féminisme et critique du genre / critique de classe

 

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féminisme et critique du genre / critique de classe 

27 juin 2014 regroupement de quelques interventions dans l'articulation classes/genre, pour une refondation du concept de communisation à partir des impasses théoriques chez les théoricien·ne·s communistes ou féministes

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3 mai 2015

ces questions seront désormais abordées dans le forum sur la communisation, à la rubrique

FEMMES et CLASSES : pas de révolution sans ABOLIR la DOMINATION MASCULINE => auto-organisation des femmes...

28 avril

Baltimore, femme, race, classe... Another view

en écoutant Billie Holiday God Bless The Child 1941

Money, you've got lots of friends
Avec l'argent tu as beaucoup d'amis
Crowding round the door
Qui se bousculent à ta porte
When you're gone, spending ends
Quand il n'y en a plus, les dépenses sont terminées
They don't come no more.
Et les amis ne reviennent plus.
Rich relations give
Les amis riches te donneront
Crust of bread and such
Une croûte de pain ou quelque chose
You can help yourself
Tu peux te servir
But don't take too much
Mais n'en prends pas trop
Mama may have, Papa may have
Maman peut avoir, Papa peut avoir
But God bless the child that's got his own
Mais que Dieu bénisse l'enfant qui se débrouille
That's got his own
Qui se débrouille

« Je mourrai bientôt à New York entre deux flics » Billie Holiday à Françoise Sagan

en regardant les images liées à la mort de Freddie Gray et aux émeutes qui ont suivi, une chose saute aux yeux, la différence avec Ferguson, ville dominée par son administration blanche et républicaine, alors que celle de Baltimore est noire et démocrate, avec une afro-américaine comme maire. Cela ne saurait constituer une analyse, mais cet extrait de wikipédia donne une idée des clivages sociaux et raciaux et de leur évolution. Noter qu' à l'ouest de la ville « la plupart des Afro-Américains influents et des classes sociales supérieures ont délaissé ces quartiers pour des villes de la grande banlieue de Baltimore. Ces quartiers sont à présent pauvres et comme l'Eastern Baltimore, ils connaissent un fort taux de criminalité, contrairement aux quartiers nord et huppés de la ville.»

La ville de Baltimore est administrativement divisée en neuf secteurs géographiques : Northern, Northwestern, Northeastern, Western, Central, East, South, Southwest et Southeast dont chacun d'entre eux, nommé selon sa position cardinale dans les limites de la ville, est assigné à un service différent de la police de Baltimore.

Le centre-ville, Downtown Baltimore, se situe dans le secteur Central. C'est le quartier des affaires de Baltimore, qui accueille notamment les sièges sociaux de Legg Mason et de Constellation Energy. Le Downtown est aussi le district le plus commerçant et le plus animé de la ville. Historiquement, on y trouve relativement peu de logements, mais de 2002 à 2007, la population y a doublé pour atteindre 10 000 habitants. 7 400 logements supplémentaires devraient d'ailleurs y être disponibles d'ici 2012 ainsi que 17 000 nouveaux emplois selon les estimations.

Le secteur North est un territoire essentiellement résidentiel où l'on trouve notamment la population la plus aisée et en majorité blanche, de même que plusieurs universités comme le Loyola College ou l'Université Johns-Hopkins.

Les secteurs Southwestern, Southern et Southeastern sont composés de quartiers mixtes résidentiels et industriels. La population y est multiethnique, principalement ouvrière et à faibles revenus. C'est dans ces quartiers que l'on retrouve la principale communauté hispanique de la ville. Autrefois délabrés, ces quartiers sont en plein essor et connaissent un phénomène de gentrification.

L'est de la ville regroupe les sections Northeast, East, et Southeast. Le Northeast est fait de quartiers principalement résidentiels et accueille la Morgan State University. La population de l'Eastern est en majorité afro-américaine. Le taux de criminalité est l'un des plus élevés de la ville.

L'ouest de la ville se compose des sections Northwestern, Western, et Southwest. Le Northwestern est aussi un quartier résidentiel. Un temps centre de la communauté juive de Baltimore — c'est là que l'on trouve la quasi-totalité des synagogues de la ville —, il est ensuite devenu presque exclusivement afro-américain après l'exode blanc des années 1960. La section Ouest regroupe historiquement les quartiers afro-américains dont elle fut pendant de nombreuses années le centre de la communauté. Aujourd'hui, la plupart des Afro-Américains influents et des classes sociales supérieures ont délaissé ces quartiers pour des villes de la grande banlieue de Baltimore. Ces quartiers sont à présent pauvres et comme l'Eastern Baltimore, ils connaissent un fort taux de criminalité, contrairement aux quartiers nord et huppés de la ville.

l'histoire de la ville et son actualité sont-elles 'paradigmatiques' de la situation socio-raciale aux USA, avec son Président noir démocrate issu des couches moyennes, et la question raciale traversée par les antagonismes de classes ?

En 1851, Baltimore acquiert le statut de « ville indépendante » après sa séparation avec le comté de Baltimore. Durant la guerre de Sécession, alors que les habitants du Maryland étaient majoritairement nordistes, la population de Baltimore était plutôt du côté des sudistes. Des émeutes éclatèrent en 1861 entre les soldats nordistes et les sudistes. Les premiers occupèrent la ville jusqu'à la fin de la guerre. L'économie de Baltimore fut gravement touchée, comme toutes les villes plus ou moins attachées aux sudistes et conquises par les nordistes. Néanmoins, elle retrouva rapidement sa prospérité grâce à son activité portuaire et à l'afflux massif d'Américains en provenance des États du sud ou bien encore d'immigrants européens. La plupart étaient attirés par la promesse de hauts salaires proposés par le secteur industriel qui se développait depuis peu dans la ville, en particulier dans le domaine de l'acier qui prit par la suite une place prépondérante dans l'économie baltimorienne.

aujourd'hui, l'état d'urgence a été décrété par la maire avec déploiement massif de la Garde nationale, force para-militaire, dirigée par la générale Linda Singh...

la générale de la Garde nationale Linda Singh... la maire de Baltimore Stephanie Rawlings-Blake... avec le Secrétaire au logement et développement urbain Shaun Donovan, à gauche et le Secrétaire aux transports Anthony Foxx, avant le discours d'Obama lors d'une réception pour la Conférence américaine des maires, à la Maison Blanche, jeudi 23 janvier 2014

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Baltimore est la ville où grandit Billie Holiday... voir Billie Holiday in Baltimore

le 7 avril dernier, Baltimore honorait son centième anniversaire, vidéo : Baltimore honors Billie Holiday on her 100th birthday with musical tribute

féminisme et critique du genre / critique de classe féminisme et critique du genre / critique de classe 1956, arrestation pour détention de drogue à Philadelphie

Billie Holiday est morte le 17 juillet 1959 dans une chambre d’hôpital new-yorkais, encadrée par deux policiers, postés là pour l’empêcher de s’injecter dans les veines l’héroïne qui lui arrivait malgré tout d’on ne sait trop où. Quelques mois plus tôt, à Paris, elle avait prévenu son amie Françoise Sagan :

« Je mourrai bientôt à New York entre deux flics »

Holiday ? les vacances, jours de congé, la fête, quoi...

27 avril

La place d’une femme en Indonésie Alterasia 26 avril

Plus d’un siècle après la mort de Raden Ajeng Kartini, l’héroïne nationale sur la question des droits des femmes, le vieil adage stipulant que la place des femmes est à la maison semble obsolète. Aux yeux de la jeunesse instruite des villes indonésiennes tout du moins.

extraits

Ces dernières décennies, les évolutions au sein de la société indonésienne ont changé le regard sur la place des femmes dans le monde du travail et au sein du couple. Si l’on regarde les statistiques nationales de 2010, environ 70% des femmes de 25-29 ans vivant en milieu urbain et ayant suivi des études supérieures mentionnent le travail comme étant leur principale activité. D’autres indicateurs socio-économiques illustrent cette évolution : les taux de fécondité sont en baisse, l’âge de mariage est en augmentation et l’écart de scolarisation entre les sexes a disparu.

Les données du recensement de population 2010 montrent que chez les 25-29 ans, 76 hommes pour 100 femmes ont suivi des études supérieures. C’est l’exact opposé de la situation qui prévalait sous la génération précédente : ce ratio est de 176 hommes pour 100 femmes pour la population âgée de 50 à 54 ans. Bien que les perspectives de parité hommes – femmes en matière d’éducation incitent plutôt à l’optimisme, cela signifie-t-il que des évolutions similaires peuvent être attendues en matière d’emploi pour la génération de jeunes Indonésiens instruits en milieu urbain ? Il s’avère que même pour les jeunes femmes et jeunes hommes instruits, l’idéal de l’individu masculin chef de famille continue de peser sur la vision du rôle des sexes au sein du couple.

Marché du travail : des attentes variables selon les sexes  / L’idéal du double-revenu

Comprendre ce qui motive ces attentes sexuées et, finalement, leurs conséquences sur le marché du travail, nécessite d’analyser la perception qu’ont les jeunes de la répartition des rôles au sein de la famille. Les jeunes Indonésiens de la classe moyenne urbaine sont unanimes : être diplômé de l’université, obtenir un emploi, se marier et avoir des enfants est le chemin idéal vers l’âge adulte. Dans ce contexte de transition vers l’âge adulte, j’ai examiné dans quelle mesure le modèle traditionnel de répartition des rôles au sein du couple continue à préfigurer les attentes de ces jeunes en ce qui concerne le marché du travail.

2 avril

femmes, races, voiles... suite du 18 mars ci-dessous

Stop ! Mon corps ne vous appartient pas ! Ndella Paye, militante afro-féministe, antiraciste et membre du collectif Mamans Toutes Égales

extraits

C'est le mois de mars, un mois pendant lequel, en tant que femme, noire, musulmane, je dois célébrer certaines journées : d'abord le 8, qui est la journée internationale du droit des femmes, puis le 15, c'est le triste anniversaire du vote de la loi du 15 mars 2004 excluant de l'école publique les filles qui portent le foulard et enfin le 21 qui est la journée internationale contre le racisme

Nous sommes le 14 mars 2015, une semaine après le 8 mars, journée internationale du droit des femmes et la veille du onzième anniversaire du vote de la loi du 15 mars 2004. Je décide d'aller, avec une amie, au festival du film de femmes de Créteil voir Je ne suis pas féministe, mais..., un film de Florence et Sylvie Tissot sur le parcours de la féministe Christine Delphy

Me voilà projetée à nouveau dix ans en arrière pendant les manifestations du 8 mars. Des « féministes » nous demandaient, à nous qui portions le foulard, si nous étions pour ou contre l'avortement, pour ou contre l'égalité des hommes et des femmes, nos positions sur l'homosexualité et j'en passe. Nous devions prouver que nous étions féministes, mais quelle que soit la réponse que nous leur apportions, le fichu sur notre tête nous disqualifiait d'office. On ne peut pas être féministe et porter le foulard. Une féministe doit exhiber son corps, elle doit renoncer à sa foi

En quoi ce bout de tissu que j'ai sur ma tête remet en cause des années de luttes de femmes ?

Parlons de ces luttes justement, que des femmes ont menées pour s'émanciper de la domination masculine. Elles les ont menées contre les diktats des hommes qui définissaient la longueur de leurs cheveux et de leurs vêtements. L’ironie du sort, c'est que ces mêmes femmes, qui ont tant lutté pour obtenir la liberté de choix, veulent interdire à d'autres femmes d'avoir des choix différents des leurs. Elles reproduisent sur d'autres femmes qui ont seulement décidé d'adopter d'autres règles vestimentaires que les leurs les mêmes violences qu'elles ont subies

Pour nous féministes, musulmanes portant le foulard, nous devons tenir sur plusieurs fronts. Accusées par la communauté féministe mainstream de trahir leurs luttes, nous ne sommes pas comprises à l'intérieur de notre communauté de foi qui réduit le féminisme à cette lutte acharnée pour exhiber le corps des femmes. Et puisque nous sommes des femmes, la lutte pour l'égalité se fait à plusieurs niveaux aussi, nous devons lutter pour l'égalité avec les hommes mais aussi pour l'égalité avec les « féministes » qui combattent la religion et le foulard

Pour nous, ni la lutte de classe, ni celle de race ne doivent être mises au-dessus des autres luttes, c’est contre toutes nos oppressions que nous luttons en parallèle, nous sommes multiples, nous sommes à des croisements. Enfin une vraie bouffée d’oxygène

23 mars 2015

genre et classes... populaires en Angleterre

un livre anglais de 17 ans traduit en français

féminisme et critique du genre / critique de classe revue par Vincent Bollenot féminisme et critique du genre / critique de classe 1997

"On est sorties à Manchester l’autre samedi, toutes les trois. C’était bien en fait, on s’est bien marrées. Mais à un moment on est allées dans le quartier bourge, et on se marrait devant les chocolats en se demandant combien on en aurait mangé si on avait pu se les payer, et il y a cette femme qui nous a lancé un regard. Si les regards pouvaient tuer. Genre, on était là, c’est tout, on faisait rien de mal, on n’était pas crades ni rien. Elle nous a juste regardées. On aurait dit que c’était chez elle et qu’on n’avait rien à faire là. Ben tu sais quoi, on est parties, on n’a plus rien dit pendant une demi-heure. T’imagines ? On s’est bien fait remettre à notre place. On aurait dû lui mettre notre poing dans la gueule. C’est des trucs comme ça qui te dégoûtent de sortir. Il vaut mieux rester chez soi."

La matière première de ce livre est une série d’entretiens menés par Beverley Skeggs avec quatre-vingt-trois jeunes femmes issues de la classe ouvrière anglaise, inscrites à une formation d’aide à la personne et travaillées par leur propre respectabilité. Abordant leur rapport à la sexualité, à la classe ou au féminisme, cet ouvrage vient apporter un prolongement essentiel aux travaux de Pierre Bourdieu et de Paul Willis.

« L’auteure montre dans ce livre à quel point les subjectivités, les façons de se comporter en public mais aussi les ressentis intimes sont largement produits par les appartenances de genre, qui ne peuvent être pensées indépendamment des appartenances de classe. En plus de ces deux facteurs, Beverley Skeggs souligne l’importance de la composante « raciale »1 dans la construction des subjectivités (elle montre à plusieurs reprises l’importance du fait que les femmes qu’elle étudie soient blanches). À travers sa démarche, se lit une véritable ambition d’appréhender les individus comme situés à l’intersection de plusieurs facteurs de domination, vécus simultanément et indissociablement : classe, genre, « race », (in)validité, âge, lieu de vie, etc.. Le concept d’intersectionnalité n’est pourtant pas nommé, car il était encore peu usité au moment de l’écriture de Formations of Class and Gender: Becoming Respectable. Beverley Skeggs démontre avec cet ouvrage que la démarche intersectionnelle peut amener à un discours scientifique et politique puissant, pour peu qu’il ne soit pas une déclaration d’intention et que les différentes formes de domination exercées et subies simultanément soient réellement étudiées.»  revue par Vincent Bollenot

18 mars 2015

femmes, race, voiles...

« Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi la femme est l'avenir de l'homme au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme Aragon

« On fait maintenant partie, non sans difficultés ni oppositions de certaines, du paysage féministe français »

un texte de mai 2010

Féministes découvertes… avec ou sans voile ! Retour sur six ans d’engagement Ndella Paye Mamans toutes égales 14 mars

Je me souviens que chaque fois que je rentrais chez moi, j’étais effondrée, il me fallait plusieurs jours pour me remettre. Les réunions se suivaient et à la veille de chacune d’elles, l’angoisse me gagnait. C’était un vrai combat, mais pas contre ceux que je pensais devoir combattre comme le gouvernement ou encore les personnes qui veulent cantonner la femme à la maison. Mais non ! La lutte était contre des féministes à qui on essayait désespérément de faire comprendre qu’on pouvait être voilée et féministe.

Il ne s’agissait à aucun moment de faire accepter le voile au sens de défendre une position « pour » le voile. Mais dans la tête d’un grand nombre de personnes, le voile ne peut être un choix acceptable dans la liste des choix qu’on nous proposait à travers le slogan : « Mon corps m’appartient, j’en fait ce que je veux ». L’habiller d’un voile ne pouvait être un choix acceptable.

Mais à côté de tout ça, il y avait d’autres femmes, extraordinaires, à nos côtés pour nous montrer que c’était possible, qu’il était possible de lutter ensemble malgré nos différences et divergences. Je pense que leur contact avec nous, musulmanes et voilées, les a fait évoluer sur la place de la femme dans l’Islam, sur les significations diverses du voile. Mais ce dont je suis sûre, c’est que notre contact avec elles nous a fait évoluer. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus ouverte à la critique, et je suis convaincue qu’être contre le voile ne signifie pas toujours être raciste.[...]

On fait maintenant partie, non sans difficultés ni oppositions de certaines, du paysage féministe français. J’ai senti une humanisation du débat pour la première fois depuis 2004, car avant, j’avais l’impression qu’on s’adressait à des animaux quand on nous parlait – et encore les animaux sont très respectés en France – ou alors on parlait de nous comme si nous n’étions pas présentes.[...]

Diviser pour mieux régner a été la stratégie de beaucoup de dirigeants dans le monde, j’espère que les associations féministes françaises ne tomberont pas dans ce piège, car pendant ce temps-là, les inégalités entre hommes et femmes se creusent tant au niveau des salaires, des postes à responsabilités dans les entreprises, à la maison, la parité, et la liste est longue. Ne nous laissons pas distraire par des faux problèmes qui nous plongent dans des faux débats, pendant lesquels le gouvernement fait ses réformes qui ne passeraient jamais si nous étions concentré-e-s sur l’essentiel.

Aux copines Hamida Ben Sadia, Christine Delphy, Catherine Samary, Catherine Cauwet, Monique Crinon, Alice Dula, Suzanne, Katioucha, Cecilia Baeza, Marina Da Silva, Marielle, Houria Bouteldja, Emilie Combaz, Djamila, Sylvie Tissot, et à toutes les autres : merci d’avoir été et de continuer d’être à nos côtés afin de lutter pour les droits des femmes, mais aussi contre toutes les injustices. Merci de montrer que cette lutte ensemble (musulmanes, voilées, non voilées, athées, agnostiques, chrétiennes, juives, etc) est possible. Pour beaucoup, cela a entraîné une rupture avec des copines d’années de lutte, j’espère que ces amitiés se renoueront dans un futur proche.

Amitiés féministes.

féminisme et critique du genre / critique de classe

dans mon approche des interactions entre classes, genre et 'races' ou religions, j'ai soutenu l'idée qu'il n'était pas possible d'articuler empiriquement classe et genre sans passer par la question raciale voire religieuse (concernant l'Islam voir le Christianisme). Je m'appuyais sur les luttes effectives dans lesquelles les femmes tiennent une place prépondérante dans le monde, et particulièrement sur la singularité du Black Feminism, dont l'intérêt théorique a également été souligné par Théorie communiste

aujourd'hui, ayant avancé dans cette insectionnalité à dominante sous le mode de production capitaliste (voir Stuart Hall et Althusser dans le monde et le capital, l'Occident et les autres), je le formulerais autrement particulièrement concernant la France, autour de 'la question indigène' en tant qu'elle prend une place déterminante dans la conjoncture post-Charlie

limites, mais... dynamique ?

pas d'emballement, il ne s'agissait dans ce texte que d'une « jonction » souhaitée dans le féminisme français, et avec des figures telles que Delphy ou Catherine Samary, pour rompre avec le phénomène de masse d'un féminisme blanc de couches moyennes et supérieures. Cela s'inscrivait encore dans une perspective démocratique, revendicatrice et politique. C'était il y a cinq ans, mais pour l'heure, ce sont en matière de féminisme encore de telles luttes que nous avons sous les yeux. Il n'est toutefois pas improbable que la situation devienne plus tendue, sur cette question comme sur d'autres...

pour tout dire, à voir la fureur anti-religieuse et anti-voile dans le discours "féministe" de certains mecs d'extrême-gauche, je pense qu'ils sont plus réellement machistes que vraiment racistes. Mais l'un n'empêche pas l'autre, et que les femmes s'en mêlent sur ce double terrain, qui implique de fait la dimension sociale, c'est encore par les temps qui courent une des meilleures nouvelles. J'y vais de mon couplet aragonien* revisité : les femmes sont l'avenir des hommes !

* en introduction à mon long feuilleton « la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) » sur le défunt forum Jazzitude en 2013, j'écrivais :

« Il n'aura pas échappé à la sagacité de mes lectrices, et autres pro-féministes en tous genres, que le titre de ce sujet porte l'infâme signe de mon essentialisme primaire, puisque j'écris "la femme...", et non "les femmes...". J'ai beau en faire un détournement d'Aragon, et lui conférer au fil des pages un sens différent que l"écrivain-poète ne pouvait en son temps lui donner, pas plus que Marx voir dans la reproduction du capital d'abord celle des prolétaires sortis du ventre des femmes, il n'empêche ça la fout mal. Cela dit, citer Aragon est toujours un plaisir, celui d'emmerder les "gauchistes" qui ne l'ont pas lu, mais pour qui il ne fut jamais qu'un stalinien.

Comme excuse, je ne peux qu'attirer l'attention sur le fait que toute la documentation apportée ici s'inscrit contre l'essentialisme, puisqu'elle porte sur des femmes singulières, des individualités qui ont joué du jazz instrumental, au même titre que les hommes, avec ou sans eux, et malgré toutes les contraintes à surmonter en tant que femmes de leur temps, ceci dans les milieux du jazz qui furent longtemps des plus sexistes, que l'on soit une "Noire" dans la communauté africaine-américaine, "Blanche" dans l'Amérique alors ethniquement dominante, ou l'une ou l'autre dans les mélanges qui ont suivi.

Poursuivre la question supposerait de se pencher sur la place des femmes dans le rap et le hip-hop, puisque c'est la musique qui a remplacé le jazz dans les classes populaires. Je ne suis pas compétent pour le faire, et cela semblerait sortir des frontières musicales de ce forum.

quant à la formule d'Aragon, je l'expliquais ainsi :

Ce titre est naturellement un détournement du vers d'Aragon, La femme est l'avenir de l'homme. C'est en 1963 dans Le Fou d'Elsa qu'on trouve ce vers : « L'avenir de l'homme, c'est la femme, elle a la couleur de son âme ». Aragon commente : « Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi la femme est l'avenir de l'homme au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme

féminisme et critique du genre / critique de classe

esprit de l'escalier, pour ma lectrice qui aime les images, petite pub pour les centaines que j'ai regroupées (si elles n'ont pas disparu dans le séisme de mon ordinateur), ici : Images de musiciennes de l'antiquité à nos jours. Ça ne vaut pas un bon travail d'historien ou d'anthrologue de la musique, mais ça peut aider à balayer quelques idées reçues

13 mars

vulnérabilité et conflictualité féministe en Indonésie

Rendre les femmes visibles : un véritable défi en Indonésie AlterAsia 9 mars 2015

féminisme et critique du genre / critique de classe ONG Pekka

Nani Zulminarni, militante pour l’autonomisation des femmes, partage ses points de vue sur l’égalité des sexes, le mouvement des femmes et l’évolution de leur rôle en Indonésie.

un entretien intéressant pour ses informations, la signification de "l'autonomisation des femmes et des filles", la méfiance des cadres organisés des "Objectifs de développement durable", etc.

rien d'une insurrection pour "abolir le genre", rien d'une émeute attirant les curieux d'un écart policier, des choses terre à terre dans leurs limites, juste que cela concerne, aujourd'hui et pas pour faire la révolution dans dix ans ou vingt ans, sans transition pendant un siècle que nous ne connaîtrons pas, ni ne saurons qui aura eu raison avant tout le monde : elles s'en foutent et elles ont raison

juste la vie quotidienne qui concerne la vie de dizaines de milliers de prolétaires, femmes, enfants, et même des mâles du coup...

17 décembre 2014

Enragées dans la Révolution française

nombreuses sources et documents (« notamment sur les clubs de femmes ») sur le blogue historien de Claude Guillon

« La révolution française, maintenant. Je pense, avec bien d’autres (Kropotkine, Guérin, etc.) que c’est une matrice qui n’a pas produit tous ses effets. Elle est, malgré une production historienne surabondante, encore trop mal connue et mal comprise. J’ai choisi de m’intéresser à la fraction qui me semble la plus radicale, et la moins étudiée aussi, celle des Enragé(e)s ; je marque bien le « e » du féminin parce que plusieurs des figures les plus intéressantes sont des femmes et qu’elles posent en actes un certain nombre de problèmes auxquels nous nous heurtons encore aujourd’hui. Par ailleurs, je pense que pour qui s’intéresse à la démocratie directe, l’étude de la Révolution française est indispensable.» entretien avec Claude Guillon, Libertalia 2009

féminisme et critique du genre / critique de classe

13 septembre 2014

Roland, Jules, Betty... et les autres à propos de Caliban et la sorcière, commentaires dndf

« pour le commentaire de « Jules », il s’agit plus d’une erreur de territoire. Madame le professeur s’est égarée sur un blog « militant », « théorique », je ne sais pas comment le définir [sic, moi non plus]. Elle aborde ce qu’elle lit sur dndf avec ses lunettes académiques [...] » Betty « Scum » Michel, source

je partage l'avis de Betty, tout se passe comme si RS et Lisbeth n'avaient pas saisi que Jules (Falquet) est une universitaire. Mais si elle a commis une « erreur de territoire », ce n'est pas seulement pour appartenir à une supposée élite intellectuelle dénigrée paradoxalement chez d'autres, et de façon démagogique par Lisbeth (qui me fait payer ma critique antérieure de sa position a-classiste dans une photo, avec déjà la complicité de l'ineffable tartuffe Pepe). C'est fondamentalement par défaut de sa critique du capital sur une base de classe, dont découle son point de vue alternatif, une pratique politique féministe qui n'est que le prolongement d'une conception théorique ratant l'articulation classes-genre

je ne m'étonne plus de cet opportunisme durable chez pepe, quand il préfère s'épargner des mises au point sur la "ligne générale" de son blog dndf supposé lié à Théorie Communiste, pour préserver un certain anarchisme (Jura Libertaire et autres liens...), et un féminisme d'une radicalité aux frontières floues : les deux ont en commun de ne pas saisir le capital comme mode de production/reproduction, focalisés que sont les premiers sur l'Etat (policier), les secondes refusant d'inclure la reproduction de la domination masculine comme une nécessité pour le capital. C'est en substance l'opposé des thèses de Théorie Communiste sur les contradictions de classe et de genre, et ce petit jeu malsain n'est pas compensé pas la fière primeur de dndf sur quelques textes de son milieu... nul n'est irremplaçable. À quoi bon rappeler les bases en citant Roland Simon voire Federici complétant Marx, si c'est pour les "oublier" à la première tentation de ne pas déplaire ? Après ça, on peut toujours venir pleurer que Senonevero serait mal compris... On fut jugé 'agent double' pour moins que ça

je comprends moins que les errances de son camarade semblent échapper à Roland Simon, qui ne relève d'ailleurs pas ce problème de fond chez Jules Falquet mais seulement son « agressivité », et laisse supposer que deux lignes incompatibles navigueraient de conserve au sein de Théorie Communiste. Du côté de la théorie, un 'centralisme démocratique' digne du meilleur "stalinisme", de l'autre avec ce blog des velléités d'indépendance égo-gérée faisant douter de cet ancrage théorique, en toute discrétion pour de non averti.e.s. Des principes à géométrie variable pour ratisser plus large ? Comme quoi chacun peut balayer devant sa porte ses incohérences en pratiques théoriques, que traduisent ces relations ambivalentes avec d'improbables ami.e.s de la révolution communiste. Bref, la leçon de l'accouplage désastreux de Sic n'a pas été tirée

toujours est-il que cette discussion pourrait avoir un tout autre intérêt, dans le prolongement du texte initial de RS, pour saisir les luttes dans leur perspective communiste, et quant à l'articulation des thèses théoriques de Silvia Federici et de leur lecture politique, car là réside l'enjeu d'un combat contre une idéologie montante fondée sur les 'communs'. Mais avec une telle gestion du blog faisant fuir les braves gens honnêtes, le blabla peut s'enliser en évacuant d'emblée les échanges essentiels. Pauvre RS...

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12 septembre

la conspiration des imbéciles : quand pepe/dndf invite la vulgume pecuse Lisbeth Salander

Lisbeth Salander : « les critiques feraient bien de produire des travaux eux aussi avant de critiquer si légèrement ceux des autres »
C’est marrant comme les auteurs, les intellos, les théoriciens ont cette propension à n’accepter de critique que de l’élite qui leur est égale en création. Le vulgum pecus n’a pas le droit de critiquer s’il n’a pas lui même produit… On dirait du Patloch!!

Jules (Falquet) indique sur son site être entre autres Maîtresse de conférences en Sociologie à l’université de Paris Diderot

"l'élite" (de rouge) que je suis constate combien il peut être jouissif d'envoyer une bassesse et de la relayer aussi légèrement sans vérifier d'un simple clic, mais on a l'habitude, ni le sérieux ni l'honnêteté ne sont le fort de dndf, et sur ce coup Roland Simon n'est pas en cause

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9 septembre

à propos de Federici et Théorie Communiste, des remarques de Jules Falquet dndf 8 septembre

suivies de mes commentaires

Bonsoir!
Quand je lis que « les femmes «font des enfants» », je n’ai déjà plus envie de lire… Comme si les femmes faisaient des enfants toutes seules (sans pères) et en dehors de tout cadre social-historique, sans grossesse forcées, sans contraception, sans avortement, sans infanticide, sans abandon, sans adoption etc… Sans préférence pour certain type d’enfants (filles ou garçons, légitimes ou bâtard-e-s, blanc-he-s, noir-e-s ou métis-se-s et de quel degré de métissage)… Il faut lire un peu d’anthropologie (et d’histoire), garçon!
Parce que penser qu’il faut prendre en compte le « fait » que les femmes « font des enfants » ça veut dire qu’on a jamais réfléchi plus loin que le bout de son nez sur une question assez fondamentale de l’organisation sociale, même quand on croit être un grand intellectuel.
Pour le reste du livre de Federici, déjà les critiques feraient bien de produire des travaux eux aussi avant de critiquer si légèrement ceux des autres, et ensuite, si on peut critiquer quelque chose, c’est bien la vision malheureusement complètement hétérosexualisée de l’auteure, et peu encline à penser l’imbrication des rapports sociaux. Pour elle, si un seigneur exploite les serves et les serves, c’est une question de classe (et pas de sexe, pourtant le seigneur qui exerce le droit de cuissage, ce n’est pas un homme peut-être?
Il y aurait énormément d’autres choses à dire de l’ouvrage (et des autres travaux, passionnants, de Federici) mais ce sera une autre fois

Jules Falquet, féministe honorable, est aussi une intellectuelle, universitaire comme Silvia Federici, et comme elle intervenant sur le terrain, en Amérique centrale notamment. Je m'étonne par conséquent d'un tel contre-sens de lecture pour attribuer à TC (ou d'autres) de « penser qu’il faut prendre en compte le « fait » que les femmes « font des enfants »

dans le premier texte de Roland Simon sur la question, qui a bouleversé le corpus de TC - Distinction de genres, programmatisme et communisation, 8 juillet 2008 -, on peut lire : « Les femmes font des enfants, mais il n’y a rien là de naturel à ce que ce fait définisse une « entité sociale » plus que tout autre caractéristique ou détermination. Si « faire des enfants » devient la définition d’un groupe de personnes, les femmes, cela est une pure construction sociale. » Il s'agit donc d'une critique de la naturalisation du fait que « les femmes font des enfants ». La suite de la critique de Falquet (grossesse, avortement...), est aveuglée...

Là où elle n'a pas complètement tort, c'est que TC ne redresse pas cette demi-vérité en précisant que « les femmes et les hommes font des enfants ensemble » et cela ne relève pas d'une construction sociale, c'est un fait depuis les origines de l'humanité, un fait biologique qui devient social avec ce qui s'en suit et produit cette affirmation indiscutable « les femmes font des enfants ». Qu'elle ne soit pas discutée en tant que telle, comme demi-vérité biologique, par Théorie Communiste , mais comme base d'une construction idéologique historique et sociale, ne va pas sans se demander pourquoi ? Et poser la question, c'est presque y répondre, parce que tout s'en suit à partir d'une incapacité de Théorie Communiste à prendre en compte pour ce qu'ils sont les rapports des humains à leur environnement social-naturel, dans sa conception du capital comme mode de production comme dans celle de la communisation dépassement/abolition du capital et du genre/p>

de même, quand Jules Falquet met en cause Federici en affirmant que « Pour elle, si un seigneur exploite les serves et les serves, c’est une question de classe (et pas de sexe, pourtant le seigneur qui exerce le droit de cuissage, ce n’est pas un homme peut-être ? », je ne sais pas comment elle l'a lue, mais je suis certain qu'elle n'a rien compris à l'intrication réciproque de la contradiction de classes et de la domination masculine, telle que la théorise Théorie Communiste et telle que je la conçois sans partager cette conception. Le servage est évidemment une exploitation de classes, et cela n'empêche qu'elle se redouble de la domination mâle du Seigneur, de la domination mâle des serfs sur les serves, et même de la domination de classe et de genre de la Dame sur la classe des serfs, comme ce fut le cas dans la Démocratie à Rome, tant admirée pour son égalité des sexes... du haut

en vérité, Jules Falquet ne veut rien entendre ou comprendre à la contradiction de classe, ce dont ses textes témoigent abondamment, un exemple parmi d'autres qui justifie la mise au point de Roland Simon. Quand je songe que c'est elle qui, en l'absence de Silvia Federici, a présenté son livre à Paris en juin dernier (source Entremonde, co-éditeur), je ne peux qu'en rajouter à mon approbation, tous désaccords avec TC bien compris par ailleurs. La place de Jules Falquet dans le féminisme français, et au sein de l'alternative d'Université, et le fait qu'elle réagisse en commentaire de dndf, semble indiquer que l'opération idéologique est bien partie, et promet enfin l'ouverture de débats de fond sur l'articulation classes/genre. Le silence de la critique communiste radicale en général, et dans le milieu favorable à la communisation en particulier, en est d'autant plus regrettable. J'y vois un symptôme supplémentaire de la crise théorique qui justifie plus largement mon appel à une refondation

PS : accessoirement, il y a quand même une chose que je partage avec Jules Falquet : « Pour le reste du livre de Federici, déjà les critiques feraient bien de produire des travaux eux aussi avant de critiquer si légèrement ceux des autres... ». Quand on constate la suffisance hautaine de certains moines soldats de la communisation, qui ne peuvent pas écrire dix lignes sans réciter leur gourou, on est en droit de sourire de leur critique du militantisme... des autres

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5 septembre

une critique "de" Silvia Federici par Roland Simon

Au sujet de « Caliban et la sorcière » dndf 5 septembre

c'est la rentrée, le vin nouveau est arrivé. Comme je l'avais prédit, Roland Simon tombe à bras raccourcis sur ( "la lecture" de) l'ouvrage de Silvia Federici publié par le collectif des éditions Senenevero auquel participe son groupe Théorie Communiste (TC). Rien que de logique à cette réaction somme toute salutaire, mais...

d'une part, Roland Simon (RS) précise d'entrée : « j’ai été favorable à sa publication. J’y voyais (et j’y vois toujours) une importante contribution historique et théorique à l’analyse de la construction du groupe femmes dans le mode de production capitaliste à partir de sa définition socialement construite comme « reproductrice » sur la base de la population et de la force de travail comme principale force productive. Une production théorique du groupe femmes qui, contrairement à un «constructivisme» qui souvent contourne la chose, ne recule pas devant le fait que les femmes «font des enfants», ce qui n’a rien d’essentialiste ou de naturel et que le travail de Federici confirme.»

sur ce point essentiel que je partage, l'ouvrage de Federici apporte de l'eau au moulin de la thèse de Théorie Communiste sur l'inséparabilité de l'exploitation capitaliste et de la domination de genre, la genèse de leur construction historique et sociale, et leur nécessité depuis pour le Capital jusqu'à son moment présent

j'avais par contre, dans ma polémique contre TC à partir de fin 2013, souligné que le contenu de l'ouvrage se retournerait aussi contre la manière dont Théorie Communiste intègre à son corpus la contradiction de genre, et par suite, sur sa vision de la perspective révolutionnaire comme « abolition du genre », un pas que ne franchit pas Federici (voir mes textes et leur évolution depuis la méthode et son double, une vision d'hommes ? Pour une refondation en théorie communiste, la méthode et son double, une vision d'hommes ? Pour une refondation en théorie communiste / 22 déc 2013

« Ce qui m’avait échappé, ce que je n’avais pas pressenti, malgré la préface de l’auteure, c’est la lecture qui serait faite de l’ouvrage. Le peu d’écho, pour l’instant, en France, de l’inepte idéologie des Commons, m’avait fait négliger ce qui était pourtant clair dans la préface. [...] Encore une fois se vérifie que quand une théorie plait, c’est qu’elle est inoffensive. L’idéologie des Commons, comme lecture proposée (imposée ?), neutralise et conjure ce qu’il pouvait y avoir de dérangeant dans le corps de la thèse exposée.
Non seulement elle la neutralise mais encore elle est contraire à la ligne éditoriale de Senonevero (est-ce un effet de la coédition, mais la plateforme éditoriale est absente de cet ouvrage). Autant ce livre est nécessaire, autant je crois qu’il est nécessaire de dire clairement mon opposition à cette grille de lecture, même si elle est le fait de l’auteure (les auteur(e)s ne sont que des accidents de la pensée).

L’idéologie des Commons n’est qu’une énième variante de l’increvable idéologie de l’alternative.[...]

ici, je ne saisis pas très bien comment l'auteure pourrait proposer une thèse et une « grille de lecture » qui s'en démarquerait, à moins que Roland Simon ne veuille épargner Federici des critiques lourdes qu'il adresse à l'idéologie des Commons. Ce point n'est pas très clair - certes, une polémique directe avec Federici n'apporterait rien -, mais il est vrai que ma propre lecture, au-delà de "Caliban et la sorcière", des textes plus récents de Federici, laisse en suspens une critique plus profonde quant à ses tentations démocratistes alternatives. Peu importe dans la mesure où ses apports de théoricienne sont plus importants que les positions politiques qu'elle en tire (donc sa « grille de lecture »). RS a donc raison de porter sa critique sur l'usage idéologique qui est fait de ses textes. J'avais au demeurant relevé d'emblée chez elle un rien de « naïveté » démocratique, d'autant qu'elle n'aborde pas franchement les affrontements de classes sur leur terrain génétique, l'exploitation

par ailleurs, et concernant particulièrement la France, j'ai initié une critique radicale de l'idéologie du Commun, cette fois, dont on voit assez ce qu'elle partage avec celle des Commons, même si, dans leur ouvrage éponyme, Commun, Dardot et Laval établissent une distinction qu'ils veulent capitale. D'une certaine façon, leur approche est encore plus réformiste, et je n'ai pas manqué de les opposer à Federici mais aussi à Negri, voir commun et/ou communisme : révolution ou réformisme ? Roland Simon ne parle pas de cette parenté/distinction entre les deux concepts, si bien que je reste sur ma faim, entre ce que sa critique aurait de commun (sic) avec la mienne, et en quoi elle s'en séparerait. Dommage, parce qu'en France, la nébuleuse alternative démocratiste me semble plus se structurer autour des Dardot, Laval &Cie qu'autour de livres en quelque sorte plus conséquents dans leur critique du capital, tels que ceux de Federici

Roland Simon ré-introduit sa critique au long cours de tout ce qui s'apparente à une perspective de dépassement du capital fondé sur une contradiction externe, et il rabat sur cette extériorité toute idée des Commons, ou du Commun - ici pas d'importance car c'est en tant qu'ils peuvent avoir un même fond idéologique explicite ou non, et il suffit de voir ce qui en est fait massivement et médiatiquement pour ne se faire aucune illusion quant à cet usage : « quand une théorie plaît... »

« Pour créer des «territoires de résistance» comme dit Federici dans l’entretien, il faut ne pas être un «sans réserve», ne pas être un prolétaire, il faut posséder un territoire, des moyens de production aussi rudimentaires soient-ils. A moins d’attendre que les ouvriers de Sochaux s’emparent du Territoire de Belfort pour y chasser le lion. C’est étrange cette opposition au capital qui, de fait, exclut la classe ouvrière. Et si c’était le but, le non-dit enfoui ? Les «Commons» ont fait une croix sur la lutte des classes, tout le monde est également dépossédé et les profs de fac que le capital dépouille de leur savoir (bien évidemment collectif et social, ils sont toujours prêts à le faire partager …, c’est même leur gagne-pain et leur prestige social) peuvent devenir leaders d’Occupy aux côtés des SDF dépouillés de logements «sociaux».

Rien ne subsiste (si tant est que quelque chose subsiste) dans le monde qui n’ait été reconfiguré (il est vrai à partir d’un matériau existant) par le MPC et n’ait de sens qu’en lui. Ces configurations peuvent devenir des entraves à sa valorisation, elles sont alors éliminées dans toutes sortes de conflits. Rien n’est à nous, tout est à eux et nous ne voulons plus être ce que nous sommes, aussi social que cela soit, car ce social (sans guillemets), c’est le mode de production capitaliste. Ce social est le seul qui existe et seules les pratiques que déterminent ses contradictions internes, y compris celles que les commonners couvrent de leur idéologie, peuvent être révolutionnaires.»

pour ma part, je considère qu'il n'y a pas une voie unique, mais des voies multiples vers la révolution, compatibles et complémentaires, et c'est en ce sens que je n'ai pas rejeté les combats des sans-terre (peut-on affirmer comme RS qu'ils « possèdent un territoire » ?) comme excluant les combats de la classe ouvrière. Voir le plancher de terre : écologie, paysannerie, capitalisme ou révolution du commun ? Je ne lis pas dans le court texte de RS, ou seulement entre les lignes, une distinction claire entre les luttes telles quelles et les idéologies qui les recouvrent, souvent de l'extérieur et sans considération de ce qu'en pensent celles et ceux qui les mènent

alors, dire qu'il y aurait là un « non-dit enfoui », sûrement, mais l'enjeu n'est-il pas de le déterrer en tant qu'idéologie partant des luttes contre le capital telles qu'elles sont, et pas de condamner ces luttes comme relevant systém(at)iquement de l'idéologie alternative, ce que ne fait pas RS, mais... ?

à cet égard, la mise au point de RS sur Occupy, dont Federici fut une figure importante, me semble bien venue, et le mélange des genres "sans" est gros d'accoucher d'« une croix sur la lutte des classes ». On notera à cet égard que Toni Negri ne le fait pas, y compris sous le label multitude, et bien que reliant ces combats sous le signe de la dépossession, autrement dit du Commun

en résumé, je partage une part de cette critique, mais je la trouve insuffisamment poussée, mettant brutalement dans le même sac (comme d'habitude la finesse dialectienne de RS aboutit à trancher mécaniquement) tout ce qui relève, non même de l'idéologie des Commons, mais les combats qui ne portent pas directement sur l'exploitation, tout simplement parce que ceux qui les mènent contre le capital ne sont pas des prolétaires ouvriers, de même que grandit la population mondiale de migrants et migrantes, déterminant lourdement le présent et l'avenir de la lutte de classes

au total je ne parviens pas à saisir ce qu'il aurait chez moi d'incompréhension ou de désaccord, mais je ne partage pas cette considération sur l'extériorité au capital de tout ce qui ne s'inscrirait pas dans la lutte de classe ouvrière, qui me semble porter les difficultés à cerner ce qu'est aujourd'hui, dans son concept marxien conservé, mais dans ses existences démultipliées, le prolétariat

je ne peux en dire plus parce que j'avoue que je ne comprends pas tout dans ce texte important et finalement salutaire de Roland Simon, qui en dit trop ou pas assez pour allez au-delà, et peut-être que lui-même ne sait pas, mais a besoin de se rassurer en tranchant dans le vif du sujet. Au moins Roland Simon a-t-il le mérite ici de secouer les coco-tiers *, et il est bon que les débats puissent se rouvrir dans cette morne période pour la pensée critique radicale, sans parler du silence de plomb des so called 'communisateurs'

* ce texte est à ma connaissance le premier en France (en dehors des remarques de Temps Critiques mais d'un tout autre point de vue), à ne pas rejoindre la cohorte des réceptions positives de « Caliban et la sorcière », quand les "camarades" ne se contentent pas de reproduire la quatrième de couverture. De même que mes critiques de 'Commun' de Dardot et Laval tranchent avec sa réception française globalement positive, alors qu'elle s'est attiré les foudres de Negri dans un texte italien toujours pas traduit en français. Quelque chose est en panne dans la critique communiste en France, cette province attardée des héritiers de Marx

PS : je crois comprendre pourquoi RS n'a pas été suivi par l'ensemble du collectif Senonevero... et je trouve cela au moins amusant. Une prise de position collective ne m'aurait pas semblé incompatible avec la position de co-éditeur. C'est donc que le problème est ailleurs, et comme le dit à mi-mots RS, mieux vaut que les désaccords soient reconnus même en l'absence de leur expression claire, plutôt que recouverts par des compromis illusoires. Autrefois j'y aurais vu un manque de franchise, aujourd'hui  j'en ai pris mon parti

un commentaire de pepe

Plutôt d’accord avec cette critique de RS mais….
Ce bouquin présente un avantage énorme: il est la preuve que la théorie n’appartient pas à celui ou celle qui en est, par le hasard des singularités, le ou la dépositaire, le réceptacle ici et maintenant.
L’utilisation politique assez minuscule que fait Federicci de sa recherche, c’est-à-dire la valorisation artificielle des « Communs » d’hier, disparus, pour pouvoir appuyer des aspects qui y ressembleraient n’est rien à coté de l’importance théorique de son travail. Inscrire historiquement, factuellement, la construction de la domination des femmes par le capitalisme consubstantiellement à la fabrication du prolétariat et à l’accumulation primitive dans le passage du féodalisme au capitalisme, je pense que c’est tout à fait majeur et complémentaire du travail de TC sur l’articulation « distinction de classe/distinction de genres ».
Du coup, et cela peut donner une petite explication de la non réaction chez Senonevero, il fallait à tout prix publier ce livre, quoiqu’en fassent ensuite les militant(e)s modernes, y compris l’auteure!!

une fois n'est pas coutûme, nous nous rejoignons notamment sur la nécessité de publier ce livre, que ne remet pas en cause RS, sur la distinction entre les apports théoriques de Federici et ses positions politiques, mais cela n'explique pas « la non-réaction de Senonevero », à qui personne ne demande de remettre en question de choix de traduction/publication, mais de prendre la distance comme peut le faire un collectif éditeur avec les tenants et aboutissants d'une publication. La cuisine interne de Senonevero n'est pas l'enjeu, mais l'absence de mise au point du collectif d'édition peut laisser entendre une ambiguïté opportuniste relativement à la ligne éditoriale

quant au fond, parler de « l’utilisation politique assez minuscule que fait Federicci de sa recherche, c’est à dire la valorisation artificielle des « Communs » d’hier, disparus, pour pouvoir appuyer des aspects qui y ressembleraient » est à côté de la plaque, du moins au niveau du sérieux avec lequel j'ai traité la question. C'est une façon devenue habituelle à TC de botter en touche, concernant des questions (comme la race...) que TC n'a pas approfondies, considérant qu'elle seraient réglées par quelques phrases à la serpe de ses membres, y compris le plus illustre. Et toujours cette suffisance et ce mépris des troisièmes couteaux... Ah ! Pepe...

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3 juillet

la critique du genre n'est pas une longue rivière calme

« Dans un café parisien, début 1997. Deux hommes au comptoir ; L’un lance à la ronde une bonne histoire : « Savez-vous la différence entre une femme et une poubelle ? Non ? Eh bien, il n’y en a pas. On les remplit pendant la semaine et on les sort le week-end. » Réaction d’une cliente, qui ne « consentait » pas à ce qu’on place les femmes hors des limites de l’humain : « Oui… et c’est quoi, les ordures ? » Silence stupéfait de l’orateur. Il n’y avait pas pensé… »

un sommaire alléchant, mais loin du marxisme, beaucoup de personnes

féminisme et critique du genre / critique de classe

 Rendre visible l’oppression des femmes à travers la construction même de la différenciation sociale des sexe

Notes de lecture, Didier Epsztajn

Nicole-Claude Mathieu s’attache à « rendre visible l’oppression des femmes à travers la construction même de la différence sociale des sexes ». Il ne s’agit pas de simple différenciation « mais de hiérarchisation des sexes, avec affirmation de la prévalence masculine ».

L’auteure analyse « la division sexuelle du travail de reproduction », la relative infertilité des femmes, la dissociation « entre pulsion sexuelle et mécanismes hormonaux de la procréation », l’organisation sociale de la reproduction, la division socio-sexuée du travail (modalités, hiérarchisation, taches interdites aux femmes…). Elle parle de différenciation sociale, d’assignation de fonctions différentes « dans le corps social en entier », de normes hétérosexuelles, de rapports entre sexe et genre, de naturalisation de la catégorie « femme », d’occultation des rapport de pouvoirs. Elle critique aussi les dérives de la notion de genre, l’oubli des femmes, de l’oppression, la survalorisation des dimensions discursives… « l’inversion de sexe n’est pas obligatoirement une subversion du genre » et l’auteure préfère « clarifier l’économie politique du genre que le « troubler » à l’économie ».

Les textes au « croisement » des études féministes et de l’anthropologie sont d’un apport considérable. Nicole-Claude Mathieu critique les biais sexistes des scientifiques, leur andocentrisme, et souligne à la fois les « mécanismes d’invisibilisation des femmes » et « leur sur-visibilisation comme êtres pensés plus naturels que les hommes ». L’auteure revient sur Lévi-Strauss et « L’échange des femmes », les sociétés matrilinéaires et matrilocales, les mythes du matriarcat, leur construction et pour reprendre, comme l’auteure, une formule de Cynthia Eller « Un passé inventé ne donnera pas aux femmes un futur ».

L’auteure parle aussi des corps, « parler des corps féminin ou masculin n’est pas la même chose que de parler de corps de femme ou d’homme ». Elle souligne « la différenciation sociale des sexes », « les traitements asymétriques des corps féminins et masculins ». Nicole-Claude Mathieu analyse le corps reproducteur, son contrôle, l’appropriation des femmes, les mutilations du sexe, « il faut s’élever contre la mise en équivalence des mutilations sexuelles réalisées sur les corps mâles et femelles ». Il n’y a en effet rien de comparable entre circoncision et excision, infibulation. L’auteure souligne la « transformation de la sexualité des femmes en sexualité de service au bénéfice de l’homme » et dénonce le relativisme culturel qui permet de justifier les violences contre les femmes. Relativisme qui conduit certain-e-s à nier la domination et les violences exercées sur les femmes, sans oublier leur manque de soutien aux luttes des femmes pour leur autonomie.

Nicole-Claude Mathieu revient sur la notion de consentement, largement traité dans le volume précédent de ses textes. Elle discute de la « conscience de soi », souligne le travail à la fois continu et dispersé des femmes, leur sous-nutrition, la fatigue physique et mentale liée à la responsabilité des enfants, leur dés-armement, l’entrave à l’utilisation de l’espace public, les sévices physiques et verbaux, les contraintes sexuelles… L’auteure parle de la « banalité, banalisation, trivialité de la domination masculine ».

Je souligne l’intérêt du texte « Remarques sur la personne, le sexe et le genre », les analyses sur la personne humaine, la personne sexuée, la personne en sa qualité, la personne clivée, la personne effacée, la personne dépersonnifiée, la personne éphémère…

J’ai particulièrement apprécié la critique pleine d’humour, que fait l’auteure de Pierre Bourdieu et de sa « Domination masculine », une critique tant de la méthode que des argumentaires. Texte se terminant par deux phrases de Christiane Rochefort : « L’oppresseur n’entend pas ce que dit son opprimé comme un langage mais comme un bruit. C’est dans la définition de l’oppression »

Un point me semble très discutable. Partant de l’organisation sociale de la reproduction, des mécanismes visant à augmenter la fécondité des femmes, Nicole-Claude Mathieu indique que « la reproduction est un travail, socialement organisé comme tout travail ». Je souscrit à la formulation, contre la plupart des lectures « marxistes ». Cependant, je ne pense que l’on puisse en déduire que « l’instrument de production est le corps de la femme, le produit, c’est l’enfant ». Le corps des femmes n’est jamais réductible, séparable de leur être, il n’est donc jamais un outil. Corps et force de travail ne sont pas assimilables. « Engendrer » est toujours une activité sociale, non une simple production d’enfants suite à une « location d’utérus ». L’auteure évacue les contradictions qu’elle souligne ailleurs. Derrière des formulations pour le moins inadéquates, que l’auteure rattache de manière très simplificatrice à des analyses marxistes, il s’agit à mes yeux d’extrapolations plus qu’hasardeuses. Sans oublier que d’autres y trouve des argumentaires pour justifier aujourd’hui la GPA, le système prostitueur, etc…

Au delà du désaccord, il me semble nécessaire de poursuivre les débats sur la « production du vivre », pour utiliser une formule de Danielle Kergoat et répondre à la question posée aussi par l’auteure « pourquoi une apparence de permanence sociale serait-indépassable ? » Dépasser des rapport sociaux, le système de genre et non les entériner en faisant de chacun-e des marchandises. [...]

 

 

 

Mots clés
GUILLON Claude
classe genre race : communisation, pour une mise à jour / 6 janv 2014 

8 mai 2014 : ce serait à suivre dans critique de 'genre' et du capital, femmes et communs...

8 mars 2014

avec Silvia Federici Revolution at Point Zero, House Work Reproduction and Feminist Struggle (PDF)

le livre à paraître Caliban et la Sorcière est paru en anglais il y a 10 ans : PDF (on peut toujours regarder les images)/

autres textes plus récents Free access online articles 

en 2012 paraît une compilation présentant l'intérêt d'être plus en prise sur le temps présent, avec la reproduction dans la globalisation capitaliste et l'enjeu des 'communs' dans les luttes des femmes

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

 En voici le sommaire :

  • Part I: Theorizing and Politicizing Housework         
    Wages against Housework (1975)           
    Why Sexuality Is Work (1975)      
    Counterplanning from the Kitchen (1975)    
    The Restructuring of Housework and Reproduction in the
    United States in the 1970s (1980)    
    Putting Feminism Back on Its Feet (1984)    
  • Part II: Globalization and Social Reproduction
    Reproduction and Feminist Struggle in the New International
    Division of Labor (1999)     
    War, Globalization, and Reproduction (2000)   
    Women, Globalization, and the International Women’s
    Movement (2001)     
    The Reproduction of Labor Power in the Global Economy
    and the Unfinished Feminist Revolution (2008)   
  • Part III: Reproducing Commons
    On Elder Care Work and the Limits of Marxism (2009)  
    Women, Land Struggles, and Globalization: 
    An International Perspective (2004)   
    Feminism and the Politics of the Common in an Era of 
    Primitive Accumulation (2010)

lecture publique par Silvia Federici (vidéo 2 heures) 

22 janvier 2014 la communisation comme abolition du racialisme + hic salta ou franchir le pas : TC (contre Marx ?) une théorie blanche occidentale les 2 textes en version à imprimer12 janvier Pour s'y retrouver, restructuration capitale et sommaire, liens actifs

6 janvier

Je formule le projet d'un prochain texte Classe Race Genre, pour une mise à jour des théories de la communisation. Ce texte partira de l'idée que ces trois contradictions, chacune avec ses spécificités, est intersectionnée (s'articule) avec les deux autres pour structurer ensemble le mode de production capitaliste [suite 6 janvier]

La communisation est l'abolition simultanée, par une révolution des exploité-e-s, dominées et racisé-e-s mêmes, des classes sociales, du genre (la domination masculine) et du racisme, et dans le même mouvement de l'argent, de l'économie, du travail et des médiations sociales qui les accompagnent (Etats, Nations...). En bref, c'est l'abolition du capitalisme comme un tout.

Une question importante est de savoir quels sont les présupposés théoriques du "démocratisme radical" dans l'articulation genre/race/classe, dans l'esprit de 'l'intersectionnalité', abandonnant le 'programme ouvrier' dans lequel le capitalisme était la seule contradiction à dépasser par la prise de pouvoir, pour un ensemble de "dominations" ou d'"oppressions". Ce qui se gagne en articulations se perd en structuration, aboutissant à un anticapitalisme sans fin, autrement dit le capitalisme sans fin, sans perspective révolutionnaire. À cet égard, les titres des ouvrages ou études donne une indication a priori.

classe genre race : communisation, pour une mise à jour / 6 janv 2014

6 janvier 2014

Je formule le projet d'un prochain texte Classe Race Genre, pour une mise à jour des théories de la communisation. Ce texte partira de l'idée que ces trois contradictions, chacune avec ses spécificités, est intersectionnée (s'articule) avec les deux autres pour structurer ensemble le mode de production capitaliste. Cette structuration de l'unité du capital comme tout s'est construite depuis le milieu du 17ème siècle, pour l'accumulation primitive du capital, en particulier avec le commerce triangulaire (traite et esclavage) et les terres encloses en Angleterre. Le capitalisme au 19ème siècle, devenu mode de production, s'étend par la colonisation et l'intégration des femmes qui participent à la reproduction de la population exploitée, principale force productive. Toute l'histoire du 20ème siècle et de ce début de 21ème est incompréhensible sans considérer ces trois contradictions comme motrices de son évolution en système globalisé à l'échelle mondiale. Chacune est traversée par les deux autres. 

Exemple appelée à faire école (en Afrique et ailleurs), les luttes d'émancipations des Africains-Américains, unissant hommes et femmes, et le Black Feminism, dont l'auto-organisation traduit d'une part la double nécessité de lutter contre la domination masculine noire ou blanche, d'autre part l'impossible unité avec la majorité aclassiste du féminisme blanc.

La France, entre autres pays occidentaux, est aujourd'hui singulièrement confrontée à un problème semblable avec par exemple la stigmatisation des femmes portant le voile, sur fond d'un racisme anti-arabe hérité du colonialisme et du post-colonialisme. Cette réalité participe de la segmentation du prolétariat, et de l'impossible unité du prolétariat contre le capital.

Le féminisme même, en France particulièrement, sera de plus en plus confronté à des conflits internes, tant sur le plan "racial" (cf "affaire du voile" et guerres en territoires 'musulmans'), que sur celui de l'appartenance des femmes à des catégorie sociales en conflits du travail, comme salariées, précaires ou chômeuses face à des femmes de la "classe de l'encadrement" et de la bourgeoisie patronale comme du personnel politique.

Le prolétariat dans son ensemble sera de plus en plus divisé, avec la segmentation économique dans la concurrence pour l'emploi, les intérêts immédiats et leurs traductions dans ses luttes sans possible unité, le fait d'être femme et/ou racisée participant aussi de cette division.

On le voit, il n'est plus possible d'envisager ce qui vient sans intégrer ces trois dimensions, tant dans l'analyse des rapports sociaux et des luttes sur ces trois fronts ensemble ou séparés que dans le chantier ouvert de la théorie révolutionnaire. La guerre est engagée sur ces trois fronts. Il n'est plus possible de repousser un agiornamento de la théorie communiste articulant structurellement ces trois contradictions dans la critique du capitalisme globalisé comme dans la perspective communisatrice à la lumière des luttes qui viennent. La théorie doit être reformulée depuis chacun des trois points de vue articulant les deux autres.

En conséquence, la rubrique social/domination masculine s'appelle désormais communisation : genre classe race 

Il n'est pas exclu qu'un semblable chantier soit à ouvrir dans une quatrième dimension : le genre humain et son environnement.

Ce texte s'inscrira par conséquent comme suite à celui de Communisation Troisième courant 2006 dont la problématique est naturellement bouleversée par sept années d'évolution de la théorie de la communisation prenant en compte structurellement le genre.

la reproduction du capital, de la domination masculine, et des identités délétères / 13 déc 2013 

la reproduction du capital, de la domination masculine, et des identités délétères / 13 déc 2013

- Et quand le Grand Soir sera venu... - Ta bouche, mimi ! Quand le grand soir sera venu, je te connais... tu iras coucher avec un bourgeois !

Ce que ne dit pas cette image, c'est que la grève venue, quand des femmes y participent, les prolétaires craignent plutôt qu'elles couchent avec des camarades... Le bourgeois a bon dos, pour masquer l'appropriation masculine chez les prolos, comme dans les groupes communistes, anarchistes...

 

17 janvier La communisation comme abolition du racialisme texte d'étape13 décembre 2013

Silvia Fererici sur l'identité de genre, l'abolition du genre... Interview mars 2013 Traduction d'extraits et commentaires

PERMANENT REPRODUCTIVE CRISIS: AN INTERVIEW WITH SILVIA FEDERICI By Marina Vishmidt, 7 March 2013http://www.metamute.org/editorial/articles/permanent-reproductive-crisis-interview-silvia-federici

[IDENTITÉ de GENRE... ABOLITION du GENRE...]

I also find it problematic to refer to specific forms of work and exploitation as ‘identities’ – a term that evokes unchanging, essentialising characteristics. But there is nothing fixed or ‘identifying’ in the particular forms of work we perform, unless we decide to dissolve ourselves in them, with what Jean-Paul Sartre would call an act of ‘bad faith’. Whatever the form of my exploitation this is not my identity, unless I embrace it, unless I make it the essence of who I am and pretend I cannot change it. But my relation to it can be transformed by my struggle. Our struggle transforms us and liberates us from the subjectivities and social ‘identities’ produced by the organisation of work. The key question is whether our struggles presume the continuation of the social relations in which our exploitation is inscribed, or aims to put an end to them.

Je trouve qu'il est problématique de se référer à des formes spécifiques de travail ou d'exploitation comme "identités", un terme qui évoque l'absence de changement, une caractéristique essentialiste [...] Nos luttes nous transforment et nous libèrent des subjectivités et des 'identités' sociales produites par l'organisation du travail. La clé de la question est de savoir si nos luttes présument la continuation des relations dans lesquelles notre exploitation est inscrite, ou visent à y mettre fin.

Parler, comme le font les théories de la communisation, de la disparition de l'identité ouvrière, caractéristique du capitalisme dans sa restructuration, n'a rien de nostalgique. Oui les luttes transforment ceux qui y participent... mais la nécessité existe d'une conscience collective (de classe, de 'femmes'...), et même d'abord d'une auto-organisation... pour autant qu'elle ne soit pas une fin en soi, une forme de programmatisme ouvrier ou de féminisme identitaire à préserver. Sur ce point, je ne suis pas d'accord avec S. Federici, sauf à considérer que nous ne parlons pas de la même chose.

For the same reason I am sceptical about calls to ‘abolish gender’.

All over the world women are exploited not only as generic workers or debtors, but as persons of a specific gender, for example through the regulation of our reproductive capacity, a condition that is unique to women. In the United States poor, black women are at risk of being arrested just for the fact of being pregnant, according to a health report issued in the US in January. In Italy single mothers who turn to the social services for some help risk having their children taken away from them and given up for adoption. Again, women in jail receive very different treatment to men. And we could multiply the examples. How do we fight against these ‘differences’ without using categories such as gender and race? From the call centres to the prisons gender and race matter, the bosses know it, the guards know it, and they act accordingly; for us to ignore them, to make them invisible is to make it impossible to respond, because in order to struggle against it we have to identify the mechanisms by which we are oppressed. What we must oppose is being forced to exist within the binary scheme of masculine and feminine and the codification of gender specific forms of behaviour. If this is what ‘abolishing gender’ means then I am all for it.

[...] Ce à quoi nous nous opposons c'est d'être contraint à exister au sein d'un schéma binaire masculin/féminin, avec la codification de formes spécifiques de comportement entre les sexes. Si "abolir le genre" signifie cela, alors je suis complètement pour.

Moi aussi...

But it is absurd to assume that any form of gender specification must always, necessarily become a means of exploitation and we must live in a genderless world. The fact that gender historically, in every society based on the exploitation of labour, has been turned into a work function and a mark of social value does not compel us to assume that gender will necessarily, always be a means of exploitation and we have to pretend that there is no difference between women and men or that every difference will be abused. Even in my own lifetime, what ‘woman’ means has changed immensely. What being a woman meant for my mother is very different to what it means for me. In my own life, for example, I have reconciled myself to being a woman because I've been involved in the process of transforming what being a woman means. So the idea that somehow gender identities are frozen, immutable, is unjustified. All the philosophical movements of the 20th century have challenged this assumption. The very moment you acknowledge that they are social constructs you also recognise that they can be reconstructed. It will not do to simply ignore them, push them aside and pretend we are ‘nothing’. We liberate ourselves by acknowledging our enslavement because in that recognition are the reasons for our struggle and for uniting and organising with other people.

Mais il est absurde de considérer que toute forme de spécification par le genre doit toujours et nécessairement devenir un moyen d'exploitation et que nous devons vivre dans un monde asexué (sans genre). Le fait qu'historiquement le genre, dans toute société fondée sur l'exploitation du travail, a été transformé en une fonction de travail et une marque de valeur sociale ne nous oblige pas à supposer nécessairement que le sexe sera toujours un moyen d'exploitation, et que nous devrions faire semblant qu'il n'y a aucune différence entre les femmes et les hommes, ou que toute différence conduise à en abuser. Même dans le temps de ma propre vie, ce que signifie "être une femme" a énormément changé. Être une femme pour ma mère était très différent de ce que cela signifie pour moi. Dans ma propre vie par exemple, je me suis réconciliée avec "être une femme", parce que j'ai été impliquée dans un processus de transformation de ce que ça signifie. Ainsi l'idée que les identités de genre sont gelées, immuables, est injustifiée. Tous les mouvements philosophiques du XXème siècle ont contesté cette hypothèse. Dès l'instant où vous considérez qu'elles sont des constructions sociales, vous reconnaissez également qu'elles peuvent être reconstruites. Il ne faut pas simplement les ignorer, les repousser et prétendre que nous sommes « rien ». Il s'agit de nous libérer nous-mêmes en reconnaissant notre asservissement, parce que cette reconnaissance est la raison de notre combat, celle de s'unir et de s'organiser avec d'autres personnes.

Je suis essentiellement d'accord avec ces considérations, tout en craignant un débat en porte-à-faux dans ce qui est en jeu entre aujourd'hui et l'engagement d'un processus révolutionnaire, une certaine confusion entre ce qui a été acquis par les luttes féministes et ce que suppose le dépassement du genre dans sa dimension de domination masculine. Peut-être même la foi en une alternative possible. Reconnaître une situation, particulièrement une domination ou une exploitation, n'a jamais entraîné automatiquement à s'y opposer en actes.

12 décembre

L'état de mes réflexions sur l'articulation de la théorie communiste et du "féminisme" radical prônant l'abolition du genre. Une discussion est engagée ici http://dndf.org/?p=13010 Je reprends, corrige et complète mes dernières contributions.

Si, avec la reproduction de la population et du capital, on a le point d’articulation entre exploitation capitaliste et domination masculine, la nécessité existe de l’intégrer aux deux luttes comme consubstantielles l’une de l’autre. Pas si simple pour la théorie communiste, si l’on en croit la remarque de Roland Simon dans l'introduction à son texte de réflexion « Où en est-on dans la crise ? »

Plancher de verre de l’exploitation (on voit à travers) pour plancher de béton de la domination masculine (il est plutôt opaque), le centrage de la théorie communiste autour de Marx et de son point aveugle la confronte aujourd’hui à sa refondation, telle que TC l’a entreprise depuis quelques années, ce qui n’a pas échappé à quelques théoriciennes du « féminisme » radical

(1) (l’interpénétration est peut-être à mettre au bilan positif du bilinguisme anglo-français de SIC). Mais parler de « théorie du genre » suppose le pluriel, car pour l’heure, on constate surtout un fourmillement d’études sur le genre dans des domaines séparés des sciences sociales (« Gender studies » plus que « Gender Theory »), et peu semblent, dans leur forme universitaire, en mesure d’intégrer le capital comme un problème essentiel des femmes en tant que telles.

La reproduction du capital se pose dans une double temporalité, celle, dans le moment présent, de l’entretien du prolétariat mondial susceptible de maintenir le taux de profit global ; celle, en projection à court et moyen terme, de la population, donc les évolutions démographiques, facteur déterminant dans la restructuration et la perspective de la paupérisation accélérée de régions habituées à être relativement épargnées.

Le procès du capital, comme son nom l’indique, est un mouvement avec ses dynamiques déterminantes, dont la population exploitable dans des conditions satisfaisantes pour l’accumulation du capital et sa valorisation. Il fonctionne dans une polyrythmie du jour au lendemain, d’un année, d’une décennie et plus, à l’autre. La stratégie capitaliste n’est pas aveugle mais pragmatique, et elle intègre, via les états, la politique nataliste et migratoire, voire la guerre, correspondant à ses besoins. Peut-on, dans la lutte de classe et de genre, lui opposer une théorie globale adéquate et une stratégie de luttes conséquente ?

La refondation en cours de la théorie communiste peut-elle éviter d’approfondir l’articulation de quatre éléments en deux contradictions et quatre éléments (hommes/femmes, prolétariat/capital) ?

La question de la reproduction se posant en continu mais à plusieurs rythmes simultanés et décalés, n’y-a t-il pas intérêt à considérer autrement l’articulation de l’activité du prolétariat directement productif (de plus-value) et celles des salariés travaillant à la reproduction, dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des « services sociaux » ? « Sans toi aucun rouage ne tourne » concerne les salariés au-delà de la production de plus-value pour s’étendre à tous ceux qui participent de la reproduction du capital et de la population (prolétarienne), entre prolétariat et "couches moyennes".

Il existe des luttes de femmes explicitement liées à la lutte de classes (des ouvrières en grève), des grèves de secteurs où il n’y a que des hommes (dockers, raffineries ?), mais il existe des luttes de femmes en tant que telles, qui portent, par nature du problème dans la sphère privée, sur la relation inter-individuelle entre un homme et une femme, que ce soit dans la famille, la relation sexuelle, etc. plus généralement ce qui n'est pas audible, visible (y compris au travail).

Il est plus aisé de rendre compte massivement et d’analyser prioritairement ce qui se passe dans la sphère publique, le monde du travail ou de la politique, ce qui (se) manifeste visiblement, dans tous les sens du terme.

On peut effectivement souhaiter, avec Silvia Federici, que se développe un « féminisme » autonome et notre attention à ce qui se passe au sein des luttes de ce point de vue, comme dans les milieux qui se battent sur les deux fronts ou qui élaborent la théorie des abolitions.

Le terme de reproduction me paraît central, parce qu’il ouvre à la possibilité d’avoir en tête, chaque fois qu’on l’utilise, les deux versants de la lutte et leur lien consubstantiel.

(1) Silvia Federici Juin 2012 http://www.lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Silvia-Federici-La 2013 « Capitalisme, chasse au sorcières et bien commun » http://dndf.org/?p=12839

Maya Andrea Gonzales « La communisation comme auto-abolition de la femme »

Sur mes désaccords avec Théorie Communiste sur la question du genre et de son abolition.

12 décembre 2013 Ni TC ni moi n’ « appliquons » la lutte des classes à la lutte des sexes, ce n’est pas notre modèle théorique (c’est Christine Delphy entre autres qui parle de «classe des femmes»). Oui, la lutte féminine a sa propre justification, imbriquée dans la lutte des classes, elles forment une unité. Savoir comment est l’enjeu de nos discussions. L’auteure de la page facebook a du « marxisme » une très vague idée, qui n’est pas celle de TC ni la mienne….

Ce n’est pas tant que « les différences entre femmes et hommes me tiennent à cœur », mais elles existent, et à la base elles sont anatomiques. Ce n’est pas le cas des prolétaires et des capitalistes. La classe capitaliste s’est constituée historiquement par l’accumulation du capital, qui n’a rien de biologique, de naturelle; elle est sans fondement anatomique. Bref, il faut se garder d’une symétrie dans les deux contradictions, et je pense que certaines lectures de TC ne le font pas, parce qu’il y a un glissement de la formulation à la compréhension, dont certains de TC ont pris le risque, à moins qu’il ne s’agisse de désaccords internes.

Dire par exemple « il n’y aura plus ni hommes ni femmes », comme l’avance TC, dépasse à mon avis ce que sa théorie a démontré, l’intrication du genre dans le capital. C’est un raccourci qui se comprend aisément dans ses textes mais plus une fois qu’il en sort, dans des discussions de ce type, coupé de son contexte théorique interne. Il prête à l’incompréhension et à des interprétations qui n’ont de radicales que les mots. Quand il n’y aura plus ni capital ni prolétaires, il y aura encore des différences anatomiques entre hommes et femmes. De quoi pourront-elles être le fondement, dans « l’immédiateté sociale » ? nous n’en savons rien. S’il n’y a plus ni hommes ni femmes, c’est avec les guillemets qui signifient le genre en tant que domination masculine. Une fois qu’on a redéfini les mots dans un sens qui convient au raisonnement, on a le résultat attendu, sans autre preuve que la novlangue théorique qui élimine les différences anatomiques comme base de différences relationnelles, quelles qu’elles soient.

Autre exemple, le pronostic de l'abolition des sphères publiques et privées, mais là je n’ai pas suffisamment compris la chose pour m’avancer.

Héron : Merde quoi ! t’as beau enrober tout ça de définitions du genre et autres références plus « clean », tu te fais le relais d’une parole masculiniste qui nie et méprise les productions théoriques de femmes (qui ne resteront jamais que des corps différents ?).

Où as-tu lu de telles choses ? J’ai écrit deux lignes de définitions où d’autres en produisent des milliers, y compris des femmes théoriciennes… Je ne nie pas leurs « productions théoriques » en tant que femmes. Elles n’ont pas besoin de moi pour être en désaccord. Rien qui me dérange de ce point de vue dans les textes de Silvia Federici ou Maya Andrea Gonzales.(2)

Les femmes ont eu de tous temps, avant des « productions théoriques », des activités qui ne sont pas le produit d’une domination, mais d’une distinction qui ne ressort pas que de la division du travail, ce qui était possible tant que le travail ne déterminait pas entièrement toutes les activités humaines. Et précisément, je suis très loin de les « nier », de les tenir comme nulles et non avenues. Voir mes contributions sur le jazz, la musique et les femmes FEMMES de MUSIQUE dont je ne pense pas qu'il s'agisse à proprement parler de tâches imposées aux femmes par la domination masculine.

Ce qui me gêne dans le raisonnement de TC, c’est le passage de la construction sociale du genre, qui n’est pas de nature mais fondée sur elle (sur l’anatomie), à la supposition que cette caractéristique ne produirait plus de différences sociales avec l'abolition du capital et du genre réduit à la domination masculine. Justement parce qu’en tant que matérialiste, je considère que « le corps » est déterminant. Je rejoins peut-être la critique de Kosmoprolet « La cause de tout ça c’est que la nature n’a aucune place dans la pensée de TC. Le travail n’est pas pris comme médiation entre Homme et nature, médiation qui prend toujours une forme sociale particulière, il n’est pris que comme rapport social ».

Le non naturel dans la détermination sociale ne signifie pas que les contradictions sociales détruisent les déterminations naturelles, mais que celles-ci sont une base remodelée en permanence par les circonstances historiques, instrumentalisées par tel mode de production, tels intérêts de classes, ou de domination par la force, le pouvoir, l’idéologie…

Oui, les femmes et les hommes ont des corps différents, mais quand un père donne à un enfant qui en a envie une banane à manger, on ne dit pas qu’il le pénètre. Et oui, la tendance puritaine existe à voir dans toute relation sexuelle un viol.

(2) La distinction que j'ai faite entre « différences » et « hiérarchisation, je l’ai en tête de longtemps, mais je l’ai reprise ici sans le dire à Silvia Federici, « théoricienne féministe » d’un grand intérêt pour la refondation de la théorie communiste. Voir cette interview de juin 2012 http://www.lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Silvia-Federici-La . Si je suis « masculiniste », elle aussi. Voici un extrait :

« Q : Pour revenir à ton livre, tu affirmes qu’au Moyen Âge la division du travail n’impliquait pas nécessairement l’oppression des femmes…

R : Dans de nombreuses sociétés, avant les processus de colonisation, les hommes et les femmes avaient des tâches différentes, il existait donc une division des tâches. De fait, dans de nombreuses sociétés, par exemple au Nigeria, les hommes et les femmes travaillaient dans l’agriculture et chacun plantait des choses différentes et s’organisait de manière différente pour ce faire. Dans certains cas même, les hommes et les femmes utilisaient des mots qui leur étaient propres. En conséquence, les femmes ne dépendaient pas des hommes, elles avaient accès à leurs propres récoltes et les utilisaient pour leur autosubsistance si cela était nécessaire.

Ainsi, le fait de réaliser des tâches différentes n’implique pas automatiquement des degrés de pouvoir différents. La question est : quelles valeurs sont associées à ces différences ? Nous avons eu beaucoup de débats dans le mouvement féministe sur le type de société que nous voulions. Souhaitons-nous une société où l’on n’utilise plus les catégories d’homme ou de femme ? Ou voulons-nous une société où existerait encore d’une certaine manière, non pas une spécialisation, mais bien une différenciation puisque les femmes ont la capacité d’avoir des enfants ? Selon moi, les différences ne sont pas un problème, le problème c’est leur hiérarchisation. Cette dernière fait que les différences deviennent une source de discrimination, de dévaluation et de subordination. Il n’est pas nécessaire de construire une société où il n’y aurait pas de différences, nous pourrions peut-être même dire que certains différences sont bonnes.»

classe genre race bibliographie aléatoire 

6 juillet 2014 : je tente de regrouper ici les livres rencontrés chemin faisant qui articulent ensemble les questions de classes et d'Etats, de la race, et de genre ou de sexe. N'y sont pas intégrés les ouvrages sur la construction de la race par le capital(esclavage, traite, colonialisme...), ni ceux portant exclusivement sur genre et classes. Tout n'étant pas dans les livres, je renvoie aux luttes où sont indissociables ces questions, au sujet desquelles on trouvera sur le site documents et articles de presse, migrant.e.s, Domestic Workers, luttes paysannes...

la race et le genre sont le plus souvent réciproquement médiées en relation à la classe

dès que l'on se penche sur la question, l'évidence est qu'on ne peut pas hiérarchiser l'importance de la race et du genre dans leurs rapports concrets au capital et aux classes, parce que ces catégories n'apparaissent jamais de façon abstraite, pures et séparées, concernant les luttes des plus pauvres, prolétariennes (ouvrières) ou non, toujours mêlées du simple fait de la démographie des populations concernées dans le monde. Les femmes « de couleurs » sont souvent en première ligne dans des luttes opposant Non-Blancs à l'Occident capitaliste, une réalité en train de changer dans la géographie du capitalisme global

comme l'a clairement montré le BlackFeminism, une femme noire ne se divise pas, elle n'est pas une somme d'identités de genre, de classe et de race. Comme une femme arabe en France elle est tout ça ou rien

il m'est apparu au fil des recherches que le groupe français Théorie Communiste est un des derniers, avec des marxistes de la tradition programmatiste, et hors d'autres qui n'en parlent pas, à tenir la race pour une catégorie secondaire dans l'analyse du capital : « Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dévalué, secondarisé par la mise de question des races au niveau de celle du genre.» TC BL Utérus vs Mélanine discussion. Il a fallu une femme dans le groupe masculin Théorie Communiste pour qu'il prenne en compte le genre. Qu'elle ne le prenne pas mal, dommage qu'elle ne fût pas arabe

problèmes pour la théorie de la communisation : positivité du communisme, transition et mesures communisatrices, identité 'révolutionnaire' des communisateurs-programmatistes, évanescence de la théorie

>un autre aspect ressortant de ces luttes est qu'il n'est pas possible de discerner et séparer mouvement négatif contre le capital et mouvement positif pour vivre directement de son travail, particulièrement dans le monde paysan ou quand la terre tient une place importante dans les rapports sociaux. Sous réserve d'évolutions imprévisibles quant à une domination encore plus totale du capital, ce constat ébranle les certitudes de la théorie de la communisation quant à la production immédiate d'une révolution, l'idée même d'un 'début de la communisation' par des 'mesures communisatrices à prendre' comme si elles relevaient d'un programme politique communisateur. C'est des contradictions sociales, le capital contre la vie, que surgissent et surgiront les révoltes, émeutes, insurrections et production de subsistances vitales constituant le combat révolutionnaire. L'identité même de 'révolutionnaires' ou de 'communisateurs' supposés prendre ces mesures est mise à mal, et c'est une bonne chose pour qui entend que la révolution se produira sans organisation et sans parti, sans avant-garde, et naturellement sans théorie comme guide

j'y mettrais ultérieurement un ordre, soit chronologique par date de parution, soit alphabétique par auteur.e.s

pour aller plus loin gender race class bibliography par exemple Race, Gender, and Class Bibliography

30 novembre 2014

Reconfigurations of Class and Gender Janeen Baxter & Mark Western 2014

classe genre race bibliographie aléatoire extraits GoogleBook

At a time when social commentators are increasingly likely to assert the “death of class” as a source of social inequality and conflict, this far-reaching volume reasserts the significance of class and gender for understanding socioeconomic conditions. Rather than declining in importance, class and gender processes are being transformed by social and economic changes associated with postindustrialism, including the entrance of women into the labor market in ever greater numbers, a shift from manufacturing to services, and the rise of part-time employment.

Moving away from the narrowly focused debates that have characterized much recent class analysis, the contributors to this book urge a nuanced approach that focuses on the specific institutional contexts of class-gender relations in various advanced industrial nations. Class and gender relationships in each country are contextually embedded, they argue, in such issues as the differences in welfare-state regimes, the varying availability of flexible forms of employment, and the degree to which the labor market is politically regulated.

The essays analyze the class and gender bases of economic inequality in ways that are sensitive to nationally specific institutional conditions. Two introductory chapters set the terms of the theoretical analysis and provide a framework for thinking about the relationships between gender and class. The remaining chapters offer comparative, cross-national analyses that investigate empirical examples of the links between class and gender relations, including the changing gender composition of the middle class, gender differences in access to managerial positions, the social ramifications of flexible employment arrangements, the links between paid and unpaid work, and the increasing feminization of poverty.

15 novembre

anti-racisme et marxisme

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Theorizing Anti-Racism: Linkages in Marxism and Critical Race Theories, Abigail Bakan, Enakshi Dua 2014

Over the last few decades, critical theory which examines issues of race and racism has flourished. However, most of this work falls on one side or the other of a theoretical divide between theory inspired by Marxist approaches to race and racism and that inspired by postcolonial and critical race theory. Driven by the need to move beyond the divide, the contributors to Theorizing Anti-Racism present insightful essays that engage these two intellectual traditions with a focus on clarification and points of convergence.

The essays in Theorizing Anti-Racism examine topics which range from reconsiderations of anti-racism in the work of Marx and Foucault to examinations of the relationships among race, class, and the state that integrate both Marxist and critical race theory. Drawing on the most constructive elements of Marxism and postcolonial and critical race theory, this collection constitutes an important contribution to the advancement of anti-racist theory.

14 novembre

Race and Racisms: A Critical Approach Tanya Maria Golash-Boza 2014, Marx&Philosophy Review of Books

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Marx on Gender and the Family: a Critical Study Heather Brown 2013 id.

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Seventeen Contradictions and the End of Capitalism David Harvey 2014 id.

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10 novembre

critique féministe

Simone de Beauvoir aujourd'hui, Quelques annotations critiques à propos d’une auteure classique du féminisme, Roswitha Scholz 2014

Au travers d'une relecture exigeante du Deuxième Sexe, Roswitha Scholz explore les arguments existentialistes de Simone de Beauvoir pour les confronter au cadre contemporain de la société capitaliste. Sans renier l'apport fondateur de cet ouvrage, l'auteur s'attache à démontrer les limites de celui-ci au travers de la critique de la figure de l'Autre souvent perçue indépendamment de sa constitution spécifique dans le système capitaliste.
Roswitha Scholz exerce donc sa critique à l'encontre des appropriations opportunistes de Simone de Beauvoir ainsi qu'à l'encontre de diverses théoriciennes féministes (Luce Irigaray, Judith Butler, etc.) pour maintenir l'exigence d'une pensée critique de l'Autre sexe en tant qu'être dominé au sein de la société capitaliste fétichisée en pleine crise existentielle.

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Women, Political Struggles and Gender Equality in South Asia, Margaret Alston

The brutal rape of a young woman on a bus in Delhi in 2012 lit a spark of outrage across the world. Young women marched in protest, urging recognition of the rights of women and greater gender equality. This book emerges in response to the young woman's subsequent death and the protests which followed. The contributors have come together to present a detailed analysis of the position of women in South Asia, the issue of violence and the long struggle for gender equality. They analyze violence in a number of countries and examine the courage and bravery of the many women who are fighting for justice.

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Des assassinats de Ciudad Juárez au phénomène des féminicides : de nouvelles formes de violences contre les femmes ? Jules Falquet

Le texte que Jules Falquet nous propose ici est issu d’un travail sur les recompositions de la violence, et sur la centralité des violences masculines contre les femmes, dans le développement contemporain du mode de production néolibéral — lui-même compris comme la résultante de l’évolution conjointe de rapports sociaux capitalistes, colonio-racistes et hétéro-patriarcaux.

 

9 juillet 2014

Intersection classe genre race, une série de textes

A Marxist Critique of Culturalist/Idealist Analyses of ‘Race’, Caste and Class 2008 Radical Notes Leave a Comment by Dave Hill

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Anti-Capitalism and Intersectionality: Race Class Gender Meet-Up 2011

Intersections: The Simultaneity of Race, Gender and Class in Organization Studies Evangelina Holvino 2008

This article argues for a reconceptualization of the intersections of race, gender and class as simultaneous processes of identity, institutional and social practice in order to redress the lack of attention to these intersections in feminist organization studies. Grounding my argument on a brief critique of white liberal feminism from the perspective of women of colour, I examine other feminist frameworks beyond the dominant liberal paradigm and identify their possible contributions to the study of intersections in organization theory and practice. Speci?cally, I propose theoretical and methodological interventions for researching and practicing more forcefully and intentionally the simultaneity of race, gender and class in organizations, including researching and publicizing the hidden stories at the intersections of race, ethnicity, gender, class, nation and sexuality; identifying, untangling and changing the differential impact of everyday practices in organizations and identifying and linking internal organizational processes with external societal processes. I conclude with some re?ections on the possible implications of these proposals for each of us, scholars and practitioners of gender and organization.

Gender, race, Class, and the Transition to Adulthood: a critical Review of the Literature Kimberly A. Mahaffy Kimberly A. Mahaffy

Frameworks for examining the intersections of Race, Ethnicity, Class and Gender on English Language Learners in K-12 science education in the US Sonya N. Martin, Beth Wassell and Kathryn Scantlebury

A conceptual Framework for understanding Race, Class, Gender, and Sexuality Lynn Weber 1998

Class, Race, and Gender in Criminology and Criminal Justice: Ways of Seeing Difference Gregg Barak, Eastern Michigan University 2000

In the post-modern and multicultural worlds of criminology and criminal justice characterized by post-structuralism, post-Marxism, post-affirmative action, and post-feminism, the variables of class, race, and gender remain fundamental to both theory and practice. After all, the disciplines of criminology and the fields of criminal justice have always been about the real and imagined differences between "criminals" and "non-criminals." Theoretically, explanations of crime and crime control, regardless of perspective or school of thought, have sought to make sense out of these differences. In the process of trying to sort out these differences, virtually every theoretical framework has addressed class and race overtly, and gender at least covertly. Up until recently, the problem with this line of inquiry was not only that there had been very little, if any, agreement on the effects of these three critical variables, but worse yet, folks were still debating whether or not these variables matter.

Conflicts of Class, Gender and Race in Hungary's Post-1990 Welfare Policy  Social Sciences 2003

The Intersection of Race, Class, and Gender in Higher Education: Implications for Discrimination and Policy by Tiffany Monique Griffin 2009

Structural interaction between gender and race inequality in Brazil 2010

classe genre race bibliographie aléatoire

Intersectionality and its Relationship to Marxist Theory revolutionary socialism in the 21st century 2013

Black feminism and intersectionality  Sharon Smith International Socialist Review

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6 juillet

Selma James est notamment auteure de sexe, race & class en 1974 réédité avec un choix d'autres textes 1952-2011. Elle a participé en février au Colloque de Nanterre Penser l'émancipation

classe genre race bibliographie aléatoire Common Notions

The complexity of Intersectionality LeslieMcCall PDF

classe genre race bibliographie aléatoire

The American economy is in good shape: profits are soaring, employment is expanding, and technological advances abound. Yet inequality between genders and among races still exists. In Complex Inequality, Leslie McCall sifts through the complexities surrounding wage differences and economic restructuring to provide an important new understanding of the differences gender, race, and class make in inequality. McCall's vision of the issue will offer a new way to approach and address the complexities of inequality

classe genre race bibliographie aléatoire Interview with Ifeoma Ajunwa video

en relation Intersectionality / a marxist-feminist critical theory

articuler genre, classe et raceapproches empiriques, Amélie Le Renard 2013 in Travail et genre dans le monde

classe genre race bibliographie aléatoire la question du travail n'est pas un simple domaine des études de genre

Depuis les années 1980, comment a évolué la place des hommes et des femmes dans le monde du travail en Europe, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Amérique latine, en Afrique, en Inde, au Maghreb et au Moyen-Orient ? Peut-on comparer, du point de vue du travail, de l'emploi, du chômage, de la formation, des régions du monde dont les histoires, les cultures et les niveaux de développement sont aussi contrastés ? Mettre en perspective ce qui semble incomparable : tel est le défi que relève cet ouvrage collectif. Il établit un bilan de ces situations, ainsi qu'un repérage des enjeux et des débats contemporains.

À côté des sujets récurrents et nécessaires - écarts de salaire, évolution des métiers, conditions de travail, chômage -, il traite aussi des migrations, de la mondialisation des emplois, de la protection sociale, du harcèlement, des formes de mobilisation, des nouvelles technologies, de la prostitution, etc. Cet ouvrage révèle le poids central du travail dans l'évolution des rapports sociaux de sexe et dans les processus d'émancipation des femmes. Car la question du travail n'est pas un simple domaine des études de genre : c'est une clé pour comprendre la place des femmes et des hommes dans la société.

Réunissant les contributions d'une cinquantaine d'auteur-e-s du monde entier et de plusieurs disciplines, ce livre est un outil de synthèse sans équivalent, ouvert et accessible, qui témoigne de l'internationalisation des débats sur les questions du genre. En dépit de la diversité des thèmes traités, des aires géographiques parcourues et des époques traversées, un leitmotiv chemine dans ces pages : dans le monde du travail, les femmes sont partout, l'égalité nulle part.

Jean Belkhir, de l'Université du Wisconsin, auteur en 1994 de The Failure and Revival of Marxism onb Race, Gender & Class Issues

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un texte "plus récent", de douze ans d'âge...

Marxism and Class, Gender and Race, Rethinking the trilogy Jean Belkhir 2001

Conclusion : As long as the RGC [Race Genre Classe]perspective reduces class to just another form of oppression, and remains theoretically eclectic, so that intersectionality and interlockings are, in a way, "up for grabs," meaning open to any and all theoretical interpretations, the nature of those metaphors of division and connection will remain ambiguous and open to conflicting and even contradictory interpretations. Marxism is not the only macro level theory that the RGC perspective could link to in order to explore the "basic structures of domination" but it is, I would argue, the most suitable for RGC's emancipatory political objectiv

à mon sens, on devrait plutôt, en tant que communiste, se réjouir que cela soit enfin posé, en France, dans la théorie et dans les luttes

Race, gender and class: some reflections on left feminist politics and organising  Brenna Bhandar 23 juin 2013

Race & Capital : Marxist Legacies of Anti-Racism and the Black Radical Tradition nov 2012

Abolishing Race in Theory ? Against Race by Paul Gilroy (Harvard Univ Press 2000)

classe genre race bibliographie aléatoire des effets pervers de la contradiction unique entre classes

PAUL GILROY'S THE Black Atlantic: Modernity and Double Consciousness (1993) was probably the most influential academic book on race published in the 1990s. Gilroy's study of political and cultural routes of the African diaspora popularized the theory of “hybridity,” a description of migration, ethnic mixing and border crossing as markers of identity. Gilroy posed his theory as an alternative to Marxism, which, he argued, failed to adequately capture or describe the traumas and aspirations of Black experience. This was interesting given that Richard Wright and W.E.B. Du Bois, the two most famous Black Communists in U.S. history, were offered as case studies of Gilroy's diasporic idea. Gilroy in fact never cites Marx or Marxism in the index to The Black Atlantic. In 2000 Gilroy published Against Race. The book is primarily an examination of the legacy of fascism. It attacks “essentialist” ideas about race, i.e. scientific, political or ideological definitions of race that are absolutist.

Alternative to Marxism?

As in The Black Atlantic, Gilroy's humanism is also offered as an alternative to a Marxist analysis of race. He in fact launches his argument by subtly discrediting Marxism. He does this through critical shorthand and punning.

In the only reference to their writing in the entire book, he argues that “Marx and Engels appropriated the idea of political solidarity in opposition to the power of nation-states when, at the start of The Communist Manifesto, they described the world they saw progressively divided `into two great hostile camps . . . facing each other.'” He continues, “The class-based identification of the countryless proletarians was thus also a matter of camp-thinking -- a mode of solidarity so powerful that it broke the historic allegiance of their universal class, industrial workers, to its respective national bourgeoisies. They saw antagonistic social forces more profound than those of the nation constituted in this distinctive arrangement.” (83). Gilroy does not diagnose or apply Marx and Engels' theory of class struggle and bourgeois nationalism. Rather, he proceeds to assign a “camp” mentality to a wide range of thinkers about race and national identity, those drawn “by the lore of blood, bodies, and fantasies of absolute cultural identity.” (83) These include fascists, hyper-nationalists, scientific racists, eugenicists, cultural nationalists, fundamentalists -- everyone who is “for” the idea of race which Gilroy is against.

Those familiar with The Communist Manifesto may be surprised by Gilroy's use of Marx. Assigning Marxism the historical responsibility of creating “camp” mentalities subtly aligns it in his argument with the history of racism. [suite]

 

Towards the Abolition of Whiteness, Essays on Race, Politics, and Working Class History David Roediger

classe genre race bibliographie aléatoire à propos de frontières entre histoire du travail et politique, entre races et classes

Towards the Abolition of Whitenesscounts the costs of whiteness in the American past and present. It finds those costs insupportable. At a time when prevailing liberal wisdom argues for the downplaying of race in the hope of building coalitions dedicated to economic reform, Roediger wants to open, not close, debates on the privileges and miseries associated with being white. He closely examines the way in which white identities have historically prepared white Americans to accept the oppression of others, the emptiness of their own lives, and the impossibility of change.

Whether discussing popular culture, race and ethnicity, the evolution of such American keywords as gook, boss and redneck, the strikes of 1877 or the election of 1992, Roediger pushes at the boundaries between labor history and politics, as well as those between race and class. Alive to tension within what James Baldwin called “the lie of whiteness,” Roediger explores the record of dissent from white identity, especially in the cultural realm, and encourages the search for effective political challenges to whiteness.

“David Roediger has emerged as the leading analyst, critic and interpreter of the role of 'whiteness' in US history and culture. His carefully researched and historically grounded writing shows us that white racism has been a central force in US history, and a key component of Euro-American identity, not just an aberration in an otherwise color-blind society.” — George Lipsitz, University of California, San Diego

Abolish the White Race Harvard Magazine, sept.oct. 2002

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In the interests of survival, Afro-Americans have always studied whiteness. There is a long tradition among them that the white race is a peculiar sort of social formation, one that depends on its members’ willingness to conform to the institutions and behavior patterns that reproduce it. By the early 1900s…it was becoming commonplace in the academy to speak of race, along with class and gender, as a social construct

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In addition to the notion of race as a social construct, [an old friend, John Garvey, and I] shared another, which we owed to the West Indian Marxist C.L.R. James: that ordinary Americans are drawn by the conditions of their lives in two opposite directions, one that mirrors and reproduces the present society of competition and exploitation, and another that points toward a new society based on freely associated activity. We believed that this internal antagonism played itself out as a civil war within the white mind, between the desire of whites to wall themselves off from black Americans and their desire to overcome the boundaries that kept them apart.

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(d'un site néo-nazi) Noel Ignatev « A Harvard professor wants to abolish the white race. Noel Ignatiev, a founder of a journal called Race Traitor and a fellow at Harvard's W.E.B. DuBois Institute, a leading black-studies department, argues in the current issue of Harvard Magazine that "abolishing the white race" is "so desirable that some may find it hard to believe" that anyone other than "committed white supremacists" would oppose it. In excerpts appearing this week in newspapers nationwide, Mr. Ignatiev, who is white, writes that "every group within white America," including "labor unionists, ethnic groups, college students, schoolteachers, taxpayers and white women" has at one time or another "advanced its particular and narrowly defined interests at the expense of black people as a race." Mr. Ignatiev pledges in the essay that his journal, Race Traitor, intends to "keep bashing the dead white males, and the live ones, and the females, too, until the social construct known as 'the white race' is destroyed not 'deconstructed' but destroyed." Ignatiev, the son of Jewish immigrants from Russia, was raised in Philadelphia He attended the University of Pennsylvania but dropped out after three years./> Under the name Noel Ignatin, he joined the Communist Party USA in January 1958, but in August left (along with Theodore W. Allen Harry Haywood) to help form the Provisional Organizing Committee to Reconstitute the Marxist-Leninist Communist Party (POC). He was expelled from the POC in 1966. Later he became involved in the Students for a Democratic Society When that organization fractured in the late 1960s, Ignatiev became part of the Third-worldist Maoist New Communist Movement , forming the group Sojourner Truth Organization in 1970. Unlike other groups in the New Communist Movement, the STO and Ignatiev were also heavily influenced by the ideas of Trinidadian writer C.L.R. James For 20 years, Ignatiev worked in a Chicago steel mill in the manufacturing of farming equipment and electrical components. A Marxist activist, he was involved in strikes by the mostly-African-American laborers of the steel mill. In 1984, he was laid off from the steel mill, approximately a year after an arrest on charges of attacking a strike-breaker's car with a paint bomb

1) 30 décembre

De même que pour le genre comme cache-sexe, en tant que classement "neutre", les théories de l'intersectionnalité peuvent recouvrir toutes sortes d'approches idéologiques, et noyer le poisson des contradictions structurellement à l'œuvre dans le capitalisme comme mode de production. Elles sont néanmoins issues du féminisme noir (Kimberly Williams Crenshaw dans une enquête publiée en 1991 et portant sur les violences subies par les femmes de couleur dans les classes défavorisées aux États-Unis), de la même façon que les études de genre n'auraient pas existé sans le féminisme. Ce qu'on en fait après...

La première embûche est d'éviter de voir des contradictions partout, et d'en déduire la somme des dominations à dépasser, approche typique du démocratisme radical. Néanmoins, les approches anthropologiques et sociologiques ont le mérite de fournir des données indispensables à toute théorisation conséquente. À lire par conséquent pour ce qu'elles sont, selon... La question mérite toutefois de savoir si les théories françaises en général et communistes en particulier ne sont pas prises à leur insu dans l'universalisme formel des Lumières, l'eurocentrisme (voire le franco-centrisme), tant concernant le "genre" que la "race". De la contradiction "principale" de l'exploitation, elles ont quelques mal à accepter celle de genre, et la racisation n'étant pas "structurelle" du capitalisme (voire), comme pour les femmes il y a quarante ans, les "racisé-e-s", on verra ça plus tard...

En matière de provoc : quand le féminisme radical est profondément raciste

Un exemple de recherche : « Sexe, classe, race et caste : intersectionnalité des rapports sociaux »

Un témoignage Parole de femme racisée

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1997

This unique text-reader was written to provide students with a variety of perspectives on the interlocking nature of race, class, and gender at the micro- and macro-levels of society. This book contains the essential components of a comprehensive text and provides articles that demonstrate the interconnectedness of these three systems of inequality. All articles were selected with two purposes in mind: (1) to reflect the diversity that is life in the United States today and, whenever possible, (2) to show how people are affected by the intertwining nature of race, class, and gender in daily life. Most articles are reprints of complete journal articles or entire chapters from recent books. Students gain an in-depth look at the history, theory, and methods that inform social science research on pressing social issues, such as diversity and inequalities based on race, class, and gender. - See more at: http://www.pearsonhighered.com/educator/product/Race-Class-and-Gender-in-a-Diverse-Society-A-TextReader/9780205198283.page#sthash.IUxPMPc8.dpuf

GENDER, RACE AND CLASS IN THE ISRAELI EDUCATIONAL SYSTEM
Nahla Abdo, Sociology and Anthropology, Carleton University

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Intersectionnalité Genre, Race, Classe au Canada

Understanding Social Inequality: Intersections of Class, Age, Gender, Ethnicity, and Race in Canada  Julie McMullin 2009 2ème édition

Inequality in Canada: A Reader on the Intersections of Gender, Race, and Class, Valerie Zawilski 2009 2ème édition

Race, gender, class, and sexual orientation: intersecting axes of inequality and self-rated health in Canada, Gerry Veenstra 2011 Probabilities of Fair/Poor Self-rated Health. A: Income by gender; B: Income by sexual orientation; C:Income by race; D:Income by race&gender

The Meaning of Difference: American Constructions of Race, Sex and Gender, Social Class, and Sexual Orientation, Karen E. Travis, Toni-Michelle Rosenblum 2005 4ème édition

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on regrettera qu'Elsa Dorlin articule le genre et la race dans la formation de la "Nation française", donc de son État pré-capitaliste, sans apparemment le faire entre esclavage et colonisation avec le mode de production capitaliste. Il y est toutefois question de la sorcière... où l'on retrouvera Silvia Federici.

Ce livre me paraît confirmer mon intuition que c'est aussi par le genre que l'on peut articuler race et capital.

"La race a une histoire, qui renvoie à l’histoire de la différence sexuelle. Au XVII e siècle, les discours médicaux affligent le corps des femmes de mille maux : « suffocation de la matrice » « hystérie », « fureur utérine », etc. La conception du corps des femmes comme un corps malade justifie efficacement l’inégalité des sexes. Le sain et le malsain fonctionnent comme des catégories de pouvoir. Aux Amériques, les premiers naturalistes prennent alors modèle sur la différence sexuelle pour élaborer le concept de « race » : les Indiens Caraïbes ou les esclaves déportés seraient des populations au tempérament pathogène, efféminé et faible.

Ce sont ces articulations entre le genre, la sexualité et la race, et son rôle central dans la formation de la Nation française moderne qu’analyse Elsa Dorlin, au croisement de la philosophie politique, de l’histoire de la médecine et des études sur le genre. L’auteure montre comment on est passé de la définition d’un « tempérament de sexe » à celle d’un « tempérament de race ». La Nation prend littéralement corps dans le modèle féminin de la « mère », blanche, saine et maternelle, opposée aux figures d’une féminité « dégénérée » – la sorcière, la vaporeuse, la vivandière hommasse, la nymphomane, la tribade et l’esclave africaine. Il apparaît ainsi que le sexe et la race participent d’une même matrice au moment où la Nation française s’engage dans l’esclavage et la colonisation."

Slavery, Family, and Gentry Capitalism in the British Atlantic: The World of the Lascelles, 1648-1834 (Hardback)

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From the mid-seventeenth century to the 1830s, successful gentry capitalists created an extensive business empire centered on slavery in the West Indies, but inter-linked with North America, Africa, and Europe. S. D. Smith examines the formation of this British Atlantic World from the perspective of Yorkshire aristocratic families who invested in the West Indies. At the heart of the book lies a case study of the plantation-owning Lascelles and the commercial and cultural network they created with their associates. The Lascelles exhibited high levels of business innovation and were accomplished risk-takers, overcoming daunting obstacles to make fortunes out of the New World. Dr Smith shows how the family raised themselves first to super-merchant status and then to aristocratic pre-eminence. He also explores the tragic consequences for enslaved Africans with chapters devoted to the slave populations and interracial relations. This widely researched book sheds new light on the networks and the culture of imperialism.

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Idéologie, racisme, intersectionnalité. Une invitation à lire Stuart Hall Kolja Lindner

« L’important et long texte de Hall sur le racisme qui propose, comme le présent article, une analyse intersectionnelle des rapports de classe et de race, reste pour l’instant inédit en français. L’ensemble qu’il forme avec les analyses des identités ethniques, du multiculturalisme et de la postcolonialité présente la troisième préoccupation de l’œuvre de Hall »

à la croisée du marxisme, des Cultural Studies, des cultures populaires et de la critique de la 'race', Stuart Hall est mort le 10 février dernier. Concernant l'idéologie, il est considéré comme un héritier d'Althusser. « Son origine jamaïcaine, son ralliement au marxisme et son rejet du magistrat intellectuel et de l’élitisme en font un universitaire au parcours atypique.»

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tenons-nous, avec Stuart hall, le chaînon théorique manquant concernant la structuration du capitalisme par le racisme ?

Stuart Hall "Race, articulation et sociétés structurées 'à dominante' "(extrait) Contretemps 2014

Race, articulation and societies structured in dominance Texte complet en anglais

« J’ai essayé, dans cet article, de rendre compte de l’émergence d’un nouveau paradigme théorique qui, tout en prenant pour orientation fondamentale la problématique marxiste, cherche par le biais de divers moyens théoriques à surmonter plusieurs limitations rencontrées par certaines des appropriations les plus traditionnelles du marxisme – l’économisme, le réductionnisme, l’« apriorisme », l’absence de spécificité historique, etc. –, des limitations qui continuent à miner la portée de certaines réflexions par ailleurs très puissantes, qui ont rendu le marxisme vulnérable en lui faisant prêter le flanc à des critiques justifiées de la part des diverses variantes du monisme économique et du pluralisme sociologique.» [...]

classe genre race bibliographie aléatoire Le capital reproduit la classe comme un tout, y compris ses contradictions internes – comme un tout structuré par la race

« Il [le capital] contient et désamorce les institutions de représentation des classes, en les neutralisant, c’est-à-dire en les confinant à des stratégies et à des luttes axées sur la race et en les rendant incapables de surmonter les barrières raciales. Le?racisme rend le capital capable de briser toute tentative de construire des moyens alternatifs de représentation qui pourraient être capables de représenter plus adéquatement la classe en tant que tout – contre le capitalisme, et contre le racisme. Les?luttes sectorielles articulées par la race continuent au contraire d’apparaître comme les seules luttes défensives possibles pour une classe divisée en elle-même, dans son face-à-face avec le capital. Ces luttes sont donc également le terrain à partir duquel se déploie l’hégémonie du capital. Je précise qu’il ne s’agit absolument pas de dire que le racisme serait simplement le produit d’un tour de passe-passe idéologique.» [suite]

Quelques livres

Sojourning for Freedom: Black Women, American Communism, and the Making of Black Left Feminism

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Sojourning for Freedom portrays pioneering black women activists from the early twentieth century through the 1970s, focusing on their participation in the U.S. Communist Party (CPUSA) between 1919 and 1956. Erik S. McDuffie considers how women from diverse locales and backgrounds became radicalized, joined the CPUSA, and advocated a pathbreaking politics committed to black liberation, women’s rights, decolonization, economic justice, peace, and international solidarity. McDuffie explores the lives of black left feminists, including the bohemian world traveler Louise Thompson Patterson, who wrote about the “triple exploitation” of race, gender, and class; Esther Cooper Jackson, an Alabama-based civil rights activist who chronicled the experiences of black female domestic workers; and Claudia Jones, the Trinidad-born activist who emerged as one of the Communist Party’s leading theorists of black women’s exploitation. Drawing on more than forty oral histories collected from veteran black women radicals and their family members, McDuffie examines how these women negotiated race, gender, class, sexuality, and politics within the CPUSA. In Sojourning for Freedom, he depicts a community of radical black women activist intellectuals who helped to lay the foundation for a transnational modern black feminism.

Erik S. McDuffie is Associate Professor of African American Studies at the University of Illinois, Urbana-Champaign.

Extraits en Google Book

Left of Karl Marx: The Political Life of Black Communist Claudia Jones

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In Left of Karl Marx, Carole Boyce Davies assesses the activism, writing, and legacy of Claudia Jones (1915–1964), a pioneering Afro-Caribbean radical intellectual, dedicated communist, and feminist. Jones is buried in London’s Highgate Cemetery, to the left of Karl Marx—a location that Boyce Davies finds fitting given how Jones expanded Marxism-Leninism to incorporate gender and race in her political critique and activism.

Claudia Cumberbatch Jones was born in Trinidad. In 1924, she moved to New York, where she lived for the next thirty years. She was active in the Communist Party from her early twenties onward. A talented writer and speaker, she traveled throughout the United States lecturing and organizing. In the early 1950s, she wrote a well-known column, “Half the World,” for the Daily Worker. As the U.S. government intensified its efforts to prosecute communists, Jones was arrested several times. She served nearly a year in a U.S. prison before being deported and given asylum by Great Britain in 1955. There she founded The West Indian Gazette and Afro-Asian Caribbean News and the Caribbean Carnival, an annual London festival that continues today as the Notting Hill Carnival. Boyce Davies examines Jones’s thought and journalism, her political and community organizing, and poetry that the activist wrote while she was imprisoned. Looking at the contents of the FBI file on Jones, Boyce Davies contrasts Jones’s own narration of her life with the federal government’s. Left of Karl Marx establishes Jones as a significant figure within Caribbean intellectual traditions, black U.S. feminism, and the history of communism.

Carole Boyce Davies is Professor of African–New World Studies and English at Florida International University. She is the author of Black Women, Writing, and Identity: Migrations of the Subject; the editor of the Encyclopedia of the African Diaspora (forthcoming) and Decolonizing the Academy: African Diaspora Studies; and a coeditor of The African Diaspora: African Origins and New World Identities.

Extraits en Google Book

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When Claudia Jones died at age 49 on Christmas Eve 1964, she was laid to rest next to the grave of Karl Marx in Highgate Cemetery with the words, “Valiant fighter against racism and imperialism who dedicated her life to the progress of socialism and the liberation of her own Black people.”

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The "Want to Start a Revolution?" compilation forces us to rethink the conventional story about women's roles in the Black freedom movement. On the cover, Rosa Parks admires a poster of Malcolm X, an image which the editors call "an essay in itself."

Description

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Extraits en ligne

Radicalism and Black feminism in postwar women's writing

Black Internationalist Feminism examines how African American women writers affiliated themselves with the post-World War II Black Communist Left and developed a distinct strand of feminism. This vital yet largely overlooked feminist tradition built upon and critically retheorized the postwar Left's "nationalist internationalism," which connected the liberation of Blacks in the United States to the liberation of Third World nations and the worldwide proletariat. Black internationalist feminism critiques racist, heteronormative, and masculinist articulations of nationalism while maintaining the importance of national liberation movements for achieving Black women's social, political, and economic rights.

Cheryl Higashida shows how Claudia Jones, Lorraine Hansberry, Alice Childress, Rosa Guy, Audre Lorde, and Maya Angelou worked within and against established literary forms to demonstrate that nationalist internationalism was linked to struggles against heterosexism and patriarchy. Exploring a diverse range of plays, novels, essays, poetry, and reportage, Higashida illustrates how literature is a crucial lens for studying Black internationalist feminism because these authors were at the forefront of bringing the perspectives and problems of black women to light against their marginalization and silencing.

In examining writing by Black Left women from 1945 to 1995, Black Internationalist Feminism contributes to recent efforts to rehistoricize the Old Left, Civil Rights, Black Power, and second-wave Black women's movements.

"This unique study opens up fascinating new areas of discussion in feminism, literary studies, and political history. Highly recommended."--Choice 

"Indispensable reading for the project of intellectual decolonization of the Cold War era."--Against the Current 

"A powerful revisioning of the relationship between black feminism and nationalism."--The Journal of American History

"This wonderful book makes a major contribution in rethinking the vitality and importance of the African American Left in the Cold War era. It combines insightful readings, careful research, and a grasp of the historical context that I have rarely seen."--James Smethurst, author of The African American Roots of Modernism: From Reconstruction to the Harlem Renaissance 

"Higashida provides a very strong and indisputable corrective to contemporary scholarly trends and a profound rethinking of established narratives of both radicalism and Black feminism. An accomplished blend of radical social history and literary analysis, this book promises to revolutionize the field."--Michelle Ann Stephens, author of Black Empire: The Masculine Global Imaginary of Caribbean Intellectuals in the United States, 1914–1962

Cheryl Higashida is an associate professor of English at the University of Colorado at Boulder.

Afrique du Sud Gender as a terrain of the class struggles

 

MARXISM AND CLASS, GENDER AND RACE: RETHINKING THE TRILOGY (2001) in RACE, GENDER & CLASS, Vol. 8, No. 2, pp. 23-33, It is posted here with permission of Jean Belkhir, Editor
'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste 

ouvert 5 mars 2014

5 mars 2014 13:12

 

avec Achille Mbembe Critique de la raison nègre  un ouvrage majeur   

« Est nègre une large catégorie de l’humanité qu’on pourrait qualifier de subalterne »

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste le devenir nègre du monde

La Découverte, collection Cahiers Libres, 272 pages, 21 euros

Qu’appelez-vous précisément le “capitalisme animiste” ? Les Inrocks

Il y a une convergence entre le capitalisme et l’animisme. Le capitalisme a non seulement pour fonction de produire des races et des espèces, mais aussi des espèces marchandes. C’est dans sa dynamique de donner vie à l’objet, d’animer ce qui a l’air inerte, d’ouvrir sur une sorte d’idolâtrie, une sorte de situation où ne savons plus faire la distinction entre l’homme et la chose. Confondre l’homme et la chose, adorer la chose en l’homme, donner une âme à la chose, c’est cela l’animisme ; de ce point de vue, l’animisme n’est pas le propre des sociétés primitives, elle est le propre des sociétés dites modernes.

La critique de la raison nègre serait donc cette critique de la raison occidentale ?

C’est la critique de la raison qui s’efforce d’effacer les distinctions entre l’homme et la chose, dans le but d’adorer la chose, d’imputer à la chose un vie spéculaire d’autant plus dangereuse qu’elle a des traductions très concrètes, légales, institutionnelles.

"Face au nègre, la raison perd la raison" Le Point 27 octobre 2013

L'Europe entre dans une phase où il sera de plus en plus clair qu'elle ne formera plus jamais une société homogène et qu'elle devra conjuguer son identité sur le mode de la multiplicité. Elle doit faire face à cette mosaïque alors même qu'elle n'est plus le centre de gravité du monde. La combinaison de ce déclassement historique et de l'émergence, ou résurgence, de forces de clôture n'est pas accidentelle. Elle aggrave la prolifération de fantasmes. L'écart entre le déclassement effectif de l'Europe et la prise de conscience mondiale de ce dernier (y compris chez ceux qui pensent encore y trouver leur salut), cet écart, ce décalage, explique la collision des temps si caractéristique de ce que nous vivons actuellement. Les grands laboratoires de demain sont en Afrique, en Amérique latine, en Asie, en Chine, en Inde, au Brésil, ce qui ne veut pas dire que l'Europe n'a rien à dire. Il faut seulement qu'elle accepte que le monde l'aide à réanimer ce que fut son idée.

Vous parlez d'un "devenir nègre" du monde, pensez-vous aux migrants d'origines diverses, Syrie, Somalie, qui affluent sur ses rivages ?

Oui, car ils font l'expérience d'un arrachement à leur lieu natal et d'une plongée dans l'inconnu, hier l'Atlantique, aujourd'hui la Méditerranée, en prenant un risque mortel. Le voyage est aléatoire, la destination pas du tout garantie. Mais la différence avec le nègre du premier capitalisme (du XVe au XIXe siècle), c'est qu'hier les nègres, objets de vente, étaient achetés pour une aventure qui se soldait souvent par le désastre, l'Atlantique devenant un énorme cimetière au temps de la traite de l'esclavage. Alors qu'aujourd'hui ces migrants payent des passeurs. S'agissant de ceux qui fuient la misère, ce déplacement nous dit quelque chose de fondamental de la structure actuelle du capitalisme : il y a toute une humanité subalterne dont le capitalisme n'a pas besoin. Le drame d'aujourd'hui, c'est de ne même plus pouvoir être exploité, alors qu'hier le drame était d'être exploité. Là réside le basculement que mon livre s'efforce de pointer.

Le nègre est le symbole du corps-marchandise

Face au nègre, la raison perd la raison. On peut parler de la raison chinoise, ou autres, mais la différence avec le nègre est que, de tous les êtres humains, il est le symbole du corps dont il fut fait marchandise, et du fait que le projet final du capitalisme, dans un système économique d'exploitation des richesses, est d'abolir la distinction entre êtres humains, choses et marchandises. Dans l'histoire, seul le nègre a été l'exemple vivant de cette tentative d'abolition.

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

'Critique de la raison nègre' « La pensée contemporaine a oublié que pour son fonctionnement, le capitalisme, dès ses origines, a toujours eu besoin de subsides raciaux. Mieux, sa fonction a toujours été non seulement de produire des marchandises, mais aussi des races et des espèces. Par néolibéralisme, j’entends l’âge au cours duquel le capital veut dicter toutes les relations de filiation. Il cherche à se multiplier dans une série infinie de dettes structurellement insolvables. Plus de distance entre le fait et la fiction. Capitalisme et animisme ne font plus qu’un.

Tel étant le cas, les risques systémiques auxquels seuls les esclaves nègres furent exposés au moment du premier capitalisme constituent désormais sinon la norme, du moins le lot de toutes les humanités subalternes. Il y a donc une universalisation tendancielle de la condition nègre. Elle va de pair avec l’apparition de pratiques impériales inédites, une rebalkanization du monde et l’intensification des pratiques de zonage. Ces pratiques constituent, au fond, une manière de production de nouvelles sous-espèces humaines vouées à l’abandon, à l’indifférence, quand ce n’est pas à la destruction.

L’esclavage atlantique est le seul complexe servile multi-hémisphérique qui fasse des gens d’origine africaine des marchandises. C’est en cela qu’il est le seul à avoir inventé le Nègre, c’est-à-dire une sorte d’homme-chose, d’homme-métal, d’homme-monnaie, d’homme plastique. C’est dans les Amériques et les Caraïbes que les êtres humains sont transformés, pour la première fois dans l’histoire universelle, en cryptes vivantes du capital. Le Nègre est le prototype de ce processus

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

« Le sous-prolétaire chinois est un nouveau nègre » Rue89 27 octobre 2013

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

« Est nègre une large catégorie de l’humanité qu’on pourrait qualifier de subalterne » Entretien à Libération 1er novembre 2013 

Une humanité pour laquelle la grande tragédie, c’est de ne même plus pouvoir être exploitée. Alors qu’au XIXe siècle, la pensée de l’émancipation reposait sur l’idée de la sortie de l’aliénation, la réalité qui s’impose aujourd’hui est celle de la quête de l’auto-aliénation. Les pauvres cherchent à se vendre là où, autrefois, ils étaient vendus.

Et c’est ce retournement du mécanisme d’exploitation qui conduit à considérer que la condition nègre ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur. Le nègre est devenu post-racial, il s’identifie à une nouvelle catégorie de gens qui ne sont même plus exploitables et qui sont, par conséquent, laissés à l’abandon.

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

Le nègre est une création du capitalisme : au départ, il définit cet «homme-objet», «homme-marchandise», qui apparaît avec la traite des esclaves. Il a permis l’essor du premier capitalisme. Mais à l’âge du néolibéralisme, le nègre s’affranchit du concept de race. Et l’abandon, l’indifférence vis-à-vis de pans entiers de l’humanité deviennent les formes paroxystiques de l’exploitation capitaliste. Tout simplement parce que la production de richesses s’est détachée des besoins réels. Elle ne sert plus à offrir du travail et à réduire le chômage, elle ne permet plus depuis longtemps d’aboutir à de nouvelles procédures de redistribution. La richesse, du fait de la financiarisation de l’économie, est devenue abstraite, elle n’a plus autant besoin des travailleurs ou des esclaves.»

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« Gare au capitalisme animiste » Le Monde 13 septembre 2014

L'archive européenne, c'est-à-dire l'ensemble des pensées que l'Europe a léguées, a été indispensable à la construction de notre monde. Mais cette archive est en voie d'épuisement. L'Europe aurait pu articuler une "pensée monde" à l'époque des grandes découvertes, quand elle a été mise en contact avec l'Afrique et les Amériques. Mais, à cause de son incroyable capacité de déni, elle n'a pas pu reconnaître qu'il existait des histoires parallèles du monde. Elle les a considérées comme des notes de bas de page de sa propre histoire.

Elle a voulu exercer sur le reste de la planète une sorte de capitanat autoproclamé. Elle s'est donc privée de la possibilité d'articuler une pensée monde. Aujourd'hui, le centre de gravité du monde s'est déplacé en de multiples autres points de la planète. Ce déplacement est à l'origine d'une crise dans la conscience et la politique européenne. Toutes les tensions autour de l'immigration, du port du voile, de l'islam, voire les nouvelles guerres d'occupation, sont des symptômes de ce malaise. Il faut redonner vie à cette archive européenne, mais sa réanimation sera le résultat de la confrontation avec d'autres univers de pensées et d'argumentations.

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

la balle au centre ?

dans la mondialisation, le dé-centrement est aussi important que la globalisation 

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

un phénomène majeur du XXIème siècle est la fin de la suprêmatie blanche

ces deux aspects bouleversent le capitalisme, mais aussi la lutte contre le capitalisme, aussi bien leurs théorisations que leurs réalités

'Trente millions d'esclaves dans le monde' Libération 17 octobre 2013

'critique de la raison nègre', le capitalisme animiste

Mots clés
MBEMBE Achille
le genre comme "cache-sexe", de la classe ? 

 

17 janvier 2014 La communisation comme abolition du racialisme texte d'étape

Voir aussi Femmes dans les luttes de classes, Domestic Workers, Migrants...

29-30 décembre 2013 modifications ultérieures au texte sur dndf 30 déc 00:43

Dans « Penser le genre » en 2001, Christine Delphy explique en substance que le genre pourrait avoir un rôle de cache-sexe de la réaction, l'opération de classement entre hommes et femmes n'ayant de sens que parce qu'elle permet de les hiérarchiser, d'accorder des privilèges aux hommes, de créer et maintenir les rapports de domination.

à propos d'un commentaire à l'exploitation capitaliste, c'est aussi la pauvreté qu'elle produit

 « Remarquez aussi, qu’il y a souvent sur ces sites « amis », une rubrique « féminisme ». C’est une lutte, le féminisme. Et plus loin une autre, « le genre »… Ça fait classe, le genre. Mais c’est pas une lutte, c’est la domination masculine. On va pas se battre… et puis bon, ça vient (même moi). C’est acquis. C’est à qui va pas faire la révolution sans les femmes, en tant que sous-genre. »

Je ne citerai pas le site, parce qu’au fond il n’est sans doute pas le seul, et je le prends comme un symptôme pour un questionnement. Ses rubriques (« thèmes ») sont d’une part « Féminisme, antisexisme, etc. » (sic pour etc. comme si ça allait de soi), et par ailleurs « Sexe/Genre/Sexualité » (sans etc.).

Christine Delphy s’inquiétait, sauf erreur en 1998, que « le genre » puisse devenir un « cache-sexe », avant d’y venir, du moins d’utiliser le terme, puisqu’en ce qui la concerne, cela faisait près de 30 ans qu’elle utilisait le concept. C’est en 2001, avec le deuxième tome de « L’ennemi principal », « Penser le genre ».

Rendons à Delphy ce qui lui appartient mais posons-nous la question : le genre, cache-sexe de quoi ? Il est probable que sa réponse ne serait pas la mienne sur le fond, mais que nous serions d’accord sur un point : cache-sexe au féminisme comme lutte, et pas seulement comme « études » (Gender Studies), sans enjeu, voire masquant l'enjeu principal, la lutte contre la domination masculine. Ironie du sort, un peu comme si, avec le genre, les féministes, et donc les femmes, allaient se faire avoir, ni plus ni moins qu'avec les "marxistes"... Le genre, ça classe, et comme classement, ça fait classe dans les discussions. Mais ni pour Delphy ni pour le communisme, ça ne se limite à un classement. C'est un enjeu de luttes, de luttes théoriques, de luttes féministes et/ou de luttes de classes.

Quand on se promène sur Internet, et peut-être aussi parmi les groupes radicaux, on voit très développée la thématique du genre avec les orientations sexuelles. On serait donc massivement sorti de la controverse entre sexe biologique et sexe social (« le genre c’est le sexe social », Delphy), controverse entre essentialisme (femmes et hommes se distinguent par nature) et constructivisme (ces catégories ont été construites dans les rapports sociaux). On en serait sorti pour privilégier la question du devenir des rapports sexuels (pour le plaisir) à la lumière d’une supposée défaisance actuelle de la sexualité hétérosexuelle (de quelle ampleur, comparée à la féminisation de la pauvreté ?). Je n’entre pas dans la chair du sujet, mais l’on peut en déduire que le genre n’a pas été un cache-sexe pour le sexe, et je suppose que ce n’est pas ce que Delphy craignait non plus (sauf bien sûr concernant la sexualité dominatrice des hommes).

Par contre, ce qui est massif, c’est que la focalisation sur le rapport entre genre et sexualités a un effet de cache-sexe sur le rapport entre genre et classes.

Il n’est pas anodin de constater que ceux qui mettent peu d’empressement, parmi nos « amis », à faire de la pauvreté un thème digne d’intérêt, sont d’une façon générale ceux qui ne font pas de l’exploitation une (la) contradiction essentielle du capitalisme, et que parallèlement, ils focalisent ‘comme tout le monde’ aujourd’hui sur le rapport genre/sexualités, du moins beaucoup plus que sur le rapport genre/classes.

Autrement dit, et sans prétendre que les sexualités n’y seraient pour rien, par les deux bouts qui nous intéressent ici, l’exploitation de l’homme et des femmes par l’homme essentiellement mâle, il se fait, du moins reflété par Internet, comme un vide dans le blabla.

Ici-même (dndf), et alors que je n’ai fait que reprendre un souhait formulé par d’autres et avant moi, d’une refondation en théorie communiste (TC, Federici…), le fil qui lui est consacré est deux fois moins lu que d’autres, et ne fait l’objet d’aucun commentaire http://dndf.org/?p=13039 Il n’est pas difficile d’y lire une résistance des camarades, résistance que je mets en relation réciproque avec ce dont j’ai parlé plus haut : le cache-sexe du genre sur la classe (dans cette intervention), et réciproquement (dans la méthode et son double, un discours d'homme ?).

Si quelqu’un, nulle part ailleurs, écrivait sur un mur : « Toute femme qui assume sa part dans la domination des prolétaires, même la plus minime, est un ennemi mortel de la révolution à venir »*, cela sonnerait-il « comme un avertissement », et pour qui ? * détournement de "Tout homme qui assume sa part dans la domination des femmes, même la plus minime, est un ennemi mortel de la révolution à venir" Une photo

le genre comme cache-sexe, de la classe ?

Class structure, proletarian struggle, gender/power relations and false consciousness - all in one little old comics frame. Marxists, enjoy…

Source

des limites et contradictions du féminisme démocratique 

 

17 janvier 2014 La communisation comme abolition du racialisme texte d'étape

des limites et contradictions du féminisme démocratique

Commentaire du 29 décembre 2013 dans une photo, dndf

Ayant lu récemment un recueil d’articles de Christine Delphy (Syllepse 2010), « Un universalisme si particulier (féminisme et exception française 1980-2010?, quelques remarques :
- ce n’est pas un ouvrage théorique, mais plutôt militant armé de théories féministes, dont celles de Delphy furent et demeurent des plus radicales;
- un formidable combat pour faire accepter, en France, le concept de « genre », sur fond d’oppositions et réticences institutionnelles, politiques et universitaires, et d’un anti-américanisme bien utile pour rejeter des USA ce qu’ils ont de meilleur, le combat féministe des Américaines…
- pour autant qu’on ait à prendre position, comment ne pas souscrire à celles de Delphy, particulièrement sur le « voile islamique », contre cette loi d’exception réveillant tout ce que l’universalisme républicain français a porté de pire, à gauche comme à droite : le colonialisme, le racisme, le soutien aux entreprises guerrières post-coloniales, aux guerres du Golfe, l’oppression des femmes c’est chez les « autres » (les Arabes)…

Un malaise toutefois, à la lecture de ces pages souvent roboratives (anti-féminisme et franco-centrisme, violences sexuelles…). Christine Delphy, qui a emprunté à Marx le concept de classes sociales pour l’adapter à la contradiction femmes/hommes, semble faire peu de cas de la lutte de classes, si ce n’est comme vague toile de fond, et toujours pris dans le discours démocratique comme idéologie, dont témoignent entre autres la publication de ses textes par Le Monde Diplomatique, Politis, ces conflits cantonnés la sphère intellectuelle…

La volonté de maintenir une unité trans-classiste aux combats féministes n’est sans avoir été payée de retour, et les maigres avancées obtenues par les femmes ont tout l’air d’avoir servie davantage les bourgeoises et les couches moyennes (parité, accès aux fonctions de direction…), et du coup affaibli le féminisme dans sa totalité, avec toutes les menaces pour les « acquis » (avortement etc.).

Pour revenir au « qualitatif » apporté par adé #39, et expliciter ma réaction ironique, peut-être convient-il de discerner deux aspects de la lutte pour l’égalité dans le partage des tâches domestiques.

D’une part, c’est bien sur le terrain de la vie « privée », de la famille, du couple… que se joue la contradiction par laquelle genre et classe s’imbriquent dans le capitalisme. Hors l’enjeu immédiat de soulager « la ménagère », qu’elle travaille ou non à l’extérieur, on n’imagine pas que dépasser la contradiction femmes-hommes puisse dédaigner ce terrain concret, qui est un peu le pendant, dans la lutte des femmes contre leur oppression, de la lutte revendicative dans la lutte des classes. Avec cette différence, c’est une lutte peu sujette à l’organisation collective, au « syndicalisme ». De ce point de vue, s’il est vrai que les femmes peuvent seules s’en libérer, on peut comprendre que celles qui ont acquis un certain statut social ne soient pas les plus empressées, au-delà d’une solidarité « de genre ». On a bel et bien, au sein des femmes comme catégorie dominée, des oppositions d’intérêts de classes, et il n’y a aucune raison de les passer sous le boisseau au nom de l’unité du combat féministe. C’est aussi ce que nous apprennent les « Black Feminist » (par exemple Bell Hooks « SisterHood : Political Solidarity between Women » Feminist Review 23, 1986. Traduit par anne Robatel dans Black Feminism, anthologie 1975-2000, L’Harmattan 2008)

des limites et contradictions du féminisme démocratique

Black feminism « Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques-unes à être courageuses ». Sous ce titre magnifique paraissait en 1982 aux États-Unis une anthologie de textes fondateurs des études féministes noires : un titre qui dénonçait la double exclusion des femmes noires d'un féminisme blanc et bourgeois et d'un nationalisme noir sexiste. Ces féministes noires ont créé un mouvement politique d'une importance unique en ce que, d'emblée, il s'est constitué sur la dénonciation d'une oppression simultanée de race, de classe, de sexe et du modèle de sexualité qui va avec. Les textes présentés dans ce recueil du Black feminism - le premier en France - explorent sur une période de trente ans les thèmes de l'identité, de l'expérience singulière, de la sororité, de la sexualité, comme la place dans les institutions, les coalitions nécessaires et les alliances possibles, les formes culturelles de rébellion et de lutte, le passage de témoin entre générations. Pourquoi, en France, ex-puissance coloniale, l'équivalent d'un féminisme noir n'a-t-il pas existé ? Ces textes, par leur vitalité et leur perspicacité politiques, invitent à poser cette question et à s'interroger autrement sur les faux-semblants de l'universalisme républicain comme sur les points aveugles du féminisme français. 265 pages réédition : avril 2010

D’autre part, le combat pour l’égalité domestique n’est pas en lui-même susceptible de « franchir le pas » (de « la révolution abolition du genre et des classes»). Si « La bataille du féminisme commence aujourd’hui par le ménage », c’est surtout que tant qu’une femme ne se bat pas sur ce terrain là, on n’imagine mal qu’elle puisse le faire au-delà, ne serait-ce que pour en avoir le temps. L’idéal de l’égalité hommes-femmes dans le partage des tâches paraît comme une utopie capitaliste, au demeurant complètement irréaliste, puisque s’il se joue dans la « sphère privée », il n’y trouve pas ses causes comme nécessité pour la reproduction du capital. Imaginons cette utopie réalisée, le travail domestique bien partagé entre hommes et femmes, est-ce que cela ferait trembler sa nature sur sa base d’absolue nécessité pour la reproduction du capital ?

Voilà ce que signifiait essentiellement ma remarque ironique #40. Après lecture de l’ouvrage de Delphy évoqué plus haut, je fais le rapprochement avec l’idéologie portée par le livre de Christine Castelain Meunier, sociologue au CNRS

On trouve dans les deux ouvrages un fond d’idéal démocratique, soit avec Delphy au sommet, et dans le rapport citoyen à l’Etat (il s’agit d’acquérir des droits), soit à la base, « Le ménage est un enjeu de négociation entre l’homme et la femme. C’est une démocratie domestique qui se développe ».

Il peut paraître paradoxal que deux tendances du discours féministe, une des plus « radicales », une des plus « soft », se rencontrent dans l’idéologie démocratique. Comme un paradoxe aussi que l’abolition du genre souhaitée par Delphy (dans l’esprit sinon dans la lettre) s’enlise dans une vision alternative et politique.

C’est peut-être là que l’adoption du concept de classe pour la contradiction de genre (par Delphy) montre ses limites dans son rapport à la lutte de classes au sens marxien du terme, comme si l’une devait remplacer l’autre. Que le féminisme ait dû pour être se séparer du milieu militant « marxiste » d’extrême-gauche après 1968, se structurer de façon autonome (sans les hommes), c’est une chose, mais qui ne justifiait pas de jeter, au nom des faiblesses de Marx et de ses avatars dans le mouvement ouvrier et ses organisation, la substantifique moelle de la lutte de classe dans la sphère de la production. Le bébé théorique a été jeté avec l’eau du programmatisme ouvrier…

C’est ici naturellement que les thèses de Silvia Federici ouvrent des perspectives différentes d’articulation de la théorie et des luttes dans les deux sphères de la production et de la reproduction, bouleversant l’analyse marxiste traditionnelle autant que le féminisme trans-classiste. C’est à mon sens dans ce changement de perspective que se joue désormais l’enjeu des luttes communistes et féministes, et la relance internationale de leur efficacité.

Le travail politique avec les femmes et en tant que femmes dans les conditions présentes : entretien avec Silvia Federici août 2013

Black Feminism et d'autres non "blanches" 

17 janvier 2014 La communisation comme abolition du racialisme texte d'étape

Voir aussi Femmes dans les luttes de classes, Domestic Workers, Migrants...

Suite for Angela 1985 : A comme Angela, B comme bleu, Black People, Red Lady, compositions dédiées à Angela Davis et aux mineurs anglais, arrangement pour guitare7cordes et/ou basse, saxophones ténor alto soprano, clarinette basse et flûte... Partitions déposées à la SACEM mais libres de droits

En préalable je dois reconnaître ma méconnaissance du Black Feminism, hormis les écrits d'Angela Davis, lus au moment de leur traduction en français, dans les années 70-90, et les textes de l'anthologie 1975-2000, publiée par L'Harmattan en 2008 (Google Book). Le numéro 24 de Théorie Communiste (2012) comporte des "Notes de lectures sur le Black Feminism". Je ne l'ai pas lu.

13 février 2014

l'Afrique, l’autre laboratoire des théoriciens du genre ! Boulevard Voltaire 11 février

Black Feminism et d'autres non blanches

Créée en 2009, l’association française Genre en action a pour objectif de favoriser l’approche Genre dans les pays du Sud. L’association entend notamment s’impliquer dans la diffusion du gender mainstreaming en Afrique. Son but premier est d’apporter aux Africains l’éclairage des études de genre pour analyser les problèmes structurels du continent noir et pour y apporter des réponses. L’association se bat également pour favoriser l’accès à de l’avortement. L’une des fondatrices de l’association est Claudy Vouhé, militante féministe qui s’est engagée aux côtés des Verts pour les élections régionales de 2010. Comme beaucoup de ses amis écologistes, Madame Vouhé ne semble pas donner véritablement la priorité à l’écologie. Toutefois, ce n’est pas sous l’impulsion des Verts qu’est née cette association, mais à l’initiative du ministère des Affaires étrangères français. Cette structure n’est en effet que l’illustration d’un nouveau phénomène diplomatique en plein développement depuis une dizaine d’année en France : la stratégie Genre et développement . Sous l’autorité de Bernard Kouchner, le Quai d’Orsay a établi en 2007 son premier Document d’Orientation Stratégique (DOS) Genre. Cette politique a récemment été réactualisée dans un nouveau DOS pour la période 2013-2017 On y apprend notamment qu’ « on ne nait pas femme, on le devient », conformément aux thèses de Simone de Beauvoir. Des gender studies à la théorie du genre, il n’y a qu’un pas !

Missionnaires zélés du gender mainstreaming, les fonctionnaires du Quai d’Orsay doivent pourtant admettre qu’en ce domaine, ils ne sont pas les précurseurs. Nombre de pays et d’organisations internationales, au premier rang desquelles l’ONU, font depuis longtemps la promotion de ces nouveaux modes d’analyse, spécialement en Afrique. À leur suite, la plupart des pays africains (Sénégal ou Côte d’Ivoire, par exemple) ont déjà élaboré leur propre feuille de route sur la question

Certaines voix s’élèvent contre ces agissements, comme celle Monseigneur Sarah, cardinal guinéen, qui invite l’Afrique à se prémunir de la «  Selon lui, ces théories occidentales, en rupture avec la réalité africaine, n’aideront pas les femmes à améliorer leur condition. Elles risquent même de détruire les structures traditionnelles qui permettent aux sociétés africaines de tenir.»

Lui, l’homme africain, n’a certainement pas bien compris les bienfaits de ces nouvelles idées. Peu importe. Espérons qu’à l’avenir, il aura la sagesse d’accepter la mission civilisatrice de l’Occident si chère à Jules Ferry. François Hollande lui fera peut-être entendre raison, ABCD de l’égalité à l’appui. Si, au lendemain de son élection, il n’a pu s’empêcher de fleurir la statue du plus célèbre promoteur de la colonisation, ce n’est certainement pas par hasard.

l'article comporte 3 PDF, notamment concernant le mainstreaming gouvernemental français en Afrique

31 janvier

articuler genre, classe et raceapproches empiriques, Amélie Le Renard 2013 in Travail et genre dans le monde

Black Feminism et d'autres non blanches la question du travail n'est pas un simple domaine des études de genre

Depuis les années 1980, comment a évolué la place des hommes et des femmes dans le monde du travail en Europe, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Amérique latine, en Afrique, en Inde, au Maghreb et au Moyen-Orient ? Peut-on comparer, du point de vue du travail, de l'emploi, du chômage, de la formation, des régions du monde dont les histoires, les cultures et les niveaux de développement sont aussi contrastés ? Mettre en perspective ce qui semble incomparable : tel est le défi que relève cet ouvrage collectif. Il établit un bilan de ces situations, ainsi qu'un repérage des enjeux et des débats contemporains.

À côté des sujets récurrents et nécessaires - écarts de salaire, évolution des métiers, conditions de travail, chômage -, il traite aussi des migrations, de la mondialisation des emplois, de la protection sociale, du harcèlement, des formes de mobilisation, des nouvelles technologies, de la prostitution, etc. Cet ouvrage révèle le poids central du travail dans l'évolution des rapports sociaux de sexe et dans les processus d'émancipation des femmes. Car la question du travail n'est pas un simple domaine des études de genre : c'est une clé pour comprendre la place des femmes et des hommes dans la société.

Réunissant les contributions d'une cinquantaine d'auteur-e-s du monde entier et de plusieurs disciplines, ce livre est un outil de synthèse sans équivalent, ouvert et accessible, qui témoigne de l'internationalisation des débats sur les questions du genre. En dépit de la diversité des thèmes traités, des aires géographiques parcourues et des époques traversées, un leitmotiv chemine dans ces pages : dans le monde du travail, les femmes sont partout, l'égalité nulle part.

Travail, Genre et Société 2011

Black Feminism et d'autres non blanches

Travail, genre et sociétés est une publication pluridisciplinaire et internationale qui se donne pour objet l’étude de la différence des sexes dans le monde du travail et aussi, plus largement, de la place des femmes dans la société.Le genre n’est pas un domaine spécialisé, c’est une grille de lecture du monde social.

20 janvier

 Women of Color in the Movement Excerpt from an interview with Favianna Rodriguez printmaker and digital artist based in Oakland, California.  

Black Feminism et d'autres non blanches 

 Women of color in particular are really challenging traditional feminism and thinking about how race is a key part of how we need to analyze being a woman. In the immigrant rights sector, I see women workers organizing for collectives that hold better resources and look at building infrastructures because many unions are not creating that space for immigrant labor—immigrant women in particular. I see women organizers usually outnumber men organizers and more young immigrant queer women are speaking out about their experiences. In the environmental sector, young women are drawing parallels between how we inflict abuse on mother Earth and on women’s bodies. Women are finally embracing their complexities and claiming their power.

Black Feminism et d'autres non blanchesWhite Feminism de classe

Black Feminism et d'autres non blanches

7 janvier 2014

« Aux sources du féminisme africain-américain » Dans l'introduction à l'anthologie 1975-2000 du Black Feminism, Elsa Dorlin (cf PUF ActuelMarx Sexe Race Classe) explique pourquoi et comment ce mouvement s'est auto-organisé dès la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. La raison en est double, vis-à-vis de la domination masculine noires (et blanches) et de la domination des femmes blanches, fussent-elles féministes. Les pages 14 à 19 sont accessibles en Google Book. Solidarité avec les hommes "noirs" dans les luttes sociales d'émancipation anti-raciste, mais fractures dans l'impossible unité du féminisme américain. Le livre étudie « la question complexe du racisme au sein des groupes et associations féministes ».

Black Feminism et d'autres non blanches

Elsa Dorlin, Nacira Guénif-Souilamas, Jade Lindgaard, Christiane Taubira et Esther Benbassa

Le caractère commun à la gauche féministe africaine-américaine est de mettre en avant la "triple exploitation : de race, de genre, et de classe". À ce stade, je ne suis pas en mesure de savoir comment ces thèses s'inscrivent, ou non, dans le programmatisme ouvrier et une perspective révolutionnaire conditionnée par la politique.

Est-ce que ce Black Feminism est un féminisme de classe ? La question ne se réduit pas à savoir s'il se réclame du communisme et, selon les époques, de quel communisme. Angela Davis était à la fois membre du Parti Communiste américain et du Black Panther Party...

Black Feminism et d'autres non blanches

« Féministe convaincue, Angela Davis a publié "Femmes, race et classe" [1983] dans lequel  "elle explore les liens idéologiques qui existent entre le pouvoir esclavagiste, le système des classes et la suprématie masculine. Elle pose la nécessité d’articuler les trois niveaux de contradiction de race, de classe et de sexe dans les luttes de libération. Elle montre comment ces luttes ont porté leurs fruits à chaque fois qu’elles ont été solidaires et qu’elles ont ciblé la double oppression : celle du système et celle du sexe.»

Quelques livres

Sojourning for Freedom: Black Women, American Communism, and the Making of Black Left Feminism

Black Feminism et d'autres non blanches

Sojourning for Freedom portrays pioneering black women activists from the early twentieth century through the 1970s, focusing on their participation in the U.S. Communist Party (CPUSA) between 1919 and 1956. Erik S. McDuffie considers how women from diverse locales and backgrounds became radicalized, joined the CPUSA, and advocated a pathbreaking politics committed to black liberation, women’s rights, decolonization, economic justice, peace, and international solidarity. McDuffie explores the lives of black left feminists, including the bohemian world traveler Louise Thompson Patterson, who wrote about the “triple exploitation” of race, gender, and class; Esther Cooper Jackson, an Alabama-based civil rights activist who chronicled the experiences of black female domestic workers; and Claudia Jones, the Trinidad-born activist who emerged as one of the Communist Party’s leading theorists of black women’s exploitation. Drawing on more than forty oral histories collected from veteran black women radicals and their family members, McDuffie examines how these women negotiated race, gender, class, sexuality, and politics within the CPUSA. In Sojourning for Freedom, he depicts a community of radical black women activist intellectuals who helped to lay the foundation for a transnational modern black feminism.

Erik S. McDuffie is Associate Professor of African American Studies at the University of Illinois, Urbana-Champaign.

Extraits en Google Book

Left of Karl Marx: The Political Life of Black Communist Claudia Jones

Black Feminism et d'autres non blanches

In Left of Karl Marx, Carole Boyce Davies assesses the activism, writing, and legacy of Claudia Jones (1915–1964), a pioneering Afro-Caribbean radical intellectual, dedicated communist, and feminist. Jones is buried in London’s Highgate Cemetery, to the left of Karl Marx—a location that Boyce Davies finds fitting given how Jones expanded Marxism-Leninism to incorporate gender and race in her political critique and activism.

Claudia Cumberbatch Jones was born in Trinidad. In 1924, she moved to New York, where she lived for the next thirty years. She was active in the Communist Party from her early twenties onward. A talented writer and speaker, she traveled throughout the United States lecturing and organizing. In the early 1950s, she wrote a well-known column, “Half the World,” for the Daily Worker. As the U.S. government intensified its efforts to prosecute communists, Jones was arrested several times. She served nearly a year in a U.S. prison before being deported and given asylum by Great Britain in 1955. There she founded The West Indian Gazette and Afro-Asian Caribbean News and the Caribbean Carnival, an annual London festival that continues today as the Notting Hill Carnival. Boyce Davies examines Jones’s thought and journalism, her political and community organizing, and poetry that the activist wrote while she was imprisoned. Looking at the contents of the FBI file on Jones, Boyce Davies contrasts Jones’s own narration of her life with the federal government’s. Left of Karl Marx establishes Jones as a significant figure within Caribbean intellectual traditions, black U.S. feminism, and the history of communism.

Carole Boyce Davies is Professor of African–New World Studies and English at Florida International University. She is the author of Black Women, Writing, and Identity: Migrations of the Subject; the editor of the Encyclopedia of the African Diaspora (forthcoming) and Decolonizing the Academy: African Diaspora Studies; and a coeditor of The African Diaspora: African Origins and New World Identities.

Extraits en Google Book

Black Feminism et d'autres non blanches

When Claudia Jones died at age 49 on Christmas Eve 1964, she was laid to rest next to the grave of Karl Marx in Highgate Cemetery with the words, “Valiant fighter against racism and imperialism who dedicated her life to the progress of socialism and the liberation of her own Black people.”

Black Feminism et d'autres non blanches

The "Want to Start a Revolution?" compilation forces us to rethink the conventional story about women's roles in the Black freedom movement. On the cover, Rosa Parks admires a poster of Malcolm X, an image which the editors call "an essay in itself."

Description

Black Feminism et d'autres non blanches

Extraits en ligne

Radicalism and Black feminism in postwar women's writing

Black Internationalist Feminism examines how African American women writers affiliated themselves with the post-World War II Black Communist Left and developed a distinct strand of feminism. This vital yet largely overlooked feminist tradition built upon and critically retheorized the postwar Left's "nationalist internationalism," which connected the liberation of Blacks in the United States to the liberation of Third World nations and the worldwide proletariat. Black internationalist feminism critiques racist, heteronormative, and masculinist articulations of nationalism while maintaining the importance of national liberation movements for achieving Black women's social, political, and economic rights.

Cheryl Higashida shows how Claudia Jones, Lorraine Hansberry, Alice Childress, Rosa Guy, Audre Lorde, and Maya Angelou worked within and against established literary forms to demonstrate that nationalist internationalism was linked to struggles against heterosexism and patriarchy. Exploring a diverse range of plays, novels, essays, poetry, and reportage, Higashida illustrates how literature is a crucial lens for studying Black internationalist feminism because these authors were at the forefront of bringing the perspectives and problems of black women to light against their marginalization and silencing.

In examining writing by Black Left women from 1945 to 1995, Black Internationalist Feminism contributes to recent efforts to rehistoricize the Old Left, Civil Rights, Black Power, and second-wave Black women's movements.

"This unique study opens up fascinating new areas of discussion in feminism, literary studies, and political history. Highly recommended."--Choice 

"Indispensable reading for the project of intellectual decolonization of the Cold War era."--Against the Current 

"A powerful revisioning of the relationship between black feminism and nationalism."--The Journal of American History

"This wonderful book makes a major contribution in rethinking the vitality and importance of the African American Left in the Cold War era. It combines insightful readings, careful research, and a grasp of the historical context that I have rarely seen."--James Smethurst, author of The African American Roots of Modernism: From Reconstruction to the Harlem Renaissance 

"Higashida provides a very strong and indisputable corrective to contemporary scholarly trends and a profound rethinking of established narratives of both radicalism and Black feminism. An accomplished blend of radical social history and literary analysis, this book promises to revolutionize the field."--Michelle Ann Stephens, author of Black Empire: The Masculine Global Imaginary of Caribbean Intellectuals in the United States, 1914–1962

Cheryl Higashida is an associate professor of English at the University of Colorado at Boulder.

Afrique du Sud Gender as a terrain of the class struggles

Black Feminism et d'autres non blanches

MARXISM AND CLASS, GENDER AND RACE: RETHINKING THE TRILOGY (2001) in RACE, GENDER & CLASS, Vol. 8, No. 2, pp. 23-33, It is posted here with permission of Jean Belkhir, Editor
"assez du féminisme de classes moyennes !" 

assez du féminisme de classes moyennes !

7 janvier 2014

à méditer

« Il y en a assez du féminisme de classe moyenne », Carrie Hamilton, The Guardian, 2010 (sur un site de marxistes attardés, texte encore imprégné d'humanisme théorique et de démocratisme; la distinction de genre, par exemple, semble mal comprise comme nécessaire au capital; références à Klara Zetkin, au "capitalisme consommateur" (?), aux "autres oppressions"...). Extraits (je surligne en gras) :

« Je voudrais prolonger l’analyse sur le fait que le féminisme aujourd’hui comme d’autres mouvements nécessaires est pris dans une vague  globale réactionnaire qui fait du féminisme un communautarisme de plus, basé sur l’individualisme, la négation de tout engagement collectif contre le capitalisme. [...]

Tout cela est digne de l’incurie intellectuelle, de la renonciation à l’Histoire et d’un féminisme contre la Révolution des masses. Bref de ce "féminisme" dit de la classe moyenne, mais surtout bourgeois, qui veut faire du combat des femmes un combat "communautariste", quitte à l’utiliser pour légitimer  des invasions qui font leur malheur comme dans le cas des femmes afghanes. Il  mérite une critique radicale, qui ne peut d’ailleurs que l’aider. Parce que le problème n’est pas de condamner ce feminisme, ce qui serait aussi absurde que ceux qui ont condamné les sufragettes bourgeoises, mais bien de donner à tous les feminismes une véritable perspective de lutte contre les violences que subissent les êtres humains.[...]

On peut parcourir de long en large la planète et l’on ne trouvera pas une seule féministe qui ne soit pas indignée par la violence sexuelle et domestique, ainsi que de la complicité évidente, écrasante des gouvernements et des policiers ou du système judiciaire qui perpétue la violence en protégeant les auteurs de ces crimes. Il est donc correct  que la violence contre les femmes soit  la plus grande préoccupation des mouvements féministes. Cependant, ce grave problème ne peut pas être entendu – ni affronté – sans le mettre en relation avec d’autres formes de violence ou d’oppression, comme le racisme, les lois qui restreignent le travail et la migration, et la pauvreté. Mais les groupes caractérisés comme "des activistes" – Object et London Feminist Networ k -  réfléchissent toujours à la violence exercée sur les femmes en l’isolant. Il y a des  milliers de choses à dire sur la manière dans laquelle les médias changent les femmes en objets mais, étrangement, peu à  dire sur la surconsommation ou sur le capitalisme. [...]

D’autres personnes ont observé que les actuels groupes de jeunes féministes en Angleterre sont composés par des femmes "prédominamment blanches, d’une classe moyenne et des étudiantes". Pourquoi  ces femmes privilégiées sont-elles attirées par un mouvement qui les place d’abord et fondamentalement comme des victimes du patriarcat ? [...]

Il y a heureusement beaucoup d’autres féministes, qui ont des origines sociales  différentes et appartiennent à d’autres  générations , qui cherchent ce qui unit la violence contre des femmes à d’autres oppressions. Un groupe  a récemment rédigé un Manifeste pour un Féminisme du XXIe siècle, dans lequel elles mettent l’accent sur l’exploitation des femmes dans toutes les formes du marché de travail et pas seulement dans l’industrie du sexe, et elles reconnaissent que le sexualisation de la société fait partie du capitalisme consommateur d’aujourd’hui. C’est le type de féminisme dont nous avons besoin de la renaissance aujourd’hui. » Carrie Hamilton est une activite féministe britannique, professeur dans l’Ecole des Arts  de L’Université  Roehampton en Londres, où elle est directrice du  Centre for Research in Sex, Gender and Sexuality (SeGS)

10/11 janvier

Forum féministe  Araignée : "Quelque part, quelle chance immense de pouvoir considérer le sujet des violences sexuelles comme "roboratif"..." Chère Araignée, quelque part, quelle chance dérisoire de pouvoir critiquer quelqu'un qui ne peut pas répondre... Modération: Je désactive le compte de Patlotch, le temps de pouvoir prendre une décision en équipe de modération.  "Roboratifs", ainsi ai-je qualifié plus bas quelques topics de ce forum, par analogie avec le sens médical, "qui redonne des forces, de l'énergie", en l'occurrence contre les violences sexuelles. Araignée, toi qui te dis poète, ne sais-tu pas que notre genre de race n'écrit pas comme les autres ? Privilège de poète pour privilège d'homme, de ne pas être violenté sexuellement, mais censuré et harcelé idéologiquement ? L'ennemi principal ?

Le sujet du délire, "Les rapports sexe/race/classe dans les milieux féministes", a été vu 200 fois en 4 mois sans réaction, 700 fois en 4 jours après la mienne, et d'autres intéressantes. C'est sûrement pour l'amour des polémiques stériles, qui n'ont pas de genre, mais font des petit-e-s.

Cela dit, la modération (sic) peut prendre tout son temps et même au-delà. Je ne suis pas pressé d'être "déconstruit" de mon "patriarcat" en territoire féministe sectaire, surtout par un jeune homme plus féministe que lui tu meurs, en un lieu d'expression bridée, un lieu où les femmes travailleuses (ou chômeuses), pauvres, exploitées voire racisées ou simplement plus âgées, se font remarquer par leur immense absence. Je n'ai plus rien à y dire. À y lire, on verra. Merci à Ko pour l'interview de Houria Boutelja sur l'intersectionnalité, que j'ai reprise pour sur les luttes de dominé.e.s/racisé.e.s en France : spécificités

(ces mots m'ont valu le lendemain 11 janvier un bannissement définitif, et aucune explication aux lectrices du forum féministe. Au moins, c'est clair)

Isabelle Stenger, Philippe Pignarre, La sorcellerie capitaliste, 2005, in 'Gratitudes' : « Patlotch, dont la générosité et l'intérêt annoncent ce que pourrait être l'intelligence collective propre au web. » La bêtise collective propre au web, elle, n'a pas à s'annoncer. Elle y règne en maîtresse.

5 janvier

Debriefing 2 22h21 Réception de la communisation en territoire féministe

J'ai retiré de mes liens le forum féministe. Aucune raison de faire de la pub à un lieu de discussion où ne peut être discutée l'idée de communisation comme abolition du genre et des classes, et des dominations qui vont avec, tel le racisme. Ce que je dis est suspect a priori de "mansplaining" sur le fond ou la forme, sous l'injonction contradictoire d'expliquer mais pas trop longuement une théorie complexe. Significatif que ce soit une "militante anarchiste féministe radicale" (je ne vise pas cette personne mais son discours), me considérant "nébuleux" et "confus", qui évacue le débat sur cette base, le considérant "pas intéressant" (y compris les thèses de Silvia Federici et son rapport à Marx, son livre prochainement édité...), et propose d'ouvrir une autre discussion. 

Les méthodes "staliniennes" - dénonciation, montage de citations sorties de leur contexte, "ambiance pesante" de soupçon et procès permanent, menaces de banissement, discussions sur tout sauf le fond...- rendent vain tout espoir de débat sur la communisation genre/classe/race dans ce forum marqué par le dogmatisme idéologique autour des concepts de "patriarcat" (contradiction unidimensionnelle) et les "classes" d'hommes et femmes (une contradiction une seule), éliminant la possibilité d'une articulation conséquente avec la contradiction entre classes dans le capital (le bricolage conceptuel de Christine Delphy, exemple : "pour en finir avec la plus-value").

Plus grave à mon sens est la structure de ce site féministe, qui rend difficile (pas de rubrique ad'hoc) d'aborder l'exploitation et les dominations au travail, y compris le harcèlement professionnel d'hommes ou de femmes dirigeant des femmes sous leurs ordres ou sous leur surveillance : surtout ne brisons pas la (fausse) unité du féminisme. On comprend que celles qui les subissent - qui n'ont sans doute pas de temps à perdre en discussions stériles, comptant le leur entre boulot, enfants à charge et travail domestique -, soient si peu présentes sur ce forum qui n'est en rien significatif d'aspects essentiels de la domination des femmes, particulièrement des femmes salariées, précaires ou chômeuses, et pauvres.

Exemple de cette idéologie selon Delphy de la contradiction essentielle du "patriarcat", de son critère aclassiste (au regard de l'exploitation capitaliste) de "classes du genre", et selon cette idéologie, des oppositions fondées sur les idées - et non sur la situation sociale/genrée objective -, exemple donc, le sujet à succès : femmes machistes et hommes féministes, alors que nulle part ne figure un sujet du type femmes cadres sup et femmes prolo, contradiction de classe qui traverse la catégorie genrée de femmes. Cachez ce sein de glace que je ne saurais voir...

Pour l'heure, je n'ai pas été banni. J'ai mis fin de moi-même à l'impossibilité de discuter, dans une ambiance de procès permanent et de censure objective, d'un courant de la critique féministe du capital. En espérant que la publication en France du livre "Caliban et la sorcière" changera la donne, sinon sur ce forum féministe (tant pis pour elles), du moins pour l'émergence d'un féminisme de classe.

Propos d'un homme, et alors ?!

4 janvier 2014

Remarque accessoire : le titre de la rubrique intersectionalité et autres systèmes de domination, au-delà de l'orthographe, dit à quel point cette approche théorique est comprise, puisqu'elle n'est pas un système de domination, mais une théorie proposant d'intersectionner leurs critiques

Debriefin à chaud 1 Texte pour dndf, 4 janvier 18h Corrections 19h

Je ferai un petit debriefing de cette expérience, sinon passionnante, ni même passionnée, du moins significative. Sans anticiper je pointe quelques difficultés. Certaines tiennent certes à l’expression des hommes en milieu féministe, et sans doute à ma propre personnalité. De ce point de vue, je ne sais si d’autres s’en serait tirés mieux que moi, ou si une femme portant à sa manière les mêmes idées aurait eu de meilleures chances d’être comprise.

Mais l’essentiel à retenir me semble ailleurs, du côté de la réception, en milieu militant féministe, des thèses communisatrices articulant classes et genre. Mon petit doigt m’avait prévenu, mais j’ai plus de gros doigts.

Il faut parcourir ce forum féministe pour mesurer la place accordée au travail, celle des conditions dans lesquelles les femmes travaillent, sont précaires ou chômeuses.

D’une part, il n’est pas certain que celles qui bossent et ont « charge de famille », un homme ou pas à la maison, ont le temps de participer à un tel forum. Et si elles y vont, qu’est-ce qu’elles y trouvent qui leur donnerait envie d’y participer, sous cet aspect du travail ? Beaucoup de jeunes, étudiantes, universitaires, enseignantes… D’autres n'ont pas ces profils mais interviennent peu ou pas du tout.

D’autre part, à vérifier, il n’y a pas d’entrée thématique sur le travail, et, toujours à vérifier, semblent peu abordés les éventuels conflits entre femmes de différents niveaux hiérarchiques dans le travail, que ce soit dans les bureaux, à forte proportion d’emplois féminins, ou a fortiori en usine, en services d’appel, dans le commerce…

Par ailleurs, c’est un milieu où s’expriment en forte proportion des militantes, par ailleurs proches de l’extrême gauche, anarchistes, « anti-capitalistes », « anti-fascistes »… La plupart des questions sont abordées sous l’angle des idées politiques (« femmes de droite », « femmes de gauche »...). Tout ce que nous avons pu dire en général du militantisme (objectivisme/subjectivisme) se fait sentir ici sous le label identitaire « féministe », qui regroupe au demeurant toutes sortes d’expressions et de priorités diverses (la question des mœurs domine, comme l’approche des questions en tant qu’individu-e et relations inter-individuelles). Je suppose que nombre de femmes actives « sur le terrain », se disant féministes ou non, ne perdent pas leur temps en palabres qui leurs paraissent, sinon inutiles, à côté de réalités sociales, telles que la situation des femmes pauvres.

À compléter en laissant retomber l’appâte. Je ne regrette pas d’avoir pu signaler quelques textes, de les avoir posés en termes de chantier ouvert, et d’avoir sans doute éclairci l’idée de communisation. Que ces textes puissent être mieux connus dans les milieux féministes est sans doute une bonne chose, et jusque-là je n’avais aucune idée de la « réception », d’éventuels échanges en France entre « communisateurs » et féministes sur les textes en cause. Aller au-delà dans ce contexte me paraît à la fois illusoire et quasi inutile. Débattre dans un forum est vain et déplace les enjeux en termes militants, ce qui est tout sauf notre problème, à mon sens.

Comme éclairage, pour mesurer à quoi nous nous heurtons sur le plan théorique, voici un texte de Christine Delphy, dans lesquelles les divergences essentielles ressortent clairement :

POUR UNE THÉORIE GÉNÉRALE DE L’EXPLOITATION / EN FINIR AVEC LA THÉORIE DE LA PLUS-VALUE http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2010/11/Delphy-POUR-UNE-TH%C3%89ORIE-G%C3%89N%C3%89RALE-DE-LEXPLOITATION-1.pdf

Les inserts en gras sont à l’avenant :
« Dans le dogme, le sexisme et le racisme seraient uniquement des moyens de placer certains individus tout en bas de l’échelle de la classe ouvrière »
« Le concept de valeur de la force de travail, au lieu de simplifier la réflexion par les capitalistes, la complique, et interdit de prendre en compte l’histoire »

et la chute est sans appel « La théorie de la plus-value particularise à outrance l’exploitation capitaliste; certes l’exploitation capitaliste est spécifique, mais elle a aussi des traits communs avec les autres exploitations. Or, la théorie de la plus-value est utilisée pour la faire apparaître non comme dotée de spécificités, à l’égal de toute exploitation, mais comme totalement différente des autres. Mais même si elle n’était pas utilisée dans un but nocif, il demeurerait une bonne raison d’en finir avec elle: elle n’est même pas utile à son objet propre, l’analyse de l’exploitation capitaliste. »

Merci à Christine Delphy pour sa clarté, bien qu’elle ne parle pas des thèses communisatrices, manifestement ignorées. Pas de quoi nous rassurer pour autant. Cela promet quelques chauds débats quand sortira le livre de Silvia Federici.

Pour le reste, je ne regrette pas de m’être auto-missionné, et je précise pour tout le monde qu’il n’y a eu à propos de mon initiative aucun contact, entre quelque camarade que ce soit, et moi. Que ce qui tient à mes « défauts et limites » ne leur soit donc pas imputé.

pour un "féminisme de classe" 

Voir la reconstruction générale femmes dans les luttes de classes / Race Genre Classe : pour une mise à jour des théories de la communisation 

5/12 janvier 2013 : je distingue cette rubrique pour un "féminisme de classe", étant entendu que je l'inscris dans la perspective de la communisation = abolition des classes, de la domination masculine et raciste. Cette distinction signifie aussi que c'est l'affaire des femmes, par et pour elles. Qu'un homme l'exprime doit donc s'entendre comme un vœu, non du man's plaining. Par ailleurs "féminisme" ne s'entend pas au sens d'un parti, d'un syndicat ou d'une organisation de "militantes", mais de l'auto-organisation des femmes dans leurs luttes spécifiques contre la domination masculine.

La communisation est l'abolition simultanée, par une révolution des exploité-e-s, dominées et racisé-e-s mêmes, des classes sociales, du genre (la domination masculine) et du racisme, et dans le même mouvement de l'argent, de l'économie, du travail et des médiations sociales qui les accompagnent (Etats, Nations...). En bref, c'est l'abolition du capitalisme comme un tout.

pour un féminisme de classe

- Et c'te soupe ?... - Fiche-moi la paix, je lis Karl Marx

Voir aussi

Forum féministe : ballade condescendante en territoire féministe janvier 2014, pour le debriefing voir Réception de la communisation en milieu féministe, pour un féminisme de classe

la méthode et son double, une vision d'hommes ? Pour une refondation en théorie communiste

la reproduction du capital, de la domination masculine, et des identités délétères