bribes de jazz et autres musiques

 

Recherche

Table des matières

Index  

Ancien site LIVREDEL  Sommaire

    5. JAZZ
bribes de jazz et autres musiques 

ouvert 20 avril 2014 : dans la mesure où le forum Jazzitude a fermé ses portes la semaine dernière, je placerai ici le peu d'interventions que je consacrerai au jazz et ses environs / 10 février 2015 : j'élargis le champ du blues et du jazz à d'autres musiques...

 

21 décembre 2015

Ornette Coleman

du dossier de Jazz Magazine de décembre, quelques photos d'articles pour illustrer des considérations ici : JAZZ, IMPROVISATION, RYTHMES et COMMUNISATION : une matrice de la poétique révolutionnaire, improvisation collective, temps réel et création relationnelle

bribes de jazz et autres musiques

bribes de jazz et autres musiques

bribes de jazz et autres musiques

bribes de jazz et autres musiques

7 décembre

j'étais ailleurs, et pendant ce temps-là, ils ont en profité pour y aller aussi

Eddy Louiss est mort le 30 juin VIDÉOS

Eddy Louiss, Bernard Lubat, René Thomas - Dum ! Dum ! (1970)

bribes de jazz et autres musiques

 

Phil Woods est décédé le 30 septembre VIDÉOS

Phil Woods - Freedom Jazz Dance + Ballad - 1969 Paris

bribes de jazz et autres musiques

 

15 mai

Bye Bye B.B. King

images vidéos

j'y reviendrai...

26 avril

Vive la France Free... Jazz !

Tusques vous n'avez jamais voulu savoir...

Un artiste émancipé. Entretien avec François Tusques revue Période 20 avril vidéo

déjà croisé ici ou là sur ce blog, le pianiste François Tusques, qui fit après 68 les belles heures des rencontres avec les musiciens afro-américains venus en France (dont certains arrêtés à laéroport par la police française)

Pianiste autodidacte, pionnier du jazz d’avant garde en France, François Tusques s’est trouvé au point de rencontre de l’explosion du « nouveau jazz » et de l’agitation révolutionnaire post-68. De décennies en décennies, Tusques a aussi bien pratiqué l’expérimentation musicale que les orchestres de jazz militant (comme l’Intercommunal Free Dance Music Orchestra qu’il a fondé). Aux côtés des luttes de l’immigration (de la loi Fontanet jusqu’à la Palestine aujourd’hui) comme des indépendantistes bretons (avec lesquels ils enregistre en 1979 un disque combinant musique traditionnelle et jazz) ou encore des Black Panthers (avec sa camarade Colette Magny) Tusques a accompagné les luttes d’émancipation et continue de jouer une musique à la fois libre, minutieuse, ludique et émouvante. Dans cet entretien, réalisé par Stéphane Gérard et mené par David Faroult et Félix Boggio Éwanjé-Épée, François Tusques revient sur cette trajectoire contestataire.

François Tusques – Dansons avec les Travailleurs Immigrés 1971
un disque de 1971 en collaboration avec Carlos Andreu, Denis Levaillant, Claude & Michel Marre

bribes de jazz et autres musiques

le jazz en mai 68, échanges de paroles et musiques avec François Tusques, en mai 2008, au CNR, Conservatoire National de Musique

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques Dtoutche 1972 audio

1972 : Trumpet : Bernard Vitet, Alto sax : Juan Valoaz, Bass : Beb Guerin, Piano : François Tusques, Drums : Noël Mc Ghie

autre vidéos / disquesimages

en passant, remerciements

Période, revue en ligne de théorie marxiste, nous gâte, au-delà de ce que laisserait supposer (pour moi) la composition de son «comité scientifique». Elle accueille des auteur.e.s et des textes peu connus en France, et franchement, de quoi secouer le marxisme hexagonal, ce qui ne serait pour nous (me) déplaire. Amical salut donc et merci !

en relation sur ce blog  'Free-Jazz', idées reçues ?Free-Jazz en France 1960-1975, Free Jazz Women

.

24 avril

pas un dieu, mais un maître

Jeffrey jouait free

dernier saxophoniste à jouer avec Thelonious Monk, Paul Jeffrey est mort le 20 mars dernier à 81 ans. Il avait joué avec Charles Mingus, Dizzy Gillespie, Clark Terry, Lionel Hampton, B.B. King...

de 1983 à 2003, il enseigne le jazz au Hartt College de Hartford et à la Rutgers University in Newark, avant de devenir directeur des Etudes de jazz à la Duke University. Relativement peu connu même des amateurs, il a influencé nombre de musiciens de tous instruments. Il était réputé pour son très haut niveau de culture musicale et des qualités humaines et pédagogiques peu communes

Blue Monk live video (la bande pleure, mais nous aussi... elle vaut aussi pour l'étrange début du solo de Monk après Jeffrey)

The Dreamer 1968, une quintette assez peu connu, avec Jimmy Owens à la trompette, et une ligne de basse passionnante de Larry Ridley... 
Bass Larry Ridley / Drums Billy Hart / Piano George Cables / Saxophone Paul Jeffrey / Trumpet Jimmy Owens

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Paul Jeffrey était un grand ami de Sonny Rollins

ne pas manquer : The Truth About Sonny Rollins from his Friend Paul Jeffrey  (la vérité sur Sonny Rollins par son ami Paul Jeffrey)... après ça, on comprend mieux que le "swing" vienne du "parler" afro-américain, une musique en soi

autres vidéos

(hier soir John Renbourn... si je termine chaque journée éditoriale par la chronique des musiciens morts, je n'atteindrai jamais la fin...)

23 avril 2015

il a filé à l'anglaise

bien triste nouvelle d'Écosse (n'achetez plus de nouvelles écossaises, écossez-les vous mêmes)

John Renbourn est mort    infos    vidéos

solo White House Blues - 1971 / avec Pentangle Let No Man Steal Your Thyme 1968 / avec Bert Jansch Goodbye Porkpie Hat, de Charles Mingus 1966

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques 1976 extraits

The Lady And The Unicorn (Full Album) 1970 Terry Cox: hand-drums and glockenspiel Don Harper: viola Lea Nicholson: concertina Tony Roberts: flute Ray Warleigh: flute Dave Swarbrick: violin

.

21 avril

One to Tango ?

Juan Carlos Cáceres est mort le 8 avril

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Tango Negro Seville 2006 autres vidéos

Les racines africaines du tango Bande annonce du film produit par Dom Pedro et réalisé par Julien Féret

20 avril

approche historique et matérialiste de la musique

« Je ne regrette pas mon passé, mais seulement le temps perdu avec les mauvaises personnes »

remarques à propos de un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)

une révolution musicale au XXe siècle : histoire de la musique, instruments et techniques, musique savante et musique populaire, l'Occident et ses autres, nature et culture...

dans les années 1940, deux trombonistes de jazz, qui ne se connaissaient pas, l'Afro-Américain Jay Jay Johnson et le Danois Kay Winding, innovent techniquement en adaptant à leur instrument le be-bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie. Ils ne tombaient pas du ciel et prolongeaient des avancées précédentes. Ils constitueront plus tard un célèbre duo : Jay and Kay

plus généralement, le be-bop, par le blues et l'harmonie occidentale traditionnelle, retrouve sans les connaître d'abord les conceptions mélodiques et harmoniques de Bela Bartok, qui les fondait dans ses enquêtes musicologiques au début du siècle, sur les musiques populaires d'Europe centrale et orientale (voir Le Blues et l'harmonie du jazz, hypothèses, 2002). Ces « rencontres » sont les produits musicaux de l'époque, sur des continents différents, par des cheminements différents... Elles visaient, sur une base revendiquant une identité propre (l'émancipation noire américaine ou nationale et populaire hongroise chez Bartok), à rompre avec le carcan harmonique de la musique savante occidentale écrite. Dans mon livre Jazz et problèmes des hommes, je n'avais fait qu'esquisser cette question en annexe : musique, peuple et politique : Bartok... Weill, Eisler, Adorno... Bartok

en fait, les échelles sonores utilisées ne faisaient que retrouver les harmoniques naturelles d'un corps sonore. Cela aurait supposé d'abandonner le tempérament égal en vigueur après l'abandon en Europe de la musique fondée sur les modes anciens (dit modes grecs ou autres), qui permettait la transposition parallèle dans toutes les tonalités. La conséquence ultime eût été de changer les instruments de musique mêmes, conçus techniquement sur ce principe, à commencer par le piano (le violon ou le trombone à coulisse n'ayant pas ce problème). Ce qui fut bien sûr expérimenté et utilisé, tant dans la « musique contemporaine » que dans le jazz, puis les « musiques improvisées européennes », les musiques concrètes ou électro-informatiques. Cf  Alain Daniélou, Traité de musicologie comparée, Hermann, 1959, particulièrement connaisseur de la musique en Inde

remarquons que la conception 'matérialiste/historique' même de Marx trouve ici une preuve dans le domaine de la musique, pourtant réputée pour être difficilement abordable comme "rapport social"

« Tu ne peux pas faire la même erreur deux fois, car la deuxième fois, ce n’est pas une erreur, c’est un choix »

une réalité assez loin des considérations fantaisistes de Francis Pagnon : En évoquant Wagner, la musique comme mensonge et comme vérité Champ Libre (Lebovici/Debord) 1981, dont j'ai montré l'ineptie plus bas le 7 avril. Wagner a poussé à l'extrême les possibilités de la tonalité tempérée occidentale, mais ne les a jamais dépassées... Le livre m'avait été conseillé par un « camarade/communisateur », parti en guerre par ailleurs contre les Indigènes... De chacun son obsession principale, à chacun son enlisement dans une phraséologie prétentieuse et ignorante des faits, qui sont têtus...

j'ai déjà fait remarquer que le texte improvisation et communisation, de Mattin, relayé par « le courant communisateur » est une insulte occidentalo-centrée à ce que le jazz apporte en matière d'improvisation collective en lien avec un mouvement de libération, et non comme démarche artistique d'avant-garde coupée de tout rapport 'populaire'. La polémique n'a jamais débouché sur le rapport entre cette "comparaison" et le théoricisme sans lien organique avec les luttes de classes. Voir forum-communisation juin 2014 : Improvisation et communisme, communisation... Là comme partout ailleurs, par le fait de quelques ignorants bardés de certitudes, ce fut l'obstruction en lieu et place de la discussion

une leçon de tout ça, c'est que l'on n'apprend pas seulement par les livres, les théories, mais par l'expérience, c'est une affaire de corps autant que de pensée, de pensée par le corps, d'oublier-savoir (Meschonnic). Une fois connue, la théorie peut être "oubliée". Miles Davis à John McLaughling lors de leur première rencontre à New-York en 1969, pour l'enregistrement de In a Silent Way : « Joue-le comme si tu ne savais pas jouer » McLaughling à New-York, Jazz Magazine avril 2015, p.37

 

14 avril

Highlights from the Fifties

Jazz au Trésor : George Russell - Complete 56-60 Smalltet France Musique 13 avril

Une réédition en double CD livre les premières traces de jazz modal, imaginées par George Russell à New York entre 1956 et 60
Complete 1956-1960 Smalltet & Orchestra Recordings (3 Lps On 2 Cds) + Bonus Tracks

tout ce que vous n'avez pas demandé de savoir sur George Russell : George RUSSELL, entre Ellington et Zappa (il me faut reconstituer sur mon blog ce sujet créé en 2013 sur le défunt forum jazzitude, où les liens et photos ne sont plus accessibles)

'Lydian chromatic Concept of tonal Organization' / La musique de George Russell / Compilations, variantes, inédits... / interviews, documents, filmographie / Forum LydianChromaticConcept... Sonic Migration... (de l'ami Motherlode de Detroit, rencontré sur le forum américain All about Jazz)

bribes de jazz et autres musiques

8 avril

Billie et ses sœurs

bribes de jazz et autres musiques

Cassandra Wilson: Billie Holiday Tribute / Cassandra chante Billie, extraits / recommandé pour les paroles, les images et le background à la Miles Davis : Strange Fruit 2011

avec les musiciens de Nick Cave and the Bad Seeds (les mauvaises graines)

Billie Holliday : Strange Fruit

« J'ai eu la chance de voir Abbey [Lincoln] une semaine avant son départ pour l'autre monde… Malade et affaiblie, elle écoutait Billie ­Holiday en continu dans sa chambre. Quelqu'un lui a demandé pourquoi elle n'écoutait pas ses propres enregistrements. En toute lucidité, elle a répondu : "Mais c'est moi que j'écoute!" J'ai trouvé sa réponse très touchante et, au fond, c'est un peu ce que je fais maintenant. » Jazz : Cassandra Wilson et les "mauvaises graines" 5 avril

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques cédé avec le magazine

pour me faire mentir ou l'idée qu'on m'a prêtée d'opposer femmes du jazz instrumentistes et chanteuses, non moins musiciennes

heureux de retrouver sur le CD "gratuit" trois interprétations qui figuraient sur des disques que j'avais prêtés à trois chanteuses avec qui je travaillais, et qui ne me les ont jamais rendus. Les disques, c'est comme les bouquins, prêter, c'est voler... par l'autre. Je suis resté naïf, n'hésitez pas à m'emprunter ce qui vous plaît chez moi, Dieu me le rendra

« Les difficultés sentimentales de Billie Holiday sont connues de tous, poursuit Wilson. Cela s'entend dans ses interprétations. Comme je me doute bien qu'elle n'a pas pu s'exprimer aussi librement que je peux le faire aujourd'hui, j'ai voulu faire barrage à cette plainte-là.» Cassandra Wilson

bribes de jazz et autres musiques  Patrice Rushen bribes de jazz et autres musiques 7 avril 1915 - 17 juillet 1959, Billie aurait 100 ans

« Pour chanter, il faut laisser son ego de côté et arriver à un état de confort où il n'est plus question de diriger ni de pousser quoi que ce soit, mais seulement de se fondre dans la chanson. » Cassandra Wilson

en relation la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists)

7-8 avril

le cas Wagner, le con Pagnon... et le jazz

n'en jetez plus, la coupe est pleine

à propos de Francis Pagnon : En évoquant Wagner, la musique comme mensonge et comme vérité Champ Libre (Lebovici/Debord) 1981

l'aura dure, comme si, pour certains, un livre publié par Lebovici avec l'appui de Guy Debord ne pouvait qu'être bon. Oui Francis Pagnon, « né dans une famille ouvrière, pauvre et violente [...] ne renia jamais, pour autant, son origine sociale... » bof...

« Sur le plan musical, et en dépit d’une scolarité vite interrompue, Pagnon se forma en harmonie et en analyse musicale (avec Narcís Bonnet, qui lui reconnut en réel talent dans ce domaine). Il apprit pendant quatre ans à jouer du piano, composa des chansons, mais sa passion prédominante portait sur l’œuvre de Richard Wagner. Pagnon considérait qu’on trouvait, en particulier dans la Tétralogie, l’héritage du passé révolutionnaire de Wagner, qui fut proche de Bakounine, et n’acceptait pas le rejet dont Wagner fait l’objet en raison de l’antisémitisme et du pangermanisme dont on l’accusait sous prétexte que les nazis s’étaient emparés de sa musique.

« Francis Pagnon était très conscient de s’opposer, avec son livre sur Wagner, au musicologue critique le plus réputé, Theodor W. Adorno, et il ne manquait pas de relever que contrairement à celui-ci, Richard Wagner lui paraissait plus subversif que Mahler, Schönberg et Berg, qu’il aimait pourtant beaucoup. En revanche, cette fois à l’instar d’Adorno, Pagnon détestait le jazz.

Francis Pagnon entreprend une critique politique « de la musique de masse comme idéologie totalitaire ». Pour l’auteur, l’évolution musicale a été liquidée et asservie aux nécessités de l’organisation sociale rétrograde. La musique de masse moderne, par son retour à l’état pré-individuel, satisfait le besoin d’anéantissement et n’est que la soumission hallucinatoire à la violence infligée par une société dont le maintien n’est possible que par la coercition étendue à tous les aspects de la vie .

Le livre présente une perspective historique des contradictions de la musique dans la société de classes contemporaine. Le sous-titre de l’ouvrage, La musique comme mensonge et comme vérité, fait référence au mensonge qu’est la musique de masse et à la vérité révolutionnaire qu’exprime la grande musique, considérée par l’auteur comme la seule musique véritable, notamment celle de Monteverdi, Bach, Mozart, Beethoven, Debussy et, bien sûr, Wagner.

Pour l’auteur, la musique wagnérienne condamne la société capitaliste où l’histoire est rendue impossible par une production asservie au cycle perpétuel de la valeur d’échange. Le combat contre cette vacuité marchande se développe au-delà de la musique, qui devient mensongère lorsqu’elle nie la nécessité de ce combat en posant un idéal esthétique où se compensent les horreurs du monde.

Dans son essence ultime, la musique de Wagner refuse ce rôle mensonger : elle affronte sans réserves son ennemi, c’est-à-dire, la tradition musicale aliénée d’un état de fait social qui n’existe que par l’écrasement et la souffrance irrationnelle du sujet. La haine de Wagner vis-à-vis de la société bourgeoise et de sa culture est passée dans la composition. C’est une musique de la destruction : elle révèle le chaos sur lequel s’est érigée la barbarie civilisée et appelle à l’anéantissement d’un monde abhorré.

La musique wagnérienne brise le cercle de la non-vie par la violence de la vie potentielle qu’elle exige de voir passer à l’acte. Tout ce qui fait sa grandeur incite au dépassement de la musique, à sa réalisation. Au moment où la société marchande s’écroule, l’art révèle son contenu critique, qui avait toujours été en soi sa vérité, rendue claire désormais par le mouvement de l’histoire. C’est le privilège de cette époque crépusculaire d’avoir divulgué l’énigme de l’art ancien. La musique de Wagner peut enfin montrer ce qu’elle voulait, ce à quoi elle s’est dédiée.»

voilà ce que me conseille le même activo-communisateur qui sort de ses gonds dès qu'il entend le mot 'indigène' : « la musique de masse comme idéologie totalitaire... la vérité révolutionnaire de la grande musique... la seule musique véritable...»

il faudrait d'abord s'entendre sur ce qu'est une « musique de masse », pour ne pas la confondre avec « la reproduction de masse », telle qu'analysée par Walter Benjamin (L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique 1935), ni opposer « la grande musique » (comprendre musique classique occidentale savante écrite), à la « musique populaire » ou aux « musiques traditionnelles », qui peuvent être non moins savantes, pas toujours écrites (Inde), de transmission orale

avec la radio, le disque, les festivals et aujourdhui le téléchargeable gratuit, les mp3 de merde acoustique, etc. n'importe quelle musique peut être « de masse », ce qui ne fait ni sa grandeur ni sa petitesse. On peut consulter diverses statistiques, selon les médiums utilisés, mais toutes convergent sur le fait que le classique (+ opéra) est plus vendu et écouté que le jazz. Certes, ni dans l'un dans dans l'autre il ne s'agit majoritairement des œuvres les plus exigentes. Il suffit d'écouter les radios spécialisées (radio classique, TSF Jazz...) pour constater qu'on y passe le plus facile, le plus musique d'ambiance pour bouchons automobiles et super-marché, et en matière de "jazz" le plus édulcoré, le plus aseptisé ou du moins le plus accepté à l'oreille, qui n'a pas que ça à faire...

bribes de jazz et autres musiques

certes je ne suis pas plus que Francis Pagnon un grand musicien, mais j'ai potassé mon Traité historique d'analyse harmonique de Chailley, mon Traité d'harmonie de Schönberg et quelques autres (voir bibliographie), parallèlement à l'étude spécifique de la composition, de l'harmonie et de l'arrangement de jazz. Je n'ai rien remarqué de plus ou plus « grand » d'un côté ou de l'autre, à part l'idée que l'on s'en fait, et qui est bien souvent souvent fondée sur des préjugés... bourgeois

certes j'ai un rapport intransigeant à la vérité et au mensonge, mais je ne les prends pas comme des absolus, le vrai et le faux, à la mode de Hegel à Francis Cousin, en passant par Debord et Pagnon, et tout le fantasme considérant l'idéologie comme le faux du vrai à dévoiler dans l'essence... l' infra-structure ?

« L'essence n'est ni une chose réelle (réellement existante particularisée), ni un simple mot, c'est une relation constitutive. [...] L'essence n'est pas ce qui existe idéalement dans chaque forme spécifique ou ce qui servirait, de l'extérieur, à classer ces formes spécifiques : l'idéologie ne serait alors qu'un reflet déformé de cette essence. Ce qui est essentiel, ce sont les relations (incluant l'illusion objective et efficace). Relations actives que ces formes spécifiques établissent entre elles, ce sont ces relations qui définissent ce qu'elles ont en commun : l'essence. Elle ne se substitue pas aux êtres divers et finis en les résorbant dans une unité extérieure ou en les niant en ce qu'elle serait leur "vraie vérité intérieure" » Roland Simon, 2012

une vérité de l'art ?

la « vérité » d'une œuvre d'art n'est pas en elle-même, mais comme relation entre qui la produit et qui la reçoit, dans ce qu'elle fait comme œuvre-sujet (Meschonnic), relation poétique (Glissant)

s'agissant de musique savante européenne, la vérité n'est pas dans la partition sans interprétation, la musique est faite de sons, non réductibles à leur conception, ni même à ce qu'y aurait une fois pour toutes mis le compositeur, dont l'interprète aurait à respecter absolument l'intention. C'est de plus une idée déshistorisée de la musique, de l'instrumentation, du direct à l'enregistrement et à la restitution privée à domicile...

le caractère social d'une musique, c'est qui l'écoute, comment et pour quoi faire

un critère qui n'est pas venue à l'esprit de Pagnon, pour qui la musique de Wagner serait par essence révolutionnaire, est de considérer qui écoutait Wagner en son temps et dans les salles de concert du monde depuis, et quels effets elle a éventuellement produit. Et, comparativement, qui écoutait du jazz à ses origines et dans les périodes précédent son évolution en jazz-rock et autre fusion, qui ont complètement changer ses publics (classes et races), avant sa remontée prise en main par la petite bourgeoisie noire aux USA (Marsalis, Lincoln Concert...)

je n'ai jamais prétendu que le jazz était révolutionnaire du moins au sens social, mais une chose n'est remise en cause par personne, c'est qu'il a depuis le début du XXe siècle accompagné les luttes d'émancipations des Noir.e.s américains, et celle de Wagner les défilés nazis, ce qui n'est sans doute pas plus un prétexte que les textes d'un certain Heidegger

un rapport social collectif et individuel : de chacun selon ses oreilles, à chacun sa musique

autant d'auditeurs, autant de réceptions, autant de sentiments, d'impressions, d'affects, et d'usages... Qui n'en voit qu'un, le "vrai", le "juste" n'est qu'un castrateur : vous avez dit totalitaire ? Si l'on veut à tout prix voir une fonction sociale de la musique, hé bien il suffit de la considérer en tant qu'elle est rapport social, et d'examiner ses usages sociaux. En un mot, être matérialiste

la musique, avant d'être écoutée par une « masse », un foule à un concert, un classe sociale (?), est écoutée par des individus. Elle est donc doublement rapport social collectif (selon les publics particuliers...) et individuel (selon chaque individu). Ne voir qu'un aspect, du point de vue révolutionnaire, c'est encore lire Marx à l'envers, en stalinien pour qui la condition de l'émancipation de chacun serait l'émancipation de tous, du Pagnon pour Goulag musical au nom de ses idées ultra-gauchistes

un bas gage culturel à la classe blanche bourgeoise ?

mon compagnon radical de Pagnon peut donc aller se faire cuire un œuf sous les ponts de Paris, car pour être sourd, inculte, prétentieux et bouffi de debordonanisme à ce point, il ne manque plus que d'y rajouter sa haine 'indigène' : un tableau identitaire à souhait, et tout ça au nom de la lutte de classe... Sans blague ?

comme les métisses veulent se faire plus blancs que blancs, il existe des prolos pour faire de la surenchère avec la culture bourgeoise, ou plutôt la conception bourgeoise de la culture, rapport et définition de classe de la culture : donner des gages, un bas gage culturel

en relation, de l'ami auvergnat Christian Béthune : Charles Mingus 1988  Sidney Bechet 1997, Adorno et le jazz. Analyse d'un déni esthétique 2003, Le rap, une esthétique hors la loi 2003, Le Jazz et l'Occident, Culture afro-américaine et philosophie 2008,  textes en lignes

29 mars

Third Stream : Jazz « troisième courant »

« Le Third stream (« troisième courant » en anglais) est un terme forgé en 1957 par le compositeur américain Gunther Schuller pour décrire un genre musical qui synthétise la musique classique européenne et le jazz. L'improvisation est généralement considérée comme un élément clef du Third Stream.

Le mouvement naît vers le milieu des années 1950, en même temps que les premiers frémissements du free jazz, et participe de la volonté des acteurs de la scène jazz d'élargir encore leurs horizons musicaux1.

On peut trouver des antécédents au Third stream dans les travaux de compositeurs comme Béla Bartók ou Claude Debussy, qui visaient à renouveler la musique classique en puisant dans le vivier des musiques populaires européennes. De l'autre côté de l'Atlantique, des jazzmen comme Woody Herman avaient cherché à concilier jazz et classique, en intégrant par exemple des éléments tirés de compositions d'Igor Stravinsky.

Parmi les principaux représentants du Third stream, on peut citer George Russell, John Lewis, Georges Handy, Jimmy Giuffre et Ran Blake. Bien que non-exclusivement liés à ce courant, de nombreux musiciens comme Bill Evans, Eric Dolphy, Ornette Coleman ou encore Scott LaFaro ont contribué aux concerts ou enregistrements relevant de cette esthétique.»

en relation sur ce blog : l'arrangement de jazz, avec l'oubli ? / John LEWIS, ou le jazz bien tempéré / George RUSSELL, entre Ellington et Zappa André HODEIR, Problème du Jazz ? / GIUFFRE Jimmy, sax clar flûte argt  / McFARLAND Gary (vib compositeur arrangeur) / Kurt WEILL-Mike ZWERIN, John LEWIS, Dolphy, Raney... + Gil EVANS / SOLAL Martial, trésor national de jazz / 'Free-Jazz', idées reçues ? 

comme toujours dans l'histoire du jazz, les frontières des courants définis par la critique sont assez floues. On peut y inclure Charles Mingus, compositeur qui n'ignorait rien de la musique européenne et dont l'œuvre ancrée dans le blues et le gospel annonce ou participe au dit free jazz

bribes de jazz et autres musiques

le « troisième courant » de la communisation fait allusion à ce dit Third Steam du jazz en ce qu'il synthétise et intègre des apports théoriques de la communisation 'classique' européenne, des marxismes non blancs-occidentaux et du Black Feminism. L'improvisation collective est à considérer comme un élément de ce courant théorique, avec l'esprit du jazz free en tant qu'il est lié aux luttes d'émancipation des Noirs américains dans les années 60 et aux avant-gardes musicales européennes et américaines du XXè siècle

comme exemples musicaux paradigmatiques, voici des enregistrements de l'inventeur du terme Third Stream, Gunther Schuller :

Gunther Schuller - Variants on a Theme of John Lewis (Django) Eric Dolphy (fl, as, bcl), Robert DiDomenica (fl), Jim Hall (g), Eddie Costa (vib), Bill Evans (p), Scott Lafaro (b), George Duvivier (b) Stick Evans dms 10'18" 1960

Gunther Schuller's Criss Cross Variants on a Theme by Thelonious Monk I & II / Gunther Schuller's Criss Cross Variants III & IV id.

Gunther Schuller String Quartet No 2 Second Movement  1965 9'22"

Charles Mingus' Epitaph: Live in Berlin, Conducted by Gunther Schuller 1991 25'44"

 

Suite for Angela, 1985, composition Patlotch dédiée à Angela Davis et aux mineurs anglais

en 3 ou 4 mouvements

A comme Angela & B comme Bleu, Modal ternaire 180, 2 juin 1985 Black People Medium lent, aux mineurs anglais, 13 mars 1985, Red Lady Binaire 208, Dsus4 Csus4, 2 juin 1985

bribes de jazz et autres musiques

déposé SACEM mais libre de droits

bribes de jazz et autres musiques

bribes de jazz et autres musiques avec mon fils au Djembé, Patlotch musicien / Poèmes 'de' Jazz / 'Jazz' peintures 1973-1991 / Collages 'avec ceux du Jazz'

 

20 mars 2015

un ovni s'est éclipsé

Daevid Allen, fondateur de Gong et Soft Machine est mort Le Figaro 13 mars

dès 1966 on peut-dire que le "jazz-rock" - ou la "fusion" - était né, mais on ne l'appelait pas comme ça. Le guitariste et chanteur australien Daevid Allen en fut un des inventeurs, avec le batteur Robert Wyatt et le groupe Soft Machine, d'une originalité psychédélique et loufoque qui n'est pas sans évoquer Frank Zappa. Il n'y reste qu'un an, et c'est en France qu'en 1967 il fonde Gong avec sa compagne Gilly Smith (chant, rires et soupirs), Didier Malherbe* (saxophone et flûtes), Christian Tritsch (basse) et Pip Pyle (batterie)

* dont les plus jeunes connaissent le Hadouk Trio

bribes de jazz et autres musiques le Gong en 1967, pour attendre l'éclipse ou faire tourner les tables ?

en 1960 il s'était posé en Angleterre : « J’avais mis de l’argent de côté, suffisamment pour tenir un an en Europe. Je voulais expérimenter une forme de free jazz dans le style d’Ornette Coleman.»

bribes de jazz et autres musiques vidéos : Soft Machine Daevid Allen Gong Daevid Allen

je dois dire qu'à l'époque, j'étais peu amateur du genre, mais davantage du jazz classique puis du be-bop et la suite, Miles Davis, Coltrane (mon premier disque en 1967)... Avec le recul, ça s'écoute plutôt bien, le niveau musical est très au-dessus de la moyenne des autres groupes dits "pop". C'est dans le Soft Machine d'après Allen que se fera connaître un des guitaristes les plus inventifs des 70', le virtuose Allan Holdsworth, et qu'on retrouvera le batteur Jack Bruce (décédé l'an dernier), membre du trio Cream avec Eric Clapton et Ginger Baker

si l'on n'attend ni blues ni funk ni groove des profondeurs, du beau linge, blanc certes, mais le dessus du panier

esprit de l'escalier

je n'ai pas mentionné la récente disparition du trompettiste Lew Soloff, qui fut membre du groupe américain Blood Sweet and Tears de 1968 (il remplace Randy Brecker) à 1973, dans la même veine pré-jazz-rock mais avec des cuivres (Spinning Wheel 1969). Il avait auparavant travaillé pour Maynard Ferguson, Tito Puente and Machito, Gil Evans, Paul Simon, Dizzy Gillespie...  On le retrouve ensuite avec Gill Evans, Charles Mingus, Carla Bley, Manhattan Transfert...

bribes de jazz et autres musiques ciel, un peau-rouge !

Lew Soloff performing "Thoroughbred" with the Gil Evans Orchestra, 1976. Ambiance très davisienne fusion, sauf la trompette...

15 mars

voyage vers l'Ouest : Saiyuki

Saiyuki : Nguyên Lê Trio Live 5:52
"Saiyuki" ou "Chronique du Voyage vers l’Ouest" est un disque subtil et inspiré, où l’est de l’Asie échange avec l’Ouest, où le Japon, incarné par la magnifique Mieko Miyazaki au koto (et chant), flirte avec l’Inde des virtuoses Prabhu Edouard aux tablas (et chant)

bribes de jazz et autres musiques

suivi de

Nguyen Le ''Songs of Freedom'' Full Concert Live 2012 1h:16:39
NGUYÊN LÊ - guitar & laptop, arrangements ILLYA AMAR - vibraphone & malletkat LINLEY MARTHE - electric bass
STÉPHANE GALLAND - drums
HIMIKO PAGANOTTI - DHAFER YOUSSEF - YOUN SUN NAH - OUSMAN DANEDJO - DAVID LINX - JULIA SARR - vocals
PRABHU EDOUARD - dholak & vocals KEYVAN CHEMIRANI - zarb

Nguyên Lê Jazzman de notre temps : « Musicien qui fait dialoguer ses racines vietnamiennes avec l’influence déterminante de Jimi Hendrix sous le sceau du jazz et de l’improvisation, Nguyên Lê aborde la musique avec une conscience des frontières et le désir de les transcender. Sa carrière prend les apparences d’un voyage, d’une confrontation à l’exotisme et à l’autre, au service d’une poétique dont les couleurs doivent beaucoup à un manière très personnelle d’user des nombreuses sonorités propres à la guitare électrique.[suite

Huong Thanh & Nguyen Le - Fragile Beauty 2007 chant vietnamien, guitares et argt

Nguyên Lê Celebrating Jimi Hendrix Terri Lyne Carrington dms vocal, Michel Alibo bass Additional personnel: Aida Khann, Corin Curschellas (vocals); Bojan Zulfikarpasic (piano); Me'Shell Ndegéocello (electric bass); Karim Ziad (percussion) 2002

a Drum is a Woman

car n'oubliez jamais, les mecs, que la batterie est aussi une affaire de femmes, et pas que de cuisine

après Terry Line, retour chaud à Kimberly Thompson

bribes de jazz et autres musiques Quartet Greenwich Village

Drum Solo 2011 Live Set in Kansas City 2013 Live Drum Solo Kim Thompson Interview

en quartet féminin avec Tia Fuller alto, soprano, flûte Life will bring feat. Milagros Blades Vocal & Dance

A Drum is a Woman est le titre d'une suite de Duke Ellington en 1956

en relation la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists)

14 mars 2015

du Tout-monde

ces intellectuels indigènes que la République n'aime pas

Rencontre Frantz Fanon, Kateb Yacine, Édouard Glissant Programme par l'Institut du Tout-Monde
à  la Maison de l'Amérique latine et au New-Morning du 13 au 15 mars

le Tout-monde est un concept forgé par Édouard Glissant. Il en fit deux livres éponymes, le roman Tout-monde en 1995 et le Traité du Tout-monde en 1997. A la mondialisation capitaliste, Glissant opposera son concept de mondialité

autre concept puissant la créolisation du monde, qui a pour intérêt de ne pas se réduire à des problématiques caribéennes ou antillaises, à la différence de créolité qui tend à être plus local. Il y a toutefois plusieurs définitions, et des usages variables des deux concepts : voir Créolisation et créolité à la Martinique : essai de périodisation Gary l'Étang

j'ai découvert ces œuvres dans les années 1990, notamment pour leur intérêt dans le domaine de la poétique, en relation avec les écrits d' Henri Meschonnic, avec qui Glissant peut être mis en relation féconde par la conceptualisation qu'ils avaient du rythme, dans la vie et dans le langage. Voir par exemple Édouard Glissant et les partis pris du rythme Jean-Luc Tamby 

j'ai utilisé ces approches pour écrire en 2002 le livre en ligne Jazz et problèmes des hommes et le texte plus condensé Jazzitude, ces deux penseurs figrant parmi les dédicataires

bribes de jazz et autres musiques

quant aux journées Fanon, Yacine, Glissant, je les ai ratées, mais je note dans le programme la première journée sur le thème « Fanon, Kateb, Glissant : de la décolonisation aux indépendances », une intervention de Benjamin Stora  « Un travail en commun pour une “Histoire des relations entre juifs et musulmans” », Raphaël Lauro : « Brève présentation des archives politiques d'Édouard Glissant - 1950-1960 » (Glissant fut communiste, et signataire en 1960 du Manifeste des 121 « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie »). Pour la petite histoire on y trouve en vrac Pierre Boulez, André Breton, Guy Debord, Daniel Guérin, Henri Lefebvre, Michel Leiris, François Maspero, Jean-Paul Sartre... un liste qui donne une idée des intellectuels anti-colonialistes qui avaient rompu avec le stalinisme et le PCF

à la soirée poétique et musicale du 15 mars, la présence de Jacques Coursil, qui fut un passionnant trompettiste de jazz autour de 1968, et qui a repris depuis quelques années une activité musicale. Il est professeur de linguistique et chercheur en philosophie des mathématiques. Comme en écho à cette rencontre intellectuelle entre 'France' des Antilles et Afro-Américains, le jazz donc :

Jacques Coursil Black Suite, deux faces d'un disque 33T de 1969 avec Jacques Coursil (trumpet) Anthony Braxton (contra-bass clarinet) Arthur Jones (alto saxophone) Bob Guerin (bass) Claude Delcloo (drums) Burton Greene (piano) Black suite 1 17'56 Black Suite 2 12'49. Passionnant de bout en bout, avec ces géants que sont Braxton et Arthur Jones, le contrebassiste si tôt disparu Beb (et non Bob) Guérin et ses graves beautés, les "bruits" de Claude Delcloo si éloignés de l'idée qu'on se faisait de la batterie avant le free-jazz, etc.

Franz Fanon interprété par Jacques Coursil 3'35 musique sur un texte de Fanon, à découvrir (désolé pour le discours qui suit de Taubira sur Fanon, et sa présence décalée à ces journées, sa présence au gouvernement de Hollande suffisant à la rendre ici illégitime à mes yeux du moins, aussi indécente qu'Obama ou Hollande honorant le sans-papiers malien musulman sauveurs de vie juives à l'hyper-casher de la Porte de Vincennes)

« Non je n'ai pas le droit d'être un Noir, pas le droit d'être ceci ou cela, le Nègre n'est pas, pas plus que le Blanc »

bref du beau linge à Paris en ce week-end, et cette présence insistante d'une pensée venue des colonies françaises héritant de Césaire et Fanon, plus connue aux USA qu'en France, où ces intellectuels ont subi une quasi censure étatique et universitaire

la farce tragique du marxisme français dans les bras de la République universelle du capital

le pire et le plus désolant n'est-il pas l'ignorance, par la pensée d'extrême-gauche et le marxisme français, de ces figures entre autres, plus proche de leur considération par la République du capital français que de la hauteur et de l'amplitude de vue d'une pensée révolutionnaire héritée de Marx ?

rappelons encore ces mots en 1956 d'Aimé Césaire : « Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe, et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative dont je parlais tout à l’heure et qui est, en définitive, le droit à la personnalité. »

et l'on voudrait que nous ne soyons pas violents ?

ici dans bribes de jazz, puisqu'après tout, il en reste au moins la musique en partage, qui ne prête pas à polémique

8 mars 2015.

à contre-courant ?

parmi mes compositeurs préférés, et bien que la plupart soient d'Europe centrale (Liszt, Bartók et Kodaly, Dvorák et Janácek...), un français : Olivier Messiaen

si je lui laisse volontiers sa foi chrétienne, je suis fasciné par son écoute concrète et sa transcription de la nature, particulièrement des oiseaux. J'aime aussi son utilisation de la clarinette...

Messiaen - Oiseaux Exotiques - Aimard, Boulez Part 1 Part 2

Olivier Messiaen, le compositeur ornithologue (1908-1992) François-Bernard Mâche

Il se disait autant ornithologue que compositeur. Et même peut-être davantage un admirateur d’oiseaux qu’un amoureux des notes. Olivier Messiaen avait retranscrit près de 400 chants d’oiseaux, répertoriés dans ses œuvres

bribes de jazz et autres musiques et puis j'aime les oiseaux bribes de jazz et autres musiques du silence, en langue d'oiseau photos

ce qu'on sait généralement moins, ce que le jazz a inspiré Messiaen, et réciproquement

The Jazz Influence on Olivier Messiaen Devin Roth les modes de Messiaen pour l'improvisation en jazz vidéos

.

à contre-courant, avec Assata et Tupac Shakur

2Pac Dear Mama 1995 version sous-titrée Tupac Shakur une voix, un groove et des textes qui vous feront aimer le rap Ghetto Gospel 2005

Interview 1988 /The Tragedy of Tupac Shakur Documentary full 37:35 un très beau film

« Personne au monde, personne dans l'histoire, n'a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de celui qui l'opprime Assata Shakur

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques 

Assaka Shakur Assata Shakur parle depuis l’exil (1/2) Assata Shakur parle depuis l’exil (2/2) entretiens de 1998 original in english

Femmes en prison, qu'advient-il de nous ?

« Je songe à mes sœurs dans le mouvement. Je me rappelle le temps où, drapées dans des tenues africaines, nous accusions nos aïeules et nous-mêmes d’être des castratrices et les rejetions. Nous faisions pénitence pour avoir dépouillé nos frères de leur masculinité, comme si nous étions celles qui les avaient oppressés… Je me rappelle l’époque du Black Panther Party quand nous étions « modérément libérées ». Quand nous étions autorisées à porter des pantalons et qu’on nous demandait de porter les armes. L’époque où nous devions faire les yeux doux à nos dirigeants. L’époque où nous travaillions comme des chiens et luttions avec acharnement pour un respect que de leur côté ils s’obstinaient à nous refuser. Je me rappelle des cours d’histoire noire où les femmes n’apparaissaient pas et des posters de nos « dirigeants » où les femmes brillaient par leur absence. Nous rendions visite à nos soeurs qui devaient assumer la charge des enfants pendant que le Frère vaquait à ses occupations ou partait, appelé par des choses plus grandes et plus importantes.

Nous étions nombreuses à rejeter le mouvement des femmes blanches. Miss Ann4 restait Miss Ann même si elle brûlait son soutien-gorge. Nous ne pouvions pas éprouver de compassion pour le fait qu’elle était recluse dans sa maison et opprimée par son mari. Nous étions, et nous sommes toujours, enfermées dans une prison bien plus terrible. Nous savions que notre expérience de femmes noires était complètement différente de celle de nos sœurs du mouvement des femmes blanches. Et nous n’avions aucune envie de nous rendre dans quelque groupe de conscientisation avec des blanches et mettre notre âme à nu. »

Joanne Deborah Byron, devenue Joanne Chesimard après son mariage, est plus connue sous son nom africain : Assata Olugbala Shakur. Née le 16 juillet 1947 à New York aux États-Unis, celle qui deviendra la marraine du rappeur Tupac Shakur fut une membre active de la section de Harlem du Black Panther Party (BPP) puis de la Black Liberation Army (BLA). Cette dernière, passée du modèle d’auto-défense armée du BPP à la lutte armée, émerge après l’hécatombe dans les rangs des radicaux noirs due à la répression d’État, et notamment au COINTELPRO, un programme d’infiltration, de répression et d’assassinats ciblés dirigé contre les mouvements radicaux noirs, latinos et amérindiens. Formée en 1970, la BLA devient véritablement active à partir de la scission au sein du BPP en 1971. Elle se présente comme un groupe anti-capitaliste, anti-impérialiste, anti-raciste et anti-sexiste, luttant pour « l’institution de relations socialistes dans lesquelles le peuple noir aurait un contrôle total et absolu sur son propre destin en tant que peuple ». La BLA mènera entre autres une campagne défensive et offensive contre les violences policières comme l’avaient fait les Black Panthers et procédera à des éxécutions ciblées de policiers pour protester contre des crimes policiers ou des morts en détention.

Assata Shakur rejoint le BPP lorsqu’elle a 23 ans, avant de s’engager dans la BLA la même année, en 1970. Son militantisme au sein des Black Panthers n’était pas dénué de critiques, sur la réponse armée à opposer à la répression et aux assassinats ciblés ou encore sur la faible importance accordée à l’histoire noire : « Ils lisaient le petit livre rouge mais ne savaient pas qui étaient Harriet Tubman, Marcus Garvey et Nat Turner. Ils parlaient d’intercommunalisme mais continuaient à croire que la Guerre Civile avait été menée pour libérer les esclaves ». En 1971, elle est arrêtée une première fois, à la suite d’une altercation avec un client d’un hôtel de Manhattan, altercation au cours de laquelle elle reçoit une balle dans le ventre. Elle est arrêtée et inculpée de tentative de vol, de violences et de port d’arme prohibée, avant dêtre libérée sous caution. Elle est ensuite soupçonnée d’avoir participé à une série de braquages (des « expropriations révolutionnaires » comme préférait les appeler la BLA) et d’avoir blessé un policier. En 1972, le FBI lance une traque à travers tout le territoire afin de capturer celle qu’il présente comme la dirigeante d’une organisation ayant commis « une série de meurtres de sang-froid contre des officiers de la police de New York ». On découvrira par la suite qu’Assata Shakur avait été prise pour cible par un programme de répression du FBI nommé CHESROB, destiné à « attribuer à l’ancienne Panther new-yorkaise Joanne Chesimard presque la totalité des braquages de banque et des crimes violents impliquant une femme sur la côte est. » Assata Shakur est condamnée à la prison à perpétuité en 1973 pour le meurtre présumé d’un agent de la police d’État du New Jersey. Le 2 novembre 1979, elle réussit à s’évader de prison, après y avoir subi des tortures qu’elle dénonce dans le texte « Women In Prison : how it is with us ». En cavale et en clandestinité pendant plusieurs années, elle finit par demander le statut de réfugié politique auprès de Fidel Castro, qu’elle obtient en 1984, et s’installe officiellement à Cuba. La traque d’Assata Shakur par le FBI se poursuit. Qualifiée en 2005 de « terroriste intérieure » (« domestic terrorist »), elle devient la première femme à entrer dans la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI au mois de mai 2013. 2 millions d’euros sont promis pour sa capture.


bribes de jazz et autres musiques source

4 mars

jazz : RIP Orrin Keepnews petits labels pour disques de légende

« I consider the record business unstable when there isn't any Tower Records to go look at your product. To an almost a complete extent, the majors [record labels] are not messing with jazz at all, he says of the state of recording today. As for the Internet and how some artists are turning to it exclusively, "I think it is an overreaction. We're some place in the middle of an exaggerated pendulum swing here. I do think if we're all able to survive, we'll get a more normal relationship between the owners of the masters and the producers and re-producers of it, and the public. We'll get back in synch, but I certainly don't think we're in synch right now.

« The majors are always hard to predict simply because their attitudes, first of all, are always rather severely affected by corporate considerations - profit and loss sheets, which jazz rarely looks good on. I've been in this business an incredibly long time and I look back and I see that given enough time, the majors will completely reverse their position on specialty product—jazz or classical or what have you. But by the same token you have to start looking at it a little differently because we don't have 'majors' to the same extent and the same quantity we used to have in the record business.» Interview 2007

producteur pour les labels Riverside Records (1952-1964), Milestone Records (1966-1972), Fantasy Records (1972-1980), Landsmark Records (1985-1993) et Muse Records (1993-?)... enregistrements de Randy Weston, Thelonious Monk, Bill Evans, Cannonball & Nat Adderley, Wes Montgomery, Johnny Griffin, Jimmy Heath, Sonny Rollins, McCoy Tyner, Joe Henderson, Lee Konitz, Gary Bartz...

vidéos, interviews...

bribes de jazz et autres musiques avec Scott La Faro, Bill Evans et Paul Motian

quelques chef-d'œuvres : Thelonious Monk: Plays Duke Ellington (1955), Wes Montgomery's Full House (1962), Jazz Contrasts (1957) with Kenny Dorham,  Cannonball Adderley Quintet in San Francisco (1959) and Joe Henderson's Power to the People (1969)... Everybody Digs Bill Evans (1959), Chet Baker's Chet (1959), Jimmy Heath Orchestra's Really Big (1960), Art Blakey and the Jazz Messengers' Caravan (1962)...

mise en bouche : Bill Evans sur Riverside Israël 1961 / Wes Montgomery Full House, full Album (1962 avec Paul Chambers, Jimmy Cobb et Johnny Griffin) / Joe Henderson (avec Herbie Hancock, Ron Carter et Jack DeJohnette) - Power To The People 1969

22 février 2015

bye bye Clark Terry

« I've always been a firm believer that whatever type of person you are, that's the kind of music you're gonna' produce » interview by Rachel Freiman

rien de très japonais, même si j'ai pu comparer la douceur et la fluidité de la sonorité à celles d'un excellent saké. Cet originaire de Saint-Louis, comme Miles Davis qui avait eu le même professeur, était un de mes trompettistes préférés. Ses talents de showman, un peu comme Gillespie, l'ont fait apprécié de tous les publics, surtout aux heures du jazz plus populaire que ce qui a suivi. Mieux vaut remonter aux belles années, avec Basie, Ellington, et pour commencer ce pur joyau, avec Thelonious Monk, en 1958. Il joue ici du bugle, de même tessiture que la trompette mais à la sonorité plus ronde et douce

« I had a different concept of the way the trumpet should sound, and I played with a piece of felt over the horn. Perhaps my fluent technique came partly from the fact that I used to practice on the clarinet book when I was in the navy. The passages in the clarinet books seemed to be more legato and fluid—the trumpet ones tended to be staccato. I just loved to get involved in the velocity part of phrases.» Interview 1985

Clark Terry on Flugelhorn (bugle), T. Monk on Piano, with Sam Jones - Bass, and Philly Joe Jones on Drums

Clark Terry Meets Thelonious Monk Side1 21.19 Clark Terry Meets Thelonious Monk Side2 19:50

Clark Terry était aussi un grand bluesman, ici en compagnie de Muddy Waters en 1977 Stormy Monday Blues film 8:12 solo tp à partir de 2:57

bribes de jazz et autres musiques images

1951 Count Basie with Clark Terry avec Wardell Gray, tenor sax; Buddy DeFranco, clarinet [disparu récemment] ; Clark Terry, trumpet One O'Clock Jump et de beaux plans pour apprécier le comping de Freddy Greene, ou le sourire du Comte, qui ne gâte rien

1957 avec Duke Ellington dans une fameuse section de trompettes : Cat Anderson, Shorty Baker, Ray Nance and Clark Terry El Gato 1957 une bonne occasion d'entendre un merveilleux technicien et styliste, Shorty Baker, ou les voltiges suraigues de Cat Anderson

1957 Clark Terry Septet : C Jam Blues avec une bande d'ellingtoniens : Johnny Hodges - Alto Sax, Paul Gonsalves - Tenor, Sax Britt Woodman - Trombone, Tyree Glenn - Vibes, Jimmy Woode - Bass, Sam Woodyard - Drums

1959 Paris Club St-Germain 29:13 avec Bud Powell, Barney Wilen, Kenny Clarke et Pierre Michelot

1963 avec Anita O'Day avec un Big Band japonais à Tökyô Four Brothers

1965 il forme aussi un excellent quinter avec le tromboniste (à pistons) Bob Brookmeyer, ancien compagnon de Chet Baker : Concert pour la BBC

vocaliste hilarant aussi, toujours le blues, Mumbles avec Oscar Perterson 1965 en Finlande Full concert

un classique du be-bop, Donna Lee de Charlie Parker, avec Johnny Griffin - Tenor Sax, Wynton Kelly - Piano, Paul Chambers - Bass, Philly Joe Jones - Drums, soit la rythmique du premier quintette de Miles Davis...

et pour finir en trompettes :

1988, Bern TV, Harry Edison (t) Clark Terry (fl-h) Clifford Jordan (ts), Dizzy Gillespie, Oscar Peterson (p) Dave Young (b) Louis Bellson : Ow

16 février

de Cuba un tabac : Ibeyi, deux jumelles un génie

accrochez vos oreilles, elles sont déjà de très grandes musiciennes, culture et maturité musicale, un groove et des voix d'exception en puissance

Ibeyi, Soul Sisters, Libération 13 février

Lisa Kaindé et Naomi Diaz, les deux sœurs chantent en anglais, en français et en yoruba, une langue africaine importée à Cuba au XVIIe siècle par des esclaves originaires de l'actuel Nigeria. Le père des sœurs était le percussionniste cubain Anga Diaz, membre du groupe Buena Vista Social Club avec Ibrahim Ferrer, Rubén González and Máximo Francisco Repilado Muñoz aka Compay Segundo. À sa mort, les deux sœurs alors âgées de 11 ans apprirent à jouer du cajón, l'instrument fétiche de leur père, et étudièrent les musiques folklorique yoruba

bribes de jazz et autres musiques Mama says vidéo Cry for you

Better In Tune With The Infinite Lisa piano chant, Naomi cajón chant studio juillet 2014 River public novembre 2014

L’une (Lisa) s’impose en leader naturel. Elle écrit et compose. Son instrument, ce fut d’abord cette voix douce qui sur scène déploie toute son envergure. L’autre (Naomi) a fréquenté, comme sa sœur, les chorales yoruba de Paris mais s’est longtemps concentrée sur les percussions classiques, étudiées au conservatoire, avant de jouer du cajón, caisse péruvienne, et du batá, tambour traditionnel yoruba. « On a baigné dans la culture cubaine. Elle s’est retrouvée naturellement dans notre musique. Notre mère chantait en yoruba avant même de rencontrer notre père. Notre histoire est liée à ces chants »

Jardin d'hiver duo sur un feeling cubain, La barricade de Belleville mars 2013, La Cigale live octobre 2014

bribes de jazz et autres musiques Barasu-Ayo duo a capella 2012

À la disparition d'Anga Diaz en 2006, ses filles avaient seulement 11 ans et se sont mises elle aussi à écrire de la musique, jouer des percussions, comme pour continuer la conversation. Aujourd'hui elles ont 20 ans : Lisa-Kaïndé aux textes et aux mélodies, Naomi aux percussions de ces chansons écrites à quatre mains, et n'ont pas peur de dialoguer avec les esprits, celui de leur papa notamment, dont la présence plane sur tout le disque.
C'est aussi pour ça que les deux jeunes femmes allument deux bougies sur scène à chacun de leur concert : une pour leur père, l'autre pour une soeur ainée disparue elle aussi, mais le poids des souvenirs s'arrête là : pour le reste les deux jeunes femmes n'ont eu besoin de personne pour fabriquer cette musique intime, qui n'a besoin d'aucune référence, puisqu'elle dégage toute seule une vraie magie.
France Info 16 février

interview (en français), au Bénin Ghetto Blaster (recommandé), Day out interview English River Nanterre novembre 2014 autres vidéos

« on adore Meshell Ndegeocello, Nina Simone, le hip hop, Eminem...»

bribes de jazz et autres musiques Echu Mingua Anga parle et joue, interview sur des images de Cuba avec Ruben Gonzales, Cachaïto, Tata Guiness... 20 mn (espagnol sous-titré anglais), document exceptionnel sur le plan historique et musical 2004

j'ai signalé Anga Diaz en 2007, ange météore, Rimbaud des congas, dans Technique des tumbadoras : solo de 1999, technique et transcription

sur les Yoruba, rythmes et dances vidéo, instruments, images, tout savoir

bribes de jazz et autres musiques

15 février

Black Communism, Jazz, Dance and Revolution

 bribes de jazz et autres musiques

A Dancer in the Revolution: Stretch Johnson, Harlem Communist at the Cotton Club

bribes de jazz et autres musiques 2014

This candid, at times searingly honest, memoir offers a captivating insider's view of life, culture, and politics in 1930s0070s Harlem and delivers the keen insights of a truly inspirational Black American who fought all his life for freedom.

The life of Howard Johnson, nicknamed "Stretch" because of his height (6'5"), epitomizes the cultural and political odyssey of a generation of African Americans who transformed the United States from a closed society to a multiracial democracy. Johnson's long-awaited memoir traces his path from firstborn of a multiclass/multiethnic" family in New Jersey to dancer in Harlem's Cotton Club to communist youth leader and, later, professor of Black studies. A Dancer in the Revolution is a powerful statement about Black resilience and triumph amid subtle and explicit racism in the United States.

Johnson's engaging, beautifully written memoir provides a window into everyday life in Harlem--neighborhood life, arts and culture, and politics--from the 1930s to the 1970s, when the contemporary Black community was being formed. A Dancer in the Revolution explores Johnson's twenty-plus years in the Communist Party and
illuminates in compelling detail how the Harlem branch functioned and flourished in the 1930s and '40s. Johnson thrived as a charismatic leader, using the connections he built up as an athlete and dancer to create alliances between communist organizations and a cross-section of the Black community. In his memoir, Johnson also exposes the homoerotic tourism that was a feature of Harlem's nightlife in the 1930s. Some of America's leading white literary, musical, and artistic figures were attracted to Harlem not only for the community's artistic creativity but to engage in illicit sex--gay and straight--with their Black counterparts.

A Dancer in the Revolution is an invaluable contribution to the literature on Black political thought and pragmatism. It reveals the unique place that Black dancers and artists hold in civil rights pursuits and anti-racism campaigns in the United States and beyond. Moreover, the life of "Stretch" Johnson illustrates how political activism engenders not only social change but also personal fulfillment, a realization of dreams not deferred but rather pursued and achieved. Johnson's journey bears witness to critical periods and events that shaped the Black condition and American society in the process.

bribes de jazz et autres musiques

Communist at the Cotton Club Ron Jacob Counterpunch avril 2014

There’s a quote from Emma Goldman that reads, “If I can’t dance, I don’t want to be in your revolution.” I have always assumed this statement to be a rebuke of puritanical party ideologues afraid of anything that might wreak of capitalist depravity or, to put it more mildly, petit-bourgeois tendencies.

A Dancer in the Revolution is much more than Howard Eugene Johnson’s story of his personal experience in the Communist Party and the United States. It is also the story of a Black American in an extremely racist nation. In the course of his tale, Johnson describes the growing influence of the civil rights and Black liberation movements on his politics and that of the US Left. He also explores his growing realization that racism is deeply engrained in the US character and that even his fellow party members were affected by it, often in a negative way not very different than the white ruling elites they opposed. Although this book touches on issues of race and class endlessly discussed by the US left for decades, it is primarily the story of one man’s experience living in a nation whose history is defined by those issues. That life explains more than a thousand debates.

Red Hot 1930s Cotton Club Show - Censored reel survives of Dancers Orgy! video Jazz dance at Cotton Club vidéos

bribes de jazz et autres musiques

10 février

Indian Roots of the Blues and Jazz : les sources indiennes du blues

vidéos

bribes de jazz et autres musiques CD video

Pappy Johns Band - Indian blues L'Express février 2005

Cent ans après sa naissance, on découvre l'influence amérindienne sur la "musique du diable". Pour preuve, le Pappy Johns Band, présent au festival Blues sur Seine
Les chants des premiers bluesmen américains, descendants d'esclaves, s'envolaient vers leur Afrique natale. Le fait est connu. Mais ils voyageaient également vers les réserves indiennes de la région du delta du Mississippi, là où naquit cette "musique du diable" à la fin du XIXe siècle. Et cela, peu le savent. Pourtant, Robert Johnson et Son House, les fondateurs du blues, avaient des ancêtres indiens. Muddy Waters aussi, qui hérita son nom - "Eaux boueuses" - de sa grand-mère cherokee. Ou Howlin' Wolf - "Loup hurlant" - initié au chant par son aïeul choctaw.
Big Joe Williams (1903-1982), le père du blues du Delta, l'informant que, Indien et Noir américain, il était né et avait vécu dans une réserve, comme de nombreux bluesmen du Mississippi. D'après les récits de son grand-père, cette nouvelle musique était le syncrétisme de ces deux cultures.

on peut citer encore Champion Jack Dupree, Chuck Berry, James Brown, Jimi Hendrix...

Exploring Native American influence on the blues

Roots of the blues go deep into shared Native and African American history

Indians and the Blues forum Au pays du blues

bribes de jazz et autres musiques revue

From the late nineteenth century through the 1920s, the U.S. government sought to control practices of music on reservations and in Indian boarding schools. At the same time, Native singers, dancers, and musicians created new opportunities through musical performance to resist and manipulate those same policy initiatives. Why did the practice of music generate fear among government officials and opportunity for Native peoples?

In this innovative study, John W. Troutman explores the politics of music at the turn of the twentieth century in three spheres: reservations, off-reservation boarding schools, and public venues such as concert halls and Chautauqua circuits. On their reservations, the Lakotas manipulated concepts of U.S. citizenship and patriotism to reinvigorate and adapt social dances, even while the federal government stepped up efforts to suppress them. At Carlisle Indian School, teachers and bandmasters taught music in hopes of imposing their “civilization” agenda, but students made their own meaning of their music. Finally, many former students, armed with saxophones, violins, or operatic vocal training, formed their own “all-Indian” and tribal bands and quartets and traversed the country, engaging the market economy and federal Indian policy initiatives on their own terms.

While recent scholarship has offered new insights into the experiences of “show Indians” and evolving powwow traditions, Indian Blues is the first book to explore the polyphony of Native musical practices and their relationship to federal Indian policy in this important period of American Indian history.

Pura Fé : le blues des Indiens d'Amérique Télérama 4 février 2015 vidéos

« Ma musique est un melting-pot directement connecté à mes racines : je suis indienne tuscarora par ma mère, qui avait aussi des ancêtres noirs... Le blues coule dans mon sang.

Pour les peuples du Sud, comme les Tuscarora, les enregistrements sont rares. Fin XIXe, début XXe, les cérémonies étaient interdites et on se cachait pour jouer. Sans nos contacts réguliers avec les Iroquois du Nord, qui ont perpétué leurs traditions, ce répertoire serait mort aujourd'hui. Ça sonnait comme du blues et c'était ce qu'elle chantait plus jeune dans les foires de campagne.

Les premiers musiciens noirs avaient tous des ancêtres indiens. Même Jimmy Hendrix et Duke Ellington avaient du sang indien... mais personne ne le sait ! Les deux cultures sont intimement liées.

bribes de jazz et autres musiques

On surnommait les Tuscarora "le peuple de la Rivière" : avant la colonisation, ils jouaient sur les canoës. Après, les Indiens ont été contraints à parler anglais et à aller à l'église. Mais ils ont continué à chanter dans les chorales à la messe, en adaptant les gospels à leur sauce.

Les femmes, plus solidaires, sont les piliers de la communauté et c'est pourquoi les terres sont à leur nom. Résultat : les colons les ont épousées, soumises et avilies... Des centaines d'entre elles sont aujourd'hui assassinées ou portées disparues : un phénomène quasi sociologique.

Nous sommes les Gitans de l'Amérique : un Indien, ça fait vendre du maïs ou une équipe de foot, mais pour le reste, on nous ignore

bribes de jazz et autres musiques

Côté Jazz : Influence of Native American Contact on the Development of Jazz

The shared African American and Native American history can be seen not only in remaining musical and cultural remnants in New Orleans (often considered the birthplace of jazz) but also in the heritage of many of the jazz “greats,” such as George Lewis, Don Cherry, Miles Davis, Charlie Parker, Baby and Warren Dodds, Oscar Pettiford, and Don Pullen, who all claimed both Native American and African American heritage.

on peut ajouter à la liste les pianistes Horace Silver et John Lewis, les saxophonistes Illinois Jacquet, Benny Golson, Earl Warren et Jim Pepper, les trompettistes Doc Cheatham, Harry Edison et Art Farmer, les trombonistes Kid Ory, Eddie Durham et Trummy Young, la chanteuse Lena Horne le batteur Ed Thigpen...

voire aussi Black Indians in the United States / Native American Music

9 février

'VA T'EN, CHARLIE, VA-T'EN'

'JE NE SUIS PAS BLANC, NI UNE FEMME EN MAL D'ENFANT, NI UN CHASSEUR. VA T'EN, CHARLIE, VA-T'EN. TU N'ES RIEN POUR MOI. TU N'ES PAS MON FRÈRE. VA-T'EN, CONNARD !'

des mots en majuscules tirés du roman de Lyonel Trouillot, Yanvalou pour Charlie, 2009, Actes Sud

Ce livre est rare, qui mêle aussi fortement la puissance poétique de sa voix au tranchant de son regard. La réalité la plus cruelle à la beauté éblouissante d'un chant d'espoir malgré tout. Rigoureusement composé en quatre mouvements chaque fois portés par un nouveau point de vue, ce conte choral met en scène deux destins en miroir, deux facettes d'une même réalité. Celle d'un pays, Haïti, dont Lyonel Trouillot est une des grandes figures littéraires et politiques.

Voici donc Mathurin et Charlie. Le premier, Mathurin D. Saint-Fort, a mis des années à composer son personnage. Jeune et brillant avocat d'affaires, il se hisse peu à peu sur les hauteurs de la ville, là où se dressent les plus belles maisons, là où les cris et les odeurs de la foule finissent par s'estomper. « Sans passé et sans états d'âme. » Jusqu'au jour où Charlie, un gamin en cavale, fait irruption dans sa vie, ramenant avec lui les souvenirs qu'il a tout fait pour écraser : le bidonville, la misère, la crasse, la délinquance.

D'une voix à l'autre, ce choc entre présent et passé, richesse et pauvreté, cynisme et humanité, prend tour à tour des accents de roman noir et de tragédie grecque. Et débouche, malgré la violence du constat, sur la possibilité d'une rédemption. Celle de Mathurin, capable, peut-être, au bout de l'épreuve qu'il va traverser, de renouer avec sa mémoire et d'accéder enfin à une forme de conscience collective.

bribes de jazz et autres musiques

Yanvalou - j'ignore si le mot est traduisible en français -, est un rythme et une danse traditionnelle en Haïti. Video : Venus Rising Women's Drum & Dance Ensemble. Cet ensemble basé en Floride du Sud mélange en fait, des éléments et instruments d'Afrique de l'Ouest et du Nord, de la Caraïbe et de la Louisiane. La poly-rythmie me semble toutefois proche des bases venues d'Afrique de l'Ouest et qu'on retrouve plus ou moins adaptées dans la Caraïbe et jusqu'en Colombie. La vidéo suivante présente, sur ce même rythme, un groupe de danseuses et percussionnites japonais dans le parc de Musashino, à Tokyo, etc.

bribes de jazz et autres musiques Yanvalou Afro-Caribean Drums

j'ai commencé d'utiliser le principe d'insertion de citations littéraires, ou d'articles de presse et déclarations politiques, dans mon poème-roman de 1991, Livredel, qui suivait mes collages. L'idée était de créer un contrepoint formel, voire formaliste en apparence : le Charlie de Lyonel Trouillot ne doit bien sûr rien à Charlie Hebdo, mais il serait présomptueux de considérer la situation en Haïti comme étant sans rapport aux questions posées avant et après l'attentat

un très beau livre, à lire en écoutant cette musique

7 février 2015

bada bada bada...

bribes de jazz et autres musiques
 
Badinerie (Bach Suite en Si mineur) 1964
bribes de jazz et autres musiques
The Swingle Singers & The Modern Jazz Quartet - Air For G String - Suite orchestrale en ré majeur, Bwv 1068 (Aria) - avec Milt Jackson au cristal et John Lewis aux perles - Dido's Lament (When I Am Laid In Earth) - Littel Davis' Fugue

bribes de jazz et autres musiques  

Blue Rondo A La Turk (Dave Brubeck d'après Mozart)  

Luciano Berio Sinfonia for Eight Voices and Orchestra Movement III - In ruhig fliessender Bewegung direction Pierre Boulez 1969

Mission impossible / James Bond Theme / Bolero de Ravel / Star Wars Theme / Libertango (Piazzola) / Canon de Pachelbel

avant de créer les Swingle Singers, Ward Single participait aux Double Six, avec les redoutables performances des paroles françaises écrites par Mimi Perrin sur des thèmes de jazz

Tickle Toe (Count Basie) sur la photo avant dernier, Eddie Louiss l'organiste de Claude Nougaro

Dizzy Gillespie & The Double Six Of Paris - Be Bop Medley

.

Cabu, Billie, le blues et moi émoi 

Jazz Magazine n°669 février 2015

Billie Holiday aurait fêté ses 100 ans le 7 avril prochain, le jour de mes 64 ans... elle fut comme une mère pour moi

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques Cabu Jazz

notre chat s'appelle Django, pour mon fils c'est Django unchained le film de Tarentino, pour moi c'est Django...

bribes de jazz et autres musiques 

dessin de Cabu d'après une photo de William Gottlieb > Photographies à ne pas confondre avec Gotlib (voir note en bas)

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques collages 1989, avec ceux du jazz 

bribes de jazz et autres musiques Mighty Mo Rodgers videos

"féru d'histoire et de politique, Mighty Mo Rodgers, 72 ans, vient de retracer la genèse du blues au fil de son nouveau concept album consacré au Mississipi"

Mighty Mo : les mots dits du blues Bruno Pfeiffer 2 janvier 2015

«Le blues apportait un exutoire aux angoisses. Surtout, le blues permet aux Noirs davantage que la survie dans les conditions épouvantables : il noue un contact avec l’autre monde. Le blues surgit du plus profond de la condition humaine. Il détient le sacré. C’est un héritage légué par Dieu.»

« Quel intérêt aurait eu le maître à abimer l’esclave? Il l’avait acheté. Cher. La personne asservie devenait sa chose. Il fallait la ménager, en tirer le maximum, le plus longtemps possible. En revanche, un prisonnier, le patron pouvait le tuer au travail. Et il ne s’en privait pas. Fallait-il de la main d’oeuvre sur un chantier ? Si le nombre de condamnés de droits communs incarcérés s’avérait insuffisant, la police se chargeait, pour un motif fantaisiste, d’arrêter les Noirs du canton ».

« L'Amérique est devenue une ploutocratie. J'ai bien l'intention de parler dans mes prochains disques des Koch Brothers [magnats de l'industrie pétrochimique et principaux bailleurs de fonds du Tea Party] ou de Wallmart. Pour moi, plus c'est politique, plus c'est du blues. » JazzMag février 2015

bribes de jazz et autres musiques extraits

retour à Billie videos

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques collages 1989, avec ceux du jazz

en relation 2002 Quand les musiciens de jazz parlent du blues / le blues et l’harmonie du jazz (hypothèses) / musiciennes de blues (2013)

note Gotlib au musée juif de Bruxelles

bribes de jazz et autres musiques

6 février

hommage à la culture arabo-andalouse

un site très bien fait : histoire / art / itinéraires culturelsréférences 

musique arabo-andalouse

 bribes de jazz et autres musiquesOrchestre arabo-andalou de Fès direction Mohamed Briouel , source africultures

Orchestre Brihi de Fès dirigé par Haj Abdelkrim Raïs vidéo 27 mn

Haj Abdelkrim Rais, né vers 1912 est un représentant de la musique arabo-andalouse marocaine contemporaine ou Tarab El-Andalousi. Il a participé à de nombreux festivals internationaux et obtenu plusieurs prix et distinctions.
Jeune élève, il rejoint le dépositaire de cet art dans la ville impériale de Fès, Mohamed Benabdeslam Al-Brihi, qui tient lui-même de son père Abdeslam Al-Brihi. C’est auprès du premier qu’il perfectionnera son éducation musicale.
Haj Abdelkrim Rais dirigera son orchestre (qui porte son nom) jusqu’à 1996, date de son décès. Ce même orchestre sera dirigé par Mohamed Briouel et portera le nom de Orchestre arabo-andalou de Fès. Il restera, par ailleurs, l’un des meilleurs rebabistes (
rebab) qu’a connue la musique arabo-andalouse marocaine.

bribes de jazz et autres musiques 1995 extraits Un paseo por la Sevilla andalusí 

un enregistrement exceptionnel tant sur le plan musical que pour le réalisme de la restitution sonore du plein air Revue

bribes de jazz et autres musiques Orchestre national de Sale, Maroc (entre deux-guerres ?)

documentaire historique Al Andalus - L'Espagne et le temps des califes (1) les sept épisodes

1963 Aragon Le fou d'Elsa : « L'avenir de l'homme est la femme »

Cette œuvre prend place dans sa biographie d'intellectuel engagé pour couvrir sa lecture de la période de décolonisation, marquée à la fin des années 1950 par la guerre d'Algérie, qui a suivi la Libération.
Le Fou d'Elsa reflète un immense engagement intellectuel de Louis Aragon pour s'approprier la culture et l'histoire du monde arabe et musulman et pour comprendre sa relation au monde chrétien et au monde moderne. Les poèmes de Louis Aragon dans Le Fou d'Elsa sont sertis dans une narration biographique et une analyse sociologique et historique relatant l'Andalousie dominée par les musulmans.
Le Fou d'Elsa comprend aussi une dimension théâtrale. Il met en scène, dans le contexte dramatique de la chute de Grenade, coïncidant avec la découverte de l'Amérique, la société andalouse, mêlant musulmans et juifs pétris de rationalisme. La chute de Grenade est un moment charnière de l'histoire moderne, celui de la montée politique de la chrétienté, portée par l'Inquisition, et le début de la dépression séculaire dans laquelle s'engageait le monde arabe et musulman, achevée par sa colonisation.
Aujourd'hui, Le Fou d'Elsa reste un poème d'une extraordinaire actualité. Il développe un système de valeurs propice à la coexistence respectueuse et mutuellement enrichissante des civilisations. C'est dans Le Fou d'Elsa que Louis Aragon mentionne, à deux reprises1, que « L'avenir de l'homme est la femme » source Wiki

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Amina Alaoui musicienne, chanteuse, musicologue, danseuse et... aristocrate

Amina Alaoui est une chanteuse marocaine de musique classique arabo-andalouse. Elle chante en différentes langues : arabe, persan classique, haketia, espagnol et portugais.
Amina Alaoui est née en 1964 à Fès, au Maroc, au sein d'une famille aristocratique. Elle apprend à jouer du piano et est initiée à la musique classique occidentale par le chef d'orchestre Mohamed Abou Drar. Elle est également élève du conservatoire national de musique et de danse de Rabat de 1979 à 1981 avec les professeurs Ahmed Aydoun et Mohammed Ouassini. Elle étudie la danse moderne avec Marie-Odile Loakira et la danse classique avec Vera Likatchova2.
Amina Alaoui a été élève au lycée Descartes de Rabat et a étudié la philologie et la linguistique arabe et espagnole à l'université complutense de Madrid puis à l'université de Grenade.
Durant ses études à Grenade, Amina Alaoui effectue un travail de recherche sur les traditions musicales du Moyen-Orient et se spécialise en musique arabo-andalouse et plus spécifiquement la musique gharnati (de Grenade). En 1986, elle s'installe à Paris et continue son étude de la musique gharnati avec Rachid Guerbas et Ahmed Piro. Elle s'initie également au chant médiéval avec Henri Agnel et à la musique traditionnelle persane avec Djalal Akhbari. Elle décide par la suite d'exercer la musique en professionnelle.
En 2011, elle fait paraître l'album Arco Iris (ECM), passerelle entre les traditions musicales portugaise (fado), espagnole (flamenco), perse et arabo-andalouse (gharnati).

bribes de jazz et autres musiques Audio/vidéo  bribes de jazz et autres musiques Persane jouant d'un daf, tambour sur cadre, Ispahan, XVIIe siècle

Li Ayyi Sabab Uhjar / Lammâ badâ yatathanna Amina Alaoui (vocals, daf) Nagra Sofiane (oud) Kheir-Eddine M'Kachiche (violin) Idriss Agnel (udo drum, zarb)

Fouad Didi Arabo-Andalou algérien de Marseille, violoniste, chanteur, chef d’orchestre"

bribes de jazz et autres musiques

vidéo 6 mn un concert au-dessus de tout soupçon islamo-x : Fouad Didi aux Musicales de la Moline à Marseille un violoniste de génie (un peu de mistral dans les micros...)

.

4 février

mes Coulibaly préférés

en contrepoint d'une actualité qui porte à détester le nom de Coulibaly, rappelons d'abord qu'il est très fréquent et que bien d'autres l'ont rendu célèbre pour de plus respectables raisons, ou pas. Un homonyme de celui dont je parle ci-dessous, fut violeur en série. Quant à ceux évoqués ci-dessous, wikipedia ne les connaît pas... Vive l'encyclopédie démocratique de base !

du temps où j'étudiais intensément le djembé j'avais attité l'attention sur un de ses virtuoses, Yé Lassina COULIBALY, multi-instrumentiste et danseur du Burkina Faso. voir Reincarnation of a Lovebird 21 janvier 2009

un disque essentiel d'un grand maître, Chevalier de l'ordre du Mérite des lettres et de la Communication du Burkina Faso (pour la danse et la musique)

bribes de jazz et autres musiques extraits 

Yé Lassina Coulibaly African Burkina Faso Djembe Music 1h18mn Il s'agit d'un solo sans re-recording, le travail polyrythmique est époustouflant, établissant plusieurs mélodies simulatées, comme la diversité des sons tirés du djembé. La vituosité s'efface derrière le musicalité et le 'swing', l'invite à la danse, l'appel des corps sans lesquels cette musique n'existe pas. Les sons graves sont obtenus en frappant l'instrument au sol

le morceau qui suit sur Youtube Tahirou Djembe - Folongoto, présente un film avec formation complète traditionnelle à cinq djembés et tambours doun-doun avec cloches. La complexité des polyrythmies et polymétries, cette symphonie de rythmes mélodiques, n'a aucun équivalent dans les musiques occidentales. C'est aussi, on s'en doute, un "modèle" totalement ignoré de la philosophie dialectique voire des théories de la complexité. Quand l'Afrique s'éveillera, elle nous contraindra à penser autrement. Elle nous y invite déjà. Question pour l'homme blanc de savoir écouter ses "Autres"

bribes de jazz et autres musiques

les frères Coulibaly sur un classique des percussions d'Afrique de l'Ouest, Soko, pendant que les femmes travaillent, ou pas, mais en rythme

Babamba Danse Solo avec le Faso Danse Théâtre, sur un très beau chant de femme

Babemba, du chorégraphe burkinabé Serge-Aimé Coulibaly, ne ­prétend pas venir d’un autre monde que le sien. C’est une pièce de danse contemporaine africaine née à Ouagadougou entre les loupiotes d’un bistro et le feu d’un bidon en métal. Cette justesse et ­cette modestie sont sa force paradoxale. Sur le même ton, les quatre danseurs ­masculins, la chanteuse Djénéba Koné et les deux musiciens présents sur scène rayonnent d’une beauté offensive, mais sans ­arrogance. Source

Interview de Serge-Aimé Coulibaly : Je ne pense pas que l'on puisse faire un travail dans ce monde-là sans que l'aspect politique intervienne [...] si tu vis comme si tu étais à l'écart de la politique, tu te fais des illusions, ce n'est pas possible. On est tous complètement embarqués.

bribes de jazz et autres musiques source

Issu de la civilisation ancestrale bamanan, nourri à l’école des sages qui l’ont éduqué très jeune, Yé Lassina Coulibaly transmet, au travers de la danse, de sa musique et de ses textes, les valeurs et la vision du monde des initiés. La formation de l’enfant, chez les bambaras, à l’écoute des dignitaires et des notables, vise avant tout à débarrasser l’être humain de l’ignorance qui l’empêche de se connaître lui-même. [suite]

Coulibaly, un des plus grands musiciens et percussionnistes vivants

bribes de jazz et autres musiques

.

1er janvier 2015

RIP Buddy de Franco infos vidéos images

un choix des années 50, que je privilégie pour les participations de Buddy Defranco aux expériences d'avant-garde issues du be-bop (avec Lenny Tristano, Teddy Charles...), ses magnifiques combos avec les pianistes Sonny Clark, Kenny Drew et Art Tatum, les batteurs Max Roach et Art Blakey, les guitaristes Jimmy Raney, Barney Kessel, Tal Farlow... Defanco n'est pas le seul clrainettiste à avoir adapté à l'instrument le jazz moderne (songer à Jimmy Giuffre, Buddy Collette...) mais il nous sort des sucreries de Benny Goodman et Artie Shaw)

j'ajouterai des images ultérieurement

1947 avec Dizzy Gillespie (trumpet), Bill Harris (trombone), Buddy DeFranco (clarinet), Flip Phillips (tenor sax), Nat King Cole (piano), Billy Bauer (guitar), Eddie Safranski (bass), Buddy Rich (drums) Leap Here

1949 Sextet avec Buddy DeFranco (clarinet), Teddy Charles (vibraphone), Harvey Leonard (piano), Jimmy Raney (guitar), Bob Carter (bass), Max Roach (drums)
Aishie / Penthouse Serenade / Bud's Invention

1949 avec Charlie Parker - Lennie Tristano All Star Session 1949 ~ Victory Ball / Overtime

1949 avec Harry Edison (trumpet), Buddy DeFranco (clarinet), Herbie Mann (flute), Jimmy Rowles (piano), Barney Kessel (guitar), Joe Mondragon (bass), Mel Lewis (drums) Ja-Da / Ballad Medley / Funky's Uncle / Undecided / Sunday 

1950 avec Count Basie Octet  avec Clark Terry tp Buddy Defranco cl Charlie Rouse ts Serge Chaloff bar Count Basie p Freddie Green g Jimmy Lewis b Buddy Rich d Neal's Deal
avec Clark Terry tp Buddy DeFranco cl Wardell Gray ts Elman "Rudy" Rutherford bar Count Basie p Freddie Green g Jimmy Lewis b Gus Johnson d Tootsie / I Cried for You LiveTV avec Helen Humes

1952 Billy Butterfield (t) Bill Harris (tb) Buddy DeFranco (cl) Jerry Jerome (ts) Teddy Wilson (p) Ed Safranski (b) Don Lamond (d) Sweet Georgia Brown

1953 Sextet avec Curtis Counce bass Shelley Manne dms Teddy Charles p Jimmy Giuffre ts bs  Shorty Rogers tp Margo

1953 Quartet avec Buddy De Franco (cl) Kenny Drew (p) Milt Hinton (b)  Art Blakey (ds) When your Lover as Gone / The Things we did last Summer / Buddy's Blues

bribes de jazz et autres musiques

1954 avec Lionel Hampton Vibes Buddy DeFranco cl Oscar Peterson p Ray Brown b Buddy Rich dms It's Only A Paper Moon

1954 Quartet avec Buddy DeFranco (clarinet), Sonny Clark (piano), Gene Wright (bass), Bobby White (drums)
Blues in the Closet / What Can I Say Dear / A Foggy Day / Deep Purple

1954 avec Oscar Peterson et orchestre à cordes I was doing all right / I Want To Stay Here

1955 Quintet avec Buddy DeFranco (clarinet), Sonny Clark (organ), Tal Farlow (guitar), Gene Wright (bass), Bobby White (drums)
Nearness of You

1956 Quartet avec Art Tatum p, Red Callender b, Bill Douglas dms Memories of You / A Foggy Day / Deep Night

1956 avec Anita O'Day Honeysuckle Rose

1957 Buddy de Franco Clarinet Don Fagerquist Trumpet Georgie Auld Tenor sax Victor Feldman Vibraphone Carl Perkins Piano Barney Kessel Guitar Leroy Vinnegar Bass Stan Levey Drums Don't Be That Way

1958 avec le Nelson Riddle Orchestra Cross Country Suite

1959 Septet 1959 avec Herbie Mann (bass clarinet), Buddy DeFranco (clarinet), Victor Feldman (vibraphone), Pete Jolly (piano), Barney Kessel (guitar), Scott LaFaro (bass), Frank DeVito (drums) Crazy Rhythm / Tin Red Blues

1964 avec Art Blakey dms Buddy DeFranco Bass Clarinet Victor Feldman p Curtis Fuller tb Lee Morgan tp Victor Sproles b Blues Bag / Rain dance / Twelve Tone Blues

 

 

24 décembre

Jazz de Ken Burns : un révisionnisme esthétique et racialiste

ce n'est certes pas sur mon site qu'on trouvera une minimisation de l'importance des Afro-Américaine.e.s dans l'histoire du jazz, mais pas davantage celle des musicien.ne.s blanc.he.s ou afro-cubain.e.s. À trop vouloir prouver...

bribes de jazz et autres musiques légende est le mot...

« Si vous aimez le jazz mais si vous vous sentez perdu face à la diversité de ses courants et des artistes qui l’ont incarné, le coffret Jazz, 100 ans de légende devrait vous combler. Cette passionnante série documentaire réalisée par l’américain Ken Burns, qui sort enfin en DVD, retrace en douze épisodes l’histoire du jazz depuis le début du XXe siècle.
Conçue avec le concours du trompettiste Wynton Marsalis, elle réunit des documents rares : photos, films, enregistrements... Six  années de recherche ont été nécessaires à Ken Burns pour rassembler ces archives mises en perspective par de nombreuses interviews de musiciens, d’écrivains ou de spécialistes du jazz. Si les musiciens sont au cœur de ce projet documentaire, Ken Burns replace aussi le jazz dans son contexte historique et social, ce qui rend cette série d'autant plus intéressante.» Anne Chépeau France Info 21 décembre

cette série du célèbre documentariste américain Ken Burns a été diffusée aux Etats-Unis en 2001 (détails). Elle a donné lieu à fortes controverses, non en raison de l'intérêt ou de la qualité des documents présentés, mais de leur sélection et des commentaires, et de la vision racialiste de l'histoire du jazz qui en ressort, fortement influencée par les considérations de l'écrivain/critique Albert Murray, et de son héritier Stanley Crouch, compagnon de route du charismatique trompettiste Winton Marsalis dans l'aventure du Jazz at Lincoln Center. Dans les années 1980, la volonté de redonner aux jeunes afro-américains le goût et la fierté de leur histoire musicale, celle du jazz est fortement rabattue sur celles des maîtres noirs du jazz classique et moderne, minimisant les apports essentiels à cette histoire des musiciens et compositeurs blancs (en substance incapables de jouer le blues, n'ayant rien inventé...), celle des Afro-Cubains (via Dizzy Gillespie...), les innovations des années 60 (les auteurs n'aiment pas le free, mais pas seulement), et l'évolution des années 70 autour de Miles Davis et du jazz-rock-fusion...

en 2000 dans le texte Jazzitude Deuxième chorus, je notais : En 2000, Winton Marsalis produit avec Ken Burns une série télévisée très documentée, JAZZ, dont la promotion est assurée par la General Motors. Les CDs suivent, les ventes de « jazz » sont multipliées par deux aux Etats-Unis, qui découvrent leur « musique créative », avec pour la circonstance l’oubli de figures majeures (Benny Carter, Woody Herman, Erroll Garner, Shelly Manne, Art Pepper, Bill Evans, Albert Ayler, Sun Ra, Anthony Braxton, Keith Jarrett...) et un déséquilibre gênant : les 40 dernières années traitées en un épisode sur dix ; le free-jazz réduit à Ornette Coleman... le jazz contemporain quasi inexistant, l’absence du jazz hors les Etats-Unis etc. A la décharge de Marsalis : un travail de terrain dans la communauté noire, dont on peut espérer qu’il restera quelque chose, si les jeunes musiciens formés à cette école trouvent, à la maturité, leur propre subjectivation.

la présente rééditionen DVD de cette série d'une vingtaine d'heures vaut naturellement pour ses sous-titres français. Laurent Sapir, de TSF Jazz, ne tarit pas d'éloges sur la série (ici). Philippe Chevilley pour Les Échos regrette que les chaînes française n'aient jamais diffusé ce « génial documentaire en douze épisodes », Michel Contat pour Telerama n'y regarde pas de trop près : « Qu'aucune chaîne de télévision française n'ait diffusé cette œuvre monumentale qui date de 2000 est une sorte de scandale culturel. Faut-il incriminer les décideurs qui jugent que le jazz est trop « segmentant » pour le public ? Pourtant, cette série de douze épisodes admirablement réalisés par Ken Burns, l'un des grands documentaristes actuels, a toutes les qualités pédagogiques et visuelles pour rappeler que le jazz n'a rien qui doive tenir à distance le grand public. Codirecteur artistique de cette série, Wynton Marsalis commente avec verve et passion l'histoire, les styles, les héros Louis Armstrong et Duke Ellington. On s'étonne seulement que le dernier épisode couvre à lui seul les années 1961 à 2000 et que le jazz européen y tienne si peu de place.» Comme quoi l'esprit de Hugues Panassié n'est pas mort en 2014...

pour se faire une idée du problème des « experts » qui ont ainsi construit cette histoire du jazz édulcorée, voici une série d'articles critiques parus alors, en 2001, ou lors de rééditions en DVD en 2011

It Don’t Mean A Thing Joe Goldberg Revue 2001

Radical Rhythms: On Ken Burns' "Jazz" Kim D. Hunter juin 2001 Solidarity

Listening but not hearing: the Ken Burns version Chris Parker 2001

extraits significatifs :
Thus we had a programme on bop, which did not, apparently, have time to assess the contributions of Fats Navarro (mentioned solely as one of a depressing rollcall of drug addicts) and Tadd Dameron (not mentioned at all), but which did have time to include the whole of Armstrong’s famous (and later modified) put-down of the beboppers, “The Wiffenpoof Song”. We had a lengthy discussion of Ellington’s celebrated comeback concert at Newport in 1956, while the whole of hard bop/soul jazz, from Horace Silver and Art Blakey to Joe Henderson, Herbie Hancock, Wayne Shorter and all the other figures immortalized by the Blue Note label in the 1950s and 1960s, was almost totally ignored. Similar elisions were enacted in the inexplicable jump straight from the end of bebop to Coltrane and Coleman via the 1950s and 1960s work of Miles Davis, while an odd detour brought us back to such figures as Sarah Vaughan, who unaccountably appeared during a programme ostensibly devoted to the avant-garde.
[...]
For not only was this genre championed by its adherents at the time as an overdue reassertion of the music’s “black” roots in gospel, spirituals and blues, an attempt to reach audiences perhaps a little daunted by the fiercely cerebral, nervy bebop, but it was also consciously put forward by the mainly black musicians who played it as an East Coast antidote to what many saw as the somewhat opportunistic, anaemic version of the music being purveyed – with enviable commercial success – on the West Coast by white musicians such as Chet Baker, Gerry Mulligan, Shorty Rogers and the like. The programme dealt pretty comprehensively with a similar situation regarding Paul Whiteman in the 1920s and 1930s, but mysteriously ducked the opportunity to follow the controversy through to the 1950s and 1960s, and consequently missed the chance to study a fascinating social phenomenon.
[...]
The series was, then, a great deal more confident when dealing with unequivocal African American achievements (and no serious, honest observer can deny that the music owes its existence and survival through to the 1960s almost entirely to black innovators, practitioners and composers) than it was in chronicling the occasional exceptions to this (klezmer as a tributary stream, the Austin High School gang, white bands such as that of Woody Herman or Charlie Barnet, the contribution to “cool” jazz made by Claude Thornhill, the part played in Miles Davis’s career by Gil and Bill Evans), all of which were either totally ignored or seriously underemphasized.
[...]
The really disturbing moment, in this particular context, however, came in the final episode, which purported to list a representative sample of current practitioners carrying the music into the twenty-first century. Trumpeter Nicholas Payton was mentioned, but not the consistent poll-winner on that instrument over the past few years, Dave Douglas; bassist Christian McBride was listed, but not Dave Holland; pianist Marcus Roberts, but not Keith Jarrett (whose Köln Concert is one of the music’s highest-selling recordings); saxophonist Joshua Redman but neither Michael Brecker nor Chris Potter; it would be possible to go on, but the trend is clear: all the first-named are black, all those omitted white. This might be more easily dismissed as a coincidence resulting from crude, crass head-counting, if it were not sadly consistent with previous utterances from the Marsalis/Crouch camp. In liner notes to a recent album by vibes player Bobby Hutcherson, Crouch makes the astonishing statement: “[Hutcherson] is the only vibraphonist to enter the pantheon in the wake of Lionel Hampton and Milt Jackson.” This statement, in a world containing Gary Burton, Mike Maineri, Joe Locke and many others, is accurate only if the word “black” is inserted before “vibraphonist”.

The missing Harmony Stuart Nicholson 2001

sur la scandaleuse omission, entre autres, de Bill Evans pour son génie autant que son influence sur les pianistes et au-delà à partir des années 60 : On Ken Burns' Jazz documentary on Bill Evans Jan Stevens 2001 

sur le site Counterpunch The Aesthetic Crimes of Ken Burns, How Ken Burns Murdered Jazz 2001, by Jeffrey St.Clair, 2001, co-auteur de Killing Trayvons: An Anthology of American Violence

Ken Burns Jazz:The War of Episode 10 Keith David 2010 : « It only means that I have to be able to talk about all the musicians that Burns and Marsalis left out. (Hmm, maybe somebody should do a documentary on that, called Jazz: All The Cats That Burns and Marsalis Forgot... »

un des textes les plus sévères : a Ken Burn's Jazz post Mortem 2011, Stu Vandenmark (le père du saxophoniste Ken Vandermark)

un texte de fond : Racialized Documentary Reception of Ken Burns’ Jazz Hector Amaya Southwestern University

un débat en 2001, The San Francisco Jazz Organization (SFJAZZ)

Jazz and Race: Black, White and Beyond Here is an excerpt of the symposium’s first event, held Fri. March 30, a panel discussion featuring professor/author Dr. Harry Edwards (moderator), saxophonist Steve Coleman, professor/author Dr. Angela Davis, author Nat Hentoff, Blue Note records president Bruce Lundvall and author Richard M. Sudhalter

.

22 décembre

2014 année Jazzitude

le site Jazzitude, qui par hasard avait adopté en 2004 le même nom que mon texte de 2002, a fermé ses portes en avril dernier. Depuis juin 2013 j'y avais ouvert 144 sujets dont certains très lus. Heureux que "la femme est l'avenir du jazz" ait atteint le plafond du compteur, bloqué à 9999 lectures depuis cet été

suivent une douzaine de sujets ouverts plus de 1000 fois : Sadao Watanabe 2655, la guitare jazz comme un piano 2649, Arrangement de jazz 2502, Jimmy Giuffre 2206, du jazz classique aux jazz moderne 1849 Martial Solal 1579 le trio piano/contrebasse/batterie 1529 Rhoda Scott 1277 Ed Bickert 1396 le free-jazz 1386 George Russell 1320 Scott 1277 Thelonious Monk 1183 Jazz modal késako ? 1128 

les liens et images n'étant accessibles qu'aux inscrits, on peut les retrouver ici dans la rubrique JAZZ, et pour y entendre quelque chose le jazz pour les nuls

je me réjouis qu'arrive en tête Sadao Watanabe, mal connu ou méprisé en France, mes travaux sur la guitare comme un piano, l'arrangement de jazz et le trio moderne de piano, le guitariste sous-estimé Ed Bickert... et notre "trésor national" Martial Solal 

salut et bonnes fêtes aux ancien.ne.s du forum

mais que faisait donc Martial Solal en 1968 ? voir ci-dessous

1968 année moderne

Martial Solal poursuit ses concerts en trio avec Gilbert 'Bibi' Rovère à la contrebasse et Charles BBellonzi à la batterie, il rencontre en duo le pianiste Hampton Hawes et enregistre un autre disque avec ce trio + sur une face deux sextettes, un à cordes et l'autre d'une instrumentation peu familière dans le jazz : flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, tuba. Sur l'autre face 5 sax et 4 flûtes

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques Sample

Electrode avec Michel Magne Poignée De Ciel 4:48

bribes de jazz et autres musiques réédition en 2007 sur un CD présentant d'autres compositions de MM

.

21 décembre

John McLaughlin, un guitariste qui ne vieillit pas ?

bribes de jazz et autres musiques source photos et vidéos

4th Dimension John McLaughlin - electric guitar Gary Husband - keyboards Etienne M'Bappe - electric bass Ranjid Barot - drums

sélection

2014 Live in Finlandia Hall, Helsinki Nov 18 Extrait live 8:22

2014 Live in Belgrade Mother Tongue 22:09

2013 TD Jazz Festival 2013 Extrait live 7:50

2012 Live at 33. Leverkusener Jazztage Allemagne Full Concert 58mn25"

2011 Festival de San Sebastian, Espagne, Full Concert 2011 1h25mn

Autres  Extraits CD

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques Official Website

2012 CD Live at Blue Note Tokyo.sound only Chick Corea p, John Mclaughlin g, Kenny Garrett sax, Christian McBride b, Brian Blade dms

bribes de jazz et autres musiques

2011 Concert live Five Peace Band! Chick Corea, John Mclaughlin, Brian Blade, Kenny Garrett, John Patitucci b

20 décembre 2014

1968 année jazz... feuilleton musical

18 décembre 2014

1968 année blues

présentation et premier volet de la série annoncé ci-dessous, avec le blues traditionnel, le 'Chicago Style', le piano blue & boogie-woogie, les groupes britanniques... avec une sélection de 710 vidéos de musiques enregistrées en 1968

1968 année charnière, un avant un après… c'est un lieu commun et l'on pense généralement à Mai 1968 et aux événements marquants du point de vue politique et social - voir Mouvements sociaux de 1968 dans le monde - à quoi il faut ajouter le tournant de la guerre du Vietnam avec l'offensive du Têt et la montée des protestations, la famine au Biafia, les assassinats de Luther King et d'un deuxième Kennedy, la mort de Che Guevara...

du point de vue musical, c'est la montée des groupes de Rock blancs et de la Pop'Music. Si l'on consulte 1968 en musique chez Wikipédia, force est de constater, à quelques exceptions près (James Brown, Aretha Franklin, Marvin Gay, Otis Redding -mort en 1967- et Jimi hendrix pour Electric Ladyland), la grosse absence du jazz et des musiques noires, blues, Rn'B, Funk et Soul Music…

concernant le jazz en 1968, Wikipedia signale une vingtaine d'albums

du point de vue de l'histoire du jazz et plus largement des musiques afro-américaines, les années 60 sont intéressantes, parce que sont encore en activité nombre de musiciens qui ont fait cette histoire depuis ses origines, le blues traditionnel et le Chicago style électrique, le New-Orleans et ses avatars Dixieland d'après-guerre, le jazz dit 'classique' (Main Stream, Big Bands…), le be-bop et le jazz dit 'moderne', alors que le Free-Jazz fait fureur depuis la fin des années 50, qui est aussi un retour aux sources et notamment au blues, que d'autres courants annoncent les hybridations avec le rock et l'électricité vers ce qu'on a appelé 'jazz-Rock, 'Jazz-Fusion' et jusqu'au World' Jazz plus ou moins aseptisé, sans parler du jazz et des musiques improvisées en Europe, mais aussi en Asie, et naturellement des courants latins (Bossa Nova, Afro-Cubain…), et du jazz africain à la suite des Indépendances

pour qui souhaite se faire une idée plus approfondie, se reporter à mes rubriques Histoires des jazz, ou à d'autres sources d'approche plus conventionnelle

il faut préciser que l'impact sur la musique des événements sociaux de 1968 n'est pas toujours immédiat

il faut préciser que l'impact sur la musique des événements sociaux de 1968 n'est pas toujours immédiat [...]

je commencerai naturellement par le blues [...]

bribes de jazz et autres musiques

dans 1968 année Jazz, Blues, Rn'B, Soul... etc.

1968 année jazz (blues, soul, funk, rock...) année révolution ? free feuilleton

cadeau de Noël à mes lectrices et lecteurs, je me lance dans une recherche et mise au net pour répondre à une question :

qu'écoutait-on en 1968 sous le nom de jazz, ou qu'entendait-on du jazz les influences dans les musiques écoutées alors

par là je compte intéresser naturellement les amateurs de jazz et de musique, mais aussi interroger le rapport de cette année "révolutionnaire" à la musique qu'on écoutait alors, le jazz vivant en tant que tel à travers la confrontation de styles et musiciens depuis ses origines jusqu'à ses devenirs annoncés (le 'jazz-rock,' la 'fusion', le 'world-jazz'...), son impact sur des musiques plus populaires, que ce soit depuis un quinzaine d'années alors le rock blanc, la pop music, la variété, etc. etc.

bribes de jazz et autres musiques Full Album

sera livré à l'appréciation brute à décoffrer en quoi le jazz de 1968 'reflète' le tournant des années 60 dans ses rapports au capitalisme, aux idéologies, et aux thématiques aujourd'hui plus cernées de race et de genre relativement au rapport de classe

c'est un travail de recherche (Internet ouvre et limite la documentation gratuite) comparable à celui que j'ai fait pour la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists), à la différence qu'ici, je construirai le propos autrement. Ma démarche de principe est, concernant toute musique, de l'écouter d'abord, avant de prétendre lui faire dire quoi que ce soit

par conséquent, j'entends que ce sujet présente un intérêt pour des amateurs de jazz, pour des mélomanes curieux, mais aussi des sociologues ou des esprits critiques ouverts à ce qu'une époque porte dans tous domaines, y compris éloignés de préoccupations sociales telle qu'elles sont exprimées dans les luttes

bribes de jazz et autres musiques

pour la simplicité de l'exposition autant que pour le plaisir de ceux qui vont à ce qu'ils aiment a priori, j'adopterai un classement à la fois historique et instrumental, selon les périodes du jazz qui structurent son histoire (enregistrée), selon les maîtres du jazz ou leaders alors connus ou en passe d'inventer les jazz qui s'en suivront, selon les jazz nouveaux dans les années 60 (le free-jazz et autres), et pour quelques-uns, selon l'instrument, puisque beaucoup s'intéressent à la musique par ses virtuoses, saxophonistes ou trompettistes, pianistes... Jazz Guirar Heros, qui ne tardent pas alors à devenir les vedettes de ce qui fut nommé jazz'rock, fusion ou World-Music, dont deux figures ressortent à ctte époque : Miles Davis et Jimi Hendrix et leurs 'accompagnateurs', le reste gravitant autour de ces deux pôles, sur le plan spectaculaire médiatico-commercial, l'underground alimentant ce succès à son insu, "free-jazz" bien compris comme de moins en moins libre...

bribes de jazz et autres musiques reportage (bizarrement ?) muet les 'Blacks Américains' de l'autre côté du 'Mur'

mon ambition est que ceux qui ont vécu ce temps-là, aujourd'hui confrontés à ces musiques de leur jeunesse, et les plus jeunes qui imaginent ou fantasment "68", puissent en avoir une image, et surtout un son, qui les invitent à réfléchir sur le rapport musique/social/spectacle (avec ou sans le concept situationniste de sociétéié marchande aliénante...). Plus modestement, je découvre dans cette recherche des musiques et des musicien.ne.s que j'ignorais, et en ce temps-là, et encore aujourd'hui...

bribes de jazz et autres musiques Full Album

finalement, il s'agit de recréer une ambiance d'époque par la musique aux environs du jazz/blues/RnB/Soul/Funk (qui n'a pas de centre), comme une madeleine de Proust pour les anciens, comme une invitation aux plus jeunes à prendre les choses, le passé, le temps, à travers ce qui ne veut rien dire (la musique) mais qui paradoxalement en est une trace concrète, par l'enregistrement audio ou vidéo, musiques de films... 

bribes de jazz et autres musiques le tout en morceaux

mise en bouche Stormy Weather live at Antibes Juan-les-Pains 1968, un des meilleurs témoignages de l'unité du jazz le plus 'commercial' et du blues le plus 'radical'

Vi Redd (vocal & alto sax) Count Basie Big Band

bribes de jazz et autres musiques

bonnes écoutes et joyeux Noël

bientôt 1968, une rubrique nouvelle de JAZZ

17 décembre 2014

1968 année free

« Parfois, j'ai envie de vivre dans mille ans, quand toutes ces histoires de races, de Blancs, de Noirs, n'auront plus de sens » Stan Getz

dans ma sélection de moments forts de la carrière de Mimi Lorenzini, récemment disparu, j'ai oublié un trésor, enregistré fin juin 1968 dans les studios MPS en Forêt Noire

bribes de jazz et autres musiques Sample réédition CD 2008

Barney Wilen : saxophones soprano, ténor, Joachim Kühn : piano, orgue, Aldo Romano ou Wolfgang Paap : batterie, Mimi  : guitare électrique, Gunter Lenz: contrebasse, guitare basse électrique

Que jouent-ils donc dans ce studio allemand? Des classiques de l'époque : superbes reprises de " The fool on the hill " des Beatles et de deux standards de la Soul Music " Why do You keep me hanging on? " et " Respect " d'Otis Redding. Il y a aussi une étonnante version d'un standard du Jazz moderne " Lonely woman " d'Ornette Coleman. Comme la mode est au psychédélisme, Joachim Kühn largue les amarres dans son hommage à " Dear prof Leary " apôtre de la non violence et de la consommation de substances illicites et mortelles. Quant à Barney Wilen et Mimi Lorenzini, en vrais Français, ils jouent " Dur Dur Dur " , composition bien nommée tant le saxophone et la guitare vous mordent.

Bref, du Free Jazz, à la Soul Music, en passant par la Pop et le psychédélisme, Barney Wilen cherche dans plusieurs directions sans savoir laquelle choisir. Il trouvera sa voie en quittant l'Europe aux anciens parapets pour l'Afrique, terre mère du Blues, sa vraie musique. Avec " Moshi ", Barney Wilen, un Blanc, créera de la Great Black Music , comme  à l'inverse, Herbie Hancock, un Noir, commença sa carrière à 11 ans en jouant Mozart au piano sur scène avec le Chicago Symphony Orchestra. " Parfois, j'ai envie de vivre dans mille ans, quand toutes ces histoires de races, de Blancs, de Noirs, n'auront plus de sens " (Stan Getz). source

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques 

sur Youtube ou autres vidéos, un seul extrait significatif

la guitare qu'on voit jouée par Mimi Lorenzini sur la photo (assis à gauche) est une Jacobacci à double découpe florentine (pans coupés pointus facilitant au mieux la montée dans les aigus et le passage du pouce derrière le manche)

témoignage d'un luthier

« Barney Willen - je travaille avec Mimi sur un projet... Mimi est le guitariste de TRIANGLE..."
« - Mais bien sûr, avec François Jeanneau...je vous ai vu au "Golf"...Bon, je vais installer les pédales..."
Pendant que je relie les câbles, Mimi a extirpé de son étui une guitare extraordinaire... C'est une "demi-caisse", en fait presque "trois quarts de caisse" d'une forme très similaire au modèle "Barney Kessel" de Gibson - à l'époque c'est le chanteur "Trini Lopez" qui l'utilise et elle est très visible sur les pochettes de ses disques... mais celle ci est d'une essence de bois magnifique : un érable ondé clair non teinté, seulement verni... Je suis fasciné et lui demande à la voir de près... Sur la tête, je lis le nom du fabricant "Jacobacci" - celui-là même qui fabriquait les fameuses "Royal" et autres "Ohio" des années soixante, que l'on trouvait entre les mains de personnes aussi diverses que " Johnny", les " Chaussettes Noires", ou encore Sacha Distel... et j'en passe...»

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiquesGibson Barney Kessel 1966 bribes de jazz et autres musiques Gibson Trini Lopez 1967 source 

16 décembre 2014

RIP Mimi Lorenzini, guitariste

Le guitariste Mimi Lorenzini s’est éteint à l’âge de 65 ans L'Est Éclair 14 décembre

Disparition - Ancien guitariste de Claude François, de France Gall et de Jacques Dutronc, figure emblématique du groupe Triangle, Mimi Lorenzini s’en est allé pour toujours.

bribes de jazz et autres musiques F. Jeanneau (Sax / Keyb / Cht) Mimi Lorenzini (Guit / Cht) J.P. Prevotat (Batt) Papillon (bass / Cht)

bribes de jazz et autres musiques

Viens avec nous 1972 (pas ma tasse de thé ni hier ni aujourd'hui...)

bribes de jazz et autres musiques tout sur le groupe Triangle

1972 « Viens avec nous » l’album de groupe, pochette double avec une photo en triptique.(L’album ressortira avec une pochette simple & tronquée qui n’a plus aucun intérêt !(Turpitude des maisons de disque). Superbe idée, les quatre membres représentant la trilogie Armée, Justice terrestre ou divine et enfin dans leur propre rôle le peuple. Les chansons sont toutes aussi inspirées et c’est renforcé de musicien tel Jean-Michel Jarre, Georges Locatelli, Henri Texier ou Aldo Romano, François Cahen, pour la plupart issu du jazz, et qui étonnamment ont su  conserver un esprit « POP » à l’enregistrement, PAPILLON tenant encore bien la barre.

Triangle Les Brumes De Chatou Youtube François Jeanneau à la flûte...

avec Ann Ballester Question de temps

bribes de jazz et autres musiques 1994 bribes de jazz et autres musiques 1999

Opus pour un autre temps spectacle Musique/Poésie. vidéo 30mn. Poèmes de Mahmoud Darwich, musique et conception Mimi Lorenzini. Captation du concert donné le 28 mars 2008 au Théâtre de la Madeleine à Troyes. Françoise Toullec (piano), Norbert Lucarain (batterie et percussions), Louis-Michel Marion (contrebasse), Magali Imbert (flûtes à bec), Steve Potts et Vincent Daoud (saxophones), Mimi Lorenzini (guitares et composition), Jean Marie Puissant chef de choeur, les élèves de l'Ecole Nationale de Musique de Troyes.

Gala pour Gaza jazz sur des poèmes de Mahmoud Darwich g p et récitant

Voodoo Chile de Jimi Hendrix guitare et poésie

6 décembre 2014

Attica Blues from France

le remarke d'Archie Shepp enregistré l'an dernier lors de concerts en France a obtenu hier un Grammy Award 2015 dans la catégorie Best Large Jazz Ensemble

bribes de jazz et autres musiques 2013 bribes de jazz et autres musiques 1972 Full Album

Mutinerie de la prison d'Attica 1971 « La mutinerie d'Attica est un soulèvement de prisonniers du centre correctionnel d'Attica dans l'État de New York qui eut lieu entre le 9 et le 13 septembre 1971. Majoritairement organisée par des détenus noirs quelques jours après l'assassinat du militant des Black Panthers George Jackson, cette mutinerie eut lieu dans un contexte de conflit exacerbé autour de la question des droits civiques et du racisme.» Wikipedia

cette révolte carcérale des plus sanglantes de l'histoire fut l'origine de l'œuvre emblématique du saxophoniste Archie Sheep : le disque manifeste "ATTICA BLUES". En 1979, il amplifiait la force de ce répertoire lors d'une tournée française. L'histoire se répète parfois avec bonheur puisque c'est encore dans l'hexagone qu'une re-création voit le jour en 2012, avec de nombreux jeunes musiciens français qui portent à leur tour ce cri universel contre l'injustice

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques images

à lire L'âme d'Attica allume le jazz d'Archie Libération 8 mai 2014

« Le blues présente un amalgame contradictoire d'ironie, de joie et de tristesse. Depuis les premiers temps de l'esclavage, les Noirs ont engendré et fructifié ce patrimoine, aujourd'hui richesse incontestée des USA. Mon père travaillait au goudronnage des routes de Floride. Le soir, il évacuait la peine en jouant du banjo. En l'entendant, j'ai appris à chanter le blues. A 7 ans, je connaissais le Saint-Louis Blues par cœur. Ma grand-mère me racontait l'oppression. J'écoutais mon père en parler avec le voisin. Très tôt, la situation des Noirs m'a concerné. Au lycée déjà, la conscience de la lutte m'habitait. Vivre dans le Sud, ça réveille !

En 1972, le compositeur enregistre Attica Blues, sur le label Impulse, en réponse aux émeutes qui suivirent le meurtre du Black Panther George Jackson dans la prison de San Quentin. La mutinerie s’organise à Attica (New-York), contre les conditions de détention des prisonniers et le racisme de gardiens. Les émeutes causeront 39 morts. Archie récidive en Big Band au Palais des Glaces en 1979. Ressuscite l'Attica Blues Orchestra à deux reprises : 2012 à la Cité de la Musique, 2013 à Chateauvallon. Le résultat - monumental - des deux derniers concerts : I Hear the Sound. L'album, publié sur le label Archieball, alerte sur les conditions effroyables de la vie en prison.

Archie Shepp : « Quand j'ai commencé à enseigner dans l'école publique, j'ai compris immédiatement que certains enfants étaient condamnés à finir en prison. Ils grandissaient dans les ghettos pauvres. La mère les élevait seule. Les conditions de naissance les conduisent en prison. Aujourd'hui, 15% des Noirs américains entre 21 et 35 ans croupissent en prison. Je  veux alerter le public sur un désastre humain.»

Pourquoi le titre I Hear the Sound? « Parce que dans le message des rebelles, j'entends le chant d'un peuple. Il ne s'agit ni d'un blues, ni d'un chant religieux. Plutôt un chant où les voix du prêcheur et du pêcheur se confondent »

Personnel: Archie Shepp: tenor and soprano saxophones, voice; Amina Claudine Myers: piano, voice; Tom McClung: piano; Famoudou Don Moye: drums, congas; Reggie Washington: bass; Darryl Hall: bass (5); Pierre Durand: guitar; Stéphane Belmondo: trumpet; Izidor Leitinger: trumpet; Christophe Leloil: trumpet; Olivier Miconi: trumpet; Ambrose Akinmusire: trumpet (5); Sébastien Llado: trombone; Simon Sieger: trombone; Romain Morello: trombone; Michaël Ballue: trombone; Raphaël Imbert: alto saxophone; Olivier Chaussade: alto saxophone; François Théberge: tenor saxophone; Virgile Lefebvre: tenor saxophone; Jean-Philippe Scali: baritone saxophone; Manon Tenoudji: violin; Steve Duong: violin; Antoine Carlier: viola; Louise Rosbach: cello; Marion Rampal: voice; Cécile McLorin Salvant: voice.

concerts en vidéo # du CD Archie Shepp ténor & soprano sax. vocal

bribes de jazz et autres musiques

Archie Shepp's Attica Blues Big Band 2012 Paris 2h11'

Archie Shepp Attica Blues Band La Villette Jazz Festival Paris Sept 9 2012 Part 2 39' Recommandé le blues à 12'30" et à 32:20 notre perle franco-américaine Cécile McLorin Salvant

bribes de jazz et autres musiques

5 décembre

à propos d'un disque de 2009

John Robinson & J Rawls are : The 1960's Jazz Revolution Again Hip Hop And You Don't Stop 29 novembre 2009

je ne suis ni un fanatique ni un grand connaisseur de rap et de hip hop, mais il est des productions qui retiennent plus mon intérêt et satisfont plus que d'autres mes goûts musicaux. Autant dire que ce n'est pas le cas de ce CD, que j'ai écouté avec patience entièrement

la couverture est certes alléchante, du point de vue du rapport entre jazz et révolution sociale, mais on est loin du compte, comme on peut en juger en comparant les musiques que j'ai référencées hier dans le jazz et les luttes des années 60

bribes de jazz et autres musiques en écoute sur Youtube

Crazy Horus, le chroniqueur, le dit sans que cela ne semble le gêner outre mesure, ça manque de mordant et d'originalité. Quoi qu'il en soit, je ne peux guère juger des paroles. Par contre la qualité des interventions instrumentales atteint un niveau soporifique qui n'a pas grand chose à voir avec le jazz des années 60 ni d'autres décennies au demeurant, si ce n'est celles du "cool jazz" et autre "soft jazz" dont on nous rebat les oreilles depuis un certain temps. Des saxophonistes enfilant les plans et les perles, ça va un temps... Des rythmiques certes efficaces mais sans rapport avec les batteurs qui ont fait swinguer toutes époques, on n'appelle pas ça du jazz sans que ça me donne des boutons

Mis à part « Relax Ur Mind » qui vient vulgairement briser le ton général, l’ambiance reste cohérente, hésitant entre un boom-bap percutant un poil trop rare (« Jazz Unconditional », « Shooting Smack »), et un jazz soyeux assez bien valorisé (« It’s Jay Are », « Love Me Good », « 1 Of The Greatest »). Tout réside dans la retenue [sic]. En effet, peu de place faite à la folie, aux envolées cuivrées d’un free-jazz, ou aux excentricités acides à la IsWhat?!. Rien de tout ça ici. La pondération est le maître mot [resic]. La ligne directrice quasi cool-jazz produit des merveilles de douceurs comme les distingués « The Lee Morgan Story », « She’s So Brilliant », ou encore « We Make The Rules » qui clôt l’opus sur un chœur aérien de toute beauté.

De manière globale on est en droit de reprocher un manque de mordant qui aurait pu rendre l’album beaucoup plus percutant, plus relevé et moins noyé dans la masse. L’ennui risque probablement de pointer le bout de son nez [et pas que...] étant donné le peu d’ardeur que dégagent certains morceaux tels que « The 1960’s Jazz Revolution Again » et « Type Sounds ». C’est un parti pris assumé semble-t-il [ah bon ? pourquoi parler de révolution alors, avec de telles sucreries musicales ?]

Force est de constater que sorti de nulle part, The 1960's Jazz Revolution Again finit tout de même par s’affirmer bien qu’il ne dégage pas l’originalité qu’on aurait pu attendre.

si la révolution doit se faire avec aussi « peu d'ardeur », il n'y a pas à en attendre socialement plus musicalement que de cet opus

4 décembre 2014

le jazz et les luttes des années 60 : une première sélection musicale

avertissement : la musique ne fait pas la révolution, et n'est pas plus révolutionnaire quand elle évoque des luttes sociales ou raciales que tout autre chose ou rien. Le jazz n'échappe pas à cette réalité, le free-jazz non plus dont on a parfois considéré, dans les années 68 et suivantes, qu'il supposait la violence musicale et reflétait uniquement celle des conflits d'alors

toutefois, des musicien.ne.s s'engagent explicitement sur les deux versants - musicaux et politiques - des combats contre l'oppression raciste, que ce soit dans une bonne part de leur œuvre ou par un thème évoquant tel événement

les éléments pour saisir ces rapports, du point de vue de la musique de jazz et de son évolution, peuvent être trouvés dans mon livre Jazz et problèmes des hommes, 2002 - sommaire

pour situer dans l'histoire, un film en français, recommandé

bribes de jazz et autres musiques ''Black Music'' Des chaines de fer aux chaines en or film 1h41mn

un lien musical entre Watts et Fergusson : The Watt's Prophets video Watts to Ferguson - Amde Hamilton - Create Your Way in, Create Your Way Out

en relation Record Albums of the Freedom Movement (pochettes de disques des années 50 et 60)

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques Big Bill Broonzy: Black, Brown and White

ce qui suit est une première sélection d'enregistrements, thèmes éparts ou disques entiers, ou le rapport jazz (et environs) et racisme ou luttes de libération est explicite. Mon choix porte sur les années 60 étendues à quelques précédents à la fin des années 50 et à quelques suites dans les années 70. Je complèterai cette sélection au fur et à mesure de mes souvenirs ou découvertes (la révolution ne se fera pas sur Youtube) 

bribes de jazz et autres musiques 1958  Full Album

Sonny Rollins ts Oscar Pettiford b Max Roach dms

bribes de jazz et autres musiques 1959 Fables of Faubus

Charles Mingus comp lead b Booker Ervin et John Handy sax Willie Dennis et Jimmy Knepper tb Horace Parlan p Dannie Richmond dms

En 1954, la NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People) remporte une grande victoire devant la Cour suprême, puisque cette dernière déclare que la ségrégation scolaire va à l’encontre de la Constitution (arrêt Brown v. Topeka Board of Education). Décision confirmée par un décret de 1955 de l’administration Eisenhower : « La déségrégation scolaire devait se poursuivre aussi rapidement que possible ». Or, les Etats su sud se protègent derrière leurs lois locales pour empêcher les adolescents noirs d’étudier dans des écoles blanches. Ainsi, le gouverneur de l’Arkansas, Orval Faubus se range du côté des ségrégationnistes afin de faire obstacle à l’intégration dans les écoles de l’Etat.

Le gouverneur de l’Arkansas, Orval Faubus se range du côté des ségrégationnistes afin de faire obstacle à l’intégration dans les écoles de l’Etat. A Little Rock (Arkansas), quelques jours avant la rentrée des classes, le gouverneur de l'Etat, Orval Faubus fait appel à la garde nationale de l’Arkansas, sous prétexte d’éviter les violences. Cette décision fait grand bruit et contraint le président Eisenhower d’envoyer un détachement du 101ème régiment aéroporté pour assurer la sécurité des neufs élèves noirs concernés.

Afin d’éviter la déségrégation, le gouverneur Faubus demande la fermeture des écoles publiques lors d’une Assemblée d’Etat en août 1958 (129000 voix favorable au refus de l’intégration raciale, 7600 contre). De fait, les lycées de Little Rock restent fermés pendant l’année 1958-1959. Il faudra attendre 1970 pour que les écoles de Little Rock soient complètement « intégrées ». source

bribes de jazz et autres musiques 1960 Full Album

Max Roach -- drums
Abbey Lincoln -- vocals
Booker Little -- trumpet on "Driva Man", "Freedom Day", "All Africa", and "Tears for Johannesburg"
Julian Priester -- trombone on "Driva Man", "Freedom Day", and "Tears for Johannesburg"
Walter Benton -- tenor saxophone on "Driva Man", "Freedom Day", and "Tears for Johannesburg"
Coleman Hawkins -- tenor saxophone on "Driva Man"
James Schenk -- bass on "Driva Man", "Freedom Day", and "Tears for Johannesburg"
Michael Olatunji -- congas, vocals on side two
Raymond Mantilla -- percussion on side two
Tomas du Vall -- percussion on side two

bribes de jazz et autres musiques 1963 Alabama Afro Blue Side one 18'

John Coltrane sax ténor & soprano McCoy Tyner p Jimmy Garrison b Elvin Jones dms

Le 15 septembre, quatre fillettes noires sont tuées dans un attentat à la bombe sur l'église baptiste de la 16e rue à Birmingham (Alabama). Suite à cette tragédie, Coltrane enregistre, le 18 novembre, la pièce Alabama en mémoire des enfants assassinés.

bribes de jazz et autres musiques 1967 Exosphere 15th Floor 

avec Joe McPhee as Karl Berger, vib Jimmy Garrison b...

ce disque est enregistré le lendemain des funérailles de John Coltrane - Garrison était le contrebassiste du quartet - Archie Shepp et Ornette Coleman écriront des Liner Notes pour les rééditions

1971. Un avion se pose sur les pistes d’Orly. À son bord, Clifford Thornton, l’une des figures du free jazz, proche des Black Panthers. Les policiers français attendent le musicien : sa présence n’est pas souhaitée sur le territoire. La Suisse l’accueillera... Cette même année, le ministre de l'intérieur Marcelin interdit un concert de Sun Ra aux Halles de Paris.

bribes de jazz et autres musiques 1969 Niger's Theme The Giant Is Awakened The Dark Tree

Horace Tapscott - p Arthur Blythe - as David Bryant - b Walter Savage Jr - b Everett Brown Jr - d

bribes de jazz et autres musiques 1969 The Ballad of the Fallen El Quinto Regimiento / Los Cuatro Generales / Viva la Quince Brigada Song for Che

Perry Robinson — clarinet
Gato Barbieri — tenor saxophone, clarinet
Dewey Redman — alto saxophone, tenor saxophone
Don Cherry — cornet, flute, Indian wood & bamboo flutesMichael Mantler — trumpet
Roswell Rudd — trombone
Bob Northern — French horn, hand wood blocks, crow call, bells, military whistle
Howard Johnson — tuba
Sam Brown — guitar, Tanganyikan guitar, thumb piano
Carla Bley — piano, tambourine
Charlie Haden — bass
Paul Motian — drums, percussion
Andrew Cyrille — drums, percussion

Dans les mois qui suivent la mort de Coltrane, un vent de rébellion souffle sur la sous-culture de l'avant-garde new-yorkaise. Les prises de positions politiques et les exigences de changement social font leur entrée dans le travail musical des jeunes artistes ; il y a une solidarité avec le mouvement des droits civiques, très à gauche ; on critique la politique extérieure du gouvernement américain, particulièrement au Viêt Nam et en Amérique latine. Le Liberation Music Orchestra, créé par Haden et la pianiste Carla Bley en 1969, existe encore de nos jours et formule – avec des équipes variables et des directions stylistiques diverses – des protestations musicales dirigées contre certaines injustices sociales aux États-Unis. En 1971, Haden interprète le titre Song for Che, extrait du premier album de la formation, alors qu'il est en déplacement au Portugal. Au cours de l'introduction du morceau, il le dédie aux opposants au régime totalitaire de Marcelo Caetano. Il sera ensuite arrêté et interrogé par la police secrète DGS.

bribes de jazz et autres musiques 1970 What is a Man?  bribes de jazz et autres musiques 1997 Listen/Part E's

The The Watts Prophets are a group of musicians and poets from Watts, Los Angeles, California. Like their contemporaries The Last Poets, the group combined elements of jazz music and spoken-word performance, making the trio one that is often seen as a forerunner of contemporary hip-hop music. Formed in 1967, the group comprises Richard Dedeaux, Father Amde Hamilton (born Anthony Hamilton), and Otis O'Solomon (also billed as Otis O'Solomon Smith)

bribes de jazz et autres musiques Full Album 1974-1988 (première version 1970) Paroles

The Revolution Will Not Be Televised (« La Révolution ne sera pas télévisée ») est un poème, puis une chanson de Gil Scott-Heron. Elle a été décrite comme une « polémique agressive contre les médias de masse et contre l'ignorance par l'Amérique blanche de la dégradation progressive des conditions de vie dans les cités ». Le chant de Scott-Heron sur la chanson est quant à lui considéré comme précurseur du phrasé caractéristique du rap Histoire d'un thème, reprises...

bribes de jazz et autres musiques 1971 Freedom Death Dance  Headless Heroes  Lovin' Man

Harry Whitaker p Gary King elec b Miroslav Vitous b Alphonse Mouzon dms Richie Resnikoff g Carla Cargill voc

This album dabbles in form between soul, Funk, jazz and even folk. In addition, it has been a collector's item among rap music and rare groove enthusiasts since the early 90s when several of the songs were sampled by many hip hop producers

Based upon Gene McDaniels' early 1960s success as a pop singer (his hits "A Hundred Pounds of Clay," "Tower of Strength," and "Chip Chip" all made the Top Ten during the 1961-1962 period), the two albums he recorded for Atlantic (as "Eugene") a decade later must have been quite a surprise to an unsuspecting public. Not to take anything away from the man's earlier material, but Outlaw and Headless Heroes of the Apocalypse stand as remarkable achievements in their ability to tackle weighty issues such as racism, gender, religion, politics, and genocide and present them in an eminently listenable rock-funk-jazz context. Extremely controversial in their day, it is only within the last ten years or so that people are finally recognizing them as the masterpieces that they are.

bribes de jazz et autres musiques 1972 Full Album

Archie Shepp: tenor and soprano saxophones
Clifford Thornton: cornet
Roy Burrows, Charles McGhee, Michael Ridley: trumpet
Cal Massey: fluegelhorn
Charles Greenlee, Charles Stephens, Kiane Zawadi: trombone
Hakim Jami: euphonium
Clarence White: alto saxophone
Marion Brown: alto saxophone, flute, bamboo flute, percussion
Roland Alexander, Billy Robinson: tenor saxophone
James Ware: baritone saxophone
John Blake, Leroy Jenkins, Lakshinarayana Shankar: violin
Ronald Lipscomb, Calo Scott: cello
Dave Burrell: electric piano
Walter Davis, Jr.: electric piano, piano
Cornell Dupree: guitar
Jimmy Garrison, Gerald Jemmott, Roland Wilson: bass
Ollie Anderson, Nene DeFense, Juma Sultan: percussion
Beaver Harris, Billy Higgins: drums
Joshie Armstead, Henry Hull, Waheeda Massey, Albertine Robertson, Joe Lee Wilson: vocal
Bartholomew Gray, William Kunstler: narrator
RoMas: arranger
Romulus Franceschini: conductor

« La mutinerie d'Attica est un soulèvement de prisonniers du centre correctionnel d'Attica dans l'État de New York qui eut lieu entre le 9 et le 13 septembre 1971. Majoritairement organisées par des détenus noirs quelques jours après l'assassinat du militant des Black Panthers George Jackson, cette mutinerie eut lieu dans un contexte de conflit exacerbé autour de la question des droits civiques et du racisme.» + sur Wikipédia

sur ce site Martin Luther King et le jazz et notamment le discours On the Importance of jazz (texte et traduction française) au festival de Berlin 1964

bribes de jazz et autres musiques 1977 I'm believe in him  Latin Happ'n

The essence of the music is improvisation and jazz but it contains elements of soul, funk, R&B, spoken word, gospel and blues

Personnel: Nathan Davis: reeds; Lew Soloff: trumpet; Clyde Bellin: trumpet; Nelson Harrison: trombone; Daniel Poupard: trombone; Lee Gross: baritone sax; Frank Cunimondo: electric piano; Mike Taylor: bass; Joe Harris: drums; Steve Boyd: arp synthesizer, clarinet; Willie Amoaku: percussion; Eric Johnson: guitar; Donald M. Henderson: narrator; Brenda Joyce: vocal; Marilyn Davis: special effects. Revue

des compilations débordent la période

bribes de jazz et autres musiques 1965-1983 bribes de jazz et autres musiques

avec Sun Ra, John Coltrane, Pharoah Sanders, Don Cherry, Ornette Coleman, the Art Ensemble of Chicago, Rashied Ali, Steve Reid, Mary Lou Williams, Horace Tapscott, Lloyd McNeil, Tribe, The Last Poets, The Pharoahs, Philip Cohran, Black Artists Group...

bribes de jazz et autres musiques 1969-1974 compilation extraits

avec Angela Davis, Gil Scott Heron, Lonnie Liston Smith, Leon Thomas, Horace Tapscott, Gato Barbieri, Oliver Nelson, Chico Hamilton...

à prolonger par Jazz et féminisme Free Jazz Women Jazz et Gender Studies...

 

2 décembre 2014

St-Louis Blues en cours 22:21

une histoire américaine en douze heures de musique : 150 versions de Saint-Louis Blues de 1918 à 2013

cherchez l'erreur mais n'appelez pas la police !

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques 

l'orchestre de W.C.Handy, compositeur du St.Louis Blues, en 1918                                   l'équipe de hockey actuelle

Ferguson, lieu du meurtre du jeune Michael Brown et des émeutes qui on suivi, est une banlieue de St.Louis, Missouri. De l'autre côté du Mississipi, East St.Louis, dans l'Etat de l'Illinois

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

des articles relatifs à ces événements ont évoqué le blues de Saint-Louis, le Saint-Louis Blues. Exemples : St. Louis Blues: An Old Refrain In Grand Jury Decision Huff Post 25 novembre. Ferguson : e vieux refrain du blues de Saint-Louis Huff Post 26 novembre : « la ville représente tout le paradoxe de l’histoire des races aux Etats-Unis: elle a donné naissance à W.C. Handy et au blues, à Chuck Berry et au rock 'n roll, et à l’affaire Dred Scott portant sur les esclaves fugueurs.»

non, la ville n'a pas donné naissance au blues, elle se situe au nord de son ère d'origine

bribes de jazz et autres musiques 

* La grande Migration a eu lieu principalement entre les deux guerres mondiales. Cependant, entre 1910 et 1970, environ 6,5 millions d'afro-américains ont migré du Sud. En 1910, 80% des noirs vivaient dans le sud, moins de la moitié y vivaient en 1970, et seulement 25 % dans les régions rurales du Sud. Source Blues Classroom 1917 est l'année des émeutes raciales les plus sanglantes de l'histoire des Etats-Unis... à East St.Louis. Voir East St.Louis Riot 1917 images

W.C Handy, compositeur en 1914 du Saint-Louis Blues est enfant d'esclaves de l'Alabama. Il n'invente pas le blues mais lui confère des formes structurées qui en assurent la diffusion et le développement musical au-delà de ses formes rurales, et la reprise dans le jazz dont il est une composante essentielle. La suite, c'est son influence sur toute la musique américaine, et particulièrement sur les formes populaires, dans la Folk-Music, la Country Music, le R n' Roll, le Rythm n' Blues, la Soul et le Funk jusqu'à leurs développements récents. Le thème fait aussi le tour du monde, en passant par les versions "françaises" de Django Reinhardt, russes de

bribes de jazz et autres musiques

une musique nouvelle de brassages lointains

« When ‘St. Louis Blues’ was written the tango was in vogue. I tricked the dancers by arranging a tango introduction, breaking abruptly into a low-down blues. My eyes swept the floor anxiously, then suddenly I saw the lightning strike. The dancers seemed electrified. » W.C. Handy Autobiographie 1941

l'originalité du Saint-Louis Blues est sa structure en AABA, où A est un blues désormais fixé à 12 mesures, et B un pont (Bridge, Middle Part...) de 16 mesures sur un rythme dit de tango, de congo-tango, de habanera d'origine cubaine (Contradanza*), qu'on trouve aussi à la Nouvelle-Orléans dès le début du 18ème siècle (second Line) et s'introduit alors dans la musique afro-américaine écrite ou non, jusqu'aux débuts du jazz (Scott Joplin, Jelly Roll Morton...)

* la contredanse française est introduite, ainsi que le menuet, à Santiago de Cuba par les colons français et leurs esclaves fuyant la révolution à Hispaniola, aujourd'hui Haïti et Saint-Domingue (voir Révolution haïtienne)

ce caractère 'latin' facilitera en retour la reprise par les crooners cubains des années 50 ou les mélanges qui conduiront à ce qu'on appelle, sauf à Cuba, la salsa (Perry Como, Dizzy Gillespie, Nat King Cole...)

bribes de jazz et autres musiques

on remarquera aussi que le thème est joué à des tempos des plus lents aux plus rapides, et que l'improvisation en fait des morceaux souvent sans autres rapports les uns aux autres que la présence de la mélodie et de la structure autorisant différents rythmes, au sens de la danse

une histoire américaine en douze heures de musique : 150 versions de Saint-Louis Blues de 1918 à 2013

ces caractéristiques musicales versatiles comme la beauté de la mélodie expliquent sans doute le succès du thème et son adaptation dans tous les styles musicaux depuis sa création. Dans les années 30 c'est le morceau le plus enregistré, avant d'être détrôné par Stardust. J'ai sélectionné plus de 150 versions enregistrées de Saint-Louis Blues, des années 20 à aujourd'hui, avec leurs liens vers des vidéos

cela peut s'entendre pratiquement comme une histoire des musiques afro-américaines aux Etats-Unis, le blues dans ses variantes rurales, boogie-woogie... jusqu'au Chicago Blues électrifié et prémisses du rock, le jazz et ses grandes périodes (Nouvelle-Orleans noir et créole et Dixieland blanc, Swing Era et Bigs bands (la plupart, 'blancs' ou 'noirs', ont ce thème à leur répertoire pour la danse), Mainstream, Be-Bop... l'évolution vers le Rhythm and Blues à la fin des anées 40, la Soul et le Funk dans les années 60... et de leur influence sur des musiques au-delà des plus jouées par les 'Noirs', Western Swing et Country, Rock n' Roll, Pop Music, etc., et naturellement les musiques commerciales ou la musique savante pour orchestres 'classiques'. Ces 'styles' et leurs instrumentations font de fait l'objet de tous les mélanges possibles, des plus cocasses aux plus tragiques, des plus sucrées aux plus salées

les années 50 sont particulièrement représentatives d'une croisée de tous les styles anciens et modernes avant l'arrivée du free-jazz, qui correspond aux années de braise des mouvements de libération des années 60, à l'assassinat de Martin Luther King (voir Martin Luther King et le jazz), à l'arrivée du Black Panther Party et aux émeutes

il n'y a guère que le free-jazz qui boude Saint-Louis Blues, mais tout est relatif, puisque ce "courant", s'il ne s'appuie pas généralement sur des structures harmoniques, renoue avec l'esprit sinon la lettre du blues (voir 'Free-Jazz', idées reçues ?). Je donne les versions magnifiques, dans les années 60, de Max Roach ou Jaki Byard ("le" pianiste de Mingus). C'est à Saint-Louis aussi que naissent les fameuses associations de musiciens tels que le Black Artists' Group (BAG) en 1968, avec ces trois immenses saxophonistes que sont Julius Hemphill, Oliver Lake and Hamiett Bluiett. C'est à Saint-Louis que grandit le trompettiste Lester Bowie, de l'AACM, crétaeur de l4Art Ensemble de Chicago. C'est à Saint-Louis qu'est fondé en 1971 le Human Arts Ensemble, par le batteur Charles Bobo Shaw

la ségrégation mise en cause par les musiciens de jazz

une chose est essentielle, les musiciens 'blancs' et 'noirs' ne se mélangent pas, tout du moins sur les scènes, et la ségrégation vaut pour les orchestres jusqu'au milieu des années 30, où elle est trangressée par des musiciens tels que Benny Goodman (avec Lionel Hampton et "l'inventeur de la guitare électrique" Charlie Christian). Il faut souligner le rôle essentiel des immigrés juifs et italiens dans ce processus de déségrégation, malgré les interdits et grâce au soutien des gangsters dès les origines du jazz, sans lesquels cette musique n'existerait pas (cf le jazz et les gangsters, de Ronald L. Morris) . On peut donc aussi entendre, en filigrane, comment ces musiques portent les préoccupations communautaires, selon ce qu'elle sont dans l'Amérique raciste, sur fond d'histoire sociale, entre luttes et enjeux commerciaux du capitalisme des loisirs. Pour en savoir plus, se reporter à mon livre en ligne JAZZ ET PROBLEMES DES HOMMES, Livre, 2002 (sommaire)

certains de ces enregistrements sont considérés comme des chefs-d'œuvre de l'histoire du blues (Bessie Smith...), du jazz (Armstrong...), mais aussi du rock (Chuck Berry...). D'autres sont plus anecdotiques mais toujours représentatifs d'une grande variété, et certaines vidéos valent autant pour l'extraordinaire documentation, photos, extraits de films, ou commentaires écrits

un succès mondial au-delà des guerres chaudes ou froides

bien vite le thème fait (presque) le tour du monde en raison de l'influence américaine, et l'on trouve dès les années 20 des versions européennes, russes, bien vite celles de Django Reinhardt en France (4 versions de 1935 à 1950), mais aussi dans le Berlin nazi de 1941 (hé oui, le jazz n'est qu'officiellement interdit),... le dixieland revival avec ses figures obligées en Europe, Claude Bolling avec Sidney Bechet en France, Chris Barber ou Acker Bilk (récemment décédé) en Angleterre, la Belgique et la Hollande, l'Allemagne et la Suède, le flamenco de Carlos Montoya... et plus loin le Japon (y compris avant l'arrivée des Américains), la Corée, etc.

bribes de jazz et autres musiques

une liste à passer le hockey pour rencontrer le jazz et environs

j'ai retenu un classement chronologique par décennies, sans considération des différents genres. Cette sélection est évidemment tributaire de ce qu'on trouve sur Internet, et de très belles versions y brillent par leur absence, si j'en crois simplement ma discothèque. La proportion par décennies n'est pas significative, parce qu'il est plus habituel de mettre en ligne des enregistrements d'après-guerre. Alors que les documents d'avant-guerre sont extraits de 78 tours, de radios ou de comédies musicales, commencent alors à apparaître dansles années 50 des émissions de télévision ou des films de concerts et festivals. On peut considérer ce choix comme plutôt représentatif, dans la mesure où ne n'ai pas fait intervenir mes goûts, ni signalé les œuvres considérées comme majeures

à préciser que des albums d'Elvis Presley, Eric Clapton, Led Zeppelin... porte le titre, mais ne comportent pas d'interprétation de Saint-Louis Blues

pour amateurs avertis ou curieux de tout

les amateurs de jazz y retrouveront aisément leurs petits et leurs "grand(e)s" - peu sont absent.e.s du moins dans le jazz classique -, mais tomberont aussi sur les noms oubliés de musicien.ne.s qui furent célèbres en leur temps. Cela témoigne de la grandeur du "jazz classique" et du génie créateurs de ses musicien.ne.s, des styles souvent méconnus voire méprisés. Ces originaux pris dans les contradictions socio-raciales de leur temps, dont ils furent la musique vivante, valent bien leurs reprises actuelles dénuées de tout ancrage social, voire expression de classes moyennes éprises d'ambiances "jazzy" ou de performances instrumentales vides de sens  et coupées de l'histoire (les tensions socio-raciales s'expriment depuis des décennies dans d'autres formes, le rap, le hip-hop... au demeurant très représentés à Saint-Louis et autour des protestations de Ferguson). Voir mes rubriques Histoires des jazz

bribes de jazz et autres musiques cherchez l'erreur mais n'appelez pas la police

les autres se débrouilleront, et tant pis pour ceux qui ne veulent connaître de Saint-Louis Blues que l'équipe de hockey, créée en 1967, et qui complique un peu la recherche de vidéos à partir des années 70. En même temps le thème de W.C. Handy tend à être moins joué, bien que toujours repris par les anciens ou leurs continuateurs dans des versions folklorisées souvent sans intérêt. On observe le creux des années 70-80 concernant le jazz, avant la relance dans un esprit 'revival / Great Black Music' par le trompettiste Winton Marsalis et ses amis du Lincoln Center

certaines des dernières interprétations émergent du lot (Herbie Hancock et Stevie Wonder, Greg Osby, Papa John Creach, Bill Frisell...), et surtout des centaines de vidéos d'amateurs envahissant Youtube, particulièrement pour le piano et la guitare 'picking' dans la reproduction des versions de Les Paul, Chet Atkins, Big Bill Broonzy...

je dédie ce travail à tous les Michael Brown du monde

« Qu'est-ce que c'est que cet air-là ? je l'aimais tant. Ah ! c'est Saint Louis Blues. Eh bien, dansez, dansez.» Jean-Paul Sartre Huis clos 1943

1918 W C Handy 1919 Al Bernard

bribes de jazz et autres musiques

1920 Marion Harris 1921 Original Dixieland Jazz Band 1922 W C Handy and Orchestra 1923 Esther Bigeou 1925 Bessie Smith & Louis Armstrong  1923 King Oliver Creole's Jazz with Louis Armstrong Band 1926… Fats Waller PipeOrgan 1943-1926 piano (1939) 1926 Ted Lewis 1926 Bessie Brown and her Orchestra 1927 "Efim" Schachmeister  violon Jazz Symphony Orchestra 1927 Sylvester Weaver and Walter Beasley Country Blues 1928 Warren Mills Blue Serenaders Choir Duke Ellington Adelaïde Hall Bubber Miley (tp) Barney Bigard (cl)  1928 Clarence Williams & Katherine Henderson 1929 Bessie Smith film

bribes de jazz et autres musiques

1930 Jim Jackson guitar voc  1930 Guy Lombardo and his Royal Canadians 1930 Cab Calloway and the Missourians 1931 Red McKenzie Mound City Blue Blowers  film 1932 Bing Crosby  et Duke Ellington 1932 The Mills Brothers Quartet Vocal 1932 Frankie Trumbauer sax 1933 Boswell Sisters 1933 Jim and Bob the Genial Hawaïan 1933 Louis Armstrong 1933 Noble Sissle and his Orchestra Film 1934 Billy Cotton & His Band 1934 Paul Robeson 1934 The Washboards Serenaders 1935 Larry Adler harmonica 1935 Bob Wills and his Texas Playboys 1935 Milton Brown and his Brownies 1935 Stéphane Grappelly avec Django 1936 Walter Brennan & Theresa Harris Film 1936 Willie "Red" Newman harmonica acc guitar 1936 The Mills Brothers Vocal Qtet + guitar

bribes de jazz et autres musiques

1936 Benny Goodman Orch. 1937 Django Reinhardt trio Louis Gasté Eugène d'Helemmes 1937 Adrian Rollini Orch. à 4:00 1937 Ben Pollack 's Orchestra with Whitey McPherson voc 1938 Artie Shaw 1938 Benny Goodman Carnegie Hall Fletcher Henderson argt Cozy Cole dms 1938 Mildred Bailey 1938 Red Norvo vib  1939 Roy Eldridge 1939 Ella Fitzgerald & Chick Webb at the Savoy Ballroom  (magnifiques photos)

bribes de jazz et autres musiques

1940 Art Tatum 1940 Billie Holiday Benny Carter Orch. 1940 Count Basie  1940 Gene Krupa and His Orchestra 1940 Earl Hines Big Band Boogie Woogie on St-Louis Blues 1940 Valaida Snow tp voc & Winstrup Olesen ts  1941 Lena Horne 1941 Charlie & his Orchestra German propaganda Swing. Berlin 1942 Count Basie Orch. Buck Clayton tp Don Byas ts 1942 John Kirby Quintet Buster Bailey cl rapide1943 Glenn Miller Orch.  1944 Mary-Lou Williams p solo   (Saint-Louis Blues est le dernier thème joué à 13:47) 1944 Harry James

bribes de jazz et autres musiques 1945 Errol Garner piano solo

1945 Sidney Bechet à la clarinette & Bluenote Jazzmen 1945 Boyd Reaburn (un précurseur du Cool et du West-Coast Jazz voir l'arrangement de jazz, avec l'oubli ?) 1945 Eddie Rosner «  le Jazzman du Goulag » 1946 Maurice Rocco & His Rockin' Rhythm Cozzy Cole dms 1947 Django Reinhardt Electric guitar 1947 Louis Armstrong Town Hall live  1947 Duke Ellington Marion Cox  1947 Jack Teagarden tb voc 1948 Walter Dobschinski – Berlin 1949 The Dozier Boys Quartet vocal 1949 Bab's Gonzales orch. Sonny Rollins  Billie Holiday live 1950 Django Reinhardt QHCF 1951 Henry Red Allen / Buster Bailey + Sandy Williams + Joe Sullivan 1952 Chet Atkins 1952 Mickey Katz and his Kosher-Jammers hilarious ;-) 1952 Red Nichols and his Five Pennie

bribes de jazz et autres musiques 1953 Metronome all Star Roy Eldridge (trumpet) Kai Winding (trombone) John LaPorta (clarinet) Warne Marsh, Lester Young (tenor saxophone) Terry Gibbs (vibraphone) Teddy Wilson (piano) Billy Bauer (guitar) Eddie Safranski (bass) Max Roach (drums) Billy Eckstine (vocals)

bribes de jazz et autres musiques 1954 Louis Armstrong Velma Middleton

1953 Billy Eckstine 1954 Richard Maltby - St. Louis Blues Mambo 1954 ? Les Paul (l'inventeur des guitares éponymes) & Mary Ford 1950' Moon Mullican Country Rock p voc 1955 Chris Barber (tb Angleterre) JB Ottilie Patterson 1956 Louis Armstrong & Leonard Bernstein film 1956 Wilbur de Paris Willy 'the Lion' Smith ? Sammy Price piano solo boogie-woogie 1956 Bill Coleman tp voc 1956-57 Shirley Bassey 1957 Rock Murphy & his Rockets 1957 Billy Ward And His Dominoes (quintet vocal) 1957 Lavern Baker  1957 Louis Prima1958 Sidney Bechet, Simone Alma et Claude Bolling  1958 Joe Turner p solo et interview André Francis Festival de Cannes (Joe Turner est mort dans sa ville de... Montreuil, et inhumé dans la mienne de Fontenay-sous-Bois)

bribes de jazz et autres musiques 1958 Nat King Cole St. Louis Blues - Complete Movie

1958 Ella Fitzgerald dans le film 1958 Eartha Kit film 1958 Carlos Montoya guitare flamenca 1958 Jimmy Smith & Kenny Burrell Donald Bailey 

bribes de jazz et autres musiques 1958 Eartha Kit & Shorty Rogers

1959 Dizzy Gillespie  Electric Mayhem au Muppet Show live 1959 Art Pepper à la clarinette + eleven 1959 Dizzy Gillespie Sextet Les Spann g Junior Mance p Sam Jones b Lex Humphries dms  Carlos "Patato" Valdes congas 1959 Pearl Bailey 1959 John Fahey blues guitar solo 1959 Perry Como + Big Band 1959 Duke Ellington & Johnny Hodges, Harry Edison, Jo Jones un chef-d'œuvre absolu

bribes de jazz et autres musiques 1959 Pearl Bailey

1960 Gil Evans Orch. Cannonball Adderley Paul Chambers Art Blakey  1961 Ida Cox, Roy Eldridge, Coleman Hawkins, Sammy Price, Milt Hinton, Jo Jones live 1961 Dave Brubeck Quartet live 1962 Peggie Lee & Quincy Jones Orch. 1963 Sonny Criss 1963 Ella Fitzgerald Roy Eldridge tp Wild Bill Davis Organ Herb Ellis g Ray Brown b

bribes de jazz et autres musiques non trouvé

1964 Muggsy Spanier 1964 Chuck Berry 1964 Judy Garland & Martha Raye  1965 Max Roach Freddy Hubbard 1966 Rex Stewart tp voc & The Henri Chaix Orchestra 1966 Peggie Lee & Andy Williams 1967 Jaki Byard p David Izenzon b Elvin Jones dms Tympani 1968 Paul Gonsalves ts & Enrique Villegas p 1968 The Beatles 1968 Thad Jones & Mel Lewis Orchestra Bob Brookmeyer Village Vanguard 1968 Lou 'Moondog' Lawton (Soul Funk)

bribes de jazz et autres musiques le thème non trouvé en ligne

1970 Ada 'Bricktop' Smith voc dance 1970' Lou Rawls télé with Big Band 1972 Candy Darling  in a scene from the German avant-garde film Der Tod Der Maria Malibran, directed by Werner Schroeter ? Furry Lewis Guitar voc Country Blues 1973 Big Walter Horton (Chicago Blues) Ann Arbor Festival live 1974 Etta James 1977 Hank Marvin 1977 Ray Bryant piano solo Montreux 1978 Sam Chatmon blues guitar & vocal 1979 Dave Brubeck Jerry Bergonzi Newport Festival 1979 Ella Fitzgerald Festival Montreux

1982 Marty Napoleon (pianiste de Louis Armstrong) 1983 Bintangs (groupe pop hollandais) 1989 Oscar Benton (groupe de rock-blues hollandais)

1990 Tommy Flanagan & George Mraz 1992 Russell Malone acoustic guitar Milt Hinton b 1995 Winton Marsalis 1996 Don Byron (cl) Uri Caine p 1999 Herbie Hancock & Stevie Wonder hca 1999 Odetta film 1999 Ray Bryant (p), Ray Drummond (b), Kenny Washington (ds)

bribes de jazz et autres musiques

2001 Midori Ono Organ Trio (funky) 2003 Greg Osby as 2004 Yasuto Ohara p trio 2004 Peter Cincotti voc p (souljazz) 2007 Stone Jazz trio coréen utilisant des instruments traditionnels 2008 Jack Rose lap steel guitar  solo 2009 Aaron Diehl 2009 David Sanborn + Big Band un natif de Saint-Louis...

2011 Papa John Creach violon (Jefferson AirPlane, Grateful Dead, Santana...) 2013 Hugh Laurie bien fait dans le genre soupe funky-jazzy soft jazz etc. 2013 ? Bill Frisell Solo Guitar une vidéo et un solo exceptionnels

à titre anecdotique, un orchestre de la marine japonaise, un arrangement ambitieux bien interprété, mais un swing très militaire... Japan/USA Navy Bands


bribes de jazz et autres musiques

10 novembre 2014

jazz : la danse des infidèles, Sébastien Banse Les Lettres Françaises 4 novembre

le jazz n'est pas mort, tant qu'il s'écrit encore, et tant qu'il en reste un pour honorer la mémoire de Bud Powell

Mode d’expression longtemps exclusif d’un peuple privé de parole, la musique afro-américaine ne peut être séparée des conditions de son développement. En tant que peuple assujetti à l’intérieur même des États-Unis, et pas à sa périphérie, les Noirs ont reçu le triste privilège d’assister au spectacle de la domination au premier rang des victimes. De la simple affirmation de leur existence en tant qu’êtres humains jusqu’à leurs revendications les plus radicales, des chants de travail jusqu’aux expérimentations free, la musique a été la chronique autonome de l’histoire du peuple noir américain, dont le be-bop est un moment.[...]

6 novembre

Manitas, populaire, génial, oublié ?

bribes de jazz et autres musiques Manitas de Plata - Por el camino de Ronda

4 novembre

Acker Bilk vers d'autres rivages

infos vidéos Jazz for the Traddies 46 mn

clarinettiste légendaire en Angleterre, auteur en 1961 du Single instrumental le plus vendu au monde à ce jour (Stranger of the Shore), il était un adepte du jazz New-Orleans et Dixieland. J'étais un fan dans les années 65, alors que j'apprenais la clarinette, avant de découvrir des jazz plus solides... Il s'était dotté d'un son des plus pleins sur l'instrument, certes assez éloigné de ses inspirateurs créoles de la Nouvelle-Orléans

bribes de jazz et autres musiques

28 octobre 2014

le jazz et le rock en deuil d'images : le photographe David Redfern est mort > Home Page

David Redfern, jazz photographer, dies aged 78

d'un grand photographe on connaît souvent les photos, pas le nom

bribes de jazz et autres musiques

Jack Bruce, bassiste des Cream (Clapton, Ginger Baker), qu'il avait pourtant "immortalisé" est mort deux jours après

bribes de jazz et autres musiques Le Monde

 

12 octobre

le jazz est mort, vive le jazz !

Jazz, à l’envie à la mort Edouard Launet, Dominique Queillé et Vittorio de Filippis Libération 26 septembre

« Depuis les années 30, son avis de décès a maintes fois été publié. Alors, complètement «jazz been», le genre musical de John Coltrane et Miles Davis ? Points de vue de musiciens... »

suivent ceux de Archie Shepp, John Scofield, Guillaume Perret, Julien Lourau, Michel Portal, Marc Ribot, Airelle Besson [unique femme], Daniel Humair, François Corneloup, Henri Texier, Jean-Pierre Como, Patrice Caratini, Émile Parisien, Aldo Romano, Louis Winsberg et Bernard Lubat

le point de vue des musiciens, c'est ce qui fait pour moi l'intérêt de cet article, et c'est comme ça que je l'ai entendu en construisant en 2002 un livre autour de leurs propos, Jazz et problèmes des hommes avec plus de 600 citations

florilège

Guillaume Perret : Je sens bien que le mot "jazz" fait peur et qu’il est synonyme dans l’esprit des gens de musique complexe, inaudible

Julien Lourau : Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que la scène parisienne du jazz est un peu moins métissée que dans les années 90

Michel Portal : Le jazz est liberté depuis toujours, il gardera cet état d’esprit. Plus qu’une musique, c’est un état d’esprit, une attitude

Marc Ribot : «Le jazz serait mort ? Comme les gens aiment ce genre de grandes déclarations ! Tout ce que je sais, c’est qu’un nombre considérable de musiciens avec beaucoup de talent et d’enthousiasme pour cette musique appelée "jazz" continuent de vouloir s’inscrire dans son histoire. Malheureusement, toutes les formes de musique en dehors des sommets du mainstream commercial, jazz inclus, sont menacées avec la mort réelle de la partie enregistrement de leur travail

Airelle Besson : Le jazz est vivant et va le rester. Musique de toutes les influences, il bouillonne de différentes cultures, de différents courants

Daniel Humair : La banalité dans le jazz, c’est de se référer au dernier truc américain ou à des héros du passé. J’ai une admiration sans limite pour Miles Davis, Coltrane, Sonny Rollins ou Cannonball Adderley, mais je ne vais pas refaire aujourd’hui un quintet dans cet esprit alors que j’ai joué ou fréquenté les originaux. Je veux me surprendre et aussi que les musiciens se surprennent. Le jazz se réinvente sans cesse

François Corneloup : Si, aujourd’hui, la vie est ailleurs que dans le jazz, eh bien que le jazz aille voir ailleurs ! Notre époque est-elle encore vivante ? Si le jazz est pleinement dans son époque, alors son sort ne dépendra plus seulement de lui-même. Ce n’est pas le jazz qu’il faut sauver, c’est l’époque ! Ou bien l’achever une bonne fois pour toutes et passer à autre chose

Henri Texier : Jamais les musiciens, jeunes souvent, n’ont été si nombreux, si compétents, si passionnés… Tant que résonnera en eux cette musique, qui a toujours été métissée, sa négritude, comme disait Aimé Césaire, elle sera vivante, et savoir si le jazz est mort sera une question inutile et insultante pour tous ses créateurs !

Jean-Pierre Como :  Les nostalgiques du be-bop n’ont pas compris que cette période devait être observée comme une sorte de cellule-souche sur laquelle se greffent en permanence de nouvelles créations, de nouveaux genres, de nouvelles couleurs musicales qui n’en finissent pas de féconder le jazz. C’est le mouvement de la vie

Patrice Caratini : Le jazz est sous-jacent à nos vies. Né d’une tragédie de l’histoire, il forme, avec ses sœurs de la Caraïbe et du continent sud-américain, une puissante rivière souterraine parcourue par les mystères de l’Afrique, surgie des noces barbares de l’Europe et du Nouveau Monde dans le fracas des révolutions industrielles. Rien ne l’arrête. Et à tout instant, en tout lieu, une nouvelle source jaillit

Émile Parisien : Ce qui fait passerelle entre toutes ces musiques, c’est la notion d’improvisation, qui peut toujours se régénérer avec un vocabulaire considérable, venant de multiples horizons. Elle maintient cette musique en mouvement permanent, et contribue à développer une singularité chez un musicien. Pour ma part, je me sens plus proche des gens curieux, avides de fraîcheur

Aldo Romano : On a commencé à annoncer la mort du jazz vers la fin des années 30, lorsqu’on dansait de moins en moins sur cette musique qui, de fait, devenait moins populaire. Le jazz n’est pas seulement une musique de divertissement, c’est une musique qui accompagne encore les grands mouvements, qui s’ouvre aux nouvelles perspectives. Ce n’est pas une musique de répertoire

Louis Winsberg : Ceux qui croient que cette musique s’éteint sont les mêmes qui se complaisent à expliquer que le jazz, ça commence là et ça s’arrête là. C’est cette définition figée qui enterre le jazz. Mais c’est une mort artificielle, faussement théorique. Si on ne transgresse pas, on devient une musique de répertoire

Bernard Lubat : Le jazz est un art et l’art n’existe pas, c’est pour cette raison qu’il faut l’inventer. Le jazz est un commencement qui n’en finit pas. Ce qui compte, c’est de poursuivre le mouvement. Et le jazz est en mouvement

je dois présenter au jazz mes excuses, cette rubrique tendant il est vrai à devenir une chronique nécrologique. Mais il s'agit de musicien.ne.s que j'ai aimé.e.s et que je considère encore vivant.e.s par leurs musiques, qui alimentent encore les jazz de ceux qui insistent : Liberty Now !

6 octobre

un « poète des drums » s'en est allé

Jacques Thollot (1946-2014), batteur et compositeur de jazz Francis Marmande Le Monde.fr 4 octobre

bribes de jazz et autres musiques

images vidéos

Rythmes du jardin vidéo

« Avec sa frange blonde, ses yeux dans les étoiles, ce son d’envol de mésanges qu’il imprimait aux cymbales, ce tempo, cette gestuelle d’homme libre assis aux tambours ; avec le temps, avec sa vie et ses légendes, l’ampleur de sa présence sur terre, très inversement proportionnelle à sa réputation, on pourrait à peu de frais vous faire le coup du poète maudit, écorché, destin brisé, et toutes les fanfreluches de l’hélas.
[...]
Manque de bol, Thollot, c’est le contraire. D’une extrême distinction, d’une élégance recherchée, Thollot portait en lui l’idée la plus haute de la musique. Il l’était. Citant des poètes que personne n’avait lus
Disciple favori du batteur Kenny Clarke, le fondateur du be-bop (Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Monk), il lui sert de doublure lors même qu’il n’a que 13 ans. Jouant, blondinet, avec Donald Byrd (trompettiste) qui lui donne des conseils à vie, Bud Powell, Chet Baker, René Thomas, les plus grands qui l’adorent, comme l’aimeront jusqu’au bout les contrebassistes (J.-F., Jean-Paul Céléa, Claude Tchamitchian...»

bribes de jazz et autres musiques 1971 Cécile

Night in Tunisia 1959 à 13 ans vidéo avec George Arvanitas, Bernard Vitet, Luigi Trussardi...  Quartet Sunside Paris 2011 vidéo

18 septembre

saxophonE

Melissa Aldana

Née à Santiago, au Chili, en 1988, Melissa Aldana étudie à Boston à partir de 2006 au Berklee college of music. Après deux albums chez Inner Circle Music, elle remporte en 2013 la Thelonious Monk Competition, première femme à obtenir ce prix depuis son institution en 1987

présentation au concours Thelonious Monk video 2013

interview août 2014 FDRMX: Have you had to face any obstacles specific to being a woman or a Chilean?

M: You know, I haven’t felt that. I guess there are some obstacles, you know you always have to prove that you can play, or that even from Chile you can play jazz, I mean jazz is not part of my roots. But at the same time, I feel like I’ve been playing for so many years, I started when I was six. I have played all over, this is my life, the saxaphone is like part of my body, but I’ve never felt anything weird about the fact that I am a female from Chile. I’m just one more musician who likes to play and likes to be here, loves the music and the tradition, and I think that I’m good at what I am doing, so people respect me and I think that comes through in the end.  So I don’t feel like it’s been – how do you say? –  a bother. But on the other side, I think that that is definitely positive, even though I really don’t care, the fact that I am a Chilean and a female – it’s definitely opened many doors. It helps to get to people just because it’s something very different, taking the good part of it is that it opens many doors and making the process faster to get out and to make a lot of people know about me.

bribes de jazz et autres musiques

4 Melissa Aldana Quartet at the jazz Gallery, 2013, avec Jochen Rueckert, Glenn Zaleski et Pablo Menares video 66 mn

Melissa Aldana Crash Trio: The Checkout Live at Berklee, octobre 2013, video 50'10''

bribes de jazz et autres musiques août 2014 avec Pablo Menares, bass, et Francisco Mela, dms Sample

2 duo avec Christian McBride, contrebasse, 2014, video 5'50''

1 solo sur Ask me know de Thelonious Monk, 2013, video 2'54''

 

14 septembre

Gerald Wilson, un grand du Big Band...

il y a moins d'un an, je rendais hommage à ce fin arrangeur sur le forum Jazzitude : WILSON Gerald, argt, lead, trompette

sa baguette est tombée le 8 septembre, il avait 96 ans... infos vidéos images

la matière de l'orchestre n'avait pas de secret pour lui, et sa manière n'était pas sans évoquer un certain Gil Evans (usage des flûtes notamment). Les grand.e.s arrangeu.r.se.s se rencontrent... dès 1944, il formait son orchestre avec la tromboniste et arrangeuse Melba Liston, future partenaire de Randy Weston

Jazz Culture : hommage à Gerald Wilson France Culture 10 septembre (le hasard a voulu qu'ils aient choisi la même photo)

bribes de jazz et autres musiques

One O'Clock Jump 1946 Algerian Fantasy (Part 1) 1954 'Blues for Yna Yna' 1960 Milestones 1962 Celestia Soul 1969  Detroit 2009 à 91 ans...

 

25 août

'la' femme est l'avenir du jazz : quand on aime on ne compte pas ?

ce feuilleton est arrivé hier à 9999 vues sur le forum Jazzitude où je l'avais entrepris. Il faut y être inscrit et connecté pour bénéficier des images et des liens. Sinon, le visiter ici, dans un moindre désordre...

voilà donc l'avenir suspendu sans compter. Quant à connaître le nombre des visites, allons donc, comme si l'avenir dépendait du système déci-mâle !...

.

14 août

sale temps dans les cordes

Jean-Jacques Avenel nous a quitté à 66 ans, un mois après Charlie Haden. Poète du son, contrebassiste majeur de la scène du jazz depuis les années 60, compagnon au long cours de Steve Lacy, il s'était mis plus tard à la kora, mais aussi à la sanza, au koto et au cheng, jouant au gré d'amitiés musicales et humaines. Vous avez dit sous-estimé ? Ceux qui savent, avec une double paire d'oreilles...

bribes de jazz et autres musiques Sunset Jazz Club, Lacy, Avenel, Betsch trio, 1993 vidéo

Jean-Jacques Avenel, le « musicien aimé », ou le désir de contrebasse Francis Marmande, Le Monde 12 août

« Au jour de sa disparition, rien ne manque de l'étendue des possibles d'Avenel. Toutes sortes de disques et probablement d'images sont à disposition, maintenant que depuis que l'on n'écoute plus rien, on trouve tout. En tapant ce matin sur le commissariat central de Google : « Jean-Jacques Avenel, actualité », j'ai reçu : « Pas d'actualités pour Jean-Jacques Avenel.

Si : il est mort des suites d'un cancer. Et rien ne manque de son passage sur terre. Tout est gravé, enregistré, sauf la grâce du geste, ce toucher de palombe à l'envol, la gravité des traits du visage de cinéma, cette passion pour les cordes, le bois, l'archet, le frotté, le pincé, la percussion, tout, littéralement tout, entièrement tendu vers la mélodie, le chant, plus, à l'occasion un soutien rythmique en style de basse bondissante : tout tendu vers les autres.»

j'aimais tant sa façon de jouer que je lui avais demandé quelques cours, dont j'ai fait peu profit...

bribes de jazz et autres musiques solo live 2011

avec Michel Édelin et John Betsch, Vitrolles 2008, Vidéo 

images, vidéos

bribes de jazz et autres musiques

2011 avec la chanteuse malienne Mah Damba à la mémoire de son compagnon Mamaye Kouyaté, joueur de ngoni et guitariste décédé l'année précédente - Taara ka n to (À l'ombre du grand baobab)

 

11 août

RIP Kenny Drew Jr. quel père, quel fils !

plus que le style les rapprochaient l'élégance dans la discrétion, la musicalité virtuose... et la trop jeune disparition

bribes de jazz et autres musiques

vidéos images

solos : "Ugly Beauty" & "Criss Cross" (Thelonious Monk), "Peace" & "Silver's Serenade" (Horace Silver), Chopin : Mazurka in C# minor op.50 no.3

trios : Satin Doll (Duke Ellington), Solar (Miles Davis), Turn Out the Stars (Bill Evans)

quintette : Milestone (Miles Davis)

big band : Fable of Faubus (Mingus)

bribes de jazz et autres musiques

.

2 août 2014

bye bye Johnny Winter 

Still Alive & Well 1973 [Full Album] vidéos images

bribes de jazz et autres musiques

.

1er août

Idris Muhamad le tempo suspendu de la Nouvelle-Orléans

bribes de jazz et autres musiques 1974 Idris Muhamad

de Fats Domino à Ahmad Jamal, sa souplesse chantante et sa subtilité dansante auront fait les belles heures rythmiques de la Soul Music et du jazz, auprès de Lou Donaldson, Sam Cook, Jerry Butler, Curtis Mayfield, Emerson Lake & Palmer, Roberta Flack... Grant Green, George Benson, Shirley Scott, Grover Washington Jr., Pharoah Sanders, Freddie Hubbard, Joe Lovano... Le batteur Idris Muhammad, alias Leo Harris, est décédé le 30 juillet à 74 ans. Sa carrière témoigne de l'unité profonde des musiques noires américaines, de la Soul et du Funk au Free Jazz, en passant par le Hard Bop et le Main Stream de la fin du 20ème siècle

vidéos, images

Fats domino  Blueberry hill (1956), Lou Donaldson Brother Soul (1968), Peace (1971), Power of Soul (1974), Chico Freeman, Arthur Blythe, Don Pullen... (1993), solo (2006)

bribes de jazz et autres musiques

29 juillet 2014

Charlie Haden the Great Liberator

bribes de jazz et autres musiques Charlie Haden 1969 audio

« Liberation Music Orchestra, sous banderole de manif rouge vif tenue par Carla Bley et lui-même, tel est le nom, en 1969, de son collectif free sur répertoire de chants militants : enregistré à treize, mélange de chants guerriers, collages, lyrisme révolutionnaire et tutti emballants, Carla Bley, pianiste, en signe les arrangements. C'est de loin le groupe qui colle le mieux à l'époque. Le son qui la dit du plus profond du son de la contrebasse : Song For Che est à la hauteur du Sang du Che du peintre Rebeyrolle. À la hauteur de Hugo et de Goya.[...] » La mort de Charlie Haden, pionnier de la contrebasse, Francis Marmande, Le Monde 12 juillet

bribes de jazz et autres musiques

7 juillet

RIP Paul Horn infos   vidéos 

un maître de la flûte et de la clarinette évoqué avec Chico Hamilton

Paul Horn, father of new age music, dies aged 84 The Guardian 4 juillet
Grammy award-winning musician and recording artist who performed with Frank Sinatra and Miles Davis has died

bribes de jazz et autres musiques

Chico Hamilton -- A Group with Paul Horn and Fred Katz 1963

avec les disparitions l'an dernier de Jim Hall, Chico Hamilton et Fred Katz, le bassiste Carson Smith décédé en 1997, il ne reste aucun survivant de ce quintette phare du Jazz de Troisième Courant

bribes de jazz et autres musiques

.

mes 'peintures' de jazz 

bribes de jazz et autres musiques

6 juillet

Patlotch's jazz memory

bribes de jazz et autres musiques autographe au festival de Chateauvallon 1971, j'avais 20 ans...

j'en avais nombre d'autres, de Gerry Mulligan, John McLaughlin, Don Cherry, Kenny Clarke, Stan Getz... dont certains sur des dessins pris en concerts... ils se sont égarés

bribes de jazz et autres musiques Sonny Rollins

peinture des années 1970, offerte au CIM, école de jazz de Paris

bribes de jazz et autres musiquesbribes de jazz et autres musiquesbribes de jazz et autres musiques

Comédie Musicale Jazz, CIM 1988 ? écrite et mise en scène par Hervé Douin, chanteur de jazz, et par ailleurs animateur d'éducation surveillée, d'où les acteurs...

bribes de jazz et autres musiques Alain Guerrini, fondateur et directeur du CIM, école de Jazz à Paris, saxophoniste alto, décédé en1995

21 juin

mort d'un génie    infos    images    vidéos

« une manière de blues plus funky, vers quoi Horace nous conduisait » Miles Davis

« Tous les concepts musicaux sont nés dans ma chambre et celle d’Horace sur son vieux piano droit, ce disque faisait vraiment mal, avec Horace et son piano funky, Art [Blakey] et ses putains de rythme. Nous n’avons été conscients de son impact qu’après sa sortie. Je voulais que la musique retourne vers le feu et les improvisations du be-bop, vers ce que Diz et Bird [Dizzie Gillespie et Charlie Parker, ndlr] avaient amorcé, mais je voulais que la musique aille de l’avant, vers une manière de blues plus funky, vers quoi Horace nous conduisait.» Miles Davis à propos de

Walkin, 1954, Miles Davis (Trompette) Lucky Thompson (Saxophone ténor) Jay Jay Johnson (Trombone) Horace Silver (Piano) Percy Heath (Contrebasse) Kenny Clarke (Batterie)

"Horace Silver, né le 2 septembre 1928 à Norwalk (Connecticut) aux États-Unis et mort le 18 juin 2014 à La Nouvelle-Rochelle, est un pianiste et compositeur de jazz influencé par le blues, le gospel et le rhythm and blues. Il est l'une des figures majeures du courant hard bop et du soul jazz."

bribes de jazz et autres musiques The Preacher 1960 Club Saint-Germain

Tokyo Blues Antibes 1964 film 15 mn avec Joe Henderson...

bribes de jazz et autres musiques Andy Bey, Charles Tolliver, Randy Brecker, Dee Dee Bridgewater, Christian McBride, Roger Humphries and Horace Silver 2007

Horace Silver Quintet & Andy Bey - Nica's Dream - Lugano 1988

15 juin 2014

une légende du jazz s'en est allée

« Il a influencé Ray Charles, Marvin Gaye, Prince, Nancy Wilson et Frank Sinatra. Il chanté avec Charlie Parker, Sarah Vaughan, Lester Young, Lionel Hampton, Charles Mingus, Fats Navarro, Quincy Jones, Bud Powell, Ray Charles, Wynton Marsalis, Peter Cincotti, David Byrne, Lou Reed, Flea, Michael Stipe, et même Antony & The Johnsons...»

Jimmy Scott infos disques vidéos

bribes de jazz et autres musiques

14 mai

Little Big Man en liberté

une occasion inattendue de compléter le feuilleton  Jimmy Giuffre, petit ? Grandes oreilles !

« Un expérimentateur engagé dans un processus créatif toujours recommencé de déconstruction/reconstruction de tout ce qui dans son jeu rélève et participe des multiples traditions qui depuis l'origine le façonnent, sans jamais que l'on sente chez lui le moindre fantasme de table rase et de destruction des traces du passé. Un authentique électron libre en somme, cherchant dans un continuel réagencement de la forme les moyens de faire émerger in fine et en toute liberté son chant intime et définitivement alternatif. » Stéphane Ollivier, Quand Jimmy jouait free, JazzMagazine mai 2014 p.42

live New-York 1965 inédit

bribes de jazz et autres musiques Sample

13 mai

'hé bien, chantez maintenant'

Cecile McLorin Salvant à La Cigale, hier soir

bribes de jazz et autres musiques Cecile McLorin Salvant in West Hartford, Saturday, April 5

« La jeune chanteuse de jazz se produisait lundi soir à La Cigale, à Paris, salle comble et public conquis, et, à certains moments, en fermant les yeux, on entendait les intonations, les changements de ton, les traits d’humour aussi, de la grande Ella Fitzgerald.

Mais Cécile McLorin Salvant est elle-même, saluée à 24 ans par tous les amateurs de jazz comme LA révélation vocale de notre époque. Jugez, avec cette chanson drôle et rythmée qu’elle a aussi chantée lundi soir : "I Wish I Could Shimmy Like My Sister Kate" » Pierre Haski, Le Nouvel Obs le 12 mai  à 23:59

depuis quelques décennies, la chronique du jazz nous offre «la révélation de l'année», particulièrement LA nouvelle diva incontournable. Si les vocalistes, principalement les femmes, ne peinent jamais à trouver un public dans ce que le jazz offre de plus aseptisé et au-delà, la critique spécialisée, et ceux dont l'oreille se souvient des «plus grandes», sont plutôt sceptiques, et sur ce point je les rejoins

Cecil McLorin Salvang impose son exception comme une évidence naturelle, à la manière dont l'a fait, côté hommes, Gregory Porter (à quand un duo réveillant les rencontres Ella&Louis ?). Elle n'a pas 25 ans et son parcours tranche avec les produits phares des usines à jazz américaines, sentant la sophistication fabriquée, et qu'elle n'a pas fréquentées. En 2010 elle décroche sans l'attendre le prix Thelonious Monk, couverte de louanges par Dianne Reeves, Dee Dee Bridgewater, Patti Austin, Kurt Elling et Al Jarreau, et reçoit cette année le Grammy Award dans la catégorie "Meilleur album de jazz vocal" 2014. Elle est classée 4ème dans les Best Jazz Record 2013 (NPR Music Jazz Critics Poll), derrière Wayne Shorter, Craig Taborn et Charles Lloyd, et devant Steve Coleman, Tim Berne et Dave Douglas...

bribes de jazz et autres musiques Making Off bribes de jazz et autres musiques

recommandé : Cecile McLorin présente son disque en français (pas la moindre étrangeté que cette chanteuse "américaine" sans accent...)

j'étais hier à La Cigale, à Paris, pour le concert de l'américano-guadeloupéo Haïtienne d'Aix-en Provence, entourée d'un trio de haute volée, Aaron Diehl au piano, Paul Sikivie à la contrebasse, et Pete Van Nostrand à la batterie

bribes de jazz et autres musiques

à chaque instant j'ai été scotché de bonheur et d'émotion devant ce phénomène réveillant, d'un mot à l'autre, le souvenir de Bessie Smith, Billie Holiday, Dinah Washington, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Betty Carter, sans parler de ses hommages explicites à Damia, Judy Garland ou Barbara

je ne déroule pas cette liste comme le copié-collé de descriptions trouvées en ligne, mais pour avoir dans la sienne réellement entendu ces voix divines, dont elle joue en virtuose pour en faire ce qui est désormais sa manière propre, vers la maturité d'un art authentique, tissé avec «une tranquille assurance… élégance, soul, humour, sensualité, puissance, virtuosité, tessiture, perspicacité, intelligence, profondeur et grâce» pour reprendre les mots de Wynton Marsalis, dont les avis sont parfois discutables, mais qui connaît la musique

s'il est difficile de citer des influences plus marquées - quand même Billie, Ella* et Sarah* dans leurs jeunesses - j'ai été frappé globalement par sa proximité avec Betty Carter*, tant par la tessiture et les changements de registre que par la sollicitation du corps entier pour produire les effets recherchés, l'entente avec ses partenaires dans une mise en scène qui tient du théâtre dramatique

un siècle et plus de chansons américaines coule dans le choix de son répertoire, sans que jamais on ne ressente l'ennui recuit du revival envahissant la scène jazzistique. Cécile McLorin est une chanteuse de son temps, et du nôtre

* trois que j'ai pu entendre sur scène, mais sur le tard, ainis qu'Abbey Lincoln dont toutefois le cas est 'ailleurs'

à cet égard, il faut souligner l'écrin que lui ouvre le trio d'Aaron Diehl, cette attention concentrée que requiert l'art de l'accompagnement, les subtilités de tempo et de rythmes, tant dans les passages arrangés, que d'autres improvisés venant troubler l'habitude des enregistrements en disque ou des concerts en vidéo

relativement à ce que j'ai entendu datant de ses débuts à 20 ans (avec le quintette de J-F Bonnel en 2009) remarqués par la presse spécialisée, Cecil McLorin a élargi ses repères jazz-classique, et relativement sages, pour s'engager sur les chemins de l'audace, sur lesquelles elle avance de façon fulgurante comme la grande musicienne qu'elle s'est tôt révélée

bribes de jazz et autres musiques autoproduction 2009  bribes de jazz et autres musiques réédition Japan

que ferez-vous aux temps chauds ?

ce concert parisien ouvrait une tournée en France qui passera par Sceaux (ce soir), Bayonne (16 mai), Bériers (17), Marciac (18), Chatellerault (21), Six-Fours (22), Coutances (24), Bergerac (25), [Montréal 27], Nice (8 juillet), Genève (14), Marseille (18 juillet), Marciac (6 août)...

si vous n'avez eu la chance d'entendre sur scène une de ces grandes voix féminines du jazz, ne la manquez pas

bribes de jazz et autres musiques

11 mai

Improvisation : de la musique à la communauté sociale

bribes de jazz et autres musiques 2003 extraits

This book is an important contribution to the philosophy of music. Whereas most books in this field focus on the creation and reproduction of music, Bruce Benson's concern is the phenomenology of music making as an activity. He offers the radical thesis that it is improvisation that is primary in the moment of music making. Succinct and lucid, the book brings together a wide range of musical examples from classical music, jazz, early music and other genres. It offers a rich tapestry incorporating both analytic and continental philosophy, musicology and performance-practice issues. It will be a provocative read for philosophers of art and musicologists and, because it eschews technicality, should appeal to general readers, especially those who perform.

"What takes place when a composer creates a piece of music? To what extent is a performer part of the creative process? Although the dominant paradigm for music making in our era has been that of creation and reproduction - in which composers are the true creators and performers primarily carry out their wishes - does that way of thinking reflect actual musical practice?"

"Qu'est-ce qui se passe quand un compositeur crée un morceau de musique ? Dans quelle mesure relève-t-il de l'interprète dans le processus créatif ? Bien que le paradigme de la musique dominant à notre époque porte seulement sur création et la reproduction - les compositeurs sont les vrais créateurs dont les interprètes réalisent les souhaits - cette façon de penser reflète-t-elle la pratique musicale"?

Ce livre est une contribution importante à la philosophie de la musique. Alors que la plupart des livres dans ce domaine se concentrent sur la création et la reproduction de la musique, la préoccupation de Bruce Benson est la phénoménologie de la musique comme activité. Sa thèse radicale est que l'improvisation est première dans le moment de faire la musique. Succinct et lucide, le livre rassemble un large éventail d'exemples musicaux - musique classique, jazz, musique ancienne et autres genres. Il offre une riche mosaïque intégrant les questions de philosophie analytique et continentale (?), de musicologie et de performance pratique. Invitation pour les philosophes de l'art et les musicologues, ce livre, parce qu'il évite la technicité, devrait plaire aux lecteurs en général, mais surtout à ceux qui composent et jouent de la musique.

en relation des sites universitaires

bribes de jazz et autres musiques

Girls' Jazz and Blues Camp, 2009 Ellen Seeling and Jean Fineberg, founders/directors The Jazz School Berkeley, CA (photo credit: Hali McGrath)

Musical Communities can be powerful sources of political, emotional, physical, and spiritual sustenance for musicians and listeners and potential sites to promote positive social change. In helping to support affirmative musical community, this section of the website will offer a forum for people’s experiences in music communities, links to various music communities and their projects, an introduction to some important issues in music and community, historical and bibliographic information, and other resources.

Critical Studies in Improvisation / Études critiques en improvisation open-access, peer-reviewed, electronic, academic journal on improvisation, community, and social practice housed at the University of Guelph

bribes de jazz et autres musiques

“I wanted to live in that music:” Blues, Bessie Smith and Improvised Identities in Ann-Marie MacDonald’s "Fall on Your Knees", Gillian Siddall

This paper explores the link between the improvisatory nature of blues music and resistance to socially prescribed expectations for gender and sexuality in Ann-Marie MacDonald’s first novel, "Fall on Your Knees" (1996). When Kathleen Piper, one of the main characters in the novel, leaves her home in Cape Breton in1918 to pursue a classical singing career in New York, she finds herself transfixed, and subsequently transformed, by a performance by Jessie Hogan (a fictional character clearly modeled on Bessie Smith), in large part because of her remarkable improvised vocals. Hogan’s performance points to the rich history of the great blues women of this time period, women who, through their songs, costumes, and improvised lyrics and melodies, explicitly and implicitly tackled issues such as domestic violence and poverty, and challenged normative ideas of black female identity and sexual orientation. This history provides a critical context for Kathleen’s growing sense of autonomy and sexual identity, and this paper argues that the representation of Bessie Smith in the novel (in the guise of Hogan) enables possibilities for improvising new social relations and sexual identities.

Interestingly, though, as Angela Davis points out, many artists and intellectuals of the Harlem Renaissance did not approve of jazz and blues, seeing them as unsophisticated musical forms that fed white racist stereotypes of black people as primitive, brutal, and sexually voracious. She cites Alain Locke, one of the key intellectuals associated with the Harlem Renaissance, descrying the current status of African American music:

It is time to realize that though we may be a musical people, we have produced few if any great musicians,—that though we may have evolved a folk music of power and potentiality, it has not yet been integrated into a musical tradition, —that our creativeness and originality on the folk level has not yet been matched on the level of instrumental mastery or that of creative composition, —and that with a few exceptions, the masters of Negro musical idiom so far are not Negro. (Davis, Angela Y. Blues Legacies and Black Feminism: Gertrude “Ma” Rainey, Bessie Smith, and Billie Holiday. New York: Pantheon, 1998)

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

10 mai

African American Legends: Joe Wilder, legendary jazz trumpeter Vidéo 25:39

Né le 22 2 22, Joe Wilder est mort hier à 92 ans

bribes de jazz et autres musiques écoutes vidéos

Open all Night

il avait joué avec Armstrong, Ellington, Lunceford, Gillespie, Basie, Hank Jones, Benny Goodman, Billie Holiday, Cab Calloway, Benny Carter, Lionel Hampton, Billie Holiday, Lena Horne, Coleman Hawkins, Quincy Jones, Gil Evans, Miles davis, Herbie Mann, John Lewis, Charles Mingus, George Russell, Dinah Washington, Johnny Mathis, Harry Belafonte, Tony Bennett... Joe Wilder était le dernier survivant du film The Sound of Jazz de l'orchestre Count Basie en 1957 discographie

“His solos are immaculately designed,” jazz critic Whitney Balliett wrote in the New Yorker in 1986. “He issues a river of sound guided languidly by the notes of the melody and by discreet bends and turns of his own. He makes the song gleam.”

A Certain Finesse: Chattin' With Trumpet Masters

bribes de jazz et autres musiques Clark Terry, Joe Wilder, Harry Edison 

Joe Wilder et Harry Edison sont côte à côte dans le dernier disque de Billie Holiday en 1959, Last Recordings

sa fluidité, sa douceur de son et ses inflexions (bend) rapprochaient Joe Wilder de Clark Terry : Prelude to a Kiss 

bribes de jazz et autres musiques une élégance partagée avec  Hank Jones  bribes de jazz et autres musiques

I Think of You with Every Breath I Take / How High the Moon / My Heart Stood Still / Joe Wilder (tp), Hank Jones (p), Wendell Marshall (b), Kenny Clarke (ds)
Album:"Various Artists / Night people - Joe Wilder /Such A Beautiful Sound" Recorded:New Jersey, November 29, 1955

bribes de jazz et autres musiques Cherokee

Mad about the Boy 1956 Caravan 1959

Elegance was his Theme Song David Goodman New York Times 9 mai 2014 bribes de jazz et autres musiques Struttin with some Barbecue 

Delta Blues avec l'altiste Pete Brown en 1954, des contrechants d'une sublime subtilité, une palette sonore d'une richesse incomparable, Joe Wilder (tp), Pete Brown (as), Wade Legge (p), Wally Richardson (g), Gene Ramey (b), Rudy Collins (ds)

 

8 mai
Moutin Réunion Quartet : grand choc selon Sylvain Siclier Le Monde 7 mai
Là, grand choc avec Moutin Reunion Quartet. François Moutin à la contrebasse, son jumeau, Louis, à la batterie, Pierre de Bethmann aux pianos, l'un acoustique, l'autre électrique, et Rick Margitza au saxophone. Une histoire commune remontant à 1999, un son de plus en plus intense, un jeu qu'emportent loin les deux frères. Déferlement sur les peaux des tambours et le cuivre des cymbales. Les pianos suivent, répondent, proposent. Le saxophone pourrait sembler retenu ; ses déliés sont en fait au plus exact. Le jazz, avec ces quatre-là, affirme sa violence musicienne, du tempo le plus lent au plus rapide, son expressivité. bribes de jazz et autres musiques  Sold Answers 2012 vidéo autres

Pierre de Bethmann et les frères Moutin ont en commu d'avoir collaboré avec Martial Solal pour six pianos Solal

4 mai 2014

Congo Square New-Orleans

de l'esclavage au jazz, en passant par la danse, les tambours et les arts martiaux

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

préface de Dr. J. H. Kwabena ‘Nketa, ethnomusicologue et compositeur, le plus grand spécialiste de la musique d’Afrique de l’Ouest

Quatrième de couverture : Si la Nouvelle-Orléans est la ville natale du blues et du jazz, Congo Square en est à l’évidence le berceau. Sur cette place située à l’arrière de la capitale de la Louisiane, les esclaves africains prirent l’habitude de se réunir pour chanter, danser, faire du commerce et prier dès le XVIIIe siècle. C’est ce lieu mythique de la culture afro-américaine, où naquirent rythmes, musiques et chorégraphies à l’origine de l’inspiration de nombreux artistes et courants musicaux américains actuels, dont l’auteur retrace, au terme de patientes recherches, deux cent cinquante ans d’histoire, liée à celle d’un peuple qui sut préserver son identité culturelle malgré des conditions de vie extrêmement difficiles.

Devenu de nos jours symbole de la résistance et de la permanence d’une culture venue d’Afrique noire et des Caraïbes, Congo Square est à l’origine de prestigieux festivals de jazz. Le livre a été unanimement salué par la presse à sa sortie aux États-Unis.

L’auteur : Freddi Williams Evans, historienne de la musique africaine, née dans le Mississippi, vit, écrit et enseigne à la Nouvelle-Orléans. Auteur de plusieurs ouvrages pour la jeunesse, conférencière, elle est actuellement directrice d’enseignement au Contemporary Arts Center de la Nouvelle-Orléans. Congo Square a reçu le Prix Humanities Book of the Year 2012.

Haiti and New-Orleans Cultural Crossroads video 51 mn
Lecture and presentation from New Orleans Jazz and Heritage Festival, 2011

« "Congo Square"... un lieu ou un emplacement pour « les noirs ». John Kendall écrivit que le nom « Congo » dérivait de l’habitude des Africains réduits en esclavage de se rencontrer et de danser là le dimanche. La plus ancienne utilisation attestée du terme « Congo » pour désigner le lieu connu comme Congo Square remonte à 1786, quand l’évêque Cyrillo écrivit une lettre pastorale qui dénonçait « les Nègres qui à l’heure des Vêpres, se rassemblent sur un espace vert appelé « Place Congo » pour danser la bamboula et accomplir des rites importés d’Afrique par les Wolofs, les Foulahs, les Bambaras, les Mandingues et d’autres races. »

« On a aussi montré que ceux qui étaient nés en Afrique fréquentaient plus les rassemblements que ceux nés en Amérique, particulièrement s’ils avaient atteint un certain statut social (par exemple, la catégorie de la main d’œuvre qualifiée). Le chercheur Gary A.Donaldson a conclu que Congo Square était le point de convergence de la sous-culture de la population noire de la Nouvelle-Orléans durant toute la première moitié de XIXe siècle. »

bribes de jazz et autres musiques François Aimé Louis Dumoulin, 1770s

« Selon Labat, les autorités passaient des ordonnances dans les îles pour interdire la Calinda à cause de son indécence et de sa lascivité en faisant peut-être référence au frappement des cuisses. Il faisait remarquer que les ordonnances étaient surtout promulguées pour empêcher les nombreux rassemblements des descendants d’Africains qui pourraient initier des révoltes, des soulèvements ou des groupes de voleurs. [...] »

bribes de jazz et autres musiques Kalinda art martial de la Caraïbe

L’origine du Kalinda n’est pas clairement établie. Dans les grandes Antilles on dit que les techniques de Kalinda sont nées sur Hispaniola, puis se sont répandues dans les autres îles. En Guadeloupe, on dit qu’un esclave du nom de Jacombé aurait introduit cet art sur l’île.[11] À Barbade, la tradition veut que des soldats de l’empire Kongo capturés comme prisonniers de guerre et réduits en esclavage, aient introduit les techniques sur l’île.[12] En créole, «ladja» peut venir d'une palatalisation de «lagya» ; selon Cheik Anta Diop en Wolof « lag » désigne les « seigneurs de la guerre », « ya » désigne « ceux ». On aurait affaire ainsi à « ceux qui font la guerre », c'est-à-dire l'ordre des guerriers dans le Ladja Baton (Josy Michalon).  Les mots «Danm », « Gamm » veulent dire « qui connaissent», c'est-à-dire les initiés ; « yé » ou « ya » signifient « ceux ». On aurait donc affaire à « ceux qui sont initiés » dans le Danmyé.

Le Kalinda fait partie de la famille des traditions d’arts martiaux de la diaspora africaine des Amériques. D’autres arts martiaux afro-américains sont à découvrir pour les curieux, entre autres : Capoira, Bènaden, Bénolè, Danmyé (martiniquais), Ag'ya, Bangaran, Machet'e, Pinge, Bate Coxa, Batuque, Luta do Bode, Susa, Broma, Jailhouse Rock, Kicking and Knocking, Kwa Asilia Avita Sanaa, Wolo, etc.

bribes de jazz et autres musiques 

en relation le jazz de la Nouvelle-Orléans et la mentalité africaine avec Pierre Minne

Danny Barker, enfant de Congo Square, magicien du rythme

« There is something magical in rhythm; it even makes us believe that the sublime lies within our reach.» Goethe

bribes de jazz et autres musiques Danny Barker  bribes de jazz et autres musiques 

avec Milt Hinton (voir Des vents et des cordes dans les graves)

Danny Barker (à droite) with Fairview Baptist Church Christian Band at Congo Square. Photograph courtesy Floyd Levin Danny Barker Guitarist, banjoist, author and educator who performed with jazz giants like Sidney Bechet, Jelly Roll Morton, Benny Carter, Cab Calloway and Albert Nicholas
Jazz Walk of Fame documentaire vidéo

St. James Infirmary Blues solo voc & g

1938 Blue Deep Sea NYC., Blue Lu Barker (v) & Danny Barker (g) & his Fly Cats: Red Allen (t) Buster Bailey (cl) Sammy Price (p) Wellman Braud (b) 1938

1979 Festival d'Antibes Juan les Pins, JABBO SMITH (t,v) & DANNY BARKER (g) Frog Joseph (tb) Orange Kellin (cl) Lars Edegran (p) Franck Field (b) John Robichaux (d,ann) "JAZZ A ANTIBES" 28:23, filmed by J.C. Averty 5:38 Muskrat Ramble / 4:33 Love --vJS / 7:11 Original Dixieland One Step 4:57 solos Barker à 3:49 et 9:40

bribes de jazz et autres musiques Conversation with Danny Barker 1989

2 mai 2014

l'improvisation comme oublier-savoir : du jazz au communisme, encore

Gary Peacock, les confessions d’un dieu du jazz Le Ben Franklin Post 30 avril

bribes de jazz et autres musiques vidéos

le 10 avril (voir plus bas), à propos du texte Improvisation and Communisation, je faisais une mise au point sur le rapport improvisation et communisme dans le prolongement de mes considérations sur le rapport jazz et communisme (2003). Cette question se retrouve dans la relation établie par alain Badiou entre Poésie et communisme, et le rapport plus large étudié par Isabelle Garo entre Marx, l'art, et le capitalisme (voir Réflexions poétiques, art et révolution sociale... avril)

dans Jazzitude, en 2002, j'avais fait le parallèle entre l'improvisation de jazz et la praxis révolutionnaire, mais aussi l'attitude zen dans les arts martiaux ou la calligraphie, évoquant le concept d'oublier-savoir d'Henri Meschonnic pour l'écriture poétique

dans cette interview de Gary Peacock, contrebassiste connu notamment pour sa longue collaboration en trio avec Keith Jarrett et Jack Dejohnette, le musicien explicite clairement ce concept tel qu'il ressort de la pratique de l'improvisation sur la base d'une connaissance et d'une maîtrise instrumentale qu'il s'agit d'oublier

bribes de jazz et autres musiques 

lisant les extraits ci-dessous, on pourra faire jouer le parallèle des rapports entre connaissance/technique et jeu en situation d'une part, théorie et praxis révolutionnaire

extraits

« le trio marche toujours [il existe depuis 1977] parce que nous nous mettons de côté et laissons la musique nous jouer. Il s’agit de s’abandonner à la musique, de mourir dans la musique. Donc il faut laisser la musique jouer plutôt que de jouer la musique. Il faut s’oublier, se rendre disponible. »

s’il y a un morceau que Keith veut jouer et que je n’ai jamais entendu avant, je dois travailler pour apprendre le morceau. [...] . Et puis tout oublier. Un autre aspect profond dans la musique que nous jouons est la confiance: et on ne se préoccupe pas de comment un morceau va sortir. On se fait confiance les uns les autres en ce qui concerne notre capacité à jouer. [...]. Donc il y a un dynamisme vers lequel il faut toujours tendre. On ne peut pas le produire.»

- Vous m’avez expliqué que l’un des secrets de votre trio avec Keith Jarrett et Jack DeJohnette c’est faire table rase de vos connaissances de façon à être complètement ouvert à n’importe quelle possibilité musicale. Mais pour en arriver à ce niveau, il faut avoir une excellente technique, n’est-ce pas ?

Le niveau de technique suffisant est celui au-delà duquel on ne peut aller.

- Comment avez-vous appris à jouer ?

Jusqu’aux années 60, la tradition du jazz était orale. Il n’y avait pas de livres, il n’y avait pas d’écoles où on apprend à jouer du jazz. T’as un album et tu commences à l’écouter. Et tu dois essayer de tout comprendre par toi-même. Donc un moyen de faire ça c’est les transcriptions. Mais ça prenait beaucoup de temps. Donc pendant le processus, il faut se confronter à soi-même. Il faut se demander : quelle importance ça a dans ma vie ? Et puis je jouais le morceau, et ça ne sonnait pas bien. Ce n’était pas de la bonne musique ! Donc j’ai eu du mal avec ça pendant quelques années.

apprendre avec les autres en jouant 'sur le tas'

j'ajoute que cet apprentissage du jazz se faisait largement sur le tas et collectivement, on apprenait en jouant avec les autres (comme dans les ensembles de percussions africaines). Autrement dit c'est le jeu qui produisait sa propre théorisation pénétrant les connaissances musicales et la maîtrise instrumentale. Théorie et pratique n'étant pas séparables, ni même concevables séparément

J’essayais aussi de transcrire différentes personnes : Miles, Sonny Rollins… Et j’ai transcrit un solo que Red Mitchell jouait. Et il jouait une phrase et j’ai essayé de la copier et de la transcrire. Comment a-t-il sorti ça ? Du coup je l’ai appelé. Il a dit “amène ça”. Il a essayé de jouer le passage pendant un petit moment. Et puis au bout du compte il m’a regardé et il a dit : “J’ai aucune idée de comment j’ai fait ça.” En d’autres termes, il n’était pas dans un monde d’idées. C’est quelque chose qui va au-delà. Etudier et apprendre et aborder la musique d’un point de vue intellectuel est nécessaire. Jusqu’à ce qu’on atteigne un point où on se rend compte que tout ce qu’on a appris devient une barrière. Ca bloque. A ce moment-là, tout ce qu’on a appris, il faut le laisser de côté.»

autrement dit, s'il y a bien spontanéité, c'est sur la base d'acquis préalables par l'étude et l'activité ensemble, à dépasser

de l'improvisation comme nécessité éthique, poétique et politique

il y a donc la nécessité, pour paraphraser Meschonnic (éthique, poétique et politique), d'une éthique au sens fort articulée avec une poétique et une praxis

c'est cette articulation qui fait défaut au rapport entre théories et activités quand elles demeurent le fait d'individus ou groupes différents, séparés. Leur collage est voué à l'échec parce qui'il est intrinsèquement pervers, comme l'ont démontré abondamment les rencontres opportunistes entre purs théoriciens et activistes dans les revues pour la communisation Meeting et SIC

être ou ne pas être auto

la raison fondamentale en est qu'il n'y a pas d'auto-praxis, d'auto-émancipation, d'auto-libération possibles sans activités fondant ses propres raisons et façons d'agir

autrement dit, pas de sujet révolutionnaire sans auto-subjectivation, c'est-à-dire aussi inter-subjectivation d'activités différenciées, mais s'inscrivant dans une visée commune, dans la forme d'un en-commun pour une révolution du/des commun/s

30 avril 2014

gardiens du temple

AllAboutJazz signale... Au Vanguard avec des thèmes de John Coltrane, Albert Ayler... et un contrebassiste pilier de la New Thing

bribes de jazz et autres musiques vidéo 1h:14:08 bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Il serait temps !  Vi Redd dans Jazz musicien-ne-s A... Z

bribes de jazz et autres musiques

il paraît qu'aujourd'hui est la Journée internationale du jazz  :

Le jazz est un vecteur de liberté d'expression et un symbole d'unité et de paix.

Il brise les barrières et crée des opportunités pour la compréhension mutuelle et la tolérance;
Il réduit les tensions entre les individus, groupes et communautés;
Il favorise l'égalité des sexes;
Il renforce le rôle des jeunes pour le changement social;
Il encourage l'innovation artistique, l'improvisation, de nouvelles formes d'expression, et l'intégration de formes musicales traditionnelles dans de nouvelles;
Il stimule le dialogue interculturel et valorise les jeunes issus de milieux marginaux

on en conviendra, ces bonnes intentions traduisent peut-être une potentialité, mais ne sont pas confirmées, et sur plus d'un point : l'égalité des sexes, le rôle de jeunes pour le changement social, la valorisation des jeunes de milieux marginaux... Quant à l'innovation artistique, ça dépend, car depuis des décennies, elle n'est pas le fort des formations les plus mises en avant sous le nom de jazz

bribes de jazz et autres musiques

je saisis néanmoins l'occasion d'une journée comme une autre pour réparer un oubli et une erreur. L'oubli est celui de Vi Redd, saxophoniste alto et chanteuse. L'erreur d'avoir créer une confusion avec Vi Burnside, saxophoniste ténor

27 avril 2014

Géraldine Laurent Looking For Parker beim International Jazz Day  film HD 22 mai 2013 35mn

Géraldine Laurent Manu Codija Christophe Marguet

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Pas simple de dresser un hommage au grand Charlie Parker sans tomber, ni dans l’écueil de la redite sans intérêt, ni dans l’abstraction hermétique. La gageure est pourtant acquittée haut la main par le trio. Il faut dire que tous trois, chacun dans a discipline (le saxophone pour Géraldine Laurent, la guitare pour Manu Codjia et la batterie pour Christophe Marguet) ont parfaitement intégré les structures hyper techniques du bebop pour pouvoir s’en échapper dans des ascensions improvisées sinueuses et chaotiques, mais qui retombent toujours sur leurs pattes. N’est-elle pas là, l’essence de Charlie Parker ?

Voir aussi LAURENT Géraldine, alto sax

Duke Ellington, Ran Blake, John Surman... Ambrose Akinmusire

Jazz Magazine, un numéro d'une grande richesse, un dossier Ellington exceptionnel : de Bonustrac à Jacques Réda, les rédacteurs ont trempé leur plumes dans la mémoire du jazz et du journal à son meilleur

Duke Ellington C Jam Blues Ray Nance, Rex Stewart, Ben Webster, Joe Nanton, Barney Bigard... Jam Session vidéo

Duke Ellington - Warm Valley feat. Johnny Hodges, Jimmy Blanton... 1940

bribes de jazz et autres musiques vidéos bribes de jazz et autres musiques ce jour-là, Duke aurait 115 ans, son petit-fils conduira l'orchestre

Duke Ellington’s music and race in America Claudia Pierpont mai 2010

bribes de jazz et autres musiques Black, Brown and Beige 1958

« Des milliers de documents établissent comment Ellington a servi d’intermédiaire et atténué les tensions entre l’art américain populaire et l’art sérieux, la culture savante et la culture populaire, la créativité et le conformisme […] et, surtout, entre les Blancs et les Noirs. »

bribes de jazz et autres musiques 

Lecture : « La cause des Noirs : Un des points sur lesquels Harvey G. Cohen apporte un éclairage nouveau est par exemple la délicate question de l’attitude d’Ellington à l’égard de la question raciale et du combat des Noirs américains pour les droits civiques. Né dans une famille de petite bourgeoise cultivée de Washington, Edward Kennedy Ellington n’a jamais été un militant affirmé de la cause noire. Sa discrétion constante sur cette question, une déclaration malheureuse (ou mal interprétée) faite en 1951 à un journaliste selon laquelle les Noirs « n’étaient pas encore prêts à combattre la ségrégation »), l’évolution, avec l’âge, de ses idées politiques vers un certain conservatisme et les honneurs dont il été l’objet à la Maison Blanche à l’époque où son occupant était le républicain Richard Nixon (à l’étonnement de Johnson et des démocrates qui le croyaient « un des leurs ») ont pu faire penser qu’Ellington se rangeait résolument dans cette affaire du côté de l’establishment. À tort : des multiples faits et propos rapportés par Cohen ressort l’image d’un homme plus engagé qu’on ne le dit parfois vis-à-vis de la cause des Noirs et sans complaisance aucune à l’égard des manifestations de racisme quotidiennement observables durant toute sa vie. La communauté noire lui a parfois reproché sa timidité en la matière. Mais par tempérament et par conviction, Ellington était porté à penser que le meilleur atout dont disposaient les Noirs était la richesse de leur patrimoine culturel, et que ce qu’ils pouvaient faire de mieux pour conquérir la place qui leur revenait dans la société était d’illustrer leur apport déterminant à la culture américaine : « Ellington jugeait, probablement de façon correcte, qu’il pouvait exercer une plus grande influence sur les relations raciales par des réalisations artistiques du niveau le plus élevé et en interprétant une musique qui célébrait la contribution africo-américaine qu’en s’impliquant dans des controverses politiques et se répandant dans les journaux. »

Ran Blake, The Primacy of the Ear

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques Something's Coming live 1963

« Le primat de l'oreille, c'est lié à la façon dont j'ai appris la musique. Quand je travaille avec des étudiants sur une chanson de Billie Holiday ou de Stevie Wonder, je leur fais écouter le morceau jusqu'à ce qu'ils le mémorisent avant de les laisser toucher à leur instrument avant de les laisser toucher à leur instrument. Ça peut sembler tyrannique et je suis très intolérant sur ce point. Il n'est pas question qu'ils aient accès à la moindre partition. Cette façon d'apprendre la musique est merveilleuse. Ceratins trouvent ça assez prétentieux de ma part, mais ça m'est égal. Il y a des gens qui entendent la musique en la lisant, mais je trouve plus pertinent de passer d'abord par l'oreille. Depuis toujours les joueurs de tablas indiens et certains percussionnistes africains enseignent les rythmes par onomatopées avant de laisser leurs disciples jouer sur les instruments. Il y a tant d'approches de la musique : par la danse, par le souffle... mais aujourd'hui la plupart des étudiants sont pressés et veulent assimiler des plans. Les grands musiciens, tel Monk, ont créé leurs propres plans, comme cette gamme par tons descendants qu'il répète sur San Francisco Holiday. [...] Certes, on ne connaît pas bien une musique tant qu'on ne l'a pas jouée sur son instruiment, mais le passage par l'oreille me semble essentiel, même si ce n'est pas la tendance dominante de la musique occidentale écrite. » Interview, extrait p. 14 Ran Blake vidéos

25 avril 2014

il y a 50 ans

Fables Of Faubus Bremen  16 avril 1964 34:02 autres versions / les évènements /

Charles Mingus: bass Eric Dolphy: alto sax, flute, bass clarinet Clifford Jordan: tenor sax Johnny Coles: trumpet Jaki Byard: piano Dannie Richmond: drums

bribes de jazz et autres musiques

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

"En 1954, la NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People) remporte une grande victoire devant la Cour suprême, puisque cette dernière déclare que la ségrégation scolaire va à l’encontre de la Constitution (arrêt Brown v. Topeka Board of Education). Décision confirmée par un décret de 1955 de l’administration Eisenhower : « La déségrégation scolaire devait se poursuivre aussi rapidement que possible ». Or, les Etats su sud se protègent derrière leurs lois locales pour empêcher les adolescents noirs d’étudier dans des écoles blanches. Ainsi, le gouverneur de l’Arkansas, Orval Faubus se range du côté des ségrégationnistes afin de faire obstacle à l’intégration dans les écoles de l’Etat.

A Little Rock (Arkansas), quelques jours avant la rentrée des classes, le gouverneur de l'Etat, Orval Faubus fait appel à la garde nationale de l’Arkansas, sous prétexte d’éviter les violences. Cette décision fait grand bruit et contraint le président Eisenhower d’envoyer un détachement du 101ème régiment aéroporté pour assurer la sécurité des neufs élèves noirs concernés.

Le 25 septembre, les neufs élèves entrent dans le lycée. Ils y restent tout le reste de l’année scolaire. Cependant, afin d’éviter la déségrégation, le gouverneur Faubus demande la fermeture des écoles publiques lors d’une Assemblée d’Etat en août 1958 (129000 voix favorable au refus de l’intégration raciale, 7600 contre). De fait, les lycées de Little Rock restent fermés pendant l’année 1958-1959. Il faudra attendre 1970 pour que les écoles de Little Rock soient complètement « intégrées ».

Le contrebassiste de jazz, Charles Mingus, révolté contre toutes les injustices, consacre une de ses œuvres phares au gouverneur de l’Arkansas. Dans son Fables of Faubus, il condamne les mœurs racistes de la société américaine." Source

Oh, Lord, don't let 'em shoot us!
Oh, Lord, don't let 'em stab us!
Oh, Lord, don't let 'em tar and feather us!
Oh, Lord, no more swastikas!
Oh, Lord, no more Ku Klux Klan!

Name me someone who's ridiculous, Dannie.
Governor Faubus!
Why is he so sick and ridiculous?
He won't permit integrated schools.

Then he's a fool! Boo! Nazi Fascist supremists!
Boo! Ku Klux Klan (with your Jim Crow plan)

Name me a handful that's ridiculous, Dannie Richmond.
Faubus, Rockefeller, Eisenhower
Why are they so sick and ridiculous?

Two, four, six, eight:
They brainwash and teach you hate.
H-E-L-L-O, Hello.

Charles Mingus Eviction and Arrest Interview

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Les paroles dénoncent la politique du gouverneur Faubus et de ses acolytes Rockfeller et le président Eisenhower. En voici la traduction française :

"Oh Seigneur, ne les laisse pas nous abbattre/
Oh Seigneur, ne les laisse pas nous poignarder/
Oh Seigneur, ne les laisse pas nous rouler dans le goudron et les plumes/
Oh Seigneur, plus de croix gammées!/
Oh Seigneur, plus de Ku Klux Klan!/

- Cite-moi quelqu' un de ridicule?/
-Le Gouverneur Faubus/
- Pourquoi est-il malade et ridicule?/
- Il s' oppose à l' intégration scolaire [des noirs]/
- Alors, c'est un dingue/
A Bas les nazis, les fascistes, ceux qui se croient supérieurs/
A Bas le Ku Klux Klan/

- Cite-m' en quelques-uns qui sont ridicules/
- Faubus, Rockfeller, Eisenhower/
- Pourquoi sont-ils à ce point malades et ridicules?/
- Deux, quatre, six, huit. Ils vous lavent le cerveau et vous enseignent la haine."

Charles Mingus - Live in Belgium, Norway & Sweden 1964. Full Concerts Film 2:01:43

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Charles Mingus 1968 Film de Thomas Reichman

En 1966 Charles Mingus espère ouvrir une école de musique dans son loft New Yorkais du 22 Great Jones Street mais faute de pouvoir payer son loyer il est expulsé par les autorités.

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

En 1968, Thomas Reichman réalise un excellent documentaire sur le célèbre musicien Charlie Mingus. Le film se présente sous la forme d’un portrait intimiste de l’artiste avec de longs entretiens chez lui entrecoupés d’extraits de concerts. Tout au long du film, le contrebassiste attends, en compagnie de sa petite fille de 5 ans et de la caméra de Reichman que l’on vienne l’expulser de son loft new-yorkais qu’il ne peut plus se permettre de payer, et l’ancien pimp en profite pour rappeler, fusil à la main, sa fascination pour la morale de la rue. On y parle de musique, mais aussi de politique et des questions raciales qui agitaient l’Amérique des 60’s.

Le documentaire se termine sur l’expulsion de son appartement d’un des artistes les plus importants du 20ème siècle, par les forces de l’ordre.

Charlie Mingus 1968 is an American documentary film directed by Thomas Reichman that follows the later life of jazz musician Charles Mingus and his five year-old daughter as they are being evicted from his New York apartment in 1966 for not paying the rent. Reichman talks with Mingus in a very personal setting as the film documents Mingus’ outlook on society, women, music, his daughter, politics and the country as a whole. The camera crew talks with Mingus conversationally and spends time with him and his daughter so that the film takes on an intimate air. The film highlights their way of life and how political and racial tensions affected people of the 1960s personally. The reason for Reichman’s investigation into Mingus’ eviction was to show the lifestyle of a prominent jazz musician and to show how American society was structured during the Civil Rights era.[suite]

Harlem Nougaro live

En 1985, sa maison de disques Barclay ne renouvelle pas son contrat jugeant les résultats de l'album ""Bleu Blanc Blues" décevants. Très blessé Nougaro quitte Montmartre et s'exile à New York aves sa femme Hélène. Ils s'installent chez la veuve de Charles Mingus que Claude connait pour avoir reçu le couple Mingus avant la mort du contrebassiste en 1979. Dans ses notes Nougaro déclarera que l'appartement était peuplé des fantomes de l'âge d'or du jazz, "sentinelles de l'Eternité, les deux contrebasses sous leur housse du roi Mingus". Il y écrit les premières paroles de son futur album "Nougayork" réalisé par Philippe Saisse et enregistré avec des musiciens américains (dont Marcus Miller, Mark Egan, Nile Rocgers de Chic) et français (Maurice Vander, Pierre Michelot, Francis Lassus). Le succès de l'album relancera la carrière de l'artiste et parmi ses 10 titres Nougaro va poser les paroles de "Harlem" sur le thème de Mingus "Fable of Faubus"

bribes de jazz et autres musiques en 1988, Sadao Watanabe rend hommage à Nougaro avec Mark Egan et Philippe Saisse, un des seuls musiciens français ayant enregistré avec le saxophoniste japonais, jamais venu en France où il fut copieusement négligé et dénigré

Tiens, v'la Mingus,
J' croyais qu'il était mort
L'olibrius a toujours du ressort
Devant moi il passe
A moitié rateau de la rascasse
A moitié porte avion
Hérissé de rayons
Cactus
Mingus

24 avril 2014

il y a 50 ans, Charles Mingus

Orange Was the Color Of Her Dress, then Blue Silk

"In April 1964 Mingus went to Europe with one of his greatest bands featuring Eric Dolphy on alto sax, bass clarinet and flute, Johnny Coles on trumpet, Clifford Jordan on tenor sax, Jaki Byard on piano and Dannie Richmond on drums. Part of the repertoire was first "rehearsed" in front of the Town Hall audience in New York before the band left the United States to play their first concert in Amsterdam's Concertgebouw. After a week of touring the sextet was suddenly reduced to quintet when Coles collapsed on stage during the performance of 'So Long Eric' on April 17 in Paris" Discography

bribes de jazz et autres musiques Images  Vidéos

23 avril

d'une double imposture : les histoires du jazz et du cinéma commencent par un viol raciste

voir chez AAJ la discussion

"In 1936 Nick LaRocca reunited the ODJB for a successful tour and more recordings. LaRocca proclaimed that he and his band were the inventors of the now nationally popular swing music. A small few, mostly in England, have taken LaRocca on his word, while a much larger segment of jazz historians have dismissed his biased and self-serving statements. LaRocca may have inadvertently done much damage to his own reputation. Nevertheless, musicologists and jazz historians can rely on the historical record and the evidence and do not have to go on self-serving statements" Source

bribes de jazz et autres musiques 

c'est grâce à Al Jolson que l'ODJB, un orchestre blanc (et pas très bon) enregistre en 1917 le premier disque de jazz de l'histoire. Images Sons

le même Al Jolson tient le rôle d'un Minstrel dans le premier film parlant de l'histoire du cinéma, en 1927, The Jazz Singer, ce qui fait de l'histoire du jazz et de celle du cinéma une double imposture

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

21 avril 2014

l'épopée des musiques noires Mémoires du jazz (1ère partie) podcast RFI 26mn

bribes de jazz et autres musiques

Dans l'histoire du jazz afro-américain, il y a les grandes figures universelles, Duke Ellington, Count Basie, Miles Davis, John Coltrane, Charlie Parker ou Dizzy Gillespie, mais il ne faut pas oublier tous ceux qui ont contribué à l'évolution progressive de « L'épopée des musiques noires ».

Souvent virtuoses, ces musiciens n'ont pas connu la renommée internationale de leurs mentors, mais ont épousé la destinée des icônes d'antan. Ces hommes de l'ombre, qu'on appelait injustement « Sidemen » ou « Accompagnateurs », ont vécu de près l'aventure musicale des géants d'autrefois. Ces artisans du swing ont, discrètement et humblement, participé aux révolutions culturelles de la grande Amérique, et observé de l'intérieur les soubresauts de la communauté noire.

Bien qu'ils furent souvent considérés comme des « seconds couteaux » (ce qui est somme toute, fort contestable), leurs souvenirs entretiennent notre connaissance et notre compréhension d'une époque lointaine. Leur mémoire vive nous transporte dans un passé que nous n'avons pas connu, et dont ils sont les garants face aux historiens. Comment aurions-nous découvert les petites histoires ou anecdotes des jazzmen entre eux, sans le témoignage des vétérans ?

Nous avons trop souvent tendance à ne retenir que les heures glorieuses et quelques chapitres éminents de l'histoire du jazz, mais le quotidien des musiciens, qu'ils soient connus ou non, était chaque jour une épreuve à une époque où la ségrégation raciale était la norme sociale. La condition des Noirs aux États-Unis dans les années 30, 40, 50 était effroyable. Alors que les musiciens donnaient l'illusion d'être heureux sur scène, ils étaient résignés dans les coulisses. Ce perpétuel effort de dissimulation psychologique eut un impact désastreux sur le bien-être et l'épanouissement de tous ces brillants jazzmen afro-américains. Leur humilité n'était-elle pas le fruit de cette oppression qui les enfermait dans une prison mentale où affirmer son existence était un délit ? [...]

une émission qui rejoint le souci qui a été le mien dans mes histoires du jazz, avec la place accordée à ses protagonistes en musiques comme en paroles. Malheureusement, il m'a semblé entendre surtout des maîtres bien connus, plus que les «seconds couteaux» que l'émission se propose d'honorer

20 avril 2014

Jazz, cerveau et créativité Creativity and the Brain: What We Can Learn From Jazz Musicians Mind Shift 11 avril

extrait

“I started looking at jazz musicians playing the blues as a way to understand how the creative brain emerges from a neuroscience perspective,” said Charles Limb, associate professor of Otolaryngology-Head and Neck Surgery at John’s Hopkins University.

Limb, a jazz musician and music lover, and his team designed a plastic keyboard that jazz musicians could both play and hear while they were inside an MRI machine. Limb asked the musicians to play a memorized piece of music, then improvise with another musician in the control room. Limb captured images of their brains as they played.

When musicians go to an improvisation, the brain switches, Limb said, and the lateral prefrontal lobes responsible for conscious self monitoring became less engaged. “Musicians were turning off the self-censoring in the brain so they could generate novel ideas without restrictions,” he said. Interestingly, the improvising brain activates many of the same brain centers as language, reinforcing the idea that the back and forth of improvisation between musicians is akin to its own language.

The same principle applies to something like writer’s block. “When you’re trying so hard to come up with ideas you can’t do it, you can’t force it,” Limb said. “Then at another time, some flip switches and you’ve got this flow going on, this generation of ideas.” When the stakes are higher and the brain is actively over-thinking something, it can interfere with processes that have become routinized, causing behavior or performance to suffer.[...]

bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques

Your Brain on Jazz: Visualizing Creativity [Video] Scientific American 28 avril 2011
The riffs from this form of improvisational music may provide a window into the brain's creative processes

All Jazzed Up: Looking For A Jazz Center Within The Folds Of The Brain   AAJ 3 janvier 2011

All About Jazz : pas du tout tout

A vulgar racism in jazz education ?   la question de la 'race' (noire en l'occurrence) semble si sensible au USA que même en discuter sur un forum de jazz est difficile, et quoi qu'il en soit attire peu de commentaires des amateurs, comme tout ce qui s'éloigne des dernières ventes, de la bidouille théorico-instrumentale, et des games en tous genres

Thoughs about Maj 6/9   intervention forum AllAboutJazz

All About Jazz : pas du tout tout

Thoughs about Maj 6/9   intervention forum AllAboutJazz

A vulgar racism in jazz education ?   la question de la 'race' (noire en l'occurrence) semble si sensible au USA que même en discuter sur un forum de jazz est difficile, et quoi qu'il en soit attire peu de commentaires des amateurs, comme tout ce qui s'éloigne des dernières ventes, de la bidouille théorico-instrumentale, et des games en tous genres

Jef Gilson : « le secret le mieux gardé du jazz » Nouvel Obs 18 avril

bribes de jazz et autres musiques

pour le Record Store Day, le label Jazzman édite un coffret anthologique de l'œuvre de Jef Gilson

bribes de jazz et autres musiques 

En cinquante ans de carrière, Jef Gilson aura porté toutes les casquettes jazzistiques possibles, conjugué son jazz à toutes les modes : be bop, modal, oriental, free, afro, spiritual, blues… revisitant ses propres thèmes à toutes les sauces au gré de ses différents orchestres.

bribes de jazz et autres musiques Valiha Ny Dada Autres

bribes de jazz et autres musiques

vidéos / images /

bribes de jazz et autres musiques 

voir aussi Free-Jazz en France 1960-1975

Jef Gilson avait également développé un concept original de l'harmonie et de l'improvisation fondé sur des empilements ou séries de tierces majeures ou mineures (accords et modes - l'harmonie du jazz 1981 Palm). Il l'enseignait au CIM, école de jazz; une adaptation à la guitare en avait été faite en collaboration avec Pierre Cullaz

bribes de jazz et autres musiques

18 avril

Jazz au Trésor : Johnny Carisi "The Music of Johnny Carisi - Israel" France Musique Alex Duthil 14 Avril

Chez Fresh Sound, réédition de la musique composée et arrangée par Johnny Carisi entre 1949 et 1961

écouter-voir le sujet complet CARISI John, argt

bribes de jazz et autres musiques Israël bribes de jazz et autres musiques Miles Davis 1949

en relation l'arrangement de jazz, avec l'oubli ? / Miles Davis 'The Birth of the Cool' avant son nom 

14 avril

Études critiques en improvisation / Critical Studies in Improvisation

Music, Afro Asian Politics and Culture, "Jazz" and a Vision for Revolution: An Evening with Fred Ho 2009 1:32:58

bribes de jazz et autres musiques

with Amiri Baraka Fred Ho’s Tribute to the Black Arts Movement: Personal and Political Impact and Analysis

bribes de jazz et autres musiques méchante théorie, pratique nue

Google Book

A leading Asian American artist and activist on the explosive intersection of politics and music

For more than three decades, Fred Ho has been a radical artist and activist. As a composer and saxophonist, he is famed for creating music that fuses Asian and African traditions. The influence of the Black Power and Black Arts movements inspired him to become one of the leading radical Asian American activist–artists. Wicked Theory, Naked Practice is a groundbreaking collection of Ho’s writings, speeches, and interviews.

« Fred Ho’s Wicked Theory, Naked Practice is an important work, with critical understanding of the most advanced arts/cultural, political social wave of the last part of the 20th century and the actuality of a new reality and promise for the 21st century, his own errors notwithstanding.» Amiri Baraka

Jazz, Cancer and Revolution, Fred Ho Lives! by Eric Mann counterpunch 14 avril

un grand musicien, un des meilleurs héritiers d'Ellington, Mingus, Coltrane s'en va... toujours aucune info en France sur la disparition de Fred Ho. Pays de M.... ! Fred Ho rejetait l'appellation 'jazz' qu'il considérait péjorative. L'actualité de la musique faite en son nom, particulièrement en France, ne lui donne pas tort. Sans aucun doute un autre commun avec ce qui se fait et s'écrit au nom du 'communisme'

Extraits de la discussion (voir la vidéo 1h:06)

Fred challenged me to be more revolutionary and original and challenged the entire 501 c3 culture, including that of my own organization the Labor/Community Strategy center. Our constant struggles helped to clarify and sharpen my own politics and helped us move to the Fight for the Soul of the Cities frame for our work and our No Cars in L.A. campaign.

But given our great unities we also had significant political differences and Fred was principled and generous in his struggles with me. He organized a discussion between us at the National Black Theater in Harlem June 13, 2013. Quincy Saul a member of Scientific Soul Sessions did a very fair and accurate representation of our views.

Eric Mann: An anti-imperialist, eco-socialist future must be grounded in the actual conditions of daily-life and political struggles of working class oppressed nationality populations. People learn and become radicalized through mass, radical, reform struggles, the struggle with the corporations and the state, and the conscious intervention of organizers as political educators bringing theory, ideology, strategy, and tactics to inform that work. We need to build more of these mass campaigns for radical reforms, and do so as revolutionaries, educating about empire, and consolidating victories, concessions and consciousness toward a revolutionary future.

Fred Ho: We need to reject the entire framework of mass society. The practicalities of struggle within this system are toxic, and will literally give us cancer. The accumulation of reforms does not create revolutionary conditions but take us further away from them. The reform struggle deepens colonization to the matrix of modernity. We need to begin an exodus of revolutionary maroonage, where people pull out of the system altogether through the prefigurative production of a future decolonized society.

Warrior Sisters: A New American Opera écoute
Fred Ho And Ann T. Greene

bribes de jazz et autres musiques 1998/2006 bribes de jazz et autres musiques bribes de jazz et autres musiques 

video HD Fred Ho's Last Year

13 avril

Fred Ho, Creative Activist and Musician, Dies at 56 New York Times 12 avril dans Jazz musicien-ne-s A... Z

À l'opposé de l'engagement sociale et artistique de Fred Ho, et comme en écho à ma critique du texte espagnol établissant un parallèle entre musique improvisées et communisation (plus bas, 10 avril), quelques mots empruntés à l'excellent livre-site d'Olivier Roueff, Jazz, les échelles du plaisir

Les enjeux de la catégorie de musique improvisée « européenne » (années 1970)
« pour ma part les actes « subversifs » de ce groupe me paraissent bien faibles… procéder d’une esthétique typiquement occidentale. […] Ce sont des divertissements pour intellectuels bourgeois, spectateurs de musique contemporaine » Pierre Croissant
« [c'est] une autre démarche, apparemment parallèle à certaines tentatives de la musique européenne moderne et débarrassée de plusieurs constantes de la musique négro-américaine, la disparition la plus immédiatement perceptible étant bien sûr celle de tout swing – le batteur n’est plus ici qu’un percussionniste [...] "Domaine Musical noir"» [par référence au Domaine Musical de Pierre Boulez, dictateur français de la musique contemporaine aussi opposé au jazz que possible] Philippe Carles

Free New Afrika! Boogaloo

Fred Ho, compositeur, saxophoniste, écrivain et militant radical a composé des opéras 'engagés', suites, oratorios et ballets, mélangeant jazz et éléments traditionnels et populaires dans qu'il appellait la culture africano-asiatique. Il est décédé samedi à son domicile de Brooklyn

"Je suis de la génération du mouvement asiatique-américain du début des années 70 et j'essaie de forger une unité entre les deux grands mouvements sociaux ayant une incidence sur ma vie. La musique appelée « jazz » me parle beaucoup parce qu'elle est sortie de l'expérience d'un peuple opprimé. En même temps, elle parle de la beauté et de la passion de personnes qui, en dépit de leur oppression, affirment leur humanité. »

« Revolutionary art must... inspire a spirit of defiance, or class and national pride to resist domination and backward ideology. Revolutionary art must energize and humanize; not pacify, confuse and desensitize...»

bribes de jazz et autres musiques vidéos

«I am adamantly against one-dimensional, so called "correct" proscriptive forms that petty bourgeois critics try to label as "political art." I'm also not in favor of the errors of socialist-realist art with its glorified "socialist heroes", but favor imaginative critical realism, a sensuous rendering of the colorful material world. Art can fill us with love, with hope and with revolutionary vision.»

bribes de jazz et autres musiques vidéo

«Ultimately society must be transformed through the organization of people for socialist revolution. Artists can contribute a critique of capitalist society. This is critical realism: to criticize appearances and obscured social relations ... Artists play key roles in affecting consciousness and can help to transform the working class from a class-in-itself to a class-for-itself.»

bribes de jazz et autres musiques images

Chords of Revolution Harvard Magazine mai-juin 2005

Artiste sans compromis, Fred Ho est relativement peu connu en France, et sa musique est plutôt décalée par rapport aux goûts esthétiques dans l'air du temps chez les amateurs du jazz formatés idéologiquement par le milieu de sa diffusion hexagonale.

On ne trouve pratiquement aucune information en français sur ce musicien d'exception. Repris d'une traduction française :

« L’œuvre musicale de Fred Ho, ou Fred Houn, saxophoniste compositeur et arrangeur héritant de John Coltrane,  de Duke Ellington, et de la fureur d'un Mingus, traduit une vision du monde américain partagée par les afro-sino-latino américains. Il compose pour son orchestre « The Asian American Art Ensemble », des pièces politiquement et socialement très marquées, très « black power ». Poèmes et textes illustrent sa vision que traduisent clairement les titres d’albums tels que « Tomorrow is now », « Turn pain into power », « We refused to be used and abused ».

Pour l’aborder comme il le mérite, l’anglais s'impose, afin de comprendre les comprendre les Songs Standards, en référence aux improvisations des grands comme Lester  Young, Charlie Parker, Billie Holiday, Coleman Hawkins et autres. Fred récite et chante, sur les situations sociales, raciales aux USA, des poèmes à la lucidité de diamant. Il a écrit des opéras tels que Warrior Sisters, un sur Sun Ra, après avoir rendu hommage aux Black Panthers dans « All power to the people ». Une retrouvaille du jazz des origines, du temps où il portait le vécu afro-américain et allait au-delà du divertissement artificiel où il est confiné aujourd’hui. Il est très significatif que ce soit un américain d’origine chinoise qui fasse sa chose de ces douleurs et peines des afro-américains, avec d’autant plus d’acuité qu’il a subi les préjugés contre les américains d’origine asiatique qui, comme tous les immigrés du nouveau monde, ont fait les USA.

On comprend que la démarche artistique de Fred Ho n’est pas gratuite, qu’elle est repose sur l’histoire tragique de ce pays, dont il est un citoyen en lutte, à la conscience tourmentée à tel point que sa seule échappée est la mise en musique de ce tragique, souvent une sinistre farce.

Fred Ho, un témoin et un peintre.»

12 avril 2014

Jazz : les choses et les mots

le forum Jazzitude va fermer ses portes à l'écriture mais pas aux écoutes Merci Jazzitude
mes contributions  
la femme est l'avenir du jazz Sans conclure ce feuilleton entre passé et futur, la plus lue de mes contributions - je n'en suis pas peu fier -, et pour me faire mentir, une «chanteuse» pour qui la voix fut plus que chez la plupart de ses Sisters In Jazz un instrument à l'égal des autres en tous genres, le corps de l'improvisation

la vie de Billie Holiday est une histoire du jazz de sa naissance à sa mort

elle est de notre temps, elle aurait eu 99 ans lundi dernier

10 avril 2014

' improvisation et communisation'  fw sur le site Jazzitude Improvisation et communisme

Abbey, reviens, les 'camarades' nous insultent !

 1960

malaise occidental dans la conception de l'art, de la liberté (et des théories comparées)

ce texte est relayé par dndf, comme présentant « les positions de la revue Théorie Communiste à propos de l’auto-organisation, de la périodisation, et par rapport à Tiqqun, etc.. de manière claire, le parallèle avec l’improvisation dans la musique est sympathique et bien vu »

faut-il considérer le parallèle comme sympathique parce qu'il parle des 'communisateurs' ? Je comprends que le moindre écho à leurs thèses soulage leurs tourments. Quoi qu'il en soit je m'inscris en faux contre le fait que le parallèle serait 'bien vu' dans les termes où il est formulé. Je n'ai lu ce texte qu'en traduction automatique, mais sans attendre la traduction française, plusieurs choses me paraissent irrecevables, voire insultantes pour ceux que la plupart des gens considèrent comme les inventeurs de l'improvisation dans la musique du 20ème siècle

- la définition de l'improvisation en musique rapportée quasi uniquement à celle des musiques savantes expérimentales européennes et américaines à partir des années 60, dont les publics sont essentiellement bourgeois

- l'ignorance des caractéristiques de l'improvisation dans le jazz, dont elle est une des dimensions majeures dès ses origines au début du 20ème siècle, et qui est à la source de son utilisation dans la musique savante occidentale

- l'impossibilité de séparer l'improvisation de jazz de ses autres caractéristiques, à commencer par les conditions de sa création par la communauté noire américaine et par suite les rapports que cette musique, populaire et savante, entretient avec elle tout au long de son histoire, et celle de ses luttes de libération à la fin du 19ème siècle et au 20ème siècle

mon propos n'est pas de discuter les points de comparaison avec les théories de la communisation et particulièrement la vision de Théorie Communiste, mais le point de vue adopté qui est proprement scandaleux sur le plan culturel, musical, racial et social

sans connaître les thèses de la communisation, j'ai formulé en 2002-2003 les parallèles possibles du jazz, et particulièrement de l'improvisation collective avec la libération communiste. J'ai fait connaître ces textes tant dans le milieu de la critique de jazz (suscitant l'intérêt d'Alexandre Pierrepont, Philippe Méziat et Christian Béthune), à la revue Multitudes (par l'intermédiaire de Yves Citton qui m'avait demandé un texte), et plus tard dans le milieu communisateur, où elles sont tombées à plat, peu sympathiques ou parce que le parallèle était mal vu

j'ai rappelé deux de ces textes hier, 2002  Jazzitude et 2003, Jazz et communisme, mais le travail de fond est à lire dans mon livre en ligne Jazz et problèmes des hommes, 2002, sommaire

pour un aperçu

- la création collective, les échanges, l’individualité et le groupe
-
la hiérarchie dans le groupe, le rôle de leader, d’arrangeur
-
la relation au public, le don aux auditeurs
-
jazz; l’art et le sens, la spiritualité, la puissance
-
jazz; l’art et la liberté
la fin de l'art occidental
- du jazz, langage "universel" ?
-
aux noms du "jazz" (à comparer avec les avatars du nom 'communisme')
-
des métissages musicaux aux 'jazz' de la multitude

je ne suis pas un expert en musiques contemporaines improvisées, mais pas inculte non plus, cf la bibliographie; des points de mes textes ont été référencés par des revues spécialisées

bribes de jazz et autres musiques 1969 écoute pour les Espagnols de peu de mémoire !

une comparaison nombriliste de théories occidentales à théories occidentales

le texte espagnol n'est pas sans intérêt mais demeure sur le terrain de la théorie, les deux côtés de la musique et de la révolution : ça intéresse qui pour quoi faire, sinon se regarder le nombril entre théoriciens ?

le point de vue qui mérite attention, quitte à faire l'objet de remarques théoriques, c'est le rapport d'objet à objet, dans leurs matières mêmes au sein des rapports sociaux, genrés et 'raciaux', dans le langage des protagonistes, ceux qui font la musique et ses publics, ou luttent pour leur libération

s'il y a des comparaisons à faire entre improvisation musicale et dynamique communiste de libération, elles doivent prendre en compte un ensemble de facteurs beaucoup plus larges et approfondis que ceux du texte espagnol, d'une part du côté musical et du côté social, d'autre part les différents constituants et la genèse des arts modernes improvisés collectivement (la musique mais aussi le théâtre et la danse, ce que les théoriciens nomment 'performances')

l'origine africaine du blues et du jazz, via la traite et l'esclavage, bouscule la conception occidentale de l'art, et trouve des échos jusqu'à aujourd'hui, sinon dans le jazz qui a perdu ses ancrages prolétariens, dans les musiques populaires qui établissent un lien comparable aux populations prolétaires, particulièrement les jeunes, dans le monde entier (après le blues, le R'nB', la Soul et le Funk, le rap et le hip-hop dans leurs déclinaisons mondiales, y compris au sein des 'révolutions arabes', en Afrique, en Asie...)

cherchez l'erreur

cherchez le nègre

la démarche espagnole est complètement rabattue sur le concept et la pratique d'improvisation repris par des musiciens européens et américains dans un rapport au social, à la communauté des publics en concert ou sur disque qui n'a aucun rapport avec le lien libérateur du jazz dans le contexte des luttes afro-américaines puis au-delà, en Amérique latine et dans la Caraïbe

le concept d'improvisation fait ainsi l'objet d'une expropriation de ses inventeurs (au demeurant nègres ou pas, mais jouant la musique de ceux d'en bas sur toutes faces du monde), et d'une appropriation par les héritiers de la tradition occidentale savante, prétendant à la critique de l'art bourgeois en demeurant sur son terrain conceptuel

bribes de jazz et autres musiques 2013 Oakland Malcolm X  Jazz Festival

cherchez la femme

la dimension féminine est totalement ignorée, alors que la musique improvisée européenne depuis la fin des années soixante est un vecteur féministe incontournable. Voir dans la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) Free Jazz Women, Jazz et féminisme, Joëlle Léandre met les pieds dans le plat Jazz et Gender Studies...

  1980

cherchez 'ceux et celles d'en bas'

la plupart des musiciens de musique contemporaine, improvisée ou pas, ne sont pas d'origine populaire, sauf souvent là où ils se réfèrent au jazz et en restituent l'esprit, comme nombre de groupes français dans les années 60 et 70

le jazz fut non seulement une musique populaire mais celle d'une communauté dominée racialement au service du capitalisme, pour sa libération, avec de très forts liens entre les deux, dont témoignent mes textes en détail et sous nombre d'aspects, la dimension du genre absente de mes textes de 2002 étant abordée dans l'improvisation chez Jazzitude en 2013 :  La femme est l'avenir du jazz (female jazz instrumentalists)

et pour finir, cerise sur le gâtisme théoriste

cherchez la musique

sauf erreur, l'essentiel des références du texte sont des discours sur la musique plutôt que de la musique à écouter. Or comme en tout, les choses non les mots. Le 'sens' de la musique n'existe pas sans le son de la musique, la matérialité de la chose musique, the New Thing, comme on disait du free-jazz

et pour qui sait écouter, c'est là que se situe la puissance de l'improvisation, dans l'activité poétique entre elle et qui l'écoute et s'en trouve transformé

l'improvisation n'est pas plus dans son concept que le communisme dans ceux de la théorie

l'Occident en mâle de la théorie

le 'courant communisateur' et 'Théorie Communiste' en particulier ne sont pas responsables de ce qui est fait de leurs thèses. Cependant force est de constater que le parallèle, au niveau où il est établi, a de fort relents d'occidentalisme, et rejette dans l'ombre la question sociale à travers la race et (sauf TC) le genre. Voir hic salta ou franchir le pas en pratiqueS théoriqueS : TC (contre Marx ?) une théorie blanche occidentale

si le retour à l'improvisation collective dans le jazz intervient au tournant des années 60, dans la montée des mouvements contre la ségrégation raciale, et si ce jazz est nommé FREE par ceux qui l'inventent, ce n'est pas pour que les théorichiens l'oublient aujourd'hui en ramenant la couverture aux dites 'musiques improvisées' dont la plupart n'ont pas de lien réels avec les luttes de notre temps

  1960

pour ce qu'il ne dit pas, ce texte est raciste et sexiste, pour ce qu'il dit comme il le dit, il intéresse les artistes de couches bourgeoises ou moyennes menacés tant par le capital de perdre leur statut culturel privilégié, que par le communisme de devenir des êtres comme les autres, pratiquant entre autres les arts comme disait en substance Marx

d'un savoir écouter

pour qui n'est pas musicien, et non familiarisé avec les ingrédients qui font le jazz et particulièrement l'improvisation individuelle ou collective, voir le jazz 'pour les nuls', d'un savoir écouter

enfin, dans le cadre de ma critique du courant communisateur, un parallèle avec l'improvisation collective qui ne concerne pas les rapports sociaux évoqués plus haut mais les pratiques théoriques ou militantes pratiques pratiques, la communisation sans partition  

que dire ? on part d'une idée pleine de potentialités dans la réalité sociale et la perspective communiste, un faire sans discours mais non sans savoirs dépassés, et on aboutit à une intellectualisation qui, en vidant la substance et l'histoire des luttes comme de la musique, s'apparente à un viol de la mémoire par les théoriciens du présent

abolir l'art séparé, qu'il soit ou non improvisé

gage que ceux qui sont concernés, soit en tant que musiciens soit en tant qu'ils se battent contre le capital à un titre ou un autre, n'ont que faire de comparaître ainsi comme objets muets d'un parallèle vidé de puissance libératrice

de fait, l'enjeu de l'avenir de la musique et de tout art, c'est de renouer avec sa fonctionnalité sociale telle qu'elle existait dans les musiques liées aux rythmes et moments de la vie, telle qu'elle existait avant l'ère moderne et capitaliste, sans séparation entre un public et des musiciens sur une scène, pour un spectacle, au sens propre comme à celui de Debord. Il est évident qu'on trouve là ce qui donnait à l'improvisation sa raison d'être, un rapport vivant, interactif, non séparé, et que la question actuelle ne porte pas sur l'improvisation en elle-même, mais sur sa fonction sociale (sur quoi le texte espagnol n'est certes pas muet)

en quoi le rapport entre improvisation et communisation n'est pas un simple parallèle théorique, quand il s'inscrit avec le jazz dans un lien social-historique, qu'ignore totalement le texte espagnol pour le réduire à une  métaphore et un problème pour l'art et l'artiste dont la révolution n'a que faire en tant qu'individus confrontés en tant que tels à leurs problèmes d'existence égotiste

bribes de jazz et autres musiques 1971

j'ai assez critiqué ces compères pour savoir aussi ce que la critique de jazz française leur doit

ces éléments-là, on les retrouvent liés aux luttes de libération au USA dans les années 60, que ce soit avec le free-jazz ou les prémisses du hip-hop, quand les musiciens jouaient gratuitement dans la rue, dans les hôpitaux... voir RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

on retrouve par conséquent la question des formes de vies et rapports sociaux détruits par le capitalisme dès son apparition, avec la destruction des communs

le communisme, c'est l'homme sans qualité et la musique sans propriété : place aux communs

la musique était une forme de communs dont furent désaisis ceux qui la partageaient dansant sur sa gratuité. Même si jouer des instruments était l'apanage de castes (par exemple les Griots en Afrique de l'Ouest), son appropriation fut doublement celle de spécialistes coupés des activités sociales y compris en Afrique (spectacularisation folklorique, comme en Europe partout, dans les Balkans, en Asie, Océanie, Amérique du Sud, Caraïbes...), et de marchands, jusqu'à son état de marchandise de plus en plus avariée, comme la bouffe empoisonnée par la valeur d'usages échangés, avec les contradictions inhérentes au statut séparé de l'artiste-musicien, contraint de n'être plus que marchandise de lui-même, avant d'être renversé dans le prolétaire en artiste, acteur (sic) de sa non-vie (peu avant mon texte Jazzitude est sorti un texte éponyme, le jazz comme modèle de management participatif)

en relation, et peut-être aussi avec l'oubli des camarades, deux livres déjà signalés de Christian Béthune

bribes de jazz et autres musiques 2003 analyse d'un déni esthétique

"Elève d'Alban Berg, ardent défenseur de la seconde Ecole de Vienne, T-W Adorno exécrait le jazz. Cette " mode intemporelle " qu'il qualifiait aussi d'"archaïsme moderne" n'était, selon lui, qu'un pur produit de l'industrie culturelle, une expression faussement libératrice de la communauté noire américaine et une régression primitive au stade sadomasochiste. Toutefois, curieusement, le philosophe, pourtant peu enclin à s'attarder sur ce qu'il abhorrait, ne cesse, presque sa vie durant, de multiplier les commentaires visant à discréditer une musique à laquelle il attribue néanmoins, de façon contradictoire, une "immortalité paradoxale".

Cette attitude quasi-obsessionnelle a-t-elle pour origine un simple malentendu ? S'agit-il d'une relation ambivalente de type fascination-répulsion ? Ces questions, Christian Béthune ne les élude pas totalement mais il ne se fie guère aux explications sociologiques, psychologiques voire psychanalytiques. Il préfère chercher les raisons de cette étrange aversion dans les fondements de l'esthétique adornienne.

Peu décontenancé par les subtilités dialectiques du penseur de l'Ecole de Francfort, il scrute les textes avec minutie, analyse, non sans humour, des prises de positions en apparence inconciliables, et mène magistralement l'enquête qui le conduit " au cœur même " de sa philosophie. Au-delà d'une étude sur les rapports conflictuels et finalement ambigus que T-W Adorno a toujours voulu entretenir avec l'une des plus grandes formes d'expression musicale née au XXe siècle, cet ouvrage peut déjà servir d'introduction à une esthétique du jazz." Marc Jimenez

bribes de jazz et autres musiques 2008 culture afro-américaine et philosophie

Miles Davis disait souvent que ce dont il était avant tout question dans sa musique - et, plus généralement, dans le jazz -, ce qui en faisait le cœur, l’essence, c’était le “son” sound.

Une déclaration très difficile à comprendre pour un Occidental. Car ce que Miles désignait par ce mot apparemment limpide de “son”, ce n’était ni l’exceptionnelle création sonore de ses compositions, ni le minutieux travail d’arrangement orchestral auquel il les soumettait, ni encore le timbre si spécifique de sa trompette. C’était une “attitude” et une “vision du monde”, reposant sur une définition très éloignée de la nôtre de ce qu’est doit être la musique.

C’est de ce décalage, pour ne pas dire de ce gouffre, entre des présupposés musicaux différents, voire aux antipodes les uns des autres, que sont nés bien des quiproquos, des malentendus, sinon même, comme le soutient le philosophe et musicologue Christian Béthune dans un ouvrage qui fera date, Le Jazz et l’Occident, une “mésentente” au sens étymologique du terme durable, et peut-être non encore totalement levée, dans la réception du jazz par l’Occident. Auteur d’un précédent Adorno et le Jazz 1, Béthune est, en vérité, bien placé pour savoir à quel point même de grands esprits ont pu se tromper sur le jazz. Son livre peut d’ailleurs se lire aussi comme un bêtisier de jugements tous aussi obtus les uns que les autres, comme lorsque dans les années 20, en France, on voyait dans le jazz une musique “bruyante” et tout à la fois un art “primitif” et le reflet du “monde déshumanisant de la machine” !

Sortir de ces clichés pour penser véritablement le jazz exige de rejeter bien des catégories intellectuelles et sensibles avec lesquelles nous interprétons le monde et de dépasser toute une série d’oppositions constitutives de notre pensée. Car, comme le rappelle Béthune, le jazz est non seulement une musique d’origine métissée et donc prise dès le départ dans un réseau inextricable de miroirs, avec tous les niveaux d’interprétation et les jeux sur eux que cela suppose, mais qui fonctionne également, non sur l’abstraction comme la nôtre, mais en incluant le corps, et qui, même quand elle est écrite, reste liée à “l’oralité”. Elle ne se réfère pas à notre monde du “logos”, avec sa division entre sens manifeste et sens souterrain : elle évolue toute entière dans celui, non dialectique, de la “phôné”, de la parole, de la voix.

Un même trait n’y a ainsi pas la même signification que dans notre musique. L’imitation le recours à des stéréotypes, la reprise de “standards”, etc. n’y est pas, comme le pensait Adorno, facilité et dégradation, mais communication avec une tradition et appel à une communauté d’écoute.

L’improvisation ne s’y réfère pas non plus à l’idée romantique d’un créateur génial qui laisserait aller son imagination en toute liberté, mais au fait qu’elle est une musique qui n’existe qu’en situation, qui ne prend forme que dans son interprétation. Ainsi de suite : entre notre musique et le jazz, ce sont bien deux “ontologies” qui se font face sans vraiment se comprendre.

En s’attachant à rendre compte, de l’intérieur, de cette “altérité radicale” du jazz, cet essai donne à voir ce que sont de vraies “cultural studies” : non pas, comme on le dit souvent, la sacralisation d’une vision “relativiste” du monde, mais la recherche d’un vrai universalisme, délivré de toute tentation ethnocentrique assimilatrice. Ce message fort et fécond fait du Jazz et l’Occident bien plus encore qu’un passionnant ouvrage de musicologie : une éclatante leçon de philosophie politique et morale.

l'impression générale est que le texte espagnol s'inscrit, parlant d'improvisation, dans la tradition de ce déni du jazz par la philosophie occidentale, y compris chez un éminent héritier de Marx

la musique est un des opiums du peuple entérinant la posture artiste comme la religion le fait des prêcheurs, le sport des vedettes de la fat boule, et la théorie du communisme

pour paraphraser Pessoa en 1922 dans Le banquier anarchiste, les professeurs de communisme doivent choisir entre rester des merdeux ou devenir des saints

PS1 avec Hegel « Tout ce qui est rationnel est réel; tout ce qui est réel est rationnel »: bien qu'Hegel ne fasse ici que synthésiser la suprêmatie de la raison, le dogme de l'Idée, c'est pas ma faute si par leurs silences ou chaque fois qu'ils l'ouvrent, ceux que je mets en cause abondent dans le sens de mes critiques

PS2 avec Marx « Être radical, c'est prendre les choses par la racine. Or, pour l'homme, la racine, c'est l'homme lui-même » Corrigeons Marx en considérant que la racine du capital, c'est l'homme blanc occidental, et nous obtiendrons la critique radicale du capital et de la théorie communiste dans la formule trinitaire classe, genre, race, dont ce texte est un parfait et triple contre-exemple