur critique

un intellectuel peut se croire profond en raison de ses connaissances approfondies, sinon pluri-disciplinaires, et de sa faculté à s'exprimer de façon complexe. Il confond trop souvent intellect et profondeur, intelligence et cérébralité, compréhension et sensation/perception, quand ce n'est pas concept et réalité. Il existe dans tout travail intellectuel un risque inhérent, l'idéalisme dont parle Marx en souhaitant que les philosophes, ayant jusque-là interprété le monde, se mettent à le transformer... ne serait-ce que pour le comprendre (11ème et dernière des Thèses sur Feuerbach)

on comprendra, avec le temps, hors parano mégalomaniaque de ma part, que les "intellectuels révolutionnaires" que je vise préfèrent ne pas avoir affaire à des gens comme moi, parce qu'ils ont parfaitement saisi l'enjeu, et la menace y compris théorique qui plane sur leurs théories, comme une épée de Damoclès en vol sur leur nid de cocus d'eux-mêmes, cocufiant leurs adeptes à la ronde. Mais ceux-ci préfèrent visiblement s'accommoder du «bénéfice secondaire» d'être bien vus par leurs maîtres à non-penser par eux-mêmes, ces Grands et Saints Esprits, croyant peut-être s'auréoler de leurs lumières, alors qu'ils ne sont là que dupes stupides d'eux-mêmes, comme disait Lénine.

j'ai connu le même genre, chefs ou intellectuels des partis, et même hauts-fonctionnaires ou ministres 'communistes', qui craignaient plus que tout les prolos cultivés (je ne parle pas de moi, encore que...), une culture dont ils faisaient tout sauf réchauffer/repasser les plats : la position de ces caciques s'effondrait, du moins symboliquement, aux yeux de qui assistait à ces scènes, obscènes : hors spectacle des rances apparences. Les "communisateurs" ne savent pas combien ils ressemblent aux "staliniens", quand ce n'est pas à des énarques, remarque déjà faite sur la "liste Sic", quand j'y participais à ses débuts...

nettoyer le concept de communisation de sa formulation par ces tartuffes, ce ne sera pas de la tarte. Je ne doute pas du plaisir qu'y prendont celles et ceux, des plus sérieusement révolutionnaires, qui ne savent ni comment, ni que faire

supériorité intellectuelle et théorisme

je reproche à certains intellectuels de penser que leur intellectualité les rendrait plus intelligents que de moins cultivés de connaissances, et moins à l'aise dans l'expression qu'elle soit parlée ou écrite. Certains croient qu'ils pensent, mais ne font que compenser leurs impensés, par un remplissage dont ils se grisent et se gargarisent : ils prennent leur raffinement rhétoricien, dialectique ou pas, pour finesse d'esprit

les marxistes, d'une façon générale, ont bien compris que les catégories universitaires ne sont pas faites pour changer le monde, mais au mieux pour le comprendre, au pire le reproduire, le conserver dans son essence capitaliste. Pourtant, tous n'échappent pas à ses séparations catégorielles, et la plupart n'arrivent pas à la cheville de Marx, penseur de la représentation de la totalité (Isabelle Garo) par tous ses bouts et à tous ses niveaux

l'«intello» comme «non-prolo» par excellence

car le théoricien marxiste, universitaire ou pas, ne peut pas échapper à la séparation conditionnant son existence comme telle, dont elle procède, produite par/de la division du travail intellectuel/manuel dont la construction historique et sociale accompagne l'émergence du mode de production capitaliste. Il le peut d'autant moins qu'il est d'origine sociale bourgeoise ou petit-bourgeoise, qu'on appelle aujourd'hui couches moyennes, et peut-être plus difficilement s'il s'agit d'un milieu cultivé. Poil à Dauvé. Leur langage en est l'expression transparente, qu'on sache le lire ou qu'on n'y comprenne rien, c'est pareil en dernière analyse. Car la culture et la connaissance, si elles ne sont pas d'essence bourgeoise, sont toujours subsumées par leur usage idéologique dans le capitalisme : elles n'échappent pas à l'implication réciproque

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation 1968

« Les professeurs sont des écoliers prolongés, des écoliers qui, terminé leur temps de collège, sont sortis de l'école par une porte pour y rentrer par l'autre, comme les militaires qui rengagent. Ce sont des écoliers ceux qui, au lieu d'aspirer à une activité d'adulte, c'est-à-dire créative, se sont cramponnés à la position d'écolier, c'est-à-dire passivement réceptrice en figure d'éponge. L'humeur créatrice est aussi opposée que possible à a position de professeur. Il y a plus de parenté entre la création (dans les plus communs domaines, de commerce, d'artisanat ou de n'importe quel travail manuel ou autre) qu'il n'y en a de la création à l'attitude purement homologatrice du professeur, lequel est par définition celui qui n'est animé d'aucun goût créatif et doit donner sa louange indifféremment à tout ce qui, dans les longs développements du passé, a prévalu. Le professeur est le répertorieur, l'homologueur et le confirmeur du prévaloir, où et en quel temps que ce prévaloir ait eu lieu.»

notons que l'on peut fort bien être un intellectuel de métier, et même un philosophe réputé difficile, et n'en pas moins poser le problème d'une façon proche de l'artiste-peintre qu'était Jean Dubuffet

Jacques Derrida, 1993, Spectres de Marx :

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation extraits dans le théorisme, maladie sénile du communisme

l'intellectuel révolutionnaire a beau faire, retourner le problème avec des mots dans le meilleur langage "révolutionnaire" possible, il ne peut en sortir. Alors il préfère ne pas se poser trop la question, la refouler au besoin, et bavasser à longueur de textes sur les « rapports entre théorie et pratique », quitte à bricoler pour tenter de dépasser la question avec des mots encore, alors que ces rapports n'intéressent que lui, justement parce qu'ils concernent d'abord son être social tel quel, posture qu'il interroge d'autant moins qu'il s'exprime de façon impersonnelle. Parce que, comme l'écrit Derrida avec Shakespeare, d'où il parle en 'scholar', il ne peut vraiment avoir « affaire au fantôme », ce « spectre qui hante l'Europe, le communisme » (Le Manifeste, 1847)

parente thèse humoristique à propos du «non-sujet» de Woland/Blaumachen/Sic : L’émergence du (non-)sujet 12 mars 2012 

Morituri (Léonidas), médecin, physicien, philosophe, humaniste, sociologue et véliplanchiste vénitien né à Venise (1981-2060), célèbre pour ses travaux sur le travail.

La doctrine philosophique de Léonidas Morituri repose sur le concept fondamental de la double existence de l'homme « être » et « non-être » qui ne peuvent se rejoindre qu'après la mort dans un « non-Au-delà ». Avant la mort, l'« être » ne peut se substituer au « non-être » ni l'« effacer », mais l'« être » conscient peut « essuyer » le « non-être » dans une introspection réfléchie volontaire : « Je pense, donc j'essuie. » » Pierre Desproges, Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis pdf (au Seuil Points 1985, p.108)

venons-en au meilleur, au plus révélateur des points aveugles qui font la théorie ce qu'elle est, et n'est pas :

l'homme blanc occidental et intellectuel sera le dernier à mettre en cause ses trois privilèges (qui sont quatre, comme les Trois mousquetaires), sans compter même l'appartenance de classe :

1) être un homme et pas une femme 2) un Blanc et pas un.e 'Autre' 3) un Occidental et pas un«  loin de chez nous » 4) quelqu'un de cultivé porté à cultiver les autres

alors il se demande, ou pas : comment « articuler » le genre avec la classe ? comment chasser ce nègre que le prolétariat ne saurait être ? comment parler des "autres" sans s'interroger soi ? et in fine : comment « trouver la forme d'exposition »  (dixit Roland Simon, Théorie Communiste) de sa théorie conceptuelle adéquate à l'époque ?

Roland Simon rappelle parfois le problème, soulevé par Marx : Qui éduquera les éducateurs ?* mais n'est jamais allé plus loin que considérer qu'il était lui à même de faire parler les « luttes théoriciennes », se situant ainsi de fait « au-dessus de la société »

* « La doctrine matérialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'éducation, que, par conséquent, des hommes transformés soient des produits d'autres circonstances et d'une éducation modifiée, oublie que ce sont précisément les hommes qui transforment les circonstances et que l'éducateur a lui-même besoin d'être éduqué. C'est pourquoi elle tend inévitablement à diviser la société en deux parties dont l'une est au-dessus de la société. » 3ème des Thèses sur Feuerbach

la supériorité intellectuelle, contre-révolution dans la révolution

dans le processus de communisation, nous avons parcouru l'ensemble des obstacles qui se dresseraient contre la possibilité d'une dynamique de victoire pour balayer le capital de la surface et des entrailles du monde : oppositions et segmentations identitaires diverses, de genre, de 'races', de nationalités, de religions, de « bénéfices secondaires » à préserver ce qu'on possède encore, etc.

mais il est excessivement rare que l'on tienne l'intellectualité se croyant supérieure comme un obstacle des plus importants, dans un processus qui se veut pourtant « auto-émancipation des êtres-humains ». C'est rare, parce que c'est depuis ce privilège de l'intellectualité, qui les définit comme intellectuels d'un haut, supérieur à un bas, que les théoriciens croient pouvoir s'exempter de cet inconvénient, franchir le pas de cet obstacle en le contournant intellectuellement

sans conclure, donnons la parole à André Dréan, malgré les faiblesse de sa critique sur le contenu de la théorie de la communisation, puisque concernant ces aspects, je partage complètement son point de vue

« Mais nous évoluons ici sur le terrain favori des ténors de la communisation. Celui du recyclage au niveau du langage qui permet que rien d’essentiel ne soit remis en cause. Grâce à des artifices déjà employés par les gestionnaires de la parole officielle ou créés pour l’occasion. Grâce à la prolifération de termes dont le sens est difficile à cerner et qui peuvent recouvrir n’importe quoi, ou presque. Et satisfaire à bon compte les dernières générations de communisateurs, en général issues, en France, des oppositions lycéennes et étudiantes, à la recherche de quelque kit dans le magasin du prêt à penser. Je dis cela sans mépris. Bref, à tenter de suivre le processus sans fin d’interprétation, de réinterprétation, voire de surinterprétation, censé tenir compte des objections et des multiples desiderata, les lecteurs perdent le sens de l’orientation, croient avancer alors qu’ils font du surplace. L’innovation langagière au pouvoir, en quelque sorte, sur le mode de l’inflation qui sert en réalité à neutraliser les critiques et à faire rentrer dans le cadre préétabli des questions jusqu’alors négligées, telles que celle des genres. C’est l’une des grandes impostures des maîtres à penser de l’Université hexagonale depuis longtemps, partagée par le dénommé Althusser, qui imprègne en profondeur les penseurs de la communisation et qui impressionne les naïfs, dans l’Hexagone et ailleurs. Elle donne en quelque sorte de l’élasticité à leur doxa qui ne peut pas demeurer aussi rigide qu’autrefois sous peine de casser.» LES VOIES DE LA COMMUNISATION NE SONT PAS IMPÉNÉTRABLES, par André Dréan Grèce : de la lutte des classes à la lutte pour les places

toujours du bas contre les hauts, penser et faire sont inséparables dans les luttes d'émancipation

comme on le perçoit mieux, exprimé non plus en terme de couple théorie/pratique, mais de division du combat révolutionnaire en miroir de la division du travail dans le capital, il ne s'agit pas d'une question de personnes ou de comportement, pas d'une question de simple forme de la « pratique théorique », mais d'un élément essentiel du rapport insécable entre penser et faire dans les luttes d'émancipation

quand ils ne savent pas faire, font semblant de faire quelque chose : alors c'est en théorie qu'ils le font

« quand ils n'ont rien à dire, font semblant de dire quelque chose : alors c'est en poésie qu'ils le disent...» Aristote, Rhétorique III, 5, 1407 a 33-35

et comme chez moi, tout ne se termine pas en chanson comme en France, ni mal comme les histoires d'amour, en général, un poème 'critique' de la "poésie" "intello", à faire jouer comme métaphore de la philo-théorie à prétention révolutionnaire

un rien obscur 

en mémoire de Henri Meschonnic (pour De la langue française, essai sur une clarté obscure 1997)

Circulez rien à voir

Quand là un obscur cire
 le sombre en profondeur

Que sombre dans le blanc
 la parole indicible

Du rien voici le rôle

Un poème-semblant
 passe pour difficile

Son effet pour valeur
 de vous fait l'imbécile

En voici la recette

On fait du poétHique
 puisqu'on est philopouet

L'époque étant au tic
 authentique fait bête

Rien obscurcit ce lien

La poésie de société
 son impensable a secrété

Ce monde de lui même
 ne peut faire un poème 

Le poème au présent

Contre tout je suis si
 tout contre je suis ici

Je ne suis pas ailleurs un poème
 un poème d'ailleurs ça n'existe pas

13 décembre 2011 Crise en vers

 

26/27 avril

poésie pour le dire

ce court 'poème' n'a pas été écrit en référence au milieu de la communisation, mais à celui du PCF et alentours d'extrême-gauche. Mais ce qui est semblable en essence provoque les mêmes ravages, aggravés par l'absence de lien organique avec les masses 'populaires'. La critique du militantisme ne peut faire abstraction de la différence entre 'partis' ou organisation constitués uniquement de militants actifs la plupart intellectuels, et les liens sociaux que produisaient des organisations de masse intégrant des catégories sociales diversifiées, en grande majorité d'en-bas, ouvrières, prolétariennes... Un aspect négligé de la critique de l'intervention et du militantisme comme extériorité aux luttes : quand on est dedans, on ne saurait être "extérieur". Il va falloir y resonger, même si ce n'est pas pour en faire un parti...

halte et hâtive ou l'alternative paranoïaque

Leur silence est urgent quand leur parole endort

Chut !... chut !... chute ?
Paradigue dondaine de l'apolitisthme
Paradigme dont haine de la vérité
Parade normée por no problème
Paradichute pour paranoyés

Alter latence d'haltères hâtifs

RER A, 15 décembre 2004, 7h36 Paroles du RER A

25 avril

un spectre hante l'Europe, la revue Sic

Sic : quelqu'un qui n'a rien à dire mais possède les moyens de vous faire parler ?

A propos d’une trajectoire politique, déclaration de la revue SIC dndf 25 avril

Un des fondements de la théorie de la communisation est une opposition radicale à l’Etat capitaliste dans toutes ses incarnations et aux gouvernements quelle que soit leur famille politique.

Sic n’a donc rien à faire avec des responsables gouvernementaux. Un participant à Sic, inactif dans le projet depuis environ un an, a décidé récemment d’entrer dans un parti qui en 2015 joue la carte du keynésianisme de gauche, et il est devenu un cadre de haut rang dans la nouvelle administration Syriza en Grèce. Nous avons pris la décision de le retirer de la liste e-mail de Sic, mettant fin formellement à son association avec le projet. Mais il va sans dire que, étant donné sa trajectoire politique, son appartenance au projet était devenue de fait impossible. Ceux et celles qui participent à Sic sont des partisans de la communisation ; ils partagent une compréhension de la révolution comme communisation – c’est-à-dire comme dissolution des rapports sociaux capitalistes et de l’Etat.

Poser cette théorie comme impliquant de quelque façon son contraire représente un impressionnant exploit de « délinquance dialectique ». Mais comme chacun sait, tout ce qu’on publie sur internet peut être utilisé comme preuve contre vous, et le sera sûrement.

que dire ? Cette mise à distance est bien le moins, mais j'avoue ne pas savoir, depuis la rupture de 2013, ce qu'est la « revue Sic », qui la compose et quelle est son activité, depuis que l'ont quittée les revues fondatrices Théorie Communiste, Endnotes. Blaumachen n'existe plus, "porté malade" dit-on. La revue suédoise Riff-Raff ne publie plus depuis 2011... Reste des participants à titre individuel (?), dont cette déclaration (déclamation ?) est la seule expression à ma connaissance depuis la parution du numéro 2, que voici :

la revue SIC 2 en français

Woland, « inactif depuis un an », y publie deux textes, Roland Simon deux textes, ceux qui restent, l'éditorial, quoi de plus ? Depuis, les « actifs » (?) n'ont rien publié... C'est ainsi (=Sic)

I would prefer not to... Je préfèrerais ne pas...

concernant la chute, visant semble-t-il dialectical delinquents qui n'a guère fait que permettre une discussion impossible ailleurs sur Internet, et dont j'ai dit les limites comme le risque d'évacuer les problèmes : « Mais comme chacun sait, tout ce qu’on publie sur internet peut être utilisé comme preuve contre vous, et le sera sûrement. », on adore ce ton : est-ce à prendre comme invitation au débat sur les problématiques du communisme et de la révolution ?

en vérité, de la part de ce Sic advenu fantôme en Europe, se focaliser sur cette « trahison » sans un mot d'analyse, non seulement n'a aucun intérêt, mais permet que le terrain soit occupé avec du vent, au lieu des problèmes de la communisation en lien avec le capital et les luttes. Que cesse donc au plus vite ce spectacle ridicule

pour moi, le ver est dans le fruit depuis 40 ans, j'ai dit comment, pourquoi et formulé des propositions pour en sortir par le haut...  Sauf à s'absenter des combats révolutionnaires, qui peut sérieusement faire l'économie de mettre sur sa table ces questions ou d'autres, accords et divergences, convergences et accords ?

pour l'essentiel, le devenir révolutionnaire du concept même de communisation est entre les mains de qui s'en emparera, sans en faire un label de supériorité théorique, en le faisant vivre dans les luttes d'émancipation vers la fin du capitalisme

a specter is haunting Europe, Sic Journal...

SIC: someone who has nothing to say but the ways of making you talk ?

I would prefer not to... (automatic translation, sorry...)

for it seems dialectical delinquents who did little that allow an impossible discussion elsewhere on the Internet, and which I said the limits as the risk of evacuation problems: "But as everyone knows, everything is published on the internet can be used as evidence against you, and surely will." We love this tone... Is this to be taken as invitation to the debate on the problems of communism and revolution?

Indeed, on the part of the Sic effected Ghost in Europe, to focus on this "betrayal" without a word of analysis, not only has no interest, but allows the land occupied with the wind instead of the problems of communisation in connection with capital and struggles. That stopped so soon this ridiculous spectacle

for me, the worm is in the fruit for 40 years, I said how, why and made proposals to get out from the top... Except to be absent from the revolutionary fighting, which can seriously make economy put on his table these questions or others, and divergence, convergence and agreements?

Basically, the revolutionary concept even fate of communisation is in the hands of will to take hold, without making a theoretical superiority label, by living in the struggles for emancipation towards the end of capitalism

 

24 avril .

la communisation peut encore casser des briques 12:40

 « Mehr Licht ! / Plus de Lumière ! » dernières paroles prêtées à Gœthe

contre la sclérose et contre la liquidation, sortir le bébé communisateur des eaux pas nettes d'Internet, et d'ailleurs

« Il n'y a que la lutte » les derniers mots de Marx selon la biographie de Francis Wheen

je ne doute pas que certain.e.s se demandent : « Où va Patlotch ? ». Je souffle alternativement le chaud et le froid, on s'y perd...

assumer la rupture : liquider et ouvrir, un bilan français globalement mitigé

une rupture est une rupture. Elle suppose de liquider un passé pour ouvrir une perspective nouvelle. Si je regarde en arrière, considérant mon compagnonnage critique avec les théories de la communisation existant depuis 40 ans, un court bilan en survol peut se résumer assez simplement, en discernant les différents théoriciens français (en est-il vraiment d'autres dont on puisse dire qu'ils ont produit une théorie de la communisation ?)

- ce qui les rassemble et que je partage, c'est le concept de communisation, révolution sans transition étatiste ou auto-gestionnaire;

- ce qui les rassemble et que je condamne, c'est d'abord l'étroitesse des présupposés dans une lecture unilinéaire du passé, doublement focalisée sur les luttes en Europe/Occident et le marxisme d'ultragauche, leur approche ethnocentriste, et leur seule considération de la contradiction capital/prolétariat*, décalée dans le capital global mondialisé en subsomption réelle, avec la fin de l'identité prolétarienne renvoyant à attendre son unité/abolition à la fin...

* si l'on excepte le bricolage de Théorie Communiste sur le genre

- ce qui les rassemble et que je partage de façon critique, c'est la pertinence d'une critique du capitalisme existant, dont ils n'ont cependant pas le monopole, si l'on veut bien considérer que la leur est partielle, laissant de côté la domination masculine (sauf TC... et Dauvé marginalement); déniant 'la question indigène' (le prolétariat est incolore), débouchant sur un universalisme prolétarien universel et abstrait; l'absence de critique écologique ("on verra ça plus tard..." comme on disait des femmes, aux belles heures du programme ouvrier tirant à boulets rouges sur les féministes);

- ce qui les rassemble et que je condamne, c'est leur rapport contradictoire à la lutte qui, partant du fait incontestable que les luttes défensives ou revendicatives ne peuvent abolir la règle du jeu capitaliste, en déduit une critique rigide du militantisme aboutissant à la négation de l'intervention communiste comme nécessaire aux luttes. Le théoricisme - la théorie séparée surplombante - est l'autre face de la même monnaie, deux faces qui ne peuvent jamais se retrouver sur la même, par l'absence de lien organique avec les luttes d'émancipation tous azimuts;

- ce qui les distingue est pour moi différencié. À grands traits :

- Bruno Astarian/ Hic Salta est le seul à produire une critique de l'économie politique digne d'un héritier de Marx, et à s'intéresser au capital globalisé de ce point de vue en termes concrets (Chine, Bidonvilles...). Ses faiblesses sont ailleurs, du côté des luttes actuelles, et du chemin de la crise à la communisation, même si, concernant ce processus comme passage à d'autres relations, il va plus loin qu'un pur et simple "on verra bien" (exemple « production sans productivité » dans la communisation comme sortie de crise)

- Dauvé&Nesic / TropLoin n'ont à proprement parler pas produit d'éléments théoriques nouveaux depuis bien longtemps, se contentant de remarques au demeurant intéressantes, le tout débouchant sur "il va falloir attendre" et compter les points dans des luttes, qui de toute façon ne peuvent être révolutionnaires, c'est vrai. Fort peu de dialectique du changement là-dedans. À "l'appel du vide" ils répondent par leur propre vide, moins les luttes. « Sans juger » (mon œil !), Dauvé « ne perd pas la tête », il explique (à qui sinon d'autres gauchistes ?), en toutes langues (européennes), ce qu'il ne faut pas faire, et récemment, ce qu'il ne faut pas lire, en ministre de la culture communisatrice radicalement gauchiste, en petit-bourgeois intellectuel cultivé qu'il est resté. On jugera à son livre annoncé (From Crisis to Communisation) ce qu'il propose de nouveau, et l'attention qu'il prête aux autres approches de la communisation, jusque-là superbement ignorées

- Théorie Communiste, nonobstant une théorisation structuraliste qui ne lui permet pas d'intégrer ce qu'il laisse donc dans l'ombre, est le seul à considérer au présent le problème du « comment une classe agissant strictement en tant que classe peut abolir les classes ?", et particulièrement comment les luttes passent de l'intériorité du capital à son abolition, comment elles produisent le dépassement des limites provenant de l'intérieur de ses contradictions, point que je n'ai jamais remis en cause : c'est dire que la critique d' « attentisme » est injuste, et si certains adeptes de TC s'y prêtent, elle n'est selon moi consubstancielle ni au corpus en totalité, ni aux productions récentes de ce groupe, comme certain lui reprochent sur dndf

Théorie Communiste bande encore

ayant réservé mes critiques les plus sévères à Théorie Communiste, c'est considérant qu'il y avait un enjeu, et comme on l'a vu, il porte précisément sur cette question du comment ?, en la reformulant et en la démultipliant sur plusieurs lignes, en d'autres : l'inter-subjectivité et l'auto-subjectivation révolutionnaire (donc du sujet), le dépassement à produire des identités sous lesquelles s'exprime, « jamais pure », la lutte de classe; 'la question indigène' n'en est qu'un aspect, qui ne se pose en terme de 'race' que là où telle race/ethnie est minoritaire - il n'y a pas à proprement parler une question raciale en Inde, par exemple, mais le problème des castes, la question des "subalternes", qui peuvent d'autant moins parler qu'on ne les écoute pas (Gayatri Spivak); la question des voies multilinéaires à la révolution (question de la terre, par exemple, avec Marx aux antipodes), etc.

les plus attentifs auront noté qu'un dialogue, même virtuel, a pu s'établir entre Roland Simon et moi, sur l'ouverture du "comment ? » à des considérations plus concrètes en prise sur les luttes actuelles (notamment après 'Charlie' avec le texte 'le citoyen, l'Autre et l'État'). Les remarques que j'ai faites (ici) à propos de Stuart Hall, Gramsci et Althusser, Jean-Jacques Lecercle et Raymond Williams, le Black Feminism etc., ont pour moi une double fonction :

- poursuivre ma recherche avec mes propres outils méthodologiques, pour explorer les voies de la révolutions

- proposer à Théorie Communiste des éléments susceptibles d'ouvrir et faire vivre son corpus théorique, sans l'abandonner à la critique songeuse des moisissures dans les caves des Vignières

Théorie Communiste a une difficulté intrinsèque à sortir de ses impasses théoriques et méthodologiques. Il faut la comprendre et participer à la dépasser. Pour l'heure TC s'en tire par des faux-semblants, mais ce n'est pas irrémédiable. Surtout, cela ne signifie ni la nullité définitive du tout de ses travaux, ni son impossibilité à produire encore des textes féconds pour tous : un chantier permanent n'est pas un Blockhaus sur le Kampfplatz de la théorie révolutionnaire

je souhaite donc bien du courage à qui croit pouvoir « tirer sur une ambulance », comme je méprise qui ne manque pas une occasion de « hurler avec les loups », en surfant sur la vague d'événements déplorables, mais explicables sans remettre tout en cause. Dans la tourmente, on en voit brûler aujourd'hui ce qu'ils ont adoré hier. Trop facile...

rue des petits rigolos : la non-critique théorique peut aller se faire cuire un œuf rue des Rigolles

qu'on en rigole dans les rues pavées de fantasmes anarchistes ne fera pas sortir de leurs impasses ceux qui, tapant sur le « théoricisme » ou le « déterminisme », pensent s'en sortir sans biscuits théoriques un peu plus consistants : la communisation peut encore casser des briques

je partage avec eux la critique de « l'élitisme » et j'y ajoute celle du zèlitisme, mais là encore, en rester à ce degré zéro qui s'apparente à une dénonciation ne mène nulle part, qu'à faire perdurer des clivages stériles, et si j'ose dire avec Lénine, des habitudes contre-révolutionnaires. Il s'agit de dépasser la dichotomie théorie/pratique, et j'ai fait en ce sens des propositions insécablement théoriques&pratiques

le texte Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes et les réflexions pour un manifeste révolutionnaire sont à prendre pour ce qu'ils sont : des appels à la réflexion bien au-delà de qui se reconnaissait jusque-là dans le concept de communisation, auquel il convient de ne pas s'arrêter nominalement, dès lors qu'on en retient la substantifique moëlle

en introduction à ce texte, j'ai pris la précaution d'écrire : « il serait donc non seulement stupide et mesquin mais dangereux de considérer que le troisième courant aurait pour adversaire principal la théorie de la communisation classique ». S'il critique certains présupposés et des apories de cette théorie issues d'un « rupture dans la théorie de la révolution » il y a 40 ans, il la prend comme un acquis sur lequel il n'y a pas à revenir

à fronts renversés

sur des fronts insensés
sous l'affront des mensonges
c'est à fronts renversés
qu'on lutte et que l'on songe

aux coups durs ramassés
à qui jette l'éponge
à qui s'est surpassé
à d'autres qu'un frein ronge     Sonnet 22 avril

en d'autres termes, il s'agit de s'opposer tout à la fois :

- à la sclérose qui ne ferait que répéter les fondements de départ, notamment la critique du programme ouvrier et des partis, comme je le vois ici ou là. Il latto Cativo, par exemple, ressort un texte fondateur : « Les classes » d'Intervention communiste (PIC) en 1973 (Le Classi)

- à la liquidation sans inventaire du concept de communisation, dont on sent bien que l'affaire Woland/Blaumachen/Syrisa a sonné l'offensive à travers des polémiques non sans fondements, mais restant à la surface des choses, et ne pouvant ainsi que servir la soupe à nos adversaires communs,

ces deux extrêmes vont à rebours de l'ouverture proposée, fondée sérieusement en théorie, non sur quelque compromis historique entre 'communistes', 'féministes', 'anarchistes', 'écologisme'... tels qu'ils existent aujourd'hui sous ces identités militantes et/ou partisanes

il va sans dire que n'étant pas partout, ni "expert" en tout, c'est à ceux et celles qui possèdent des billes sur les fronts féministe ou écologiste radical de contribuer au commun, plutôt que critiquer des faiblesses que je suis le premier à reconnaître. Je préfère poser de bonnes questions que fournir de mauvaises réponses

Le troisième courant n'est pas un syncrétisme vaseux, mais la base d'une nouvelle théorie-lutte d'émancipation tous azimuts contre le capital

appel à l'ouverture au-delà du "milieu" théorique de la 'communisation'

j'appelle donc à la réflexion qui se laisserait tenter par l'une ou l'autre de ces sirènes pour noyer le bébé de la communisation dans les eaux pas très nettes d'Internet, ou d'ailleurs*. On aura compris que cela ne concerne pas seulement qui se reconnaît dans le "milieu" théorique de la communisation

*d'autres ironiseront peut-être, à qui mon appel n'est pas a priori adressé, puisqu'ils sont jusque-là résolument adversaires théoriques du concept, genre « la théorie de la communisation n'est pas un long fleuve tranquille » (ça n'épuise pas les remarques parfois pertinentes de Jacques Wajnzstejn de Temps Critiques, mais il s'en prend là au plus facile, la communisation selon Léon de Mattis, comme Claude Guillon dans "Communisation" l'impensable projet) ou « Les vases vides font toujours beaucoup de bruit » (Clément Homs de la Wertkritik). Au premier redisons que nous préférons nos "comment ?" aux pipis humanistes et stériles qui ne révolutionnent que leur blanc nombril pour se retrouver à poil face au capital réellement existant. Au second, Bruno Astarian a répondu par avance, et Roland Simon sur ce coup d'épée dans l'eau du bain, avec « Des outres gonflées ne sort que du vent »

PS : je/nous considérerons par conséquent avec intérêt, et prendrons en compte les remarques négatives comme positives qui pourraient être formulées sur la base des textes proposés, et comme tel ce qui serait une évacuation théorique de plus, malveillante par défaut d'arguments sérieux, malhonnête par le seul fait de n'en point parler afin de pouvoir critiquer en bloc la communisation

23 avril

histoire critique de la communisation, édition revue et augmentée

rien n'est sacré, tout peut se lire

si vous ne lisez pas :                                 lisez :

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation    discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation 

en relation, un classique à (re)découvrir, critique du 'courant communisateur' 2014

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l'humour est-il révolutionnaire ?

proposition pour un manifeste révolutionnaire : le communisme décrètera tous les jours "1er avril"

en attendant la fin, des nouvelles du front : migrant.e.s et migrations dernières infos

« le migrant ne met jamais deux fois le pied dans la même merde » Héraclite des fèces, fragment bio

la structure descend sur la plage, pavée de bonnes intentions / des mesures comm-autistes pratiques / des mesures commun-autistes théoriques / des mesures militaires secrètes sur facebook et tweeter) / grand concours de pétanque finale : nous ne sommes rien, restons rien ! / c'est au présent que nous parlons de commun-autisme

si vous manquez de courage, ayez la rage au cul :

ni dieu, ni maître ! si dieu, lui mettre !

dans faut rigoler...

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un lieu pour discuter de la communisation sur le net ? hmmm... 15:19

à un ami qui se proposait d'améliorer la lisibilité de mon blog, je disais que la priorité n'est pas là...

1) concernant mon site, il n'y a pas de raccourci pour quarante ans de productions diverses, du communisme au jazz, en passant par la poésie et les arts 'plastiques'. Désolé pour qui est pressé et pense découvrir les choses en quelques clics. J'assume complètement d'utiliser les moyens technologiques qui rendent possibles, aujourd'hui, le "livre" dont rêvait Mallarmé, ou le fait que saisir Marx* dans sa richesse complexe et multilinéaire, c'est savoir que de son temps, ni l'Idéologie allemande ni les échanges de lettres, ni certains inédits n'étaient disponibles. Savoir qu'en France certains textes importants (6ème chapitre du capital...), ne furent connus que dans les années 1970, et que la moitié de ses écrits ne sont pas encore disponibles en français... (cf le renouveau de la compréhension avec Marx aux antipodes, par exemple, qui est autre chose que le mécano posthégelien des contradictions à la Roland Simon, puisqu'il s'appuie sur Bertell Ollman - voir problèmes dialectiques, problèmes de dialectique et de méthode)

* ce n'est pas affaire de mégalomanie ou de me prendre pour un génie, mais de posture et de principe, de rapport à ce qu'on fait sérieusement sans se prendre au sérieux. Je souhaite bien du courage à qui voudra s'attaquer avec autant de sérieux que moi à mon versant sérieux, et ne parlons pas d'humour chez les curés de la pensée

rien ne sert de courir...

cette idée de bonne présentation est celle de la « communication », faire court, joliment présenté, pour gens « qui n'ont pas que ça à foutre ». Je me suis payé professionnellement des décennies ce genre de plaisantins de la com', et je conchie cette idéologie du surf comme les conseils de qui m'enjoint de publier des livres, car c'est eux qui ne savent "penser" qu'avec des livres et ne saisissent pas les choses du dedans, en les faisant

« Et pourtant un si grand nombre d'entre vous ne vivent pas dans ce monde. Vous vous contentez de lui rendre visite et vous choisissez, à la place, de vivre dans un monde de mots, de théories. Vous êtes coincés, prisonniers de votre langage, otages de votre obsession de comprendre. Les théories mènent votre monde, et elles vont le détruire.» James Sallis, 'Le tueur se meurt', Rivages/Thriller 2013 p.192

je tiens pour nécessaire de prendre son temps, de ne rien prendre pour argent comptant, et de refaire soi-même le cheminement de pensée qui permet d'aboutir à tel résultat. Il y a un sommaire, à chacun.e de s'en servir comme il/elle l'entend. Mon blog peut se lire à la fois comme un journal quotidien, et comme un livre tel que le permettent aujourd'hui les liens hypertextes, c'est-à-dire de façon interactive, multi-dimensionnelle, et vivante au présent du présent, ce qu'aucune publication papier, arrêtée dans le temps, ne permet. Qu'on sauvegarde ou imprime : les textes et 'œuvres' devraient-elles disparaître dans un propable tsunami d'Internet, je ne publierai jamais

être communiste ou anarchiste, c'est aussi lutter contre le pouvoir du langage des experts en révolution sur le papier

par conséquent, il y va là aussi d'une rupture nécessaire, dans la forme si l'on veut mais comme contenu de la séparation intellect/activité à abolir, et là-dessus, je ne ferai aucun compromis avec ce que je considère comme un acquis essentiel de la fin du couple théorie/pratique. Qui ne le saisit pas, c'est qu'il ne l'accepte pas pour lui, et qu'il n'a pas franchi le pas d'abandonner la possibilité de sa supériorité sur d'autres. Qu'il crève donc à l'arrière-garde, avec Roland, le communisme n'a pas besoin de lui

ce sera désormais un critère par lequel nous reconnaîtrons qui est avec nous, ou contre nous, étant entendu que les histoires de « traîtres » n'engagent que ceux que ça arrange d'y croire, parce qu'ils sont du côté du monde qui les produit

2) concernant les discussions à propos de la communisation

traverser la Manche pour causer entre Français ?

la situation française est calamiteuse. Hormis mon blog où l'on trouve à peu près tout, les « partisans » du concept sont des boutiquiers intellectuels sur le marché de leurs égos, ceux qui n'ont rien compris se partagent le haut de la diffusion avec les détracteurs qui se distinguent par leur faiblesse théorique et les mêmes mesquineries militantaires

le seul endroit où existe ces jours un échange (hors facebook, mais je fuis les « réseaux sociaux ») est dialectical delinquents, Minister of Sic, malheureusement à propos de l'affaire Woland/Sic/Syrisa. Je remercie l'animateur de ce blog d'y avoir transmis quelques messages (j'ai des problèmes techniques pour y intervenir)

existe encore le forum-communisation de Robin, mais il semble là encore que, pour de sombres histoires dans le "milieu", personne ne souhaite y intervenir

3) créer un lieu virtuel ? Voire...

se situer en assumant la rupture communiste dans la théorie de la communisation

la question est moins simple qu'elle ne se présente a priori. Si le besoin existe, ce n'est pas de poursuivre la même chose, prendre les mêmes et recommencer. Or c'est cela qui se passerait aujourd'hui, parce que personne ne manifeste un intérêt pour tourner la page, rompre dans le sens de Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes. Cela étant, cette rupture est fraîche, et ces pages de plus en plus lues. Autrement dit, quelque chose a changé, la rupture est incontournable, on ne peut plus éviter de s'y confronter si l'on veut conserver ou acquérir quelque crédibilité en matière de communisation

une issue qui ne viendra pas de la théorie : un élitisme propre à la séparation du travail et à l'idéologie capitaliste

ce qu'on peut comprendre, c'est que la sortie de crise de la théorie de la communisation ne se fera pas sur le terrain de la théorie, mais à partir des luttes, telles qu'elles sont et sans vouloir leur faire dire autre chose. C'est sans doute beaucoup moins romantique, et c'est pourquoi je ne me fais aucune illusion sur la capacité de ceux qui, en France du moins, se sont jusque-là emparés du concept de communisation, aucune illusion sur leur envie de promouvoir une rupture avec ce qu'ils en ont fait de façon le plus souvent sincère, sauf de la part de qui tirait les ficelles et instrumentalisait leur auto-duperie. Je reprends à Dréan ce passage, bien que je considère que cela ne soit pas essentiellement lié à un point de vue « marxiste orthodoxe sur l'État » et encore moins à Althusser, qui a bon dos, comme s'il était le seul ou le premier...

« nous évoluons ici sur le terrain favori des ténors de la communisation. Celui du recyclage au niveau du langage qui permet que rien d’essentiel ne soit remis en cause. Grâce à des artifices déjà employés par les gestionnaires de la parole officielle ou créés pour l’occasion. Grâce à la prolifération de termes dont le sens est difficile à cerner et qui peuvent recouvrir n’importe quoi, ou presque. Et satisfaire à bon compte les dernières générations de communisateurs, en général issues, en France, des oppositions lycéennes et étudiantes, à la recherche de quelque kit dans le magasin du prêt à penser. Je dis cela sans mépris. Bref, à tenter de suivre le processus sans fin d’interprétation, de réinterprétation, voire de surinterprétation, censé tenir compte des objections et des multiples desiderata, les lecteurs perdent le sens de l’orientation, croient avancer alors qu’ils font du surplace. L’innovation langagière au pouvoir, en quelque sorte, sur le mode de l’inflation qui sert en réalité à neutraliser les critiques et à faire rentrer dans le cadre préétabli des questions jusqu’alors négligées, telles que celle des genres. C’est l’une des grandes impostures des maîtres à penser de l’Université hexagonale... » Un militant issu des courants « communisateurs » dans le gouvernement Tsipras. André Dréan avril 2015

quelle 'normalité' sociale, et quel rapport social entre théorie "révolutionnaire" et communisme de combat dans les luttes d'émancipation ?

il y a bel et bien, n'en déplaise à Théorie Communiste, un problème d'élitisme et de pouvoir par le langage, tel que je l'ai souligné dans le théorisme, maladie sénile du communisme, un pouvoir qui tient de la séparation multi-séculaire entre penseurs d'en-haut et classes d'en-bas, liée à la division du travail du capitalisme. Autrement dit, et nous en voyons de plus en plus les effets - c'est la crise de rupture avec un héritage traîné depuis 68 -, cette séparation est liée à l'origine sociale de ceux qui parlent au nom de la communisation, alors que leurs intérêts immédiats n'en ont pas la nécessité, le besoin économique ou psychologique. Dréan encore, exprimant ce que j'ai déjà souventes fois abordé (me référant à BL/Bernard Lyon pour qui les communisateurs sont un peu schizophrènes, souhaitant la communisation mais criagnat la crise, et vivant normalement en attendant la fin... La fin, avec la faim, elle est là pour la grande masse des victimes du capital. Vivre de façon normale est au mieux un luxe, au pire une lâcheté) :

« Ainsi, je me rappelle des réunions dans la région parisienne il y a plus de dix ans, auxquelles assistaient des ténors de « Théorie communiste ». En substance, ils affirmaient que « tant qu’il n’y aura pas de mouvement révolutionnaire massif, les révolutionnaires sont condamnés à vivre normalement ». Or, premièrement, parmi les révolutionnaires présumés, il y a des individus qui, vu leur parcours et leur situation, ne peuvent pas vivre, ou plus vivre, « normalement ». Deuxièmement, il y en a qui ne veulent pas vivre « normalement ». Sans compter ceux et celles qui, au cours de leur vie, combinent les deux situations

quelque chose de pourri dans le royaume du milieu

ne pas voir qu'il y a dans tout cela quelque chose de pourri et puant, c'est un peu fort de café pour une pensée qui, se prétendant radicale, commence par couper dans ses racines ce qui en dérange la belle présentation (cf Histoire critique de l'ultragauche et autres petits arrangements avec l'histoire du communisme et de l'anarchisme, dignes des retouches staliniennes sur les photos. Contrairement à Dréan, je pense que cela n'a rien de très fidèle à la pensée de Marx dans son évolution. Si c'est cela être "marxiste", je ne le suis pas, et si c'est cela, la "théorie de la communisation", je n'en suis pas et je m'en fous, la communisation n'est pas dans son nom...

entre le pessimisme du désespoir et l'espoir du pessimiste

personnellement, je me bats dans cet entre-deux, et je ne pense pas que l'on puisse agir autrement aujourd'hui, en tant que communiste. Ce que j'en pense en moi-même, sans vouloir désespérer l'absence de Billancourt, c'est en substance que

« Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d'eux-mêmes, tant qu'ils n'auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes. » Lénine

saisir dans ses tripes plus que comprendre avec sa tête

je tente d'« expliquer » à des gens qui essayent de « comprendre » avec leur tête, ce qui ne peut être « saisi » que dans les tripes. Douple méprise : cible fausse et temps perdu. Nombreux sont déjà rangés, d'autres se rangeront parce qu'au fond, le communisme ou l'anarchisme réels, ils s'en foutent. Ce n'est pas qu'ils « trahissent », mais simplement qu'ils font, en dernière instance, des choix conformes à leurs intérêts de classe immédiats

il me faut parachever le changement de perspective pour être de plein pied dans l'époque, non l'illusion d'une autre propre à attirer qui, « dupes naïves d'eux-mêmes », ne sachant qui ils sont, ne savent ce qu'ils font

Lénine disait aussi que « les habitudes sont contre-révolutionnaires »

 

21 avril

en sortir par le haut sans faux-fuyants pour ou contre la théorie de la communisation 19:06

défendre le concept de communisation et l'ouvrir au présent des activités révolutionnaires

n'ayant pas pour habitudes et principes les mêmes que dans le désormais "cerné" (sic) « milieu de la communisation » je donne ici le lien vers un texte d'André Dréan concernant l'affaire Woland/Syrisa/Communisation. Il est impossible de lui dénier quelques vérités, sur des points que j'ai moi-même critiqués de façon systématique. Mais je l'ai fait en le reliant aux questions de fond théoriques et de comportements, avec des propositions constructives, dans l'esprit de garder la pertinence de la communisation comme processus révolutionnaire différent de ceux apparus précédement dans l'histoire communiste ou anarchiste, dans celle du capital et des luttes contre son emprise

« Un militant issu des courants « communisateurs » dans le gouvernement Tsipras. » André Dréan avril 2015

Théorie Communiste, mis en cause par Dréan, porte une lourde responsabilité dans le blocage des discussions qui auraient pu permettre d'en sortir par le haut, et n'a pas l'air décidé à changer, puisqu'il nous dit en quelque sorte ne se sentir ni "cerné" ni "concerné". Encore faudrait-il que le petit milieu structuré comme un parti de la communisation séparée en soit « capable », ce que je ne crois pas, comme le disait Karl Nesic en 2012. Mais Dréan reste à la surface des choses, comme Claude Guillon dans l'article ajouté

au total et vu sur Internet, cela s'apparente à un petit travail de sappe peu courageux, et d'autant moins glorieux qu'il repose en partie sur des incompréhensions, des réglements de compte générationnels du trois ou quatrième âge, et pour le reste sur l'absence d'argumentation de fond sur le concept (je ne parle pas de l'ignorance totale de mes considérations, qui sont connues au moins de Guillon; de Dréan, je ne sais pas, bien que j'ai déjà eu l'occasion de parler de son texte « Réflexions... », ici, à un moment où mes propositions étaient moins élaborées*)

* j'ai envoyé un mail à André Dréan, de sorte qu'il n'ignorera plus que le concept de communisation n'est pas défendu sur l'unique base qu'il met en cause, et que je critique aussi, mais de l'intérieur de sa validité de rupture dans la théorie de la révolution il y a 40 ans

une chose est assurée, aucun réveil du concept de communisation en prise sur les nécessités actuelles du combat communiste ne sortira de ce "milieu" sclérosé dans ses certitudes et l'étroitesse de ses présupposés théoriques, et de composition sociale complètement décalée relativement à la question du sujet et de la subjectivation révolutionnaire. Admettons que ce soit son drame, et même qu'il puisse le reconnaître. En attendant mieux, le fait est là

je partage le soutien de Dréan à TPTG, non pas de façon inconditionnelle, mais pour ce que je connais de son activité, et du sort que le "milieu" français de la communisation lui a lâchement réservé, à l'exception notable de Bruno Astarian

maintenant, je l'ai dit, c'est à l'essentiel qu'il faut aller. Dréan et Guillon, c'est dommage, n'y contribuent pas, ni tous ceux qui relaient ces textes vides de problématique révolutionnaire aussi bien théorique que pratique... C'est bien triste

voir, notamment de façon positive contre tout sectarisme et réductionnisme un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -). Il est un moment, Dréan a raison là encore, où c'est affaire de choix et d'engagement personnel, et le plus idiot serait de coller aux un.e.s ou aux autres des étiquettes qui les disqualifient et les empêchent de participer d'eux-mêmes à l'immense chantier qui nous attend, ensemble

il s'agit, dans l'immédiat, d'aider ceux et celles pour qui franchir ce pas est le plus difficile. Ce sera déjà ça

 

bouteille sans l'amer

« La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute » Confucius

un sale coup pour la communisation : en sortir par le haut, avec ceux d'en-bas

tous ceux/celles qui ont participé aux événements du WolandGate gréco-français, sur lesquels il est difficile de faire l'impasse, portent une part de responsabilité dans ce qu'il faut considérer comme un sale coup pour la communisation, comprise comme perspective de lutte théorique dans la lutte des classes et l'activité des communistes ou d'autres en ce sens

refusant depuis des années la clarté théorique, les échanges et controverses sans faux semblants ni mauvaises polémiques inter-personnelles, dépourvus de sens auto-critique élémentaire et animés d'un esprit de parti voire de boutique entre « camarades » sélectionnés, n'hésitant ni devant le mensonge ni devant les arguments intellectuels malhonnêtes et malveillants visant à discréditer ceux et celles qu'ils considèrent comme des concurrent.e.s, pratiquant une réelle censure de ce qui les dérange... une petite clique franco-européenne a cru pouvoir tenir droit dans ses bottes le tout sur le tout de la communisation

aujourd'hui, face à des événements qui les mettent en cause à divers degrés, ils préfèrent botter en touche avec mauvaise foi, et s'enfermer dans le mutisme et le silence qu'ils ont toujours pensés être la meilleure défense et garantie de leur crédibilité et de leur réputation de rigueur et de sérieux. Qui peut encore les croire ? Ils ne font ainsi qu'aggraver leur cas et faire porter à tous les communistes le poids de leurs erreurs et de leurs fautes quant au développement et à la diffusion des idées de la communisation. Ce temps devrait être terminé mais il s'avère interminable

ces « partisans de la communisation », pourfendeurs de toutes « interventions » dans les luttes de classe, en héritiers de ce qu'ils ont cru pouvoir retenir de l'ultra-gauche historique, n'ont plus de crédibilité sur le plan théorique, du moins sont en train de la perdre ceux qui ont accroché leur foi à la seul vision de Théorie Communiste, ne voyant en les autres qu'adversaires ou concurrents, comme aux pires moments de l'histoire communiste

il leur appartient de se reprendre, comme les y invitent des camarades en Europe, que ce soit le groupe grec TPTG ou d'autres en Angleterre, et plus discrètement en France. S'enfermer dans le déni ou l'ironie facile, envers les « Délinquants de la dialectique » ou les « Enfants du paradis » (Théorie Communiste ici), parce qu'ils n'ont pas toujours les moyens théoriques de leurs critiques, n'est pas une façon de se grandir

on ne voudrait pas faire la « morale », mais ces histoires en ont bien une : le manque d'éthique communiste et l'utilisation de ces errements par nos détracteurs, qui ne manquent pas une occasion de s'en réjouir, et de répandre sur Internet et ailleurs des interprétations aussi faibles en théorie que nuisibles en pratique

ce qui pouvait encore se transformer en saine controverse avec les positions diverses autour du concept commun de communisation risque d'aggraver encore la portée à connaissance de ce dont il s'agit aujourd'hui, dans les luttes contre le capital et par l'activité des communistes, féministes, anarchistes, écologistes qui veulent œuvrer à l'abolition du capitalisme et à la production d'une communauté de l'humain et du vivant

il n'est jamais trop tard pour bien faire, le mouvement communiste a besoin d'eux, de leurs critiques constructives, de leurs capacités et de leurs savoirs utiles à tous. Il n'y a que le premier pas qui coûte. Il est difficile de le franchir, mais tous ensemble y gagneront

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

le concept de communisation, nous l'avons encore en commun, sachons ne pas l'oublier

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18 avril

aucun retard théorique ne sera comblé en considérant étroitement l'histoire depuis son propre parcours

histoire de l'ultra-gauche, 2ème édition dossier de presse

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

je ne reviens pas, malgré sa nouvelle édition 'augmentée' sur cette Histoire critique de l'ultra-gauche, dont semble avoir disparu le sous-titre Trajectoire d'une balle dans le pied... J'ai fait mon profit de la première édition, et je ne doute pas de l'intérêt, y compris à l'étranger, de ce travail d'historien concernant ce qui est ici regroupé

je mets en cause la linéarité unidimensionnelle de cette histoire comme débouchant sur la théorie de la communisation telle qu'elle est racontée par quelques-uns dont le concept est la chasse-gardée, à la manière d'un récit auto-centré sur l'approche partielle et partiale, sous cultivée en matière de fécondité des marxismes hors d'Europe, et prise dans une forme de déterminisme historique et théoriciste auto-centrée sur ses connaissances, ses méthodes et son rapport aux autres typiquement occidentaux

histoire partielle et partiale, qui ignore trop de mouvements, d'activités et groupes communistes ou révolutionnaires depuis le début du 20ème siècle particulièrement hors de la petite Europe, pour avoir plus qu'un intérêt limité sur le plan historique, et très faible sur le plan d'une pensée révolutionnaire adéquate à notre époque du capitalisme globalisé en crise

ma critique, faite sur l'essentiel concernant la théorie de la communisation, partant de ce qu'il s'agissait de conserver et de changer, a eu pour principal intérêt de permettre de passer autre-chose > Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes

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18 avril

les voies de la carrière sont impénétrables

polémiques de bas éta(la)ges d'en-haut suivi d'une intervention de TPTG traduite par mes soins

mettre les pendules à l'heure (du retard ?) Théorie communiste via dndf 15 avril

« This weekend just gone (11th & 12th April) 2 meetings on the new Syriza government organised by Theorie Communiste, one in Lyon, the other in Marseille, were presented by Blaumachen. » publié ici : http://dialectical-delinquents.com/the-minister-of-sic/

1 « Théorie Communiste » n’est en aucune façon « l’organisateur » des réunions publiques de Lyon et de Marseille des 11 et 12 avril et la plupart d’entre nous regrettons beaucoup de ne pas avoir pu assister à ces réunions sur la situation en Grèce qui étaient une excellente initiative.

2 « Théorie Communiste » a quitté le collectif Sic depuis juillet 2013 en conservant il est vrai des rapports amicaux avec nombre de participants de ce collectif.

3 Le copain qui est intervenu lors de ces réunions n’a, à notre connaissance, jamais été membre de « Blaumachen » (groupe qui n’a plus d’activités depuis l’été 2014), ce qui de toute façon n’a jamais été une tare.

4 Manos / Woland a fait un choix qui n’est pas le nôtre, ni celui de Sic, ni celui de Blaumachen, ni celui des organisateurs de ces réunions. Depuis, il ne participe plus à aucun de ces groupes, revues ou collectifs.

Voilà pour les faits. Pour le reste, s’il plait à quelques « Délinquants de la dialectique » ou « Enfants du paradis » de trouver dans la théorie de la communisation ou pire dans les « abstractions élitistes » de « Théorie Communiste » l’origine du devenir sous-ministériel ou bancaire de Manos / Woland, libre à eux. Les ressources infinies de la dialectique sont un bien commun.

Théorie Communiste.

une mise au point qui s'imposait (surtout à Théorie Communiste, en tout cas plus que de se situer dans les discussions théoriques actuelles... Ah la la, les post-68tards sur le retard...)

Roland à l'arrière-garde

que les réunions en cause aient été ou non organisées par Théorie Communiste ne change pas le fond du problème (si les annonces de dndf étaient claires...). Je tiens l'info directement de TPTG, avant que Simpsanto ne s'en empare et n'intervienne sur dndf, en commençant pas dire « Peu importe les réflexions sur Patlotch... L'important...»). Tout ce monde réuni ou désassemblé s'entend comme larrons en foirums pour considérer que mes approches de la communisation importent peu...

une discussion s'est engagée, aussi creuse et formaliste que prévisible, sur le site http://dialectical-delinquents.com/the-minister-of-sic/. Le message que j'ai transmis quant au fond n'a pas été publié, autant dire ce qu'on peut attendre ou pas de ces polémiques sous-théorique sur des questions dépassées qu'ils partagent encore comme essentielles, dans un "milieu" élargi ou non à ceux qui le tiennent et se prennent pour le centre de quelque chose d'actuel au niveau mondial

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation Roland à Roncevaux, Histoire de France, Guizot 1875 (mais Charlemagne ne viendra pas sauver son arrière-garde...)

le concept de communisation n'avait pas besoin de ça, mais encore moins de l'aventure Sic qui précédait, avec laquelle j'avais pris mes distances critiques dès le départ. Les problèmes théoriques se règlent de façon théorique, même quand ils prennent leurs racines dans leur rapport aux réalités, comme ici. Sans parler de Théorie Communiste, je n'ai pas cherché à faire un lien entre les textes de Blaumachen/Woland et son choix politique : aucun intérêt à mes yeux. Ma critique/reformulation de la Théorie de la communisation était achevée avant, sans besoin de cet épisode supplémentaire

trois points :

- pas de lien de cause à effet entre le contenu de Blaumachen et l'évolution de son théoricien/'leader objectif' Woland. Nul besoin d'une théorie, théoriciste ou non, à "trahir", pour passer chez l'adversaire d'hier soir, les exemples sont légions. Mais si toutes les théories communistes ne sont pas à ce point incompatibles avec une fonction de sous-ministre, celle de la communisation oui

- le lien s'il existe, est dans la composition sociale de ce groupe, et concernant la théorie, sa séparation avant-gardiste avec un « sujet révolutionnaire » donc sa fabrication adéquate à la cause, ici  le « non-sujet » de Woland - radicalisation a-dialectique de l'appartenance de classe comme contrainte extérieure et la compréhension schématique de l'implication réciproque - une dérive anti lutte-de-classe, et par suite anti-communiste, dont on ne voit pas trace dans les textes de Théorie Communiste. Le tout a des sources remontant à 40 ans de théorisation coupée de lien organique aux luttes, et fondée sur des prémisses partielles, une fausse totalité, je n'y reviens pas

* ainsi peut-être s'explique le choix désespéré de Woland ;-) mettre en pratiques ses capacités de « chef », cela suppose des troupes, il n'en manque pas aujourd'hui

- un élément de la note 17 de TPTG me semble plus important que le cas Woland : « Beaucoup de haut-profil des cadres de la SYRIZA, qui ont été nommés secrétaires généraux ou conseillers supérieurs dans les ministères, étaient des participants actifs dans les mouvements sociaux. En tant que tels, non seulement ils ont une connaissance / compréhension en profondeur du mouvement et de ses pratiques, mais ils pourraient également faire usage de leurs réseaux directs (ou indirects) de communication, de la simple acquisition de l'intérieur-information pour le déploiement jusqu'au (nécessaire) moyen de la médiation encore plus loin à l'intérieur du milieu anti-autoritaire et le mouvement en général. Pour ne donner qu'un exemple, le système clientéliste traditionnel est encore reproduit en intégrant partiellement des réseaux sociaux informels,  contre-culturels, contre-politiques et d'autres.»

par conséquent, indépendamment de ce que sont devenus individuellement les membres du défunt groupe Blaumachen, on imagine les raisons pour lesquelles, privé de son principal théoricien et partagé sur la ligne à suivre, il n'ait plus d'activités; il est concevable qu'une partie se soit auto-dissoute dans l'État gouverné par Syrisa. Claude Guillon a raison de préciser, dans "communisation" : mène à tout, même au gouvernement (à condition d’y entrer) : « S’il est vain de prétendre apprécier une théorie d’après les mouvements de veste d’un (seul) de ses concepteurs... », mais la question posée n'est là ni « en théorie » ni « en pratique ». Qui vit ce genre de situation historique en eaux troubles est bien placé pour en connaître les dangers

les raccourcis dans un sens ou dans l'autre n'expliquent rien, ce sont deux façons symétriques et bien pratiques d'évacuer les questions posées dans la théorie et au-delà. Trop nombreux sont ceux qui ne font pas l'effort de comprendre, et je ne perdrai pas mon temps à y revenir : ce n'est plus mon problème, et ne devrait pas être à mon avis celui des communistes : laissons ça aux concierges du petit milieu, bien assez grand pour se tirer seul ses balles dans le pied

Traduction en français d'une intervention de TPTG dans Minister of Sic dialectical delinquents

« Nous avons n'obtenu aucune réponse du tout, ni de Lyon ni de Marseille !

Seulement 6 jours après la publication par SamFanto de son article, qui repose en partie sur l'e-mail ci-dessus, Tantquil s'est décidé à dire quelque chose, le 14 avril. Et qu'obtenons-nous ? Certains passages incompréhensible et stupides qui s'excusent parce que "l'activité de la plupart de leurs membres se tourne vers les luttes et la légitime défense de classe [?], ceci explique en partie notre ignorance des développements récents qui ont pu mettre en cause Blaumachen et l'ex-camarade Woland" ! Aucune mention de notre courriel du tout ! Et quelle expression neutre: « ex-camarade Woland » !

Avec le même ton sans vergogne: "nous n'étions absolument pas au courant de la trahison de Woland, peu de gens suivre les textes TPTG écrits en anglais au jour le jour et « 60 jours » avait été lu que par peu de gens. L'arrivée du camarade nous a permis d'apprendre à ce sujet. »

Est-ce le « camarade » qui leur a fait savoir, le 12 avril, ce qu'ils avaient déjà appris de nous 4 jours plus tôt, selon Tantquil, "pas de Blaumachen. Son nom est Andreas qui était proche de Blaumachen depuis quelques années sans réellement s'y joindre. Aujourd'hui il fait partie de SIC et du groupe d'étude marxiste sur l'État dont Woland faisait aussi partie". C'est la première fois en six ans que nous entendons que Andreas aurait rejoint Blaumachen en 2009... mais ne l'a pas réellement il rejoint ! (Le même mensonge est répété par TransportsCanada dans leur réponse à l'article de SamFanto). S'il était un collaborateur « spécial » de ce groupe ou de tout ce qu'ils veulent appeler comme ils veulent, cela ne fait pas beaucoup de différence. Andréas était connu à la fois en Grèce et en France en tant que membre de Blaumachen, et c'est prouvé par le fait que Tantquil, dans son annonce de l'événement sur le site de Kiosque (voir la photo ci-dessus) parle de lui comme tel. L'événement était censé pour une « Discussion avec Blaumachen »

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

Au cours des jours suivants l'envoi de notre courrier électronique, l'annonce de l'événement a complètement changé : « Débat sur la lutte des classes en Grèce. ?Organisé par le réseau communiste antigestionnaire pour causer de la situation économique, et sociale en Grèce et aussi des luttes en cours. Un compagnon de la revue S.I.C. (revue internationale pour la communisation) viendra d’Athènes pour débattre avec nous de la situation et des luttes actuelles suite à l’élection de Syriza.» Le changement a été tellement hâtif que le jour même de l'événement, l'erreur est maintenue sur la même page du site ! (Voir http://kiosque13.noblogs.org/) La référence aux textes de Blaumachen sur les sites en cause et Badkids a été éliminée.

Ce qui est encore plus intéressant, c'est que Woland ne faisait pas simplement « partie du groupe d'étude sur l'État marxiste », comme indiqué dans la réponse de Tantquil. Ce groupe a été effectivement lancé par Woland, Andreas et d'autres en 2013, tandis que Woland était déjà associé/directeur scientifique du Bureau politique d'un député de la SYRIZA, George Stathakis, le Parlement hellénique depuis octobre 2012. (Voir CV de Woland ici https://gr.linkedin.com/pub/manos-manousakis/7/5/b22)

Tout le monde dans le cercle de communisation de Woland connaissait ses relations étroites avec SYRIZA. Ces relations remontent probablement début 2012. C'est l'année où il a commencé sa collaboration avec m. Milios (voir nos deux articles sur SYRIZA pour savoir qui est ce mec). Avant les élections de mai 2012 Woland tentait de convaincre ses amis proches du milieu anti-autoritaire de voter pour la SYRIZA. Ses relations étroites avec le parti étaient non seulement connues du « camarade Andreas » et des autres membres de Blaumachen/Sic vivant en Grèce et en Angleterre, mais également connues d'une personne grecque vivant au Luxembourg, qui a une coopération de longue date avec Théorie Communiste et Blaumachen

Ceux qui étaient proches de Woland, comme les membres du « groupe de travail marxiste sur l'État », n'ont pas besoin être des prophètes pour comprendre qu'une fois que l'économiste Stathakis allait devenir un ministre de l'économie (ou autre) dans un futur gouvernement SYRIZA, il nommerait ses proches collaborateurs comme Woland à des postes gouvernementaux.

Au contraire, tous ces brillants théoriciens, désireux de nous éclairer sur l'État capitaliste, non seulement n'ont pas critiqué Woland pour son travail, mais ils étaient prêts à publier un livre sur l'État au début de cette année (comprenant un texte deWoland) ! Selon un membre de ce groupe sur l'État en parlant récemment, ils n'ont décidé d'abandonner le projet qu'après que leur camarade soit devenu un ministre auxiliaire. Ce qu'ils voulaient éviter bien sûr, c'est de devenir totalement ridiculisés dans le milieu anti-autoritaires en Grèce, où les blagues sur les théoriciens de la communisation ont déjà commencé.

Cela nous amène au plus gros mensonge dans la réponse de Tantquil: « Il [Andreas] est venu principalement à discuter de SYRIZA, et comment ils sont venus à intégrer certains anarchistes et aussi des communisateurs dans leur mouvement et les amener à voter Syrisa». Tout d'abord, rien de tel n'a été annoncé dans l'invitation originale aux événements et, plus important, le « camarade Andreas » et « ami » de TC a créé une diversion afin de banaliser la récupération délibérée de son camarade. Aucun militant anarchiste n'a été intégré par SYRIZA. Il s'agit d'une grossière injure envers ceux qui en Grèce ont politiquement défié le gouvernement SYRIZA, une injure partie de Woland au cours des deux derniers mois. À l'encontre des anarchistes, le "camarade Andreas" n'a pas encore eu le courage de critiquer son ex-camarade publiquement en Grèce, ni de s'orienter aussi vers une autocritique.

Quant à Tantquil et Théorie Communiste, ils auraient dû demander à leur "camarade" de quoi ce groupe marxiste a discuté sur l'État, alors que Woland en était encore membre, et déjà sur son chemin vers le haut (de l'État) – ce que nous savons tous à ce sujet.»

ma lectrice envisagera la réalité me concernant : tenu à l'écart par le milieu français de la communisation, n'ayant participé à aucune réunion de Sic ni jamais rencontré ce Woland, je ne savais rien de tout cela. Je l'aurais su que ça n'aurait rien apporté à ma critique du courant communisateur, ni à mes élaborations théoriques ultérieures. Tout au plus cela m'aurait-il fait perdre du temps, et au-delà d'une indispensable compréhension, je ne souhaite à personne de s'y perdre

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13 avril 2015

une nouvelle rubrique sur les activités des communistes dans les luttes, pour la communisation

les communistes dans les luttes contre le capital, pour l'humain et le vivant

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

la rupture communiste dans la théorie de la communisation est assumée. Il s'agit de la consommer. Ici, pas de «polémiques» contre une théorie hors-sol, sans lien organique avec les luttes de classe, des femmes, d'émancipation de "la race" et de sauvegarde du vivant...  La page est tournée de 40 ans de discours théoriques d'en-haut, tendant à nier la nécessité d'activités militantes des communistes dans les luttes d'en-bas

pour une subjectivation révolutionnaire transversale et mondiale au sein des luttes

[...]

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13 avril

ces jeunes gauchistes qui font les vieux cons (Aragon)

Woland/Blaumachen / SIC / Théorie Communiste... TPTG... suites anglaises

Minister Of Sic dialectical delinquents 13 avril

il s'agit en fait de la version originale, plus complète en anglais, de l'intervention de SamFanto pour dndf

But the germ of this retreat and recuperation was already there in the Sic/Theorie Communiste  mentality, it’s heavily abstract notion of theory. This mentality always takes on an idea of theory as something specialist, for theoreticians. That’s why it’s often a question of theory of theory. But it is rarely something for proletarians in struggle, as a support, encouragement and clarification of this struggle (which is not to say that those low in the Sic/TC hierarchy don’t sometimes contribute to proletarian practice – e.g. in the anti-shale gas struggles, or by opening up squats).  This produces in those who identify and produce these “ideas” an intellectual role with an attitude of superiority towards people who haven’t read all the abstractions of Roland Simon or who haven’t read all 3½ volumes of Capital 1000 times and can quote them as quickly as other people can yawn. It’s a theory which considers practical risk, and practical consequences as of a far lesser importance than the sophistication of their ideas. Oh, how they just love to wallow in the notion of their own sophistication!

Above all, this role demands no break with the hierarchical comportment learnt from dominant social relations and it’s not too hard for those people entrenched in this hierarchical role to “transform” themselves without embarrassment into a politician. It’s not surprising to hear that the TPTG broke with Blaumachen in 2009 precisely because of the Machiavellian manipulations of Woland.

There is also a link with the political mentality and the determinism of Theorie Communiste. Those who have created their own “good reasons” to see revolution as inevitable invariably create a hierarchy in which the partisans who recognise their explanation are placed at the top; the as yet neutral masses are in the middle, and their opponents who may have competing reasons or no reason at all, are at the bottom. Determinism, in turn, is a logical outcome of the separation reinforced  by this “revolutionary” mentality between themselves and the rest of the proletariat. If one cannot conceive of the masses as individuals capable of determining the conditions of their existence through conscious choice, as people capable of choosing to make a revolution, then it is necessary for a special enlightened group to supply them with an external motivation they can’t resist and which becomes a mentality of faith in the thought of this group which replaces their own theory, colonises their own point of view.

I could say more about Theorie Communiste and all this Sic shit, but for the moment, I’ll leave the last word to a contact who wrote:

I remember running into J.C. [guy close to  Aufheben] just before the publication of Endnotes 3. He mentioned how Aufheben’s identity had always been tied up with being “The smartest people in the room” and how Endnotes 3 was going to be their “black album” in the sense of something like a difficult, experimental album. I suppose as long they talk about alternative commodity consumption (“underground band” woo-hoo), framing their product as a commodity doesn’t seem like a problem…..

Indeed, it seems like Woland’s deal is embarrassing to the communization milieu in the way that a member of an underground band “selling out” is embarrassing to the other members and to the milieu. “Don’t tell them it’s all a scam, makes us look bad”.

je peux comprendre ces critiques, mais une théorie est à prendre pour ce qu'elle est, et doit se discuter d'abord en termes théoriques, jusqu'à démontrer sa vacuité ou ses erreurs, ce que je pense avoir fait. Son caractère théoriciste n'est qu'un aspect, qui résulte effectivement de son contenu, de sa méthode et de son langage, qui font sa séparation des luttes et de l'activité des communistes en-bas, jusqu'au point où elle devient un obstacle, et agit en tant que tel (ce qu'a fait le "milieu" de la communisation depuis Sic en France)

leur plus grosse responsabilité n'est pas la "trahison" de Woland, mais d'avoir coller leurs vieilles casseroles d'ultra-gauche, leurs convictions anti-militantes, à l'idée même de communisation, et les communistes qui en sont porteurs dans les luttes n'ont pas fini de le payer

relire Woland : Disparités dans la dynamique de l’ère des émeutes Woland, Blaumachen and friends 8 juin 2013 via dndf

« Les pratiques de “commune” qui ont nécessairement comme horizon une meilleure gestion de l’État bourgeois, mais qui voient cet horizon s’évanouir, rencontrent les révoltes des exclus sur le fait que pour ces dernières il n’y a pas d’horizon d’une quelconque “victoire”. Le résultat de cette rencontre – qui se jouera, entre autres, à l’interaction entre les pratiques de “commune” et les pratiques du quotidien de la survie de ceux qui sont structurellement exclus du circuit officiel de la production de plus-value – déterminera dans une grande mesure l’issue de la lutte de classe dans l’ère des émeutes. »

disparités dans la dynamique des carrières à l'air du temps ?

en moins de 2 ans, le «camarade» 'communisateur' Woland a franchi le pas et « l'horizon d'une meilleure gestion de l'État bourgeois », dans lequel il serait « Secrétaire Général du Ministère de l'Economie, Infrastructure, Maritime & Tourisme, Directeur de la Banque du Commerce et Devéloppement  de la Mer Noire  et le gouverneur suppléant de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement » (TPTG)

à l'intersection des pratiques, la 'victoire' d'une 'lutte théoricienne'...

... sur « les exclus structurellement exclus du circuit officiel de la plus-value » ?

un membre de Théorie Communiste faisait remarquer que les 'communisateurs' ne pouvait qu'être « schizophènes, souhaiter la révolution, et vivre normalement, en attendant...» Ça ne concerne bien sûr que ceux qui ne sont pas exclus, donc peuvent vivre normalement, et attendre... pas ceux pour qui le communisme n'est ni une idée ni seulement un souhait

si la théorie de la communisation mène à tout, est-ce parce qu'elle ne serait qu'un avatar de plus dans l'histoire des trahisons communistes ?

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation il y a une semaine, avant la 'révélation Woland', la question était posée et provoquait son pesant de sarcasmes...

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12 avril

messages personnels 22:48

tout est bien qui finit bien ?

je dédie mes récents textes et mon travail depuis 10 ans à Christian Charrier, de La Matérielle, évoquant le fait que Théorie Communiste, à ses débuts en 1978, aurait pu avoir, en substance, « raison contre le monde entier »

pendant quinze ans et plus, Christian Charrier a posé à TC/RS des questions pertinentes, mais sur le terrain conceptuel du corpus de Théorie Communiste. Il ne pouvait s'en passer, ce qui faisait littéralement et, je le dis comme je le pense, sadiquement jouir Roland Simon dans ses « réponses à... "un proche" ». Je n'ai pas retrouvé le passage. Voir Concept préliminaire, Échange avec Daredevil 2003,  etc. dans la rubrique réflexion théorique...

Roland Simon, Une lecture critique de La Matérielle  « § 43 – Cela n'empêche que de ce poste d'observation théorique la Matérielle assure une sorte de veille théorique sur tous les risques de dérapages « spéculatifs » inhérents à une théorie de la révolution dans la situation présente de disparition de toute positivité révolutionnaire et oblige à faire attention à ce que l'on écrit. La Matérielle est la critique interne de la théorie de la révolution dans ce cycle, critique que toute théorie de la révolution doit se faire à elle-même. Le problème réside dans le fait que, dans la Matérielle, cette critique interne s'est en quelque sorte « autonomisée » et se donne comme la totalité d'une théorie nouvelle. On retrouve là, dans cette « autonomisation » (guillemets car en même temps que « théorie nouvelle » la Matérielle se veut processus d'autocritique des théories dites « post-prolétariennes »), son incapacité essentielle à être cohérente sur sa propre légitimité à prononcer les termes de révolution et de communisme du fait que sa cohérence, en tant que théorie, est à l'extérieur d'elle-même (dans les autres théories)»

on attend toujours, de la part de(s) Théorie Communiste, « l'exposition » de « la critique interne de la théorie de la révolution dans ce cycle, critique que toute théorie de la révolution doit se faire à elle-même ». Nombreux, bien avant que je m'en mêle, lui/leur ont donné l'occasion et les moyens de faire cette auto-critique, qu'il(s) n'ont jamais saisis, droits dans leurs bottes de non-lieu... théorique

alors disons qu'au-delà de ma personne, puisque je dois tant à toussétoutes qui m'ont précédé et accompagné dans mes recherches, « la capacité essentielle » de la communisation 'troisième courant' fut, en dix ans, « d'acquérir [sa] propre légitimité à prononcer les termes de révolution et de communisme, du fait que sa cohérence », n'existe pas séparément « en tant que théorie », ni « à l'extérieur dans les autres théories ». Si, « en tant que théorie » elle est cohérente « à l'intérieur d'elle-même », c'est en raison de son rapport aux luttes réelles dans le capitalisme réel, tel quel, au présent

la dernière fois que j'ai eu, par un membre de Théorie Communiste, des nouvelles de Christian Charrier, celui-là m'a dit qu'il faisait « une dépression nerveuse ». Alors que j'évoquais un possible lien avec ses démêlés avec son « proche ami » Roland Simon, il me fut répondu : « On ne fait pas une dépression nerveuse pour des raisons de théories ». Pour des raisons, non, mais face à la déraison, voire...

mais comme dit Roland Simon, on ne fait pas de la théorie avec des sentiments...

chat échaudé craint l'eau glacée : j'annonce le pire d'une révolution communiste (?) qui ne ferait pas de sentiments

dans journal extime 2015

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la communisation en construction maintenant

TPTG, Blaumachen, Théorie Communiste : un point de vue anglais

suite à propos d'une note de TPTG (plus bas 10 avril) 20:32

une fracture grecque dans la communisation : Syrisa et Blaumachen/Sic/dndf, même combat ? Quel combat ?

Samfanto dndf 12 avril

Peu importe les reflexions sur patloctch. Ce que important est ce que le TPTG viens de dire au sujet de Woland (français pas parfait: je suis anglais) [citation de la note 17 à dernier texte sur la situation en Grèce (en anglais) la première partie de notre texte (en français)]

Les abstractions de Théorie Communiste, qui prends toujours un idée du « théorie » comme quelque chose spécialiste, pour les théoreticiens, et est souvent une question du théorie de la théorie, pas quelque chose pour les prolétaires en lutte, produisent en ceux qui identifient et produisent ses « idées » une attitude purement intellectuelle avec une attitude de supériorité aux gens qui n’ont pas lu toutes les abstractions de Roland Simon ou qui n’ont pas lu toutes les tômes du Capitale 1000 fois et peuvent les cité aussi vite que d’autres gens peuvent bailler. C’est une théorie sans aucun risque pratique , sans des conséquences pratiques. Cette attitude purement intellectuelle demande aucune scission avec les comportements hierarchiques du monde existant et ce n’est pas très dificile pour les gens indélogeable dans ce rôle hierarchique de se « transformer » sans gêne en politicien(ne). Ce n’est pas étonnant d’entendre que le TPTG a rompu avec Blaumachen en 2009 précisement à cause des manipulations Machiavelliennes de Woland.

Il y a aussi un lien avec ce mentalité politique et le determinisme de Théorie Communiste. Ceux qui ont leurs propres « bonnes raisons » de voir une révolution comme quelque chose inévitable toujours produisent une hierarchie dans laquelle les partisans qui reconnaissent leur explication sont placés au sommet, les neutres (jusqu’à maintenant) masses sont au milieu et leurs opposants, qui peuvent avoir raisons conccurents ou pas de tout des raisons, sont en bas. Determinisme est un résultat logique de la séparation créer par les revolutionnaires entre eux-mêmes et le prolétariat. Si on ne peux pas conceptualise les masses comme individus capables de déterminer les conditions de leur existence par un choix conscient, comme des gens capable de choisir de faire une révolution, puisque c’est nécessaire pour une groupe éclairé spéciale de fournir eux avec une motivation externelle qu’ils ne peuvent pas résister et que deviens une mentalité de foi dans la pensée de cette groupe qui remplace leur propre théorie, leur propre point de vue…

effectivement, peu importe les réflexions sur ma personne

un bémol théorique : je ne parlerais pas de « déterminisme » mais de structuralisme conceptuel abstrait, et d'un sens de l'histoire et du présent tordus par un enfermement dans cette conception de la théorie

Théorie Communiste point d'orgue ?

en sus de ce que dit Samsanto, le décalage avec les luttes communistes est grave en proportion de ce qui est valide ou faux dans son corpus : quoi de plus vrai que le concept de base de la communisation ? C'est à quelque chose près, nonobstant ses « powerpoint » épinglés par Roland Simon dans Fin de parti[e) (sic), la conclusion tirée dans l'éditorial de Endnotes3 après la rupture de Sic, texte de si mauvaise réputation pour dndf/TC

mais ce concept de communisation, nous l'avons encore en commun, sachons ne pas l'oublier

pour le reste, le constat de Samfanto sur les comportements est le même que le mien (le théorisme, maladie sénile du communisme), comme celui de l'absence de lien organique avec les luttes et avec les communistes qui y participent, le tout durant depuis les origines de la théorie de la communisation en version Théorie Communiste, c'est-à-dire depuis près de 40 ans

pour autant, ai-je dit, je n'accorde ni à l'événement Woland/Blaumachen, ni à la fuite en avant, ou plutôt en arrière, de TC, une grande importance. Ce qui compte, l'abcès étant enfin crevé, c'est ce qui pourra être fait par les communistes maintenant dans les luttes ou à partir d'elles, pour (re)construire dans le sens de la communisation

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classe, genre, race : pour en finir avec les "inepties" historiques et structuralistes de Théorie communiste

l'Histoire à l'envers selon pepe 21:22

rapidement...

pepe dndf 12 avril : « Pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, je ne disais pas que je comprenais, dans les positions de TC, que la distinction de race était propre au mode de production capitaliste (donc récente) mais qu’elle découlait de la double contradiction de base des sociètés de classes, la contradiction de classes articulée à la distinction de genres

la distinction de race, comme nous venons de le redire dans traite arabe des Noir.e.s , Commerce triangulaire européen, Capitalisme et racisme moderne à propos de la remarque d'adé, est construite dans sa forme moderne par la nécessité de créer, idéologiquement, politiquement, économiquement, militairement et le tout massivement de façon pratique car visible, par une distinction de couleurs et d'origines, une catégorie de population à part, inférieure aux Blancs, justifiant l'esclavage, la traite et l'exploitation dans les plantations annonçant les usines, etc.

1) la distinction de race n'est pas ultérieure à la contradiction de classe puisqu'elle participe de sa production historique;

2) la distinction de race ne « découle » pas en elle-même de la « contradiction de genre » (bizarreté dialectique qui débouche bien ou mal comprise sur le « détruire les hommes et les femmes » d'Incendo Genre&Classe), même si le sort des femmes est différent, puisqu'elles doivent reproduire des esclaves nés hors d'Afrique, reproduction comme preinipale force productive comme l'a analysé Théorie Communiste (les dates d'abolitions de la traite et de l'esclavage sont décalées dans le temps et selon les régions du monde, en fonction des luttes des esclaves, des intérêts capitalistes locaux, des politiques des États concernés et de leur poids dans les confrontations géopolitiques inter-impérialistes d'alors, et en dernière analyse de l'intérêt général de passer de l'esclave au salariat sans lequel le capitalisme ne peut étendre sa domination mondiale)

3) l'articulation dans le capitalisme de la contradiction de classe et de la distinction de genre est au plus tôt concomittante (avant il n'y avait pas de mode de production capitaliste), au plus tard produite dans le capitalisme déjà constitué comme mode de production formelle, tel que l'analyse Marx à son époque

j'ai donné des exemples concrets [à retrouver...] de la construction de la race sur la terre américaine même. On voit très bien qu'elle n'est pas immédiate, et en quelque sorte pas liée au principe de la déportation humaine de masse comme force de travail, qui elle n'a pas une raison raciale 

métissages sociaux et raciaux par l'appropriation blanche-mâle des femmes 'indigènes', et conséquences encore aujourd'hui

la construction non de "la race" mais des races" dont la blanche qu'on oublie le plus souvent, se fait sur place dans le temps, avec tous les intermédiaires dus aux métissages, consécutifs le plus souvent aux viols des femmes noires par les maîtres, avec tout ce qui s'en suivra de « bénéfices secondaires » ou à l'inverse de dommages, selon la gradation de la « noirceur » ou de la « blancheur », une vision différente chez les protestants et les catholiques (dans un cas, un peu blanc, tu es blanc, donc un être humain susceptible d'être converti; dans l'autre un peu noir tu es noir, donc un animal. Cf Controverse de Valladolid ou autres plus tardivement)

de ces gradations subtiles bien connues aux USA et dans les Caraïbes, et selon les origines et l'évolution sociale des descendants d'esclaves ou d'affranchis, cela peut donner au pire les confusions à répétitions d'un Yves Coleman dans sa chasse aux « islamo-gauchistes » et autres « communautaristes identitaires » qu'on retrouve chez certains « camarades », tout ça sur fond de problèmes psychologiques graves d'identité individuelle non réglés, tels qu'analysés par Fanon dans Peau noire, masque blanc. Le tout est recouvert du prétexte idéologique et antiraciste universel de l'antisémitisme, en déniant toute validité au concept d'«islamophobie », dont l'intérêt est politique du fait de son sens compris par tous, ni plus ni moins rigoureux qu'antisémitisme, comme le rappelle Houria Bouteldja

l'irraison de la raison vs la "science" du « marxisme historique et dialectique »

parfois le réel est rationnel au-delà de la raison, et surtout de la folie de langage qui menace quand on veut à tout prix avoir raison (allant « vite en besogne, le cœur prenant le pas sur la cervelle» Roland Simon)

pepe soutient par conséquent une mauvaise historicisation, un double ou triple anachronisme, le premier concernant l'invention de la race pour le capital, les deuxième et troisième concernant le lien du genre à la race et à la classe

j'ai montré depuis un an, en me fondant sur les luttes où elle sont présentes, à propos d'intersectionnalité classe/genre/race, comment il fallait prendre les 3 tour à tour 2 à 2 dans leur rapport à la 3ème, puis articuler le tout ensemble comme structuré à dominante, et non structure d'essentialité de la race ou du genre s'ajoutant à la structure de classe du capital - c'est la démonstration 'scientifique' (comme on parlait jadis de « socialisme scientifique » ;-) dont Dauvé formule - plus bas - le résultat

avec de telles croyances structuralistes à l'emporte-pièce, on peut conserver la construction genre/classe en contradictions dites « consubstancielles » et minorer la distinction de race, puisqu'il est bien sûr impossible d'en faire une contradiction structurelle du capitalisme

si on regarde ça sérieusement et de plus près, la théorie classe-genre de Théorie communiste s'effondre, tout simplement

tout ça n'enlève rien aux femmes, et sans besoin de les « détruire », ne « secondarise pas le genre par rapport à la race » comme le prétendait Bernard Lyon dans Utérus versus Mélanine

il suffit de se rendre à la raison, comme comme celle de Gilles Dauvé par exemple, quand il écrit en 2012 dans Et maintenant:

« Il existe des réalités structurantes et d’autres structurées. Par exemple, la question du travail détermine la question sexuelle, mais on ne détruira le travail qu’en détruisant aussi la division sexuelle du travail, c’est-à-dire en bouleversant le rapport homme/femme. Il ne s’agit pas de reléguer les concepts de classe et de prolétariat à une place secondaire, mais de leur donner leur plein sens aujourd’hui

résultats et conclusion : la communisation, comme théorie, comme lutte de classe, et comme activités des communistes, n'a que faire des fantasmes conceptuels à « sexe sans excès » de Roland Simon, de ses ouailles et de ses oies du capital

exit leur théorie classe-genre laissant les races dans l'ombre de leur blancheur théorique immaculée et intouchable

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Astérix chez les Grecs

(en France depuis Charlie, on peut rigoler de tout)

la théorie de la communisation aux antipodes de Marx ? 15:46

la main du diable, l'autre côté du monde, et qui tire les ficelles : un détail de l'histoire ?

« Vouloir prendre à bras le corps la compréhension réelle de ce monde, ou au moins s’y essayer en évitant par exemple de répéter les mêmes généralités entendus depuis des années et déjà fausses en 1975, conduirait obligatoirement à la mise en cause de quelques certitudes, et je ne pense pas les communisateurs capables de cet exercice. » Et maintenant ? TropLoin 2012

allant « vite en besogne, le cœur prenant le pas sur la cervelle» Roland Simon

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation Faut rigoler... avant qu'le ciel nous tombe sur la tête

un paradigme grec ? / des analyses partielles et partiales / heureux qui communiste a fait un court voyagedes « prémisses » fausses à l'origine de la théorie de la communisation, en 1975 / eurocentrisme et réductionnisme économique / un sous-marxisme européen provincial et provençal : une régression marxiste / faiblesses théorique, psychologique et politique / le pire n'est jamais improbable 2 / sans espoir de retour

un paradigme grec ?

lisant les analyses sur les luttes de classe en Europe, et plus particulièrement en Grèce, par exemple les textes TPTG : Sur Syriza et sa victoire aux récentes élections générales en Grèce, Syriza ne peut pas sauver la Grèce : Pourquoi il ne peut pas y avoir de sortie électorale à la crise, Grèce : Est-il possible de gagner la guerre après avoir perdu toutes les batailles? Blaumachen Grèce et Communisation, plusieurs points communs me frappent :

ces points sont communs c'est-à-dire plus importants que ce qui feraient les désaccords entre les positions de TPTG et Blaumachen/ex-Sic.

quand on lit ces textes, pas de problèmes a priori, ils sont très informés, écrits et articulés intelligemment. Pour peu que l'on soit armé de la théorie pleine de trous qui prétend dire le tout sur le tout, on ne voit pas ce qui leur manque. On se laisse alors bercer et berner par leur grande cohérence interne, ce fut mon cas des années... Naturellement cela justifie que l'on fasse silence sur ce qui permet de saisir ce manque, sans l'esquisse d'un argument théorique. C'est tellement plus facile d'accuser les autres de « paranoïa » et d'en faire une « polémique » entre personnes, mais ça fera long feu...

en effet, ce sont des analyses gréco-grecques de la situation grecque, et peut-être cela explique-t-il, nonobstant une apparente compréhension du capitalisme mondial et de la lutte des classes en général, que cette situation soit si peu replacée dans ce qu'est la Grèce dans le monde, son poids démographique, son poids économique, la structure de son économie et sa dépendance énergétique, industrielle et agricole, le caractère fortement tertiaire en proportion d'emplois etc.

des analyses partielles et partiales

il en résulte une focalisation compréhensible sur la lutte de classe en termes de classe ouvrière d'une part, de forces politiques et syndicales représentant les différentes strates sociales et de luttes radicales dans lesquelles les anarchistes de gauche participent le plus fortement à la dynamique des luttes contre l'État et le capital, ceci avec des caractéristiques qui tranchent - leurs capacités et leur niveau qualitatif - avec ce qu'ils représentent en France, par exemple, où nombre de prétendus anarchistes sont plutôt folkloriques

corollairement, rien sur l'agriculture - la Grèce est très dépendante de ses importations - et la paysannerie, dont la production est très spécialisée et constitue une faible part de l'approvisionnement de la population en nourriture. Pas de problème, la Grèce est la Grèce, toute la Grèce, rien que la Grèce, mais le monde mange. Le monde est fait de la terre dont il se nourrit, ou crève : voilà un paradigme mondial. Je me souviens de Bruno Astarian me racontant sa carrière comme expert des échanges économiques transnationaux... de céréales, source de blé capitaliste s'il en est, et marchandise à valeur d'usage nourrissant son homme, et ses femmes, pour reproduire des prolétaires grecs, ou pas

heureux qui communiste a fait un court voyage

je ne vois pas, dans ces conditions, comment on peut même poser la question d'un « enlisement actuel des luttes et de l’incapacité conjointe du capital à se restructurer, situation dont la Grèce serait le paradigme ? ». Cet « enlisement » n'est effectivement pas impossible au plan mondial selon ce qu'on peut observer ailleurs. Mais « l'incapacité du capital à se restructurer », d'abord est-elle strictement « conjointe » à cet « enlisement des luttes » (l'implication réciproque n'est pas un mécanisme réduit à ces deux termes); ensuite cette impossible  restructuration du capital (mondial, précisons, et non européen) découlerait-elle essentiellement de ce qui caractérise la situation grecque, alors qu'il n'est pas fait mention des luttes et du capital en Chine ou dans les pays émergents, ni des bras de fers concurrentiels transnationaux et de la géopolitique économique des États ?

cette question, à mon sens inepte ainsi posée, repose de plus sur l'épiphénomène du « retour aujourd’hui à Francfort du couple Black Block* / démocratisme radical », dont LA théorie avait décrété la mort depuis la crise de 2008...

* Nouveau siège de la BCE : 17 000 manifestants contre l'austérité à Francfort Le Parisien 18 mars

alors de quoi « la Grèce serait le paradigme » ? de la Grèce beaucoup, de l'Europe un peu, mais du monde... euh : heureux qui comme Ulysse a fait un tour en Méditerranée ?

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation la Communisation : une Croisière en Méditerranée ?

« Aux barbares il convient que les Hellènes commandent » Euripide, Iphigénie à Aulis, 14OO, cité par Aristote dans « Les Politiques » adé dndf 12 avril

qu'un tel événement soit « un événement mondial » (RS 2005 à propos des émeutes en France), et qu'il ne puisse s'expliquer que par une situation mondiale dans le moment présent du capitalisme, c'est une évidence. J'ai fait remarqué alors (pour en finir avec mon communisme-théorique juin 2012), pour simplifier, qu'une condition nécessaire et une conjoncture locale ne sont pas une condition suffisante et une conjoncture mondiale, et ni l'une ni l'autre ne sont ce qu'on appelle en mathématiques une implication réciproque. Le tout mondialisé détermine certes la partie, mais faire remonter cette petite partie pour en faire un « paradigme » mondial voire européen me paraît assez fantaisiste

en d'autres termes, ces analyses de « partisans de la communisation », de la même façon qu'ils prenaient leurs désirs pour des réalités au plus fort des manifestations et émeutes en Grèce dans la période 2005-2010, prennent leurs angoisses grecques pour la réalité du monde aujourd'hui

des « prémisses » fausses à l'origine de la théorie de la communisation, en 1975

une remarque (dndf 9 avril) de Oserons-nous vaincre ? recoupe sur un point essentiel le cœur de mon texte Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes

Oserons-nous vaincre ? n'est « pas très friant de la théorie de la communisation », mais... « RS a bien raison d’essayer de se démarquer de la théorie critique de la valeur. » Nous sommes nombreux d'accord sur ce point, mais... 

c'est dès les analyses de la période de 1968 et de la décennie qui suit - avec certes de justes vues sur la restructuration du capital et la fin du 'programmatisme' - que les courants radicaux héritiers de l'ultra-gauche historique achevée, communisation et autres (Temps Critiques...) se sont focalisés sur la petite Europe et n'ont depuis cessé, à quelques excursions théoriques près (en Argentine, en Algérie, au Moyen-Orient, pour Théorie Communiste, remarquablement pour Astarian/ Hic Salta en Chine et dans les bidonvilles du monde)

c'est alors que s'enracine une approche eurocentriste, une idéologie ethno-centriste, une théorisation et un langage post-philosophiques et occidentaux, le tout assez éloigné des méthodes de Marx, qui plombent la théorie de la communisation dans sa prétention à dire le tout du capital et des luttes de classes mondiales. Dès lors que les présupposés sont faux, les prémisses sur lesquelles est fondée la théorisation aussi  :

« Il est impossible de comprendre les mouvements dans les pays occidentaux dans les années 1970 sans tenir compte des guerres de libération nationales comme prémisses (1945-1970).
Pour cela l’autonomie italienne n’est pas à mon sens le moment le plus haut de cette période, sa synthèse. L’Italie n’avait plus de colonies dès 1943 mais il y a bien à la base un rapport entre les ouvriers du sud et ceux du nord.
A un niveau global, ce sont les black panthers qui nous donnent la synthèse de l’époque, à mon avis (abstraite si on veut mais…). Dans la métropole mondiale du capital qu’était les E-U, synthèse des luttes de libération nationale par des combattants communistes eux-mêmes et précisément difficulté à dépasser le problème.» Oserons-nous vaincre ?
dndf 9 avril 

eurocentrisme et réductionnisme : une régression marxiste

eurocentrisme et réductionnisme politico-économique ne sont donc pas un vain mot pour caractériser la vision peu sérieuse de ces « théoriciens » de la communisation en terme de « critique de l'économie politique » à la façon dont Marx écrivait Le Capital ou observait les événements du monde entier - par exemple dans le dernier tiers de sa vie l'Inde, les Amériques, la Russie aussi bien que l'Angleterre, la France et l'Allemagne, jusqu'à entrevoir les possibilités d'approches multiculturelles et multilinéaires de révolutions communistes, qui pour lui auraient eu alors comme enjeu de trouver leur liaison - cf les deux derniers chapitres et la conclusion du livre de Kevin B. Anderson - Marx aux antipodesDes Grundrisse au Capital : des thèmes multilinéaires, Les écrits tardifs

Marx, comme le montre Anderson, relie à la fin de sa vie ce qu'il a eu sous les yeux dans les diverses parties du monde, ce que ne fait jamais Théorie communiste, se concentrant tour à tour sur tel pays, telle partie ou tel aspect des deux contradictions « consubstancielles » ânonnées par pepe, et proposant des « Où en sommes-nous ? » qui tiennent plus du besoin pathos-logique - comme sa théorisation du genre - de faire rentrer le tout dans les contradictions dialectico-structuralistes du corpus antérieur, daté des années 70, et traînant ses fausses prémisses comme des casseroles théoricistes

bien sûr, il ne s'agit ni, comme dit Karl Nesic, d'anticiper l'avenir de l'histoire en « se trompant de période historique », ni, comme l'explique Anderson, de confondre le passé à l'époque de Marx avec le présent de la nôtre. Les dernières pages de la conclusion :

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

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un sous-marxisme européen provincial et provençal

mais le problème n'est pas là. Il est celui d'une régression analytique de la théorie de la communisation quant au capitalisme même comme économie politique et comme luttes entre classes partout dans le monde, par rapport au marxisme de Marx, d'une vision infiniment plus large et dialectique, tant du point de vue historique que culturel et idéologique

entendons-nous bien, je fais pire ici qu'accuser les « Marseillais » de Théorie Communiste de « marxisme orthodoxe » ou de « marxisme traditionnel », la critique superficielle et d'un trait de plume d'un Clément Homs de la Wertkritik French manière : je vois plutôt chez eux un sous-marxisme provincial européen

concernant la critique de l'économie politique, on a vu, avec d'autres intervenants et les remarques de Bruno Astarian, de récentes interrogations marxistes aux USA et en France, opposant grosso-modo des économistes souvent post-trotskistes, le géographe David Harvey et Negri/Hardt avec leur concept d'Empire, qui ressemble à la vision de Théorie Communiste, de Temps Critiques ou de Jacques Camatte d'un capitalisme ayant achevé sa domination réelle, autrement totale sans reste sur le monde (hypothèse déjà formulée en 2006 dans Communisation Troisième courant : c'est l'évidence qu'en de nombreuses régions du monde, le capitalisme fonctionne en subsomption formelle (sur la plus-value absolue), c'est encore l'impossibilité de montrer au niveau mondial une « baisse tendancielle du taux de profit », des capitaux transnationaux fermant des sphères à la concurrence avec des aspects contradictoires de l'intervention nécessaire des États au niveau géo-économique, géo-politique, idéologique et militaire. C'est en corollaire la pertinence d'interroger une nouvelle forme d'« impérialisme » qui relance de fait la problématique post-coloniale, ou dé-coloniale

inutile de faire un dessin concernant la période actuelle, la stratégie américaine et la situation française en particulier, en relation à 'la question indigène'

est-il nécessaire de faire remarquer qu'aborder ces questions en les séparant et en les réduisant sur le plan théorique (race et classe, esclavage et race, racisme et capitalisme...), ou pire tenir à l'encontre des 'indigènes'  des propos généralisateurs frisant le racisme de l'idéologie dominante française, tout ça pour se payer du Patlotch, ne fait qu'abonder dans le sens d'un problème réel à multiples facettes s'articulant logiquement et en cohérence, tant dans la construction théorique que je propose, que dans les réactions ou non-réactions qu'elle suscite : il n'y a pas de fumée sans feu, mais des feux sans fumée, oui, et des fumés nauséabonds

faiblesses théorique, psychologique et politique

ce réductionnisme eurocentré, qui confine à un nombrilisme théoriciste, n'est pas de nature à offrir de grandes perspectives d'avenir à ce courant malade de sa fermeture aux autres, que ce soit par sous-estimation de leur situation de race, ou pour traiter en chiens crevés les théoriciens marxistes du monde entier qui n'ont pas leurs présupposés réducteurs, et si manifestement faux, comme finissait par le reconnaître Karl Nesic :

« Vouloir prendre à bras le corps la compréhension réelle de ce monde, ou au moins s’y essayer en évitant par exemple de répéter les mêmes généralités entendus depuis des années et déjà fausses en 1975, conduirait obligatoirement à la mise en cause de quelques certitudes, et je ne pense pas les communisateurs capables de cet exercice. Quelques exemples en vrac : [...]

- Un européocentrisme qui n’ose pas dire son nom, qui pose comme impossible le développement économique, politique et social de pays dits émergents comme la Chine ou l’Inde. Je ne dis pas que ce développement adviendra nécessairement, mais qu’il demeure une forte probabilité, si ce n’est possibilité. Constatons que le capitalisme chinois a pu créer en quelques années un marché solvable au niveau européen ou nord-américain de quelque 400 millions d’individus. Reconnaître cette évolution permettrait à tout le moins d’éviter une compréhension idéalisée du développement auto-centré de l’Europe et des USA pendant les « 30 Glorieuses ».» Karl Nesic Et maintenant ? TropLoin 2012

à l'expérience, et malgré de timides avancées - dont témoignent les interrogations, qu'ils jugent eux-mêmes « perspective théorique hasardeuse » à propos du Black Feminism (mon billet ci-dessous) - je ne les crois pas non plus « capables de cet exercice ». Je les perçois, à tord ou à raison, ligotés par eux-mêmes, auto-bloqués sur trois points :

1) la faiblesse théorique des présupposés ininterrogés de l'héritage d'ultra-gauche aggravée par leur structuralisme mécaniciste et leur esprit de système,

2) la faiblesse psychologique à l'auto-critique pour reconnaître leurs erreurs, dépasser leur sectarisme, leur esprit de parti, leur mauvaise foi fleurtant avec une malhonnêteté intellectuelle typique du militantisme gauchiste, et l'égotisme de leur théoricien principal (et des théoriciens secondaires dans la concurrence), tendant à se considérer comme l'ennemi principal du capital sur un plan théorique « adéquat à l'époque » - une sorte d'Astérix de la communisation remonté par la potion magique de la secte dont il est le gourou,

le pire n'est jamais improbable 2

3) une tendance à écarter tout ce qui les dérange avec des procédés rappelant les retouches des photos sous Staline, autrement dit une troublante capacité à répéter ce qui conduisit, pour commencer, à éliminer les communistes les plus conséquents, pour finir par les drames humains des tragédies mondiales consécutives à la Révolution d'Octobre

c'est l'élément le plus inquiétant pour la suite et dans les situations de luttes, où personne n'aura envie qu'on lui tire dans le dos pour la bonne cause en juste théorie : l'auto-incorporation-destruction à l'insu de son plein gré d'un non-prolétariat en devenir. Il y a toujours des petits soldats pour ces basses besognes, et l'on en a déjà un aperçu, puisque tant s'en accommodent sans broncher dans le "milieu" et alentour

sans espoir de retour

au total, pas grand espoir d'une intégration des problèmes et questions nouvelles posées à une théorie de la communisation ouverte aux réalités complexes du monde actuel


la main du diable, l'autre côté du monde, et qui tire les ficelles : un détail de l'histoire ?

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11 avril

femmes, races, classes 17:44

Black Feminism, enjeu théorique, enjeux des luttes : Théorie Communiste et moi, plus loin...

chose promise, remise et due, les notes de lectures de Théorie Communiste n°24 sur le Black Feminism, à partir du livre éponyme d'Elsa Dorlin, Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000

photographie de l'intégralité des notes, certains passages surlignés pour qui a moins de temps

ce court texte situe de fait les accords et désaccords que nous entretenons, TC et moi, sur l'articulation class/genre/race. On y trouvera des proximités surprenantes, et l'irréductible, pour l'heure, écueil du structuralisme en dialectiques des contradictions qui hante la production théorique de TC depuis sa création en 1978, celle qui faisait dire dès ce début à Jacques Camatte : Théorie Communiste, structuralisme prolétarien

je n'ai pris connaissance de ces notes qu'après mes propres élaborations, et notamment après avoir écrit le texte la communisation comme abolition du racialisme + hic salta ou franchir le pas, TC théorie blanche occidentale en janvier 2014, et parce que je me fondais sur ce que j'avaissous la main de TC, notamment sa construction classe/genre

un point capital est, après les pages analytiques, et avec un sous-titre signifiant une question ouverte

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

on a ici concentré le "désaccord", vouloir (TC) ou non (moi) faire rentrer le « rapport de race à l'intérieur de la construction consubstancielle classe/genre », et la possibilité d'un accord, « ne pas perdre la totalité dans une addition sans principe, sans structure à dominante »

je dois dire que « structure à dominante », que TC emprunte, naturellement, à Louis Athusser, parce que j'étais déjà tombé dessus dans mes premières lectures de Stuart Hall, avant d'avoir le texte complet de la compilation de Maxime Cervulle (Stuart Hall, Identités et cultures 2, politiques des différences, un cadeau du dernier Noël avant Charlie), un texte publié par Contretemps : « Stuart Hall, "Race, articulation et sociétés structurées 'à dominante'"(extrait) », dont j'ai donné des extraits plus larges pour notre commun sujet dans le monde et le capital, l'Occident et les autres

de façon évidente, cela me donnait la clef à la fois d'un rapprochement avec TC, et d'une ré-élaboration après coup de mes constructions antérieures, dépassant la question classe/race stricto sensu pour la saisir l'angle de l'identité. Du même coup, je reliais la question classe/race à celle du dépassement des identités de luttes... de classe, initiée par un texte que j'avais soumis à la discussion sur le forum-communisation de Robin comme un appel du  18 juin 2014 : 'dépasser les identités de classe, genre, race, nations, religions... d'individus du capital et les identités militantes' texte prolongé depuis dans diverses directions

de façon moins évidente, une autre ouverture, parce que je ne m'étais pas penché sur cette 'dichotomie', dans le marxisme, entre historicisme et structuralisme, aussi lourde de sclérose à mon sens que la « coupure épistémologique » d'Althusser entre « jeune Marx » (Idéologie allemande..) et « Marx de la maturité » (Le Capital), entre « humanisme-théorique » et « marxisme scientifique post-philosophique »... qui a sans doute pesé sur la formation théorique précoce de Roland Simon plus que sur la mienne, longue et tardivement mûrie

cette ouverture, je l'ai précisée par les remarques du linguiste marxiste Jean-Jacques Lecercle sur Raymond Williams (plus bas), autre fondateur marxiste, avec Stuart Hall, des Cultural Studies, dans l'Angleterre des années 60, à propos desquelles j'ai récemment souligné mon étonnement que tout ça ait pu échappé à Endnotes : conflit de générations ?

ce n'est donc qu'à partir de là, et intégrant d'autres points plus ou moins reliés, que j'ai pu formaliser mon texte de synthèse Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes, parce que je sentais que c'était assez solide, assez ouvert et assez cohérent pour parler à qui manifeste un minimum d'intérêt pour la théorie communiste, communisation nommée ou pas, mais quoi qu'il en soit orientée par la lutte de classe, contre la domination masculine et la racialisation, et par sa compréhension comme combat communiste nécessitant des activités de communistes, autrement dit faute d'autre terme et malgré sa mauvaise connotation, de militants ou d'activistes

les questions laissées en suspens par TC dans ses notes de lectures sont tout à fait pertinentes de son point de vue, compte tenu du corpus tel qu'il est. C'est donc à TC de poursuivre sa réflexion sur cette base s'il y tient. Pour ma part, je pense que c'est la quadrature du cercle, et je pense proposer une "issue de secours" théorique parfaitement compatible, si l'on ne chipotte pas sur les contradictions et autres mécanismes bien bon à faire des théories sur le papier

pour le reste et comme on l'a vu, il y a d'autres aspects théoriques, mais tous les théoriciens de la communisation sont pour l'heure muets sur la question (moins Dauvé quand même), et surtout des problèmes de pratiques théoriques ou de comportements sectaires qui franchement, ne sont plus de saison ni de raison. Je me félicite que plusieurs intervenants sur dndf ait approché ces questions en termes plus ouverts, gage d'une chantier qui n'a pas fini d'être enrichi

bonnes lectures

PS : après ça, je dénie à quiconque le diroit d'insulter Roland Simon autant que moi, et particulièrement à tous ceux qui, pour reprendre l'expression de pepe, ont « chié sur la table » de la communisation où il ont refusé de poser la question de la race à l'appel des 'Américaines' (Metamute*), de Endnotes3 et du mien, depuis plusieurs années

*« The race question has yet to be put on the table for communisation theory » ?

la race question est maintenant posée sur la table de la théorie de la communisation !

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

la suite dans Black Feminism et d'autres non "blanches"

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on ne met jamais deux fois le pied dans le même fleuve... de la communisation

« Ce avec quoi, continuellement ils sont le plus en relation, avec celà ils sont en désaccord, et [les choses] qu'ils rencontrent jour après jour, elles leur apparaissent comme étrangères » HERACLITE, Fragments, 72

rien ne vaut un philosophe grec pour rester philosophe, merci à Héraclite

ajout d'un texte que vient de publier dndf : Grèce et communisation. Un texte fort instructif, et qui laisse entendre que les clivages entre TPTG et Blaumachen, au-delà de l'épisode relaté plus bas, seraient moins profonds ou plus complexes que ne le dit la note de TPTG, ce qui n'enlève rien au problème qu'il pose et à l'analyse différence qu'il propose, ni à mes remarques quant aux relations privilégiées entre ex-Sic excluant les autres du débat sur la communisation, bref un copinage entre « camarades » bien loin de favoriser des activités communistes transversales comme souhaitable à mon sens

il est vraisemblable que là-bas comme ici, de tristes histoires entre personnes, quand ce n'est pas de cul, de culte ou de jalousies égotistes, n'ont pas fini de perturber le blabla, c'est pourquoi tenons ferme à l'idée que la vie est ailleurs

il est sain que les chemins vers la révolution communiste se clivent ou prennent plusieurs directions, dans la mesure où elles ne sont pas incompatibles. Pas de concurrence sur le terrain des luttes pour la communisation, qui n'a ni centre ni guide, et de ce point de vue l'esprit du 'troisième courant' ne craint personne, puisqu'il embrasse plus largement et suggère à chacun.e de prendre sa place en commune, sans ni label ni libelle, la belle toujours inconnue...

tous les chemins mènent à Rome, c'est pas très loin d'Athènes... Hic Salta !

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contre les fragmentations d'un potentiel sujet révolutionnaire, pour la subjectivation révolutionnaire, œuvrer à la transversalité de l'activité des communistes 14:11

avec Marx, Flora Tristan, Angela Davis, TPTG, et les autres : tâches immédiates, stratégie et politique, interventions communistes

« Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier...» Marx dans Le Manifeste 1847 prolétaires et communistes 

« Pour nous, l'abolition du travail salarié, de l'échange des marchandises, de la démocratie, de l'État, des séparations et fragmentations au sein du prolétariat, restent encore non seulement un objectif souhaitable, mais aussi une potentialité pratique qui se dégage de façon contradictoire dans les luttes de classes, chaque fois qu'elles surmontent leur caractère partiel. Le mouvement historique pour le communisme - dont nous pensons faire partie – est une nécessité pratique qui vient dans les impasses des contradictions et du mouvement décadent des rapports sociaux capitalistes, et par les luttes de tous les jours des prolétaires. C'est la recherche continue et ardue de la recomposition de la communauté humaine (Gemeinwesen).» TPTG about us

repartons de ce fragment de TPTG, dont je ne sais au juste s'il se réclame de la "communisation", mais peu importe. Les passages en gras concernent le sujet de « la fragmentation au sein du prolétariat ». C'est la question souvent abordée de la subjectivation révolutionnaire, de la « nécessité pratique » qu'elle émerge des « luttes de tous les jours des prolétaires », mais si le but est clair, « la recomposition de la communauté humaine », les chemins ne sont pas tracés

les considérations de la théorie de la communisation concernant les partis et organisations communistes n'ont de fait pas été beaucoup plus loin que les deux phrases tirées du Manifeste de 1847, et l'on a vu l'impasse de vouloir organiser des réseaux sur la seule base de la théorie, l'expérience Sic et ses suites déplorables étant le contre-exemple à ne pas suivre

« L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » est repris 20 ans plus tard dans l'Adresse inaugurale, rédigée par Marx, pour la création en 1864 de l'AIT, Association internationale des travailleurs : « L'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes »

il ne suffit pas de le dire, ni même d'en être convaincu, puis se poser en instance théorique ou politique faisant le contraire, ni pour autant de nier la nécessité d'une intervention des communistes. Le Manifeste poursuit :

1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.
Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat.
Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde.
Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classes existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux.

si l'on retire du « but immédiat des communistes » la « conquête du pouvoir politique par le prolétariat », on enlève à ce passage son caractère de programme prolétarien, l'étape de la prise du pouvoir par le prolétariat, ou son parti, ce qui signifie aujourd'hui ni Dictature d'État du prolétariat, ni autogestion ouvrière, ni démocratie à la base (qui suppose un sommet), ni auto-organisation sociétale autonome des zones « libérées », mais processus révolutionnaire continu « d'abolition du travail salarié, de l'échange des marchandises, de la démocratie, de l'État » (TPTG)

le passage demeure valable pour les communistes d'aujourd'hui, avec une question relative à : « Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres [...]. Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers »

ce n'est pas tant que Marx aurait dicté ce qu'il convient de faire un siècle et demi à l'avance, c'est une manière de penser à partir d'un texte qui avait une double fonction théorique et politique, pratique et militante. Ces deux affirmations sont partiellement contradictoires, puisque dans la première, les communistes sont la fraction stimulante des partis ouvriers, dans la seconde leur but est le même que ces partis

l'histoire est passée par là et l'on a vu le résultat, n'y revenons pas, mais considérons néanmoins notre situation, et pour ma part, je m'en tiens à la France, tout en ayant en tête la question internationale, ou plutôt transnationale, comme les capitaux

qui dit qu'il n'y a pas, dans les partis et organisations, ou en dehors s'organisant le temps d'une lutte, ou isolés qui voudraient bien mais ne savent pas comment... des individus communistes qui seraient prêts à inscrire leurs activités dans un tel objectif, qui dit qu'il n'en existe pas qui le feraient déjà ?

ont-ils besoin d'un objectif clair ? Oui : « théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien »

ont-ils besoin d'un guide théorique ? Non. D'une compréhension du moment présent du capitalisme ? Oui : « une intelligence claire des conditions ». « Les fins générales du mouvement prolétarien » ? Ils les ont : «  abolition du travail salarié, de l'échange des marchandises, de la démocratie, de l'État »

« L'intelligence claire de la marche » à suivre, ou plutôt à improviser en marchant, au sein des « luttes de tous les jours » afin d'en « dépasser les limites » (Théorie Communiste) ou de « surmonter leur caractère partiel »... voilà qui semble le plus difficile

difficile objectivement parce l'ennemi de classe est en face, dans certaines fractions des luttes aussi

difficile parce que les obstacles sont bien souvent dans la tête même des communistes. Ils s'appellent esprit de parti, dogme révolutionnaire, subjectivisme/objectivisme d'avant-garde théorique ou politique, sectarisme inter-partis, et l'idée têtue que pour en finir avec la segmentation et la fragmentation du prolétariat, il faut représenter ou poursuivre l'objectif immédiat pourtant impossible de l'« unité de classe »*, « faire converger » les luttes pour « toutes les émancipations », ce qui se résume le plus souvent à créer des associations de partis et organisations (démocratisme radical, altermondialisme et Forums sociaux citoyens...)... Bref, tout ce dont les communistes savent que ce sont des vœux pieux toujours confrontés à l'échec

* exemple parmi mille, où rien ne manque, gratiné dogmatique : Construire l'unité des travailleurs dans la lutte de classe Rassemblement organisé des communistes marxistes léninistes

gardons pour la bonne bouche que, prétendant rassembler, ils divisent, et que rassemblant, c'est sur un dénominateur commun sombrant dans la pâleur réformiste et ouvrant une alternative capitaliste... au capitalisme

le point sur lequel j'ai insisté sur le plan théorique, mais qui a peut-être le plus de possibilité d'être entendu et de faire l'objet de paroles et d'actes concrets sans attendre, c'est l'idée du dépassement à produire des identités sous lesquelles se manifeste, de manière fragmentée voire contradictoire, les luttes de classe (abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus)

on ne va pas résoudre cette question par des débats et des palabres théoriques sur la communisation. Elle n'a pas besoin de se réclamer (au double sens de revendiquer la vérité théorique ou de faire la réclame = la publicité ou la propagande) de la communisation pour être mise en œuvre dès demain matin par qui ne l'aurait déjà fait avant-hier. Les débats peuvent prendre tout leur temps et en faire perdre autant aux communistes qui entendent la théorie d'une oreille pratique

là, ce serait un début de dépassement produit de l'identité de militant d'un parti ou d'adepte d'une théorie, un dépassement même de l'identité communiste, qui n'a pas besoin de nom pour être, penser et agir, et pas davantage de celui de communisation* quand on considère la fermeture qu'il a produit depuis qu'il est un tant soi peu connu, c'est-à-dire depuis une douzaine d'années. L'avenir en décidera...

* je m'interroge encore sur la pertinence d'avoir conserver, au-delà du concept, le mot communisation, tant il est connoté par ceux qui ont « chié sur la table » et peut avoir un effet de repoussoir, autrement dit plomber d'avance les efforts pour en promouvoir une autre conception, telle que résumée dans Communisation 'troisième courant' 2015 : théorie-lutte et activités communistes

difficile plus encore, toujours concernant la fragmentation et le rôle qu'y jouent, positivement ou négativement, les communistes, c'est le nœud gordien de la situation bloquée en France particulièrement : 'la question indigène'. C'est une tâche immédiate et urgente que de défaire ce nœud, c'est une tâche communiste, que l'on soit prolétaire ou pas, indigène ou pas. C'est une tâche enthousiasmante contre la tache aveugle qui fait qu'il y a toujours, parmi les communistes mêmes, des « nous » et des « Autres »

le 8 mai prochain, Angela Davis vient à Paris. Certes pour l'anniversaire du PIR, mais rien n'empêche les communistes d'en tirer le meilleur et de participer à la réussite d'un événement historique dans les circonstances présentes en France, parce que ce peut être le début d'un tournant dans la façon dont pourront s'engager les luttes futures, dans la façon des communistes d'y participer. Il est remarquable que l'initiative soit placée sous le signe « des luttes historiques, multiformes et déterminées des femmes des quartiers, des ghettos et des immigrations que se dessinent et s’affirment les principaux fronts de résistance indigène contre l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, l’apartheid social, les violences et les crimes policiers, le colonialisme en Afrique, en Palestine et ailleurs, pour la mémoire, l’histoire et notre libération ». Il n'est pas écrit que cela ne concerne pas les Blanches et les Blancs, il en est déjà qui ont bien l'intention de ne pas laisser croire que ce serait stricte affaire de couleur de peau

ce billet se terminera en queue de poisson, en espérant que ce ne soit pas en jus de boudin, noir ou blanc. Le bébé est dans l'eau du bain, tâchons de ne pas en faire les eaux troubles, par des calculs égotistes au nom du communisme vers « la recomposition de la communauté humaine » (TPTG)

femmes, races, classe, le combat continue !

PS : j'ai abordé plus bas, le 9 avril, les mêmes questions sous un angle plus théorique, en réaction à un intervention de Rataxes, il s'agissait ici de passer à quelque chose de plus stratégique, de plus politique

particularités, subjectivité, identités... / contre le communautarisme identitaire / pour le dépassement des identités par la lutte sur la base des identités et de l'appartenance de classe / les enjeux pour la communisation sont insécablement théoriques et pour le combat communiste au présent / bref, c'est un enjeu d'auto-subjectivation révolutionnaire collective et individuelle

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fracture dans la théorie de la communisation

à propos de la revue grecque TPTG

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discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation Images discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

La revue Ta Paidia Tis Galarias (Les Enfants de la Galerie) est publiée irrégulièrement depuis 20 ans. Le premier numéro est paru en avril 1990. Comme nous l'écrivions dans l'éditorial de ce premier numéro, nous avions déjà abandonné les collectivités artificielles qui dictait notre ancienne idéologie anarchiste visant à s'adresser à nos camarades potentiels partout en notre nom, ou au moins sous notre pseudonyme. Nous avons refusé de suivre une idéologie séparée de notre vie quotidienne ou pour en créer une autre. Pratiquement, cela signifie que nous n'essayons pas de juxtaposer un militantisme « users' guide », un modèle d'une « théorie idéale et de l'organisation » à utiliser par toutes sortes d'adeptes. Nous tentons de développer une conscience de notre propre combat montrant d'autres prolétaires, par le biais de la représentation des idées, les émotions, les pratiques et les perspectives qui émergent dans les luttes de classes, les causes profondes : nous sommes dans un conflit continu, tous les jours avec la classe dirigeante, aussi bien qu'avec les autres.

Pour nous, l'abolition du travail salarié, de l'échange des marchandises, de la démocratie, de l'État, des séparations et fragmentations au sein du prolétariat, restent encore non seulement un objectif souhaitable, mais aussi une potentialité pratique qui se dégage de façon contradictoire dans les luttes de classes, chaque fois qu'elles surmontent leur caractère partiel. Le mouvement historique pour le communisme - dont nous pensons faire partie – est une nécessité pratique qui vient dans les impasses des contradictions et du mouvement décadent des rapports sociaux capitalistes, et par les luttes de tous les jours des prolétaires. C'est la recherche continue et ardue de la recomposition de la communauté humaine (Gemeinwesen). La méthode que nous utilisons dans nos éditions, pour analyser l'antagonisme des classes sociales, est celle de la dialectique négative et de l'auto-critique.

Notre nom, Les Enfants de la Galerie, s'inspire du titre d'un film dont nous sommes friands, qui se réfère à la plèbe, au prolétariat et son habitude de fréquenter les galeries des théâtres populaires parisiens au XIXe siècle. Pour nous, ce titre renvoie au prolétariat indépendant qui ricane du spectacle et de toutes les formes de normalité.

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

PS : je sais, il ne faut pas polémiquer, mais comment comprendre l'absence de lien vers TPTG chez dndf et autres blogs du "milieu" français ? Il figure parmi ceux de Hic Salta...

10 avril

le pire n'est jamais improbable

à propos d'une note de TPTG

une fracture grecque dans la communisation : Syrisa et Blaumachen/Sic/dndf, même combat ? Quel combat ?

datant d'avant le gouvernement Syrisa, elle se révèle dans sa gravité : un ténor de la revue Blaumachen et de Sic serait aujourd'hui, selon TPTG, avec le gouvernement Syrisa, « secrétaire Général du Ministère de l'Economie, Infrastructure, Maritime & Tourisme, Directeur de la Banque du Commerce et Devéloppement de la Mer Noire et gouverneur suppléant de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement »

quel lien éventuel avec la théorie même et les pratiques ou procédés à l'œuvre et à la manœuvre à l'époque de Sic et depuis, dans le "milieu" ? L'activisme anti-militant et la censure de fait, par dndf, des débats théoriques, sont les aspects visibles en France de cette crise profonde de la théorie de la communisation, qui a justifié, avec d'autres points, la rupture de Communisation 'troisième courant' 2005-2015 : théorie-lutte et activités communistes

les prétendues "polémiques "et autres "joutes théoriques", dont quelques-un.e.s cherchent légitimement à comprendre quels enjeux elles recouvrent, ou masquent, se trouvent ainsi éclairées d'un jour nouveau. Pas de panique, il va falloir comprendre ça, trier le bon grain des ivresses et de ce qu'il faut bien nommer des trahisons

comprendre surtout que la vie, les luttes et les combats communistes pour la communisation sont ailleurs, mais qu'il nous faut pourtant assumer la rupture telle qu'elle se présente aujourd'hui inachevée et inaboutie dans son objectif communiste au long cours. C'est foutu pour mon repos du guerrier ;-)

quand le niveau pratique rejoint le « niveau théorique »

pepe-dndf « Patlotch... un vieux camarade un peu jobard, passionnant et incontournable mais qu’on ne peut pas sortir car il chie sur la table en permanence…»

ressort tout le sel, ou les selles, de ce titre de dndf : « La lutte des classes et l’État en Grèce...» quand un membre de Blaumachen vient en parler en France alors qu'un autre prépare, au sein de l'État dirigé par Syrisa, l'austère demain qui vient... faire en Grèce le lit du fascisme. Tous les « partisans anti-militants « de dndf ont reçu la même lettre de TPTG que moi. On attend sa publication par pepe, les commentaires ou mises au point qui s'imposent, ou pas : ce silence droit dans ses bottes, ça vous rappelle pas quelque chose, Juppé... CPE...? Mais le même silence d'État en milieu communisateur, qui aurait voulu ça, et pourtant qui l'a fait ? Qui a « chié sur la table » de la communisation et comment en sont-ils arrivés là ?

vous avez dit « rupture 'communiste' dans la théorie de la communisation » ?

à peine mis en ligne mon billet précédent, interrogeant les fondements sociaux, l'enracinement dans les rapports sociaux et contradictions entre classes dans la société civile, de 'la théorie' de la communisation comme idéologie, à la manière de Marx 'la politique' dans Les luttes de classes en France, je reçois ce mail de TPTG, groupe grec alimentant la réflexion sur la communisation

alors qu'il est de bon ton d'ironiser, de l'extrême-gauche au milieu de la communisation, sur le « marxiste » Varis Farafoukis, Ministre des finances dans le gouvernement de Syrisa, on en apprend de belles, qui recoupent parfaitement mes intuitions et analyses quant aux rapports interlopes mais concrets entretenus par certains « partisans de la communisation » avec une idéologie et des pratiques anti-communistes, ici jusqu'au sommet de l'État grec. Voilà, par TPTG, une explication qui jette une lumière crue sur le silence de la revue Blaumachen depuis la fin de la revue Sic, et sur les obstacles à la diffusion de considérations gênantes - les miennes entre autres - pour le milieu théorique embarqué dans cette aventure sans frontières... de classe

c'est à lire en contrepoint de l'annonce par dndf et d'autres sites d'extrême-gauche ou radicaux-anarchistes de débats sur La lutte des classes et l’État en Grèce. Présentation-débat avec un camarade d’Athènes dndf 7 avril à Lyon le 11 avril, à Marseille le 12 avril, le camarade en question étant membre de la revue Blaumachen participant à Sic, dont TPTG considère « la récupération de l'organe Blaumachen dans l'appareil d'Etat »

(De telles destinées personnelles n'ont rien pour me surprendre, quand elles sont réellement le fait d'individus isolés, mais quand il s'agit d'un mouvement qui interroge les positions théoriques soutenues jusque-là, la question du rapport est forcément légitime. Accessoirement, ce qui est moins étonnant puisqu'il s'agissait de membres d'un PCF engagé dans l'Union de la gauche, comme serait un peu Syrisa aujourd'hui - Syrisa n'a rien trahi -, j'ai connu quelques-uns de ces « camarades » qui, dans les années de ministères communistes, avec Fiterman en 1981-84 ou Gayssot en 1997-2002, "montaient" dans les cabinets ministériels, et me considéraient comme un renégat, puisque j'ai toujours eu un souci pathologique de vouloir détruire ma carrière, et jamais fait, à l'expérience, une grande différence entre un Cabinet ministériel de droite ou de gauche)

pris la main dans le Sic ? l'heure des manœuvres et coups bas en coulisses

cet épisode pourrait, par ce qu'il révèle, justifier et rendre nécessaire bien plus que je ne le pensais la rupture communiste dans la théorie de la communisation que je tente de promouvoir, puisque cela engage la responsabilité de tous les ex. participants à Sic, qui continuent d'entretenir entre eux des relations privilégiées, alors qu'ils ont tout fait pour retarder le débat avec des thèses qui les dérangent* : il va falloir choisir, non pas entre moi (ou TPTG ou d'autres...), et ce qui dans le "milieu" pue à la ronde en Europe, mais pour se situer en communiste armé du concept vivant de communisation comme révolution contre le capital, et ses valets...

* le modérateur (sic) pepe dndf confirme et signe, hier : « Excuse adé mais je crois qu’il ne faut pas qu’on fasse passer par dndf une éventuelle discussion sur la loghorrhée paranoïaque et pourtant passionnante au niveau théorique, de Patloch.». N'est-il pas contradictoire de me considérer « paranoïaque » et d'inviter explicitement à ne pas discuter de ce qui serait « passionnant au niveau théorique » ?

chez pepe-dndf une version unique-tunique, digne de la presse stalinienne (mais pour pepe, le Vichinsky de la communisation, c'est moi...). Chez moi, quand je les connais, tous les éléments pour comprendre, des analyses et points de vue différents, de quoi se faire le sien propre. Est-ce pour ma « logorrhée paranoïaque » que cette discussion et le texte de rupture dans la communisation sont depuis quelques jours les pages les plus lues de mon blog ?

je ne mesure pas le poids des haines inter-personnelles. Pepe m'inspire plus de pitié que de haine, plus de tristesse que de mépris. Il assume sur son front, en première ligne, ce que d'autres pensent et font tout bas, en coulisses. Je suis triste aussi, parce que c'est une bien mauvaise façon de protéger le plus fécond des textes de Théorie Communiste et Roland Simon, qui ne méritent pas ça, alors que ces pratiques détestables pourraient se retourner contre eux, ou plus grave contre l'usage théorique que l'on peut en faire, moi le premier

il n'empêche que les faits sont têtus - des faits réels non des fantasmes paranoïaques -, et, quand ils se tissent en cohérence, tendent à devenir des preuves. Après, il s'agit de savoir de quoi, et la polémique ou les débats stériles sur les personnes, édulcorant le fond, écœurants dans la forme, ne permettront pas de le saisir

attention toutefois, pas d'amalgame théorique non plus : dans la revue Sic, les textes de Woland/Blaumachen évoqués par TPTG ci-dessous étaient aussi l'objet de désaccords pour TC/Roland Simon

(je me permets de 'corriger' à la marge le français de ce texte et d'y insérer quelques liens)

Chers camarades,

voici notre dernier texte sur la situation en Grèce (en anglais)

Vous pouvez trouver la première partie de notre texte (en français)

S'il vous plaît, lisez la note 17 de bas de page dans le deuxième texte :

Dr Milios n'est pas le seul théoricien de communisation à l'intérieur de SYRIZA qui a abandonné sa théorie de la destruction de la loi de la valeur. Un autre est Woland, un (ex?) membre du Blaumachen et Sic. Après avoir passé quelques années  dans l' élaboration des théories drôles à propos de «l'ère des émeutes", et la montée de la nouvelle révolutionnaire (non-) sujet [ Patlotch : texte appremment disparus du site Blaumachen en français], Woland a maintenant trouvé quelque chose de plus rentable à faire : il est devenu Secrétaire Général du Ministère de l'Economie, Infrastructure, Maritime & Tourisme, Directeur de la Banque du Commerce et Devéloppement  de la Mer Noire  et le gouverneur suppléant de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Une de ses nombreuses fonctions est de trouver un politique gouvernementale avec une proportion entre  communes et privatisations, les droits des travailleurs et des investissements capitalistes.

Il y a aussi d'autres choses qui  sont d'une importance ici. Beaucoup de haut-profil des cadres de la SYRIZA, qui ont été nommés secrétaires généraux ou conseillers supérieurs dans les ministères, étaient des participants actifs dans les mouvements sociaux. En tant que tels, non seulement ils ont une connaissance / compréhension en profondeur du mouvement et de ses pratiques, mais ils pourraient également faire usage de leurs réseaux directs (ou indirects) de communication, de la simple acquisition de l'intérieur-information pour le déploiement jusqu'au (nécessaire) moyen de la médiation encore plus loin à l'intérieur du milieu anti-autoritaire et le mouvement en général. Pour ne donner qu'un exemple, le système clientéliste traditionnel est encore reproduit en intégrant partiellement des réseaux sociaux informels,  contre-culturels, contre-politiques et d'autres.

Cette personne, Woland, a été le principal théoricien du Blaumachen depuis presque 10 ans. Il est membre de Sic et plusieurs de ses articles ont été publiés dans cette revue. Il était aussi un membre éminent du groupe de discussion marxiste sur l'État mentionné dans l'annonce de l'événement que vous allez organiser avec un autre membre de Blaumachen > La lutte des classes et l’État en Grèce. Présentation-débat avec un camarade d’Athènes

Gardez à l'esprit qu'aucun membre de Blaumachen ni le groupe de discussion marxiste sur l'Etat n'ont publiquement critiqué leur camarade, Woland, en Grèce, pour son choix politique de devenir un fonctionnaire d'Etat capitaliste (en fait, un fonctionnaire étatique de haut rang impliqué dans les privatisations et des  plans d'investissement capitaux). Il est important de noter que tous les membres de ces deux groupes connaissaient ses relations politiques avec Syriza au cours des dernières années.

Il y a aussi autre chose qui est important :

Contrairement à ce qui est mentionné dans l'annonce de l'événement à venir, la victoire électorale de ce parti n'est ni "une représentation directe de la place Syntagma en Mai-Juin 2011", ni "SYRIZA" l'expression politique de la vague de luttes antérieure, c'est-à-dire, dans un sens son intégration avec l'État ou son étatification, pas son "élimination ou sa défaite ". Contrairement à ce point de vue apologétique, cette victoire électorale est exactement le résultat de la retraite, la défaite ou à la récupération du mouvement, comme nous l'avons expliqué dans la première partie de notre texte.

C'est également prouvé par le cas particulier de la retraite et de récupération de l'organe Blaumachen dans l'appareil d'Etat.

Puisque nous ne pouvons pas y participer, nous vous demandons de bien vouloir lire cet e-mail pendant votre événement.

Bonne chance,

TPTG

cette note 17 figure dans le texte en anglais de mars 2015 : 60 DAYS OLDER AND DEEPER IN DEBT Postscript to "Syrisa and its Victory in recent general Elections in Greece"

Dr. Milios is not the only communization theorist inside SYRIZA who abandoned his theory of the destruction of the law of value. Another one is Woland, an (ex?) member of Blaumachen and Sic.After having spent some odd years devising funny theories about the “era of riots” and the rise of the new revolutionary (non-) subject, Woland has now found something more profitable to do: he has become General Secretary of the Ministry of Economy, Infrastructure, Shipping & Tourism, Director of the Black Sea Trade and Development Bank and Alternate Governor of the European Bank for Reconstruction and Development. One of his many duties is to find the right government policy proportion of commons to privatizations, workers’ rights to capitalist investments. There is also something else which is of importance here. Many of the SYRIZA’s high-profile cadres, who have been appointed as General Secretaries or senior councilors in ministries, used to be active participants in the social movements. As such, not only do they have an in-depth knowledge/understanding of the movement and its practices, but they could also make use of their direct (or indirect) communication channels: from the mere acquisition of inside-information to the deployment of the (necessary) means of mediation even further inside the anti-authoritarian milieu and the movement in general. To give just one example, the traditional clientelist system is still being reproduced by partially integrating countercultural, counterpolitics and other informal social networks.

Woland dans Sic, Revue internationale pour la communisation

Textes de TPTG en français / Textes de TPTG en anglais

PS : je me souviens d'une note de bas de page de Bruno Astarian dans Où va Théorie Communiste ? Hic Salta 2010 : « Les camarades de TPTG sont victimes du même type de procédé - déformer la thèse de l’adversaire jusqu’au point où elle offre l’angle adéquat à la polémique qu’il s’agit de porter -, qu’ils dénoncent dans The Ivory Tower of Theory: A Critique of Theorie Communiste and « The Glass Floor » » Ayant été personnellement l'objet des mêmes tricheries intellectuelles de Roland Simon, je vois assez bien ce dont il pourrait s'agir

tout ce que je connaissais des rapports (sexuels ?) entre TPTG et Blaumachen se ramenait à une histoire de cul, racontée par un « camarade » aimé de tous, mais dont il était impossible de savoir ce qu'il pensait, lui, des controverses de fond, mais quand même lignard servant la soupe chez TC/dndf

ajout : Grèce et communisation dndf 11 avril. Un texte fort instructif, et qui laisse entendre que les clivages entre TPTG et Blaumachen, au-delà de l'épisode relaté ci-dessus, serait plus complexes que le dit ce texte, ce qui n'enlève rien au problème qu'il pose et à l'analyse différence qu'il propose, ni aux remarques quant aux relations privilégiés entre ex-Sic excluant les autres du débat sur la communisation

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entre histoires collective et souvenirs personnels : exploitation et luttes ouvrières 1968-2012 13:57

nouvelles questions au milieu théorique de la communisation théorique

« on m'a remis en chaîne »

regarder ce film écouter ce débat sur Sochaux, c'est remettre les pieds sur terre nos discussions trop souvent hors-sol et ignorante des réalités de l'exploitation capitaliste comme de la production concrète du capital, dans des usines et par des ouvriers. Un comble pour des théories qui attachent tant d'importance au "prolétariat", un terme qu'ils sont au demeurant les seuls à utiliser : un pur concept ?

c'est mesurer aussi combien nos « discussions » peuvent légitimement ne pas les intéresser, quand certains en sont encore à mettre en cause le militantisme, la nécessaire défense, qui ne se limite pas à la «revendication», syndicat ou pas, ou la pertinence de "la question indigène", très présente dans le pays de Montbéliard autour de Peugeot, qui règne sur l'économie et le commerce locaux. Je leur souhaite de s'en faire une idée en allant soutenir leurs thèses « anti» dans ces contrées, ou même, je l'ai déjà proposé, dans mon quartier. Je ne garantis pas leur sécurité : segmentation, racialisée ou pas, de la théorie au nom du prolétariat ?

il faut (re)lire Marx, Les luttes de classes en France (1850) ou le 18 Brumaire (1852) pour saisir que la théorie, ses groupes, comme représentation idéologique des rapports sociaux, c'est un peu comme la politique, ses partis. il n'y a aucune raison pour que cela y échappe. Et alors se poser la question : que sont les théories de la communisation, en tant que représentation idéologique des rapports sociaux dans la France et l'Europe un siècle-et-demi après ces textes fondateurs ?

un tel décalage ne me pose qu'une question : qu'est-ce que je fais et à quoi sert encore de polémiquer avec un « milieu » qui se fout des réalités à un « niveau théorique » tel qu'il se pense au dessus des choses et des gens d'en-bas ? Un « milieu » pour lequels ouvriers, ouvrières, et indigènes sont des corps étrangers dont les « partisans anti-militants » parlent comme d'autres que « nous », les « camarades »  ?

Sochaux, cadences en chaîne Laurence Jourdan Ina 2010 52mn

Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue et débat 2012

Que faire du travail ? 1h12mn  débat après le film de Laurence Jourdan
Christian Corouge, ancien ouvrier de chez Peugeot-Sochaux
Michel Pialoux, sociologue, maître de conférences à l’EHESS, auteur, avec Stéphane Beaud, de Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999). Un livre que connait bien Roland Simon, qui s'y réfère souvent dans ses écrits des débuts 2000

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation forte présence immigrée, début de problèmes "islamistes" et de la question féminine immigrée

Les Groupes Medvedkine, Besançon et Sochaux Xavier Vigna
2 DVD accompagnés d’un livret de 59 p., Éditions Montparnasse, 2006

En 1967, Chris Marker, Jean-Luc Godard, Bruno Muel et quelques autres, vont mettre du matériel à la disposition d'ouvriers et les former aux techniques cinématographiques.

L'existence des groupes Medvedkine représente une expérience fondamentale et unique : des ouvriers de Besançon et de Sochaux, formés au cinéma par les plus grands cinéastes et artistes de leur temps (Godard, Marker...) décrivent leurs conditions de vie et leurs revendications, entre 1967 et 1973

- À bientôt, j'espère (Chris Marker et Mario Marret, 1967, 43')
- La charnière (film sans image)
- Classe de lutte (groupe Medvedkine de Besançon, 1969, 37')
- Rhodia 4x8 (du groupe Medvedkine de Besançon, 1969)
- Nouvelle Société 5, “Kelton” (groupe Medvedkine de Besançon, 1969, 8')
- Nouvelle Société 6, “Biscuiterie Buhler” (Groupe Medvedkine de Besançon, 1969, 9')
- Nouvelle Société 7, “Augé découpage” (groupe Medvedkine de Besançon, 1969, 11')
- Lettre à mon ami Pol Cèbe (Michel Desrois, 1970)
- Le traîneau-échelle (Jean-Pierre Thiébaud, 1971, 8')
- Sochaux 11 juin 1968 (Collectif de Cinéastes et Travailleurs de Sochaux, 1970, 20')
- Les trois-quarts de la vie (groupe Medvedkine de Sochaux, 1971, 20')
- Week-end à Sochaux (Bruno Muel et le groupe Medvedkine de Sochaux, 1971)
- Avec le sang des autres (Bruno Muel, 1974, 56')
- Septembre chilien (Bruno Muel, Théo Robichet et Valérie Mayoux, 1973).

(je n'ai pas vérifié, peut-être trouve-t-on certains de ces films en ligne)

souvenirs personnels : Université de Besançon, Sochaux, manifs, police, Mélenchon, coopérative ouvrière, amours, LIP, autogestion, PCF, dictature du prolétariat, Althusser, anti-stalinisme ou anti-communisme ?... démocratisme radical...

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation Charles Fourier, est né dans la capitale bisontine le 7 avril 1772. Sa maison natale, à l'angle de la Grande-Rue et de la rue Moncley, est signalée par une plaque

à lire complet dans exploitation, luttes ouvrières

9 avril

« pas très friand de la théorie de la communisation, mais...»

heureux de constater qu'il n'est pas nécessaire d'adopter le label 'communisation' pour faire marcher sa tête en marxiste conséquent

bingo ! Oserons-nous vaincre? That is the Question

oserons-nous vaincre ? dndf 9 avril dans le prolongement de Rataxes, intervention à boire, jusqu'à plus soif

quand ça sort du cadre c'est passionnant. Florilège :

Il est impossible de comprendre les mouvements dans les pays occidentaux dans les années 1970 sans tenir compte des guerres de libération nationales comme prémisses (1945-1970)

dit et redite : reprendre et retisser le lien rompu à la fin du programmatisme avec la décolonisation et ses enjeux de classes, d'autant que ça remonte aujourd'hui dans les formes "identitaires' (PIR) ou marxistes sympathiques mais vieillottes (Bouamama)

À un niveau global, ce sont les Black Panthers qui nous donnent la synthèse de l’époque, à mon avis (abstraite si on veut mais…). Dans la métropole mondiale du capital qu’était les E-U, synthèse des luttes de libération nationale par des combattants communistes eux-mêmes et précisément difficulté à dépasser le problème

là, j'ai insisté sur les luttes des Blacks aux USA, mais il faudrait regarder dans le détail les 'contradictions' en présence et leur évolution, notamment à partir d'une anthologie que j'avais repérée sur libcom. org : The black radical tradition des textes des années 20 aux années 70 dont certains mériteraient d'être traduits (se traduire narcissiquement entre soi européens étiquetés Sic-post-Sic, c'est bien, mais les Autres : injonction humaniste ?)

c'est vrai quand dans la post- utra-gauche et situs on a bouffé du mai 68 à Paris et des « années de plombs ad nauseam (et ça continue pour certains anciens non-combatants), de TC à Charrier et Temps Critiques en passant par Astarian et les potes italiens, intarissables ! Rien sur Mexico 68, rien sur le Japon 68, rien sur les Noirs Américains 68 : eurocentrisme incolore universel du milieu de la communisation et "proches" sur qui "taper" : loghorrée de Patlotch ou nombrilisme de théoriciens auto-suffisants et s'auto-reconnaissants en coteries radicales, entre eux, bien de «chez nous» ? dsl mais Patlotch n'a pas un siècle-et-demi de retard sur ces « contradictions secondaires », de la 'race' et du 'genre'. Et qu'on m'explique pourquoi Beauvoir plutôt que Flora Tristan ou Angela Davis : "pré-marxiste" et "stalinienne programmatiste" ? Franchement, je «vous» plains

Dans tous les cas, quelle que soit l’échelle à laquelle on se place pour étudier le rapport de la production capitaliste à la production capitaliste (entreprises, branches, les 2 grandes sphères (agriculture-industrie combinée) [...], il y a un développement différentiel.

Astarian a dit des choses à ce sujet, notamment rappelées à propos de baisse tendancielle du taux de profit au niveau mondial (dndf 23 janvier). Quant à Gaulard, j'ai émis des réserves, elle n'a pas une vision de la Chine intégrant les facteurs croisés de capitaux transnationaux et de bases internationales étatiques. Aucun écho des conférences-débats, l'effet d'annonce partout avant entre blogs autorisés, mais pas de compte-rendu après... Chacun pour sa gueule, les veaux du milieu bien gardés. Cf éléments pour une 'critique de l'économie politique' et restructuration du capital mondial : et la Chine ?

Bien sur il y aura nécessairement un fin d’esprit pour distinguer nations et race et gloser encore et encore. Oui ce n’est pas la même chose, oui… etc. Mais ce n’est pas ce qui est en jeu au fond. Et c’est bien le fond qui prend certaines formes déterminées qui nous intéresse

sur la critique de la valeur (Wertkritik, les Jacques et tutti quanti) nous sommes tous d'accord...

La critique de la valeur rejette la lutte de classe et cela ne plaît pas aux communisateurs. Bien. » le reste d'accord aussi sur « l'ambiance "théorie critique" », L’ambiance est sciences humaines et sociales, « théorie critique ». 

Mais cela n’est pas tout, c’est en bloc la conception matérialiste de l’histoire qu’elle rejette (le matérialisme historique comme on l’appelait) et cela n’est pas rien. C’est le joyaux...

Les sycophantes saturent l’atmosphère de leur camelote et pourtant dans quelques années il n’en restera rien.

mais...

Mais cela n’est pour autant pas rien aujourd’hui.

c'est bien pour cela que j'ai jugé nécessaire aussi de les affronter, considérant d'une part qu'ils étaient "nos adversaires", d'autre part qu'ils montrent aujourd'hui leur dérive a-classiste sur 'la question indigène', que je ne réduis pas à l'articulation race/classe. Tout ça est très "paradigmatique" de la période, son « reflet » (;-) dans la théorie.

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la vie continue, aléas et jactances 22:03

adé, pepe, et nous autres dndf 9 avril

les totos, les bobos, les négros... et le spirituel

adé me rentre dedans disons de façon pas complètement impertinente, sauf à y regarder de plus près quant au sujet révolutionnaire, que je n'ai jamais cherché ni trouvé chez les prolos indigènes : j'en ai donné moult exemples, récemment encore - témoignage du cru - 95% ne pensent qu'à la thune, ni plus ni moins que les porteurs de banderoles « on veut de la thune, en attendant le communisme », dont certains se démerdent peu ou prou de la même manière : économie parallèle, trafics, vols, tirs dans le dos des copains du mode de vie partagé en Robinson a-sociaux, etc. Rien de nouveau sous le soleil. Voir les squats, les ZAD, et demander à Flav pour les détails croustillants y compris près de chez moi, à Fontenay-sous-Bois

(ç'aurait tété plus intéressant que adé revienne sur les questions pertinentes de rataxes, trans-historique vs historicisme marxiste... les enjeux, quel dépassement...)

pepe dndf 9 avril « Excuse adé mais je crois qu’il ne faut pas qu’on fasse passer par dndf une éventuelle discussion sur la loghorrhée paranoïaque et pourtant passionnante au niveau théorique, de Patloch.»

où le bât et le bas blessent

mais une chose est d'y voir ou non un sujet révolutionnaire, une autre de n'en jamais parler, et c'est ce qu'ont fait jusqu'à ce que j'y mette mon grain de sel les « partisans de la communsations ». « Loghorrée paranoïaque »* de Patlotch ou pas, la parano n'est pas chez moi, puisque je publie et cite, pepe non (pas un reproche, nulle envie de retourner parler sous la surveillance du cerbère de service, qui a découvert Beauvoir 70 ans après : je ne suis pas quelqu'un qu'on coupe, disait Debord, ni qu'on castre, souhaitant « détruire hommes et femmes » because « le sexe en excès »). Jusque-là aucune réponse parce qu'impossible, sectarisme évacuation des problèmes, d'oussque l'on retombe dans les vieilles ficelles dont plus personne n'est dupe - sauf pepe et sa bande, adé et ses histoires de 'bobos', tous les pseudo-velcro à TC - : parler d'autre chose, de Patlotch, par exemple. Je bénis Roland pour son stoïcisme en coulisses 

* personne n'oserait nommer «loghorrées» les pavés de Roland Simon, que je me suis farcis mieux que personne sans broncher, alors qu'il sont réputés difficiles, si «passionnants» et dépassionnés que même des théoriciens célèbres de la communisation ont renoncé à les lire

« votre » réputation derrière « notre » combat

que dit pepe, ou ceux qui la partagent, de sa critique systématique et méprisante de tout militantisme et de tout activisme ? Voilà matière à débat, relativement à qui sont, que font les communistes aujourd'hui ? Pepe préfère botter en touche en prenant prétexte de mes défauts, dont on raffole dans le milieu pour éviter le fond, éviter de diffuser, éviter de traduire, éviter de salir la structure, la contradiction, pour retarder le déclin européen du maître, qu'on copie-colle depuis trente ans au lieu de penser par soi-même : voilà "votre" réputation, telle que « vous » l'avez produite

le hasard ou la nécessité ?

moralité, venons-en au fond, puisque jugé « passionnant au niveau théorique », dixit pepe, que j'embrasse pour l'occasion pour son « 50% de son propos consiste à cracher sur tel ou tel d’entre nous et sur dndf en particulier ». Avec l'excuse de n'avoir pas étudié la statistique (voir Philosophie du hasard et calcul des probabilités par un chercheur marxiste de mes anciens camarades de cellule, où c'était un bordel innommable, mais où se retrouvaient là 60% de femmes, 50% de bas salaires, quelques ancien.ne.s résistant.e.s les armes à la main, juifs ou non, et des camarades antillais.e.s, qui ouvrier, qui secrétaire, qui ont plongé dans la religion et la maladie quand tout ça c'est cassé la gueule, parti et syndicat compris : aucun regret certes, mais bon, vu le parcours pépère des ex. de l'ultra-gauche depuis l'avénement du concept de communsiation, un peu de pudeur ne nuit pas)

et pourquoi donc personne si épris de débattre en liberté ne réinvestit-il point le forum-communisation de Robin, où pepe a fait des promesses : « On va essayer d'alimenter ce forum en passant entre les gouttes de la logorrhée auto-passionnelle du Wichinsky de la communisation. » On attend la fin... Robin ne castrait personne, lui. Y'aurait-il un problème en coups lisses dont je n'aurais connaissance, troploin que je me tiens de ce bâton merdeux par tous les bouts ?

le « niveau théorique » (sic) vs les luttes auto-théorisantes

« le niveau théorique » (sic l'inconscient refoulé du pepe) suppose pour moi l'intervention de communistes, ce que signifie explicitement qu'être systématiquement anti-militants, comme pepe, c'est devenu, dans le moment présent de la lutte des classes, être anti-communistes, ce que prouve la façon dont il répond, depuis 2008 sur son blog permettant les «commentaires », à maints intervenants, au nom de la communisation. Pepe juge et parti, comme je l'ai mesuré sur la liste Multitudes (vos positions ne nous intéressent pas), sur Bellaciao (Patlotch démobilisateur), sur le forum des « marxistes révolutionnaires » (théorie sans rapport aux luttes, comprendre celles de la LCR/NPA), celui de LO (hantologie 2006), sur le forum féministe (hantologie 2)... rien que des plongées en mileiux a priori hostiles, niplus ni moins que l'est devenu me concernat le milieu de la communisation (chiche : les blogs du "milieu", mettez le mien en lien autant que je signale vos textes)

alors donc, bis repetitam, il faudra s'arranger avec Marx et le Manifeste : « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier...»

le mini-parti 'stalinien' Théorie Communiste

mais peut-être que cela ne vaut pas pour un groupe théoricien tel que Théorie Communiste, mini-parti de sept Marseillais fonctionnant sur le principe du  « centralisme démocratique », à l'intérieur on discute, à l'extérieur on applique la ligne, le truc qui m'a cassé la vie jusqu'au moment béni de tomber à la FNAC sur un bouquin de Roland Simon... Tout ça pour en arriver aux mêmes constats chez ceux qui théorisent le contraire de ce qu'ils font ? Jusqu'où prendre les gens pour des cons, qui nous lisent ?

"je" se manifeste

perso, je suis communiste, ni plus proche, suivant Marx, des « camarades » supporters de la théorie en chambre, que des Indigènes de partout, sauf qu'ici, ce sont les miens, c'est comme ça et c'est réciproque, n'en déplaise à adé. Qu'il reprenne donc sa tentative d'insulte : les bobos, dans cette histoire, ne sont pas ceux qu'on dit, et quant à sa vie à lui, je m'en fous, c'est trop loin pour faire commune d'un quartier, mais je ne doute pas un instant qu'il y survive honnêtement

mon niveau 'théorique' je l'encule. Poil au culte

PS 1 : ceux qui n'ont pas envie d'en découdre avec l'adversaire de classe sont priés de ne plus visiter mon blog, ça nettoiera les statistiques des visites mensuelles

PS 2 : sur la Grèce, c'est là : critique de l'économie politique

Greece : Keynes or Marx Michael Roberts 'Marxist Economist'  Marxism and the Struggle in Greece oaklandsocialist 15 mars / en relation La lutte des classes et l’État en Grèce. Présentation-débat avec un camarade d’Athènes dndf 7 avril à Lyon le 11 avril, à Marseille le 12 avril

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racisme et capital, identités et dépassement produit dans les luttes de classe 23:56

une remarque et une question de Rataxes dndf 9 avril 

« Je pense qu’il faut faire attention à ne pas se poser de manière transhistorique : l’esclavage antique ne doit pas être considéré de la même manière que l’esclavagisme du XVIIIe, qui est un phénomène circonscrit, lié à l’accumulation du capital. »

c'est tout à fait juste, et il faut sans doute faire le tri dans les exemples que donne adé, entre fuit en avant dans le récit d'un avenir communisateur et fuite en arrière dans un passé où les esclaves étaient de toutes races mêlées, les grands absents, c'est les indigènes au présent, sauf pour se payer le bobo-Patlotch. J'ai abordé ces aspects dans la 'race' pour l'esclavage, construction historico-sociale par et pour le capitalisme

quand j'avance la nécessité d'un historicisme marxiste, ce n'est pas prendre les faits historiques indépendamment de la structure qui caractérise essentiellement le capitalisme, sans pour autant considérer qu'elle en serait complètement et à elle seule « définitoire », autrement dit prétendre que tout s'épuiserait par une analyse structuraliste en termes de contradictions.  Il faut articuler les deux et la notion de structure à dominante le permet du point de vue théorique (Althusser revue par Hall concernant le racisme)

« Enfin, j'aimerai bien connaitre les enjeux, au dela de la joute théorique : voulez vous dire qu’il y aura dans la révolution séparation par « race », comme acte prélable au dépassement des distinctions ? »

en faire une « joute théorique » est le fait de ceux qui ont évacué les questions théoriques posées, sur un 'forum' dont les modérateurs sont juges et parti. Mais passons

ne pas en rajouter à la segmentation du prolétariat

un premier enjeu, 'de la crise à la communisation' est précisément de faire en sorte qu'il n'y ait pas « séparation par race », du style dont parle l'anthropologue "marxiste" Jean-Loup Amselle qui ne voit dans l'auto-organisation indigène qu'un communautarisme identitaire (« vous avez aimé la lutte des classes ? Vous allez adorer la lutte de races »)

particularités, subjectivité, identités...

ce ne sont pas des « distinctions » mais des particularités au sein du prolétariat (et au-delà), qui fonde la segmentation dès lors qu'il y a concurrence entre prolétaires face au capital. Ce qui est à dépasser, ce ne peut être la particularité d'être de couleur de peau noire ou blanche, c'est l'identité subjective que l'on y met, soit parce qu'on est "noir", soit parce qu'on racialise le rapport à cet autre comme étant « de couleur »

contre le communautarisme identitaire

un enjeu est que ces identités, qui sont incontournables du point de vue même de la lutte des classes dans la crise telle quelle, ne se transforment justement pas en combats communautaristes ou identitaires, ce qui ne signifie pas dénier aux « racisés » le droit de se défendre en tant que tels, parce que personne ne le fera à leur place, et pour l'heure pas la classe ouvrière française "de souche" ou incolore, sans quoi ça se saurait

pour le dépassement des identités par la lutte sur la base des identités et de l'appartenance de classe

le dépassement des identités (raciales, ethniques, nationales, religieuses...) ne peut se faire que sur la base de ces identités particulières rentrant en lutte de classe. Cela ne suppose pas seulement un mouvement de la part de Indigènes, comme la plupart des partis d'extrême-gauche ou anarchistes leur en font l'injonction à la manière dont l'État exigeait d'eux, « musulmans », de montrer leur condamnation des attentats et de défiler le 11 janvier en Charlie derrière Netanyahu (voir la réception des textes récents du PIR sur le philosémitisme d'Etat, comparable de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, MRAP et Identitaires... je préfère Nique la France !). Cela suppose un mouvement de la part des prolétaires non racisés, et par conséquent une intervention communiste dans les luttes, qui n'est ni condamnation de l'antiracisme, ni antiracisme universel humaniste ou prolétarien

les enjeux pour la communisation sont insécablement théoriques et pour le combat communiste au présent

c'est tout l'enjeu de la théorie sur ces questions. Alors la « joute », laissons là aux empêcheurs de comprendre en rond, qui de toute façon ne saisissent pas les enjeux pour la première raison qu'ils ne sont pas concernés dans leur peau, la seconde qu'ils s'avèrent incapables de se mettre à la place de l'Autre, même en théorie

bref, c'est un enjeu d'auto-subjectivation révolutionnaire collective et individuelle

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le théoricien, l'Autre, et la communisation : une controverse nécessaire à la clarification du combat communiste sur la question raciale, dans la lutte de classes 13:30

Roland Simon 16 janvier le citoyen, l'Autre et l'État :  « L’injonction humaniste à accepter « l’Autre » présuppose l’existence de « l’Autre », sa construction comme tel et donc la hiérarchie vis-à-vis de « l’Un » qui a le pouvoir de dire qui est « l’Autre ». Entre « Nous » et « les Autres », il y a une organisation de la société qui s’impose aux individus et préexiste à chacun d’eux. Ceux qui sont invités à « accepter l’Autre » constituent la société normale, légitime. A l’origine des Uns et des Autres, il y a le pouvoir simple et brut. L’Un est celui qui a le pouvoir de distinguer

Stive dndf 7 avril « Une certaine polémique s’est développée sur la racialisation comme contradiction laissée de côté par TC. Mais on peut constater que la critique contre TC sur cette question me semble relever plus de la volonté de se distinguer de TC (ce serait la troisième voie ?) que de participer à la clarification de cette problématique même si l’on peut considérer que les arguments ont leurs poids.»

Pepe dndf 7 avril « Il n’y a pas vraiment de polémique, ici. Mon propos était juste d’émettre l’idée que les théories en questions ne plaçaient pas la distinction entre les races au même niveau définitoire de la contradiction capitaliste et que TC , en particulier, avait essayé de refonder la contradiction au coeur du MPC en proposant une double contradiction, de classes ET de genres, de façon consubstancielle.»

adé dndf 7 avril : « Il importe peu de hiérarchiser la hiérarchisation, de fonder conceptuellement les contradictions du capitalisme, sauf à vouloir faire de la théorie un appareillage, un mécanisme, très satisfaisant pour l’intellect, mais sans prise avec les réalités de bases. Pas de prolétariat pur, des femmes, des hommes, pas de prolétariat blanc et chez qui sonnerait l’heure (Big Ben), pas de contradiction double ou simple

Stive dndf 8 avril « Le terme de « polémique » ne visait pas les échanges entre les intervenants actuels sur ce forum, idem pour la remarque concernant TC. Je visais au delà de ce débat ponctuel sur DNDF.»

les faits sont têtus

la vérité finit toujours par trouver son chemin, même quand elle dérange qui détient un pouvoir de nuisance ou d'obstruction. Les « partisans de la communisation » peuvent être tranquilles, ce ne sont pas nos adversaires communs qui vont éclairer les communistes sincères :

le texte de RS a changé de titre sur ma suggestion, quand je l'ai alerté qu'un autre texte circulait avec un titre proche de l'original : Être ou ne pas être Charlie – là n’est pas la question UJFP Union juive française pour la paix 9 janvier. Il a donc adopté un titre que j'ai salué comme plus théorique et plus fécond, le citoyen, l'Autre et l'État

si le terme de « polémique » ne vise pas les échanges de dndf, c'est qu'il vise la discussion, interne à la théorie de la communisation, et externe concernant tous les marxistes sur la question raciale, que les communisateurs traitent en chiens crevés. Elle vise mon blog depuis fin 2013 et depuis 2005, dès ma rencontre avec ce courant théorique, ma critique de l'euro-centrisme de Théorie communiste, dans les commentaires de Meeting ou les discussions sur listes internes

dans cette discussion virtuelle, je n'ai pas voulu voir jusque-là dans « L’injonction humaniste à accepter "l’Autre" » du texte de RS une allusion à "l'homme blanc" doit écouter ses AutrEs - avec Amiri Baraka-LeRoi Jones et Maya Angelou, rubrique créée le 10 janvier 2014 suite au décès de Amiri Baraka/Leroi Jones le 9 janvier 2014, pour moi un maître dont je lisais les textes dès la fin des années 60 (Blues People: Negro Music in White America, 1963 > Le Peuple du blues : la musique noire dans l'Amérique blanche 1968)

en 40 ans d'existence, la théorie de la communisation n'a jamais abordé la question raciale, le rapport de l'Occident à l'Autre, ou la relation classes-races

je n'ai voulu parce que je ne l'ai pas vue de prime abord, m'arrêtant sur le fait que c'est le premier texte émanant de Théorie communiste qui aborde la question de l'Autre de l'Occident, de « l'homme blanc » face à l'Autre, 'racisé.e' ou 'racialisé.e'

aucun numéro de TC n'aborde le problème depuis la naissance de la revue en 1978, ni aucun texte de Meeting ou de SIC, revues internationales pour la communisation de 2004 à 2012. 40 ans de silences. Lourds de sens. Un fait, pas une « polémique »

* La seule allusion à un intérêt théorique du Black Feminism est en « note de lecture » de TC24 en 2012, sans aucune incidence sur sa construction des contradictions genre&classe, puisqu'elle est antérieure et n'a pas changé depuis. Je donnerai à l'occasion des photos de ces passages remarquables, puisque TC ne publie pas ses propres textes intéressant pourtant la prétendue « polémique »

la seule chose que l'on trouve chez les théoriciens de la communisation - un classique d'ultra-gauche et du marxisme le plus traditionnel, stalinisme compris -, c'est une critique de l'antiracisme. Avec ça, débrouillez vous, camarades, pour ne pas être antiracistes, mais pas non plus racistes... par défaut. Une seule solution : attendre. Attendre l'émergence de la communisation, conjoncture dans laquelle, enfin, les communisateurs (non militants ? non activistes ?) vont réaliser de gré ou de force l'unité du prolétariat pour qu'il s'auto-détruise

si mon texte la communisation comme abolition du racialisme a pour sous-titre hic salta ou franchir le pas, TC théorie blanche occidentale, c'est parce qu'il part de ce constat, et de la nécessité que la race soit posée sur la table de la communisation, comme le demandaient les 'Américaines' qui se sont vu opposée en 2012 une fin de non-recevoir explicitée et tranchante de Bernard Lyon (TC) sur cette question : ce qui était une absence s'est rigidifié en déni pour des raisons d'incompatibilité avec une façon de théoriser le capitalisme, contradictions et dialectique structuraliste oblige

j'utilise depuis 2002 l'expression l'Autre de l'Occident, dans Jazz et problèmes des hommes, livre en ligne dans lequel on trouve des chapitres titrés : des points aveugles en noir et blanc, musique noire, discours blanc, la place de l'Autre, etc. avec des références explicites, entre autres, à WEB Dubois, Aimé Césaire, Franz Fanon... à l'historienne et journaliste tunisienne Sophie Bessis pour son livre de 2001 L’Occident et les Autres, Histoire d’une suprématie, et à l'historienne Rosa Amelia Plumelle-Uribe La férocité blanche, Des non-blancs aux non-aryens, ces génocides occultés de 1492 à nos jours 2001. On peut citer encore Le Credo de l'homme blanc, Regards coloniaux français, d'Alain Ruscio 2002, dont je ne disposais pas alors

citations de Sophie Bessis dans mon livre :

«... pour qu’il cesse d’être perçu comme l’ultime avatar de l’occidentalisation du monde, il faut aussi que l’Occident cesse de se considérer comme l’unique figure de l’avenir de l’humanité. Son indéracinable culture de la suprématie, la volonté hégémonique dont il continue de faire preuve en toutes circonstances et le souci obsidional de sa centralité ont été jusqu’ici le terreau le plus fertile des passions réactives dont les Suds ne cessent d’essuyer les violences. C’est pourtant ce double abandon, par les Occidentaux de leurs certitudes et par les autres de leurs crispations, qui pourrait annoncer de nouveaux commencements

Le moment de la décolonisation représente une rupture dans l’histoire de l’Occident, même s’il écrase toujours le monde de sa puissance et n’est pas prêt de quitter le sommet de la hiérarchie planétaire dont il a, seul, fixé les règles. (...)

Pour la première fois... les mots dont se sert l’Occident depuis des siècles pour habiller sa mainmise sur le monde du manteau de la vertu se retournent contre lui. Ses sujets en ont appris l’usage et, en y croyant ou en les manipulant à leur tour, ils en ont fait les armes de leur libération.

De même que la Renaissance a créé l’Occident dont les Européens ont fait ensuite leur habitat mental, l’Occident contemporain a transformé la complexité des Lumières en un conte édifiant à l’usage de sa bonne conscience. (...)

Et c’est largement en se réclamant des Lumières que l’Occident entreprend, au cours du siècle qui les suit, de les violer avec un remarquable esprit de système.

ce livre a été écrit alors que je n'avais aucune idée d'une théorie de la communisation, de l'existence de Théorie communiste, et 5 ans avant la création du Parti des Indigènes de la République, que je n'ai pas attendu pour connaître les classiques du communisme anti-colonialiste. Tout ce livre donne la place à ces Autres (que sont en l'occurrence les musicien.ne.s de jazz de toutes couleurs de peau, et plus particulièrement les Noir.e.s pour une critique de l'histoire et de la critique de jazz dominant en France revues spécialisées, livres et émissions de radios ou télés, producteurs, un rapport des hommes au jazz que j'utilise comme métaphore pour des prolongements politiques)

il suffit de se reporter aux textes de WEB Dubois, CLR James, Césaire, Fanon, etc. qui sont tous sauf nuls en marxisme, pour voir que le dépassement de la racialisation est omni-présent dans leurs écrits, y compris chez les chantres de la Négritude, un moment de l'auto-reconnaissance d'une 'race' créée par l'Autre des Autres, le Blanc, modèle de l'être humain à valeur universelle qui n'est pas « homme de couleur », un moment dépassable comme le posent les luttes et tel que le théorise Achille Mbembe dans Critique de la raison nègre

une volonté de TC de se distinguer ?

autant dire que le remarque de Stive (« polémique développée sur la racialisation comme contradiction laissée de côté par TC ») est parfaitement mal venue, d'autant que je n'ai pas posée la question en terme de contradiction (entre races ? comme il en existerait une entre hommes et femmes pour le genre, ou du même type qu'entre prolétaires et capital ?)

on peut fort bien parler d'une domination raciale sans en faire une contradiction, et le fait est qu'en 37 ans d'existence, Théorie communiste ne l'a jamais fait, contradiction ou pas, de même qu'il n'avait pas posé la question de genre avant 2007, et se désintéressait totalement des luttes féministes de toute l'histoire du capitalisme, pour ne remonter qu'à Flora Tristan, qui écrit avant le Manifeste de Marx en 1847 (elle est morte en 1844, époque à laquelle Marx n'avait pas encore le concept de luttes de classes) : « L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même »

autant dire que l'avance théorique des communisateurs et de TC sur d'autres théoricien.ne.s communistes peut aussi se lire comme un retard d'un siècle-et-demi sur la domination masculine et la domination blanche (déjà posée par les révoltes des esclaves depuis la Révolution française au moins) : doit-on l'attribuer à « une volonté de se distinguer de TC » ou à une volonté de TC de se distinguer ?

mais voilà, comme je l'ai dit concernant Temps Critiques ou la Wertkritik, un déni théorique est un déni pratique, cela vaut pour toute théorie et toutes activités communistes sourdes à l'appel des autres à des combats communs mis en commune, sous réserve de les reconnaître, sans paternalisme ni fraternalisme (Césaire) pour la domination particulière qu'ils subissent, en plus d'être prolétaires

quant à dire (pepe) « il n'y a vraiment pas de polémique, ici (dndf) » cela signifie plutôt 1) qu'il n'y avait pas de discussion sur dndf, jusqu'à la publication de mon texte 'communisation, troisième courant' 2) que la polémique est sur mon blog et pas ailleurs, ne serait pas d'abord une discussion argumentée solidement, mais relèverait de mon esprit polémiste, dans quel sens ? Roland Simon faisait remarquer qu'il y avait bonne et mauvaise polémique, et je le partage. On pourrait appeler controverse théorique la bonne, dispute stérile la mauvaise

encore faut-il accepter la discussion, et dndf loin de le faire, a tenu à l'écart mes propositions théoriques, comme tout le milieu de la communisation, et comme Roland Simon, fin lecteur de mon blog, s'inspire sans le dire de mes développements dans le citoyen, l'Autre et l'État : bonne manière d'ouvrir les débats ou tendance récurrente à tirer la couverture à soi ? Pour quoi faire : maintenir ses petites habitudes dans un climat délétère nuisant à ces idées depuis quarante ans ? La communisation, est-ce un combat communiste ou entre chapelles ? La foi ou l'église ? Choisir c'est renoncer : « Pour chanter, il faut laisser son ego de côté... » Cassandra Wilson et les 'mauvaises graines'

inter-minable « Fin de parti(e) » ?

il est vrai que dans un texte du maître, que l'on s'empresse de traduire en toutes langues européennes, il est préférable que Patlotch ne soit pas évoqué. On sait jamais, si des dégâts collatéraux nuisaient à l'entente cordiale et la fermeture sur eux-mêmes des anciens camarades de SIC, aussi sectaires pendant qu'après... Elle est longue, la Fin de parti(e)

injonction humaniste ?

l'idée de critiquer l'antiracisme universaliste abstrait, je la partage et ne cesse de l'alimenter depuis fin 2013 dans les dossiers pour abolir le racialisme par la communisation 2014, dans le débat sur 'la question indigène" (critique du MRAP et autres organisations ou partis antiracistes, cassure dans l'antiracisme français avec la controverse sur l'exposition post-coloniale Exhibit B l'an dernier etc.)

si aborder la question raciale, c'est-à-dire celle du rapport de l'Un à l'Autre, qui est en France dit sans faux-fuyant celle des Blancs aux non-Blancs, c'est le faire de façon humaniste, tous ceux qui le font sont humanistes, au sens commun du terme et pas nécessairement de l'humanisme-théorique, c'est-à-dire niant les rapports sociaux de classe comme déterminant le capitalisme. Il n'est pas besoin d'être 'communisateur' pour voir que c'est une stupidité sans nom

cela ne fait injonction qu'à qui l'entend ainsi, parce qu'il est jusque-là resté aveugle et sourd à la question. Et c'est relativement indépendant d'être humaniste ou pas. Par conséquent, évitons autant que possible des faux-fuyants détournant la critique vers d'autres pour ne pas avoir à balayer devant sa porte

l'universalisme prolétarien a-racial abstrait est le pendant de l'humanisme antiraciste universel abstrait, ils ont en commun un même rapport de l'Occident blanc à l'Autre

admettons qu'il y ait un problème théorique, une difficulté longuement développée ici (marxisme avec la race, etc.), que je suis loin d'être le seul à relever, puisque je m'appuie au contraire sur foison de textes développant ce problème des théoriciens marxistes ou des communistes, pour en faire autre chose qu'un universalisme abstrait, au nom de l'unité du prolétariat par-delà les races

le fait est que le milieu (marxiste) de la communisation et Théorie communiste en particulier continuent à se taire. Certains tournent autour du pot en déplaçant le problème qui serait d'ordre polémique, pfff... ou petitement « volonté de se distinguer de TC », dernier des groupuscules marxistes au monde à dénier le caractère historiquement consubstanciel du racisme dans le capitalisme, et à ramener le problème à une abstraction théorique, de par son universalisme prolétarien abstrait, abstrait au sens où les particularités doivent absolument être rapportées à la structure du capital, à « la contradiction définitoire du capitalisme », éventuellement aux deux comme le réaffirme pepe

le combat communiste pour la communisation n'a que faire du problème théorique propre à TC

ce n'est, de la part de TC, que son problème, le problème de sa théorie, de son structuralisme à dialectique de contradictions à quoi tout doit être rapporté en attendant la fin, c'est-à-dire le début de la communisation. S'y enracine logiquement ce que l'on constate : une lecture attentiste et théoriciste des textes, et un intérêt pour ces textes de personnes dont le dernier des soucis est le rôle des communistes dans la lutte des classes au présent. La seule exception est le rapport interlope avec ce qui est nommé 'activisme', une activité dont TC avait besoin pour sa diffusion dans un milieu qu'il jugeait privilégié en matière de luttes aux limites du capital. Je l'ai dit alors, théoricisme et activisme, ou activités pratiques et théoriques étaient les deux faces d'une même médaille. Le théoricisme n'existe que pour qui ne fait pas du rôle des communistes, autrement dit des militant.e.s communistes, une nécessité dans la lutte de classe, c'est la critique du militantisme qui rend la théorie théoriciste, même quand elle ne l'est pas, en essence ;-)

l'esprit de système : par peur de l'inconnu ?

tout cela, dans cette conception et cet usage de la théorie, se tient, et fait système

« L'esprit de système est un manque de probité » Nietzsche, Le crépuscule des idoles

« L’esprit de système pousse les systèmes de pensée à se fermer sur eux-mêmes. Plus un système est cohérent, plus la systématisation y est poussée, et plus il se présente comme un ensemble complet et autonome. Un système achevé est un système clos, bouclé sur lui-même, et c’est sans doute ce qui fait son attrait; adopter un système, c’est se réfugier, se retrancher à l’intérieur de cette circularité protectrice. Mais c’est aussi s’enfermer dans ses limitesL’esprit scientifique et l’esprit de système, Claude Grignon 2008

« Et pourtant un si grand nombre d'entre vous ne vivent pas dans ce monde. Vous vous contentez de lui rendre visite et vous choisissez, à la place, de vivre dans un monde de mots, de théories. Vous êtes coincés, prisonniers de votre langage, otages de votre obsession de comprendre. Les théories mènent votre monde, et elles vont le détruire James Sallis, 'Le tueur se meurt', Rivages/Thriller 2013 p.192

le problème 'de la crise à la communisation' n'est pas de conceptualiser, pur enjeu théorique, mais de tisser en communistes un lien organique avec les luttes de classe

pepe « Cela n’empêche pas de conceptualiser le fait que la distinction entre les races est devenue, au cours de l’histoire, un des fondements majeurs du développement capitaliste…»

on est heureux de constater qu'après 40 ans de silence, cela n'empêche... à condition d'en faire un problème de concept. On ne saurait mieux dire ce qu'est un usage théoriciste d'une théorie qui ne l'est pas nécessairement, du moins ai-je voulu l'entendre ainsi de la part de Roland Simon depuis ce texte après Charlie. Voir ma remarque du 7 avril : le théoricisme n'est pas propre à la théorie, pas toujours, mais au rapport à la théorie, celui que l'on entretient avec elle quand elle y prédispose

appel à l'ouverture aux 'autres' du chantier théorique permanent de la communisation

nul n'a fait plus que moi pour aider TC et ses amateurs à sortir du théoricisme et redonner une nouvcelle vigueur à certaines de ses concepts propres. Je n'autorise donc personne à en faire stupidement, pour ce qui me concerne, une affaire de concurrence telle qu'on la constate entre les autres théoriciens de la communisation (voir plus bas 23 mars : concurrence, jalousie, haine entre chercheurs). Nul n'a fait plus que moi, disposant d'aussi faibles moyens, pour faire connaître le concept de communisation au-delà de milieux habituels privilégiés par les « partisans de la communisations », du fait que mon blog n'est pas limité à cette théorie et que mon lectorat, y venant pour d'autres sujets, peut aussi découvrir en quoi ils sont liés, d'une façon ou d'une autre à la crise du capital et aux combats communistes : jazz, arts et poésie, poétique, vie quotidienne, photographie... tout est relié parce que le monde, les relations et rapports sociaux sont déterminés par le cours quotidien du capitalisme, de l'économie politique et de sa crise

c'est à chacun.e maintenant de comprendre qu'au-delà d'un certain point, même la bonne controverse, si elle n'est pas acceptée d'égal à égal sur un chantier participatif, n'a plus aucun enjeu révolutionnaire, TC se suicidera ou s'en sortira en participant de façon adéquate, ouverte aux autres et collective, à la lutte de classe 'de la crise à la communisation'

il s'agit simplement de passer sans mégalomanie ni paranoïa de « qui n'est pas avec moi est contre moi » à « qui n'est pas contre moi est avec moi »

à suivre... avec modération

PS : je ne reviens pas ici sur ce qui dépasse la seule articulation race/classe pour devenir une question prégnante de la théorie de la communisation, l'intersubjectivité et le dépassement à produire par les luttes des identités sous lesquelles se donne à voir, « jamais pure », la lutte des classes. Question qu'il est tout-à-fait positif de constater qu'elle est maintenant en débat, dans les textes de RS, dans les interventions de Flav et adé. Question qu'il est impossible de théoriser sérieusement sans articuler races et classes, puisque c'est là qu'elle apparaît urgente « chez nous » comme partout dans le monde occidental, et médiée par celle du genre, autrement dit la domination masculine intervenant aussi dans 'la question indigène' (« affaires 'du voile' », « islamophobie » et agressions de souche des femmes 'voilées', déni théorique des théoriciens radicaux tous azimuts etc.). S'y ajoute le problème de la terre comme ressource de la vie, au-delà des humains, qui intègre aux préoccupations de la communisation l'intervention écologiste radicale, sur une base marxiste ou non, question toujours liée aux luttes de femmes, notamment hors de l'Occident capitaliste

voilà, ma critique et mes propositions s'articulent de façon matérialiste et historique en un tout cohérent fondé dans le réel concret, et pas structuré en système théorico-conceptuel comme chez Théorie Communiste. Pour l'heure les discussions n'ont fait que les effleurer

Continuons le début, ce n'est qu'un combat. Il y a du boulot pour tous et toutes. Bons courages !

MOTS DÉCOUPÉS DANS LE JOURNAL DU JOUR LIVREDEL, poème-roman, 1er avril 1988 - 1er avril 1991/III LIVRE SANS NOM chapitre 4

(Par les mots. TOUT DE SUITE)

Il n'y a pas ici de CHAGRIN pas de MYSTERE pas d'OUBLI
Il y a du BOULOT pour TOUS
Il n'y a pas de BOULOT pour tous
Il y a pour tous du BOULOT
Pas de MYSTERE il y a un CHEMIN
Un CHEMIN de PAROLES, un CHEMIN d'ACTES de PAROLES

Il y a un CHEMIN, un BON CHEMIN avec des CHEVAUX FOUS d'AFRIQUE NOIRE, des ESPRITS CLANDESTINS, des TÉMOINS OUBLIÉS dans le NOIR, il y a du BOULOT pour TOUS

8 avril

les communistes dans les luttes de classes de la crise à la communisation

avec Marx, un combat des communistes pour le dépassement de la segmentation de classe racialisée

contre le Marx de prolétaires et communistes dans le Manifeste, le structuralisme communisateur anti-militant est un militantisme anti-communistes

la théorie-lutte de la communisation réunit les questions du 'Comment une classe auto-produit le dépassement communisateur' et du Que faire ? communiste

l'exemplarité de 'la question indigène' et la communisation

Le Manifeste du Parti communiste Prolétaires et communistes Marx - Engels 1847

« Quelle est la position des communistes par rapport à l'ensemble des prolétaires ?

Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.
Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat.

Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classes existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux.

la critique communiste interne à la théorie de la communisation n'est pas confinée à la théorie, elle appelle des tâches politiques et stratégiques dans les luttes de classe, telles qu'elles se présentent dans leurs particularités

à titre d'exemple, 'la question indigène' n'est pas traitée par les communistes communisateurs sous la forme d'une lutte à mener contre un particularisme de la lutte de prolétaires racialisé.e.s, ni contre la religion ou telle ethnicisation des luttes contraintes par le capitalisme lui-même, qui définit les 'Autres'

les communistes communisateurs ne dénoncent pas ces luttes particulières comme « identitaires » ou « communautaristes », ni ne les réduisent à l'expression d'un parti prétendant les représenter, le PIR, quand il n'en est qu'une expression contradictoire, avec une propension à mettre en avant les questions religieuses ou l'instrumentalisation de l'antisémitisme par le capitalisme occidental

« l'intérêt du mouvement dans sa totalité » n'est pas la négation mais le dépassement de ces identités de luttes. Le rôle des communistes communisateurs est par conséquent de favoriser l'émergence de cette question au sein des luttes et de leur expression politique. Ce rôle est irremplaçable car un tel dépassement ne saurait être auto-produit spontanément à notre époque de segmentation du prolétariat produite par la crise du capital

le rôle des communistes communisateurs est aujourd'hui de lutter contre la segmentation du prolétariat sur le terrain même et à l'intérieur des luttes de classes segmentées

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théorie-lutte et combat communiste : rupture communiste dans la théorie de la communisation 15:01

dans la communisation, historicisme marxiste radical contre la sclérose structuraliste du courant communisateur anti-militant, communisme signifie à la fois mouvement de dépassement du capitalisme et activités des communistes dans la lutte de classe : les individus de classe font l'histoire s'ils ne se contentent pas de la contempler au nom du mouvement communiste de ses contradictions

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation la théorie-lutte de la communisation, communisme de combat, contre le structuralisme communisateur anti-militant

le structuralisme communisateur anti-militant est un militantisme anti-communistes

1) le structuralisme communisateur contre l'intervention communiste

Roland Simon (Théorie Communiste) : « Je ne sais pas si je suis communiste »

le structuralisme communisateur théorise l'inutilité de l'intervention communiste

l'approche structuraliste voit dans le capitaliste une ou plusieurs contradictions dont il s'agirait d'observer le mouvement, en attendant la fin, c'est-à-dire le moment du dépassement produit, dans lequel se justifiera l'intervention proprement révolutionnaire consistant alors à prendre des mesures communisatrices. D'ici là, les luttes produiraient d'elles-mêmes, en s'affrontant aux limites une sorte de mouvement communiste spontané. Le structuralisme communisateur se propose, depuis trois décennies, de répondre à ce 'comment'

l'attentisme est intrinsèque à cette vision structuraliste de la communisation, le non-militantisme lui est inhérent

cette posture a débouché logiquement sur la critique systématique de tout militantisme/activisme communiste, c'est-à-dire sur l'inutilité de communistes qu'il soient organisés en parti ou pas

la fonction communiste, le rôle des communistes  sont un impensé du structuralisme communisateur

en ce sens la théorie structuraliste de la communisation théorise la lutte de classes, le communisme comme mouvement de l'histoire du capital, comme pouvant se passer de communistes militants. Ce n'est pas dit comme ça, ni comme réponse théorique à une question posée sur la fonction des communistes. C'est venu sans trop y songer de la critique de l'organisation et des militants, telle qu'on se la posait dans les lendemains de 1968, au début de la restructuraion du capital et avant le complet effondrement du communisme programmatique. Le glissement générationnel a fait le reste, et les plus jeunes, qui ne se sont jamais battus en communistes, sont devenus, en quelque-sorte, anti-communistes à l'insu de leur plein gré

2) l'historicisme de la théorie de la communisation pose la nécessité de l'intervention communiste

l'intervention communiste émane de la nécessité du dépassement des identités de luttes particulières sur la base de ces identités en luttes contre le capital et sa soldatesque

cette question n'est pas posée comme un besoin d'individus ou de collectifs d'activités soulageant leur conscience morale. Elle émane logiquement de la conception dialectique du dépassement des identités de luttes dans lesquelles s'exprime la lutte de classe

la théorie-lutte est inséparable d'une conception interventionniste et militante du communisme comme combat

il n'y a dans cette affirmation aucun immédiatisme, aucun subjectivisme/objectivisme militant. C'est un constat qui se passe de concept ou de théorie, et outrepasse tout débat : une évidence pour qui participe à la lutte de classe parce que c'est son intérêt de classe. Il est normal que ne partagent pas ce point de vue les « partisans de la communisation » appartenant à des milieux sociaux protégés, à une race protégée, à un sexe protégé. Il est normal qu'au plan théorique, nous rencontrions face à nous les plus embourgeoisés, les plus enlisés dans l'idéologie française

la rupture dans la théorie de la communisation vise à tisser un lien organique entre théorie-lutte et luttes de terrain

la communisation 'troisième courant' n'a aucun besoin d'anti-militants au nom de la communisation, ni de partisans passifs consommateurs de théories. Aucune surprise à attendre du côté où la théorie sert de justification à l'inactivité communiste et à la critique de l'activité communiste chez les autres, du côté où, à la question Que faire ?, on répond : rien . Nous n'avons à en attendre que la poursuite d'une forme larvée de censure et de déformation des thèses de la théorie de la communisation comme théorie-lutte au sein des combats communistes dans la lutte de classes

anti-communisme au nom de la communisation ? ¡ No pasarán!

 

7 avril

un cadeau aux ami.e.s de la communisation 17:26

(s'est déclenché sur dndf un débat abordant une partie des questions posées par le 'troisième courant', en des termes posés autour de 'la race', tels que nous les approchions il y a un an. Cette ouverture est positive, mais ces questions étant pour nous résolues, nous poursuivons, un pas en avant, la réflexion sur le caractère de théorie-lutte de la communisation troisième courant, à l'opposé de son courant structuraliste dont l'attentisme lui intrinsèque à la théorie, jusqu'à produire son anti-militantisme et sa dérive en anti-communisme au nom de la communisation : un produit social de 'milieux' qui n'ont pas d'intérêts de classe bien urgents, au-delà de la bonne conscience propre aux petits-bourgeois...)

un rapport à la 'théorie +communiste' / une pratique théorique définit ce rapport / le théoricisme n'est pas intrinsèque mais lecture  et usage / « le citoyen, l’Autre et l’Etat »,  les points communs avec TC sont plus importants que le langage dans lequel s'expriment nos différences, elles appartiennent à la richesse de la théorie de la communisation / une relation à l'Autre et son besoin de 'révolution' / 'la passe' vers la race sans impasse sur la classe / race & classe, avec ou sans théorie, de l'ordre d'une évidence

retour à Stive dndf 7 avril : « Une certaine polémique s’est développée sur la racialisation comme contradiction laissée de côté par TC. Mais on peut constater que la critique contre TC sur cette question me semble relever plus de la volonté de se distinguer de TC (ce serait la troisième voie ?) que de participer à la clarification de cette problématique même si l’on peut considérer que les arguments ont leurs poids.[...]»

faire de la "théorie" communiste n'a de sens que si on théorise tout en étant communiste. Cela sous-entend de façon inhérente, intrinsèque et essentielle qu'il s'agit d'un combat de classe. Mais cette "essence" de la théorie communiste, d'être communiste, ne va pas de soi. Elle suppose :

1) un rapport particulier à la théorie, qui n'est pas celui d'un chercheur en physique à des objets sans humanité (j'utilise volontairement cette "ambiguïté"), ni même d'un sociologue à des faits sociaux, tout au moins ça dépend...

2) pratique théorique montante et descendante : ce rapport à la théorie vaut pour le ou la théoricienne et ceux qui contribuent à son "équipe", de façon interne ou externe, d'autres théories... (intellectuel organique), à la montée (conceptualiser/formaliser), comme à la descente (formaliser/exposer), cette distinction étant propre à certains aspects de la théorisation, mais pas à tous (par le fait que si la théorie communiste appartient à la lutte de classe, partie d'elle n'a pas besoin de concepts, du moins pour les sujets-individus de la révolution, certains aspects sont immédiats, inhérents à la lutte par les "armes" car à la conscience immédiate de ceux qui luttent. De ce point de vue il y a fort peu de différences entre TC et moi)

3) théoricisme d'amateur de théorie : ce rapport à la théorie vaut pour qui s'y intéresse, et se l'approprie, la digère au point de pouvoir la reformuler dans son langage propre. Selon qu'il en fait ou non un combat communiste, ce rapport est différent. Non pas académisme vs théorie-lutte (que n'est pas TC, désolé), mais théoricisme d'amateur vs théorie-lutte (que veut promouvoir 'le troisième courant'). Spectacle et consommation intellectuelle de théorie vs les armes de la critique pour la critique des armes

ici, nous découvrons un point important, et peut-être nouveau formulé ainsi : le théoricisme n'est pas propre à la théorie, ou à certaine, mais au rapport à la théorie, celui que l'on entretient avec elle

Stive est manifestement sincère, mais il dit les choses de telle façon que je vois bien qu'il n'a pas compris, ni compris ce qu'il n'a pas compris, sans quoi il ne parlerait ni d'une « volonté de se distinguer » qui est bien plus insultant que « j'encule Patlotch », et il ne parlerait pas de « contradiction laissée de côté par TC », ni à propos de ma critique de TC, ni comme enjeu pour TC

le texte de RS « le citoyen, l’Autre et l’Etat » est du 16 janvier, moins de dix jours après les attentats Charlie et Super-Casher, c'est un texte de théorie politique, un texte de théorie communiste. Je l'ai donc apprécié doublement pour ses 'frémissements' théoriques et pour son engagement dans une période où, pour dire les choses simplement, ça fait du bien par où ça passe

il suffit de lire mes développements sur le rapport à l'Autre, l'inter-individualité, etc, depuis un an ou plus, pour mesurer ce qui nous est commun. Je ne l'analyse pas en détail, que chacun.e le fasse pour lui-même ou elle-même, on ne comprend bien que ce qu'on reconstitue, un mouvement de pensée, a fortiori deux mouvements de pensée qui se recoupent

pourtant, ni moi ni RS n'avons besoin d'aborder la question de la race, la question de l'Autre, comme une « contradiction ». La question est d'un rapport à l'autre, ou mieux dit pour la dynamique, une relation à l'autre. Relation que RS n'analyse pas comme symétrique ou 'égalitaire' mais entre l'Un et l'Autre :

« L’égalité et l’équivalence des citoyens entre eux qui font leur abstraction supposent un partage de qualités communes historiques et culturelles. Il n’y a pas de citoyenneté sans identité, sans la possibilité de pouvoir dire « nous » et « eux ». Dire « nous » et « eux » n’est pas l’apanage du Front National, des mangeurs de cochonnailles et des buveurs de vin rouge.

L’injonction humaniste à accepter « l’Autre » présuppose l’existence de « l’Autre », sa construction comme tel et donc la hiérarchie vis-à-vis de « l’Un » qui a le pouvoir de dire qui est « l’Autre ». Entre « Nous » et « les Autres », il y a une organisation de la société qui s’impose aux individus et préexiste à chacun d’eux. Ceux qui sont invités à « accepter l’Autre » constituent la société normale, légitime. A l’origine des Uns et des Autres, il y a le pouvoir simple et brut. L’Un est celui qui a le pouvoir de distinguer.»

quand je définis l'identité de l'Autre des Blancs occidentaux, je ne décide de rien du tout, et ce n'est pas moins qui, pouvoir ou pas, distingue. C'est d'abord le capital qui distingue ces autres, et ensuite les citoyens dans l'humanisme universaliste. Mais rien ne sert de nier cette distinction et ce pouvoir de distinguer, puisque nous ne pouvons retrouver dans sa pureté l'identité de classe : retrouver est un bien grand mot, puisque les prolétaires européens ou blancs américains n'ont pas eu trop de peine à accepter les « bénéfices secondaires » de la ségrégation, du colonialisme et de la racialisation actuelle où, comme concurrents sur le marché du travail, ils ont une longueur d'avance

'la passe' vers la race sans impasse sur la classe

l'idée est donc simple à comprendre que, partant

1) de cette identité de l'autre créée et entretenue par le capital et ses divers appareils

2) de l'impossibilité de l'unité de classe

=> il faut trouver la passe, sans faire l'impasse sur la classe. Tout ce que j'ai fait dans mes travaux sur la 'race' en relation à la classe et au genre, c'est chercher cette passe, sans casser et sans me passer de la contradiction de classe*

j'ai pu le faire avec mes propres 'concepts' (luttes auto-théorisantes / identités de luttes... subjectivation) et le compléter par ce que j'ai découvert avec Stuart Hall, Althusser/Gra,sci, et Raymond Williams, parce qu'ils conservent le "collectif de classe" dans la fondation, il y a 50 ans, des études culturelles, précisément ce qu'abandonnent les études dites intersectionnelles ou post-coloniales dans leurs versions américaines, celles revenues en Europe comme domaines universitaires ou hâpées par la théorisation démocrate radicale

remarque 1 : pour ma part, le genre comme contradiction, j'ai du mal, ou du moins ce n'est pas, dans ma terminologie, une contradiction antagonique, c'est-à-dire se résolvant par disparition des termes ou absorbtion dans une nouvelle unité. D'où mon bémaol sur abolir le genre = détruire les hommes et femmes, ou autres, sexués en tant que tels - mais ici, c'est un détail del'histoire hors sujet

remarque 2 : mes critiques virulentes contre Yves Coleman et quelques autres relèvent directement d'un enjeu politique, au sens fort, dans le combat communiste aujourd'hui. La teneur en théorie, de son côté, est nulle, et son tir contre les études post-coloniales, comme celui de Temps critiques et d'une part ignorant, d'autre part dégeulasse, à la limite raciste (Germinal Pinalie itou et les prétendues critiques marxistes aux "ilamo-gauchistes". Nuo en théorie, passons encore, mais politiquement grave, parce qu'il le fait, en quelque sorte en notre nom, au nom du communisme (même s'il n'utilise pas ce mot, il doit penser en bon gauchiste démagogue que le mot fait fuir, certains anars notamment). Il va sans dire que m'en prendre à Yves Coleman et son travail de sape au nom de la lutte de classes, ce n'est pas la même chose qu'une controverse avec TC au sein de la théorie de le communisation

race & classe, avec ou sans théorie, de l'ordre d'une évidence

j'ai déjà dit que je n'étais pas dans une concurrence pour me faire mousser, et la meilleure façon de s'en convaincre, c'est d'étudier ce que j'ai étudié moi-même, à défaut d'en faire une évidence qui n'a pas besoin de théorie, quand on est concerné dans sa peau, dans sa chair... C'est pourquoi je ne me vois pas aller faire de la retape théorique chez les Indigènes, du PIR ou d'ailleurs, et encore moins dans mon quartier, parce que sur ces questions-là, je n'ai chez moi aucun problème, disons que je vis ici comme un poisson dans l'eau du bain. En vérité, sur la question de la 'race', mes considérations s'adressent aux Blancs ;-)

c'est bien pourquoi je suis si remonté contre certains « camarades », parce que j'ai à leur encontre une vraie haine de classe et de race, bien que je sois un Blanc de couche moyenne. C'est ma vie et ce sont les mien.ne.s. Les miens bien plus que tout "communisateur" auto-proclamé qui n'a rien capté au film théorique ni à la situation française, et qui a l'air de prendre le combat communiste pour une promenade sur Internet. Alors ceux qui participent de cette idéologie de souche française, et plus encore en instrumentalisant l'antisémitisme comme l'Occident capitaliste depuis l'après-guerre, "communisateur" ou pas, ce sont pour moi des adversaires de classe. Point barre

la théorie est éclaircie, RS peut la formuler dans son langage pour les siens et les fondus de TC, ça ne changerait rien pour moi, que du bonheur, car ça nous mettrait ensemble mieux en prise sur les réalités. C'est un souhait, bien sûr, qu'on ne peut émmettre que si l'on est communiste, et pas consommateur théoriciste à temps perdu, comme d'autres aiment dévoiler les femmes sur internet

pour le cadeau, je vous fais un paquet ?

c'est mon anniversaire, et après mon cadeau, tout le monde communisateur il devrait me sauter au cou (ma lectrice c'est déjà fait)

1

la théorie s'élabore dans une confrontation, ce n'est pas un 'débat', des prises de positions hâtives pour l'un ou l'autre... ou une façon d'avoir ou de donner raison... il y a des enjeux graves pour les luttes de classes en France, alors qui n'est pas concerné dans sa peau, svp, un peu de sérieux, et de pudeur !

quant « se distinguer de TC » quelle intelligente remarque, sauf que les théoriciens marxistes du monde entier n'ont pas attendu la communisation, et que la communisation, et la problématique est parfaitement clarifiée : le capital est une réalité concrète, structurelle et historique, et sans le racisme de classe, il n'aurait pas plus existé hier qu'il n'existerait aujourd'hui

à ce stade du non-débat, il ne s'agit plus d'arguments théoriques de poids, mais d'une accumulation de preuves réelles tous azimuts : des faits, des luttes, des concepts qui en découlent... Le problème de TC, c'est de le construire dans son approche simpliste en quelques contradictions, qui le rend difficile puisqu'elle renvoie l'historicisme à l'humanisme-théorique à grand coups de mécano philosophique abstrait. Il n'y a plus au monde que les marxistes dogmatiques du "programmatisme" et une poignée de Marseillais avec leur arrière-garde rapprochée pour soutenir pareille ineptie

les vraies raisons de ma polémique au sein de la communisation et avec/contre Théorie communiste

si j'ai polémiqué avec TC, c'est pour deux raisons :

1) je voulais garder le concept de communisation et le défendre contre tous les autres, sans quoi il aurait été facile de prendre la tangente des discussions marginales d'un "milieu" qui n'a aucun lien organique avec les luttes de classe

2) TC s'imposait comme le plus sérieux parmi les théoriciens français de la communisation (hormis pour certains points creusés par Astarain, et la clarté sur quelques bases de Dauvé), et Roland Simon le plus disponible pour écouter les autres. Son problème n'est pas un déficit d'attention, c'est un problème intrinsque à la construction du corpus de Théorie communiste. C'est pourquoi je me suis aussi efforcé de souligner des conceptualisations (Gramsci, Althusser, Hall, Williams, Spivak...), à même de tisser, pour faire court, mon approche, et la leur

mise au point théorique d'importance

je ne parle nulle part d' « une contradiction laissée de côté par TC », parce que tout n'est pas contradiction dialectique au sens de la structure du capital, et c'est là, pour la 'race', et le 'genre' en partie, une difficulté théorique : relire Stuart Hall, "Race, articulation et sociétés structurées 'à dominante'" , si possible le texte entier dont j'ai donné d'autres extraits. C'est un travail théorique, fouillé, complexe et pas très difficile à suivre, mais l'essentiel n'est pas d'y saisir des « contradictions » (c'est l'argumenbtaire de RS avec Endnotes, et je conviens qu'il y a matière sur la valeur etc. Sur la race, c'est un autre problème, et si ce n'était pas le cas, TC l'aurait réglé aussi bien que moi, peut-être avant

soyons sérieux, il y a un vrai problème, et il est grave, grave pour les luttes de classe en France, alors la théorie...

le discours théorique blanc ne sachant toujours pas d'où il parle, on va lui dire : de l'idéologie dominante en France, voilà de quoi plomber toute théorisation communiste sur le terrain des luttes qui viennent

6/7 avril

les pharses du jour

communisateurs identitaires ?

le genre à masturber les anges prolétariens pour cacher le sexe de leur race

« J'ai été trop sympa. Et depuis trop longtemps. Après ce livre, je ne vois pas beaucoup d'autres solutions pour les personnes concernées que le suicide pour échapper à la honte, à la colère, au dépit, à l'humiliation et à l'effondrement psychique. Logiquement, après m'avoir lu, on ne peut que se suicider. » Avertissement, Marc-Édouard Nabe. En cas d'urgence contacter Claude Guillon, Suicide mode d'emploi

« Des centaines de milliers de manifestants, si ce n’est des millions, ont applaudi la police, crié « Je suis flic, je suis Charlie, je suis musulman », chanté l’hymne national et brandi des drapeaux tricolores. » Yves Coleman, le "Monsieur propre" de l'extrême-gauche, sociogauchopathe déformologue, D'une authentique émotion de masse à la manipulation politico-médiatique (sic)... Mondialisme.org 6 avril

relire, au besoin, Roland Simon, le seul à avoir suivi le film sans attendre la fin, dans « le citoyen, l'Autre et l'État », qui tranche avec l'idéologie française en vigueur chez les apprentis sorcier allumant les feux de la prochaine bombe sociale 'identitaire' qu'ils prétendent redouter au nom d'une classe dont ils pourront longtemps attendre la pure apparition

le même agent trouble, en théoricien du siècle : « Ce sur quoi il faudrait plutôt s’interroger, c’est sur la puissance des idéologies identitaires dans le monde occidental, identitarisme facilité par le multiculturalisme initié par la gauche, et les études postcoloniales et subalternes. Ce développement de l’identitarisme de gauche, destiné à nier les identités de classe, est parallèle à celui, plus traditionnel, des partis de droite et d’extrême droite, depuis une quarant [coupé ici] »

double déni social et racial... au nom de Marx

une haine pathologique (de soi ?), typiquement "métisse", de couches moyennes aisées ayant fui la ségrégation aux USA et les luttes d'émancipation des années 50, ou héritière de la collaboration arabo-colonialiste en Afrique du Nord (analysée par Fanon dans Peau noire, masque blanc) : leurs rejetons en France parlent du haut d'un « le racisme, je connais... »... On en trouve à l'extrême-droite comme à l'extrême-gaucheet dans le courant communisateur, qui se proposent avec les mêmes arguments classieux de clarifier la « confusion identitaire et communautariste ». Qu'ils commencent donc par s'occuper de leur (double) face

même rhétorique et même haine de type « harki » (« le PIR stipendié par le FLN »), à la Bougrab, subie hier encore au téléphone de la part d'un ex-ténor de Meeting et autres Summer-Kampf "communisateurs", tout aussi ignorant de l'histoire, des textes fondateurs du marxisme post-colonial et subalterne, et du fond des débats actuels : ça pue dans le "milieu", et tout ce petit monde le sait, se tait comme il se terre, planqué à l'abri des concepts comme le bobo pepe-dndf « la racialisation arrive ensuite dans le temps », donc dans la « structure » qui hante son cerveau sclérosé mais d'un genre très "classe"

on a les mêmes figures petites bourgeoises créoles aux Antilles*, dont un maître de Coleman, à non-penser la classe, est Germinal Pinalie« je suis Charlie » de bonne famille, idéologue au nom de Marx (!) du déni de 'la question indigène'. Voir le fond de l'argumentaire dans Les identitaires de gauche, généalogie d'une dérive, ou Les mots de Marx sont importants (lire aussi la discussion et l'interview de Tevanian), mais accrochez vos ceintures marxiennes, car c'est culotté de coton, et lisez Marx aux antipodes... Ici nous sommes vraiment dans un combat qui se joue au sens fort aussi bien sur un terrain théorique que sur le terrain social, où, jusqu'ici, le courant communisateur a ramé par son absence... à contre-courant du combat de classe tel qu'il se présente racialisé

* un symbole en est l'association 'Tous créoles« Guadeloupéens et Martiniquais de toutes couleurs et de toutes classes sociales...» - dont était membre le papa, Pierre Pinalie, chassez ces identités que je ne saurais voir...

alors, Bernard Lyon, BL de Théorie communiste, toi qui prétendais « affirmer de façon très nette voire, polémique » que la race risquait de « secondariser » le genre*, toi qui est « pas antiraciste », toi qui assure qu'il n'y a « rien » à faire, toi qui conseilles aux « partisans de la communisation » de résister à « l'accusation d'attentisme »... toi qui,  comme la Wertkritik et Temps Critiques, soutiens fondamentalement le même effacement des couleurs et origines autres que les tiennes, blanche et juive, toi si près de tes singuliers intérêts familiaristes que tu as changé de nom à l'état-civil, t'es où ? Toujours aussi schizo, entre « vivre normalement » et « vouloir la révolution » en 2020 ? Tsss...

* « Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dévalué, secondarisé par la mise de question des races au niveau de celle du genre » Utérus vs Mélanine

** mes ami.e.s et connaissances : Jacubowiez, Schwartz, Wekstein, Levy, Simon (dsl), Halimi, Klein, Korn, Kolb, Goldman, Benedetto, Pozner, Sitruk, Rangell, Wiener, Seligman, Rybak... ils n'étaient pas anars de gauche, tu crois que c'est pour ça qu'ils n'ont pas changé de nom ?

lavez vos linges sales entre vous, « camarades » confrontés comme jamais à la honte d'être et n'être pas ce à quoi malgré vous vous identifiez, vous qui considérez au nom de votre universalisme prolétarien qu'« il ne faut pas partir du perso », vous singulièrement infoutus de vous en abstraire, protégeant ceux qui vous ressemblent, couleurs, origines et théories réunies, vous « camarades » de vous-mêmes, prenez votre temps : la vie et les luttes de classe, les combats communistes, sont ailleurs, et ne vous attendent pas

Enfin Nègre !

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation janvier 2009

pour rigoler : Clash Marc Edouard Nabe et Houria Bouteldja sur Obama mais je vois pas le clash...

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un poète

Marx à propos de L'Idéologie allemande 1845 : « [avec] Friedrich Engels avec nous résolûmes de tra­vail­ler en commun à dégager l'antagonisme existant entre notre manière de voir et la conception idéologique de la philosophie allemande; en fait, de régler nos comptes avec notre conscience philosophique d'autrefois. Ce dessein fut réalisé sous la forme d'une critique de la philo­so­phie post-hégélienne. Le manuscrit, deux forts volumes in-octavo, était depuis long­temps entre les mains de l'éditeur en Westphalie lorsque nous apprîmes que des circonstances nou­velles n'en permettaient plus l'impression. Nous abandonnâmes d'autant plus volontiers le manuscrit à la critique rongeuse des souris que nous avions atteint notre but principal, voir clair en nous-mêmes. » Karl Marx Préface à la Critique de l'économie politique 1859

j'ai dégagé l'antagonisme existant entre ma manière de voir et la conception idéologique de la théorie communiste française; en fait, j'ai réglé mes comptes avec ma conscience philosophique d'autrefois. Ce dessein fut réalisé sous la forme d'une appropriation critique et d'un renversement radical de la théorie de la communisation. La somme en figure sur ce site, livré à la critique en ligne des virus

j'ai atteint mon but principal, voir clair en moi-même

ayant accompli ma tache principale dans la sphère des idées, j'ai décidé de m'en retirer, et d'arrêter le 'rôle' que les circonstances m'ont contraint d'assumer transitoirement. Le poursuivre serait en contredire le sens, et ne pourrait que brouiller ce que les événements pourraient en faire. Je n'attends rien particulièrement de qui n'en saisirait que des idées, et je n'ai rien à dire de plus qu'on ne puisse trouver par soi-même. Notre temps est passé, certains ne l'ont pas vécu. L'essentiel viendra d'ailleurs, l'espoir avec, sans besoin d'un savoir qui ne concernait que « notre histoire », dans une petite province du communisme français

alea jacta est

le temps est venu pour moi de vivre à la hauteur de ce que je suis, parmi les miens, dans mon quartier

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation une vue imprenable ?

suivie d'un texte d'Antonio Gramsci, du 11 février 1917 : Je hais les indifférents

complet, avec un texte d'Octavio Paz explicitant ma décision, dans journal extime 2015

5/6 avril

le gauchisme maladie anti-communiste ? y a-t-il un docteur pour la communisation ?

de Lénine et de l'ultra-gauche à la communisation 'troisième courant', questions communiste sur l'organisation, le militantisme, la stratégie, le réalisme de luttes à mener de la crise à la communisation

« La maladie infantile du communisme, le gauchisme » est un texte de Lénine publié en 1920 avec un sous-titre moins connu : « Essai de causerie populaire sur la stratégie et la tactique marxistes ». C'est une critique virulente de ce qu'on pourrait réstrospectivement appeler l'ultra-gauche historique

wikipédia : « Dans cet essai, Lénine critique durement la stratégie suivie par une partie des communistes, membres de la Troisième Internationale, notamment les Hollandais, les Allemands, les Anglais et les Italiens. Leur ligne de refus de participation aux syndicats et aux élections, en régime de démocratie parlementaire, lui semble relever de la plus pure « puérilité » : au nom de la sauvegarde de la pureté et de la virginité des principes, il faudrait donc se priver de ces tribunes alors que l'immense majorité de la population travailleuse y croit encore.

Lénine donne sa logique de l'enchaînement des événements révolutionnaires et notamment les grands traits de sa vision stratégique. Il exprime sa vision de la lutte politique en vue d'une prise de pouvoir.»

pourtant, l'ultra-gauche tardive des années 60, et par la suite les théoriciens et « partisans » de la communisation ne se privent pas de critiquer les « gauchistes », auxquels bizarrement d'ailleurs sont associés des micro-partis et organisation héritant du trostkisme (LCR, LO...) alors mêmes qu'à la différence des cibles de Lénine, ils sont électoralistes et parlementaristes, militent dans les syndicats...

dans ma jeunesse à l'UEC puis au PCF, on ne manquait pas de nous instruire et de nous alerter sur le grave danger du « gauchisme » et des « gauchistes » Je me souviens d'un livre de Léo Figuières, Le trostkisme, cet antiléninisme. Le lignard au long cours Henri Marlberg y revient encore 40 ans après dans l'Humanité du 8 avril 2013 : Le dernier livre stimulant de Léo Figuères

Ce nouveau livre paru quarante ans après le Trotskisme, cet antiléninisme, réévalue nettement ce jugement. Je résume sa pensée en le citant?: «?Je n’ai pas suffisamment pris en compte ce qu’avaient de justifiées les analyses de Trotsky sur les dangers que constituaient, pour le socialisme, la cristallisation d’une caste bureaucratique et l’abaissement, puis l’anéantissement de la vie démocratique.?» Léo Figuères ajoute?: «? Le destin de l’URSS se joua dans un environnement souvent impitoyable… Le débat politique rude dégénéra en répression politique puis en dérive meurtrière.?»

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation à 20 ans, s'annonce quarante ans à l'avance un tribun national-gauchiste

c'est vrai que confronté à la fac de Besançon à un certain Jean-Luc Mélenchon, déjà tribun au charisme ravageur et aux accents bonapartistes, je disposais là du modèle idéal de « gauchiste » comportant de quoi alimenter le mal que j'en pensais et celui que mon parti disait, Lénine à l'appui. J'ai trop peu interrogé alors pourquoi et comment j'étais moi-même considéré dans mon parti comme un « gauchiste », sans doute un peu ce qu'en entendait Lénine ultra-gauche mâtiné de rebelle anarchiste qui n'aurait pas frappé à la bonne porte

certes, voilà qui nous rappelle les « gauchisses » de Georges Marchais, et les mêmes ajoutés aux « pédés » de Jacques Duclos... De chacun selon...

où je veux en venir, c'est au gauchisme dans le milieu de la communisation, et j'entends par là à la fois ce que pointais Lénine « la sauvegarde de la pureté et de la virginité des principes », détaché du rapport au parlementarisme mais typique de son rapport schizophrénique séparant théorie et pratique bien que prétendant dépasser leur séparation, et à cette surenchère phraséologique et cet usage immodéré des slogans tranchants dont ils ont un secret étonnant pour de si fins dialecticiens : « Tout ce qui existe mérite de périr », « l'insurrection qui détruira les hommes et les femmes », et d'une façon générale tout ce qui fait « bander » la radicalité dans sa pureté qui préfère émasculer qu'éjaculer. Le propre d'un auto-gargarisme gauchiste qu'on aurait pourtant de la peine à relier aux écrits de Roland Simon, de Gilles Dauvé ou Bruno Astarian. Concernant le premier, je considère de longue date qu'il aurait dû s'appliquer ce principe de sagesse indispensable à tout penseur désireux d'avancer de façon indépendante sans semelles de plomb : « Mieux vaut être seul que mal accompagné »

concernant la possibilité d'un gauchisme non critiqué dans la théorie de la communisation prolongeant les derniers feux de l'ultra-gauche post-68, je pense qu'elle relève, comme dit plus haut, de la critique de Lénine en ce qu'elle ne viserait pas l'ultra-gauche historique dans ses apports les plus féconds, mais la coupure avec l'activité concrète de luttes de classe, de masses «populaires », ou sa recherche paradoxale via l'activisme critiqué par ailleurs

un militantisme communiste pour la communisation ?

le plus intéressant pour ce qui nous concerne aujourd'hui, serait de voir en quoi la critique du militantisme est alors liée aux formes du militantisme dans les lendemains de 68, dans les partis et organisations, critique qui reste pertinente, mais qui aurait eu tort d'être élargie à toutes activités militantes ou activistes, dès lors que sans elles, je ne vois pas, vraiment pas, qui sont, qui pourraient être les communistes

s'organiser dans une vision stratégique de la crise à la communisation ?

je pense qu'une réflexion féconde pour être relancée sur cette affirmation de l'Adresse de Meeting [site inaccessible comme celui des éditions Senonevero...] : « la constatation que toute organisation de classe permanente, préalable aux luttes ou persistant au-delà, est aujourd'hui confrontée à son échec. ». Encore faut-il la lire pour ce qu'elle dit, qui n'exclue pas une organisation transitoire au moment des luttes, mais dont il serait hasardeux d'affirmer qu'elle ne suppose rien d'organisé au préalable ni de persistant au-delà, ce qui au fond n'est pas très réaliste, et ne risque pas de poser l'indispensable question de la stratégie, et pour paraphraser Lénine : « les grands traits de sa vision stratégique. Il exprime sa vision de la lutte politique en vue » de luttes de la crise à la communisation

le gauchisme activiste-théoriste du courant communisateur

au total, le troisième courant de la communisation entendrait donc se situer un pas en avant des théoriciens et un pas en arrière des masses, image certes simpliste mais voulant dire que l'on ne peut franchir le pas des luttes telles qu'elles sont, autrement dit comme l'écrivait Roland Simon comme auto-critique de fait du gauchisme activiste théoriste de l'aventure SIC « allée vite en besogne, le cœur prenant le pas sur la cervelle »

la tendance étant à tordre le bâton dans l'autre sens, on a obtenu la critique systématique de tout militantisme et de tout activisme, qui entérine le lien organique brisé entre théorie de la communisation et luttes de classe depuis 1975, et qui fait des 'communisateurs' à l'ancienne des militants de l'anti-militantisme plus que des communistes contre le capital

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arts et communisation

réflexions, poétique et praxis révolutionnantes, de Marx à Spauding

il n'y a pas à séparer l'idée d'un faire : pour l'art comme activité, la théorie n'existe pas

le communisme et l'art sont, depuis les lendemains de 1968, mes plus longues fidélités. Rien de surprenant à ce qu'elles se soient mariées. Par le Jazz et comme Michel Leiris dans les années 1930, j'ai appris l'Afrique, la Négritude, les Autres... Par le Jazz j'ai appris l'improvisation collective et sa puissance... Par les 'arts plastiques' et l'écriture poétique, que c'est le chantier qui apprend à l'« œuvrier » (Bernard Lubat) où il le conduit

Jazz et communisme, Improvisation et communisme, Pratiques pratiques... textes Patlotch 2002-2014

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation je dois dire que je trouve ça plutôt naïf, moche, "militant" à souhait et que cela relève pour moi du « gauchisme esthétique »

dans quelle mesure le caractère « gauchiste esthétique » des « œuvres d'art » présentées comme participant au mouvement 'Occupy' n'en révèlent-elles pas les limites, celles d'un gauchisme militant, au demeurant majoritairement blanc ?

deux textes de Daniel Spaulding (traduction souhaitée) réveillent ces rapports au sein des luttes du mouvement Occupy, en relation avec le concept de communisation

à lire dans Poétique, art et révolution : notes poétiques 2003-2015

4 avril

décrochez vos saints durs 21:40

spectres de Derrida, Marx et Shakespeare, et le non-théorisme de la communisation

ici, cher lectorat - je ne parle pas pour ma lectrice, qui elle a suivi - de la même façon que nous avons renvoyé les "marxistes" à Marx, les valeuristes à leur vacuité, les anarchistes à l'anarchisme, les théoristes à leur théoricisme, les communisateurs à la communisation, les saint-simoniens à Roland Simon, les intersectionnalistes à la genèse marxiste des études post-coloniales, et les patlocho-fractionnistes à réfléchir à leur foi sans maître, nous allons renvoyer les derridariens à leur risques in the franchouille théory masturbée in USA, et ainsi réaliser notre désidérata avant qu'il ne rate

une leçon de pratique théorique : Derrida lisant Marx lisant Shakespeare

autrement dit, il s'agit ni plus ni moins de retourner Derrida contre ses épigones qui ont cru pouvoir s'en servir contre la lutte de classe et le combat communiste

spectres de Marx, chose promise, chose due

(on excusera la perturbation théorique par les racailles du quartier faisant leurs courses, moi aussi, j'ai l'impression d'être toujours derrière...)

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

ici, je ne souligne rien, je laisse mon lectorat se débrouiller avec ma lectrice. Les marques en marge sont de ma première lecture, en 1993...

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

la suite dans l'idéologie occidentale, avec Pierre Legendre, Jacques Derrida... ou le théorisme, maladie sénile du communisme

 

méchants dirigeants et bons dirigés ? Imposture ou Idéologie ? 17:35

« les luttes sont impures comme le sang qui les abreuve, les sillons de la pureté anarchiste ou théoriste creusés dans le vent » blasflemme du pro-fête Patlotch 4 avril MMIV

à propos de « J’ai vu le futur, et ça fonctionne. » – Questions critiques pour les partisans de la révolution au Rojava Non-Fides avril 2015

Non-Fides, qui n'a pas trop regardé à diffuser le « PIR = FN » de Yves Coleman, se propose ici d'alerter sur l'imposture dans l'histoire des luttes de classes. Qu'en est-il

à lire dans les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution

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courte lettre au Réseau communiste anti-gestionnaire

Patlotch April 4, 2015 at 11:47 am

Salut,

je ne pourrai malheureusement pas être à Montauban aux dates indiquées pour la rencontre de juillet. J’y serai de cœur et je relaierai vos infos et initiatives

la théorie de la communisation est à un tournant essentiel, celui qui va permettre de lui donner un lien organique aux luttes de classe, des femmes et pour l’abolition du racialisme, à l’heure où le problème devient massif en France même
le texte ‘communisation ‘troisième courant’ 2015, entend promouvoir cette dynamique en France et à l’étranger, pour retisser les liens rompus depuis 40 ans après la ‘rupture dans la théorie de la révolution’
http://patlotch.com/text/488b2cdb(autosaved_autosaved_autosaved_autosaved_Patlotch2013)-723.html

je souhaite naturellement que ces débats puissent s’ouvrir à l’occasion de vos rencontres de juillet

pour le reste, s’il est possible de participer à votre réseau, je suis preneur

amicalement et bon courage,

Patlotch

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samedi à Toulouse, juillet à Montauban ? 14:20

Toulouse de Nougaro par Maurane « ici, si tu cognes, tu gagnes... ici même les mémés aiment la castagne »   

communisme ? société ? et la race ? débattre, combattre... motivés ?

un formidable appel d'air... et de responsabilités à prendre

le chanteur de Zebda à Toulouse à 5'40 : « une société plus généreuse, plus solidaire, plus partageuse, une petite chance de s'élever tous ensemble et de taquiner l'égalité... ça s'appelle une société avec un service public fort » ?

un samedi à Toulouse
adé 5 janvier : « Pour les « activistes » : keep cool , l’enfer c’est -toujours- les autres activistes. »
Flav 17 février : « Tant qu’il y aura de l’argent, il y aura des banderolles, des activistes, des critiques de l’activisme, des sites web et des commentaires qui servent à rien comme celui que je suis en train d’écrire !.. :) »
une initiative
adé  3 avril : « "En attendant la fin", J’ai toujours vu d’un mauvais œil ce sous-titre, je l’avais d’ailleurs écrit et n’avais obtenu qu’une réponse évasive, en tout cas rien qui m’ait convaincu. »
Flav 3 avril  : « Si tu parles de ton commentaire dans « Un Samedi à Toulouse », mon commentaire qui suit ne te réponds pas. Je n’ai pas éprouvé le besoin de répondre puisque tu avais tout simplement raison.»

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

Pour un réseau « Communiste anti-gestionnaire »

« Votre texte est intéressant de première abord, mais une chose saute au yeux, pourquoi le système raciste passe si facilement à la trappe ? » MouiseL 11 mars 2014

femmes, race, classe, continuons le combat !

« The race question has yet to be put on the table for communisation theory. Theorists who analyse race and racialisation as a fundamental social relation that grounds and reproduces capitalist society, have not been addressed within communisation. This is a testament to the persistent Eurocentrism of current communisation theory

La question de la race doit encore être mise sur la table de la théorie de la communisation. Les théoriciens qui analysent la race et la racialisation comme une relation sociale fondamentale, qui fonde et reproduit la société capitaliste, ne l'ont pas fait au sein de la communisation. Il s'agit du testament de l'eurocentrisme persistant dans la théorie actuelle de la communisation » The Gender Rift of Communisation, P. Valentine, MetaMute 17 juillet 2012

2 à 3 ans après cet appel venu d'Outre-Altlantique et le texte de Chris Chen dans Endnotes3, The Limit Point of Capitalist Equality, Notes toward an abolitionist antiracism, le débat sur la race est posé en France sur la table de la théorie de la communisation

8 mai 2015 : le Parti des Indigènes fête ses 10 ans à Paris avec… Angela Davis

nous voilà, en France, sur le point de gagner une bataille, avec la chance de pouvoir rattraper notre retard dans le combat d'idées pour croiser luttes de classes, luttes de femmes et pour l'abolition du racialisme. Il est de bon augure que tant chez les 'indigènes' qu'au sein de la théorie de la communisation, ce débat soit engagé sur de nouvelles bases

dans un contexte où le problème s'avère en France massif, la responsabilité des ami.e.s de la communisation est d'une toute autre ampleur que dans le tandem théoriciens-totos qui a fait la gloire de Meeting et Sic, et collatéralement les dégâts entre gars et gatte, comme disait ma grand-mère

Nouvelles rencontres d’été 2015
Cet été, du 9 au 15 juillet, les premières rencontres d’été du Réseau se tiendront, à proximité de Montauban

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation faut rigoler... 2 janvier

« Pour nous, le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent au moment actuel. » Karl Marx et Friedrich Engels, L'idéologie allemande 1845

« C’est une révolution chez les communistes de ne plus avoir l’idéal comme horizon !
Je suis animé par le fait de rêver une société, mais ça n’a rien à voir avec définir une société idéale. Je ne crois pas plus au communisme par plans quinquennaux. Le communisme est un mouvement, un chemin de projets partagés, sans cesse remis en discussion. Le communisme n’est pas une société parfaite à atteindre
Pierre Laurent PCF Libération 15 août 2012

pour la communisation, le communisme n'est pas une société. Point

Du citoyen Charlie à la « dernière instance » Roland Simon dndf 29 janvier 2015
« Les prolétaires ne sont ni contraints de faire la révolution, ni libres de la faire ou non. La révolution et la production du communisme ne préexistent pas à leurs activités actuelles quotidiennes, elles n’existent pas comme idée ou comme but à atteindre. La révolution est produite, elle est le mouvement actuel de sa production, ce n’est qu’ainsi que nous pouvons en parler. En tant que production de la lutte des classes actuelle, la communisation n’est ni inéluctable, ni possible, ni un dosage des deux, car elle n’est pas un but existant déjà en lui-même, par lui-même. La révolution et le communisme ne sont pas des objets préexistant posés quelque part dans le temps, posés dans un futur nécessaire ou hypothétique. Ils ne préexistent en aucune façon à leur production qui est la lutte des classes qui, elle, est inéluctable.»

une chance au grata, zéro chance au tirage

et, les ami.e.s de la communisation, faut rigoler... en attendant la faim de débattre et se battre

pepe, toujours le mot pour rire

pepe dndf 4 avril « Puisque le débat arrive sur dndf (il n’y a pas d’échanges direct sur le site de Patloch et de toute façon, dndf (et surtout pépé) est bloga-non grata sur son site, ce qui n’a qu’une toute petite importance), il m’intéresse aussi d’échanger tranquillement sur le thème de la distinction de races qui serait laissé de côté par TC...»

mieux vaut être sourd qu'entendre ça, mais quoi qu'il en soit, je remercie pepe d'avoir pris l'heureuse initiative de débloquer, sur son blog dndf, le débat sur les questions posées ici depuis 2013 et non-grata chez lui, propositions que synthétise Communisation 'troisième courant' 2015 chantier théorique permanent et intervention communiste

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation c'est bien beau, tout ça, mais qui va reprendre le rôle du méchant ?

nous n'avons pas le choix, plus personne ne doit être mis à l'écart des combats communistes adéquats à notre époque !

3 avril

pour aller plus loin, se comprendre en évitant de se perdre 10:51

« à propos de l'abolition de l'individu [Petite discussion --] » et de métaphores conceptuelles en théorie communiste 1er avril

j'ai d'abord dit à Flav que je ne publierai pas ces notes parce qu'elle me semblaient de nature à nuire à sa crédibilité, et pouvoir être facilement démolies par Théorie Communiste dans le corpus duquel il cherche visiblement à « faire quelques trous pour y faire entrer ce qui [l']intéresse. » Ayant moi-même procédé ainsi naïvement des années depuis 2005, non seulement je m'y suis cassé les dents, mais je me rendais incompréhensible à qui pouvais suivre nos échanges (Meeting, liste Sic, dndf). Il m'a fallu près de 10 ans pour construire un ensemble théorique cohérent, ceci en inventant un minimum de « concepts propres », et si j'en ai recyclé quelques-uns de TC, je ne l'ai pas fait sur son terrain corpusculaire. Le risque à prendre était de franchir le pas d'une rupture théorique non seulement avec TC, mais avec l'ensemble des conceptions admises de la théorie de la communisation. Le gain était la possibilité de sortir de ses apories et contradictions internes

la discussion s'est engagée avec Flav sur la question de l'individu et de l'individualité, d'où l'idée de ressortir des notes de 2011-2012 que j'avais tenues à l'ombre (pour et par les individus). Avant ce texte, quelques remarques peut-être rapides tant que je n'ai pas en main un texte de Flav plus abouti

Flav évoque ses « propres concepts », et en l'absence de leur définition, je me garderai bien de les considérer inopérants. Je lui ai dit qu'il me paraissait bizarre de poser des concepts d'abord sans les fonder sur les réalités sociales, et de monter en abstraction vers une théorie dont le risque est qu'elle devienne, comme TC, une théorie en soi peut-être très cohérente, mais confrontée à l'impossibilité de «redescendre» sur terre, sur la terre du capital, des rapports sociaux et des luttes sociales

Flav : « Bien que je veuille bien admettre l'usage pratique, avec prudence, de la métaphore du monde comme renversé. Il en va éventuellement de même de l'usage de la métaphore du capital comme sujet automate ou du travail qui apparaît comme étranger à l'individu. En tant que ce ne sont que des métaphores; Tout dépend de ce qu'on cherche à dire.»

1) métaphores... métaphores des sciences dures aux sciences humaines

Flav évoque également des « métaphores », ce qui n'arrange pas son cas de théoricien ;-). Il me revient du début des années 1990 une émission de France Culture sur la psychanalyse avec Francis Bailly, que je connaissais un peu. Chercheur en physique du solide, il a travaillé sous la direction d'Ilya Prigogyne et entretitenait des relations d'amitiés avec Isabelle Stengers, philosophe des sciences. C'est par lui que j'ai pu exposer mes peintures au Laboratoire de physique du solide de Meudon-Bellevue; il disait de certains de mes collages qu'il avait vus chez moi : « nous sommes tous gestaltistes »

dans cette émission, Francis Bailly expliquait comment, en tant que physicien, il travaillait avec des psychanalistes qui utilisaient des « modèles » mathématiques ou physiques, tels que la « théorie du chaos » ou « l'effet papillon », comme métaphores pour penser la structure et le fonctionnement de l'inconscient, ou le déclenchement de psychoses, avec la notion de « conséquence causale ». Il rappelait que le modèle de Freud était la thermodynamique, et celui de Lacan la topologie, à chacun son époque...

dans ce cas, l'utilisation de la métaphore est cernée et limitée à ce qu'elle peut provoquer dans le domaine qui l'accueille, qui n'en continue pas moins à fonctionner dans son domaine sur sa propre base d'élaboration et de conceptualisation à partir de son terrain

2) métaphores poétiques, Aragon, Marx... et moi

naturellement, le poème utilise nombre de formes de rhétorique parmi lesquelles métaphore et métonimie tiennent une place de choix, participant de ce qu'Aragon appelle l'« ambivalence », cette sorte de polysémie ou de halo de sens qui permet au lecteur de recréer pour lui le poème œuvre-sujet dans une relation poétique. Ici, la poésie se distingue foncièrement de la science ou de la philosophie dans l'usage des affects, perfects et concepts (Deleuze-Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?)

personnellement, j'use d'un langage fleuri dont je sais qu'il parle à certain.e.s mieux qu'à d'autres, mais qu'il ne permet pas l'échange sur le terrain du langage théorique conceptuel. Nietzsche en philosophe-poète le faisait aussi. Marx aussi. Mais chez Marx, au-delà de son génie littéraire, l'usage en est soit de venir résumer et conclure par une formule bien sentie quelque chose qu'il a élaboré avant; par exemple dans la Critique de la philosophie du droit de Hegel en 1843 : « La religion est l'opium du peuple »; soit de palier un flou dans la rigueur théorique, par exemple dans le Manifeste du Parti communiste en 1847 : « les eaux glacées du calcul égoïste », qui ne s'explique en toute rigueur marxienne que plus tard, dans Le Capital

bref, il vaut mieux savoir où l'on met les pieds de la métaphore, dans un poème ou dans une théorie. Si « tout dépend de ce qu'on cherche à dire », cela dépend à qui on cherche à le dire. À mon sens trop de philosophes se sont exprimés dans un langage si singulièrement individuel qu'il n'y a guère que les spécialistes pour les comprendre, et jargonner entre eux quand ce n'est pas à tous vents. Marx invente, somme toute, peu de concepts, et ils sont beaucoup moins personnels que ceux de la plupart des philosophes, ceci parce qu'ils sont directement en prise sur ce dont ils parlent : la critique de l'économie politique, les luttes de classes, l'idéologie, etc.

revenons-en à Flav. Avant l'extrait qu'il cite, je lui avais suggéré le détour par Lucien Sève qui a travaillé toute sa vie sur la personnalité, la subjectivité individuelle, et pour qui l'individualité a plutôt un sens positif (individu vers le communisme) et opposé à individualisme (individu du capital). C'est plutôt en ce même sens que j'utilise « individualité » et je constate, ce n'est pas interdit, que ce n'est pas le cas de Flav, ce qui peut provoquer quelques incompréhensions, et suppose que chacun donne des définitions claires de ses « concepts propres » et de leur signification

tenir le fil rouge de l'individu de classe dans le capital, avec Marx et Sève

un des dadas de Sève, au moins depuis son « Marxisme et théorie de la personnalité» en 1967, est de rappeler que la phrase du Manifeste, « Le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous »  a longtemps "bénéficié" d'une traduction à l'envers, chez les stals et pas seulement « Le libre développement de tous est la condition du libre développement de chacun ». Il le rappelle encore en 2012 dans Aliénation et émancipation. Pas besoin d'être expert pour mesurer que dans la premier cas, la classe écrase l'individu aspirant à son développement, alors que dans le second, le but est l'émancipation de tous les individus. C'est donc toute la conception d'un marxisme contraire à Marx qui en découle, dont l'histoire a connu les effets, en pratique comme en théorie, de Staline à Roland Simon

en effet, c'est un peu comme ça que peut s'interpréter la vision que Théorie communiste se fait de « l'individu du capital », en déduisant qu'« il ne faut jamais partir du personnel », et que les attaques de Roland contre moi personnellement peuvent s'expliquer : Patlotch serait, in fine, en poète égotiste, incapable de s'élever au niveau des intérêts collectifs de la classe. On a vu comment RS se noie, lui comme ses adversaires préférés au sein de la théorie, dans les eaux glacées du calcul égotiste, dans la concurrence, la jalousie et la déloyauté

pour moi, l'expression paradoxale* de Marx « l'essence humaine, c'est l'ensemble des rapports sociaux » (Idéologie allemande), peut se penser au niveau individuel : je suis l'ensemble de mes rapports sociaux. C'est la clé d'une compréhension de "l'individu du capital" et la clé de son ouverture :  « Je suis des autres », que j'ai proposé en 2004 en renversant Rimbaud « Je est un autre »

* le paradoxe tient au fait que ce qui est « l'ensemble des rapports sociaux » ne peut être une essence, puisque cela revient à essentialiser l'être humain, et la phrase appartient à l'époque où Marx n'est pas encore complètement sortie de l'humanisme-théorique

ne pas théoriser en posant ses concepts a priori

autre point de Flav sur lequel je reviendrai ultérieurement « Question ouverte : Comment l'implication réciproque individu-capital est elle en même temps implication et auto-production des individus entre eux ? Ou ce qui revient au même : Qu'est-ce que l'implication réciproque individu-capital ? »

comment peut-on poser une question ouverte à partir d'un concept dont on ne sait pas ce qu'il est ? Cela me paraît le comble d'une démarche inversée, où l'on part du feeling d'un parallèle ou d'une métaphore (ici avec l'implication réciproque prolétariat-capital) pour chercher ensuite ce qu'il signifie. On peut tout reprocher à RS/TC, mais sûrement pas d'avoir sorti des concepts de son chapeau sans les avoir mûris des années avant

bref, j'ai donc interpellé Flav sur les risques qu'il prenait de perdre sa crédibilité de théoricien avant même d'avoir proposé un ensemble tenant la route, et à sa question « dois-je craindre TC à ce point ? » j'ai répondu « craindre » non, mais « à ce point » oui, considérant d'une part que le problème n'est pas ou plus de théoriser avec/contre TC, mais de le faire d'abord pour soi, et ici, ce que Flav doit craindre le plus, c'est lui-même, sa précipitation, et comme moi son impatience à exposer quelque chose de non abouti. Autant faire profiter de ses erreurs...

quant à ma manière de « théoriser », si elle fut difficile à suivre ces dernières années, c'est qu'il faut lire, toutes proportions gardées, mes travaux davantage à la manière des Grundrisse que du Capital. KB Anderson, dans Marx aux antipodes (p. 239), dit que « Dans la mesure où c'est un document de travail et non un écrit finalisé, le lecteur peut, selon l'expression heureuse de l'historien britannique Eric Hobsbawm, « suivre Marx dans le cheminement de sa pensée » »

Flav :

Patlotch « j'y vois la préfiguration d'une individualité dépassant ce qu'a pu en dire Sève, sans poser la nécessité comme Flav d'une « abolition de l'individualité ». L'être humain, jusqu'à preuve du contraire, se définira toujours par un corps séparé physiquement de celui des autres, du moins tant que le trans-humanisme du capital ne produira pas des collages de monstres bio-technologiques. »

Je ne suis pas sûr que le fait d'être défini "par un corps séparé physiquement de celui des autres" soit identique au fait d'être un individu. C'est en tout cas ce que je cherche à mettre en doute.

L'individu : Qu'est-ce que l'indivisibilité, déduction par l'absurde :

Si on considère que l'individu n'a pas toujours existé, l'humain d'avant était-il pour autant un "collage de monstres bio-technologiques" ? Si on considère l'individualité comme réponse à un problème historiquement spécifique (du pré-capitalisme à aujourd'hui), comment la voir autrement que comme le contraire de ce qu'elle prétend être : une division, une dissection rationaliste de "l'être humain", la transformation du corps en machine? On pourrait aussi considérer le communisme comme l'avènement de l'individu réellement non divisible, alors même que la révolution suppose une pleine mesure de cette divisibilité pour abolir enfin la division! Donc ça ne tient pas non plus. Il reste la possibilité que pour parler de la condition naturelle de l'humain le terme d'individualité est trans-historiquement adéquate. Mais sur quoi se fonder? Les soit-disant individus des communautés soit-disant primitives ne sont-ils pas "indivisibles" que dans le but de satis-faire la bonne con-science de ceux qui tout en les disséquant cherchent en eux leur propre reflet? (dans une eau trouble désormais polluée)

Dans la mythologie égyptienne, Satis (ou Sati) est une déesse associée au Nil et à ses cataractes. C'est la fille de Ré, le soleil.

Son nom, qui vient de setji (semer, répandre) et signifie « Celle qui répand », la confirme dans la fonction de celle qui répand les eaux que son époux, Khnoum, a fait jaillir [...] Si Satis est surtout représentée anthropomorphe, il semblerait que, très anciennement, elle ait été vénérée sous forme d'antilope ou de bubale, dont sa couronne Hedjet pourvue de deux cornes est la réminiscence. (Wikipedia, Satis)

Le "secret" de l'individu : L'indivisibilité suppose la dividualité.
Ou l'individu comme sécrétion du dividu.

Je vais faire mon TCiste: Considèrons malgré tout que l'individu existe réellement. (J'ai intérêt à le faire pour montrer qu'il existe tout de même une unité des "membres" dans la société - et pour exprimer cette unité quoi de mieux que de la prendre au maux) :

On doit donc décomposer la subjectivation individuelle comme un double processus de division (1 - dividuation) et de son nécessaire rétablissement, comme activité essentiellement revendicative, de son unité propre, une sorte de restabilisation (2 - individualisation):

"Si je prétends être indivisible cela ne signifie pas que je ne sois pas divisé (transformation des corps en machine), mais que j’ai besoin de le prétendre. Cette revendication à l’unité individuelle est une loi fondamentale de mon auto-production, telle qu’elle est historiquement spécifique et qu’elle n’existe que précisément du fait qu’il y’a division dans le procès de mon auto-production. Il n’y a donc pas d’immédiateté de l’individu, l’individu étant essentiellement médiation. Le communisme peut quant à lui être immédiat à ses membres, mais pas à des individus. Mon auto-production est un double-procès de dividuation et d’individualisation. Il n’y a pas l’un sans l’autre, et le deuxième donne sens au premier."

Je cherche aussi à souligner que si la médiation identitaire disparaît, la problématique de l'indivisibilité, c'est à dire "l'individualité" disparaît dans un même mouvement.

La sécrétion de l'individualité, telle qu'elle n'est pas une activité également accessible à tous, ne se présente pas pour tous de la même manière (subalternéité, bénéfices secondaires, répartition de ces bénéfices comme rôles sociaux/"places" sociales...)

Je suis peut être en plein délire, mais cette conception, qui manque peut-être encore de clarté, m’apparaît d'abord comme un outils de synthétisation efficace des rapports humains dans le capital et avant (probablement depuis l'avènement de la marchandise), mais aussi comme une provocation. Je cherche à mettre (presque? je ne voudrais pas aplatir la réalité) au même plan les sociologues de l'individu (comme chercheurs permanent d'une restructuration sociale), les "économistes du désirs" (foucaldiens ou autres), et les économistes tout court. En posant l'individu comme je le fais, je tente de déstabiliser le confort des savants de l'individu qui voudrait en faire une question à part entière, comme en dehors des rapports de production et de reproduction. Le processus de dividuation comprenant notamment celui de division du travail et de sa reproduction, j'interdis du même coup qu'on puisse, par une affirmation de l'individu, s'en servir à des fins démocratistes ou programatiques en le dégageant des classes, des genres, et de toutes ses manifestations particulières et historiques. De plus, cela me permets de m'isoler pleinement des pièges de "l'homme total" ou de "l'être générique".

Ensuite je pose une identité entre capital, "auto-présupposition du capital", et "Etre générique", comme un ensemble mondialement articulé (d'une manière pas forcément déjà cohérente, c'est à dire pas nécessairement déjà "réellement" dominante) d'individualités abstraites, faisant face aux individus concrets par des mesures toutes aussi concrètes (mesures capitalistes).

Enfin, après avoir ajouter cette dimension d’emblée "subjectivante" du capital, il n'y a plus qu'a faire l'intégrale de la loi de la valeur dans une loi du mérite par laquelle circule (au delà de l'échange) de l'individualité abstraite, dominée par du travail abstrait. La domination du travail abstrait s'effectue comme domination de l'échange en tant que forme de reconnaissance sociale suprême, et comme valorisation sociale de l'activité de production sur l'activité de reproduction. (Tu apprécieras sans doute que je distancie identité féminine et reproduction sociale sans pour autant prétendre à une absence de liens entre les deux... Il reste à bâtir...)

Je tente de solidariser, aux niveaux les plus "élémentaires" le fond et la forme, pour renverser cette idée que le monde est réellement renversé (j'trouve que ça fait complot/révélation). Alors que l'individu est plus une sécrétion qu'un secret à "révéler". Bien que je veuille bien admettre l'usage pratique, avec prudence, de la métaphore du monde comme renversé. Il en va éventuellement de même de l'usage de la métaphore du capital comme sujet automate ou du travail qui apparaît comme étranger à l'individu. En tant que ce ne sont que des métaphores; Tout dépend de ce qu'on cherche à dire.

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la communisation comme religion théoriciste

sur l'absence de lien organique de la théorie de la communisation avec les luttes... la communisation comme eschatologie et sa version christique

remarques sur l'activisme, le militantisme, les luttes « théoriciennes », l'« écart », Francis Cousin et l'immigration, les prophètes et le « préviseur » etc

concernant «l'activisme», comment ne pas voir que la critique systématique de tout « militantisme » est une des causes de l'absence de lien organique de Théorie communiste avec les luttes réelles ? Dans toute lutte, même une « émeute » aux allures spontanées, il y a toujours des « activistes », des « militants », des « leaders objectifs » (BL). Sans ces luttes telles quelles pas d'« écart » ni de « théorie de l'écart ». Il n'est donc pas étonnant qu'aucune lutte ne présente pour TC que le « froid » intérêt de voir où et comment elle va échouer

comparaison entre « le citoyen, l'Autre et l'État » de  Roland Simon, et Le discours des « valeurs de la république » : Un nouveau masque de l’idéologie dominante de Saïd Bouamama

le premier texte théorise pour théoriser, sans aucune implication avec de quelconques luttes portant précisément ce dont il parle, donc sans retour possible, un texte qu'on peut lire tranquillement au coin du feu, en attendant la fin en se payant la tête du premier « militant » qui viendra faire un commentaire chez pepe/dndf

le second texte comporte plus d'un aspect théorique qu'on retrouve théoricisé dans le premier, bien sûr à l'ancienne, mais il est en prise sur les luttes, soit existantes, soit urgentes à développer en France : il parle à qui le lit et l'implique, serait-il un.e militant.e... et alors ?

et alors les  « camarades » sont des « partisans de la communisation », doux euphémisme pour dire « nous ne sommes ni des militants ni des activistes »

ils sont quoi, au juste ?

un sens tout autre que celui du « Le Chant des partisans », rien de motivant sinon comme « supporters » d'un match qui n'a pas commencé et qu'on regardera à la télé pour en écrire la passionnante histoire. Le lendemain

je ne parle pas ici de théoricisme attentiste, ce n'est pas le problème. on retrouve l'effet désimpliquant de la théorie de la communisation, contemplateur à distance de son « je vous l'avais bien dit », qui confine à une pédagogie de la démobilisation quand ça devient, comme chez Dauvé, l'explication à l'avance que ça ne conduira nulle part (Kurdistan ?). « Nous ne sommes pas là pour les « juger ». Ni pour perdre la tête.» mais quand même, Camarades partisans de la communisation, nous n'allons tout de même pas soutenir la « contre-révolution » en marche. Alors comme dit Claude Guillon, et les contradictions, qu'est-ce qu'on en fait ? Et surtout qu'est-ce qu'on y fait ?

et alors c'est la théorie de la communisation comme eschatologie

« L'eschatologie assemble deux racines grecques : "eschatos" qui signifie dernier, et "logos", qui peut se traduire par la parole ou l'étude.» source eschatologie chrétienne biblique

discussions sur la communisation et les activités révolutionnaires dans les luttes d'émancipation

la théorie « annonce la fin du temps » du capital, la fin du monde (du capital), la résurrection, le jugement dernier : « L'eschatologie juive ou chrétienne propose d'étudier les fins dernières de l'humanité à la lumière de la Bible et de ses prophètes.»

aucun hasard si le blog à pepe s'appelle « en attendant la fin...» et ne donne plus guère « des nouvelles du front », autre signe de la déliquescence du corpus técéiste, sur le front de l'anti-militantisme des « partisans de la communisation » : autrement dit la théorie par elle-même enchaînée, condamnée à attendre son émancipation par dieu sait qui (moi si)

et alors on retrouve la parenté avec le Cousin Francis, qui présente la version a-religieuse mais « sacrale » et christique de la communisation à Radio-Nostalgie

(voir Le cousin et l'intrus Pas d'équerre 28 février)

d'un côté (Cousin) l'immigration est la cause de la défaite du prolétariat européen seul en capacité de faire la révolution, de l'autre (TC...) on n'en parle pas... parce qu'il ne faut pas en rajouter à la segmentation du prolétariat ? On a déjà la classe et le genre, « Quatre éléments, deux contradictions, une dynamique », alors les « racisé.e.s » venez pas foutre votre bordel dans la dialectique structurale de notre communisation

des nouvelles de Francis Cousin ? Sa dernière apparition :

« À l'encontre des dogmes et des églises de l'obéissance, ce lundi ouvre la Symbolique réfractaire de la semaine des Rameaux.

Ce moment de radicalité verticale contre le Temple de la marchandise fait mémoire de ce temps intensément contradictoire où Jésus fut acclamé comme un é-veilleur par les habitants de Jérusalem qui le saluaient avec les palmes du refleurissement, avant d’être condamné à mort comme un mal-faiteur. Les  rameaux  de feuillage vert dans le cycle du cosmos toujours renaissant nous rappellent ainsi que la vraie vie ne finit jamais malgré l'oppression horizontaliste de l'économie, de la politique et de la religion et en dépit de toutes les inversions domesticatoires du dé-figurer et du contre-faire...»

mais attention :

« Prudence et humilité devraient être la règle lorsque l'on se risque sur le terrain de l'eschatologie »

« Combien de "prophètes" se sont crus en mesure d'annoncer que tel ou tel évènement s'accomplirait à une date précise ? »

Théorie communiste a le sien, Bernard Lyon, le « préviseur » qui annonçait la communisation pour 2020

il y a toutefois une différence : « l'eschatologie est aussi une marchandise qui se vend bien ! »

et un triste constat : Roland Simon est plus proche de Francis Cousin que de Saïd Bouamama, l'« islamo-gauchiste gratiné » contre lequel m'a mis en garde un « partisan de la communisation » dont je tairai le nom : je ne suis pas antisémite

moralité : pas de mouvement communiste sans militant.e.s et activistes communistes

2 avril

retisser les liens cassés de l'historicisme et du structuralisme marxistes et dépasser l'opposition avec l'humanisme-théorique, c'est ouvrir de façon décisive le concept de communisation à sa pertinence critique et révolutionnaire au présent 20:41

avertissement ajouté au texte Communisation 'troisième courant' 2015, chantier théorique permanent et intervention communiste

il y a 40 ans la "Rupture dans la théorie de la révolution" permettait d'ouvrir la voie à la Théorie de la communisation, en même temps qu'elle fermait la porte à des pans entiers de la critique héritée de Marx et de Marx lui-même, abandon jugé nécessaire en raison des présupposés programmatistes de leurs auteurs ainsi réduits à leur fonction théorico-politique. S'il est difficile après coup et avec le recul de le juger comme une erreur, il est par contre incontournable d'en mesurer les conséquences graves pour l'état de la théorie de la communisation, telle qu'elle se présente aujourd'hui confrontée à son obsolescence et à sa dérive spéculative dans un universalisme prolétarien abstrait, sur le terrain même de l'idéologie française dans le capitalisme occidental racialisant et ethnicisant les rapports sociaux

40 ans sans lien organique avec les luttes sur lesquelles toute théorie révolutionnaire est censée s'appuyer : la critique systématique du « militantisme » et de « l'activisme » aura abouti à ce fossé.  40 ans pour se retrouver au final entre les mêmes trois ou quatre théoriciens français initiateurs, mais ce ne serait pas eux qui se serait trompés, c'est le capital et le prolétariat mondial qui ne seraient pas prêts à accueillir leurs lumières...

c'est à sortir de cette ornière que s'emploie la rupture dans la théorie de la communisation dite de 'troisième courant', dans le sens où elle ré-intègre cet héritage perdu du marxisme théorique et de Marx lui-même

« Marx affirmait que le Capital était « certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais été lancé à la face des bourgeois (y compris les propriétaires fonciers) ».  K. Marx à J. Ph. Becker, le 17 avril 1867. Et pour qu'il n'y ait pas de doute sur l'efficacité de ce missile : sur le plan théorique, le Capital porte à la bourgeoisie «  un coup dont elle ne se relèvera jamais.  » Cf. K. Marx à K. Klings, 4 octobre 1864 » Dangeville, Présentation de Un chapitre inédit du Capital, 1867

il serait donc non seulement stupide et mesquin mais dangereux de considérer que le troisième courant aurait pour adversaire principal la théorie de la communisation classique. Tout au contraire, elle offre au combat communiste contemporain l'occasion de lancer un nouveau et «terrible missile à la face» du capital, « un coup dont il ne se relèvera jamais »

dans cette courte intervention, je cherche à comprendre pourquoi cet héritage a été perdu sur la terre même où il était pourtant susceptible d'enrichir la théorie de la communisation : l'Angleterre, puisque le courant communisateur avait là-bas la revue Endnotes et ses théoricien.ne.s participant à la Revue Sic 

j'ai beaucoup utilisé Stuart Hall pour opérer ce retissage entre mes approches et l'intérêt porté à Louis Althusser par Roland Simon (le monde et le capital, l'Occident et les autres). Cet intérêt résidait sur l'articulation classe-race en particulier et la structure à dominante (de classe), mais plus largement sur le dépassement de luttes de classe à base d'identités particulières dans une conjoncture concrète donnée. Je mets en avant aujourd'hui Raymond Williams pour d'autres aspects du rapport à l'idéologie et à la subjectivité, autrement dit questionnant la possibilité d'une subjectivation révolutionnaire

à propos de Endnotes et des théoriciens marxistes britanniques

la contradiction de Raymond Williams, dans Lire Raymond Williams aujourd'hui, Jean-Jacques Lecercle

« en 1956, le Parti Communiste anglais perdit la plus grande partie de ses militants intellectuels, et une gauche intellectuelle socialiste se forma, autour de la New Left Review, à la fondation et au développement de laquelle Williams participa activement. Cette collaboration dura jusqu’à sa mort : on lui doit le recueil d’interviews, Politics and Letters, et une partie des textes ici traduits fut publiée dans cette revue. La ligne éditoriale de la NLR, après quelques années de discussions et polémiques, prit un tour résolument européen : on lui doit l’introduction en Grande-Bretagne des oeuvres des penseurs européens de gauche, marxistes ou non (d’Althusser à Adorno, de Lukács à Bloch et à Gramsci, de Lucien Goldmann à Walter Benjamin). Williams participa à cette aventure, en lisant ces auteurs et en les intégrant à son œuvre. La contradiction devient alors, à l’intérieur du marxisme, tradition dans laquelle il se situe de plus en plus explicitement (jusqu’à publier en 1977 Marxism and Literature), une défense des versions historicistes du marxisme contre ses versions « structuralistes », essentiellement celle d’Althusser, qui eut une certaine influence chez les marxistes anglais dans les années 1970 (Terry Eagleton, Grahame Lock, Barry Hindess et Paul Hirst).

On peut, pour simplifier, formuler cette opposition sous la forme d’une corrélation : histoire plutôt que structure, sujet actif plutôt que sujet interpellé, expérience plutôt que pratique, structure of feeling plutôt qu’idéologie.

Ainsi, Williams ne veut rien céder sur le caractère collectif de la classe (de la conscience et de l’expérience de classe), mais il y réintroduit le concept, issu de la tradition philosophique britannique d’agency, l’action volontaire d’un sujet qui n’est pas seulement déterminé par la structure ou interpellé par l’idéologie (d’où l’insistance sur l’expérience subjective).

Chez Williams, le matérialisme culturel a deux versants, une conception politique de la culture (comme champ de luttes idéologiques) et une conception culturelle de la politique (en quoi Williams est proche de Gramsci : rôle des intellectuels, intérêt pour les conceptions des classes subalternes, pour leurs traditions et pour leur sens commun, importance de la culture dans la reproduction de l’ordre social). C’est donc bien à la culture, aux moyens et relations de communication, qu’il appartient en première instance d’opérer la reproduction sociale. À condition naturellement que l’étude de la culture se fasse délibérément sociale et historique, contre tout formalisme (Williams écrit dans un moment théorique où la gauche occidentale redécouvre le formalisme russe, comme partie intégrante du « moment structuraliste ») : le matérialisme culturel est donc bien une façon de résister à l’air du temps dans le domaine de la théorie. C’est aussi une façon de résoudre la contradiction de Raymond Williams, en trouvant un moyen terme entre Cambridge English (qui avait la prétention de légiférer non seulement en matière de littérature, mais sur toute l’étendue de la culture) et le marxisme orthodoxe (Williams, c’est l’une de ses grandes qualités, a toujours eu quelque difficulté à s’accommoder des orthodoxies).»

ce ne sont à ce stade que des questionnements, et je n'ai pas les moyens d'y répondre, parce que je ne connais pas tous les textes d'Endnotes ni du groupe Aufhebung dont il est issu. Dans ce que je connais, je n'ai pas vu de référence* à ceux que j'ai cité ou dont j'ai utilisé les travaux : Raymond Williams est avec Richard Hoggart, E.P. Thompson, et Stuart Hall, mais aussi Eric Hobsbawm (alias Francis Newton comme critique et sociologue du jazz, dont j'ai lu en 1971 «Une sociologie du jazz»)

* le seul texte de Endnotes où j'ai relevé une référence à Stuart Hall et Gramsci est celui de Chris Chen dans Endnotes3 dont j'ai souhaité, mais pas obtenu, la traduction au début de mes recherches ayant conduit à La communisation comme abolition du racialisme The Limit Point of Capitalist Equality, Notes toward an abolitionist antiracism

je ne connais pas la réception de ces théoriciens en Grande-Bretagne, mais leur popularité liée à leur engagement dans les luttes anticapitalistes sous le règne du programmatisme ouvrier et du démocratisme radical n'a sûrement pas favorisé leur lecture comme pouvant féconder des thèses qui étaient en rupture avec ces paradigmes marxistes confrontés à leur épuisement historique. C'est le premier point. Le second point de focalisation, c'est l'intérêt pour la critique de la valeur, au sens large. Aufheben et Endnotes, sont formés sauf erreur surtout d'étudiants ou ex-étudiants à l'Université qui se sont donnés des «maîtres» tel que Chris Arthur *, et bien qu'engagés dans des controverses théoriques avec Théorie Communiste depuis des années notes 2 et 3

note 1 : Communisation and Value-Form Theory Endnotes 2 / note 2 : Recherche Google Théorie Communiste / Aufheben / note 3 : Théorie Communiste, Fin de parti(e) octobre 2013 : « Débat pros­pec­tif et nor­ma­tif qui a oublié que la ques­tion de la per­sis­tance de la valeur ne réside pas dans l’historicité ou non des abs­trac­tions ou dans la meilleure façon de faire bouillir la mar­mite, mais dans les condi­tions actuelles de la lutte des classes [...] aca­dé­misme fai­sant de la com­mu­ni­sa­tion la lec­ture actuelle la plus adé­quate sur le mar­ché des concepts mar­xiens en fai­sant atten­tion de ne pas trop cri­ti­quer les âne­ries de cer­tains maîtres »

ces deux points pris ensemble me questionnent par conséquent sur l'intérêt ou le manque d'intérêt de Endnotes, s'il est confirmé, pour ces théoriciens bien souvent perçus comme relevant de l'humanisme-théorique, et par conséquent aurait négligé particulièrement les fondateurs des Cultural Studies, ou du Matérialisme culturel, un label propre à masquer l'origine marxiste et gramsciste quand ce n'est pas le lien althussérien, de ces travaux, dont nous ne pouvons nous passer aujourd'hui pour aborder sérieusement les articulations entre classe et race et le dépassemens des luttes "identitaires" sous lesquelles peuvent apparaître ou se cacher les luttes de classe

la rupture dans Sic, sans en nier la nécessité ni regretter la «décantation» qu'elle aura permise, a très certainement retardé en France la discussion sur les thèmes que j'ai voulu promouvoir et pu formuler clairement de façon récente, dans Communisation 'troisième courant' 2015, mais qu'en est-il en Grande-Bretagne, chez des théoriciens qui sans nul doute connaissent mieux que moi ceux de «chez eux» ?

le manque à gagner pourrait être considérable, si l'on prend conscience que le problème, loin de concerner seulement l'articulation classe-race, porterait sur l'ensemble du corpus de la communisation, sur la remise en cause tant de son structuralisme que de ses scories d'humanisme-théorique, pour le ré-articuler avec les approches historicistes et leur capacité fine à prendre en compte les aspects concrets de l'histoire et du présent


«... le moment émouvant de l’apparition d’une discipline qui est aujourd’hui au cœur de notre vie intellectuelle, les études culturelles (Cultural Studies), dont on peut affirmer que Williams est l’inventeur. Il y aurait alors quelque chose comme une urgence intellectuelle à découvrir ou à relire ces textes, qui nous parlent de nos préoccupations théoriques actuelles.

Cet affect nostalgique n’est pas à négliger, et il n’est pas sans intérêt de nous souvenir que les Cultural Studies, qui aujourd’hui nous reviennent principalement des Amériques, sont nées en Angleterre, filles peu légitimes de la théorie littéraire anglaise des années 1930 et 1940 [...] et du marxisme, anglais puis européen. Avec Williams, nous saisissons donc la nouvelle discipline dans ses premiers moments, dans sa forme originelle – depuis, naturellement, et surtout depuis son émigration aux États-Unis, l’enfant a oublié ou renié son père.* Notre affect nostalgique est donc celui de la pureté des origines, d’une redécouverte de la vérité d’une discipline qui a oublié ses fondements, d’un retour à Williams comme on a pu faire retour à Marx ou à Freud.

Cet affect, si intense qu’il puisse être, est douteux, et il n’est pas sûr que nous devions y céder : il ne suffit pas, pas plus que l’affect historique ou philologique, à justifier la lecture de Williams aujourd’hui. Mais il y a plus dans ces textes que prétexte à un affect, si fort soit-il : ils n’ont pas pris une ride, ils nous parlent par anticipation, dans un langage parfois un peu désuet mais souvent d’ une étonnante modernité, de la conjoncture actuelle, celle d’un lire Raymond Williams aujourd’hui capitalisme vieillissant qui, croyant s’être définitivement débarrassé du socialisme, nous conduit allègrement vers la barbarie – guerres impérialistes, récession, saccage de la planète, etc.

En lisant Williams, même trente ans après, nous refaisons connaissance avec un marxisme toujours vivant, c’est-à-dire avec la théorie critique dont nous avons le besoin le plus urgent. Il en est de Raymond Williams comme il en est de Gramsci, dont il est intellectuellement proche et qu’il découvrit dans son vieil âge : leurs œuvres continuent à ouvrir les chemins d’une pensée critique que le dogme avait étouffée

* ce que Lecercle affirme ici, c'est ni plus ni moins ce que j'ai découvert en constatant l'enlisement des études intersectionnelles et post-coloniales dans un abandon de la structure à dominante de classe mis en chantier concernant la race par Stuart Hall lecteur d'Althusser

remarque adjacente : en matière de linguistique, la critique de Raymond Williams, prolongée par Jean-Jacques Lecercle, rejoint bien sûr celle d'Henri Meschonnic* avec un adversaire commun : Noam Chomsky

* Henri Meschonnic dont j'ai utilisé la pensée pour tout autre chose, la performativité de l'œuvre-sujet du poème chez lui, que j'ai mise en relation avec l'improvisation collective dans le jazz et au-delà 

 

activisme, implication réciproque individu-capital, bénéfices secondaires... 20:32

reçues de Flav, des remarques concernant celles de "Anonyme" publiées avec mes commentaires le 1er avril

reçues de Flav, des remarques concernant celles de "Anonyme" publiées le 1er avril avec mes commentaires

Flav, jusqu'à la publication par dndf de «une initiative», n'avait pas connaissance de mon blog alors qu'il fréquente le milieu de la communisation depuis plusieurs années. C'est dire que mes propositions théoriques étaient soigneusement tenu à l'écart, voire jugées hors champ de la théorie de la communisation, indignes d'intérêt à les critiquer, quitte à en «emprunter» sans en donner la source...

cette publication est une grande première, puisque les discussions sur la communisation n'étaient alors qu'un débat virtuel reconstitué, et n'avaient pas accueilli d'échanges sans que j'y mette mon grain de sel

cela étant, n'ayant jamais voulu ouvrir un forum ou des commentaires à la queue de mes textes (mon logiciel de blog ne le permet pas, et ce sont des tâches de soutier et de modérateur que je ne peux ni ne veux assumer), je risque d'être assez vite débordé. Moi qui comptait me reposer, c'est mal parti

quoi qu'il en soit, bienvenue ici à Flav dans le cours quotidien du blabla communisateur, ce qui n'exclue pas l'ouverture souhaitable de débats ailleurs

Flav : Je n'ai pas compris le point d'"anonyme" (sauf le fait de m'assimiler aux "secondairement bénéficiaires blanc-occidentaux-mâles", ce que, autant le dire franchement, je suis de fait) :

"L'activisme critiqué, et raillé ou méprisé, de Dauvé à T.C (tu écris "activités immédiatistes" : je ne sais pas ce cela VEUT dire). Cet activisme, ou ces activismes, ne sont que le miroir tendu au prolétariat mondial, et encore plus blanc-occidental-mâle, il n'existe que dans le manque réel de luttes réelles de la part de la classe exploitée et réciproquement impliquée, comme qui dirait, et avec Flav, "bénéficiaire secondairement" ("bénéfice secondaire" est une expression du langage psychiatrique, elle vise l'hystérie). Il est commode d'ironiser sur les activistes au four et au moulin, 24h/24h, etc... tout en posant que le prolétariat finira bien par la faire cette révolution, oui, peut-être, ou pas, et quand ?"

Mais les activistes sont-ils ceux qui sont "au four et au moulin, 24h/24h" ? Alors que juste avant "anonyme" ellil-même précise que non, je suis perdu...

C'est bien là qu'il y a un Hic (pas Rohdus et pas Salta, hélas...).

De ma part ce n'était pas de l'ironie mais une auto-critique. Seule une partie des gens qui luttent et qui "agissent" (mais au fond tout le monde "agit", même dans l'inertie théorique) éprouvent le besoin de s'auto-proclamer "activistes" et par la même de se différencier des gens qui luttent et qui agissent en général. Pourquoi pas ? J'en fais pas un cheval de bataille. Faut-il en réponse se différencier des activistes comme le fait TC ? C'est une manière de mettre le problème sous le tapis : la domination spécialisée (petite bourgeoise ?) de l'expression théorique des luttes. Par l'activisme comme expression d'un agir authentique d'une part, par la "théorie lourde" comme critique de cet activisme d'autre part. On tourne en rond. Seule une critique auto-critique et non plus auto-centrée peut briser ce "miroir tendu" des individu-exploités*, du moins déjà à titre d'activité théorique, éventuellement séparée (hélas encore.. un éventuel autre miroir tendu...à briser).

* Subalternes, femmes-prolétaires-subalternes, femmes-prolétaires, prolétariat : individus concrets polarisés en classe exploitée (et non réductibles à cette polarité)... Miroir également tendu par ceux qui les exploitent.

L'implication réciproque individu-capital :

"bénéfice secondaire" est une expression qui ne vise pas seulement l’hystérie, loin de là. Par le biais des "bénéfices secondaires", j'essaye d'incorporer les déterminations de genre, de races, de classe, par un élément à la fois matériel, psychologique, et social, dans l'individu. Il y a des non-bénéficiaires, des secondairement bénéficiaires, et et des bénéficiaires à priori et secondairement.

Comme la bourgeoisie et la petite bourgeoisie vis à vis du prolétariat : C'est parce que certaines femmes peuvent obtenir des bénéfices secondaires à être femmes qu'elles se reproduisent contre les femmes comme ensemble des femmes, par la présupposition et l'affirmation d'une identité entre toutes les femmes (Ce qui prend notamment la forme d'un "miroir tendu"). Elles le font à partir de ce qu'elles sont, de ce qu'elles peuvent faire, et n'ont pas le "choix". Et la femme bourgeoise a un rôle important dans la mise en forme de cette identité (dont elle tire des bénéfices primaires), mais elle a les moyens de rejeter l'essentiel de l'élaboration de la condition de femme à la femme petite-bourgeoise (en lui donnant accès à des bénéfices secondaire). Il y a production et diffusion de bénéfices secondaires pour certaines femmes à être dominées par les hommes et le capital, comme une activité qui est identiquement contrainte à l'ensemble des femmes à subir cette domination, cette condition de femme-individu.

Tout le vice de la reproduction sociale en général est là : elle est une implication réciproque entre individus. Il faut élargir ces considérations à l'individualité elle-même, si l'on veut pouvoir esquisser une porte de sortie (communisation ou autre...) à cet ensemble de conditions ("psychatrisante", notamment comme le dit "anonyme"), et ceci sans gommer la spécificité des individualités, mais au contraire en définissant entre elles ces spécificités, dans leurs relations.

La notion de "bénéfice secondaire" est une invitation à une analyse qualitative des rapports, qui ne sont pas réductibles à de la circulation de quantité de travail en tant que travail abstrait. Il y a de l'individualité abstraite qui circule et se cristallise comme puissance reproduisant, de gré ou de force, des individus concrets. Il y a production et distribution (jamais homogène !) de bénéfices secondaires : de rôles sociaux incorporés, et qui n'existent que par leur incorporation.

Quant à savoir si "le prolétariat", ou plutôt quelque chose d'autre (cf ma tentative avec l'individu négatif), "finira bien par la faire cette révolution", j'aimerais bien pouvoir l'annoncer, ce serait réconfortant et confortable (surtout pour moi, en effet), mais je n'ai pas de boule de cristal. (Trois fois hélas.)

Question ouverte : Comment l'implication réciproque individu-capital est elle en même temps implication et auto-production des individus entre eux ? Ou ce qui revient au même : Qu'est-ce que l'implication réciproque individu-capital ?

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1er avril

discussion sur la cousinisation (de la communisation)

une critique de Cousin ? (voir Francis Cousin dans la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France)

pas seulement, car expurgé du style particulier du "Marx a tout dit", ce pourrait être, à quelque chose près, une critique du courant communisateur canal historique, du moins en a-t-on vu de ce genre

Le cousin et l'intrus Pas d'équerre 28 février
 
Hier soir se tenait une conférence de Francis Cousin, à l'initiative d'E&R-Rhône-Alpes et non pas du NPA, comme on aurait pu le penser, si on était encore naïf. Francis Cousin. Il nous prévient assez tôt n'avoir aucune originalité, se contentant de passer de transmettre ce qu'il y a chez Guy Debord, chez Marx surtout. Je crois que c'est assez vrai.

Pour résumer, il existait des communautés de l'Etre où la vie était totale et non pas segmentée déchirée, et qui sont passées à des sociétés de l'Avoir où l'humanité est chosifiée. C'est le premier abruti qui a eu l'idée du troc. Hop! Wall Street était déjà là... en potentialité... en devenir implacable. Alors untel est devenu mécanicien, untel boulanger, untel artiste, etc. Il manquait alors à l'humanité sa totalité, sa communauté et donc la philosophie, l'art, etc. sont né-e-s en compensation de ce manque. Tout était sacral, et tout est devenu : profane vs. sacré. Le capitalisme, l'Argent, ayant pour rôle de faire reculer inexorablement le sacré pour tout transformer en profane. Fétichisme de l'Argent.

C'est la marche de l'Histoire montrée par Hegel et Marx. La radicalité de Marx, et c'est le cœur du discours du cousin, c'est qu'il critique l'économie politique - c'est en gros : à bas l'Etat, à bas l'économie, à bas l'Argent, à bas la démocratie. Alors que tous les marxistes, eux, ont proposé une autre économie politique... un capitalisme d'Etat. Un peu comme aujourd'hui, on nous bassine sans arrêt avec une auuuuutre Europe. Or, c'est mort ! S'il y a Argent, on est foutus.

Notre cousin s'attache ensuite à montrer, en incluant Debord et le situationnisme à l'affaire, que la baisse tendancielle du taux de profit conduit le capitalisme à aller s'ouvrir des marchés (la colonisation), puis, quand il n'y a plus de marché, à la guerre. Aujourd'hui, et depuis 1945, nous sommes dans la IIIe guerre mondiale. Sa forme est simplement différente. Nous sommes dans le spectacle Etatique du mensonge terroriste. DAECH = CIA. Directement ou dialectiquement - on s'en fout, ça c'est du travail de crétinisme journalistique. Mais pas simplement. Les brigades rouges, Action directe, etc. Dès les attentats anarchistes du XIXe, le terrorisme c'était l'Etat.

Bon. Que faire? Fausse question! parce que tous les "faire" sont aliénés, digérés par l'Argent. Quand les Républicains prennent le pouvoir, ce sont eux qui fusillent les ouvriers. On ne prend pas le pouvoir. L'alternative, c'est de "courir devant" le capitalisme. Cousin ne croit pas aux luttes de libération nationales (ça leur fera plaisir, à E&R), les nations ayant été liquidées liquéfiées par l'Argent. Ce qui est mort est mort. Pas de retour en arrière. La "Restauration" est une fausse restauration. Ce qui sera possible, c'est de récréer une communauté de l'Etre mais universelle cette fois.

Comment? Bon... On verra.

Vient alors le temps des questions du public. Un "intrus" s'énerve. Il explique être centralien et venir des "quartiers" et prend mal le terme "racaille" employé un peu plus tôt par son cousin. Il a eu tort de s'énerver, les "racailles" sont une fabrication skyrock donc de l'Argent. Et ça participe à la Grande Division. Justement! le simple fait d'évoquer ce problème suscite de la Division, puisque notre "intrus", se sentant visé, s'énerve et finit par partir.

Un peu gênant et désespérant, parce que, alors que nous étions en train d'analyser le processus de déchirement de la communauté humaine, nous en avons vécu une illustration sans rien pouvoir y faire. On avait là un cas pratique que le théoricien n'a pas su traiter.

Se pose encore la question du comment ?

- comment quoi ?

- « comment le prolétariat agissant strictement en tant que classe de ce mode de production, dans sa contradiction avec le capital à l’intérieur du mode de production capitaliste, peut-il abolir les classes, donc lui-même, c’est-à-dire produire le communisme ? Une réponse à cette question qui se réfèrerait à une quelconque humanité sous le prolétaire ou activité humaine sous le travail, non seulement s’enferme dans une marmelade philosophique, mais encore en revient toujours à considérer que la lutte de classe du prolétariat ne peut produire son dépassement que dans la mesure où elle exprimerait déjà quelque chose qui l’excède et s’affirme » (La question théorique centrale devient alors...) Théorie Communiste : Qui sommes nous ?

nul besoin, autant que Théorie Communiste, de sa propre « marmelade philosophique », pour comprendre qu'opposer « activité humaine » et « activité du prolétariat » ne renvoie qu'à la réduction à l'humanisme-théorique de tout ce qui n'est pas structuré comme l'inconscient de Roland Simon, en son langage, comme disait le grand Autre. Rien n'excède, en son potentiel révolutionnaire, le sujet humain, à condition de le prendre avec Marx dans l'ensemble de ses rapports sociaux, et non la partie rétrécie que lui concède Théorie Communiste et qui l'obsède à l'excès

dès lors la question du « comment ? », c'est vrai ne renvoie pas directement à celle du « Que faire ? », mais à d'autres questions sur lesquelles quelques-uns ont avancé, et même Théorie Communiste depuis cette définition de « La question théorique centrale ». Elle reste au centre, mais la balle est renvoyée dans les marges et à Marx encore, pas forcément aux antipodes

retour à Raymond Williams, avec Jean-Jacques Lecercle 15:01

Lire Raymond Williams aujourd’hui

Raymond Williams est avec Richard Hoggart, E.P. Thompson, et Stuart Hall* un des initiateurs en Grande-Bretagne du mouvement intellectuel qui s'est fait connaître sous le nom de Cultural Studies. Jean-Jacques Lecercle est linguiste et pour faire simple, penseur marxiste

* voir le monde et le capital, l'Occident et les autres

un texte pas très long, que je ne saurais résumer. Jean-Jacques Lecercle souligne que le marxisme "structuraliste" d'Althusser n'est pas si opposable qu'on le pense à l'historicisme de Williams, et que leurs pensées, via Gramsci et au-delà, se rencontrent sur plus d'un point. Extraits :

Raymond Williams, qui a connu sous l’Angleterre de Thatcher les débuts de la phase néo-libérale actuelle et en a perçu et combattu les dangers, a contribué à élaborer les instruments conceptuels dont nous avons besoin pour la comprendre, sous la forme originale d’une critique culturelle issue du marxisme, ouvrant par là de nouveaux horizons à l’intelligence critique et apportant sa contribution au renouvellement d’une tradition théorique dont il a toujours combattu les formes dogmatiques et sclérosées mais à laquelle il n’a jamais renoncé. En lisant Williams, même trente ans après, nous refaisons connaissance avec un marxisme toujours vivant, c’est-à-dire avec la théorie critique dont nous avons le besoin le plus urgent. Il en est de Raymond Williams comme il en est de Gramsci, dont il est intellectuellement proche et qu’il découvrit dans son vieil âge : leurs œuvres continuent à ouvrir les chemins d’une pensée critique que le dogme avait étouffée.
[...]
Il nous a appris – c’est là l’acte fondateur des Cultural Studies – qu’un matérialisme culturel était possible, c’est-à-dire que le matérialisme moderne ne se limitait pas aux matérialismes historique et dialectique de la doctrine. Ce faisant, il a remis en cause une thèse marxiste fondamentale, celle de la séparation entre la base (économique) et les superstructures (idéologiques) et de la détermination en dernière instance de celles-ci par celle-là : ce n’est pas un hasard si l’essai intitulé « Base et superstructure dans la théorie culturelle marxiste », qui est l’un de ses textes les plus importants, commence par une analyse sémantique de la notion de « détermination » et se poursuit par un examen critique de la célèbre métaphore du bâtiment. Williams anticipe par là un des développements les plus importants du marxisme (ou du post-marxisme) contemporain, qui analyse la phase actuelle, post-fordiste, du capitalisme en termes d’« intellect général » (expression empruntée aux Grundrisse de Marx) et qui voit dans les sciences et les techniques des forces productives directes (l’idée n’est pas nouvelle, mais elle est très présente dans la tradition de l’opéraisme italien, d’Empire de Negri et Hardt aux travaux de Paolo Virno et Christian Marazzi).[...]

Les trois concepts spécifiques de l’oeuvre de Williams : matérialisme culturel / sémantique historique / structure de sentiment (structure of feeling)

« Le type de sémantique dans lequel s’insèrent ces essais est une variante de la sémantique historique, qui pose des problèmes théoriques fondamentaux. Mettre l’accent sur l’histoire pour comprendre le sens des mots d’aujourd’hui et les structures sémantiques dans lesquelles ils s’insèrent, c’est choisir de s’appuyer sur le matérialisme historique plutôt que sur l’idéalisme objectiviste et le structuralisme anhistorique (synchronique) aujourd’hui dominants […]. L’objet de l’analyse est non pas une tradition qu’on doit s’approprier ni un consensus auquel on doit consentir, ni même un ensemble de sens qui, parce qu’il constituent “notre langage” sont investis d’autorité, mais des formations et reformations sémantiques, dans des conjonctures concrètes, selon des points de vue profondément différents : un vocabulaire dont on peut user, à travers lequel on peut se frayer un chemin, que nous pouvons modifier chaque fois que nous le jugeons nécessaire, au fur et à mesure que nous faisons notre langage et notre histoire . »

dans la mesure où cela, d'une part recoupe des questions théoriques abordées depuis quelques mois, d'autre part touche à des questions de l'ordre de l'individualité y compris dans sa dimension psychologique, questions soulevées par Flav (voir plus bas 23 mars : « bénéfices secondaires » et « auto-production psychologique »), j'ai pensé que ma lectrice y serait attentive

en relation du 25 mars :

conjoncture, une affaire de langage aussi

difficile d'ouvrir des pages pertinentes pour regouper les sujets. Je place cette vidéo ici en relation avec la question de la conjoncture évoquée plus bas (21 février) avec Gramsci, Althusser et Stuart Hall, et du fait de l'importance qu'elle prende dans la théorie de la communisation avec le concept qu'en a proposé Rolland Simon

Penser le langage en conjoncture Entretien avec Jean-Jacques Lecercle Revue Période vidéo 47 mn

Le langage est souvent séparé de son histoire. Pourtant, toutes les langues cristallisent des usages et des règles passés, présents et futurs ; elles sont aussi le produit de rapports de force, un agencement de locuteurs embarqués dans les luttes de leur époque, du monde matériel, d’écrits littéraires, juridiques, politiques. Jean-Jacques Lecercle revient ici sur les penseurs qui permettent de penser le langage en conjoncture à partir du marxisme : Gramsci, Deleuze et Guattari, Althusser, Raymond Williams.

De la pratique politique à la littérature, intervenir dans une idéologie c’est, indissociablement, intervenir dans une conjoncture linguistique

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communisation 'troisième courant', discussion

un courrier, des remarques

(reçu ce jour, publié 'anonyme' pour l'heure)

J'ai lu le texte qui est une synthèse des points de vue exprimés dans ton blog. D'abord, quelques remarques préliminaires qui n'épuisent pas l'intérêt de ce point de vue tien.

- Sur les points exposés concernant la racialisation, je suis à peu près d'accord. Je trouve en effet que le concept "prolétariat" entraîne une dérive vers l'abstraction dans ce sens qu'englobant tout ce qui n'est pas "classe capitaliste" ou "bourgeoisie", ce concept crée ou facilite une compréhension bornée, culturellement, orientée vers le milieu qui produit et utilise ce concept. Cette "dérive" (comme on dit des filets "dérivants"), est toujours déjà là, depuis certaines positions marxistes, et de Marx lui-même, concernant la nécessité de la prolétarisation de l'ensemble de la société, la triste, mais inéluctable disparition des "petits mondes anciens", le manque d'intérêt de la part du prolétariat occidental, et généralement des pays les plus développés, envers le sort des peuples colonisés (Angleterre, Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Belgique, Espagne... Japon). Il revient à ma mémoire ce passage d'une chanson de la guerre civile d'Espagne "Los Moros que trajo Franco, en Madrid quieren entrar" (Ay Carmela) Les Arabes (maures) amenés par Franco, à Madrid veulent entrer.

J'ajouterai que l'utilisation de ce concept, sans spécification d'ordre géographique, ethnique, culturel, de genre, permet et a toujours permis de tirer la couverture à soi (soie importée de Chine, par exemple), créant ainsi un sujet universel, porteur toujours d'une humanité majuscule, martyr et être dominé sans aucune nuance, ni de situation individuelle, ni historique.

- En ce qui concerne l'écologie radicale (deep écology), je me suis toujours senti très proche de ces préoccupations. Je trouve que les théories "de la communisation" n'abordent quasiment jamais cet aspect qui me semble littéralement "fondamental". La domination de la nature me semble, en effet être le point de départ de toutes les sociétés de classes, en tout cas de toutes les "civilisations", notamment la gréco-latine. Le rapport des civilisations à la nature est étroitement lié à leur conception des rôles de genre : la femme gréco-romaine est considérée comme "bonne à être labourée", comme la terre elle doit être "défoncée" par la charrue virile, etc... Je subodore que le fondement (oui) de toute domination, sa légitimité, est en relation avec cet empire (imperium=pouvoir) sur la nature "sauvage", sur la nature de la femme vue comme dangereuse et source de richesse, à condition d'être mise en valeur par l'homme.

- Un point de désaccord partiel, parce qu'il n'est pas  central dans ton texte:

L'activisme critiqué, et raillé ou méprisé, de Dauvé à T.C (tu écris "activités immédiatistes" : je ne sais pas ce cela VEUT dire). Cet activisme, ou ces activismes, ne sont que le miroir tendu au prolétariat mondial, et encore plus blanc-occidental-mâle, il n'existe que dans le manque réel de luttes réelles de la part de la classe exploitée et réciproquement impliquée, comme qui dirait, et avec Flav, "bénéficiaire secondairement" ("bénéfice secondaire" est une expression du langage psychiatrique, elle vise l'hystérie). Il est commode d'ironiser sur les activistes au four et au moulin, 24h/24h, etc... tout en posant que le prolétariat finira bien par la faire cette révolution, oui, peut-être, ou pas, et quand ?

J'en ai un peu soupé de ce manque de critique vis-à-vis des prolétaires [...] je sais les individus ne sont pas le Grand Concept, pourtant doit-on penser qu'aucun rapport n'existe entre ceux-ci et Celui-Là ? La Classe serait pure de toute scorie, et les tares qui affectent les individus prolétaires seraient effacés par la magie de la Classe ? Curieusement ce n'est pas le cas en ce qui concerne les points que j'ai évoqué, racisme, domination de la nature, genre (c'est-à-dire représentation de soi -homme-blanc-dominant-pénétrant), les individus sont bien "telles communauté, tels individus".

sur ce point «activités immédiatistes» VEUT dire que je partage essentiellement la définition et la critique de l'immédiatisme selon Théorie communiste, croire et vouloir la révolution et son heure fonctions d'activités particulières affrontant les limites du capital... où elles les situent, le plus souvent près de chez elles et plutôt loin des masses prolétariennes, loin en distance, loin en origine sociale, loin en race, loin en genre... en un mot loin de la classe, avec des tronches de premiers de la classe

je ne confonds pas cette prétention avec les positions de ceux qui ont participé aux revues Meeting et SIC, et je considère que la responsabilité première de la confusion est celle de Théorie communiste, sans qui le concept de communisation n'aurait pas subi les interprétations fantaisistes qui ont justifié les mises au point avant, pendant, et après Meeting et Sic, de Gilles Dauvé et Karl Nesic, Bruno Astarian, et moi

l'anti-militantisme est devenu militantisme du désespoir

je ne partage pas le renvoi de toute activité rebelle à une posture honnie de militant, car je suis persuadé qu'il faut et faudra encore des rebelles, des militant.e.s communistes, des activités rebelles et communistes organisées d'une façon ou d'une autre et inscrites dans une stratégie fondée sur des luttes de masses. L'auto-production d'une subjectivation révolutionnaire n'est pas à attendre d'une spontanéité des masses à l'échelle mondiale. Ajouter à cette croyance sa propre activité théorique comme «détermination objective», c'est la cerise des gâteux, la maladie sénile du théorisme : jamais ni Marx, Lénine, Trotsky, Luxembourg ni les leaders historiques du conseillisme ouvrier n'ont eu pareille suffisance : ils ont risqué leur vie et certains pour la perdre dans un combat communiste et révolutionnaire. Alors moi aussi, «j'en ai un peu soupé» de ce qui a trop duré et s'est trop planté depuis quarante ans pour continuer à distribuer ses leçons de révolution au monde entier

ne se faire aucune illusion

une rupture est une rupture. Pas plus qu'on a vu les anciens ou post situs, ou l'ultra-gauche des années 60 se rallier au concept de communisation dans les années 70 ou depuis, on ne verra la plupart des leaders historiques et groupe théoriciens de la communisation classique abandonner leur dogme, et tant pis : comme on fait son lit on fait son temps. Il faut tourner ses regards vers de plus jeunes, vers d'autres lieux, d'autres activités... et ne compter que sur nous-mêmes avec confiance et résolution... en un mot avoir la foi et faire un pari pascalien : la communisation ou le chaos !

la page est lue et tournée, aujourd'hui est un autre jour, et la communisation reposée à nouveaux frais, dans la fraîcheur et la bonne humeur : contre les raplaplas réchauffés en langages recuits, le troisième courant veut apporter un vent d'air frais... C'est le premier avril, réjouissons-nous, camarades :

« la vie est devenue meilleure, camarades, la vie est devenue plus joyeuse » Staline en 1936, après les purges, cité par Sheila Fitzpatrick, Le stalinisme au quotidien, lecture conseillée à propos de «bénéfices secondaires»

31 mars

individu-classe, individu-capital, individu-communisme, textes transitoires de 2011-2012 et textes détruits de 2002-2011 14:38

Flav sur dndf, 22 mars :

« Pour me débrouiller avec mes propres concepts, je dirais que certains individus prolétaires, niés par le capital, entament contre lui une attaque de leur propre situation à l’intérieur de lui. La limite, c’est le fait qu’il ne trouvent pas, dans leur rapport au capital, la capacité de s’auto-produire comme individus négatifs, c’est à dire d’abolir leurs conditions d’existence individuel (à fortiori de classe). Ceci ne peut être trouvé que dans le procès mondial de communisation lui même. Cette capacité (plutôt que possibilité) est définitoire du procès de communisation. Elle est sa nécessité, non comme préalable, mais comme point de départ, et comme résultat intermédiaire, ne l’épuisant pas, tout au contraire, mais la médiant jusqu’à l’abolition des classes et de l’individualité.

Si cette capacité venait à épuiser la communisation, c’est à la fois que la tentative révolutionnaire aurait détruit ce qui la produisait, que cette capacité aurait été transformée en nouvelle capacité de s’auto-produire comme individu positif et confirmé à l’interieur du capital : une contre-révolution par une nouvelle hypothétique socialisation.
C’est ce qui menace la communauté des individus négatifs si elle ne parvient pas à rendre viable et souhaitable pour elle même cette négation : c’est à dire si elle ne parvient pas à l’affirmer. Car il s’agit bien d’une affirmation.»

suite à ces remarques, je mets à disposiion mes notes de fin 2011 et début 2012, qui ont abouti au texte pour en finir avec mon communisme-théorique juin 2012

elles sont sur mon ancien site (qui est encore sur Internet jusqu'à en disparaître, je n'ai plus la main) : pour et part les individus

ces petits textes doivent être resitués dans ce qui fut ma crise théorique (et pas seulement) après mon refus de participer à SIC. Je me retrouvais seul, pas très fréquentable (j'avais l'habitude d'être considéré comme un «renégat» par mes ex-camarades au boulot depuis ma sortie du PCF 25 ans avant...), et par moi-même néanmoins confronté à l'impossibilité d'abandonner ce que je vivais comme un combat individuel aussi. Textes sans garantie donc de ma part aujourd'hui

on y trouvera ce qui devait par la suite se reformuler et se formaliser dans divers recoupements, dont principalement ceux sur le rapport genre/classe par lequel s'engageaient en 2013/2014 mon travail sur l'articulation race/classe puis ma critique du courant communisateur, et enfin la reconceptualisation devant aboutir au texte de synthèse Communisation Troisième courant

on y trouvera les traces d'un "dialogue" à distance avec Roland Simon, sur des thèmes tels que Communisme mouvement vs Communisme état, l'impossibilité d'échapper à l'idéologie serait-elle communiste ou communisatrice (la matrice religieuse de notre engagement communiste comme foi ou pari pascalien), traces qu'on retrouve dans certains de ses textes durant cette période, ne mentionnant pas mes réflexions (RS : « Ne t'étonne pas de retrouver [ceci ou cela] dans un texte de Théorie Communiste »)

l'intérêt est d'aborder franco de port la question du rapport individu-classe individu-capital individu-communisme, telle que j'ai cru comprendre qu'elle était au centre des préoccupations de Flav

sommaire :

1) 7 novembre 2011 : Divagations brouillonnes et sans preuves sur le communisme / Communisme et positivité / Théorie, idéologie, parti, organisation, etc.
2) 18 novembre 2011 : l'utopie communisatrice du communisme comme état ou le ver dans le fruit de la théorie communisatrice
3) 25 novembre 2011 : la communisation entre théorie et idéologie / Du manque de communisme / De textes communisateurs / Pour une idéologie communiste
4) 15 décembre 2011 : L'individu-sujet dans la communisation : franchir le pas... pour marcher au pas ?
5) 21 décembre 2011 : Pour l'individualité communiste (Notes du RER A)
6) 21 décembre 2011 : Communisation, militantisme et parti, une vague de vagues réflexions
7) 23 décembre 2011 : Communisme, une révolution double en essence, dans un mouvement réciproque
8) 14 janvier 2012 : L'individu dans la communisation, un point de vue poétique Vie sociale de l'artiste, individu et communisation, etc.
L'autre du poète et la communisation / L'individu contre le pouvoir / La communisation à titre individuel  / L'art n'est pas un loisir créatif compensateur / L'ennui, le préférer seul qu'accompagné / L'art comme auto-apprentissage de la liberté individuelle
9) 14 janvier 2012 : Pour changer les individus, le combat communiste, Pour changer le communisme, le combat des individus / Le bal des vampires de la communisation est ouvert / L'individu absent de son émancipation ? / L'individu est l'avenir du communisateur
10) 23 janvier 2012 : L'individu prolétaire contre le travail
11) 1er février : La révolution sera individualiste ou échouera
12) 2 février 2012 :  Parler de communisation au présent
"L'individu chez Marx", De Los Cobos (un ami de la défunte revue L'Oiseau-Tempête, dont certains protagonistes participent aux débats sur la communisation), Thèse de Maîtrise de philosophie, 1997-1998 / "Le libre développement individuel : processus ou résultat ?"
13) 10 février 2012 : Toute théorie communiste (y compris la plus antihumaniste) repose sur une foi (en l'homme ?) Impro
14) 25 février : Notes sur Théorie Communiste : eau glacée pour douche froide
15) 28 février 2012 : Lavement de cerveau  : la théorie communiste comme supercherie
16) 3 mars 2012 : Communisation : une nouvelle mythologie pour un nouveau parti communiste ?

doivent y être ajoutés, pour mémoire, des textes auto-détruits

en 2010, de Communisation ressources classées 2005-2011

INDIVIDUS (rapports entre-), Société/Capital vs Immédiateté/Communisme 
Marx et l'individu, documents 
La crise de l'individu dans la restructuration du capital 
Du DIVIDU au DIVIDUALISME, sur un concept en vogue 
Théorie communiste et la définition du communisme 
Bruno Astarian, l'individu dans le communisme 
Anarcho-individualisme 
Individu et communisme : considérations perso 

en 2005, de Carrefour des émancipations 2002-2004  dans la tentation alternative

5. 3) POLITIQUE DU SUJET 
3.1. autocréation et 'créolisation' de soi 
3.2. la personnalité dans le groupe 
3.3. (se) connaître par les sens 
au-delà de l'athéisme : l'imaginaire libéré, le poétique ! 
3.4. penser par soi-même, concevoir avec d'autres partie de ce texte avait été récupérée début 2005 par le blog anarchiste L'En-dehors  
3.5. philosophie politique ou praxis ? 
3.6. désoccidentaliser la pensée 
3.7. la politique comme subjectivation et relation 

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critique théorique du capital et activités des communistes 08:53

texte prolongeant logiquement la synthèse générale et les problématiques de Communisation troisième courant 2015, et pour cela ajouté à la suite

fin du couple théorie-pratique révolutionnaires, fin du théoricisme et du théorisme : l'intervention communiste comme stratégie politique adéquate à la critique théorique du capital

je poursuis avant épuisement un effort de synthèse et d'actualisation des points abordés depuis quelques années, sous divers angles. Le texte Communisation troisième courant 2015 se veut synthèse générale et ouverture de problématiques nouvelles. Dans son esprit, il appelle non seulement un chantier "théorique" mais une réflexion et la mise en œuvre de tâches communistes immédiates. J'aborde ici le rapport entre critique théorique du capital et intervention, activités communistes dans une nécessité de stratégie et d'organisation de tâches immédiates

rien de bien nouveau pour ma lectrice attentive, si ce n'est une formulation et une tonalité plus positives que polémiques

après cette période d'intense fréquentation-décantation de théories dites révolutionnaires, je cerne mieux mon paradoxe, et la raison pour laquelle je ne pouvais intéresser ni les amateurs de théorie ni les impatients de pratiques

1) fin du couple théorie pratique

ce que j'ai mis en cause dépasse la classique opposition/complémentarité entre théorie et pratique. Sur ce point, je reprends essentiellement la critique qu'en fait Roland Simon, tout en renversant sa notion de "luttes théoriciennes" en "luttes auto-théorisantes" > le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser la perspective. Le corollaire est le changement dans la ou les pratiques théoriques, et ceci concerne tous les théoriciens de la communisation comme l'usage fait généralement de leurs apports

l'impasse théoriciste et anti-dialectique des contradictions/dépassement de Jacques Wajnzstejn et Temps Critiques

on lira à cet égard avec intérêt la discussion entre Jacques Wajnzstejn et Diether Hoss sur le blog de Temps Critiques : Des rapports entre théorie et pratique, 29 mars. Intérêt certes limité dans ce cadre, car leur différend a pris pour nous un sacré et double coup de vieux 1) particulièrement chez JW, dans ses références à des auteurs qui appartiennent à une autre époque du capital et des luttes de classe, et dont on a vu à quoi aboutit leur théoricisme (je reviens plus bas sur cette notion) 2) particulièrement chez Hoss, sur les luttes avec lesquelles il voit une possibilité de relancer le couple théorie-pratique. Néanmoins partageons le plaisir 'communisateur' de sa critique à Wajnzstejn :

Hoss : « Mon recours aux réflexions proposées par la « mauvaise troupe » ou le « comité invisible » n’a rien à avoir avec une « méfiance envers le travail théorique et la conceptualisation » que tu m’attribues. Il ne s’agit que de faire rentrer dans le débat autour du rapport entre théorie et pratique une réalité de luttes –saisie bien sûr d’une façon partielle, imparfaite, insatisfaisante(tout ce que tu veux) par ces approches- qui manque complètement dans des démarches comme la tienne. Ce qu’était déjà le cas chez Adorno et Horkheimer en 1968. Eux voyaient la société arrivée à un état « totalement administré ». Toi et tes amis de Temps critiques voient une « révolution du capital » achevée, la société totalement « capitalisée ». Dans une telle orientation on est bien sûr « bien en mal de dégager quelle est la contradiction contemporaine motrice », « les contradictions anciennes et même les nouvelles n’apparaissent plus comme antagoniques mais comme englobées. » A partir d’un tel constat maintenir une position dialectique –même négative à la Adorno- te semble avec raison difficile. [...] Par contre les représentants du courant Critique de la valeur, Krisis, Exit etc. , ne font guère plus que toi rentrer dans leurs réflexions les luttes qui émergent de cette contradiction qu’ils ont identifiée. »

l'impasse du couple théorie-pratique de Diether Ross, c'est l'impasse du couple théorie révolutionnaire -activisme révolutionnaire

Hoss : « Le mérite des approches telles que celles de la « mauvaise troupes » et du « comité invisible » ( ou avant eux déjà celle d’un Holloway) est d’essayer au moins d’identifier les ruptures qui se produisent ici et là, plus ou moins éphémères, précaires, pour se déconnecter de l’empire de la valeur et de ses représentations politiques et institutionnelles, pour tenter de s’unir sur d’autres bases.»

2) fin du théoricisme, fin de la dialectique et de la «théorie révolutionnaire» séparées

j'ai mis en cause plus que le théoricisme, et au fond, il est bien possible que mes considérations et critiques acerbes passent pour peu intéressantes par ceux qui s'intéressent à la «théorie révolutionnaire», voire à la prétendue «théorie communiste» (en général, pas le groupe TC).

certes, j'ai moi-même un goût pour les théories en général, sans doute davantage que pour la philosophie, disons le caractère fondé scientifiquement davantage que la réthorique littéraire, la dialectique comme «art d'avoir toujours raison» comme dit Schopenhauer

j'ai peu de goût pour en rester à la spéculation, et, à titre personnel, une fois cernée une problématique à partir d'intuitions, pointés des apories, contradictions internes, concepts féconds, je n'ai pas de désir d'élaborer une théorie (de la révolution ou d'autre chose). Cela m'ennuie, je suis mauvais pour ça et, si d'autres le font mieux, c'est à leur risques et périls. Au fond, je suis un amateur de logique, de logique dialectique des contradictions dans leur complexité articulée, et d'émergence de dépassements produits possibles

Marx n'a pas davantage formalisé, à aucun moment, une «théorie révolutionnaire» ou une «théorie communiste», qu'une dialectique séparée *

« J'ai flanqué en l'air toute la théorie du profit telle qu'elle existait jusqu'à présent. Dans la méthode d'élaboration du sujet, quelque chose m'a rendu le plus grand service : by mere accident [par pur hasard], j'avais refeuilleté la Logique de Hegel [...] Si jamais j'ai un jour de nouveau du temps pour ce genre de travaux, j'aurais envie de rendre, en deux ou trois placards d'imprimerie, accessible aux hommes de sens commun, le fond rationnel de la méthode que Hegel a découverte, mais en même temps mystifiée » Marx, Lettre à Engels du 16 janvier 1858

précisons qu'un placard d'imprimerie, c'est en gros une feuille imprimée d'un seul côté (images), deux placards un recto-verso, et quant aux hommes [et femmes] de sens commun, c'est ceux qui n'ont pas les moyens, ni l'envie ni le besoin d'un livre entier sur la question. Cela exclue donc l'idée que Marx aurait eu envie d'écrire une dialectique séparée

naturellement, humain trop humain chez les "marxistes", ce que Marx s'est refusé de faire, nombre d'héritiers se sont empressés de s'y noyer, de s'y perdre, et pour la plupart d'abandonner toute perspective de combat communiste, de Lukacs à Adorno, et aujourd'hui de la Wertkritiq aux Jacques de Temps Critiques

3) fil historique d'un rapport théorique aux luttes de classe et à l'intervention communiste

les seuls «théoriciens» communistes (ou pas au demeurant) qui nous concernent du point de vue de la communisation sont ceux qui se sont intéressés à l'action de masse, aux activités de masses dans leurs spécificités historiques ou présentes, en rapport avec les luttes de classe, de genre et d'émancipation raciale ou autre

en d'autres termes, intéressent la communisation les théoriciens ou leaders du mouvement ouvrier qui se sont dit après Lénine : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire » (Que Faire ? 1902). L'expression en elle-même pose la théorie comme un besoin pour le mouvement pratique, l'organisation des tâches immédiates par les communistes, ce qui se vérifie quelques lignes plus loin : « L'histoire nous assigne maintenant une tâche immédiate, la plus révolutionnaire de toutes les tâches immédiates du prolétariat de n'importe quel autre pays. »

il faut évidemment les considérer dans leur époque et relativement à la conception qu'ils pouvaient avoir alors d'une stratégie communiste vers la révolution, c'est-à-dire tous sans exception, une conception programmatiste. Dès lors qu'on a fait la critique de cette conception caduque du communisme (Rupture dans la théorie communiste de la révolution, au sens du livre de Danel et au-delà), je me répète, ne doivent pas nous intéresser seulement les leaders et théoriciens conseillistes, ultra-gauche ou situationnistes, et évidemment pas seulement ceux qui ont élaboré des concepts les plus généraux (Althusser par exemple), mais ceux qui ont posé leurs yeux sur les aspects les plus pragmatiques des luttes, du fonctionnement de l'idéologie : Gramsci, Raymond Williams, Stuart Hall, et pourquoi pas Foucault, Bourdieu... On invalide pas en bloc l'œuvre d'une vie comme si tout les penseurs faisait du TC incassable (sauf que chez TC, tu tires un fil, et avec un peu de patience, tu défais tout le pull-over, te reste la laine et à trouver les bonnes aiguilles)

c'est ici que grâce à eux se réalise et s'actualise une rencontre quasi magique, un vrai clinamen communisateur, entre structure à dominante de classe et historicisation, par les luttes, des contradictions entre classes/genre/races et capitalisme réel

on note ici la singularité d'Althusser, et le grand écart qu'il dut faire jusqu'à la folie meurtrière, entre théorie radicale de la révolution et appartenance au PCF. On y tient sa fécondité et sa limite, qui est celle de sa génération, celle du programmatisme prolétarien, avant que ne lui succède celle des théoriciens englués dans le démocratisme radical (philosophes, économistes ou "stratèges" tels que Lucien Sève pour le PCF, Daniel Bensaïd ou proches de la LCR, Antoine artous et Philippe Corcuff pour le mariage libertaire anarcho-marxiste, etc.). La dernière vague est l'idéologie des ou du «commun», avec les néo-proudhonien Dardot et Laval en France > commun et/ou communisme : révolution ou réformisme ?, dont il est trop tôt pour connaître le devenir, qui risque d'être remis en cause par quelque chose de plus grave, la montée d'un néo-fascisme révolutionnaire

4) fin du théorisme ou la limite intrinsèque à la théorie : l'impossibilité d'une théorie communiste révolutionnaire

j'ai formulé ma critique sous le néologisme de théorisme, et beaucoup l'auront pris pour un jeu de mot de plus. Non, ce n'est pas un coquetterie de langage, parce que nous touchons là au cœur, au noyau dur du couple théorie-pratique, telle qu'il se présente chez les partisans classiques de la communisation et la plupart des théoriciens séparés (on l'a vu pour Adorno, Temps Critiques, la Wertkritik... j'y reviendrai avec Derida Spectres de Marx, lumineux sur les 'Scholar')

évidemment, ça ne fait pas plaisir aux théoriciens de la séparation, qu'ils soient théoricistes ou pas, parce que cela remet en cause leur «métier», tel qu'ils l'exercent depuis qu'est rompu le lien organique entre marxisme et luttes de classes, lien qui existait encore dans la dernière vague conseilliste, ultra-gauche, ou situationniste autour de 1968, lien organique dont Toni Negri est peut-être un dernier survivant, quelles que soient les critiques que l'on puisse porter à ses thèses, je n'y reviens pas (thèses tout de même plus sérieuses que celles de Zizek, Badiou ou Balibar dont le lien aux luttes est plutôt aléatoire et dans un rapport de professeur à pro-fessés)

dans pour en finir avec mon communisme-théorique juin 2012, j'écrivais :

« Théorie Communiste comportait plusieurs "sous-théories" - dont une critique du capitalisme contemporain et une théorie de la révolution communiste -, que les concepts de programmatisme, restructuration, implication réciproque (dans certaines limites), démocratisme radical... en tant qu'ils participent d'une critique pertinente du capitalisme quasi indépendamment d'une perspective communisatrice, sont à distinguer de ces concepts-leurres que je pointe relativement à la dimension théorie de la révolution et à son fonctionnement idéologique bétonnant son noyau dur - structuré  comme un inconscient. Je considère que la partie théorie de la révolution est massivement une théorie du manque révolutionnaire, construite sur l'articulation entre concepts-leurres dont j'ai parlé et des concepts proprement nécessaires à l'analyse du présent.» 

pour le dire autrement aujourd'hui, il vaudrait mieux réserver strictement le mot théorie à ce qui est passé ou présent, à ce qui existe «sous nos yeux» (Marx), à ce que l'on peut observer, décrire, analyser, conceptualiser en en relevant le mouvement contradictoire, la dynamique, les limites... ce qu'a fait bien Roland Simon, mais, partant de sa fascination structuralo-dialectique pour l'implication réciproque en général, il n'a pas su discerner critique du capital/luttes de classes et lutte communiste de dépassement, ce qui l'a conduit au dépassement produit par Théorie communiste dans l'aventure SIC, dont la fuite en avant ne pouvait que déboucher sur l'emballement et la catastrophe finale d'un pas trop vite franchi... chercher la femme

bref, il n'est pas possible, au sens de ce qui précède, de faire une théorie révolutionnaire

5) ce que 'nous' a en main : théorie-lutte et luttes auto-théorisantes

une fois saisie la double impossibilité, la double impasse historique, d'en rester au théoricisme d'une théorie à compléter d'une pratique, ou d'élaborer une théorie révolutionnaire communiste, nous - nous amateurs de théorie communiste - nous nous retrouvons avec en mains notre critique radicale du capital* dans l'esprit du Marx critique de l'économie politique (Le Capital)

* ici pourquoi pas critique radicale de la valeur, ce n'est pas l'essentiel ici, mais comme le dit Diether Hoss plus haut, comme pour Temps Critiques, encore faut-il que cette théorie ne théorise pas l'impossibilité de luttes dans un mouvement historique de contradictions à dépasser (les derniers délire de JW portent sur la critique du dépassement, rien que ça...)

nous - nous lutteurs lutteuses de classe/genre/race... nous communistes, nous partisans de la communisation, - comme le dit-on dernière parole de Marx : « il n'y a que la lutte », nous n'avons en main que nos luttes 

nous n'avons que notre théorie-lutte et nos luttes auto-théorisantes sous diverses identités de lutte (de classe), jusqu'à questionner l'identité communiste même : le mot camarade institue et reproduit la séparation entre communistes revendiqués tels, et leurs autres, sous l'emprise d'idéologies et pauvres "militants" ou "activistes", et pire au sein du courant communisateur l'amalgame théoricistes-activistes, qui passe à côté du dépassement de leur faux sujet, de leur fausse identité communiste, qui n'a produit, on l'a vu, que le sectarisme et l'entre-soi particulièrement désagréable qu'ils affichent, dont ils crèvent en attendant la fin

 « I would prefer not to... : Je préfèrerais ne pas...» Herman Melville, Bartleby 1853

6) questions aux partisans de la communisation... stratégie et intervention communiste...

communistes, qui sommes-nous ? : qu'est-ce que l'intervention communiste, quelles sont les activités sépcifiques des communistes, qui sont-ils, que font-ils, à quoi servent-ils, que peuvent-ils faire ou pas, que doivent-ils faire ou non, que doivent-ils ne pas faire ?

ici, la théorie classique de la communisation s'est enlisée dans la critique du militantisme comme nécessité de dépasser subjectivisme et objectivisme, avec l'impossibilité que celui-ci ne devienne autre chose qu'activisme immédiatiste, oubliant la «médiation temporelle» dont Roland Simon débattait dans SIC avec Léon de Matttis

nous avons maintenant les moyens de ré-investir cette question parce qu'elle se pose dans les luttes actuelles comme une urgente nécessité appelant des tâches immédiates et leur organistion

naturellement, de même que l'absence chez moi d'un corpus théorique abouti (il n'y en a pas chez Marx), théorie clef en main suscitant l'admiration et l'intérêt des amateurs de théories et la fierté des théoriciens, de même l'impossibilité de prendre immédiatement des «mesures révolutionnaires», des «mesures communisatrices» supposées définir la communisation, cette impossibilité ne peut que décevoir les impatiences révolutionnaires et l'enthousiasme si nécessaire de la jeunesse

cela met les communistes au pied de situations désespérément concrètes : lutter pour sauver sa peau et celle de ses proches, lutter pour gagner sa (sur)vie, lutter contre le pire qui n'est pas le moins probable, la perspective néo-fasciste au plan politique et militaire et la destruction de l'humain côté capital-économie-sciences

j'ai appelé ça faute de mieux intervention communiste, intervention théorico-politique qui ne sont pas la mise en œuvre d'une théorie, mais plutôt d'une stratégie. Il me semble que nous serions là assez proche de l'attitude que Marx a eu dans sa vie, dès les années où il rencontrait, sur le terrain des luttes, des communistes français, une des trois sources du marxisme pour le pire mais aussi le meilleur dont il nous appartient de relever le défi historique

éléments de réponses et de questions du 27 mars

banalités de base : le communisme expliqué aux enfants

le capitalisme n'est pas une abstraction dont il s'agirait seulement de comprendre les mécanismes, les rouages, le fonctionnement tel celui d'une machine monstrueuse, d'un robot, d'un automate. Le capitalisme n'est pas une option philosophique et politique telle que le suppose sa définition d'ultra-libéralisme qui laisse toujours entendre sa possible amélioration par une politique plus morale, éliminant ses défauts pour garder ses qualités, comme si la liberté, l'égalité et la fraternité en était le principe de base

le capitalisme ne peut exister que s'il exploite, oppresse, domine, appauvrit, mutile, rend malade, fou, jette dans la misère, rejette comme inutiles des hommes, des femmes et des enfants, des jeunes et des vieux. Le capitalisme épuise les ressources naturelles, détruit la nature et invente sans cesse de quoi déshumaniser l'humain. Chaque jour, chaque semaine, chaque année, chaque siècle depuis qu'il existe

le capitalisme n'est pas ailleurs, chez les autres, les pays méchants contre les bonnes nations, les bonnes races contre les mauvaises, les civilisés contre les barbares

le capitalisme n'est pas une abstraction dont personne ne serait responsable, ou faute de l'humanité entière parce qu'elle ne fait rien ou pas assez pour s'en débarrasser. Le capitalisme procure des profits, de l'argent, des plaisirs et du sexe faciles à ceux qui en tirent les ficelles, parce qu'ils possèdent, soit hérités soit appropriés ou volés, la terre, les usines, les entreprises, les moyens commerciaux, et dirigent les États, leurs armées, polices, administration, leur moyen médiatique de propagande et de contrôle, tout ce qui permet de continuer de génération en génération

personne n'aime être exploité, oppressé, dominé, mutilé, malade sans soin, jeté dans la misère ou dans la guerre, rejetté par qu'inutile. Personne n'aime respirer la pollution, manger de la nourriture empoisonnée, personne ne se réjouit de la destruction du vivant. La plupart donc résistent, tentent de s'opposer au pire qui leur est imposé, pour le limiter, l'empêcher, l'interdire. Mais la plupart n'ont pas d'autre choix pour vivre ou survivre que se plier encore à la règle du jeu du capitalisme, de l'économie, de la politique

le communisme n'est pas plus que le capitalisme une option philosophique et politique, un système à appliquer pour le remplacer. Le communisme est le combat de tous ceux qui veulent abolir la règle du jeu du capitalisme pour ne pas en être à jamais les perdants. Le communisme n'est pas une idée, mais son combat produit des idées, et parmi elles, au plus haut niveau d'intellectualité et d'abstraction, des théories, des théories communistes

les théories communistes ont besoin de comprendre comment fonctionne le capitalisme, comment il évolue. Besoin de comprendre pourquoi les luttes menées contre lui depuis qu'il existe sont toujours vaincues. Cela produit des idées, qui rejoignent celles de ceux qui se battent. Ensemble ce sont des idées communistes, les idées des communistes pour en finir avec le capitalisme. Elles n'appartiennent à personne, ne sont pas meilleures sous la forme de théories que dans l'expression la plus simple qui soit chez ceux qui luttent

les communistes sont ceux qui dans les luttes portent ces idées, qui combattent l'idéologie capitaliste avec ces idées. Les communistes sont ceux qui s'opposent à l'exploitation des humains et de la nature jusqu'à leur destruction, à la domination des femmes, à l'oppression raciale, à toutes injustices, à la guerre et à la mort en boîte de conserve. Les communistes l'ont fait le font et le feront chaque siècle, chaque année, chaque semaine, chaque jour qu'a existé, qu'existe et existera le capitalisme, jusqu'à la fin, sans attendre

des théories sont fières de leur compréhension du capitalisme comme système, comme économie politique, comme monstre inhumain ou comme automate promis à sa décomposition. Que font ces théories dont personne ne fait rien que parler, théories pour amateurs de théories ? Que font ces théories qui ne s'en prennent qu'aux idées de ceux qui se battent, parce qu'elles seraient mauvaises ou illusoires ? A quoi servent ces théories, que se montrer meilleures que d'autres, sans jamais descendre dans la rue, sans jamais avoir la moindre incidence dans les luttes pour qu'elles soient plus efficaces, moins systématiquement vaincues, moins inutiles ou moins dangereuses pour ceux qui les mènent ?

que font ces théories qui n'atteignent jamais les victimes d'en-bas du capitalisme, ceux qui ne les lisent pas, ceux qui n'ont ni les moyens ni l'envie, ni le besoin de les comprendre quand ils se battent ? Ces théories sont-elles une aide à ceux qui luttent, sont-elles une aide aux communistes ?

si alors ces théories ne sont pas des théories communistes, que font-elles dans le combat d'idées ? Comment s'en prennent-elles au capitalisme et à ses suppporters ? Jusqu'où remettent-elles en cause l'idéologie dominante, et à partir de quand en sont-elles partie prenante, du fait qu'elles ne participent pas aux combats communistes ? Jusqu'où ces théories du capital ne sont-elles pas au mieux inutiles, au pire anti-communistes ?

le communisme comme combat n'est pas une clause de style théorique, les idées communistes sont des armes contre le capital quand elles en font la preuve par les armes

7) sans conclure : notre histoire continue, et ce n'est qu'un combat communiste

nous avons commencer de relire (latin religere) et de relier (latin religare) nos histoires et nos présents qui, on le constate, débordent un peu «notre histoire» vue de façon linéaire et étroite par la théorie classique de la communisation :

- relecture et re-liaison dans le temps de l'histoire (avec les luttes contre l'esclavage et le colonialisme et ses suites jusqu'à la question indigène actuelle)

- relecture et re-liaison dans l'espace du monde au-delà de l'Occident et de luttes strictement ouvrières ou prolétariennes

- relecture et re-liaison dans la théorie entre dialectique conceptuelle des contradictions et historicisation concrète, entre marxismes d'une dialectique des contradictions structurée à dominante de classe, et historicisation de sa compréhension du capitalisme et des luttes

nous l'avons fait jusqu'au point où cette re-ligion nous permet de repartir sur d'un meilleur pas communiste, ni un pied en avant pour deux pas en arrière, ni pas franchi affranchi de limites réelles devant le mur des contradictions

c'est au présent que nous voulons causer de communisation

recommençons à parler au présent de communisation et faisons mieux : en causer, au sens de Diderot, c'est-à-dire dans le double sens de parler et produire des effets, par la nécessité d'en faire un problème des luttes, un problème définissant particulièrement la fonction révolutionnaire communiste, le rôle des communistes

29-30 mars

signes des temps, qui changent, et de bon augure

la théorie classique de la communisation : un accident de ses impensés

Bob Dylan The Times They Are A Changin' 1964

le blog dndf informe : « une initiative » « les auteur(e)s ne sont que des accidents de la pensée » un texte de rupture dans la théorie de la communisation

le texte proposé n'est pas plus une pensée que le communisme n'est une idée, c'est un produit du monde tel que je le vois, et cette vision, chaque vision, est tout sauf un accident. En indécrottable matérialiste, je ne sais pas ce qu'est une pensée sans auteurs, seraient-ils innombrables, ce que je souhaite à la communisation, comme de ne pas être pensée comme une théorie que produirait nécessairement l'époque sans intervention des communistes. Que ça circule donc sans trop d'accidents d'auto produits...

mon immodeste modestie se voit confortée par le fait qu'ici, je n'ai fait que mettre en relation la pensée des autres qui ont constitué la mienne

la théorie de la communisation doit être faite par tous, non par un

autre bonne nouvelle, un camarade se propose d'assurer la traduction en espagnol... Qui d'autre ?

 

28 mars

accords et désaccords, prospective et perspective

retour à Endnotes 1, 2, 3...? Endnotes Éditorial de Endnotes 3 et textes en attente de traduction en français

de nouvelles luttes / surpopulations / la distinction de genre / des identités hors la classe / visions stratégiques / perspectives communistes

à la relecture de cet éditorial, présentant les textes de ce numéro, nous ne pouvons que regretter l'absence de traduction française intégrale. Un simple coup d'œil sur les sous-titres montre que plusieurs points importants pour Endnotes sont restés indiscutés en France, si ce n'est par moi-même, et je ne l'ai pas fait sur la base d'Endnotes, même si, concernant la question raciale et son articulation avec la contradiction de classe, mon travail rejoint les questionnements ou les affirmations du groupe anglais

il saute aux yeux que les raisons de la rupture dans SIC comportent celles spécifiques de TC* (Fin de partie octobre 2013), mais ne s'y réduisent pas. Le chapeau de dndf* présentant les désaccords de TC avec Endnotes, et la suite des discussions rendues publiques, en focalisant sur la question de la ou des contradictions dans le capital et sur celle de genre, ont laissé dans l'ombre les points qui, précisément, sont communs à Endnotes et à mes positions

* « un aca­dé­misme mar­xiste de bon ton qui pou­vait, en rai­son même de cet éva­nouis­se­ment et de ce brouillage, hypo­sta­sier la théo­rie com­mu­ni­sa­trice comme idée et comme norme, donc sans enjeux [...] aca­dé­misme fai­sant de la com­mu­ni­sa­tion la lec­ture actuelle la plus adé­quate sur le mar­ché des concepts mar­xiens en fai­sant atten­tion de ne pas trop cri­ti­quer les âne­ries de cer­tains maîtres [...] les expo­sés uni­ver­si­taires sur power point et la répé­ti­tion impro­duc­tive de quelques concepts »

** « Nous attirons l’attention des lecteurs sur cet extrait du chapitre sur « la distinction de genre » dans l’édito d’EndNotes N°3 et sur la note 4 qui le ponctue  pour manifester notre désaccord total avec ces positions… A suivre après lecture appronfondie…. dndf. »

de chacun selon ses contradictions ?

la question des contradictions et antagonismes et finalement du mariage de raison entre structuralisme et historicisme n'est pas un long fleuve dialectique tranquille (comme on le voit encore avec La critique radicale de la valeur). C'est pour moi autant un problème d'exposition que de contenu en prise sur les réalités passés et présentes. Je ne partage donc pas l'obligation de se focaliser là-dessus, parce que cela évacue des questions, précisément les mêmes qui sont fécondes dans d'autres approches marxistes, une fois reformulées dans la perspective communisatrice

à chacun son théoricisme ?

passons sur le fait que Endnotes, (académisme et Power Point...) seraient plus théoriciste, plus abstrait et moins fondé sur les réalités concrètes que TC. Je fais référence donc aux questions des nouvelles luttes, des identités, de la vision stratégique... sur lesquelles j'ai apporté des propositions théoriques dont on ne peut pas dire qu'elles oublieraient plus que TC et ses proches « les conditions actuelles de la lutte de classe ». TC, après avoir fondé tout son corpus sur le constat de sa disparition, en était encore à chercher les traces de l'identité ouvrière, et ne pouvait selon moi les trouver sans examiner les identités de luttes sous lesquelles se produit actuellement la lutte de classes, permettant de poser sur la table de la communisation la possibilité de leur dépassement produit participant à la lutte d'abolition générale du capitalisme

rupture, dispersion, décantation

du fait de mon retrait dans la période Sic, et de mon isolement dans le travail solitaire, j'ai voulu trop vite raccrocher les wagons français, et je me suis pris les pieds dans des polémiques personnelles masquant l'essentiel même de ce que je pouvais apporter, faute de l'avoir mis en forme en langage commun théorique méritant l'attention. En somme, par mon impatience j'ai sous-estimé le temps nécessaire à « la décan­ta­tion à la fois entre nous et dans l’histoire ». Paradoxalement, mes accords profonds avec TC, et notre attachement commun à « faire de la théo­rie à par­tir de récits de luttes », retardait mon propre choix à faire de rompre et la tentation de « l’économie de la dis­per­sion actuelle... néces­saire et bien­ve­nue.». Il était trop tôt pour que nous ayons des choses à nous dire. 

la décantation a déjà produit des bougés dans les textes de RS, sur la question des identités de luttes, et un début de débat, mais qui peine à s'ancrer dans les réalités actuelles, la tendance étant lourde au débat prospectif abstrait sur la révolution, détaché du parcours entre la crise et son engagement en conjoncture mondiale

 accords et désaccords, élargissement, clartés et conjoncture de bon augure... il va falloir attendre

la synthèse Communisation 'troisième courant' 2015 devrait permettre d'y voir plus clair, sous réserve qu'elle produise des réactions. J'ai conscience de la difficulté à suivre mes développements dont la formulation est insuffisamment théorique pour créer du commun. Mais je ne pouvais le faire sans disposer d'une vision à la fois complète et articulée. Celle-ci ne fut permise que récemment en raison de :

1) l'événement Charlie déclencheur d'une conjoncture nouvelle inquiétante mais passionnante aussi puisque la France est aux premières loges,
2) la découverte récente d'une conceptualisation "marxiste" à l'origine des Cultural & Subaltern Studies, qui permettaient, par Althusser (conjoncture et structure à dominante), de relier des fils suivis par Roland Simon
3) la possibilité de sortir de l'état du stade intuitif, empirique, pour une formulation plus théorique, tout en tranchant avec l'enlisement académique des études intersectionnelles classe/genre/race
4) 'Marx aux antipodes' qui bouleverse à mon avis la réception de Marx en France

il ne serait pas grave que la dispersion continue, les accords et convergences étant clarifiés en évitant de faire porter à d'autres ses propres responsabilités

pour revenir à Endnotes, la revue anglaise annonçait il y a un vingt mois : « Endnotes 4 ne paraitra donc non pas dans trois ans, mais plutôt d’ici les six prochains mois », il va falloir attendre... ce qui n'empêche qu'une traduction intégrale de textes importants des trois premiers numéros pourrait aussi permettre au milieu français (et italien avec Il Lato Cattivo) de sortir de problématiques par trop réductrices

26 mars avec note du 30 mars concernant Jacques Wajnztejn de Temps critiques, théoricien négationniste de 'la question indigène'

remous dans le fleuve tranquille de la valeur d'un sou germanophone

Communisation 'troisième courant' 2015

reçu de Palim-Psao à propos du passage : « la critique de l'euro-centrisme théorique concerne également les héritiers européens d'Adorno et de l'École de Francfort dans La théorie radicale de la valeur (Wertkritik) autour de Moishe Postone, Robert Kurz, et Anselm Jappe, ainsi que Temps critiques de Jacques Guigou et Jacques Wajnzstejn, qui ont abandonné toutes considérations sur la lutte de classe»

« Les ignorances m'irritent toujours fortement. La Wertkritik (et même Postone qui n'a rien à voir avec cette dernière au passage...) a toujours craché sur l'Ecole de Francfort et n'a jamais été son héritière. Au mieux, si tu voulais absolument parler d'un "héritage", c'est de dire que la Werkritik s'inscrit comme un dépassement critique du courant en Allemagne connu sous le nom de Neue Marx Lekture. C'est tout et rien d'autre. Si certaines réflexions d'Adorno valent encore le coup, ce sont surtout des considérations méthodologiques autour de la dialectique.

La wertkritik abandonne toutes considérations sur la lutte de classe (je rêve...) ? Manifestement tu n'es pas germanophone pour un sou et tu ignores bien des textes, mais même la bibliographie française tu ne sembles pas l'avoir comprise.

Depuis l'article de Kurz de 1989 sur la forme-sujet moderne dans le capitalisme, le sujet d'une telle société est affirmé structurellement comme Male-Occidental-Blanc (le MOB), la WK parle de la forme de conscience raciste qui est intrinsèquement capitaliste.»

discussions sur la communisation

un déni théorique est un déni pratique

je dois corriger la rédaction trop rapide entre École de Francfort et Wertkritik. Pour le reste je suppose que si des textes en français prolongeaient plus concrètement la critique de Kurz, il y a 25 ans, sur « la forme de conscience raciste qui est intrinsèquement capitaliste », au-delà de cette clause de style théorique au demeurant discutable dans un coin, ils ne m'auraient pas échappé. Il n'est pas dit par contre que le capitalisme est intrinsèquement raciste, puisqu'il est conditionné dans toute son existence historique par le racisme

ce que j'ai constaté, c'est le rapport massif entre le grand intérêt de Palim Psao pour l'antisémitisme, et la quasi absence de tous autres racismes faisant 'mille' fois plus de victimes depuis des siècles *. Je n'y ai trouvé, sur le rapport entre race et capitalisme dans l'histoire concrète à domination occidentale depuis des siècles, aucune référence à des penseurs marxistes non blancs occidentaux : l'effet d'ensemble en continu est celui d'un déni

* note du 30 mars : on peut en juger en consultant la catégorie Racisme - homophobie -antisémitisme sur le blog Palim-Psao de La critique radicale de la valeur.

la supercherie et l'imposture «révolutionnaire» humaniste universelle limitée de Jacques Wajnzstejn et Temps critiques ont assez duré

concernant l'«ignorance» de la question raciale et des développements marxistes sur le sujet, on peut avoir un aperçu de la position de Jacques Wajnzstejn, dans une réponse à Yves Coleman de juillet 2014 :

L’argent, les banques, le complot (« sioniste ») : un anti-capitalisme de façade à vertu fédératrice : « Pour être juste encore et malgré nos différends, la revue Théorie Communiste ne me semble pas du tout touchée par ce travers et ce n’est pas par refus de l’anti-sémitisme puisqu’ils soutiennent toujours Dauvé et ses positions de l’époque de La Guerre sociale, mais tout simplement parce que leur critique concerne prioritairement la critique du capital et que pour eux, les questions du travail, de l’argent et de la marchandises n’en sont que des dérivés. 3) Je suis entièrement d’accord avec ton point 9 sur les théories multiculturalistes et post-coloniales sauf qu’il paraît déjà presque démodé quand il aborde la question du néo-féminisme et des mouvements homosexuels qui sont maintenant eux aussi pénétrés par cette obsession de la blanchitude des dominants. » 

TC et Dauvé apprécieront, pour le reste, circulez, ya rien à voir pour cet aveugles à un racisme qui ne le touche pas comme celui qui le touche... de façon communautaire ? identitaire ? C'est quoi l'humanité, pour celui qui parle de « Révolution à titre humain » et s'inquiète du « "nous" des iden­ti­tai­res et autres com­mu­nau­ta­ris­tes » (l'être humain est la véritable communauté des hommes février 2015), mais n'accorde aucune place à la critique du racisme blanc occidental qui a accompagné toute l'histoire du capitalisme, et tape sur l'expression théorique qui s'inspire de Marx pour articuler cette question à celle de la contradiction de classe ? Wajnzstejn ne se montre-t-il pas là plus communautariste qu'il ne le reproche à d'autres ? Faut-il que je sois antisémite pour constater qu'il va dans le sens qu'Yves Coleman, Finkelkraut, ou BHL, et nage dans les eaux troubles de l'idéologie française, ce négationnisme de la question indigène ? Cette supercherie et cette imposture "révolutionnaire" même humaniste universelle limitée ont assez duré. En relation 27 mars à propos d'une imposture de l'idéologie française : l'antisémitisme, les Juifs, le «terrorisme», les Autres et moi

ce n'est pas seulement une question de compréhension de textes, et d'être ou pas germanophone, mais de pratique théorique et de ce qu'on en fait en rapport aux luttes de qui on prétend participer à l'émancipation : classe, genre, race...  l'important c'est impression générale qui se dégage, le sens et l'inconscient d'une théorie générale et ce qu'en retient son lectorat. En un mot sa fonction idéologique au présent dans la lutte des idées

j'avais marqué quand ils ont été traduits, et au-delà de leur construction théorique, mon intérêt pour les textes de Roswitha Scholz sur la relation entre capitalisme et domination des femmes, parce qu'ils sont porteurs d'une toute autre considération pour les luttes des femmes, que ce qu'on trouve habituellement sur le site Palim-Psao

cette ignorance des 'Autres' ne m'irrite pas davantage qu'elle ne m'étonne, elle me semble fortement expliquer le succès de la Critique radicale de la valeur qui en découle en France universelle dans les milieux sociaux qui s'y intéressent et qui les intéressent (nous ne fréquentons pas les mêmes)

quant à l'intérêt de la Wertkritik pour la lutte des classes et l'exploitation, il m'aura également échappé, mais je ne suis pas le seul

(remarque de Palmi Psao prise en compte dans le texte initial pour "l'héritage" et le texte de Kurz de 1989)

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la vertueuse critique est un long fleuve trop tranquille

« La théorie de la communisation n’est pas un long fleuve tranquille » Jacques Wajnsztejn, septembre 2012

la Wertkritik, théorie auto-mate, vertement critiquée

« Des outres gonflées ne sort que du vent » RS dndf 26 mars
Brève réaction à un texte publié sur le site Palim Psao sous le titre : « Les vases vides font toujours beaucoup de bruit »

discussions sur la communisation j'appelle théorie auto-mate une théorie qui se regarde le nombril

dans ma veille régulière guettant l'apparition sur Internet de textes nouveaux évoquant la communisation, j'étais tombé sur celui de Homs, et j'avais repéré le paragraphe taillé à le serpe qu'il consacre à Bruno Astarian*. Pour « la critique radicale de la valeur » tout ce qui part de Marx, hors de leur théorie sans lutte de classes ni exploitation, tombe sous les insultes suprêmes de « marxisme traditionnel », « marxisme orthodoxe », « marxisme primaire » et ainsi de suite

* une seule ligne polémique se rapporte à son feuilleton, l'abolition de la valeur : « c’est sans surprise qu’une « critique » même de Postone sous sa plume ne peut qu’enfiler tous les poncifs les plus éculés du marxisme traditionnel sur le terrain de la théorie du capital (lecture classiste consubstantielle au sociologisme marxiste, prolétariat comme sujet révolutionnaire, etc. » C'est sans surprise que Homs évite le fond de l'argumentation d'Astarian

le valeureux Roland dit ce qu'il pense de la « décomposition » automatique du capital et sur le point soulevé, il me semble avoir raison, en tous cas avec Marx contre la secte Homs, Valeur & Cie

concernant la communisation, un passage a attiré mon attention :

« C’est cette incapacité de certains « communisateurs » de voir que les limites du « programmatisme » sont déjà contenues dans le marxisme traditionnel quant à sa théorie du capital, qui les laisse à mi-chemin, à la fois un pied en dehors et un pied à l’intérieur du marxisme traditionnel. En-deçà même de Jacques Camatte en tout cas, qui au moins sur certains aspects limités avait rompu avec le marxisme traditionnel quant à la théorie même du capital[9]. Le courant post-ultragauche qui a pris pour thème aujourd’hui la « communisation », n’a finalement toujours fait qu’opérer (à partir des années 60-70) une 'rupture dans la théorie de la révolution' (ce qui est déjà pas mal) à l’intérieur même du cadre restait inchangé d’une théorie du capital pieds et poings liés dans le marxisme le plus traditionnel. »

les "communisateurs" voient bien, par définition, les limites du « programmatisme » initié par Marx dans sa conception de passage par étapes au communisme, mais il est vrai que cela ne se rapporte pas à sa « critique de l'économie politique ». Quant à la « théorie du capital » du « marxisme traditionnel », c'est un peu vague. Pour ma part, je ne vois pas les limites du Capital, le livre, directement liées au « programmatisme ». Tout dépend comment on lit Marx. On lui fait tout dire et son contraire, ce dont ne se prive pas la Wertkritik, dont la lecture est des plus sélectives

à propos de Camatte, Homs développe en note 9 des aspects dont certains me dépassent faute de connaissances, mais ses remarques sont très réductrices et ne portent pas sur ce qui m'intéresse dans l'œuvre de Camatte, à propos d'une histoire plus longue et des perspectives d'évolution du capital et de l'humanité vers la Gemeinwesen. S'attaquer à Camatte, cela suppose une vision et une connaissance un peu plus large du temps et de l'espace que celle que développent les théorisations communistes en général, pour autant que la Wertkrtitik relève encore du communisme

j'en partage néanmoins la chute : « La communisation reste encore une révolution théorique inachevée.» que je prends comme un hommage du vide à la vertu, ou un hommage à la vertu du vide, car si j'ai parlé d'apories, c'est qu'il y a matière à combler dans le chantier permanent. C'est en ce sens que j'inscris toujours mes considérations sous le concept de communisation, étant assuré que mes critiques à la communisation (courant traditionnel ;-) n'ont pas grand chose à voir avec celles de Homs ici

RS conclut : « La limite du capital à lui-même, c’est l’exploitation, c’est la bête, triviale, primaire et sordide lutte des classes qui n’est pas un « éternel retour du même ». Les classes n’ont pas à « intervenir » (comme le pose Clément Homs dans un bal accès de marxisme « primaire » et « traditionnel »), elles sont l’existence même de la contradiction interne et de la barrière.»

j'ajouterai que si les classes n'ont pas à «intervenir», les communistes oui, qu'ils le fassent par des théories, des idées ou des luttes, c'est un tout, des théories qui ne le font pas ne sont pas des théories communistes. Voir communisme, banalités de base, aux enfants de ma lectrice

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la communisation n'est qu'une hypothèse

Communauté des Êtres Vivants : réflexions préliminaires / révolution pour trans-humanité ?

il ne serait pas sérieux de faire, non pas comme si la révolution était ou non «inéluctable» - problématique interne à la théorie de la communisation -, mais comme si elle était la seule issue possible au capitalisme, qu'on la voit positive ou négative

toutes les réflexions posées dans les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution reposent sur une seule hypothèse, et cette hypothèse elle-même sur trop peu pour qu'on en fasse l'unique planche de salut

depuis quarante ans, rien n'a donné tort à Camatte et pas grand chose raison aux 'communisateurs' : où va-t-on ? Il convient aussi de prendre le problème par l'autre bout, et de voir si les deux se rencontrent : il nous faut approfondir la question, et ce travail n'est pas possible dans le cadre étroit imposé par la perspective d'une révolution communiste quelle qu'elle soit, si les présuppositions de sa théorisation ne sont confirmées qu'au prix de restreindre notre champ de vision qu'à ce qui le permet, dans une tautologie réductionniste

il vient un moment où toute théorisation ne repose plus que sur un raisonnement par l'absurde, un besoin de combler un manque, de croire en un avenir meilleur. Il y a plus de foi dans l'hypothèse de la communisation que dans la réflexion de Camatte sur l'existant

je poursuivrai donc ma recherche concernant l'hypothèse communisatrice dans le cadre de ses présupposés, mais d'autres aussi, car je ne suis pas l'homme d'une foi

 

25 mars

utopie, mon cul ! on a les rêves et le 'marxisme' qu'on mérite

ma lectrice connaît le chemin de la jeune Revue Période qui propose nombre de textes du plus haut intérêt théorique pour les pistes ici proposées. Je choisis celui-ci pour être justement le plus éloigné de ce que je trouve fécond, parce qu'il pose la question éternelle de l'alternative réalisme vs utopie, et qu'il ne sait pas la dépasser, ni comme Marx, ni comme la théorie de la communisation depuis quarante ans

Une nouvelle interprétation du Capital par Fredric Jameson Revue Période Traduit de l’anglais par Nicolas Vieillescazes. Article paru initialement dans la revue Mediations.

Dans cette intervention, Fredric Jameson se propose de lire le Livre I du Capital de Marx comme un véritable récit. Face aux énigmes de la production capitaliste, une enquête minutieuse fait apparaître une série de solutions, qui débouchent toutes sur un nouveau problème. Comme souvent chez Jameson, dialectique et narration se rencontrent et se fécondent mutuellement. La conséquence de cet examen est de repenser la radicalité du Capital à partir de ses élans utopiques et de sa soustraction à la politique au sens étroit du terme. Contre toute réconciliation dans l’Utopie, le communisme du Capital est « l’inimaginable accomplissement d’une alternative radicale dont on ne saurait pas même rêver »

conclusion

Je réidentifierai cette idée avec l’une des prémisses de la tradition marxiste : la distinction entre les deux stades de la révolution sociale, ou, si l’on préfère, entre la « dictature du prolétariat » (que j’interpréterai comme social-démocratie) et le communisme en tant que tel. On aura compris, à présent, que cette distinction entre le politique et l’économique, entre l’Utopie réalisable des planificateurs utopiques et l’élan utopique profond, inconscient et absolu coïncide avec la différence entre le moment social-démocrate et le moment du communisme. On ne peut poser le communisme que comme une coupure radicale, voire inimaginable ; le socialisme est par essence un processus politique interne à notre présent, à notre système, autrement dit au capitalisme. Le socialisme est le rêve d’un système capitaliste porté à sa perfection ; le communisme, l’inimaginable accomplissement d’une alternative radicale dont on ne saurait pas même rêver.

Si donc l’Utopie est ce qui nous permet de prendre conscience des limites absolues de notre pensée actuelle, alors telles sont les limites et telle est la contradiction à quoi nous sommes désormais en mesure de faire face. Je l’ai décrite ailleurs comme une contradiction l’Utopie et la Raison cynique. Un slogan en découle presque automatiquement : cynisme de l’intelligence, Utopisme de la volonté !

pour le peu que j'en ai lu et compris, je ne suis pas un grand amateur du marxisme de Fredric Jameson, peut-être parce que ses travaux ne portent pas directement sur des considérations bassement combatives de la lutte des classes... J'avoue même sortir mon matérialisme primaire dès que je vois pointer l'utopie, dimension subjective du désir révolutionnaire que je rapporte prosaïquement et peu freudainement au problème de la subjectivation révolutionnaire, de l'auto-transformation des individus et du prolétariat, de «l'auto production psychologique» (Flav) de tempéraments de lutteurs et lutteuses communistes d'où qu'ils sortent

«cynisme de l'intelligence ?» pourquoi pas ? Avec Diogène le chien et même parfois Cioran... La nécessité de regarder les choses en face nous y contraint parfois avec une froideur apparente, ou une pudeur à faire part de nos sentiments partagés entre réalisme et volonté de passer à un autre monde...

c'est pourquoi la formule de Jameson « l’inimaginable accomplissement d’une alternative radicale dont on ne saurait pas même rêver » me dérange vraiment, car je ne vois pas où y investir un « Utopisme de la volonté »

à lire ces mots de conclusion, il n'y a pas le début d'une réflexion sur l'impossibilité d'une sortie du capitalisme par grande étapes intermédiaires, autrement dit le saut théorique accompli dans les années 1970 du programmatisme à la communisation, et Jameson se perd dans une alternative entre supposé réalisme socialiste (pardon) et utopie radicale communiste, d'où l'impasse de ce débouché sur l'utopie d'un rêve qu'il se refuse. Tant pis pour lui

pour moi, l'alternative radicale au capitalisme est une production des luttes dans la crise du capital. Point barre. Savoir comment ça peut se produire et y contribuer d'une façon ou d'une autre est notre problème de communistes. Le reste est un quelque peu littérature, mais c'est justement la spécialité de Jameson...

du point de vue de la lutte de classes, j'appelle ça prendre un canon pour masturber une mouche

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Communisation 'troisième courant' 2015 esquisse de définition et de problématique 09:34

restructuration consécutive des pages concernées

3.2. les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution 

24 mars

mise au point relativement à RS et Théorie communiste 22:21

le dépassement à produire d'une singularité théoricienne comme contrainte intérieure à la théorie de la communisation

naturellement, ma lectrice sait, mais le lecteur empressé se dira comme les concierges habituels du milieu : - voilà RS et pepe chef de son service d'ordre  habillés pour l'hiver. Tsss... l'hiver est passé et l'individu Roland Simon voit son cas personnel et les limites de l'activité du groupe Théorie Communiste : elle les confronte à leur échec. Quant à pepe, passons, il ne voit pas grand chose de son in-suffisance et de sa vanité castratriste. Ce qu'il a retardé ? le diable est un détail de cette histoire. Sans ce que RS m'a apporté, dieu sait où j'en serais... 

ouvrir une nouvelle période de la théorie communiste

il s'agit de pouvoir à présent théoriser la communisation de façon libre et ouverte, ce qu'empêche la figure tutélaire de celui qui depuis trois à quatre décennies prétend formuler à lui seul « la théorie communiste adéquate à l'époque », dans son entonnoir d'une formulation impersonnelle néanmoins signée (ou pas on reconnaît son style entre 7 milliards), où RS tient les autres pour des fournisseurs anonymes d'idées qu'il ne saurait avoir lui-même. Autrement dit, aux yeux de qui en a encore, dans le milieu, une considération globalement positive, et de qui alentour croirait prouver partant de TC la sclérose théorique du concept de communisation, il s'agit d'ouvrir une nouvelle période de la théorie communiste et pour cela faire tomber RS de son piédestal... pied de stal ?

le communisme n'aime ni sentir le renfermé, ni puer le rance et la rancœur

soyons clairs, chère lectrice, vous en serez d'accord : il est ici question de tout autre chose que des radotages de Jacques Wajnzstejn pour qui "La communisation n'est pas un long fleuve tranquille" (il vaut être un long fleuve qu'un ruisseau court et assez chiant), autre chose que les critiques à ras-des pâquerettes d'un André Dréan ou d'un Claude Guillon et autres gagne-petits-bourgeois anarchisants du landerneau de 3ème âge, autre chose que les resucées de base désespérantes d'un Gilles Dauvé, autre chose que les polémiques dans la concurrence stérile entre RS et Bruno Astarian depuis des décennies : pour aboutir à quoi ? Contre l'indigestion à la nausée, foin de tous ces égo-gérés

j'invite donc qui veut sortir de cette impasse pour avancer en communiste à parler ou agir de façon responsable, en évitant d'utiliser mes déballages en idiot utile de la reconduction du même, en s'épargnant la fausse critique des sarcasmes et l'ironie de bas-étage, aveux d'une incapacité à produire une conception positive et actuelle de la critique communiste comme combat de classe sur le terrain des idées

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individu, individualisme, individualité... quelles abolitions et quelle production communiste d'inter-subjectivité 18:43

retour à Flav, dont j'ai souligné l'intérêt des questionnements conceptuels dans la limite d'un langage dialectico-structuraliste proche de Théorie communiste dont il reproduit les apories (plus bas 22 mars) et le risque qu'il prend après tant d'autres de servir la soupe pour se retrouver gros Jean comme devant

remarques partant de Flav quand il réunit sans aller plus loin « l’abolition des classes et de l’individualité » (dndf 22 mars)

Lucien Sève, rejetant le structuralisme d'Althusser et l'humanisme théorique, est peut-être personnaliste, mais il prend soin de distinguer l'individu du capital et l'individualité à produire par le communisme. Il le fait dès Marxisme et théorie de la personnalité en 1969, qu'il autocriquera avec Je - Sur L'individualité, Approches Pratiques, Ouvertures Marxistes en 1984, puis Penser avec Marx aujourd'hui. II. L'homme ? en 2008

intersubjectivité, l'identité et les autres: « Je suis des autres »

je ne l'ai pas tout lu, notamment Pour une critique de la raison bioéthique, en 1994, où il critique « la vision abstraite d'un sujet isolé, à la fois théoriquement insoutenable et pratiquement réductrice, à quoi l'on a raison d'opposer qu'il n'est point de sujet sans intersubjectivité »

à mon sens, c'est cette notion d'intersubjectivité qu'il faut approfondir. Il y a d'abord, dans le capitalisme, du rapport de Je à l'Autre, à tout autre et particulièrement quand l'autre est défini, essentialisé par son appartenance à une autre identité qui n'est pas celle de son "Je" à lui, mâle blanc occidental : femme, autre 'race', autre lieu que le sien, que ce soit l'Occident et sa culture*

* l'Occident et sa culture ou d'autres points de vue ethnocentrés, qu'on retrouve dans le Japon xénophobe même avant son occidentalisation, ou en Chine sans occidentalisation culturelle pour l'heure, mais la Chine n'a pas encore subsumé le monde sous sa culture comme le capitalisme occidental depuis l'existence de ce mode de production-reproduction. Quant à l'Afrique, elle est encore culturellement entre-deux, et tout un chacun parlant avec des Africains récemment immigrés peut en faire l'expérience inter-subjective

il est clair qu'entendre le dépassement à produire des identités comme dépassant et passant par la reconnaissance de l'identité prolétarienne comme transitoire « contrainte extérieure » n'est pas faux, mais ne sort pas d'un schéma final, qui ne nous apprend pas grand chose sur les processus de désubjectivation ou de subjectivation révolutionnaire de la crise à la communisation, et donc sur leur compréhension actuelle

j'ai engagé une réflexion de longue date sur la construction du "Je" par les autres dans la formule « Je suis des autres » dépassant le Rimbaut de « Je suis un autre », et récemment signalé Marx, philosophe de l'intersubjectivité, du Libanais Jad Hatem, en 2002

j'y vois la préfiguration d'une individualité dépassant ce qu'a pu en dire Sève, sans poser la nécessité comme Flav d'une « abolition de l'individualité ». L'être humain, jusqu'à preuve du contraire, se définira toujours par un corps séparé physiquement de celui des autres, du moins tant que le trans-humanisme du capital ne produira pas des collages de monstres bio-technologiques

un peu de poétique nous éloigne de la communisation, beaucoup de poétique y ramène

la théorie de la communisation doit être faite par tous, non par un

l'enjeu en est tout à fait actuel, ne serait-ce que sur le plan de l'élaboration théoricienne. Je ne considère pas possible, même avec tout le génie du monde, d'écrire une théorie à une seule main

c'est pourquoi je m'efforce, dans ma solitude individuelle, de donner toute leur place à d'autres penseurs, à la manière dont Lautréamont, expert en détournement bien avant Debord, disait : « La poésie doit être faite par tous, non par un », phrase qui a été au fond et dans la forme de ma poésie* et de mes travaux plastiques à la fin des années 80 et au début des années 90. Ma « cohérence » perso, si l'on veut, qui annonçait il y a 25 ans cette dimension quant au dépassement des identités d'un « troisième courant de la communisation » dont je ne connaîtrai le concept que 15 ans plus tard

* Livredel 1988-1991, présentation de 2004 « Le but était de dépasser, en l'assumant jusqu'à faire disparaître l'écriture individuelle, le statut d'écrivain, qui reconstruit le monde -son monde- dans son miroir, devenant alors une sorte de metteur en scène d'écrits qui semblent s'imposer à lui. Le titre, qui peut se lire LIVRE-DEL (delate) traduit cette contradiction jusqu'à l'auto-destruction »

discussions sur la communisation 'le déjeuner sans l'herbe...' peintures 1991

la « calligraphie » est la répétition brouillée en quatre directions de la phrase de Lautréamont « La poésie doit être faite par tous, non par un »

discussions sur la communisation 'Lénine-Matisse AR' peintures 1989-1992

étude 'la poésie doit être faite par tous, non par un' 3 juin 1992, peinture sur toile préparée 40 x 40 cm

la phrase de Lautréamont est écrite au pinceau, 4 fois en sens différents, avec 3 couleurs (bleu, jaune, rouge), qui se mélangent si l'on va assez vite avant qu'elles ne sèchent. En haut même principe typo encre noir

discussions sur la communisation 'peinture à l'œil' 1993

'la poésie doit être faite par tous, non par un' n°14, 15 septembre 1993, pigments et transfert typo sur toile 40 x 40 cm

ici la phrase est tapée sur papier et photocopiée avec des agrandissements divers avant d'être transfére dans la toile à la manière d'une décalcomanie mécanique colle et frottage, sans produit chimique

dans ces approches 'artistiques', on peut saisir l'unité insécable de la forme et du contenu, comme métonymie ou métaphore de cette intersubjectivation, de cette créolisation de soi par les autres, pour le dire avec le concept d'Édouard Glissant

désolé pour qui n'y voit, tel le fat et fade et faux poète Jacques Guigou, qu'une « prétention de Patlotch à poétiser la révolution » : un peu de poétique nous éloigne de la communisation, beaucoup de poétique y ramène

mais je ne vois pas où se trouve la nécessité pour abolir le capital d'abolir l'individualité, sauf si l'on en a déjà et comme par avance une conception étroite, qui doit plus à l'individu du capital en version théoricien communisateur, qu'au dépassement auquel il prétend apporter sa contribuation... individualiste ?

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la communisation comme dépassement de l'humanisme philosophique 16:00

voir mes remarques sur le trans-humanisme, le post-humanisme, leurs critiques communisatrice et d'extrême-droite catholique, à la lumière de l'actualité de l'usine à bébés et des manipulations génétiques :

bienvenu dans le monde de la bombe H+ ou l'abolition de l'être humain par le capital (H+ est le symbole du trans-humanisme)

critique du post-humanisme : communisation et néo-fascisme à fronts renversés

la critique du post-humaniste est faite tant par le "communisateur" christique Francis Cousin (voir plus bas 28 février-12 mars) que par ses amis de l'extrême droite bourgeoise catholique (Lucien Cerise, voir Transhumanisme : L’idéologie dominante 20 septembre 2014). Mais elle se fait à fronts renversés : voir la critique de droite catholique du livre de Cousin, "L'Être contre l'Avoir", par Alain Santacreu dans Virer Debord et Marx par-dessus bord (texte au demeurant pertinent quand il pointe l'optimisme de Cousin relativement au prolétariat européen révolutionnaire*),  et la réponse de Cousin : Virer par-dessus bord tout ce qui n’est pas le mouvement réel de l’histoire pour enfin saisir l’histoire réelle de ce mouvement

« Je ne peux  suivre l’auteur dans son analyse de la stratégie immigrationniste du système marchand qui viserait à “substituer au prolétariat offensif de la vieille histoire européenne, la diversité docile des multiples différences prosternées devant la loi du pécule.”. Certes, l’auteur souligne fort justement que les populations immigrées, étant issues de “temporalités non-critiques, de par l’essence même de leurs histoires immobiles” sont ainsi davantage passives et manipulables par le Capital. Cependant, je crains qu’il ne s’illusionne sur la capacité offensive d’un prolétariat dont l’élite révolutionnaire a déjà été purgée depuis longtemps, notamment en France, par la première guerre mondiale – ce qui permit la prise de pouvoir, en 1920, des syndicalistes moscoutaires au Congrès de Tours – et en Europe, particulièrement en Espagne, par la Deuxième guerre mondiale – dont la guerre civile espagnole de 36-39 fut le véritable déclenchement.

Je ne partage donc pas la crédulité révolutionnaire de Francis Cousin quand il prophétise que le “temps des grandes fractures qui approchent et qui verront sûrement les assemblées ouvrières de la contestation intransigeante – pour s’opposer aux délocalisations ininterrompues et à la dévoration financière de tous les espaces sociaux de la circulation – envisager de s’insurger contre la misère marchande." Selon moi, dans l’univers concentrationnaire contemporain, il n’y a plus d’évasion horizontale possible, les prisons multiformes ont pris la mesure de tout. Nul ne peut s’évader désormais que par le haut, le Hors-Mesure Je n'ai pas saisi ni trop cherché ce que cet ultra-catho bourgeois entend par "Hors-mesure"

au passage nos amis de la communisation apprécieront du Cousin communisateur le conseil... ouvrier : « Assurément, il faut lire et relire Anton Pannekoek, Paul Mattick et Otto Rühle en se rappelant toujours que le communisme n’est rien d’autre que le plan de vie de l’espèce humaine émancipée de toutes les matérialités échangistes et policières de l’inféodation aux règles des hiérarchies du calcul

dépassement de l'humanisme philosophique et de la religion de l'Homme

si j'ai pu moi-même utilisé le terme de post-humanisme, c'est dans un sens différent, celui d'une conception du monde dépassant l'humanisme philosophique, et en ce sens elle rejoint la lecture de la Gemeinwesen de Marx par Cousin parlant de Communauté de l'Être. Tout cela nous rapproche de Jacques Camatte et nous éloigne de Temps Critiques dont l'humanisme philosophique produit la sa théorie de « la révolution à titre humain »

nous avons ce sens anti-humaniste dans un entretien avec le philosophe japonais Idetaka Ishida, à propos de religion et d'athéisme :

« Alors, est-ce que l'athéisme doit avoir pour unité ou pour fondement une figure de l'homme ? Ce n'est pas sûr. Donc, si l'on milite en faveur de l'athéisme, il faut chercher d'autres formulations de l'athéisme. Il faudrait aussi se passer de catégories humaines, arriver à un anti-humanisme athée. » journal extime 25 janvier

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23 mars (mis à jour 24 mars 20:23)

l'appel du large maj 24 mars 16:00

faire vivre le troisième courant théorique de la communisation

« Je n'ai pas d'ennemis : l'enfermement s'abolit » Jacques Camatte

assumer la rupture dans la théorie de la communisation

pourquoi me plaindre ? Et que reprocher, au fond, à qui m'ignore ? N'est-ce pas, paradoxalement, preuve de leur reconnaissance de points foncièrement incompatibles ? Eux refusant le débat ne nuisent qu'à leur réputation de sérieux d'abord, à la « saine émulation » et aux « bonnes controverses » ensuite. L'essentiel n'est-il pas que les pistes que je propose fassent leur chemin d'une façon ou d'une autre ? N'est-il pas préférable pour la théorie même et la communisation qu'un « troisième courant théorique de la communisation » représente une rupture avec la post-ultra-gauche ethno-centrée et rivée au renversement éternel du programmatisme prolétarien, dans une conceptualisation sans effet aucun pour le mouvement du communisme au présent, en tant qu'il est lutte de classes ? N'est-il pas préférable de faire vivre ce courant de façon positive et ouverte comme je l'ai toujours souhaité, plutôt que marcher avec leurs semelles de plomb ?

« Dans cette contradiction, toute production théorique est TC, mais TC doit séparer le vrai du faux tout en considérant le faux comme partie intégrante de sa théorie. Ainsi Dauvé, La Matérielle, Aufheben, l'autre courant de Meeting, cette critique même, etc. sont pour TC du TC. TC se retrouve comme l'Idée Absolue qui est la totalité et son aliénation pour se retrouver. Pour TC cette critique même sera du TC en mouvement.» Daredevil 2007 cité dans TC 'Théorie Communiste' : fin de partie truquée

en prendre acte : s'il n'y a pas de débat, c'est qu'il n'y a pas d'enjeu possible en dehors de leur motivation au débat : tout ce qui les a toujours intéressés, c'est de prendre ce qui permet de bétonner leur corpus afin qu'il soit dans sa cohérence théorique inattaquable : c'est raté. Le débat doit pour eux avoir lieu sur la base de leur corpus comme celui détenant la vérité, et la fin justifie les moyens jusqu'à l'absurde "non-censure". Jusqu'à preuve du contraire, c'est le rôle dont après moi et le Québecquois Amer Simpson* hérite aujourd'hui Flav : servir la soupe (d'où profil bas et patte blanche chez pepe en attendant son tour)

* Amer Simpson un «proche» mouché en janvier 2014 par RS dans « le sexe sans excès » et depuis disparu du milieu virtuel, où l'on trouve dans la folie de langage structuraliste dont RS a le secret cette insulte théorique des plus ineptes à mon endroit : « Chez Patlotch, une seule chose existe : l’individu sub­sis­tant par et pour lui-même, mais c’est alors le consi­dé­rer comme quelque chose de natu­rel. » et tout "l'humour" dont RS est capable :« Patlotch, quant à lui, pré­fère la Col­lec­tion Arle­quin à la Série Noire [Amer Simpson]». Texte, on l'aura compris, dans lequel Simpson et moi ne sommes que prétextes à enfoncer le clou de la critique de RS à Delphy et son Patriarcat comme «ennemi principal». C'est le plus facile et somme toute très classiquement "marxiste", comme critique du féminisme radical anti-patriarcal, de ce marxisme aveugle à la dimension raciale de la question classe-genre, dont TC reconnaît par ailleurs la fécondité théorique dans ses notes de lecture sur le Black Feminism. C'est dire que même pour TC, son articulation classe-genre n'est pas satisfaisante. Je n'attends pas, moi, des excuses, car je sais bien que RS ne lit pas davantage de romans noirs que littérature de femmes, donc compassion pour, à son âge, être aussi prisonnier de lui-même

tu tournes en rond, mon pauvre Patlotch : pour ne pas « être du TC », il te faut assumer la rupture

deux mouvements inversés entre luttes et théorisation : transformer le monde ou le transformer en théorie ?

les mouvements chez eux et chez moi sont comme inversés : il leur faut donner une forme théorisée jusqu'à ce qui clairement n'en a pas besoin pour ceux qui luttent, puis se demander comment l'exposer, en espérant quand même atteindre ceux qui luttent, comme dans le rapport ancien théorie-pratique, dont bien sûr ils veulent se démarquer, en expliquant théoriquement ce qu'il n'est pas : c'est à devenir fou. Pour moi, il n'y a pas à monter en abstraction quand ce n'est pas nécessaire pour comprendre, et je n'ai donc pas à redescendre sur une terre que je n'ai pas quittée, je n'ai rien à exposer, cela s'expose de soi-même dès la construction empirique, la formulation plus théorique ne visant qu'à établir le lien dans ce langage avec la théorie existante. Mais évidemment, ma manière impressionne moins ceux qui sont fascinés par le niveau d'intellectualité de l'exposition, d'autant plus fascinés qu'ils la comprennent moins et ne voient pas ses apories ni le caractère auto-contradictoire de sa pratique théorique

c'est pourquoi une mises à jour théorique actuelle ne peut littéralement pas sortir du petit cercle des initiés, ou seulement avec les utilisations dont ils refusent de reconnaître qu'ils en sont largement responsables. C'est un cercle vicieux. Ensemble ils croient que la forme théorique donne un plus, parce qu'au fond, ils ne savent faire que ça depuis que l'ultra-gauche historique, celle qui avait encore un lien avec les luttes, est morte. Ils sont prisonniers de leurs habitudes de jeunesse depuis 1968 et la décennie suivant de leur "rupture dans la théorie de la révolution" à responsabilité limitée

l'enfermement s'abolit, mes ennemis ne sont ni des théoriciens ni des théories, mais ma propre impatience et mon manque de confiance

trop d'impatience, chaque chose en son temps. Si mes analyses et hypothèses se confirment, il y a tout intérêt à ce qu'elles ne soient pas confondues avec ce qui auto-produit la sclérose théorique du courant communisateur français et de ses adeptes en Europe. Plus je les montrerai dans leurs différences avec ce courant déclinant, plus elles y seront rattachées : on a toujours à voir avec ce qu'on critique. Plus leur refus se fait connaître pour ce qu'il est, plus il donne de la valeur à mes thèses 

Communisation est le nom d'un concept à faire vivre dans ses variantes. La chance est bien mince qu'un renversement théorique surgisse d'où il est rendu improbable voire impossible, et si les frémissements chez RS ou Flav ne portent pas sur l'essentiel qui fait mes désaccords, pourquoi s'obstiner et perdre mon temps à écrire une misère de la théorie ? La théorie française de souche a la vie dure...

une impossible ouverture conceptuelle consubstancielle à leur forme séparant théorisation et exposition

même s'ils étaient d'accord, ils ne pourraient pas l'introduire dans leur forme de théorisation et d'exposition sans en faire un salmigondis incompréhensible et vidé de vie comme d'intérêt pour les luttes : le paradoxe est que leur façon ne prête qu'à être schématisée pour militer à coup de citations comme la vulgate marxiste, elle ne supporte aucune reformulation dans un autre langage que le leur, aucune «bonne» vulgarisation. En un mot, ils sont auto-coincés. Laissons les vivre et mourir de leur mort annoncée

je dois tabler patiemment sur le renversement d'intérêt pour mes considérations théoriques, qui commence à produire ses effets ailleurs que dans leurs discussions à l'étroit, sur lesquelles je suis par trop focalisé

ne pas subsumer l'enjeu communiste sous l'enjeu théorique

le seul problème à conserver le nom de communisation serait que le concept en soit réduit à leur compréhension strictement post-prolétarienne - ce qui explique aussi qu'ils préfèrent écarter toute menace extérieure à leur dogme : mes thèses ne sont-elles pas claires sur ce point ? Pour le reste, m'enfermer dans une concurrence sur le seul terrain de la théorie séparée serait en contradiction avec tout ce que j'ai soutenu et notre conviction partagée que le dénouement ne se jouera pas sur le terrain des idées, mais dans le cours de la crise et des luttes

discussions sur la communisation

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la communisation comme secteur de recherche : une analogie

concurrence, jalousie, haine entre chercheurs

on rencontre ces qualités dans tous les secteurs de la recherche, et les théoriciens de la communisation n'y échappent pas, proches d'être des chercheurs spécialisés en "communisme". Deux exemples,

le premier tiré d'un petit Traité écrit en 1802 par Karl Gottlob Schelle, philosophe allemand né en 1777, ami de Kant. Professeur des langues ancienne à Halle en 1800. Il s'inscrit dans le courant dit de philosophie populaire qui, fin XVIIIe début XIXe veut sortir la discipline du ghetto universitaire et illisible dans lequel elle étouffe. Pour ce faire, propose de réconcilier l'exercice philosophique et les préoccupations quotidiennes

promenade et botanique

discussions sur la communisation discussions sur la communisation

le second à propos de l'histoire de la psychanalyse, Promenades autour du symbole psychanalytique : La découverte : acceptation, rejet, récupération et assimilation

Un auteur dont j’ai perdu la trace a écrit que la découverte nécessitait de la part du savant un talent particulier, beaucoup de travail et de la chance. Il suffit que l’un des ingrédients manque pour que la découverte échappe au chercheur. Le rôle du travail et du talent est évident, mais celui de la chance est moins reconnu. Pourtant, on peut trouver quelque chose, se rendre compte de son importance et ne pas trouver d’écho à son époque tandis que c’est plus tard qu’un autre le (re)trouvera. On peut également trouver par son propre chemin un élément dont on s’apercevra ensuite qu’il a déjà été découvert et qu’il est lié au nom d’un autre chercheur. Il y a donc beaucoup d’appelés et peu d’élus. Cette réalité explique en partie la jalousie entre chercheurs, l’envie à l’égard des trouveurs et la haine qui entoure souvent les novateurs

Une trouvaille est d’autant mieux tolérée qu’elle ne remet pas en cause la configuration d’ensemble d’une discipline. Or, la dernière partie de l’œuvre de Ferenczi, comme celle de Rank, nécessitaient de repenser des pans importants de l’édifice freudien. L’œuvre de Melanie Klein était elle aussi révolutionnaire – elle a d’ailleurs suscité des controverses passionnées –, mais elle n’a pas remis en cause la primauté donnée par le deuxième Freud à la vie fantasmatique et s’est appuyée formellement sur la dernière théorie freudienne des pulsions (pulsion de vie et pulsion de mort). L’article « L’écorce et le noyau » et, quelques années plus tard, la série de conférences et d’articles qui a précédé la publication du Verbier de l’Homme aux loups ont proposé aux psychanalystes français de repenser la clinique et la théorie freudienne dans son ensemble. C’était trop leur demander d’un seul coup. La minorité capable de comprendre la portée de ces travaux s’est rapidement divisée en deux : un petit contingent de penseurs rigoureux et d’amis fidèles des auteurs, même s’ils ne partageaient pas toutes leurs idées ; un plus fort contingent d’analystes animés par une envie haineuse, qui ont saisi l’occasion d’un malheur familial pour tenter de déconsidérer Nicolas Abraham. La majorité, qui ne comprenait pas ce qui se passait et plutôt peureuse, a suivi les leaders reconnus, comme dans tous les groupes humains. C’est l’occasion de redire qu’en dehors de leur compétence professionnelle spécifique, les psychanalystes, comme les curés, les instituteurs et les juges, ne sont pas plus vertueux que la moyenne de la population dont ils sont issus

 

22 mars

de la valeur d'usage de la femme de non-couleur dans le milieu de la communisation, dans la pratique théorique de RS (Roland Simon) et Bernard Lyon (BL) pour Théorie Communiste 22:57

mise à jour d'un précédent commentaire ci-dessous 21 mars 

la double contradiction classe-genre n'épargne pas ses mâles inventeurs, mais cachons cette non-race que "nous" ne saurait voir

droits dans leurs bottes de non-lieu...

quand Nesic soutient que « la sclérose théorique, le mouvement communisateur ne s'en débarassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain », songeons sans trop d'optimisme à la capacité de TC de tenir droit dans ses bottes pendant quarante ans sans dire un mot du féminisme, laissant entendre ce qu'il en pensait, et tout soudain se réveillant 40 ans plus tard pour sortir la lapine de son chapeau structuralo-magique, on allait voir ce qu'on allait voir, Simon 10-Delphy 0, le patriarcat à plate coutûre et Pepe communsateur à genoux devant la grande bougeoise Simone de Beauvoir, 70 ans après « on ne naît pas femme, on le devient. ». Il n'est jamais trop tard pour, mais bon, on a surtout vu de quelles femmes de quelles couleurs il s'agissait de ne point parler, au nom du prolétariat et du genre qui s'auto-abolissent : théorie lisse et blanche sur elle ne mange pas de pain et n'a pas ses règles

l'instrumentalisation à l'insu de son plein gré de la femme de non-couleur mis à jour 22 mars 22:39

autant dire que ça peut durer ce que durent les vieux cons, l'espace d'une fin de vie. À moins qu'un membre (sic) de Théorie communiste ne tombe amoureux - pour succéder à Chloé « qui a tout ce qu'il faut là où il faut » dixit une éminent membre (resic), la « camarade mais femme » qui fit doublement les frais de son amitié pour Christine Delphy et de l'opération opportuniste de Théorie Communiste avec SIC, etqui s'en prit plein la gueule lors du Summer Meeting grand-breton entraînant la fin de SIC, Revue internationale pour la communisation (comme on dirait Revue non-nègre), sur le montage classe-genre du théoricien qui espérait se diffuser en manipulant le milieu activiste -via Denis/Léon de Mattis. On attend l'autocritique sincère et véridique histoire de la rupture dans la pratique théorique des manigances héritées de l'ultra-gauche pour le pire

rien trop à espérer, à moins qu'une membre de Théorie communiste ne tombe amoureux d'une 'Arabe', ou d'une 'Négresse', ou d'une Rrom pourquoi non, autrement dit d'une « Femme de couleur », ou dans mon langage qui n'engage que moi, d'une Indigène, indigeste de la théorie de la communisation. On verrait alors ce qu'on lira si, comme dit le poète, la femme est l'avenir de l'homme

PS : mon salut amical à Chloé, dont je n'ai pas de nouvelles

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les mots pour le dire

« Ma lectrice, elle, n'est pas dupe, futée elle puise à la source. Elle ne moufte pas, mais ne veut pas passer pour une conne. Elle attend l'heure de participer ouvertement au grand remplacement théorique dans la communisation. » Le Prophète, Blasflemme 84, an 2015 d'avant la communisation

théorisation et exposition, attention à la conceptualisation montante qui ne sait pas redescendre 20:41

retour sur le caractère « théoriste » de "Théorie communiste" / être attentif à tous les aspects de la théorisation et à sa possibilité de servir à d'autres que nous-mêmes / le peu de connaissances au-delà de la culture littéraire et de ses catégories occidentales (philosophie, histoire, sociologie...) / des spécialistes en communisme étroit, ou le pendant des "experts" du capital ? / l'indispensable ouverture pluri-"disciplinaire" / le manque de culture scientifique et technique et en sciences du vivant participe des faiblesses de la critique communisatrice du capitalisme réel, comme le langage très spécial de sa formulation técéiste : un réductionnisme culturel étonnant pour des connaisseurs de Marx et des héritiers de Pannekoek

il n'est pas sans conséquences lourdes, pour la théorie de la communisation [...] par le langage encore la fermeture à soi d'un milieu auto-référentiel : mariage consanguin pour gogols militants ?

une illusion est de croire que portant tous ses intérêts à la théorisation communiste, jusqu'à en faire un «métier», on théorise mieux que les autres le passé, le présent et l'avenir. Les grands théoriciens du communisme étaient largement plus ouverts et cultivés que ne le montrent ceux de la communisation, et ce sont les eux* qui demeurent aujourd'hui féconds, alors... qui vivra verra

* je ne féminise pas les mots, mais je n'oublie pas Clara Zetkin, Rosa Luxembourg ni les théoriciennes féministes y compris celles du Black Feminism, ni la place des femmes dans la critique marxiste subalterne

évidemment, moins on connaît de choses, plus on croit tout savoir, et de so called "marxistes" n'ont pas fini de se ridiculiser en pensant tout résoudre avec « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, n'a été que l'histoire de luttes de classes » (Le Manifeste), jusqu'à cette ineptie d'un membre de Théorie Communiste : « L'histoire de l'intime jusqu'à nos jours, n'a été que l'histoire de luttes de classes »

à l'étroitesse d'esprit et d'intérêts dans la théorie correspond adéquatement l'infertilité et le sectarisme et le rejet des autres dans la discussion, comme il étend la possibilité d'une utilisation activiste ou militante par des jeunes qui croient découvrir la lune ou inventer le fil à couper le capital

suite à propos du nouveau chez Flav

il est possible que Flav, parlant de ses « concepts propres» sans évoquer les miens dont ils semblent parfois inspirés, ne m'ait pas lu. Je ne lui en tiens pas rigueur, car au contraire, cela n'en donnerait que plus de force à ce qui est commun à nos considérations, comme produit par l'époque. Mais quoi de plus ou mieux ici, sinon une formulation post-philosophique plus proche des amateurs du langage de Théorie communiste, donc susceptible d'y rencontrer un certain succès chez les plus "philosophes" de formation littéraire ? Perso, je doute que ces formulations soient mieux que les miennes à même de faire descendre la théorie du ciel de l'abstration sur la terre des luttes. Le risque est même plutôt de les faire remonter en concept qu'on diffusera comme le nouveau prêt à porter communisateur chic et choc. Je reviens donc sur mes critiques antérieures à TC pour souligner la nature de ce problème

retour sur le caractère « théoriste » de Théorie communiste

je rappelle que RS lui-même reconnaissait la difficulté à trouver une forme d'exposition de Théorie communiste susceptible d'intéresser les lutteurs et lutteuses. C'est à partir de là que j'ai élaboré ma critique de cette théorie conceptualiste, quelles pratiques théoriques ? propositions / la théorie opium de RS, critique de l'idée de luttes théoriciennes pour y substituer le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser la perspective, et in fine bien au-delà de RS et du milieu de la communisation le théorisme, maladie sénile du communisme. J'en ai fait aussi un problème majeur de langage. Roland Simon croit faire comme Marx, entre concret penssé et abstraction théorique, etc. Mais il suffit de comparer l'exposition du Capital et le langage de Marx avec celui de RS pour voir qu'il n'en reste pas grand chose, comme au demeurant du point de la vue de la dialectique complexe à plusieurs niveaux de Marx, relativement au mécano structuralo-conceptualiste de Roland Simon, souvent meilleur pour analyser une situation particulière que quand il en tire des généralisations hâtives (Argentine 2002, Luttes suicidaires, Émeutes de 2005, Grèce 2010... Charlie c'est mieux ;-)

être attentif à tous les aspects de la théorisation et de sa possibilité de servir à d'autres que nous-mêmes

sans fausse modestie j'estime avoir produit la critique la plus approfondie et la plus féconde du courant communisateur, comme on dit sur le contenu et la forme, quand on les sépare à la manière de théorie et pratique théorique. Il est donc normal que je sois attentif aujourd'hui à tout ce qui se présente comme nouveau la conceptualisation et dans l'exposition, que j'en relève les limites et cherche leurs causes. Une m'apparaît dans l'exposé de Flav, qui rejoint son lien étroit à Théorie communiste

des spécialistes en communisme étroit, ou le pendant des "experts" du capital ? 

le peu de connaissances au-delà de la culture littéraire et de ses catégories occidentales (philosophie, histoire, socilogie...), le manque de culture scientifique et technique et en sciences du vivant, tout cela produit les faiblesses de la critique communisatrice du capitalisme réel, comme le langage très spécial de sa formulation técéiste : un réductionnisme culturel étonnant pour des connaisseurs de Marx et des héritiers de Pannekoek

il n'est pas sans conséquences lourdes, pour la théorie de la communisation, que tous les théoriciens du milieu (sauf erreur mais pas visible dans les textes), viennent des sciences humaines et littéraires. Il est patent qu'ils ne s'intéressent pas et ne comprennent pas grand chose aux approches scientifiques, particulièrement les plus nouvelles depuis Marx. Pourtant, chez les théoriciens anarchistes, se distinguait magnifiquement Élisée Reclus, géographe, comme précurseur de la critique écologique, et dans l'ultra-gauche historique, Pannekoek, astronome et astro-physicien, un esprit large qui n'a aucun équivalent depuis, ni à SOB, ni chez les situationnistes, ni chez les 'communisateurs'

on peut relever la grande faiblesse des théories de la communisation en matières de techniques, technologies de l'information, sciences du vivant, des domaines pourtant indispensables à la critique du capitalisme contemporain. Les errements de la critique du genre en sont une preuve plutôt grave. On peut par contraste relever le grand intérêt que portait Marx dans le Capital, aux sciences et aspects techniques des machines et de l'usine, et même ses efforts en mathématiques de son temps. Tout ça n'a aucun équivalent aujourd'hui chez les 'communisateurs'

il n'est pas impossible que cette étroitesse culturelle pour ne pas dire cette inculture et son ethno-centrisme avéré, qui crève les yeux à la lecture des classiques de la communisation, ait participé de son inintérêt dans d'autres sphères du marxisme, par-delà le fait qu'il y a une réelle coupure théorique avec le concept même de communisation. En effet, en-deça du concept comme nouvelle conception de la révolution, il y a la critique du capital, et c'est ici que le bât blesse, parce que tous les théoriciens marxistes de par le monde ne sont pas les imbéciles que laisserait entendre la supériorité absolue de deux ou trois penseurs français connus de quelques centaines de personnes en Europe ou aux USA, alors qu'ils écrivent depuis quatre décennies ! Et de la bouche de deux de ces trois sur-hommes de notre temps, j'ai entendu la suffisance et le mépris dans lesquels ils tenaient tous les autres penseurs marxistes du monde, y compris par défaut ceux qu'ils ne connaissent pas 

l'indispensable ouverture pluri-disciplinaire

je peux témoigner que les milieux scientifiques et de la recherche, même de très haut niveau, sont souvent peu réceptifs à ce qui s'exprime dans le langage littéraire d'autres «disciplines» (sic) que l'université française sépare mortellement, et c'est sans parler de couches intellectuelles moyennes ou supérieures, celles qui s'intéressent en néo-prolétariat sur-qualifié à nos théories. Le facteur générationnel est important par le fait qu'il faut du temps, beaucoup de temps et d'efforts, pour s'approprier une vue d'ensemble, telle que Marx a toujours cherché et réussi, à le faire

c'est une question bien plus importante pour la théorisation et sa réception dans de larges secteurs de l'activité humaine que de savoir qui participe ou non à telle lutte

par le langage encore la fermeture à soi d'un milieu auto-référentiel : mariage consanguin pour gogols militants ?

le langage dans lequel on s'exprime est toujours révélateur du souci que l'on a d'être compris. RS a fait de remarquables progrès depuis quelques années, et Flav est attentif à s'exprimer clairement et le plus simplement, le plus finement possible. Il y a toutefois la trace d'une parenté, et elle porte les stigmates de la consanguinité qu'on peut relever dans toutes les familles, par le jargon d'un milieu, qu'il soit scientifique, politique, médiatique, administratif, etc. Rien que de normal pour parler dans les mêmes termes de la même chose. Mais attention, nous parlons ici de critique du monde tel quel dans lequel nous vivons et nous intéressons aux luttes telles quelles, tels qu'ils font et parlent de ce que nous nommons contradictions

alors gaffe, les mariages consanguins, c'est jamais bon, et chez les aristos qui see distinguent par leur langage, seraient-ils théoriciens de la communisation, ça peut produire des gogols, des gogols militants ou activistes ;-)

je suis personnellement de formation mathématique, mécanique industrielle, physique, et sciences de l'ingénieur. J'ai acquis en autodidacte mes connaissances philosophiques et marxistes, comme mon intérêt pour les arts et la poétique. Je n'ai pas à revenir au langage pré-marxiste de la philosophie ou à une dialectique post-marxiste de type structuraliste à tendance mécaniciste, pour formuler des questions théoriques, et ça ne leur donne pas moi de valeur intrinsèque

la preuve du pudding...

la multiplicité de mes centres d'intérêts, ma propention à dire les choses sur de certains tons, les différents registres de langage que j'utilise selon qu'il s'agit de théorie, d'arts ou de musique et de poétique ou de poèmes, ou tout simplement de rigoler, tout cela ne participe pas du sérieux attendu, et trouvé en milieu communiste et plus encore en théorie. Mais si l'on veut bien l'entendre, cela a un sens, à commencer par prendre au sérieux ce que l'on fait plutôt que se prendre au sérieux soi-même :

la preuve du tout à l'égo communisateur, c'est qu'on le mange, et qu'on en étouffe. On n'est jamais si bien étouffé que par soi-même

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communisation : un mouvement du 22 mars ? 15:10

« Le Mouvement du 22-Mars est un mouvement étudiant français, d'inspiration libertaire, né dans la nuit du vendredi 22 mars 1968 à la faculté de Nanterre. Réunissant des anarchistes, des situationnistes, des trotskistes et des futurs mao-spontex, Daniel Cohn-Bendit en est la personnalité la plus médiatisée »

les tuniques rouges du concept, les Indiens, et l'éclipse

augmenté de remarques sur le réductionnisme philosophique et littéraire des théoriciens de la communisation

flav, du nouveau et du bon : le langage de la communisation n'est point tunique uniforme. Dans une intervention de bon aloi, dndf 22 mars, flav reformule dans le sien quelques concepts et questions apportant de quoi rafraîchir les formulations habituelles avec clarté et relative simplicité. Flav montre de réelles capacités théoriques articulant en cohérence nombre des points soulevés dans ma critique du courant communisateur

le frémissement théorique relevé chez RS après Charlie continue, mais subsiste une limite majeure, un point aveugle commun à tout le petit milieu français de la communisation, concernant les Autres dans leurs luttes spécifiques, les autres du marxisme blanc européen, et très conséquemment les autres de la théorie de la communisation qui en montrent la fécondité... 

ces remarques denses de flav sont importantes, elles vont dans le bon sens près de chez moi quand j'ai appelé à l'approfondissement des conceptions communisatrices sous peine de sclérose théorique

en vrac ou reconstruit pour le nouveau

annonce : mise au point bienvenue mais... ça dépend. Le sens que prend l'affirmation que telle lutte, ou forme de lutte (ici lutte suicidaire) est relatif à l'idée qu'on se fait du processus communisateur. Flav :

« [le terme d'annonce] ne signifie pas quelque chose de positif (ni au sens moral ni au sens d’affirmation). Il signifie que ça indique quelque chose, sans être préexistance de quoique ce soit. Les « luttes suicidaires », indiquent que le prolétariat, bien qu’agissant strictement en tant que classe peut, dans une situation historique donnée, orienter son action contre ses propres conditions d’existance. D’où le fait qu’on peut dire qu’il « annonce » le dépassement du cycle de luttes actuel comme communisation. [...] certains individus prolétaires, niés par le capital, entament contre lui une attaque de leur propre situation à l’intérieur de lui. La limite, c’est le fait qu’il ne trouvent pas, dans leur rapport au capital, la capacité de s’auto-produire comme individus négatifs, c’est à dire d’abolir leurs conditions d’existence individuel (à fortiori de classe). Ceci ne peut être trouvé que dans le procès mondial de communisation lui même. »

flav ré-introduit une dialectique positif-négatif, mais, soulignant que dépasser la limite « ne peut être trouvé que dans le procès mondial de communisation lui même », relativise le sens quel'on peut donner à des luttes suicidaires somme toute marginales dans l'ensemble des luttes ouvrières, qui demeurent massivement revendicatrices dans le monde. En un mot, on a ici une projection d'un futur possible pour interpréter des événements actuels, et si l'on en fait la dynamique actuelle (à l'époque de la théorie de l'écart triomphante) on flirte avec le déterminisme. On a un modèle de négativité avec lequel on sur-interprète quelques événements, c'était très optimiste...

positivité du mouvement communiste : adé « la lutte est le combat pour un monde de fraternité, de solidarité et d’amour. flav : - tu as raison camarade, c’est une affirmation ! » c'est ce que j'ai soutenu, par exemple à la fin de pour en finir avec mon communisme-théorique juin 2012

implication réciproque

« Pour le prolétariat, s’attaquer à sa condition de classe, c’est s’attaquer à l’implication réciproque, donc forcément à ceux qui l’incarneront (flics, égoïstes zélés…). Il n’y a rien de militaire là dedans, il ne s’agit pas essentiellement de tuer des personnes mais de rendre obsolète un mode d’auto-production.

« bénéfices secondaires » et « auto-production psychologique » : intéressante proposition d'approfondir ces notions flaviennes en liaison avec celui d'implication réciproque. Ma lectrice est familière de l'intérêt que je porte aux cheminements de la subjectivation révolutionnaire en liaison avec le dépassement produit des identités. On sait qu'en milieu marxiste structuraliste, le terme même de psychologie est suspect d'humanisme théorique ou pire de frayer avec «l'inconscient» (forcément «freudien») « qui n'existe pas » pour les plus purs et durs persuadés de porter la conscience de classe qui fait défaut à tous les autres (l'idéologie comme mensonge, la religion ennemi principal, etc.)

 « À qui profite l’implication réciproque ? De quelle manière ? En tentant de répondre, on peut opposer un prolétariat cédant à sa condition par « pure » (abstraitement au moins) contrainte, et un prolétariat explicitement consentant. Deux pôles de la subjectivité du prolétariat. La reproduction du prolétariat par celle du capital consiste en un fragile réajustement des conditions propices à ces « bénéfices », en une toujours plus délicate redistribution de rôles modifiés »

« on constate que l’implication réciproque ne signifie pas la même chose pour l’ensemble des individus prolétaires, et suppose la domination des classes moyennes sur les subalternes (entre autre). A l’echelle individuelle, si l’on considère ce liens comme condition d’auto-production psychologique, on peut le relier à la notion de « bénéfices secondaires ». A qui profite l’implication réciproque? De quelle manière ? »

'subalterne' : est-ce pur hasard si le terme gramscien est glissé ici par flav ? On a vu qu'il fut repris par les marxistes indiens de la critique subalterne (la féministe marxiste (Gayatri Spivak dans Les subalternes peuvent-elles parler ?), et que ces questions sont liées à la reprise par Stuart Hall de Gramsci et Althusser, auquel s'est intéressé Roland Simon (voir le monde et le capital, l'Occident et les autres)

individu et classe : là encore, on tend à sorir du schématisme structuraliste de TC où tout se ramène à « l'individu du capitalisme », que je fus moi-même soupçpnné d'être par mes considérations sur la sexualité non réductible à la critique de genre selon RS/TC (RS dans « un excès de sexe » et sa malhonnêteté intellectuelle interprétant les autres, Astarian, Dauvé... de façon à les discréditer face à sa théorie, prétendue seule adéquate à l'époque, quitte à en piller d'autres). J'avais abordé ces questions en 2002, avant de connaître les théories de la communisation, précisément dans le rapport "je" et les "autres", puis par exemple dans individualités et singularités communistes, où est le problème ?

Flav : « Pour me débrouiller avec mes propres concepts, je dirais que certains individus prolétaires, niés par le capital, entament contre lui une attaque de leur propre situation à l’intérieur de lui. La limite, c’est le fait qu’il ne trouvent pas, dans leur rapport au capital, la capacité de s’auto-produire comme individus négatifs, c’est à dire d’abolir leurs conditions d’existence individuel (à fortiori de classe).»

je laisse apprécier ici « mes propres concepts » de flav, les miens c'est bien connu n'existant pas et n'y étant pour rien... Il est possible que Flav ne m'ait pas lu, cela n'en donnerait que plus de force à ce qui est commun à nos considérations. Mais quoi de plus ou mieux ici, sinon une formulation post-philosophique plus proche des amateurs du langage de Théorie communiste, donc susceptible d'y rencontrer un certain succès chez les plus "philosophes" de formation littéraire * ? Perso, je doute que ces formulations soient mieux que les miennes à même de faire descendre du ciel de l'abstration sur la terre des luttes. Le risque est même plutôt de les faire remonter en concept qu'on diffusera comme le nouveau prêt à porter communisateur chic et choc

* voir plus haut remarques sur le réductionnisme philosophique et littéraire des théoriciens de la communisation

censure : « ps : Je recommande vivement à tout le monde d’oublier cette histoire de censure kgb is watching you! Tiens bon Pepe, on détruira Internet bientôt ;)
»

d'abord on oublie plus facilement la censure quand on en fait pas l'objet soi-même, et je l'ai dit, c'est une façon démocratique de poser la question, le droit de parler, de tout dire, etc. comme en atteste l'humour sur le kgb. Perso, je ne me plains pas d'une censure à dndf, je suis parti, j'ai insulté pepe, j'ai demandé que soit ôté mon site des liens au milieu d'autres citoyennistes, anarchistes de pacotilles, activistes, etc. qui situent le centre de gravité des intérêts de dndf-TC. La censure dans ce sens, je m'en tape, mais :

j'accuse le petit milieu français de la communisation de faire l'impasse sur des problèmes, concepts, questions qui ne sont pas moins que ceux qu'il pose des problèmes, concepts et questions du concept de communisation au présent de la lutte des classes, contre la domination masculine et le racialisme

quand on en parle, comme du rapport à l'Autre dans le texte de RS ou du dépassement des identités dans les commentaires, on ne dit pas d'où ça sort, ni qu'on les prend sur mon blog, ni comment ça se construit en théorie, parce que tout ça vient de Patlotch, de même façon que TC a publié sans me le demander un de mes textes en le signant «un camarade»

ces idées, je n'en fait certes pas ma propriété, mais comment en parler sans les référer à leur cohérence théorique d'ensemble avec d'autres, qui ne se trouve que chez moi ? Ça me rappelle les manières de Debord, qui cachait soigneusement ses sources les plus précieuses de sa critique du Spectacle, ne prenant pas même le soin, celles-ci, de les refiler sous forme de détournement. Ego orgueil théoricien, quand tu nous tiens... Que craignent-ils, que veulent-ils, comment fonctionnent-ils dans leur tête, comment n'y voient-ils pas leur propre ego dans sa démesure pathologique et pas trop logique ?

alors effectivement, Pepe tient bon, Dauvé ne passe pas mes commentaires, Astarian met en lien d'Hic Salta mon ancien site fermé depuis 2012...

ma lectrice futée, elle, n'est pas dupe, elle puise à la source. Elle ne moufte pas, mais ne veut pas passer pour une conne. Elle attend l'heure de participer ouvertement au grand remplacement théorique dans la communisation

voilà l'esprit du milieu, son poison intérieur, quelque chose qui pue, comme dit le pape. Voilà pourquoi il n'est et ne restera jamais qu'un milieu tant qu'il auto-produira sa propre fermeture aux autres, autres conceptions de la communisation, autres théoriciens marxistes non blancs européens comme ils le sont tous. Ce n'est au fond qu'une preuve de plus de sa crise et de la menace de sclérose théorique, quand ce n'est pas rendre possible une dérive néo-fascisante qui n'est pas inhérente au concept de communisation. Mais tout cela étant très cohérent, on accepte ou non d'en parler

de deux choses l'une, l'autre c'est l'éclipse

discussions sur la communisation

souviens-toi, chère lectrice, qu'en toutes époques, on ne retient au présent que les pensées qui bien vite montrent leurs limites historiques. Marx préférait Diderot à tout autre philosophe des Lumières, mais aujourd'hui encore, c'est Voltaire qu'on ressort, pas matérialiste pour deux sous et précurseur du racisme moderne au service du colonialisme. Du vivant de Marx, ses idées étaient moins diffusées en France que celles de Proudhon ou Saint-Simon. Aujourd'hui, le milieu français de la communisation a produit ses limites ethno-centristes qu'il diffuse dans le monde occidental, et critique l'usage déformé qu'on en fait, tout en faisant silence sur l'existence d'une tradition marxisme non-blanche européenne et d'une autre approche, la mienne. Demain qui vivra verra

21 mars

Patlotch en vieux con

il y a quelques années, en 2007 je crois, lors d'un Noël de famille, je discutais avec mon neveu qui approchait alors la quarantaine. Adolescent pris dans la tourmente du divorce de ses parents, pourtant élève brillant, il a quitté le lycée pour choisir la voie du zonage et de la vie précaire, petits boulots, communautés diverses, amours instables laissant les filles cassées, et le monde à refaire par les Robinson du 21ème siècle...

je lui avais quelques années auparavant offert le livre d'Emmet Grogan sur Les Diggers de San FranciscoRingolevio, une vie jouée sans temps morts, qu'il me dit alors n'avoir pas ouvert. Je lui suggérais de lire John Zerzan, dont on se doute bien que ce n'est pas mon truc pour chier dans les bois en révolutionnaire. Je pensais sincèrement que ça l'intéresserait et donnerait plus de substance à ses convictions. Mal m'en prit, car lui n'y vit qu'une manière de propagande. Je lui expliquai donc - j'étais en pleine période anti-immédiatiste pure et dure -, que selon moi, un changement dans le monde n'avait aucune chance d'advenir par de tels modes de vies prétendus en marge du capitalisme, et que tout en respectant son choix, je m'opposais à ce qu'on en fasse la voie vers la révolution par excellence. La sanction tomba : « Vieux con ! », la même que j'aurais pu réserver à mes parents à vingt ans, quand je passais ma crise gauchiste chez les cocos (j'aurais pu adhérer à n'importe quoi, je n'y connaissais rien)

je m'en souviens ici et maintenant, après mes sorties plus bas concernant RS et plus spécialement Gilles Dauvé. Je vois de loin la réaction des jeunes du monde entier occidental, impatients de changer le monde, lisant ses textes en toutes langues européennes, et imaginant derrière ce septuagénaire français, ayant vécu à l'aise et consacré cinquante ans de sa vie à dire et écrire que la révolution, ce n'était pas comme ça, ce n'est pas comme ça, ce ne sera pas comme ça... 

à 20 ans, j'arrêtais mes études « pour ne pas servir les patrons », et si je ne me suis pas retrouvé dans le Larzac, c'est peut-être faute d'avoir rencontré une bombe aspirante bergère anti-atomique. Aujourd'hui au même âge, qui dit que je ne serais pas dans une ZAD ?

j'ai 63 ans et je considère aujourd'hui que Dauvé, avec sa pédagogie démoralisante et démobilisatrice (au nom du communisme !), mérite amplement, à leurs yeux de jeunes concernés par leur avenir et se battant pour le préserver du pire, de passer pour une « vieux con »

comme disait Aragon dans Blanche on l'oubli, je cite de mémoire : « On n'a pas toujours raison d'avoir raison. »

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pour le mouvement du communisme et la communisation : des questions mis à jour parler de communisation au présent, c'est formaliser intellectuellement les problèmes actuels posés par le moment présent du capitalisme et des luttes

c'est ce que ne fait pas la petite bande de nuisibles qui tournent autour de Roland Simon depuis des années, dont certains membres de Théorie communiste, quelques individus qui s'expriment sur le blog de pepe, dndf, et qui pour diverses raisons évacuent systématiquement ces problèmes, jusqu'à laisser croire que leur courant malade serait légitime pour se présenter comme le centre de production d'une théorie de la communisation vivante, et jusqu'à censurer ce qui n'en relève pas. Mes positions ne sont pas moins légitimes, dans la mesure où le concept n'appartient à personne, et ne se réduit pas aux quelques lignes de clarification de Gilles Dauvé, autre évacuateur de problèmes au nom de resucées marxistes euro-centrées en version héritée de l'ultra-gauche historique

j'ai évoqué le dernier exemple en date Questions pour les partisans de la communisation dndf 18mars : « Le retour aujourd’hui à Francfort du couple Black Block / démocratisme radical est-il le symptôme de l’enlisement actuel des luttes et de l’incapacité conjointe du capital à se restructurer, situation dont la Grèce serait le paradigme ? Ou juste une occasion de se fendre la gueule ? »

le contenu de ce questionnement signe la sclérose du dogmatisme técéiste, puisqu'il renvoie à des textes de 2002, avant la crise de 2007-2008, en pleine puissance du démocratisme radical et de ses frères ennemis de l'action directe, à partir des Violents heurts à Francfort pour l'inauguration du siège de la BCE (La Dépêche 18 mars).

quant à parler de «paradigme grec», il faut quand même rappeler que le hasard des urnes a porté au pouvoir une alliance de Sirysa avec un parti nationaliste, xénophobe et mysogine. Or Syrisa, le Front de gauche en France et Podemos en Espagne, représentent l'héritage du citoyennisme politique du début des années 2000. Il est donc aisé de mettre en parallèle l'alliance gouvernementale grecque avec les confusions françaises « rouges-brunes » qui n'épargnent pas des ex leaders d'Attac* et autres politiciens démocratistes, ce qui évite d'assimiler le démocratisme radical de gauche d'aujourd'hui à ce qu'il était il y a une douzaine d'années

* pour qui aime les paradigmes : Jacques Nikonoff, ouvrier de souche, habite 20 ans à la Cité des 4000 à la Courneuve, devient membre de la direction du PCF de 1999 à 2001, puis Président d'Attac de 2002 à 2006. Il appelle en 2012, au second tour des législatives dans l'Essonne, à voter pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignant (Debout la France puis Debout la République) [erreur corrigée, pb copié-collé]

le nouveau paradigme n'est pas grec mais mondial, il émerge notamment en Europe et en Amérique latine

le réformisme typique du démocratisme radical de gauche n'est donc plus à l'ordre du jour, mais bel et bien des alliances nationalistes traversant l'échiquier politique de droite à gauche

le frère ennemi, ce n'est plus l'action directe typique des Black Blocks, mais celle d'activistes dans ce que j'ai appelé la nébuleuse anti-système. Je n'en ai donné que l'exemple français, mais il faudra regarder de près ce qui se passera en Grèce quand Syrisa aura épuisé ses cartouches, produit l'absence de résultats probants dans la vie quotidienne des Grecs, et que se réveillera « l'ère des émeutes » dont parlait en 2011 le groupe Blaumachen, aujourd'hui en sommeil (ou mort ?) mais alors compagnon de route de Théorie communiste dans SIC, revue internationale pour la communisation

il est probable qu'on y assistera à la plus grande confusion entre ceux qui se réclament de l'anarchisme et des néofascistes grecs, les deux relevant de la nébuleuse anti-système. Je ne connais pas assez la situation grecque pour en parler plus avant. En France, les mêmes lieux sont fréquentés par 'antifas' et 'néofas', avec une composante sociale dont vient l'idéologue nationaliste Lucien Cerise et qui la définit comme « ce néo-prolétariat précaire et surqualifié dont on nous parle parfois dans les médias et qui concerne aujourd’hui des millions de gens dans ce pays » (entretien 2014). Ces couches sociales ne sont plus tout à fait les mêmes qu'en 2002, parce qu'en 13 ans, on vieillit. Il est donc probable qu'étant surqualifiés, ils sont souvent enfants de couches moyennes voire supérieures, et n'ont aucune référence prolétarienne au sens de la composition des partis communistes dans les années 60. Il est probable qu'on retrouve la même composition sociale chez les « Indignés » ou autres Indignados de Podemos

rien de tout cela ne peut donc s'analyser dans les termes de 2002, qui se sont d'ailleurs révélés faux quant à l'analyse produite par Théorie communiste (Nesic fait remonter le problème à 1975, mais comme je ne connais cette petite histoire que par le petit bout de la lorgnette de TC (Rupture dans la Théorie de la Révolution, François Danel Senonevero), je m'abstiendrai de lui donner raison sur ce point

quoi qu'il en soit, là je rejoins Dauvé :

Deux hypothèses sont envisageables : 

[1] A en juger par les signes que nous percevons,  tandis que les prolétaires des vieux pays industriels mènent des actions défensives généralement battues, les prolétaires des pays émergents pratiquent un réformisme « obligé », sans quasiment aucune convergence  entre la défense des acquis en Occident et l’élan revendicatif en Asie, et rien ne dit que l’aggravation de la crise radicalisera la situation dans le sens communiste. Bien des choses peuvent sortir d’une crise, on l’a vu après 1929. 

[2] Cependant, une révolution communiste future étant un événement historique profondément nouveau, ses signes annonciateurs nous échappent, et il n’est donc pas exclu qu’un avenir plus ou moins proche nous surprenne positivement.

La 1ère hypothèse, la plus plausible, entraîne une certaine pratique, mais n’annule pas la 2e. 

ces lignes ont près de trois ans, et je ne sais pas ce que pense aujourd'hui Dauvé des probabilités entre ses deux hypothèses (son analyse du Kurdistan est un indice). Pour moi, la première est encore plus « plausible » et d'autant moins paisible. Quant à ce qu'il entend par « une certaine pratique », je n'ai pas compris

ce tandem 1) Démocratisme radical+Action Directe vs écarts conduisant au processus communisateur s'est transformé depuis en 2) National-démocratie populiste vs nébuleuse anti-système anarcho-fascisante, qui forme un tout ayant un rapport avec l'ancien paradigme técéiste mais ne pose pas la communisation dans des délais aussi optimistes qu'il y a dix ans. Autrement dit la possibilité de la guerre n'est pas à écarter avant qu'une nouvelle fenêtre révolutionnaire s'ouvre à l'histoire, une hypothèse il me semble envisagée par Troploin il y a quelques années

le dogmatisme técéiste : parti(e) remis(e) ?

tout ce bordel confusionniste au cœur de la théorie de la communisation a une cause essentielle, l'absence d'autocritique sérieuse de Théorie communiste au moment de la rupture de SIC (Fin de partie 2012). Tout se passe pour eux comme s'ils n'étaient qu'«allés vite en besogne» (voir TC 'Théorie Communiste' : fin de partie truquée janvier-février 2014), c'est-à-dire qu'ils considèrent que ce n'est que parti(e) remis(e)

il y a donc nouvelle adéquation de la théorie de sa sclérose à l'époque de la confusion dans un nouveau tandem, d'un côté les démocrates nationo-radicaux de gauche et de droite, d'un autre les activistes de la nébuleuse anti-système. Cela ne signifie pas l'absence d'authentiques anarchistes et de vrais fascistes à l'ancienne en leur sein, d'autant que le mélange n'a plus rien d'antinomique vu leur franchouillardise commune à l'encontre des femmes et des indigènes des deux sexes, mais les temps ont changé, les références et les générations aussi, et les grandes envolées anarchistes « le fascisme c'est le fascisme » sont l'équivalent de l'invariance maximaliste prolétariste universel Jean-Louis Roche

c'est toute l'actualité du texte anglais de novembre 2012, La théorie de la communisation et la question du fascisme dndf. Il n'a fait alors et depuis l'objet que d'un seul commentaire, renvoyant justement à Blaumachen :

« Toute prédiction est dangereuse, car la condensation du temps historique contient un élément d'imprévisibilité et la création de multiples ruptures. Le virage très important vers la « question nationale », présentée comme nécessaire pour la reproduction de la structuration actuelle du capital soulève la possibilité d'une révolution contre le « nationalisme » de gauche ou fascistoïde, qui bien sûr ne peuvent pas profiter de la stabilité (intégration de national-socialiste dans la reproduction du capital dans les limites d'une formation sociale nationale) des fascismes du passé. Ceci peut être produit comme nécessaire lorsque vient le moment de dernier recours du point de vue du capital, qui est obligé de fonctionner dans une « économie politique du risque ».»

si Blaumachen envisage bien alors l'alliance de type Syrisa avec les Grecs Indépendants de l'ANEL qui s'est effectivement réalisée, ce passage n'évoque pas la possibilité de son nécessaire complément par une nébuleuse anti-système anarcho-nationaliste

revenons à la citation de Karl Nesik : « Le mouvement communisateur commence d’ailleurs à être atteint de sclérose théorique, dont il ne se débarrassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain, tant il est évident qu’il n’y est poussé par aucune réalité sociale. »

pour moi le problème n'est pas celui du mouvement communisateur mais de son milieu théorique. Il ne manque pas de réalité sociale pour sortir de la sclérose théorique, mais la possibilité en est suspendue à la nécessité de se débarrasser du dogmatisme técéiste qui empêche ou pollue les débats depuis l'ouverture du blog dndf en 2008. Dans ce cas la responsabilité des communistes, pour autant que l'espèce soit autorisée à agir avec « une certaine pratique » par le milieu de la conservation dogmatique héritant des habitudes pépères de l'ultra-gauche anti-militante, est sans doute autre que d'examiner le sexe des ange communisateurs. Vrai que si agir en communiste, c'est être un « militant » communiste, alors ces théoriciens de la communisation ne sont-ils point anti-communistes ?

pour en finir avec le micro-parti 'Théorie Communiste'

Théorie communiste fonctionnait jusqu'avant sa crise existencielle comme un mini parti stalinien sur la base du centralisme 'démocratique' : débats à l'intérieur (?), stricte ligne à l'extérieur (visible en Summer Meeting avant SIC, silence ou alignement, refoulement des désaccords risquant la rupture avec les 'activistes' diffuseurs de la théorie). Maintenant, comme à l'époque de la décomposition du PCF, les clivages apparaissent à l'extérieur, avec des positions désormais incompatibles, autant dire des tendances (qui recoupent au demeurant pro et anti-Patlotch*).  Dans la mesure où tous les éléments de compréhension sont désormais connus, du fait que je les ai exposés clairement, je ne les crois pas assez bêtes pour ne pas les comprendre. À partir du moment où rien ne change, où l'on continue d'évacuer et d'empêcher les débats ouverts sur les questions graves, on doit considérer qu'un certain nombre se livrent à un travail de sappe objectif

droits dans leurs bottes de non-lieu... maj 22 mars

quand Nesic soutient que « la sclérose théorique, le mouvement communisateur ne s'en débarassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain », songeons sans trop d'optimisme à la capacité de TC de tenir droit dans ses bottes pendant quarante ans sans dire un mot du féminisme, laissant entendre ce qu'il en pensait, et tout soudain se réveillant 40 ans plus tard pour sortir la lapine de son chapeau structuralo-magique, on allait voir ce qu'on allait voir, Simon 10 Delphy 0, le patriarcat à plate coutûre et Pepe communsateur à genoux devant la grande bougeoise Simone de Beauvoir, 70 ans après « on ne naît pas femme, on le devient. ». Il n'est jamais trop tard pour, mais bon, on a surtout vu de quelles femmes de quelles couleurs il s'agissait de ne point parler, au nom du prolétariat et du genre qui s'auto-abolissent : théorie lisse et blanche sur elle, ça mange pas de pain et ça n'a pas de règles

l'instrumentalisation à l'insu de son plein gré de la femme de non-couleur mis à jour 22 mars 23:11

autant dire que ça peut durer ce que durent les vieux cons, l'espace d'une fin de vie. À moins qu'un membre (sic) de Théorie communiste ne tombe amoureux - pour succéder à Chloé « qui a tout ce qu'il faut là où il faut » dixit une éminent membre (resic), la « camarade mais femme » qui fit doublement les frais de son amitié pour Christine Delphy et de l'opération opportuniste de Théorie Communiste avec SIC, etqui s'en prit plein la gueule lors du Summer Meeting grand-breton entraînant la fin de SIC, Revue internationale pour la communisation (comme on dirait Revue non-nègre), sur le montage classe-genre du théoricien qui espérait se diffuser en manipulant le milieu activiste -via Denis/Léon de Mattis. On attend l'autocritique sincère et véridique histoire de la rupture dans la pratique théorique des manigances héritées de l'ultra-gauche pour le pire

rien trop à espérer, à moins qu'une membre de Théorie communiste ne tombe amoureux d'une 'Arabe', ou d'une 'Négresse', ou d'une Rrom pourquoi non, autrement dit d'une « Femme de couleur », ou dans mon langage qui n'engage que moi, d'une Indigène, indigeste de la théorie de la communisation. On verrait alors ce qu'on lira si, comme dit le poète, la femme est l'avenir de l'homme

* sur les pro et anti-Patlotch au sein de 'Théorie communiste' et les pratiques euro-centristes de Roland Simon et Gilles Dauvé

je ne suis ni parano ni mégalo, j'ai vécu ça en ? 2011 sur la liste interne de TC et en janvier dernier à l'occasion de brefs échanges avec un proche de RS, qui se proposait d'envoyer des éléments que je lui fournissait sur cette liste sans dire qu'ils venaient de moi. Faire supporter aux autres ses propres pathologies de groupe sectaire déchiré, ça va bien un moment. Échanger en lousdé avec RS sous le poids imposé à nous deux de ces pratiques dignes du stalino-troskisme, je ne mange pas de ce pain-là, et lui mérite mieux que ça. Pure illusion qu'on ferait comme ça avancer la théorie, on n'obtient rien d'autre qu'un bétonnage de textes impersonnels où un théoricien providentiel s'approprierait tous les mérites de sa modestie, à traduire dans le monde entier comme le dernier cri de la communisation

gentil et généreux, mais pas maso au point d'accepter en échange la censure des miens, puisqu'elle réduit les débats au même milieu théorique depuis quarante ans, les trois demi-dieux qui ont retiré l'échelle de leur concept, comme des syndicats "représentatifs" propriétaires du label : - la communisation, qu'on se le dise, c'est nous, elle est française de souche

chez Dauvé, donneur de leçons de communisme passif au monde entier, une logique de démobilisation : pas de contradictions dans les luttes, pas d'activité possible pour les communistes conséquents

autre exemple côté Dauvé, le texte Kurdistan ? que j'ai comme beaucoup trouvé intéressant, mais à qui s'adresse-t-il, pour sa fonction, quelle utilité, quel effet ? Après cette pétition de principe, «Nous ne sommes pas là pour les « juger ». Ni pour perdre la tête.», le texte ne cite pas un.e seul.e kurde. Mais il est appelé à fort succès dans le monde entier par ses traductions  en langues des ex colonialistes : italien, espagnol, anglais et russe. Aucun.e indigène kurde n'aura droit à la moindre réaction, alors que la fonction effective de ce texte se résume à calmer les ardeurs militantes : circulez, il n'en sortira rien digne de notre haute conception révolutionnaire, ni surtout, comme le remarque Claude Guillon, des contradictions : « Dans la pratique, ce qu’il y a de plus intéressant ce sont les contradictions, pas les intentions.». Imagine-t-on un texte de Marx écrit dans cet esprit : donner des leçons de non-communisme au monde entier, de préférence françaises ?

ajoutez-y les origines sociales et la carrière sans heurts (militants) de ces théoriciens, vous trouverez d'où me remonte un sentiment profond de nausée-abondance "petite-bourgeoise" : cette pédagogie de la désespérance et du ya rien à faire me sort par les yeux, d'où ces gens-là se mêlent-ils d'intérêts d'un prolétariat auquels ils sont étrangers, et dépassé un certain seuil, pour qui roulent-ils ?

il ne servira donc à rien de se contenter de porter outre-Manche et outre-Atlantique la bonne parole sur les fondamentaux communisateurs (livre de Dauvé annoncé en août), parce que si le concept est utilisé à tort et à travers, Théorie communiste en porte la plus grande responsabilité, et ses membres devraient cesser de se comporter comme des gamins pris la main dans le sac de nœud. Si ce livre ne doit pas dépasser la position ayant conduit à l'arrêt de Troploin pour Gilles Dauvé en 2012, je n'en attends aucun mystère, d'autant qu'étrangement, il se raccroche en derniers recours à la mode classe-genre théorisée par TC (sans le dire et sans l'avoir produit lui-même) dans Et maintenant ? 2012

Et la suite ?    

 Notre contribution principale à une révolution future, c’est d’éclairer la question de la communisation.

     Ni utopie, ni programme à appliquer le jour venu, la réflexion sur la communisation n’est possible qu’articulée à la situation actuelle, sans tordre les mouvements sociaux pour les faire coller à nos espérances. Le mode de production capitaliste ayant donné naissance à ce qui a l’ampleur d’une civilisation, on n’en comprendra la crise qu’en réunissant ses différentes composantes. Notamment : la question  sexuelle, « le genre », la famille ; le rapport entre espèce humaine et nature ; économie et écologie ; l’identité ; le temps ; mais aussi l’Etat, la nation, la guerre...

     Quelles contradictions  travaillent la société capitaliste actuelle ? Donc,  qu’aurait à accomplir une révolution pour réussir ?

     Pour le comprendre, il faut saisir deux vérités à la fois, car chacune vaut par l’autre : le rapport capital/travail est central, et ce centre ne fonctionne pas seul, car il n’y a pas de production de valeur en entreprise sans reproduction de l’ensemble social. Donc : [1] Ni la crise contemporaine ni une future communisation ne sont une addition de faits ou de domaines. Et [2] : Il existe des réalités structurantes et d’autres structurées. Par exemple, la question du travail détermine la question sexuelle, mais on ne détruira le travail qu’en détruisant aussi la division sexuelle du travail, c’est-à-dire en bouleversant le rapport homme/femme. Il ne s’agit pas de reléguer les concepts de classe et de prolétariat à une place secondaire, mais de leur donner leur plein sens aujourd’hui.

pour mettre en œuvre ce beau programme, « articuler la réflexion sur la communisation à la situation actuelle », autrement dit « parler de communisation au présent », il faudra un peu plus et mieux que les petits textes au demeurant précieux de DDT21 et autre chose que les vieilles habitudes égotistes et sectaires, passées de saison et de raisons, de théoriciens du troisième ou quatrième âge, à quelque chose près le mien

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le temps des méprises et la déprise des temps 06:46

à propos de Karl Nésic : Deux ou trois raisons de ne pas désespérer, Et maintenant Troploin 2012

« Le  mouvement communisateur se trompe de période historique. Il commence d’ailleurs à être atteint de sclérose théorique, dont il ne se débarrassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain, tant il est évident qu’il n’y est poussé par aucune réalité sociale. »

je voudrais pouvoir dire en quoi je partage et ne partage pas cet avis de Karl Nesic, sans entrer dans la totalité de son intervention. J'ai affirmé (ci-dessous 17 mars) qu'il n'y avait pas sclérose théorique pour le concept de communisation, mais je le reconnais avec lui dans « la quasi-totalité du mouvement dit communisateur. »

il s'agit d'éviter les méprises dans la critique du courant emmené par Théorie communiste, et la mienne ne recoupe que contradictoirement celle de Troploin. Je partage cette idée que « le mouvement communisateur se trompe de période historique » et qu'il a échoué à faire ce qu'il prétend, « parler au présent de la communisation ». C'est ici qu'il y a confusion, comme dit Nesic parlant ici de Léon de Mattis qui « affirme en effet que la révolution est plus que jamais à l’ordre du jour, tout en disant qu’elle pourra se produire dans 10, 20 ou 200 ans. Nous changeons alors l’échelle du temps, en l’occurrence le rapport entre temps « intemporel » et temps « humain ».» Cette idée est peu ou prou partagée par Théorie communiste, même si l'on entend plus « le préviseur » BL affirmer l'échéance 2020

pour moi, c'est le rapport au présent qui s'est vidé de tout réalisme, voire de sérieux théoricien, et sans y revenir en détail, dans le cœur de la critique communiste qui est celle de l'économie politique (point sur lequel Bruno Astarian a pris de sérieuses distances). On assiste alors à un balancement incessant entre considérations sur la communisation au futur, et ce qui permettrait aujourd'hui de les fonder concrètement. Le décrochage est particulièrement net entre les efforts d'un RS dans son texte le citoyen, l'Autre et l'État, et la quasi impossibilité d'en discuter, comme si les commentaires à la suite s'évertuaient à en évacuer justement la dimension actuelle, et ce que je considère comme des avancées dans le sens de mes travaux depuis quelques années, autour de la question des identités de luttes sous lesquelles se présente de façon impure la lutte des classes

alors oui, nous sommes trimballés dans « l'échelle du temps » jusqu'à ne plus savoir de quoi ni de quand l'on parle, ce qui se traduit par un va-et-vient entre idéalisme déterministe et objectiviste sur la base d'un dogme técéiste pourtant dépassé par RS, et sa tentative de parler malgré tout des réalités sous nos yeux sans y perdre son âme communisatrice, voire le sens d'une intervention communiste sans laquelle la théorie n'est plus communiste, mais pure démarche d'historien du présent peu concerné par ce dont il parle

il n'est pas alors étonnant que ce qui n'est pas a priori soupçonnable d'attentisme produise un effet décourageant toute activité communiste au non de la critique de tout activisme militant comme immédiatisme ou alternative programmatiste et citoyenniste. C'est au point où la question se pose de la possibilité qu'il existe aujourd'hui des communistes, c'est-à-dire des combattants engagés par des activités qui les distinguent de ce qu'ils critiquent. Tout se passe comme si ceux-ci, pour exister dans leur pureté révolutionnaire, devaient se comporter en spectateurs de ce qui leur échappe, et le plus grave est que celà puisse prendre l'allure de salutaires « douches froides » (le mot est de Bernard Lyon). On aura beaucoup de mal à me faire croire que ceux qui pensent comme ça aient la moindre envie de participer aux luttes, quoi qu'ils en soutiennent, alors qu'ils n'en témoignent jamais (nono dit par exemple qu'il n'a jamais rencontré un "communisateur" dans les luttes auxquelles il a participé, moi j'ai rencontré l'espèce de cadres supérieurs révolutionnaires qui ne faisaient jamais grève ni ne se battaient pour le salaire)

par conséquent si l'on « se trompe de période historique », c'est pour des raisons tenant à l'erreur théorique de confondre le tout avec ce qu'on attend d'y trouver à condition d'évacuer les parties gênantes, alors même qu'elles caractérisent massivement la période actuelle. C'est celà qui produit « la sclérose théorique », ne pas considérer que ce qui se passe dont on ne parle pas informe justement les modalités de processus possibles, et la possibilité d'explorer les voies de la ccommunisation de façon plus concrète et plus réaliste à partir des luttes actuelles

je ne partage donc pas l'avis de Nesic pour qui « le mouvement communisateur [serait] atteint de sclérose théorique [parce qu'il ne serait] poussé par aucune réalité sociale

cela ne signifie pas qu'on trouve dans les réalités sociales de quoi être plus optimiste que Nesic, mais au moins qu'on théorise et agit en communiste au rythme de son temps, et sans désespérer les orphelins de Billancourt

au fond, il y a un point partagé par Théorie communiste et Troploin, et sur lequel je me sépare d'eux pris ensemble par-delà leurs divergences, c'est une conception abstraite et universaliste du prolétariat, réduit à son concept qui, bien sûr, ne peut pas être faux, ni même à terme la théorie de l'abolition du capital. Je comprends donc les raisons de Dauvé et Nesic pour arrêter Troploin comme recoupant celles qui empêchent les técéistes dogmatiques de parler de la communisation au présent

je ne suis pas de ceux auxquels pense Nesic quand il écrit : « Je suppose que ce court texte suscitera ricanements et commentaires acerbes. Cela m’indiffère.» Au fond je n'ai pas plus de raisons que lui d'espérer ou désespérer du présent, et quelques-unes nous sont communes :

- je passe sur sa question « et si l’ère des révolutions était passée ? » pour considérer que l'on n'a pas assez préciser ce que peut être un processus révolutionnaire « de la crise à la communisation » (titre du prochain ouvrage de Dauvé), et celui même de la communisation, comme s'inscrivant dans une longue durée historique, ce qui ne signifie pas sans rupture au sens traditionnel de révolution

 - quant à « Continuer à réfléchir sur ce monde et son possible devenir : déplacement vers l’Asie du centre de gravité du capitalisme et donc du prolétariat ; évolution du prolétariat, notamment dans les pays développés ; rapport entre plus-value relative et absolue », je crois que Nesic limite trop à la géographie sa critique de l'eurocentrisme du mouvement communisateur, et n'aborde pas la pensée marxiste occidentale même en ce qu'elle est culturellement ethnocentriste

je n'y reviens pas, ayant largement abordé ces questions ailleurs, particulièrement l'évolution du prolétariat et sa nécessaire (inévitable) fragmentation par des contradictions identitaires, dont il faut étudier dialectiquement le dépassement qu'elles peuvent produire, au lieu de les considérer comme stricte négativité s'opposant à une illusoire unité prolétarienne avant la révolution, sur laquelle reposent in fine les confusions actuelles et les dérives anti-féministes et racistes des beaux-parleurs dogmatiques - anarchistes ou communistes - au nom du mythe de l'unité du prolétariat et de son essence révolutionnaire

20 mars

la race, la classe, et les mots vrais des femmes indigènes

le nœud gordien des théories de la communisation

le milieu théorique de la communisation n'a manifesté aucun intérêt pour la question féminine chez les femmes françaises 'racialisées'. Sauf si cela m'a échappé, la construction de Théorie communiste de la « double contradiction de classe et de genre » passe centralement par la dé-construction des thèses de Christine Delphy sur le Patriarcat

autrement dit - alors que l'articulation classe-genre-race ne peut partout dans le monde ne peut s'appréhender qu'en considérant le rapport classe-genre dans sa médiation par la race, dit concrètement qu'à partir de la situation et des luttes des femmes non-blanches des couches sociales subalternes - le problème n'est même pas évoqué par Théorie communiste. Il faudrait être particulièrement indulgent pour ne pas y relever la même posture quant au rapport classe-race en général (hommes et femmes prolétaires), et ne pas s'inquiéter que cette aporie théorique soit justement celle dans laquelle s'engouffre la possible dérive de l'ultra-gauche vers le néo-fascisme. flav peut souligner, je le pense aussi, que « La dérive négationniste n’est pas inhérente au concept de communisation », mais ce dont il est question aujourd'hui n'est pas directement « le produit d’un résidu de programmatisme bordiguiste ayant trompé beaucoup de monde dont des communisateurs.». C'est sur la base de la critique par l'ultra-gauche historique de « l'antifascime et de l'antiracisme »*, sur le fond réveillé de faiblesses dans sa critique toute fraîche par les 'communisateurs',  que se pose un problème gravement actuel 

Nous ne sommes pas anti- » BL-TC. Sans être antiraciste ni antifasciste à la manière de l'universalisme humaniste abstrait, on n'en tombe pas moins dans un universalisme prolétarien qui n'est qu'un « marxisme aveugle », comme dit Loren Golner dans son entretien sur Ferguson. À quoi il faut relier la dernière expression en date de BL sur la question, dans « Utérus vs mélanine » en 2012 : « Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dév