le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

 

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le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  

en cas de déconn-action, deux adresses http://patlotch.com/text/index.html et http://www.patlotch.esy.es/text/index.html contact Patloch(ar)free(pt)fr

« En opposition au journal intime, un journal extime sonde l'intimité non pas de l'auteur, mais du territoire qui lui est extérieur. »
Michel Tournier
Journal extime 2002

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le dispatching des nouveautés est désormais assuré depuis le poste d'aiguillage

suite de anti-journal 1988 > 11 mai 2014

21 juin

encore en vie ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Darius

« Le droit français s'oppose à la diffusion de cette photo d'une victime mineure.» La procureure de la République de Bobigny, Sylvie Moisson
article 39 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette dernière punit de 15.000 euros d'amende la publication d'une image permettant notamment l'identification d'un adolescent victime d'une infraction. « Si l'amende est assez faible, elle s'accompagnerait de fort dommages et intérêts », précise le service juridique du Figaro
source

gens d'un dernier voyage

Tous les chemins ne mènent pas
les Roms à la Cité des Poètes :
un jeune y passa de vie à trépas

Dans la cave vous fîtes sa fête
de fauché que la mort faucha

pour voyage gratuit à perpète
dans le chariot de vos achats

FoSoBo, 16 juin Poèmes 2014

Rom lynché : les Poètes, portrait chiffré d'une cité à la dérive Le Monde 19 juin

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une belle lettre

« Tu es mon frère de couleurs, mon frère de race, mon frère de classe, mon frère de chaînes. » Sarah Carmona

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Lettre à Darius, à mes frères de chaîne et aux bâtisseurs de misère 20 juin 2014 par Sarah Carmona sur le site du PIR

Je ne te connais pas petit frère. Je ne te connais pas mon fils. Je ne me souviens plus de ton nom, mon neveu… muro nepoto. Je ne sais pas à quoi ressemble la couleur de tes yeux. Sont ils noirs comme l’ébène, gris comme un ciel couvert, bleu comme l’immensité de nos espoirs, constellés d’étoiles, dur comme l’acier ? Peu importe. Je suis tienne et je te porte en moi comme une mère, comme une sœur de chez nous qui veille sur son frère. Je sais comment tu aimes ton café car je suis ta tante, celle chez qui tu te réfugies quant tu n’as plus où aller, quant tu fuis. Je veille sur toi. Tu es le fils de mon frère. Je connais tes errances. Elles me font mal mais je sais d’où elles naissent. Je ne les excuse pas mais je les sens au plus profond de mon être. Elles me déchirent, m’ébranlent, elles me quittent le sommeil. J’ai beau fermer les yeux.

Mon fils, mon frère, mon neveu, j’ai cherché dans les livres, j’ai creusé au fond de nous, j’ai été patiente, j’ai voulu comprendre. J’ai joué avec le feu de l’autre pour tomber dans la léthargie dans laquelle tu te trouves maintenant. Je suis là, nous sommes là, amenza.

Toi, toi qui a frappé, je te connais aussi. J’ai grandi à tes cotés. Le béton de ton univers n’a pas été aussi puissant que les feux que nous allumions aux pieds de tes tours, où nous parlions, chantions, dansions quelques fois et où toi aussi tu te réchauffais. Je te connais et j’ai mal. Ta peur me tue, ta souffrance me tue. Ce sont ces murs, tous ces murs autour de nous, dans nous. Tout ce béton qu’ils ont mis entre nous et nous même.

Ta puissance et la mienne sont nos seuls espoirs. La puissance de ton extériorité niée, la puissance de ton être, la force subjuguée du mien. Tu es mon frère de couleurs, mon frère de race, mon frère de classe, mon frère de chaînes. Et j’ai mal, tellement mal de si bien te connaitre. J’ai mal de te comprendre. Je suis aussi toi.

Mes frères, je vous prends tous les deux par la main. Je vous hais et je vous aime. J’ai peur. J’ai peur de ce qu’ils ont fait de nous… ceux qui parlent, nous définissent, ceux qui bâtissent ces murs, ceux qui structurent nos êtres, ceux qui font de la richesse de notre altérités des motifs de rejet, des dissonances. Quelle est mortifère cette symphonie universelle qu’ils nous imposent et à laquelle il nous faut nous refuser pour survivre ! Quelle est puissante aussi !

C’est à vous que je m’adresse maintenant, vous les bâtisseurs de misère, vous les oppresseurs, les politiciens, les faiseurs d’images, vous qui avez frappé mon frère, mon fils, mon neveu de vos mots, de vos couleurs, de vos lois, de vos savoirs morts, de vos murs, et même de vos sollicitudes aqueuses. Non !!!! Vous n’y arriverez pas. Vous ne me ferez pas dévier le regard de la réalité. C’est vers vous que sont braqués mes yeux. C’est vous que je scrute, déstructure et combat. Et je le ferai main dans la main avec mes frères de lutte.

Sarah Carmona

Les femmes gitanes dans l’histoire communication faite par Sarah Carmona lors du troisième congrès européen des femmes roms (24-26 octobre à Grenade, Espagne) 25 novembre 2011

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15 juin 2014

on a la marine qu'on peut, la France touche le pompon

La marine italienne porte secours à quarante migrants CRI 15 juin

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Le Pen dénonce "une immigration considérable" Le Figaro 15 mai

la suite dans le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

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préférence nationale à la débauche *

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* « débauche : au fig. usage excessif ou déréglé de quelque chose » source

7 juin 2014

un drôle d'appel

Extrême droite, gauche radicale: des contestations foncièrement divergentes Mediapart

« Les progrès de la gauche, en revanche, reposent sur la formulation d'une critique réfléchie et d'une réponse alternative aux inégalités sociales et économiques engendrées par les politiques d'austérité. Pour empêcher que la violence et le désespoir se diffusent plus encore, l'Union européenne a besoin de nouvelles alliances qui dépassent les frontières, et de radicales reconfigurations de ses institutions pour atteindre à une plus grande égalité économique. Un grand débat public doit être lancé pour discuter de l'avenir de l'Union, du rôle de la solidarité et de la justice sociale, et du sens actuel de l'idée d'Europe...»

par Etienne Balibar, Judith Butler, Jodi Dean, Eric Fassin, Jean-Luc Nancy, Toni Negri,  Michael Lowy, Slavoj Zizek..

Ils sont venus ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu ce cri, elle va mourir l'Europa, Ya même Toni, le fils maudit, Ah l'Europa-a-a-a...
Aznavour La Mamma

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  qu'il peut être vulgaire, ce Patlotch...

à croire qu'ils ont besoin d'action, et que de leurs chères chairs chaires, ils ne peuvent la concevoir que médiatique et politique

retrouver agglutiné·e·s en signataires petits bras de ce texte syndicalo-politico-trouillard ces grands penseurs rêvolutionnaires nous donne à lire sous un autre angle leurs profondes et parfois insondables conceptions du communisme

Vedettes inusables

En priant à genoux les CharlAznavouriens

Tout le talent les mots
servis comme la soupe
de jeunesse à vieillesse
par des vedettes molles
à les gens populaires
d'âge en âge qui passent
de bohême à trépas
en vous faisant danser
sur des airs sans faux pas

Faut pas (ne faudrait pas)
s'y prendre
ils n'ont rien pour surprendre
que nourrir leur ennui
les jours les ans les nuits
et survivre d'attendre
par habitude un rien
un idéal de rien

Pour n'avoir rien vécu
et n'avoir rien à vivre

24 octobre 2011 Crise en vers

se dire que Marx avait aussi, à l'échelle de son temps, de ces sorties médiatico-politiques de conjoncture, tel sa lettre à Lincoln le félicitant de l'abolition de l'esclavge esclavagiste ouvrant la voie à l'homme libre, l'esclave ouvrier...

au fond, la question existe des cheminements historiques menant à la souhaitée libération humaine mondiale, et qu'il ne suffit pas de souhaiter prendre des raccourcis, ses rêves pour des réalités, mais bon, quelque part, ce chemin-là, cette sempiternelle dichotomie de la résistance nécessaire en pratique politique pour une révolution comme hypothèse de cénacles universitaires, je sais pas vous, mais moi depuis qu'on nous la joue, je le sens mal comme ça

création du poste d'aiguillage

une entrée ayant une fonction simple de présentation et dispatching des nouveautés dans les rubriques ad'hoc

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S continuera au ralenti selon mes humeurs, sans reprise des textes nouveaux dans les rubriques

mon texte d'hier 6 juin poésie vs bavardages théoriques ? devrait éclairer ce changement, qui ne fut pas prémédité et pas garant de suites poétiques

6 juin

poésie vs bavardages 'théoriques' ? dans Réflexions poétiques, art et révolution sociale...

s'il est une raison pour laquelle j'aimerais me consacrer davantage à la poésie qu'à l'écriture quotidienne de cet anti-journal LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S, c'est parce que de tout ce que j'ai produit, je tiens ma poésie comme de plus grande valeur que mes contributions aux débats communistes. Non que je trouve celles-ci sans intérêt* mais parce que de façon quasi consubstancielle, ma poésie est de plus grande justesse et que je suis plus à l'aise dans son langage - le langage poétique en général et celui propre dont je me suis doté avec le temps

* dans la mesure où c'est un besoin pour moi d'abord de clarté, et que je me suis défait des théories fermées pour aboutir à une compréhension personnelle des choses qui me convient sans dépendre du prochain texte magico-théoriste; étant donné aussi que chacun·e peut se nourrir longtemps des textes accumulés, les miens ou d'autres; je pourrais avantageusement alléger mon journal et sans contrition franchir le pas de la poésie

pour qui lit les deux sans les séparer ou en hiérarchiser l'importance, je crois que ma poésie a plus d'impact, de performativité, même s'il ne le reconnaît pas dans l'immédiat - cela doit dépendre des sensibilités. Quoi qu'il en soit, je la considère plus puissante et durable que le reste : elle dépend davantage du moment mais moins d'un survol du présent, en cela elle est plus concrète. Je ne le dis pas dans le sens où la poésie et l'art en général échapperaient à l'histoire, mais comme le relevait déjà Marx à propos de la statuaire grecque ou romaine (voir avec Isabelle Garo)

que les petits malins s'inquiètent qui penseraient gagner du temps en ne lisant que les poèmes, plus courts et moins bavards que le journal, car en saisir la densité et la complexité de niveaux croisés est autrement plus long et difficile, pour l'inhabitué·e, que se laisser porter linéairement par des textes qui disent (presque) tout; d'autant que ces derniers temps, j'aime à tailler ma poésie dans le faux simple, à la manière des fables qu'on croit 'pour les enfants'

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

naturellement, je dis 'ma poésie' de façon globale et pas tel poème pris à part, ni telle forme, puisqu'on y trouve comme en tout des réussites et des échecs, sur le critère être ou ne pas être de la poésie, de l'art. Moins que personne je serais dupe de la forme, connaissant mes intentions au moment de l'écriture, et qu'elles furent variées à l'extrême, y compris tenant de l'amusement rimé, de la performance stylistique, portées par « ce que les mots me disent », comme Michel Leiris dans Langage-Tangage, procédé dont j'ai fait maints usages dans mon premier Livredel et qui demeure une de mes fortes inspirations : chaque mot posé, que ce soit pour l'un de ses sens, pour sa sonorité ou son apport rythmique, rouvre les possibles de la suite du poème et à la ré-interprétation voire la retouche de ce qui précède

chaque choix d'un mot dans un poème en chantier - comme d'une touche de couleur dans un tableau, d'un coup de burin dans le marbre d'une sculpture ou d'une note de tel instrument dans un arrangement orchestral -, peut le faire basculer pour le pire ou le meilleur, ce qui ne menace pas autant toute autre forme d'écriture, peut-être plus linéaire, y compris la plus rigoureuse, en science, en philosophie, en théorie... La rigueur n'est pas moins décisive pour la valeur du poème mais elle n'y est pas du même ordre et fonctionne différemment

j'ai donc tendance à laisser flotter le vocabulaire théorique* à la manière poétique, ce qui peut générer plus d'incompréhension qu'une ouverture aux sens décrochée des mots, que je recherche pour traverser les langages des corpus théoriques singuliers. Alors que l'équivoque et la polysémie sont souhaitables en poésie, elle peuvent être rédhibitoires en théorie, du moins telle qu'on a coutûme de l'écrire et de la lire

* on remarquera toutefois que certains 'marxistes' et autres amateurs de révolution communiste n'ont pas mes scrupules concernant les mots-concepts de capital, prolétariat, classe ouvrière et classes moyennes, genre...

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Le Voyageur contemplant une mer de nuages Caspar David Friedrich 1818

cela paraîtra paradoxal pour qui tient la poésie comme relevant de l'idéalisme voire du romantisme en essence, mais elle peut sans peine être plus matérialiste que n'importe quelle théorie reposant sur des présupposés, particulièrement quand elle fait de la prospective, le propre d'une théorie de la révolution au-delà de sa critique du capital. Et donc je dis aussi justesse en ce sens-là, de matérialisme. La bonne poésie est adéquate au réel quand elle tend à devenir aussi vraie qu'un chant d'oiseau (voir l'homme, le poète, et le moineau)

ainsi en va-t-il de tous les arts, de leurs langages spécifiques irréductibles au langage parlé et au rapport séparé signifiant/signifié, forme/contenu etc. de la même manière que la vie humaine d'un individu ne se sépare pas entre corps, affects et intellect comme rapports sociaux et à la nature

mais cela n'apparaîtra pas à qui à son insu considère les mots plus que les choses, une faculté très masculine - un reproche que je ne saurais faire au 'féminisme marxiste' de Silvia Federici, une théoricienne des plus terre à terre qui s'occupe des popotes mais fait moins que tout autre « bouillir les marmites de l'avenir »

le bonheur de créer l'emporte sur l'insatisfaction d'un devoir accompli

alors que je suis généralement insatisfait voire irrité du temps passé à rédiger, corriger-codifier, illustrer, transférer... ma page quotidienne pour mon anti-journal, écrire un poème, avoir été capable de l'engager et de le 'résoudre' en le considérant achevé, cela suffit à me combler de bonheur. Oh, pas longtemps... Je me l'explique par la satisfaction d'avoir accompli non un devoir, mais quelque chose dont la nécessité pour moi est plus profonde. Je crois même que, passant plus de temps à ce journal qu'à l'écriture poétique, ce n'est pas tant que je crois à son importance, mais parce que je cède triplement à l'habitude addictive, à ma paresse, et à une supposée demande de mon lectorat inconnu et peut-être malgré moi trop ciblé

que cependant l'on attende pas un référundum. Autant lecteurs et lectrices pourraient dire quelque chose d'intéressant quant à mes divagations théorico-journaliénistes - je m'en vois privé n'ayant pas accroché à mon 'blog' un espace de commentaires -, autant quant à la poésie je n'attends rien, et mon genre n'est pas aux fumeuses lectures-signatures des poètes sur le marché de leur égo-identité

en résumé, et me concernant c'est un comble, au nom du communisme, je deviens à mes yeux traître à la poésie

j'ai de plus la prétention de penser qu'il est davantage de personnes capables de théoriser le communisme que d'écrire des bons poèmes, et quant à être poète et communiste, comme l'a relevé Badiou concernant des poètes classés 'staliniens', oh la la, n'y songez pas, autant aujourd'hui chercher un Patlotch dans une botte de foin (le plus dur sera de trouver la botte)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Van Gogh La sieste (La méridienne)

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poèmes 2014

l'homme, le poète, et le moineau

Ma vie se glisse dans la maladie, sa chemise de nuit,
attend une aube et rien
de plus qu'au matin une pluie de surprises

Le poète n'est jamais libre
pourquoi le mettre en prison ?
c'est lui offrir le temps profond de l'écriture

Dehors la foule invente son désert conforme
mon rêve dicte les aventures extraordinaires d'un inconnu qui se dit être moi
qui est le plus sérieux des deux ?

Un vent tombé, un vent se lève. Un vent ici, des vents ailleurs
les vents vont seuls poussés par les nuages
tissés de réactions par les avions

J'ai pris le vol de l'ignorance initiatique
car l'homme croit qu'il sait
je sais qu'il croit - il n'entend pas

d'un moineau le chant vrai
plus que parole humaine
mais que dit-il, ce poids plumes ?

Apprendrai-je jamais à chanter ?

FoSoBo, 6 juin 2014, 15:37-21:22

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28 thèses... + une ? suivi de 'explorer les voies du communisme'

le groupe La Sociale de Montréal a publié une brochure dont dndf nous offre le bon à tirer en PDF. Armez-vous de patience pour une lecture croisée de gauche à droite et de haut en bas et inversement, de ces trois textes autour des thèses des ami(e)s de la société sans classes, comme de la brochure Federici en marge de « Caliban et la sorcière »

28 thèses sur la société de classes nouvelle édition augmentée de
Commentaire critique par Théorie Communiste
et suivie de Sur la communisation et ses théoricienNEs, réponse des auteurEs

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un mérite de cet échange, comme dans la décennie précédente ceux de Théorie Communiste avec TropLoin (Dauvé&Nesic), Temps Critiques, Aufhebung... c'est de donner à mieux comprendre les un·e·s et les autres, notamment les thèses de TC qui sont parfois mieux reformulées et contextualisées par d'autres que par eux-mêmes

la 29ème thèse ou l'auto-effondrement du « courant communisateur »

la réponse à TC appartient à une série de critiques correspondant à la fin de la période de sortie de l'ombre de ce groupe central du « courant communisateur », en fait le seul vraiment théoricien, le seul qui l'a fait exister comme « courant » en tant que promoteur des revues Meeting et SIC dans la décennies 2003-2013. Son relatif succès de diffusion en Europe et aux États-Unis aura produit des critiques aussi sévères que sérieuses, qui sont à recouper avec l'implosion de SIC dont TC n'a donné qu'une explication arrangeante (Fin de parti·e). Dans cette série, et concernant le nihilisme et le romantisme de la communisation selon ce « courant », voir Romantic Fiction

comme je l'ai souligné dans mon attaque de TC, son Commentaire Critique et la réponse 'Sur la communisation et ses théorienNEs' font ressortir les tricheries intellectuelles de Roland Simon, autrement dit les conditions dans lesquelles le débat est à la fois possible et impossible sur la base de sa compréhension et de son interprétation de ceux qui ne considérent pas son corpus comme la théorie adéquate à l'époque

depuis 2005, au fil de mes pérégrinations avec, sans ou contre TC, j'aurai formulé, en termes souvent moins théoriques et donc par là sans intérêt pour ce petit milieu imbu, l'essentiel des critiques que l'on trouve recoupées par celles Des ami(e)s de la société sans classes. Je l'aurai fait de façon disparate et spontanée dans les commentaires de Meeting puis de dndf, ou sur la liste de discussion interne à SIC, de façon plus systématique sur mon site (critique du 'courant communisateur') à partir du moment où Roland Simon s'est autorisé à mon encontre des mêmes procédés de déformation relevant de l'incompréhension voire de la malhonnêteté, en tout cas d'une pathologie auto-centrée

« Cancer mystique, chanteras-tu longtemps ton cantique au mystère ? » Robert Desnos, Rrose Selavy 93

du point de vue méthodologique, à partir du moment où TC définissait ce « cycle de luttes » autour de « l'appartenance de classe comme contrainte extérieure », il ne prenait plus en considérations que les luttes dont il supposait qu'elles portaient ce sens - je l'ai relevé dès 2005 -, un sens dont sa théorie formulait la vérité, celles de luttes théoriciennes, ceux qui les menaient n'attendant pourtant que d'eux-mêmes et autre chose, mais pas qu'un théoricien leur apprenne ce qu'ils auraient fait sans le dire ni le savoir, qu'ils ne le faisaient pas

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  sauf par la théorie

comme dans toute théorie à prétention scientifique, il vient toujours un moment où le pas est franchi d'une solution mystique, et c'est ainsi qu'on peut comprendre le communisme en voie de réalisation selon TC comme un monde sans médiations sociales, sans production, sans produit, sans travail, sans société, sans genres sexués... et comprendre sa théorie comme une des plus séparées des luttes au point de ne les aider en rien, le rien dont TC a aujourd'hui les mains pleines. Séparée des luttes puisqu'aucune ne s'y reconnaît, et isolée dans le monde de la théorie communiste, puisqu'aucun·e théoricien·e mais seulement des moines copistes soutiennent encore ses thèses

explorer les voies du communisme

il me faudrait relire ces 28 thèses pour elles-mêmes, autrement que sous l'angle des désaccords que je partage largement avec TC, et les confronter à ma propre exploration des voies de la révolution, comme j'ai renommé cette rubrique, manière d'allusion et d'hommage à ce qu'écrivait Christian Charrier en 2005 dans La communisation...point d'orgue

Nous avons écrit dans l’Invite à Meeting que le but de la revue est d’« explorer les voies de la communisation » (pt. 5) : je crois que tout le mal vient de cette formule expéditive est un peu racoleuse et qui suppose surtout que le résultat de la chose est déjà acquis, et de l’affirmation selon laquelle « d’ores et déjà un courant communisateur existe au travers d’expressions théoriques diversifiées et de certaines pratiques dans les luttes actuelles. » (pt. 3) – bien sûr, c’est du point de vue des pratiques que les choses se compliquent tout de suite (c’est là-dessus que TropLoin et Danel ont tout de suite pointé leurs critiques). Lequel redoute que l’on se contente de « raisonner comme si la notion de “courant communisateur” ne faisait pas problème », de « l’abstraction la plus générale du processus de la communisation et d’une définition très politique du sujet communisateur », pour conclure : « je crains qu’on ne construise un sujet révolutionnaire ad hoc pour les besoins de la problématique fondatrice de la revue ». À part ça, actuellement, seule Théorie communiste est capable de rendre compte théoriquement et de manière cohérente de l’existence pratique d’un courant communisateur au travers de sa thèse selon laquelle « dans la période actuelle (…) être en contradiction avec le capital c’est être en contradiction avec sa condition de classe » ; ce qui suppose bien sûr toutes les médiations inhérentes au corpus técécien – à commencer par la théorie de l’achèvement de la « restructuration du capital » en ce qui concerne la période actuelle : « il nous semble impossible de parler de communisation sans parler de restructuration et de nouveau cycle de luttes. »
 
L’exploration tout de go des voies de la communisation, dans laquelle chacun s’est lancé comme dans une vente promotionnelle ou une opération de propagande – qu’il s’agisse de faire de la communisation le socle d’une théorie nouvelle de la révolution ou le débouché de corpus existants – fait l’économie des supposés de son objet et de ses origines, sur la base d’une apparente évidence de la chose portée par sa diffusion inhabituellement rapide et l’adhésion qu’elle rencontre.

il n'est donc pas étonnant que dans cette décennie où le « courant communisateur » a traversé en comète la sphère (semi-)publique, on retrouve aux deux bouts, de la part de ceux qui partagent la base de la fin du programmatisme ouvrier, la mise en cause de sa thèse centrale prétendant évacuer toutes les autres voies d'une révolution communiste. Quand je dis "voies" ce n'est pas pour en privilégier une parmi d'autres, mais pour explorer comment s'articulent celles qui se présentent dans le monde actuel comme autant de situations particulières ayant en commun la perspective de dépassement du capitalisme

on aura compris qu'aucun des corpus théoriques existants - du moins que je connaisse - ne me satisfait entièrement, que je prends à Negri en minimisant le rôle attribué au capital cognitif (à vrai dire atténué dans Commonwealth mais fascinant encore Moulier-Boutang et ses ami·e·s de Multitude), à Federici* tout en considérant son absence de prise en compte de la violence et sa critique de Negri fondée sur des thèses qu'il a dépassées...

* reconnaissons à Federici de ne pas se prétendre théoricienne de la révolution, ce qui rendrait vain de lui reprocher de « ne pas produire théoriquement la révolution ». Laissons ça à TC et d'autres, quand le temps aura passé de l'usage intéressé qu'ils en font et qu'ils engageront la polémique

le communisme : un processus de transformation qui doit se porter à la hauteur du capital

bref, explorer les voies du communisme, c'est d'abord considérer que le processus révolutionnaire ne peut émerger et surtout emporter la victoire que s'il engage une majorité de la population mondiale d'une façon ou d'une autre, cela non seulement à partir d'éléments qui surgiraient dans la crise avancée du capital, mais sur la base même de ce qu'il a produit et tranformé dans les rapports sociaux et le rapport social à la nature. Je constate que la plupart des thèses communistes radicales ne le font pas, et tendent toujours à mettre en avant une identité révolutionnaire de sujets qui ne se définiraient pas selon leur être social, mais selon leurs idéaux communistes, ce que furent in fine les membres (sic) du « courant communisateur » (en ce sens TC relève de l'activisme-théorique complément de l'activisme immédiatiste avec et contre lequel il a polémiqué, c'est-à-dire d'un gauchisme commun qui prend ses désirs pour des réalités et son existence pour importante qualitativement)

c'est pour souligner cette nécessité historique, le problème du quantitatif dans le qualitatif si dédaigné par la plupart des supposés 'dialecticiens', que j'ai placé en exergue de la rubrique le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes' cette citation de Marx, où l'on est prié de ne pas prendre au sens du 19ème siècle « les forces productives »

« Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.» Karl Marx Critique de l'économie politique 1859

si je porte un tel intérêt à Negri, au-delà de reproches sérieux, c'est pour sa focale très large sur la totalité du système-monde capitaliste, et sa redéfinition, avec 'la multitude', de ce qu'est la classe de son abolition, et ceci sur une base de classe dans les rapports sociaux de production et reproduction. Peut-être qu'il le fait mal, mais qui d'autre à un tel niveau de cohérence ?

le mouvement du communisme produit sa philosophie, la révolution la réalise

hé bien, en toute immodestie je pense contribuer à la perception de cette critique de la totalité, et l'ampleur de la tâche suppose précisément de ne pas l'enfermer dans un corpus théorique séparé. Si ma contribution ne s'élabore pas en formulation théorique, c'est parce que je prends soin de prendre le cours du capital, et des luttes contre lui, au point où elles en sont de se chercher un dénominateur commun

la théorie ne saurait aller au-delà de sa base dans les rapports sociaux, base largement outrepassée par Théorie Communiste et d'une façon générale par nombre de rêveurs radicaux. Je comprends que ce soit moins séduisant qu'un corpus bien ficelé, mais aussi moins susceptible d'être suivi ou déformé à souhait : chacun·e est convié·e à faire marcher sa tête. C'est ainsi que je conçois l'intelligence critique et la subjectivation communiste au niveau individuel, pas comme un rapport militant à la théorie-guide

« ceux qui ne savent plus rien faire que remâcher le caca des autres, ils sont déjà morts » Jean Meckert (Jean Amila) Comme un écho errant 1986 p. 164

le communisme comme processus diversifié produit dans ses combats la philosophie qu'il réalisera dans la révolution. Et pour l'heure aucun philosophe ou théoricien ne l'a formulée de façon satisfaisante à mon goût. C'est ainsi que l'on pourrait dire de la philosophie de la révolution ce que Jean Meckert écrivait de sa sœur

« Elle avait le défaut des tempéraments riches, elle brouillait, ouvrait des portes et partait sans les refermer, mais c'était le contraire de l'incohérence, elle savait très bien où elle allait. » id. p. 160.

l'œuvre de Jean Meckert/Jean Amila (d'abord Amilanar) est de celles que j'ai presque intégralement lues, dès les années 70 où l'on ne trouvait ses livres que chez les bouquinistes et dans les bibliothèques. Ces dernières années sont republiés ses livres non 'policiers' des années 40 sous divers pseudonymes. Pour les uns et les autres et par-delà ses hauts et bas, Meckert est un de mes auteurs français préférés, parce qu'un des seuls qui entende quelque chose au milieu ouvrier ou prolétaire qui fut le sien, bien davantage que ses héritiers du néo-polar français, de Manchette à Daeninckx en passant par Fajardie et Jonquet, seul le premier ayant la taille d'un grand écrivain, mais pas prolétarien pour deux sous

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dans les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution et critique du 'courant communisateur'

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5 juin

Période

une revue de textes dans la tradition marxiste, site ouvert en mars. Il y est question de capitalisme post-colonial, de Black Communism, de 'décoloniser la nature', de Louis Althusser, de Marx Global, de Historical Materialism, d'analyses féministes, de Silvia Federici...

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Période vous invite à une rencontre-débat le jeudi 12 juin à 18h à l’EHESS (salle 5, 2e étage), 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, M°Notre-Dame-des-champs, Saint-Placide

des textes relevant d'un « féminisme marxiste »

Comprendre la violence sexiste à l’ère du néolibéralisme Tithi Bhattacharya Traduction de Félix Boggio Éwanjé-Épée et Stella Magliani-Belkacem (directrice éditoriale de 'Période')

Dans cet article, Tithi Bhattacharya se propose d’historiciser et donner une compréhension d’ensemble à la progression des crimes sexistes dans le monde depuis la crise économique. Mettant à profit les intuitions et les hypothèses du féminisme marxiste, elle expose les liens complexes entre l’idéologie de la tradition, les difficultés d’accès au produit social et les stratégies du capital à l’ère du néolibéralisme

La reproduction sociale comme cadre d’analyse « le capitalisme, quand il fait face à une crise, s’efforce de trouver une solution qui passe par deux biais étroitement liés : (a) en essayant de restructurer la production, comme on peut en juger par les mesures d’austérité (b) en tentant de réorganiser la reproduction sociale, comme en témoignent la volonté de renforcer les identités de genre et le recyclage des idéologies sur la famille « ouvrière ». Si l’on veut comprendre cette simultanéité et cette unité dans la restructuration du capitalisme, alors nous devons revisiter l’analyse marxiste de l’oppression des femmes qui se voit abordée de meilleure façon par le cadre analytique proposé par la théorie de la reproduction sociale. »

article original Explaining gender violence in the neoliberal era

deux textes de Silvia Federici

voir aussi La « vie quotidienne » : une analyse féministe, Simona de Simoni

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4 juin

Come on Class Gender Race : la communauté comme lutte

'Commons against and beyond capitalism' George Caffentzis and Silvia Federici Community Development Journal Vol 49 January 2014

« Idéalement, ils incarnent la vision des marxistes et anarchistes mais qu'ils ont échoué à réaliser : celle d'une société composée d'« associations libres des producteurs » autogérées et organisées pour assurer non une égalité abstraite, mais la satisfaction des besoins et des désirs de la population »

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The concept of the ‘commons’ has become a ubiquitous presence in the political, economic and even real estate language of our time. Left and Right, neo-liberals and neo-Keynesians, Conservatives and Anarchists use it in their political interventions. The World Bank has embraced it requiring, in April 2012, that all research conducted in-house or supported by its grants be “open access under copyright licensing from Creative Commons—a non-profit organization whose copyright licenses are designed to accommodate the expanded access to information afforded by the Internet” (World Bank).
[...]
What then qualifies as “anti-capitalist commons”? In contrast to the examples we have discussed, the commons we aspire to construct are intended to transform our social relations and create an alternative to capitalism. They are not intended to only provide social services or to act as a buffer against the destructive impact of neo-liberalism, and they are far more than a communal management of resources. In sum, they are not pathways to capitalism with a human face. Either commons are a means to the creation of a new truly egalitarian and cooperative society or they risk deepening existing social divisions, creating havens for those who can afford them and who can therefore more easily ignore the misery by which they are surrounded.

Anti-capitalist commons are best conceived as autonomous spaces from which to reclaim control over our life and the conditions of our reproduction, and to provide resources on the basis of sharing and equal access, but also as bases from which to counter the processes of enclosure and increasingly disentangle our lives from the market and the state. They are thus qualitatively different then from those advocated by the Ostrom school, where the commons are imagined in a relation of coexistence with the public and with the private. Ideally, they embody the vision that Marxists and anarchists have aspired to but failed to realize: that of a society made of  “free associations of producers,” self-governed and organized to ensure not an abstract equality but the satisfaction of people’s needs and desires. Today we may see only fragments of this world (in the same way as we may have seen only fragments of capitalism in late Medieval Europe) but already the commons we build should enable us to gain more power with regard to capital and the state, resist exploitation, and embryonically prefigure a new mode of production, no longer built on a competitive principle, but on the principle of collective solidarity.
[...]
In conclusion, commons are not the practices by which we share in an egalitarian manner the resources we produce, but a commitment to the creation of a collective or multiple collective subjects, a commitment to the fostering of the common interest in every aspect of our life and political work, and a commitment therefore to the rejection of all hierarchies and inequalities, and all principles of ‘othering’ and exclusion.
These characteristics differentiate the common from the public, the latter being owned, managed, controlled and regulated by and for the state, therefore constituting a particular type of private domain. This is not to say that we shouldn’t fight to ensure that the public is not privatized. As an intermediate terrain it is in our interest that private companies do not engulf “the public” which is the site where much of our past labor and resources are stored. But for the sake of fighting to generate new anti-capitalist commons it is crucial that we do not loose sight of the distinction.
Anti-capitalist commons are not the end point of anti-capitalist struggle, but its means. For a start we need to build movements that put on their agenda their own reproduction on a communal basis, which means movements whose members do not share only the space of the demonstration or the picket like but learn to put their lives in common, organizing for instance on the basis of their different needs and possibilities, and eliminating practices that can become principles of exclusion or hierarchization.
We see the Occupy movement and the movements of the squares as a crucial step in that direction. What is happening internationally proves that only when you have forms of collective reproduction, when you have communities that reproduce themselves collectively, can struggles be ‘sustainable.’

Race, class, and community organizing in support of economic justice initiatives in the twenty-first century Sekou Franklin

Abstract - Community organizing is a viable political tradition that is predisposed to developing innovative, ameliorative strategies to address economic injustices. This is due to the social justice orientation of community organizers, their linkages to indigenous networks, and commitment to participatory democracy. Relying upon primary and secondary data – this includes a survey of 132 activists, interviews, correspondence letters, and participant observation – this article examines the strategies used by contemporary grassroots organizers to challenge systems of oppression, ascriptive hierarchies, and economic injustices. The theoretical framework guiding the study relies on a re-articulation of ‘new’ social movement (NSM) theory and its relationship to the community organizing field. A major criticism of NSM theory is that it places too much emphasis on the importance of autonomous political struggles, identity-based struggles, and the cultural dimension of protest, while depreciating more public challenges to oppressive economic policies and political-bureaucratic decision-making apparatuses. I develop a middle-range approach that synthesizes political and class-based challenges, often associated with older social movement theories, with NSM strategies that focus on identity, culture, and autonomy. As demonstrated in this study, contemporary organizers have linked identity-based claims with public grievances that support economic justice programmes.

Everyday Practices of Race, Class and Gender / Struggles, Skills, and Radical Social Work, Journal of Progressive Human Services, Volume 11, Issue 2, 2001, online 2008

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Audre Lorde

Woman power
is
Black power
is
Human power
is
alwasy feeling
my heart beats
as my eyes open
as my hands move
as my mouth speaks

I am
are you

Ready.

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3 juin maj 5 juin

les robots contre les prolétaires : 'expulsion' ?

« Les robots vont-ils prendre nos jobs ? » L'Express/L'Expansion 3 juin

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  voici l'ouvrier du futur, au milieu de ses "collègues" Paris-Match novembre 2013

« On connaissait les robots industriels remplaçant l’homme sur les chaînes de montage, dans l’industrie automobile notamment. Mais jamais encore un humanoïde n’avait travaillé côte à côte avec des employés d’une usine. C’est désormais chose faite au Japon. Et sûrement bientôt ailleurs, car l’équation est implacable : ce robot baptisé « Nextage » travaille comme… trois employés.»

l'histoire des techniques est celle du capital depuis des siècles, mais alors qu'elles ont produit des prolétaires jusqu'à la fin du capitalisme fordiste, elles les sortent depuis de leur « employabilité ». Question : un « prolétaire nu » qui n'intéresse plus « l'homme aux écus » (Marx) est-il encore un prolétaire face au capital ? Sans doute, mais pas dans le champ de la production de valeur par l'exploitation, et pas le capital comme seul mode de production, mais de reproduction par la destruction du vivant

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Des humanoïdes remplacent les ouvriers d’une usine japonaise mai 2013

que les cadres de direction se rassurent, ils ne seront pas oubliés, j'ai lu quelque part qu'un logiciel avait pris place, avec voix décisionnelle, au nombre des membres d'un conseil d'administration d'entreprise, pour orienter les choix stratégiques : embaucher des robots ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le robot industriel fête ses cinquante ans 01Business 2011 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  HRP 2: le robot ouvrier de demain ?

Encore faudrait-il que les robots consomment - sans quoi la plus-value et la valeur peuvent se mettre en vacance de poste -, car s'ils augmentent la productivité pour une même dépense de salaire, ils baissent la consommation et la valeur des marchandises*. Problème, ils ne se reproduisent pas, encore que l'on y songe, pour ne pas dire qu'elles en rêvent

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

mais pourquoi diantre le robot remplace-t-il l'homme, le mâle ?

* voir Bruno Astarian 8. Valeur et lutte des classes 8.2.3 - Accumulation intensive et élimination de travail vivant

un mal pour un bien, libérer du genre le travail domestique !

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  mais alors, abolir toute différence de genre est-il plus communiste que capitaliste ?

pour le reste, quelle différence ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le prolétaire nu face à la police des écus 

Brésil : Des robots assisteront la police lors de la Coupe du Monde Secours Rouge 24 février
Des robots Packbots, déjà  utilisés en Irak, en Afghanistan et à Fukushima seront déployés au Brésil lors de la Coupe du Monde, le gouvernement brésilien a en effet signé un contrat de 7.2 millions de dollars pour l’acquisition d’une trentaine d’engins auprès de la société états-unienne IRobot. Les Packbots se déplacent sur chenilles, sont équipés d’un bras polyvalent, de plusieurs caméras haute-résolution, d’un GPS, d’une boussole et de divers engins de mesure destinés à détecter les explosifs. Les packbots patrouilleront pour détecter les colis suspects et surveiller les alentours des stades. En plus de celà, la police disposera d’un système de reconnaissance faciale capable de capter 400 images par seconde et de comparer les visages à une base de données de 13 millions de visages.

une seule solution ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  et voilà le travail !

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques

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une difficulté à articuler concrètement critique du capital et perspective communiste : trop de réel pour un manque de luttes... et de rêve ?

les critiques du capitalisme ne manquent pas. Elles n'ont jamais été si nombreuses, si l'on songe que le terme même de 'capitalisme' avait pratiquement disparu du vocabulaire dans les années 1980-90, hormis dans la critique marxiste traditionnelle et dans ce qui restait du mouvement ouvrier défait dans la restructuration engagée quinze ans avant

les critiques du capitalisme peuvent être rangées entre deux opposés, selon la perspective qui les sous-tend de le sauver ou de l'abolir. Entre les deux, toutes les variantes plus ou moins réalistes

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

au nombre des premiers, les sauveurs du capital, on peut ranger les Paul Jorion, Thomas Piketty... et toute une galaxie d'économistes et de politiques, et de philosophes humanistes qu'ils soient de gauche ou de droite ou sans ancrage précis (Morin, Sloterdijk...)

dans la critique des philosophes partisans du communisme, tels que Zizek, Badiou, Rancière... beaucoup de blabla sans fondements critiques du capitalisme réel comme économie politique. La critique radicale de la valeur, nonobstant son agitation médiatique, confine à la "neutralité" universitaire en l'absence de considérations des luttes. Les anti-capitalistes altermondialistes se cherchent après l'effondrement de l'idéologie démocrate radicale. Les amateurs d'émeutes les versent toutes dans le même sac sans considération de contenu. Les anarchistes sont mariés à la police... Le courant communisateur marque le pas dans sa course théorique en-avant du sujet révolutionnaire perdu... Le concept de commun peine à cliver sur une ligne de rupture avec le citoyennisme...

des prospectives problématiques entre théories et analyses à base inter--nationales

d'où qu'elles viennent et quoi qu'elles se proposent ces critiques sont plus ou moins radicales et comportent toujours une part de prospective, c'est-à-dire de projection sur le futur de la situation actuelle selon diverses hypothèses d'interventions politiques ou révolutionnaires

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

ce qui n'est pas toujours clair, ce sont les pré-supposés idéologiques de ces diverses projections, mais, hormis les plus théoriques et les moins empiriques, la plupart sont traversées par une analyse du capitalisme fondée sur la partition de l'espace géographique en états-nations ou régions politico-économiques du monde

les critiques radicales héritant du marxisme ne sont pas mieux armées pour faire de la prévision quant aux soubresauts réels de la crise économique, et ce ne sont pas elles qui ont prédit celle de 2008. La notion de cycles (Kondratiev, ondes longues, etc.) tels qu'ils pouvaient se lire, après coup et avec une relative pertinence au sein du capitalisme au XIXème siècle ou dans sa première phase de subsomption réelle jusqu'aux années 1970, avant la restructuration globale, cette notion de cycles n'est d'aucune aide prévisionnelle aujourd'hui. Le « système capitaliste » est devenu trop complexe pour répondre à une causalité dialectique linéaire, à des modèles prévisionnistes mathématiques, alors qu'ils sont plutôt bons pour les joueurs de la finance, mais leur influence un jeu à somme égale pour le devenir global du système

le concept de ville globale de Saskia Sassen me semble intéressant et pourrait rejoindre du côté révolutionnaire l'idée de Toni Negri selon laquelle « La métropole est à la multitude ce que, autrefois, l’usine était à la classe ouvrière » PDF 2006, du côté réformiste celle d'« un nouveau lieu privilégié de l’exercice de la souveraineté populaire et de la citoyenneté » La ville est un espace intéressant pour définir une politique » entretien avec Saskia Sassen, L'Humanité juillet 2013). Mais il laisse sur sa fin concernant tout un pan de luttes sur le commun qui n'ont rien d'urbaines. Il appelle plutôt à leur « jonction » sur une base radicale rupturiste

 autres publications

une surestimation de la politique des États-Nations et organismes politiques mondiaux

autrement dit, la difficulté qui est la mienne d'articuler critique du capital et perspective communiste se double de leur difficulté à analyser le capital sur la base de ses pouvoirs économiques déterminant les politiques, et ce qui me semble une sous-estimation de la puissance en réseau des « maîtres du monde », ceux qui contrôlent les flux du capital aussi bien que la politique des Etats-Nations

757 groupes internationaux contrôlent 80% des multinationales

147 multinationales et intermédiaires financiers qui ont des intérêts les uns avec les autres, contrôlent 40% de la valeur économique des groupes du monde entier, seulement 50 groupes financiers (banques et assurances) possèdent la majeure partie de ces 147 multinationales

Ambiance sombre pour un monde à la dérive, tout porte à croire que les populations humaines sont en phase terminale. Une étude publiée récemment en Suisse montre que l’ensemble des multinationales de la planète est contrôlé par seulement 737 multinationales et groupes financiers, et donc par leurs actionnaires qui sont eux aussi souvent les mêmes. Avec la crise économique, cette information capitale est complètement passée inaperçue. Retour sur un système économique global de moins en moins démocratique.

Cette étude est inédite puisque un faisceau de domaines multiples s’entrecroisent : économie, statistiques, finances, mathématiques, etc. Ce rapport passe au crible l’ensemble des multinationales pour comprendre l’étendue de leur pouvoir qui supprime officieusement le pouvoir des gouvernements du monde.

Réalisée par 3 chercheurs de l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich, l’étude « the network of global corporate control » a analysé 43 060 multinationales [1] dans pas moins de 116 pays ainsi que leurs interconnexions. Même les filiales ont été passées au peigne fin.

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Au final, les chercheurs ont constaté avec effroi que 80% de la valeur de ces 43 060 multinationales sont contrôlés intégralement par 737 groupes financiers ou industriels. Et encore plus loin, 147 multinationales et intermédiaires financiers qui ont des intérêts les uns avec les autres, contrôlent 40% de la valeur économique des groupes du monde entier.

On frémit à l’idée que seulement 50 groupes financiers (banques et assurances) possèdent la majeure partie de ces 147 multinationales.

Ils constatent également avec stupéfaction que les acteurs les plus puissants ont un niveau de contrôle supérieur à ce que laisserait supposer leur fortune réelle.

Il existe donc une sorte d’épicentre de compagnies très fortement interconnectées en comparaison du nombre total de multinationales. Chacune des multinationales de ce noyau dur est connectée avec en moyenne 20 autres membres du noyau dur en question, si bien que ¾ de la valeur de ces firmes sont détenus par les autres multinationales de ce groupe central.

une question se pose que je n'ai pas étudiée, c'est en quoi la composante ou base nationale de ces groupes permet de supposer que la structure globale du capital est encore déterminée par des considérations géo-économiques et géopolitiques, y compris quand l'analyse en est faite sur une base marxiste comme celle de Mylène Gaulard concernant la Chine (restructuration du capital mondial : et la Chine ?)

en quoi, pour qui et quoi cela a-t-il un sens de s'interroger sur le capitalisme chinois, américain, européen... ?

faut-il croire que ces superpuissances économiques d'un capitalisme sans frontières seraient assez naïves pour mettre leurs œufs dans un même panier, qu'il soit étatsunien, chinois, européen, indien... où en est-on de la composition inter-nationale des multinationales ?

dit autrement, ces grands groupes n'ont-ils pas envisagé - aussi bien que les communistes attendant la grande crise de reproduction du capital global comme fenêtre révolutionnaire - une restructuration débarrassée non seulement du handicap des Etats-Nations, mais allégée de base capitalistique nationale, de sorte que la fonction de l'État soit assurée de manière autonome au niveau mondial par leur propre gouvernance via leurs organismes ou directoires internationaux. La concurrence que se mènent ces groupes, pour autant qu'ils interviennent dans les mêmes branches de production/reproduction et que cette notion même de branche économique ait encore une pertinence, peut bien laisser sur le carreau, dans une aggravation de la crise, une part d'entre eux, en quoi cela empêcherait-il les autres de revivre au-delà de toute contrainte d'appartenance à une nationalité ?

ma question peut sembler naïve puisque cette structuration n'est pas une hypothèse, qu'elle est engagée de façon stratégique pour se prémunir des effets de la crise en telle ou telle région du monde. Au-delà de théories dépendant de leurs hypothèses de base qui ignorent cette question, nous n'avons pas d'outils d'analyse à la hauteur

lutter mais pas rêver ?

 « Il faut rêver !... Un marxiste a-t-il le droit de rêver ?... Mon rêve peut devancer la marche naturelle des évènements... Rêvons mais à la condition de croire sérieusement en notre rêve, d'examiner attentivement la vie réelle, de confronter nos observations avec notre rêve, de réaliser scrupuleusement notre fantaisie !... Des rêves de cette sorte, il y en a malheureusement trop peu dans notre mouvement, par le fait de ceux-là même qui s'enorgueillissent le plus de leur bon sens, de leur exacte approximation des choses concrètes. » Lénine Editions de Moscou Tome V p. 523

toujours est-il qu'à cette échelle et à ce niveau d'affrontement global, on n'observe aucune puissance communiste émerger des luttes, qu'elle se structure sur une ligne de classe prolétarienne ou dans la constitution d'une multitude révolutionnaire autour du commun. Dans une crise avancée de reproduction du capitalisme comme mode de production, on voit aujourd'hui davantage de sauveteurs potentiels sur une ligne de réforme, y compris en termes de valeurs éthiques de civilisation, que de révolution en termes d'abolition. On voit assez bien venir une crise globale du capital mais pas encore comme crise révolutionnaire

pour un temps indéterminé, le capital a une longueur d'avance, ce qui ne saurait nous empêcher de lutter et de rêver, entre « la vie réelle » du capital et « notre fantaisie » du communisme

« Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.» Karl Marx Critique de l'économie politique 1859

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le commun sans la lutte de classes ? Entretien avec Dardot et Laval Vidéo Médiapart 2 juin

26 minutes de « démocratie participative », d'« autogouvernement », de « communs locaux, nationaux, mondiaux... avec un « double fédéralisme à la Proudhon, socio-économique et sur le plan territorial et politique », des « forces alternatives anti-capitalistes », « le mouvement doit produire ses institutions », « encourager des pratiques instituantes », « nécessité d'une révolution non pas au sens d'une insurrection, soudaine, violente...», « nous trouvons dans Castoriadis des significations plus profondes que dans Roosevelt... », « construire une politique du commun...», « le droit d'usage contre la propriété », « l'usager comme co-producteur de règles relevant du gouvernement », « une transformation de l'entreprise privée pour une ré-organisation des rapports sociaux... », « l'usager comme co-producteur de règles »

de grands absents : le capital et ses contradictions, le prolétariat, la multitude, les classes sociales, le genre et la domination masculine, la violence d'État...

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  un débat italien

une utopie politique

l'impression d'ensemble est que ces théoriciens - du politique plus que du capital - se posent davantage en orienteurs d'un projet politique qu'en critique des rapports sociaux tels qu'ils font émerger, dans le capitalisme actuel, le commun comme contradiction. Autrement dit se dégage l'idée que les luttes devraient être orientées par une idée du but à atteindre, une sorte d'ovni sociétal à construire sans dégâts collatéraux et sans rupture violente, et pour l'essentiel par les forces qui constituaient comme guide idéologique l'altermondialisme démocratique. On hésite à reprendre le concept de démocratisme radical, bien que le fond demeure l'utopie et la contradiction dans les termes d'un citoyennisme contre l'État. La signification de ce livre est assez claire, ce qui l'est moins est la base sociale sur laquelle serait fondée au niveau mondial cette révolution en douceur

dans commun et/ou communisme : révolution ou réformisme ?

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2 juin

«Le capitalisme est entré dans des logiques d’extraction et de destruction » Saskia Sassen Repris À l'Encontre Le Monde 25 avril 2014

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

le vieux est l'avenir du monde

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  old color of Benetton

« la démographie, clé de voûte du monde de demain » Pierre Sabatier mars 2014

Les prévisionnistes commentent souvent la conjoncture, en oubliant les éléments structurels dont dépendent nos modèles de société... C'est exactement ce qui s'est passé lorsqu'on observe l'évolution des déterminants de nos économies depuis 1950.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  évolution de la principale force non productive

L'étude de l'évolution démographique des pays industrialisés nous donne une bonne idée de la profonde remise en cause à venir de nos modèles de société, de ce qu'on peut attendre en termes d'inflation, de croissance, mais aussi de l'évolution du prix des actions, des obligations ou de l'immobilier dans les décennies à venir.

tout ça c'est bien beau, mais comment fonder une analyse du capitalisme sur des bases économiques nationales ou régionales ? Ça n'a d'intérêt que du point de vue de l'économie politique, de la concurrence inter-capitaliste (et inter-étatique). À mon sens pour le devenir du capital global, les frontières comptent peu. De ce point de vue le capitalisme n'est ni nationaliste ni même raciste

en clair et au feeling, je ne crois pas à une crise de reproduction mondiale débouchant sur une communisation à courte échéance mais plutôt sur une nouvelle restructuration

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques

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Marx à Pékin, Gaulard à Marseille

la Chine vers un accident de croissance ?

dans restructuration du capital mondial : et la Chine ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Le jeudi 12 Juin à 18h30, Tantquil Marseille et la bibliothèque Mille Bâbords organisent une rencontre/débat avec Mylène Gaulard qui vient de publier son nouveau livre : Karl Marx à Pékin, les racines de la crise en Chine capitalisme.
La chine qui bénéficie de taux de croissance record depuis plus d’une décennie est loin d’avoir été épargnée par la crise de 2008.  Les conflits sociaux s’y multiplient et depuis que son industrie est montée en gamme favorisant la fabrication de téléphones high-tech plutôt que de T-shirts, le chômage important des travailleurs non-qualifiés côtoie la pénurie de main-d’oeuvre en ouvriers qualifiés. Mylène Gaulard à la lumière d’une analyse marxiste du capitalisme chinois, revient sur la situation économique actuelle de l’Empire du Milieu et les contradictions inhérentes au développement du mode de production capitaliste en Chine. Les limites de l’accumulation capitaliste semblent atteintes et ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’une crise chinoise, aux conséquences mondiales, se déclenche.
La discussion aura lieu à Mille Bâbords, 61 rue Consolat 13001 Marseille

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  'le Capital de Marx, un cadeau de Noël de la crise financière'

La crise économique se profile en Chine. Les difficultés s’y accumulent, de manière toujours plus apparente. L’espoir d’un renouveau venu d’Asie, pour un capitalisme mondial affaibli, prend fin. Au-delà de la rigidité du régime politique, ou des désastres écologiques facilement relevés par les observateurs les moins attentifs, la formidable croissance de la Chine la mène à cette crise inévitable. Et cela parce que depuis 1949, sous l’étendard d’un socialisme usurpé, le capitalisme et son cortège de contradictions s’y renforcent toujours plus. S’appuyant sur les outils théoriques élaborés par Karl Marx, ce livre est consacré à une analyse rigoureuse et critique de ce processus.
MYLÈNE GAULARD est maître de conférences en sciences économiques à l’université Grenoble Alpes. Se réclamant d’un marxisme non dogmatique, elle est spécialisée en économie du développement, et ses recherches portent plus spécifiquement sur le Brésil et la Chine. Elle est l’auteur de L’Economie du Brésil aux Editions Bréal. Elle a également soutenu en 2008 une thèse d’économie intitulée : Accumulation du Capital et inégalités : une approche comparée Chine/Brésil.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  ...? le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Chine : risque de crise financière Le Monde 12 mai

Chine : pourquoi la crise est devant nous Pierre Sabatier 12 avril 2014 vidéo

« Vers un accident évident, passer par la case récession nécessaire à la requalification du modèle de croissance chinois...»

mais dire que le monde ne sera pas chinois importe-t-il au capital mondial ?

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1er juin

visites en mai

2014 mai (site Patlotch.com) 453 personnes #  pour 1253 visites, 2,7 en moyenne/personne 39/jour. Webalizer 179/jour en moyenne +  site patlotch.esy 60 par jour + ancien site ?

France  UnitedStates  RussianFederation  Germany  Finland  Austria  Spain  GreatBritain  China  Netherlands  Sweden  Saudi Arabia  Japan  Canada  Romania  Ukraine  Poland  Belgium  Italy  Ireland  Switzerland  European country  Luxembourg  Tunisia  Algeria  Latvia  VirginIslands  Colombia  Moldova  Nicaragua  Hungary  SlovakRepublic  Iceland  Australia  Bulgaria  South Africa  New Zealand

fréquentation mensuelle en hausse de 15%. 150 visites de plus d'un quart d'heure

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Patlotch n'empêche personne de dormir

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métro boulot dodo

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  

« Le sommeil, voilà l’ennemi. Pendant qu’ils dorment, les gens ne travaillent pas. Ne consomment pas. Ne font pas tourner la machine. Sont parfaitement inutiles. Superflus. C’est insupportable, ridicule, scandaleux. Passer une immense partie de leur vie endormis, voilà "l’un des plus grands affronts que les êtres humains puissent faire à la voracité du capitalisme contemporain", analyse l’essayiste américain Jonathan Crary. Si les nécessités apparemment irréductibles de la vie humaine; la faim, la soif,  le désir sexuel et, récemment, le besoin d’amitié (bonjour, "Facebook" !) ont "été convertis en formes marchandes ou financiarisées", rien à tirer du sommeil : "La réalité, aussi surprenante qu’impensable, est qu’on ne peut en extraire de la valeur."» Le Canard Enchaîné 21 mai 2014 Jean-Luc Porquet

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  la révolution en dormant ?

« Pourrons-nous un jour acheter du temps de sommeil ? Et nos rêves seront-ils alors interrompus par des publicités ? Idée-force d'Inception, film de Christopher Nolan sorti en 2010, le rapport entre sommeil et capitalisme est au cœur du nouveau livre de l'Américain Jonathan Crary, nourri d'exemples artistiques et philosophiques, souvent français (Deleuze, Godard, Debord, Stiegler). Un essai bref, à la trajectoire percutante, qui s'ouvre d'ailleurs sur la précision d'un vol d'oiseau : celui du bruant à gorge blanche, ayant l'extraordinaire capacité de rester éveillé sept jours d'affilée en période de migration. La créature est étudiée de près par le département de la Défense américaine : « On voudrait des gens capables de se passer de sommeil et de rester productifs et efficaces. Le but, en bref, est de créer un soldat qui ne dorme pas », résume Crary. Or, selon l'auteur, nous serions tous de bons petits soldats, mis au pas par un capitalisme global qui a presque tout colonisé sur son passage, grâce à la puissance de son tempo : le 24/7 – vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Le mot d'ordre implacable d'une vie sans pause.

Rivés à leurs écrans lumineux, qui les rendent corvéables de jour comme de nuit, offrant en pâture leurs secrets à l'ogre Facebook, les individus modernes ne savent plus où ne pas donner de la tête : « On accumule un patchwork d'identités de substitution qui vit sa vie en continu 24/7, qui ne dort jamais, et qui apparaît comme une contrefaçon inanimée de nous-mêmes plutôt que comme une extension du soi. » Sans cesse sollicités par cette nouvelle « économie de l'attention », les individus aux yeux cernés ricanent bien quand on leur rappelle le vieil adage selon lequel on passerait un tiers de sa vie à dormir ! Les huit heures de rigueur se sont réduites à six. Si le sommeil en a pris un sacré coup (et si l'industrie des somnifères se porte bien...), il demeure pourtant, pour Crary, le plus grand affront, insolent bastion de résistance à la « voracité » du capitalisme : difficile, en effet, d'attribuer une valeur au sommeil, alors que « la plupart des nécessités apparemment irréductibles de la vie humaine – la faim, la soif, le désir sexuel et, récemment, le besoin d'amitié – ont été converties en formes marchandes ou financiarisées ». Que tous ceux qui aiment la rêverie, les interstices et les temps d'arrêt se réfugient sans tarder dans les bras de Morphée ! »

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  to read before going to sleep

“Crary’s polemic against the demands of 24/7 capitalism brilliantly illuminates the devastating effects of our changed temporality. Enjoined to constant productivity, we consume ourselves, our world, and our capacity collectively to imagine a common future. This is a crucial commentary on the format and tempo of contemporary life.”?– Jodi Dean, author of The Communist Horizon

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24/7: Late Capitalism and the Ends of Sleep Jonathan Crary
 
Capitalism’s colonization of every hour in the day.
24/7: Late Capitalism and the Ends of Sleep explores some of the ruinous consequences of the expanding non-stop processes of twenty-first-century capitalism. The marketplace now operates through every hour of the clock, pushing us into constant activity and eroding forms of community and political expression, damaging the fabric of everyday life.

Jonathan Crary examines how this interminable non-time blurs any separation between an intensified, ubiquitous consumerism and emerging strategies of control and surveillance. He describes the ongoing management of individual attentiveness and the impairment of perception within the compulsory routines of contemporary technological culture. At the same time, he shows that human sleep, as a restorative withdrawal that is intrinsically incompatible with 24/7 capitalism, points to other more formidable and collective refusals of world-destroying patterns of growth and accumulation.

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31 mai

noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ?

le peintre et le président : la France soulagée

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  du noir surgit la lumière le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  

« Dans l'« outrenoir », la plus célèbre invention de Pierre Soulages, Hollande n'a pu s'empêcher de voir son propre reflet : « Du noir surgit la lumière. C'est à dire qu'il est possible, toujours, de croire en la France, en cette fierté de la France. Nous créons chacun à sa façon. L'artiste, l'entrepreneur, l'ouvrier, l'acteur politique… Chacun crée. Et de ce noir-là se dégage une lumière, celle de l'espérance, que nous devons porter les uns et les autres, pour la France. » Hollande cherche la lumière au pays de Soulages Le Monde 30 mai

Soulages à vrai dire, par le noir sous la lumière, donne à voir des couleurs, ce dont aucune reproduction en photo ou sur internet ne peut rendre compte. Il en va ainsi de toute peinture, qui n'est pas image mais matière. Voilà donc l'intérêt des musées, et la fumée des mauvaises métaphores. C'est dire comme en son for intérieur le peintre a dû trouvé le président ridicule. Reste qu'à grand artiste petit président fait son ombre. On est mieux servi par soi-même

dossier spécial "le peintre et le président"

deux en un le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  jamais 2 sans 3 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Poutine par Bush

Black is Black

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Buffalo grille

« contrairement au taureau, le bœuf peut être vache, c'est la loi du genre animal. » Patlotch Senior I, Mémoires d'un âne

Les salariés de Buffalo grill en grève contre l'annualisation du temps de travail France3 Côte d'Azur Infos

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Des semaines maléables de 26 à 45 heures
Cette grève nationale vise surtout à dénoncer le projet de modulation du temps de travail imposé par la direction de Buffalo Grill aux salariés. Dans toute la France, les enseignes sont affectées par le mouvement social qui devrait cesser à 15h. Malika Gzanay est déléguée du personnel du Buffalo Grill de Brives-Charensac : « Nous sommes contre le projet de modulation du temps de travail. C’est ingérable pour nous et cela va avoir des impacts négatifs. » Première conséquence du projet : la disparition des heures supplémentaires. Un employé avec un contrat de 35 heures pourra faire une semaine de 44 heures, les 9 heures de travail supplémentaires seront récupérées sur une autre semaine où il ne fera « que » 26 heures.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  2010 3 semaines après l'ouverture

300 euros de perte par salariés
La perte des heures supplémentaires à un coût : les syndicats FO et CGT expliquent que si ce projet est appliqué, il entrainerait une perte anuelle de pouvoir d’achat de cinq millions d’euros répartis sur les 4 000 salariés, soit 300 euros par employés. Au total, quatre cuisiniers de Brives-Charensac sont en grève, soutenus par un cinquième employé en repos ce dimanche. Le restaurant n’a pas fermé : la cuisine est assurée par un assistant et un agent polyvalent de restauration. Les clients, eux, oscillent entre le mécontentement et la quasi-indifférence. Certains rentrent dans le restaurant sans rien dire, d’autres font part aux salariés de la gène qu’entraîne ce mouvement social.

 

la fumée fait un tabac

en France tout fout l'camp, et le tabac, réalisant son être social, part en fumée

Les cadres de Seita ont été libérés, mais le combat des salariés continue AFP Libération 29 mai

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Seita infos

le tabac d'hier

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  attribué à l'Abbé de l'Attaignant (1697-1779)

cet abbé fut un précurseur de la French Theory, deux siècles avant Foucault, Les mots et les choses
il écrit
Le mot et la chose

Mais, quand je vous dis que le mot
Vaut pour moi bien plus que la chose
Vous devez me croire, à ce mot,
Bien peu connaisseur en la chose !
Eh bien, voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose :
Madame, passez-moi le mot...
Et je vous passerai la chose !

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

mais comme tout curé, il était un idéaliste, contrairement à Godard : « Les choses, non les mots » source

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30 mai

identité ouvrière... identités idéologiques communautaires et individuelles... identités de luttes... hic salta !

quelques remarques

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  faut-il reconquérir l'identité prolétarienne ?

dndf ressort un texte de Théorie Communiste de 2002 : M. Le Pen et la fin de l'identité ouvrière

je ne ferai pas la critique de ce texte dont j'apprécie encore la remarquable analyse des raisons profondes de la montée du vote ouvrier dans les classes populaires des années 1980 à 2000

Madame Le Pen en 2014, moins de voix que Monsieur en 2002 

passons sur la raison donnée par dndf, « le succès du FN aux dernières élections européennes font causer et défiler quelques milliers de jeunes étudiants ». Que pèsent le peu de succès de ces manifestations «citoyennes» et leur composition sociale, relativement à la structure sociologique du vote pour le parti de Marine Le Pen, et surtout à l'importance de l'abstention : le FN à 25% des 43,5% du corps électoral français, c'est moins de 11% avec 4,7 millions de voix, contre près de 17% avec 4,8 millions de voix pour Jean-Marie au premier tour de 2002 (Peut-on relativiser le score du FN ? Le Monde 26 mai)

l'abstention, quant à elle, traduit davantage que le vote Front National, qui n'est pas anti-démocratie, un dégagement de la citoyenneté politique qu'un engagement à combattre le système, et Théorie Communiste a raison de balayer les fantasmes de ceux qui comptent positivement les abstentionnistes comme une force anti-étatique. Compter le « vote blanc » ( 4 à 5% ?) est encore une manière de les ramener dans le cadre institutionnel

des visions françaises de la France, de l'Europe et du monde, sur fond de retour de la race

passons sur les 12 ans d'âge de cette analyse française à base d'élections nationales en France, avec les décalages dans le temps et l'espace de ses développements relativement à l'élection européenne de 2014, et aux différences entre Marine et Monsieur. Comme dans tous les textes de Théorie Communiste, la race quand elle y figure  - je ne l'ai pas vérifié dans ces quelques 20 pages - la race n'est qu'accessoire et marginale. Venant « en prime » dans l'analyse, les immigrés et racisé·e·s ne sont que faire-valoir de l'analyse classiste, classique marxiste au demeurant contradictoire dans ce corpus fondé sur le syllogisme marxien du prolétarien (Christian Charrier)*

* sans conscience de classe identitaire, idéologique, pas d'abolition de la classe, ce qui oblige TC-Théorie Communiste à repousser à plus tard en théorie comme en actes, dans l'immédiateté de la communisation, la question de l'unité du sujet prolétarien pour son abolition; c'est le fond de cette théorie par l'absurde, qui avait cru trouver sa base sociale dans les luttes produisant un écart, l'identité de classe comme contrainte extérieure, comme si la race et la domination masculine (assimilée au genre, critique introduite par TC en ? 2007) n'étaient pas pour la classe deux contraintes intérieures

aux lendemains de ce scrutin européen, la plupart des "analyses" dans la presse sont focalisées sur le vote FN en France dans la perspective française des présidentielles de 2017. Je ne suis pas plus nationaliste qu'européiste mais force est de constater leur focale étriquée, et leur vision française de l'Europe comme du monde, à travers la grille idéologique de la démocratie politique et de la représentation à l'échelle nationale. Dans une problématique communiste de sortie mondiale du capital, cela ne nous sert pas à grand chose. Leurs problèmes et leurs peurs ne sont pas les nôtres

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

de ce qu'on est à ce qu'on pense être

je veux plutôt m'interroger sur cette question de l'identité entre l'objectivité de l'appartenance de classe et la subjectivité de la conscience de classe - qui allaient de pair avant la restructuration du capital et l'effondrement du mouvement ouvrier (années 1970...) - et sur les nouvelles identités qui se sont structurées autour de particularités nationales, raciales, religieuses, sexuelles... jusqu'à l'individualisation égo-gérée (Jacques Wajnsztejn) dont une extrême est fléchée par l'identité sexuelle selon les thèses de Judith Butler : de chacun selon ses affinités à chacun ses choix individuels, ce qui est au demeurant parfaitement compatible avec la domination masculine, comme le savent bien les «trans-genre»

la question de l'immigration est le seul point commun aux partis populistes de droite qui progressent en Europe, qu'elle soit ou non corrélée avec le chômage réel dans chaque pays. Selon le cas, le discours vise des immigrations plus ou moins intra et/ou extra-européenne, il est judéophobe et/ou arabophobe, concerne les nouveaux migrants, des clandestins mais aussi chez les plus racistes des nationaux intégrés, des « issus de...» contraints de leur répondre «- je suis français comme vous ». D'une façon générale la xénophobie accompagne la préférence nationale ou européenne, avec les variantes politiques concernant l'Espace Schengen (Immigration en Europe : cinq images pour bien comprendre Schengen FranceTVInfo 23 mai)

«[L'Espace Schengen] compte 26 Etats. Parmi eux, vingt-deux sont des membres de l'Union européenne (UE). En effet, certains partenaires européens n'ont pas signé l'accord : il s'agit du Royaume-Uni et de l'Irlande. D'autres ont signé le texte mais ne sont pas encore membres à part entière de l'espace Schengen. C'est le cas de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Croatie et de Chypre. Enfin, il y a les pays qui ne sont pas membres de l'UE mais qui font partie de Schengen : la Norvège, l'Islande, la Suisse et le Liechtenstein.»

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Le retour de la race et la responsabilité des élites Michel Agier anthropologue, Le Monde 30 mai

extraits

Le vote aux élections européennes et la poussée des listes d'extrême droite mettent en évidence un paradoxe. D'une part le développement en France et en Europe en général d'une mixité culturelle, linguistique et raciale bien réelle dans la société elle-même, au quotidien (voisinages, amitiés, relations sexuelles, mariages, relations de travail), et qui renvoie aux vagues anciennes ou récentes de migrations internationales et à leur incorporation dans la recomposition permanente des sociétés.

Et d'autre part la reprise de la parole raciste, que certains considèrent comme une forme de défoulement ou de rage ordinaire, d'où sa qualification « populiste » et la certitude que le « peuple » est responsable du rejet de l'autre en général, au-delà même de la seule figure de l'étranger. Une sorte de misère anthropologique dans un monde autoréféré, individualiste et peureux, qu'incarneraient de forme mimétique les partis d'extrême droite.

Mais l'on peut aussi donner de la situation actuelle une autre explication. Dans l'année écoulée, à plusieurs reprises le débat de société (au moins tel qu'il apparaît dans l'actualité médiatique et politique) a cédé la place à des délires identitaires annonçant l'apparente « banalité »  du vote d'extrême droite.

On peut relever deux traits marquants dans cette séquence. D'une part la tentation de partager le monde entre normaux et anormaux, ou inégaux en humanité, un partage dont la race est le signe. D'autre part, la responsabilité des élites, pas seulement parce que les gouvernants seraient responsables de la crise économique et sociale, pas seulement parce que les boucs émissaires identitaires les arrangent bien, mais aussi parce qu'ils ont participé directement à cette invention des anormaux.

Le carnaval des anormaux

Revenons sur trois faits majeurs des derniers mois. La violence du « retour de la race » et son exposition publique et médiatique dans l'épisode dont madame Taubira a été la cible en France en octobre dernier, nous ont renvoyés aux peurs du Moyen Age, quand les débuts de la découverte de peuples autres sur la planète s'accompagnaient d'affirmations (qui nous paraissent aujourd'hui insensées) sur leur part réduite voire absente d'humanité. Elles s'accompagnaient aussi de fantasmagories sur leur appartenance au monde des monstres ou des animaux.

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Ce délire de la race est aujourd'hui relancé dans l'espace public et médiatique, tel une mélopée plaçant l'Afrique et le Noir « entre » le singe et l'homme contre toutes les dénégations des archéologues, historiens ou biologistes.

Puis l'affaire Dieudonné a continué de propager de part et d'autre la haine, d'une part par le retour, là encore, des dernières limites de la brutalité identitaire jusqu'à l'inhumanité (prétendant l'extermination d'autres humains encore pensable), d'autre part par le rappel appuyé du patronyme africain du triste bouffon (ceux qui ne s'intéressaient pas particulièrement au personnage, français né à Fontenay-aux-Roses, n'ont plus pu ignorer après cette affaire que son nom est M'bala M'bala, certains commentateurs insistant même sur le « monsieur M'bala M'bala » comme pour dire la vérité du nom civil hérité derrière le prénom de scène autrement signifiant).

Une altérité confuse

Quelque chose rassemble ces faits en une seule séquence, un seul et même emballement exalté d'une pensée identitaire tous azimuts. Ce qu'ils désignent est une altérité confuse, un puits sans fond de fantasmes, et étrangement ils érigent une somme de personnages monstrueux, caricaturaux et même – on ne peut s'empêcher de faire le parallèle tant il est frappant - carnavalesques : « le nègre », « le juif », « la Tsigane », « le Turc », « l'homme en femme », « le gorille » et d'autres créatures mi-animales mi-humaines, autant de figures grotesques ou effrayantes, qui semblent sorties des imaginaires burlesques du carnaval pour défiler dans nos journaux et sur nos écrans, comme des fantasmes identitaires de l'autre imaginé, inventé, au risque pour certains d'être « identifiés » comme tels dans la rue et alors maltraités, comme l'éprouvent quotidiennement et sous des formes diverses, les Roms, les homosexuels, les noirs, les juifs, les Arabes, et tous ceux qui portent sur leur corps, dans leur accent ou leur manière de s'habiller, les marques visibles d'une relative étrangeté.

Il n'y a aucun lien a priori entre les existences réelles de toutes les personnes identifiées par ces étiquettes, mais on ne peut que constater la cohérence d'un langage identitaire qui, lui, produit et réunit toutes ces « figures » en une fiction d'altérité radicale, et les expulse dans un « dehors » imaginé. Là est le piège de l'enfermement identitaire.

Ce dehors paraît indispensable à celles et ceux qui utilisent ce langage ou qui y adhèrent, pour croire et faire croire à l'existence d'une identité propre. D'où le besoin permanent de l'autre, de représentations renouvelées de l'étranger. Pour l'

Cette idéologie-là repose sur la confusion entre la fiction identitaire et la réalité des personnes avec lesquelles nous partageons le monde, sur la confusion entre carnaval des anormaux et rejet des autres.

Un combat entre l'ouvert et le fermé

À l'inverse, la relation avec les personnes qui sont supposées correspondre à cet autre fantasmé, est la meilleure réponse qu'on puisse donner à ceux qui croient devoir « défendre » ces identités (nationale, locale, raciale, culturelle, sexuelle, etc.) en « nous » enfermant sur nous-mêmes. Mais les gouvernants européens et français de ces derniers années ont eu tendance à condamner (moralement et judiciairement) celles et ceux qui dans leur vie quotidienne passent les frontières de ces identités et qui, de fait, sont déjà en train de transformer la société, aussi bien nationale, européenne et mondiale.

C'est un combat entre l'ouvert et le fermé qui est engagé, entre la relation et le rejet. Le nouveau premier ministre de la France s'est bâti son image politique sur la reprise « droitière » de cette guerre, à l'opposé même de sa propre histoire. Il serait bien inspiré de renoncer à entretenir la dangereuse flamme identitaire et à donner de vrais signes d'ouverture.

la norme énorme fait impression

cette analyse montre que la fabrication des identités notamment raciales n'est pas d'abord le fait des racisé·e·s mais de leurs adversaires, héritiers de ceux qui ont fabriqué et entretenu la race pour le capitalisme, qu'ils se reconnaissent ou non comme racistes mais assez souvent du point de vue de leur neutralité blanche occidentale : les gens qui, chez nous, sont « normaux », l'autre étant l'anormal

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« ce que tu me dis que je suis, je le suis devenu, je vais l'être, et tu vas voir ce que tu vas voir ». Si c'était drôle on pourrait le comparer avec le renversement de « impressionnisme », qui de son invention péjorative initiale par un critique d'art, a été retourné positivement et repris à leur compte par les peintres en question, que rejetait l'académisme des beaux-arts

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« Louis Leroy est le créateur du terme impressionniste, qu’il utilisa dans un article paru dans Le Charivari où il se montra très critique envers le tableau Impression soleil levant de Claude Monet, exposé en 1874 : « Que représente cette toile ? Impression ! Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans. […] Un papier peint est plus travaillé que cette marine. » Wikipedia

songeons aussi au devenir infréquentable du « communisme », assimilé à la dictature d'État (le «totalitarisme» d'Arendt), jusque par nos "révolutionnaires du XXIème", Dardot et Laval, troquant leurs vieux habits trotzkistes pour l'uniforme sans tache d'un réformisme du commun. Il est vrai qu'aujourd'hui ne voulant pas faire fuir, on peut reprendre à son compte mais en sens inverse la formule de Marx : 

« Tout ce que je sais c'est que je ne suis pas marxiste » source Rubel note 6 dont j'adore « Les "marxistes" et les "anti-marxistes", ces deux espèces, ont fait leur possible pour me gâcher le séjour en France » lettre de Marx à Engels, le 8 septembre 1882, 6 mois avant sa mort

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  les identités de races et de sexes vont-elles nous gâcher le séjour révolutionnaire ?

« nous ne sommes tout simplement plus communistes car nous pensons que les conditions posées par Marx ne sont plus présentes (« réelles ») aujourd'hui.» Temps Critiques Le Communisme, une médiation ? juillet 2010

comme si le communisme ne pouvait être histoire, liée aux conditions «réelles» produites par le capital au présent et non aux « conditions posées par Marx », qui ne se pensait propriétaire du label "communisme" devant l'éternité, déjà assez embarrassé par les « marxistes »... En vérité, si conserver le mot ne garantit rien (PCF...) l'abandon de ce nom va toujours de pair avec celui de la lutte de classes, et Temps Critiques est en ceci conséquent.

le mot communisme lié à celui de révolution est un marqueur, comme l'a noté DauvéDDT21 à propos des théoriciens critiques de la valeur.  Mais j'ai observé depuis 15 ans dans l'appropriation du nom «communiste» - comme dans tout autre titre militant - un inconvénient profond, une dérive sectaire, un risque communautariste et identitaire

l'identité communiste opium des camarades ?

en effet, demandons-nous avec Marx si l'identité communiste ou anarchiste, l'identité de la communauté des « camarades » chacun chez son parti et les vaches bien gardées, sont véritablement révolutionnaires, et si elles définissent un sujet communisateur dans l'auto-abolition du prolétariat : pourquoi pas les missionnaires d'une religion communiste ? Auquel cas la révolution ne serait pas affaire d'objectivité sociale, mais de subjectivisme militant, et la théorie communiste leur nouvel évangile

de 'l'identité ouvrière' perdue aux 'identités de luttes' à trouver

pour revenir à la question sociale de l'identité, la « disparition de l'identité ouvrière » traduit la phase de 'déconstruction' de « la conscience de classe », de l'existence de la classe pour soi (subjectivité) qui accompagnait la puissance du mouvement ouvrier et sa définition comme classe révolutionnaire par le communisme tel que pensé juqu'aux années 1960

au fond, cette conscience n'a pas disparu, elle s'est défaite de ses liens à l'organisation politique comme représentation dans le champ de la démocratie institutionnelle, qu'elle soit nationale ou ici, européenne. Elle n'a plus de liant organisationnel, autre que cette expression dans le jeu de l'offre et de la demande politique. Que le FN, parti qui ne peut plus être défini seulement comme d'extrême-droite et encore moins « fasciste » (l'erreur de Mélenchon et des citoyens gauchistes), que le FN soit le premier parti ouvrier de France signifie que l'idée de constituer un peuple national l'a emporté sur celle d'être une classe par-delà les nations

à cet égard aucun « peuple européen » ne peut être revendiqué comme véritablement internationaliste, comme le prétendent PCF et Parti de gauche : il n'y a pas d'intermédiaire internationaliste de quelque échelle que ce soit entre nationalisme et mondialisme révolutionnaire

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  l'identité européenne n'est pas moins idéologie capitaliste que l'identité nationale

même si la question de l'immigration domine, bon nombre de ceux qui votent FN sont-ils plus "racistes" que les leaders des partis de droite et de gauche dans leurs fantasmes d'une Europe épargnée de la race ? Être contre l'immigration et être raciste ne sont pas identiques, surtout si l'on considère la race au présent des « Nègres du monde », la classe de ceux qui racisé·e·s ou pas sont confrontés au capital, à ses États et nations à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières

mon hypothèse est que l'équivalent de la « classe pour soi » d'hier n'est plus fondé sur l'appartenance à la classe ouvrière reconnaissant son unité d'intérêts dans son identité et sa puissance perdues, mais sur plusieurs identités assez floues dont le genre, la racisation (plus que la race) voire la religion (l'islamophobie comme racisme faisant écho au communautarisme musulman), dont chacune accompagne des luttes - de féministes, de racisé·e·s, de producteurs de subsistances... - qui ont en commun de faire face au capital, autant qu'elles participent de la segmentation du prolétariat ou de freins à la constitution d'une multitude révolutionnaire

l'identité, les identités sont donc en mouvement dialectique, de l'assignation à l'acceptation et au rejet, et en ce sens doivent être comprises, pour la lutte communiste et la subjectivation d'un en-commun révolutionnaire, tant dans leur négativité que dans leur positivité

l'identitaire se revendique au demeurant de façon plus fermée par les nationalistes que par les communautarismes à base raciale

aucun des communautarismes visés par les démocrates ne se proclame 'identitaire' sauf...

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  autres images le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

de l'ordre d'une évidence : c'est sur la base de luttes contre la racialisation que le racialisme sera aboli, et rien ne s'y oppose à la constitution en « classe » des abolitions de la multitude des prolétaires

si la population blanche est majoritaire en France et en Europe, la race blanche ne structure pas un « champ politique blanc »

le bât blesse au PIR quand il s'enferme dans la la définition d'un  « champ politique blanc », et l'incapacité d'analyser un tel évènement Bobigny 2014 : quand les Arabes et les Noirs font campagne pour la droite blanche, Aya Ramadan PIR 2 avril 2014. L'auteure cite pour finir Houria Bouteldja : « Leur tort [aux indigènes] n’est pas de se libérer de la gauche. Leur tort c’est de passer d’un maître à un autre. De changer de tuteur. Leur tort ici, c’est de choisir la facilité. De fuir les sentiers de l’autonomie.», citation dont il ne faudrait pas selon moi retenir un sens anti-blanc, mais auto-organisationnel, une étape dont on ne peut que souhaiter la constitution et le dépassement, qui ne sera pas produit sur le terrain de la représentation politique, et de la démocratie citoyenne d'une nation, mais dans les luttes de ceux qui sont concernés

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  mon 'nous' est indigeste contre toute république

au fond, dans l'effondrement en cours de la représentation politique et du clivage républicain gauche-droite, un clivage s'annonce autour de cette idéologie politique, qui est commune pour le pire aux électeurs de l'extrême-gauche à l'extrême droite, en passant par le PIR et pas pour le meilleur

dans les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

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29 mai

“How do we go on when the poets die?”

ce sont ses mots à la mort de son ami Amiri Baraka en janvier dernier Maya Angelou mourns death of her friend and fellow poet Amiri Baraka, recalls their dancing

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  unité de la souffrance, de la lutte et de l'amour, de la danse et de la musique, du jazz et de la poésie

un monument d'histoire américaine

La poétesse américaine Maya Angelou est morte Le Monde 28 mai autres infos

The free bird leaps
on the back of the wind
and floats downstream
till the current ends
and dips his wings
in the orange sun rays
and dares to claim the sky.

But a bird that stalks
down his narrow cage
can seldom see through
his bars of rage
his wings are clipped and
his feet are tied
so he opens his throat to sing.

The caged bird sings
with fearful trill
of the things unknown
but longed for still
and his tune is heard
on the distant hill
for the caged bird
sings of freedom

The free bird thinks of another breeze
and the trade winds soft through the sighing trees
and the fat worms waiting on a dawn-bright lawn
and he names the sky his own.

But a caged bird stands on the grave of dreams
his shadow shouts on a nightmare scream
his wings are clipped and his feet are tied
so he opens his throat to sing

The caged bird sings
with a fearful trill
of things unknown
but longed for still
and his tune is heard
on the distant hill
for the caged bird
sings of freedom

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

autres poèmes

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  avec Amiri Barak a le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  1950

La poétesse américaine Maya Angelou est morte mercredi 28 mai à l'âge de 86 ans dans sa maison de Winston-Salem, en Caroline du Nord. L'écrivaine, de son vrai nom Marguerite Johnson, était également actrice et militante afro-américaine, devenue une grande figure du mouvement américain pour les droits civiques.
Avant d'écrire des best-sellers – comme son récit autobiographique
I Know Why the Caged Bird Sings –, elle a eu plusieurs vies : chanteuse de calypso, danseuse étoile, mère à 17 ans. Elle a également travaillé pour Martin Luther King à New York, suivi le militant radical sud-africain Vusumzi Make en Egypte et côtoyé Malcolm X au Ghana.

“Nous étions des Noirs américains en Afrique de l’Ouest, où, pour la première fois de notre vie, la couleur de notre peau était considérée comme normale et naturelle.” Un billet d’avion pour l’Afrique

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  avec Malcolm X au Ghana 1964 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Youtube

« Fille de parents fantasques, elle est flanquée dans un train, à l'âge de 3 ans, en compagnie de son petit frère, direction Stamps, un bled de l'Arkansas. Elle passe sa petite enfance dans cette ville qui en compte deux - une blanche et une noire -, élevée par une grand-mère d'une bonté infinie, avant d'être récupérée par sa mère à Chicago. Violée par le compagnon de celle-ci, elle devient muette et retourne à Stamps, où elle restera jusqu'à l'adolescence. Elle finit par retrouver la parole et découvre la poésie, avant de rejoindre à nouveau sa mère à San Francisco.

Certaines vies sont bien remplies. Celle de Marguerite Johnson - son nom à l'état civil - déborde : contrôleuse de streetcar, cuisinière, chauffeur, proxénète et prostituée (dans cet ordre), danseuse, chanteuse (on trouve encore son disque de calypso de 1957: «Miss Calypso»), metteur en scène, leader de la lutte pour les droits civiques, journaliste en Afrique pour «The Arab Observer», et bien sûr écrivaine... Elle a travaillé pour Martin Luther King, fut l'amie de Malcolm X, a été la compagne de Vusumzi Make, une figure de la lutte anti-apartheid, et a compté parmi ses proches James Baldwin, Alvin Ailey, Martha Graham et tant d'autres...» Rencontre à Harlem Le Nouvel Obs 2009

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  avec Angela Davis et Sonia Sanchez le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Calypso Heat Wave (1957)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Maya Angelou, Olatunji-The Herbie Mann Afro-Jazz Sextet le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  avec Langston Hughes

Herbie Mann - flutes; John Rae - vibraharp & percussion; Nabil Totah - bass; Ray Mantilla - conga drums; Rudy Collins - drums; Michael Olatunji - percussion ;
Maya Angelou, Dolores Parker & Michael Olatunji - vocals.
Written by Herbie Mann and Michael Olatunji. Recorded August 2 and 3, 1960

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  1958 une reine pour Jean Genêt le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  1981 extraits

Je voulais être une femme pour créer une belle maison et rendre mon homme heureux,
mais il n'y avait rien de plus à vivre qu'être une servante diligente avec une chatte permanente

« I had met singer Abbey Lincoln. Wernet years earlier and we became friends during the time I stayed in the Westlake district. But she had moved to New York City. Whenever I spoke to her on the telephone, after she stopped praising Max Roach, her love and romantic ideal, she lauded New York City. It was the hub, the absolute middle of the world. The only place for an intelligent person to be, and to grow.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Abbey made a clucking sound with her tongue, and said, "The worst injury of slavery was that the white man took away the black man's chance to be in charge of himself, his wife and his family. Vus is teaching you that you're not a man, no matter how strong you are. He's going to make you into an African woman. Just watch it." She dismissed the discussion and me. But she didn't know the African women I had met in London or the legendary women in the African stories. I wanted to be a wife and to create a beautiful home to make my man happy, but there was more to life than being a diligent maid with a permanent pussy Chapitre 10 

Chapitre 11 avec MalcolmX... et la police

« Harry Belafonte and Miriam Makeba were performing fund-raising concerts for the freedom struggle. Max and Abbey traveled around the country doing their "Freedom Now Suite"» Chapitre 14

 Interview et documents 1997 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  1993

Amiri et Maya, ami-amie, nos amis sont partis cette année, ils s'écoutaient, écoutons-les

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Amiri Baraka, Maya Angelou, and Toni Morrison at James Baldwin’s funeral, December 1987

dans "l'homme blanc" doit écouter ses AutrEs - avec Amiri Baraka-LeRoi Jones et Maya Angelou

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28 mai

'travailler fatigue'

Révolte

Le mort est crispé contre terre et ses yeux ne voient pas les étoiles :
ses cheveux sont collés au pavé. La nuit est plus froide.
Les vivants rentrent à la maison et en tremblent encore.
On ne peut pas les suivre ; ils se dispersent tous :
l’un monte un escalier, l’autre va à la cave.
Certains marchent jusqu’à l’aube et se jettent dans un pré,
en plein soleil. Demain en travaillant, il y en a
qui auront un rictus de désespoir. Puis ça aussi passera.
Quand ils dorment, ils sont pareils aux morts : s’il y a une femme,
les odeurs sont plus lourdes mais on dirait des morts.
Chaque corps se cramponne, crispé, à son lit
comme au rouge pavé : la longue peine
qui dure depuis l’aube vaut bien une brève agonie.
Sur chaque corps s’englue une obscurité sale.
Seul de tous, le mort est étendu aux étoiles.
Il a aussi l’air mort cet amas de haillons
appuyé au muret, que brûle le soleil.
C’est faire confiance au monde que dormir dans la rue.
Entre les haillons pointe une barbe que parcourent
des mouches affairées ; les passants vont et viennent dans la rue,
comme des mouches ; le clochard est un fragment de rue.
La misère, comme une herbe, recouvre de barbe
les rictus et donne un air tranquille. Ce vieux-là
qui aurait pu mourir crispé dans son sang
a l’air au contraire d’une chose et il vit.
Ainsi, à part le sang, chaque chose est un fragment de rue.
Et pourtant, les étoiles ont vu du sang dans la rue.

1934 Cesare Pavese (Santo Stefano Belbo, Cuneo, 9 septembre 1908 – Turin, 27 août 1950), Révolte, Bois vert, in le recueil Travailler fatigue

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

ce n'est qu'un emprunt à Pavese et je ne suis pas suicidaire. J'aimerais me consacrer davantage à la poésie et je n'ai pas le temps, ou pas celui de la concentration indispensable. Écrire en poète me manque, je ne prends pas de notes, ni de mes rêves ni de ce qui vient dans mes pérégrinations. Tout fout le camp, je ne suis pas sérieux. Choisir me hante comme à vingt ans, entre communisme, jazz, amour...  et "vie normale"

je me lasse parfois d'écrire dans un certain désert, sans écho. Non de mon site ou pour ma réputation, mais des problèmes que je pose. J'aimerais que les 'camarades' s'emparent de ces questions, sortent de leur enfermement produit. Je leur en veux. Si j'étais resté aussi collé à ma jeunesse au PCF qu'eux à la leur anarchiste, féministe, écolo ou je ne sais quoi, je serais un vieux con. Voilà qui me rassure, je suis peut-être un vieux con, mais pas pour cette raison

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européennes, sur l'abstention : vers un blocage de la démocratie politique ?

agrémenté de considérations sur le rapport race/classe dans le jeu politique

comme suggéré le 26 mai (plus bas), l'abstention est une donnée au moins aussi importante que le vote Front National. Une enquête intéressante :

Cinq graphiques pour comprendre le vote des Français aux européennes FranceTV-IPSOS

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  L'immigration a été au centre des motivations de vote

Curieusement, si le Front national a peu parlé de l'immigration pendant cette campagne, c'est notamment pour ses positions sur la question qu'il est arrivé en tête. "Ce n'est pas surprenant, selon Brice Teinturier. Depuis toujours l'immigration est le marqueur mobilisateur du FN. L'électorat est obnubilé par cette question. Le Front national n'a même plus besoin de faire campagne là-dessus. Il lui suffit d'évoquer les frontières de l'Europe, les Roms, pour réactiver le moteur premier du FN. Certes, le parti surfe sur la question sociale, mais son moteur premier reste l'autre, l'étranger, le sentiment qu'on ne serait plus chez soi. Marine Le Pen n'a plus besoin de beaucoup parler d'immigration."

à lire ce tableau et ce commentaire, je m'interroge sur l'affirmation de Théorie Communiste ( (Où en sommes-nous dans la crise ? p. 6) : « L’immigration n’est pas tant présentée comme la cause du chômage, ce qui ne résisterait pas à n’importe quelle analyse, ni à n’importe quelle expérience vécue de fermeture d’entreprise; elle est présentée «  seulement  » comme aggravant les conséquences ». L'immigration n'est certes pas présentée comme cause du chômage, plus même par le FN, mais elle semble bien vécue comme ça par ceux qui votent FN. Le tableau présente les raisons du choix pour l'ensemble de ceux qui allaient voter, et pas seulement pour le FN : Immigration 31%, chômage 27%, mais le recoupement n'est pas indiqué (le premier choix semble avoir déterminé le calcul)

les graphiques sur l'âge et la profession (ouvriers, employé, profession intermédiaire, cadre supérieur) sont interactifs. Seuls les plus de 60 ans et les cadres supérieurs ne placent pas le FN en premier. Le PS fait ses meilleurs scores (deuxième) chez les employés et cadres supérieurs

Selon ce sondage Ipsos/Steria, le Front national a été porté par les moins de 60 ans. Précisément là où l'UMP peine à renouveler son électorat vieillissant. Par ailleurs, la formation de Marine Le Pen a été portée par un électorat populaire : 43% des ouvriers et 38% des employés ont voté pour le FN. D'ailleurs, le parti frontiste arrive nettement en tête des intentions de vote dans les foyers avec moins de 20 000 euros brut par an (30%) ainsi qu'entre 20 000 et 30 000 euros brut par an (31%).

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

se confirme donc (voir hier ci-dessous : l'anti-étatisme de façade en supra(inter-)nationalisme... européen) que la gauche de la gauche n'a aucune chance de faire mieux que le PS ou la droite en montant le cheval de «l'Europe des peuples». Le blocage de la démocratie politique est annoncé, et s'avancera avec la crise

personne n'échappera à cette réalité : l'Europe politique (et économique) est un concept de classe et de race

cet effondrement de la démocratie représentative n'est pas dû aux attaques théoriques de cette idéologie politique, c'est le produit de la crise du capitalisme

plus profondément, la «~conscience de classe» ne se reconnaît plus dans le clivage droite-gauche, et ce n'est plus un phénomène marginal que symbolisait l'ouvrier passant du vote PCF au vote FN. C'est un aller sans retour dans le champ de la représentation politique. Rappelons les termes de Roland Simon (ci-dessous 26 mai)

En tant qu’idéologique, la citoyenneté nationale répond au problème réel de son époque : la crise du rapport salarial devenue crise de la société salariale, la crise de l’État dénationalisé, l’opposition irréductible entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Mais le recours à la citoyenneté nationale est alors l’aveu même dans les luttes sur la base et à l’intérieur de la société salariale que ces luttes opèrent sous une idéologie. D’une part, la citoyenneté  nationale répond au problème réel de la crise de la société salariale ; d’autre part, elle ne lui correspond pas, car elle la traite de façon « inauthentique » comme représentation d’autre chose : la perte des valeurs, la décomposition de la famille, l’identité nationale, la communauté du travail. C’est-à-dire qu’elle ne répond qu’à ses propres questions.

ce moment se refermera-t-il dans la déception inévitable d'une solution politique national-populiste (une sorte de péronisme à la française plutôt qu'un fascisme d'extrême droite à l'ancienne), et se retournera-t-il en lutte de classes frontale contre le capital hors de la politique institutionnelle ? C'est une question à laquelle nous pouvons souhaiter une réponse positive, mais elle n'est pas écrite. Mais c'est à ces deux questions que sont désormais confrontés les politiciens du capital de droite comme de gauche

incidemment, en cherchant une illustration sur ce thème, je tombe sur ce livre du patron du PS, comme quoi les politiciens de gauche (et de droite) sont bien conscients de ce qui les attend. Mais ils ne trouveront pas de solution, parce que l'État se heurte, au niveau national et européen, au mur de la racisation par le capital. La «préférence nationale» de Cambadélis c'est la «citoyenneté nationale» de Roland Simon, l'analyse de classe en moins. Les «racisé·e·s» au cœur du problème n'entreront jamais qu'en absents dans le jeu politique

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  avril 2014

Partout en Europe, l'extrême droite travaille au démantèlement des États-nations. Une forme nouvelle de populisme s'installe et donne le la du débat politique.

Analysant ce phénomène, Jean-Christophe Cambadélis tord le cou à une analyse trop répandue : non, l'extrême droite actuelle n'est pas la réplique des fascismes des années 1930. Mais le danger qu'elle fait peser n'est pas moindre : un communautarisme conduisant à l'apartheid, voire à la guerre civile. La libanisation, tel est le rêve secret du Front national et de ses partenaires européens. Un combat pour la purification culturelle rendu possible par la défaite du courant progressiste et l'instauration d'une nouvelle pensée dominante : la «préférence nationale».

Dans cette Europe menacée par le national-populisme, la France est le maillon faible. Une course à trois est engagée pour le second tour de la présidentielle 2017, où le risque est grand de voir le PS ou l'UMP éliminés. La question de l'accession au pouvoir de l'extrême droite est désormais posée.

Ce livre, un cri de colère devant la montée de l'islamophobie, de l'antisémitisme et du racisme, prend la mesure de ce qui nous attend. C'est aussi un appel à ne pas se tromper de combat.

la classe, la race et l'unité du prolétariat alias la constitution de la multitude

en résumé, sur cette question européenne, donc celle de l'État et de la politique, la race, à travers la question de l'immigration, est un facteur subjectif majeur mais qui divise le prolétariat en portant néanmoins des enjeux de classe selon les termes de l'analyse de RS/TC. Mais la race ne vient pas « en prime dans ce clivage » (Où en sommes-nous dans la crise ? p. 5 et 6). La race structure en profondeur la  «citoyenneté nationale». Elle n'est pas seule à le faire, ni historiquement ni présentement, mais elle le fait de façon quasi  définitoire. Hors de l'Europe les autres pays non occidentaux, ce sont d'autres 'races', y compris «blanche de l'Est» comme les Roms, les Polonais... (à quand les Ukrainiens qu'on aime tant ?)

la nuance peut sembler de peu d'importance, elle en a néanmoins à mon avis dans la perspective de l'unité rêvée du prolétariat contre le capital, en interrogeant ce que j'ai appelé les identités de lutte, sous lesquelles des populations font face au capital sur des questions de classe, mais pas au nom d'une conscience de classe prolétarienne. Le dépassement à produire de ces identités relève de combats de longue haleine qui ne passent pas par une prolétarisation formelle attendant "le moment conjoncturel et immédiat de la communisation" : les déterminations de classe, de race et de genre agissent jusqu'au bout sur leurs bases croisées, et ces combats sont déjà engagés... sur une base de classe, peu me chaut qu'on l'appelle prolétariat, multitude ou genre humain. Parfois les mots ne sont pas importants... C'est un combat de subjectivation interne aux luttes, d'auto-conscientisation, pour gagner ce qu'on nommait autrefois la classe pour soi

le combat des «racisé·e·s» ne peut apparaître qu'en creux dans ce panorama politique, puisqu'ils ne peuvent s'exprimer sur ce terrain où ils sont invisibles en tant que tels, mais la phase de leur auto-organisation ne se pose pas moins que pour les femmes. C'est en ce sens et en ce sens seulement que j'ai souligné les luttes qui le prennent en compte, telles de femmes des banlieues, telle l'action de terrain des Indigènes de la République (PIR) ou des positions d'Houria Bouteldja

dans sur les luttes de dominé.e.s/racisé.e.s en France : spécificités

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la race, aucune classe ?

jamais content Patlotch ? Ça dépend, à y regarder de plus près ces marxistes-féministes s'intéressent de près aux asymmétries de genre et de race et au néo-colonialisme contemporain

deux thèmes sont notamment proposés dans cet alléchant programme, qui rejoignent les préoccupations ici exposées

Intersections of Marxism, feminism, critical race and postcolonial theories /  Marxist feminism and intersectionality theories

How capitalism survives? A Marxist-Feminist perspective hm Historical Materialism Research in Critical Marxist Theory
Call for Papers within the framework of the 11th Historical Materialism Annual Conference ‘How Capitalism Survives’ - 6-9 November 2014 - Vernon Square, Central London

The question ‘how capitalism survives?’ resonates strongly with a range of feminist critiques on the Left. In the 21st century this question invites us to revisit of the history of capitalism and patriarchy in their myriad entanglements as well as to analyse the daily (re)construction of a globally dominant socio-economic model that thrives on gendered and racial asymmetries.
The Marxist-Feminist stream this year wishes to deepen our understanding of the mechanisms that make the reproduction of capitalism possible in the very sites that constitute an ‘everyday life’ where exploitation and struggle are actualised or forestalled. We are also interested in analysing the continuities, discontinuities and mutations of the capitalism & patriarchy nexus from the age of empire all the way to contemporary neo-colonialisms. Such colonial projects may involve anything from territorially-based extraction of surplus value to the production of individual and collective subjectivities.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

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la classe, mauvais genre ?

si la question sociale, les «discriminations » et le rapport au travail, ne sont jamais absentes de ces approches partiellement intersectionnelles, il est assez rare que la question des classes y soit abordée explicitement. Aucun doute que certaines interventions auraient un intérêt dans un approche incluant les classes (pour le dire clairement, en termes marxistes), et cette absence traduit une limite théorique, comme un mur de classe, des études d'intersectionnalité

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  détourné de le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

il est donc nécessaire de s'emparer de ces études à la manière des études sociologiques, psychologiques... et d'en reprendre les analyses dans une perspective communiste, à la manière dont on le fait pour les rapports de travail par exemple

Genre : une question internationale 4 émissions de France-Culture

- Mondialisation des gender studies : vers une vision américaine du genre ?
- Féminisme et mouvements sociaux : quelle idée du genre dans le monde arabe ?
- Existe-t-il des études de genre à l’européenne ?

En Colombie, le genre et la race, Maria Viveros Vigoya Libération 25 mai

Quand on parle des études de genre, on continue à les penser comme des études sur les femmes. Or, la masculinité n’est pas moins que la féminité une affaire de genre. Dès les années 90, dans plusieurs pays d’Amérique latine (Chili, Pérou, Mexique, Brésil, Colombie, Nicaragua), des recherches se sont développées sur les hommes et les masculinités - au pluriel. En effet, il n’est pas question de les réduire à la seule figure du macho, comme si le machisme était propre à cette région du monde. Au contraire, c’est l’occasion de proposer la critique d’un tel culturalisme. Les questions posées portent en conséquence sur ces différences qui comptent dans la définition des masculinités : la classe, la race, l’ethnicité, l’âge

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  sexualisation de la race et racialisation de la sexualité

(...)  Les catégories de masculinité et de féminité, mais aussi d’hétérosexualité ou d’homosexualité, ne sont pas plus naturelles ou présociales, et pas moins historiques, que les catégories de classes (moyennes ou populaires), ou encore de race (Blancs et Noirs) ; elles ne renvoient pas non plus à des positions subjectives ni à des expériences sociales uniformes et monolithiques.

Les enquêtes montrent que les rapports de classe et de race servent à établir des hiérarchies entre hommes et entre masculinités en termes de comportement familial, parental et sexuel. A Quibdo, une ville où réside une population très majoritairement noire, dans une des régions les plus pauvres de la Colombie, les hommes sont décrits comme des pères absents, des pourvoyeurs irresponsables et des maris infidèles : ils incarnent une masculinité marginalisée.
(...)
J’ai ainsi été amenée à réviser les conceptions canoniques sur la masculinité et la féminité dans une perspective intersectionnelle : l’imbrication des rapports de pouvoir façonne les identités de genre, mais aussi le marché matrimonial ou la mobilité sociale. Le pari de l’intersectionnalité, c’est de comprendre les relations sociales comme des constructions simultanées dans différents ordres, en particulier de classe, de genre et de race : les interactions entre ces catégories, selon les contextes historiques et sociaux, les mettent au jour et leur confèrent un sens.

Genre et discriminations - Colloque, DIM « Genre, inégalités, discriminations », 27-28 juin 2013, Nanterre -

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

à ce colloque organisé par CPDH (Combats pour les droits de l'homme) aucun des 12 ateliers et 43 thèmes n'abordait explicitement les classes sociales, sauf sous la forme de discriminations sociales et dans le travail

dans critique du capital : des classes du genre et de la race, intersectionnalité, communs...

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27 mai

l'horreur téléphonique : Centres d'appel : journée d'action pour les conditions de travail et les salaires AFP 27 mai

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  t ou ?

À l'appel de la CFDT, la CFTC, la CGT, FO et SUD, les quelque 55.000 employés des centres d'appel prestataires étaient invités a débrayer pendant au moins une heure en début d'après-midi, ont expliqué les syndicats lors d'une conférence de presse. L'ensemble de la filière avec les centres d'appel internes aux entreprises (télécoms, mais aussi banques, assurances, services publics, agences de voyages, etc.) emploie environ 250.000 personnes

Selon les syndicats, environ 80% des salariés sont payés à un niveau proche du Smic, alors que les recrutements se font souvent au niveau Bac ou Bac+2 et qu'on exige souvent des salariés qu'ils soient bilingues ou trilingues (...) "stagnation des salaires depuis 2007" (...) [Ils] réclament donc une revalorisation des salaires pour l'ensemble du secteur, fortement touché par la guerre des prix, les difficultés s'étant selon eux accélérées avec l'arrivée de Free en janvier 2012. Les télécoms représentent aujourd'hui de l'ordre de 50% du chiffre d'affaires des prestataires, contre 60% à 70% en 2012, disent-ils.

En matière de conditions de travail, ils soulignent que, ne pouvant plus agir sur les salaires, certains centres d'appel "jouent sur les temps de pause". Par exemple, ils ne tiennent pas compte de la "temporisation" prévue dans la convention collective et qui permet aux salariés de souffler entre 6 à 10 secondes entre deux traitements d'appels.  Résultat, disent les syndicats, le taux d'absentéisme est "parmi les plus élevés" avec 14,5% en 2012 contre 4,5% en moyenne en France dans le secteur privé

en plus ils nous emmerdent ! Quelle est la valeur humaine de ce boulot, aux deux côtés du fil ? Le nombre d'emplois inutiles sur des critères non marchands est abracadabrantesque. Pourtant comment le prendre en considération, alors qu'on se réjouit obligeamment qu'un proche ait trouvé un travail... Pas vous ?

Que choisir ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

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'identité de lutte' : un concept ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  conceps d'entreprise originaux

de chacun selon ses concepts, à chacun son génie créateur ?

« La philosophie n'est ni contemplation, ni réflexion, ni communication. Elle est l'activité qui crée les concepts.» Qu'est-ce que la philosophie ?, Deleuze&Guattari 2005

les philosophes et les scientifiques, parfois les artistes, fabriquent des concepts, parce qu'ils en ont besoin pour s'exprimer clairement. Point trop n'en faut, autant que possible les renre communs. Se fader Derrida, Lacan, Sloterdijk et Roland Simon, il en est qui aiment ça, s'enfermer dans leur contemplation et la fermer pour nous, pauvres humains pendus à leurs jargons

je pense que 'identité de lutte' est un concept au même titre que 'activité de crise du prolétariat' (Bruno Astarian, Hic Salta), concernant le dépassement à produire de l'individu du capital en individualité pour le communisme (Sève) ou singularité des individus constituant la multitude comme sujet révolutionnaire (Negri)

l'immédiateté sociale des individus prend ainsi des couleurs matérielles au-delà de la race, de la classe et du genre

.dans individualités et singularités communistes, où est le problème ?

à propos de concept, et connaissant pourtant théoriste, je croyais avoir inventé quelque chose avec théorisme, plutôt que théoricisme (sic «la dictature structuraliste»). J'en découvre aujourd'hui de plaisants usages. Ainsi, en matière militaire, Technocratie, innéisme et théorisme : la mort médiatique de la stratégie finalement assez proche de mon propos. Celui-ci l'est-il moins ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  hmm... plutôt un salut privé, non ?

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ma politique, tout un poème

« Quant aux amateurs de poésie, eux aussi seront déçus car les fleurs du désert sont bien éteintes. » Tristan Leoni

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  attribué à Senghor, enseigné à l'école, source mystérieuse...?

qui trop embrase mal éteint ? moi qui voulais prendre le temps d'être poète, l'évènement ne me laisse pas celui de contempler, dans le désert humain de ma terrasse, les fleurs de mes navets, tomates et autres fenouils, ni d'être fasciné par l'activité de mes vers, producteurs de terre - qui n'en est pas, disent Bouvard&Pécuchet - pensez-donc, de la terre hors-sol ! À qui se fier, en matière de vérité ?

vrai que « la poésie n'est pas dans les choses » ni dans les vers (Reverdy s'interroge sans le nommer sur Appolinaire, ses trains et locomotives...)

faute d'être poète à l'appel de mon temps (Tsvetaeva), comme mes vers recyclent, je recycle mes vers

ceux qui suivent sont pervers, en matière de pieds vs syllabes, rimes et enjambements... J'avais alors un usage classique des majuscules en entrée, maintenant je ne les supporte plus ni la ponctuation, sauf exception. À quoi mène le systématisme formel, que ce soit les points de suspension de Céline, l'absence de ponctuation de Saramengo, le refus de la rime ou du vers (ou de la prose) comme s'ils étaient la marque d'une poésie dépassée : par quoi, par qui ? Réponse : à la confusion de la forme comme contenu avec l'idée qu'une forme en soi en porterait un, ainsi de définir notre temps comme « l'ère des émeutes ». La plupart des études sur les émeutes (une remarquée d'Allemagne) ne discernent pas leur pourquoi (leur contenu), et pas davantage l'expert Bertho... tout au quantitatif, pour ces anthropo-sociolo es-qualité de mes deux universités. Misère du formalisme « révolutionnaire », en poésie comme en communisme

(six cent soixante-neuvième nuit)

«... cette forme ridicule et mutilante du sonnet...»
Pierre Reverdy, Circonstances de la Poésie

Comment le poète en herbe se fait sortir du cimetière des mots 

Par les nuées d'un ciel incertain
Au son coulé de l'eau du goulot
Vol de colombes fui dans l'étain
Lourd je m'étais endormi là-haut

À l'ombre molle cerveau éteint
Sourd d'habitudes sûres des cho...
Les yeux clos d'un jour blanc sans matin
Sans café sans faim sans fin de mots

Les pensées mutilées aux pas com-
Ptés par neuf un flic vient et me dit
Pelouzezégazonzinterdits

Merci z-à vous frère censeur
Mais mes Maîtres qu'on con-
Sidère à leur mètre chanteur

Je ne sais zouzaller j'ai com' 
                  Mis l'impair en mes pas per- 
          Dus j'ai combat perdu com- 
                           Pas perdu Au secours Monsieur Reverdy

écrit du père Lachaise, d'entre les morts entrent les mots LIVREDEL II.6 1990

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  mais prenez garde, jeunes gardes, en vos pavés, de ne pas bouillir dans vos marmites l'avenir de nos chattes

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le commun en eau de boudin : l'anti-étatisme de façade en supra(inter-)nationalisme... européen

la petitesse mondialiste n'a pas fini de hanter les orphelins de la Première et de la Quatrième Internationale, toujours en retard d'une guerre sociale. Pourquoi diantre faudrait-il que les prolétaires suivent le mouvement du capital dans sa constitution d'Etat-Nations Régionaux ? Comment peut-on conférer à cette étape historique le moindre réalisme dans la crise mondiale ? Comment peut-on être aussi ignorant de l'économie politique globalisée (= le capital) qui dirige le monde et dicte ses intérêts à tout ensemble supra-national, constitué précisément par lui pour y répondre, B.A.BA de la fonction économique (= capitaliste) de l'Etat ?

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Christian Laval ou la contradiction immédiate entre théorie et politique

Christian Laval : « Le Front de gauche n’a pas su capter l’immense colère sociale » lundi, 26 mai 2014 / Marion Rousset

Au lendemain des élections européennes, Christian Laval, co-auteur de La Nouvelle raison du monde et de Commun – essai sur la révolution au XXIe siècle, réagit aux résultats du Front national. Et lance un appel pour la réinvention d’une gauche internationaliste.

« La "victoire" du FN aux élections européennes est le résultat direct de la politique néolibérale de Hollande et de son équipe lamentable. Devant l’affaiblissement des structures économiques et les crises sociales, nous risquons de voir beaucoup de gens dériver vers le Front national. D’autant que le Front de gauche n’a pas su capter l’immense "colère sociale" aujourd’hui déviée en partie dans les voies racistes et xénophobes.
La seule carte originale à jouer pour la gauche radicale aurait été de proposer des listes européennes internationalistes. Elle aurait dû réaliser par exemple un tract commun avec les Allemands, les Belges, les Italiens, les Grecs et tous les autres pour défendre une politique de rupture commune avec austérité et le néolibéralisme. Il aurait fallu mettre en avant l’exemple italien le plus porteur d’avenir : L’Altra Europa con Tsipras. Mais plutôt que de mettre l’accent sur la construction d’une autre Europe, le Front de gauche reste beaucoup trop dans le jeu des institutions françaises. Ce n’est pas la brève visite de Tsipras, président du parti grec Syriza, en France qui aura suffi.

« Ce drame que nous vivons, c’est celui de la disparition de l’internationalisme »
Le national a pris le dessus sur tout autre mode d’opposition à l’Europe actuelle. La nostalgie pour le programme du Conseil national de la Résistance et la référence à l’État social, aussi importantes et explicables soient-elles, témoignent d’une vision qui fait de l’espace national le seul espace possible de redistribution. L’un des dangers les plus graves qui nous guettent est le développement du nationalisme de gauche : une certaine manière d’invoquer la "patrie", un appel à faire du franc la seule monnaie qui nous sauvera, cette obsession de rendre à la nation sa "souveraineté" perdue, cette tentation de faire de l’État français le dernier rempart face à la barbarie.
À certains moments, les meilleurs esprits se laissent aller aux passions tristes. Ce drame que nous vivons, c’est celui de la disparition de l’internationalisme. Depuis trop longtemps, dans le champ politique, personne n’a remis en chantier les nouvelles tâches internationales à mener.
L’altermondialisme n’est pas relayé politiquement. Pourtant, une mobilisation internationale, une coordination visible et un programme commun européen sont la seule manière d’éviter les dérives nationalistes. La tâche fondamentale de notre époque est de réinventer la gauche politique sur des bases clairement internationalistes. »

Europe des 'peuples', Europe des pleutres  ! 

je partage la nécessité d'un nouvel internationalisme, mais ce n'est pas une affaire de partis ou d'institutions, d'étapes démocratiques sur le terrain du même, propriété du capital et de ses États. Ce commun-là n'est pas le nôtre. Le nationalisme n'est plus confiné dans la dimension d'un pays comme Etat-Nation

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  un internationalisme petit-bras gauche

l'européisme de gauche est, radicalement, un nationalisme qui s'ignore

comment ne voit-on pas qu'on participe ainsi d'un renouveau du racisme des valeurs euro-universelles adéquat aux segmentations générées par la concurrence internationale des profits ?

comment ne voit-on pas qu'on coupe les ponts du politique avec ces prolétaires-là (ce qui ne vaut pas caution au citoyennisme paradoxal du Parti des Indigènes de la République, de toutes façons hors jeu de toute compétition électorale, son seul mérite à mes yeux étant d'auto-organiser les racisé·e·s dans les luttes) :

« Considérant que :

- Le processus actuel de construction de l’Union européenne a notamment pour objectif de renforcer la domination du nord par le sud [analyse un peu datée]
- Il a pour objectif également de fermer les frontières européennes aux populations du sud qui veulent y émigrer et de renforcer au sein même des Etats européens les inégalités raciales dont sont victimes les populations issues de l’immigration et leurs enfants. [c'est
la proposition Sarkozy de nouvel espace Schengen]

1) Le PIR s’oppose à une Europe impériale blanche et à tous les dispositifs qui sont mis en œuvre dans cette perspective.
2) Le PIR s’attachera à développer des liens d’entraide, de solidarité et de partenariat avec toutes les forces qui luttent, dans l’ensemble des Etats européens, contre le projet de construction d’une Europe blanche »
Principes politiques généraux du Parti des Indigènes de la République, adoptés lors du Congrès Constitutif du PIR (Congrès Malcom X) du 27 et 28 février 2010

dans commun et/ou communisme : révolution ou réformisme ?

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stratégie : contre la révolution sans communisme et le communisme sans révolution, un combat politique sur plusieurs fronts théoriques

dans La société du mépris. Vers une nouvelle théorie critique (2007), Axel Honneth, successeur d'Habermas à l'Université de Francfort et continuateur de sa pensée héritant de l'École de Francfort (nommée Théorie Critique) souligne que le mérite de Marx était d'avoir élaboré ensemble une critique du capital et une perspective de dépassement, le communisme. Honneth reconnaît qu'Adorno, avec sa « dialectique négative », a tourné le dos à une telle perspective. Ayant rendu à la bibliothèque ce livre qui ne m'a d'ailleurs pas s'inscrire dans une perspective communiste, je ne peux le citer, mais cette idée m'est revenue à la lecture de deux textes publiés sur le nouveau site DDT21 (qui n'est pas la Direction départementale des territoires de la Côte d'Or, mais apparemment une suite à TropLoin pour le 21ème siècle)

 

dans La Boulangère et le théoricien (sur la théorie de la forme-valeur), Gilles Dauvé, s'appuyant en partie sur la critique de la Wertkritik qu'a fait Bruno Astarian (L'abolition de la valeur chapitres 6 et 7), montre que cette théorie, qui se pose comme LA critique radicale du capitalisme, ne débouche pas sur la moindre politique (au sens fort) produisant le communisme (6. « Que propose une théorie qui se veut autant critique de l’anti-capitalisme et de l’alter-mondialisme contemporains que du vieux mouvement ouvrier ?). Quel rapport avec Honneth ? les théoriciens de la Wertkritik étant la plupart héritiers d'Adorno, il ne serait pas surprenant que le capital les intéressent plus que le communisme : Wertkritik vaine critique ?

dans Malaise dans l’insurrection. Autour du livre de Kamo et Eric Hazan, “Premières mesures révolutionnaires”,  Tristan Leoni (sic) relève que « Kamo et Hazan se retrouvent avec deux morceaux distincts, la révolution et le communisme » et qu' « Au fil des pages, c’est plutôt le communisme (...). Une fois le blocage généralisé atteint et les vils dirigeants volatilisés, l’onde révolutionnaire s’épuise. Elle n’a pas de dynamique, n’est portée par aucune contradiction qui l’aurait provoquée, entraînerait son approfondissement et, dans la lutte, la construction du communisme. »

cette critique rejoint les commentaires de dndf lors de la parution et les miens ici ou , 19 janvier :

"l'insurrection qui revient de loin"

à propos de Première mesures révolutionnaires, d'Éric Hazan et Kamo, par Jean-Louis Roche. Le "maximalisme prolétarien" n'est pas mon truc, mais parfois, son chantre est irremplaçable... et drôle. C'est dimanche, il faut bien rigoler, du côté des prolos, sur le dos des bobos : 'premières projections du prestidigitateur', 'l'insurrection est repartie ailleurs ?'  En japonais, Kamo, c'est le canard...

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dans leur livre commun, Dardot et Laval posent le « communisme contre le commun » (chapitre I.2) en réduisant (comme Hazan et Kamo) le communisme à ses versions staliniennes et étatistes, mais nous proposent « La révolution du XXIème siècle » avec « les juristes en première ligne » (voir la rubrique commun et/ou communisme : révolution ou réformisme ?), dans des termes qui leur ont valu une critique acerbe de Toni Negri, « l'inventeur du concept de commun » que nombre de marxistes tiennent pour fumeux ou contre-révolutionnaire, et les critiques de la valeur pour « marxiste traditionnel »mais Negri n'a pas lu que les Grundrisse et son communisme est vivant parce que lutte en prise sur les luttes et le moment présent du capitalisme

Hazan&Kamo et Dardot&Laval ont en commun de bénéficier d'une couverture médiatique qui fait douter de leur dangerosité pour le capitalisme, mais alors que les premiers ont aussitôt été la risée des lecteurs sérieux, Dardot&Laval n'ont toujours pas reçu en France les coups de pied où je pense de la part des mêmes (et la réaction de Negri n'est toujours pas traduite...). Sans doute le concept de commun est-il en lui-même à leurs yeux bien français, comme le suggère Negri, un tel repoussoir réformiste qu'il ne mérite pas la critique révolutionnaire. Ils y viendront, peut-être pour considérer que le "démocratisme radical" de l'alternative mondialiste douce resurgit là, un peu moins étatiste, où on l'avait prématurément enterré depuis la crise de 2008. Le Petit Livre Rouge et le Capital du XXIème siècle ? « l’idée de la possibilité de la révolution et du communisme (...) grâce à la FNAC et à France culture ? » comme dit Tristan Leoni, bof...

ces deux livres pris ensemble apportent un début de réponse à « La seule question que pose ce texte est celle de son existence, qu’est-ce que ça exprime, qu’est-ce que cela signifie maintenant ? La question ne se posait pas pour « L’insurrection qui vient » quoi qu’on pense du texte. Une reconstruction et extrapolation idéologiques du « mouvement des indignés » ? » (Roland Simon), d'autant que ce qui n'était qu'un mouvement s'est constitué en Espagne en parti politique (voir En Espagne, le parti issu des Indignés a contribué à mettre fin au bipartisme, l'Express d'hier). La différence avec l'Insurrection qui vient (IQV) me semble être l'absence de base sociale chez des insurrectionnistes authentiques, ramenée à l'impuissance politique de l'indignation dans un verbiage pseudo-révolutionnaire. Bref, signe des temps, le nouveau gauchisme et le nouveau réformisme sont arrivés main dans la main du moment de la crise, sous forme de best-seller idéologiques et politiques

ceux-là et d'autres (John Holloway comme on l'a vu concernant la Grèce) ont peur de la violence, ce qui n'est pas condamnable en soi, sauf quand il s'agit de refuser la violence révolutionnaire qui s'impose de fait face à celle du capital, qu'elle soit dans l'exploitation par le travail, les dominations diverses - y compris des hommes sur les femmes - et in fine toujours dans la répression armée

« Les excès commis par les cipayes révoltés, en Inde, sont en vérité horrifiants, hideux, ineffables, tels qu’on peut s’y attendre seulement dans les guerres d‘insurrection, de nationalités, de races, et surtout de religion ; en un mot, tels que ceux auxquels la respectable Angleterre avait coutume d ‘applaudir, quand ils étaient perpétrés par les Vendéens sur les "Bleus", par les guérillas espagnoles sur les mécréants français, par les Serbes sur leurs voisins allemands et hongrois, par les Croates sur les rebelles de Vienne, par la garde mobile de Cavaignac ou les décembriseurs1 de Bonaparte sur les fils et les filles de la France prolétarienne. Si infâme que soit la conduite des cipayes, elle n’est qu’un reflet concentré de la conduite de l’Angleterre en Inde non seulement durant l’époque de la fondation de son Empire  oriental, mais même durant les dix dernières années de sa longue domination. Pour caractériser cette domination, il suffit de dire que la torture formait une institution organique de sa politique fiscale. Il existe dans l’histoire humaine quelque chose qui ressemble à la rétribution; et c’est une règle de la rétribution historique que ses instruments soient forgés non par les offensés mais par les offenseurs eux-mêmes. » (Karl Marx : La révolte indienne, 1857. In Marx-Engels, Textes sur le colonialisme, p. 182)

Théorie Communiste n'a jamais manqué une occasion de condamner ceux qui, dans leurs théorisations, ne «produisent pas le communisme», comme Temps Critiques qui ne s'arrache pas, vers sa « révolution à titre humain » d'une bonne sociologie critique, et tourne en rond pour avoir, au nom de la défaite du prolétariat, abandonné la lutte de classe

voilà donc, entre ceux qui, de la critique du capital, tirent ou non le communisme, un clivage qui fait sens par la nécessité même d'appeller une révolution, ainsi nommée parce qu'elle fait violence fondamentale à l'ordre établi

malaise dans la politique

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avec les élections européennes (voir ci-dessous), quelque chose s'est produit à un degré sans précédent, le constat d'une impuissance de la politique, au sens courant de la démocratie politique, à générer un intérêt des classes populaires à y participer. Le désarroi semble sérieusement s'emparer de la gauche de la gauche qui persiste à concevoir son combat sur ce terrain, si l'on en croit Jean-Luc Mélenchon, le tribun au cœur qui saigne. Les quelques deux-tiers de chômeurs, ouvriers et employés qui se sont abstenus en France ne sont certes pas tous anarchistes opposés à l'État-Nation, mais pas non plus tous pêcheurs à la ligne. Hollande peut dire n'importe quoi ou rien, personne ne le croit, pour autant qu'il croit lui-même à ce qu'il (pré-)dit

il est intéressant de remarquer qu'en dehors des anarchistes, communistes libertaires et autres communisateurs, bien peu remettent en question l'Etat-Nation, si ce n'est pour lui préférer l'Etat européen voire mondial (ce qu'est un peu le FMI plus Davos). On se demande comment le PIR, Parti des indigènes de la République, peut remettre en cause l'Etat-Nation et vouloir son dépassement tout en restant un parti politique. Être contre l'Etat-nation suppose d'abord d'être contre l'État conception, et sa citoyenneté nationale. À cet égard et comme Hardt-Négri, je suis contre la République, même universelle

traverser les langages des théories de leur séparation : théoricien, ton langage t'engage

je m'attache ici à montrer que les voies du communisme ne sont pas impénétrables mais ne relèvent pas d'un cheminement unique sur une autoroute de la communisation projetée plus tard, au-delà de toutes les séquences et parenthèses que le capitalisme dans sa crise aura ouvertes et refermées dans sa restructuration sans fin. La question concerne tant les luttes, dans lesquelles ma parole importe peu, que ceux qui en parlent plus ou moins à distance, dont quelques-uns me lisent

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la question de la subjectivation révolutionnaire ne se pose pas moins aux théoriciens qu'aux luttes, et je cherche ce qui fait clivage, susceptible de clarifications et de ruptures dans le milieu au sens large, constitué de personnes qui se connaissent ou non, échangent ou non des idées, se parlent ou non. L'échange, je le construis avec une focale plus large que la plupart, et dans ce cheminement, je ne vois pas les accords et désaccords sur les mêmes points ou concepts que la plupart, parce que je les lis au-delà de leurs propres langages, des mots dans lesquels ils tendent à s'enfermer, et je ne m'arrête pas à ceux qui fâchent sous prétexte de n'être pas les bons pour dire les choses. Le langage est un lieu où l'enfermement s'abolit plus facilement que face à l'ennemi. Pour le dire avec Glissant, il faut créoliser la théorie. J'y reviens plus bas

évidemment, je serai toujours soupçonné, m'appuyant sur l'un en quelque point, d'être pour l'autre infréquentable en théorie. Comme on lit on fait couches

le sujet d'une politique révolutionnaire

si la question du sujet révolutionnaire fait retour sur la scène au moins théorique, c'est bien justement parce que partout dans le monde est mise en échec l'illusion que le capitalisme pourrait être vaincu par la démocratie politique, et de ce point de vue, tout ce qui lui échappe mérite l'attention. Je ne confonds pas la critique de la démocratie politique (qu'elle soit représentative, radicale ou de base, «vraie» ou «fausse») avec le rejet du terme même de démocratie, quand il est utilisé au sens conceptuel fort de « souveraineté du peuple » au-delà de la nécessité même d'un régime politique. Dans ce sens fort, je ne vois pas de contradiction entre communisme et démocratie. Toujours est-il que je trouve dommage de s'arrêter sur des mots pour condamner des thèses qui n'en font pas le même usage que nous

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quelles 'identités de luttes' constituent la classe, le prolétariat, la multitude... en sujet révolutionnaire ?

la question de la subjectivation révolutionnaire passe par celle du dépassement de l'identité, mais la « conscience de classe » ne se construira plus seulement sur l'identité de prolétaire ouvrier. Quand on parle de « multitude » on parle encore de classe sociale en puissance (« classe pour soi »), et c'est la puissance qui définit la classe, pas la sociologie ni même la conscience, qui n'est pas l'être. Ce qui pour Marx donnait à la classe ouvrière sa potentialité révolutionnaire, forgeait sa conscience, c'était sa concentration massive en grandes usines et l'ampleur des luttes qu'elle permettait. La conscience de classe pouvait émaner de ces conditions concrètes portant la fonction structurelle de la classe ouvrière face au capital dans l'exploitation productive de plus-value et sa transformation en valeur. Cette particularité de la classe des ouvriers de production n'existe plus à l'échelle mondiale* à laquelle est seulement possible la révolution. Le sujet se construira sur cette base ici (Chine...?) et ailleurs autrement

* en fait, avec la prise en compte des femmes comme reproduisant la population comme principale force productive, et de la paysannerie assurant sa subsistance alimentaire, cette particularité n'aura jamais été qu'un leurre marxiste (voir le plancher de terre : paysannerie, capitalisme ou révolution du commun ?)

la masse des ouvriers qui votent 'Front National' est-elle plus dépourvue de « conscience de classe » que celle qui vote 'Front de gauche' ? Quant à savoir si la conscience de classe se construira autour des travailleurs productifs, cela pose deux questions : qui l'est et surtout qui ne l'est pas, et productif de quoi ? De plus-value pour la valeur, dira-t-on, oui mais au bout d'un processus de production/reproduction qui englobe tellement de monde et d'activités de travail social et domestique que personne ne peut considérer que chacune serait en elle-même productive, puisqu'elles ne le sont qu'ensemble à grande échelle sociale. Il en va de même pour les luttes susceptibles de produire une conjoncture révolutionnaire

alors si l'on considère que l'abolition du capital ne se résoud pas en tant qu'abolition de la valeur (TC, Astarian, Dauvé...), un peu d'imagination permet de supposer que le sujet révolutionnaire ne se résoud pas dans le travailleur productif, sauf à interroger ce qu'il est aujourd'hui, et l'on tombe inévitablement sur la question de la production du commun dans le capitalisme contemporain

comment le sujet révolutionnaire peut se constituer autour du commun devient donc une question au moins aussi intéressante que celle de prolétariser tous ceux dont le capital se débarrasse comme ne valant plus rien ni pour produire ni pour se reproduire, sauf peut-être leur dépassement en tant qu'êtres qui ne sont rien parce qu'ils n'ont rien

à cet égard et massivement, la race est un bon vecteur d'élimination des  « Nègres du monde » : notons que des populations « blanches » de l'Est et du Sud Européen ne sont pas moins racisées que les Noirs, Arabes et autres Asiatiques, mais si, comme dit Achille Mbembé, la race n'est plus (seulement) affaire de couleur de peau, elle n'en est pas moins un facteur d'identité (d'auto-reconnaissance collective) par lequel des milliards d'individus sont confrontés au capital sans avoir pour autant un présent ni un devenir prolétaire, car bien que «nus» ils ne sont plus confronté à «l'homme aux écus» (Marx). Voilà une limite à dépasser par les luttes des «indigènes», mais comment le feraient-ils sur la base de ce qu'ils ne sont pas ou plus, et pas avant une communisation qui leur donnerait le bon passeport révolutionnaire ? La dialectique de l'identité, entre l'individu du capital et la singularité (Negri) ou l'individualité (Sève) de l'immédiateté sociale, doit s'entendre pour la race autant que pour la classe et le genre comme dépassement à produire

politique du sujet révolutionnaire

* je reprends à Henri Meschonnic sa formule politique du sujet

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l'intervention théorique doit se faire plus politique, plus essentielle qu'attachée à des mots et des groupes de pensée

c'est d'ailleurs seulement comme ceci qu'elle cesse d'être théorie séparée. On le voit, il n'est plus possible de faire de la théorie sans faire de la politique, parce que nous ne sommes plus aux années creuses de l'absence de luttes portant leur théorie du dépassement du capital. Le corollaire est que les interventions qui ne sont que théoriques dans le champ de la théorie, entre théories et théoriciens, ont de moins en moins d'intérêt, et délimitent peut-être les théories qui, précisément « ne produisent pas le communisme ». N'ayant pas à le produire, que feraient-ils des luttes réelles ?

la révolution communiste est un problème, pas une réponse sous des mots exclusifs et excluants. On voit circuler en rond sur les blogs s'intéressant à la communisation des textes complètement dépassés, comme s'ils étaient d'hier soir : comment peut-on s'imaginer problématiser la révolution en envoyant tout et n'importe quoi dans les tuyaux du net, sans la moindre contextualisation, hors du moment présent ? Comme si, de plus, le seul mot de communisation traduisait une unité de vues, et qu'en dehors de s'y référer, on devenait un chien crevé des idées et des activités communistes. Y aurait-il aujourd'hui des luttes communisatrices autour desquelles construire un tel en-commun idéologique ? une identité de plus ? Si ceux qui se comportent ainsi se demandaient un tant soit peu comment ils sont compris et perçus, peut-être qu'ils feraient un effort pour se mettre à la place particulièrement des jeunes dépourvus de toute culture marxiste ou révolutionnaire, plutôt que les renvoyer à leur confusion

la lutte des idées participe du communisme comme rapport social

l'idée en est répandue, « le communisme n'est pas une idée...», mais aussi celle que l'idéologie serait « fausse conscience ». Les échanges entre théoriciens, ou entre théories, donnent pourtant la furieuse impression de penser et laisser entendre que leurs controverses feraient avancer le schmilblick communiste plus et mieux que le cours même des luttes et du capital. Il n'y a pas de luttes sans idées de la lutte et toute la théorie pratique est là, avec ou sans les grands mots des « textes importants », ou d'autres mots 'traversant les langages' pour dire la même chose. La lutte dans la théorie est devenue lutte pour théoriciens sans habitus populaire, ce qui intéresse autant les prolétaires qu'un discours de François Hollande, apparemment inconscient de ce que produit son langage d'élite technocrate pour laquelle la souffrance populaire n'est qu'un mot, une contrainte politique à dépasser comme le théoricien cherche, au mieux, une « formulation » pour être compris...

pour le dire simplement, je pense que nous menons davantage une lutte d'idées qu'une lutte à proprement parler théorique, parce que la médiation de la formulation théorique importe plus pour les théoriciens que pour les luttes mêmes. Si nous pouvons la nommer « lutte idéologique » c'est à condition de ne pas la considérer comme lutte contre la « fausse conscience » mais activité de penser les luttes telles qu'elles sont produites et autant que possible dans leur langage

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014   « idéaliser des luttes qui échouent en insurrections incantatoires » ou « participer et intervenir » mais comment ?

les théoriciens avides de jonction des masses prolétariennes segmentées devraient d'abord se préoccuper du segment qu'ils générent et constituent entre eux et loin de toutes celles-ci, par leur langage de la théorie séparée, parce qu'aucun parti n'est susceptible de traduire et porter leur parole, et ce n'est plus un problème. Le PCF a-t-il porté jamais celle de son adhérent Louis Althusser ?

quoi qu'il en soit, on n'est plus aux belles heures althussériennes de la philosophie comme lutte de classe dans la théorie. C'est devenu un peu trop confortable pour ne pas porter le symptôme d'un manque à être dans la lutte communiste tout court

lutte des classes et lutte d'idées Isabelle Garo

« Marx disait de façon optimiste qu’une société ne se pose que les questions qu’elle peut résoudre. Ce qui signifie que le rôle des idées doit être bien compris : il est à la fois circonscrit et limité mais réel. Les idées ne sont pas placées au-dessus du monde, ne faisant qu’en refléter passivement et après coup l’état. Par suite, le débat d’idées n’a pas seulement pour vocation de dessiner un anticapitalisme de papier, il doit faire partie intégrante du mouvement de son élaboration effective, reposant la question de la démocratie comme question décidément pratique, présente derrière toutes les mobilisations, des plus petites aux plus grandes.

C’est pourquoi la réflexion politique contemporaine a tout à gagner à ne pas simplement évoquer de futurs paysages consensuels, équitables et dépollués, mais à descendre dans l’arène des affrontements en cours. Faute de quoi, on discutera longtemps et on finira par faire du communisme une idée pure. Car dans les «conditions nouvelles» il est assez logique que ce soit la philosophie qui ait tendance à monopoliser et à retraduire sur le terrain des seuls concepts, en lieu et place des mobilisations durables, les échos de la contradiction centrale entre capital et travail. Ce travail théorique est hautement important, je viens de le dire, mais son objet n’est pas d’idéaliser des luttes qui échouent en insurrections incantatoires mais d’y participer et d’y intervenir

dans les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

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Patlotch's Compos

difficile et présomptueux de dire 'chose promise, chose due' puisque la "promesse" aurait dix ans et que personne n'attend. Mais bon, faut bien que j'alimente mon musée personnel...

mise en ligne, donc de mes 32 compositions de 1981 à 1985, partitions photographiées ce matin sous les nuages...

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  etc.

je tâcherai de poursuivre avec quelques collages extraits (il y en a 320) de « la vie est un collage » et des peintures

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  genre et classe ? 1990  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le sein de Mona Lisa 1993

 

25 mai

de la France à l'Ukraine, la 'démocratie' est chocolat

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  

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le capitalisme comme géographie : David Harvey vs Hardt&Negri

j'ai dit considérer le capitalisme comme histoire et structure, comme on dirait en musique horizontalité et verticalité, mélodie et harmonie. Cette considération de ce qui se passe dans le temps ne doit pas reléguer au second plan l'espace. Nombre de marxistes ont analysé la mondialisation, la globalisation capitaliste en ce qu'elle change la structure du capital. Ainsi Théorie Communiste parle-t-il de la restructuration du capital opérée depuis la fin des années 60, comme n'étant pas une simple expansion quantitative mais introduisant un changement qualitatif dans le fonctionnement du système, avec l'effondrement de la lutte de classes fondée sur la puissance de la classe ouvrière et ses conséquences : asystémie de la revendication salariale, zonage du monde cassant la répartition entre centre et périphérie du Nord et du Sud, les premier, second, tiers mondes...

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c'est pourquoi le terme d'origine anglo-saxonne de globalisation peut être préféré à celui de mondialisation, qui semble indiquer une continuité dans l'histoire du capitalisme depuis ses origines (notamment par le commerce maritime, puis le commerce triangulaire atlantique et la traite des esclaves entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques

les marxistes répugnent généralement, à juste titre, à la géopolitique focalisée sur les rapports de force entre nations et régions du monde. La globalisation se produit néanmoins dans un espace concret qui, s'il n'est pas défini uniquement par les relations entre États, est investi par les puissances économiques, les grands groupes n'ayant ni frontières nationales ni patrie (penser aux péripéties actuelles d'Alsthom, et aux gesticulations d'Arnaud Montebourg)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  2014

Globalization is a dominant feature and force in the contemporary world, impacting all areas of business, economics, and society. This accessibly written overview of contemporary capitalism shows how the development of global supply chains, the global division of labour, and, in particular, the globalization of financial markets have become the drivers of this process, and assesses the consequences. Not only does this affect the way firms operate, it also presents challenges for the nation state. The changing geography of capitalism underpinned by an expanding global division of labour and the integration of financial markets has undercut the bordering logics necessary for the maintenance of national systems of production, national varieties of capitalism, and national systems of social protection. Reviewing a range of debates and theories across the contemporary social sciences - varieties of capitalism, financialization, global production networks - the book shows how the insights of economic geography can be usefully brought to bear in understanding current trends, and the changing relationships between global financial markets, multinational firms, and contemporary welfare states. Wide-ranging, accessibly written, and inter-disciplinary, this short book is a most useful guide for researchers and students across the social sciences.

il existe donc une géographie du capitalisme, et c'est à la constituer comme théorie que se sont attachés des marxistes. Un des plus connus est le Britannique David Harvey. Pour un aperçu de ses apports à cette «géographie radicale» ou «critique»

Géographie du capitalisme, Catherine Fournet-Guérin, idées.fr juillet 2008

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  2011 extraits le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  2006 Space of Global Capitalism

dans l'auto-discussion engagée ici, il est intéressant de confronter les positions d'Harvey à celles de Negri et Hardt, ce qu'ils n'ont pas manquer de faire eux-mêmes

Commonweath, an Exchange, analyse de Harvey et réponse de Hardt&Negri, novembre 2009

en attendant de comprendre mieux accords et désaccords, je relève que Harvey, nonobstant ses analyses sur la géographie du capital, reste profondément attaché au primat de la lutte des classes

« No Matter how important race, gender, and sexual identity may have have been in the history of capitalism's development, and no matter how important the struggles waged in their name, it is possible to envisage the perpetuation of capitalism without them - something that is impossible in the case of class »

« Peu importe combien importants peuvent avoir été la race, le genre et, le sexe et l'identité sexuelle dans l'histoire du développement du capitalisme, et peu importe de quelle importance furent les luttes menées en leur nom, il est possible d'envisager la perpétuation du capitalisme sans eux - quelque chose qui est impossible dans le cas de la classe »

Negri et Hardt répondent

« What is to begained by insisting that class has priority with respect to other identity domains and, moreover, that other forms of struggle, such as those based on gender, race, and sexuality, cannot be revoltionary ? »

« Qu'est-ce qu'on gagne en insistant sur le fait que la classe a la priorité sur les autres domaines d''identités et, en outre, que les autres formes de lutte, telles que celles basées sur le sexe, la race et la sexualité, ne pourraient être révolutionnaires ?

The point is not to choose among these axes of domination or even to rank them in order of importance but rather to analyse how capital functions together with coloniality, racism, gender hierarchy, and other mechanisms of domination. Although theses undoubtely intersect in significant and complex ways, there is relative autonomy to the different axes of domination and exploitation. This recognition points us toward the long history of revolutionnary thought and practice in feminism and black radicalism, as well as in other race- and identity- based movements (from which the dominant stream of Marxism has a lot to learn).

L'important n'est ne pas de choisir parmi ces axes de domination ou même de les classer par ordre d'importance, mais plutôt d'analyser comment le capital fonctionne avec la colonialité, le racisme, la hiérarchie entre les sexes et d'autres mécanismes de domination. Bien que sans doute les thèses se croisent de façon importante et complexe, il y a une autonomie relative des différents axes de domination et d'exploitation. Le reconnaître pointe vers la longue histoire des idées et pratiques révolutionnaires dans le féminisme et le radicalisme noir, ainsi que dans d'autres mouvements basés sur la race ou d'autres identités (dont le courant dominant du marxisme a beaucoup à apprendre).?

voilà qui fait écho à la réponse que font à cette question tous ceux qui se sont penchés sur l'intersectionnalité classe/genre/race dans une approche marxiste. Voir par exemple la synthèse de Cinzia Cerruzza dans critique du capital : des classes du genre et de la race, intersectionnalité, communs...

« Le capitalisme existe toujours dans des formations sociales concrètes qui ont leur histoire spécifique. Comme je l’ai déjà dit, ces formations sociales ont toujours été caractérisées par une présence persistante et vivace de l’oppression de genre. / Il s'agit de lire les intersections entre genre, classe et race et de déchiffrer la relation complexe entre les éléments patriarcaux archaïques qui subsistent à l'état de fantômes dans un monde capitaliste mondialisé et ceux qui, au contraire, ont été entièrement intégrés, utilisés et transformés par le capitalisme. Cela demande un renouvellement du marxisme, susceptible d'aller au-delà de l'opposition du culturel et de l'économique, du matériel et de l'idéologique.»

c'est un renouvellement du marxisme que ne semble pas envisager David Harvey. Ce qui est vrai des « formations sociales concrètes qui ont leur histoire spécifique » ne l'est-il aussi pour la géographie du capitalisme ?

mais Harvey n'en a pas fini avec la nécessité de l'Etat pour sortir du capital, l'espace public plutôt que le commun...

n'ayant fait que survoler le texte sans aborder vraiment la question de la géographie capitaliste, j'y reviendrai...

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes'

 

24 mai

petit bilan d'étape pour plus de lisibilité

écrit provisoirement comme intro à la rubrique critique du capital : des classes du genre et de la race, intersectionnalité, communs... 

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  la quadrature de l'intersection

je considère le capitalisme dans son histoire et sa structure. La contradiction entre classes ne suffit pas à le définir, du fait de la domination masculine, et les deux contradictions se manifestent à travers la question raciale comme essentielle - quand ce n'est pas le cas localement, ça l'est toujours globalement, tout événement étant mondial par ses causes si ce n'est par ses effets. Je poursuis mon projet de construire la critique du genre dans sa relation aux classes et à la race (et réciproquement), et dans leurs rapports au capital comme totalité relative. Ce choix est implicite dans ma chronique quotidienne, à prendre comme cette critique-même en chantier, produisant sa théorie de façon immanente. De mon accumulation/réflexion depuis six mois, je crois pouvoir tirer provisoirement quelques résultats généraux :

s'il existe un féminisme qui refoule la lutte de classes (et parfois la race), il n'est pas de lutte en tant que racisé·e·s qui ne soit lutte de classes

d'un point de vue stratégique immédiat, le genre pose plus de problème que la race. La race est plus motrice que le genre dans les luttes qui comptent, mais il n'existe pas de lutte à forte composante raciale qui ne soit aussi lutte des femmes, lutte de prolétaires avec leurs contradictions internes et externes

si l'on prend en compte la dimension quantitative des luttes, leur caractère de masse non groupusculaire mais socialement profond, il n'existe pas de luttes féminines séparées supposant une unité féministe, de même que l'abolition du genre comme fin de toutes différences entre hommes et femmes, au-delà de différences hiérarchiques, n'est jamais exprimée comme visée dans les luttes - l'abolition du genre en ce sens n'est qu'un mot d'ordre théorico-militant ultra-marginal *

* il est symptomatique que le blog 'Incendo' n'ait produit qu'un seul texte, Capitalisme, genres et communisme / L’insurrection généralisée qui détruira les hommes et les femmes et que dans sa 'Revue de presse' Sur le rapport entre genres et classes ne figure aucun texte alimentant sa thèse ou même faisant ressortir cette problématique. Comme tous ceux qui conçoivent l'abolition du genre comme destruction de toutes différences entre hommes et femmes, cette idée n'existe que dans leur tête. Le communisme n'est pas une idée...

le genre médie toujours les luttes de classes quelle que soit leur "teneur raciale". S'il n'existe pas plus de luttes de classes épurées du genre et de la race que de lutte de femmes épurées de la classe et de la race, ce n'est que dans des luttes d'ampleur que la jonction peut se réaliser, quand toutes les conditions sociales sont bouleversées. Mais cela ne signifie pas que la lutte se mène alors sous le grand chapeau du prolétariat, puisque le dépassement des identités de luttes, pour ainsi dire, est un processus jamais achevé dans le capitalisme ni achevable à l'horizon de notre vision de la communisation

parallèlement, le concept de commun est interrogé dans la mesure où il porte une contradiction révolutionnaire entre capitalisme et communisme. Il émerge de fait dans les rapports sociaux de production/reproduction et dans les luttes de classe/genre/race au sein desquelles il met particulièrement en évidence :

- le tandem race/genre et la problématique de la reproduction sociale, du rapport à la nature, à la terre, peut-être plus que dans la production ouvrière (voire, en Asie). C'est ici par cette question du commun qu'est posée la lutte écologique comme lutte pour abolir le capital, et elle n'est pas spécifiquement prolétarienne

- l'intérêt de couches moyennes, non prolétaires, pour le meilleur et pour le pire...

« Profitons de ce renouveau de la pensée sur les biens communs pour en tirer des applications concrètes à la finance.» Alternatives économiques 24 mai

enfin la dimension de l'individualité s'intègre à ce qui précède comme contradiction entre capitaliste et communisme, et elle est particulièrement abordée avec celle de l'improvisation collective, de la création artistique, de l'individu artiste, de Marx à Isabelle Garo, en passant, potlatch oblige, par Patlotch. À cet égard, on ne saurait séparer du reste mes considérations sur le jazz et la poétique. Quant à mes œuvres, elles parlent ou pas, elles me sont une commande du temps, et le temps n'est pas vraiment à la révolution... Comme dit Tsvetaeva

« Le thème de la Révolution est une commande du temps.
Le thème de la glorification de la Révolution est une commande du Parti » Le Poète et le temps, p. 35

dans les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

 

la politique du PIR ? une singularité française

(précision sur l'intersectionnalité dans les luttes en France)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  ceci n'est pas un drapeau ?

on peut toujours se désespérer qu'un tel croisement classe/race/genre ne semble s'opérer, en France, que sous la bannière politique du PIR, Parti des Indigènes de la République, et par la voix de Houria Bouteldja (féministe «de couleur»), que les marxistes tiennent à distance (voir une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?), mais du point de vue théorique, à qui la faute, et depuis combien de temps ? Je ne fais pas de concession aux tendances communautaristes et citoyennistes du PIR, mais c'est néanmoins la seule expression politique qui traduise en France le moment nécessaire de l'auto-organisation des racisé·e·s contre le capital. Elle existe par défaut d'une prise en charge de la question raciale dans une perspective révolutionnaire et se paye de conséquences plus néfastes que l'existence de ce parti

elle existe aussi, il me semble, parce que le moment présent d'affrontement face au capital se situe au-delà de cette seule question de la race, mais aussi globalement (la dimension "décoloniale") à travers elle, dans la politique, contre l'Etat, comme on l'a vu dans les soulèvements arabes, en Ukraine, en Bosnie, en Amérique du Sud...

au-delà de divergences évidentes avec Houria Bouteldja, force est de constater qu'en France, elle mène le combat où il se situe concrètement aujourd'hui, dans ce champ politique c'est-à-dire largement face à l'Etat, ce qui en situe les limites mais constitue une critique pratique et radicale de l'Etat-nation, de l'identité nationale, un champ d'action totalement délaissé par l'extrême-gauche, et mené de façon abstraite par les anarchistes, dont c'est pourtant le fond de commerce : l'abolition du capital, c'est aussi celle de l'Etat-Nation. Plutôt se demander pourquoi ce combat est mené, paradoxalement, dans un cadre citoyenniste

un combat concret que chacun·e mène depuis sa situation concrète

les théoriciens de la pureté du capital pourront certes chercher la petite bête de la mauvaise articulation entre race, genre et classe. Autre chose est de la prendre par tous les bouts, car dans la vie, elle se présente telle qu'elle est vécue dans une diversité de situations, jusqu'au niveau le plus individuel : « Les individus sont toujours partis d’eux-mêmes, partent toujours d’eux-mêmes » (Marx)

« Les individus sont toujours partis d’eux-mêmes, partent toujours d’eux-mêmes. Leurs conditions sont des conditions du mouvement réel de leur vie. Comment se fait-il que leurs conditions se rendent indépendantes des individus et les contrarient ? Comment se fait-il que les puissances de leur propre vie deviennent plus puissantes qu’eux-mêmes ? », Œuvres III Philosophie, Pléiade, 1982, p. 1036. Mais aussi, dans L’Idéologie allemande : « L’existence créée par le communisme est précisément la base réelle qui permet de rendre impossible qu’aucune existence soit indépendante des individus »

le combat du renversement communiste, concernant l'individualité, fait partie intégrante du cours de la lutte au présent, il n'est pas supposé commencer le jour J de la communisation. Voilà un point de vue individuel de haute-tenue

Race, classe et genre : l’intersectionalité, entre réalité sociale et limites politiques, Houria Bouteldja, Berkeley 17 avril 2013

« Il n’est pas nécessaire pour les femmes indigènes en France d’agir en tant que féministes déclarées ou en tant qu’anticapitalistes déclarées. Elles agissent pour leur intérêt immédiat qui est toujours une imbrication en creux de leur intérêt en tant que prolétaires, de femmes et d’indigènes.»

c'est comme ça, de la même façon qu'Elsa Dorlin l'a posé dans son livre La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, Paris, Éd. La Découverte, coll. Textes à l’appui/Genre et Sexualité, 2006

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les théoriciens cocos du vieux continent à la bourre ?

au colloque "Puissances du Communisme", organisé par la Société Louise Michel (22-23 janvier 2010), lors de la table ronde "A la recherche du sujet perdu, j'ai pu observer dans la vidéo comment Pierre Dardot (commun et Cie) faisait la fine bouche devant les propos d'Elsa Dorlin, concernant aussi bien le genre que la race, un peu comme si elle était une petit fille au milieu de ces barbons

de même, je ne vois pas que les théoriciens du courant communisateur, Temps Critiques ou les tenants de la Wertkritik se soient sérieusement emparés du sujet. Peut-être que les héritiers de l'ultra-gauche et ses environs, ayant définitivement rangé la politique au magasin des accessoires de l'histoire, méprisent par trop les théoriciens communistes engagés dans le «mouvement social». Peut-être que s'exprimant de façon impersonnelle, ils pensent davantage s'épargner de partir d'eux-mêmes, hommes et blancs, de ce fait moins « communautaristes » qu'Houria Bouteljda ? Peut-être qu'étant des hommes, ils sont plus portés à la cérébralité, puisqu'on dit que les femmes sont plus concrètes, plus terre à terre... une qualité sans doute forgée dans l'adversité de genre, pour se libérer du mâle savoir qui prétend les dominer intellectuellement ? Toujours est-il que sur ces questions, des hommes de peu de couleur, théoriciens marxistes embarqués parfois dans des pratiques militantes critiquables (démocratisme radical, etc.) ont griller la politesse aux purs conceptuels

car il n'y a pas que le black feminism pour poser ces questions. Voir l'exemple de Jean Belkhir, de l'Université du Wisconsin, auteur en 1994 de The Failure and Revival of Marxism onb Race, Gender & Class Issues deuxième numéro d'une revue dont le premier est de 1993. On y trouve une belle bibliographie

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  1994 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

un texte "plus récent", de douze ans d'âge...

Marxism and Class, Gender and Race, Rethinking the trilogy Jean Belkhir 2001

Conclusion : As long as the RGC [Race Genre Classe]perspective reduces class to just another form of oppression, and remains theoretically eclectic, so that intersectionality and interlockings are, in a way, "up for grabs," meaning open to any and all theoretical interpretations, the nature of those metaphors of division and connection will remain ambiguous and open to conflicting and even contradictory interpretations. Marxism is not the only macro level theory that the RGC perspective could link to in order to explore the "basic structures of domination" but it is, I would argue, the most suitable for RGC's emancipatory political objectiv

à mon sens, on devrait plutôt, en tant que communiste, se réjouir que cela soit enfin posé, en France, dans la théorie et dans les luttes

dans critique de 'genre' du capital et de la race, intersectionnalité, femmes et communs... en relation avec la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

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le chagrin sans pitié

« Dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. » Karl Marx

Les Français vivent de plus en plus le travail comme une "contrainte" Le Point.fr  24 mai 2014

Ils sont 56 % à envisager le travail comme "une contrainte nécessaire pour subvenir à ses besoins", contre 49 % en 2006

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Fracture entre employés et commerçants

Cette dégradation générale est toutefois à tempérer, car le sentiment n'est "pas homogène" dans la population, note l'Ifop, en fonction de l'âge, de la profession. Et... du fait que l'on travaille ou pas. Ainsi, une nette majorité (59 à 60 %) de sondés en âge de travailler, c'est-à-dire âgés de 25 à 64 ans, considèrent le travail comme une contrainte, tandis que 56 % des personnes ayant dépassé l'âge légal de la retraite (65 ans et plus) le voient comme un moyen de s'épanouir. Et 54 % des retraités sont du même avis, contre 40 % des actifs. Par ailleurs, les actifs employés ou ouvriers vivent très majoritairement le travail comme une contrainte (66 et 65 % respectivement), tandis qu'il reste plus perçu comme un moyen d'épanouissement par les artisans et commerçants (53 %), et les professions libérales et cadres supérieurs (50 %).

salauds de retraités, le travail comme un moyen d'épanouir... les autres !

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  « pour en finir avec la critique du travail », il faut d'abord commencer

En revanche, la perception du travail comme une contrainte prédomine et ne varie guère chez les salariés selon qu'ils appartiennent au secteur privé (62 %) ou public (60 %). Chez ces salariés, si une nette majorité se dit "motivée dans le cadre de (son) travail" (64 %), ils sont aussi une majorité (54 %) à se dire "stressés" dans ce cadre (soit quatre points de plus qu'en réponse à la même question en février 2013). Et une majorité aussi (53 %) à estimer que leur travail "n'est pas reconnu à sa juste valeur" dans leur entreprise. Ils étaient 49 % dans ce cas début 2013.

pauvre Marx

« [Le propriétaire de sa force de travail] la vend donc à sa juste valeur, et, d'après notre hypothèse, le possesseur d'argent en train de métamorphoser ses écus en capital s'exécute et paye cette valeur.» Le Capital I - Le développement de la production capitaliste - la transformation de l'argent en capital - Chapitre VI : Achat et vente de la force de travail

« motivés dans le cadre du travail » ou 'motivés' et stressés par le cadre au travail ?

parfois, ceci explique cela

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

sur GoogleActualités, pour le mot « ouvrier », près de 50 % des infos concernent des accidents au travail (le 21 mai 48% sur dix pages soit 100 infos)

TRAVAILLER POÈME

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poèmes 2014

un moment présent sans parole

.le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

« Le présent ? mais existe-t-il ? C'est servir une fraction périodique. Je pensais que je servais le présent, et il est déjà passé et déjà avenir... »
Marina Tsvetaeva, Le poète et le temps
, 1932, Le temps qu'il fait, 1989, p. 49

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23 mai

marxisme et féminisme

Cinzia Arruzza on Marxism and feminism vidéo 15:55

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  présentation

la philosophe Cinzia Arruzza est une véritable plaque tournante critique des rapports entre marxisme et féminisme, ou dit autrement entre critique du capitalisme et de la domination masculine. Ses textes d'une grande clarté ont aussi l'intérêt de renvoyer à d'autres écrits tels que ceux de Christine Delphy, Danièle Kergoat, Heidi Hartman, Iris Young, Angela Davis, Sylvia Walby, Nancy Fraser, Silvia Federici... et de présenter ainsi une sorte de synthèse des thèses en présence

une sélection de textes traduits en français 

pour ma part je retiens une idée forte dans son approche, qui rejoint celle que j'ai soutenue dans ma controverse avec Théorie Communiste, à savoir la nécessité de marier l'analyse structurelle du capital et son histoire concrète, autrement dit ce qu'on nommait, sous des étiquettes repoussantes car évoquant le diamat stalinien, matérialisme dialectique et matérialisme historique. Dans le texte Réflexion de Genre (3) : Le capitalisme est-il « indifférent » à l’oppression des femmes ? elle discute les positions de Meiskins Wood (« Capitalism and Human Emancipation : Race, Gender, and Democracy ». Elle annonce aussi un quatrième volet de ce texte portant sur la « reproduction sociale », qui nous ramène en territoire théorique familier. Elle évoque marginalement la question de la race, pour laquelle la question de l'analyse historique concrète est également indispensable, et constitue le fil rouge de mes considérations sur le problème du lien entre racisme (racialisation) et capitalisme. Extraits :

Un des points de vue les plus répandu chez les théoriciens marxistes est de considérer l’oppression de genre comme quelque chose qui n’est pas nécessaire à l’oppression du capital. Cela ne signifie pas que le capitalisme ne s’en serve pas et ne profite pas de l’inégalité de genre produite par les configurations sociales précédentes. Mais il s’agirait par contre d’un rapport opportuniste et contingent. Dans les faits, le capitalisme n’a pas vraiment le besoin de se servir de manière spécifique de l’oppression de genre, et les femmes ont bel et bien atteint, sous le capitalisme, un niveau de liberté et d’émancipation sans précédents dans les époques historique. Bref, la libération des femmes et le capitalisme n’auraient pas un rapport antagoniste.[...]

Pour le dire plus clairement : A partir du moment où l’on accepte cette distinction entre la structure logique du capital et ses dimensions historiques, on peut accepter l’idée que l’extorsion de la plus-value se passe dans le cadre de la relation entre des individus formellement libres et égaux, sans supposer de différences de statuts juridiques et politiques, mais seulement à une niveau d’abstraction très élevé, c’est-à-dire au niveau de la structure logique. D’un point de vue historique concret, les choses changent radicalement. Prenons cette question point par point :

1. Partons d’un état de fait : une formation sociale capitaliste sans oppression de genre n’a encore jamais existé. Que le capitalisme, dans ce processus, se soit limité à utiliser les inégalités préexistantes, reste discutable : le colonialisme et l’impérialisme ont contribué de manière significative à introduire des hiérarchies de genre dans des sociétés au sein desquelles celles-ci n’existaient pas, ou du moins de manière plus nuancée.

Le processus d’accumulation capitaliste s’est accompagné d’une expropriation tout aussi significative des femmes des différentes formes de propriété auxquelles elles avaient accès et des professions qu’elles pouvaient encore exercer au cours du haut moyen-âge (lire à ce propos le livre de Sylvia Federici : « Le grand Caliban ») ; la succession entre des processus de féminisation et de déféminisation du travail contribue à reconfigurer continuellement les rapports familiaux, créant de nouvelles formes d’oppression basées sur le genre. La réification de l’identité sexuelle advenue à partir de la fin du 19e siècle a contribué au renforcement d’une matrice hétéro-normative qui a eu des conséquences oppressives pour les femmes, et pas uniquement pour elles.[...]

On pourrait en effet dire exactement la même chose pour la classe des travailleurs/euses dans son ensemble : que ce n’est qu’à l’intérieur du capitalisme que se sont créées les conditions pour une émancipation politique de masses des couches subalternes et pour que cette classe devienne un sujet politique capable d’arracher des conquêtes démocratiques significatives. Et donc ? Cela démontrerait-il que le capitalisme pourrait aisément se passer de l’exploitation de la classe des travailleurs/euses ? Je ne crois pas. Il vaut donc mieux laisser tomber la référence à ce que les femmes ont, ou n’ont pas, obtenu : si les femmes ont obtenu quelque chose, c’est parce qu’elles ont lutté pour cela et parce qu’avec le capitalisme sont apparues les conditions sociales favorables à la naissance des grands mouvements sociaux et politiques modernes. Mais cela est valable de la même manière pour la classe des travailleurs/euses.

2. Il faudrait distinguer ce qui est fonctionnel et propre du capitalisme et ce qui en est une conséquence nécessaire. Les deux concepts sont différents. Il est peut-être difficile de démontrer, à un haut niveau d’abstraction, que l’oppression de genre est nécessaire au fonctionnement du capitalisme. Il est vrai que la concurrence capitaliste crée continuellement des différences et des inégalités, mais ces inégalités, d’un point de vue abstrait, ne doivent pas nécessairement être des inégalités de genre. De ce point de vue, si on fait l’expérience mentale de penser à un capitalisme « pur », que l’on analyse uniquement sur base de ses mécanismes essentiels, alors peut-être que Meiksins Wood aurait raison. Cependant, cela ne prouve pas que le capitalisme n’aurait pas comme conséquence de son fonctionnement concret la reproduction constante des oppressions de genre, et souvent sous des formes diverses. J’en dirai plus à ce propos dans la quatrième réflexion de Genre qui parlera du concept de reproduction sociale.

3. Revenons enfin sur la question de la distinction entre le niveau analytique et le niveau historique. Ce qui est possible d’un point de vue purement analytique et ce qui se passe d’un point de vue historique sont deux choses profondément distinctes. Le capitalisme existe toujours dans des formations sociales concrètes qui ont leur histoire spécifique. Comme je l’ai déjà dit, ces formations sociales ont toujours été caractérisées par une présence persistante et vivace de l’oppression de genre.

Supposons maintenant, à un niveau totalement théorique, que ces hiérarchies dans les divisions du travail seraient dictées par d’autres formes d’inégalité (grands et petits, vieux et jeunes, maigres et gros, ceux qui parlent une langue indo-européenne contre tous les autres,…). Supposons même que la grossesse et la naissance soient entièrement mécanisées et que toute la sphère des relations émotives puisse être marchandisée et gérée par des services privés,… bref, supposons tout cela. Est-ce une vision crédible d’un point de vue historique ? L’oppression de genre peut-elle être si facilement remplacée par d’autres types de hiérarchies qui agiraient sur les mêmes questions, qui apparaitraient comme aussi naturelles et qui seraient aussi ancrées dans la psyché et dans les processus de formation suggestive ? Il semble plus que légitime d’en douter.

Partir de l’analyse historique concrète

Pour conclure, et pour répondre à la question de savoir si la pleine émancipation et la libération des femmes peuvent être atteintes à l’intérieur du mode de production capitaliste, il faut chercher la réponse non pas dans le plus haut niveau d’abstraction d’analyse sur le capital mais, au contraire, dans le niveau de l’analyse historique concrète.

C’est bien là que se situe l’erreur, non seulement de Meiskins Wood, mais aussi de beaucoup de marxistes farouchement attachés à l’idée d’une hiérarchie entre exploitation (principale) et oppressions (secondaires). Si nous voulons nous poser la question de la nature politique de cette question et essayer d’y répondre, il faut alors le faire à travers une conception historique de ce qu’est et ce qu’a été le capitalisme. C’est là l’un des points de départ d’un féminisme marxiste dans lequel la notion de reproduction sociale doit occuper un rôle central.

Vers une « union queer » du marxisme et du féminisme 1 ? Contretemps n°6 23 janvier 2006

cet autre texte de Cinzia Arruzza fait le lien entre ces débats et leur évolution avec la critique de genre. En voici la conclusion, que je partage intégralement

Il s'agit de lire les intersections entre genre, classe et race et de déchiffrer la relation complexe entre les éléments patriarcaux archaïques qui subsistent à l'état de fantômes dans un monde capitaliste mondialisé et ceux qui, au contraire, ont été entièrement intégrés, utilisés et transformés par le capitalisme. Cela demande un renouvellement du marxisme, susceptible d'aller au-delà de l'opposition du culturel et de l'économique, du matériel et de l'idéologique. Un projet politique qui vise à la création d'un nouveau mouvement ouvrier ne peut que s'interroger sur la façon dont genre et race exercent une influence sur la composition sociale de la force de travail et sur sa subjectivation politique en tant que classe. Cela nécessite de dépasser la question de «l'oppression première» qui a divisé mouvements féministes et mouvement ouvrier dans les dernière décennies. Ce qui est intéressant n'est pas tant de savoir si la contradiction entre capital et travail est plus importante ou davantage «première» que l'oppression des femmes, mais plutôt de comprendre la façon dont toutes deux sont désormais entièrement imbroiquées dans les rapports de production capitalistes et dans l'ensemble des relations de pouvoir du capitalisme, ce qui donne lieu à une réalité complexe. Il faudra bien, comme nous y invite Nancy Fraser, plutôt que de vouloir la nier, créer un paradigme analytique et programmatique capable d'appréhender l'ensemble de cette complexité.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

en complément de mon texte d'hier sur la théorie du genre, et en défense de l'intersectionnalité à la lumière du marxisme...

Enjeux et défis de l'intersectionnalité entretien avec Sirma Bilge, Contretemps 30 avril 2012

Sirma Bilge, sauver l'intersectionnalité des études féministes sur l'intersectionnalité Anaïs Albert 12 mars 2014

Dans un article récent intitulé “Intersectionality Undone; Saving Intersectionality from Feminist Intersectionality Studies”, Sirma Bilge, professeure de sociologie à l’université de Montréal se livre à une critique profonde et argumentée de la dépolitisation du concept d’intersectionnalité dans son utilisation universitaire et particulièrement dans le champs des études féministes. Elle commence par rappeler les origines de ce concept en insistant sur le fait que pour Kimberlé Krenshaw, l’intersectionnalité est profondément ancrée dans l’action et dans l’expérience de la domination, plus que dans l’abstraction théorique. Elle pointe ensuite la centralité de la question raciale dans cette notion. Sirma Bilge détaille ensuite les deux voies de la dépolitisation actuelle : d’une part, sa redéfinition dans une perspective néo-libérale comme une simple variante de la diversité, d’autre part le “blanchissement” de la notion (“the whitening of intersectionnality”). Cette seconde critique vise particulièrement les féministes européennes et leur tendance à expulser la race des débats autour de l’intersectionnalité que ce soit en inventant de nouvelles généalogies qui oblitèrent le rôle des féministes noires, ou en appelant à une plus grande théorisation ce qui relègue les individu-e-s subissant la domination et la décrivant au rôle d’exemples. Un passage au crible de cette notion et de ses dérives virulent et à coup sûr salutaire pour que l’intersectionnalité garde son potentiel critique et ne devienne pas un outil commode aux mains des dominant-e-s.

communisme et question raciale : un déficit français durable

comme on le voit cette critique aux féministes européennes pourrait tout aussi bien, concernant le « blanchiment de la notion » s'adresser aux marxistes européens et plus particulièrement français. Du moins est-ce apparu comme une évidence dans ma mise en cause de Théorie Communiste (hic salta ou franchir le pas en pratiqueS théoriqueS : TC (contre Marx ?) une théorie blanche occcidentale)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  ce qui n'existe pas, pourquoi en parler ?

L'Assemblée nationale supprime le mot "race" de la législation Le Monde 16 mai 2013 Voir éléments d'une sociologie anti--constitution-universalo-française

on peut toujours se désespérer qu'un tel croisement classe/race ne semble s'opérer, en France, que sous la banière politique du PIR, Parti des Indigènes de la République, et par la voix (féministe) de Houria Bouteldja, que les marxistes tiennent à distance (voir une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?), mais du point de vue théorique, à qui la faute, et depuis combien de temps ? Je ne fais pas de cadeau aux tendances communautaristes et citoyennistes du PIR, mais c'est néanmoins la seule expression politique qui traduise en France le moment nécessaire de l'auto-organisation des racisés contre le capital. Elle existe par défaut d'une prise en charge de la question raciale dans une perspective révolutionnaire et se paye de conséquences plus néfastes que l'existence de ce parti

dans critique de 'genre' et du capital, femmes et communs...

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22 mai

Disaster communism part 3 - logistics, repurposing, bricolage Libcom 22 mai

dans les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

théorie générale ?

on aura compris que ma charge contre les théories n'en est pas une contre toute théorisation. Il serait aisé de me reprocher de n'être pas moins théoricien que ceux que je voue en tant que tels à leur sénilité congénitale. On aura compris aussi qu'au stade d'accumulation où je suis parvenu, je ne manque ni d'ingrédients ni d'arguments pour élaborer ma propre théorie générale, et prétendre ainsi les dépasser toutes. Ce ne serait pas difficile, au prix d'un certain survol, et d'un abandon de la rigueur supposée caractériser toute théorie digne de ce nom; mais son fantasme de maîtrise lui rend nécessaire, à un moment ou à un autre, un saut idéaliste, quand ce n'est sombrer dans l'auto-contradiction par la structure même d'une logique, de présupposés aveugles

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  où ça te gratte, démange-toi

mais là n'est pas mon but. Je n'ai pas à perdre ce temps. D'une part je ne manquerais pas de tomber dans le travers qui précède. D'autre part, si je prends le risque d'être peu ou mal compris - mais j'évite ainsi d'être par trop suivi -,  mon objectif est plutôt d'infuser quelque doute dans les certitudes acquises ici ou là chez les promoteurs de révolutions contre l'état des choses : plutôt qu'un corpus, des puces dans le corps du délit, du déni théorique

élaborer une théorie générale serait me contredire en essence, auto-détruire ce qui fait le sens, par la forme et le contenu, de mon intervention a-théorique

plus de questions que de réponses, plus de portes ouvertes que d'horizons fermés : c'est apprendre à penser qu'il nous faut, battre le faire tant il est chaud

pour toute théorie qui se propose de penser le capitalisme comme système clos déterminant tout, le risque est de se poser comme système à penser son abolition, sur le marché des idées révolutionnaires. C'est en soi contradictoire avec l'auto-subjectivation, la dimension créatrice constitutive, au présent du présent, de l'action révolutionnaire. Cela fabrique à son insu des adeptes, c'est-à-dire potentiellement des consommateurs vendant en boîte de conserve le dernier état de la pensée d'un·e autre. On vérifie partout et en tout temps qu'ils deviennent d'abord de simples propagandistes et bien vite, au nom de la liberté, des policier·e·s de la pensée

que de ses vœux on l'appelle classe, prolétariat ou multitude, 'nous' a besoin d'individualités conscientes et libres d'agir, en situation, dans un présent à chaque instant imprévisible, de façon auto-déterminée pour la construction d'un en-commun et d'une conjoncture révolutionnaire en conséquence. Cela ne dépend en rien d'une théorie, mais ressort d'une improvisation collective informée

« Si tu vois un homme qui a faim, donne-lui un poisson : tu le nourriras pour un jour. Mais apprends-lui à pêcher et il se nourrira toute sa vie.» Proverbe chinois

dans le théorisme, maladie sénile du communisme

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'théorie du genre' : ar-ti-cu-ler !

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014   « la race, quelle classe ! » Blue HerCat,  20 mai 2014 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014
ceci n'est pas un chat

« Le présent ? mais existe-t-il ? C'est servir une fraction périodique. Je pensais que je servais le présent, et il est déjà passé et déjà avenir... »
Marina Tsvetaeva, Le poète et le temps
, 1932, Le temps qu'il fait, 1989, p. 49

il me faudra revenir sur la critique que j'ai engagée de toute conception unidimensionnelle (voire bi-, ce qui ne change pas grand chose) de la critique radicale, ne produisant pas seulement son sectarisme mais surtout par lui sa contradiction à elle-même, aux confins d'une perte d'intelligence, comme en témoignent les conflits entre partisans de l'inexistente « théorie du genre » et certaines « Féministes radicales ». À cet égard, deux textes du site Women's Liberation without Border

- Le genre : tombeau des femmes, mort du féminisme 31 juillet 2012

- Ignorer et défendre le mâle : le piège de l’intersectionalité 15 août 2012

« On entendra dans bon nombre d’ouvrages féministes radicaux parler de « feminist standpoint », remarquons ici la différence : les structures oppressives sont d’emblée identifiées, je le rappelle : ce sont les structures politiques qui déterminent notre manière d’être sociale. Et selon ce point de vue féministe : «  les intérêts des dominants sont toujours des intérêts issus de la suprématie masculine, dans le sens où ils impliquent les privilèges et le prestige de certains hommes au détriment des femmes en premier lieu, mais aussi d’autres hommes (…). » (Denise Thompson). Identifier les méfaits du racisme et du capitalisme sous un angle féministe, c’est-à-dire comme idéologies émanant de la suprématie masculine permettra de lutter de manière plus rigoureuse contre ces-dernières, ie en ne faisant pas prévaloir les intérêts des hommes sur les femmes, mais en envisageant une humanité véritable pour les sexes, faisant ainsi disparaître les catégories sexuées.»

Et comme le dit Denise Thompson, si les luttes antiracistes et anticapitalistes devraient être le cœur des luttes « féministes, tout en ignorant la suprématie masculine, c’est bien parce que «  Le racisme et l’exploitation capitaliste sont plus facilement détectée que l’oppression des femmes, car ils impliquent la déshumanisation des hommes »

ainsi donc, chacun peut tirer la couverture de son particularisme, et les autres seront toujours des ennemi·e·s. Là précisément où il y a à dépasser les oppositions produites entre victimes du capital comme totalité, certaines théorisations les alimentent

la théorie et l'activisme Queer ne m'intéressent et ne m'impressionnent pas davantage, depuis leur marginalité envahissante et terrorisante, que les activistes sautant à pieds joints sur le concept de communisation comme sur l'Europe un cabri pour de Gaulle

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

un spectre de théorie hante l'Europe ?

je l'ai déjà exprimé, pas plus les Études de Genre (Gender Studies) que l'intersectionnalité (Intersectionnality Studies) ne portent en elles-mêmes une idéologie, au-delà bien sûr du fait que, cantonnées au milieu universitaire elles tendent à se poser comme neutres, voire objectives parce que «scientifiques». C'est au demeurant un reproche que leur font aussi bien Christine Delphy et Angela Davis. Ces études ne portent pas davantage une « théorie du genre » ou une « théorie de l'intersectionnalité », mais les nouveaux don et doña Quichotte s'inventent les moulins adéquats à leurs armes, à leurs montures, et aux valets de pied de leurs pensées

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

l'intersectionnalité à la lumière du marxisme, pour faire simple, ne tombe pas (toujours) dans ce piège, quand elle ne prétend pas trouver « la contradiction principale », et donc « l'ennemi principal », mais Christine Delphy bel et bien, avec les concepts totalisant de Patriarcat et de classes des hommes et des femmes, inspirés de ceux de Capital et Lutte de classes. Marx lui-même n'est pas le théoricien d'une seule contradiction, et l'on a vu qu'il fut un des premiers à prendre en compte, au-delà de la lutte de classes ouvrière, le racisme comme essentiel au capitalisme, la dimension écologique, les formes pré-capitalistes d'usage des communs

il est finalement plutôt heureux, si j'ose dire, que le capitalisme actuel nous offre à réunir toutes les contradictions de son monde face à nous : prolétaires, femmes, individus  « de couleur », sans-terre, sans papiers, sans espoir... Que les unes ou les autres, dans leur aveuglement narcisso-théorique, se tirent et leur tirent une balle dans le pied, ne les renvoie qu'à leur petitesse d'esprit et de cœur. Nous fera sans eux

appeler un chat un chat, une chatte une chatte... un mâle un mâle !

je constate certes, comme ces féministes radicales, que les études de genre tendent à faire passer au second plan la domination masculine, qui est pourtant la caractéristique première qu'elles se proposaient de faire ressortir en promouvant ce concept

faudrait-il pour autant être fier ou honteux d'être un homme, une femme d'abord, voire savant dans son bocal, plutôt que prolétaire - un mot cochon marxiste - et prendre les passant·e·s pour des billes ? J'ai donné les clefs pour dépasser ce moment de l'identité, nécessaire pour se reconnaître et s'accepter comme dominé·e, à partir de quoi l'on peut cesser de penser et d'agir en tant que tel·le pour une égalité sous condition de rester ce à quoi l'on est assigné·e, et viser le dépassement des catégories, en rotation partant de chacune considérant les autres

mais cela suppose un arrachement culturel et social qui concerne autant les savants que ceux au nom de qui ils prétendent parler, qui le vivent dans leur chair et sans phrases

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  noyer le poisson ?

le genre, valeur usée ?

au nom de ce concept de genre, on lit tellement d'inepties, tant de la part de ses thuriféraires que de ses détracteurs, que la confusion générée donnerait plutôt l'envie de s'en passer. Si le résultat devait être de faire passer au second plan d'une part les luttes féministes elles-mêmes - soupçonnées d'essentialisme ce qui est un comble - dans leur lutte contre la domination masculine; d'autre part leur nécessaire articulation avec les luttes de classes et contre l'essentialisme de la race, cela me ferait préférer encore le mot d'ordre d'«abolition du patriarcat (et du capita)l» à celui d'«abolition du genre (et du capital)», qui se traîne toutes les ambiguïtés inhérentes à l'obsession - soit en la niant soit en la séparant du social - de sortir la nature de l'histoire. En France de droite comme de gauche, cela relève de la bêtise idéologique et militante y compris chez des spécialistes en psychologie, en anthropologie, en biologie, etc. convoqués à la rescousse

et nous voilà sommés jusqu'en notre for intérieur de choisir notre camp sur les étals médiatiques, comme dans ces sondages d'opinions dont la nôtre est absente, l'agressivité concomitante n'ayant d'égale que la suffisante ignorance d'expert·e·s en tous genres, qui veulent penser pour nous notre « émancipation »

penser la complexité ne signifie ni écraser la dialectique des contradictions, ni sombrer dans l'indéterminisme d'un chaos, mais abandonner l'esprit simpliste incapable de concevoir une topologie d'ensembles s'incluant réciproquement dans leurs déterminations

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

mais ça ne peut se faire comme articulation de théorie à théorie, sur la base de l'une d'entre elles posée comme première et génératrice - la classe, le genre, la race, la nature... - c'est un chantier à nouveaux frais, comme l'a bien vu Silvia Federici, par exemple, avec Marx. Les théories sont à dépasser non seulement sur la base des théories du passé, mais à partir du réel dans sa complexité passée révisitée et présente vécue. C'est pourquoi la charge des féministes radicales contre l'intersectionnalité en soi, et contre la critique du genre comme anti-féministe, est une idiotie, et ceci d'autant plus qu'elles relèguent la classe et la race à l'arrière-plan. Voir ce jour Théorie générale ?

dans critique de 'genre' et du capital, femmes et communs...

 

écolo et coco

Communisme écosophique blog

Nous sommes touchés par ce qui se passe, par les bouleversements qui arrivent au monde des vivants et à leurs habitats - et les solutions qu'on nous propose, là-haut, ressemblent encore trop aux causes des problèmes qui nous font face. Ce n'est pas en suivant les marchands que pourront s'ouvrir des espaces de partage, eux pour qui le partage veut dire "ceci est à moi ceci est à toi" ; ce n'est pas en suivant les politiciens que pourront s'inventer de nouvelles exigences de vie juste et égalitaire, par-delà l'envie de gouverner ; et ce n'est pas seul qu'on invente les manières de répondre aux problèmes qui touchent au coeur de ce que veut dire "être en relation" - avec les rivières, l'air, les sols, les forêts, les animaux et les animaux humains. Il nous faut répondre de manière interdépendante à la crise de l'interdépendance. Nous avons besoin d'écologie, c'est maintenant évident pour (presque) tout le monde - mais aussi de communisme, cela l'est moins, évidemment. Mais ça l'était encore pour beaucoup avant (avant qu'on ait menti en son nom). Alors c'est une proposition de mariage : ni écologie, ni communisme, mais écologie et communisme, inséparables, ensemble, parce que ces deux-là peuvent se transformer et grandir, au contact de l'autre.

C'est parce qu'il n'y aura aucune issue individuelle, humaniste, capitaliste, et étatique à la catastrophe écologique, que l'écologie doit nécessairement être communiste. Mais un communisme d'un nouveau genre, un communisme d'après l'humanisme (capitaliste), suscité et provoqué par l'écologie : un « communisme écosophique ». Éco-sophie : les savoirs et savoirs-faire sur ce qui fait un monde, lui donne consistance et l’enrichit, et sur ce qui le détruit, l’appauvrit, et mutile les conditions de possibilité de la vie partagée. Le mariage de l'écologie et du communisme porte en son sein l'attention et la défense du commun et des « communs », au-delà du seul humain - l' attention à tout ce qui rend possible (et empêche) la vie partagée - comme réponse à la désertification du monde et à l’épuisement des milieux de vie. L'écologie sera un communisme des relations auto-organisées, immanentes et égalitaires ; un communisme des vivants, des terriens, sinon rien. Il est vital aujourd'hui, pour qui veut s'emparer des questions politiques et existentielles cruciales que pose l'écologie, de se saisir de l'héritage difficile mais porteur que nous lègue le communisme. Travailler à la lisière du communisme et de l'écologie, les faire fructifier, chercher une « intoxication interspécifique ». 

une idée que je fais mienne, et que j'ai déjà exprimée, c'est que les théories révolutionnaires, y compris les marxismes post-prolétariens tels que celui de Théorie Communiste et a fortiori les thèses de Temps Critiques, demeurent dans l'humanistem théorique, au sens d'anthropocentrisme

« on ne peut espérer remédier aux atteintes à l’environnement sans modifier l’économie, les structures sociales, l’espace urbain, les habitudes de consommation, les mentalités […]. C’est ce qui me conduit à parler d’une écosophie qui aurait pour perspective de ne jamais tenir séparées les dimensions matérielles et axiologiques des problèmes considérés. » Félix Guattari

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  2014 textes 1985-1992 

Extrait d’un dialogue de Félix Guattari avec Toni Negri pour la revue Futur antérieur n°4 : hiver 1990, à l’occasion de la sortie de Cartographies schizoanalytiques.
Note de Stéphane Nadaud : « Dans ce curieux échange, Negri tente de pousser Guattari dans ses retranchements et lui demande, successivement, s’il n’aurait pas tendance à être, à son insu, postmoderne, anhistorique, nihiliste, ontologue, utopiste, dogmatique ou positiviste, voire structuraliste. »

Toni Negri : Je connais ta passion pour l’événement et ton plaisir pour la vie. Mais quand tu philosophes, tu sembles vouloir te détacher de cela. Comment gères-tu la schizophrénie structure-événement ? N’as-tu pas tendance à anticiper toujours la structure sous-jacente à l’événement, au risque de ne pas le laisser parler ? Cette question se retrouve-t-elle dans ton travail avec Deleuze ? Quelle est ta théorie de l’événement ? Comment imagier aujourd’hui non le processus, mais l’événement révolutionnaire, non les conditions de la révolution mais le pouvoir constituant ?

Félix Guattari (extraits) :

la structure, j’aimerais la décentrer. Je ne prétend jamais décrire un état de fait, un état de l’histoire ou de la subjectivité. Je cherche seulement à préciser les conditions de possibilité des divers modes de descriptions possibles

L’événement réside dans cette conjonction d’une cartographie énonciatrice et cette prise d’être précaire, qualitative, intensive. Ce rapport de fondation réciproque entre l’exprimant et l’exprimé, le donnant et le donné, trouve son expression exacerbée dans la création esthétique précisément considérée comme pouvoir constituant ontologique.

Comment définir un communisme, ou tout simplement un amour réussi, en échappant tout à fait aux illusions d’un désir d’éternité. La puissance de vivre, la joie spinoziste n’échappe à la transcendance, à la loi mortifère que par son caractère de modalité fragmentaire, polyphonique, multiréférentielle. Dès qu’une norme prétend unifier la pluralité des composantes éthiques, la processualité créative s’estompe. La seule vérité ultime est celle du chaos comme réserve absolue de complexité. Ce qui a fait la force et la pureté des premières moutures de socialisme et d’anarchisme, c’est précisément d’avoir tenu ensemble, au moins partiellement, un imaginaire communiste ou libertaire et un sens aigu de la précarité des projets individuels ou collectifs qui les supportaient. Depuis, la finitude s’est bien affadie, la subjectivité mass-médiatisée et collectivisée s’est infantilisée. La finitude du second temps de « prise de terre » n’est pas donnée une fois pour toutes. Sans cesse, elle doit être reconquise, recréée dans ses ritournelles et dans sa texture ontologique. La reconstruction du communisme passe aujourd’hui par un élargissement considérable des modes de productions de subjectivité. D’où la thématique d’une jonction entre l’écologie environnementale, l’écologie sociale et l’écologie mentale par une écosophie.

dans les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

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histoire.

du communisme en fleur, faites fortune, écrit vain Qui travaille la terre lui appartient Patlotch 13 mars 2012

« Le terme de “communioniste” qui implique celui de “communionisme” est employé en Angleterre en 1827 pour désigner les partisans de Robert Owen.[...] On se sert à nouveau en France du mot communiste après la Révolution de 1830, plus précisément aux environs de 1834. Les polémiques, les procès, l’agitation le rendirent courant, à tel point que Georges Sand, qui lui préférait du reste le terme de “communionisme”, écrivait en 1841 que le mot “fait fortune”.» Extrait de Le curé Meslier (Athée, communiste et révolutionnaire sous Louis XIV)  par Maurice Dommanget (p. 317-318, éd. Julliard 1965)

En principe je suis un homme de printemps. Saisonnablement cyclothymique. Raisonnablement syntonique. Sain tonique au soleil, musement asyntone. Symptôme ici, débute un nouveau cycle, au présent que rebute un saint home, je me sens comme un arbre. Du genre abricotier, abrité, coco fier pour deux sous, bourgeonniste et précoce habité, j'ai chopé sans bouger la bourgeotte. C'est ainsi que j'ai mis à la vie, que j'ai fait rose, et blanche, et pentamère, ma première fleur. Je l'ai faite. Comme on le dit de sa première communion. Fête. « Communier est le fait de recevoir et consommer du pain et éventuellement du vin... » en de certaines circonstances, que précise wikipédia. De bonne foi plus que certain des circonstances, c'est l'éventualité du dit vin qui m'a conduit au communionisme. C'est ainsi que m'étant immédiatement converti en communionisationniste, je me promus vite communionisateur. Souhaitant comme tout un chacun valoriser mes capacités d'individu pour satisfaire mes besoins singulièrement poétothentiques, j'ai choisi la branche communionisationnàtartiste, option "le-plus-tôt-sera-le-mieux". Je suis admissible aux épreuves écrites, je passe l'oral en grec à la prochaine émeute.

Bref, pour ceux qui ne peuvent pas attendre, retenez que je suis un arbre, que je reçois et consomme du vin. Ce qui a du corps, ceci est mon fruit. Ce qu'est un écrit vain. En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau. Prenez et buvez en tous. D'un mot gratuit faites fortune.

Note : Concernant l'invention terminologique et son infinimagination, communioniste ne figure pas dans le recensement que fait en 1841 L. Reybaud (Études sur les socialistes modernes, rééd. 1844, tome 2, p. 267) : « Il serait difficile de dire en quoi consistent les nuances qui les divisent : peut-être n'y faut-il voir qu'une simple différence de noms. On cite toutefois des égalitaires, des fraternitaires, des humanitaires, des communitaires ou icariens, des communistes, des communautistes et des rationalistes.» cité dans L'humanitaire en discours, Mots, Les langages du politique, n°65, mars 2001. Voir aussi la passionnante thèse d'Andrea LANZA, 2006, La recomposition de l’unité sociale, Étude des tensions démocratiques chez les socialistes fraternitaires (1839-1847)

Pour mon sujet, il importait de ne pas me fourvoyer avec communautisme, qui fait par trop autisme en commun. C'est bien assez de l'être seul, en poésie.

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21 mai

travail à l'anglaise

 Interview le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

What was it really like to live through the twentieth century? In 1910 three-quarters of the population were working class, but their story has been ignored until now.

Based on the first-person accounts of servants, factory workers, miners and housewives, award-winning historian Selina Todd reveals an unexpected Britain where cinema audiences shook their fists at footage of Winston Churchill, communities supported strikers and pools winners (like Viv Nicholson) refused to become respectable. Charting the rise of the working class, through two world wars to their fall in Thatcher's Britain and today, Todd tells their story for the first time, in their own words.

Uncovering a huge hidden swathe of Britain's past, The People is the vivid history of a revolutionary century and the people who really made Britain great.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  extraits le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

This book gives an account of young women's lives, challenges, and existing assumptions about working class life and womanhood in England between the end of the First World War and the beginning of the 1950s. While contemporaries commonly portrayed young women as pleasure-loving leisure consumers, this book argues that the world of work was in fact central to their life experiences. Social and economic history are woven together to examine the working, family, and social lives of the maids, factory workers, shop assistants, and clerks who made up the majority of England's young women. The book traces the complex interaction between class, gender, and locale that shaped young women's roles at work and home, indicating that paid work structured people's lives more profoundly than many social histories suggest. Rich autobiographical accounts show that while poverty continued to constrain life choices, young women also made their own history. Far from being apathetic workers or pliant consumers, they forged new patterns of occupational and social mobility, and were important breadwinners in working class homes. They also developed a distinct youth culture, not only through discerning consumption of fashion, cinema, and dance halls, but also as workplace militants. In doing so, they helped to shape 20th-century society.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

UK Law Actually Keeps Domestic Workers Trapped In Slave-Like Abuse, HRW Says The Huffington Post UK  |  By Jessica Elgot 31 mars 2014

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20 mai

l'herbe, l'achat et la diction

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014   le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  ya bon la beu sans agent du rebeu

prison

Bentham « the insipid, pedantic, leather-lipped oracle of the commonplace bourgeois intelligence of the nineteenth century » Karl Marx

The ruins of Cuba’s Panopticon photos Web Urbanist

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Imagine life inside a ring of cells around a central watchtower, where you can never be sure whether you are being observed. This surreal setup became an extreme reality under dictator Gerardo Machado on the Cuban Isla de la Juventud.

One of the creepiest concepts in the history of architecture, the Panopticon model of incarceration design proposes keeping prisoners forever on edge, fearing their watchers.

Both Fidel and Raul Castro spent time within the walls of this Presidio Modelo (Model Prison) complex, which, at its peak, held over 8,000 political prisoners. Apparently they found the approach sufficiently effective, since the Castro regime kept them open as well.

Originally the vision of Jeremy Bentham (and later nightmare of philosopher Michel Foucault), this 18th-Century idea was never realized in its creator’s lifetime but found expression in many structures after his death.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  La petite Roquette

While there are other Panopticon-inspired prisons around the world, this complex in Cuba may be the most literal and direction realization of the original diagrams. It features circular structures and guardhouses in the center of a vast open spaces, all to keep residents in a perpetual state of uncertainty (images via Jason Florio and Wikipedia)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

« La philosophie morale est l’art de diriger l’action des hommes afin qu’ils produisent la quantité la plus élevée possible du bonheur » Jeremy Bentham

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travail

Workers' struggles in East Asia (April 2014)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le devenir-Chinois

Recul historique de l'emploi à domicile : l'autre visage du travail au noir en France atlantico 20 mai

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le devenir-sorcière

70% des salariés européens travaillent en dehors des heures de bureau Challenges 20 mai

Près de sept salariés européens sur dix (67%) disent être sollicités par leur travail en dehors des heures de bureau, le temps consacré à l'activité professionnelle étant un sujet de préoccupation croissante, selon un baromètre rendu public mardi 20 mai.

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le devenir à chier :

Quel que soit le pays, plus de huit salariés sur dix se disent heureux (souvent ou de temps en temps) au travail. Mais les Français sont "les plus démotivés d'Europe" (38% contre 29% en moyenne en Europe).

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poèmes 2014

à trompe-temps

Le bonheur nous coûte moins tant
qu'un rêve offre l'odeur du temps

gratuit. C'était grand les vacances,
l'avenir appartient à l'enfance

quand je montais au champ d'en-haut
qu'elle mettait du vin dans l'eau

mon goût était dans sa nature
tout prenait couleur d'aventure

Les livres des grands attendraient
l'heure de confier leurs secrets

les jours passaient avant les rimes
j'étais plutôt chasseur de frime.

D'herbes ferions une perdrix
de mon invention hors de prix

l'esprit déjà tire à la fronde
et sous le front refait le monde

mais la branche attend mon couteau
sur la planche irions en radeau

le saule pour la canne à pêche
le cornouiller pressent la flèche

le frêne l'arc et mon bâton
le sureau vert un mirliton

et j'allions seul avec ardeur
sans le sou sans chien et sans peur

sauf d'une mouche ou d'un crapaud.
Courageux qui joue du pipeau

je rentrais les jambes tremblantes
en pleurs vers la main secourante

chez ma mémé. Si doux nid rond,
l'odeur du temps dans son giron

FoSoBo 20 mai 18:07

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Jim Daly

« Qui donc est ce temps, pour que je le serve, de surcroît ?

Qu'est-ce donc que le temps en général, pour qu'on le serve ?

Mon temps passera demain, comme hier celui d'un autre, comme après-demain - le tien, comme tout temps passe toujours, jusqu'à ce que le temps lui-même disparaisse.

Le poète sert le temps - c'est vrai - c'est un service par contrainte, c'est-à-dire une fatalité - je ne peux pas ne pas.[...]

Le mariage du poète avec le temps est un mariage forcé. Un mariage dont, comme de toute contrainte subie, il a honte, et d'où il cherche à s'échapper...

Le mariage du poète avec le temps est un mariage forcé et, en conséquence, peu solide...

Servir le temps, c'est servir le changement - la trahison - la mort. On ne peut le rattraper - ni le servir assez bien. Le présent ? mais existe-t-il ? C'est servir une fraction périodique. Je pensais que je servais le présent, et il est déjà passé et déjà avenir...

Servir son temps est une commande acceptée par désespoir...


Il ne reste plus rien à l'athée que la terre et son organisation. »

Marina Tsvetaeva, Le poète et le temps, 1932, traduit du russe par Véronique Lossky, Le temps qu'il fait, 1989, p.47 à 50

39 2014

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19 mai

le plancher de terre : paysannerie, capitalisme ou révolution du commun ? nouvelle rubrique

la commune rurale en ligne de mir

Karl Marx, Véra Zassoulitch et le populisme russe L'entreprise de l'impertinence 31 mars 2014

« Avant de devenir une insulte à la mode chez nos élites pour diaboliser toute référence au peuple, le populisme était entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle un mouvement révolutionnaire présent en Russie et aux Etats-Unis qui avait pour but d’adapter la théorie socialiste aux réalités populaires de ces pays. En effet, chez Karl Marx, le socialisme ne peut naître que dans une société capitaliste avancée et largement prolétarisée. Hors la Russie à cette époque est avant tout paysanne, pendant que les Etats-Unis sont principalement constitués de petits producteurs. Le mouvement Narodniki (= « gens du peuple » en russe), fondateur du Parti socialiste révolutionnaire (SR) – qui subira les foudres bolcheviks dans les années 1920 – et proche du mouvement anarchiste, entend fonder un socialisme paysan et anti-étatique en Russie.

Ancienne anarchiste devenue populiste et admiratrice de Karl Marx, dont elle a traduit de nombreuses œuvres en russe, Véra Zassoulitch écrit au philosophe allemand au nom de plusieurs révolutionnaires (dont Plékhanov, Axelrod et Deutsch) le 16 février 1881. Le but de cette lettre est d’obtenir des éclairages sur les perspectives de l’évolution historique de la Russie et notamment des communes rurales russes. Elle y écrit notamment :

« Mieux que quiconque, vous savez avec quelle urgence cette question se pose en Russie, et notamment à notre Parti socialiste « russe ». Ces  derniers temps, on a prétendu que la communauté rurale, étant une forme  archaïque, était vouée à la ruine par l’histoire. Parmi ceux qui prophétisent une telle issue, certains sont des « marxistes » qui se disent vos disciples… Vous comprenez donc, citoyen, quel grand service vous nous rendriez, si vous nous exposiez votre opinion sur les destins possibles de nos communautés rurales et sur la théorie qui veut que tous les peuples du monde soient contraints, par la nécessité historique, de parcourir toutes les phases de la production sociale. »

le projet de réponse intégral de Karl Marx, se termine sur ces lignes

« D’un côté la « commune rurale » est presque réduite à la dernière extrémité, et de l’autre une conspiration puissante se tient aux aguets afin de lui donner le coup de grâce. Pour sauver la commune russe, il faut une Révolution russe. Du reste, les détenteurs des forces politiques et sociales font de leur mieux pour préparer les masses à une telle catastrophe.

En même temps qu’on saigne et torture la commune, stérilise et paupérise sa terre, les laquais littéraires des « nouvelles colonnes de la société » désignent ironiquement les plaies qu’on lui a frappées comme autant de symptômes de sa décrépitude spontanée. On prétend qu’elle se meurt d’une mort naturelle et qu’on fera bonne besogne en abrégeant son agonie. Ici il ne s’agit plus d’un problème à résoudre ; il s’agit tout simplement d’un ennemi à battre. Pour sauver la commune russe, il faut une Révolution russe. Du reste, le gouvernement russe et les « nouvelles colonnes de la société » font de leur mieux pour préparer les masses à une telle catastrophe. Si la révolution se fait en temps opportun, si elle concentre toutes ses forces pour assurer l’essor libre de la commune rurale, celle-ci se développera bientôt comme élément régénérateur de la société russe et comme élément de supériorité sur les pays asservis par le régime capitaliste.»

 et finalement, la lettre

8 Mars 1881.
41, Maitland Park Road, London N.W.

Chère Citoyenne,

Une maladie de nerfs qui m’attaque périodiquement depuis les derniers dix ans, m’a empêchée de répondre plus tôt à votre lettre du 16-me (sic) février. Je regrette de ne pas pouvoir vous donner un exposé succinct et destiné à la publicité de la question que vous m’avez fait l’honneur de me proposer (sic). Il y a des mois que j’ai déjà promis un travail sur le même sujet au Comité de St. Pétersbourg. Cependant j’espère que quelques lignes suffiront de (sic) ne vous laisser aucun doute sur le malentendu à l’égard de ma soi-disant théorie.

En, analysant la genèse de la production capitaliste, je dis : « Au fond du système capitaliste il y a donc la séparation radicale du producteur d’avec les moyens de production... la base de toute cette évolution c’est l’expropriation des cultivateurs. Elle ne s’est encore accomplie d’une manière radicale qu’en Angleterre... Mais tous les autres pays de l’Europe occidentale parcourent le même mouvement ». (« Le Capital », édit. franç., p. 315).

La « fatalité historique » de ce mouvement est donc expressément restreinte aux pays de l’Europe occidentale. Le pourquoi de cette restriction est indiqué dans ce passage du ch. XXXII : « La propriété privée, fondée sur le travail personnel... va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l’exploitation du travail d’autrui, sur le salariat ». (l. c., p. 340).

Dans ce mouvement occidental il s’agit donc de la transformation d’une forme de propriété privée en une autre forme de propriété privée. Chez les paysans russes on aurait au contraire à transformer leur propriété commune en propriété privée. L’analyse donnée dans le « Capital » n’offre donc de raisons ni pour ni contre la vitalité de la commune rurale, mais l’étude spéciale que j’en ai faite, et dont j’ai cherché les matériaux dans les sources originales, m’a convaincu que cette commune est le point d’appui de la régénération sociale en Russie ; mais afin qu’elle puisse fonctionner comme tel, il faudrait d’abord éliminer les influences délétères qui l’assaillent de tous les côtés et ensuite lui assurer les conditions normales d’un développement spontané.

J’ai l’honneur, chère Citoyenne, d’être votre tout dévoué.

Karl Marx

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Moscou 1925 le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  

Kondratiev exécuté en 1938, Chayanov en 1938, sont réhabilités en 1987. Le second est traduit en français en 1989, sauf l'étude ci-dessous...

THEORIE  DES  SYSTÈMES  ÉCONOMIQUES NON-CAPITALISTES PDF Alexandre  CHAYANOV Traduit  par  Ph. COUTY ORSTOM  Dakar Mars 1970

Avant-propos

Alexandre CHAYAXOV (1888-1939) est l'auteur d'un ouvrage théorique sur l'économie  paysanne,  publié  à Mosccu  en  1925.  Ce  l i v r e  a  é t é   traduit  en  anglais  en  1966,  à  l'instigation de l'American Economic Association

Une  première version de ce texte avait  été  publiée  dès 1923 à Berlin en langue allemande. Les deux  ouvrages  sont  peu  connus  en  Europe  et  aux Etats-Unis,  alors  qu'ils ont rencontré un vif succés en d'autres parties du monde, et notamment au Japon.  Pourtant,  comme l'écrit  Daniel THORNER dans son  introduction à l'édition américaine de 1966, beaucoup  de ceux  qui  cherchent à comprendre  le  cmportement économique de la paysannerie semblent ignorer qu'ils s'attaquent à des questions traitées depuis 1860 par  plusieurs générations  d'économistes russes. Les problèmes auxquels sont confrontés les économistes dans des pays tels que le Brésil, le Mexique, la Turquie,  le Nigéria,  l'Inde et l'Indonesie  ressemblent de manière frappante à ceux qui étaient à l'ordre du jour en Russie depuis l'émancipation des serfs de 1861 jusqu'à la collectivisation de l'agriculture à la fin des années 20.

S'appuyant sur un ensemble unique au monde d'enquêtes économiques et statistiques lancées par les Zemstvos et réalisées de 1870 à 1914, CHAYANOV élabore  :
- une théorie du comportement paysan au niveau familial (micro-économique)
- une théorie macro-économique, l'économie paysanne constitue un système économique à part,  système  non-capitaliste trouvant sa place dans l'économie nationale
La première de  ces  théories est exposée dans l'ouvrage de 1925, la  seconde dans un texte plus court,  intitulé "Théorie des  systèmes  économiques  non-capitalistes". C'est ce  texte  qu'on peut lire ci-après (PDF) traduit  in-extenso d'aprés la version anglaise de l'American Economic Association.

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le plancher de terre : paysannerie, capitalisme ou révolution du commun ?

introduction provisoirela critique dite 'écologiste' n'est pas ma culture. Quitte à limiter le champ du rapport social de nature, je consacrerai cette rubrique à la contradiction entre production de la mort et reproduction du vivant dans le capitalisme. Le plancher de terre fait allusion au plancher de verre de l'exploitation du travail prolétaire dans la production*, il évoque une limite à la destruction des conditions d'existence du genre humain. La terre pour l'humanité, c'est d'abord la place de la paysannerie dans la production/reproduction de la nourriture et d'autres biens de subsistance. Au cœur de cette question, des luttes, au cœur de ces luttes, des femmes, des femmes paysannes...

* « C’est par là que ces émeutes [en Grèce] ont pu accomplir cette chose capitale de produire et de viser l’appartenance de classe comme contrainte, mais elles n’ont pu le faire et atteindre ce point qu’en se heurtant, comme à leur limite, à ce plancher de verre de la production. Les émeutes en Grèce n’ont pas été que la fin du démocratisme radical, mais aussi celle des milieux alternatifs qui, à partir de leur propres critiques en actes du mode de production capitaliste, ont fait apparaître pour eux-mêmes, dans leur propre pratique, la séparation entre reproduction et production, séparation qui est devenue leur plancher de verre
ce qui m'intéresse fondamentalement dans cette contradiction, à la différence du plancher de verre de l'exploitation dans la production capitaliste, c'est qu'elle se joue entre positivité de la production de subsistances et la négativité de sa destruction capitaliste. Elle est donc directement porteuse d'un enjeu de communisme, et s'articule en ça avec le concept d'une révolution fondée sur le commun, les communs naturellement, ces luttes ne sont pas en elle-mêmes révolutionnaires, elles ne portent pas davantage une issue au capital que les revendications ouvrières, mais à la différence de luttes ouvrières qui ne remettent pas en cause le rapport même de travail, l'économie, y compris quand elles se proposent l'auto-gestion, les luttes paysannes me paraissent porter en elles-mêmes leur propre dépassement : la paysannerie, quand elle n'est pas classe ouvrière agricole, n'est pas comme le prolétariat un être social visant son auto-destruction

Théorie Communiste : « achever la 'prolétarisation' des paysans ruinés du tiers-monde » ? Les communisateurs veulent-ils parachever le travail du  capital avant de l'abolir ?

« La gratuité, l’absence complète de comptabilité de quoi que ce soit, est l’axe autour duquel la communauté révolutionnaire se construit, seule la gratuité peut permettre de rassembler toutes les couches sociales non directement prolétaires qui se délitent dans l’hyper crise, et ainsi d’intégrer/abolir les individus non directement prolétaires, tous les « sans-réserve » (y compris ceux que l’activité révolutionnaire aura réduits à cette condition), les chômeurs, les paysans ruinés du « tiers monde », les masses de l’économie informelle. Il s’agit de dissoudre ces masses en tant que couches moyennes, en tant que paysans, de briser les relations de dépendance personnelle entre « patrons » et « salariés » ou la situation de « petit producteur indépendant » à l’intérieur de l’économie informelle, en prenant des mesures communistes concrètes qui contraignent toutes ces couches à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire achever leur "prolétarisation" » Bernard Lyon Communisation vs socialisation. Le pas suspendu de la communisation juin 2009

l'implication réciproque absolue, une utopie communiste ou capitaliste ?

« Il s'agit tout d'abord, pour le Capital en marche vers son utopie, mais en crise, de transformer l'humanité réelle en une espèce qui lui soit enfin pleinement adéquate, et rien d'autre. Cela signifie tenter d'achever sa prolétarisation forcée de ses servants, pour en faire une seule et unique masse de réserve mondiale, uniformément disponible. Mais aussi, utopie oblige, dresser haut la statue de ce zombi, afin que tous ne rêvent que de cet Homme nouveau, et se précipitent d'eux-mêmes vers l'avenir radieux enfin promis... » Homo œconomicus, Le Communisme de marché, de l'utopie marxiste à l'utopie mondialiste, Flora Montcorbier 2000 p.125 [en laissant à l'auteure la responsabilité de son titre]

pourquoi vouloir prolétariser dans la communisation ceux qui ne l'ont pas encore été par le capital et qui se battent pour ne pas l'être ? Sur quels critères seraient-ils moins potentiellement révolutionnaires que les « vrais prolétaires », dont on ne sait plus très bien qui ils sont, au-delà des « travailleurs productifs », dont les luttes indiquent massivement jusque-là qu'ils veulent plutôt conserver leur boulot et leurs usines, quitte à auto-gérer la pollution  ? Les paysans ne sont-ils pas, « dans un rapport au capital social » différent mais non moins « situation objective »,  des travailleurs re-productifs ?

« si chaque prolétaire à un rapport formellement identique à son capital particulier, il n’a pas, selon qu’il est un travailleur productif ou non, le même rapport au capital social (il ne s’agit pas de conscience, mais d’une situation objective). S’il n’y avait pas, au centre de la lutte des classes, la contradiction que représente le travail productif, pour le mode de production capitaliste et pour le prolétariat, nous ne pourrions pas parler de révolution (elle serait quelque chose d’exogène au mode de production, au mieux une utopie, au pire rien).» Roland Simon le plancher de verre

encore une fois, ayant défini de façon étroite la totalité du mode de production capitaliste - pourtant dit en «subsomption réelle » - ce qui n'entre pas dans cette définition structuraliste ne peut être qu'« exogène »

la séparation entre les prolétaires productifs et les paysans est devenue le plancher de terre de la théorie communiste

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

la plupart des théoriciens communistes sont, en Occident, des urbains. Au-delà de porter des slips fabriqués dans les usines du monde, se nourrissent-ils de concepts ?

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accumulation primitive sommaire (de documents)

Trois milliards de paysans nourrissent le monde

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  source

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Depuis 2006, ce sont près de 30 M ha de terres, l’équivalent de la SAU (Surface Agricole Utile) française, qui ont fait l’objet de transactions dans le monde. L’hectare devient un actif à la mode. Des financiers comme George Soros, des fonds spéculatifs comme Altima ou Quantum font de la terre leur placement spéculatif favori face à la volatilité des marchés céréaliers. La variété et l’imprécision des chiffres fournis donnent la mesure du phénomène : peut-on parler de 20 M ha, comme l’évaluent la Banque mondiale et la FAO (Food and Agriculture Organisation) ? De 10 M ha cédés dans le seul sud du Sahara en 2008, de 30 M ha ou de 45 M ha en 2009 dans cette même zone ? Ces seules imprécisions valent aveu de confusion, de précipitation sur cette nouvelle richesse. Après le pétrole, les minerais, les terres rares, les minerais stratégiques : les terres agricoles à cultiver, voilà le nouveau mot d’ordre !

nouvel enjeu de la mondialisation Alain Nonjon 1er juillet 2011

un livre parmi d'autres : Avec les paysans du monde / Comment ils sont victimes du capitalisme / Comment ils lui résistent / Comment ils cherchent, avec beaucoup d'autres, à le dépasser

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La Via Campesuna Mouvement paysan international

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  images

et particulièrement la rubrique Femmes, par exemple Nous luttons contre le capitalisme, le patriarcat et pour nos droits ! 7 mars 2014

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Riches heures, labeurs, valeurs, malheurs...

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Poésie, la seule qui dise la vérité Carlo Bordini 2002

je crierai à tous ma tristesse c’est ma dignité connards
je dois transformer mon angoisse en faire un titre de mérite
Que ce soit bien clair : ce n’est pas le moment de souffrir

(Carlo Bordini,
Danger/Pericolo)

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

extraits

J’aime la poésie parce que lorsque j’écris je sais toujours d’où je pars, et je ne sais jamais où j’arrive. J’arrive toujours en territoires inconnus, et j’en sais plus après qu’avant. J’écris ce que je sais, mais je le sais pendant que je l’écris, et pour moi la poésie est toujours la source de continuelles révélations. C’est comme si, durant l’écriture, il y avait en moi de brusques ruptures de l’inconscient. En ce sens je suis assez convaincu que le mot précède la pensée, qu’il est un véhicule de la pensée. On n’écrit pas ce que l’on sait, mais on le sait après l’avoir écrit.

Parfois j’écris des choses dont je ne sais absolument pas ce qu’elles signifient; je le comprends après, ou parfois, ce sont les autres qui viennent me l’expliquer. Je suis d’accord, en ce sens, avec ce qu’écrit Perniola: « Le poète n’est pas le meilleur artisan, mais le meilleur outil. » Je ne crée pas, je suis créé. Je n’écris pas, mais je suis écrit. Quelquefois, je pense que la principale qualité que devrait avoir un poète serait celle de ne pas trahir ce qui lui est dicté par des considérations banales (avec ce qu’il imagine être, ou qu’il croit devoir être, par exemple). Je pense en ce sens qu’il est très difficile d’être spontané : la spontanéité est cachée sous une série de couches de rigidités intellectuelles, de pseudo-connaissances idéologiques, de velléités banales; la poésie brise tout cela, va au cœur des problèmes. Atteindre la spontanéité est un geste qui requiert d’infinies médiations techniques, et surtout d’autres relevant de la sensibilité, de l’honnêteté intellectuelle.
[...]

Apparemment l’art ne sert à rien, parce qu’il n’a pas de connexions immédiates (utilitaires) avec la réalité. En réalité tous les artistes, des poètes aux fabricants de cravates, aux dessinateurs de bandes-dessinées, contribuent d’une manière ou d’une autre à créer une autoreprésentation et une idée de soi de l’humanité. Ce sont souvent les seuls à dire la vérité, et l’humanité ne s’en aperçoit que trop tard : les poètes ne peuvent pas sauver le monde, parce que le monde s’en apercevra seulement après.

Ajout fait longtemps après :
Les artistes sont ceux qui vont le plus au fond des choses : je crois que toutes les formes d’art représentent, chacune à sa manière, en comparaison aux vérités de la politique, de l’idéologie et du sens commun, quelque chose de différent, une sorte d’hypervérité parfois difficile à comprendre, mais qui dépasse les schémas déterminés auxquels l’humanité s’abandonne quelquefois, non sans paresse. Elle peut ouvrir la vie à de nouveaux horizons. Chaque artiste modifie, fût-ce imperceptiblement, la manière avec laquelle l’humanité se regarde elle-même dans sa propre existence.

Article publié sur L’Unità le 1er mai 2002, repris en postface à Sasso, Scheiwiller, Milan, 2008. Traduit par Olivier Favier

sur la poésie Dormira Jamais

dans Réflexions poétiques, art et révolution sociale...

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Dopés pour travailler plus : les travailleurs-esclaves de l'Italie centrale Angelo Mastrandrea Il Manifesto 15 mai 2004

La voici, la nouvelle frontière de l’exploitation du travail des migrants : les esclaves des campagnes sont dopés pour produire davantage et ne plus ressentir la fatigue

le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  le carré des esclaves le CANARD des CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

« Et pourtant il s’agit de la seule manière de survivre aux rythmes de travail »: douze heures par jour à semer, défricher, cueillir, répandre des poisons. Pour quatre euros de l’heure, dans le meilleur des cas, souvent obligés de subir les torts, les vexations et brimades des employeurs, parfois non payés pendant des mois comme cela se produit pour un groupe d’une trentaine de travailleurs-esclaves qui réclament un salaire qui ne vient pas depuis six mois. Une situation qui ressemble beaucoup à celle de Rosarno, de la Capitanata et d’autres lieux d’exploitation de la main d’œuvre agricole. Sauf qu’elle est plus taciturne, peu encline à la rébellion et moins visible: les sikhs ne vivent pas dans des bidonvilles ou dans des refuges de fortune et ils n’arrivent pas seuls comme beaucoup d’Africains qui débarquent à Lampedusa. Ils se marient entre eux -même si, m’explique Omizzolo, on commence à enregistrer les premiers cas de mariage mixte, en général entre des hommes sikhs et des femmes roumaines rencontrées au travail dans les champs -beaucoup sont ici désormais depuis trente ans et leurs enfants sont italiens. Les habitations sont bien tenues, bien que dans quarante mètres carrés s’entassent parfois jusqu’à six personnes, les jardins sont fleuris. Le dimanche dans le Gurdwara Singh Saba, une ancienne baraque agricole transformé en bâtiment religieux, c’est un triomphe de couleurs et dans les cuisines communes on fait à manger pour tous. Ils ont même un journal, le Punjab express, que je vois distribué devant une boutique à l’intérieur de laquelle un vieux portant turban attend paresseusement les rares visiteurs.»

La Grèce de l'Italie ?

L'Aquila, le séisme et la crise : la tempête parfaite 14 janvier 2014

L’Aquila, cinq ans après la catastrophe. Angelo Mastrandrea est l’un des meilleurs spécialistes du sud de l’Italie et un habitué du reportage à contre-temps. Il y a quelques mois, il a donné sur Le Manifesto une série d’articles sur la Terre des feux -une mort écologique annoncée dont les médias ne parlent quasiment plus depuis la sortie du film de Matteo Garrone, Gomorra, en 2008. Il revient ce mois-ci [janvier 2014], quatre ans après Draquila, le documentaire au vitriol de Sabina Guzzanti, dans une capitale des Abruzzes désertée, au cœur d’une région qui pourrait devenir, nous dit-il, « la Grèce de l’Italie ». D’un point de vue politique, on serait tentés de définir cette incurie comme un nouvel exemple de « stratégie du choc », telle que l’a définie Naomi Klein, une sorte d’équivalent, à l’échelle italienne, de ce qu’il s’est produit en Louisiane après le passage de l’Ouragan Katrina, en 2005.