anti-journal 1988 >  11 mai 2014

 

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anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

en cas de déconn-action, deux adresses http://patlotch.com/text/index.html et http://www.patlotch.esy.es/text/index.html contact Patloch(ar)free(pt)fr

« En opposition au journal intime, un journal extime sonde l'intimité non pas de l'auteur, mais du territoire qui lui est extérieur. » Michel Tournier Journal extime 2002

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Abbey

« il faut faire ce travail sur le terrain, construire des communautés de résistances radicales qui comprennent l'intersectionnalité des luttes, parce que nous ne savons pas quand nous aurons l'opportunité d'une vraie révolution, et parfois cette opportunité arrive de nulle part... » Angela Davis

suite de anti-journal 1988-1er avril 2014

11 mai 2014

Angela improvise en français...

avant de tourner cette page de l'anti-journal, retour à la prison du capital, avec Angela Davis, en français, à Toulouse (22 mars 2013) en avant première de Free Angela de Shola Lynch

anti-journal 1988 > 11 mai 2014  France Etats-Unis 2012 1:30

Improvisation : de la musique à la communauté sociale

dans bribes de jazz

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 2003 extraits

This book is an important contribution to the philosophy of music. Whereas most books in this field focus on the creation and reproduction of music, Bruce Benson's concern is the phenomenology of music making as an activity. He offers the radical thesis that it is improvisation that is primary in the moment of music making. Succinct and lucid, the book brings together a wide range of musical examples from classical music, jazz, early music and other genres. It offers a rich tapestry incorporating both analytic and continental philosophy, musicology and performance-practice issues. It will be a provocative read for philosophers of art and musicologists and, because it eschews technicality, should appeal to general readers, especially those who perform.

"What takes place when a composer creates a piece of music? To what extent is a performer part of the creative process? Although the dominant paradigm for music making in our era has been that of creation and reproduction - in which composers are the true creators and performers primarily carry out their wishes - does that way of thinking reflect actual musical practice?"

"Qu'est-ce qui se passe quand un compositeur crée un morceau de musique ? Dans quelle mesure relève-t-il de l'interprète dans le processus créatif ? Bien que le paradigme de la musique dominant à notre époque porte seulement sur création et la reproduction - les compositeurs sont les vrais créateurs dont les interprètes réalisent les souhaits - cette façon de penser reflète-t-elle la pratique musicale"?

Ce livre est une contribution importante à la philosophie de la musique. Alors que la plupart des livres dans ce domaine se concentrent sur la création et la reproduction de la musique, la préoccupation de Bruce Benson est la phénoménologie de la musique comme activité. Sa thèse radicale est que l'improvisation est première dans le moment de faire la musique. Succinct et lucide, le livre rassemble un large éventail d'exemples musicaux - musique classique, jazz, musique ancienne et autres genres. Il offre une riche mosaïque intégrant les questions de philosophie analytique et continentale (?), de musicologie et de performance pratique. Invitation pour les philosophes de l'art et les musicologues, ce livre, parce qu'il évite la technicité, devrait plaire aux lecteurs en général, mais surtout à ceux qui composent et jouent de la musique.

en relation des sites universitaires

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 iCASP

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Girls' Jazz and Blues Camp, 2009 Ellen Seeling and Jean Fineberg, founders/directors The Jazz School Berkeley, CA (photo credit: Hali McGrath)

Musical Communities can be powerful sources of political, emotional, physical, and spiritual sustenance for musicians and listeners and potential sites to promote positive social change. In helping to support affirmative musical community, this section of the website will offer a forum for people’s experiences in music communities, links to various music communities and their projects, an introduction to some important issues in music and community, historical and bibliographic information, and other resources.

Critical Studies in Improvisation / Études critiques en improvisation open-access, peer-reviewed, electronic, academic journal on improvisation, community, and social practice housed at the University of Guelph

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“I wanted to live in that music:” Blues, Bessie Smith and Improvised Identities in Ann-Marie MacDonald’s "Fall on Your Knees", Gillian Siddall

This paper explores the link between the improvisatory nature of blues music and resistance to socially prescribed expectations for gender and sexuality in Ann-Marie MacDonald’s first novel, "Fall on Your Knees" (1996). When Kathleen Piper, one of the main characters in the novel, leaves her home in Cape Breton in1918 to pursue a classical singing career in New York, she finds herself transfixed, and subsequently transformed, by a performance by Jessie Hogan (a fictional character clearly modeled on Bessie Smith), in large part because of her remarkable improvised vocals. Hogan’s performance points to the rich history of the great blues women of this time period, women who, through their songs, costumes, and improvised lyrics and melodies, explicitly and implicitly tackled issues such as domestic violence and poverty, and challenged normative ideas of black female identity and sexual orientation. This history provides a critical context for Kathleen’s growing sense of autonomy and sexual identity, and this paper argues that the representation of Bessie Smith in the novel (in the guise of Hogan) enables possibilities for improvising new social relations and sexual identities.

Interestingly, though, as Angela Davis points out, many artists and intellectuals of the Harlem Renaissance did not approve of jazz and blues, seeing them as unsophisticated musical forms that fed white racist stereotypes of black people as primitive, brutal, and sexually voracious. She cites Alain Locke, one of the key intellectuals associated with the Harlem Renaissance, descrying the current status of African American music:

It is time to realize that though we may be a musical people, we have produced few if any great musicians,—that though we may have evolved a folk music of power and potentiality, it has not yet been integrated into a musical tradition, —that our creativeness and originality on the folk level has not yet been matched on the level of instrumental mastery or that of creative composition, —and that with a few exceptions, the masters of Negro musical idiom so far are not Negro. (Davis, Angela Y. Blues Legacies and Black Feminism: Gertrude “Ma” Rainey, Bessie Smith, and Billie Holiday. New York: Pantheon, 1998)

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

10 mai

l'affût

un bouton bleu sous la paupière
a fui
il a fait nuit

FoSoBo 10 mai 22:57

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

« Le bouton disparaît dans l’éclatement de la floraison, et on pourrait dire que le bouton est réfuté par la fleur. A l'apparition du fruit, également, la fleur est dénoncée comme un faux être-là de la plante, et le fruit s’introduit à la place de la fleur comme sa vérité. Ces formes ne sont pas seulement distinctes, mais encore chacune refoule l'autre, parce qu'elles sont mutuellement incompatibles. Mais en même temps leur nature fluide en fait des moments de l'unité organique dans laquelle elles ne se repoussent pas seulement, mais dans laquelle l’une est aussi nécessaire que l’autre, et cette égale nécessité constitue seule la vie du tout » Hegel, La phénoménologie de l'esprit, Aubier, Editions Montaigne, Paris

ta guerre

naguère à fleur de peau
sur le tambour du temps
sans timbre ni rebord

ta guerre a beau redire
rebondir à rebours
rétorquer à bon tort

ta guerre
n'est guère qu'un bouton
comme un rebut d'acné 
sur le bout de ton nez
abus d'atout

ta guerre
elle sait tout 
et lasse de silence
elle tombe damnée
de nuire et de non sens

ta guerre étrangle des moustiques
étrangers domestiques
oui et non de famille

ta guerre
se donne un genre
élastique et glouton

ta guerre a pressé le bouton
et le passé ressort
rouge et bleu comme un songe

FoSoBo 10 mai 22:30

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Bouton Rouge Moody Blues live 1968

poèmes 2014

African American Legends: Joe Wilder, legendary jazz trumpeter Vidéo 25:39

dans bribes de jazz

Né le 22 2 22, Joe Wilder est mort hier à 92 ans

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 écoutes vidéos

Open all Night

il avait joué avec Armstrong, Ellington, Lunceford, Gillespie, Basie, Hank Jones, Benny Goodman, Billie Holiday, Cab Calloway, Benny Carter, Lionel Hampton, Billie Holiday, Lena Horne, Coleman Hawkins, Quincy Jones, Gil Evans, Miles davis, Herbie Mann, John Lewis, Charles Mingus, George Russell, Dinah Washington, Johnny Mathis, Harry Belafonte, Tony Bennett... Joe Wilder était le dernier survivant du film The Sound of Jazz de l'orchestre Count Basie en 1957

discographie

“His solos are immaculately designed,” jazz critic Whitney Balliett wrote in the New Yorker in 1986. “He issues a river of sound guided languidly by the notes of the melody and by discreet bends and turns of his own. He makes the song gleam.”

A Certain Finesse: Chattin' With Trumpet Masters

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Clark Terry, Joe Wilder, Harry Edison 

Joe Wilder et Harry Edison sont côte à côte dans le dernier disque de Billie Holiday en 1959, Last Recordings

sa fluidité, sa douceur de son et ses inflexions (bend) rapprochaient Joe Wilder de Clark Terry : Prelude to a Kiss

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 une élégance partagée avec  Hank Jones  anti-journal 1988 > 11 mai 2014

I Think of You with Every Breath I Take / How High the Moon / My Heart Stood Still / Joe Wilder (tp), Hank Jones (p), Wendell Marshall (b), Kenny Clarke (ds)
Album:"Various Artists / Night people - Joe Wilder /Such A Beautiful Sound" Recorded:New Jersey, November 29, 1955

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Cherokee

Mad about the Boy 1956 Caravan 1959

Elegance was his Theme Song David Goodman New York Times 9 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Struttin with some Barbecue 

Delta Blues avec l'altiste Pete Brown en 1954, des contrechants d'une sublime subtilité, une palette sonore d'une richesse incomparable, Joe Wilder (tp), Pete Brown (as), Wade Legge (p), Wally Richardson (g), Gene Ramey (b), Rudy Collins (ds)

9 mai

Common's day in the World of Patlotch dans commun(s) vs communisme : une lutte idéologique nouvelle

'Come On' Jimi Hendrix live at Halle Munsterland Germany 14 janvier 1969

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Common, Commun, kesako ?

si j'ai mis le concept de commun au centre de la question communiste, qu'on se le dise, ce n'est pas pour passer du gourou Simon au gourou Negri, du concept de Communisation à celui de Commonwealth

je suis allé au concept de commun comme à la source, comme disait Picasso du communisme, et pas par allégeance à tel courant théorique. Je suis tombé dessus par nécessité de ma propre démarche, de l'intérieur de ma critique. S'il y a un avant/un après dans l'usage que j'en fais, il n'est pas à chercher dans son contenu, mais dans le simple fait que le mot est adéquat à l'idée

le commun est un concept aussi 'lourd' et intéressant que la lutte des classes. Il présente l'intérêt, relativement à l'histoire du capitalisme, d'en être un enjeu dès sa genèse, en un temps où ce qui fait pour Marx la contradiction essentielle, un antagonisme entre classes, n'a pas encore émergé de façon déterminante pour construire un 'mode de production', un système à la fois économique et politique

le concept de commun n'écrase pas celui de lutte de classes, il le comprend (le contient) tout en faisant le lien (la boucle) entre dépossession initiale des communs (Federici etc.) et fonction des/du commun·s dans le capitalisme réel après restructuration

pas plus que la lutte de classes ou le prolétariat en eux-mêmes, le commun n'est révolutionnaire en soi. L'essentiel est d'en saisir l'enjeur comme contradiction dans le capital, entre sa perduration et son abolition

on l'a perçu à travers nombre de luttes, notamment celles de femmes, le concept de commun présente l'avantage d'articuler en lui-même négativité et positivité du communisme, comme je le formulais avant de le placer sous ce terme de commun : le capitalisme contre le vivant, le communisme pour la vie

de tout cela il n'est pas étonnant de constater la centralité actuelle du concept de commun(s)* dans les débats, son articulation avec les communs, et avec la perspective communiste

de même que le concept de 'lutte des classes' a produit autant de positions possibles entre ses pôles antagonistes , du communisme comme rupture à la social-démocratie gestionnaire puis à la démocratie radicale, celui de commun(s) fait aujourd'hui l'objet de conflits, si j'ose dire, de classes, de genre, de race, et de terrien

des communs au commun au communisme : une révolution

la lutte idéologique sur le terrain du commun, dont je parle, n'est pas mon fait, c'est un constat. Elle est d'abord contre le capital comme ennemi principal. Il est assez drôle que je sois censuré pour simplement le dire, ici ou là, chez ceux qui battent la foire pour le compte de Dardot et Laval et leurs "juristes en première ligne" [ex de censure par la Revue du Mauss suite à l'article Des communs au communisme. Ces censeurs m'amusent autant que les cerbères de Moulier-Boutang sur Multitudes, et de Roland Simon sur dndf : il y a belle lurette que j'ai appris et compris les manières sectaires chez des maîtres, les staliniens et autres trotzkars d'extrême-gauche, voire les anars champions de la liberté d'expression. Assez dérisoire et triste de constater ces comportements chez qui se propose de simplement penser la critique et critiquer la pensée

d'un autre côté, on laisse champ libre à la critique marxiste vulgaire : Les nouveaux communistes des biens communs : des proudhoniens du 21e siècle ? Radika Desaï, INEM Institut d'études marxistes 2011

je n'ai jamais manqué de mettre en cause le proudhonisme des courants communistes français, prisonniers du politicisme de gauche. Pourtant, si l'on ne se trompe pas d'enjeu, face au capital, il faudra sans doute s'en faire une raison, ou rattraper le train en route : le commun est un enjeu communiste parce que c'est une contradiction du capital, et partant un terrain d'affrontements tous azimuts

la nécessité de la critique ouverte

sur mon blog, personne d'autre ne l'ouvre que moi, mais chacun peut constater qu'on y trouve exprimé un faisceau de positions qui sont ailleurs cantonnées dans leur coin, ou le relai sans commentaire, par cet usage limité d'internet consistant à copier-coller les copains, qui ne sort pas du paradigme imposé de "l'information" (la vraie-la fausse, la contre-info, l'alter-info...)

bref, chez moi, j'initie des débats réels, sans aucun besoin de censurer quiconque. À quoi jouent ceux qui refusent de renvoyer l'ascenseur, je le laisse supposer. Perso, je n'arrive pas à trancher entre savoir s'ils sont sectaires ou cons, je crois que ça dépend. Une histoire d'intérêts égotistes en tous cas, y compris de la part de ceux qui critiquent l'individu 'égogéré' : hé, banane, balaye devant ta porte

* je répète ici que le fait d'exiger le singulier au concept de commun(s) n'engage que des cerveaux étroits dans leurs fonctions castratrices de militants de leur pensée pour tous

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Disaster communism part 1 - disaster communities Libcom 8 mai

In part one of this three-part article, we look at the concept of disaster communism as it relates to the communities of solidarity and mutual aid typically formed in disaster situations.

Tens of thousands of people showed that we don’t need capital or governments to get things done. They demonstrated the will of people to take part in comforting each other, re-building, creating and moulding their own futures.

This quote is from a blog called Revolts Now. Libcom readers often see this kind of inspiration in strikes or uprisings, moments when the working class seizes the steering wheel, or stomps on the brakes (pick your metaphor). Revolts Now was talking about the aftermath of the Queensland floods. They write of:

… efforts of communities hit by disaster that do not wait for the state, or allow capital to take the initiative, but instead ‘negotiate with their hands’, rebuilding their own communities and ‘healing themselves’, resulting in communities that are stronger. I call these efforts disaster communism.

We think disaster communism is a useful concept for thinking about climate change. Although it's far from common, we can already identify at least two different meanings of the term. The first meaning is collective, self-organised responses to disaster situations. The second concerns the prospects for an ecological society based on human needs in the face of climate chaos, or to put it another way, the possibility of communism in the Anthropocene.1 We can call this first sense 'disaster communities', and the second 'disaster communisation', and consider both of these as moments of the wider problematic of disaster communism. [...]

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Disaster Communism & Anarchy in the Streets Revolt Now 10 avril

the Political Economy of Commons  Silvia Federici and Massimo De Angelis 8 mai ICTA (Institut de science et technologie agricoles) Guatemala

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 une discussion autour du travail reproductif

Silvia Federici poursuit une recherche intellectuelle et militante retraçant les racines du patriarcat dans l'histoire longue des expropriations, dépossessions des communs, enclosures. De la chasse aux sorcières aux plans d'ajustement structurels, Federici propose une relecture féministe de l'histoire du capitalisme.

Elle engagera une discussion autour du travail reproductif avec Morgane Merteuil, porte-parole et secrétaire générale du Syndicat des travailleurs et travailleuses du sexe.

8 mai

prochainement sur vos écrans une autre super-production auto-passionnelle de Patlotch&Cie

   l'abolition des cas rente-valeur, du genre inhumain et de l'assignation de race animale    

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 « Tous les hommes dominent tous les chats » Fritz the Cat anti-journal 1988 > 11 mai 2014 5/8 vidéo

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 mais ne réveillez pas ma chatte qui dort !

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la révolution ne fait que commencer (ceci n'est qu'une) impression en 3 dimensions 01.net 7 mai

on en n'a pas fini avec la confusion des genres

un peu à la manière dont le numérique a remplacé le papier, introduisant un changement dans les rapports sociaux de l'information et de la connaissance, par « le travail immatériel », l'«impression» 3D bouleverse en retour la production matérielle. Partant, s'ouvre à la production un champ mi-public mi-privé, transformant un peu plus chacun en entrepreneur de lui-même, individu égogéré autogérant son être... sans classe ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 le chat en travailleur productif, une perspective révolutionnaire !

« « Gouvernements, grandes entreprises, médias et grand public développent un appétit insatiable pour la fabrication additive »... Une fascination alimentée par les projets de bio-impression, qui visent à reproduire des tissus vivants, ou encore d’impression de nourriture... à l'image de ce que prépare Modern Meadow, une start-up qui veut fabriquer des steaks à partir de cellules souches de bœuf ! 

La vente d’imprimantes personnelles progressent également avec 32 013 unités écoulées l’année dernière, soit une augmentation de 104,2% par rapport à 2012. La grande tendance est à la professionnalisation de ces machines, rendant la frontière entre pro et grand public de plus en plus floue. Un exemple ? Plutôt que d'utiliser de grosses machines industrielles, le groupe Ford a choisi d'équiper ses ingénieurs travaillant sur des prototypes de voitures avec des imprimantes 3D personnelles.

Mais c’est le métal qui suscite toutes les convoitises. Il est maintenant disponible sous de multiples formes : acier, titane, aluminium, nickel, alliages à base de cuivre, or ou argent. De nouvelles générations résistantes à l’oxydation ont aussi fait leur apparition en 2013, ainsi que des matériaux composites et hybrides comprenant, par exemple, des fibres de nylon, de carbone ou de verre.

Encore plus fort, on devrait bientôt réussir à imprimer de l’électronique ! Des chercheurs planchent actuellement sur l’impression de pièces directement avec leurs circuits intégrés. Et d’autres ont déjà réussi à produire des batteries dans leurs labos en imprimant à l’échelle du micromètre. « L’intégration de l’électronique dans une pièce imprimée pourrait changer à jamais la façon dont certains produits sont conçus et fabriqués ».

Mais les machines et les matériaux restent chers, les procédés délicats à appliquer et les logiciels ardus à utiliser. C’est en surmontant ces obstacles que les acteurs du secteur réussiront à faire adopter pleinement cette technologie par les industriels.»

application immédiate

Un Japonais arrêté pour des pistolets [capables de tirer] créés avec une imprimante 3D, Le Monde 8 mai

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Le premier pistolet imprimé en 3D exposé dans un musée de Londres

« il ignorait qu'il était hors-la-loi », et la loi réserve la production d'armes à l'industrie de la mort en grand

en exclusivité mondiale, une super-production

   DE CHACUN SELON SA PRODUCTION, À CHACUN SA PETITE ENTREPRISE   
          une auto-production Patlotch&Cie en 4D, 12 images et décodage théorico-poétique  

le capital conserve le monopole de la production des imprimantes 3D, ces nouvelles machines-outils, marchandises de valeur pour tous

et toutes anti-journal 1988 > 11 mai 2014 sans anti-journal 1988 > 11 mai 2014       Alors à la question anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la réponse est oui ! c'est la reproduction du capital par la femme avenir de l'homme mort

car privé de son pistolet en 3D anti-journal 1988 > 11 mai 2014      Mais alors anti-journal 1988 > 11 mai 2014 non ! et alors ? et alors ? anti-journal 1988 > 11 mai 2014 non ! et alors ? et alors ?

alors ce s' ra la mutation, la révolution dans la révolution, la quatrième dimension sans l'éternel retour de cape hot à l'épée

4 Dames valant 6, écrasant le genre anti-journal 1988 > 11 mai 2014

bref, des Amazones en 4D, avec des pistolets en 3D, montant chevaux qu'on ne peut arrêter comme déjà poney

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 et sous la femme au colt

dort anti-journal 1988 > 11 mai 2014 et c'est ainsi qu'Henry fondra quand Jane sera anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 etc. et cat erra

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

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Moutin Réunion Quartetgrand choc selon Sylvain Siclier Le Monde 7 mai

Là, grand choc avec Moutin Reunion Quartet. François Moutin à la contrebasse, son jumeau, Louis, à la batterie, Pierre de Bethmann aux pianos, l'un acoustique, l'autre électrique, et Rick Margitza au saxophone. Une histoire commune remontant à 1999, un son de plus en plus intense, un jeu qu'emportent loin les deux frères. Déferlement sur les peaux des tambours et le cuivre des cymbales. Les pianos suivent, répondent, proposent. Le saxophone pourrait sembler retenu ; ses déliés sont en fait au plus exact. Le jazz, avec ces quatre-là, affirme sa violence musicienne, du tempo le plus lent au plus rapide, son expressivité.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Sold Answers 2012 vidéo autres

Pierre de Bethmann et les frères Moutin ont en commun d'avoir collaboré avec Martial Solal pour six pianos Solal

dans bribes de jazz

Roland Simon se réveille au milieu du gué théorique

voir mon commentaire dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes'

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Thomas Fogarty

dans les quelques mots critiques à propos de « Une séquence particulière,  où en sommes-nous dans la crise ? », j'avais formulé mon insatisfaction de voir cette séquence définie comme « crise de la société salariale », avec la centralité du travail productif, pour ne pas dire du travailleur productif, avec la thématique de l'interclassisme

à l'occasion d'une discussion chez dndf sur la situation en Ukraine, Roland Simon fait une mise au point intéressante, mais restant au milieu du gué théorique de l'identité de classe et de la tension à l'unité

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 du même illustrateur

et vogue la galère, toujours les mêmes qui rament

7 mai

genre et rapports sociaux de sexe, Roland Pfefferkorn, 2012

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 dans critique de 'genre' et du capital, femmes et communs...

vidéo Rapports sociaux de sexe et de racisation et articulation des rapports sociaux Séminaire Marx au XXIe siècle. Sorbonne. Paris le 28 janvier 2012 1:56

en relation Articuler les rapports sociaux. Rapports de classe, de sexe, de racisation PDF, Strasbourg 2011

genre et classes populaires, carnet du séminaire de recherche...

beaucoup de références sur ce site, notamment les programmes du séminaire depuis 2011. Séminaire 2013-2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 dans Critique de genre et du capital, nouvelle rubrique

Une histoire sans les hommes est-elle possible ? Genre et masculinités, édité par Anne-Marie Sohn, Paris ENS Editions, 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 “On ne naît pas homme, on le devient.”

Genre, masculinités et classes populaires, une articulation bien présente dans cet ouvrage et qui reste à explorer. Sur ce point, voir notamment les contributions de Richard Holt: ”Jackie Milburn, « footballeur » et « gentleman ». Culture régionale et masculinité populaire dans l’Angleterre de l’après-guerre”, Nicolas Hatzfeld: “Derrière l’universel de classe, redessiner le masculin. Les ouvriers de l’automobile au XXe siècle” et de Xavier Vigna que nous avions eu le plaisir de recevoir dans notre séminaire en 2012, “De la conscience fière au stigmate social : le virilisme ouvrier à l’épreuve des années 1968?.

On ne naît pas homme, on le devient. Cet ouvrage se propose de déconstruire ce qui a fait longtemps figure d’invariant et de montrer que la masculinité a une histoire. Les contributions, qui courent de la préhistoire à nos jours, peignent ainsi des masculinités à la fois multiples et changeantes.
Ce livre examine en premier lieu les signes et marqueurs de la masculinité qui permettent d’emblée de savoir qui est un homme. Il analyse ensuite les preuves et épreuves de masculinité, qu’elles soient professionnelles, sexuelles ou militaires. Les hommes, en effet, se doivent de démontrer, toute leur vie durant, qu’ils remplissent bien les critères de « bonne masculinité » attendus d’eux. Sont en jeu ici les processus sociaux et éducatifs qui transforment le sexe en genre et la nature en culture. Ces preuves et épreuves non seulement font « l’homme » mais construisent également les hiérarchies masculines, opposant dominants et dominés, gagnants et perdants de la masculinité.
Une histoire des hommes et des masculinités fondée sur le genre permet ainsi de mieux comprendre la résistance de la domination masculine et les inégalités présentes entre hommes et femmes.

6 mai

la confirmation d'un nouveau réformisme s'appropriant le concept de commun

note : il va sans dire (mais...) que la lutte sur le commun est une lutte révolutionnaire à saisir comme lutte de classes, lutte sur le genre, lutte pour abolir les sépararations identitaires et communautaires de races, de nations, de religions... une lutte sur les communs aussi, un lutte communiste de rupture avec le capital comme totalité, mode de production et de reproduction

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Le “commun” : un principe au cœur des mouvements sociaux Les InRocks 30 avril

une interview de Dardot et Laval

- En quoi l’œuvre de Toni Negri et Michael Hardt (Multitude, Empire, Commonwealth…) est une référence clé pour votre réflexion ?

Christian Laval – Hardt et Negri sont partis des pratiques, des mouvements. Leur réflexion a un ancrage dans le réel, très précieux. Contrairement à d’autres formes de pensée critique détachées de la réalité. On a partagé nos réflexions avec Negri durant deux ans et demi à travers un séminaire commun au Collège international de philosophie, “Du public au commun”. Ce que nous reconnaissons à Hardt et Negri, c’est d’avoir franchi le pas, conceptuellement important : passer des choses communes au concept du commun, comme principe politique, au singulier. Nous avons marqué nos distances, il est vrai, avec leur conception spontanéiste du commun, avec l’idée selon laquelle les formes de travail, les rapports sociaux engendreraient spontanément du commun qui serait exploité par du capital. Nous considérons que cette thèse est beaucoup trop optimiste.

je vois une contradiction entre reconnaître que « Hardt et Negri sont partis et pratiques, des mouvements », et réduire leur thèse à « l'idée selon laquelle les formes de travail, les rapports sociaux engendreraient spontanément du commun qui serait exploité par du capital. ». Quelle place on accorde-t-on aux luttes dans le processus révolutionnaire ? S'agit-il de s'en inspirer pour qu'une élite politique éclairée (par Dardot et Laval) propose des changements juridiques ?

le commun est une contradiction dont il s'agit de produire le dépassement

l'ambiguïté plane sur le concept d'institutions, y compris chez Hardt et Negri au demeurant, mais au-delà d'avoir franchi le pas de passer au concept de commun*, la thèse de Commonwealth est fondée sur ce que j'appelle le primat des luttes théorisantes, pas un simple spontanéïsme, qui signifie chez eux des mutations dans les rapports sociaux capitalistes à même d'être abolis. Le commun est une contradiction à dépasser, ce qui suppose une visée révolutionnaire et des luttes conséquentes en ce sens. Ce n'est plus le cas chez Dardot et Laval, qui se posent en éclaireurs théoriques, qui plus est relayés fortement dans des milieux caractérisés pour avoir constituer la mouvance altermondialiste, le 'démocratisme radical' et le citoyennisme français - cf leur succès médiatique dans la presse de ces milieux, qu'attendre d'une révolution promue par les InRocks ?

* accessoirement, l'insistance sur le singulier est sans doute utile pour discerener le concepts de ce qu'on entend traditionnallement par biens communs, mais une fois compris, je préfère conserver le pluriel, la pluralité des formes réelles de communs communistes plutôt qu'un concept surplombant à valeur idéologique

Christian Laval voit s'annoncer un processus révolutionnaire avec des « juristes en première ligne » :

« Des comités de défense des biens communs se sont créés un peu partout. Et là encore, on retrouve la jonction de pratiques sociales et une réflexion juridique. Les juristes sont en première ligne pour tenter de faire entrer dans la constitution et le code civil des biens communs. En articulant des biens communs à des pratiques démocratiques, à des droits sociaux. Cela annonce une pensée nouvelle du commun.»

de quelles luttes nous parle-t-on, en termes de « pratiques sociales » ? Mon désaccord se confirme quand je vois qu'il est question de constitution et de code civil, de pratiques démocratiques et droits sociaux, c'est-à-dire de fondements institutionnels de l'État dont la domination est critiquée par ailleurs : jusqu'où ? Que signifie une perspective révolutionnaire qui abandonne celle d'abolir l'État pour chanter à nouveau la messe de la démocratie politique ?

ce n'est pas chez Dardot et Laval seulement « une thèse beaucoup trop optimiste », c'est un nouveau réformisme

.

poèmes 2014

vertige

dans le monde où je sombre
sans trêve
nous se met en abîme de n'être
que l'ombre sur l'écran
d'un rêve
                   :
naître

FoSoBo 6 mai 2014 15:28

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

.

'et si Rimbaud et Baudelaire avaient fréquenté les soirées slam...'

pour prolonger la causerie sur ma poésie orale et sa possible utilisation en slam, la démarche en quelque sorte inverse du slammeur sénégalo-bordelais, « un virtuose des mots et des phrases »

« son album " l'hiver peul" contient de véritables perles poétiques, avec des musiques de toutes horizons (musiques traditionnelles , jazz , balade)»

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 muse amoureuse

Souleymane Diamanka au Festival Mondial des Arts Nègres 2010, Dakar vidéo

 

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 débat vidéo 5 juillet 2013 28:17 

entretien de Carole Dieterich avec Souleymane Diamanka et Julien Barret Africultures

à lire dans Réflexions poétiques, art et révolution sociale...

(personnellement, je trouve que Souleymane a une lecture trop plate de ses propres poèmes, dont il ne tire pas tout le potentiel oral - une faiblesse fréquente dans le rap en français, au niveau des rythmes et des sons...un paradoxe relativement à ce qu'il dit de son approche)

5 mai

La crise ukrainienne accélère la recomposition du monde Pierre Charasse 28 mars La Tour de Babel, analyse critique de la mondialisation

analyse géopolitique (mais) pas inintéressante

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 La destruction de la Tour de Babel Cornelisz Anthonisz 1547

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 du même Cornelitz

Congo Square New-Orleans

de l'esclavage au jazz, en passant par la danse, les tambours et les arts martiaux

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

préface de Dr. J. H. Kwabena ‘Nketa, ethnomusicologue et compositeur, le plus grand spécialiste de la musique d’Afrique de l’Ouest

Quatrième de couverture : Si la Nouvelle-Orléans est la ville natale du blues et du jazz, Congo Square en est à l’évidence le berceau. Sur cette place située à l’arrière de la capitale de la Louisiane, les esclaves africains prirent l’habitude de se réunir pour chanter, danser, faire du commerce et prier dès le XVIIIe siècle. C’est ce lieu mythique de la culture afro-américaine, où naquirent rythmes, musiques et chorégraphies à l’origine de l’inspiration de nombreux artistes et courants musicaux américains actuels, dont l’auteur retrace, au terme de patientes recherches, deux cent cinquante ans d’histoire, liée à celle d’un peuple qui sut préserver son identité culturelle malgré des conditions de vie extrêmement difficiles.

Devenu de nos jours symbole de la résistance et de la permanence d’une culture venue d’Afrique noire et des Caraïbes, Congo Square est à l’origine de prestigieux festivals de jazz. Le livre a été unanimement salué par la presse à sa sortie aux États-Unis.

L’auteur : Freddi Williams Evans, historienne de la musique africaine, née dans le Mississippi, vit, écrit et enseigne à la Nouvelle-Orléans. Auteur de plusieurs ouvrages pour la jeunesse, conférencière, elle est actuellement directrice d’enseignement au Contemporary Arts Center de la Nouvelle-Orléans. Congo Square a reçu le Prix Humanities Book of the Year 2012.

Haiti and New-Orleans Cultural Crossroads video 51 mn
Lecture and presentation from New Orleans Jazz and Heritage Festival, 2011

« "Congo Square"... un lieu ou un emplacement pour « les noirs ». John Kendall écrivit que le nom « Congo » dérivait de l’habitude des Africains réduits en esclavage de se rencontrer et de danser là le dimanche. La plus ancienne utilisation attestée du terme « Congo » pour désigner le lieu connu comme Congo Square remonte à 1786, quand l’évêque Cyrillo écrivit une lettre pastorale qui dénonçait « les Nègres qui à l’heure des Vêpres, se rassemblent sur un espace vert appelé « Place Congo » pour danser la bamboula et accomplir des rites importés d’Afrique par les Wolofs, les Foulahs, les Bambaras, les Mandingues et d’autres races. »

« On a aussi montré que ceux qui étaient nés en Afrique fréquentaient plus les rassemblements que ceux nés en Amérique, particulièrement s’ils avaient atteint un certain statut social (par exemple, la catégorie de la main d’œuvre qualifiée). Le chercheur Gary A.Donaldson a conclu que Congo Square était le point de convergence de la sous-culture de la population noire de la Nouvelle-Orléans durant toute la première moitié de XIXe siècle. »

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 François Aimé Louis Dumoulin, 1770s

« Selon Labat, les autorités passaient des ordonnances dans les îles pour interdire la Calinda à cause de son indécence et de sa lascivité en faisant peut-être référence au frappement des cuisses. Il faisait remarquer que les ordonnances étaient surtout promulguées pour empêcher les nombreux rassemblements des descendants d’Africains qui pourraient initier des révoltes, des soulèvements ou des groupes de voleurs. [...] »

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Kalinda art martial de la Caraïbe

L’origine du Kalinda n’est pas clairement établie. Dans les grandes Antilles on dit que les techniques de Kalinda sont nées sur Hispaniola, puis se sont répandues dans les autres îles. En Guadeloupe, on dit qu’un esclave du nom de Jacombé aurait introduit cet art sur l’île.[11] À Barbade, la tradition veut que des soldats de l’empire Kongo capturés comme prisonniers de guerre et réduits en esclavage, aient introduit les techniques sur l’île.[12] En créole, «ladja» peut venir d'une palatalisation de «lagya» ; selon Cheik Anta Diop en Wolof « lag » désigne les « seigneurs de la guerre », « ya » désigne « ceux ». On aurait affaire ainsi à « ceux qui font la guerre », c'est-à-dire l'ordre des guerriers dans le Ladja Baton (Josy Michalon).  Les mots «Danm », « Gamm » veulent dire « qui connaissent», c'est-à-dire les initiés ; « yé » ou « ya » signifient « ceux ». On aurait donc affaire à « ceux qui sont initiés » dans le Danmyé.

Le Kalinda fait partie de la famille des traditions d’arts martiaux de la diaspora africaine des Amériques. D’autres arts martiaux afro-américains sont à découvrir pour les curieux, entre autres : Capoira, Bènaden, Bénolè, Danmyé (martiniquais), Ag'ya, Bangaran, Machet'e, Pinge, Bate Coxa, Batuque, Luta do Bode, Susa, Broma, Jailhouse Rock, Kicking and Knocking, Kwa Asilia Avita Sanaa, Wolo, etc.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

en relation le jazz de la Nouvelle-Orléans et la mentalité africaine avec Pierre Minne

Danny Barker, enfant de Congo Square, magicien du rythme

« There is something magical in rhythm; it even makes us believe that the sublime lies within our reach.» Goethe

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Danny Barker  anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

avec Milt Hinton (voir Des vents et des cordes dans les graves)

Danny Barker (à droite) with Fairview Baptist Church Christian Band at Congo Square. Photograph courtesy Floyd Levin

Danny Barker Guitarist, banjoist, author and educator who performed with jazz giants like Sidney Bechet, Jelly Roll Morton, Benny Carter, Cab Calloway and Albert Nicholas

Jazz Walk of Fame documentaire vidéo

St. James Infirmary Blues solo voc & g

1938 Blue Deep Sea NYC., Blue Lu Barker (v) & Danny Barker (g) & his Fly Cats: Red Allen (t) Buster Bailey (cl) Sammy Price (p) Wellman Braud (b) 1938

1979 Festival d'Antibes Juan les Pins, JABBO SMITH (t,v) & DANNY BARKER (g) Frog Joseph (tb) Orange Kellin (cl) Lars Edegran (p) Franck Field (b) John Robichaux (d,ann) "JAZZ A ANTIBES" 28:23, filmed by J.C. Averty 5:38 Muskrat Ramble / 4:33 Love --vJS / 7:11 Original Dixieland One Step 4:57 solos Barker à 3:49 et 9:40

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Conversation with Danny Barker 1989

dans bribes de jazz

4 mai

ma poésie orale, rapport d'intimités dans Réflexions poétiques...

ma chatte n'est pas commun

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Blue Art Nègre muse

chatte atmosphère

dans la sphère publique, quand je vois un·e félin·e domestique, mâle ou femelle, je l'appelle un chat. Autrement dit, la chatte, cette amie de l'homme (qui est une fois sur deux une femme) semble victimE, en tant que femelle, de son assignation au genre masculin

partout j'appelle un chat un chat

dans ma sphère privée, j'appelle ma chatte ma chatte

pour le reste, je donne ma langue au chat, ou à la chatte, selon

Croisée des faires

Qui voudrait rendre larme à ces arts sans césure ?

Une clarté obscure a brûlé ton œil fier
Habitué du noir sûr d'y voir la lumière
La peur l'effroi le doute habitent ta paupière
Le soleil a tourné et demain trompe hier
 
Un réverbère éteint la lune illuminée
Un chat noir traverse l'ombre parcheminée
Et ce bruit d'où vient-il ? Que fais-tu là miné ?
Est-ce le temps ? Est-ce le vent ? Qui a sonné ?
 
Pas à pas un par un en avant en arrière
Se danse le tango désuni des années
On achève bien mal les chevaux de retour
 
Pied à pied face à face éperdus nez à nez
Lames rouillées en fers croisés jouant leur tour 
Au net et à la barbe de vieilles manières

RER A, 3 février 2005, 20h06 Sortie des classes

C'est encore un sonnet, sur trois rimes, et des vers de 12 syllabes qui ne sont pas des alexandrins classiques - on en trouve chez Racine et Hugo, avec des coupes variables en 2, 3, 4... Clarté obscure : d'un essai d'Henri Meschonnic sur la langue française. Le 'e' - muet ou non, de l'accord au féminin ou du masculin de doute et réverbère...- génère un jeu du poème sur la lumière et la langue, cette clarté française, entre jour et nuit, rime féminine ou masculine, etc. Bref, la confusion entretenue des genres

à confesse

j'utilise parfois-e lea féminisation·ne des mot·e·s selon·ne divers·es codEs en usag(e)s, parfois parce que cela me semble nécessaire et de bon sens; parfois sous je ne sais quelle pression ambiante et non sans quelque honte d'y céder; parfois pour faire ressortir le ridicule fini d'une intention contre-productive. Du reste, pour qui veut abolir le genre, féminiser la langue, n'est-ce pas rester au milieu du gué de l'identité ?

au total, et sans nier la domination masculine dans la langue, française particulièrement, je m'en fous plus qu'un peu de cet aspect du genre

toujours est-il que faire de la poésie avec ça, autant se la couper quand on est un homme (une homme anatomique), et pour ce qui est de poétesse (une femme à natte ou pas), je n'en ai pas lue l'utilisante

notez que poète rime avec faites ou fête, poétesse avec...

une poète, je trouve ça beau, et poétesse saboté

chat botté ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

 

le genre, le capital et les deux TC 

Temps Théoriques et Critique Communiste : têter n'a pas cessé c'est sûr, ce tête à tête est tiré par la queue

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 un genre trop inhumain ?

encore un livre d'homme ?

« Au-delà des controverses stériles entre culturalisme et naturalisme dans lesquelles s’enferment les activistes du genre et leurs opposants conservateurs, ce livre tente une critique politique d’une conception du « genre » qui a perdu tout rapport avec l’idée première de genre humain.
Après l’échec du dernier assaut révolutionnaire contre le capitalisme – celui des années 1967-77 –, autonomie, identités particulières et multiples, affirmation des subjectivités sont devenues les valeurs et pratiques dominantes de l’individu egogéré.
Dans les domaines de la sexualité humaine, l’accentuation de la particularisation des rapports sociaux et la capitalisation de quasiment toutes les activités humaines engendrent maintenant la négation des déterminations à la fois naturelles et sociales du sexe. Celui-ci n’est plus perçu que sous sa forme sociale construite et franglicisée de « genre ».
Au mouvement des femmes qui visait des droits généraux s’est substituée la pression de minorités sexuelles qui tirent leur dynamique idéologique de leur ancienne répression. Divers activistes du « genre » vont alors dénoncer les dimensions à la fois trop naturalistes et universalistes d’une conception du sexe qui, selon eux, entretient un rapport de dépendance trop étroit avec la norme hétérosexuelle et non plus simplement avec un système patriarcal en voie de dissolution.
De l’abolition du sexe en passant par la multiplication des « genres », tout semble, pour eux, affaire de libre choix sur fond d’une confiance aveugle en les possibilités offertes par la science. Cette nouvelle idéologie se présente comme une évidence qui s’imposerait à tous, alors qu’elle réduit la conscience qu’on pourrait avoir de notre finitude humaine à une simple croyance au mythe d’une nature humaine.»

au premier abord, étrange approche qui semble réduire la question du genre, et son articulation avec les classes, à une question idéologique dans l'air du temps... mais peut-être que cette quatrième de couverture ne couvre pas tout ce qu'annonce la première

vu le nombre qui s'intéresse à cet aspect des choses, à l'échelle du monde, tempête théorique dans un verre d'eau vide ? à lire donc, pour en savoir plus

au-delà de la focalisation actuelle sur le concept de genre (et son abolition), à craindre toutefois une sous-estimation de la domination masculine, d'autant que Temps Critiques n'a jamais été très attiré par le sujet au-delà de la critique des particularismes identitaires : encore un livre d'homme ?

nature morte au gourdin théoriste

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 toutes les femmes sont mortes, c'est ainsi que les hommes vivent

Le mode de production capitaliste n’est pas sexuellement neutre / Il faut partir de ce qui fabrique les femmes.

Le travail et le surtravail qui lui est corollaire supposent la constitution de la population en principale force productive, le contrôle de cette principale force productive suppose la création d’une partie de l’humanité comme productrice de cette force et son contrôle. Partir de la reproduction (biologique) et de la place spécifique des femmes dans cette reproduction c’est présupposer comme donné ce qui est le résultat d’un processus social. Le point de départ (puisqu’en avoir un fait partie des tares nécessaires de la production théorique) est ce qui rend cette place spécifique comme construction et différenciation sociale : les modes de production jusqu’à aujourd’hui. L’augmentation de la population comme principale force productive n’est pas plus un rapport naturel que n’importe quel autre rapport de production et elle se meut dans des contradictions spécifiques à chaque mode de production. La nécessaire appropriation du surtravail, phénomène purement social (le surtravail ne tient pas à une supposée surproductivité du travail) crée les genres et la pertinence sociale de leur distinction sur un mode sexuel et naturalisé. Posséder un utérus ne signifie pas « faire des enfants », pour passer de l’un à l’autre il faut tout un dispositif social d’appropriation et de mise en situation (de mise en fonction) de « faire des enfants »[Dispositif de violence incluant le viol, mais aussi l’amour, le care, la douceur, le souci des autres, être un corps], dispositif par lequel les femmes existent. Posséder un utérus est une caractéristique anatomique et non déjà une distinction, mais « faire des enfants » est une distinction sociale qui fait de la caractéristique anatomique une distinction naturelle. Il est dans l’ordre de cette construction sociale, de ce dispositif de contrainte, de toujours renvoyer ce qui est socialement construit, les femmes, à la biologie. La production de la catégorie sociale femmes ne serait pas telle sans être naturalisée et le rapport entre hommes et femmes ne saurait être un rapport social sans apparaître comme naturel.

théorie hard : l'art de trancher dans le lard

sans surprise un art consommé de la formule tranchante 'plus radicale que moi tu meurs'... d'un excès de sexe, d'amour et d'humeurs. Je ne suis pas loin de penser que ce théoricien est un monstre de cérébralité refoulant sa propre corporalité, déduisant ses affects du capital, et crachant de rage le manque de chair de sa théorie sur tout ce qui leur pousse, aux corps, y compris des idées de rupture. Voir TC 'Théorie Communiste' : fin de partie truquée

je ne comprends pas la phrase « "faire des enfants" est une distinction sociale qui fait de la caractéristique anatomique une distinction naturelle ». Même si l'évolution du corps humain est en partie historiquement socialisée, je ne comprends pas comment ce qui est anatomique ne serait pas naturel. À tout prendre, il me semblerait plus juste de dire que « faire des enfants » est une caractéristique anatomique et produit  une distinction sociale dont on fait une distinction naturelle

l'histoire ne dit pas si le fait que (presque) toutes les femelles du genre animal « font des petits » nécessite « tout un dispositif social qui fait de la caractéristique anatomique une distinction naturelle, un dispositif par lequel les [femelles] existent »

la violente amour

« Et me livre aux tourmens d'une cruelle absence
La violente amour dont je brûle en ces lieux » 

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Henriette de Coligny de La Suze

l'histoire ne dit pas non plus si « le dispositif social d'appropriation et de mise en fonction de "faire des enfants" n'est que cela, « dispositif de violence »

elle ne dit pas si « l’amour, le care, la douceur, le souci des autres, être un corps » ne ressortent que de ce « dispositif de violence incluant le viol », ou si ces vertus pourraient tout aussi bien devenir masculines, elles le sont parfois - en quoi cela ne suppose pas, dans l'abolition du genre social, la fin des différences entre hommes et femmes, mais de la hiérarchisation, comme le précise entre autres Silvia Federici

l'histoire ne le dit pas mais le laisse-t-elle supposer ? L'extrait est trop court pour en juger, cependant...

« Renoncer à l'amour me paraît aussi insensé que de se désintéresser de son salut quand on croit à l'éternité.»
Simone Bertrand de Beauvoir (elle n'était pas noble mais simplement bourgeoise)

une pensée infirme du monde, des luttes, et finalement du capital

« Cette notion du commun ne sépare pas l'humanité de la nature qu'elle exploite ou protège, mais se concentre plutôt sur les pratiques d'interaction, de soin et de cohabitation dans un monde partagé, encourageant ce qui est bénéfique et limitant les formes nuisibles du commun. » Negri et Hardt Préface à Commonwealth, p.10-11

le piège théorique se referme sur qui n'inclue pas la nature dans l'humanité ni les humains dans la nature, en purs êtres sociaux, de même quand la terre n'est pensée qu'en termes de rente, et par suite ignorée une piste de sortie du capital autant en théorie que dans les luttes sur le commun

chez TC, il n'y a, au sens théorique, aucune dialectique de la nature, y compris en ce qu'elle est sociale. L'identité de la critique communiste et de son objet, le capital, est pour TC totale, et donc sa théorie communiste réelle (sous subsomption), réellement une théorie capitaliste. Elle n'en sort pas, ne sait pas comment en sortir, et s'en sort par un saut idéaliste, comme tout scientisme aveugle à ce qu'il ignore - et méprise avec superbe : ils finiront par passer pour plus idiots qu'ils ne sont, et l'auront mérité

à lire cette courte présentation, il semble en effet que TC, confronté à un échec théorique annoncé, s'enferre et éprouve le besoin d'en rajouter dans le simplisme qui pointait sous l'enjôleur fatras de sa dialectique : comme la plupart n'y entendent rien, ils ne retiennent que les résultats caricaturaux en supposant que les démonstrations sont bonnes. Plus le style se fait clair (quand même) plus le leurre tombe

de l'anti-humanisme primaire à l'anthropocentrisme vulgaire, il fallait franchir le pas...

... de conserver paradoxalement, par défaut d'une théorie les articulant, l'opposition nature-culture (société). Bref, une critique qui se veut radicale mais reste sur le terrain de l'adversaire, ce que signifie peut-être ce qu'entend Temps Critiques par « négation des déterminations à la fois naturelles et sociales du sexe »

Roland Simon n'est pas un corps, mais un pur esprit

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 nature morte à la gourde renversée Willem Kalf vers 1615

 

Thomas Piketty, star du Capital, accouche d'une souris

dans éléments pour 'une critique de l'économie politique'

je ne reviens pas sur le succès américain de l'expert français : voir les actualités

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

4 critiques

- Le capital au XXIe siècle. Richesse des données, pauvreté de la théorie, Michel Husson Contretemps 10 février

« Piketty mélange de manière incohérente deux définitions du capital, comme « facteur de production » et comme ensemble de « droits de tirage » sur le revenu.»

- Un grand absent : les conflits de distribution autour du rapport salarial / La théorisation en retard par rapport à la richesse des observations Robert Boyer Revue de la régulation

« Cet oubli du rapport salarial livre une théorie particulière de la distribution du revenu et des inégalités. En effet, l’analyse combine deux dimensions, dont aucune n’inclut le rapport de domination propre à l’organisation de la production dans une économie capitaliste.
La première césure oppose le groupe social qui vit de la mise en œuvre du capital ou de son patrimoine à celui qui tire son revenu d’une activité professionnelle, essentiellement en tant que salarié ; il est postulé une capacité propre du capital à imposer une rémunération de long terme, indépendamment du succès de l’activité productive. C’est pour Piketty la source majeure des inégalités puisqu’au fil du temps, les patrimoines s’accroissent plus rapidement que les revenus d’activité : il s’agit d’une opposition entre stock et flux.
La seconde dimension opère au sein de chacun de ces deux groupes. D’un côté, comme le rendement du capital tend à croître avec la taille du patrimoine, les 1 % plus riches accumulent plus rapidement que les 10 % plus riches : c’est ce que l’auteur appelle les luttes inter-déciles qui culminent dans la période contemporaine avec l’explosion du patrimoine des super-riches qui représentent les 1/1000e, voire 1/10000e de la population. D’un autre côté, au sein des actifs, la période contemporaine a vu apparaître la catégorie des super-cadres dont le revenu décolle par rapport au reste des salariés. Enfin aux États-Unis, certains individus cumulent les deux sources de revenu, ce qui exacerbe l’explosion des inégalités.
Pour Thomas Piketty, les luttes de classement semblent l’emporter sur le traditionnel affrontement capital/travail, c’est-à-dire la lutte de classe au sens marxiste strict

- Le manifeste inégalitaire de Thomas Piketty Geoffroy de la Gannerie Mediapart octobre 2013

« Tout l’ouvrage de Piketty est construit sur ce  mythe conservateur qui fonde les démocraties libérales : à la figure du rentier et à la logique de l’accumulation et de l’héritage, il oppose ce que serait, à ses yeux, la société qu’il faudrait préserver : une méritocratie où l’accès aux positions sociales s’acquerrait par les études, le mérite et le travail, dans le cadre d’une compétition fondée sur le principe d’égalité des chances. Dans cette vision, il n’est jamais question de domination sociale et culturelle, de violence, de relégation, d’exploitation, d’oppression, d’aliénation au travail,  de classes, de luttes,  etc. Tout ce vocabulaire est absent de son livre. Toutes ces réalités sont ici déniées, occultées, évacuées. On ne s’étonnera donc pas que ce livre soit publié dans la collection de Pierre Rosanvallon et que l’un des rares auteurs discutés soit François Furet. Il poursuit fidèlement la tâche que se sont fixés ces deux auteurs de la République du centre : annuler la théorie des classes sociales et la problématique des dominations comme constitutives de toute pensée de gauche.

Derrière lui, se cache non pas une contribution à la pensée de gauche et à la théorie critique mais bien plutôt une régression théorique inscrit dans une ligne politique conservatrice.

Malgré ce que le titre essaye de nous faire croire, on comprend que Thomas Piketty  est plus proche de l’esprit d’Adam Smith que de celui de Karl Marx, de Raymond Aron que des mouvements sociaux et des combats pour l’émancipation.»

- « The Economist » donne à sa manière raison à Marx Marc Bonhomme Europe Solidaire 19 janvier 2014
La croissance de l’inégalité est inhérente au capitalisme / Retour sur les bases de l’économie politique marxiste à l’âge de la grande crise du capitalisme néolibéral.

« Que ce soit pour The Economist ou pour le Forum économique de Davos ou pour l’élite politique étasunienne, le mouvement Occupy/Indignés a mis à l’ordre du jour du débat public mondial l’enjeu des inégalités (et du chômage de la jeunesse) comme « menaces sur la stabilité du monde ». The Economist, revue de la City, pourrait être qualifiée d’hebdomadaire porte-étendard du capitalisme mondial tellement Londres apparaît comme la plaque tournante de la finance mondiale, à défaut d’en être la tête, en étant le point de convergence des places financières de l’Amérique du Nord et de l’Union européenne et en gardant des liens historiques avec celles de Hongkong et de Singapour, sans compter ses liens avec les innombrables paradis fiscaux d’origine britannique. L’air de rien, par des voies détournées, le premier numéro de l’année 2014 lève le chapeau à Karl Marx à qui il donne raison quant à la propension du capitalisme à s’accaparer une portion sans cesse croissante du revenu mondial — pour l’exprimer en termes marxistes, la plus-value s’empare d’une fraction de plus en plus grande de la valeur — pour contrecarrer, avec succès, la baisse tendancielle du taux de profit.

Le plat de résistance nous est mis sous le nez par le chroniqueur économique (voir ci-après « Tous les hommes sont créés inégaux »). Il est rare que The Economist fasse l’apologie, sur toute une page, d’un livre non encore disponible en anglais et encore plus rare que ce livre soit progressiste dans le sens qu’il critique les fondements mêmes du capitalisme eu égard à la distribution de la richesse et des revenus. Certes, comme le fait remarquer l’anticapitaliste François Chesnais, dans une critique du même livre, « Piketty [a lu le Capital] essentiellement sous l’angle des rapports de distribution ou de répartition du revenu.

Pour reprendre une distinction importante de Marx, il s’intéresse au capital comme capital-propriété et non comme capital-fonction. », ce qui, en conclusion de son livre, transforme sa critique factuelle radicale en timide réformisme apeuré des réactions du capital financier. La montagne accouche d’une souris.»

autres critiques

For Fun et autres gens pressés

How to Write a Marxist Critique of Thomas Piketty Without Actually Reading the Book Zachary Levenson Jacobin 5 février 2014

- Capital in the Twenty-First Century is a long book, and you just don’t have time in your busy schedule to finish it and formulate a materialist critique. We’ve got you covered.
- Be sure to emphasize that Piketty‘s conception of capital differs radically from Marx’s.
- Note that his model is fundamentally at odds with the tendency for the rate of profit to fall.
- Point out that his solution is openly reformist, and besides, would require worker militancy on a scale not witnessed in nearly a century.
- Something something law of value something.
- Okay, inequality. But then point out that he doesn’t explain it!
- Mention in an aside his affiliation to Ségolène Royale and the PS.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

- Feign astonishment that people care now given that he simply codifies empirically what we already knew.
- Lament his conflation of finance and industrial capitals.
- Claim that you are going to buy it, though, as “the data will be useful.”

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

3 mai

Insultes gratuites

les bouffis du concept, bouffés de leur raison, sont des infirmes de la vie

leur prétention à l'observation, à l'analyse comme à la synthèse d'un réel qu'ils ne vivent pas est simplement le scandale caché, par leur égotisme élitaire, de toute théorisation communiste

ils sont intrinsèquement ennemis du communisme, à preuve tous ceux qui les ont précédés sur ce modèle, qui ont échoué ou produit des carnages et l'opprobe attachée au nom de communisme y compris chez ceux qui en sont le plus porteurs, d'hier à aujourd'hui

qu'ils ne croient pas avoir les mains propres, ceux qui n'ont jamais rien fait, en héritiers de l'ultra-gauche méritant amplement plus que leurs anciens (combattant) le qualificatif de gauchistes. Car dès qu'ils interviennent, c'est pour se contredire, avec dégâts collatéraux dont ils s'auto-blanchissent : blanc comme neige et les sept communisateurs

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 l'abolition du genre à Marseille

je leur préfère encore la philosophie qui se contente d'interpréter le monde sans prétendre le transformer, qui ne trahit ni la philosophie ni la transformation

mais bon, à quoi bon s'énerver, le présent les ignore autant que l'avenir les oubliera

errata : ils existent au milieu de ceux qu'ils conchient mais dont ils ont besoin, dans les foires du livre libertaire. Un remake, à leur mesure de parti manqué, de la Cité du livre à la fête de l'Huma. On a les clients qu'on mérite

Art et valeur

[texte complet dans Réflexions poétiques, art et révolution sociale...]

l'art n'a pas de valeur au sens du capital, et c'est pourquoi Marx affirmait « la production capitaliste est hostile à certains secteurs de production intellectuelle, comme l'art et la poésie ». De l'eau a coulé depuis sous les ponts, et si l'art est devenu une marchandise, si les salariés sont convoqués à devenir des 'artistes', acteurs d'eux-mêmes pour l'entreprise, cela provient de ce que le mot 'art' s'est vidé de ce qui fait la spécificité de l'art. Celle-ci existe d'une manière relativement trans-historique, quelle que soit sa fonction sociale ou religieuse - il fut d'ailleurs des temps et lieux où l'art n'était pas considéré comme œuvre, et séparé de la vie sociale, d'où l'intérêt du jazz héritant, via l'esclavage, de sa dimension africaine. 

mais ce détournement et de renversement capitaliste du sens de l'"art" n'y change rien : l'art en tant qu'œuvre, dans sa spécificité relativement à toute autre production humaine, n'est toujours pas, essentiellement, une marchandise

ce qui dans l'art n'est pas une marchandise est invendable, et ce n'est pas ce que vend l'artiste. En un certain sens, au-delà de créer en anticipant une demande sur le marché de l'art, il vend son âme supposée artiste au système marchand, par un acte qui relève de la prostitution généralisée par le contrat salarial prolétaire-capitaliste

l'art comme valeur communiste

dans le contexte communiste, qui produira de l'art sera en quelque sorte son propre mécène, et rien de l'ordre d'une dépendance ne viendra troubler sa liberté de création [...]

si l'on peut parler de valeur dans un contexte communiste, cela peut s'apparenter à ce qu'on appelle « valeur humaine », loin de la mesure prise en compte sous l'appellation si délicate de « ressources humaines » dont on fait « l'exploitation » comme de la terre (une « exploitation agricole ») ou d'une mine de matières fossiles (4 février 2014 : « Le BRGM remet officiellement les plans d'exploitation des mines du bassin houiller lorrain au Conseil Général de la Moselle »)

il en va de même pour la notion de production. Si le communisme n'est pas un mode de production, il n'en repose pas moins sur la nécessité de produire pour vivre, et de ce point de vue sur un travail, même rebaptisé activités. Dans le communisme, pour autant qu'on puisse en parler comme état, on produira des biens, et parmi ces biens, des œuvres d'art. Ces biens seront utilisés pour la bonne vie selon leur valeur communiste , non pour leur valeur marchande

si l'on veut parler de valeur d'usage dans un contexte communiste, il faut l'entendre avec une double révolution du sens de la valeur et de l'usage

corollaire : la révolution abolit l'artiste en tant qu'être social, au même titre que le prolétaire ou le capitaliste, mais elle n'abolit pas l'art ni sa valeur en tant que tels

[texte complet dans Réflexions poétiques, art et révolution sociale...]

 

Commun(s) : la résistance du marxisme traditionnel de David Harvey

pour compléter l'éventail critique de l'auto-émancipation - n'ayons pas peur des mots : anti-anarchiste  -, voici le point de vue d'un ponte

Global crisis and alternatives: A conversation with David Harvey rabble.ca 29 avril 2014

extrait

- On the question of alternatives, what is your opinion about the commons[i] in relation to the state and the public? I know that you have taken a different view than Michael Hardt and Antonio Negri who in their book Commonwealth as well as in other works have discussed the idea of the commons or non-state forms of collective organization and cooperation? Can you explain where you differ from Hardt and Negri on this topic?

I thought that Commonwealth was incoherent in that on one page they smash the state and then five pages later the state is providing universal income and universal health care to everybody. Well you just smashed the state, so this is not coherent. Some of the researchers here at the Institute here, who are working on the intellectual commons and they argue that we cannot do without a 'partner state.' I tend to share this view.

This conception of the state is a different kind of state from a capitalist state even if there are aspects of the capitalist state that we probably would want to maintain. I have often argued the anarchists in New York that the sewage system has to work and the sewage system in New York City is a very complicated thing, it's not confined to 150 people living in a commune. So you want a sewage disposal department to work and the water department to function and you cannot do that without having a collaborative state structure that is dealing with major infrastructures.

This is one of the big problems about the notion of the commons; there is always a big distinction that I would want to make between public space and public works versus the commons. I certainly like the idea that public spaces should be under democratic control, but that doesn't necessarily mean they have to be a commons.

en relation, pdf septembre 2010, Commonwealth: An exchange between David Harvey and Hardt and Negri

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Review by Allan G.Borst, 2006

In The New Imperialism, David Harvey demonstrates once again the adaptability and durability of a critical theory that grafts geography onto cultural studies and historical materialism. In publishing his Clarendon Lectures delivered in February 2003 at Oxford University, Harvey sets out to rethink the "-ism" par excellence, capitalism, in the context of the complex series of cultural, military, political, and economic enterprises currently warming the globe. Harvey's project, prompted by the current amplification of U.S. imperialist initiatives, convincingly targets "the deeper transformations occurring beneath all the surface turbulence and volatility" in order to understand and respond to contemporary global conditions.

Given the avalanche of books like Michael Hardt and Antonio Negri's Empire (2000) and Multitude (2004), Thomas Friedman's The Lexus and the Olive Tree (2000), David Korton's When Corporations Rule the World (2001), George Soros's George Soros on Globalization (2002), Joseph Stiglitz's Globalization and Its Discontents (2002), Noam Chomsky's Hegemony or Survival (2003), Ellen Meiskins Wood's Empire of Capital (2003), and Amy Chua's World on Fire (2003), globalization, empire, and imperialism now serve as the buzzwords of a vocabulary common to academics and public intellectuals. While Harvey's book does deploy these cultural keywords, part of the distinction of The New Imperialism comes from its difference from the now-generic trends of the globalization studies canon. Unlike Stiglitz and Chua, Harvey appears less interested in engaging or reproducing discussions of World Bank and IMF politics and avoids lengthy case studies of the residuum and fallout from Cold War economic and military policies. Harvey also resists the broad historical narratives and genealogies of empire already detailed in books by Meiskins Wood and others. Even though Harvey acknowledges the need for a different global strategy, the theoretical panache of The New Imperialism generates power by prizing a more rigorous Marxist economic and geographical critique over the somewhat fast and loose energy found in Hardt and Negri's Empire.

quand le « panache intellectuel de la rigueur marxiste » fait la promotion du communisme par l'Etat, il y a tout lieu de s'inquiéter

Commun(s) : quelle révolution pour quel commun-isme ?

dans mes interventions précédentes, j'ai soutenu la nécessité d'une rupture au sein de la mouvance altermondialiste-citoyenniste, renversant le rôle accordé dans cette idéologie défaite à l'Etat et aux institutions internationales, avant de considérer comme centrale la notion de communs, sur les plans défensif et offensif, négatif et positif, contre le capital et pour le communisme

j'ai interprété la parution de Commun, de Dardot et Laval, tout à la fois comme une renversement potentiel de la fonction d'Etat et l'illusion d'une société civile qui prendrait progressivement le contrôle démocratique par le bas. J'ai cru voir dans ce livre, par la connotation du concept d'institutions, une place déterminante accordée au juridique

j'en ai déduit que nous étions entrés dans une période d'affrontement idéologique sur une ligne de rupture radicale autour du concept de commun (s), rupture qui concerne aussi bien ce que l'on nomme démocratie, pour autant que l'on ne la limite pas à la démocratie politique, citoyenne, et finalement étatiste même sous le label « démocratie à la base »

dans l'interview rapportée le 30 avril, Dardot et Laval, rejoignant ce que Hardt et Négri mettent sous le concept de commun(s) précisent :

« Il y a là un enjeu pratique et théorique d’autant plus considérable que le problème est souvent posé à gauche en termes de « ?biens communs? » (eau, air, génome, connaissances, etc.), ce qui revient très exactement à se situer sur le terrain intellectuel de l’adversaire (la théorie des types de biens d’une certaine économie libérale).» Dardot et Laval Marx, capitalisme, émancipation et communisme

« Par « commun », nous entendons tout d'abord la richesse commune du monde matériel - l'air, l'eau, les fruits du sol et toutes les libéralités de la nature - présentée dans les textes politiques européens classqiues comme l'héritage de l'humanité tout entière, devant être partagé par tous. Nous comprenons aussi et surtout le commun comme ces résultats de la production sociale nécessaires à l'interaction sociale et à la poursuite de la production : les connaissances, les langages, les codes, l'information, les affects, etc. Cette notion de commun ne sépare pas l'umanité de la nature qu'elle expolite ou protège... » CommonWealth, Hardt et Negri, p. 10

au passage, cette définition est assez loin de se restreindre à l'intellectuel collectif et de capital cognitif, sur lequels on a voulu rabattre la pensée de Hardt et Negri, et je pense au demeurant qu'entre Empire/Multitude et Commonwealth, la crise étant passée par là, les deux auteurs ont mis de l'eau dans leur vain

dans un texte d'Uggo Mattei du 4 avril 2014, Rendre inaliénables les biens communs, je lis en conclusion :

« Un changement général de sensibilité, qui conduirait à faire du « commun » la perspective centrale, poserait les fondations d’un renversement qui se jouerait sur le plan technico-juridique. Il s’agit donc de dévoiler, de dénoncer et de dépasser le paradoxe hérité de la tradition constitutionnelle libérale : celui d’une propriété privée davantage protégée que la propriété collective.»

je me suis toujours méfié des juristes, considérant que le droit n'intervient jamais dans l'histoire que pour entériner une situation créée de fait par les rapports sociaux économiques entre classes antagonistes ou autres groupes fondés sur la domination par la force (genre, race, caste, etc.)

je vois mal quel sujet révolutionnaire commencerait par instituer juridiquement - et garantir par la suite - un autre ordre social, d'autres rapports sociaux de préférence sans médiations, en s'épargnant une révolution mettant en œuvre d'autres moyens d'abolir le mode de production capitaliste et les dominations l'ayant constitué comme société globale, moyens qui relèvent d'un rapport de forces en qualité et quantité, et non d'une minorité éclairée-éclairante en termes « technico-juridiques ».

c'est dire que si l'on ne considère pas l'insurrection, les émeutes, la violence... comme le seul moyen de « faire la révolution », les écarter par une institution technico-juridique relève d'une vue de l'esprit qui ne serait jamais venue à celui de Marx, dont pourtant certains promoteurs de cette « révolution du XXIe siècle » se disent héritiers

c'est dire, je me répète, que l'enjeu de cet affrontement idéologique porte aussi sur ce qu'on nomme révolution, dans le sens où on l'oppose à réformes, et partant révolutionnaire à réformiste

il est patent que devant les impasses récentes des citoyennismes en tous genres, certains intellectuels des « couches moyennes », dont des marxistes, veulent se refaire une virginité politique, prendre leurs marques, tout en visant (consciemment ou pas, mais idéologiquement pour une hégémonie) la maîtrise de processus de luttes dans lesquels ils n'interviennent pas, où seulement pour les «récupérer», comme on disait autrefois

autant qu'ils sachent que le sujet des sujets révolutionnaires, qu'on le nomme prolétariat ou multitude, ne les a pas attendus et n'entendra pas être la troupe garantissant le succès de leur « renversement technico-juridique », d'un point de vue historique une contradiction dans les termes doublée d'un fantasme de pouvoir

le communisme ne relève pas d'abord du technico-juridique, par lequel il n'avouerait que son échec à constituer « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous » selon la formule du Manifeste de 1848 (cf Lucien Sève et ses développements sur l'individualité et la subjectivité, par exemple dans “De l’affaire Bakhtine au cas Vygotski. Marx penseur de l’individualité humaine” novembre 2013)

je vois mal une institution technico-juridique garantir le libre développement de chacun, sauf à inverser la formule du Manifeste comme l'a fait la vulgate stalinienne, et dans sa traduction, et dans sa réalisation pratique

derrière l'institution technico-juridique, pour la faire respecter, les forces de l'ordre ne sont pas loin. En attendant, on a déjà la police des idées sur le commun

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

voilà, c'était ma tirade du jour concernant la dialectique révolution / contre-révolution

dans commun(s) vs communisme : une lutte idéologique nouvelle

Kissing Cousins: Jazz + Poetry = Jazz Poetry Jeff Winke AllAboutJazz 1er mai 2014

Believe it or not there have been times when jazz and poetry intertwine. The music inspires the poetry and creates a non-mainstream style of writing... jazz poetry.

Innovations in music and poetics in the early part of the 20th century surfaced in the 1920's. The simultaneous evolution of poetry and jazz music was not lost upon musicians and writers of the time. The two art forms merge and form the genre of jazz poetry. However, note that there's a distinction between poets who write about jazz music (jazz-related poetry) and poets who capture the tone, rhythm and cadence of the music in their writing (jazz poetry).

During the Harlem Renaissance, poet Langston Hughes—considered the first true jazz poet—incorporated the syncopated rhythms and repetitive phrases of jazz and blues into his writing. Case in point, his 1923 poem "The Weary Blues."

Droning a drowsy syncopated tune,
Rocking back and forth to a mellow croon,
I heard a Negro play.
Down on Lenox Avenue the other night
By the pale dull pallor of an old gas light
He did a lazy sway...
He did a lazy sway...
To the tune o' those Weary Blues.

Jump to the early 1950's and Beat Generation writers find a kindred spirit with jazz musicians. Both the Beat poets and jazz musicians are outsiders. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Diane di Prima, Neal Cassady, Anne Waldman and Michael McClure would often have musical accompaniment for their poetry readings. Lawrence Ferlinghetti collaborated with saxophonist Stan Getz.

A rough-at-the-edges Beat poet, Bob Kaufman, captures the sense in his poem "Round About Midnight," which clearly tips its black beret to Thelonious Monk:

Round About Midnight

Jazz radio on a midnight kick,
Round about Midnight.

Sitting on the bed,
With a jazz type chick
Round about Midnight,

Piano laughter, in my ears,
Round about Midnight.

Stirring up laughter, dying tears,
Round about Midnight.

Soft blue voices, muted grins,
Excited voices, Father's sins,
Round about Midnight.

Come on baby, take off your clothes,
Round about Midnight.

dans Jazz et poésie

2 mai

poésie 2014

la liberté

la liberté existe je l'ai rencontrée
un soir entre deux portes
bonheur en sa propriété
unique et trop blâmée

vous n'irez plus au chants
les bergers sont passés
les étoiles montrées
sont éteintes

le temps de venir éclairer
l'ardent fourré d'épines
à l'ancienne

s'ouvre une école buissonnière
au vert printemps aqueux
ha que c'est beau là que

l'on sème

FoSoBo 2 mai 22:21 Sonnet 187

« Nous n'irons plus au bois » Les Quatre Barbus et Lucienne Vernay

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Moïse et le Buisson ardent Raphaël 1515

 

l'herbe et la ville

fabliau

l'herbe et la ville ont fait rencontre
on ne sait où, on ne sait quand
depuis ces dames se racontent
n'ayant rien à taire à Lacan

les uns sont pour, les autres contre
les deux au dur bain des cancans
s'accordent à régler le compte
d'un vil à l'herbe éradiquant

par la racine ou qu'il attige,
déprisant son long feuilleton,
la belle idylle : qu'en dira-t-on ?

car s'il n'existe herbier de ville
ce n'est pas drôle et humain trop
mauvaise herbe aime le métro

FoSoBo 2 mai 18:52

« Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus.» Ralph Waldo Emerson

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 par la racine ?

 

in out

pair

l'étranger domestique éprouve la main de viande
qu'ingère un frère mort
par la fenêtre intruse du sommeil

quand tout l'est devenu rien n'est plus légitime
la vie s'oublie en sa demeure
l'individu est allogène

à quoi ça rime ?
de quoi ne meurt ?
en quoi ça gêne ?

quand la raison s'endort s'éveille un corps
c'est la vie chair
l'existence friande

in out

impair

la main de viande éprouve l'étranger domestique
l'indigeste frère mort
intrus du sommeil

rien n'est plus légitime que tout
en sa demeure s'oublie de vivre-
l'individu allogène

prime au décor
meurt la raison
que voilà taboue

le corps veille
la vie chair
friandise exquise

in out

et gagne

l'étranger domestique la viande
d'un frère mort de sommeil
que la main éprouve

rien ne légitime le tout
l'individu hors sa maison
la vie sort de raison

un corps tabou
rime au décor
la bonne mœur

de faim s'éveille
friande chair
sans mauvais goût

FoSoBo 2 mai 16:36

« the most complicated free improvisation seem logical...» Scott Yanow

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 écoute

1964 Kenny Dorham (tp) Joe Henderson (ts) McCoy Tyner (p) Richard Davis (b) Elvin Jones (d) Full Album

l'improvisation comme oublier-savoir : du jazz au communisme, encore

Gary Peacock, les confessions d’un dieu du jazz Le Ben Franklin Post 30 avril

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéos

le 10 avril (voir plus bas), à propos du texte Improvisation and Communisation, je faisais une mise au point sur le rapport improvisation et communisme dans le prolongement de mes considérations sur le rapport jazz et communisme (2003). Cette question se retrouve dans la relation établie par alain Badiou entre Poésie et communisme, et le rapport plus large étudié par Isabelle Garo entre Marx, l'art, et le capitalisme (voir Réflexions poétiques, art et révolution sociale... avril)

dans Jazzitude, en 2002, j'avais fait le parallèle entre l'improvisation de jazz et la praxis révolutionnaire, mais aussi l'attitude zen dans les arts martiaux ou la calligraphie, évoquant le concept d'oublier-savoir d'Henri Meschonnic pour l'écriture poétique

dans cette interview de Gary Peacock, contrebassiste connu notamment pour sa longue collaboration en trio avec Keith Jarrett et Jack Dejohnette, le musicien explicite clairement ce concept tel qu'il ressort de la pratique de l'improvisation sur la base d'une connaissance et d'une maîtrise instrumentale qu'il s'agit d'oublier

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

lisant les extraits ci-dessous, on pourra faire jouer le parallèle des rapports entre connaissance/technique et jeu en situation d'une part, théorie et praxis révolutionnaire

extraits

« le trio marche toujours [il existe depuis 1977] parce que nous nous mettons de côté et laissons la musique nous jouer. Il s’agit de s’abandonner à la musique, de mourir dans la musique. Donc il faut laisser la musique jouer plutôt que de jouer la musique. Il faut s’oublier, se rendre disponible. »

s’il y a un morceau que Keith veut jouer et que je n’ai jamais entendu avant, je dois travailler pour apprendre le morceau. [...] . Et puis tout oublier. Un autre aspect profond dans la musique que nous jouons est la confiance: et on ne se préoccupe pas de comment un morceau va sortir. On se fait confiance les uns les autres en ce qui concerne notre capacité à jouer. [...]. Donc il y a un dynamisme vers lequel il faut toujours tendre. On ne peut pas le produire.»

- Vous m’avez expliqué que l’un des secrets de votre trio avec Keith Jarrett et Jack DeJohnette c’est faire table rase de vos connaissances de façon à être complètement ouvert à n’importe quelle possibilité musicale. Mais pour en arriver à ce niveau, il faut avoir une excellente technique, n’est-ce pas ?

Le niveau de technique suffisant est celui au-delà duquel on ne peut aller.

- Comment avez-vous appris à jouer ?

Jusqu’aux années 60, la tradition du jazz était orale. Il n’y avait pas de livres, il n’y avait pas d’écoles où on apprend à jouer du jazz. T’as un album et tu commences à l’écouter. Et tu dois essayer de tout comprendre par toi-même. Donc un moyen de faire ça c’est les transcriptions. Mais ça prenait beaucoup de temps. Donc pendant le processus, il faut se confronter à soi-même. Il faut se demander : quelle importance ça a dans ma vie ? Et puis je jouais le morceau, et ça ne sonnait pas bien. Ce n’était pas de la bonne musique ! Donc j’ai eu du mal avec ça pendant quelques années.

apprendre avec les autres en jouant 'sur le tas'

j'ajoute que cet apprentissage du jazz se faisait largement sur le tas et collectivement, on apprenait en jouant avec les autres (comme dans les ensembles de percussions africaines). Autrement dit c'est le jeu qui produisait sa propre théorisation pénétrant les connaissances musicales et la maîtrise instrumentale. Théorie et pratique n'étant pas séparables, ni même concevables séparément

J’essayais aussi de transcrire différentes personnes : Miles, Sonny Rollins… Et j’ai transcrit un solo que Red Mitchell jouait. Et il jouait une phrase et j’ai essayé de la copier et de la transcrire. Comment a-t-il sorti ça ? Du coup je l’ai appelé. Il a dit “amène ça”. Il a essayé de jouer le passage pendant un petit moment. Et puis au bout du compte il m’a regardé et il a dit : “J’ai aucune idée de comment j’ai fait ça.” En d’autres termes, il n’était pas dans un monde d’idées. C’est quelque chose qui va au-delà. Etudier et apprendre et aborder la musique d’un point de vue intellectuel est nécessaire. Jusqu’à ce qu’on atteigne un point où on se rend compte que tout ce qu’on a appris devient une barrière. Ca bloque. A ce moment-là, tout ce qu’on a appris, il faut le laisser de côté.»

autrement dit, s'il y a bien spontanéité, c'est sur la base d'acquis préalables par l'étude et l'activité ensemble, à dépasser

de l'improvisation comme nécessité éthique, poétique et politique

il y a donc la nécessité, pour paraphraser Meschonnic (éthique, poétique et politique), d'une éthique au sens fort articulée avec une poétique et une praxis

c'est cette articulation qui fait défaut au rapport entre théories et activités quand elles demeurent le fait d'individus ou groupes différents, séparés. Leur collage est voué à l'échec parce qui'il est intrinsèquement pervers, comme l'ont démontré abondamment les rencontres opportunistes entre purs théoriciens et activistes dans les revues pour la communisation Meeting et SIC

être ou ne pas être auto

la raison fondamentale en est qu'il n'y a pas d'auto-praxis, d'auto-émancipation, d'auto-libération possibles sans activités fondant ses propres raisons et façons d'agir

autrement dit, pas de sujet révolutionnaire sans auto-subjectivation, c'est-à-dire aussi inter-subjectivation d'activités différenciées, mais s'inscrivant dans une visée commune, dans la forme d'un en-commun pour une révolution du/des commun/s

versé dans pratiques pratiques, la communisation sans partition et Réflexions poétiques, art et révolution sociale...

photo-montages

suraccumulation 5 : il n'est pas facile d'être 'naïf'

ici, je touche clairement aux limites du logiciel Paint. Cette tentative de retrouver la démarche des tressages de bandes peintes sur papier ou sur toile se heurte à l'impossibilité (la mienne) de travailler les textures. L'effet de tressage n'est pas satisfaisant (il dépend aussi du choix des images). Dans ce travail, la démarche étant plus préparée, moins spontanée, la technique fastidieuse, le résultat ne peut guère être considéré qu'en tant qu'étape, squelette, esquisse vers quelque chose de plus chaud, de plus vivant

la froideur intellectuelle du procédé nuit à la chaleur de sa 'naïveté', contrairement à tout art naïf qui se respecte

toutefois, la fabrication relève d'un jeu d'enfant, et c'est à préserver dans le sens où Picasso disait encore à la fin de sa vie vouloir «retrouver le geste de l'enfance»

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Jirí Kolár

1er mai 2014

en avril, ne me visite que sans fil -> statistiques

(site Patlotch.com) 392 personnes # pour 910 visites, 2,3 en moyenne/personne 30/jour. Webalizer 164/jour en moyenne + (site Patlotch.esy  40 à 90 visites/jour)

USA France Spain Germany China Austria Russie Great-Britain Suisse Netherlands Japan Saudi-Arabia Brazil Finland Belgium Brazil Canada Sweden Poland  Mexico  Colombia Europe Romania Algeria Israel Turkey Morocco  Estonia  Luxembourg  Ukraine Portugal  Serbia Island Sud-Africa Seychelles Latvia Tunisia Cambodia  Chile  Armenia  Italy  Nigeria New-Zealand

une fréquentation en légère augmentation, l'Amérique US, nation de vainqueurs, passe devant la France, mais l'Espagne est devant la Chine, preuve que l'économie n'est pas mon fétiche

photomontage : l'étranger domestique

« L'art ne souffre pas de se tenir à l'écart des questions sociales du jour; au contraire, ce faisant, il réalise plus complètement nos désirs.» Oscar Wilde, Conférence aux étudiants des Beaux-Arts de la Royal Academy, 30 juin 1883, dans Oscar Wilde, La critique créatrice, Jacques de Langlade, Complexe 1989, p. 48

note : une maîtrise sommaire d'outils rudimentaires ne peut produire qu'une naïve approche du montage photo, et je n'ai pas pour l'heure la patience de m'approprier les techniques adéquates à plus de subtilité. Je cours après la réalisation numérique de principes retenus dans mes collages et tressages, et prends faute de moyens techniques le risque de n'aboutir qu'à une laborieuse fabrication esthétique. Je m'y colle néanmoins, on verra...

suraccumulation 3

anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la communisation orpheline de  sa théorie dans critique du 'courant communisateur'

« Se laisser prendre aux reflets est le risque professionnel que courent tous ceux qui portent les lumières. Eux aussi revendiquent un soutien. Même eux, ceux dont leurs fonctions d'enseignant font des handicapés de l'apprentissage, comprendront tôt ou tard la nécessité de la formation permanente. » Peter Sloterdijk, Le Palais de cristal / À l'intérieur du capitalisme planétaire, 2005, p. 376

Théorie Communiste : où en sommes-nous dans la crise ? une séquence particulière dndf 30 avril

« Moi du moins je crierai cet amour que je dis
Dans la nuit on voit mieux les fleurs de l’incendie

Je crierai je crierai dans la ville qui brûle
A faire chavirer des toits les somnambules

Je crierai mon amour comme le matin tôt
Le rémouleur passant chantant Couteaux Couteaux »

La nuit de Dunkerque, Aragon 1942 Les yeux d'Elsa

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

en 2012, j'écrivais « que TC comportait plusieurs "sous-théories" - dont une critique du capitalisme contemporain et une théorie de la révolution communiste -, que les concepts de programmatisme, restructuration, implication réciproque (dans certaines limites), démocratisme radical... en tant qu'ils participent d'une critique pertinente du capitalisme quasi indépendamment d'une perspective communisatrice, sont à distinguer de ces concepts-leurres que je pointe relativement à la dimension théorie de la révolution et à son fonctionnement idéologique bétonnant son noyau dur - structuré  comme un inconscient. Je considère que la partie théorie de la révolution est massivement une théorie du manque révolutionnaire, construite sur l'articulation entre concepts-leurres dont j'ai parlé et des concepts proprement nécessaires à l'analyse du présent

en sabordant la revue SIC, Théorie Communiste reconnaissait sans le dire la pertinence de cette remarque, faisait deux pas en arrière après le faux pas en avant de l'écart, et se réfugiait dans le concept de conjoncture qui à la fois relève d'une évidence et se distingue par sa vacuité relayant celle de l'angle mort

la cohérence perdue d'une théorie communiste

ce dernier texte (résumé d'un plus long) entérine le fossé théorique entre la critique du capital selon TC et l'élaboration d'une théorie de la révolution communiste articulée sur elle, la communisation. Le texte est comme toujours séduisant en ce qu'il semble proposer une vision totale du moment présent, ici « une séquence particulière de la lutte des classes débutant autour de 2010 et dans laquelle nous nous trouvons actuellement ». De fait les critères d'observation et d'analyse étant les mêmes depuis une dizaine d'année et plus, cela peut satisfaire qui ne voit pas combien cette vision est partielle au point de laisser dans l'ombre des caractéristiques majeures des rapports sociaux contemporains, tant dans l'exploitation/dominations que dans les luttes. Je n'y reviens pas puisque ce site en donne de larges aperçus

optique étique

quant cette «séquence actuelle » est caractérisée «surtout » par le fait que « le champ de la lutte des classes s’élargit du rapport salarial à la société salariale », on se demande où sont passés ceux qui n'ont pas accès au rapport salarial, les « Nègres » au-delà de la race selon Achille Mbembe. On se demande ce qu'est devenu le « précariat définissant le salariat ». Mais on l'a vu, la question du racisme n'est pour TC qu'un épiphénomène utile, comme le confirme le passage sur la racialisation uniquement considérée dans son rapport à l'Etat-Nation, d'un point de vue occidental toujours aussi centré

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Cuisine,  1580 Vincenzo Campi

de même la question du genre n'est abordée que dans un passage sur « la famille, rempart du peuple et de « l’authenticité humaine » contre l’individualisme, contre les élites et les experts de l’éducation, de l’alimentation, de la sexualité, etc.». On se demande de quels peuples et de quelles familles il est question, autres que ceux qui existent encore, et ce que sont devenus les migrant·e· s auxquels s'intéressait le précédent texte de TC sur la crise

1er mai dernière messe : faite du travail productif

ce texte paraît même régressif quant à la place accordée au supposés travailleurs productifs dans la subsomption réelle du capital, et aux considérations fondées sur la notion vague de classe moyenne et le fourre-tout d'interclassisme. L'articulation des deux, travail productif et interclassisme, donne un coup de vieux à ces thèses dont une contradiction interne est l'utilisation de repères marxistes traditionnels pour analyser un moment présent du capitalisme qui n'est plus exclusivement fondé sur eux

« Dans cette nécessité pour la classe capitaliste de s’attaquer au cœur du problème apparaît la question centrale du travail productif.
Si chaque prolétaire à un rapport formellement identique à son capital particulier, il n’a pas selon qu’il est un travailleur productif ou non le même rapport au capital social (il ne s’agit pas de conscience mais d’une situation objective)

le diable par la queue

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

passons sur la considération du travail productif à partir de chaque prolétaire... qui relève d'une ignorance complète du fonctionnement de la production, une erreur que même le PCF ne faisait plus dans les  années 70 (Jean Lojkine entre autres). Plus que post-prolétarienne, cette théorie est ouvrière-post-ouvrière, ce qui n'est pas son moindre paradoxe, mais trouvait jusque-là sa cohérence dans le report au moment communisateur de l'identité de classe retrouvée dans le processus de son abolition. Cette thèse n'a plus rien sur quoi s'appuyer, et c'est pourquoi le discours de TC n'est plus que l'ombre projetée de sa thèse centrale, alors que se sont éteints, dans la séquence actuelle, les quelques rayons de soleil des luttes aux limites produisant un écart, « l'appartenance de classe comme contrainte extérieure »

autrement dit, l'analyse du capital par TC est surtout la rétro-projection sur le moment présent d'une conception de la révolution qui ne peut plus s'appuyer sur l'observation de ce moment selon ce critère de l'écart. Ce qui dans cette théorie était un raisonnement par l'absurde est devenu un raisonnement absurde

auto-conjuration : terrasser ses propres démons

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Roland Simon n'ayant plus de « proches » sur qui il « aime bien taper », il ne lui reste plus qu'à réveiller ses vieux démons, l'extériorité de la lutte contre le capital et l'utopie humaniste (la rage n'est plus qu'entre parenthèse) :

« S’il n’y avait pas, au centre de la lutte des classes, la contradiction que représente le travail productif, pour le mode de production capitaliste c’est-à-dire aussi pour le prolétariat, nous ne pourrions pas parler de révolution (elle serait quelque chose d’exogène au mode de production, au mieux une utopie humaniste, au pire rien) »

mais qui parle d'extériorité des luttes d'abolition ? en tous cas pas Negri et Hardt ou Silvia Federici dont les points d'appuis sont bien plus concrètement que ceux de TC au sein des mutations du capitalisme contemporain. Quand on regarde le monde par le petit bout de sa lorgnette, et qu'on prend la partie pour le tout, il est normal de considérer comme extérieur ce qui ne tombe pas sous son regard

et qui fonde une théorie de la révolution sur un humanisme qui serait coupé des rapports sociaux contradictoires du capital ? pas même Temps Critiques puisque sa « révolution à titre humain » ne pose pas l'humain au départ, mais comme visée, et s'appuie pour le faire sur rien d'autre que le même monde réel que celui de Théorie Communiste, avec plus d'importance accordée à la subjectivité, dont on a le sentiment (sic) qu'elle n'existe pas plus pour TC que la nature même capitalisée, comme un rapport de la plus haute importance quant à la subjectivation révolutionnaire

pas de sujet, pas de révolution

mais de subjectivation révolutionnaire, Roland Simon ne parle pas, tout simplement parce que refusant de considérer les luttes actuelles en ce qu'elles sont théorisantes loin de sa théorie, il n'a rien sur quoi l'appuyer : la communisation est orpheline de sa théorie

et comme RS « n'est pas con », il envisage quand même, dans un « épilogue laconique » son échec théorique : « Nous sommes actuellement loin de la visibilité croissante et immédiate des contradictions de classes et de genre et de leur liaison avec la révolution et le communisme »

mais comme « ceux qui portent les lumières [de TC] eux aussi revendiquent un soutien », il ne faut pas désespérer le « courant communisteur » et pour celà, encore organiser une réunion de discussion en un lieu où ils ne manqueront pas de rencontrer surtout ceux qui portaient (on ne les entend plus) « le devenir idéologie parmi d’autres de la « théorie de la communisation » tant comme slogan que comme passeport académique [qui] plane sur nos têtes fragiles »

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principe espérance ?

Théorie Communiste n'a jamais manqué de « comprendre la nécessité de la formation permanente ». Pour vérifier si la Chine et l'Asie du Sud-Est sont bien le « maillon faible de ce monde »TC se propose « là un tout autre travail à poursuivre ». Rien ne laisse espérer qu'il serait conduit avec d'autres critères que ceux usés de son corpus et de sa méthode

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 défense d'y voir un excès de sexe

épilogue lacanique

il va falloir ne pas attendre

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Germaine Bouret

30 avril

Marx, capitalisme, émancipation et communisme Interview LCR 30 avril

des précisions de Dardot et Laval sur leur livre Commun

dans  les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

l'étranger domestique, photo

Suraccumulation (détail)

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dans Photo : l'étranger domestique

Création artistique et capitalisme, Isabelle Garo 29 octobre 2013 Université de Lausanne, vidéo 48/3

un point extrêmement clair de la toujours stimulante Isabelle Garo

dans Réflexions poétiques, art et révolution sociale..., une nouvelle rubrique comme suite à mes notes poétiques de 2003 à 2012, avec des importations diverses

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contrairement aux apparences, ces considérations ont des implications non seulement concernant l'art lui-même, mais l'individu, le travail, la valeur... dans le capital comme leur transformation communiste. Isabelle Garo décrypte à partir de Marx des éléments souvent inaperçus ou sous-estimés qui bouleversent bien des idées reçues sur l'activité de création artistique et les limites de la subsomption réelle du capital quant à la libération des individus

ces idées fonctionnent dans les deux sens : de l'art vers le communisme et réciproquement

on y trouve également une critique des positions de Toni Negri (et Moulier-Boutang) sur le capital cognitif et une hypothétique puissance des créateurs intellectuels, fondamentale en un sens mais à mon avis réductrice des thèses de Negri infléchies dans CommonWealth

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À l’appui d’une relecture très documentée de l’histoire de l’art, Isabelle Garo montre comment la création artistique peut s’intégrer et échapper à la logique économique capitaliste.

L’or des images, d’Isabelle Garo. Éditions La Ville brûle, 2013, ?320 pages, 25 euros.  Isabelle Garo propose dans son dernier livre une approche marxiste de l’activité artistique, question à la fois difficile et centrale pour qui se réclame de cette tradition. Difficile, car on connaît la résistance de cet objet aux analyses de type matérialiste. Centrale, car déjà chez Marx, et malgré l’absence de théorie esthétique explicite, la référence à l’art est constante et sert de contrepoint à la critique de l’économie politique.

L’ouvrage entend d’emblée dépasser les deux dangers d’une lecture marxiste de l’art. Le premier consiste à expliquer les œuvres à partir de l’infrastructure économique, procédé vidant ces œuvres de leur substance. Le second réside dans la subordination de l’activité artistique à des injonctions politiques extérieures (le «?réalisme socialiste?»).

Si l’art intéresse le marxisme, au-delà de ces deux impasses, c’est pour son potentiel critique. L’art est fondamentalement critique, non pas en vertu de son contenu, mais en tant qu’activité sociale dont une part fondamentale demeurera toujours extérieure à l’expansion capitaliste. L’art, comme activité, ne peut pas entièrement être assimilé par le capital. C’est la raison pour laquelle Marx ne cesse de faire référence au travail de l’artiste pour donner à voir ce que pourrait être le travail non aliéné, le travail dans une société communiste. L’artiste n’est pas une survivance contemporaine de la production artisanale, mais l’anticipation vivante d’une abolition de l’aliénation. L’art comme pratique libre laisse néanmoins en suspens, c’est là sa limite, la question de la construction sociale et politique d’une société émancipée et celle, corrélative, de l’affrontement entre les classes sociales.

L’auteure ne s’en tient pas à cette première analyse?; il serait paradoxal en effet de s’interroger sur l’art sans jamais poser la question des œuvres. Contre une histoire idéaliste des formes, séparant le monde de l’art du reste du monde social, le livre tente d’aborder les œuvres dans leur relation à l’économie et parvient à déceler une parenté, variable, entre art et critique de l’économie politique. Ce rapprochement est suggéré par les artistes eux-mêmes lorsqu’ils interrogent la nature de leur propre activité sociale?; interrogation qui les conduit souvent à prendre pour thème, quoique de façon non théorique, la formation historique tout entière. Isabelle Garo multiplie les analyses d’œuvres picturales et cinématographiques pour mettre en lumière cette autoréflexion de l’art sur lui-même. C’est en tant qu’activité qui s’intègre et échappe à la fois à la logique capitaliste que l’art occupe une place privilégiée pour penser les contradictions du monde social et leur possible dépassement.

en relation Portrait de l’artiste en travailleur Métamorphoses du capitalisme Pierre-Michel Menger La République des Idées, Seuil, janvier 2003

Gardiens du temple dans bribes de jazz

AllAboutJazz signale... Au Vanguard avec des thèmes de John Coltrane, Albert Ayler... et un contrebassiste pilier de la New Thing

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéo 1h:14:08 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Il serait temps !  Vi Redd dans Jazz musicien-ne-s A... Z

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il paraît qu'aujourd'hui est la Journée internationale du jazz  :

Le jazz est un vecteur de liberté d'expression et un symbole d'unité et de paix.

Il brise les barrières et crée des opportunités pour la compréhension mutuelle et la tolérance;
Il réduit les tensions entre les individus, groupes et communautés;
Il favorise l'égalité des sexes;
Il renforce le rôle des jeunes pour le changement social;
Il encourage l'innovation artistique, l'improvisation, de nouvelles formes d'expression, et l'intégration de formes musicales traditionnelles dans de nouvelles;
Il stimule le dialogue interculturel et valorise les jeunes issus de milieux marginaux

on en conviendra, ces bonnes intentions traduisent peut-être une potentialité, mais ne sont pas confirmées, et sur plus d'un point : l'égalité des sexes, le rôle de jeunes pour le changement social, la valorisation des jeunes de milieux marginaux... Quant à l'innovation artistique, ça dépend, car depuis des décennies, elle n'est pas le fort des formations les plus mises en avant sous le nom de jazz

je saisis néanmoins l'occasion d'une journée comme une autre pour réparer un oubli et une erreur. L'oubli est celui de Vi Redd, saxophoniste alto et chanteuse. L'erreur d'avoir créer une confusion avec Vi Burnside, saxophoniste ténor

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Invisible Woman: Vi Redd's Contributions as a Jazz Saxophonist by Yoko Suzuki, University of Pittsburgh 2013

The story of alto saxophonist Vi Redd illustrates yet another way in which women jazz instrumentalists have been excluded from the dominant discourse on jazz history. Although she performed with such jazz greats as Count Basie, Max Roach, Dizzy Gillespie, and Earl Hines, she is rarely discussed in jazz history books except for those focusing specifically on female jazz musicians. One reason for her omission is that jazz historiography has heavily relied on commercially produced recordings. Despite her active and successful career in the 1960s, Redd released only two recordings as a bandleader, in 1962 and 1964. Reviews of these recordings, along with published accounts of her live performances and memories of her fellow musicians illuminate how Redd’s career as a jazz instrumentalist was greatly shaped by the established gender norms of the jazz world.
[...]
In addition to black women’s association with the blues, the stereotypical dichotomy “men are instrumentalists, women are singers” continued to persist throughout the jazz world of the 1960s and 1970s. Because of these cultural constructions, Redd was perceived as a vocalist more than a jazz saxophonist, despite her considerable talents and contributions as an instrumentalist. Vi Redd’s career path exemplifies how the music of female jazz instrumentalists remains largely invisible to jazz history.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Interview 2009  

L'histoire de la saxophoniste alto Vi Redd illustre encore une autre façon par laquelle les femmes instrumentistes jazz ont été exclues du discours dominant de l'histoire du jazz. Bien qu'elle ait chanté et joué avec des grands du jazz comme Count Basie, Max Roach, Dizzy Gillespie et Earl Hines, elle est rarement discutée dans les livres d'histoire du jazz, à l'exception de ceux se concentrant spécifiquement sur les musiciens de jazz féminins. Une des raisons de son omission est que cette historiographie jazz s'est appuyée fortement sur les enregistrements disponibles dans le commerce. Malgré sa carrière active et fructueuse dans les années 1960, Redd a produit seulement deux enregistrements comme chef d'orchestre, en 1962 et 1964. Les commentaires de ces enregistrements, ainsi que les comptes-rendus de ses spectacles en direct et les souvenirs de ses collègues musiciens éclairent comment la carrière de Redd comme un instrumentiste de jazz a été grandement façonnée par les normes établies entre les sexes du monde jazz.
[...]
En plus de l'association de femmes noires avec le blues, la dichotomie stéréotypée "les hommes sont des instrumentistes, les femmes sont chanteurs" a continué à persister partout dans le monde du jazz des années 1960 et 1970. En raison de ces constructions culturelles, Redd a été perçue comme une chanteuse plus qu'une saxophoniste de jazz, malgré son talent et ses contributions d'instrumentiste. Le déroulement de la carrière de Vi Redd illustre bien comment la musique des femmes instrumentistes jazz reste en grande partie invisible à l'histoire du jazz.

Vi Redd & Count Basie Antibes 1968 Stormy Weather Blues vidéo

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Linda Hopkins & Vi Redd - St Louis Blues vidéo

autres vidéos

29 avril

communisme et théories

Aufklärung comme dialogue / Critique de l'idéologie comme continuation du dialogue avorté, par d'autres moyens

citation complète dans penser le communisme, la révolution, l'identité etc.

« Tout combat mène nécessairement à une réification réciproque des sujets. Ne pouvant pas abandonner sa prétention de faire prévaloir un meilleur discernement contre une conscience qui se bloque, il faut que l'Auklärung «opère» en fin de compte derrière la conscience de l'adversaire. C'est pourquoi la critique de l'idéologie prend un trait decruauté, qui, s'il s'avoue tel, ne veut être rien d'autre que la réaction aux cruautés de l'«idéologie». Ici, on voit mieux qu'ailleurs que la critique «philosophique» de l'idéologie est en vérité l'héritière d'une grande tradition satirique pour laquelle démasquer, ridiculiser, mettre à nu est depuis toujours une arme. Mais la critique moderne de l'idéologie s'est, - et c'est là notre thèse - funestement détachée des puissantes tradition du rire du savoir satirique qui plongent leurs racines philosophiques dans le kunisme antique. La critique moderne de l'idéologie porte la perruque du sérieux et met le costume-cravate même dans le marxisme et surtout la psychanalyse, pour permettre à la respectabilité bourgeoise de continuer à exister. Elle s'est dépouillée de son essence critique pour conquérir sa place dans les livres comme «théorie»

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Celui qui donne les moyens d'une réflexion libératrice et invite à l'utiliser est, pour les conservateurs, un oisif sans scrupule et avide de pouvoir, auquel on rappelle que «les autres font le travail . Eh bien, pour qui ?»

Peter Sloterdijk, Critique de la raison cynique, 1983, p. 40-46

un constat s'impose : aucune philosophie, aucune théorie n'a transformé le monde dans le sens où elle entendait le faire. D'une part la transformation du monde n'est pas produite par une théorie, d'autre part vouloir en appliquer une à le transformer la disqualifie en la "trahissant" inévitablement. Le meilleur exemple en est, concernant une 'théorie' qui ne fut pas sans influences historiques concrètes,  Marx et les marxismes. Ce qu'il en reste de fécond est une critique, pas un projet politique

pourtant, combien surprenant que l'on continue à faire des théories comme si elles pouvaient tenir la vérité du présent pour l'avenir. Comme s'il s'agissait d'avoir raison. Pour le vérifier quand c'est trop tard ? Ce n'est pas que la théorie soit toujours en retard, mais elle est toujours à côté, à côté de ses grandes pompes. Une des causes est l'egotisme des théoriciens, et leur concurrence sur le marché du sérieux théorique de l'objectivité

on peut s'étonner que je relaie des théorisations en partie contradictoires. Je ne les prends pas ou plus dans leur totalité, ni même leur cohérence séparée, pour la raison même évoquée plus haut. Chacune, condamnée à la séparation, ne peut produire que son propre échec, c'est ainsi dans l'essence de toute théorie face au réel. Je ne cherche pas non plus un syncrétisme, un moyen terme synthétique, ma propre théorie. Je cherche à les faire travailler ensemble comme critiques, à croiser leurs langages, à les ouvrir réciproquement là où elles sont fermées ou opposables

pour autant, mes choix, ce que je retiens ou rejette de chacune, n'ont rien d'aléatoire. Ils relèvent de critères que je m'efforce d'éclaircir en chemin, et qui doivent aider à ouvrir des chemins de traverse sans perdre le fil rouge des communs pour le communisme 

il en résulte certes un facteur d'incertitude qui n'a rien de rassurant pour qui cherche une théorie vraie, une théorie guide. Naturellement cela ne peut convenir à qui a besoin de certitudes, ne supportant pas l'inquiétante étrangeté et la fécondité du doute, pas plus que la complexité du monde. Il faut faire avec, et lutter en son sein avec toute la simplicité possible qu'indique ce fil rouge

a-t-on d'autre choix que lutter ?

 

photographie : l'étranger domestique nouvelle rubrique

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« Poésie et communisme, un lien essentiel » Alain Badiou La Sorbonne, 5 avril 2014 vidéo

chercher les mots pour dire un moment... une liberté inconnue... il y a une preuve du communisme par le poème

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en relation, un point de vue moins subjectif, mais qui éclaire le précédent

« Marx et l'art » Isabelle Garo 26 janvier 2013 vidéo 1h18:55  et déjà signalé, un texte, Marx, théoricien de l’art ?

voir aussi cette synthèse des rapports entre esthétique et marxisme, tant du point de vue philosophico-théorique qu'artistique, le titre étant plus limité que le contenu : art, musique et politique

selon moi, les points de vue de Badiou et Garo se complètent pour éclairer ce que j'ai voulu dire par la formule « la révolution sera poétique ou ne sera pas », et mon approche de l'articulation entre poésie (art) et communisme, dans laquelle Jacques Guigou (Temps Critiques) a cru voir une «prétention à poétiser la révolution », ce qui est un non-sens, la poésie et l'art étant intrinsèquement liés au communisme, et non extérieurement à la manière d'un gauchisme esthétique (forme de réalisme socialiste), auxquels n'échappent pas toujours, il est vrai, la poésie ou l'art engagés y compris chez les meilleurs. Je considère ne pas toujours y échapper moi-même, sans bien pouvoir situer à partir d'où dans tel poème. J'ai longuement abordé cette difficulté de ne pas basculer de l'art dans le discours social au fil de mes notes poétiques, en relation avec mes propres créations

ajouté (en bas) à Ma non-'vie d'artiste', la peinture, la poésie, la vie, la forme comme contenu...  

28 avril

« l'économie capitaliste peut-elle rebondir éternellement ? »
"Les dangers de la suraccumulation en Chine : une analyse marxiste" Mylène Gaulard vidéo 1:13  24 novembre 2012

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la limite de cette analyse est qu'elle intervient avant les réformes décidées à l'automne 2013, voir restructuration du capital mondial : et la Chine ? dont je ne sais pas dans quelle mesure elles la remettent en cause... Quoiqu'il en soit, quel souffle pour exposer le marxisme en tant que critique de l'économie politique !

à paraître en mai

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"La crise économique se profile en Chine. Les difficultés s’y accumulent, de manière toujours plus apparente. L’espoir d’un renouveau venu d’Asie, pour un capitalisme mondial affaibli, prend fin. Au-delà de la rigidité du régime politique, ou des désastres écologiques facilement relevés par les observateurs les moins attentifs, la formidable croissance de la Chine la mène à cette crise inévitable. Et cela parce que depuis 1949, sous l’étendard d’un socialisme usurpé, le capitalisme et son cortège de contradictions s’y renforcent toujours plus. S’appuyant sur les outils théoriques élaborés par Karl Marx, ce livre est consacré à une analyse rigoureuse et critique de ce processus"

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes' et restructuration du capital mondial : et la Chine ?

Nommer la conjoncture : Commune de 1871 Stéphane Pihet GRM Groupe de Recherches Matérialistes

Texte intégral

'Ce texte porte sur les discours contemporains de la Commune, qui ont mis en jeu la surdétermination de son signifiant.

Nous revenons dans cette perspective à la place d’Auguste Blanqui, ses écrits, ses actes, mais aussi son « nom », en en proposant, ici encore, une lecture symptomale.'

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

«Je voudrais prolonger le discours, tenu par notre Séminaire, à propos de Blanqui et du marxisme. Ce qui suppose, aujourd’hui, de réfléchir sur « le mot d’ordre insurrectionnel », en abordant ce que j’avais nommé une phénoménologie matérialiste dans ses effets de seuil, lors de notre première séance. Il s’agit de comprendre, dans cette conjoncture qu’est la Commune de Paris, comment et pourquoi un mot d’ordre convoque ou non le peuple, l’interpelle ou non. J’entends par mot d’ordre ceci : alors qu’un réel donné se définit collectivement par son impossibilité même face à l’insupportable d’une praxis contre-révolutionnaire organisée, le mot d’ordre fera de cette impossibilité l’objet à dépasser pour continuer à vivre. Mot d’ordre qui aura pour effet de vérité – dans son échec même – de réfléchir une temporalité singulière du temps révolutionnaire. Ce qui en retour questionnera, chez Blanqui, ce qu’il nomme : le communisme

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Ernest Pignon-Ernest

- Auguste Blanqui, mot d’ordre insurrectionnel et communisme. Temps et contre-temps du politique
- Blanqui, le Nom surnuméraire
- Hétérogénéité des temporalités, ses raisons
  a) Le mot d’ordre insurrectionnel. Analyse du 14 août 1870
  b) Le temps du communisme, la patience créatrice
- Ecrire littérairement la Commune comme un énoncé politique. Une esthétique sans image
- Ecrire la Commune, comme une « contre-histoire ». Rapport de faits et rapport de force
- Faire de la Commune l’énoncé primordiale

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

dans penser le communisme, la révolution, l'identité etc.

BMC Bordel militaire de campagne

avec BMC, on n'a que l'embarras du choix, c'est aussi bien la British Motor Corporation, la marque de vélos suisse Bicycle Manufacturing Company, un Bénéfice mondial consolidé, que la Blanche du Massif Central, une race française d'ovin...

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

mais revenons à nos moutons

"Le dernier BMC en métropole, celui de la Légion étrangère à Calvi en Corse ferme en 19781. Le dernier BMC en territoire français, celui de la Légion à Kourou en Guyane ferme en 1951 (suite à une plainte d'un proxénète brésilien pour concurrence déloyale)"

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Maroc 1922 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Algérie

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Histoire des BMC

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 compte-rendu anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Bénéfice militaire consolidé

Japan forced women into second world war brothels The Guardian 28 avril

Some historians believe as many as 200,000 women were sent to frontline to be sexually abused between 1932 and 1945

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

Femmes de réconfort

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Corée

Tôkyô 1923 quartier des plaisirs

« La Première Guerre mondiale se traduisit au Japon d'abord par un boom économique bénéfique aux grands groupes d'affaires, qui permit à certains de s'enrichir très vite. Elle s'accompagna cependant d'une inflation qui toucha particulièrement les classes populaires. Elles réagirent parfois en se rebellant, comme lors des émeutes du riz de juillet 1918 menées par des femmes de pêcheurs de la ville d'Uozu dans la préfecture de Toyama, émeutes qui se propagèrent ensuite au reste du pays et virent des attaques contre  les maisons de commerce, les marchands de riz, les journaux, les commissariats de police ou les préfectures. Il s'agissait d'un mouvement populaire inévitable dans le processus de la formation du capitalisme japonais, et le gouvernement y répondait par des mesures économiques inadaptées, car la seule méthode d'apaisement qu'il maîtrisait était la répression. » Akira Yoshimura, Le Grand Tremblement de Terre du Kantô p.30-31 Voir La situation des classes laborieuses au Japon

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« Quelques deux mille cinq cent femmes y habitaient et travaillaient dans les établissements de plaisir et de prostitution installés dans des bâtiments hauts de plusieurs étages. Les tenanciers de maisons closes les considéraient comme des marchandises qui leur appartenaient et leur interdisaient de sortir de l'enceinte de Yoshiwara.

Le Grand Tremblement de Terre du Kantô, Akira Yoshimura, 1973, Actes Sud 2010, p. 94-96

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Le 9 avril 1911, le quartier réservé avait été ravagé par un incendie. […] Yoshiwara fut entièrement détruit, et de nombreuses femmes périrent dans les caves où elles avaient été enfermées.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

Les choses se passèrent d'une manière similaire pendant le grand tremblement de terre du Kantô [septembre 1923, 200.000 morts dont 38.000 sur le site de Hifukushô].

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 tornades de feu

« Bientôt des bourrasques de vent provoquèrent de véritables cyclones ardents dus aux phénomènes des tourbillons de feu. Ils soulevèrent de terre des plaques de tôle, des couvertures, des meubles et parfois des êtres humains et des chevaux. Yamato Matsu, qui avait alors dix-huit ans, vit s'envoler un homme qui portait sa vieille mère sur son dos, et une carriole qui s'éleva en tournoyant dans les airs avec le cheval qui la tirait.

Les tombereaux, les grandes charettes à bras et les êtres humains happés par ces tourbillons retombaient sur les autres dans les terrains avoisinants, notamment dans le parc de la résidence Yasuda contiguë au site. Pendant tout ce temps, les réfugiés continuaient à s'écrouler, asphisxiés par la fumée.

Tous ceux qui eurent la vie sauve furent emportés par ces tourbillons. Sakuma Minoru, âgé de neuf ans, échappa à la mort avec ses parents et sa sœur lorsqu'ils furent soulevés tous les autre si haut qu'ils volèrent au-dessus d'un mur de deux mètres de hauteur pour retomber dans l'étang du parc de la résidence Yasuda. » p. 68-69

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

« Juste après le séisme, de nombreux tenanciers empêchèrent les prostituées de quitter le quartier et elles perdirent ainsi la seule occasion de le faire. Elles n'auraient d'ailleurs pas su où aller car elles ne connaissaient pas Tôkyô, n'ayant pas le droit de quitter le quartier réservé.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Unpo Takashima anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Elles se précipitèrent dans le parc lorsque les flammes ses rapprochèrent. Beaucoup d'entre elles étaient pieds nus, en vêtements de nuit. Lorsque le feu gagna les matériaux de construction entreposés là et que la chaleur devint insupportable, elles se jetèrent dans l'étang. Il était par endroits profond de quatre mètres et son eau était boueuse. Les femmes y sautaient en hurlant et en pleurant.

Lorsque les vêtements et les cheveux huilés de nombreuses femmes s'enflammèrent, la ruée vers l'étang s'accéléra. Les premières à s'y jeter étaient restées près du bord, mais elles durent s'en éloigner sous la pression des nouvelles arrivantes. L'étang qui faisait environ six cent mètres carrés fut bientôt rempli de femmes. Le tumulte était extraordinaire.

Une fois dans l'eau, elles s'accrochaient à celles qui les avaient précédées et elles coulaient toutes ensemble. Puis d'autres se précipitaient dans l'étang sur les corps de celles qui y étaient déjà. Si l'une réussissait à s'agripper à un pieu, d'autres l'imitaient immédiatement, formant des grappes humaines. Elles luttaient désespérément pour échapper à la mort. Bientôt, l'étang fut rempli de plusieurs couches de cadavres. L'eau était de plus en plus chaude.

L'incendie continuait à faire rage.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

490 cadavres, 52 hommes, 435 femmes, et trois corps si carbonisés qu'il fut impossible d'en déterminer le sexe furent retrouvés dans le parc de Yoshiwara. La plupart des femmes étaient des prostituées.

Ishikawa Shôsaku, un musicien âgé de vingt-six ans […] se rendit le lendemain dans le quartier réservé […] En chemin, le spectacle qu'il vit dans un atelier de teinture lui fit forte impression : une dizaine de cadavres y gisaient et d'autres corps, teints en bleu indigo, s'entassaient dans les grandes cuves de teinture enterrées dans le sol. Il ne restait rien du liquide dans lequel les malheureuses avaient dû se jeter pour échapper à la chaleur infernale des flammes. Il entra dans le quartier réservé par l'entrée principale. Pas un seul bâtiment n'était intact, et il eut du mal à avancer dans la rue encombrée de gravats. Il décida d'aller jusqu'au parc après avoir croisé un homme qui lui dit que l'étang de Benten s'était transformé en cimetière.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

« C'était stupéfiant. L'étang était rempli de corps de courtisanes. Elles étaient en tenue de nuit, à moitié dénudées, recouvertes en partie par l'eau. Les cadavres n'étaient presque pas brûlés, certaines avaient conservé leur belle coiffure. Ce n'était plus un étang mais un amas de corps enchevêtrés. Les couleurs gaies de leurs vêtements rendaient cette vision encore plus insupportable. J'y suis retourné deux jours plus tard, les cadavres étaient toujours là, la puanteur terrible, je ne suis pas resté longtemps. Il faisait chaud, la décomposition progressait vite, tous les visages étaient gonflés comme des ballons, je regrette d'avoir vu cela », se souvient Ishikawa.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Une quarantaine de personnes survécurent miraculeusement à ce drame ; presque toutes eurent les yeux brûlés par la fumée, et certaines perdirent définitivement la vue. »

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Film Pathé-Baby 1923

Images du Grand Séisme de Kanto en 1923
Documents

27 avril

polluimini

perdu dans ce village tu cherches un chemin vers la ville
là vers le ciel qu'elle dépeuple d'étoiles
firmament de poisons liminaires

le rêve dit qu'aussitôt arrivé tu seras dérouté

nul ne sait où nous sommes, où sûrement aller
c'est heureux
la pensée construit le passé, traduit le présent, introduit l'avenir

te souviens-tu, vingt ans déjà, cette peinture découpée en morceaux offerts à tes amis d'un peu partout
chacun avait la liste des autres, mais aucun ne reconstituerait jamais le puzzle

un monde sait
un monde sent
personne est con

un monde à l'œil cerné
de l'intérieur intime
un ordre constellé

son cri au bord s'abîme

FoSoBo 27 avril 17:44   poèmes 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 F. Delbord

 

« Le capitalisme est entré dans des logiques d’extraction et de destruction » Saskia Sassen Le Monde 25 avril 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

- Dans votre nouveau livre, vous avancez que la mondialisation est entrée dans une phase d’« expulsion ». Qu’entendez-vous par là ?

Saskia Sassen : Ces deux dernières décennies, un nombre croissant de gens, d’entreprises et de lieux physiques ont été comme « expulsés » de l’ordre économique et social. Des chômeurs sont rayés des listes de demandeurs d’emploi. Certains travailleurs pauvres ne bénéficient plus d’aucune protection sociale. Neuf millions de ménages américains ont perdu leur foyer après la crise des subprimes. Dans les grandes métropoles du monde entier, les classes moyennes sont peu à peu chassées des centres-villes, désormais hors de prix.

La population carcérale américaine a augmenté de 600 % ces quarante dernières années. La fracturation hydraulique des sols pour extraire le gaz de schiste transforme des écosystèmes en désert – l’eau et le sol sont contaminés, comme si on expulsait de la biosphère des morceaux de vie. Des centaines de milliers de villageois ont été délogés depuis que des puissances étrangères, étatiques et privées, acquièrent des terres aux quatre coins du monde : depuis 2006, 220 millions d’hectares, principalement en Afrique, ont été achetés.

[...]

du rififi chez les économistes du capital : la France exporte un expert

peut-on sauver le capitalisme face aux inégalités qu'il produit ? Répondre par l'affirmative, comme Thomas Piketty, ressort sans aucun doute des «fausses critiques» selon Anselm Jappe, et au-delà tous les communistes héritiers de la critique radicale de Marx.

pourtant l'économiste français fait un tabac et produit un tapage aux Etats-Unis : actualités

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Thomas Piketty, un "Karl Marx" français à la conquête des Etats-Unis L'Express 25 avril

« Le Capital au XXIe siècle », de Thomas Piketty, best-seller aux Etats-Unis Le Monde 23 avril

on ne s'affole pas pour autant aux States, Piketty, conseiller économique de Ségolène pour sa présidentielle, a soutenu son ex. pour la sienne, avant de trouver Hollande «assez nul» - ça n'exige pas d'être expert. Obama et l'administration des finances américaines l'ont reçu sans trembler sur leurs bases... Selon lui, l'arme fiscale est le seul "remède civilisé pour résoudre la violence sourde des inégalités" Si­ non, "elle dégénérera en révolte sociale, repli protectionniste ou poussée populiste" Challenges 10 octobre 2013

un livre de 2011 proposait la 'révolution fiscale' : un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Géraldine Laurent Looking For Parker beim International Jazz Day  film HD 22 mai 2013 35mn

Géraldine Laurent Manu Codija Christophe Marguet

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Pas simple de dresser un hommage au grand Charlie Parker sans tomber, ni dans l’écueil de la redite sans intérêt, ni dans l’abstraction hermétique. La gageure est pourtant acquittée haut la main par le trio. Il faut dire que tous trois, chacun dans a discipline (le saxophone pour Géraldine Laurent, la guitare pour Manu Codjia et la batterie pour Christophe Marguet) ont parfaitement intégré les structures hyper techniques du bebop pour pouvoir s’en échapper dans des ascensions improvisées sinueuses et chaotiques, mais qui retombent toujours sur leurs pattes. N’est-elle pas là, l’essence de Charlie Parker ?

dans Bribes de jazz Voir aussi LAURENT Géraldine, alto sax

Après moi le déluge! Fossil fuel abolitionism and the carbon bubble - part 1 libcom 14 avril

In part one of this two-part article, we look at the so-called ‘carbon bubble’ – assets priced based on 'unburnable' fossil fuels

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Après moi le déluge! Fossil fuel abolitionism and the carbon bubble - part 2 libcom 21 avril

In part two of this two-part article, we look at the parallels between fossil-fuel abolitionism and the abolition of slavery in the 19th century United States

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes'

Duke Ellington, Ran Blake, John Surman... Ambrose Akinmusire dans bribes de jazz

Jazz Magazine, un numéro d'une grande richesse, un dossier Ellington exceptionnel : de Bonustrac à Jacques Réda, les rédacteurs ont trempé leur plumes dans la mémoire du jazz et du journal à son meilleur

Duke Ellington C Jam Blues Ray Nance, Rex Stewart, Ben Webster, Joe Nanton, Barney Bigard... Jam Session vidéo

Duke Ellington - Warm Valley feat. Johnny Hodges, Jimmy Blanton... 1940

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéos anti-journal 1988 > 11 mai 2014 ce jour-là, Duke aurait 115 ans, son petit-fils conduira l'orchestre

Duke Ellington’s music and race in America Claudia Pierpont mai 2010

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Black, Brown and Beige 1958

« Des milliers de documents établissent comment Ellington a servi d’intermédiaire et atténué les tensions entre l’art américain populaire et l’art sérieux, la culture savante et la culture populaire, la créativité et le conformisme […] et, surtout, entre les Blancs et les Noirs. »

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Lecture : « La cause des Noirs : Un des points sur lesquels Harvey G. Cohen apporte un éclairage nouveau est par exemple la délicate question de l’attitude d’Ellington à l’égard de la question raciale et du combat des Noirs américains pour les droits civiques. Né dans une famille de petite bourgeoise cultivée de Washington, Edward Kennedy Ellington n’a jamais été un militant affirmé de la cause noire. Sa discrétion constante sur cette question, une déclaration malheureuse (ou mal interprétée) faite en 1951 à un journaliste selon laquelle les Noirs « n’étaient pas encore prêts à combattre la ségrégation »), l’évolution, avec l’âge, de ses idées politiques vers un certain conservatisme et les honneurs dont il été l’objet à la Maison Blanche à l’époque où son occupant était le républicain Richard Nixon (à l’étonnement de Johnson et des démocrates qui le croyaient « un des leurs ») ont pu faire penser qu’Ellington se rangeait résolument dans cette affaire du côté de l’establishment. À tort : des multiples faits et propos rapportés par Cohen ressort l’image d’un homme plus engagé qu’on ne le dit parfois vis-à-vis de la cause des Noirs et sans complaisance aucune à l’égard des manifestations de racisme quotidiennement observables durant toute sa vie. La communauté noire lui a parfois reproché sa timidité en la matière. Mais par tempérament et par conviction, Ellington était porté à penser que le meilleur atout dont disposaient les Noirs était la richesse de leur patrimoine culturel, et que ce qu’ils pouvaient faire de mieux pour conquérir la place qui leur revenait dans la société était d’illustrer leur apport déterminant à la culture américaine : « Ellington jugeait, probablement de façon correcte, qu’il pouvait exercer une plus grande influence sur les relations raciales par des réalisations artistiques du niveau le plus élevé et en interprétant une musique qui célébrait la contribution africo-américaine qu’en s’impliquant dans des controverses politiques et se répandant dans les journaux. »

Ran Blake, The Primacy of the Ear

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Something's Coming live 1963

« Le primat de l'oreille, c'est lié à la façon dont j'ai appris la musique. Quand je travaille avec des étudiants sur une chanson de Billie Holiday ou de Stevie Wonder, je leur fais écouter le morceau jusqu'à ce qu'ils le mémorisent avant de les laisser toucher à leur instrument avant de les laisser toucher à leur instrument. Ça peut sembler tyrannique et je suis très intolérant sur ce point. Il n'est pas question qu'ils aient accès à la moindre partition. Cette façon d'apprendre la musique est merveilleuse. Ceratins trouvent ça assez prétentieux de ma part, mais ça m'est égal. Il y a des gens qui entendent la musique en la lisant, mais je trouve plus pertinent de passer d'abord par l'oreille. Depuis toujours les joueurs de tablas indiens et certains percussionnistes africains enseignent les rythmes par onomatopées avant de laisser leurs disciples jouer sur les instruments. Il y a tant d'approches de la musique : par la danse, par le souffle... mais aujourd'hui la plupart des étudiants sont pressés et veulent assimiler des plans. Les grands musiciens, tel Monk, ont créé leurs propres plans, comme cette gamme par tons descendants qu'il répète sur San Francisco Holiday. [...] Certes, on ne connaît pas bien une musique tant qu'on ne l'a pas jouée sur son instruiment, mais le passage par l'oreille me semble essentiel, même si ce n'est pas la tendance dominante de la musique occidentale écrite. » Interview, extrait p. 14 Ran Blake vidéos

26 avril

Commun vs Communisme ? une lutte idéologique est engagée : critique de Dardot et Laval

dans  les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 bis : quelle révolution ?

voir sommaire plus bas

nous sommes entrés dans une période d'affrontements théoriques sur le concept central de 'commun(s)' comme antagonisme radical entre capitalisme et communisme, avec l'ensemble des positions sociales et idéologiques que cela produit

ce livre est autrement important et si j'ose dire 'dangereux' que le fumeux Premières mesures révolutionnaires de Hazan et Kamo. Pourtant son mérite est d'exister et de permettre l'ouverture en France d'un débat indispensable sur la révolution communiste, à la manière dont l'avait produit l'émergence dans les années 1990 et de l'apogée au début des années 2000, avant la crise de 2008, du démocratisme radical et de l'altermondialisme anticapitaliste : il faut donc s'attendre à des critiques sur sa 'droite', des blablas universitaires de philosophie politique, comme sur sa 'gauche' en termes de liens aux luttes dans les rapports sociaux au présent, dont la mienne relève

je me suis hier poussé dans une librairie de la capitale pour me procurer Commun, le livre de Laval et Dardot. J'ai feuilleté l'appât mais ne l'ai pas acheté. Mon impression négative au vu du sommaire et de quelques extraits en ligne s'est confirmée. Ne l'ayant pas lu, je ne peux en faire une critique bien sérieuse, toutefois, quelques remarques rapides :

- pourquoi opposer communisme et commun ? (I2) Le concept de communisme est figé par les auteurs dans sa signification lié au programme ouvrier et aux étapes que pouvait en esquisser Marx au temps de la montée en puissance de la classe ouvrière révolutionnaire, son parti guide et dirigeant d'Etat... Il me semble pourtant que le concept, comme mouvement d'abolition du capitalisme, n'est pas à enfermer dans une forme historique, mais à historiser en relation avec l'évolution du mode de production capitaliste et des luttes qu'il produit

la connotation que j'ai progressivement construite autour des 'communs' s'articule sans problème avec un mouvement communiste d'abolition du capital, d'abolition des classes, races, genres etc. sans faux-fuyant quant à la nature des ruptures à produire par des luttes multiformes...

à cette question pourquoi... je répondrais que la démarche de Dardot et Laval a quelque chose d'opportuniste pour ne pas dire d'idéologiquement raccoleur, pour séduire un lectorat (des couches sociales) hostiles à l'idée même de communisme (voire de révolution). Cela me semble confirmé par l'ensemble du livre, ses contenus critiques et la chute affligeante de faiblesse des «propositions politiques»

- comment faire une critique de l'économie politique des communs (I4) sans faire celle du capitalisme actuel (restructuration-production-reproduction), serait-il nommer ultra-néolibéralisme pour faire ressortir certaines de ses formes d'appropriation privée ?

- toute la deuxième partie consiste à poser l'institution du commun en terme de droit. Les auteurs nous allèchent avec un sous-titre sur la révolution au XXIe siècle, mais le cœur de leur essai est juridico-politique, un mal bien français depuis les Lumières, Proudhon... jusqu'au démocratisme radical avec le PCF, des trotzkistes français, et des anarchistes mous au coude à coude avec Attac et le Monde Diplomatique

les dix propositions politiques confirment ce point de vue juridico-politique d'une nouvelle économie : droit d'usage, entreprise commune, services publics, démocratie sociale, communs mondiaux... dont on voit mal comment ils pourraient se réaliser sans une forme d'Etat et de représentation assez loin d'une auto-production par ceux d'en-bas

de ce point de vue, la critique de la démarche étatique peut paraître auto-critique de la période altermondialiste. Elle vise surtout à relancer sur la base théorique du 'commun' une idéologie de la convergence et de l'hégémonie guidée par un discours cadre comme projet et programmation

pourquoi ce livre maintenant ?

cette publication intervient avec un ensemble d'autres, mais comme une des premières en France par des auteurs français. L'échec de l'altermondialisme et la crise sont passés par là, des luttes se sont multipliées que relie cette question du, des commun(s) comme le soulignent les auteurs en introduction, pour en faire peu de cas dans le corps de l'ouvrage, qui semble lui préférer des considérations philosophico-politiques et juridico-économiques, un point de vue très occidental. L'idée même de communisme est sur la table, quoi qu'on pense de son approche par des auteurs tels que Zizek, Badiou, Rancière, Balibar, Nancy, Negri et Hardt...

il s'agit pour tout un courant politique à gauche de la gauche, héritant particulièrement du contorsionnisme 'trozkiste', de reprendre l'initiative. En quelque sorte, on assiste à une récupération et à un encadrement idéologique du concept de 'commun', ce qui est une manière de reconnaître sa centralité dans l'affrontement capital-'prolétariat'(ou multitude) sur plusieurs lignes dont la lutte de classes au sens traditionnel n'est pas la ligne directrice (genre, 'race', 'nature'...)

contrer la montée d'un courant révolutionnaire conséquent autour des thèses de Negri-Hardt, Federici, etc.

le dernier ouvrage de Négri-Hardt, Commenwealth (2012) tranche en largeur et profondeur avec ce 'commun' édulcoré de nos sociologues français. Des concepts en sont repris, à commencer par le concept central de commun(s), tels que praxis instituante, démocratie..., mais leur contenu est tiré vers le bas, proprement institutionnalisé. Ce qui chez Negri-Hardt est une ambiguité ouverte se referme ici sur cette réponse de fait de Laval et Dardot (et d'autres dans l'éventail de ceux qui discutent du 'commun') :

la société civile peut prendre le pouvoir sur l'Etat, l'affaiblir progressivement en lui imposant une nouvelle juridiction contraire à sa nature néo-libérale. Autrement dit, il existerait une société civile contre l'Etat, voire au-delà sans Etat, comme si chacun n'était pas en miroir de l'autre (et bio-politique), et le 'commun' serait le fondement de cette "révolution"

les idées de Negri et Hardt sont d'une certaine façon beaucoup plus respectueuses de la critique du capital selon Marx (ce que leur reprochait au demeurant Robert Kurz, de la Wertkritik), et surtout, même s'ils en rejettent la démarche philosophique (la synthèse), plus finement dialectiques. Elles peuvent paraitre parfois nébuleuses ou naïves, mais elles sont d'une grande cohérence au niveau conceptuel et pratique, en terme d'analyse des mutations de la société capitaliste, de la production et reproduction dans l'antagonisme capital-multitude sur les communs. Elles ne laissent pas dans l'ombre la question des luttes (ni celle de la violence) qui sont le primat de leurs théories, à l'inverse de l'essai de Dardot et Laval. La réflexion sur la subjectivation y est une des plus poussées sur le plan théorique depuis l'effondrement du programmatisme ouvrier

quelle critique révolutionnaire du concept de commun(s) ?

si une critique de l'idéologie révolutionnaire des 'communs' doit être produite, qu'elle le soit a minima sur le corpus fondateur de Negri-Hardt ou des positions telles que celle de Federici-Cafentzis, et avec d'autres outils théoriques que les vieilleries marxistes ou post-marxistes verrouillées sur les concept de 'valeur' (Wertkritik), d'immédiateté révolutionnaire d'une 'communisation' abstraite (Théorie Communiste), ou de généralités sur 'la révolution à titre humain'* : de fait, nous devrions ouvrir un chantier sur le concept même de révolution communiste, comme processus multiplexe de rupture sur la base des mutations du mode capitaliste actuel

la plupart de ces corpus (hors *Temps Critiques, plus foisonnant et ouvert, de fait sans corpus totalisant, sans visée de la théorie avec un grand T) sont à un tel point auto-référentiels qu'ils excluent d'une part les bonnes polémiques en terme de dialogue (Théorie Communiste, Critique de la valeur...), d'autre part la prise  concrète sur les luttes, auxquelles ils sont aussi manifestement étrangers (corps -) que Laval et Dardot sont empressés d'exister dans le monde savant de la théorie séparée

en résumé, nous sommes entrés dans une période d'affrontements théoriques sur le concept central de 'commun(s)' comme antagonisme radical entre capitalisme et communisme, avec l'ensemble des positions sociales et idéologiques que cela produit, entre révolution et contre-révolution

 

Introduction. Le commun, un principe politique
La tragédie du non-commun
L’émergence stratégique du commun

1. Archéologie du commun
La co-activité comme fondement de l’obligation politique
Le commun, entre l’étatique et le théologique
La réification du commun
Le commun, entre le vulgaire et l’universel
Commun et praxis

I / L’émergence du commun
2. L’hypothèque communiste, ou le communisme contre le commun

Le communisme de la « communauté de vie »
Le communisme de l’« association des producteurs »
Le communisme d’État, ou la capture bureaucratique du commun
L’État-Parti, instrument d’imposition de la logique productiviste
Le commun de la démocratie contre le commun étatique de production
Libérer le commun de sa capture par l’État

3. La grande appropriation et le retour des « communs »
La nouvelle « enclosure » du monde
Le paradigme de l’« enclosure des communs »
Un renouveau des luttes contre le néolibéralisme
Droit de propriété et concurrence par l’innovation
La revendication des communs contre la « propriété intellectuelle
Le « grand récit » de l’expropriation des communs
L’impérialisme comme exacerbation de la violence capitaliste
La « dépossession » comme mode d’accumulation typique du capitalisme financier
Les limites du paradigme de l’« enclosure des communs »

4. Critique de l’économie politique des communs
« Biens privés » et « biens publics »
La découverte des « biens communs
Le débat autour de la « tragédie des communs »
L’institution au coeur des communs
Le « cadre analytique » des communs
Limites de l’analyse institutionnelle des communs
D’un commun, l’autre
La connaissance est-elle naturellement commune ?
« Les bases constitutionnelles » des communs de la connaissance
Une nouvelle éthique généralisable ?
« Libre » et « commun »
L’illusion du « communisme technologique »
Les « communs de la connaissance » vus depuis le capital

5. Commun, rente et capital 
Définir le commun
Capitalisme cognitif, rente et vol
Proudhon : le commun comme force sociale spontanée
Marx : la production historique du commun par le capital
Commun du capital et commun ouvrier
Sortir des deux modèles

II / Droit et institution du commun
6. Le droit de propriété et l’inappropriable

L’activité de « mettre en commun » (koinônein) comme institution du commun (koinôn) « L’illusion de la propriété collective archaïque »
L’avènement de l’individualisme propriétaire
La «summa divisio » (« division suprême ») : droit public et droit privé
Le domaine public, la propriété de l’État et la «res nullius »
Usage et administration de l’indisponible
Primauté des pratiques créatrices de droit sur l’État
Le commun de l’« être-en-commun » et le commun de l’« agir commun »

7. Droit du commun et « droit commun »
Un mythe national : la « continuité organique » de la Common Law 
Une référence fondatrice : la Magna Carta 
La Magna Carta : un document en attente d’accomplissement ?
Coutume, commun, Common Law 
La « guerre de la forêt » et le Black Act (1723)
La coutume comme lieu d’un conflit

8. Le « droit coutumier de la pauvreté »
Une « loi » contraire au « droit rationnel »
« Coutumes de la pauvreté » contre « coutumes des privilégiés »
Quel fondement juridique pour les coutumes de la pauvreté ?
« Pauvreté physique » et « pauvreté humaine »
L’« instinct juridique » des pauvres
L’« activité » comme fondement du droit des pauvres
L’hétérogénéité irréductible des coutumes de la pauvreté
Le communisme des pauvres, obstacle au progrès ?

9. Le commun des ouvriers : entre coutume et institution
Coutumes et créations institutionnelles
L’institution de la force collective
La « constitution sociale »
Le fédéralisme comme organisation sociale et politique
Le « droit prolétarien »
La coopération socialiste de Mauss et de Jaurès
Transformer les hommes en transformant les pratiques sociales
Que reste-t-il du commun des ouvriers ?

10. La praxis instituante
La réduction sociologique de l’institution à l’institué
Institution, souveraineté, autorité
Institution et pouvoir constituant
Pouvoir instituant et imaginaire social
Praxis et création
La praxis instituante
La praxis comme co-institution des règles

III / Propositions politiques
Proposition politique 1. Il faut construire une politique du commun
Proposition politique 2. Il faut opposer le droit d’usage à la propriété
Proposition politique 3. Le commun est un principe de libération du travail
Proposition politique 4. Il faut construire l’entreprise commune
Proposition politique 5. L’association dans l’économie doit préparer la société du commun
Proposition politique 6. Le commun doit fonder la démocratie sociale
Proposition politique 7. Les services publics doivent devenir des institutions du commun
Proposition politique 8. Il faut instituer les communs mondiaux
Proposition politique 9. Il faut instituer une fédération des communs

Post-scriptum sur la révolution au XXIe siècle
Retrouver la grandeur de l’idée de « révolution »
La révolution comme « auto-institution de la société »
Instituer l’inappropriable

25 avril

il y a 50 ans

Fables Of Faubus Bremen  16 avril 1964 34:02 autres versions / les évènements dans bribes de jazz

Charles Mingus: bass Eric Dolphy: alto sax, flute, bass clarinet Clifford Jordan: tenor sax Johnny Coles: trumpet Jaki Byard: piano Dannie Richmond: drums

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

"En 1954, la NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People) remporte une grande victoire devant la Cour suprême, puisque cette dernière déclare que la ségrégation scolaire va à l’encontre de la Constitution (arrêt Brown v. Topeka Board of Education). Décision confirmée par un décret de 1955 de l’administration Eisenhower : « La déségrégation scolaire devait se poursuivre aussi rapidement que possible ». Or, les Etats su sud se protègent derrière leurs lois locales pour empêcher les adolescents noirs d’étudier dans des écoles blanches. Ainsi, le gouverneur de l’Arkansas, Orval Faubus se range du côté des ségrégationnistes afin de faire obstacle à l’intégration dans les écoles de l’Etat.

A Little Rock (Arkansas), quelques jours avant la rentrée des classes, le gouverneur de l'Etat, Orval Faubus fait appel à la garde nationale de l’Arkansas, sous prétexte d’éviter les violences. Cette décision fait grand bruit et contraint le président Eisenhower d’envoyer un détachement du 101ème régiment aéroporté pour assurer la sécurité des neufs élèves noirs concernés.

Le 25 septembre, les neufs élèves entrent dans le lycée. Ils y restent tout le reste de l’année scolaire. Cependant, afin d’éviter la déségrégation, le gouverneur Faubus demande la fermeture des écoles publiques lors d’une Assemblée d’Etat en août 1958 (129000 voix favorable au refus de l’intégration raciale, 7600 contre). De fait, les lycées de Little Rock restent fermés pendant l’année 1958-1959. Il faudra attendre 1970 pour que les écoles de Little Rock soient complètement « intégrées ».

Le contrebassiste de jazz, Charles Mingus, révolté contre toutes les injustices, consacre une de ses œuvres phares au gouverneur de l’Arkansas. Dans son Fables of Faubus, il condamne les mœurs racistes de la société américaine." Source

Oh, Lord, don't let 'em shoot us!
Oh, Lord, don't let 'em stab us!
Oh, Lord, don't let 'em tar and feather us!
Oh, Lord, no more swastikas!
Oh, Lord, no more Ku Klux Klan!

Name me someone who's ridiculous, Dannie.
Governor Faubus!
Why is he so sick and ridiculous?
He won't permit integrated schools.

Then he's a fool! Boo! Nazi Fascist supremists!
Boo! Ku Klux Klan (with your Jim Crow plan)

Name me a handful that's ridiculous, Dannie Richmond.
Faubus, Rockefeller, Eisenhower
Why are they so sick and ridiculous?

Two, four, six, eight:
They brainwash and teach you hate.
H-E-L-L-O, Hello.

Charles Mingus Eviction and Arrest Interview

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Les paroles dénoncent la politique du gouverneur Faubus et de ses acolytes Rockfeller et le président Eisenhower. En voici la traduction française :

"Oh Seigneur, ne les laisse pas nous abbattre/
Oh Seigneur, ne les laisse pas nous poignarder/
Oh Seigneur, ne les laisse pas nous rouler dans le goudron et les plumes/
Oh Seigneur, plus de croix gammées!/
Oh Seigneur, plus de Ku Klux Klan!/

- Cite-moi quelqu' un de ridicule?/
-Le Gouverneur Faubus/
- Pourquoi est-il malade et ridicule?/
- Il s' oppose à l' intégration scolaire [des noirs]/
- Alors, c'est un dingue/
A Bas les nazis, les fascistes, ceux qui se croient supérieurs/
A Bas le Ku Klux Klan/

- Cite-m' en quelques-uns qui sont ridicules/
- Faubus, Rockfeller, Eisenhower/
- Pourquoi sont-ils à ce point malades et ridicules?/
- Deux, quatre, six, huit. Ils vous lavent le cerveau et vous enseignent la haine."

Charles Mingus - Live in Belgium, Norway & Sweden 1964. Full Concerts Film 2:01:43

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Charles Mingus 1968 Film de Thomas Reichman

En 1966 Charles Mingus espère ouvrir une école de musique dans son loft New Yorkais du 22 Great Jones Street mais faute de pouvoir payer son loyer il est expulsé par les autorités.

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En 1968, Thomas Reichman réalise un excellent documentaire sur le célèbre musicien Charlie Mingus. Le film se présente sous la forme d’un portrait intimiste de l’artiste avec de longs entretiens chez lui entrecoupés d’extraits de concerts. Tout au long du film, le contrebassiste attends, en compagnie de sa petite fille de 5 ans et de la caméra de Reichman que l’on vienne l’expulser de son loft new-yorkais qu’il ne peut plus se permettre de payer, et l’ancien pimp en profite pour rappeler, fusil à la main, sa fascination pour la morale de la rue. On y parle de musique, mais aussi de politique et des questions raciales qui agitaient l’Amérique des 60’s.

Le documentaire se termine sur l’expulsion de son appartement d’un des artistes les plus importants du 20ème siècle, par les forces de l’ordre.

Charlie Mingus 1968 is an American documentary film directed by Thomas Reichman that follows the later life of jazz musician Charles Mingus and his five year-old daughter as they are being evicted from his New York apartment in 1966 for not paying the rent. Reichman talks with Mingus in a very personal setting as the film documents Mingus’ outlook on society, women, music, his daughter, politics and the country as a whole. The camera crew talks with Mingus conversationally and spends time with him and his daughter so that the film takes on an intimate air. The film highlights their way of life and how political and racial tensions affected people of the 1960s personally. The reason for Reichman’s investigation into Mingus’ eviction was to show the lifestyle of a prominent jazz musician and to show how American society was structured during the Civil Rights era.[suite]

Harlem Nougaro live

En 1985, sa maison de disques Barclay ne renouvelle pas son contrat jugeant les résultats de l'album ""Bleu Blanc Blues" décevants. Très blessé Nougaro quitte Montmartre et s'exile à New York aves sa femme Hélène. Ils s'installent chez la veuve de Charles Mingus que Claude connait pour avoir reçu le couple Mingus avant la mort du contrebassiste en 1979. Dans ses notes Nougaro déclarera que l'appartement était peuplé des fantomes de l'âge d'or du jazz, "sentinelles de l'Eternité, les deux contrebasses sous leur housse du roi Mingus". Il y écrit les premières paroles de son futur album "Nougayork" réalisé par Philippe Saisse et enregistré avec des musiciens américains (dont Marcus Miller, Mark Egan, Nile Rocgers de Chic) et français (Maurice Vander, Pierre Michelot, Francis Lassus). Le succès de l'album relancera la carrière de l'artiste et parmi ses 10 titres Nougaro va poser les paroles de "Harlem" sur le thème de Mingus "Fable of Faubus"

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 en 1988, Sadao Watanabe rend hommage à Nougaro avec Mark Egan et Philippe Saisse, un des seuls musiciens français ayant enregistré avec le saxophoniste japonais, jamais venu en France où il fut copieusement négligé et dénigré

Tiens, v'la Mingus,
J' croyais qu'il était mort
L'olibrius a toujours du ressort
Devant moi il passe
A moitié rateau de la rascasse
A moitié porte avion
Hérissé de rayons
Cactus
Mingus

24 avril

Green River Tim Willocks 1995 quartier de haute sécurité

Un polar fort : avec un incroyable accent de vérité, Tim Willocks restitue la désespérance des taulards

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 présentation par l'auteur, vidéo

Green River, pénitencier de sécurité maximale au Texas. Un véritable enfer dans lequel, entre tensions raciales et violences quotidiennes, vivent cinq cent âmes perdues. Un univers sans pitié où le silence n’existe pas, l’obscurité non plus. C’est là que Ray Klein, ancien médecin, purge sa peine, en travaillant à l’infirmerie. Alors que sa libération approche, une émeute éclate dans la prison. Au milieu du chaos et de l’anarchie, Ray, qui est tombé amoureux de Juliette Devlin, psychiatre judiciaire, va tout mettre en œuvre pour la sauver alors qu’elle est séquestrée avec ses patients dans l’infirmerie.

Avec ce huis clos impitoyable peuplé de figures effrayantes, depuis John Campbell Hobbes, directeur de prison jusqu’à Henry Abbott, meurtrier schizophrène, Tim Willocks nous offre un portrait terrifiant de la vie carcérale. Il nous donne surtout un thriller prodigieux, au rythme haletant et au suspens oppressant.

il y a 50 ans, Charles Mingus

Orange Was the Color Of Her Dress, then Blue Silk

"In April 1964 Mingus went to Europe with one of his greatest bands featuring Eric Dolphy on alto sax, bass clarinet and flute, Johnny Coles on trumpet, Clifford Jordan on tenor sax, Jaki Byard on piano and Dannie Richmond on drums. Part of the repertoire was first "rehearsed" in front of the Town Hall audience in New York before the band left the United States to play their first concert in Amsterdam's Concertgebouw. After a week of touring the sextet was suddenly reduced to quintet when Coles collapsed on stage during the performance of 'So Long Eric' on April 17 in Paris" Discography

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Images  Vidéos

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Blue est arrivée le 15 avril, elle prend possession des lieux : que faire d'un tel instinct de propriété ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Charles Mingus Cat Toilet Training Program anti-journal 1988 > 11 mai 2014

l'an dernier j'ai planté une tête de carotte, elle a monté en graine, et le vent l'a semée, voilà voilà

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929

Colombian women against violence Todos Somos Geckos 4 février 2009

Interview Alejandra Miller Restrepo, Cauca regional coordinator of Ruta Pacifica de las Mujeres, talks about this thirteen-year-old movement of Colombian women against violence. The group is famous for groundbreaking direct actions joining campesino, black, indigenous and urban women in massive mobilizations or “rutas,” often held in locations controlled by armed groups who target women.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéos

"Orange is the new black : quelle réalité dans les prisons pour femmes ?" focuSur 31 mar 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéos

« L'évolution de la production d'images liées aux prisons constitue un élément clé du renforcement de l'institution carcérale en tant qu'élément naturel de notre paysage social. Dès ses premiers développements, le cinéma a toujours fait la part belle à la représentation de la prison. [...] Nous assistons à un afflux constant de film de prison en provenance de Holliwood. » Gina Dent, 'Stranger Inside and Out: Black Subjectivity in the Women-in-Prison Film' 2003, citée par Angela Davis, La prison est-elle obsolète ?

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Extraits

Des hommes pour surveiller des femmes
C’est Amnesty International qui avait tiré la sonnette d’alarme : dans les prisons Californiennes pour femmes, les fouilles par palpation opérées par des hommes vont à l’encontre des droits humains et “constituent une forme de violence envers les femmes”. En effet, ces fouilles impliquent de toucher les parties intimes de ces dames, pouvant amener dans certains cas à des attouchements ou à des abus sexuels.
Par ailleurs, l’organisation pointe du doigt l’emploi de personnel pénitentiaire masculin pour surveiller les femmes incarcérées. Cela donnerait fréquemment lieu à une violation de l’intimité des femmes et à de multiples agressions sexuelles.

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Des mamans comme les autres ?
D’après les statistiques, 70 % des prisonnières ont un ou plusieurs enfants, tandis que 4 à 5 % entrent en prison alors qu’elles sont enceintes. La plupart d’entre elles donnent naissance alors qu’elles sont derrière les barreaux. Cependant, il est inutile de préciser qu’un centre de détention n’est pas le meilleur endroit pour garantir la bonne santé d’une future mère et de son bébé. Les établissements sont très souvent inadaptés, traitant presque indistinctement les détenues enceintes du reste de la population carcérale.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

La réalité est qu’une femme qui est allée en prison est souvent jugée inapte à l’éducation d’un enfant, car incapable de réussir sa propre vie. Ce chérubin élevé par une ratée ne représenterait qu’un poids pour une société américaine glorifiant la réussite. Alors, en Californie, ils ont trouvés la solution : ils obligent leurs prisonnières à être stérilisées. En moins de cinq ans, entre 2006 et 2010, 148 femmes détenues dans deux prisons de l’État de Californie auraient été stérilisées en violation des procédures requises.

« Malgré l'abondance de récits édifiants sur la vie des femmes en prison, il est extrêmement difficile de convaincre - jusqu'aux militants carcéraux eux-mêmes, trop focalisés sur le calvaire des détenus masculins - du rôle central de la question du genre dans la compréhension du châtiment d'État. » Angela Davis, 4. Comment le genre structure le système carcéral p. 79

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Prison Industrial Complex

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 INCITE!

INCITE! is a nation-wide network of radical feminists of color working to end violence against women, gender non-conforming, and trans people of color, and our communities. We support each other through direct action, critical dialogue, and grassroots organizing.

23 avril

d'une double imposture : les histoires du jazz et du cinéma commencent par un viol raciste

voir chez AAJ la discussion

"In 1936 Nick LaRocca reunited the ODJB for a successful tour and more recordings. LaRocca proclaimed that he and his band were the inventors of the now nationally popular swing music. A small few, mostly in England, have taken LaRocca on his word, while a much larger segment of jazz historians have dismissed his biased and self-serving statements. LaRocca may have inadvertently done much damage to his own reputation. Nevertheless, musicologists and jazz historians can rely on the historical record and the evidence and do not have to go on self-serving statements" Source

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

c'est grâce à Al Jolson que l'ODJB, un orchestre blanc (et pas très bon) enregistre en 1917 le premier disque de jazz de l'histoire. Images Sons

le même Al Jolson tient le rôle d'un Minstrel dans le premier film parlant de l'histoire du cinéma, en 1927, The Jazz Singer, ce qui fait de l'histoire du jazz et de celle du cinéma une double imposture

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

dans bribes de jazz

22 avril

un genre de coïncidences

ajout : en imaginant cette rencontre, je ne l'ai pas fait exprès. Au calendrier près, c'est l'anniversaire de Lénine (il aurait 144 ans), et le jour de sortie annoncée de Caliban et la sorcière de Silvia Federici, mais j'ignore si le clin d'œil est volontaire

« La leçon politique à tirer de « Caliban et la sorcière » consiste en ce que le capitalisme, en tant que système économique et social, est nécessairement liée au racisme et au sexisme » Sylviane Dahan

anti-journal 1988 > 11 mai 2014anti-journal 1988 > 11 mai 2014 « Le temps passé avec un chat n'est jamais perdu » Colette

poèmes 2014

« On voit ainsi que les hommes ont beaucoup plus de temps à perdre que les chats, et on comprend pourquoi ils aiment à inventer toutes ces sottises pour tromper leur ennui.» Natsume Soseki Je suis un chat 1905

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

New Blue

Qu'à vos yeux plaise
adieu l'ascèse
mètres anciens maîtres envieux
adieu mesure adieu synthèse

allons sans ciel
ailes sans zèle
à l'essentiel
elles et nous

bonjour voyelles
ave voyou
chantez youyous

you best regards
bleus par hasards
new Blue thank you

FoSoBo 22 avril 2014 18:34

lectures pour tous

Mizar au zénith Monk's Mood Un chat roux tourne rue Lespagnol Blue Walk Un homme en blanc poursuit son ombre Cité Aubry Just a Gigolo par les pavés d'où sourd l'eau Villa Riberolle Who knows Un arbre baise la pierre à la faucille et au marteau I should care Du linge aligné pend aux fenêtres rue Lignier Skippy Haut le mur rue de la Réunion en haut Evidence Le Chien des Baskerville fait pipi à l'angle des Pyrénées et de la rue de Bagnolet Brilliant Corners Un escalier conduit à Stendahl Nutty Rue Renouvier Reflections on the bridge La lune se penche aux lucarnes de ton cimetière rue des Rondeaux Roundlights qui est dedans ? Worry later Square Champlein Coming on the Hudson Boulevard Ménilmontant Straight no Chaser la Grand'Porte du Père Lachaise dessine un phallus planté en terre We see Rue du Repos m'attend le chat roux : Round Midnight Jazz et poésie 1999

« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. » Albert Schweitzer

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Black Cat Blues

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la guerre et la paix, théorie et pratique

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Blue

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Ginsberg

“I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked,
dragging themselves through the negro streets at dawn looking for an angry fix,
angelheaded hipsters burning for the ancient heavenly connection to the starry dynamo in the machinery of night,
who poverty and tatters and hollow-eyed and high sat up smoking in the supernatural darkness of cold-water flats floating across the tops of cities contemplating jazz”
Howl
Allec Ginsberg 1956

J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus,
se traînant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre,
initiés à tête d’ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,
qui pauvreté et haillons et oeil creux et défoncés restèrent debout en fumant dans l’obscurité surnaturelle des chambres bon marché flottant par-dessus le sommet des villes en contemplant du jazz
[
suite]

« Cats - Folks who play jazz music. I used to partake in late-night jam sessions with the "cats" over at Sid's » Jazz Slang Dictionnary

l'avis de la baronne : « Nica had a large number of cats (306) living with her; the jazzmen were always “cats” to her; cats suffer the office boy’s wrath in Miriam’s explanation of prejudice; cats are prostitutes, hence cat-house, hence the musicians who play there are also cats » Pannonica : Nica Rothschild, Thelonius Monk and the Birth of Bebop, the Jewish Daily 18 novembre 2009

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 video

Nougaro Le chat

Dogs vs. Cats: Album Cover Edition, une incroyable collection

Everybody Wants To Be A Cat

talking cat jazz cat, improvisation

21 avril

prison-travail-population... femmes

La question du droit du travail en prison devant la justice BFMtv 23 janvier 2014

La cour d'appel de Paris examine jeudi le cas d'une ex-détenue sanctionnée pour faute dans le cadre de son travail en milieu carcéral, alors que le droit du travail ne s'applique pas en prison.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 prison de Rennes 2009

Les détenus sont-ils des travailleurs comme les autres? En droit français, non: ils ne disposent pas de contrat de travail, et ne sont par conséquent pas assujettis au droit du travail. Mais en février 2013, le conseil des prud'hommes a donné raison à une détenue, qui dénonçait l'abus d'une sanction infligée par son employeur.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 les Baumettes 2008

Le droit du travail entre en prison Le Point 8 février 2013
Fabien Arakélian, l'avocat d'une détenue, s'est réjoui d'une "décision révolutionnaire" pour les droits sociaux des travailleurs en prison

un droit à l'exploitation carcérale à rapprocher des considérations d'Angela Davis sur le système carcéro-industriel

« La notion de complexe carcéro-industriel privilégie une analyse du processus de châtiment tenant compte des structures économiques et politiques et des idéologies qui l’entourent, par rapport à une focalisation myope sur les comportements criminels individuels et sur les démarches visant seulement à "inverser la courbe de la criminalité" », sur les bénéfices tirés par les complexes militaro-industriel et carcéro-industriel « des processus de destruction sociale », sur les privatisations « le modèle de privatisation est en passe de devenir le premier mode de gestion du châtiment dans de nombreux pays ».

Travail en prison: le détenu n'est pas un salarié comme un autre HuffPost 20 mars 2014

Cette manière de poser le problème est piégée. La population incarcérée devient un enjeu de profits articulant police et travail dans le meilleur des mondes possibles

alors que la population carcérale était relativement stable en France dans la seconde moitié du siècle dernier, elle augmente fortement depuis quelques années

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

entre 2002 et 2008, c'est le nombre de condamnés qui occasionne l'essentiel de la hausse, avec une augmentation de 45% contre 6% pour les détenus en détention provisoire. La surpopulation est estimée à 20%

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Insee source

le goulag de Poutine PageDeSuie 24 septembre 2013

Dans une lettre ouverte publiée par le Guardian, Nadezhda Tolokonnikova, une des Pussy Riot, condamnée l’année passée à deux ans de travaux forcés pour "hooliganisme et blasphème", décrit ses conditions de détention au camp de travail pour femmes en Mordovie, le tableau qu’elle en dresse nous fait penser aux descriptions de ce qu’étaient les goulags du petit père des peuples…

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 La t° "moyenne" en janvier est de -11° en Mordovie et pas d’autres vêtements que… ça! Et une petite veste en coton…

« Ma brigade travaille dans l’atelier entre 16 à 17 heures par jour. De 7 h 30 du matin jusqu’à minuit et demi. Au mieux, nous dormons quatre heures par nuit. Nous avons une journée de repos tous les mois et demi  [...] Rêvant seulement de dormir et de boire une gorgée de thé, la prisonnière exténuée et sale devient du mastic dans les mains de l’administration, qui nous voit seulement comme de la main d’œuvre gratuite. En juin 2013, mon salaire fut de 29 (29 !) roubles (0,67 €) par mois. Notre brigade coud 150 uniformes de police par jour. Où va l’argent qu’ils récoltent avec ? »

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

Afro-American Work Songs in a Texas Prison - 1/2 2/2

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 autres vidéos

« Les nouveaux capitalistes du Sud, en Géorgie et ailleurs, se sont servis de l'État pour recruter et mater une main-d'œuvre de condamnés, ce qui leur a permis de faire fructifier les ressources de leur État sans devoir recourir à une main-d'œuvre salariée et sans diminuer la mainmise des planteurs sur les travailleurs noirs. En fait, ce fut tout le contraire : le système pénal servait de sanction toute puissante contre les Noirs ruraux qui remettaient en cause l'ordre racial sur lequel s'appuyait le contrôle de la main-d'œuvre agricole» Alex Lichtenstein, Twice the Work of FreeLabor: The Political Economy of Convict Labor in the New South, 1996, cité par Angela Davis, La prison est-elle obsolète ? p. 40 (voir ce livre plus bas, 5 avril)

« Si le stock de prisonniers diminue, ou si trop de personnes condamnées bénéficient de réductions de peines, les profits de cette entreprise sont menacés. [...] L'allongement de la durée des peines de prison augmente les profits, mais plus généralement le motif lucratif pousse à développer l'emprisonnement. » Mary Ellen Curtin, Black Prisoners and Their World, Alabama, 1865-1900, University Press of Virginia, 2000, citée par Angela Davis, p. 44, qui ajoute :

« La prépondérance de la prison en tant que principale forme de châtiment, avec ses dimensions racistes et sexistes, pose cette continuité historique entre l'ancien système de louage et l'économie carcérale privatisée d'aujourd'hui. Alors que le louage a été aboli, ses structures d'exploitation sont réapparues dans les schémas de privatisation et, plus généralement, dans la vaste marchandisation du châtiment auprès des sociétés privées, ce qui a permis l'avènement du complexe carcéro-industriel. Si la prison continue de dominer le paysage punitif au cours de ce siècle [20è] et du prochain, quel avenir attend les futures générations appauvries d'Afro-Américains, de Latinos, d'Amérindiens et d'Asiatico-Américains ? Compte tenu des parallèles avérés entre la prison et l'esclavage, on peut se demander à quoi ressemblerait le monde d'aujourd'hui si l'esclavage ou son successeur, le louage carcéral, n'avaient pas été abolis.

Certes, je suis loin d'affirmer que l'abolition de l'esclavage et du louage des condamnés a ouvert une ère d'égalité et de justice. Au contraire, le racisme continue à définir sournoisement les structures économiques et sociales par des moyens difficilement identifiables et donc d'autant plus nuisibles. Dans certains Etats, par exemple, plus d'un tiers des hommes noirs sont fichés comme criminels...»

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anti-journal 1988 > 11 mai 2014 song vidéo

One of the legacies of chain gangs are prison work songs. These songs were often the precursors of what we have come to know as the “blues.” One of the most famous of these prison work songs is “Long John.” This song and many others were recorded by ethnomusicologists John and Alan Lomax.

Leader :
1. It’s a long John,
He’s a long gone,
Like a turkey through the corn,
Through the long corn.

2. Well, my John said,
In the ten chap ten,
"If a man die,
He will live again."
Well, they crucified Jesus
And they nailed him to the cross;
Sister Mary cried,
“My child is lost!”

Chorus:
Well, long John,
He’s long gone,
He’s long gone.
Mister John, John,
Old Big-eye John,
Oh, John, John,
It’s a long John.

[suite]

l'épopée des musiques noires Mémoires du jazz (1ère partie) podcast RFI 26mn

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Dans l'histoire du jazz afro-américain, il y a les grandes figures universelles, Duke Ellington, Count Basie, Miles Davis, John Coltrane, Charlie Parker ou Dizzy Gillespie, mais il ne faut pas oublier tous ceux qui ont contribué à l'évolution progressive de « L'épopée des musiques noires ».

Souvent virtuoses, ces musiciens n'ont pas connu la renommée internationale de leurs mentors, mais ont épousé la destinée des icônes d'antan. Ces hommes de l'ombre, qu'on appelait injustement « Sidemen » ou « Accompagnateurs », ont vécu de près l'aventure musicale des géants d'autrefois. Ces artisans du swing ont, discrètement et humblement, participé aux révolutions culturelles de la grande Amérique, et observé de l'intérieur les soubresauts de la communauté noire.

Bien qu'ils furent souvent considérés comme des « seconds couteaux » (ce qui est somme toute, fort contestable), leurs souvenirs entretiennent notre connaissance et notre compréhension d'une époque lointaine. Leur mémoire vive nous transporte dans un passé que nous n'avons pas connu, et dont ils sont les garants face aux historiens. Comment aurions-nous découvert les petites histoires ou anecdotes des jazzmen entre eux, sans le témoignage des vétérans ?

Nous avons trop souvent tendance à ne retenir que les heures glorieuses et quelques chapitres éminents de l'histoire du jazz, mais le quotidien des musiciens, qu'ils soient connus ou non, était chaque jour une épreuve à une époque où la ségrégation raciale était la norme sociale. La condition des Noirs aux États-Unis dans les années 30, 40, 50 était effroyable. Alors que les musiciens donnaient l'illusion d'être heureux sur scène, ils étaient résignés dans les coulisses. Ce perpétuel effort de dissimulation psychologique eut un impact désastreux sur le bien-être et l'épanouissement de tous ces brillants jazzmen afro-américains. Leur humilité n'était-elle pas le fruit de cette oppression qui les enfermait dans une prison mentale où affirmer son existence était un délit ? [...]

une émission qui rejoint le souci qui a été le mien dans mes histoires du jazz, avec la place accordée à ses protagonistes en musiques comme en paroles. Malheureusement, il m'a semblé entendre surtout des maîtres bien connus, plus que les «seconds couteaux» que l'émission se propose d'honorer

20 avril

bribes de jazz : une rubrique pour regrouper mes interventions actuelles

Jazz, cerveau et créativité Creativity and the Brain: What We Can Learn From Jazz Musicians Mind Shift 11 avril

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Your Brain on Jazz: Visualizing Creativity [Video] Scientific American 28 avril 2011
The riffs from this form of improvisational music may provide a window into the brain's creative processes

All Jazzed Up: Looking For A Jazz Center Within The Folds Of The Brain AAJ 3 janvier 2011

All About Jazz : pas du tout tout

A vulgar racism in jazz education ?   la question de la 'race' (noire en l'occurrence) semble si sensible au USA que même en discuter sur un forum de jazz est difficile, et quoi qu'il en soit attire peu de commentaires des amateurs, comme tout ce qui s'éloigne des dernières ventes, de la bidouille théorico-instrumentale, et des games en tous genres

Thoughs about Maj 6/9   intervention forum AllAboutJazz

Jef Gilson : « le secret le mieux gardé du jazz » Nouvel Obs 18 avril

Pour le Record Store Day, le label Jazzman édite un coffret anthologique de l'œuvre de Jef Gilson

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

En cinquante ans de carrière, Jef Gilson aura porté toutes les casquettes jazzistiques possibles, conjugué son jazz à toutes les modes : be bop, modal, oriental, free, afro, spiritual, blues… revisitant ses propres thèmes à toutes les sauces au gré de ses différents orchestres.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Valiha Ny Dada Autres

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vidéos / images /

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voir aussi Free-Jazz en France 1960-1975

Jef Gilson avait également développé un concept original de l'harmonie et de l'improvisation fondé sur des empilements ou séries de tierces majeures ou mineures (accords et modes - l'harmonie du jazz 1981 Palm). Il l'enseignait au CIM, école de jazz; une adaptation à la guitare en avait été faite en collaboration avec Pierre Cullaz

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

19 avril

Commun : oui mais quelle révolution ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 une lecture

Qu'est-ce que le commun ? vidéo Christian Laval 2012

« Partout dans le monde, des mouvements contestent l'appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun.
Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s'impose aujourd'hui comme le terme central de l'alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l'écologie politique par la revendication des « communs » contre les nouvelles formes d'appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.

Cette émergence du commun dans l'action appelle un travail de clarification dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu'ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques : bien suprême de la cité, universalité d'essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n'est pas la fin poursuivie par la création divine. Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l'essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l'activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l'usage commun, produire les règles capables d'obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.»

Introduction. Le commun, un principe politique
La tragédie du non-commun
L’émergence stratégique du commun

1. Archéologie du commun
La co-activité comme fondement de l’obligation politique
Le commun, entre l’étatique et le théologique
La réification du commun
Le commun, entre le vulgaire et l’universel
Commun et praxis

I / L’émergence du commun
2. L’hypothèque communiste, ou le communisme contre le commun

Le communisme de la « communauté de vie »
Le communisme de l’« association des producteurs »
Le communisme d’État, ou la capture bureaucratique du commun
L’État-Parti, instrument d’imposition de la logique productiviste
Le commun de la démocratie contre le commun étatique de production
Libérer le commun de sa capture par l’État

3. La grande appropriation et le retour des « communs »
La nouvelle « enclosure » du monde
Le paradigme de l’« enclosure des communs »
Un renouveau des luttes contre le néolibéralisme
Droit de propriété et concurrence par l’innovation
La revendication des communs contre la « propriété intellectuelle
Le « grand récit » de l’expropriation des communs
L’impérialisme comme exacerbation de la violence capitaliste
La « dépossession » comme mode d’accumulation typique du capitalisme financier
Les limites du paradigme de l’« enclosure des communs »

4. Critique de l’économie politique des communs
« Biens privés » et « biens publics »
La découverte des « biens communs
Le débat autour de la « tragédie des communs »
L’institution au coeur des communs
Le « cadre analytique » des communs
Limites de l’analyse institutionnelle des communs
D’un commun, l’autre
La connaissance est-elle naturellement commune ?
« Les bases constitutionnelles » des communs de la connaissance
Une nouvelle éthique généralisable ?
« Libre » et « commun »
L’illusion du « communisme technologique »
Les « communs de la connaissance » vus depuis le capital

5. Commun, rente et capital 
Définir le commun
Capitalisme cognitif, rente et vol
Proudhon : le commun comme force sociale spontanée
Marx : la production historique du commun par le capital
Commun du capital et commun ouvrier
Sortir des deux modèles

II / Droit et institution du commun
6. Le droit de propriété et l’inappropriable

L’activité de « mettre en commun » (koinônein) comme institution du commun (koinôn) « L’illusion de la propriété collective archaïque »
L’avènement de l’individualisme propriétaire
La «summa divisio » (« division suprême ») : droit public et droit privé
Le domaine public, la propriété de l’État et la «res nullius »
Usage et administration de l’indisponible
Primauté des pratiques créatrices de droit sur l’État
Le commun de l’« être-en-commun » et le commun de l’« agir commun »

7. Droit du commun et « droit commun »
Un mythe national : la « continuité organique » de la Common Law 
Une référence fondatrice : la Magna Carta 
La Magna Carta : un document en attente d’accomplissement ?
Coutume, commun, Common Law 
La « guerre de la forêt » et le Black Act (1723)
La coutume comme lieu d’un conflit

8. Le « droit coutumier de la pauvreté »
Une « loi » contraire au « droit rationnel »
« Coutumes de la pauvreté » contre « coutumes des privilégiés »
Quel fondement juridique pour les coutumes de la pauvreté ?
« Pauvreté physique » et « pauvreté humaine »
L’« instinct juridique » des pauvres
L’« activité » comme fondement du droit des pauvres
L’hétérogénéité irréductible des coutumes de la pauvreté
Le communisme des pauvres, obstacle au progrès ?

9. Le commun des ouvriers : entre coutume et institution
Coutumes et créations institutionnelles
L’institution de la force collective
La « constitution sociale »
Le fédéralisme comme organisation sociale et politique
Le « droit prolétarien »
La coopération socialiste de Mauss et de Jaurès
Transformer les hommes en transformant les pratiques sociales
Que reste-t-il du commun des ouvriers ?

10. La praxis instituante
La réduction sociologique de l’institution à l’institué
Institution, souveraineté, autorité
Institution et pouvoir constituant
Pouvoir instituant et imaginaire social
Praxis et création
La praxis instituante
La praxis comme co-institution des règles

III / Propositions politiques
Proposition politique 1. Il faut construire une politique du commun
Proposition politique 2. Il faut opposer le droit d’usage à la propriété
Proposition politique 3. Le commun est un principe de libération du travail
Proposition politique 4. Il faut construire l’entreprise commune
Proposition politique 5. L’association dans l’économie doit préparer la société du commun
Proposition politique 6. Le commun doit fonder la démocratie sociale
Proposition politique 7. Les services publics doivent devenir des institutions du commun
Proposition politique 8. Il faut instituer les communs mondiaux
Proposition politique 9. Il faut instituer une fédération des communs

Post-scriptum sur la révolution au XXIe siècle
Retrouver la grandeur de l’idée de « révolution »
La révolution comme « auto-institution de la société »
Instituer l’inappropriable

Index des principaux noms.

à lire, non sans de sérieuses réticences concernant les « neuf propositions politiques » des auteurs, compte tenu de leur parcours dans le démocratisme radical. Comme si la montagne accouchait d'une souris... pour l'écraser sous ses institutions sociétales mondialistes

dans commun(s), sortir du capitalisme : un éventail

en relation Toni Negri - Séminaire sur le Commun Paris 28 Novembre 2012

Contribuer à frayer de nouvelles voies à la pensée sociale et politique, telle est l'ambition du séminaire « Du public au commun » qui se tiendra en 2010-2013 à Paris.

Le défi n'est pas mince. La logique néolibérale de privatisation et de concurrence s'est épanouie sur les ruines du « socialisme » et du « communisme » dans leurs expressions historiques étatiques. Qu'il ait été dicté par la résignation ou par le calcul, le consentement à cette logique a conduit à la destruction de toute opposition consistante. Lui opposer les morceaux dépareillés des « systèmes » idéologiques et théoriques anciens relèverait d'une impasse historique. En particulier, il serait stérile de s'enfermer dans une posture de « défense des services publics » qui condamnerait à camper sur une position purement défensive. La crise actuelle du système capitaliste nous impose d'ouvrir une alternative qui soit à la hauteur de ses enjeux et qui permette à la gauche de reprendre l'offensive sur le terrain des idées.

Nous sommes convoqués à penser autrement l'avenir, à penser avec de nouveaux concepts. Le « commun » n'est pas un spectre, il est une idée neuve. Le terme n'est pas un slogan simplificateur et commode, il désigne bien plutôt un espace de problèmes, il n'est pas une réponse, mais un champ de questionnement. Il veut dire tout à la fois un refus et une intention.

Un refus : nous ne sommes pas condamnés à l'alternative du Marché et de l'État, du privé et du public, pour penser l'organisation des sociétés. Cette opposition qui structure la « pensée dominante » est celle des alternances politiques et des luttes pour le pouvoir, non celle des processus réels de création et de production, des pratiques de lutte, des objectifs de transformation que le mouvement social est en mesure de se donner aujourd'hui. Elle s'épuise d'avoir trop souvent servi à justifier la défense des prérogatives de l'administration bureaucratique. Elle est de plus artificielle : l'Etat lui-même est en train de se transformer en entreprise selon les canons de la gouvernance du corporate state. Elle est enfin largement réductrice au regard de l'histoire entière du mouvement ouvrier : de l'association à l'autogestion en passant par les conseils ouvriers, ce mouvement a bien souvent porté le refus de l'opposition du Marché et de l'État.

Une intention : la magie des mots ne sera d'aucun recours. Construire le concept de « commun » suppose pour nous de se déprendre d'une conception métaphysique pour le concevoir comme une production, de revenir à l'histoire des « commons » et de clarifier les discussions théoriques auxquelles ils ont donné lieu, d'examiner rigoureusement les pratiques réelles de co-production et de coopération dans de multiples champs, de considérer avec soin les implications et traductions sociales, politiques et juridiques du « commun » en termes de droits collectifs, de penser ce que peuvent être les normes et les modes de subjectivation qui relèveraient de ce « commun », de comprendre ce que pourrait être le passage du public au commun à partir de la production de nouvelles normes, et donc d'affronter la question de l'institution du commun.

'Élégie marxiste : Althusser et la « coupure » dans Marx' Peter Sloterdijk, Critique de la raison cynique 1983 (un résumé). Christian Bourgois

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

quelques pages lumineuses à propos de Marx, Stirner, Bakounine, et Althusser, pages 126 à 135 recopiées ici, en relation avec la critique du courant communisateur, non pour ce qu'il hériterait d'Althusser, mais de Marx lui-même

ce texte éclaire une certaine manière de polémique théorique en révélant, via Althusser, une autre «coupure» dans la façon dont Marx et Engels, « en détruisant l'illusion stirnérienne, détruisent plus que l'adversaire - ils se détruisent eux-même en lui. » On peut paraphraser cet avis en considérant qu'en détruisant les "illusions" chez nombre de ses adversaires théoriques, Roland Simon et Théorie Communiste se sont détruits en eux

« Là où Stirner conduisait dans l'arène publique son moi rebelle et fanfaron, le marxisme a produit un révolutionnaire qui s'utilise lui-même comme moyen dans le processus historique avec le sentiment d'une suprême finesse et d'un réalisme subtil. Du corps à corps avec le faux unique de Stirner naît, dans la théorie marxiste, le point de départ d'un faux «personne», ce révolutionnaire qui sera lui-même réduit à un instrument, pour ainsi dire acharné, du fétiche nommé révolution. Voilà la coupure qu'Althusser a révélée dans l'œuvre de Marx après l'Idéologie allemande. Très tôt, au plus tard depuis sa polémique contre Stirner, surgit dans la pensée de Marx une tendance à s'attacher lui-même, quasiment dans l'attitude d'un jésuite de la révolution, au processus de l'évolution historique, qu'il croit pouvoir aussi bien connaître que dominer. La théorie marxiste espère accéder à la domination posant le sujet de la théorie comme fonction de l'évolution. Elle croit pouvoir parvenir à dominer l'histoire par auto-réification. En se faisant l'instrument du prétendu avenir, elle pense pouvoir faire de l'avenir son propre instrument.»

la manière dont RS détruit ses 'adversaires' en théorie relève sur la question de la subjectivité d'un fonctionnement comparable à celui de Marx  : « chez Stirner, ainsi que chez d'autres représentants de la critique et de «La Sainte Famille», Marx a découvert quelque chose qui agissait aussi chez lui, mais dont il lui fallait cependant nier le droit à l'existence pour devenir ce Marx »

« Or, au moins à deux reprise, Marx a marché sur des cadavres d'une façon qui autorise à émettre des doutes quant à sa prétention professorale et à son réalisme. Je vois en Max Stirner et en Bakounine les adversaires les plus intimes de Marx, parce qu'ils étaient de ces théoriciens qu'il ne pouvait pas tout simplement surclasser mais qu'il lui fallait, pour les neutraliser, littéralement anéantir par sa critique.

Tous les deux ne représentent rien d'autre que des alternatives logiques et stratégiques aux solutions marxistes; Stirner, manière et possibilité de briser «en privé» l'aliénation; Bakounine, manière et possibilité de trouver le chemin de la future «société non aliénée». tous les deux, Marx les a critiqués à outrance avec une haine rappelant une vraie vivisection. Oeuvre posthume la célèbre Idéologie allemande est, en grande partie, une attaque contre Stirner; Marx et Engels l'ont menée avec une verve comme jamais à l'égard d'un seul penseur et l'anéantissement de Bakounine a été pour Marx une affaire s'étendant sur de longues années. La haine que Marx leur vouait, sa raillerie et son mépris sans borne, témoignent d'une énergie que l'on ne saurait expliquer, loin de là, par son tempérament et par son sentiment de rivalité. Les deux penseurs lui révélaient les frontières systématiques inhérentes à son propre point de départ - des expériences qu'il ne pouvait ni intégrer ni simplement négliger. Ici, des réflexions élémentaires et irréfutables entraient en jeu : dans le projet de Marx il n'y avait pas de place pour elles et il ne devait pas y en avoir. Plus encore : chez Stirner, ainsi que chez d'autres représentants de la critique et de «La Sainte Famille», Marx a découvert quelque chose qui agissait aussi chez lui, mais dont il lui fallait cependant nier le droit à l'existence pour devenir ce Marx. Avec sa moitié droite, avec son côté «réaliste», son côté homme d'État, son côté Realpolitik et Grande Théorie, il étouffait son côté gauche, le côté rebelle, vital, simplement «criticiste» qu'il reconnaissait chez les autres comme «position pour soi». En anéantissant Stirner et Bakounine par sa critique, Marx est passé en quelque sorte sur son propre cadavre, sur la partie concrète, existentielle, en dernière analyse, «féminine» de son intelligence. Avec cette partie, il s'était encore révolté de façon critique contre Hegel, dans un esprit réaliste et concret; à présent, sur le mode de penser des maîtres, il affronte ce côté dans son unilatéralité. »

18 avril

dans l'air du temps

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 look inside

“In neo-classical economic theory, it is claimed without evidence that people are basically self-seeking, that they want above all the satisfaction of their material desires: what economists call "maximising utility". The ultimate objective of mankind is economic growth, and that is maximized only through raw, and lightly regulated, competition. If the rewards of this system are spread unevenly, that is a necessary price. Others on the planet are to be regarded as either customers, competitors or factors of production. Effects upon the planet itself are mere "externalities" to the model, with no reckoning of the cost - at least for now. Nowhere in this analysis appears factors such as human cooperation, love, trust, compassion or hatred, curiosity or beauty. Nowhere appears the concept of meaning. What cannot be measured is ignored. But the trouble is that once our basic needs for shelter and food have been met, these factors may be the most important of all.”

“Life is about means not ends. There is no utopia to be gained, there is no end-state that is static and eternal, once accomplished. This was one of the great lies of communism. Likewise, capitalism offers the great deception that thanks to its machinations everyone will be richer in the future, thus justifying gross inequality and humiliation today.”

le commun capitalisé

« Les pensées de la classe dominante sont aussi les pensées dominantes de chaque époque, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose du même coup des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l'un dans l'autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les pensées dominantes ne sont autre chose que l'expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d'idées, donc l'expression des rapports qui font d'une classe la classe dominante; autrement dit ce sont les idées de sa domination.» Marx Engels, L'Idéologie Allemande

une idée dans l'air du temps ne saurait avoir un sens univoque. Les communs ne sont pas par essence communistes, et dans l'idéologie dominante du capital celui-ci en empare les masses d'une force matérielle, autrement dit marchande

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 êtes-vous prêts ? anti-journal 1988 > 11 mai 2014

après l'autogestion de l'exploitation celle de l'échange de valeurs

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Can the Commons compete with the for-profit economy?

Rien ne se perd, tout se partage! Le nouveau modèle économique du "collaboratif" Le Parisien 18 avril

Les grandes marques ont bien compris qu'elles avaient intérêt à prendre le train en marche. La chaîne de magasins de sports Décathlon a par exemple lancé le site Trocathlon, pour revendre ou racheter du matériel d'occasion. Le géant du bricolage Castorama a aussi créé Les Troc'heures, une plateforme d'échange d'heures de bricolage entre particuliers.
Pour Anne-Sophie Novel, le "collaboratif" ne va plus se limiter aux particuliers mais "de plus en plus toucher les entreprises et l'économie au sens large".
Le groupe de grande distribution Auchan a par exemple annoncé la commercialisation début 2014 des premiers produits conçus par ses clients, auparavant soumis au vote des internautes. Une nouvelle conception du commerce, qui part du principe que les meilleures idées sont "dans la tête des clients"

il n'empêche, ce qui change en profondeur à une époque donnée d'une société est un indice de ce qui structure ses bouleversements ultérieurs. C'est aussi sur la base existante d'échanges immédiats de valeurs que pourront être abolis la valeur et l'échange marchand

regonflé ?

En quête de popularité, Hollande visite l'usine Michelin de Clermont Le Figaro 18 avril

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 autoréparable ? anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la véritable raison d'une visite : comment dégonfler le déficit, boucher le trou à son insu, rester actif et servir plusieurs fois ?

Michelin va bientôt lancer son pneu «autoréparable» Les Échos 18 avril

Increvable mais vrai : le pneu à plat devrait prochainement n’être qu’un mauvais souvenir. Michelin prépare activement le lancement d’un nouveau procédé, une sorte de membrane plaquée à l’intérieur d’un pneu de voiture qui, en cas de crevaison, viendra automatiquement boucher le trou, même à l’insu du conducteur. Mieux, le produit restera actif et pourra ainsi servir plusieurs fois, si le même pneu venait à rencontrer plusieurs fois clous ou agrafes sur sa route

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Michelin va fermer deux usines en Colombie Le Monde 12 juin 2013

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Cent ans sans solitude

« On ne meurt pas quand on veut, mais seulement quand on peut »

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la littérature un temps coco erra

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

« Un chien couleur de cendre, une lune blanche au front, fit irruption dans les venelles du marché le premier dimanche de décembre, culbuta les éventaires de fritures, renversa les étals des Indiens et les échoppes de la loterie, et dans sa course mordit quatre personnes qui tentaient de lui barrer le chemin. Trois étaient des esclaves noirs, l'autre Sierva María de Todos los Ángeles, fille unique du marquis de Casalduero, venue avec une servante mulâtre acheter une ribambelle de grelots pour la fête d'anniversaire de ses douze ans.
Elles avaient reçu pour instruction de ne pas franchir la Porte des Marchands, mais la servante s'aventura jusqu'au pont-levis du faubourg de Getsemaní, attirée par la cohue du port négrier où l'on vendait à l'encan une cargaison d'esclaves de Guinée. Pendant une semaine, on avait attendu avec inquiétude un bateau de la Compagnie négrière de Cadix, car une inexplicable maladie mortelle s'était déclarée à son bord. Afin de l'occulter, on avait jeté les cadavres à la mer sans les lester. La houle les ramena à la surface et on les retrouva un matin échoués sur la plage, gonflés et défigurés, avec une curieuse coloration violine. Le navire fut ancré hors de la baie par crainte de quelque fulgurante épidémie africaine, puis la preuve fut faite qu'il s'agissait d'un empoisonnement par ingestion de provendes avariées.» De l'amour et autres démons 

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Lampedusa

Jazz au Trésor : Johnny Carisi "The Music of Johnny Carisi - Israel" France Musique Alex Duthil 14 Avril

Chez Fresh Sound, réédition de la musique composée et arrangée par Johnny Carisi entre 1949 et 1961

écouter-voir le sujet complet CARISI John, argt

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Israël anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Miles Davis 1949

en relation l'arrangement de jazz, avec l'oubli ? / Miles Davis 'The Birth of the Cool' avant son nom 

16 avril

The Communist Hypothesis and Revolutionary Capitalisms

Exploring the Idea of Communist Geographies for the Twenty-First Century Erik Swyngedouw 2010 Noel Castree, Paul Chatterton, Nik Heynen, Wendy Larner and Melissa W. Wright

This essay starts from the presumption that “the communist hypothesis” is still a good one, but argues that the idea of communism requires urgent re-thinking in light of both the “obscure” disaster of twentieth century really existing socialism and the specific conditions of twenty-first century capitalism. I explore the contours of the communist hypothesis, chart the characteristics of the revolutionary capitalism of the twenty-first century and consider how our present predicament relates to the urgency of rethinking and reviving the communist hypothesis. Throughout, I tentatively suggest a number of avenues that require urgent intellectual and theoretical attention and interrogate the present condition in light of the possibilities for creating communist geographies for the twenty-first century

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Nature and its more recent derivatives, like ‘environment’ or ‘sustainability’, are ‘empty’ signifiers. There is no such thing as a singular Nature around which an environmental policy or an environmentally sensitive planning/architecture can be constructed and performed. Rather, there are a multitude of natures and a multitude of existing, possible or practical socio-natural relations. The obsession with a singular Nature that requires ‘sustaining’ or, at least, ‘managing’, is sustained by a particular ‘quilting’ of Nature that forecloses asking political questions about immediately and really possible alternative socio-natural arrangements. I conclude with a call for a politicization of the environment, one that is predicated upon the recognition of the indeterminacy of nature, the constitutive split of the people, the unconditional democratic demand of political equality, and the real possibility for the inauguration of different possible public socio-ecological futures that express the democratic presumptions of freedom and equality.

comment communs ? la vie continue

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

French Touch : comment devenir le beauf de ces dames ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

certains ne sont pas prêts de franchir l'épais du mâle : 'On ne naît pas homme. On le devient. Franchir le pas ?' 

Bien s'habiller : les bases du style et de l'élégance pour homme / Leçons de séduction en accéléré : apprenez à séduire et à exciter les filles / etc.

qui s'étonne de telles considérations sur mon site n'a qu'à les prendre comme conseils aux communisateurs désœuvrés, de moins en moins 'schizophrènes' et disposant de plus en plus de temps pour mener une vie normale

vous avez dit 'insubordination ouvrière' ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 dndf#communisation, la trajectoire continue, c'est pas l'pied, qui va franchir le pas ?

deux textes successivement relayés par dndf#communisation le sont sous le titre 'insubordination ouvrière', le premier repris de l'OCL concernant le secteur de la logistique en Italie, le second à propos d'une usine de chaussures à Guangdong, le label 'insubordination ouvrière' étant surajouté à la dépêche de l'AFP Des dizaines de milliers d'ouvriers chinois en grève

des luttes revendicatives sur le salaire

si ces grèves ne sont pas d'initiative syndicale organisée (et pour causes), elle n'en sont pas moins revendicatives, portant essentiellement sur des questions salariales (retards ou montant, contrats, menaces de délocalisation...), émergeant ici ou là des volontés autogestionnaires (en Italie, pas en Chine)

si les mots ont un sens, celui d'insubordination ouvrière, bien que n'ayant pas encore fait l'objet d'un gros concept (comme grève, revendication, autonomie, autogestion...) n'en a pas moins une histoire, en particulier relativement à 68

ici pas l'insubordination ouvrière ne rêve que de travailler, un rêve qui ne se réalise pas sans le capital

au secours pépétécé, ta communisation fout l'camp

autrement dit, ces conflits alimenteraient plutôt, en tant que 'luttes théoriciennes', le contraire des thèses communisatrices de TC/dndf concernant les luttes aux limites, l'écart, etc.

la connotation militaire du terme insubordination, renvoyant à la relation de travail comme à celle d'une domination par le pouvoir patronal, lui confère un parfum sans doute jugé plus radical, et son utilisation répétée comme la découverte de quelque chose à suivre dans le 'moment présent'... à moins que les camarades ne soient tout simplement paumés, manquant d'imagination pour 'parler de la communisation au présent'...

qualifier une grève d'insubordination ouvrière, n'est-ce pas dans l'ordre d'une régression théorique ? Vrai qu'on n'est plus à ça près chez ces 'camarades', dont aucun n'a jamais mis les pieds en usine

des limites à la théorie et à sa pratique

le nez collé (de loin) sur le prolétariat au sens étroit et ancien de classe ouvrière, qui plus est au sens de la production matérielle en usine, on est bien obligé de constater ce qui en sort, et ce qui n'en sort pas. En l'occurrence, l'anglemort n'a pas mordu le vif, et la fille du théoricien reste sourde

jamais 2 sans 3... boîte de pandore identitaire ?

L'Inde reconnaît l'existence d'un troisième genre Le Monde 15 avril  autres infos english

rencontre du troisième type : what the Matter ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 la transe des sexes ou l'abolition  des genres ?

au pays du viol acceptable, un genre de progrès ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 auféminin.com

En Inde, une femme « condamnée » à un viol collectif Le Monde 23 janvier

« La jeune fille et son amoureux ont été attachés à deux arbres différents et condamnés à une amende de 25 000 roupies chacun pour avoir eu une liaison. Les parents de la jeune fille étaient aussi présents à cette réunion et ont dit être dans l'incapacité de payer, aussi le chef du conseil de village a-t-il ordonné en punition qu'elle soit violée par les habitants. »

Études critiques en improvisation / Critical Studies in Improvisation

Music, Afro Asian Politics and Culture, "Jazz" and a Vision for Revolution: An Evening with Fred Ho 2009 1:32:58

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

with Amiri Baraka Fred Ho’s Tribute to the Black Arts Movement: Personal and Political Impact and Analysis

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 méchante théorie, pratique nue

Google Book

A leading Asian American artist and activist on the explosive intersection of politics and music

For more than three decades, Fred Ho has been a radical artist and activist. As a composer and saxophonist, he is famed for creating music that fuses Asian and African traditions. The influence of the Black Power and Black Arts movements inspired him to become one of the leading radical Asian American activist–artists. Wicked Theory, Naked Practice is a groundbreaking collection of Ho’s writings, speeches, and interviews.

« Fred Ho’s Wicked Theory, Naked Practice is an important work, with critical understanding of the most advanced arts/cultural, political social wave of the last part of the 20th century and the actuality of a new reality and promise for the 21st century, his own errors notwithstanding.» Amiri Baraka

Jazz, Cancer and Revolution, Fred Ho Lives! by Eric Mann counterpunch 14 avril

un grand musicien, un des meilleurs héritiers d'Ellington, Mingus, Coltrane s'en va... toujours aucune info en France sur la disparition de Fred Ho. Pays de M.... ! Fred Ho rejetait l'appellation 'jazz' qu'il considérait péjorative. L'actualité de la musique faite en son nom, particulièrement en France, ne lui donne pas tort. Sans aucun doute un autre commun avec ce qui se fait et s'écrit au nom du 'communisme'

Extraits de la discussion (voir la vidéo 1h:06)

Fred challenged me to be more revolutionary and original and challenged the entire 501 c3 culture, including that of my own organization the Labor/Community Strategy center. Our constant struggles helped to clarify and sharpen my own politics and helped us move to the Fight for the Soul of the Cities frame for our work and our No Cars in L.A. campaign.

But given our great unities we also had significant political differences and Fred was principled and generous in his struggles with me. He organized a discussion between us at the National Black Theater in Harlem June 13, 2013. Quincy Saul a member of Scientific Soul Sessions did a very fair and accurate representation of our views.

Eric Mann: An anti-imperialist, eco-socialist future must be grounded in the actual conditions of daily-life and political struggles of working class oppressed nationality populations. People learn and become radicalized through mass, radical, reform struggles, the struggle with the corporations and the state, and the conscious intervention of organizers as political educators bringing theory, ideology, strategy, and tactics to inform that work. We need to build more of these mass campaigns for radical reforms, and do so as revolutionaries, educating about empire, and consolidating victories, concessions and consciousness toward a revolutionary future.

Fred Ho: We need to reject the entire framework of mass society. The practicalities of struggle within this system are toxic, and will literally give us cancer. The accumulation of reforms does not create revolutionary conditions but take us further away from them. The reform struggle deepens colonization to the matrix of modernity. We need to begin an exodus of revolutionary maroonage, where people pull out of the system altogether through the prefigurative production of a future decolonized society.

Warrior Sisters: A New American Opera écoute
Fred Ho And Ann T. Greene

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 1998/2006 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

video HD Fred Ho's Last Year

14 avril

Fred Ho, Creative Activist and Musician, Dies at 56 New York Times 12 avril dans Jazz musicien-ne-s A... Z

À l'opposé de l'engagement sociale et artistique de Fred Ho, et comme en écho à ma critique du texte espagnol établissant un parallèle entre musique improvisées et communisation (plus bas, 10 avril), quelques mots empruntés à l'excellent livre-site d'Olivier Roueff, Jazz, les échelles du plaisir

Les enjeux de la catégorie de musique improvisée « européenne » (années 1970)
« pour ma part les actes « subversifs » de ce groupe me paraissent bien faibles… procéder d’une esthétique typiquement occidentale. […] Ce sont des divertissements pour intellectuels bourgeois, spectateurs de musique contemporaine » Pierre Croissant
« [c'est] une autre démarche, apparemment parallèle à certaines tentatives de la musique européenne moderne et débarrassée de plusieurs constantes de la musique négro-américaine, la disparition la plus immédiatement perceptible étant bien sûr celle de tout swing – le batteur n’est plus ici qu’un percussionniste [...] "Domaine Musical noir"» [par référence au Domaine Musical de Pierre Boulez, dictateur français de la musique contemporaine aussi opposé au jazz que possible] Philippe Carles

Free New Afrika! Boogaloo

Fred Ho, compositeur, saxophoniste, écrivain et militant radical a composé des opéras 'engagés', suites, oratorios et ballets, mélangeant jazz et éléments traditionnels et populaires dans qu'il appellait la culture africano-asiatique. Il est décédé samedi à son domicile de Brooklyn

"Je suis de la génération du mouvement asiatique-américain du début des années 70 et j'essaie de forger une unité entre les deux grands mouvements sociaux ayant une incidence sur ma vie. La musique appelée « jazz » me parle beaucoup parce qu'elle est sortie de l'expérience d'un peuple opprimé. En même temps, elle parle de la beauté et de la passion de personnes qui, en dépit de leur oppression, affirment leur humanité. »

« Revolutionary art must... inspire a spirit of defiance, or class and national pride to resist domination and backward ideology. Revolutionary art must energize and humanize; not pacify, confuse and desensitize...»

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéos

«I am adamantly against one-dimensional, so called "correct" proscriptive forms that petty bourgeois critics try to label as "political art." I'm also not in favor of the errors of socialist-realist art with its glorified "socialist heroes", but favor imaginative critical realism, a sensuous rendering of the colorful material world. Art can fill us with love, with hope and with revolutionary vision.»

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 vidéo

«Ultimately society must be transformed through the organization of people for socialist revolution. Artists can contribute a critique of capitalist society. This is critical realism: to criticize appearances and obscured social relations ... Artists play key roles in affecting consciousness and can help to transform the working class from a class-in-itself to a class-for-itself.»

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 images

Chords of Revolution Harvard Magazine mai-juin 2005

Artiste sans compromis, Fred Ho est relativement peu connu en France, et sa musique est plutôt décalée par rapport aux goûts esthétiques dans l'air du temps chez les amateurs du jazz formatés idéologiquement par le milieu de sa diffusion hexagonale.

On ne trouve pratiquement aucune information en français sur ce musicien d'exception. Repris d'une traduction française :

« L’œuvre musicale de Fred Ho, ou Fred Houn, saxophoniste compositeur et arrangeur héritant de John Coltrane,  de Duke Ellington, et de la fureur d'un Mingus, traduit une vision du monde américain partagée par les afro-sino-latino américains. Il compose pour son orchestre « The Asian American Art Ensemble », des pièces politiquement et socialement très marquées, très « black power ». Poèmes et textes illustrent sa vision que traduisent clairement les titres d’albums tels que « Tomorrow is now », « Turn pain into power », « We refused to be used and abused ».

Pour l’aborder comme il le mérite, l’anglais s'impose, afin de comprendre les comprendre les Songs Standards, en référence aux improvisations des grands comme Lester  Young, Charlie Parker, Billie Holiday, Coleman Hawkins et autres. Fred récite et chante, sur les situations sociales, raciales aux USA, des poèmes à la lucidité de diamant. Il a écrit des opéras tels que Warrior Sisters, un sur Sun Ra, après avoir rendu hommage aux Black Panthers dans « All power to the people ». Une retrouvaille du jazz des origines, du temps où il portait le vécu afro-américain et allait au-delà du divertissement artificiel où il est confiné aujourd’hui. Il est très significatif que ce soit un américain d’origine chinoise qui fasse sa chose de ces douleurs et peines des afro-américains, avec d’autant plus d’acuité qu’il a subi les préjugés contre les américains d’origine asiatique qui, comme tous les immigrés du nouveau monde, ont fait les USA.

On comprend que la démarche artistique de Fred Ho n’est pas gratuite, qu’elle est repose sur l’histoire tragique de ce pays, dont il est un citoyen en lutte, à la conscience tourmentée à tel point que sa seule échappée est la mise en musique de ce tragique, souvent une sinistre farce.

Fred Ho, un témoin et un peintre.»

13 avril

Moi, Tituba sorcière Maryse Condé 

« Elle n'aime pas le mot métissage, préfère celui de diversités culturelles. Elle n'a pas tord. Pourquoi, vouloir, encore enfermer les gens "différents " dans une seule catégorie. Elle a dit que nous étions tous des artistes, à notre manière. En écriture, en cuisine... J'aime l'idée...
Elle a dit qu'elle s'était libérée, en enlevant d'elle toutes les idées que son éducation lui avait inculqué, comme: "nous les gaulois..."
J'aime cette idée et je pense que l'on peut tous y trouver son chemin. ce n'est pas juste une question de couleur. Comme la chrysalide qui sort d'elle pour naître. Nous devons aussi sortir des idées que nous avons reçu par notre culture pour aller vers d'autres cultures et pour savoir ce que nous voulons véhiculer autour de nous, à nos enfants et vers quels amis nous souhaitons aller afin de construire notre chemin de vie...»
Claudia

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Gallimard 1988

"Fille de l'esclave Abena violée par un marin anglais à bord d'un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts. Son mariage avec John Indien l'entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C'est dans l'atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu'a lieu le célèbre procès des sorcières de Salim en 1692. Tituba est arrêtée, oubliée dans sa prison jusqu'à l'amnistie générale qui survient deux ans plus tard. Là s'arrête l'histoire. Maryse Condé la réhabilite, l'arrache à cet oubli auquel elle avait été condamnée, et, pour finir, la ramène à son pays natal, la Barbade au temps des Nègres marrons et des premières révoltes d'esclaves"

Communauté de communautés : carrefour théorique et renversement de perspective

dans sortir du capitalisme : un éventail

dans le témoignage bolivien d'hier, j'ai inséré deux intertitres pointant deux aspects essentiels des propos théoriques de Julieta Paredes, du collectif Communidad Mujeres Creando, le concept de patriarcat comme synthèse des «oppressions» la race, de la classe, et du sexe, et la visée de la Communauté des communautés

Féminisme communautaire : la nature n’est pas un sein intarissable, entretien avec trois militantes boliviennes de l’association Mujeres Creando Communidad, Adriana Guzmán, América Maceda, Julieta Paredes & PDTG, 8 novembre 2013

mon propos n'est pas de discuter la pertinence théorique de ces positions, par exemple le fait qu'ici le patriarcat est concept englobant en lieu et place du capital chez les marxistes. Ce renversement est discutable, mais compréhensible du point de vue d'une lutte auto-organisée de femmes. À propos de l'intersectionnalité classe-genre-race, je soulignais qu'il convenait d'interroger chaque terme à partir des deux autres, en rotation, si bien qu'à chaque étape, un des termes est le point de vue qui englobe les deux autres, correspondant à la perspective de ceux qui privilégient un ou deux termes sur le troisième. La démarche rend possible de considérer l'ensemble sous l'angle dont le perçoivent ceux qui luttent de leur point de vue 'identitaire' tout en souhaitant le dépasser

des Mujeres Creando, je retiens ici :

- la critique révolutionnaire du genre quand il est isolé des autres dimensions du capital/patriarcat : « on réduit le patriarcat à la seule oppression des hommes sur les femmes, à partir de l’idée que tous les hommes sont pareils et toutes les femmes aussi, masquant les rapports de classe entre femmes, les rapports racistes  entre femmes, les rapports lesbophobes, coloniales et impérialistes entre femmes »

- le sens assigné à cette lutte féministe : « Nous ne voulons pas nous penser par rapport aux hommes, mais nous pensons femmes et hommes en rapport à la communauté »

- le projet de « construire des communautés » comme « alternative à la société individualiste.»

en relation, Mexique : le féminisme occidental est libéral, individualiste Emma Gasco septembre 2013

[voir aussi en quoi cette lutte bolivienne fait rupture avec l'altermondialisme démocratique radical]

la visée positive d'une communauté (humaine) devient première relativement au processus d'abolitions qui constitue le corps des luttes sans le reporter à une rupture mondiale ultérieure

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Livia Alessandrini Tous les chemins mènent à Rome, techniques mixte sur toile 2004

on peut y voir un écho à la thèse de Temps Critiques d'une Révolution à titre humain pour constituer la Communauté humaine 'Gemeinwesen'. Ici cependant, le «titre humain» se concrétise dans les luttes au présent sur la base explicite des classes, des genres, des races, de la terre... et la «révolution à titre humain n'est pas posée en lieu et place de la «révolution à titre prolétarien». « Tout  groupe  humain  peut constituer et construire des communautés»; la lutte de ces communautés concrètes est inscrite dans la visée d'une Communauté des communautés. L'humain n'est pas premier dans la lutte, il est un objectif dans une réconciliation avec la 'nature', où nous retrouvons la Gemeinwesen selon Camatte

dans un texte de Robert Kurz, Par-delà la lutte des classes (juin 2003), nous retrouvons cette idée de remplacement de la «lutte des classes» par le vouloir positif des «nouveau mouvements»

« [Les nouveaux mouvements] ne peuvent plus se définir que sur le fond, par ce qu’ils veulent. C’est-à-dire ce qu’ils veulent empêcher : la destruction de la reproduction sociale par la fausse objectivité des impératifs que dictent les formes capitalistes. Et par le futur qu’ils désirent l’utilisation commune et rationnelle des forces productives atteintes, d’après leurs besoins et non d’après les critères absurdes de la logique du capital. Leur communauté ne peut plus être que la communauté d’objectifs émancipateurs, et non celle d’une chosification dictée par le rapport-capital même

le passage complet

« Dans cette crise apparaît le vrai visage de la concurrence contenue dans le concept même de capital. La lutte de concurrence n’oppose pas seulement le travail au capital, mais aussi le travail au travail, le capital au capital, les secteurs économiques entre eux et les nations entre elles, et désormais également un site industriel contre l’autre, un bloc économique contre l’autre, homme contre femme, individu contre individu, voire enfant contre enfant. La lutte des classes est devenue partie intégrante de ce système de la concurrence universelle et s’est révélée en soi comme un simple cas particulier de ce système, tout à fait incapable de transcender le capitalisme. [...] Mais la nouvelle crise se caractérise par le fait que le développement même du capitalisme fait fondre la substance du « travail abstrait » qui est contenue dans la base productive de capital. Ainsi, l’idée de « lutte des classes » perd son aura métaphysique, pseudo-transcendante.

Les nouveaux mouvements ne peuvent plus se définir de façon « objectiviste » et formelle au moyen d’une ontologie du « travail abstrait » et par leur « place dans le procès de production ». Désormais, ils ne peuvent plus se définir que sur le fond, par ce qu’ils veulent. C’est-à-dire ce qu’ils veulent empêcher : la destruction de la reproduction sociale par la fausse objectivité des impératifs que dictent les formes capitalistes. Et par le futur qu’ils désirent l’utilisation commune et rationnelle des forces productives atteintes, d’après leurs besoins et non d’après les critères absurdes de la logique du capital. Leur communauté ne peut plus être que la communauté d’objectifs émancipateurs, et non celle d’une chosification dictée par le rapport-capital même.

Ce que la pratique réalise dès à présent en tâtonnant, la théorie doit encore le formuler conceptuellement. C’est alors seulement que les nouveaux mouvements pourront devenir radicalement anticapitalistes d’une façon nouvelle, c’est-à-dire au-delà de la vieille lutte des classes.»

de même que précédemment, ne m'intéresse pas le fait que Kurz évacue complètement la dimension de lutte des classes, évacuation qui me semble plus théorique et formelle que réelle, puisque «les nouveaux mouvements» en sont bien aussi constitués, que Kurz le veuille ou non

la théorie que Kurz cherche à «formuler conceptuellement» «au-delà de la vieille lutte des classes», nous pouvons la lire dans les luttes des Mujeres Creando, telle que formulée par Julieta Paredes, qui elle ne considère pas la lutte des classes comme une vieillerie, pas plus qu'elle ne pense la théorie comme une chose à «formuler conceptuellement» hors des luttes

à mon sens, la posture théoricienne séparée est largement responsable de cette vision conceptuelle, une structure englobante qui se déclinerait en particularismes de luttes

la période actuelle est passionnante en ce qu'elle nous offre sous les yeux des luttes théorisantes qui explicitent elles-mêmes leur théorie au sein de leurs activités. Nous le voyons à condition de ne pas limiter nos regards à un angle de vue étroit sur des critères partiels - les luttes théoriciennes selon Théorie Communiste n'expriment un écart que dans la formulation du théoricien, aucune ne se référant à l'idée de communisation

ne nous perdons plus dans un labyrinthe de théories au-delà de leurs miroirs narcissiques de la révolution

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

la fonction séparée de la théorie n'a alors plus d'utilité que pour les théoriciens, qu'ils se réclament de la Critique de la Valeur, de la Communisation, ou de toute autre labellisation révolutionnaire

La communauté de la Poudrière, 1998, éd. Luc Pire (Bruxelles), p.54

« Il n'y a pas de communauté sans ces tensions que provoque le partage de ce qu'on est et de ce qu'on a. La communauté ne commence que le jour où, malgré ces tensions, on continue à se faire confiance, à tout supporter à tout espérer. Il arrive souvent que, lorsqu'on commence une communauté, on se sépare parce qu'il y a des tensions. C'est du dépassement de ces tensions que peut naître la communauté. Il faut admettre la désinstallation perpétuelle de la communauté. En effet, chaque fois qu'une personne nouvelle, qu'un ménage nouveau entre dans la communauté, celle-ci va changer. La société, elle, est régie par une loi imposée à laquelle les nouveaux adhérents doivent à priori se soumettre.

Est-ce que la communauté peut résoudre les problèmes d'ordre mondial que le régime sociétaire ne peut résoudre ? Oui, car la solution à ces problèmes se trouvera au moment où chacun se réalisera différent grâce à l'autre. Exemple: le problème racial aux Etats-Unis. Il n'y a pas moyen que le Blanc pense comme le Noir et vice-versa. La société les sépare en classes pour plus de facilité et pour un meilleur rendement. Seule, la communauté, qui unit les personnes, qui répartit les biens selon les besoins, peut les aider à être différents l'un par l'autre. Aujourd'hui le monde entier cherche comment passer de la collectivité anonyme et sociétaire à la communauté. Nous sommes en marche vers cela, et cela, les communautés le réalisent déjà.

Il n'y a pas de communauté possible sans amour puisque seul l'amour peut permettre cette unité dans la diversité. Il n'y a pas possibilité de créer une communauté sans que chacun ne soit libre et n'ait le droit d'être libre.

Il n'y a pas d'amour sans liberté. Dans un foyer si l'un écrase l'autre, il n'y a pas de communauté possible. Les hommes veulent être libres. L'humanité cherche à devenir une vaste communauté de communautés : ça n'est pas une révolution, mais la révolution »

12 avril

une critique révolutionnaire du concept de 'genre'

Les « Féministes autonomes » latino-américaines et caribéennes : vingt ans de critique de la coopération au développement Jules Falguet Recherches féministes, vol. 24, 2011 : 39-58

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 une photo

Bolivie

d'une grande richesse concrète et théorique, ce mouvement bolivien nous en apporte une nouvelle confirmation : d'une façon générale, la question des classes et celle du genre sont posées par et dans les luttes en lien avec la question raciale. Prendre ces questions deux à deux hors de la troisième n'a pas de sens dans les luttes réelles, et l'on voit clairement les impasses dans lesquelles sont conduites les luttes exclusivement classistes, féministes, raciales ou communautaristes. Voir aussi communisme : genre, classe, 'race', documents

cet exemple sud-américain vient à point nommer souligner qu'on ne saurait avoir de ces questions une approche d'abord théorique, par exemple en terme d'articulations dans la structure du capital, ou d'intersectionnalités construites par l'Université "hors sol" : ces luttes sont davantages que théoriciennes pour le compte de théoriciens, elles formulent et expriment leur propre théorie au sein de leur activité, elles sont auto-théorisantes

Mujeres Creando espagnol français anglais un site des photos des textes

« Notre féminisme est "dépatriarcalisateur".  C’est  pourquoi  il  est  décolonisateur, "déshétérosexualisateur", antimachiste, anticlassiste et antiraciste. » Une caractéristique notable de ce mouvement est de ne pas devoir son origine au black feminism nord-américain, pour des raisons non seulement linguistique. C'est une volonté de « poser le féminisme (communautaire) comme une solution globale pour l’ensemble de l’humanité ». Il tranche fortement avec le féminisme français a-classiste quand, avec "la question du voile", il alimente l'anti-islamisme au coude à coude avec les laïcistes souchiens, et au-delà le néo-racisme envers tous les migrant·e·s, une question loin d'opposer la gauche et la droite, même extrême, entre discours et politiques réelles, comme en témoigne "la question rom"

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 anti-journal 1988 > 11 mai 2014

Jules Falguet est auteure du texte La règle du jeu. Repenser la co-formation des rapports sociaux de sexe, de classe et de « race » dans la mondialisation néolibérale... dans le livre coordonné par Elsa Dorlin Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination, 2009

extraits de Les « Féministes autonomes » latino-américaines et caribéennes...

La critique autonome du genre

La  critique  du  genre  comme  outil  de dépolitisation du féminisme constitue probablement l’un des éléments les plus  intéressants de l’analyse autonome. Elle s’articule en deux temps : établir un rapport entre le concept de genre et les politiques néolibérales; critiquer le genre comme concept réducteur qui néglige d’autres rapports sociaux.

Le genre néolibéral

Sur le continent, le genre a d’abord été adopté avec enthousiasme comme un outil « révolutionnaire » permettant d’échapper au naturalisme, avant d’apparaître comme un facteur de dépolitisation du mouvement féministe. Employé pour éviter le terme « féministe », réputé effrayer les bailleurs de fonds, ou comme synonyme à la mode du mot « femme », pour susciter les financements, c’est le caractère flou du genre qui est généralement critiqué.

Pourtant, certaines analyses vont plus loin. Ainsi, par la voix de la féministe et lesbienne indienne Julieta Paredes,  le collectif bolivien Comunidad Mujeres Creando affirme ceci (Paredes 2010a : 19-20) : «[Dans] son sens politique, [le genre] constitue une catégorie relationnelle qui dénonce et dévoile la subordination imposée aux femmes par le système patriarcal […] Cet instrument si important […] a été dépouillé de sa force révolutionnaire, à tel point qu’il a servi aux femmes de la classe moyenne latino-américaine pour imposer les politiques publiques néolibérales. En Bolivie, le féminisme occidental  est arrivé dans les bagages du néolibéralisme. Au début, ces nouvelles féministes boliviennes faisaient une confusion et utilisèrent ce qu’elles appellent « perspective de genre » et « focus de genre » […] Mais c’est précisément durant ces premières années que la classe et l’origine ethnique pèsent davantage sur ces féministes blanches de classe moyenne et supérieure, et elles commencent à limiter la force politique du concept de genre, en le transformant en équité de genre, un concept postmoderne, superficiel et purement descriptif des rôles. »

Paredes ajoute : « L’équité de genre a représenté le virage néolibéral des ONG de femmes, qui  se sont transformées en technocrates de genre, confondant la dénonciation du genre et l’équité de genre, le tout dans une stratégie vidant les concepts de leur sens. Elles ont opté pour des stratégies privées et de “comportement décent” fort éloignées des mobilisations de rue des femmes pour faire pression sur l’État et sur les gouvernements néolibéraux.»

anti-journal 1988 > 11 mai 2014  une communauté... des communs

Les négociations ont commencé à avoir lieu dans les  lobbys, c’est-à-dire dans les salles d’attente ou les antichambres des lieux de réunion et de convention des politiques et des gouvernements. Entre deux cafés, ces personnes ont décidé du sort de longues années de résistance à la dictature et de nos luttes révolutionnaires.

Le début de l’analyse de Paredes est classique : le genre, concept subversif à ses débuts, a été confondu et transformé en « équité de genre » par des femmes nouvellement venues au féminisme durant la période d’« ONGisation » du mouvement, qui correspond à la période néolibérale et à l’emprise néocoloniale « occidentale » des institutions internationales et des agences financières.

Cependant, Paredes introduit une dimension  supplémentaire : les positions et les intérêts de classe et de « race » des femmes qui portent ces projets. Ces femmes orientent le mouvement vers des objectifs qui paraissent aux yeux de Paredes non seulement « inoffensifs » pour le système, mais carrément absurdes, comme l’« équité de genre » (Paredes 2010a : 20-21) :

« Le genre possède la même valeur politique que la classe : il n’y aura jamais d’équité (d’égalité) de classe, parce que les classes sociales se fondent sur et trouvent leur origine dans l’exploitation d’une classe par l’autre : les bourgeois sont bourgeois parce qu’ils exploitent les prolétaires. C’est la même chose avec le genre : il n’y aura jamais d’équité de genre entendue comme égalité, parce que le genre masculin se construit aux dépens du genre féminin. La lutte a donc pour objectif de dépasser le genre en tant que construction historique injuste. »

En somme, selon Paredes, ces femmes blanches ou métisses et de classe sociale relativement privilégiée fourvoient le mouvement. Reste à savoir si c’est par erreur, ou parce qu’elles n’ont pas de réelle urgence à changer la société, ou encore parce qu’elles ont, au fond, plutôt intérêt à maintenir un certain statu quo.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 «De revolución hablan pero sigue la esclavitud hacia las mujeres»

L’imbrication des rapports sociaux et des alliances 

Les  dénonciations  du  caractère  «  bourgeois » d’une partie du mouvement féministe et du racisme en son sein ne sont pas nouvelles. Ce qu’apportent aujourd’hui certaines autonomes, en revanche, est une réflexion sur l’imbrication. Le Salvador constitue un exemple archétypique de la dénonciation du caractère bourgeois du féminisme par toutes sortes de « révolutionnaires » de la même classe sociale que les féministes attaquées (Alegría et Flakoll 1987; Guirola de Herrera 1983). Quant au racisme, ce sont presque toujours les Amérindinennes et les Afrodescendantes qui le signalent, notamment à chaque rencontre continentale, par exemple en 1996 au Chili (Varias Autoras a 1997), ou en 1999 en République dominicaine (Falquet 1999). LES « FÉMINISTES AUTONOMES » LATINO-AMÉRICAINES ET CARIBÉENNES ~53 dans le mouvement et hors celui-ci, des trois grands rapports sociaux de pouvoir – de sexe, de classe et de « race ». Surtout, elles posent de façon originale la question des effets théoriques et organisationnels concrets de cette imbrication.

(communauté de communautés)

D’abord, certaines autonomes revendiquent des bases communautaires pour le féminisme. Ainsi, Paredes définit le « féminisme communautaire » de Comunidad Mujeres Creando (2010a : 28) : « En Occident, le féminisme a signifié pour les femmes se positionner comme individus par rapport aux hommes […]  mais ici, en Bolivie, nous ne pouvons pas comprendre cela à l’intérieur de nos formes de vie qui possèdent une forte dimension communautaire, c’est pourquoi comme féministes boliviennes, nous avons décidé de faire notre propre féminisme […] Nous ne voulons pas nous penser par rapport aux hommes, mais nous pensons femmes et hommes en rapport à la communauté. »

Cependant, il ne s’agit pas de communautés « traditionnelles » et encore moins « traditionalistes » – Paredes  n’idéalise nullement les communautés indiennes, mais parle plutôt de « toutes les communautés de notre société : urbaines, rurales, religieuses, sportives, culturelles, politiques, de lutte, territoriales, éducatives, de temps libre, d’amitié, de  quartier,  générationnelles,  sexuelles, agricoles, affectives, universitaires, etc.  Comprenons  que  tout  groupe  humain  peut constituer et construire des communautés. Il s’agit d’une proposition alternative à la société individualiste » (Paredes 2010a : 31).

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 antagonisme entre femmes : avortement août 2013

(le patriarcat race, classe, sexe)

Enfin, la « communauté » ne doit nullement masquer les antagonismes, notamment entre femmes : « on réduit le patriarcat à la seule oppression des hommes sur les femmes, à partir de l’idée que tous les hommes sont pareils et toutes les femmes aussi, masquant les rapports de classe entre femmes, les rapports racistes  entre femmes, les rapports lesbophobes, coloniales et impérialistes entre femmes » (Paredes 2010b : 118).

Le « féminisme communautaire » que propose aujourd’hui Paredes possède une triple spécificité. D’abord, contrairement aux théoriciennes « classiques » de l’imbrication, elle pense que le concept de patriarcat synthétise aussi les analyses du racisme, du capitalisme et de l’hétérosexualité : « Le patriarcat est un système d’oppressions. Comme concept, il explique  à  partir  des  femmes  toutes  les oppressions que souffre l’humanité » (Paredes 2010b : 118). Elle ajoute : « Notre féminisme est "dépatriarcalisateur".  C’est  pourquoi  il  est  décolonisateur, "déshétérosexualisateur", antimachiste, anticlassiste et antiraciste. »

Malgré des accents très proches d’une Patricia Hill Collins (2004), qui souligne l’ancrage communautaire des femmes et des féministes noires, Paredes ne mobilise pas les « classiques » états-uniennes de l’imbrication des rapports sociaux. Beaucoup de Latinas et de Caribéennes ne parlent pas l’anglais, par absence d’opportunité de l’apprendre ou par choix politique délibéré. FALQUET ~ 54 conséquence, Paredes pose le féminisme (communautaire) comme une solution globale pour l’ensemble de l’humanité (Paredes 2010b : 118) :

« Notre féminisme cherche à comprendre nos peuples à travers nos corps, cherche avec les hommes de nos peuples et de nos communautés le bienvivre en communautés avec l’humanité et avec la nature […] Comme c’est une proposition pour toute la communauté et pour tout notre peuple, elle montre aussi le chemin de l’alliance avec d’autres femmes non féministes et avec les hommes qui désirent aussi ces révolutions.

 anti-journal 1988 > 11 mai 2014 nous voulons en finir avec l'État...

Ce qui pose bien sûr la question des alliances de manière très différente. Enfin, ce projet global qui part des femmes, mais va bien au-delà, poursuit bien davantage que de simples réformes : « les réformes sociales ne nous suffisent pas, nous voulons en finir avec l’État, que  nous considérons comme un reste de la bourgeoisie républicaine. Nous voulons en  finir avec l’État et construire la Communauté de communautés, comme une autre manière de chercher l’organisation et le bien-vivre de l’humanité entière » (Paredes 2010b : 120).

Pour conclure, il faut d’abord répéter que les féministes autonomes latinoaméricaines et des Caraïbes ont développé à partir de leur propre réalité, depuis une vingtaine d’années, des analyses pionnières et particulièrement importantes pour une pensée et une action alternative, non seulement à partir des femmes et sur leur continent, mais de portée beaucoup plus  vaste. Si elles critiquent fortement le néolibéralisme occidental (néo)colonial, et  tout  particulièrement  la  mondialisation véhiculée par les institutions internationales et leurs politiques de « genre », elles ne rejettent pas en bloc le « monde occidental », les « femmes du Nord » ou les ONG, pas plus qu’elles n’idéalisent les cultures « traditionnelles » amérindiennes ou afro. 

Il  faut  rappeler  ensuite  que  les  autonomes, très diverses et parfois opposées, ont connu des hauts et des bas et traversé de nombreux conflits. Elles ne représentent qu’une fraction du mouvement féministe, assez étroite et relativement peu visible.

Cependant, leurs analyses possèdent un fort  impact, jusque chez les « féministes institutionnelles » et à plus forte raison parmi d’autres secteurs du mouvement féministe et du mouvement des femmes,  notamment  ceux  qui  participent  aux diverses luttes populaires du continent. Leur appel au débat réel dans le mouvement et leur capacité à provoquer la réflexion constituent probablement leur apport principal. 

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 "La hora del almuerzo" año 1874, de Eyre Crowe

La  force  et  l’originalité  de  leurs  analyses  tiennent  notamment  à  leurs positions sociologiques et politiques. On l’a vu, c’est notamment un mélange entre une certaine précarité personnelle et professionnelle (liée à la position de sexe, classe, « race », nationalité et sexualité), ainsi que l’ancrage dans une histoire longue de résistances collectives amérindiennes, noires ou populaires, ainsi que dans un ensemble de pratiques politiques au sein du féminisme et dans d’autres mouvements sociaux, qui produit la conscience particulière des autonomes.

Plus particulièrement, LES « FÉMINISTES AUTONOMES » LATINO-AMÉRICAINES ET CARIBÉENNES ~55 elle explique tout autant une certaine « radicalité » dans l’analyse qu’une profonde réflexion sur les alliances qu’il convient de construire entre femmes et en dehors du groupe des femmes, et, surtout, la volonté d’imaginer un autre monde, au-delà du modèle néolibéral dur, mais aussi des politiques publiques « genrées » d’une socialdémocratie de plus en plus néolibérale elle aussi.

Enfin, sur le plan théorique, parmi les nombreux apports des autonomes, il faut souligner leur critique du concept de  genre  dominant,  sur  lequel  se  basent  de plus en plus le « développement » et  les politiques publiques. Si elle n’est pas entièrement nouvelle, cette critique constitue l’aboutissement d’un cheminement spécifique qui apporte des éléments particulièrement importants. On peut les synthétiser ainsi :

1) tiré vers la psychologie, l’individuel, le « micro », le concept de genre efface la plupart du temps la question des rapports de pouvoir structurels;

2) c’est parce que le genre se réfère à une  femme  abstraite,  géographiquement  et historiquement décontextualisée, qu’il est devenu un instrument si efficace pour la standardisation et la massification des politiques « de genre et développement »;

3) unidimensionnel, il ne permet guère de penser l’imbrication des rapports sociaux – au mieux, il amène à penser la superposition des identités;

4) il brouille les stratégies : d’une part, il oriente vers des alliances sous l’angle de la remise en cause des normes de genre, sans poser la question des rapports de pouvoir de sexe; d’autre part, il détourne des alliances avec  d’autres groupes partageant des luttes antiracistes et/ou de classe; et

5) c’est pourquoi il s’agit d’un concept réducteur et dépolitisant qui convient parfaitement au modèle néolibéral.

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

galerie photos  : la clase dominante, los sublevados, las mujeres, el Ejército

Interview conducted by Silvia Federici with Ana Rosario Adrián Vargas of Mujeres Creando. February 22, 2011

Jazz : les choses et les mots
le forum Jazzitude va fermer ses portes à l'écriture mais pas aux écoutes Merci Jazzitude
mes contributions  
la femme est l'avenir du jazz Sans conclure ce feuilleton entre passé et futur, la plus lue de mes contributions - je n'en suis pas peu fier -, et pour me faire mentir, une «chanteuse» pour qui la voix fut plus que chez la plupart de ses Sisters In Jazz un instrument à l'égal des autres en tous genres, le corps de l'improvisation

la vie de Billie Holiday est une histoire du jazz de sa naissance à sa mort

elle est de notre temps, elle aurait eu 99 ans lundi dernier


10 avril

Colère en vers français 2003

Feminism and Abolition : Theories and Practices for the 21st Century

 2013

' improvisation et communisation'  fw sur le site Jazzitude Improvisation et communisme

Abbey, reviens, les 'camarades' nous insultent !

 1960

malaise occidental dans la conception de l'art, de la liberté (et des théories comparées)

ce texte est relayé par dndf, comme présentant « les positions de la revue Théorie Communiste à propos de l’auto-organisation, de la périodisation, et par rapport à Tiqqun, etc.. de manière claire, le parallèle avec l’improvisation dans la musique est sympathique et bien vu »

faut-il considérer le parallèle comme sympathique parce qu'il parle des 'communisateurs' ? Je comprends que le moindre écho à leurs thèses soulage leurs tourments. Quoi qu'il en soit je m'inscris en faux contre le fait que le parallèle serait 'bien vu' dans les termes où il est formulé. Je n'ai lu ce texte qu'en traduction automatique, mais sans attendre la traduction française, plusieurs choses me paraissent irrecevables, voire insultantes pour ceux que la plupart des gens considèrent comme les inventeurs de l'improvisation dans la musique du 20ème siècle

- la définition de l'improvisation en musique rapportée quasi uniquement à celle des musiques savantes expérimentales européennes et américaines à partir des années 60, dont les publics sont essentiellement bourgeois

- l'ignorance des caractéristiques de l'improvisation dans le jazz, dont elle est une des dimensions majeures dès ses origines au début du 20ème siècle, et qui est à la source de son utilisation dans la musique savante occidentale

- l'impossibilité de séparer l'improvisation de jazz de ses autres caractéristiques, à commencer par les conditions de sa création par la communauté noire américaine et par suite les rapports que cette musique, populaire et savante, entretient avec elle tout au long de son histoire, et celle de ses luttes de libération à la fin du 19ème siècle et au 20ème siècle

mon propos n'est pas de discuter les points de comparaison avec les théories de la communisation et particulièrement la vision de Théorie Communiste, mais le point de vue adopté qui est proprement scandaleux sur le plan culturel, musical, racial et social

sans connaître les thèses de la communisation, j'ai formulé en 2002-2003 les parallèles possibles du jazz, et particulièrement de l'improvisation collective avec la libération communiste. J'ai fait connaître ces textes tant dans le milieu de la critique de jazz (suscitant l'intérêt d'Alexandre Pierrepont, Philippe Méziat et Christian Béthune), à la revue Multitudes (par l'intermédiaire de Yves Citton qui m'avait demandé un texte), et plus tard dans le milieu communisateur, où elles sont tombées à plat, peu sympathiques ou parce que le parallèle était mal vu

j'ai rappelé deux de ces textes hier, 2002  Jazzitude et 2003, Jazz et communisme, mais le travail de fond est à lire dans mon livre en ligne Jazz et problèmes des hommes, 2002, sommaire

pour un aperçu

- la création collective, les échanges, l’individualité et le groupe
- la hiérarchie dans le groupe, le rôle de leader, d’arrangeur
- la relation au public, le don aux auditeurs
- jazz; l’art et le sens, la spiritualité, la puissance
- jazz; l’art et la liberté
la fin de l'art occidental
- du jazz, langage "universel" ?
- aux noms du "jazz" (à comparer avec les avatars du nom 'communisme')
-
des métissages musicaux aux 'jazz' de la multitude

je ne suis pas un expert en musiques contemporaines improvisées, mais pas inculte non plus, cf la bibliographie; des points de mes textes ont été référencés par des revues spécialisées

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 1969 écoute pour les Espagnols de peu de mémoire !

une comparaison nombriliste de théories occidentales à théories occidentales

le texte espagnol n'est pas sans intérêt mais demeure sur le terrain de la théorie, les deux côtés de la musique et de la révolution : ça intéresse qui pour quoi faire, sinon se regarder le nombril entre théoriciens ?

le point de vue qui mérite attention, quitte à faire l'objet de remarques théoriques, c'est le rapport d'objet à objet, dans leurs matières mêmes au sein des rapports sociaux, genrés et 'raciaux', dans le langage des protagonistes, ceux qui font la musique et ses publics, ou luttent pour leur libération

s'il y a des comparaisons à faire entre improvisation musicale et dynamique communiste de libération, elles doivent prendre en compte un ensemble de facteurs beaucoup plus larges et approfondis que ceux du texte espagnol, d'une part du côté musical et du côté social, d'autre part les différents constituants et la genèse des arts modernes improvisés collectivement (la musique mais aussi le théâtre et la danse, ce que les théoriciens nomment 'performances')

l'origine africaine du blues et du jazz, via la traite et l'esclavage, bouscule la conception occidentale de l'art, et trouve des échos jusqu'à aujourd'hui, sinon dans le jazz qui a perdu ses ancrages prolétariens, dans les musiques populaires qui établissent un lien comparable aux populations prolétaires, particulièrement les jeunes, dans le monde entier (après le blues, le R'nB', la Soul et le Funk, le rap et le hip-hop dans leurs déclinaisons mondiales, y compris au sein des 'révolutions arabes', en Afrique, en Asie...)

cherchez l'erreur

cherchez le nègre

la démarche espagnole est complètement rabattue sur le concept et la pratique d'improvisation repris par des musiciens européens et américains dans un rapport au social, à la communauté des publics en concert ou sur disque qui n'a aucun rapport avec le lien libérateur du jazz dans le contexte des luttes afro-américaines puis au-delà, en Amérique latine et dans la Caraïbe

le concept d'improvisation fait ainsi l'objet d'une expropriation de ses inventeurs (au demeurant nègres ou pas, mais jouant la musique de ceux d'en bas sur toutes faces du monde), et d'une appropriation par les héritiers de la tradition occidentale savante, prétendant à la critique de l'art bourgeois en demeurant sur son terrain conceptuel

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 2013 Oakland Malcolm X  Jazz Festival

cherchez la femme

la dimension féminine est totalement ignorée, alors que la musique improvisée européenne depuis la fin des années soixante est un vecteur féministe incontournable. Voir dans la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) Free Jazz Women, Jazz et féminisme, Joëlle Léandre met les pieds dans le plat Jazz et Gender Studies...

  1980

cherchez 'ceux et celles d'en bas'

la plupart des musiciens de musique contemporaine, improvisée ou pas, ne sont pas d'origine populaire, sauf souvent là où ils se réfèrent au jazz et en restituent l'esprit, comme nombre de groupes français dans les années 60 et 70

le jazz fut non seulement une musique populaire mais celle d'une communauté dominée racialement au service du capitalisme, pour sa libération, avec de très forts liens entre les deux, dont témoignent mes textes en détail et sous nombre d'aspects, la dimension du genre absente de mes textes de 2002 étant abordée dans l'improvisation chez Jazzitude en 2013 :  La femme est l'avenir du jazz (female jazz instrumentalists)

et pour finir, cerise sur le gâtisme théoriste

cherchez la musique

sauf erreur, l'essentiel des références du texte sont des discours sur la musique plutôt que de la musique à écouter. Or comme en tout, les choses non les mots. Le 'sens' de la musique n'existe pas sans le son de la musique, la matérialité de la chose musique, the New Thing, comme on disait du free-jazz

et pour qui sait écouter, c'est là que se situe la puissance de l'improvisation, dans l'activité poétique entre elle et qui l'écoute et s'en trouve transformé

l'improvisation n'est pas plus dans son concept que le communisme dans ceux de la théorie

l'Occident en mâle de la théorie

le 'courant communisateur' et 'Théorie Communiste' en particulier ne sont pas responsables de ce qui est fait de leurs thèses. Cependant force est de constater que le parallèle, au niveau où il est établi, a de fort relents d'occidentalisme, et rejette dans l'ombre la question sociale à travers la race et (sauf TC) le genre. Voir hic salta ou franchir le pas en pratiqueS théoriqueS : TC (contre Marx ?) une théorie blanche occidentale

si le retour à l'improvisation collective dans le jazz intervient au tournant des années 60, dans la montée des mouvements contre la ségrégation raciale, et si ce jazz est nommé FREE par ceux qui l'inventent, ce n'est pas pour que les théorichiens l'oublient aujourd'hui en ramenant la couverture aux dites 'musiques improvisées' dont la plupart n'ont pas de lien réels avec les luttes de notre temps

  1960

pour ce qu'il ne dit pas, ce texte est raciste et sexiste, pour ce qu'il dit comme il le dit, il intéresse les artistes de couches bourgeoises ou moyennes menacés tant par le capital de perdre leur statut culturel privilégié, que par le communisme de devenir des êtres comme les autres, pratiquant entre autres les arts comme disait en substance Marx

d'un savoir écouter

pour qui n'est pas musicien, et non familiarisé avec les ingrédients qui font le jazz et particulièrement l'improvisation individuelle ou collective, voir le jazz 'pour les nuls', d'un savoir écouter

enfin, dans le cadre de ma critique du courant communisateur, un parallèle avec l'improvisation collective qui ne concerne pas les rapports sociaux évoqués plus haut mais les pratiques théoriques ou militantes pratiques pratiques, la communisation sans partition  

que dire ? on part d'une idée pleine de potentialités dans la réalité sociale et la perspective communiste, un faire sans discours mais non sans savoirs dépassés, et on aboutit à une intellectualisation qui, en vidant la substance et l'histoire des luttes comme de la musique, s'apparente à un viol de la mémoire par les théoriciens du présent

abolir l'art séparé, qu'il soit ou non improvisé

gage que ceux qui sont concernés, soit en tant que musiciens soit en tant qu'ils se battent contre le capital à un titre ou un autre, n'ont que faire de comparaître ainsi comme objets muets d'un parallèle vidé de puissance libératrice

de fait, l'enjeu de l'avenir de la musique et de tout art, c'est de renouer avec sa fonctionnalité sociale telle qu'elle existait dans les musiques liées aux rythmes et moments de la vie, telle qu'elle existait avant l'ère moderne et capitaliste, sans séparation entre un public et des musiciens sur une scène, pour un spectacle, au sens propre comme à celui de Debord. Il est évident qu'on trouve là ce qui donnait à l'improvisation sa raison d'être, un rapport vivant, interactif, non séparé, et que la question actuelle ne porte pas sur l'improvisation en elle-même, mais sur sa fonction sociale (sur quoi le texte espagnol n'est certes pas muet)

en quoi le rapport entre improvisation et communisation n'est pas un simple parallèle théorique, quand il s'inscrit avec le jazz dans un lien social-historique, qu'ignore totalement le texte espagnol pour le réduire à une  métaphore et un problème pour l'art et l'artiste dont la révolution n'a que faire en tant qu'individus confrontés en tant que tels à leurs problèmes d'existence égotiste

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 1971

j'ai assez critiqué ces compères pour savoir aussi ce que la critique de jazz française leur doit

ces éléments-là, on les retrouvent liés aux luttes de libération au USA dans les années 60, que ce soit avec le free-jazz ou les prémisses du hip-hop, quand les musiciens jouaient gratuitement dans la rue, dans les hôpitaux... voir RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

on retrouve par conséquent la question des formes de vies et rapports sociaux détruits par le capitalisme dès son apparition, avec la destruction des communs

le communisme, c'est l'homme sans qualité et la musique sans propriété : place aux communs

la musique était une forme de communs dont furent désaisis ceux qui la partageaient dansant sur sa gratuité. Même si jouer des instruments était l'apanage de castes (par exemple les Griots en Afrique de l'Ouest), son appropriation fut doublement celle de spécialistes coupés des activités sociales y compris en Afrique (spectacularisation folklorique, comme en Europe partout, dans les Balkans, en Asie, Océanie, Amérique du Sud, Caraïbes...), et de marchands, jusqu'à son état de marchandise de plus en plus avariée, comme la bouffe empoisonnée par la valeur d'usages échangés, avec les contradictions inhérentes au statut séparé de l'artiste-musicien, contraint de n'être plus que marchandise de lui-même, avant d'être renversé dans le prolétaire en artiste, acteur (sic) de sa non-vie (peu avant mon texte Jazzitude est sorti un texte éponyme, le jazz comme modèle de management participatif)

en relation, et peut-être aussi avec l'oubli des camarades, deux livres déjà signalés de Christian Béthune

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 2003 analyse d'un déni esthétique

"Elève d'Alban Berg, ardent défenseur de la seconde Ecole de Vienne, T-W Adorno exécrait le jazz. Cette " mode intemporelle " qu'il qualifiait aussi d'"archaïsme moderne" n'était, selon lui, qu'un pur produit de l'industrie culturelle, une expression faussement libératrice de la communauté noire américaine et une régression primitive au stade sadomasochiste. Toutefois, curieusement, le philosophe, pourtant peu enclin à s'attarder sur ce qu'il abhorrait, ne cesse, presque sa vie durant, de multiplier les commentaires visant à discréditer une musique à laquelle il attribue néanmoins, de façon contradictoire, une "immortalité paradoxale".

Cette attitude quasi-obsessionnelle a-t-elle pour origine un simple malentendu ? S'agit-il d'une relation ambivalente de type fascination-répulsion ? Ces questions, Christian Béthune ne les élude pas totalement mais il ne se fie guère aux explications sociologiques, psychologiques voire psychanalytiques. Il préfère chercher les raisons de cette étrange aversion dans les fondements de l'esthétique adornienne.

Peu décontenancé par les subtilités dialectiques du penseur de l'Ecole de Francfort, il scrute les textes avec minutie, analyse, non sans humour, des prises de positions en apparence inconciliables, et mène magistralement l'enquête qui le conduit " au cœur même " de sa philosophie. Au-delà d'une étude sur les rapports conflictuels et finalement ambigus que T-W Adorno a toujours voulu entretenir avec l'une des plus grandes formes d'expression musicale née au XXe siècle, cet ouvrage peut déjà servir d'introduction à une esthétique du jazz." Marc Jimenez

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 2008 culture afro-américaine et philosophie

Miles Davis disait souvent que ce dont il était avant tout question dans sa musique - et, plus généralement, dans le jazz -, ce qui en faisait le cœur, l’essence, c’était le “son” sound.

Une déclaration très difficile à comprendre pour un Occidental. Car ce que Miles désignait par ce mot apparemment limpide de “son”, ce n’était ni l’exceptionnelle création sonore de ses compositions, ni le minutieux travail d’arrangement orchestral auquel il les soumettait, ni encore le timbre si spécifique de sa trompette. C’était une “attitude” et une “vision du monde”, reposant sur une définition très éloignée de la nôtre de ce qu’est doit être la musique.

C’est de ce décalage, pour ne pas dire de ce gouffre, entre des présupposés musicaux différents, voire aux antipodes les uns des autres, que sont nés bien des quiproquos, des malentendus, sinon même, comme le soutient le philosophe et musicologue Christian Béthune dans un ouvrage qui fera date, Le Jazz et l’Occident, une “mésentente” au sens étymologique du terme durable, et peut-être non encore totalement levée, dans la réception du jazz par l’Occident. Auteur d’un précédent Adorno et le Jazz 1, Béthune est, en vérité, bien placé pour savoir à quel point même de grands esprits ont pu se tromper sur le jazz. Son livre peut d’ailleurs se lire aussi comme un bêtisier de jugements tous aussi obtus les uns que les autres, comme lorsque dans les années 20, en France, on voyait dans le jazz une musique “bruyante” et tout à la fois un art “primitif” et le reflet du “monde déshumanisant de la machine” !

Sortir de ces clichés pour penser véritablement le jazz exige de rejeter bien des catégories intellectuelles et sensibles avec lesquelles nous interprétons le monde et de dépasser toute une série d’oppositions constitutives de notre pensée. Car, comme le rappelle Béthune, le jazz est non seulement une musique d’origine métissée et donc prise dès le départ dans un réseau inextricable de miroirs, avec tous les niveaux d’interprétation et les jeux sur eux que cela suppose, mais qui fonctionne également, non sur l’abstraction comme la nôtre, mais en incluant le corps, et qui, même quand elle est écrite, reste liée à “l’oralité”. Elle ne se réfère pas à notre monde du “logos”, avec sa division entre sens manifeste et sens souterrain : elle évolue toute entière dans celui, non dialectique, de la “phôné”, de la parole, de la voix.

Un même trait n’y a ainsi pas la même signification que dans notre musique. L’imitation le recours à des stéréotypes, la reprise de “standards”, etc. n’y est pas, comme le pensait Adorno, facilité et dégradation, mais communication avec une tradition et appel à une communauté d’écoute.

L’improvisation ne s’y réfère pas non plus à l’idée romantique d’un créateur génial qui laisserait aller son imagination en toute liberté, mais au fait qu’elle est une musique qui n’existe qu’en situation, qui ne prend forme que dans son interprétation. Ainsi de suite : entre notre musique et le jazz, ce sont bien deux “ontologies” qui se font face sans vraiment se comprendre.

En s’attachant à rendre compte, de l’intérieur, de cette “altérité radicale” du jazz, cet essai donne à voir ce que sont de vraies “cultural studies” : non pas, comme on le dit souvent, la sacralisation d’une vision “relativiste” du monde, mais la recherche d’un vrai universalisme, délivré de toute tentation ethnocentrique assimilatrice. Ce message fort et fécond fait du Jazz et l’Occident bien plus encore qu’un passionnant ouvrage de musicologie : une éclatante leçon de philosophie politique et morale.

l'impression générale est que le texte espagnol s'inscrit, parlant d'improvisation, dans la tradition de ce déni du jazz par la philosophie occidentale, y compris chez un éminent héritier de Marx

la musique est un des opiums du peuple entérinant la posture artiste comme la religion le fait des prêcheurs, le sport des vedettes de la fat boule, et la théorie du communisme

pour paraphraser Pessoa en 1922 dans Le banquier anarchiste, les professeurs de communisme doivent choisir entre rester des merdeux ou devenir des saints

PS1 avec Hegel « Tout ce qui est rationnel est réel; tout ce qui est réel est rationnel »: bien qu'Hegel ne fasse ici que synthésiser la suprêmatie de la raison, le dogme de l'Idée, c'est pas ma faute si par leurs silences ou chaque fois qu'ils l'ouvrent, ceux que je mets en cause abondent dans le sens de mes critiques

PS2 avec Marx « Être radical, c'est prendre les choses par la racine. Or, pour l'homme, la racine, c'est l'homme lui-même » Corrigeons Marx en considérant que la racine du capital, c'est l'homme blanc occidental, et nous obtiendrons la critique radicale du capital et de la théorie communiste dans la formule trinitaire classe, genre, race, dont ce texte est un parfait et triple contre-exemple

9 avril

angoisse et création, devoir de récréation

circulez, ya rien à comprendre

« – Ah, je vois ! En théorie, vous êtes anarchiste ; mais en pratique…
– En pratique, je suis tout autant anarchiste qu'en théorie. Et quant à la pratique, je le suis beaucoup, mais beaucoup plus que tous ces types dont vous parlez.»

Fernando Pessoa
Le banquier anarchiste 1922

(ou comment vivre 'une vie normale' avec des idées de 'communisateur' avant la lettre)

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 sens envers sens

je n'écris pas pour être compris

rien ne me fait plus peur que d'être lu comme étant à comprendre, au sens d'une théorie. Bien sûr ce que j'écris comporte de fortes parts de théories, le plus souvent venant des autres, et celles-ci doivent être comprises pour ce qu'elles sont, autant par leur forme que par leur contenu. Mais le but n'est pas d'élaborer et proposer ma propre théorie, encore moins un bric à brac syncrétique, un monstre de plus. Si je pouvais être synthétique, ce serait à la manière des fragments d'Heraclite, précis et ouverts à la fois, de l'époque ou poésie et philosophie n'allaient pas séparées

« Sans l’espérance, vous ne trouverez pas l’inespéré; on ne peut le chercher, il n'est pas de voie vers lui  » Heraclite, 18

...mais, si je suis trop bavard, et si mon moi est pluriel, je ne parle qu'en mon nom. Je ne connais pas le mensonge

« L’Homme [...] est le bavard de l’univers ; il parle au nom des autres ; son moi aime le pluriel. Et celui qui parle au nom des autres est toujours un imposteur. Politiques, réformateurs et tous ceux qui se réclament d’un prétexte collectif sont des tricheurs. Il n’y a que l’artiste dont le mensonge ne soit pas total, car il n’invente que soi.» Cioran, Précis de décomposition

c'est pourquoi, naturellement, beaucoup, habitués qu'ils sont à attendre des théories  comme de cours magistraux, considèreront qu'ils n'y comprennent rien, ou qu'il n'y a rien d'intéressant à comprendre, dans mon fatras. C'est d'ailleurs une remarque qu'on m'a faite, que je serais «incompréhensible» ou «inintéressant». Je l'ai pris de qui cela venait comme un compliment, avec l'intuition qu'il n'y avait d'eux rien de bon à attendre, ce qu'ils ont confirmé

il est assuré que des gens raidement sérieux, dans leur besoin maladif de maîtrise, ne peuvent y voir qu'un esprit de contradiction exacerbé ou pire un amour excessif du paradoxe. Un tel besoin n'est pas compatible avec la liberté de penser et d'agir, pas même la leur. Il m'a suffit de les regarder marcher ou monter leur moto pour le comprendre

si l'on est assuré que suivre telle théorie ne conduira jamais à une quelconque libération, pourquoi en formuler une à comprendre, et affirmer qu'elle n'est pas un guide pour l'action : de qui se moque-t-on ?

dans le nouveau paradigme révolutionnaire, de même qu'une théorie communiste est une contradiction dans les termes, aucune théorie de la révolution n'est communiste

« – Pourtant, il y a bien des intellectuels des professeurs, des étudiants déjà avancés, ou d'autres du même genre qui sont socialistes ou communistes. Et en général, ils ne viennent pas de ces fameuses « classes pauvres », ils n'ont pas eu faim et n'ont pas...
– Laissez tomber, mon vieux. Vous vous imaginez peut-être que je crois vraiment - moi qui sais comment ça naît, un révolté - à la sincérité de tous ces merdeux ? Si un type croit à quelque chose comme l'anarchisme, mais sans avoir subi ce que j'ai subi […]. Que l'un ou l'autre se croie sincère, c'est évident : il y a une foule de gens qui se croient intelligents sans l'être, qui se croient bons sans l'être non plus, ou beaux garçons sans l'être davantage. Et puis zut ! Il faut avoir souffert par soi-même des motifs de révolte pour devenir un révolté. Sinon, il faut être un saint, car il n'y a qu'un saint pour éprouver, par le seul élan du cœur et sans expérience personnelle de l'amour pour l'humanité.
» Fernando Pessoa Le banquier anarchiste 1922

soyons sérieux

« Ne nous prenons pas au sérieux, il n'y aura aucun survivant.» Alphonse Allais

« L'homme sérieux est dangereux; il est naturel qu'il se fasse tyran.» Simone de Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguité

si, aussitôt affirmé une espèce de thèse, je m'empresse de fournir de quoi la contredire, ce n'est pas tant par doute que par conviction, par principe, une manière de penser et fournir à penser par soi-même, plutôt que proposer un produit fini, précuit à passer aux micro-ondes d'une appropriation

si j'avais un objectif, ce serait de jeter des troubles comme on dit des sorts (revoilà la sorcière), de produire des effets dans une geste performative plutôt que de convaincre par la raison, et l'ambition de laisser des traces subjectives telles qu'on ne puisse pas s'en défaire, un peu comme le sparadrap du Capitaine Haddock

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Ah Ah, Patlotch te colle à la peau !?

c'est pourquoi peu importe que j'ai du succès au sens où l'on entend généralement une influence visible : qui en prendrait le risque, pour sa réputation ? Ça ne prouve ni que j'ai réussi, ni le contraire. C'est un potlatch bien au-delà des poses situationnistes, somme toute assez ego-classiques d'un point de vue 'artiste'

la preuve de mon pudding, c'est qu'on le mange, disent les statistiques (et mes lectrices anonymes, de grosses gourmandes)

libérer la libération

ai subi
est évident : il y a une
être, qui se croient
être
, de l
amour pour

chacun est convier à se dépasser, à sortir de ce dont il se croyait convaincu, à aller plus loin que ce qu'il se pensait capable de faire. La subjectivation révolutionnaire se construira dans une auto-production de soi(s) nouveaux, de façon in fine assez naturelle, dès lors que la conjoncture le rendra possible pour un large nombre

c'est en ce sens que la révolution, ou les auto-changements, seront profondéments individuels ou échoueront collectivement. Le processus est en route. À la question de la conscience de classe, je réponds : maternelle ou primaire ? En ce sens que non seulement un parti, mais des communistes auto-proclamés se reconnaissant entre 'camarades', ne pourraient que conduire des masses à l'échec, croyant prendre des raccourcis mais ne faisant, en leaders objectifs, qu'abuser de la psychologie des foules, comme cela est déjà discernable dans les comportements suivistes des militants en groupes, les mêmes qui vous reprochent de demeurer un «individu-du-capital» : misère de la subordination réelle ou refus d'abolir son enfermement ?

à la remarque que trop peu s'exprimaient, un théoricien célèbre répondait : « s'ils sont là, c'est qu'ils sont d'accord ». Comprendre d'accord avec qui parle, donc avec lui ou quelqu'un des siens. Froid dans le dos, comme à l'église... Qui prétend libérer quiconque de quoi que ce soit, sans commencer par changer lui-même de posture ?

improvisation

en vérité, j'écris ces morceaux d'anti-théorie dans l'improvisation, en l'absence de programme et de plan préalable à la rédaction. C'est la forme adéquate au contenu. De la déservitude volontaire. Un dégondage de portes verrouillées. On peut considérer que c'est un défaut, et c'en est un sur les critères répandus, mais qui ne sont pas les miens. Les théoriciens me font par trop songer à des énarques, dans le genre potaches attardés devenus professeurs, toujours premiers de la classe de la conscience. Tout s'y donne à comprendre, quand ce n'est à apprendre, plutôt qu'à penser. Qui écrira le livre des questions ? *

* deux poètes l'ont fait, Jabes et Neruda, pour qui c'est le dernier

j'écris pour des grandes personnes curieuses comme des enfants qui ne vont pas à l'école et préfèrent marauder dans les jardins des autres

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

même pour le courrier ministériel, je n'ai jamais pu suivre les conseils de «rédaction administrative». Cela faisait l'objet de formations que je fus plus tard chargé d'organiser, mais je m'y dérobais systématiquement pour leur préférer des ateliers d'écritures créatives, auxquels s'inscrivaient essentiellement des femmes. La plupart en ressortait comme libérées, bien décidées à écrire pour elles-mêmes autre chose que des courriers administratifs et autres notes de synthèse. Rien ne dit pour autant qu'elles en étaient moins bonnes pour ce qu'elles avaient à produire dans leurs fonctions. C'est une des choses dont je suis le plus fier, concernant mon «parcours professionnel» : avoir rendu des gens heureux en faisant tout autre chose que ce pour quoi j'étais payé, une forme de résistance au travail, jusqu'à ce que mes chefs se débarrassent de moi, si ce ne fut pas le contraire (Éloge de mon placard dans Travailler poème)

Potlatch

Contrat de non-travail

Patron, si tu préfères
m'offrir un bon salaire
pour ne point travailler

Être payé
à ne rien faire
n'est pas pour m'ennuyer

Un placard au soleil
huit heures de repos
obligé mais à l'œil
l'écart vient à propos

Distribuer le goût
d'autres activités
l'aversion des grigous
versée à gratuité

Ailleurs, 25 mars 2011 The Days Before 1 April

l'improvisation, quand elle se fait collective, est toute indiquée pour la libération communiste (voir 2002  Jazzitude et 2003, Jazz et communisme, texte à lire en remplaçant jazz par communisme, pour y retrouver la plupart de mes thématiques actuelles)

Kenny Werner, pianiste et enseignant de jazz, dans son livre Efforless Mastery, Liberating the Master Musician within, conseille à des instrumentistes en mal d'imagination pour improviser, trop pris par leurs techniques et leurs savoirs, de se mettre à un autre instrument, par exemple la batterie pour un pianiste. D'en jouer, littéralement, comme un gosse. Je conseillerais aux amateurs comme aux experts de théorie de se mettre un peu aux tambours, sans métaphore. Excellente voie pour saisir que théorie et pratique n'existent pas hors du corps à l'œuvre. Les artistes, les créateurs authentiques, n'ont pas besoin de connaître la 11ème thèse sur Feuerbach, c'est leur expérience quotidienne

tissé non stressé

insérer ici des images ou des citations relève d'une volonté de contrepoint improvisé (voir GIUFFRE Jimmy, sax clar flûte argt), d'un principe de collage où chaque élément prend dans son rapport au texte un sens nouveau interrogeant les autres et réciproquement, sans perdre son sens propre. C'est ce qui se passe avec le détournement (Debord etc.), ou plus simplement avec la rencontre des mots dans un poème, où tout fait sens par la forme tissée des rythmes et des sons autant que des signifiés. Cela brise la linéarité d'un discours renvoyant à sa seule compréhension interne d'un texte. Cela crée un halo de sens attisant la pensée, qui sinon tend à s'endormir dans la consommation des idées, pour un lecteur guindé d'idées guidé vers un tout à l'Idée comme on dit d'un tout à l'égout

« Tout n'est pas perdu, tant qu'on est mécontent de soi » Cioran, Cahiers

devoir de vacant

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 l'éclairage unitaire

en vérité, ce que je fais là en communiste me procure peu de satisfaction, à part celle d'un devoir accompli, auquel je ne peux me soustraire. Je fais sous mon surmoi avec mon sens de l'auto-discipline, autant que possible sans compte du regard des autres, condition d'une liberté qui ne s'acquiert que dans la solitude et l'absence d'amis supposés, ces poids à traîner qui vous empêchent d'être un autre

le pire est que ça me rend coupable de ne pas me consacrer à quelque chose de plus créatif, par exemple cultiver des pommes de terre pour le plaisir, et goûter à l'immédiatisme. Mais à ceci je n'ai jamais pu me résoudre : faire passer l'art, la poésie, avant ce monde de merde

bonheur du poème 

« La poésie a, comme la vie, l'excuse de ne rien prouver.» Cioran, Précis de décomposition

pourtant le vrai bonheur ne me vient que de pouvoir écrire, encore, un poème qui me (sur)prenne. De ne plus en être capable me saisit de panique. Alors je me couche chaque soir en espérant rêver, bien que je n'écrive quasi jamais à partir de mes rêves. Je suis aussi peu surréaliste qu'il est possible, sachant bien que la plupart des procédés du genre 'rêve éveillé' tenaient de la supercherie de groupe, à part chez quelques-uns, Desnos par exemple

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 la poésie peut casser des fabriques

fabrique sans fabrication

mais il n'est pas rare que les éléments d'un poème se construisent entre sommeil et réveil, en bribes de phrases bientôt devenant des vers, le cerveau automate d'un effet troublant. Il me faut alors transcrire au plus vite, car cela fuit plus vite que ça n'est arrivé, de je ne sais où. Cela fait partie du métier de ne point avoir d'heure, de se lever au milieu de la nuit pour mettre le poème en travail, comme d'avoir un carnet dans la poche pour y noter ce qui vient quand ça vient, ce que font aussi peintres et musiciens

le temps ensuite vient du chantier, de l'écriture proprement dit. Il ne reste au final que peu d'éléments du départ, ou complètement chamboulés. Le poème passe par un nombre incroyable de stades, jusqu'à saisir celui où il est, comme dit mon amie peintre Fadia Haddad concernant un tableau, résolu. Il faut savoir arrêter un rêve. Mais comme je disais, mon devoir communiste me prive du temps d'être poète, alors je ne fais qu'entre autres de la poésie

en vérité, je n'ai jamais eu l'angoisse de la page blanche, sauf dans la discipline quotidienne de mes collages, c'était la nuit et la page était noire

l'angoisse du page blanc

(Histoire secrète de la poésie, II)

Ô claire lacune
Mon amie d'angoisse
Prête-moi tes maux

Avec ma plume haut
Trempée dans la poisse
Qu'ils crient : Exquis mots !
Choquez là ! Glacez !

Bon bon...  Ne te froisse 
Par trop c'est assez
D'un goût déplacé...

Ta pâleur m'a plu
Blanche tu n'es plus
Me voici ton page...

Y pa ni kado

19 décembre 2011 /60 Sonnet 165 Crise en vers

note : Rimbaud emprunte pour L'Éternité le vers à 5 syllabes de Au clair de la lune

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 

l'invention de la rime muette

(Histoire secrète de la poésie I)

Un faune étique et muet promenait son chat dans les gorges profondes de l'Abîme, quand tomber nous le vîmes. Le chat. Quelqu'un de haut jura : « Ah brutes que ces gorges ! » Le faune acquiesça d'un silence. L'écho nous le bas en perdîmes en haut de l'insondable gouffre, alors que le chat retombait sur nos pieds. Vous le comprîtes, nous en restâmes coïtes. C'est alors, encore une fois, que de haut le faune opina.

Donnons ma langue au chat : « C'est dans les gorges de l'Abîme que mon faune haut maître, à l'âme sublime, et moi chat retombé sur vos pieds, découvrîmes la rime muette »

13 décembre 2011 /57

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Gorges de l'Abîme

(à quoi ça rime ? je n'y ai jamais mis les pieds)

des récifs des récits

« - Au commencement de cette histoire comme de toutes les histoires il y a une question. Et les récits qui trouvent en nous le plus puissant écho ont le don de se retourner contre le narrateur et de le rayer lui et ses motifs de toutes les mémoires. De sorte que le point de savoir qui est le narrateur est une question on ne peut plus à propos.
- Toutes les histoires ne tournent pas autour d'une question.
- Mais si. Quand tout est connu il n'y a pas de récit possible.»
Cormac McCarthy, Des villes dans la plaine, L'Olivier 1999 p. 298

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 le communisme embarqué

jusque-là, nous nous sommes interrogés à partir d'une prise de parti communiste, traduite par une question : où se situe la perspective communiste de sortie du capital ? Comme tous ceux qui le font en tant que communistes, nous ne l'avons pas posée comme une hypothèse parmi d'autres, mais comme une nécessité. En proportions variables, cette nécessité est à comprendre dans tous les sens du terme, objectifs et subjectif

dans la tradition marxiste, c'est une  nécessité historique, un processus qui ne peut que se produire comme résolution de contradictions en mouvement dans les rapports de l'économie et du social. Le capitalisme comme monde de production est confronté à une crise de reproduction globale, conduisant à son moment catastrophique (au sens d'une explosion thermodynamique). Cette crise tient la clé ouvrant la porte de sortie de l'économie et de l'État, par une révolution mondiale

dans la tradition humaniste et politique, la nécessité est éthique voire morale, à partir d'une considération : ce monde est trop destructeur et injuste pour durer, il faut en changer

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Charles Williams 1823

avalez la pilule : nécessité n'a point de loi !

si nous l'avons posée comme nécessité sans examiner d'autres hypothèses, c'est parce que nous avons fait un choix, que nous nous sommes engagés. Au départ, ce choix ne tient pas à la raison, mais au cœur : il est de nature éthique. Cette dimension sera le plus souvent évacuée du propos théorique, car elle tend à affaiblir le caractère de nécessité que l'on veut lui donner. Certains iront jusqu'à avouer, comme garantie d'un plus de scientificité, qu'ils ne sont pas communistes, autrement dit qu'il n'est pas nécessaire de l'être pour considérer que c'est comme ça

les théoriciens communistes, faute de pouvoir s'appuyer comme Marx sur une puissance montante, la classe ouvrière étant défaite comme sujet révolutionnaire idéal, en sont réduits à des conjectures dont ils construisent les récits de façon abstraite à partir de raisonnements post-marxistes divers. Au-delà de leurs divergences concernant le moteur du changement en terme d'impossibilité d'un futur du capital - qui creuse sa propre tombe -, ils cherchent le carburant, l'essence pour le moteur, c'est-à-dire le sujet de la révolution : qui la lutte des classes, qui la multitude bio-politique, qui orphelin d'un sujet cherchant à le constituer... sur le papier

produire le communisme ou sa théorie ?

« les choses non les mots » Jean-Luc Godard

par-delà leurs différences, ces théories ont un point commun : il s'agit de «produire théoriquement la révolution». Ainsi a-t-on vu Roland Simon reprocher à Christian Charrier de ne pas produire la révolution, Astarian considérer que « La théorie critique de la valeur (celle de Postone tout au moins) est impropre à critiquer le MPC jusqu'au point où celui-ci rend possible le communisme », 'Temps Critiques' parler de «nécessité», d'«exigence», de «réalisation» de «la révolution produite à titre humain»

il s'agit donc de l'expression d'un désir, ou d'un vouloir, sur la base d'une représentation incontestable de la réalité, aspect qu'il leur faut plus ou moins masquer, afin de conférer à leurs théories une dimension objective, au besoin agrémentée d'un récit racontant la révolution projetée sur le futur par leurs analyses. Chez certains cela se traduit par la construction d'un corpus voulu inattaquable prenant la forme d'un système, véritable contre-système du monde, sur le papier

les mots viennent combler le manque de la chose, trop loin...

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 'salon' ou 'foire internationale' du livre libertaire : les mots sont-ils importants ?

nécessité fait foi

cette posture - produire la révolution en théorie - a pour production première des adeptes de telle ou telle de ces théories, ou de plus éclectiques allant d'un stand à l'autre remplir leur panier sur le marché théorique, comme à la foire du livre révolutionnaire. Bien vite on passe du récit à sa récitation, le futur simple relayant le conditionnel présent. On y croit tellement, ou du moins fait-on comme si afin d'échapper à la suspicion des 'camarades', qu'aucune autre possibilité historique n'entre en ligne de compte

l'angoisse prend place de l'audace

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Antoine Agoudjian

l'inconnu étant source d'angoisse, il faut faire comme si on connaissait tout, ou presque, et donc préférer choisir dans la réalité ce qui alimente l'espoir. « Quand tout est connu, il n'y a pas de récit possible ». Il convient d'écarter toute question « que va-t-il se produire ? », considérer comme hors champ toute hypothèse de réponse, pour la remplacer par celle-ci : « comment ça - la révolution - va se produire ? »

si on ne se pose pas cette question et seulement celle-ci, on ne peut pas être communiste. Si l'on sort du champ de la perspective communiste, on ne peut être que dans l'autre camp, on n'est plus un·e 'camarade', à tel point qu'on n'ose avouer ses doutes. Un de ces théoriciens me confiait : « Si je leur dit ce que je pense, c'est fini... »

le tout sans le tout, un parti sans atout

qui ne voit qu'inscrire sa pensée dans la seule perspective communiste est nuisible à cette perspective même ? La forme du changement révolutionnaire n'est pas prédictible, ni la part de continuités et ruptures dans le processus de transformations sur la longue durée déjà en cours, et de bouleversements dans une succession de temps courts. Réduisant sa focale et regardant les choses par le petit bout de la lorgnette (c'est-à-dire grossissant les détails dans un champ étroit), on ne voit plus l'ensemble, mais la partie choisie pour être supposée contenir le tout. Alors échappent les changements les plus susceptibles d'annoncer l'avenir

à mon sens ne sont pas assez prises en considération les transformations à l'œuvre sous nos yeux, parce que nous n'avons pas le recul indispensable à l'observation et à l'interprétation. Nous bricolons avec des outils conceptuels du passé, et nous dédaignons ceux qui en forgent de nouveaux

le moindre paradoxe n'est-il pas que des révolutionnaires préparent leur soupe dans de vieux pots ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 Shadow of a Doubt : la femme est l'ombre de l'avenir

le doute cependant

pourtant, devant les échecs de tous les pronostics théoriques, ce qu'il ne faut pas avouer, une part de doutes accrus, s'investit dans une grande curiosité pour ce que dit quelqu'un comme moi, «camarade» auto-aboli qui n'a aucune honte à envisager, plutôt que l'impossible, tous les possibles, tous les mondes possibles pour le pire et le meilleur

les réalités sont leurs propres (non-)théories, quoi qu'elles produisent, que les théories ne produiront jamais, même sur le papier

c'est pourquoi j'ouvrirai prochainement mon regard à d'autres considérations sur le monde actuel

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 mais trop c'est trop ?

encore une bonne nouvelle

il y a maintenant six ou sept décennies qu'aucun changement dans le monde ne s'est fait au nom du communisme, pas même une inflexion dans le cours du capital. Mais pour le communisme, ce n'est pas une mauvaise nouvelle

jusque-là, les communistes interprétant le monde ont voulu le transformer, et le monde les a abandonnés. Le communisme est un combat qui n'est pas produit par des théories communistes, et la révolution n'est pas fondamentalement à produire par des communistes, ni en théorie, ni en pratique

« Vivre, c’est être un autre. Et sentir n’est pas possible si l’on sent aujourd’hui comme l’on a senti hier : sentir aujourd’hui la même chose qu’hier, cela n’est pas sentir – c’est se souvenir aujourd’hui de ce qu’on a ressenti hier, c’est être aujourd’hui le vivant cadavre de ce qui fut hier la vie, désormais perdue. » Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité

anti-journal 1988 > 11 mai 2014 des sas des os des ego

8 avril 2014

'la renaissance des communs' : quel contenu révolutionnaire ?

anti-journal 1988 > 11 mai 2014

qu'on la considère comme nouvelle idéologie citoyenniste* -comprendre 'contre-révolutionnaire'- à critiquer radicalement, ou vecteur d'un changement de civilisation par une sortie de l'économie dans une perspective d'abolition du capital, l'idée des 'communs' est devenue incontournable pour quiconque se penche sur le présent avec ou sans intention d'y lire l'avenir pour orienter ses actes

encore, sur le langage et ses effets pervers

il en va de citoyen comme de démocratie voire d'alternative, allez savoir quel sens le basique des mortels confère à ce mot, par exemple en s'affirmant «citoyen du monde»... Mieux vaut prendre les mots dans le sens que leur donnent ceux qui les utilisent. Si le sens commun me convient, je ne vois pas la nécessité d'en inventer un pseudo-conceptuel dans l'auto-référence pour quelques-uns. Au sens propre et commun du terme, le communisme est une alternative au capitalisme :

alternative, nom féminin
Sens 1 Situation à laquelle il n'existe que deux solutions possibles
Sens 2 Etats opposés qui se succèdent régulièrement
Sens 3 Solution de remplacement

partir en guerre contre toute expression d'une alternative anticapitaliste n'engage que les imbéciles coincés par la pseudo-radicalité de leur langage, qui enferme les mots dans un sens qu'ils seraient seuls à lui donner : le sens du mot alternative n'est pas figée par l'idéologie des leaders du démocratisme radical, d'autant que la contre-idéologie a fabriqué son idéologie de la communisation comme programme, en miroir du programmatisme marxiste traditionnel

les utilisations actuelles des 'communs' se situent entre ces deux extrêmes, et quoi qu'il en soit, mieux vaut savoir ce que recouvre le mot plutôt que se lancer dans une excommunisation de plus. Nous voyons qu'il en va ainsi de toute idée nouvelle produite à telle époque, dans l'éventail des utilisations qui en ont été faites. La démocratie, le communisme, le travail, le féminisme, l'insurrection... en sont quelques exemples historiques

une bonne nouvelle, du grain à moudre

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Meunier tu dors

ce n'est pas tant que le moulin tourne trop vite ou qu'on ne puisse se passer du meunier, mais

la tâche des révolutionnaires est, sur les tous les fronts porteurs de l'abolition du système capitaliste, de discerner la possibilité des conflits et de promouvoir les nécessaires ruptures. C'est du moins ce que je me propose, comme en exemple le renversement du 'démocratisme radical', impasse idéologique mais moment réel des luttes contre le capital, ce que n'a produit aucune thèse révolutionnaire quelle qu'elle soit depuis la fin du programmatisme prolétarien. Mais les ruptures, les pas à franchir, sont relatifs selon d'où l'on vient, et cela vaut pour toutes identités, y compris de révolutionnaires estampillés

la lutte des idées est complètement imbriquée dans le cours du capital au sein des luttes. Aucune issue n'est garantie. L'idée de 'communs' ne porte pas en elle la révolution, c'est l'enjeu d'un combat à mener, un combat communiste. S'en démarquer avec dédain au nom de la classe ou du patriarcat, c'est perdre d'avance un combat non mené contre le capitalisme réel au sein des transformations sociales et des luttes réelles

de fait, ce qui compte c'est la représentation que l'on fait de constats le plus souvent partagés, c'est cela qui a fait en son temps la différence de Marx avec tous les autres, une puissance subjectivante parce qu'elle était alors la mieux fondée dans les rapports sociaux

quelque chose a changé dans les rapports sociaux de production, dans les activités collectives de travail, et cela modifie les circonstances dans lesquelles s'inscrit la perspective d'éventuels changements révolutionnaires. C'est d'ailleurs la thèse d'Hardt et Negri, parmi d'autres (Silvia Federici...) qui lui accordent une place centrale dans le mouvement de dépassement du mode de production capitaliste, sur la base de continuités-ruptures dans ses réalités présentes. Autrement dit, compte tenu de l'expérience historique des révolutions précédentes, c'est en ceci une approche des plus réalistes, que cela plaise ou non aux tenants des modèles produits en chambre close pour être projetées sur l'écran de leurs utopies

David Bollier s'intéresse aux communs depuis la fin des années 1990. Son site news and perspectives on the commons regorge de références. Son livre La Renaissance des communs, pour une société de coopération et de partage vient de paraître en France. Voir la préface d'Hervé Le Crosnier. Autres livres

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

abolir les identités, non les singularités et leurs combats pour l'en-commun dans individualités et singularités communistes, où est le problème ?

« Il ne s’agit pas aujourd’hui de se battre pour abou­tir à la recons­truc­tion d’une théorie de la révolu­tion ou à la recher­che d’une vérité, mais plus modes­te­ment de voir le lien entre ce que nous énonçons et ce que nous pou­vons faire, loin de tout immédia­tisme ou acti­visme qui ne représen­te­raient que le revers de l’auto­no­mie de la théorie sur la même pièce de fausse mon­naie.» La valeur n'est pas un sujet historique, Jacques Wajnsztejn,  30 septembre 2011

il m'arrive d'être d'accord avec quelqu'un·e. Ainsi dans ce qui précède sur la première partie jusqu'à « voir le lien entre ce que nous énonçons et ce que nous pou­vons faire ». Quant à la suite, je le partage également, tout en considérant que le problème est excessivement limité, et concerne très marginalement les luttes à partir desquelles peut se dessiner la perspective des abolitions, des classes, du genre, de la race et de toutes les identités construites par le capital

pour revenir sur mon intervention d'hier, je signale un texte de juin 2013 sur le blog de Temps Critiques, Prolétariat, sujet historique, genres et théories de la valeur. On y trouve une exposition synthétique de la production historico-sociale de l'individu (1) à ses particularisations et revendications identitaires actuelles (2)

(1) le choc entre la dernière offensive prolétarienne d’envergure et le procès multiséculaire d’individualisation, produit le passage, à l’intérieur même du cadre d’analyse des classes, du prolétaire-individu à l’individu prolétaire ; le premier terme subsumant chaque fois le second. Mais pour rendre cette phrase moins obscure (car trop elliptique) et moins discutable historiquement (car elle condense trop des processus historiques longs et non linéaires), J.Guigou propose ce petit développement : « le procès multiséculaire d’individualisation » a d’abord produit l’individu-aristocrate, puis l’individu bourgeois, c’est-à-dire que c’est dans les classes dominantes que le procès d’individualisation est intervenu. Dans les sociétés impériales, puis royales, puis bourgeoise, il agit sur les classes dominantes et non sur les classes dominées. Dans l’empire romain, ni les esclaves (sauf dans l’épisode de la révolte de Spartacus), ni les paysans non propriétaires, ni le lumpen-prolétariat urbain sont affectés par l’individualisation. Au Moyen-age, dans les États-royaux européens (et notamment dans la France en cours d’unification) l’individualisation étatico-féodale n’est pas très puissante, du moins jusqu’à la Renaissance. Lorsqu’elle opère, la segmentation, la division, la sérialisation se fait sentir dans l’aristocratie. Le marchand est un individu potentiellement bourgeois qui s’est autonomisé de l’artisanat et des premières fabriques.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Le changeur et sa femme Quinten Massys 1514

« On a là une représentation fidèle, typique, de la classe sociale montante, celle de la bourgeoisie naissante, avec de visible dans le miroir une fenêtre avec l'inévitable beffroi, qui relève de la culture des Pays-Bas (soit les actuelles Hollande et Belgique, avec une partie du Nord de la France).» les matérialistes.com

(2) Tout d’abord dans mon Capitalisme et nouvelles morales de l’intérêt et du goût (L’Harmattan, 2002), J.Guigou y disait dans l’introduction : « Dans la société capitalisée d’aujourd’hui, les individus ne peuvent affirmer leur être au monde qu’en s’autonomisant des anciennes déterminations de classe, de nation, de race, de culture, de religion, de sexe qui opéraient encore comme médiations jusque dans les années 1960. Déferlèrent alors les « libérations » particularisées des décennies suivantes. Femmes, enfants, homosexuels, salariés, minorités de tous ordres et de tous lieux, humaines ou animales [...] se déclarent « en mouvement », s’activent dans la recherche de leur « identité » pour la faire aussitôt reconnaître par un droit, la consacrer par une morale, l’exalter par un goût ou un intérêt. Autoréférence et particularisation règlent et dérèglent la vie de l’individu-démocratique et les milieux dits radicaux y participent souvent activement ».

cela correspond aux deux premiers temps "dialectiques" dont j'ai parlé. Ce phénomène est visible aux belles heures du démocratisme radical, quand il s'agit de faire converger les luttes des dominés en tous genres, dans une unité (alter-mondialiste) qui ne parvient pas à leur offrir un débouché révolutionnaire, dans la mesure où elle les entérine (anti-racisme, anti-sexisme, anti-capitalisme...) sans attaquer le capital comme tout en termes de ruptures à produire

je ne pense pas que la question se pose comme convergence, parce que sur tous les fronts, le capital est objectivement en face, cible potentielle, sans nécessité d'une médiation par la classe, et même si cette unité peut se construire ici ou là dans telle conjoncture : encore faudrait-il la mettre en évidence à partir de ces singularités où elles existent face au capital, et ne pas réduire la conjoncture à une convergence insurrectionnelle sous le drapeau du prolétariat (sauf à réactualiser ce concept)

c'est néanmoins un moment historique important, le temps simultané de la reconnaissance d'une domination en tant que ceci ou cela, la conscience d'être exploité, dominé parce qu'on est salarié ou chômeur, femme, 'personne de couleur', habitant de tel État-Nation, etc.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 source APCD, actions des précaires et chômeurs de Dordogne

voir aussi le site cases rebelles et la définition de ce Collectif en 2010

« Nous ne prônons pas de modèle identitaire univoque. Nous croyons en des identités  mouvantes qui s’entrecroisent et  se réinventent en permanence.

Nous croyons aux alliances avec les peuples et les individus qui sont clairement débarrassés de la négrophobie. Nous croyons aux alliances avec les victimes de l’exploitation capitaliste de toute la planète, s’ils sont informés des histoires qui ont conditionné et conditionnent les rapports interraciaux. Nous soutenons et encourageons toute résistance, toute révolte contre l’hégémonie économique culturelle politique blanche et occidentale.

Nous ne prônons pas la guerre raciale mais la guerre sociale.»

abolir les identités, non les singularités et leurs combats pour l'en-commun

concernant la race, le nègre, ces deux premiers temps sont ce dont parle Achille Mmembe comme 'assignation, intériorisation et retournement' (Critique de la raison nègre, pages 68 à 73), et dont il envisage le dépassement

« mais si, de fait, la différence se constitue dans le désir (voire l'envie), ce désir n'est pas nécessairement désir de puissance. ce peut être également le désir d'être protégé, d'être épargné, d'être préservé du danger. D'autre part, le désir de différence n'est pas non plus nécessairement l'opposé du projet de l'en-commun. En fait, pour ceux qui ont subi la domination coloniale ou pour ceux dont la part d'humanité a été volée à un moment donné de l'histoire, le recouvrement de cette part d'humanité passe souvent par la proclamation de la différence. Mais, comme on le voit dans une partie de la critique nègre moderne, la proclamation de la différence n'est qu'un moment d'un projet plus large - le projet d'un monde qui vient, d'un monde en avant de nous, dont la destination est universelle, un monde débérrassé du fardeau de la race, et du ressentiment et du désir de vengeance qu'appelle toute situation de racisme. » p. 262-263

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Franz Fanon

il n'est pas difficile de faire le parallèle avec la classe et le genre. C'est d'ailleurs en terme de « Parallélisme révolutionnaire » qu'Hardt et Negri abordent la question dans la sixième partie de CommonWealth, Révolution, avec un chapitre intitulé « La politique identitaire au purgatoire », où ils se réfèrent à W.E.B Du Bois et Franz Fanon, allant jusqu'à affirmer

« Le projet d'abolition de l'identité joue donc le rôle traditionnel de l'abolition de la propriété et de l'abolition de l'État » p. 470 « S'efforcer d'abolir l'identité est la troisième tâche nécessaire pour soutenir les deux premières, développer la fonction rebelle de l'identité et conduire la politique identitaire vers un projet révolutionnaire » p. 469

le troisième temps de la valse (la danse de Monsieur le Capital avec Madame la Terre, comme disait Marx) c'est d'un point de vue limité, mais plus large, le renversement du 'démocratisme radical' en un processus de subjectivation d'un-commun révolutionnaire, qui ne consiste ni à dire que la lutte de classes, c'est fini, ni à attendre la constitution d'une unité de cette 'multitude' (Négri-Hardt), ni à la reporter dans l'immédiateté mythique du processus communisateur

la théorie n'est qu'un témoin et la révolution n'est pas un tribunal de la raison

« Maintenant, Isidore est prêt. Il maîtrise à la perfection les techniques de combat éloigné, d'une absolue nécessité pour le jour, proche, de la guerre sociale totale et définitive, que les prévisionnistes de la révolution ne manqueront pas d'annoncer le lendemain, sur Tweeter, où il n'est pas inscrit. » Maboul Isidore Roman feuilleton Février 2012  5 D'un examen blanc

sur le plan théorique, pour « voir le lien entre ce que nous énonçons et ce que nous pou­vons faire », il me semble contre-productif de considérer qu'il s'agit de trouver la bonne articulation en termes de structuration autour de l'exploitation (Théorie Communiste), comme de tirer à boulets rouges sur la Critique de la valeur prise en bloc idéologique sans considération des positions d'une Roswitha Scholz entre autres, et même de l'obstination d'un Anselm Jappe pour « en finir avec la fausse critique du capitalisme ». Dans le genre, qui dit mieux que Jean-Pierre Garnier pour l'OCL : « BHL-Robert Kurz, même combat ? »

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 la controverse de Valladolid

dit autrement, le débat essentiel n'est pas entre théories ou théoriciens, prenant à témoins de leur pertinence des sujets assignés à un rôle de spectateurs comptant les points. Ils ne font que filtrer, appauvrir et rentrer aux forceps sous leurs bannières conceptuelles des réalités et des luttes qui ne s'y réduisent pas. Le combat communiste consiste aussi à abolir la séparation entre 'théories' et 'pratiques'. On ne dira jamais assez que de tels débats sont à l'inverse à la pensée de Marx selon laquelle on ne comprend que ce qu'on transforme. Quel paradoxe d'en faire un débat théorique qui trouverait en soi sa fin, plutôt que la fin de la théorie séparée

à titre de contre-exemple, un message reçu ce matin suite à la diffusion par Bruno Astarian de son dernier texte (Valeur et luttes de classes chapitre 8 de l'abolition de la valeur) : « En résume : avec la valeur, on n'a pas les classes. Et avec l'abolition  de la valeur ( et les "critiques de la valeur"), on n'a donc pas la révolution comme luttes de classe. Au pire une vision a-classiste, au mieux une sorte d'assemblage, de collage, un "programme minimum" pour la révolution.»

si c'était aussi simple, Astarian se serait agité pour rien, et nous pourrions tous et toutes aller nous coucher. Astarian ne s'en tient d'ailleurs pas à critiquer la Wertkritik, et ne la critique pas en bloc, mais sur la question de la valeur, qui n'épuise pas ce que disent ceux qui s'en réclament même s'ils rejettent la conception marxiste traditionnelle de la lutte des classes

d'une part si la vision non a-classiste, c'est celle de TC expurgée de la domination de genre (SIC n°2), on observe l'impasse théorique et pratique à laquelle elle a abouti. Avec cette pratique théorique, tout lien se trouve d'emblée défait avant d'être tissé « entre ce que nous énonçons et ce que nous pou­vons faire ». TC n'est peut-être pas théoriciste et attentiste a priori, mais c'est comme ça qu'il est utilisé, parce que c'est inscrit dans son concept de communisation immédiate, qu'il le veuille ou non. Le message subliminal, la lecture symptomale, c'est « il va falloir attendre ». Paradoxalement, TC reprochait à Troploin d'attendre la révolution dans une forme qui ne reviendrait plus, mais attend les écarts dans un angle mort (sic) des plus réducteurs : forme dépassée pour forme supposée à venir, à chacun son mythe

d'autre part ce qui compte c'est d'inverser la perspective par le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie, et il n'apparaît pas que tous ceux rangés comme 'critiques de la valeur' soient moins sensibles aux luttes que d'autres, sans se prendre les pieds dans la controverse stérilo-française sur l'immédiatisme et l'activisme : l'activisme est aussi celui des théoriciens. Dans une certaine mesure, si l'on s'en tient à l'activité des blogs respectivement référencés à cette critique de la valeur et le splendide silence de ceux prônant la communisation, on constate aujourd'hui le contraire

accessoirement, il s'agit aussi d'abolir les identités théoriques et militantes, un véritable cancer et son concert en uniformes sous étiquettes. L'alternative, ici, c'est franchir ce pas ou se condamner à l'impuissance et à la marginalisation dans le moment présent du capitalisme, un combat d'égo pour avoir raison, une contre-révolution dans la pensée révolutionnaire

7 avril

langages et communs : les mots pour le dire dans des individualités communistes, où est le problème ?

il y a dix ans, dans un texte relevant du "démocratisme radical" Pour une autopraxis d'émancipation, Pour une culture et un langage de rupture, j'écrivais : « Le besoin d'un langage commun : les mots pour le dire / La pensée révolutionnaire a perdu, historiquement, une guerre des mots. La culture commune du changement passera par l'appropriation d'un langage commun, qui traduise la subjectivité collective... »

aujourd'hui, j'en suis revenu. Il est d'abord contradictoire d'exiger un langage commun pour un principe démocratique et libertaire. Les expériences abondent montrant qu'un langage commun est toujours le langage d'un pouvoir de certains sur d'autres, que ce soit par le savoir, l'identité de parti, l'Etat, les médias, le management... Le langage commun trace une frontière entre ceux qui le partagent volontairement et ceux qui le subissent en l'adoptant ou non (d'où l'intérêt du double speaking...)

j'évoquais plus bas la notion d'auto-organisation qui a plusieurs acceptions selon le milieu dans lequel elle est utilisée. Je l'ai rencontrée pour la première fois dans La méthode d'Edgar Morin (1977) et chez Henri Atlan, avec le sens qu'elle a dans la théorie des systèmes (voir analyse systémique), en sciences (physique, chimie, biologie...), ce qu'on regroupe sous le terme de complexité. Voir auto-organisation

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014