anti-journal > 1er avril 2014

 

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en cas de déconn-action, deux adresses http://patlotch.com/text/index.html et http://www.patlotch.esy.es/text/index.html contact Patloch(ar)free(pt)fr Jean-Paul CHABARD

« En opposition au journal intime, un journal extime sonde l'intimité non pas de l'auteur, mais du territoire qui lui est extérieur. » Michel Tournier Journal extime 2002

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

Within some walls of stone
Another world is waiting for it's own
Another time, another world, another world
Abbey Lincoln
Another World Music

j'ai des ennemis mais l'enfermement s'abolit

suite de anti-journal 1988 - 11 mars 2014

anti-journal > 1er avril 2014

31 mars 2014

communisation vs communs => communismes

dans critique du 'courant communisateur' et les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

quel changement de paradigme révolutionnaire ?

cette vidéo aussi pour signifier un regret, ne pas comprendre entre autres l'espagnol et le portugais, et de ce fait limiter le champ des références au français et à l'anglais, ce qui se fait sentir dans la fréquentation du site, certes une cinquantaine de pays sur tous les continents, mais peu en Amériques latines

dans mon cheminement, la communisation cesse d'être la référence négative par laquelle j'ai reconstruit ma compréhension de la perspective communiste. Cette référence n'avait rien d'absolue, rien d'une nécessité objective quant à l'influence sociale de ce courant théorique. Sa critique n'a eu d'utilité que pour moi, éventuellement des 'camarades' s'y référant et prenant conscience de cette impasse théorique. Ce n'est pas ma victoire sur eux mais leur défaite par eux, et au-delà, de toutes les conceptions ouvrières de la classe des abolitions comme sujet de la révolution

comme le disait Lobo dans un commentaire de dndf « les théoriciens de la communisation pourraient dire exactement le contraire de ce qu’ils disent, qu’il faut absolument un programme révolutionnaire, une période de transition, l’autogestion des centrales nucléaires, une juste mais ferme domination masculine, etc. que ça n’aurait pas non plus la moindre conséquence », dans la mesure où « toute théorie qui ne subit pas le baptême du feu de la pratique, comme, inversement, toute pratique qui n’effectue pas de retour réflexif, est condamnée à la folie. À la folie de l’auto-engendrement. Et, comme je l’ai dit au début, elle peut se déployer autant qu’elle le voudra, elle ne tire pas à conséquence. Et ça, c’est terrible : ne pas tirer à conséquence. Autant en emporte le vent ? »

la critique que j'en ai faite a été systématique, articulant et déconstruisant la cohérence formes-contenus du corpus de Théorie Communiste, et par suite le paradigme même de la communisation comme stricte immédiateté de la révolution, c'est-à-dire in fine le caractère religieux, idéaliste, d'une théorie de l'attente plus que de l'activité, du communisme comme mouvement et combat

cette théorie a révélé son idéalisme pré-marxiste, son caractère d'utopie. En prenant ses rêves pour la réalité, elle n'a fait que projeter sur le présent l'idée qu'elle se faisait de la révolution plus tard, dans une simple inversion de la révolution selon le programme ouvrier. Le moment actuel du capitalisme n'a été observé qu'à partir de la thèse d'une lutte finale dont le processus était annoncé pour plus tard. Aucune lutte ne s'est référée à la visée communisatrice, pas même celles, 'théoriciennes', sur lesquelles celle-ci prétendait s'appuyer : celles-ci ne sont que luttes désespérées pour la survie dans le système capitaliste. De ce fait, ont été laissées de côté, taxées d'immédiatistes, d'ex-communistes, de contre-révolutionnaires, une part décisive des luttes constituant aujourd'hui l'antagonisme capital-prolétariat, dont il ne s'agit pas non plus d'exclure les émeutes et insurrections

cette théorie de la communisation a produit de tels comportements militants, désignant comme adversaires tous ceux qui ne s'y retrouvent pas, que la question pourrait être posée, si elle portait à conséquance : pour qui roulait-elle ?

l'«annonce» du «préviseur» à partir des «écarts» affrontant les «limites» pour «franchir le pas» s'est avérée promesse révolutionnaire reportée à l'horizon d'une crise globale, alors que celle-ci est déjà là, générant partout dans le monde une profonde transformation des formes et contenus des luttes, sur plusieurs fronts, qu'il s'agit de relier en subjectivation, le ciment de cet en-commun étant les communs au cœur du projet communiste

je poursuivrai la réflexion autour de ce changement de paradigme révolutionnaire, avec le regard nouveau à porter sur ce qu'est le prolétariat d'aujourd'hui, qui n'est plus dans le capitalisme global structuré autour du noyau de la classe ouvrière, mais de ceux d'en bas. Ils ne sont plus ceux qui n'auraient rien s'ils ne travaillaient pas pour le capital - c'est aussi confondre misère et pauvreté, celle-ci étant tout sauf dépourvue de puissance contre ou en dehors du capital

il ne s'agit pas d'abandonner le concept de la lutte de classes, mais de changer celui des luttes et celui de la classe des abolitions

qui dit subjectivation pour un en-commun suppose, de la part des militants définis par leurs identités de parti ou de référence organisationnelle, de les dépasser pour se percevoir comme éléments d'un mouvement communiste qui excède les catégories de langages et d'engagements dans telle ou telle forme de lutte considérée comme plus révolutionnaire que d'autres, sur d'autres lignes de fronts ou d'autres lieux du tout-monde

sauf à faire obstacle au processus de subjectivation révolutionnaire, cette auto-transformation de la posture théorique ou militante doit se comprendre comme une partie seulement d'un tout des luttes que mènent sans étiquettes les prolétaires, femmes, racisés pour dépasser leurs 'différences' sur la base de leurs différences, sortir de l'enfermement dans des communautarismes de luttes qui participent de la segmentation du prolétariat de la pauvreté, qu'il soit ouvrier, précaire ou sans emploi, féminin, migrant, paysan, etc.

 

« Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas. Pas assez ! »

anti-journal > 1er avril 2014 un genre d'abolition

« Placer Voltaire en exergue d'une livre comme le fait ici Raoul Vaneigem n'est jamais innocent...

Propos racistes, xénophobes, antisémites, révisionnistes : la liste est longue de ce qu'il faudrait éradiquer, si l'on en croit nos maîtres à penser. « Aucune idée n'est irrecevable, même la plus aberrante, même la plus odieuse », répond Vaneigem qui ajoute, citant non sans humour le poète Scutenaire, né comme lui dans la petite ville belge de Lessines : « Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas. Pas assez ! » Tout est dit. » Robert Ménard, Préface à Rien n'est sacré, tout peut se dire, Raoul Vaneigem 2003

anti-journal > 1er avril 2014 Béziers se fait Baiser

Robert Ménard et Marine Le Pen, un Boulevard à Voltaire...

« Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bavarde d'un Noir et d'une Blanche, ou d'un Blanc et d'une Noire. » Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, 1769, cité par Achille Mbembé, Critique de la raison nègre, p. 115-116

ils ont voté en Suisses : Le camp rose-vert conserve sa majorité au gouvernement bernois RTS 30 mars

anti-journal > 1er avril 2014 à Berne et pas bernés anti-journal > 1er avril 2014 malgré l'ours russe

pas que la France et l'Ukraine dans la vie, voilà de fait un conte en Suisse

30 mars

'communs', en-commun, convergences et limites, avec Hardt&Negri versé dans les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

'Commonwealth', de 2009, est publié en français en octobre 2012, livre donc récent. Avec cet ouvrage, les deux compères engagent une nouvelle réflexion théorique sur le concept de 'communs', entre propriété publique et privée, prolongée de considérations plus concrètes sur les voies de la révolution, titre de la 6ème partie

anti-journal > 1er avril 2014

j'en ai entrepris la lecture, que j'ai trouvée plus aisée que celle d'Empire, peut-être parce que je me suis depuis familiarisé avec le langage théorico-philosophique. Le contenu m'en a paru moins 'fumeux', notamment parce que le 'Capital Cognitif' et le 'General Intellect' y tiennent une place, pour autant qu'elle soit importante, non centrale ou du moins pas seule à définir les 'communs' à l'œuvre comme contradictions dans le capitalisme actuel. Je l'attribue d'une part au fait que la crise, depuis 2007, est entrée en scène, et avec elle des luttes et formes de luttes qui donnent une matière nouvelle, plus précise, plus large et diverse, à la théorisation de la perspective communiste

on peut donc considérer, bien que ce ne soit pas explicite, que ce livre est pour partie auto-critique d'Empire (2000 en édition française)

je rappelle qu'ayant été en 2002 séduit par les thèses d'Empire, elles ont alors marqué, d'un point de vue 'politique' certes non central, mon livre Jazz et problèmes des hommes, et le texte plus court Jazzitude, sous titré poétique pour la multitude, art-éthique-politique. L'évolution de mes positions m'avaient conduit à ajouter en mai 2006

il y a logiquement, dans "Jazz et problèmes des hommes" (dont le titre n'est pas pour rien un détournement de celui d'André Hodeir en 1954 "Hommes et problèmes du jazz") des passages que je n'écrirais pas aujourd'hui de la même manière, notamment ceux où j'emprunte le concept de Multitudes de Toni Negri/ Mickael Hardt sans m'appesantir sur sa connotation relativement à une détermination de classes (d'où le texte "Jazzitude, éthique... pour la Multitude"). Cela ne changerait pas au fond le sens de ce travail, qui échappe à toute politisation de par sa structure même (faire parler ceux qui ont produit cette musique dans leur histoire), mais cela en clarifierait les tenants et aboutissants théorico-éthico-politiques

le néologisme 'jazzitude' que je pensais alors inventer n'était pas encore répandu, et c'est en 2006 qu'est créé le forum de jazz éponyme, qui ne devait rien à mes écrits, mais que j'ai rejoint en 2013 avec la ferveur que l'on sait : Jazzitude

je dirai tout de go que du point de vue du 'schéma' révolutionnaire proposé, 'Commonwealth' est sans doute ce qui se rapproche le plus du point où je suis arrivé par des chemins différents et qui ne doivent rien à l'influence de Hardt et Negri, même si certaines idées sont dans l'air du temps, comme nous le voyons avec les questions du genre, de la race, de l'écologie; celle du dépassement d'identités conditionnant la subjectivation d'un en-commun révolutionnaire... Nous avons rencontré ces idées avec Silvia Federici, Achille Mbembé et d'autres, autour de l'intersection classe-genre-race, réflexion qui fut, à travers ma critique du 'courant communisation', la base d'une refondation profonde de ma vision du communisme

ce que je partage avec la démarche de Hardt et Negri, c'est la nécessité d'une approche globale articulant analyse critique du capitalisme contemporain et luttes en son sein laissant entrevoir de multiples pistes révolutionnaires de rupture, et cette perspective est davantage creusée que chez Silvia Federici, du moins dans les textes que je connais, l'avantage de celle-ci étant d'être aussi une femme de terrain, plus concrètement ancrée dans les luttes

il me faut donc approfondir cette lecture pour discerner les convergences et leurs limites

à première vue, les limites portent sur deux points essentiels :

- la visée encore nommée 'démocratie radicale', bien qu'elle représente une rupture avec l'"idéologie alternative du 'démocratisme radical' pour s'engager sur les chemins d'une révolution. Ayant considéré, voire 'annoncé', comme nécessaire cette rupture au sein de l'altermondialisme, je ne vais pas bouder ma satisfaction de la voir ici se dessiner, compte tenu de l'influence réelle de Negri et Hardt dans ces milieux

- une certaine naïveté quant à la capacité du capitalisme, de ses États, médias et de la 'biopolitique', de s'opposer par tous les moyens, particulièrement la violence et toutes formes de police, à la structuration d'une 'puissance constituante' de la 'multitude des pauvres'. C'est une critique que leur fait aussi Etienne Balibar : Les Questions du Communisme, novembre 2012

- des idées présentées de façon floue et parfois superficielle, pour ne pas dire bâclée, sans doute pour se faire comprendre d'un large lectorat, mais non sans y laisser le caractère plus rigoureux que l'on trouve dans les passages plus théoriques. Cela tient sans doute à leur éloignement du terrain, à leur posture universitaire jouant trop facilement de leur réputation internationale. Bref un jeu de séduction attrape-tout qui m'est assez désagréable

une remarque adjacente porterait sur le caractère un tantinet abstrait, de livres à livres, de cet ouvrage, son manque de matière concrète, même si, en ayant connaissance on peut l'imaginer aisément : c'est un livre de théoricien, dans le  mauvais sens du terme dont j'ai fait la critique au sujet du 'courant communisateur' - le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser la perspective. Toutefois, ce point n'est pas rédhibitoire, dans la mesure où le contenu de leurs idées s'oppose de lui-même à leur mise en œuvre à partir de ce qui serait un guide théorique

pour l'heure, pour qui n'est pas familiarisé avec les thèses de Hardt et Negri, ou qui les a évacuées pour des raisons en partie légitimes sur la base du parcours de Negri du l'opéraïsme à Empire, voici quelques présentations permettant de se faire une idée synthétique du contenu de CommonWealth

Retour sur l’émergence du mouvement pour la justice climatique : entretien avec Michael Hardt Mouvements, des idées et des luttes septembre 2010

Le Commun c’est un "faire ensemble"
Entretien avec Antonio Négri avec la collaboration de Carlo Vercellone Ecorev juin 2012

Antonio Negri -Michael Hardt, les mécanos de la sociale, Pierre Bance PDF 30 pages mars 2013

L’exigence de communs, la passion du commun – lectures de Toni Negri et de Hardt & Negri, Pascal Nicolas-Le Strat janvier 2014

comme d'hab', tant pis pour qui s'arrêterait soit à la réputation sulfureuse, en milieux marxistes, des auteurs, soit à leurs références 'post-modernes' - dont leur usage est critique comme celui de Spinoza ou Kant - à une terminologie qui les rebute...

à signaler un texte plus récent et plus court mais dense, Déclaration, ceci n'est pas un Manifeste mai 2013

anti-journal > 1er avril 2014 'un nouveau sens commun, la puissance des subjectivités en processus constituant'

à propos de ce fascicule, j'avais relevé la réception parfaitement ego-sectaire de certain 'communistes libertaires' pour qui le point aveugle du livre  était de ne pas prendre en compte leur existence... voir 14 février la contre-exemplarité identitaire et sectaire : en tuniques gratuites les uniques sont leur propriété

je reviendrai donc sur Commonwealth, particulièrement la partie 'révolution', dont plusieurs pistes font écho à mes propres préoccupations quant au tissage réel d'une subjectivation révolutionnaire, les auto-abolitions du genre, de la classe, de la race, auto-transformations des identités porteuses de ruptures avec le capital global, questions que nous avons retrouvées avec Achille Mbembé et le dépassement de la 'différence' sur la base de la différence : en ce sens, la visée des auteurs est semblable à la mienne, et par-delà convergences et limites, c'est déjà beaucoup

29 mars

Idéologie, racisme, intersectionnalité Une invitation à lire Stuart Hall, Kolja Lindner

à la croisée du marxisme, des Cultural Studies, des cultures populaires et de la critique de la 'race', Stuart Hall est mort le 10 février dernier. Concernant l'idéologie, on le considère comme un héritier d'Althusser. « Son origine jamaïcaine, son ralliement au marxisme et son rejet du magistrat intellectuel et de l’élitisme en font un universitaire au parcours atypique. »

anti-journal > 1er avril 2014 

tenons-nous, avec Stuart Hall, le chaînon théorique manquant concernant la structuration du capitalisme par le racisme ?

« L’important et long texte de Hall sur le racisme qui propose, comme le présent article, une analyse intersectionnelle des rapports de classe et de race, reste pour l’instant inédit en français. L’ensemble qu’il forme avec les analyses des identités ethniques, du multiculturalisme et de la postcolonialité présente la troisième préoccupation de l’œuvre de Hall »

versé dans races, genres, classes, Intersectionnalité...

Stuart Hall "Race, articulation et sociétés structurées 'à dominante' "(extrait) Contretemps 2014

Race, articulation and societies structured in dominance Texte complet en anglais

« J’ai essayé, dans cet article, de rendre compte de l’émergence d’un nouveau paradigme théorique qui, tout en prenant pour orientation fondamentale la problématique marxiste, cherche par le biais de divers moyens théoriques à surmonter plusieurs limitations rencontrées par certaines des appropriations les plus traditionnelles du marxisme – l’économisme, le réductionnisme, l’« apriorisme », l’absence de spécificité historique, etc. –, des limitations qui continuent à miner la portée de certaines réflexions par ailleurs très puissantes, qui ont rendu le marxisme vulnérable en lui faisant prêter le flanc à des critiques justifiées de la part des diverses variantes du monisme économique et du pluralisme sociologique.» [...]

anti-journal > 1er avril 2014 Le capital reproduit la classe comme un tout, y compris ses contradictions internes – comme un tout structuré par la race

« Il [le capital] contient et désamorce les institutions de représentation des classes, en les neutralisant, c’est-à-dire en les confinant à des stratégies et à des luttes axées sur la race et en les rendant incapables de surmonter les barrières raciales. Le?racisme rend le capital capable de briser toute tentative de construire des moyens alternatifs de représentation qui pourraient être capables de représenter plus adéquatement la classe en tant que tout – contre le capitalisme, et contre le racisme. Les?luttes sectorielles articulées par la race continuent au contraire d’apparaître comme les seules luttes défensives possibles pour une classe divisée en elle-même, dans son face-à-face avec le capital. Ces luttes sont donc également le terrain à partir duquel se déploie l’hégémonie du capital. Je précise qu’il ne s’agit absolument pas de dire que le racisme serait simplement le produit d’un tour de passe-passe idéologique.» [suite]

anti-journal > 1er avril 2014 Bradno People  Pawel Althamer Cette installation est une représentation de soi par l'utilisation de drogues hallucinogènes. Ces autoportraits font écho à ce que le sociologue Stuart Hall appelle « l'identité de la diaspora ». Ces identités, selon Hall, "produisent et se reproduisent, grâce à la transformation de la différence."

« Qu'est-ce que la pensée postcoloniale ? » Entretien avec Achille Mbembé Esprit décembre 2006

Faut-il vous présenter comme un théoricien du postcolonialisme ?

Le fait d’avoir écrit un ouvrage intitulé De la postcolonie ne fait pas de moi un théoricien du postcolonialisme ou un adepte de ce courant de pensée. Il faut ne pas m’avoir lu pour me présenter comme un théoricien du postcolonialisme.

En France pourtant, l’on vous classe dans ce courant. C’est d’ailleurs aussi le cas en Afrique.

Ceux qui le font savent rarement de quoi ils parlent. Beaucoup de pourfendeurs des études postcoloniales en Afrique manient des arguments idéologiques en lieu et place d’une analyse critique rigoureuse et disciplinée des œuvres auxquelles ils prétendent s’opposer. En fait, il n’y a pas meilleur critique du courant postcolonial que le courant postcolonial lui-même. En France, nombreux sont ceux qui souhaiteraient que nous soyons muets, des gens qui ne parlent pas et surtout pas entre eux. Ils pourraient ainsi construire notre discours à notre place et continuer de nous qualifier. La pensée postcoloniale est venue interrompre ce pouvoir exclusif de qualification. Voilà pourquoi elle dérange.

Entretien à l'occasion de la sortie de Critique de la raison nègre octobre 2013

« Toute pensée doit être insurrectionnelle » avec Mamadou Diouf

du Nègre, de la race et du capital, avec Achille Mbembe versé dans la 'race' pour l'esclavage, construction historico-sociale par et pour le capitalisme

anti-journal > 1er avril 2014

'Critique de la raison nègre' se confirme pour moi comme un grand livre. Ce penseur africain à la plume légère et d'une érudition impressionnante remet en perspective la pensée de la 'race' à travers la double figure du 'Nègre' et de l'Afrique - ce livre est une mine de références en français et en anglais pour qui veut approfondir ces questions à partir de textes écrits depuis le XVIè siècle jusqu'à ces dernières années. Il permet aussi de comprendre, dans l'évolution du capitalisme vers la globalisation, la teneur des luttes de libération de l'esclavage, de la colonisation, des apartheids et ségrégations, et leurs contenus limités dans les mouvements nationalistes noirs (Négritude...), pan-africanisme... fondés sur le « retournement» de la différence, c'est-à-dire son acceptation. Un intérêt de ce livre est sa synthèse dans le temps et l'espace autant que la diversité des angles d'approches de la 'question raciale'. Achille Mbembé est en français un des auteurs les plus profonds depuis Franz Fanon. Je le conseille sans réserve, particulièrement à qui n'a jamais ouvert un livre de penseur africain, comme une traversée, un pas à franchir vers la pensée des Autres

vidéo Achille Mbembe: «La condition nègre ne renvoie plus à une affaire de couleur» Libération 1er novembre 2013

Une présentation :

Dans son dernier essai, Critique de la raison nègre, paru le 3 octobre 2013 aux éditions La Découverte, l’historien et philosophe camerounais Achille Mbembe propose d’en finir avec la notion de race. Un ouvrage polémique qui propose à l’Occident comme à l’Afrique une autre posture sur la différence.

Achille Mbembe, 56 ans, s’impose comme « le » penseur actuel sur les questions africaines, qu’il s’agisse de démocratie, de rapport au pouvoir, à l’autre ou au reste du monde. Installé en Afrique du Sud, cet historien et philosophe camerounais écrit régulièrement des essais percutants, ainsi que des notes sur le blog de l’écrivain congolais Alain Mabanckou.

Son dernier ouvrage, Critique de la raison nègre, fait écho au plus célèbre ouvrage d’Emmanuel Kant, le philosophe allemand. Publié en 1781, Critique de la raison pure porte sur les limites de la rationalité. Achille Mbembe s’attaque à l’un des soubassements du monde occidental : la pensée de l’altérité et de la différence en termes de race, pour mieux justifier des rapports de domination et d’exploitation qui ont culminé avec la traite négrière, la colonisation et l’apartheid. Une vision qu’il compare à un « délire », une « folie » qui a mené à bien des catastrophes dans l’histoire récente de l’Europe.

La « raison nègre », sous sa plume, désigne à la fois « des figures du savoir, un paradigme de l’assujettissement, un modèle d’extraction et de prédation »… Bref, « une grande cage qui a pour châssis la race ». Ou encore « un puits aux fantasmes » dont il propose surtout de sortir.

Pour en finir avec la race

Cet ouvrage fait suite à ses premières réflexions sur « l’afropolitanisme », un concept de son invention. Une nouvelle voie que l’on espère ouverte et destinée à tous, et pas seulement limitée à l’esquisse d’une nouvelle identité « noire », qui dépasserait le panafricanisme des pères des indépendances et la négritude chère à Senghor et Césaire. L’auteur proposait dans son avant-dernier ouvrage, Sortir de la grande nuit, de se libérer de la définition coloniale de l’autre, marquée par le racisme, mais aussi de se défaire d’une idée de la « différence » qui voit les Noirs intérioriser la « raison nègre », comme le dénonçait déjà en 1952 le psychiatre martiniquais Franz Fanon avec Peau noire, masques blancs. Son objectif : adopter une autre « position culturelle et politique sur la nation, la race et la différence en général ».

Comment faire ? Avant d’esquisser les voies et les contours de son « afropolitanisme », qui fera l’objet de son prochain essai, l’auteur s’applique d’abord à déconstruire. C’est tout l’objet de Critique de la raison nègre. Il revient sur l'invention du mot et du concept de « nègre », si présent dans l'imaginaire européen. « L’homme-marchandise, l’homme-métal, l’homme-monnaie », répète-t-il à chaque chapitre. Le seul homme de l’histoire à avoir été réduit à l’état d’objet a donné lieu à une construction historique qui n’a pas cessé d’évoluer. Or, tout est en train de changer – et pas seulement parce que l’apartheid, le dernier système légal de ségrégation raciale, a été officiellement aboli en 1991 en Afrique du Sud.

« L’Europe n’est plus le centre de gravité du monde », constate ainsi Achille Mbembe. Avec la marginalisation du vieux continent et l’essor des pays émergents dans un monde à la fois global et néo-libéral, faut-il s’attendre à la fin du racisme post-colonial ? À l’idée même de race nègre ? Ou au contraire se préparer à d'autres modes d’exclusion ? [...] » rfi 4 octobre 2013

 « ce déclassement ouvre de nouvelles possibilités - mais est aussi porteur de dangers – pour la pensée critique »

les chapitres sur l'invention de la race (noire) pour l'esclave, le colonialisme et le (national-)impérialisme français et ce qui s'en suit jusqu'à aujourd'hui sont particulièrement instructifs quant au fait que l'invention du 'Nègre' est inséparable de l'histoire du capitalisme

« Dans ces fonds baptismaux de notre modernité (commerce négrier, colonie de plantation...), pour la première fois dans l'histoire humaine, le principe de race et le sujet du même nom sont mis au travail sous le signe du capital, et c'est bien ce qui distingue la traite des Nègres et ses institutions des formes autochtone de la servitude. » p.28

États-Unis fin 18e siècle « La révolution anticoloniale contre les anglais avait abouti à un paradoxe, à savoir d'un côté l'expansion des sphères de liberté pour les Blancs, mais, de l'autre, une consolidation sans précédentsans précédent du système esclavagiste. dans une large mesure, les planteurs du Sud avaient acheté leur liberté moyennant le travail des esclaves. Grâce à cette main-d'œuvre servile, les États-Unis firent l'économie de divissions de classe au sein de la population blanche - divisions qui auraient conduit à des luttes de pouvoir aux conséquences incalculables. » p.33

« Cette codification achevée [une série de codes de l'esclavage eux-mêmes résultatnt parfois de soulèvements d'esclaves], l'on peut dire que vers 1720 la structure nègre du monde, qui existait déjà dans les Indes occidentales, fait officiellement son apparition aux États-Unis et la plantation en est le corset. Quant au Nègre, il n'est désormais plus qu'un bien meuble, du moins d'un strict point de vue légal. Depuis 1670 se posait la question de savoir comment mettre au travail une grande quantité de main-d'œuvre en vue d'une production commercialisée sur de longues distances. L'invention du Nègre constitue la réponse à cette question. Le Nègre est en effet le rouage qui, en permettant de créer, par le biais de la plantation, l'une des formes les plus efficaces d'accumulation de richesse à l'époque, accélère l'intégration du capitalisme marchand, du machinisme et du contrôle du travail subordonné. La plantation représente à l'époque une innovation de taille, et pas simplement du point de vue de la privation de liberté, du contrôle de la mobilité de la main-d'œuvre et de l'application illimitée de la violence. L'invention du Nègre ouvre également la voie à des innovations cruciales dans les domaines du transport, de la production, de la commercialisation et des assurances. » p.38

« La concaténation des dispositifs du marché et des dispositifs d'État libéral n'est certes pas totale. Mais, dans les conditions contemporaines, elle a pour effet de faciliter la transformation de l'État libéral en puissance de guerre, à un moment où, l'on s'en rend désormais compte, le capital non seulement n'en a jamais fini avec sa phase d'accumulation primitive, mais a toujours eu recours, pour ce faire, à des subsides raciaux. » p.44 « Pour pallier les crises de l'accumulation, le capital ne peut guère se passer de subsides raciaux.» p.117

« À bien des égards, notre monde demeure, bien qu'il ne veuille l'admettre, un «monde de races». Le signifiant racial est encore, à plus d'un titre, le langage incontournable, bien que parfois nié, du récit de soi et du monde, du rapport à l'Autre, à la mémoire et au pouvoir. La critique de la modernité demeurera inachevée tant que nous n'aurons pas compris que son avènement coincide avec l'apparition du principe de race et la lente transformation de ce principe en matrice privilégiée des techniques de domination, hier comme aujourd'hui p.88

« Le problème que posaient le régime de la plantation et, plus tard, le régime colonial était en effet celui de la race comme principe d'exercice du pouvoir, règle de la sociabilité et mécanisme de dressaage des conduites en vue de l'augmentation de la rentabilité économique. Les idées modernes de liberté, d'égalité, voire de démocratie sont, de ce point de vue, historiquement inséparables de la réalité de l'esclavage. C'est dans les Caraïbes, et précisément dans la petite île de La Barbade, que cette réalité prend forme pour la première fois avant de se disséminer dans les colonies anglaises de l4Amérique du Nord où la domination de race survivra à presque tous les grands moments historiques : la révolution au XVIIIe siècle, la guerre civile et la reconstruction au XiXe siècle, jusqu'aux grandes luttes pour les droits civiques un siècle plus tard. La révolution faite au nom de la liberté et de l'égalité s'accomode alors fort bien de la pratique de l'esclavage et de la ségrégation raciale.» p. 123-124

« La traite des Nègres doit, quant à elle, êre analysée sur le plan phénoménal comme une manifestation emblématique de la face nocturne du capitalisme et du travail négatif de destruction sans lequel il n'a pas de nom propre. » p.192

morceau de choix que cette déclaration de Victor Hugo en 1979, « lors d'un banquet commémorant l'abolition des esclaves » :

« L'Afrique impose à l'univers une telle suppression de mouvement et de circulation qu'elle entrave la vie universelle et la marche humaine ne peut 'saccomoder plus longtemps d'un cinquième du globe paralysé [...]. rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L'Europe le résoudra. Allez, peuples, emparez-vous de cette terre. Prenez-là. À qui ? À personne ! Prenez cette terre à Dieu, Dieu donne la terre aux hommes. Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-là ! [...] Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup, résolvez vos questions sociales. Changez vos prolétaires en propriétaires [...]. Allez, faites des routes, faites des ports, faites des villes, croissez, cultivez, multipiez, et que sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l'esprit divin s'affirme par la paix, et l'esprit humain par la liberté. » Victor Hugo Discours sur l'Afrique

ce pourrait être un encouragement aux Chinois d'aujourd'hui, non ?

dans la dernière partie du livre, la plus 'positive', d'intéressantes relectures de Marcus Garvey, Aimé Césaire, Franz Fanon, Martin Luther King, Mandela, Édouard Glissant.

« Tout comme les mouvements ouvriers du XIXe siècle, ou encore les luttes des femmes, notre modernité aura donc été hantée par le désir d'abolition qu'auront porté auparavant les esclaves. C'est ce rêve que prolongeront, au début du XXe siècle, les grandes luttes pour la décolonisation. Celles-ci ont revêtu, dès les orgines, une dimension planétaire. Leur signification n'a jamais été uniquement locale. Elle a toujours été universelle...» p. 248

quelques extraits de l'épilogue

« La naissance du sujet de race - et donc du Nègre - est liée à l'histoire du capitalisme.

Le ressort primitif du capitalisme est la double pulsion de la violence illimitée de toute forme d'interdit, d'une part, et d'abolition de toute distibnction entre les moyens et les fins, d'autre part. Dans saa sombre splendeur, l'esclave nègre - le tout premier sujet de race - est le produit de ces deux pulsions, la figure manifeste de cette possibilité d'une violence sans réserve et d'une précarité sans filet.

Puissance de capture, puissance d'emprise et puissance de polarisation, le capitalisme a toujours eu besoin de subsides raciaux pour exploiter les ressources planétaires. Tel était le cas hier. Tel est le cas aujourd'hui, alors même qu'il se met à recoloniser son propre centre, et que les perspectives d'un devenir-nègre du monde n'ont jamais été aussi manifestes.

La pensée de ce qui doit venir sera, de nécessité, une pensée de la vie, de la réserve de vie, de ce qui doit échapper au sacrifice. De nécessité, elle sera également une pensée en circulation, une pensée de la traversée, une pensée-monde.

La proclamation de la différence est le langage renversé du désir de reconnaissance et d'inclusion... le désir de différence n'est pas non plus nécessairement l'opposé du projet d'en-commun. » p. 257 à 262

citant ce passage d'une entretien avec Achille Mbembe de décembre 2013, France-Afrique, ce qui doit changer) « Taraudée par le rêve funeste d'une "communauté sans étrangers", la société française n'est-elle pas en train de se fourvoyer dans les marécages du racisme et de la provincialisation ?», je ne peux m'empêcher de considérer parallèlement la provincialisation de la pensée révolutionnaire post-marxiste en France, telle que nous l'avons rencontrée avec Théorie Communiste sur cette question de la 'race' en relation avec le capitalisme. M'a surtout frappé  une ignorance tranquillement assumée, dans la droite ligne de l'universalisme français depuis Les Lumières. Aucune référence de lectures de penseurs africains ou noirs américains, y compris marxistes, dans les écrits de Théorie Communiste. Cette provincialisation atteint tout le champ des critiques auxquelles je me suis référé depuis quelques mois autour des thèses de Silvia Federici et quelques autres

au-delà du 'courant communisateur', il est sidérant de constater le retard français à prendre la mesure de ces avancées critiques pour la perspective communiste

pour aller plus loin, des entretiens avec Achille Mbembe

je précise à toutes fins utiles que ce ne sont pas les éventuelles prises de position politiques de Mbembe qui me semblent les plus fécondes, mais ses analyses du monde contemporain, du devenir-nègre du monde, la profondeur de ses vues en général. Bref, au-delà de le poser en termes de démocratie - tout-à-fait renversable en termes de révolution -, ce qu'il apporte à la subjectivation d'un en-commun, la capacité  « d'imaginer une politique du semblable et de "l'en-commun", un futur que l'on pourrait partager »

« Il y a un cycle nouveau de lutte internationale qui a lieu à peu près partout dans le monde, et qui porte précisément autour de la question de la démocratie. Des luttes qui reformulent la question de la démocratie en termes du Commun, de ce qui met ensemble des parts qu’autrement on aurait considéré comme étant séparées. A une époque où l’orthodoxie que l’on s’efforce de nous imposer c’est la norme du privé, de l’individu, vivre ensemble est la question centrale de notre temps » en-commun

à propos d'en-commun, autres textes de Mbembe

28 mars

du mouvement le 22 mars... Capital, travail et reproduction

anti-journal > 1er avril 2014 discussion

le 6 février dernier, une discussion (audio) Silvia Federici & George Caffentzis

Autonomous Marxists Silvia Federici & George Caffentzis stopped by when they were in town. Federici’s latest book Revolution at Point Zero, collects forty years of research and theorizing on the nature of housework, social reproduction, and women’s struggles as alternatives to capitalist relations. Caffentzis’ new work is In Letters of Blood and Fire: Work, Machines, and Value, a collection of essays that explores Marx’s relevancy in the 21st century.

Travail, machines et crise du capitalisme

anti-journal > 1er avril 2014 

Karl Marx remarked that the only way to write about the origins of capitalism is in the letters of blood and fire used to drive workers from the common lands, forests, and waters in the sixteenth century. In this collection of essays, George Caffentzis argues that the same is true for the annals of twenty-first-century capitalism. Information technology, immaterial production, financialization, and globalization have been trumpeted as inaugurating a new phase of capitalism that puts it beyond its violent origins. Instead of being a period of major social and economic novelty, however, the course of recent decades has been a return to the fire and blood of struggles at the advent of capitalism.

Emphasizing class struggles that have proliferated across the social body of global capitalism, Caffentzis shows how a wide range of conflicts and antagonisms in the labor-capital relation express themselves within and against the work process. These struggles are so central to the dynamic of the system that even the most sophisticated machines cannot liberate capitalism from class struggle and the need for labor. Themes of war and crisis permeate the text and are given singular emphasis, documenting the peculiar way in which capital perpetuates violence and proliferates misery on a world scale. This collection draws upon a careful rereading of Marx’s thought in order to elucidate political concerns of the day. Originally written to contribute to the debates of the anticapitalist movement over the last thirty years, this book makes Caffentzis’s writings readily available as tools for the struggle in this period of transition to a common future.

d'une traduction automatique (désolé)

Karl Marx a fait remarquer que la seule façon d'écrire sur les origines du capitalisme est en lettres de sang et de feu des travailleurs du XVIe siècl, terrains communaux, forêts et eaux. Dans ce recueil d'essais, George Caffentzis affirme que c'est vrai pour les annales du capitalisme au vingt-et-unième siècle. Technologies de l'information, production immatérielle, financiarisation la mondialisation ont été vantées comme inaugurant une nouvelle phase du capitalisme, le situant au-delà de ses origines violentes. Pourtant, loin d'être une période de grande nouveauté sociale et économique,  les dernières décennies ont vu un retour au feu et au sang des luttes dans l'avènement du capitalisme.

Mettant l'accent sur les luttes de classes qui se sont multipliées à travers le corps social du capitalisme mondial, Caffentzis montre comment un large éventail de conflits, et les antagonismes dans la relation travail-capital, s'expriment dans et contre le processus de travail. Ces luttes sont donc au cœur de la dynamique du système que même des machines les plus sophistiquées ne peut libérer le capitalisme de la lutte des classes et le besoin de main de œuvre. Les thèmes de la guerre et de la crise imprègnent singulièrement, documentant la façon particulière dont le capital perpétue la violence et étend la misère à l'échelle mondiale. Cette série s'inspire d'une relecture attentive de la pensée de Marx, afin d'élucider les préoccupations politiques du jour. Écrit à l'origine pour contribuer aux débats du mouvement anticapitaliste au cours des trente dernières années, ce livre rend les écrits de Caffentzis facilement disponibles, comme outils pour le combat en cette période de transition vers un avenir commun.

en relation : un entretien entre George Caffentzis et John Baker, Mute novembre 2013

avec tout ça, de quoi se sentir un tantinet provincial... à l'écart ? s'il se trouve quelqu'un pour traduire quelques textes en prose française, personne ne s'en plaindra au pays de Molière

CCCC comme Critique de la Centralité du 'Capitalisme Cognitif' : Notes on the edu–factory and Cognitive Capitalism

écrit en 2007 par Silvia Federici et George Caffentzis, ce texte peut se lire comme une critique de la centralité du 'capital cognitif' dans les thèses de Hardt et Negri (Empire et Multitude etc.). Cette critique n'est plus une nouveauté, mais plus intéressante est l'articulation que proposent les auteurs avec les autres formes de luttes. Extraits

Second and most important are the political implications of an use of "cognitive capitalism" and "cognitive labor" that overshadows the continuing importance of other forms of work as contributors to the accumulation process.

There is the danger that by privileging one kind of capital (and therefore one kind of worker) as being the most productive, the most advanced, the most exemplary of the contemporary paradigm, etc., we create a new hierarchy of struggle, and we engage in a form of activism that precludes a re–composition of the working class. Another danger is that we fail to anticipate the strategic moves by which capitalism can restructure the accumulation process by taking advantage of the inequalities within the global workforce. How the last globalization drive was achieved is exemplary in this case.[...]

For this political "re–composition" to become possible, however, we need to see the continuity of our struggle through the difference of our places in the international division of labor, and to articulate our demands and strategies in accordance to these differences and the need to overcome them. Assuming that a re–composition of the workforce is already occurring because work is becoming homogenized— through a process that some have defined as the "becoming common of labor"— will not do. We cannot cast the “cognitive” net so widely that almost every kind of work becomes “cognitive” labor, short of making arbitrary social equations and obfuscating our understanding of what is new about "cognitive labor" in the present phase of capitalism.

It is an arbitrary move (for instance) to assimilate, under the “cognitive” label, the work of a domestic worker — whether an immigrant or not, whether s/he is a wife/mother/sister or a paid laborer— to that of a computer programmer or computer artist and, on top of it, suggest that the cognitive aspect of domestic work is something new, owing to the dominance of a new type of capitalism.

Certainly domestic work, like every form of reproductive work, does have a strong cognitive component. To know how to adjust the pillows under the body of a sick person so that the skin does not blister and the bones do not hurt is a science and an art that require much attention, knowledge and experimentation. The same is true of the care for a child, and of most other aspects of “housework” whoever may be doing this work. But it is precisely when we look at the vast universe of practices that constitute reproductive work, especially when performed in the home, that we see the limits of the application of the type of computer–based, technological know–how on which “cognitive capitalism relies.” We see that the knowledge necessary for reproductive work can certainly benefit from the use of the internet (assuming there is time and money for it), but it is one type of knowledge that human beings, mostly women, have developed over a long period of time, in conformity with but also against the requirements of the capitalist organization of work.[...]

Most crucial of all, if the labor involved in the reproduction of human beings—still an immense part of the labor expended in capitalist society— is “cognitive,” in the sense that it produces not things but “states of being,” then, what is new about "cognitive labor"? And, equally important, what is gained by assimilating all forms of work —even as a tendency— under one label, except that some kinds of work and the political problematic they generate again disappear?

Isn't it the case that by stating that domestic work is "cognitive work" we fail, once again, to address the question of the devaluation of this work in capitalist society, its largely unpaid status, the gender hierarchies that are built upon it, and through the wage relation ? Shouldn't we ask, instead, what kind of organizing can be done —so that domestic workers and computer programmers can come together— rather than assuming that we all becoming assimilated in the mare magnum of "cognitive labor"?

Taking reproductive work as a standard also serves to question the prevailing assumption that the cognitivization of work, in the sense of its computerization/reorganization through the internet— has an emancipatory effect.

A voluminous feminist literature has challenged the idea that the industrialization of many aspects of housework has reduced housework time for women. In fact, many studies have shown that industrialization has increased the range of what is considered as socially necessary housework. The same is true with the infiltration of science and technology in domestic work, including childcare and sex work. For example, the spread of personal computers, for those houseworkers who can afford them and have time to use them, can help relieve the isolation and monotony of housework through chat rooms and social networks. But the creation of virtual communities does not alleviate the increasing problem of loneliness, nor helps the struggle against the destruction of community bonds and the proliferation of gated worlds.

In conclusion, notions like “cognitive labor” and "cognitive capitalism" should be used with the understanding that they represent a part, though a leading one, of capitalist development and that different forms of knowledge and cognitive work exist that cannot be flattened under one label. Short of that, the very utility of such concepts in identifying what is new in capitalist accumulation and the struggle against it is lost. What is also lost is the fact that, far from communalizing labor, every new turn in capitalist development tends to deepen the divisions in the world proletariat, and that as long as these divisions exist they can be used to reorganize capital on a different basis and destroy the terrain on which movements have grown.

Intervention versée dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes'

comme Pause, F comme Femmes, J comme Jazz

peu de loisirs pour continuer la veille sur les femmes de jazz... à signaler une émission à (ré-)écouter sur France-Musique

(commentaires ajoutés au fil de l'écoute)

Jazz et femmes 9 mars 2014
ou comment les femmes ont su briller dans une musique essentiellement virile

et comme en écho au topic http://jazzitude.forumactif.com/t4316-la-femme-est-l-avenir-du-jazz-female-jazz-instrumentalists 
« De la femme vient la lumière… » Louis Aragon

Selon le poète et le chanteur, la femme est l’avenir de l’homme. Elle est aussi son origine, à défaut de celle du monde, comme le prétend le peintre [Courbet]… Bref elle est omniprésente et nul ne s’en plaindra ! Surtout pas les amateurs de jazz qui savent bien ce que les femmes ont apporté à leur musique favorite. Et pas seulement les chanteuses, comme en témoignent les œuvres ici sélectionnées…

on les saluerait volontiers, hein, comme des 'camarades', journalistes qu'ils sont d'abord, peu empressés de communiquer les sources d'idées qu'ils ne sauraient, en tant que tels, avoir. L'émission est un peu cul-cul, ils sont chez eux avec leurs habitudes, indécrottablement mecs 365 jours sur 365, et même pour le 8 mars. L'émission permer de s'en faire une idée

en effet la belle intention de pointer le « machisme » dans le jazz et la focalisation sur les chanteuses s'évanouit au fil de l'émission, qui commence avec Ella, une chanteuse, puis certes l'incontournable Mary-Lou Williams (elle était là avant Ella), la baronne Rothschlid protectrice des boppers, mais comme elle ne jouait pas on n'entend que des mecs...

pour suivre avec d'autres chanteuses parfois pianistes, Nina Simone, Dianne Reeves, Ina Ray Hutton, Monica Zutterlund, Shirley Scott. L'occasion quand même d'entendre deux instrumentistes, la pianiste Joanne Brackeen et la batteuse Terry Line Carrington, valorisée par les jazzmen qu'elle a accompagnés

l'essentiel n'est-il pas que, les femmes de jazz, au-delà des chanteuses, on les re-voie, on les r-écoute ? pour le coup, dans le contexte de mon topic pour Jazzitude, ce serait plutôt une émission à charge

comme qui dirait que des femmes ré-apparaissent sous des yeux d'hommes sourds et aveugles

anti-journal > 1er avril 2014

L comme Livres

récents, que je me suis procurés hier en sus du Legendre ci-après, et sur lesquels je reviendrai

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

le livre d'Angela Davis (2014) comporte un chapitre « Comment le genre structure le système carcéral »,  'La puissance des pauvres' (2008) une partie « Changer de révolution », CommonWealth (2012) une partie « Révolution » et un chapitre « Le problème de la transition »

de la bibliothèque, quelques romans

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

d'un Concept des Concepts

anti-journal > 1er avril 2014

Tour du monde des concepts sous la direction de P. Legendre Fayard février 2014

je poursuis le cheminement d'une ouverture des regards sur le monde actuel et les conditions de son dépassement. Nous avons déjà rencontré Pierre Legendre avec Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident et autres ouvrages

À l’instar d’une religion, l’individualisme se propage institutionnellement et modèle le sujet par les grands moyens juridiques, à preuve les évolutions des systèmes juridiques euro-américains ; s’il n’était brutalement normatif, s’il n’usait de propagandes touchant au point le plus vif des identifications du sujet, il ne serait ni politiquement plausible, ni par conséquent juridiquement efficace.

Je dirai : l’homme ne vit pas dans la gestion, mais dans le risque et la mise à l’épreuve. Je dirai encore : les constructions institutionnelles surgissent de là, d’une nécessité, pour l’espèce parlante, de faire face à l’abîme indicible du sujet, par la mise en œuvre de l’impératif de symbolisation généalogique. Sur cette base seulement, l’individualisme peut jeter le masque, se laisser comprendre comme figure tragique de la modernité, faire enfin l’objet de critiques pertinentes quant à ses effets normatifs pour au moins circonscrire l’effet dévastateur le plus aisément repérable, la désubjectivisation de masse qu’il induit sous couvert, au versant juridique des choses, d’une libération indéfinie de l’homme.
Leçons VI, Pierre Legendre, éd. Fayard, 1992, p. 75

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 d'autres citations

le livre présenté aujourd'hui apporte un éclairage nouveau. Il établit la preuve d'une impossibilité de penser le monde, pour le comprendre ou le changer, dans une seule langue et au-delà dans la seule perception étroite qu'impose la pensée conceptuelle et les langues occidentales structurellement globalisées par le capitalisme mondial, et structurant les conceptions occidentales du communisme

La mondialisation n’est pas qu’échange de marchandises et flux financiers. Elle se double d’un envers invisible, difficile à appréhender. Il s’agit de l’impératif de l’interlocution humaine : comprendre et se faire comprendre. Le fait que les notions occidentales se soient répandues sur la planète ne comporte pas l’effet mécanique d’une signification homogène. Partant du constat de la domination linguistique de l’Occident dans le monde contemporain, principalement par le véhicule de l’anglais, ce livre procède à un sondage en profondeur à l’occasion de neuf mots-concepts, patiemment façonnés en Europe durant des siècles. Il expose comment ces concepts sont entendus dans 9 langues non occidentales. Les savants auteurs sollicités mettent sous les yeux du lecteur la complexité de la question de l’interlocution mondiale. Ils nous font toucher du doigt les problèmes fondamentaux, que la doxa euro-américaine refoule, auxquels est confrontée l’humanité contrainte de passer sous bulldozer de la mondialisation. La haute érudition se révèle être un instrument essentiel pour l’analyse des rapports mondiaux.

Neuf mots-concepts : Contrat, Corps, Danse, État, Loi, Nature, Religion, Société, Vérité. Neuf langues ou familles linguistiques : arabe, persan, langues africaines du Burkina-Faso et du Gabon, chinois, hindi, japonais, persan, russe, turc.

extraits avec le préambule de Pierre Legendre

Le voyage des sens. « Contrat », « loi » ou « nature » recouvrent-ils les mêmes significations selon la langue dans laquelle on les pense?? Réponses stimulantes et érudites dans un livre collectif qui aborde neuf concepts comme autant de continents à explorer.

Depuis vingt ans, le mythe de Babel prend une tournure inédite?: la langue unique progresse mais les mots y sont peu à peu privés de sens. À mesure que le globish (pour global english), d’origine occidentale, envahit la planète, il se vide de sa propre substance. Plus des notions telles que État, Loi ou Vérité se répandent, plus elles perdent leur signification homogène. En les adoptant, les ressortissants des civilisations qui se sont développées hors de la matrice occidentale ne se mettent pas pour autant à penser comme des Occidentaux. Ainsi le concept standardisé de State ne peut avoir la même résonance en Chine et aux États-Unis. La langue communicationnelle mondiale ne peut fonctionner qu’au prix d’une amputation partielle. Elle aboutit donc à un écrasement des représentations.

Ce livre collectif, publié sous la direction de Pierre Legendre, tente de conjurer cet appauvrissement. Le mot est un concept mais aussi une mémoire, dépôt d’une très longue expérience politique, sociale, culturelle, technique, religieuse. En chinois ou en japonais, la graphie elle-même conserve une trace physique des significations les plus matérielles. La diversité des langues traduit l’intériorité des sociétés, le mode de construction spécifique d’un sujet. Dès lors, coupée de ses multiples généalogies, l’humanité est poussée à vivre «?au-dessus de ses moyens psychiques?».

C’est donc un état des lieux des significations menacées que propose cet ouvrage singulier. Il fait œuvre de philologie au sens que Nietzsche donnait à cette discipline?: un art d’orfèvre appliqué au mot, une étude de l’impensé du langage, de ses bagages, de ses racines et des glissements sémantiques qui le hantent encore.

Neuf concepts – Contrat, Corps, Danse, État, Loi, Nature, Religion, Société, Vérité – y sont détaillés dans neuf langues ou familles linguistiques – arabe, langues du Burkina Faso, chinois, langues du Gabon, hindi, japonais, persan, russe et turc. Confiée à des linguistes, des sociologues ou même des juristes, cette étude est moins spéculative que celle que le philosophe et sinologue François Jullien a menée sur les concepts occidentaux et chinois. Mais elle décortique patiemment le dépôt des significations implicites. Avec un sommaire découpé en langues, l’ouvrage privilégie une approche immanente à chacune. Le résultat, parfois aride, restitue néanmoins, derrière le voile de la «novlangue» globale, un relief inépuisable et insoupçonné. Le mérite de l’ouvrage est de laisser le lecteur sur sa faim. Il ouvre une dimension d’une telle richesse que ses 450 pages n’ont de valeur qu’introductive. «Nul ne rêve ni ne pense à la place de l’autre», écrit Pierre Legendre. Chaque mot y apparaît comme un corps à ausculter, ou comme un monde à explorer.

État
En arabe, le mot dawla renvoie par son étymologie au mot « cycle » ou « tour de rôle ». Ce n’est qu’au IIIe siècle de l’Hégire qu’il se met à signifier « autorité politique », puis « État » au sens occidental. En hindi, le terme qui qualifie l’État moderne est sanvidhan, qui s’apparente à « méthode » ou même à « horoscope ». Quant au mot « ministre », il est proche de celui de… « penseur ».
 
Vérité
En arabe, le mot est lié par son étymologie au verbe «graver», donc implicitement à l’écriture, puis à la loi établie. Dans plusieurs langues africaines, au contraire, il est lié à la notion de «parole» mais une parole qui tranche, le plus souvent celle de l’oracle qui fait «éclater la vérité». Ce lien avec la divination est aussi sous-jacent au mot chinois de zhen?: l’idéogramme de zhen est composé d’un signe qui évoque la fissure d’une carapace de tortue, dessin naturel interprété comme présage. Reforgé par la tradition confucéenne, le mot zhen est le plus proche aujourd’hui de la notion occidentale de vérité ou d’authenticité. Il a supplanté le mot fu, étymologiquement lié à la notion de «colle». Sur la très longue durée de sa culture écrite, le chinois apparaît comme une mine de glissements sémantiques
 
Corps
En japonais, le terme est susceptible de deux acceptions, l’une, shintaï, qui signifie le «corps objectif», celui de la science, et l’autre, karada, d’origine purement japonaise, qui signifie le «corps propre», tel que chacun le sent et le vit. Cette double signification traduit la transformation subie par la culture nippone en deux siècles, elle répercute l’occidentalisation en son propre sein. Dans la mesure même où la notion de corps s’est forgée loin de la dualité occidentale âme-corps, elle est multiple, aussi bien en arabe, en persan et dans les langues indiennes. En Chine, la notion de corps est liée à des mots éminemment cosmiques et politiques. Dans une fusion âme-corps que l’Occident ignore, le chinois a recours à deux termes qui signifient également «le monde» au sens intérieur et extérieur. Par qui «le monde» ou «le corps» est-il gouverné ? Cette question intéresse aussi bien la médecine que la politique.

les idées mêmes de 'nature', de 'corps', de 'pensée' s'en trouve bouleversées jusqu'à poser la question de leur existence, dans des rapports situés socialement là où le concept de 'nature' n'existe pas autrement que comme 'le vivant'. Les fonctions parlées et écrites des langages ne sont pas partout dans les mêmes relations à la vie, faisant perdre de leur pertinence aux notions que nous utilisons comme 'normales' pour penser les autres, penser la pensée des autres. De forts échos avec les travaux de Jacques Camatte...

les 'théories du genre', par exemple, ont ceci de paradoxal que critiquant à juste titre le 'naturalisme', elles restent sur le terrain d'une construction occidentale de la perception du monde, particulièrement depuis la naissance des villes, comme le note Marx dans L'idéologie allemande. On peut certes affirmer la domination masculine partout, mais vouloir 'l'abolition du genre' (quel genre ? c'est-à-dire quels conceptions et rapports sociaux des femmes ici ou là dans le monde ?), celà relève d'une part d'un écrasement de la complexité des niveaux de la sexualité, d'autre part d'une ignorance de ce que sont les femmes du monde, si j'ose dire, et comme nous en avons eu l'intuition avec leurs musiques. Les différentes langues du monde en rendent compte autrement que la simple partition sexe social, sexe de la reproduction, sexe du plaisir, ce qu'on ne découvre pas en tournant sa langue en ronds de queer

« traverser les langages » comme disait Glissant, c'est d'abord les respecter dans leurs rapports aux mondes. Ma compagne japonaise témoigne de son clivage entre cultures française et japonaise, au point de se vivre comme deux personnes différentes, selon qu'elle est en relation avec des Occidentaux ou des Asiatiques, des fonctionnements cérébraux différents (représentation sociale, langue, musique...), un rapport à l'écriture marqué par les idéogrammes - on les surprend parfois les dessinant en l'air - médiation parfois indispensable pour se comprendre alors qu'on parle la même langue, mais rendant possible de communiquer alors qu'on ignore la langue de l'autre, entre Chinois, Tibétains, Japonais ou Coréens, etc.

l'appel est fort à repenser les critiques mêmes du capitalisme au-delà de la batterie des concepts hérités de Marx, du fait qu'elle génère une conception du communisme qui est son renversement sur le terrain du même occidental. À son insu, cette visée reproduit et impose son étroitesse d'esprit - et de corps voire d'esprit de corps

27 mars

d'un Canard à l'autre, histoires de casques enchaînées déchaînées

anti-journal > 1er avril 2014 roulé de printemps

Xi Jinping exprime ses voeux du Nouvel An chinois aux ouvriers et policiers News xinhuanet 9 février

Beijing - Le dirigeant chinois Xi Jinping a exprimé ses vœux du Nouvel An chinois aux ouvriers de la construction, aux balayeurs, aux agents de police et aux chauffeurs de taxi avant la Fête du printemps, qui tombe cette année le 10 février

anti-journal > 1er avril 2014 du porc laquais au port du casque

« Les impérialistes américains et leurs laquais ont fait usage de toutes les armes et de tous les moyens de guerre les plus modernes dont ils disposaient, exception faite des armes atomiques, pour terroriser, massacrer la population sud­ vietnamienne afin de réaliser leur but unique : placer la population du SudVietnam sous leur joug, transformer le Sud­ Vietnam en une colonie et une base militaire.

Depuis près de onze ans, au cours de plus de 160.000 opérations de ratissage menées par les impérialistes américains et leurs laquais, près de 170.000 personnes ont été massacrées, près de 800.000 personnes blessées ou rendues invalides, plus de 400.000 personnes emprisonnées dans plus de 1.000 prisons, des dizaines de milliers de femmes violées, dont des vieilles femmes, des enfants et des religieuses, plus de 5.000 personnes éventrées et enterrées vivantes, des séries de villages rasés, plus de 5 millions de personnes refoulées de force dans des camps de concentration camouflés en « zones de prospérité », « centres de réinstallation », « hameaux stratégiques ».

Les impérialistes américains et leurs laquais ont épandu des produits chimiques toxiques sur de nombreuses régions, détruisant des centaines de milliers d'hectares de récoltes, d'arbres fruitiers et intoxiquant des dizaines de milliers de personnes. De plus ils ont détruit des milliers de pagodes, églises, sanctuaires ou temples et tué des dizaines de milliers de croyants religieux. Sous le talon de fer des cruels agresseurs américains, la terre belle et fertile du Sud­Vietnam est devenue un paysage de ruine et de désolation.»
Déclaration du Comité central du F.N.L du Sud Viet Nam sur l'intensification de la guerre d'aggression américaine au Sud Viet Nam 22 mars 1965

d'un Pape débridé et des François : François, le pape qui veut « guérir » le capitalisme Les Échos 27 mars

Un an après son élection, le pape argentin, qui reçoit aujourd'hui Barack Obama à Rome, s'est mis à dos une partie de la droite conservatrice américaine en critiquant sévèrement le capitalisme débridé. Cela ne l'a pas empêché de s'entourer de la fine fleur de la finance américaine pour faire un grand ménage au Vatican.

François : « La vraie richesse est l'amour de Dieu. »

anti-journal > 1er avril 2014 c'est qui qui casque ?

François Mauriac : « Il ne faut surtout pas juger Dieu sur les balbutiements de ses serviteurs.»

François de la Rochefoucauld : « Il n’appartient qu’aux grands hommes d’avoir de grands défauts.»

François-René de Chateaubriand : « Le ciel fait rarement naître ensemble l’homme qui veut et l’homme qui peut.  »

François Cavanna : « Il n'est si longue épreuve qui ne touche à sa fin.»

François Mitterrand : « Gouverner, ce n'est pas plaire.»

François Rabelais : « Un malheur ne vient jamais seul »

François Hollande : « Sain et sauf, c'est déjà beaucoup »

« Khon: Instrument en usage au Laos. Il figure une espèce d'orgue ayant des tuyaux en bambou.
Eh ben, ca fait pas mal d'années que je traite des gens d'orgues du Laos sans m'en être jamais douté.»
Boris Vian

anti-journal > 1er avril 2014 casque-toi pauv' khon

l'expression « se prendre une veste » a pour origine 'prendre une capote' : « par un très subtil jeu de mot digne de l'almanach Vermot en 1867 (et même si on n'a jamais dit « prendre une capote »), la capote du jeu de cartes, symbole de l'échec, s'est transformée en veste, un autre vêtement » expressio

Proverbe en françois : « Les gens sont tousjours gens de bien jusques ilz soyent prins au faict.»

anti-journal > 1er avril 2014 peau noire casque blanc

President Obama tours ArcelorMittal, a steel mill in Cleveland, Nov. 14, 2013. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

« les cols bleus de l'Amérique populaire, la petite classe moyenne et les ouvriers blancs ont voté Obama [...] Les salariés syndiqués à 65% »

anti-journal > 1er avril 2014 conclusion : l'anti-capitalisme débridé

« Je viens à Rome pour écouter le pape: sa pensée est précieuse pour comprendre comment remporter le défi contre la pauvreté »

26 mars

« Je ne crois pas que ce soit la folie. Judit, j'ai tenu dans ce métier parce que j'avais la foi. Que serait un éditeur sans la foi, sans le sentiment d'avoir à accomplir un devoir spirituel ? Dans un monde censuré, méchant et analphabète ? Il ne serait rien ni personne. Un esclave qui s'abîme les yeux à corriger des copies ou des épreuves. Mais je crois en l'écriture. En rien d'autre, seulement en l'écriture. L'homme vit comme un ver mais écrit comme un dieu. Autrefois, on connaissait ce mystère oublié de nos jours : le monde se compose de tessons qui s'éparpillent, c'est un obscur chaos incohérent que seule l'écriture peut maintenir. Si tu as une idée du monde, si tu n'as pas oublié tout ce qui s'est passé, alors sache que c'est l'écriture qui a créé pour toi le simple fait que tu as un monde et qu'elle continue à le faire, elle est la toile d'araignée invisible qui relie nos vies, le logos. Il y a un vieux mot biblique : le scribe. Il ne s'emploie plus depuis longtemps. qui dit scribe ne dit pas talent, qui dit scribe ne dit pas bon écrivain. Ni philosophe, ni linguiste, bi styliste. Même s'il bégaie, même si on ne le comprend pas de prime abord : on reconnaît immédiatement un scribe...»
Imre Kertész 2003 Liquidation, Actes Sud 2004 p.97

pour en finir avec les professeurs de communisme

« La doctrine matérialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'éducation, que, par conséquent, des hommes transformés soient des produits d'autres circonstances et d'une éducation modifiée, oublie que ce sont précisément les hommes qui transforment les circonstances et que l'éducateur a lui-même besoin d'être éduqué. C'est pourquoi elle tend inévitablement à diviser la société en deux parties dont l'une est au-dessus de la société.

La coïncidence du changement des circonstances et de l'activité humaine ou auto-changement ne peut être considérée et comprise rationnellement qu'en tant que pratique révolutionnaire.»
Karl Marx ad Feuerbach III

anti-journal > 1er avril 2014

la plupart des 'théoriciens' communistes, particulièrement en France, sont des enseignants, des professeurs de l'Education Nationale, en lycée ou à l'Université. C'est-à-dire des personnes qui, ayant fait leurs études, sont entrées à l'Université pour revenir à l'école enseigner. En voit-on ayant quitté ce système pour s'inscrire dans d'autres modalités pédagogiques ? Va savoir...

toujours est-il, et vous pouvez vérifier leurs 'bios', que l'immense majorité des professeurs de communistes sont des professeurs payés par l'Etat capitaliste. On ne voit pas que leur carrière aurait par trop souffert de leur 'engagement'. C'est donc qu'ils auraient été suffisamment 'schizophrènes' pour mener d'un côté une critique radicale du capitalisme, de l'autre 'une vie normale' appointée par l'Etat

je sais par nombre de témoignages et par expérience personnelle qu'en tant que fonctionnaire, on ne s'oppose pas radicalement à l'État sans en subir les conséquences, et c'est pourquoi j'ai fini ma carrière de non-titulaire par 5 ans de placard

mon métier était l'organisation de la formation professionnelle, d'abord de terrain pour des collègues de proximité puis à un niveau national. Si je me suis toujours refusé à donner le moindre cours, j'ai acquis une certaine expérience de la formation pour adultes, des méthodes pédagogiques, de ce qui marchait ou pas, ne serait-ce que par les retours que j'avais de bouche à oreille hors des évaluations officielles, ou par certaines confidences de 'formateurs' qui n'étaient pas dupes d'eux-mêmes, de leur fonction de formateurs pour le compte de la rentabilité de l'État

considérant tant la forme des discours que la forme de leurs interventions par des intellectuels ayant acquis une certaine réputation de sérieux, tels que Roland Simon, les Jacques de Temps Critiques, Alain Bihr... tant et tant d'autres, on est bien obligé de constater qu'ils ne remettent jamais en cause pour eux-mêmes :

- la geste très forte de 68, d'en finir avec les cours magistraux et le rapport de domination enseignant-enseigné, alors même que de mai 68, ils sont les anciens combattants valeureux de leurs vécus revisités pour la galerie

- la posture pédagogique tout à fait traditionnelle qui est la leur dans l'Education Nationale, sans problème pendant quatre décennies de ces jeunes ou moins jeunes retraités, retrouvant la même en tant que 'professeurs en communisme' lors de conférences, débats (sic), etc.

la boucle est bouclée quand on ne trouve chez eux aucune mise en cause de leur propre posture, mais davantage une tendance à dire ce qui constitue des limites idéologiques chez les autres, 'prolétaires' ou autres 'aliénés', 'classes moyennes', 'classe de l'encadrement' (gonflé le Bihr adepte du changement par la politioque et l'État), un peu comme ces députés ou sénateurs qui ne voteront jamais une remise en cause de leurs avantages

bref, la plupart des professeurs en communiste' sont ou ont été, dans leur vie réelle, des artisans zélés de la reproduction du capital par l'école, respectant et faisant respecter discipline horaire du travail, le respect de la loi, la nécessité d'apprendre dans le moule le nécessaire pour s'en sortir dans l'économie au sein de la nation, et distribuant avec plus ou moins de retenue bon points et retenues sur le critère de la réussite sociale par l'école... du capital

la seule différence marquante entre ces personnes est leur origine sociale, leur expérience de la vie et des luttes... en quoi je ne mets pas dans le même sac ceux qui ne font que causer et ceux qui témoignent de leur proximité aux luttes réellement radicales

une autre différence est qu'on y trouve, comme dans les instances dirigeant les entreprises et l'Etat, une proportion écrasante d'hommes, d'hommes blancs, la race des souchiens communistes et apparentés, les mêmes porteurs de l'idéologie occidentale universelle au nom du communisme, les mêmes ne retenant pas la race comme essentielle à la reproduction du capital

quant à l'expérience que j'ai acquise de leurs qualités d'écoute des autres, et je le vérifie avec les profs de mon fils au lycée dans la zone, elles se heurtent à leurs propres limites : l'incapacité quasi psychique à remettre en cause leur posture professorale, sans quoi ils se confronteraient dans leurs tripes, comme les prolos produisant les 'écarts', au suicide de leur fonction sociale. Peine perdue avec eux que ressasser cette fausse citation de Marx, sortie de la 3ème thèse : qui éduquera les éducateurs ?

c'est pourquoi l'essentiel des débats deviennent des échanges polémiques entre textes de professeurs post-potaches, dans un langage de professeurs vieux-ados, que les autres sont invités à contempler, pour compter les points en prouvant par quelque citation qu'ils ont bien écouté sinon compris, comme à l'école de la République

comme Internet, concernant ces questions, est suivi majoritairement par des personnes 'cultivées' ayant vécu sans problème ce type de relation prof-élève, pourquoi s'étonner de si peu d'échos : je scie la branche sur laquelle sont assis les uns et les autres, dans leur condescendance en toute simplicité, entre 'camarades' élèves&professeurs en communisme

que ceux qui leur font encore confiance sans vérifier par eux-mêmes ne s'étonnent donc pas, comme disait Lénine, d'être dupes d'eux-mêmes

les cahiers au feu, les maîtres au milieu !

à bon entendeur, salut !

Bonnes manières

Lorsque tu verras une bonne
D'enfants, et non autre personne,
Assise au milieu d'un tender
Ou wagon de chemin de fer
Découvre toi sur son passage
Salut à son noble visage !

Moralité : À bonne en tender Salut !

Alphonse Allais

anti-journal > 1er avril 2014

Marx-Engels 1845 L'idéologie allemande, opposition de la conception matérialiste et idéaliste, la base réelle de l'idéologie
La plus grande division du travail matériel et intellectuel est la séparation de la ville et de la campagne. L'opposition entre la ville et la campagne fait son apparition avec le passage de la barbarie à la civilisation, de l'organisation tribale à l'État, du provincialisme à la nation, et elle persiste à travers toute l'histoire de la civilisation jusqu'à nos jours. L'existence de la ville implique du même coup la nécessité de l'administration, de la police, des impôts, etc., en un mot, la nécessité de l'organisation communale, partant de la politique en général. C'est là qu'apparut pour la première fois la division de la population en deux grandes classes, division qui repose directement sur la division du travail et les instruments de production. Déjà, la ville est le fait de la concentration, de la population, des instruments de production, du capital, des plaisirs et des besoins, tandis que la campagne met en évidence le fait opposé, l'isolement et l'éparpillement. L'opposition entre la ville et la campagne ne peut exister que dans le cadre de la propriété privée. Elle est l'expression la plus flagrante de la subordination de l'individu à la division du travail, de sa subordination à une activité déterminée qui lui est imposée. Cette subordination fait de l'un un animal des villes et de l'autre un animal des campagnes, tout aussi bornés l'un que l'autre, et fait renaître chaque jour à nouveau l'opposition des intérêts des deux parties...

Common - Communism

en 1994 Common, rappeur de Chicago, enregistre le texte ci-après sur un sample du trompettiste Freddy Hubbard, The Surrest Thing can Change, avec Hubert Laws - flutes / Joe Henderson - tenor sax / Ron Carter - bass / Jack DeJohnette - drums / Kenny Barron - piano 1978
texte
You Troy, I'mma come on the rhythm
With a little communism
Chick-a chick-a I'm
Chick-a chick-a on
Chick-a chick-a my
My, own shit
Like an entrepreneur, that stepped in manure
Man I'm newer than a Jack I went up the hill with Jill
And Jack Jill's big bootay
We did the booty up, I told the Bitch she Betta Have My Money
Or step to the AMG
You know Com Sense, oh yeah him be
That nigga that be making all the bid-by-by-bye sounds
But since then, Common calm down!
I'm on some calm shit watch Com get complicated
Simple motherfuckers say the way that Com communicated
Was too complex, I got a complex not to complain
On my brain no complain and so will my community
And I prefer compliments
So I complement at an angle, of ninety degrees
It's the nineties, and music got known for the grease
I got a sense of direction and a compass
Com passed MC's with no compassion, though I heard the screams of
But I ain't shy, so why shall I comfort?
Com should have been at the fort with Jeff I'm so ill
But I chilled in my compartment with no company and no meals
Now Com could get the penny, but I want my own company
And Com is on a mission not to work for commission
It's a common market and it's so much competition
But to me, competition is none
To my comp I'm a ton I get amped like Watts in a riot
My compact disc is a commodity, so buy it
Instead of competing with Pete
Com compromised, Com made a promise
Not to commercialize, but compound the soul
With other elements, compelling sense into Communism
Common est un rappeur qui a utilisé le jazz avec un sens du phrasé et de la mise en place rythmique qui tranche avec ce qu'on entend généralement en France
HipHop Dance sur «I have a Dream» de Martin Luther King. Voir en relation sur Jazzitude "I have a Dream" Luther King 50 ans, et le jazz ?

Commons and Communism d'une interview de Silvia Federici Permanent Reproduction Crisis Mute 7 mars 2013

comme en confirmation de mes affirmations d'hier, « Silvia Federici parle de communauté d'une façon dépourvue de sens si on la sépare, ou pire l'oppose, de celle de mise en commun, et la perspective qu'elle offre aux luttes d'aujourd'hui...», cet extrait d'une interview datant d'un an. Également confirmée chez elle, l'idée que je garde du concept de 'communisation', ni transition ni État entre capitalisme et communisme

M: What is the relationship between commons and communism? Is communism an expanded common? Are the commons just about reproduction? Given your rather positive conception of reproduction as capable of containing within itself the germs for revolution how do you separate between social, potentially revolutionary and capitalist reproduction? That is, what is there in the commons that is not just more sustainable than but actively antagonistic to capital and the state?

SF: Commons and communism. Well, communism is such a big term, but if we think of communism in the sense established by the Marxist-socialist tradition, then one difference is that in the society of the commons there is no state, not even for a transitional period. The assumption that human emancipation or liberation has to pass through a dictatorship of the proletariat is not part of the politics of the commons. Also a society of commons is not premised on the development of mass industrialisation. The idea of the commons is the idea of reclaiming the capacity to control our life, to control the means of our (re)production, to share them in an egalitarian way and to ‘manage’ them collectively.

The reconstruction of our everyday life, as a strategic aspect of our struggles, is a much more central objective in the politics of the commons than it was in the communist tradition. Is communism an expanded common? Not if we define it within the parameters of the Marxist tradition. But Marx’s description of communism as a society built on the association of free producers is compatible with it. Moreover the late Marx seems to have become convinced that commons, for example the Russian communes could become a foundation for a ‘transition to communism’, even though he believed this would be possible only if there would be a revolution in Germany, or other parts of Europe, providing a technological know-how, so that the Russian communes wouldn’t have to go through a capitalist stage. The commons means sharing the use of the means of reproduction, starting with the land, and creating co-operative form of work. This is already beginning to happen. In Greece and Italy, now, on the model of Argentina, workers that have been laid off are taking over factories and trying to run them in a self-managed egalitarian way to produce for people’s needs, rather than for profit.

I do not agree with Marx that capitalism enhances the co-operation of labour. I don’t think it does even in the process of commodity production, but it certainly does not in the process of social reproduction. Capitalism has developed a science of ‘scooperation,’ a term that I have taken from Leopolda Fortunati's The Arcane of Reproduction. An example is the urban planning that took place in American cities after WWII when the capitalist class confronted a working class that for 20 years or more had had a collective experience – first during the Depression, when people took to the road, creating hobo jungles, then during the war, in the army – and was now coming back from the war restless, questioning what they had risked their lives for. 1947 saw the highest number of strikes in the history of the United States, only matched by 1974. So, they had to ‘scooperate’ these workers and that’s what the new urban planning did with the creation of suburbia, like Levittown. It sent workers to live far away from the workplace, so that after work they wouldn’t go to the bars and instead would go directly home. They planned every detail of the new homes politically. They put a lawn in front of the houses for the man to mow in his spare time, so he would keep busy instead of going to a union hall. There would be an extra room for his tools – these were all instruments of scooperation.

nous retrouvons cette idée dans cet extrait d'une interview de Mickael Hardt pour le Guardian, en février 2011

Reclaim the common in communism
Capitalism and socialism present the world as private or public property. Shared, immaterial creation offers an alternative

This notion of the common can help us understand what communism means – or what it could mean. Marx argues in his early writings against any conception of communism that involves abolishing private property only to make goods the property of the community. Instead communism properly conceived is the abolition not only of private property but of property as such. It is difficult, though, for us to imagine our world and ourselves outside of property relations. "Private property has made us so stupid and one-sided," he writes, "that an object is only ours when we have it." What would it mean for something to be ours when we do not possess it? What would it mean to regard ourselves and our world not as property? Has private property made us so stupid that we cannot see that? Marx tries to grasp communism, rather awkwardly and romantically, in terms of the creation of a new way of seeing, a new hearing, a new thinking, a new loving – in short, the production of a new humanity.

Marx here is searching here for the common, or, really a form of biopolitical production put in the hands of the common. The open access and sharing that characterise use of the common are outside of and inimical to property relations. We have been made so stupid that we can only recognise the world as private or public. We have become blind to the common. Communism should be defined not only by the abolition of property but also by the affirmation of the common – the affirmation of open and autonomous production of subjectivity, social relations, and the forms of life; the self-governed continuous creation of new humanity. In the most synthetic terms, what private property is to capitalism and what state property is to socialism, the common is to communism.

mais attention aux limites de l'exemplarité quant à la 'création immatérielle' chère à Hardt et Negri :

Silvia Federici : « si nous regardons l'exemple des luttes à Oaxaca en Bolivie et en Equateur, nous voyons que les affrontements les plus radicaux ne sont pas le fait de travailleurs intellectuels ou cognitifs dans le cadre commun de l'internet » Precarious Labor: A Feminist Viewpoint 2008

communisation => communismes : les chemins de l'en-commun sont ouverts dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution

rupture avec le milieu 'communisateur' et besoin de clarté oblige, je remplace 'communisation' par 'communismes'

anti-journal > 1er avril 2014

le cheminement que je suis depuis 2002 poursuit sa spirale dialectique : la rencontre des théories de la communisation fin 2004 m'a permis de rompre avec la perspective démocrate radicale qui était encore celle de la tentation alternative, 2002-2004

mon compagnonnage avec le 'courant communisateur' autour des thèses de Théorie Communiste avait posé dès le départ des problèmes qui, après une période d'appropriation critique - Communisation Ressources classées 2007-2011 -, n'ont cessé de s'approfondir et de s'étendre, comme en témoigne Communisation Troisième courant 2006 puis pour en finir avec mon communisme-théorique juin 2012

la rupture est consommée en ce début 2014, avec critique du 'courant communisateur'

une simple rupture au sein des théories de la communisation - sur la base partagée de la nécessité d'une révolution sans étape socialiste, démocratique de base ou autogestionnaire - une telle rupture s'est avérée impossible, mes réflexions ne faisant l'objet d'aucun écho dans ce milieu moribond

ne souhaitant ni traîner les casseroles de cette idéologie, ni plomber la perspective ouverte par le tissage d'un en-commun dépassant les identités militantes actuelles, je tire la conséquence logique : abandonner l'étiquette de 'communisation', qui renvoie désormais à une parenthèse de la théorie communiste à refermer sur sa sclérose

ainsi puis-je renouer avec l'approche ouverte qui était la mienne dans carrefour des émancipations en 2002-2004, tout en renversant le refus révolutionnaire de l'alternative, le démocratisme radical, et l'ensemble des projets révolutionnaires post-prolétariens, anarchistes ou communistes, marqués par l'anthropocentrisme et l'universalisme de la raison occidentale

libéré de ces chaînes idéologiques, je peux poursuivre mon chemin sur sa propre base

anti-journal > 1er avril 2014 Lester Leaps In Rockland Palace, New York City, on 26 September 1952

chemin faisant, j'ai croisé des parcours intellectuels qui relèvent ou non du communisme, mais dont la pensée indépendante a fourni des matériaux féconds pour ma réflexion : Henri Meschonnic, Édouard Glissant, Leroi Jones-Amiri Baraka, Pierre Legendre, Jacques Camatte, Silvia Federici, Achille Mbembé, Giorgio Cesarino... et naturellement tous les 'sans noms' qui se battent de par le monde dans les formes susceptibles de favoriser l'émergence d'une subjectivation révolutionnaire autour de la préservation des communs et de l'abolition du capital

ayant polémiquer sévèrement avec plusieurs courants critiques du capitalisme, Endnotes et ses critiques anglo-américaines, Temps Critiques, Anselm Jappe, des marxismes et féminismes englués dans l'altermondialisme démocratique et radical... j'ai fourni les éléments de leur possible intervention dans le sens commun

des axes forts se constituent pour une rupture avec le capital autour de la notion-concept de 'communs' et les thèmes de l'abolition du racialisme, de la libération des femmes de leur rôle reproducteur de la force de travail et de la domination des hommes, de la sauvegarde du vivant pour d'autres rapports entre les humains et leur environnement contre l'empoisonnement du vivant, qui viennent enrichir la vision marxiste traditionnelle du capital fondé sur l'exploitation du travail humain, des modes de production marchands et des dominations sociétales par les États et les idéologies de l'individu séparé, drogué par des identités délétères religieuses, ethniques, nationales ou communautaristes

les voies des communismes s'ouvrent dans la diversité de leurs visées mises en communes

25 mars

P comme Paradoxe de la Poésie ? langage engage partage

est-il paradoxal, qu'en poète attaché aux sons et sens des mots les détournant pour en tisser formes et contenus, je sois si remonté contre un usage des mots qui en rend prisonnier ? 

anti-journal > 1er avril 2014 GigiStudio

le plus triste est qu'en soient spécialistes ceux qui enferment d'autant plus les mots dans leurs concepts qu'ils sont seuls contre tous à les utiliser. Ce qu'ils construisent par et dans leur langage, ils s'interdisent de pouvoir le faire partager. Chez eux, écrire suppose exclure en bulle totalisante fermée

ces langages sont ceux de théories plus que de combats - hormis de fumeux 'combats dans la théorie' -, à rebours des penseurs révolutionnaires qui savaient les tisser si nécessaire. Ils correspondent à la théorie élaborée depuis qurante ans, à une période où elle n'avait plus de «sujet révolutionnaire», pour en combler le manque plutôt qu'en favoriser la constitution. Cette posture s'est figée dans la distance ainsi créée, une séparation historiquement construite et 'adéquate' en forme et contenu (ou vide abstrait), qui leur est intrinsèque. Les théories dans ce type de langage et de forme-contenu ne pourront plus en redescendre

je ne parle pas ici de Lacan, Deleuze voire Derrida, car avec eux l'invention dépasse leur idéologie post-moderne pour secouer l'interprétation de qui les lit sans en faire leurs maîtres à penser, et ouvrir à l'imaginaire hors des usages fermés du langage, y compris les leurs, en psychanalyse ou en philosophie. Un peu comme Nietzsche donne encore à penser au présent. Remarquons que ce sont des intellectuels attentifs aux arts, à la poésie comme à la peinture, et qui les intègrent dans leurs réflexions

je crois de moins en moins à 'la lutte de classes dans la théorie', formule d'Althusser, parce que la théorie est séparation et la lutte révolutionnaire relation. Le support de la relation, c'est un langage, des langages multi-formes. Peu importe qu'ils soient populaires ou savants, s'ils sont capables de relier, de créer du commun, d'être réciproquement traduisibles, avec ce que Meschonnic appelle une poétique du traduire, très loin d'un mot à mot

fabriquer des poèmes m'a appris à écrire. À maîtriser la syntaxe, sa déconstruction-reconstruction adéquate aux affects comme aux idées, le rythme et le son faisant le lien, les passages entre formes et contenus, ce que s'interdit généralement la prose, sauf dans la littérature. Des philosophes comme Heraclite, Spinoza, ou Nietzsche pouvaient le faire, parce qu'ils connaissaient les limites de la raison

le moindre des paradoxes est que, cherchant à créer un halo d'affects et de sens plus qu'une signification unique,  le langage poétique m'ait appris à m'exprimer je pense avec une grande précision, une relative clarté, sans faire barrage à l'ouverture

cette méthode de création langagière, je ne m'en prive pas dans mes textes critiques, au-delà de la poésie, parce qu'elle correspond à ma conception, à mon exigence de penser avec d'autres - y compris les autres de l'Occident - sans me les approprier, sans chercher à élaborer un corpus qui contiendrait la totalité dont il parle. Ici, on peut penser à Edouard Glissant, poète, romancier et théoricien de la créolisation, qui n'est ni négritude, ni créolité ni métissage, mais poétique de la relation

le petit poème ci-dessous s'amusait sérieusement de cet enfermement dans les mots des théoristes du langage à prétention révolutionnaire. Je croyais y avoir utilisé le mot 'ego', mais non, sauf s'il s'y cache

sans un mot

fuir les mots lavés 
de tous soupçons, 
vainqueurs

mots maquereaux 
sur les trottoirs 
de leurs raisons

mots cul-de-sac 
mots mord-la-queue 
mots boursouflés

mots trop blêmes 
no problème 
qu'être mots, maîtres-mots

naître que mots 
en fausses couches 
mot pour mot

mots de curés, mots en purée 
où la pensée s'enlise 
avant d'entrer en lice

mots-valises' interdits 
que nos polices 
monopolissent

mots à crédit 
qu'un mot rembourse, 
bourse au logos

mot légionnaire 
sent la conserve 
boîte à Légo

sable de mots 
croisés d'émoi 
et morts de leur croisade

mots qu'un instant  
silence enterre 
dans la fosse commune

pour gens sans terre 
avec leurs maux 
mis en commune

15 février 2011 The Days before

anti-journal > 1er avril 2014 François Dufrêne

E comme Écologie radicale... communisme écologique ou écologie communiste ?

comme on l'aura remarqué, je ne m'aventure pas trop à relayer des discours écologistes, y compris quand ils s'articulent à l'anti-capitalisme, sous le nom d'écologie profonde, d'écosocialisme, d'écologie politique (Jean Zin)... et même le PCF édite une revue mariant Communisme et Ecologie

cela traduit davantage une nécessité qu'une pertinence radicale et celle-ci prend au demeurant tous les visages

anti-journal > 1er avril 2014 Carolyn Merchant 1992

s'il est une ligne aisée à franchir, la critique du capitalisme vert et des illusions politiques dans l'altermondialisme allié au démocratisme radical, il est pour moi plus difficile - faute de connaissances aussi - de discerner des groupes qui porteraient le sens que j'entends à une révolution rompant avec l'économie, c'est-à-dire avec le capital

il est possible de renvoyer à certains textes, mais il faudrait chaque fois prendre le soin d'en faire l'inventaire critique, ce qui dépasse mes moyens notamment du côté de l'écologie

force est de constater que sous les labels rouge et vert, on a produit davantage de réformisme dans les deux champs qu'une radicalité à la racine des deux

le terme même d'écologie est aussi entâché de problèmes que celui de communisme, que je garde par-delà ses inconvénients, du fait certes de mon parcours, mais surtout de sa charge inaltérable de contradiction en mouvement avec le capitalisme dans sa globalité, c'est-à-dire incluant sa destruction du vivant

à quoi bon inventer un nouvel -isme qui enfermerait ma pensée dans le bocal d'une idéologie révolutionnaire à promouvoir ?

alors, communisme écologique ou écologie communiste, pourquoi pas, mais ces assemblages ne diront pas leur contenu davantage que d'autres qui ont cadré l'histoire des rapports entre ces deux dimensions d'un combat qui, à travers la multiplicité de ses formes, constitue un tout sans exiger une unité

l'essentiel me semble de tenir cette unité dans la diversité des approches, la radicalité d'une double rupture, et d'articuler une visée révolutionnaire avec les nécessaires combats à mener au présent, en facilitant la subjectivation de leur sens commun

à cet égard, il faut soulever des obstacles d'autant plus lourds qu'ils sont supposés venir de 'notre camp'

en-commun et communs vs communauté humaine

la notion de «communauté humaine» est héritée de la Gemeinwesen chez Marx, qu'on retrouve en un sens très élargi et retravaillé historiquement chez Camatte

on la trouve également chez Temps Critiques, mais de façon plus réductrice, humaniste dirait Théorie Communiste, en quoi je préfère voir l'anthropocentrisme et l'occidentalisme commun à ces post-marxismes théoriques, et m'en prendre à leurs postures sectaires de vieux machins

les deux Jacques sont donc en commun entrés en guerre contre l'en-commun, le nez sur les mots, aussi réducteurs que ceux pour qui le communisme, c'est le stalinisme ou du moins le programmatisme prolétarien. Ils le font de façon limitée à l'histoire des idées sous le mot, sans rapport avec leur sens profond, en relation tant avec le capital qu'avec le communisme dont le commun est positivement au cœur, tant étymologiquement qu'en contenu. Il leur faut donc séparer «l'en commun» de la signification commune de commun. En quoi ils peuvent avoir intellectuellement raison et fondamentalement tort. Sur «l'en-commun» avril 2012, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn :

« l’en commun » ne peut pas être assi­milée à la com­mu­nauté humaine. Les deux notions n’ont ni la même genèse social-his­to­ri­que, ni le même contenu théorique et pra­ti­que

L’en commun est une notion récente, promue par la phi­lo­so­phie poli­ti­que anti-tota­li­ta­riste. Elle est liée à la démocra­tie et notam­ment à la cri­ti­que métaphy­si­que et phi­lo­so­phi­que des tota­li­ta­ris­mes après la Seconde Guerre mon­diale

L’autre impasse des cou­rants, plus récents et plus « vul­gai­res », qui se réfèrent à de « l’en commun » est celle des citoyen­nis­mes et leurs diver­ses varian­tes républi­cai­nes et/ou com­mu­nau­ta­ris­tes : recréer du lien social pour les poli­ti­ques urbai­nes et les média­teurs sociaux ; valo­ri­ser les réseaux et les « com­mu­nautés vir­tuel­les », affir­mer des iden­tités par­ti­culières, etc.

comme de bien attendu de la part d'une chapelle théoricienne identitaire parmi d'autres, il s'agit de promouvoir son truc à soi, et dans son langage à l'exclusion d'un autre. Comme si la question pouvait se régler abstraitement, qui plus est en langue française ou occidentales, au mépris aveuglant de combats menés ailleurs, avec d'autres mots sans équivalents chez nous, dans d'autres langues, d'autres rapports sociaux du langage à la vie

Il nous semble qu’il vaut mieux abor­der la ques­tion de la ten­sion entre indi­vidu et com­mu­nauté à partir de la pro­duc­tion his­to­ri­que de rap­ports sociaux spécifi­ques et situés (par exem­ple le citoyen athénien, l’indi­vidu bour­geois, le prolétaire et sa sub­somp­tion dans la classe, l’indi­vidu quel­conque de la société capi­ta­lisée…)

ironie des mots et sort critique des temps, on comprend donc que l'idée même de mettre en-commun une perspective révolutionnaire ne satisfasse pas de tels égos théoriciens

il est aisé de vérifier que la notion d'en-commun ne se réduit pas à ce qui est mis sous ce mot, et que le terme même n'est pas utilisé de façon aussi étroite que ne le disent ces Jacques, à condition de regarder et d'écouter un peu plus loin que le cercle occidental de sa pensée universelle

la construction d'un en-commun est aussi essentielle au communisme que la capitalisation des communs l'est au capital

anti-journal > 1er avril 2014

comme nous l'avons vu avec Silvia Federici, c'est avec la destruction des communs que s'engage la construction historique du capitalisme, et c'est aussi par elle qu'aujourd'hui le capitalisme tente d'échapper à sa crise, comme en témoigne les guerres qu'il mène contre les paysans pauvres partout dans le monde, y compris en France. De se pencher sur la défense concrète des communs, de la terre nourricière, vaut bien autant que des abstractions à n'en plus finir sur la rente, dont on ne tire aucune conséquence pratique

Silvia Federici parle de communauté d'une façon dépourvue de sens si on la sépare, ou pire l'oppose, de celle de mise en commun, et la perspective qu'elle offre aux luttes d'aujourd'hui est ancrée dans l'appropriation originelle, avec les enclosures, en Angleterre, en France... avec le vol colonialiste et post-colonialiste des terres. La littérature abonde sur ces questions qui mêlent passé et présent du capitalisme et combats pour les communs. Les images le disent

anti-journal > 1er avril 2014

je n'ai pas d'a priori contre la notion de «communauté humaine» sauf quand elle devient l'appropriation d'une poignée qui en détiendrait la pureté. Je considère comme grave inconséquence de faire fonctionner ce concept de Gemeinwesen contre la notion d'en-commun en général, au prix d'un inventaire discutable, d'autant que non relié à la critique initiale du capitalisme, la privatisation des communs, et à son enjeu actuel pour la subjectivation révolutionnaire

anti-journal > 1er avril 2014

l'enfermement s'abolit

il m'arrive de rêver à recevoir quelque écho de ce que je fais ici, n'étant pas fermé à quelque partage bienvenu, mais quand je vois de tels enfermements sur eux-mêmes, ou leurs fréquentations de cercles sûrement plus éloignés mais il est vrai gage de leur réputation mondaine, je reviens vite sur terre. On a les amitiés qu'on mérite, en 'fils effilochés'

des quelques dizaines de groupes, blog ou théoriciens à qui j'ai signalé ma démarche, un seul m'a répondu : Jacques Camatte

P comme Pollution => M comme Mort

7 millions de morts en 2012 à cause de la pollution Challenge 25 mars

D'après une étude de l'Organisation mondiale de la santé, la pollution de l'air domestique tue plus que la pollution de l'air extérieur et affecte tous les pays.

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

"Globalement, plus de 7 millions de morts sont attribuables aux effets des pollutions de l'air extérieure et intérieure, et les régions de l'Asie et du Pacifique sont les plus touchées", avec 5,9 millions de décès "La pollution de l'air est désormais le facteur environnemental le plus important affectant la santé, tout le monde est touché, que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres"

En 2012, 3,7 millions de personnes sont décédées en raison d'effets liés à la pollution extérieure et 4,3 millions en raison de la pollution de l'air domestique, soit concrètement les fumées et émanations liées aux appareils de cuisson, chauffés au bois ou au charbon, ou les instruments de chauffage.

En 2008, lors de la précédente étude, l'OMS avait dénombré 3,2 millions de morts au total dus à la pollution de l'air en zone urbaine, dont 1,3 million dus à la pollution extérieure, et 1,9 million dus à la pollution domestique. L'étude de 2012 porte sur les zones urbaines et rurales.

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Les femmes et les enfants paient un lourd tribu

En 2012, les régions les plus touchées sont l'Asie et le Pacifique, avec respectivement 3,3 millions de morts dus à la pollution de l'air domestique et 2,6 millions de morts dus à la pollution de l'air extérieure.

"Un air plus propre permet de prévenir des maladies non transmissibles et de réduire les risques chez les femmes et les groupes vulnérables, y compris les enfants et les personnes âgées"  "Les femmes et les enfants pauvres paient un lourd tribut à la pollution de l'air intérieur, car ils passent plus de temps à la maison à respirer les fumées et la suie que dégagent les fourneaux à bois ou à charbon mal ventilés"

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

voir les légendes (sic) des images du Nigéria, d'Argentine, du Bangladesh, d'Indonésie, de Russie et du Ghana dans le diaporama de l'article

D comme Delinquent => C comme Convergences

des textes en français et en anglais sur le site dialectical delinquents : « délinquants dialectiques, une contribution à la destruction de cette société stupide, triste, malade … “prenant la violence des délinquants sur le plan des idées” … oubliez V pour Vendetta – voici D pour dialectique et... D for delinquent »

versé à le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

anti-journal > 1er avril 2014

n'ayant pas tout lu, je signale ces quelques textes traduisant une convergences avec les idées qui se sont construites ici au fil des derniers mois

- dans nouvelles d'opposition (le présent) une remarquable recension de luttes dans le monde entre octobre 2013 et janvier 2014, qui n'est pas sans recouper, dans une forme plus sobre, le travail que j'ai fait ici

- des réflexions sur la communisation (André Dréan, 2012), de fait une critique approfondie des thèses de Théorie Communiste et de ce qui en a résulté avec SIC. Cette critique comporte de nombreux éléments montrant à l'idée de révolution sans transition (au centre du concept de communisation) une genèse historique qui semble oubliée par les 'communisateurs', même si l'auteur tend à négliger le nouveau de la restructuration du capital depuis 40 ans. Du côté de la vacuité des éléments autour desquels se structure la 'théorie de la communisation', cette critique recoupe très largement la mienne. Versé à critique du 'courant communisateur'

- une critique du post-anarchisme stimulante, dont voici la chute, dans laquelle je mets en valeur des éléments de convergence, au langage près

«[...] il est indispensable de conserver une relative distance par rapport aux effets de modes et aux théories fumeuses. L’émancipation des minorités, la pluralité des oppressions et la multitude des luttes ne doivent pas être occultées. Mais il semble indispensable d’articuler l’affirmation des subjectivités radicales avec la création d’une nouvelle communauté humaine égalitaire et libertaire. Le nouveau projet révolutionnaire peut se construire par la multiplication et l’articulation des luttes qui visent à transformer le monde et à changer la vie ici et maintenant.

La critique théorique du post-anarchisme détermine également des pratiques de lutte et ne se cantonne pas au débat strictement intellectuel. Ses théories queer semblent réellement influentes, notamment dans le mouvement autonome. Des livres publiés par les éditions Amsterdam, La Fabrique ou Zones (propriété de La Découverte, donc de Lagardère), des revues comme Vacarmes, Multitudes, RILI, voire certains articles sur Indymedia Grenoble: ses théories sont loin d’être minoritaires et inoffensives. Mais, surtout, ses idées peuvent influencer de nouvelles pratiques politiques.

Les post-anarchistes valorisent logiquement des stratégies alternativistes. L’anarchisme s’apparente alors à un mode de vie, souvent autour d’un squat, avec une influence culturelle sur la société. Des pratiques marginales (squats, auto réductions, zones de gratuité et autres zones d’autonomie temporaires) doivent se diffuser progressivement à l’ensemble de la société. Cette stratégie me semble réellement efficace si ses expérimentations, sympathiques mais marginales, s’accompagnent d’un projet révolutionnaire. Seules les luttes sociales peuvent permettre de changer la réalité matérielle et, à travers leur multiplication et leurs convergences, une véritable rupture révolutionnaire. Les différentes minorités peuvent se libérer en balayant l’ordre capitaliste pour créer une nouvelle société commune sans exploitation ni domination. Pour cela les minorités et tous les opprimés doivent se fédérer de manière autonome plutôt que de cultiver leur petite spécificité. »

à retenir donc, l'idée d'une nécessaire multiplicité des formes autour d'un contenu de rupture, et celle de combats au présent qui, pour ne pas constituer en eux-mêmes la rupture, en sont les éléments positivement fondateurs sans lesquels il est vain de fantasmer sur un imaginaire révolutionnaire qui se déploierait aux beaux jours venus de la 'communisation' selon sa vulgate técéiste

- les fils effilochés de l’amitié (2012, traduction 2014)

les idées de ce texte recoupent celles que j'ai de longue date émise d'une façon assez générale, quant à « la nécessité de rompre », l'impossibilité de maintenir des 'amitiés' longues et anciennes, quand elles ne reposent plus sur un communauté de vues quant à l'essentiel à quoi nous sommes confrontés. La poursuite de ces relations entretient alors par habitude une fausse amitié, au prix de l'évacuation de tout ce qui nuit à la bonne entente, dans laquelle personne reste lui-même celui qui fuit les problèmes de ce monde au lieu de les affronter y compris en ce qui le concerne. Qui les pose et tente de le faire devient alors un emmerdeur, un empêcheur des « bons moments que nous passons ensemble », et lui ne peut plus les vivre qu'en singeant celui qu'on attend encore comme un «ami de trente ans»

on y retrouvera également ce que j'ai écrit au sujet du sectarisme de groupe et des identités 'révolutionnaires' auto-satisfaites, sous les '-ismes' divers et variés qui se caractérisent surtout par leur incapacité, voire les obstacles, à toute construction concrète d'un en-commun

« L’opposition est la véritable amitié. » William Blake

1. De la même façon que nous ne pouvons pas comprendre le monde si nous n’essayons pas de le changer, nous ne pouvons pas comprendre nos amitiés tant que nous n’essayons pas de les transformer. Clarté bien ordonnée commence par soi-même.
[...]

2 [...] pour de nombreuses organisations anarchistes ou ultra-gauches la vie quotidienne est réduite à être ce à quoi on revient après que la réunion soit terminée. De telles organisations tendent inévitablement à réduire les gens aux fonctions qu’elles leur attribuent, à n’être que des membres de l’organisation, et ceux-ci acceptent volontiers ce rôle. Dans une large mesure, la séparation entre la fin et les moyens, et les relations faites de rivalités et d’intrigues sont tolérées spontanément avec des haussements d’épaule signifiant : « Comment peux-t-on faire autrement ? »

[...] Les relations d’amitié traditionnelles sont généralement moins prétentieuses que les relations politiques. Elles impliquent un minimum de générosité, de soutien mutuel dans l’adversité et le désir d’apprécier mutuellement la compagnie de l’autre autant que possible. Mais le manque de critique par rapport à quoi que ce soit qui serait extérieur à ce qui est immédiat et, souvent, l’attitude sentimentale qui se base sur ce que l’on avait de commun dans le passé – mais de moins en moins dans le présent – constituent des limites. Qui plus est, cette « amitié » est autant sujette à la mentalité de bande que l’est la politique. Il s’agit souvent de prendre position pour un réseau d’amitiés contre un autre, avec l’habitude d’esquiver tout questionnement concernant des contradictions significatives qui se manifestent chez des amis. Y compris quand cela implique d’éviter d’agir de façon solidaire avec ceux qui s’opposent à des formes concrètes de complicité avec le pouvoir

4 [...] Même si le désir de vivre, qui s’affirme avec notre activité critique pratique, est une source de joie, souvent drôle, absorbante, pleine de sens et exaltante, il est aussi nécessaire de se lancer dans des luttes qui ne sont pas directement liées au plaisir immédiat que trop de gens recherchent en vue de consommer du plaisir par des marchandises . De nos jours, quiconque, ou presque, qui discute des contradictions importantes est considéré comme un rabat-joie et sans doute comme quelqu’un qui se prend trop au sérieux. Ce n’est pas que les gens soient nécessairement hostiles aux bonnes discussions contradictoires, mais ils souhaitent que celles-ci restent à un niveau qui exclut leurs propres contradictions et, surtout, qu’elles n’entraînent aucune action pratique de leur part. Quelqu’un qui discute de choses qui implique personnellement et émotionnellement les participants de la discussion et les confronte à leurs contradictions, ou qui soulève des enjeux impliquant la nécessité d’agir, est considéré comme un emmerdeur et n’est plus invité au prochain dîner

6. [...] Cependant, malgré l’évidence, le sentiment que rien ne peut être fait devient une excuse pour ne même pas faire le premier pas. Après tout, l’avancée « minable » le serait trop, et ne mériterait pas l’effort nécessaire. Cette critique des limites évidentes des « premiers pas » n’a pas pour objectif ici de s’approcher d’une pratique qui serait plus efficace. C’est une façon de s’excuser de ne rien faire du tout : le négatif coagulant ainsi en négativisme. Les démoralisés doivent toujours rabaisser et ricaner, de façon sarcastique à leur niveau de démoralisation ceux qui essaient de faire quelque chose car ils ne peuvent supporter ce qui leur rappelle leur propre inertie. Ils ont besoin de prétendre que chacun fait de même. Ici, l’humilité et l’arrogance se combinent pour donner des démonstrations agressives d’impuissance. Les « humbles » demandent de façon arrogante que nous soyons aussi inconséquents qu’ils le sont. Et c’est vous qui êtes accusé d’arrogance pour changer, ne serait-ce que de façon minime, une situation qu’ils ont mis tant d’entêtement à ne pas modifier.

7. [...] En fait, ceux qui, apparemment, s’opposent à cette société sont souvent plus atteints par l’autosatisfaction que génèrent constamment ces « mœurs » que ceux qui n’ont pas déployé l’écran de fumée de la « critique ». Leur identité, en tant que rebelles, leur laisse à penser que, en affichant simplement cette identité, ils font réellement quelque chose pour ne pas être complices de cette société. Qu’en professant ou en consommant un ensemble de croyances et de routines ils peuvent correspondent confortablement à leur étiquette « rebelle » marxiste, communiste, anarchiste, quoiquecesoitiste. Il y en a certains qui sont, c’est clair, intellectuellement (mais pas pratiquement) compétents : ils apportent des éclairages nouveaux sur les aspects les plus objectifs des nouvelles formes d’aliénation. Mais ils n’innovent que sur le plan théorique, un peu comme l’école de Francfort en son temps, même s’ils le font avec plus de conscience de classe prolétarienne. Ils ont oublié les moments aujourd’hui révolus, quand ils exprimaient directement leur authentique mécontentement, prenaient des décisions qui bouleversaient un peu leur équilibre et celui des relations sociales dominantes, faisaient preuve d’esprit d’initiative, poussés par leur juste colère, utilisaient leur compréhension du monde en se préoccupant des conséquences pratiques, et demandaient le soutien et l’encouragement de leurs amis. Aujourd’hui, les liens entre les individus participant à telle ou telle communauté d’« intellectuels » peuvent être aussi ténus que ceux qui existent dans des communautés basées sur des loisirs ou des goûts communs. Mais ces relations sont encore plus contradictoires puisque cette communauté prétend se confronter aux misères de la société.

10. [...] Cette mentalité de bande se manifeste souvent dans la façon dont les gens changent d’amis en fonction d’où le vent souffle : si le groupe s’oppose à celui qui était un ami, il faut alors choisir entre garder son intégrité et son indépendance pour faire les bons choix dans une situation complexe ou suivre silencieusement et adopter la position prise par le groupe. Une affection qui part si rapidement et facilement ne peut pas être authentique.

11. [...] À l’aube de ce qui sera peut-être la plus grave crise mondiale (aussi bien économique qu’écologique et éventuellement militaire), on peut se demander comment ceux qui n’ont pas les nerfs ou la force de se confronter à un individu en leur sein qui épaule l’Etat, ou de s’opposer à ceux qui l’excuse, osent avoir la prétention de croire qu’ils puissent contribuer de façon significative au renversement du pouvoir d’Etat quand il s’attaquera à eux comme force extérieure beaucoup plus puissante.

24 mars

comme chatte

« La chatte feint de l'oublier et ne lui accorde plus, au jardin, la faveur d'un regard.»
Colette, La Paix chez les bêtes, 1916

ma chatte, timide et réservée (n'aimait pas être photographiée), pudiquement nous salue

anti-journal > 1er avril 2014

P comme

Ma chatte est morte ce matin, comme chante Françoise en Malherbe hardi
nora, c'était son nom, qui se prononce en japonais nola,
'nola-néko' étant équivalent à notre 'chat de gouttière'. Elle était en réalité la chatte de mon fils, un cadeau pour ses 5 ans, elle avait 5 mois... ils étaient 'frère et sœur' à un point surprenant, elle se précipitait vers lui quand il se faisait mal, ils faisaient la boxe... Ma compagne était plutôt pour elle dans le rôle de la mère, et moi du père fouettard, dont elle avait peur comme de tous les hommes, je ne sais pour quelle raison. Depuis six mois, suite à une attaque cérébrale, elle était paralysée du train arrière, et demandait des soins réguliers, pour la nourrir, la faire propre... ce qui n'était possible que par ma présence 'à la maison'. De ce fait elle était devenue très câline avec moi... De chacun selon ses besoins... 

pour un printemps

ma chatte est morte
et c'est raté

elle n'était
pas le chat botté

elle mettait
sa patte à côté

de la rate et
de son pâté

ma chatte est morte
et c'est raté

FoSoBo 24 mars 12:07

ma chatte

Si tu veux ma chatte
attraper la mouche
ne crains qu'elle touche
au bout de ta patte

Tu n'es guère adroite
que pour mettre en bouche
de boîte si louche
le pâté de rate

Mon pauvre Steinlen
que sont tes félins
si fiers devenus

Ces chats de gouttière
à la griffe altière
Minette ingénue

FoSoBo, 28 mars 18h25

à Théophile-Alexandre Steinlein

anti-journal > 1er avril 2014

P comme Paradoxe ? 7:45

qui a écrit en février 2011 ?

« À date récente, d’ailleurs, le FN a brillé par son absence dans toutes les luttes sociales, qu’il s’agisse de la lutte des « Contis » ou des manifestations contre le nouveau régime des retraites. C’est dire que, pour entamer un nouveau cours – et subsidiairement démontrer aux électeurs de gauche qu’il a plus de vrai socialisme au Front national qu’au PS ou au PC – il reste beaucoup à faire. En la matière, il ne suffit pas de défendre les « petits » contre les « gros » ou de dénoncer de façon démagogique le « capitalisme mondialisé ». Il faut encore démonter la logique du profit et les mécanismes d’accumulation du capital, contester les valeurs marchandes et la conception commerciale de la vie, s’opposer à l’utilitarisme et à l’axiomatique de l’intérêt, et surtout démasquer les rapports de classes tels qu’ils existent dans notre pays. Frontistes, encore un effort ! » Source Marine Le Pen vue par...

réponse : Alain de Benoist

Alain de Benoist vu par ses « amis » :

« Les axes principaux de sa pensée sont au nombre de quatre : 1) la critique conjointe de l'individuo-universalisme et du nationalisme (ou de l'ethnocentrisme) en tant que catégories relevant l'une et l'autre de la métaphysique de la subjectivité ; 2) la déconstruction systématique de la raison marchande, de l'axiomatique de l'intérêt et des multiples emprises de la Forme-Capital, dont le déploiement planétaire constitue à ses yeux la menace principale qui pèse aujourd'hui sur le monde ; 3) la lutte en faveur des autonomies locales, liée à la défense des différences et des identités collectives ; 4) une nette prise de position en faveur d'un fédéralisme intégral, fondé sur le principe de subsidiarité et la généralisation à partir de la base des pratiques de la démocratie participative.»

ses "conseils" au Front National : Pour s’imposer, le FN doit liquider l’UMP ! décembre 2013

« Le Front national est à l’origine un mouvement d’extrême droite qui s’est mué progressivement en mouvement national-populiste. Le populisme est un phénomène complexe, que les notions de droite et de gauche ne permettent pas d’analyser sérieusement. Non seulement le FN est aujourd’hui une force montante, qui touche les hommes aussi bien que les femmes et marque des points dans toutes les catégories d’âge ou professionnelles, mais il arrive maintenant en tête des intentions de vote aux élections européennes, loin devant le PS ou l’UMP, ce qui revient à dire qu’il est en passe de s’imposer comme le premier parti de France. [...]

Outre qu’il a déjà une histoire, le slogan « ni droite ni gauche » ne veut pas dire grand-chose. « Et droite et gauche » est bien meilleur. À un moment où de telles notions ne sont plus opérationnelles pour analyser les nouveaux clivages qui se mettent en place, il s’agit de rassembler des idées justes d’où qu’elles viennent. Au lendemain de l’élection présidentielle de 2007, j’avais écrit ceci : « L’avenir du FN dépendra de sa capacité à comprendre que son “électorat naturel” n’est pas le peuple de droite, mais le peuple d’en bas. L’alternative à laquelle il se trouve confronté de manière aiguë est simple : vouloir incarner la “droite de la droite” ou se radicaliser dans la défense des couches populaires pour représenter le peuple de France. » J’ajoutai « qu’il reste au FN à apprendre comment devenir une force de transformation sociale dans laquelle puissent se reconnaître des couches populaires au statut social et professionnel précaire et au capital culturel inexistant, pour ne rien dire de ceux qui ne votent plus ». Cette alternative est toujours présente. Le FN n’a de chances de l’emporter que s’il devient le parti du peuple. C’est même le nom que j’aimerais lui voir porter.»

anti-journal > 1er avril 2014

de la 'surprise' confirmée...

considérations intéressantes pour apprécier les résultats de ce premier tour des élections municipales. Au-delà de l'abstention (catégories populaires et jeunes), concernant « la montée spectaculaire du FN », je me demande en quoi elle est une 'surprise' - je l'avais pronostiquée sans être particulièrement voyant, mais relativement insensible aux 'sondages'

à mon avis, ce qui ressort d'essentiel, c'est précisément que le FN a réussi son tournant «national-populiste», une sorte de néo-péronisme à la française. Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen est arrivé en tête à Forbach devant le sortant PS. À la mort de Hugo Chavez il y a un an, il écrit « Chavez c’était d’abord une volonté, un courage, à l’intérieur comme à l’extérieur de son pays »

il y aura naturellement, pour le second tour et de futures élections, le jeu des alliances d'opportunités tactiques, mais il me semble qu'un pas est franchi, bien résumé par Marine Le Pen dans cette formule :  « fin de la bipolarisation de la vie politique » «Le Front national arrive comme une grande force autonome. Je pense que c'est une des révélations de cette soirée...»

ajout du soir : Marine le Pen sait qu'il ne faut pas au FN gagner trop de villes, sa capacité à les gérer étant encore limitée. Elle a un sens politique aigu du rythme du rythme de sa progression inexorable, sans besoin d'en rajouter

... à la 'surprise' à venir

reste à observer ce que produiront au second tour, d'où qu'ils viennent, les appels pathétiques au «Front Républicain», au « barrage à l'extrême-droite ». On pourra certes le faire en termes d'élus FN, mais compte tenu du faible nombre encore de lites présentées, le critère sera plutôt les échecs qu'ils produiront tant à droite qu'à gauche (triangulaires avec FN dans 114 villes de plus de 30.000 habitants, 1 sur 4)

quant aux analyses que font et feront les anti-fascistes de tous poils, particulièrement « la gauche de la gauche », les gauchistes et nombres d'anarchistes, elles perdront de plus en plus toute pertinence, toute crédibilité, c'est-à-dire qu'elles contribueront à accélérer le processus de restructuration de la vie politique en France, et sa décadence dans la crise

23 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Brolik  (paroles pas mal, rythme et sons nuls, dommage, une percu une gratte le ferait...)

26 mars : je relègue ici cette référence, il me faut trouver autre chose

Grève de la faim dans le Mercantour 22 mars Le blog de Françoise Degert 

Le conflit de Belvédère pourrait bien être appelé à se généraliser

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Pendant quatre jours, Catherine Bisotto-Bois a dû faire la grève de la faim devant la mairie de Belvédère pour poursuivre son activité d’éleveur

La vie rurale a du mal à résister dans l’arrière pays niçois. « Les meilleures terres agricoles de Belvédère sont couvertes de résidences principales ou secondaires. Quant aux planches (terrasses cultivées, appelées également restanques dans le Midi), elles sont toutes en friches »

La vie sauvage est sublimée, l’homme doit s’effacer. En respectant les normes de la « wilderness » (vie sauvage), le parc national du Mercantour espère rejoindre la douzaine de parcs nationaux européens labellisés « Pan Parks », une organisation hybride créée par WWF et le groupe privé Molecanten, une société néerlandaise d’hébergement touristique. Avec le soutien de l’Europe et de l’UICN.

Haro sur le pastoralisme

Les éleveurs, qui ont toujours entretenu ces espaces restent dans l’ombre. « Bien qu’il s’en défende, le parc national du Mercantour lutte contre le pastoralisme. La superficie des estives a diminué de moitié et les prix de location ont été multipliés par trois » explique Xavier Worbe, directeur de la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes. S’y ajoute parfois une forme de harcèlement personnalisé, comme l’obligation d’installer des clôtures en altitude sur les estives. Une obligation du parc à la charge des éleveurs, totalement incompréhensible car les clôtures ne résistent pas aux chamois. Et empêche le troupeau de s’échapper lorsqu’il est attaqué par le loup.

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Main basse sur les biens communs

Les parcs nationaux ne sont pas que des produits touristiques. Depuis les accords de Marrakech signés en 1994 lors de la création de l’OMC (organisation mondiale du commerce), la nature devient une extraordinaire ressource à exploiter. Les industries pharmaceutiques, cosmétologiques, agro-alimentaires  tirent profit des ressources génétiques des plantes, des animaux, en y déposant des brevets (Accord sur la propriété intellectuelle dit ADPIC).  Voilà pourquoi le moindre brin d’herbe est recensé et qu’il ne faut pas le piétiner.

anti-journal > 1er avril 2014

cet article donne des liens intéressants :

Nature sauvage, nature sauvée ? Peuples autochtones, aires protégées et conservation de la biodiversité  Marcus Colchester

lire aussi

Terre d’élevage ou « nature préservée » en zone centrale des parcs nationaux français des Alpes du Sud ? texte complet

Pour des raisons idéologiques et fonctionnelles, l’agriculture a longtemps été considérée comme une activité n’ayant plus sa place dans la future zone centrale

au-delà de l'opposition genre/sexe, qui dit mieux ? Nos cinq sexes Jean-François Dortier 6 mars

la vision binaire, entre genre(social) et sexe (biologique), communément admise pour théoriser 'l'abolition du genre', se referme sur l'impossibilité de penser la complexité du dépassement de la 'contradiction hommes-femmes'. Pour mettre un peu de sciences dans la conscience de classe du genre, quelques éléments

« Nous avons tous cinq identités sexuelles : chromosomique, anatomique, hormonale, sociale et psychologique. La plupart du temps, celles-ci coïncident. Mais il arrive parfois qu’elles ne convergent pas, révélant ainsi des identités ambiguës ou hybrides.
Je ne suis ni transsexuel ni hermaphrodite ni androgyne. Non, je suis un type ordinaire : sexe mâle, genre masculin, pratique hétéro. Et pourtant j’ai cinq sexes ! Oui : cinq. Vous aussi d’ailleurs. Nous avons tous cinq sexes. Nous possédons un sexe génétique (XX ou XY), un sexe anatomique (pénis ou vagin), un sexe hormonal (testostérone ou progestérone), un sexe social ou «genre» (homme ou femme) et un sexe psychologique (masculin ou féminin). Comme, en général, ces sexes coïncident et se superposent, nous ne nous rendons pas compte de cette diversité, nous avons l’impression de n’en avoir qu’un seul.[...]»

c'est extrait du numéro 235 de Sciences humaines mars 2012 sur Les identités sexuelles

anti-journal > 1er avril 2014 

un article à preuve des possibles, Les Indiens du troisième sexe    Hijras, images

En Inde, les hijras refusent l’appellation d’homme ou de femme. Cette communauté millénaire, structurée par ses rituels et ses mythes, est à la fois crainte et discriminée.

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 

Laxmi se souvient de son enfance à Madras. Le garçonnet se plaisait à s’habiller comme les filles et à s’adonner à la danse avec elles. À l’âge de 9 ans, il est chassé de la maison par son père qui ne tolérait pas son ambivalence sexuelle. Son parcours est inexorablement chaotique : il tombe aux mains d’adultes proxénètes qui l’obligent à voler et lui font subir toutes sortes de mauvais traitements. Il finira par rejoindre une communauté hijra à Bombay où il, devenu elle, est installée aujourd’hui.

Dans le magnifique documentaire de Thomas Wartmann, 'Des saris et des hommes , la reporter indienne Anita Khemka nous fait entrer dans l’intimité de ces hijras qui, depuis des millénaires dans la société indienne, refusent l’appellation d’homme ou de femme et se revendiquent comme « per­sonnes du troisième sexe ».

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Jean-François Dortier est fondateur et directeur de publication du magazine Sciences Humaines. Il est l'auteur en 1998 de l'ouvrage remarquable ci-dessous, réédité et mis à jour en 2012

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Un étrange animal est apparu sur terre il y a deux millions d’années. Il s’est mis à parler, à fabriquer des outils, à produire des œuvres d’art, à enterrer ses morts et à inventer des dieux. Comment expliquer l’émergence de ces comportements nouveaux ? Y aurait-il entre eux une relation cachée ? Les recherches sur les cultures animales, l’émergence du langage, l’évolution du cerveau, les origines de l’art et de la religion renouvellent constamment la question du « propre de l’homme ».

Dans cette nouvelle édition de son ouvrage à succès L’Homme, cet étrange animal, Jean-François Dortier prolonge et actualise, à la lumière des recherches récentes, le roman vrai des origines de l’humanité.

« Voilà plus de deux millions d’années, quelque part dans la savane africaine, est apparu cet étrange animal. Ce primate ne ressemblait à aucun autre. Alors que les mammifères sont quadrupèdes, lui se tenait debout et marchait sur ses deux jambes ; alors que tous les primates ont le corps couvert de poils, lui était un « singe nu ». Mais c’est surtout par ses comportements que cet étrange animal allait se distinguer. »

22 mars

Votez BHL !

la campagne électorale tire à sa fin. Incise aux indécis·e·s

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

anti-journal > 1er avril 2014        anti-journal > 1er avril 2014 autres

irrésistible moment de pose

 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014
« Ils se glissent à travers la construction européenne comme une matière plastique aux propriétés inconnues » Drieu La Rochelle Sur l'Europe 1922

 

Tout le monde en ville !

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Métropolisation et bidonvillisation, l'urbanisation du monde a deux visages  Slate.fr 27 février

anti-journal > 1er avril 2014 Chine Ili anti-journal > 1er avril 2014 Sao Paulo

Urbanisation chinoise : une nouvelle orientation de développement CRI 19 mars

L'impressionnante urbanisation de la Chine en quelques gifs Le Huffington Post 22 mars

L'urbanisation galopante pose des problèmes aux agriculteurs franciliens France bleu 24 février

la campagne à la ville

Gare aux chevreuils qui s'aventurent sur les routes en ville ! laRep.fr 22 mars

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Marx théoricien de l'artIsabelle Garo 13 juin 2013

ce texte court qui n'appelle pas de remarque de ma part, si ce n'est que cette question est généralement ignorée des 'marxistes', tant par leur absence de lecture sous cet angle de Marx, des rapports sociaux ou de l'émancipation individuelle. Il me semble que la question de la révolution de l'individualité dans celle du capitalisme au communisme est essentielle. On peut constater qu'elle est absente des réflexions sur la communisation, incapables qu'elles sont d'aller au-delà des habituelles considérations sur «l'individu du capital» et «l'individu immédiatement social», impuissance en phase avec leurs propres agissements groupistes

anti-journal > 1er avril 2014 L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique Walter Benjamin 1935

quant à l'auteur de ces horreurs, cherchez pas, il s'appelle Ottmar Hörl, il fait aussi dans le nain de jardin et l'immatriculation des anges anti-journal > 1er avril 2014

sur le terrain de l'art, Marx ne manquait ni de connaissances ni de finesse, comme je l'ai déjà souligné à propos de son utilisation de Shakespeare, Goethe, Heine... et comme on le constate, s'il n'était pas 'en avance', bien de ses disciples ont pris du retard. Un éclairage sans relecture esthétique et marxisme Patlotch 2002

« La question portant sur les rapports de Marx à l’art est complexe, multiple

Le plus simple est de commencer par une remarque aussi évidente que déroutante : en dépit des théories marxistes de l’art qui ont cherché leurs sources dans son œuvre, ce qui n’est en rien illégitime, il faut reconnaître qu’une telle esthétique marxienne est introuvable. Il n’en demeure pas moins que la question de l’art apparaît régulièrement, tout au long de son œuvre et en des points cruciaux de l’analyse. Elle mérite donc qu’on s’y arrête.

La création artistique, une activité sociale avant tout

Parallèlement aux nombreuses citations de poèmes, de tragédies et de romans, et aux remarques littéraires qui parsèment l’œuvre et la correspondance de Marx, on peut affirmer que c’est avant tout comme activité sociale que la création artistique se trouve abordée et systématiquement reliée à deux autres questions : celle du travail en mode capitaliste de production et celle du développement non aliéné des facultés individuelles, une fois que sera dépassé et aboli ce même capitalisme.
En effet, Marx esquisse la perspective d’une émancipation humaine, dont l’activité artistique offre, en contrepoint et en complément de la lutte sociale et politique, une préfiguration concrète. Et cela, alors même que cette activité demeure nécessairement marginale, latérale par rapport à la question de l’organisation de la production. Mais si la perspective communiste ne vise nullement à faire du travailleur un artiste, il s’agit bien de réorganiser socialement la production en fonction non seulement des besoins sociaux mais aussi des aspirations du travailleur lui-même en tant qu’individu, aspirations auxquelles s’alimentent de façon essentielle les luttes sociales et politiques, et cela au sein même du capitalisme.

anti-journal > 1er avril 2014c'est devenu très relatif

C’est sur ce point que l’approche marxienne de l’art, en dépit de son caractère épisodique et incomplet, s’avère à la fois la plus féconde et la moins explorée, associant l’analyse d’une activité sociale d’un genre particulier à une critique globale et concrète de l’exploitation et de l’aliénation. Et si l’on suit, tout au long de l’œuvre marxienne, la genèse de cette réflexion inachevée et non thématisée comme telle, il est possible de mettre en évidence le statut problématique – plus encore que dialectique – de l’activité artistique chez Marx.
Ce statut tient à la double nécessité de penser l’activité artistique, d’une part, comme la possibilité véritable, mais exceptionnelle et isolée, d’une activité humaine libérée de l’aliénation et, d’autre part, comme activité socialement déterminée par les formations historiques où elle prend place, formations caractérisées par les rapports de domination et d’exploitation qui culminent dans le mode de production capitaliste.
Comme toujours chez Marx, cette analyse s’effectue en plusieurs temps, sans rupture, mais au rythme des étapes qui scandent l’œuvre tout entière. À la suite d’une première recherche sur l’art chrétien, qui prend la forme d’une critique virulente de l’art prussien officiel, le jeune Marx réoriente sa réflexion sur l’art en même temps qu’il redéfinit son projet d’ensemble.

anti-journal > 1er avril 2014 le Saint Caleçon de Karl Marx Helmut Schwickerath 1996 

À partir du début de l’année 1843, alors que Marx rompt définitivement avec Arnold Ruge et avec les Jeunes Hégéliens, Marx s’intéresse d’emblée et avant tout à la dimension sociale de l’activité artistique : il y lit l’expression de la réalité historique contradictoire qui en est contemporaine. On trouve longtemps trace de cette réflexion philosophique et esthétique de Marx, dans les Manuscrits de 1844 bien sûr, mais également dans l’Introduction de 1857, qui explique par des facteurs historiques et non par des causes strictement esthétiques, la séduction persistante qu’exerce l’art grec sur les hommes du XIXe siècle.
Avant ce texte, dans l’Idéologie allemande, l’art ne jouit plus du caractère exceptionnel propre à une activité qui serait intégralement émancipatrice : resitué dans le cadre de la division du travail, il cesse d’être un modèle de libération pour devenir plus modestement l’un des objets de l’explication historique que Marx s’efforce de construire. Il l’inclut alors dans la sphère d’une idéologie dépourvue de l’autonomie absolue que lui prêtent les jeunes Hégéliens : « Il n’y a pas d’histoire de la politique, du droit, de la science, etc., de l’art, de la religion, etc. ». C’est là renvoyer dos à dos l’esthétique idéaliste et sa critique matérialiste, en rejetant le cloisonnement d’une l’histoire de l’art séparée de l’histoire sociale.

L’art replacé dans le contexte économique et social

anti-journal > 1er avril 2014 «L'argent abaisse tous les dieux de l'homme et les change en marchandise »

Si le thème de l’art devient alors secondaire, c’est parce que, au même titre que toute activité, il doit pour Marx être replacé dans le contexte économique et social qui est le sien et relié à une perspective révolutionnaire et émancipatrice, dont les artistes ne sont ni les premiers acteurs ni les principaux porteurs, du fait même de la relative protection dont ils jouissent face aux dégâts humains produits par l’organisation capitaliste de la production. Mais ils s’y insèrent pourtant.

C’est bien en ce point que cristallise ce qu’on peut nommer le paradoxe de l’esthétique marxienne. Quelques lignes après avoir souligné le caractère collectif du travail d’un peintre renommé comme Horace Vernet, la coopération qui préside à la production de vaudevilles et de romans ainsi qu’à l’observation astronomique, Marx dénonce dans l’Idéologie allemande

« la concentration exclusive du talent artistique chez quelques individualités, et corrélativement son étouffement dans la grande masse des gens »

Deux thèmes en relative tension réciproque se superposent alors. Le travail artistique est, comme tout autre, dépendant de l’organisation d’ensemble de la production. À ce titre, il ne jouit d’aucun privilège. Mais dans le même temps, Marx fait bien de l’artiste une exception : il est l’un des rares hommes à développer son pouvoir créatif, et la critique porte alors seulement sur le caractère spécialisé et par suite étroit de ce talent, qui ne concerne qu’une partie des facultés humaines et, surtout, qu’une fraction de l’humanité.
Pourtant les deux arguments ne sont nullement du même ordre : d’un côté, le peintre est un travailleur comme un autre, de l’autre, il est au moins l’esquisse de l’individu complet, dont la figure apparaît dès cette œuvre :

« Dans une société communiste, il n’y aura plus de peintres, mais tout au plus des gens qui, entre autres choses, feront de la peinture »

anti-journal > 1er avril 2014 Marx reproductible ?

Marx ne saurait mieux exprimer le caractère contradictoire d’une pratique sociale qui subit l’aliénation tout en frayant les voies de son abolition. L’art semble être à la fois déterminé et autonome, aliéné et libérateur, écho des contradictions du réel et ferment révolutionnaire de leur dépassement. Il est clair que la question, telle qu’elle se trouve formulée ici, appelle sa reprise.
C’est au cours d’un troisième temps que Marx s’efforcera de concilier cette double intuition de l’art comme activité sociale déterminée et comme épanouissement exceptionnel de quelques individus préfigurant la société future. La liaison entre art et travail se resserre, sans devenir pour autant une identification : au contraire, la mise en tension des deux composantes de l’activité artistique semble inciter Marx à mieux définir ce que pourrait être la suppression de l’aliénation et de l’exploitation.

À partir de 1857, Marx peut combiner aux développements de la critique de l’économie politique les acquis d’une notion d’idéologie élaborée en 1845, qui à la fois connecte les éléments superstructurels à la base à laquelle ils demeurent liés, et les en distingue. Il peut dorénavant insister sur la totalité différenciée que constitue l’ensemble de toutes les activités humaines au sein d’une formation économique et sociale donnée.
Il ne s’agit pas pour Marx de promouvoir un modèle esthétique quel qu’il soit, mais de penser l’activité artistique comme formatrice de l’individu humain lui-même, au même titre que le travail, tout en maintenant son caractère déterminé. L’analyse est complexe car elle doit inclure la spécificité d’œuvres qui ont un effet sur leurs spectateurs en tant qu’êtres sensibles aptes à accéder au sentiment élaboré du beau.

Il est alors possible d’affirmer conjointement l’exceptionnalité de l’artiste, et la relative exterritorialité sociale de l’activité artistique, tout en maintenant l’idée d’une cohésion essentielle de toute formation économique et sociale. L’artiste anticipe simplement sur des possibilités de développement, individuel et collectif, qui existent à l’état virtuel et préfigurent le dépassement possible et nécessaire des contradictions à l’œuvre dans le présent.

L’art, comme le travail, transforme le monde extérieur et élabore la matière selon des procédés techniques qui évoluent au cours du temps. Mais à la différence de la production, le développement technique n’y est pas piloté par l’exigence d’une productivité croissante et de l’économie du temps de travail, pas plus que par la tendance à l’intensification et à la mécanisation des tâches. Même si, dans le capitalisme, l’œuvre aussi est une marchandise.

Ainsi, la question de l’art semble-t-elle ainsi constituer un passage à la limite qui permet à Marx à la fois de tester et d’enraciner concrètement la perspective d’une émancipation du travail et du travailleur sans verser dans l’utopie.

anti-journal > 1er avril 2014 pas le genre utopique

Considérée sous cet angle, la question de l’art, pour demeurer discrète, n’est nullement secondaire, si l’on s’avise qu’elle permet à Marx de corroborer sa définition du communisme sous l’angle du « libre développement de chacun » comme « condition du libre développement de tous », et l’affirmation que « l’histoire sociale des hommes n’est jamais que l’histoire de leur développement individuel ».

alors, l'art est-il une marchandise ?

anti-journal > 1er avril 2014 oui et non

en tant qu'art non, en tant que gagne-pain (ou plus) oui. Le mot d'ordre des « Intermittants du spectacle » et autres, « l'art n'est pas une marchandise », sous ses faux airs de dépassement, n'a rien à voir dans le sens révolutionnaire de Marx - désaliéner les l'individus. Ce n'est que la revendication d'être subventionné par l'État, au-delà de mécènes privés.  Certes tous les Intermittants ne sont pas des artistes, et tous les 'artistes' sous cette étiquette n'ont que pu de rapport avec la question de l'art... Au-delà des moyens de vivre quel que soit leur talent, ce qu'ils revendiquent, c'est un statut d'artiste dans ce monde, la reconnaissance de leur exceptionnalité et de leur utilité sociale, bref, être un artiste du capital comme on est ouvrier, flic ou politicien

je me suis déjà beaucoup exprimé sur cette question, notamment dans mes notes poétiques, ou Ma non-'vie d'artiste', la peinture, la poésie, la vie, la forme comme contenu...  Cet article d'Isabelle Garo met l'accent sur l'essentiel, cela vaut piqûre de rappel

les artistes n'ont à perdre que leurs chaînes...

anti-journal > 1er avril 2014 les marxistes aussi

les femmes libérées par les armes, le travail, et le monsieur graphiste

« Tous les paradis ont été décrits comme des enclaves masculines : la femme y est une intruse, démunie voire menaçante. C'est lorsqu'elles s'unissent et prennent du pouvoir que les femmes sont agressées » Toni Morrison à propos de son roman Paradise, 1998

aux hommes la guerre, la destruction, la mort... aux femmes la paix, la construction, la vie... Ne suis-je pas tombé dans un lieu commun détonnant ?

pourtant, il semble que les femmes ont recours à la violence pour se défendre de celle des hommes. Sauf poussées à bout, elles n'en prennent pas l'initiative.

quand on y songe et qu'on s'y penche, les paroles de luttes émanant des hommes se focalisent volontiers sur les aspects physiques, les affrontements violents (les émeutes, les flics...). Le problème n'est pas qu'ils y soient présents, puisqu'ils sont inévitables, mais qu'ils écrasent le reste au point de ne lui conférer aucune fonction révolutionnaire. On le trouve encore quand des hommes parlent des luttes de femmes. Soucieux sans doute de montrer qu'ils ne veulent pas, dans les luttes communes, les cantonner aux habituelles tâches domestiques, ils ne voient guère qu'une solution : elles vont prendre les armes. N'est-ce pas encore projeter sur les femmes en lutte pour leur libération le modèle masculin de la guerre ? Un désir d'homme ? Autrement dit, entériner le genre là-même on l'on prétend l'abolir ?

anti-journal > 1er avril 2014 USA anti-journal > 1er avril 2014 Chine anti-journal > 1er avril 2014 Maroc

c'est plutôt désarmant de ne pouvoir en parler autrement sans être soupçonné de justifier l'assignation de genre

pourtant, faut-il s'y faire ?

anti-journal > 1er avril 2014

cette image célèbre, symbole du féminisme, est l'œuvre d'un homme, J. Howard Miller, grand libérateur du genre féminin

comme le montrent celles-là

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 ... anti-journal > 1er avril 2014 

Wikipedia « We Can Do It! (« On peut le faire ! ») est une affiche de propagande américaine réalisée en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, par J. Howard Miller pour Westinghouse Electric afin de servir de support d'inspiration pour remonter le moral des travailleurs. L'affiche serait basée sur une photographie en noir et blanc prise d'une ouvrière nommée Geraldine Hoff Doyle travaillant dans une usine du Michigan » anti-journal > 1er avril 2014

nos amies du Forum Feministe auraient-elles un sens aigu du détournement de ce qui fut, à l'origine, un désir d'homme ? 

anti-journal > 1er avril 2014

et moi qui formulais le vœu d'un féminisme de classe, prolétarien... Où avais-je les yeux ?

toujours est-il que chacun·e peut s'en faire une idée : à quoi reconnaît-on les discours 'révolutionnaires' des hommes et des femmes. Il n'est pas difficile de voir en général ce qui cloche, quand les hommes se mêlent d'abolir le genre, en théorie. Les théories d'hommes sont-elles boîteuses à ce sujet ? Si oui, alors il faudrait considérer qu'elles le sont généralement sur tous les sujets. C'est mon avis

« Je ne suis pas sûr d'être totalement convaincu par les personnes de mon propre sexe. Nous sommes plutôt des personnes incomplètes comparativement aux femmes. On désespère un peu de la capacité des hommes à voir réellement en eux-mêmes. [...] mais les véritables connaisseurs de la vie, il me semble que ce sont les femmes. » Sebastian Barry, Le matricule des anges, octobre 2012

P comme Poèmes

« [à propos de 'Home'] je voulais raconter le processus par lequel on devient un homme. Pour mieux dire : un être humain. Car devenir un homme, ce n'est pas suffisant. Devenir un être humain, voilà ce qui est important. Et c'est plus difficile, ça demande plus de force et de bravoure. C'est un processus où n'intervient pas seulement la capacité à se défendre, à faire la guerre, à tuer s'il le faut, donc l'exercice de la violence, mais au contraire et plus fondamentalement la capacité à prendre soin d'autrui. La compassion. Le souci de l'autre. Il me semble que les femmes y parviennent mieux que les hommes — vraiment je le crois.»
Toni Morrison, “Ecrire des romans, c'est faire apparaître les gens ordinaires qui ne sont pas dans les livres d'histoire” Interview août 2012

le chemin des lucioles

vers l'infini sans carte
mettre le cap à l'inconnu
écartelé, sans territoire à vivre

régler nos comptes avec
les poussières d'usines pour travaux superflus, l'ennui organisé des foules solitaires, l'empire des écrans ses riens à voir absolument, les ciels sans nuits de jours sans lendemains, l'amour empoisonné par l'homme à femmes, la rente des sondages, les analyses d'urnes, le rance national et la prison globale, les jeunes dégagés et les vieux encagés, la chanson engagée, la relation sans flamme et la femme olympique

abandonner aux vents les dunes du savoir

renvoyer d'une chiquenaude l'horizon à ses études
bord à l'autre des temps oublier les horloges

pour tendre
affamé de mémoires
une main vide à l'hirondelle

et migrer

l'âme à la promenade
contre un effondrement de plus
et toi, mon cœur, marchant à mes côtés
cueillant ces dernières jonquilles

et moi t'offrant
sous une pluie de cerisiers intimes
cette plume de geai, bleue d'une renaissance

des lucioles ouvriront les chemins sans poser de questions aux ténèbres

un coucou chantera, un ruisseau répondra

alors nous nous perdrons avec bonheur

FoSoBo 22 mars 09:16

anti-journal > 1er avril 2014

21 mars

capitalisme vs communisme dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

anti-journal > 1er avril 2014 Beth Hoeckel

on le constate, les luttes contre le capitalisme ne se situent pas sur le seul terrain de l'affrontement entre classes dans le champ de la production industrielle, du monde du travail et de la marchandise, mais aussi contre eux, pour survivre, pour le vivant. Il peut s'agir de luttes revendicatives, auxquels cas elles ne peuvent certes pas produire un dépassement des limites du capital, mais à la différence des revendications dans la production et le salariat, elles portent directement et positivement sur la capacité de produire une nouvelle forme d'humanité sur terre

certains enjeux se déplacent ainsi d'une lutte strictement prolétarienne - au sens souvent implicite de classe ouvrière - à un combat général dans le champ plus large de la reproduction (du capital vs de la vie), combat dans lequel n'est plus à démontrer :

- la place des femmes, pour leur libération du genre (sexe social assigné/domination masculine) autant que pour la défense commune des communs, fondements du communisme comme combat et comme projet à construire

- la question historique de la 'race blanche' dominante (avant d'être remplacée par une 'race jaune' non moins raciste) dans la mesure où les populations exploitées, dominées ou purement et simplement abandonnées voire détruites, sont, dans leur immense majorité, 'non blanches'

corollaire : ni la seule dimension "prolétarienne" ('marxiste' restreinte), ni la seule dimension du "genre" (anti-patriarcale restreinte), ni leur articulation conceptuelle quelle qu'elle soit, ne suffisent pour rendre compte de la totalité de l'affrontement capitalisme-communisme : apparaissent, comme fondamentaux, le tournant en cours de l'effondrement capitaliste occidental (restructuration géo-économique du capital mondial en crise ?), et la question écologique

le capitalisme : une totalité non totale, et sans unité

l'erreur commise par la théorie de la communisation (mais aussi par Camatte, Temps Critiques, Astarian, TropLoin...), et portée à son comble par Théorie Communiste qui en est la révélation ultime, est de considérer le capitalisme, la société capitalisée, comme une totalité sans reste

le capitalisme est une totalité relative d'un double point de vue, dans l'univers du vivant, le cosmos, et même sur terre où il détermine l'essentiel de l'histoire, des rapports sociaux et à l'environnement, mais pas leur totalité : pas de subsumation totale ni même déterminante en une seule ou deux contradictions

chez TC le comble du post-marxisme est atteint par une régression relativement à Marx (11ème thèse sur Feuerbach), mais aussi à Hegel, dont la vision était largement plus 'complète' et panoramique. Problème dont j'avais l'intuition dès le début de mes confrontations avec cette théorie, dans Communisation Troisième courant 2006

anti-journal > 1er avril 2014  'pour la théorie, le plus dur c'est la redescente' RS/TC

en tenir une couche, deux couches... puis comme on structure son lit on s'y couche

la totalité selon TC est rabougrie, à l'image de sa pratique théorique et de son comportement sectaire de groupe partisan, formes et contenus adéquats à eux-mêmes, dans la blancheur de leur mâlitude cérébro-paralysante. Avant de parler du genre, il n'en était pas question. Aujourd'hui rattraper le retard dans les autres dimensions de la totalité est impossible. Les adeptes sont pris au ridicule d'une radicalité de paroles bégayant le même, et attendent, dans la sidération, le texte des textes, étouffant en son tout, qui viendrait rajouter, aux deux autres contradictions, une articulation dialectico-structuraliste de plus, une couche de plus à côté de leurs pompes sans air. En vérité, le corpus est prisonnier de son paradigme structurel, et ne ferait qu'en vain boucher ses fuites par des rustines

bien que relatif, le succès de ce corpus très compliqué, mais sans complexité, s'explique par la formulation en thèses simplistes que peuvent endorser et promouvoir ses adeptes, à grand renfort de citations, à défaut d'expressions personnelles traduisant une compréhension profonde : la reproduction de la vulgate marxiste en version communisatrice

l'intérêt d'une critique sans appel est de tourner la page d'une conception du communisme dépassée avant d'avoir pu produire des effets sociaux hors de son cercle d'affidés, et de refonder sur ses ruines une approche réellement présente au présent, et susceptible d'une concrétisation démultipliable dans l'infini des luttes :

du concept de communisation demeure valides, outre des éléments d'analyse du monde contemporain, l'impossibilité, entre le capitalisme et le communisme entré en phase de luttes hégémoniques, de stades intermédiaires étatistes ou auto-gestionnaires d'une société fondée sur l'économie (l'échange de marchandises)

communisation : rupture entérinée

anti-journal > 1er avril 2014 'le préviseur' scrute l'anglemort avant de franchir le pas

notre rupture est consommée avec la vision classique d'une communisation pensée strictement comme processus qui se déclencherait comme 'immédiateté' à l'échelle mondiale, dans un futur à attendre d'un dépassement (compliqué mais) simpliste des contradictions de classe et de genre, et 'prévisée' dans un 'anglemort' par la théorie. De même imaginer une 'conjoncture révolutionnaire' mondiale à partir d'un événement local relève de la masturbation intellectuelle

le parallèlisme modélisant les contradictions de 'genre' et classes' oublie simplement que "les femmes" ne sont pas à "détruire" comme le sont les classes et castes sociales. Celles-ci reproduisent l'exploitation et les dominations utiles au capital, c'est-à-dire la mort du vivant surdéterminant leur propre mort, non leur auto-transformation dans leur stricte contradiction à un capital vu sans lieux terrestres ni cosmique

une théorie en miroir du capital, dans les rouages qui la font tourner en automate d'elle-même, sur elle-même, et pourtant...

anti-journal > 1er avril 2014 un monde d'hommes anti-journal > 1er avril 2014 Billy Shire

les femmes ne reproduisent pas seulement la population comme force productive d'un capitalisme qui aurait tout absorbé. Elles produisent et reproduisent la vie humaine, qui n'appartient entièrement ni au capital, ni au social, ni au sexe des échanges de plaisir (ou de coups). Par leurs luttes, les femmes préservent la possibilité même d'une révolution communiste et ses formes de luttes initiales, au-delà d'en parler, au présent...

la thèse de la communisation, ayant produit sa propre impuissance et des adversités mortelles pour le mouvement du communisme, est aujourd'hui confrontée à son échec, dans l'isolement d'un silence durable

anti-journal > 1er avril 2014 feuilles de routes anti-journal > 1er avril 2014

l'intrication de toutes ces dimensions du combat communiste (quel qu'en soit le nom) est désormais au cœur des enjeux de production d'une subjectivation révolutionnaire, ce sont nos feuilles de routes aux chemins à tracer

pour l'en-commun, ni divergences ni convergence : le communisme n'a pas de centre, il défait le mondialisme

filant la métaphore, on peut ajouter qu'il ne s'agit pas d'une convergence, ni de divergences (encore que...), mais d'une 'multivergence' (terme à questionner), indiquant que le communisme n'est pas à produire dans une forme unique, ni comme économie mondiale ou mode de production global, ni comme pouvoirs d'Etat ou autres, ni comme mondialisme dans l'unicité de la 'communauté humaine'

ainsi s'esquisse également la possibilité d'auto-produire des individualités sans médiations sociétales ni psycho-déterminations idéologiques par une visée du communisme comme norme égalitaire

de l'eau, du sang et des larmes : la grande soif du capital

« L'eau est à la fois ce qui transportait les navires négriers, c'est donc aussi un élément fluide, donc changeant, comme l'espoir, comme la mémoire» Toni Morrison

Le boom de l’énergie menace les ressources en eau Le Monde 21 mars autres articles

tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Canada“FRACK OFF!” Elsipogtog First Nation announces major land reclamation in ongoing anti-fracking struggle BasicsNews 9 octobre 2013

Chief Aaron Sock (center, button-up shirt) of the Elsipogtog First Nation flanked by warriors and protesters after declaring that his community is reclaiming all unoccupied Crown Lands, which comprise much of modern day New Brunswick. Photo Credt: Miles Howe of the Halifax Media Coop

extraits :

Pour rendre l'eau accessible – c'est-à-dire la pomper, la traiter, la transporter, la distribuer – il faut de l'énergie. Et, pour fournir de l'énergie, il faut de l'eau, beaucoup d'eau même : 600 milliards de mètres cubes par an. Ces deux ressources sont intrinsèquement liées « pour le meilleur et pour le pire », prévient l'ONU dans son cinquième rapport mondial sur « La mise en valeur des ressources en eau », rendu public le 21 mars, à Tokyo.

Fermiers contre industriels du gaz de schiste

Déjà, aux Etats-Unis et dans certains pays d'Europe du Nord, l'eau utilisée pour faire fonctionner les centrales thermiques pèse autant, voire plus (50 %) que celle captée par l'agriculture. Ce pourcentage tombe à 10 %, environ, en Chine. Mais qu'en sera-t-il dans quelques années ? On s'attend en effet à voir grimper la demande en électricité de 70 % d'ici à 2035 pour combler majoritairement les besoins des deux géants d'Asie, la Chine et l'Inde.

Qu'il s'agisse d'extraire charbon, gaz, pétrole ou d'irriguer maïs et colza destinés à être transformés en agrocarburants, ou encore de refroidir des centrales thermiques et nucléaires qui fournissent 80 % de l'électricité mondiale, l'industrie va devoir composer avec une ressource qui se raréfie. Dans plusieurs régions du globe, des nappes phréatiques ont vu leur niveau baisser ou leurs eaux devenir saumâtres.

Pénurie d'eau potable en Californie

Hundreds of Tribal Representatives Join Huge Rally to Oppose Fracking San Diego FreePress 19 mars

anti-journal > 1er avril 2014 Caleen Sisk, Chief and Spiritual Leader of the Winnemem Wintu Tribe, opens the rally with a ceremony and prayer. Photo by Dan Bacher
Hundreds of indigenous people from California and across the country gathered with a crowd of over 4000 activists at the State Capitol in Sacramento on March 15 to send a clear message to Governor Jerry Brown: ban fracking, an environmentally destructive oil extraction practice that pollutes groundwater, rivers and the oceans.

15 à 18 milliards de m3 d'eau douce sont contaminés chaque année par la production de combustibles fossiles. « Le risque de conflit entre les centrales énergétiques, les autres utilisateurs de ressources en eau et les défenseurs de l'environnement est croissant »

La consommation énergétique mondiale a crû de 186 % en quarante ans. Depuis les années 1980, l'homme prélève 1 % de ressource hydrique supplémentaire chaque année. Au rythme qui se dessine actuellement, il faudrait trouver 55 % d'eau en plus d'ici à 2050 pour répondre à l'ensemble des besoins.

La part modeste des énergies renouvelables

In fine, l'ONU souligne à quel point l'eau, considérée comme un don de la nature, est gaspillée. Son prix, d'abord, ne reflète pas sa valeur. Quant à sa gestion, deux logiques s'opposent : celle des gouvernements qui l'abordent essentiellement en termes de santé publique et de bien-être. Et celle des industriels de l'énergie, pressés de répondre à la demande mondiale d'électricité.

Roumanie : Villagers From Pungesti Stop Chevron Fracking Again, Riot Police Unleash Terror At Night In Retaliation Revolution News 8 décembre 2013

anti-journal > 1er avril 2014 grand reportage photos vidéos anti-journal > 1er avril 2014

c'était mieux avant

«Le communisme, c'est les Soviets plus l'électricité» Lénine

anti-journal > 1er avril 2014

«Le communisme, c'est le pouvoir des soviets plus l'électrification de tout le pays.» Lénine

Un réseau électrique unifié pour le Caucase à l'horizon 2020 ? RSE Regard sur l'Est 1er octobre 2009
Dossier :
"Dépendance énergétique à la Russie"

Lénine : «Je pense que nous assistons ici à un tournant de grande importance qui marque, en tout cas, le début de grands succès du pouvoir soviétique. On verra désormais monter à la tribune des congrès de Russie non seulement des hommes politiques et des administrateurs, mais aussi des ingénieurs et des agronomes. C'est le départ d'une époque très heureuse, où l'on pratiquera de moins en moins de politique, où l'on en parlera moins souvent et moins longuement, et où ce sont les ingénieurs et les agronomes qui auront la parole [...].

Vous entendrez un rapport de la commission d'Etat pour l'électrification, formée par décision du Comité exécutif central de Russie, le 7 février 1920 [...]. Nous avons sous les yeux les résultats des travaux accomplis par la commission d'Etat pour l'électrification de la Russie dans ce petit volume qui vous sera distribué aujourd'hui ou demain. J'espère que ce petit volume ne vous fera pas peur. Je pense que je n'aurai pas de peine à vous convaincre de l'importance particulière qui s'y attache. A mon sens, c'est notre second programme du parti. Nous avons un programme du parti remarquablement commenté par les camarades Préobrajenski et Boukharine, dans un petit livre moins volumineux, mais précieux au plus haut point. C'est le programme politique, c'est la liste de nos tâches, c'est l'explication des rapports entre les classes et les masses. Mais il ne faut pas oublier non plus qu'il est temps de s'engager dans cette voie réellement et d'en mesurer les résultats pratiques.

Notre programme de parti ne peut pas rester uniquement un programme de parti. Il doit devenir le programme de notre édification économique, sinon il est inutilisable aussi comme programme de parti. Il doit se compléter d'un second programme du parti, du plan des travaux destinés à recréer l'ensemble de l'économie nationale et la porter au niveau de la technique moderne. Sans le plan d'électrification nous ne pouvons pas passer à l'édification véritable. »

le socialisme réel a noyé son prolétariat dans les eaux glacées du calcul égoïste

En Inde, les effets pervers d'une électricité gratuite Le Monde 21 mars

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 Bidonville Dharavi

L'électricité gratuite ou à tarif réduit dont bénéficient de nombreux agriculteurs indiens pour irriguer leurs cultures, à l'aide de pompes motorisées, accélère l'épuisement des nappes phréatiques. Au rythme actuel, la Banque mondiale prévoit que 60 % de ces nappes seront dans une situation « critique » d'ici vingt ans. L'agriculture consomme à elle seule 85 % de l'eau extraite du sous-sol et le cinquième de l'électricité générée dans le pays.

20 mars

P comme Poèmes

le sourire du pompier

une image qui parle
un livre qui se tait
un silence qui hurle
un prêtre à qui ça plaît
une fille qui brûle
un père qui savait
un soldat qui s'alarme
une banque qui fume
un pompier qui passait
lui demande une cigarette et va s'asseoir au bord du fleuve
il y baigne les pieds, sur les lèvres un sourire

FoSoBo 20 mars 18:07 / 21 mars

anti-journal > 1er avril 2014

des veines

Tu creuses ton retard
avec un œil de l'un
d'un autre le regard
aiguisé en commun

L'un te montre la lune
l'autre se mord les doigts
Ainsi mis en commune
chacun peut ce qu'il doit

Elles viennent Ils s'en vont
ils prennent des savons
pour accrocher les cœurs

Sur les murs pas la peine
de dessiner la haine
Ils s'en vont Ils ont peur

FoSoBo 20 mars 17:17 Sonnet 184

anti-journal > 1er avril 2014

la mort, la page et le papillon

la vie dit le brouillon 
la page est cent papiers
tout est là tourbillon
rien ne la fait plier

la mort échantillons
referme ses charniers
s'y pose un papillon
qui nous fait l'oublier

demain est déjà las
d'aujourd'hui qui s'en va
sur la pointe des pieds

tu marches et fais des vœux
tu danses sur des œufs
rien ne te fait prier

FoSoBo 20 mars 16:27 Sonnet 183

anti-journal > 1er avril 2014

Chine : sur les luttes des ouvriers chinois npa mars dans restructuration du capital mondial : et la Chine ?

« Les syndicats s’occupent trop exclusivement des luttes immédiates. Ils n’ont pas assez compris leur pouvoir d ‘action contre le système capitaliste lui-même... A part leur œuvre immédiate de réaction contre les manœuvres tracassières du capital, ils doivent maintenant agir sciemment comme foyers organisateurs de la classe ouvrière dans le grand but de son émancipation radicale. Ils doivent aider tout mouvement social et politique tendant dans cette direction.» Marx, résolution du Conseil Central de l'Internationale, 1866

le nouveau capitalisme chinois structure son prolétariat : jusqu'où ?

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 la question syndicale en Chine, dossier Échanges et Mouvements 2010

« Pour exister et se développer, de tels syndicats [indépendants] devraient obtenir des résultats. La place actuelle de la Chine sur le marché international et la crise mondiale incitent à penser que d’éventuels succès syndicaux ne pourraient être que partiels et temporaires. En conséquence, une vague de créations syndicales en Chine retomberait sans doute encore plus vite qu’en Pologne. Mais à sa suite, le paysage syndical serait banalisé. La question syndicale aurait, en quelque sorte, trouvé sa réponse.
Comme dans les autres pays, les syndicats chinois verraient leur influence dans le prolétariat reculer à la mesure de leur incapacité à obtenir des gains significatifs et durables pour les salariés. Quant à leur utilité pour les patrons, elle serait sans doute plus grande que celle de la FNSC actuelle mais, il faut l’espérer, insuffisante en cas d’une poussée nouvelle du prolétariat qui, cette fois, connaîtrait dans sa pratique ce qu’est la défense de ses intérêts par les syndicats.
Il est inutile d’accuser ceux-ci de trahison quand ils canalisent la pression prolétarienne vers des objectifs « raisonnables » ménageant les intérêts du capital. Ils sont dans leur rôle. Et aujourd’hui, ce rôle penche nécessairement de plus en plus vers le capital. La défense des travailleurs se distingue de moins en moins de celle des employeurs. Il viendra un moment où ce cercle vicieux explosera sous l’effet de l’approfondissement de la crise et de la révolution, qui se fera nécessairement contre les syndicats, de même que contre toutes les institutions du prolétariat, acquis qu’il ne faudra surtout pas défendre.» Bruno Astarian Avril 2010

Ce fils de paysan, ancien cheminot, est une figure du mouvement de la place Tienanmen en 1989, où il avait proclamé la Fédération autonome des travailleurs de Pékin. Il passera 22 mois dans les prisons chinoises et devra ensuite se faire soigner aux Etats-Unis. Empêché de retourner en Chine et interdit de territoire, il vit depuis vingt ans à Hong Kong où il a fondé le China Labour Bulletin1. En 1994, c’était un bulletin bilingue envoyé tel une bouteille à la mer vers les entreprises chinoises. Le doute quant à son efficacité était fort : était-il lu par les ouvriers?? Par la police ?

[...] une nouvelle classe ouvrière chinoise est apparue. Désormais, les ouvriers nés dans les années 1980 et 90 sont prêts à tout pour défendre leurs droits. En dépit de l’élimination du droit de grève en 1982 dans la Constitution, les grèves ont été en augmentation : révoltes contre les restructurations massives des entreprises d’Etat dans les années 2000, grève radicale et organisée chez Honda Nahai en 2010. Si les revendications se sont élargies (aux salaires, au temps de travail, à la couverture sociale, aux retraites et à la sécurité au travail), l’été 2010 a marqué un tournant : après la grève chez Honda, les ouvriers demandent la «?restructuration des syndicats?» – plutôt que la formation de syndicats indépendants.

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014

Han Dongfang se défend d’être un dissident. Il a évolué dans sa vision des choses et a changé de stratégie. Vers 1995, il  pensait que rien ne pourrait évoluer en Chine sans la mise en place d’un système démocratique qui favoriserait la création de syndicats libres. Il estime aujourd’hui que le développement économique de la Chine, tourné vers les exportations et avec un faible coût de la main d’œuvre, a besoin de l’essor d’un marché intérieur, donc d’une augmentation du pouvoir d’achat, et que ce serait une vision partagée par le PC chinois, qui pourrait amener le syndicalisme officiel à évoluer.

C’est la raison pour laquelle, afin de ne pas se trouver en confrontation directe avec les autorités, Han Dongfang met désormais en avant l’idée de l’indépendance des syndicats officiels vis-à-vis des employeurs et l’utilisation des possibilités de négociation collective.

« Ils ne doivent pas oublier qu’ils ont affaire avec les conséquences et non avec les causes, qu’ils peuvent constituer un frein, mais ne peuvent modifier l’orientation du mouvement économique, qu’ils n’apportent que des palliatifs et n’atteignent pas la cause du mal. Ils ne doivent donc pas consacrer toute leur force à cette inévitable guérilla, constamment provoquée par les excès de l’exploitation et les fluctuations du marché. Au lieu d’un juste salaire pour une juste journée de travail, ils devraient inscrire sur leur drapeau cette revendication révolutionnaire : "Abolition du salariat".» Marx à propos des Trade-Unions, cité in Riazanov, Karl Marx et les syndicats, 1923

Tunisie : les campagnes en souffrance restent hors champ Jeune Afrique 18 mars

Contrairement aux villes, où la rumeur et la controverse agissent comme un miroir déformant, les milieux ruraux sont bien ancrés dans la réalité, d'autant qu'ils la subissent de plein fouet. Plongée au cœur d'un pays profond livré à lui-même.

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 Obazdya, l’autre visage de la Tunisie

"Je ne connais de la mondialisation que la contrefaçon"
"Des salafistes sont apparus, mais nous les avons chassés"
Tout ce catastrophisme alimenté le plus souvent par la rumeur ne sert qu'à détourner l'attention.

On veut nous faire oublier que nous n'avons pas changé de système.

Ici, on s'en sort, mais à moins de 100 km au sud, à Majel Bel-Abbès, près de Kasserine, 120 familles n'ont pas accès à l'eau. À 200 km, à Metlaoui, la population croit encore que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) peut résoudre tous les problèmes. Voilà la réalité du pays. Le terrorisme, s'il existe, se greffe sur cette situation due à la déliquescence de l'État."

De Bousalem, où on scrute le ciel en guettant la pluie, à Kasserine, où la garnison tente de débusquer les jihadistes qui seraient réfugiés dans le massif du Chaambi, tous ont encore en mémoire l'enthousiasme suscité par la chute de Ben Ali, mais ils se rappellent surtout que les forces de l'ordre ont, en novembre 2012, tiré de la grenaille contre les protestataires de Siliana. "En blessant des Tunisiens, ils nous ont tous touchés et fait perdre le peu de confiance qu'il nous restait", résume Dahbia, qui a aménagé un local pour vendre de la viande de mouton au bord de la route, où le défilé de camions chargés de ciment roulant vers l'Algérie est incessant. "On nous dit que tout va mal, mais que savent les technocrates de Tunis de notre réalité ? Les Algériens se font rares, alors qu'il n'y a rien à craindre.

Nous avons donné une fausse image de notre pays", déplore son mari, qui admet implicitement que la population locale développe une forme de résistance et de résilience, tout comme les agricultrices de Djebba, près de Ghardimaou, qui continuent de produire les meilleures poires de Tunisie sans pouvoir les écouler totalement faute de moyens de transport vers la capitale.

"Regarde, c'est la Suisse", dit Mehrez, un agriculteur de Teboursouk, au nord-est du Kef, en montrant fièrement la vallée où le blé commence à pousser. "Non, c'est encore mieux, c'est la Tunisie, nous n'avons pas d'argent, mais nous avons la mer et le désert, que nous envient les Suisses", renchérit son métayer. De Tabarka, sur la côte, à Thala, la prétendue opulence du Nord-Ouest n'est cependant qu'une apparence, comme le confirment les chiffres, mais le calme y est certain. La principale préoccupation de la population reste de ne pas perdre sa vie... à gagner la misère.

La crise de la dette est devant nous Le Point 20 mars La dette globale en temps réel   dans éléments pour 'une critique de l'économie politique'

La dette mondiale a franchi la barre des 100 000 milliards de dollars. Un niveau explosif. Encore ce montant n'intègre-t-il que les dettes obligataires cotées, c'est-à-dire celles contractées par les États et les entreprises, mais il ne comprend pas la dette des ménages, dont l'encours est estimé à environ 40 000 milliards de dollars.

anti-journal > 1er avril 2014

Un rapide calcul fournit cette statistique renversante : la dette globale de tous les États de la planète représente plus de 6 000 dollars par habitant. Pis, la dette publique mondiale continue d'augmenter à toute allure : d'environ 300 000 dollars chaque seconde, d'après l'angoissante et fascinante horloge de la dette élaborée par The Economist

D comme Discriminations

«Tous les paradis ont été décrits comme des enclaves masculines : la femme y est une intruse, démunie voire menaçante. C'est lorsqu'elles s'unissent et prennent du pouvoir que les femmes sont agressées.» Toni Morrison, à propos de Paradise, 1998

France gale : match retour

Enquête : la discrimination au travail touche une maman sur trois Magicmaman.com 25 février
Affligeants, effrayants... Les chiffres mis à jour par la nouvelle enquête de Magicmaman, menée en février, sont le reflet d'une réalité inquiétante : 35 % des jeunes mamans estiment avoir été freinées dans leur évolution professionnelle. En cause : leur statut de mère.

Inégalités hommes-femmes : toujours des discriminations à l’embauche Marie-Claire 25 février
Pour les femmes, la discrimination à l’embauche est toujours une réalité. Une enquête a prouvé que bon nombre de patrons considéraient que les femmes étaient «naturellement» moins compétentes que les hommes pour certaines tâches, et ne pouvaient donc pas occuper les mêmes postes...

anti-journal > 1er avril 2014 

Gender and caste discrimination in India  Redress Information & Analysis 16 mars

Women and “Untouchables”
Exploitation and patriarchal power
Repressive ideas of gender inequality

anti-journal > 1er avril 2014 'Gender discrimination in India worse than sub-Saharan Africa' msn 19 janvier 2013

Discrimination against women in India was higher than even the poorest Sub-Saharan countries in Africa, said noted economist Prabhat Patnaik here on Saturday. There were only 94 women per 100 men in India while in Sub-Saharan Africa, the ratio was 102 women per 100 men, he said at a seminar on 'Women of India: From Repression to Empowerment" at Aligarh Muslim University.

Female gun cop from elite Met unit sues Yard for alleged race and gender discrimination London Evening Standard 20 mars

Scotland Yard’s elite unit at the centre of the Plebgate scandal was today facing fresh controversy as it emerged a black woman officer is suing for alleged racial discrimination.

anti-journal > 1er avril 2014 la peau lisse des mœurs à l'anglaise

Carol Howard, 34, a Diplomatic Protection Group (DPG) firearms officer, who helped safeguard London from terror attacks during the Olympics and protects senior politicians, government buildings and foreign embassies in London, claims her career has been held back

Nepal: Widespread gender discrimination has triggered sexual and reproductive rights crisis  Amnisty International 20 février

anti-journal > 1er avril 2014

Jazz Gender Discrimination

anti-journal > 1er avril 2014 Ellen Seeling


"If you're a woman musician, you get pretty darn tired of being invisible and have a harder time making a living."

Ellen Seeling began studying jazz in the seventh grade, but it wasn't until she went to college that she met another female trumpet player. When she enrolled at Indiana University in 1969, she was one of only three female trumpeters in a class of more than one hundred students. After becoming the first woman to graduate from the university's jazz studies program, Seeling moved to New York City in the 1970s to pursue music. At the time, she knew of only two other professional female jazz instrumentalists in the entire city.

Decades later, Seeling says little has changed. As evidence, she points to the fact that the Jazz at Lincoln Center Orchestra, which is directed by Wynton Marsalis, has never hired a permanent female instrumentalist since its founding in 1988. On Saturday, March 22 at 5 p.m., Seeling will stage a rally at the SFJAZZ Center, where the Jazz at Lincoln Center Orchestra is scheduled to perform Thursday through Sunday.

"These guys are running the show and they don't want to give it up. They have a lock on jazz," she said. "Women cannot get those jobs."

It's brave for a musician like Seeling to raise awareness of this issue, said Sarah Cline, jazz director at Berkeley High. "Professional women musicians are afraid to complain. There's a lot of pressure on us, even if we feel like something is wrong, not to say anything about it."

« Les musiciennes professionnelles ont peur de se plaindre. Même si nous avons l'impression que quelque chose ne va pas, il y a beaucoup de pression sur nous pour ne rien dire à ce sujet."

Discussion chez nos ami·e·s américain·e·s

pour en savoir plus la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists)

3 mn de silence avec l'Amérique blanche, Tulsa Oklahoma 1928 : Female Marching Band

19 mars

de bush à oreilles

« La mariée : - je n'ai peut-être pas compris.» Bertold Brecht, La Noce chez les petits bourgeois, 1919, Théâtre complet 8 Gallimard 1979 p.23

anti-journal > 1er avril 2014 avant facebook, tweeter... leurre ennemi en notre camp

foin de mes now pauses. S'il fut un temps où je déplorais de ne pas être relayé par les «camarades», aujourd'hui je m'en félicite, tant la distance, on peut dire l'écart, le gap en termes de marché, le manque à gagner en terme de pari pascalien, le saut à oser de pas affranchis... sont grands

je constate (via le flicage statistique) que mon site est, à l'instar de ces bons films appréciés de publics alors que dédaignés par la critique, on ne sait trop comment ils passent à, euh... ils font un tabac

et donc mes bouteilles à la mer ne s'y perdent pas, elles reviennent s'échouer de succès sur les terres à cultiver, de bouche à oreille, dans le bush africain des nègres du monde, et comme on le sait, de ces contrées viennent les coureurs de fond

anti-journal > 1er avril 2014 pouvez toujours courir...

franchir vos pas de veaux lourds
à querelles de plomb
en années de concepts
qu'emportent vos fumées 
quand volent nos chevaux légers
semelles dans le vent
semant le blé qui vient

 

M comme Marché : Marché Opus

en guise de bouclage, débriefing d'étape

pas évident de faire le lien entre les accumulations de ces derniers jours, qui semblent se téléscoper : quel rapport entre poésie, poème, poétique, théorie, révolution, ego,  individu, inconscient, etc. etc. ?

l'art, la pensée, la théorie... seraient-ils structurés comme un marché ?

il existe un «Marché de la poésie», certes au pied d'une église parisienne, mais aussi un «Salon du livre anarchiste»

et comme dit le slogan «c'est pas dans les salons que nous auront satisfaction !»

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 au gavage, les p'tits loups !

Ô sublimes messages ! 'Plus anarchiste que moi tumeur'...à propos, Les Vignolles, CNT etc. Tout fout l'camp ? Bof, pour ce qu'ils sont devenus, franchement, pas de quoi s'indigner... et la mémoire ne leur appartient pas plus que l'avenir, visiblement

anti-journal > 1er avril 2014 sevrés ? anti-journal > 1er avril 2014 c'est vrai

comme disait Vitez, on a toujours à voir avec ce dont on porte le nom. Je l'ai dit à propos de cette contradiction dans les termes qui a fini par produire ce qu'elle est : Théorie Communiste

le rapport, donc, tient à ce qui est performatif, c'est-à-dire effectue l'acte par le fait de dire. Exemple : « je vous déclare mari et femme unis par le mariage »

l'auto-apprentissage est par excellence performatif, qu'il soit individuel ou collectif

il est simple de comprendre que par définition, aucune théorie n'est performative, et n'apprend rien en profondeur, sauf au théoricien même ou à qui ré-invente son chemin, et encore... c'est pourquoi les contemplateurs muets de la théorie adéquate attendent le texte suivant, qui donne un sens à leur existence aliénée à un autre, à leur vie auto-reproduite d'individus du capital, à leurs manques, à leur vide qu'ils remplissent en continuant en schizophrène leur «vie normale». Normée. Normosée

anti-journal > 1er avril 2014 tous normosés ?

il est simple de comprendre que l'individu ne porte aucun dépassement de lui-même, et que par conséquent, sa parole ou ses écrits sont en eux-mêmes bridés tant que l'égo les anime (voir plus bas sur l'égo contre l'égoïsme). Toute expression individuelle cherchant à valoir pour d'autres est confrontée à cette contradiction, quel que soit son langage sauf...

anti-journal > 1er avril 2014 Bacon

la poésie nous l'avons vu ne repose pas sur une poétique, et si besoin, c'est l'inverse qui fonctionne, comme disait Hugo. Il existe des professeurs de poétique, mais personne pouvant communiquer à autrui comment faire un poème, hors ce qui passe pour... se donne à voir comme poétique, et s'étale sur les marchés ou sur les tréteaux, car il existe une clientèle de consommateurs pour poètes contemporains...

même gratuite cette poésie est une marchandise, dont les 'auteurs' veulent tout sauf abolir la valeur d'échange, leur genre d'égotisme mettant hors-sujet le poème = contre-révolution poétique et individuelle

la théorie ne repose pas sur une pratique, si celle-ci fait à elle-même sa théorie sans médiation, auquel cas les notions de pratique et de théorie n'étant pas séparées n'existent pas. C'est au contraire comme l'inverse d'une performation : je le fais donc je peux (me) le dire

pour le re-dire simplement l'action qui révolutionne n'est pas le produit d'une pensée de la révolution, autre lecture du classique de Marx «le communisme n'est pas une idée...»

aussitôt énoncée la 11ème thèse sur Feuerbach, « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer », les philosophes et autres théoriciens s'empressent d'en faire le contraire, ils font comme si mais tournent autour du pot de leurs manques, de leur impuissance : la philosophie n'est jamais performative. Ils l'ont lu comme valant pour 'eux' , les philosophes doivent transformer le monde (pour le comprendre, puis naturellement l'exposer aux autres). Mais les autres, «nous» comme sujets de la révolution, ils s'en tapent comme de l'an 48, de la philosophie et d'une théorie adéquate : avec Marx, ils ont raison

autrement dit nous avons là, sous le nez, une condition essentielle pour sortir de la théorie (exit Kurz, Simon, « Sans théorie révolutionnaire pas de révolution», etc) : la théorie dont nous avons besoin est proprement a-théorique

les corollaires immédiats, me concernant, sont :

- je ne fais pas de théorie, ni une synthèse de théories, peut-être une critique pour sortir de toute théorie

- je n'ai pas de concurrent sur le marché des idées révolutionnaires

- je n'écris pas pour être publié, je n'écris pas pour d'autres, mais avec

- en mon nom propre je m'exprime et j'en exprime d'autres, je n'écris pas à titre personnel, et par conséquent :

- ce que je fais ne prête pas à discussion, non que ce serait le chemin juste, la vérité, mais parce que la pensée même en est dès le départ hors-de-moi multiple, et que j'en suis mis hors sujet, de la même façon qu'à travers tressages/collages et poèmes tirés du journal, j'auto-détruisais le concept d'artiste singulier, du moins le mettais-je en abîme, hors ego

- bonne chance aux amateurs de «Réponse à Patlotch», qui n'existe plus :

 je suis l'introuvable,  je donne la clé de la transparence

anti-journal > 1er avril 2014 anti-journal > 1er avril 2014 mais les philosophes ne sont anti-journal > 1er avril 2014

- je ne chante pas pour passer le temps, même quand je le passe à chanter

TC comme Triste Constat : encore !?

anti-journal > 1er avril 2014

non, rien à voir... il est symptomatique que le concept de communisation ne donne plus lieu à réflexions vivantes, mais seulement à diffusion, clairsemée, de textes et de traductions de textes figés dans leur état daté, sans commentaire contextuel, sans prise sur le réel ni rapport au présent

autrement dit, réponse à la question plus haut : les passants au net sont conviés à la pure consommation de produits théoriques disponibles sur le marché de la communisation

c'est au demeurant une bonne chose, à condition qu'elle soit saisie comme le moment d'une rupture dans le concept de communisation, dont j'ai moult causé

et le nouveau 'concept' à promouvoir, c'est celui de la nécessaire performativité de la mise en communs comme subjectivation au long cours, comme combat communiste, comme lutte initiale

PS1 : quand Robert Kurz ranime le vieux slogan «Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire», d'un point de vue rétrograde sur le retournement qu'en fait (en théorie sans suite) Roland Simon (dans Les Fondements), il demeure dans le vieux paradigme théorie-pratique

PS2 : qui croirait me prendre à défaut de nier la nécessité d'une théorie serait doublement fautif : - de me lire sur le terrain de la vieillerie, -de ne pas saisir en quoi il y a négation de la négation du besoin de théorie, pour parvenir à un stade supérieur, celui de la performativité produite en paroles et/ou en actes

anti-journal > 1er avril 2014 ça laisse encore à désirer

avec Robert Kurz : Pas la moindre révolution nulle part Exit janvier 2012

de bonnes en mauvaises questions

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

ce texte est signé 6 mois avant la disparition du théoricien allemand, d'une erreur médicale. Il pourrait au moins avoir le mérite d'appeler au discernement quand, vu de loin, les critiques de la Wertkritik mettent dans le même sac tous les tenants de ce 'courant', sans rien connaître de son histoire, et notamment de la rupture de Krisis, qui se produit entre autres sur la question du genre, avec Roswitha Scholz : sur la division du groupe Krisis, 2004

autre texte intéressant, le double Marx (1998), ne serait-ce qu'à critiquer, sur une désormais classique vision d'un double-Marx, «ésotérique et exotérique», en relayant une autre, celle de la «coupure épistémologique» selon Althusser

Et le « Manifeste communiste » fut l’éclatant fanal de ce mouvement historique à l’intérieur du cocon fétichiste.

Si aujourd’hui ce mouvement se retrouve en panne, c’est parce que le système capitaliste lui-même n’a plus devant lui le moindre horizon de développement. La « lutte des classes » est terminée et le « Manifeste communiste » a du même coup perdu sa force. Son verbe électrisant s’est figé en document historique. Ce texte ne correspond plus à la réalité parce qu’il a rempli sa mission. Mais voilà justement pourquoi l’heure du Marx n° 2 « ésotérique » a sonné : le référentiel commun du « sujet automate », qui à l’époque de la lutte des classes historique n’était absolument pas perçu comme un phénomène distinct et restait en quelque sorte « invisible », constitue désormais un problème brûlant et sa crise globale marquera profondément le nouveau siècle. Il faudrait à présent rédiger un nouveau manifeste, dont on n’a pas encore trouvé le langage.

sans nier une part de déterminisme dans certains textes de Marx, c'est au prix de cette distinction (un point aveugle de Marx ? allons-donc !) qu'on rabat sa critique sur celle d'un capital automate (Postone)

pour ma part, et sans considérer qu'il n'y aurait pas de contradictions chez Marx, ne serait-ce que sa vision, nécessairement programmatiste en son temps, d'un communisme à réaliser par une prise de pouvoir du prolétariat,  je soutiens qu'il faut lire Marx dans la complémentarité de son œuvre critique de l'économie politique (le capital) et de son activité embarquée avec les luttes de son époque, de 1848 à la Commune, etc.

à Kurz d'idées ?

ainsi la puissance du Manifeste communiste de 1848 n'est-elle pas dans le texte au pied de la lettre mais dans sa geste, ce que Robert Kurz semble pourtant, de 1998 à 2012, avoir touché du doigt, mais pour s'y enfermer à nouveau

Pas la moindre révolution nulle part Extraits : « Du coup, même pour les politiciens d’opérette post-opéraïstes de la mondialisation, l’enthousiasme pour ce soubresaut de la multitude est resté quelque peu en travers de la gorge. Mais qu’aurait donc encore à dire le courant, ou plutôt le ruisselet qui est tout ce qui reste du marxisme et du postmarxisme aujourd’hui, aux contestataires qui, indépendamment de sa rhétorique, se sont mis en mouvement ?

La théorie marxienne ne s’en voit pas pour autant élargie et développée au-delà d’une lecture devenue historiquement obsolète ; on la dépouille au contraire de l’essentiel de sa critique de la forme fondamentale capitaliste, aux fins de transformer le marxisme traditionnel et étriqué du mouvement ouvrier en un marxisme postmoderne encore plus étriqué à l’usage des classes moyennes. Au lieu de créer un nouveau concept de révolution et, ce faisant, d’offrir un contrepoids à la barbarisation à l’oeuvre dans la crise, cette gauche aveuglée [...]

La contestation-sans-la-gauche et la postgauche qui la regarde ahurie ont ceci en commun qu’elles s’imaginent légitimer le discours démocratique au moyen du discours existentialiste. Ce qui leur fait défaut à toutes les deux, c’est la critique sciemment antipolitique de la sphère capitaliste de la régulation ; à ceci près que la contestation est apolitique jusqu’à la moelle tandis que la gauche réchauffe encore et encore le politicisme le plus éventé et, à la faveur de la crise, s’est tout naturellement social-démocratisée afin de cultiver son impuissance notoire. Au revers de la même médaille, on voit proliférer partout un révoltisme (teinté, en France, de postsituationnisme) hostile à toute pensée théorique [ça dépend] et prétendant s’épargner la peine d’une refonte conceptuelle et analytique de la critique radicale en construisant un feuilleton fantaisiste où la fausse conscience des masses s’embarquerait vers de nouveaux rivages.

L’« insurrection qui vient » est déjà là, mais au plan du contenu elle est aussi lamentable que les circonstances elles-mêmes, qu’elle ne parvient nulle part à transcender par des concepts. Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire : il faut réinventer cette vieille maxime en fonction de la situation historique qui a changé. C’est dans le développement et la diffusion de contenus novateurs issus de la réflexion, dans l’intervention théorique même, que se trouve aujourd’hui la réponse à la question « que faire ? » ; non dans de pseudo-activités fabriquées de toutes pièces ni dans le bricolage de petits mondes parfaits et illusoires que les mouvements de contestation laissent vite derrière eux. Lesdits mouvements ne cessent de tourner à vide qu’à partir du moment où ils se transforment par la confrontation avec la théorie reformulée et, partant, par l’intervention directe sur leur propre cours. N’y a-t-il pas un comique involontaire certain dans le fait de voir cette gauche à côté de la plaque, n’ayant jamais rompu sérieusement avec des schémas de pensée vieux-marxistes ou postmodernes qui ont fait naufrage, appeler une fois de plus, et en l’absence presque totale de substance théorique, à se pencher sur « la question de l’organisation » ? Appel qui, déjà en 1968, était resté parfaitement vain.

Pour venir à bout de la paralysie qui frappe la transcendance révolutionnaire, il faudra sans nul doute un effort théorique de la part de nombreux groupes partout dans le monde. Non pas cependant sous la forme de la cacophonie bourgeoise-pluraliste, mais en ciblant résolument l’objet qui englobe et affecte tous les domaines – le capital mondial – et en luttant pour la vérité théorique de notre époque

on l'aura compris, si je peux partager la pique contre le négrisme selon Empire, et la critique du politicisme, je ne vois pas trop ce qu'il y aurait à attendre d'une «gauche» quelle qu'elle soit, un concept qui pèse son poids du passé

opium de la théorie...

de même, cette conviction du besoin d'une théorie, dans les termes où elle est définie, qui n'est pas fort éloignée de la pratique théorique réelle de Théorie Communiste, au-delà de ce qui est supposé s'entendre par «luttes théoriciennes», entérinant la séparation, et qu'on le veuille ou non le statut d'avant-garde de la théorie - d'où la contradiction propre à TC, sans cesse tombant dans son piège ouvert. Étonnant comme Kurz, avec «la vérité théorique de l'époque» fait écho à Théorie Communiste avec la «théorie adéquate à l'époque»

que faire... des radotages médusés ?

à partir de là, «le développement de contenus novateurs issus de la réflexion» ne se pose pas «dans l'intervention théorique même» (encore que, s'ils entendent l'interpellation, les dits théoriciens ne sont pas voués à leur stagnotion). Plus que «la réponse» (sic) à trouver à un nouveau «que faire ?», il convient à mon sens de décentrer la vision de la totalité, de la mettre sur ses multiples pieds, et de se laisser ouvrir à l'ouverture de plusieurs fronts, sur plusieurs lignes de rupture et de constructions radicalement alternatives, pour autant que ce mot ne fasse pas fuire ceux qui de la «rupture radicale» plein la bouche, mais rien à nous mettre sous la dent d'un tant soit peu concret

« Ce avec quoi continuellement ils sont le plus en relation, avec celà ils sont en désaccord, et [les choses] qu'ils rencontrent jour après jour, elles leur apparaissent comme étrangères » Heraclite Fragments, 72

un manifeste est plus à manifester qu'à écrire

alors certes, nous sommes loin de pouvoir rédiger un nouveau manifeste communiste, mais nous avons sous les yeux de nombreux ingrédients, la question étant celle du regard que l'on pose sur eux, ou plus exactement, le fait d'y poser/imposer un regard qui ne transforme rien et moins encore lui-même

les «que faire» ne se découvrent qu'en marchant, en faisant, non pas en s'imaginant qu'on peut dire ce que d'autres peuvent faire, mais d'abord en reliant ce qui est fait pour lui donner à partager un sens adéquat à la totalité, un sens en lui-même 'théorique' si l'on veut mais au-delà ou en-deça d'une posture théoricienne, et lui conférer une puissance de subjectivation de cet en-commun

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Classes de Rêves : Lutte des rêves et interprétation des classes Max Dora, L'Olivier 2013, présentation par Pierre Macherey

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 extraits

belle trouvaille que ce titre qui suscite d'abord la curiosité

mise en bouche pour les 'marxistes' qui refusent toute pertinence à Freud, toute existence à 'l'inconscient', et dont on se demande ce qu'ils font de leur rêves. Chemin faisant, on re-découvre une certaine puissance sociale et critique de la démarche (psy-)analytique, loin d'un freudo-marxisme, et l'on retrouve comme par hasard - les rêves, hein, c'est un peu comme ça - le "Noir", le "Juif", la "femme", l'"homo", le privé, l'intime, la lutte des classes... Proust et Rimbaud

«Lorsqu’il avance le thème d’une « interprétation des classes », c’est aux mécanismes qui provoquent un tel déchirement que, en vue de « casser le noyau », s’attaque Max Dorra. Qu’est-ce que les classes, modes de catégorisation du social, viennent faire dans le déroulement de cette opération de schize qui, semble-t-il, s’effectue au plus intime de chacun ?

La toute première réponse qui peut être proposée à cette interrogation est que, justement, l’intime, le propre, le « privé », qui coupe le « soi » individuel de tout échange avec le monde extérieur et avec le monde des autres, est une création artificielle reposant sur une certaine façon de gérer l’existence sociale, qui en escamote les ressorts profonds en vue de la perpétuer sur le mode de l’évidence, ce qui tarit à sa source le désir de s’y attaquer. Ce mode de gestion, qui prête à la vie en société le caractère d’une seconde nature, repose principalement sur le fonctionnement de « l’ordre symbolique », notion que Max Dorra exploite en croisant des références empruntées à Lacan et à Bourdieu.

Pour que les individus coexistent en étant rangés les uns à côté des autres, comme s’ils étaient des entités indépendantes (des petits pois à l’intérieur d’une boîte, pour reprendre une métaphore utilisée par Sartre), il faut que leur existence, qui en réalité ne cesse d’interférer avec celle des autres, soit conditionnée (au sens où on conditionne un produit pour le transformer en marchandise) de manière appropriée : c’est l’ordre symbolique, avec ses codes, et en tout premier lieu ses usages langagiers, qui fait rentrer les petits pois dans la boîte sur laquelle il referme son couvercle, ce qui en fait une chambre close, à l’intérieur de laquelle les rapports interpersonnels sont, pris à leur origine, trafiqués de part en part.

Par exemple, ayant ainsi été mis en boîte, suite à une opération qui combine calibrage et enfumage, quelqu’un à qui les conditions naturelles de sa naissance ont donné une couleur de peau foncée, devient « un noir » : il est irrémédiablement classé, casé, callé dans le genre noir, privé de la marque d’incoloration dont sont crédités par contraste « les blancs », de telle façon que, pour lui, suite à ce traitement, l’essence précède l’existence : proprement, il est aliéné.

De la même façon, être recensé comme « un vieux », « un juif », « un homo », « une femme », etc., c’est être plié à un système d’identification dont il est interdit de s’écarter, sous peine d’être reconnu comme coupable : et pour éviter d’être ainsi stigmatisé, le moyen qui s’offre immédiatement, – ce moyen, en fait, aggrave le mal -, est d’intérioriser cette culpabilité, de la subir comme un destin personnel, en tant que « toujours-déjà-sujet », attendu dès sa naissance par le régime des normes collectives qui le possèdent de part en part. L’intériorité  dont on est crédité grâce à ce tour de prestidigitation, c’est en réalité du dehors qu’elle est venue, grâce à l’interposition de l’ordre symbolique et de ses grilles idéologiques, qui « interprètent » l’existence humaine de la manière dont on crypte un message : elles la transcrivent dans la langue des classes.»

Parente thèse

Magritte refusait que l'on interprète ses œuvres en faisant appel à la psychanalyse : «Personne de censé ne croit que la psychanalyse pourrait éclairer le mystère du monde», écrit-il en 1962, précisant: «Je veille à ne peindre que des images qui évoquent le mystère du monde. Pour que ce soit possible, je dois être bien éveillé...» Malgré les apparences

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

L'auteur de ce texte tombe-t-il dans le panneau ("le mystère reste entier") ? «Pourtant, la peinture telle qu'elle se présente avec ce dédoublement de la personne par glissement d'une partie du visage est de nature à attirer les interrogations et interprétations de la plupart des psychanalystes.»

C'est que pas plus la démarche de Magritte que celle de Max Dora ne se situe sur le terrain de la psychanalyse, et qu'en l'occurrence, les cordonniers souvent sont mal chaussés, du reste comme les historiens quand ils regardent le présent comme quelque chose à raconter; ou comme Jacques Guigou parlant de poésie, et croyant écrire des 'poèmes' parce qu'il a rencontré sa mer d'un monde loin d'être présent, une fausse éternité à rebours de Rimbaud, un supplément de belle âme bourgeoise, et le point aveugle de sa pseudo 'critique' sociale. Je saisis mieux dès lors que ce professeur des Universités, tout à son intellectualité en manque d'un ailleurs humaniste, n'ait pas compris le sens profond de mon affirmation « la révolution sera poétique ou ne sera pas », passant à côté de ce que fait un poème comme «forme-sujet», qui transforme de façon performative et le langage et la vie (voir plus bas Meschonnic)

«L’apport principal de Freud, tel que l’interprète Max Dorra, consiste précisément à avoir, en pratique, restitué un accès, au-delà des codes sociaux du symbolique et de leur rationalité de façade, à cette réalité vivante du sens, dont l’allure est celle d’une remise en question, d’une lutte. Il y est arrivé en investissant le champ à l’intérieur duquel l’activité psychique s’exerce à travers des associations libres, à savoir celui du rêve, où le sens se donne à appréhender dans sa totale gratuité : à ce niveau, aux jeux trafiqués des symboles qui classent se substituent les liaisons aléatoires qui se font, se défont et se refont au gré des expériences menées par chacun, au fur et à mesure des échanges qu’il entretient avec son milieu d’existence, et en particulier des rencontres qu’il est amené à faire, à ses risques et périls, avec d’autres personnes.

A travers les bricolages du rêve se déchaîne une sorte de pensée sauvage, qui ne répond à aucun ordre préétabli et qui ne se dirige vers aucune fin, dans un esprit de permanente invention. Au-delà des apparences du « moi » socialisé, dont le destin obéit à un idéal de conformité, ce déchaînement, qui n’a rien de paisible et ne repose sur aucune légitimité de principe, délivre les traces d’une existence vécue en personne par quelqu’un qui n’est pas « un moi », mais que l’on peut appeler « je », en sachant que ce « je », qui est tout sauf « un je », ne dispose pas d’une identité fixe, bien étiquetée, dont il disposerait déjà à sa naissance, et qui ferait de lui, avant même qu’il ait eu la possibilité de se confronter au monde des autres, « un noir », « un juif », « un pauvre », etc.).

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 je est un autre, le temps retrouvé : 'le poème fait de nous une forme-sujet'

L’inconscient, qui, vu ainsi, est loin d’être structuré comme un langage mais se présente sous les espèces de l’événement, de ce qui arrive, se déploie au fil d’aventures incertaines, au cours desquelles se tracent peu à peu les réseaux de l’imaginaire et du sens, un sens prêt à tout moment à basculer dans le non-sens. Au moi, pris dans les filets de l’interprétation des classes, tout, ou presque, est interdit ; à « je », livré au risque des luttes de rêves dont l’issue n’est pas déjà toute écrite, tout, ou presque, devient possible, sinon à proprement parler autorisé, pourvu que soit saisie au vol l’occasion, une rencontre par exemple, qui peut tout changer : alors, comme dit Proust, une porte s’ouvre, le temps est « retrouvé », une « vraie vie » peut commencer. « Le moi », saisi par le système des valeurs, arrimé à la loi du même, reste ; alors que « je », qui, comme Rimbaud en a eu l’intuition géniale, en commettant une faute de français (« je est ») qui l’aurait fait recaler à n’importe quel examen, « est un autre », devient (deviens).»

Rimbaud ne commet pas une "faute de français", il prend 'je' comme sujet' à la troisième personne, tel que je le fais avec «nous». Il n'a pas eu une «intuition géniale», il a dit quelque chose dont il maîtrisait parfaitement le sens, «le dérèglement de tous les sens» et la portée révolutionnaire, à la limite... d'un changement social de l'individualité humaine. Pourquoi faut-il que les intellectuels passent à côté de ce qui fait l'essentiel de la poésie ? Allez, un petit coup d'Henri Meschonnic, dans un de ses textes les plus limpides : «le poème manifeste et il y a à manifester pour le poème le refus de la séparation entre le langage et la vie»

[...] Seul le poème peut unir, tenir l’affect et le concept en une seule bouchée de parole qui agit, qui transforme les manières de voir, d’entendre, de sentir, de comprendre, de dire, de lire. De traduire. D'écrire.
    En quoi le poème est radicalement différent du récit, de la description. Qui nomment. Qui restent dans le signe. Et le poème n’est pas du signe.
    Le poème est ce qui nous apprend à ne plus nous servir du langage. Il est seul à nous apprendre que, contrairement aux apparences et aux coutumes de pensée, nous ne nous servons pas du langage.
    Ce qui ne signifie pas, selon une réversibilité mécanique, que le langage se sert de nous. Ce qui, curieusement, aurait davantage de pertinence, à condition de délimiter cette pertinence, de la limiter à des manipulations types, comme y procèdent couramment la publicité, la propagande, le tout-communication, la non-information, et toutes les formes de la censure. Mais alors ce n’est pas le langage qui se sert de nous. C’est les manipulateurs, qui agitent les marionnettes que nous sommes entre leurs mains, c'est eux qui se servent de nous.
    Mais le poème fait de nous une forme-sujet spécifique. Il nous pratique un sujet que nous ne serions pas sans lui. Cela, par le langage. C’est en ce sens qu’il nous apprend que nous ne nous servons pas du langage. Mais nous devenons langage. On ne peut plus se contenter de dire, sinon comme un préalable, mais si vague, que nous sommes langage. Il est plus juste de dire que nous devenons langage. Plus ou moins. Question de sens. De sens du langage.
    Mais seul le poème qui est poème nous l’apprend. Pas celui qui ressemble à la poésie. Toute faite. D’avance. Le poème de la poésie. Lui, il ne rencontre que notre culture. Variable, aussi. Et dans la mesure où il nous trompe, en se faisant passer pour un poème, c’est un nuisible. Car il brouille à la fois notre rapport à nous-mêmes comme sujet et notre rapport à nous-mêmes en train de devenir langage. Et les deux sont inséparables. Ce produit tend à faire et refaire de nous un produit. Au lieu d’une activité.
    C’est pourquoi l’activité critique est vitale. Pas destructrice. Non, constructrice. Constructrice de sujets.
    Un poème transforme. C’est pourquoi nommer, décrire ne valent rien au poème. Et décrire est nommer. C’est pourquoi l’adjectif est révélateur. Révélateur de la confiance au langage, et la confiance au langage nomme, elle ne cesse de nommer. Regardez les adjectifs.
    C’est pourquoi célébrer, qui a tant été pris pour la poésie, est l’ennemi du poème. Parce que célébrer, c’est nommer. Désigner. Égrener des substances selon le chapelet du sacré pris pour la poésie. En même temps qu’accepter. Non seulement accepter le monde comme il est, l’ignoble "je n’ai que du bien à en dire" de Saint-John Perse, mais accepter toutes les notions de la langue à travers lesquelles il est représenté. Le lien impensé entre le génie du lieu et le génie de la langue.
    Un poème ne célèbre pas, il transforme. C’est ainsi que je prends ce que disait Mallarmé:
"La Poésie est l’expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence: elle doue ainsi d’authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle".
Là où certains croient que c’est du démodé.
    Pour le poème, j’en retiens le rôle majeur du rythme dans la constitution des sujets-langage. Parce que le rythme n’est plus, même si certains délettrés ne s’en sont pas aperçus, l’alternance du pan-pan sur la joue du métricien métronome. Mais le rythme est l’organisation-langage du continu dont nous sommes faits. Avec toute l’altérité qui fonde notre identité. Allez, les métriciens, il vous suffit d’un poème pour perdre pied.
    Parce que le rythme est une forme-sujet. La forme-sujet. Qu’il renouvelle le sens des choses, que c’est par lui que nous accédons au sens que nous avons de nous défaire, que tout autour de nous se fait de se défaire, et que, en approchant cette sensation du mouvement de tout, nous-mêmes sommes une part de ce mouvement.
    Et si le rythme-poème est une forme-sujet, le rythme n’est plus une notion formelle, la forme elle-même n’est plus une notion formelle, celle du signe, mais une forme d’historicisation, une forme d’individuation. À bas le vieux couple de la forme et du sens. Est poème tout ce qui, dans le langage, réalise ce récitatif qu’est une subjectivation maximale du discours. Prose, vers, ou ligne.
    Un poème est un acte de langage qui n’a lieu qu’une fois et qui recommence sans cesse. Parce qu’il fait du sujet. N’arrête pas de faire du sujet. De vous. Quand il est une activité, pas un produit. [...]
Henri Meschonnic,
Manifeste pour un parti du rythme 1999

F comme Femmes : réduites à proportion, comparaison, sélection, séduction...

le genre, lecture symptomâle

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

oh que sous ces gros mots rendus célèbres par Louis Althusser, l'on ne s'attende pas à une étude poussée, sauf à la poursuivre soi-même. Régulièrement, je fais des sondages par une recherche à tel mot dans GoogleActualités. C'est ainsi qu'il m'arrive de trouver des informations qui ne font jamais la Une. Bien sûr, GoogleActualités n'est pas un gage pour la critique radicale, mais c'est justement ce qui en fait l'intérêt, un triste reflet du plus commun

j'ai donc ce matin injecté dans le moteur de recherche le mot femmes. Sous réserve de l'évolution des résultats, je soumets à vos sagacités ces quelques hypothèses :

- le genre existe, avec ou sans théorie, de façon aveuglante et selon des lignes confirmant la domination masculine

- les constats d'inégalités se retournent dans ce contexte en leur contraire, figer la distinction de genre

- corollaire, la recherche supposée de l'égalité hommes-femmes est le plus souvent mesurée par comparaison avec ce qui serait la norme, 'non genrée', les hommes : les femmes existent, les hommes sont normaux

- est considéré comme positif, 'progrès' de la condition féminine, ce qui la rapproche de la condition masculine

- les 'femmes d'exception' sont celles qui confirment la règle

- pour le reste, du plus machiste au plus sexiste en passant par le plus sanglant, la vie continue...

ainsi la question 'femmes' est-elle piégée sur le terrain du genre où elle est posée, par définition de l'idéologie

18 mars

avec Henri Meschonnic, le corps et le langage

 

F comme Féminisme

Les féministes musulmanes du Royaume-Uni font irruption sur la scène publique Oumma 17 mars

This isn't 'feminism'. It's Islamophobia The Guardian 22 décembre 2013
«I am infuriated by white men stirring up anti-Muslim prejudice to derail debate on western sexism» Laurie Penny

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Latifa Akay association Maslaha : "Un très grand nombre de femmes musulmanes se sont senties évincées du débat sur les droits des femmes, or nous voulons réhabiliter cette injustice dans le cadre d’un projet qui va permettre aux femmes ordinaires de prendre part au débat sur le féminisme islamique, un débat qui jusqu'ici n’a pu avoir lieu que dans le huis-clos de la sphère universitaire"

"C'est vraiment en train de décoller. Le féminisme islamique n’a rien de nouveau en soi, ce qui va certainement en surprendre plus d’un. Les  femmes musulmanes sont des femmes comme les autres, elles ont les mêmes préoccupations fondamentales que leurs congénères, telles que concilier vie professionnelle et vie privée, la discrimination à l’embauche, la garde d'enfants, et tant d’autres"

Figure de proue de la jeune association Maslaha, créée récemment par la Young Foundation en vue d’améliorer les conditions sociales des communautés minoritaires en général, et de la communauté musulmane en particulier, la très dynamique Latifa Akay incarne le renouveau du féminisme musulman, à la fois en pleine cure de jouvence et sans frontières, qui d’Arabie saoudite, au Pakistan, en passant par l'Iran et jusqu’en Occident, connaît un formidable engouement

"Les médias dépeignent inlassablement les femmes musulmanes sous le même prisme, éternellement assujetties et opprimées sous le poids écrasant du patriarcat, tandis que l’islam est présenté comme misogyne»

'Islamic feminism' and women's emancipation Communist Party of Great Britain 11 mars 2011
Yassamine Mather examines the reality of the continuing struggle against the regime's oppression

Arab Women Wish to Keep Rights, Thank You Very Much The Contrarian 2 février 2011

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Gender Discrimination in Iran. Surprised? Bulletin of Oppression of Women Série d'articles 2013-2014

troubles dans le genre

Kurdish Men Dress In Drag to Support Iranian Feminism Greer Prophet 10 octobre 2013

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

« La police féminine islamique, en noir, fait respecter la tenue islamique dans les rues. Les bâtons sont parfois utilisés pour les femmes dont les cheveux dépassent du foulard.» Islamization Watch 19 juillet 2009

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

It takes a special man to carry off a skirt.  In Iran, a growing group of Kurdish guys are rocking girly frocks to promote a serious message: being a woman is nothing to laugh at.

It began when a convicted domestic abuser was sentenced to parade around town dressed in traditional Kurdish women’s clothing. The ruling by a judge in Marivan, Iran prompted 17 members of parliament to complain to the justice ministry that the action was “humiliating to Muslim women.”

A comme Aborigènes

le colonialisme britannique puis australien ne fut pas néo, mais plus semblable à celui d'Afrique du Sud, à démographie inversée, comme inversée par rapport aux Etats-Unis la main-mise du Sud sur le Nord

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 de chacun selon ses rêves, à chacun selon sa terre ?

la croix pour Palm Island, lieu de la déportation, de la 'mission', et des émeutes

« Pas de terre, cela signifiait pas de Rêve, et pas de Rêve pas d'identité, pas de signification »

la colonisation 1/3   2/3   3/3

dans le livre ci-dessous, un roman-reportage sur lequel je reviendrai après lecture, les amateurs d'émeutes seront servis, comme ceux qui entendent polémiquer sur l'essentialité de la 'race' face au capitalisme blanc, ou s'interroger sur les contradictions de genre dans les luttes indigènes « Il est impossible de surestimer l'importance de ce livre » Peter Carey

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Bourgois éditeur 2009 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

 « J'avais voulu en savoir plus sur mon pays et à présent j'en savais plus... j'en savais plus que ce que j'aurais voulu savoir. » Tel est le constat auquel aboutit Chloe Hooper à l'issue de l'impitoyable enquête qu'elle mène dans Grand homme, véritable plongée au coeur des ténèbres de l'Australie contemporaine. En novembre 2004, à Palm Island, petite île d'apparence paradisiaque située dans le nord du Queensland, Cameron Doomadgee, un jeune Aborigène, décédait dans sa cellule après avoir été brutalisé par le brigadier-chef Chris Hurley.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

Deux ans d'enquête, d'instruction et de procès s'ensuivirent, au terme desquels Hurley fut acquitté. Au-delà du décès tragique d'un seul homme, Chloe Hooper raconte la destruction d'un peuple et d'une culture vieille de plusieurs dizaines de milliers d'années, assassinée par les abus et la rapacité de la colonisation occidentale. « Le remarquable livre-reportage de Chloe Hooper est une sorte de polar moral qui traite du pouvoir, de la misère et de la violence. » (Philip Roth)

«L'unité de la race est une condition essentielle de l'unité de l'Australie» Alfred Deakin

« Tuez à coups de fusil ceux que vous ne pouvez pas attraper et pendez ceux que vous avez faits prisonniers à l'arbre le plus proche en guise d'exemple pour les autres » (1875). Les Aborigènes de la région du golfe appelaient cette période-là le Temps de la Fureur. Les survivants furent évacués vesr des missions; et cette période-ci fut appelée le Temps de la Mission

« Quand j'allais à l'école dans les années 1980, on n'apprenait rien de l'histoire des aborigènes; on ne connaissait pas le nom de la tribu qui avait habité Melbourne avant la colonisation, sans parler des religions ou de la cosmologie aborigènes. On savait que la terre constituait le cœur de l'identité aborigène, qu'en fait les blackfellas [ainsi se nomment-ils eux-mêmes] se percevaient comme inséparables de cette terre. Pas de terre, cela signifiat pas de Rêve, et pas de Rêve pas d'identité, pas de signification. Le Temps de la Fureur ce fut, entre autre choses, un violent bouleversement religieux..» P.89

Queensland État policier

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Silencing Lex Wotton: Palm Island riot decision a blow for freedom of speech The Conversation 5 mars 2012

« Une femme d'un certain âge, à côté d'Erykah [du mouvement aborigène inspiré dès les années 70 par les luttes afro-américaines] s'interposa pour dire à Lex [plombier, leader de l'émeute suite au meurtre d'un aborigène par un policier blanc] :« Nous, on veut la police ici. Qui c'est qui va nous protéger de vous autres, les hommes, s'ils s'en vont ?» [...] Lex Wotton se retourna et fit face à la foule. La révolution avait échoué...» p.107&109

«En Australie, des enfants ont été arrachés à leurs proches» Libération 18 février

des enfants aborigènes arrachés à leurs familles pour être élevés parmi les Blancs
On parle de 50 000 à 100 000 enfants concernés... certaines personnes ignorent leur histoire personnelle, des familles sont difficiles à retrouver... pas une famille aborigène n’a été épargnée par ces enlèvements, sur une ou plusieurs générations

Devenue inadmissible après la Seconde guerre mondiale, l’idéologie eugéniste a été remplacée par un discours d’assimilation sociale et culturelle. Parallèlement, les mouvements pro-Aborigènes sont montés en puissance, ce qui a conduit le gouvernement fédéral à adopter en 1972 la «politique d’autodétermination» leur octroyant des droits, et la dissolution progressive des administrations chargées de l’assimilation... La présentation d’excuses officielles par le Premier ministre Kevin Rudd en 2008 marque une étape symbolique importante. Cependant, en l’absence de loi, très peu de procès intentés contre l’Etat ont abouti à l’attribution d’indemnisations

« Les complices coloniaux des crimes israéliens » Info-Palestine 17 février 2014

Est-ce juste mon imagination, ou voyez-vous aussi une fibre de supériorité coloniale et de racisme qui lie les États-Unis, l’Australie, le Canada et Israël ?

Pensez-y : Tous sont des anciennes colonies britanniques dont le passé est plombé du génocide à l’encontre de leurs populations natives respectives. Tous néanmoins continuent à les traiter comme des citoyens de troisième classe.

Je ne peux m’exprimer pour les États-Unis et le Canada, mais hormis la Realpolitik et le commerce des armes, un fond d’arrogance coloniale vient expliquer ce pourquoi ma « démocratie » australienne « civilisée » est complice de l’impunité israélienne dans ses crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre de générations de familles israéliennes.

Les passés tragiques des indigènes palestiniens et australiens ainsi que les récits de leurs souffrances causées par les atrocités coloniales affichent une forte ressemblance en étant immortalisés par le sang et les grandes injustices.

Tout comme la symbiose sanglante qui existe entre l’Independence Day israélien et la Nakba en Palestine (en commémoration de la déportation et de la dépossession), l’on célèbre ou l’on pleure l’Australia Day ou l’Invasion Day du 26 janvier selon que l’on fasse partie des vainqueurs ou des vaincus.

Les Israéliens, comme les colons britanniques, justifient leur occupation brutale et le vol de masse des territoires par la doctrine de la « terra nullius », celle de la terre vide. Israël se vantait d’être venue faire fleurir le désert, mais la Palestine, des siècles durant, faisait déjà commerce d’olives, d’huile, de coings, de pignons, de figues, de caroube, de coton, de dattes, d’indigo, d’artichauts, de citrons, d’amandes, de menthe et plus encore. En Australie, les Aborigènes parvenaient à maintenir leurs réserves de nourriture à l’aide d’une gestion sophistiquée des terres utilisant le feu.

Cette île, nommée Australie par les colons et envahisseurs britanniques, était le foyer de presque un million d’habitants et d’au moins 200 nations dont les origines remontaient à 60 millénaires auparavant selon leurs croyances spirituelles du « Dreaming », leur vision de la Création.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le problème avec les autres, c'est qu'ils ne supportent pas la moindre idée contradictoire

Les guerres génocidaires et les massacres (fusils contre lances) menés par l’Empire tels qu’à Hawksbury, Nepean Richmond Hill, Risdon Cove, Appin, Bathurst, Port Phillip, Swan River (bataille de Pinjarra), Gravesend, Vinegar Hill, Myall Creek, Kinroy, Rufus R, Long lagoon, Dawson River, Kalkadoon, Cape Grim, The Black War, McKinley River ou West Kimberely (auxquels ont résisté des guerriers comme Pemulwuy, Winradyne, Multuggerah, Yagan, Jandamarra) et la famine accompagnée des maladies occidentales ont décimé la population aborigène dépossédée jusqu’à environ 70 000 représentants en 1920.

Les génocides sanglants ont depuis été remplacés par les génocides culturels, politiquement plus corrects, ou les génocides de l’identité aborigène par la politique de l’assimilation visant à éradiquer l’identité aborigène en détruisant, cruellement et systématiquement, les liens familiaux, de la tribu et des terres ancestrales.[...]

D comme Dense

entrée dans la danse

[avertissement]

Latour, prends garde ! 

l'atour, prends garde qu'en
sévère militant
tu peux franchir le pas
sur un air militaire
en vers de mirliton

si tu ne fais danser
nul ne prendra son pied
on t'enverra valser
en traversant les clous

[méthodologie]
au premier temps de la val-
se, tu les fais tourner
à sept temps

au deuxièm' temps dans la va-
gue, tu les vois perdus
c'est marrant

au dernier temps dans la va-
se, tu nettoies les tiens
vers d'antan

[la nuit passe]

au matin donne la mesure
l'hygiène aidant un verre à dents
que le soir venu ils assurent
pas affranchi du french clinquant

[plus tard]
en voiture et que ça tour-
ne, on n'a pas tous les jours
dix-sept ans

nous allons dense et sans car
tiers car nos poules ont
déjà des dents

FoSoBo 18 mars 00:07

Latour, prends garde ! est une chanson dialoguée, construite sur un air de chasse de l'époque de Louis XV. Le Duc de Bourbon dont il est question ici serait le connétable de Bourbon, cousin de roi de France François 1er. Charles de Bourbon participa à la bataille de Marignan, mais en 1521, le décès de sa femme, petite-fille de Louis XI, morte sans enfants, est la cause de sa brouille avec François 1er pour des questions d'héritage. Dépouillé, il choisit de trahir son maître et se retrouva avec Charles Quint dans les rangs des vainqueurs de Pavie.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Toulouse-Lautrec 1889

17 mars

P comme Poétique

reprendre mon langage at Point Zero, viser la poésie totale en sa mémoire alliée à l'histoire misée dans un présent sans muse, revisiter les vers des autres, dans la langue amusée des hôtes de la profondeur artistique, théorique, sociale véridique, humheuristique en musique sans tic

que taire ? rien, car le vacarme assure en son bruit blanc

que faire ? simple, pour être lu par ma grand'mère de toute éternité

A comme Adam

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Wojtej Siudmak

The Big Apple

Voici l'ardent Adam
en homo fabuler
portant sur son épaule
d'Adam Smith le mystère

D'un côté vient sa pomme
de l'autre ces Miss comme
à miser notre terre
avec des airs paumées

Où s'étend la misère
s'éteint la liberté
d'un soleil limité

Allé loin sans la mer
en désertant l'été
fini l'éternité

FoSoBo 21:31 Sonnet 182

j'ai écrit ce poème d'après l'image, et non cherché l'image pour le poème comme ci-dessous, d'où leurs places respectives. The Big Apple est un surnom de New-York

Adam sans Ève

Pas un mot d'ordre
ne fait l'amour
à tordre
la raison

mon désordre est définitif
pas un slogan
à prendre
avec des gants

de ménage adroit
pour homme
en retour d'âge
à la saison des leurres

à l'heure du crime au net
la banque du sperme est ouverte
sept jours sur sept
à zéro

double-monsieur
trouble mes yeux
et vous me dites :
- c'est rien médite

sur ton propre cas qu'as-tu dis
caricature car tu l'as tu
l'as pas raté, carapaté
en empoté il s'est cassé

tout doucement nobody say
où l'emporte son vent mauvais

Very slow game
but no slogan
pas un mot d'ordre
sous l'Adam

FoSoBo 17 mars 20:23

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014   PP Rubens vers 1597-1600

A comme aujourd'hui

grand ensemble

En bon bougre mauvais
de sa vie pas facile
Je le regarde en face
il me croit dans les cieux

Ainsi nous font les choses
énigme en chambre éclose
sans tract, du distractif
intact, dubitactif

Rien n'est plus comme apprêt
vu d'un haut paravent
le sens y va labile
et la bile à la mer

La loi yest modérée
on peut s'y noyer libre
en mots frais naufragé
sans sombrer à l'amer

ni attendre la fin
en intendant la faim
quand l'appétit de vivre
est plus grand que la mer

FoSoBo 17 mars, 19:06

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 la maison tesseract  Rose-May Thepenier

change next exit

Tout fut dit
par dessus sans dessous
et le reste est de conflit dur
sans la culture
sans le crédit
plantez leurs sous

Gardez vos haines
brisez vos chaînes
tuez leurs chiens
coupez leurs liens

Tout à dire
sans dessous c'est plus sûr
ça restera où ça ira
à la fracture
et là prêt à partir
qui virera verra

FoSoBo 17 mars 2014, 15:28

All was said
from above without below
the rest is hard conflict
without culture
without credit
plant their pennies

Keep your haines
break your chains
kill their dogs
cut their links

Everything must be say
not below it's safer
It will remain where it will go
to fracture
and then ready to go
which will change will see

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

C comme Ça : Chantire

la galerie déglace

lettre anonyme
« Tu causes tu causes mais 
quelle est ta pratique toi 
montre les tics de ta foi
Poète tes papiers !
Agite-toi avant d'écrire 
que raison tonne en ton critère 
perdant ta vie à la gagner

Poète tes papiers !

Vas-tu enfin répondre de nous 
et puis aller te mettre à genoux 
à la basilique des égos

Poète tes papiers !

Des mots comme si ça t’était égal 
des vers à soi en un si vain régal 
tout fout le camp tu désertes le tien

Poète tes papiers !

La météo rit sans faire le printemps 
nous voulons le soleil que fais-tu pendant 
qu’on se défonce aux noces de la dénonce

Poète tes papiers !

Ta vanité ouvre les vannes de l’été 
aux vers divers atones de légèreté 
eh bien chante si tu veux tant que ça déplaise

Poète tu fais chier »

FoSoBo, 10 avril 2005, 15h28

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

la mémoire mise à mort par son souvenir même

à Rosa Amélia

Quelle trame déjoue le drame de ce monde 
où nous fûmes démis en de beaux draps dupés 
du jeu lent de l'enjeu par la peur que débondent 
les restes à gerber en gestes à doper

Quand ils glissent des vies en housses de vynil 
en demandant pardon au fantôme inconnu 
tirant la chasse aux mythes comme à ces papil 
lons la nuit pris aux nœuds d’un filet ingénus

Quand ils jettent à mort leurs pions sur le damier 
noir et blanc effaçant la race de leurs traces 
au désespoir vorace hurlant aux rats signés

Pour tirer à genou comme à genoux prier 
que fasse mouches leur zèle sur leur silence 
l’ange la bête en chien couché. Au pied : killed

FoSoBo, 25 avril 2005, 23h56

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Surge

à James COTTON

Plongire or cormouille 
najouire @ jusquouille 
puis tête ourdie chairs méprises 
conflemmir en dépouise

Ras ras ras ras le beau 
lot no boléro d'rôle d'éros 
trempe à dorer la rouille 
son index à bout rose

Poli tic à têter l'échafroid 
sang sûr en prime touille 
succette mesure de l'effroi

Que sourjoisse ma zhouille 
refouisse m'âme 
far @ fouille 
troust mouerdick's couennelouse

FoSoBo, 29 avril, 21h04

Dealing With The Devil (1995)
James Cotton (voz, harmónica); Loe Louis Walker (guitarra); Charlie Haden (contrabaixo)

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Coupe gratuite

Je suis la dame de rasoir 
fourrée dans sa robe d'éponge  
pour me frotter à ton espoir  
et mettre à feu et sang tes songes

Je te jette mon gant de crainte 
à toi grand absent de l'histoire  
et passe à tout crin sous l'éreinte  
ta vaine déveine en grand soir

Vois lubrique l'huile à mes pieds     
c'est un saint oing pour lubrifier 
bon bougre le bas de ton dos

Et t'affiler le laisser-faire : 
Au paradis de la classe ouvrière, 
Déni du culte, on y rase gratos

FoSoBo, 10 avril 2005, 13h48  

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 La geste d'Aglaé Anne Simon

 ces histoires où “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants" c’était avant qu’Aglaé n’empoigne son couteau…

16 mars

P comme Patlotch

retrou à la dormal

(lou tré portoy in gnomastic langourge)

de la jolière à bézharder 
de bas en hot 
de hauts tentés tantôt lardés 
de roturiens en dératures
 
ne vois-tu rien en ma boîture ?

de serfs volants en class bourgeois 
de nerfs vilains en fausses joies 
descourgelées à l'micro-honte 
de culembours mis à trempote 
dans l'jus mixé de moultemot

de frigidose en fébrîlure 
de freeloopées en stagnotions 
de tropézite en rigiculte 
de gaidisance en glassillons 
de dégondanse en sermondhaine

de digne beigne en bass tongage 
de hardi show en brass coulant 
de cas membré en inculte hotte 
de vodka lisse en rhum défunt 
de jaja vanne en coco gnaque

de rouge petance en gonfliture 
d'hymne à la joint en rot fringué 
de luxtoucru en pains d'zamis 
de feinte cuite en pinte as gone 
etc et ras le bol

FoSoBo, 17 mai 2005, 0h25  

P comme Potlatch : People of the Potlatch: Haida and other Canadian Pacific Coast Indians

 

 


 

P comme Privés : Les saisonniers de moins de 18 ans privés d'escabeaux pour les cueillettes RTL.fr 13 mars

Les arboriculteurs français sont privés de main d'œuvre à cause d'une directive européenne qui interdit aux mineurs de monter sur des escabeaux lors des récoltes de fruits.

Les -18 ans représentent un quart des saisonniers

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Gillette Elvgren

P comme Pré : la mort est dans le pré

«c'est souvent nous les femmes qui osons mettre en cause les pratiques...»


P comme Pied : Il y a 800 000 ans, l’homme était déjà un grand voyageur ! GEOado 19 février

nos ancêtres les Anglais ont franchi le pas

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 et le vent qui n'efface rien

Don't Worry, be Happy...

Des traces de pas vieilles de 800 000 ans ont été découvertes à Happisburgh, sur la côte est de l'Angleterre. Il s'agit des plus anciennes empreintes humaines hors du continent africain.

P comme Police : Une femme devrait prendre la tête de la Police nationale Le Point 14 mars

La patronne de l'IGPN, la police des polices, Marie-France Monéger, devrait être nommée directrice générale de la Police nationale. Une première.

femmes de l'intérieur : domestiquées ?

Marie-France Monéger a fait de la promotion des femmes dans les hautes sphères de la police un véritable cheval de bataille, notamment au travers de l'association "Femmes de l'intérieur", qu'elle préside. Lors de son passage à la Direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN), c'est même elle qui proposera au directeur un "plan parité homme-femme". Elle qui déclarait lors de sa nomination à la tête de l'IGPN : "Les femmes s'autocensurent, leur ambition est largement en dessous de celle des hommes."

P comme poulette : du plomb dans l'aile du poulet péripatéticien

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 'un cheval de bataille'

P comme Plomb : manu militari

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Soldat de plomb peint à la main de la collection Police nationale des Ateliers CBG Mignot

P comme Plans sociaux : Plus vous toucherez, plus vous attendrez vos allocations Le Figaro 14 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Dans le cadre des négociations Unedic, le Medef et la CFDT se sont mis d'accord pour que les salariés qui touchent des indemnités importantes lors d'un licenciement perçoivent plus tard l'assurance-chômage.
[...]
Dans la pratique, une fois inscrit à Pôle emploi, un ex-salarié ne touche pas directement ses allocations chômage. Il doit respecter un premier délai automatique de 7 jours qui s'applique à tous. A cela, s'ajoute un second délai, appelé différé «congés payés», qui correspond aux vacances que l'ex-salarié n'a pas prises et qui lui ont été payées par l'employeur à la fin du contrat. Enfin, si l'ancien salarié a touché des indemnités de licenciement, dites supra-légales, il doit encore respecter un nouveau délai qui correspond au montant des indemnités, divisé par le salaire journalier. Par exemple, si le salaire journalier est de 66 euros et que l'indemnité de licenciement est de 20.000 euros, le délai sera de 303 jours, réduit à 75 jours avec le plafond.

P comme Psycho-analyse : les non dupes errent ?

avec Otto Rank et Jacques Lacan (là quand j'en use), pour ne point s'en laisser conter

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Gulio Bargellini Pygmalion et Galatea

« Muse, [...] dont l'idéalisation par le poète [... paraît si charmante], s'en tire plutôt mal dans la vie réelle. Non seulement parce qu'elle doit supporter, même si elle y trouve du plaisir, les humeurs du maître divinement inspiré, mais parce qu'elle devient, très souvent, pour l'artiste, le symbole d'une idéologie qui ne convient plus - idéologie qu'elle a peut-être aidé à créer mais qu'il doit à présent surmonter et jeter par-dessus bord. Dans ce cas, nous nous trouvons en présence de ce conflit propre à l'artiste où [il] est à la fois incapable de créer sans sa Muse et, par sa présence, se trouve empêché de créer quelque chose de nouveau. Peut-être sera-t-il porté à la laisser tomber, avec l'idéologie d'antan, mais son sentiment de culpabilité ne le permettra pas. Au demeurant, ce sentiment n'est pas seulement éthique et en rapport avec la bien-aimée, mais il est intérieur et psychique, étant donné qu'il concerne le développement de l'artiste lui-même et sa fidélité envers soi.

Non seulement l'artiste qui trouve à ce conflit une issue créatrice en laissera apparaître les traces dans son oeuvre, mais cette dernière sera souvent l'expression assez pure de ce conflit même dont la solution doit être justifiée [...]»

Otto Rank, L'art et l'artiste, 1930, Payot 1984, L'artiste aux prises avec l'art, p.292 source Patlotch 2011 Agios, ou la muse à mort

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Paul Delvaux

« Car cette essence même d’un homme, son âme, que l’artiste engage dans son oeuvre et que celle-ci représente, est redécouverte dans l’oeuvre par l’amateur, exactement comme le croyant découvre son âme dans la religion ou en Dieu avec qui il se sent uni. C’est de cette identité du spirituel, sous-jacente au concept de religion collective, et non d’une identification psychologique avec l’artiste, que dépend, en dernier ressort, l’effet de plaisir produit par l’oeuvre et cet effet est, en ce sens, quelque chose de libérateur. Du sentiment d’avoir renoncé à lui-même (self-renunciation), qu’il éprouve au cours de sa création, l’artiste est soulagé dès lors qu’il se retrouve lui-même dans son oeuvre achevé et ce même sentiment, qui dresse l’amateur au-dessus de ses limites individuelles, devient chez lui, en se développant, non pas identification, mais sentiment de communion (feeling of oneness) avec l’âme qui vit dans l’oeuvre d’art, entité plus grande et plus élevée.

Ainsi, chez l’artiste, la volonté de forme exprime objectivement, dans son oeuvre, la tendance de l’âme à s’immortaliser tandis que, chez l’amateur, le plaisir esthétique le rend capable, grâce au sentiment de communion avec l’âme, de participer à cette objectivation de l’immortalité. Mais tous deux, avec la dissolution simultanée de leur individualité en une totalité plus vaste, jouissent, comme d’un plaisir élevé, de l’enrichissement personnel de cette individualité à travers ce sentiment de communion. Ils se sont défaits, un instant, de leur moi mortel, sans angoisse et même dans la joie, pour le retrouver ensuite plus riche au regard de ce sentiment universel.»

Otto Rank (1884-1939), théoricien-psychanalyste, L’art et l’artiste, 1930, p. 106 source Patlotch 2002 la relation au public, le don aux auditeurs

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

« Il y a quelque part un machin que j'ai relevé, que j'ai relevé dans le Littré : que ce soit une faute, que La Fontaine ait fait dupe masculin. Il a osé écrire quelque part :

Du fil et du soufflet pourtant embarrassé,
Un des dupes un jour alla trouver un sage.

"Ceci est tout à fait fautif, marque bien le Littré, on ne dit pas un dupe, pas plus qu'on ne peut dire un linotte pour qualifier un étourdi." Voilà une forte raison. L'intéressant, c'est, c'est de savoir de quel genre est "le non-dupe". Vous voyez !

Je dis tout de suite : le non-dupe, est-ce que c'est parce que, ce qui est pointé du non, c'est neutre ? Je n'en trancherai pas ; mais il y a une chose en tout cas claire, c'est que le pluriel d'être non marqué fait vaciller complètement cette référence féminine. Et il y a quelque chose, enfin, qui est encore plus drôle, que j'ai, je ne peux pas dire que j'ai trouvé dans Chamfort, j'ai trouvé aussi dans le dictionnaire, dans un autre, cette citation de Chamfort, parce que je ne passe pas mon temps à lire Chamfort mais c'est quand même pas mal, enfin que ce soit au mot "dupe" que j'ai relevé ceci : "Une des meilleures raisons, écrit Chamfort, qu'on puisse avoir de ne se marier jamais, ah ! c'est qu'on n'est pas tout à fait la dupe d'une femme tant qu'elle n'est pas la vôtre."

La vôtre ! Votre femme, ou votre dupe !

Ça, c'est quelque chose quand même qui paraît, enfin... éclairant, hein ? Le mariage comme duperie réciproque. C'est bien en quoi je pense que le mariage, c'est l'amour : les sentiments sont toujours réciproques, ai-je dit. Alors... Si le mariage l'est à ce point-là... C'est pas sûr, hein ! Enfin, si je me laissais un peu aller à la glissade, je dirais que, c'est ce que veut dire Chamfort aussi sans doute, une femme ne se trompe jamais. Dans le mariage, en tout cas. C'est en quoi la fonction de l'épouse n'a rien d'humain. Nous approfondirons ça une autre fois.

Jacques Lacan, les non dupes errent, Séminaire oral du 13 novembre 1973

P comme Pollution Paris Pékin aller-retour 2014-1907

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Pékin-Paris 1907 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

P comme poèmes 2014

voyez ce point aveugle : citer Le Monde encore et feuilleter Libé, se gonfler de pseudo-révélation, jamais l'Huma, à jamais stalinée, qu'ils n'auront jamais lue, qu'ils ne liront jamais, de peur de se salir : allez-en paix, cocos propres sur vous de n'avoir rien tenté, en vos abscons bobos : un journaliste qui se bat contre la ligne de son journal vaut mieux qu'étiqueter en guise de boussole

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 1989 papier journal Huma  sur Canson A3 collage sous influence de Jirí Kolár

en pur style bourgeois

gageons qu'ils se tairont

comme au temps de Villon

sans haine on les aura, Verlaine et cetera

telle chanson tel con

muette sans pardon

pour soi

15 mars

P comme pause

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 nous revenons dans un quart d'heure

On a rallumé la lumière dans la salle.

Elle est descendue de la scène pour se glisser dans le public entre les tables. Il y a des personnes, on ne sait jamais si elles marchent, si elles dansent. Elle est comme ça.

Elle rejoint des amis et s’assied juste devant moi. Je pourrais lui tirer les tresses. Elle ne fait pas son âge. Il y a des personnes qui ont toujours dix ans, ou mille. Elle est comme ça.

Elle parle en français avec un accent et des fautes. Elle n’est pas du genre à faire exprès, ou à parler pour ne rien dire. Il y a des personnes, on ne sait jamais bien si elles parlent, si elles chantent. Elle est comme ça.

Elle est dans une discussion sérieuse. Mais pas triste. Elle rit. Il y a des personnes incapables de rire sans larmes, ou de pleurer sans rire. Elle est comme ça.

Elle a un beau visage. Rempli de vie. De souvenirs pris dans les plis. Des histoires dégueulasses et autant de plaisirs. Il y a des personnes, on ne saura jamais si la beauté leur vient contre souffrir ou par amour. Elle est comme ça.

de mon meilleur texte à ce jour, Jazzitude 2002, pause en direct d'un concert Jazz Unité Paris La Villette fin 90 ?

Another World Music

la canne du genre a cassé son neuf sans faire d'omelette

l'abbé TC et sa béquille pour une théorie structurée comme une religion du concept : emplâtre chez les auto-entartrés de leurs propres écarts

avec Christian Charrier, explorer les voies de la communisation, la communisation...point d'orgue Meeting n°2 3 avril 2005
« L’exploration tout de go des voies de la communisation, dans laquelle chacun s’est lancé comme dans une vente promotionnelle ou une opération de propagande - qu’il s’agisse de faire de la communisation le socle d’une théorie nouvelle de la révolution ou le débouché de corpus existants - fait l’économie des supposés de son objet et de ses origines, sur la base d’une apparente évidence de la chose portée par sa diffusion inhabituellement rapide et l’adhésion qu’elle rencontre [...]
 « explorer les voies de la communisation », ce doit être, simultanément, explorer les voies de l’exploration ou, comme cela a été dit plus haut, explorer de manière critique les présupposés et les origines de la théorie de la révolution comme communisation de la société »

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 l'exploration butée par son gros bout butant et rebutant

ce texte a maintenant 8 ans, l'exploration a cessé même d'être recherche d'une théorie, pour en trouver une voie unique tunique en sa propriété, et pourtant les voies s'ouvrent dans une multiplicité compatible, pour construire en commun un commun communisateur

et voilà le travail

renverser Camatte, Théorie Communiste, Temps Critiques, le 'démocratisme radical', l'alternative mondialiste, l'anarchisme activiste, la fascination des émeutes, la naïveté féministe radicale anti-patriarcale et celle de l'écologisme radical fuyant la lutte contre le capital, l'occidentalo-centrisme d'un marxisme figé dans la religion de textes fondateurs sous lorgnettes réductrices...

les expurger de leur idéologie commune de la séparation et de l'adversité mortifères, pour en mêler les pinceaux les meilleurs

on ne tire pas sur l'imbu lent

merci donc à l'ami Christian de La Matérielle, j'explore, tu explores, nous explore, ils implosent sans implorer qu'on ne tire pas sur l'ambulance

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 la canne du genre, sans les femmes, au nom de leur libération

et un texte de trop, contre moi à l'excès, du pape RS en ses papiers, puritain blanc pour tous

lettre ouverte à un pauvre de lui

la liste est longue, Roland Simon, de ceux que tu as cru pouvoir passer sous ton rouleau compresseur théoriste, jusqu'à tes amis proches dont je n'étais pas dieu m'en garda, je t'en avais amicalement et depuis des années alerté, mais tu as choisi de faire n'importe quoi et le contraire, contre mon avis, avec ceux dont tu croyais embarquer les divisions dans ta fuite en avant. Contemple, du fond de ta grotte à Marseille,  ton œuvre dans ses ruines :

celles de ta revue Sic, et ses dégâts collatéraux, la destruction des liens, des tiens et de toi-même, agonisant séparément dans leur commune hypocrisie, cloîtrés dans un silence assourdissant, loin d'une auto-critique conséquente, qui bouffé d'égotisme honteux, qui bouffi d'un orgueil sans pudeur, rajoutant à sa couche sans fin l'épais d'une violée grossesse, et toi l'ouvrant encore pour pointer mais chez d'autres «l'individu du capital»

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 autruche en gris

tu m'as peut-être cru du même bois, dont on fait les flûtes, à geindre avec Astarian ou laisser pisser de TropLoin, sur votre terrain partagé de la théorie séparée ? Manque de chance, si je me suis souvent trompé, c'est d'avoir été en retard de mon temps combatif, et non passif au nom d'un communisme annoncé pour plus tard, dans les bis trop du moment présent

de ta tête d'autruche trichant dans le sable de tes pâtés d'encre, tu as ouvert ma boîte de paon d'or  

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Anek Suwannaphoom  

quarante ans de méchanceté à «taper» sur tes «proches» - que sont-ils devenus ceux que tu «aimais bien» pour te payer leur tête en piquant leurs idées ?-, au nom de tous ceux-là, et dépassant ma haine que je ne saurais nier, je t'offre en retour de quoi méditer en tes vieux jours, car quoi que tu en fasses,

n'ayant jamais dansé aux temps chauds, comment chanter par temps froids ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 sur luttes vaines je renverse la fontaine de jouvence

je t'aime bien Roland, porte-toi comme un charme, et vas en paix, maître impensé d'un TC insensé, sans arme à la retraite en professeur dans l'âme, ou reviens-nous de ton meilleur, vivifiant

Iola Brubeck RIP AAJ forum

 


Louis Armstrong, Dave Brubeck, Dave, Lambert and Annie Ross (sic) interpret "Cultural Exchange" from the project by Dave and Iola Brubeck "The Real Ambassadors"(Sony 1962)
le fabuleux trio vocal emmené par Jon Hendricks dont la voix 'cassée' a été oubliée dans la liste
la voix, le son et le sens mélodico-harmonique génial de Louis Armstrong, en toute simplicité, un must que le passage sur le tempo dédoublé du trio

une contradiction internet dans les termes de ma démarche : à quoi, à qui sert ce que je fais ?

l'utilisation d'Internet dans le monde carte en temps réel CNN Money

autres données

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 wikipédia

les lieux où l'on trouve une défense de la terre pour son utilisation paysanne, et l'auto-subsistance hors marché, sont en général situés dans des zones moins équipées ou utilisant moins Internet. C'est en soi symptomatique du fait qu'en attendre une libération serait manière de se tirer une balle dans le pied, sauf à pouvoir ouvrir nos réseaux autonomes dans l'auto-organisation, comme premiers pas à suivre d'un nouveau commun

en résulte la preuve que ma démarche ou d'autres comparables n'ont pas pour objet de donner des leçons

en revanche cela peut amener ceux qui ignorent ou dédaignent ces actions «quittant ce monde» à réfléchir, car cette formule de Camatte donne à le rejeter où il ne l'est pas, encore puissant contre le capital, c'est dommage : «rompre avec ce monde» concrètement, sans le quitter pour autant (où ?) prenons-le en compte dans nos réflexions, sans pour autant leur conférer un sens 'révolutionnaire', sans le prendre comme la voie des voies

cela ne signifie pas abandonner la nécessité d'affronter le capital directement là où le problème se pose comme cela : la moitié de la population urbaine est citadine, et l'on ne fera pas de l'auto-subsistance sur les balcons de Paris, voire uniquement en promouvant la campagne à la ville, comme disaient Marx et Alphonse Allais réunis, annonçant les Marx Brothers

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 défense de la terre et appropriation des femmes, c'était avant que le genre ne s'empare du marxisme, c'était au temps du cinéma post-muet

franchir des pas, chacuns vers d'autres : tout à l'égo = tout à l'égoût

« ChacunS [au pluriel] a été couramment utilisé jusque vers la fin du XVIIIe siècle »

intéressante nouvelle quant à la production sociale-historique de «l'individu du capital»

dialectique positif-négatif

par conséquent promouvoir ces actions positives sans les articuler avec le négatif de luttes confrontées à la violence policière, ou à la nécessité sinon d'attaques, du moins de défense armée, relève de naïveté ou d'une posture idéologique de couches moyennes, le plus souvent occidentales, pour lesquelles ces actions sont d'autant plus séduisantes qu'elles se passent loin de leurs yeux, à la télé ou sur Internet, chez Patlotch, par exemple, qui n'entend pas carresser leur bonne conscience ni flatter leur ville verte en territoires protégés socialement

mon site n'est pas une vitrine dans laquelle glaner un choix dans l'esprit d'un marché idéologique

il est significatif que cette articulation ne soit pas faite, y compris là où ces éléments, parfois empruntés à mon site sans le dire, sont placés en vitrine à la manière d'un catalogue «faites vos choix», encore, dans la forme, une merveilleuse adaptation de l'esprit du marché, de l'offre et de la demande, sans trop d'effectivité tant que le sens du commun n'est pas montré explicitement : la production d'un en-commun révolutionnaire ne sera pas spontanée

quand je dis articulation explicite, il me plairait d'être moins seul à faire ressortir l'intérêt trouvé chez les autres, dans une réticence hors de saison qui flaire encore les pesanteurs d'un chacun chez soi aussi mesquin que contre-productif, par des manières du bout des lèvres d'envoyer des messages subliminaux

cela ne signifie pas référencer Patlotch dans une façon de reconstituer "les copains des copains" tournant en rond dans leur clôture, mais assumer sa part du boulot

c'est le premier pas qui coûte, et gage de se sentir libéré d'attaches sectaires. L'inflexion perceptible sur le blog de la critique de la valeur vers une démarche moins passive est encourageante : à qui le tour ?

s'auto- et s'inter-subjectiver pour un combat effectif  VS  faire de la 'propagande' pour d'autres

la meilleure critique post-68 du militantisme peut ainsi se retourner contre 'nous', repoussant la nécessité d'un engagement pour le communisme dans un combat effectif et explicite

la subjectivation de l'en-commun 'communisateur' exige que soit mis en valeur :

- les différentes formes de ces luttes contre le capital et pour la survie, leurs articulations concrètes ici ou là

- la convergence globale qu'elles peuvent construire sans nécessité d'un parti , d'un chapeau mondial ou d'une organisation

cela ne relève pas d'une propagande à l'ancienne, ou de la diffusion d'une bonne parole au-dessus des actes, c'est un travail de subjectivation en profondeur, avec des lignes de fronts explicites, et des dimensions stratégiques

mais pour cela, il faut franchir le pas en soi de le saisir, et se défaire d'une posture centrée d'où surgirait une vérité pour tous

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 1992

Entre l'homme et la machine, une lutte vieille de deux siècles Les Echos 14 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 du refus des machines a la contestation des technosciences

Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d'aujourd'hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l'industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L'introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.

Contre l'immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s'est ainsi constituée : ce livre d'histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une " croissance " aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s'est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.

DU COMMUNISME EN FLEUR, FAITES FORTUNE, écrit vain

« Le terme de “communioniste” qui implique celui de “communionisme” est employé en Angleterre en 1827 pour désigner les partisans de Robert Owen.[...] On se sert à nouveau en France du mot communiste après la Révolution de 1830, plus précisément aux environs de 1834. Les polémiques, les procès, l’agitation le rendirent courant, à tel point que Georges Sand, qui lui préférait du reste le terme de “communionisme”, écrivait en 1841 que le mot “fait fortune”.» Extrait de Le curé Meslier (Athée, communiste et révolutionnaire sous Louis XIV)  par Maurice Dommanget (p. 317-318, éd. Julliard 1965)

En principe je suis un homme de printemps. Saisonnablement cyclothymique. Raisonnablement syntonique. Sain tonique au soleil, musement asyntone. Symptôme ici, débute un nouveau cycle, au présent que rebute un saint home, je me sens comme un arbre. Du genre abricotier, abrité, coco fier pour deux sous, bourgeonniste et précoce habité, j'ai chopé sans bouger la bourgeotte. C'est ainsi que j'ai mis à la vie, que j'ai fait rose, et blanche, et pentamère, ma première fleur. Je l'ai faite. Comme on le dit de sa première communion. Fête. « Communier est le fait de recevoir et consommer du pain et éventuellement du vin... » en de certaines circonstances, que précise wikipédia. De bonne foi plus que certain des circonstances, c'est l'éventualité du dit vin qui m'a conduit au communionisme. C'est ainsi que m'étant immédiatement converti en communionisationniste, je me promus vite communionisateur. Souhaitant comme tout un chacun valoriser mes capacités d'individu pour satisfaire mes besoins singulièrement poétothentiques, j'ai choisi la branche communionisationnàtartiste, option "le-plus-tôt-sera-le-mieux". Je suis admissible aux épreuves écrites, je passe l'oral en grec à la prochaine émeute.

Bref, pour ceux qui ne peuvent pas attendre, retenez que je suis un arbre, que je reçois et consomme du vin. Ce qui a du corps, ceci est mon fruit. Ce qu'est un écrit vain. En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau. Prenez et buvez en tous. D'un mot gratuit faites fortune.

Note : Concernant l'invention terminologique et son infinimagination, communioniste ne figure pas dans le recensement que fait en 1841 L. Reybaud (Études sur les socialistes modernes, rééd. 1844, tome 2, p. 267) : « Il serait difficile de dire en quoi consistent les nuances qui les divisent : peut-être n'y faut-il voir qu'une simple différence de noms. On cite toutefois des égalitaires, des fraternitaires, des humanitaires, des communitaires ou icariens, des communistes, des communautistes et des rationalistes cité dans L'humanitaire en discours, Mots, Les langages du politique, n°65, mars 2001. Voir aussi la passionnante thèse d'Andrea LANZA, 2006, La recomposition de l’unité sociale, Étude des tensions démocratiques chez les socialistes fraternitaires (1839-1847) 

Pour mon sujet, il importait de ne pas me fourvoyer avec communautisme, qui fait par trop autisme en commun. C'est bien assez de l'être seul, en poésie.

13 mars 2012

vers la communauté humaine Réflexion en écho à celle d'un philosophe transalpin

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

«L'être humain est la véritable communauté [Gemeinwesen] de l'homme» Karl Marx

un max de menaces ? des individualités pour la communisation, où est le problème ?

Max L'Hameunasse, In Limine

L'égoïsme contre l'égo
La passion du désintéressement et son sens selon Nietzsche

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 l'homme scindé

(Extrait de Patrick Wotling, La philosophie de l'esprit libre – Introduction à Nietzsche, Champs essais 2008, in § L'égoïsme, pp. 282-284)

Si l'altruisme pur est une chimère, l'égoïsme est de son côté à repenser entièrement ; l'idée d'égoïsme ne peut être recevable philosophiquement que si elle est séparée de l'idée de moi unitaire (dans le texte d'Ecce homo, le terme d' « ego » relève d'un emploi imagé, et ne désigne donc pas une substantialité métaphysique, ni une unité irréductible), et des schèmes de pensée idéalistes sur lesquelles elle repose ordinairement – schèmes qui gouvernent secrètement, selon Nietzsche, toute la tradition philosophique -, et reliée en revanche à la vie pulsionnelle, dont elle exprime (en dehors de toute considération morale) un trait fonctionnel capital. Une pulsion non égoïste est une contradiction dans les termes, comme l'indique par exemple le texte posthume suivant : « Des actes non égoïstes sont impossibles ; « instincts non égoïstes » sonne à mes oreilles comme « fer en bois ». Je voudrais voir quelqu'un essayer de prouver la possibilité de pareils actes : quant à leur existence, il est trop vrai que la foule y croit, et tout ceux qui sont à son niveau – ceux par exemple qui appellent l'amour maternel ou l'amour en général quelque chose de non égoïste. »

Il devient donc nécessaire de penser un égoïsme sans ego, c'est-à-dire de reconnaître avant tout le caractère multiple de la personne, du soi-disant « sujet », et refuser la tendance métaphysique qui pousse toujours à réduire le multiple à de l'unité. Il n'y a pas d'égoïsme de l'ego, mais en revanche il y a bien en tout vivant des « intérêts » fondamentaux qui ne sont rien d'autre que les besoins qui s'expriment à travers les pulsions organisant et guidant la vie et l'agir de ce vivant : c'est à cela que se réfère la formule « devenir celui que l'on est ». De sorte également que nier l'égoïsme revient à dénier au vivant son caractère vivant, position foncièrement contradictoire, de même que, pratiquement, chercher à bloquer la satisfaction de ces intérêts fondamentaux ne peut qu'être l'expression d'une forme particulière de besoin du vivant, lisible selon les analyses nietzschéennes comme un retournement de la vie contre elle-même, donc comme une forme de vie qui exige, pour se maintenir encore, de rechercher, à terme, son propre anéantissement. Défendre les droits de l'égoïsme s'avère ainsi, chez Nietzsche, viser tout autre chose qu'une médiocre et facile recherche de satisfactions terre à terre. C'est au contraire s'éduquer à la première vertu du philosophe : s'imposer la rigueur d'une discipline pulsionnelle au service de l'indépendance.

je suis des autres

souvent ai-je cherché cette multiplicité du moi, mais je ne l'ai trouvée que dans la formule «je suis des autres», car le risque, avec une telle approche de l'égo non égoïste, c'est encore de ne pas sortir de soi-même, autrement dit de partir de l'individu, qui est toujours tenté de se penser comme synthèse, et menacé de retomber dans ce qu'il est pour lui-même : la pensée de Nietzsche, la pensée de Marx, la pensée d'untel, la pensée de lui-même pensant «je est un autre» comme un devenir soi-même

ou l'ego est à dépasser, l'egoisme n'est plus à repenser

or il s'agit de se défaire de soi, et du fantasme d'unité même dans le multiple. En cheminant dans ma quête actuelle, je rencontre d'autres possibles qui deviennent immédiatement éléments nouveaux dans une construction ouverte sans fin. Cela ne vise pas un projet tenant tout dont je serais le carrefour. Mon individualité, aussi ouverte riche serait-elle, n'a pas d'intérêt, ni même pour moi. Elle n'est qu'un lieu de passages vers d'autres lieux sans désir d'appropriation. Qui passe par là n'a pas à le tenir comme référent, mais à le faire vivre en d'autres lieux

ainsi, l'individu se dé-pare d'être point de départ, quitte les vieux habits d'égo pour adopter le point de vue de la communauté

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 contrôle au facies

ma vue d'une voie des voix des voies

du moins, tant que les médiations sociales ne sont pas abattues, et donc ce besoin malgré tout de tenir quelque chose des autres pour l'offrir à d'autres encore du moins est-ce ma vue d'une voie des voix des voies... sans attendre un retour à soi, un éternel retour, mais de présents plaisant détours, détournements pour maints demains en mains

le couple égoïsme vs altruisme appartient comme ces autres payant vs gratuit, nature vs culture... à une vision du nouveau monde comme négation de l'ancien, de l'individu futur comme envers de l'actuel, mais un individu reste un individu, alors qu'il s'agit d'abolir l'individu

l'individu-communauté comme un été indien est dû commun

«L'être humain est la véritable communauté [Gemeinwesen] de l'homme» Karl Marx

la formule "individus immédiatement sociaux" n'est pas seulement mauvaise du côté du social, mais du côté de l'individu même, alors que son abolition ouvrira l'être 'un' à la communauté en lui

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 notre dame des miens

Max L'Hameunasse : Le dépassement de la société du capital ne se situe pas uniquement sur le plan de « contradictions » constitutives de cette société, et encore moins sur celui de la lutte de classes (car cela en ferait alors un "système", incluant ses déterminations), car la révolte apparaît en tout premier lieu dans un "mouvement" individuel, même limitée par le jeux contradictoire des interprétations, dans une volonté subjective vers la puissance (illusion de "volonté", plutôt saine exigence de la singularité rebelle, pulsion s'exprimant préalablement dans quelques corps), la souveraineté, et pour ainsi dire, le dilemme entre "liberté" et le sens qu'il s'agit de lui donner à peine tente-t-elle de s'affirmer (tension entre l'individu et la tendance nécessairement présente de "faire société"). Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.
 
C'est au coeur de la révolte, à l'écart de tout ressentiment, de toute haine, que se noue les relations humaines et extra-humaines d'inter-dépendance, d'autonomie et de complicité qui peuvent être à même de nous sauver du nihilisme, et non en l'espoir discipliné d'un futur hypothétique et toujours repoussé en des lendemains de plus en plus inhumains et anti-vie ou d'un présent qui ne sait que faire de son âme d'esclave en se parant des oripeaux de "l'alternative" et de "l'autogestion".

statistiques sur les émeutes dans les Amériques Communisation (en grec) 13 mars

très intéressant pour la typologie des  «troubles» dans la durée

Statistiques sur le continent américain pour la période 2007-2013, un projet de quatre étudiants des cycles supérieurs à l'Université de Bielefeld, en Allemagne, capture quantitative, escalade des conflits, dynamique de l'«ère des troubles» dans les Amériques.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Who We Are

Envisioning the New Americas (EtNA) is a project created by four M.A. students of the InterAmerican Studies program at Bielefeld University, Germany, as part of the introductory module "Globalization in the Americas". This website is the result of our research regarding the development of social protests in 41 American countries and dependent territories from 2007 through 2013.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

The Idea

The global economic downturn, which began roughly in 2007, has sparked new debates on the future of global capitalism around the world. At the same time, new social media have begun to revolutionize - again - the ways in which people communicate across space and time. As the world is moving further into the 21st century, social inequality and unrest are as pressing as ever.

Envisioning the New Americas explores the development of social protests in the American hemisphere from 2007 to 2013. The fundamental question behind EtNA is, How do people in the Americas imagine their societies in the future – what do they protest for or against? What is the impact of globalization on protest cultures in the American hemisphere? And finally, what is new about protests across the Americas?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

sortir du capitalisme : ouvrir l'éventail nouvelle rubrique

là où d'autres font par trop dans le négatif, ici trop dans le positif ? jamais content mon Patlotch à moi

mais bon, faudra de tout pour refaire un monde, la dialectique peut cacher des breliques, ou l'envers d'un calibre : brelic

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 George-Achille Fould 

sortir du capitalisme, c'est 'sortir de l'économie', et l'expression recouvre un ensemble de recherches dans plusieurs voies, qui se recoupent ou se relient. Un premier aperçu : Sortie de l'économie

une revue existe depuis 2007, Sortir de l'économie, bulletin critique de la machine travail planétaire, dont 4 numéros ont paru téléchargeables en PDF

à boire et à manger, à prendre ou à laisser... de côté, les éditions le pas de côté, des livres contre la machine 

que de pas donc, en avant en arrière, de côté, à franchir... affranchi des frontières où défoncer la porte ouverte au désespoir

en attendant le livre, on peut aller directement au numéro 4 de la revue

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

une bonne surprise, ce doit être, hors mon approche, une des seules où l'on rencontre en un même texte des références séparées s'ignorant par ailleurs, dans un esprit d'ouverture qui tranche dans le sectarisme habituel, comme si ne pas parler des autres signifiait la mise à distance et le peu d'importance, comme si ne pas parler soi-même supposait qu'on se situe au-dessus du lot, pour finir le gros lot, le grelot tremblotté dans son assez sec, et sortir la queue basse dans la callebasse dans le genre : ça ne parle pas du genre ? mais si que ça en cause, et même d'Astarian, c'est épatant sans épater ni faire pâtés d'encre sur l'un débile de lui-même

sommaire avec liens :

Editorial : Critique de l’économie et du tra­vail
La mar­chan­dise expli­quée à mes enfants

Partie 1. Au delà de l’économie
.
Par où la sortie ?
.
L’anti­ca­pi­ta­lisme des anar­chis­tes et des anar­cho-syn­di­ca­lis­tes espa­gnols dans les années trente
.
Au delà de la Centrale de François Partant : texte conseillé comme mise en bouche
.
Vous avez dit mon­naie ?
.
Pour un archi­pel de lieux en pro­priété d’usage

Partie 2. L’émergence de l’économie : anthro­po­lo­gie des féti­ches sociaux
.
Critique du sub­stan­ti­visme économique de Karl Polanyi
.
Qu’est-ce que la pro­duc­tion ? historicité d'un concept
.
Le féti­chisme comme inven­ti­vité sociale

Notes de lec­ture
. Denis Baba, Anarchie économique
. Marcello Tari, Autonomie. Italie, les années 1970
. Kenneth Pomeranz, Force de l’Empire

une servitude involontaire ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 tunique rouge en sa priorité ?

comment ai-je pu une fois encore me mettre des œillères et rétrécir ma vue au point d'abandonner cette largeur de champ dans laquelle j'étais parvenu à considérer les choses ?

j'avais trouvé, cru trouver, une porte à ouvrir pour en sortir, c'était la bonne à n'en point douter, point besoin d'en avoir la clef, il suffirait de la défoncer avec les bons outils. Certains avaient les manches, d'autres les lames ou la cognée, mais toujours revenait ce couteau sans lame ou ce marteau sans manche... à quoi bon retrousser les manches, attendre encore, laisser à l'ennemi le temps de s'enfoncer et nous avec, et se ronger les freins et freîner ses ardeurs, et se mettre en colère pour un rien croyant qu'il était tout...

une telle énergie pour un telle inertie, tourner dans le tourni coton, le double moulinet de leurs ressassements de mes ressentiments, la spirale infernale et sa boucle en ceinture d'un culte, incultes ? ah certes non mais toujours cultivant le même et recycler la terre artificielle... la solution était dans le compost, boire son thé c'est la santé disent les vers de terre

et ceux-là étaient mes nouveaux amis, ils savaient peu ou prou, ou se trompaient parfois, mais qui ne..  sur quoi, bah, des détails de l'histoire à venir, à coups sûrs... alors si petites erreurs pour scénario parfait, si pur, si dur en attendant... et leur bancal, mais tombe-t-on d'où l'on est pas monté ? et de brancards en ruades, à brocarder et si cocasse qu'à la fin je me casse...

il me fallait trouver en eux en moi la faille, la poutre aux yeux étaient notre en-commun

convergence et stimulation : sortir de l'économiequelques ennemis du meilleur des mondes 'pas de côté' signalé par Steeve, Wertkritik 13 mars 

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

dans une époque donnée, des idées surgissent comme produites par les circonstances sociales, et donc les mêmes peuvent apparaître au même moment sans concertation aucune. Ainsi dans les années 40', s'inspirat du be-bop, deux trombonistes, l'américain Jay jay Johnson et le Danois Kay Winding ré-inventent l'art du trombone en copiant les trombonistes virtuoses de la génération précédente, en transposant la vélocité et les mélodies parkériennes, et en rapprochant leur instrument d'une grosse trompette. sans se connaître, ils crééront des styles très proches sur cet instrument, et s'associeront en des duos légendaires

retrouvailles en 1982 au Japon, le trombone, quel bel instrument, mais deux ensemble, et ces deux-là wouah, quels sons !


 

c'est un peu ce qui se passe actuellement, puisque semble se multiplier les communications recoupant ce que j'essaye d'élaborer. ainsi donc, cet ouvrage, et les extraits de sa présentation par Steeve, qui se passent de commentaires...
on ne met jamais deux fois le pied dans le même courant
si je me plante, je ne serai pas seul. Quant aux allergiques désormais connus de la Critique de la valeur qu'ils mettent tout en un sac bon à jeter pour cause d'automatisme Postonien, que dire ? Trois possibilités : 1) TropLoin de nous, faisons les morts 2) proche, bon pour taper sur le risque d'une dérive idéologique annonçant une forme de la contre-révolution 3) s'inscrire dans le travail collaboratif que j'ai souhaité il y a deux ou trois mois... sans suite 4) prendre une vraie et bonne retraite comme apparemment un bon nombre dans le so called 'courant communisateur'
sans attendre leur fin, prions pour eux, on n'a jamais prouvé que ça servait à rien...

Disons-le tout de go, pour les rédacteurs du bulletin Sortir de l’économie, il n’y a pas de différence entre l’économie et le capitalisme.
[...]
La remise en cause de la structuration de notre société par l’économie implique, on l’aura compris bien plus qu’une critique du mode de distribution, ou de la propriété des moyens de production. Outre la fin de la soumission au travail, à la croissance, cela nécessite plus fondamentalement à réfléchir et à définir de nouvelles raisons d’être, de nouveaux principes qui fonderaient de nouvelles formes de vie. [...] un besoin impérieux d’une création d’un nouvel imaginaire rompant radicalement [...]
 
A mon sens :
- La neutralité axiologique de l’intérêt général doit être remplacée par la recherche du bien commun. Le bien commun est de l’ordre de la valeur non du calcul privé destiné à maximiser des intérêts
- La production, la distribution, la consommation des richesses (et non de la valeur) doivent recouvrer une dimension consciente. Autrement dit passer par des « rapports sociaux manifestes ». Il s’agirait de commencer par définir nos besoins puis de réfléchir à la meilleure façon de les satisfaire.
- Aux individus séparés, atomisés, il faut opposer la communauté fondée sur l’engagement moral...
- ... les transferts de biens et de services doivent avoir du sens, voir même symboliser les rapports entre les individus. Autrement dit, à côté de l’échange doivent également intervenir des transferts du type don et même, surtout à mon avis, des T3T selon la terminologie d'Alain Testart (les Transferts du troisième Type qui ne relèvent ni du don, ni de l’échange[15]). On peut ici penser à l’instauration d’une sorte de service civil par exemple.
- La création du concept d’économie a nécessité de séparer ce qui était souvent mélangé (le diplomatique, le religieux, etc.) pour constituer une nouvelle unité conceptuelle. A contrario la sortie de l’économie implique d’abandonner ces concept (production, distribution, consommation) dans lesquels il n’y a plus de place pour les dimensions morales et spirituelles, et même tout sens. Seule la pure matérialité reste : toujours plus, toujours plus vite mais jamais pourquoi ?

A voir ces quelques indications, on comprend aisément que les formes que peut prendre une société au-delà de l’économie sont fort diverses et nombreuses. D’ailleurs les formes de vie des sociétés pré-économiques étaient elle-même très différentes. Il s’agit donc avant tout de faire preuve d’imagination et  d’abandonner nos lunettes économiques pour envisager une forme de vie, si ce n’est idyllique, du moins un peu moins mutilante. De toute façon, étant donné qu’il n’existe actuellement aucun projet clef en main et encore moins de  force sociale suffisante pour le mettre en œuvre, c’est sans aucun doute au niveau de l’imaginaire et de la propagation des idées qu’il faut commencer par œuvrer.
 
Quoi faire alors ? : D’un point de vue plus concret, on peut commencer par remarquer que la colonisation de nos vies par l’économie n’est pas totale. A mon sens, il existe au sein de notre société des ilots non-économiques : la famille, les relations entre amis par exemple. Il me semble, qu'une stratégie consisterait ainsi par commencer à défendre ces îlots en résistant et en luttant contre le système, mais aussi d’en créer de nouveaux dans lesquels il serait possible d’expérimenter de nouveaux types de cohésion sociale, pour enfin les déployer et les étendre à toute la société.

Avis aux amateurs !

Steeve

13 mars

Japon, Shuntô : L’industrie japonaise consent à des hausses de salaires Philippe Mesmer Le Monde 13 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

chaque printemps au Japon, le "Shunto", littéralement printemps-combat (négociation sur les salaires) qu'en famille nous attendons avec impatience, bien que nos revenus n'en dépendent pas

'Shunto', c'est aussi le prénom japonais de mon fils, né fin février, à cette période de négociations des salaires. Mais rien à voir. Et sans négociation entre la mère et moi. C'est elle qui l'a choisi, alors même qu'elle en avait prévu un autre. Comme arrivait sur Paris, le jour d'accouchement, un 'printemps précoce', et le soleil avec dans la chambre, l'idée lui est venue d'appeler le bébé 'Shunto' : Porte du printemps

la magie des caractères japonais, les 'kanjis' hérités des idéogrammes chinois en variantes de sens ou de sons, c'est des signes différents pour des sens différents mais un même son. Du fait d'une phonétique beaucoup plus limitée que la nôtre concernant les mots purement japonais, le nombre d'homonymes est considérable, et partant, le nombre de jeux de mots, calebours, contrepèteries etc. 

on se doute généralement peu chez nous de l'importance de l'humour pour les Japonais, qui nous paraisse plutôt haustères (qu'on se rassure, certains sont experts en hautérité), dont le Kensaï, région d'Ôsaka-Kobé-Kyôtô, a la réputation, comme sa cuisine régionale, un peu comme en France Marseille

Bref, mon fils a grandi de quelques centimètres et, légitime ou pas, les salaires augmentent au Japon, ça s'arrose !

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a obtenu gain de cause [sic l'Etat-la société civile du travail]. Mercredi 12 mars, le « shunto », les traditionnelles négociations salariales de printemps, s’est terminé sur l’annonce de hausses des salaires chez les principaux industriels nippons.
Ils ont répondu à l’appel pressant de M. Abe. Toyota, dont la décision était très attendue, compte tenu de son influence sur l’ensemble de l’industrie, a accepté une majoration de 2 700 yens (19 euros) du salaire mensuel de base, contre 4 000 yens (28 euros) demandés par les syndicats. C’est la première hausse de cette importance depuis 1993 et elle s’ajoute à la promesse d’un bonus annuel à 2,44 millions de yens (1 7102 euros).

économie politique et complexité dans éléments pour 'une critique de l'économie politique' / luttes 'théorisantes'

L’état de crise permanent. Explication à travers le monde du vivant Alain Désert AgoraVox 28 février 2014

 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Complexité Patricio

double problème a priori : un modèle théorique sans critique de l'économie politique, une analogie entre deux systèmes déconnectés, soit une approche formaliste, mais néanmoins d'un grand intérêt, comme je l'ai suggéré dans ma critique de la dialectique structurale de Roland Simon, avec un jeu limité de deux contradictions. On retrouve aussi les notions de "niveaux" d'organisation, évoquant les "niveaux de généralités" que perçoit [trou désolé] dans les analyses de Marx. Également les notions de chaos, émergence... « La complexité est antinomique avec la causalité linéaire et le déterminisme ; elle est le siège de phénomènes souvent imprévisibles, non-linéaires, chaotiques, et c’est bien par rapport à ces caractéristiques, aux propriétés émergentes qui en découlent...»

s'engager dans un syncrétisme avec la dialectique marxienne paraît risqué sauf à tout reconstruire historiquement et dialectiquement dans la 'complexité'. S'ouvrirait alors un gouffre devant la possibilité d'une théorie susceptible d'articuler mouvement du capital et luttes sociales ou autres, dont l'auteur ne parle pas. Il prend néanmoins quelques précautions et prévient que cet article n'est pas une critique de la mondialisation, «un autre problème»

il n'en demeure pas moins que cela nous alerte sur l'utilisation de modèles par trop conceptualisés, et datant d'un autre temps du capitalisme, pour notre compréhension même du monde actuel. Celle-ci peine à décrocher de constats sociologiques, en eux-mêmes sans apports dynamiques concernant les luttes dans leur ensemble au sein de la globalisation capitaliste, en quoi l'apport théorique est nécessaire dans une approche critique est nécessaire. Mais cette complexité croissante est une raison pour laquelle ceux qui un besoin irrépressible de saisir la totalité préfèreront se rassurer en s'accrochant à leur modèlisation, même s'ils en sentent les limites. Alors, théoriciens marxistes, bon courage !

quoi qu'il en soit, je suis de moins en moins persuadé que cela soit indispensable, d'abord du fait même de l'imprévisibilité de la crise et des luttes à venir sauf dans les grandes lignes, de tout ce que nous savons déjà d'essentiel sur le capital, ensuite parce que cela ne peut pas servir de guide aux luttes dont les motivations multiples sont non programmables, et tenant à des conjonctures justement fort complexes à déchiffrer, sauf après... quand il est trop tard du point de vue des luttes

du point de vue stratégique global ou tactique local, les qualités requises ne sont pas celles de l'analyse de l'économie politique, mais du sens politique de la situation dans sa complexité du moment, la conjoncture si on veut lui donner un nom qui en lui-même ne sert à rien

découverte par extraits

Pourquoi les crises économiques risquent-elles de devenir permanentes ? Pour essayer d’y voir clair, il faut imaginer et bien comprendre ce qu’est devenu le monde économique dans sa globalité. Depuis quelques décennies, le monde s’est complexifié à une allure très rapide, avec par exemple l’apparition des pays émergents qui jouent à présent un rôle clé dans un processus continu de mondialisation ainsi que dans le maintien des grands équilibres macroéconomiques à échelle planétaire (échanges des biens et services, circulation des capitaux, cours des monnaies, réserves de change, politiques monétaires, géopolitique) ; les sociétés sont donc devenues de plus en plus structurées, imbriquées, interdépendantes, multipliant les relations entre leurs diverses composantes.

La complexité ne peut se comprendre sans faire appel à la notion de niveau d’organisation, et c’est cette notion que je vais mettre en évidence dans cet article, associée aux problématiques de régulation, et à travers elles avec l’appui de l’exemplarité du monde vivant (au sens des équilibres biologiques), expliquer pourquoi les instabilités économiques au niveau mondial risquent de perdurer.

Il n’est donc plus à démontrer que le monde est devenu complexe, justement parce que la complexité se définit (entre autres) par le nombre d’éléments qui composent un système, le nombre de relations qui les relient, le nombre de niveaux d’organisation, le nombre d’interactions et de boucles de rétroaction qui opèrent. La structure du système économique planétaire (avec ses frontières, pays, régions, zones monétaires, réseaux de communications, flux, ressources, niveaux d’organisation, organes de contrôle et de régulation, etc.) et ses dynamiques sont des points clés dans l’appréhension et la compréhension de cette complexité.

[...]

En préalable à cette réflexion, il est nécessaire d’aborder succinctement ce qu’est un système de régulation, à travers deux chainons essentiels que sont les effecteurs et les servomécanismes, des appareils ou des systèmes que l’on rencontre partout dans le monde du vivant, le monde sociétal ou économique qui nous environnent. Ils sont en nous, tout autour de nous et pourtant jamais les analystes économiques, les politiciens, évoquent ces notions pourtant essentielles pour comprendre les phénomènes d’équilibre ou de déséquilibre, d’ordre ou de désordre, de croissance, de récession, de flux ce capitaux, de krach boursier, de dérive, d’explosion, d’implosion, de point de rupture, de point de bifurcation, etc.

Niveaux d’organisation du monde productif

Ces notions de niveaux sont essentielles pour comprendre le fonctionnement de l’économie à quelque échelon que ce soit, car un système économique est composé de nombreux systèmes imbriqués à l’image du corps humain, fonctionnant à la fois d’une manière quasi-autonome mais également sous l’influence ou sous la direction de commandes ou consignes extérieures provenant d’un niveau d’organisation englobant. En économie, tous les composants sous ouverts au sens thermodynamique (échanges de matière et énergie) et sur le plan informationnel (échange d’informations). Et c’est cette ouverture, ces relations nombreuses avec l’environnement, ces échanges, qui permettent par exemple à une entreprise de fonctionner, de conserver ou faire évoluer ses structures. On retrouve encore les mêmes notions que pour un organisme vivant (flux de matières, énergie, informations, contribuant à l’équilibre et à l’évolution de l’individu d’une espèce).

Pour décrire la structure du monde productif à l’échelle mondiale, de la même façon que je suis parti de la molécule pour arriver à l’organisme tout entier, je partirai de l’individu pour arriver au monde dans sa globalité.

[...]

Chaque niveau d’organisation dans le monde productif, à l’image de l’être vivant, est capable de se réguler, mais reçoit aussi des consignes du niveau supérieur qui l’englobe en vue de changer ses états, ses niveaux d’équilibre, ses tendances, ses paramètres de fonctionnement (équivalent des paramètres physiologiques de l’organisme). En fait, ce que je viens d’affirmer n’est pas tout à fait exact dès qu’on dépasse le niveau ‘pays ou nation’, et c’est là que vont commencer les problèmes.

Quand on observe l’organisation du monde à l’échelle des états, on remarque qu’il s’est organisé par zones. La France est un élément de la zone euro et de l’ensemble européen. Chaque pays de ces zones (composants d’un système) est en relation avec tous les autres et participe à une dynamique d’ensemble. La zone euro est elle-même un sous-ensemble de l’union européenne, qui elle-même est un sous-ensemble de la zone géographique Europe, et qui elle-même est un sous-ensemble d’un monde encore plus vaste, la planète entière. La zone Europe est déjà un niveau supérieur d’organisation englobant des états, mais elle est devenue avec la mondialisation, un niveau englobé par un niveau supérieur ultime, le niveau mondial. Et pour le moment on s’arrête là, tant que nous n’aurons pas colonisé la Lune ou la planète Mars.

On retrouve donc des similitudes avec la structure en niveaux d’organisation que l’on observe dans le monde vivant.

Comparaisons entre l’économie et le vivant

De là, est-il possible de procéder à des analogies, entre le fonctionnement d’un organisme vivant et la société (productive ou non) dans son ensemble. Evidemment, ne nous égarons pas trop vite, il n’y a pas de comparaison possible sur le plan de la complexité, ni sur le plan de la finalité, mais on peut trouver facilement des analogies si on prend comme angle d’observation les phénomènes de régulation et de crises (apparition de maladies !). Sur le plan de la régulation, il y a déjà une différence essentielle : les systèmes de régulation de l’organisme sont basés sur des boucles de rétroaction en constance (rétroaction négative), c’est-à-dire visant le maintien d’un paramètre à une valeur donnée (cholestérol, glycémie, taux de calcium, nombre de globules rouges, etc..) ; quand aux systèmes économiques, les régulations se font souvent en tendance (croissance oblige !) avec parfois la mise en place ou le déclenchement (involontairement bien souvent) de boucles de rétroaction positive (effets d’emballement) qui conduisent à des instabilités grandissantes, voire des phénomènes de rupture.

[...]

Le manque de régulation (et d’entente) ou niveau européen et mondial, dans un monde devenu complexe, crée les instabilités, tout simplement parce qu’un système complexe, comme l’est le monde économique actuel, dans le cadre du maintien des grands équilibres ne peut s’affranchir de mécanismes efficaces de régulation. La complexité est antinomique avec la causalité linéaire et le déterminisme ; elle est le siège de phénomènes souvent imprévisibles, non-linéaires, chaotiques, et c’est bien par rapport à ces caractéristiques, aux propriétés émergentes qui en découlent, qu’une intelligence régulatrice, une nouvelle forme de gouvernance, à des niveaux d’organisation extra-étatiques (européen et mondial), devra voir le jour.

Alors, impossible cette régulation mondiale ? Si la réponse est oui, alors préparons-nous à vivre en état de crise permanente, comme une maladie devenue chronique.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Complexity Tim Haynes

Ukraine : Maïdan – La révolution des classes moyennes Courrier International 12 mars, article de journalistes ukrainiens

des chiffres qui parlent, tant sur la composition sociologique (17% d'entrepreneurs, 15% d'ouvriers, 10% d'étudiants...88% d'hommes, 12%de femmes...), que sur les relations au nouveau pouvoir à Kiev : « seulement 1 % des manifestants estimaient qu’il fallait confier le pouvoir aux dirigeants de l’opposition et seulement 6 % se disaient d’accord avec la formation d’un gouvernement par cette même opposition » : belle légitimité du nouveau gouvernement, mais vu de chez nous, "ce n'est pas un coup d'Etat"...

Mouvement de révolte populaire contre un pouvoir criminel, Maïdan a rassemblé toutes les couches de la société et des manifestants issus des différentes régions du pays, mais les entrepreneurs et l’intelligentsia en ont été les forces vives.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

Ces chiffres proviennent du Fonds d’études Initiative démocratique Ilko Koutcheriv.

Près de la moitié (49 %) des manifestants présents à Maïdan étaient titulaires de diplômes d’études supérieures.

Les entrepreneurs, quant à eux, représentaient au moins 17 % des manifestants, les ouvriers 15 %, les étudiants 10 %, les retraités 11 %, les membres des forces de l’ordre et de l’armée 3 %, les fonctionnaires 4 %, les ouvriers agricoles et les agriculteurs 3 %. Les gens sans emploi fixe représentaient quant à eux 13 % des manifestants. Dans les manifestations, on rencontrait majoritairement des hommes et des femmes venus de toutes les régions d’Ukraine, âgés de 30 à 45 ans, qui estimaient ne pas avoir d’avenir sous le régime de Ianoukovitch. L’âge moyen des manifestants était de 37 ans (33 % avaient de 18 à 29 ans ; 56 %, de 30 à 54 ans ; 12 %, 55 ans et plus). 88 % étaient des hommes et 12 % des femmes.

Pour ce qui est des origines régionales, 12 % des occupants de Maïdan étaient des Kiéviens. Parmi ceux qui venaient de l’extérieur, 55 % étaient originaires d’Ukraine de l’Ouest, 24 % venaient du centre du pays et 21 % de l’Est et du Sud. Quant à la question de la langue, il faut souligner que les manifestants de Maïdan étaient à 55 % ukrainophones et à 20 % russophones, 28 % disant avoir l’habitude de parler les deux langues. La majorité absolue des participants de Maïdan (86 %) affirmaient être prêts à rester sur place “aussi longtemps qu’il le faudrait”. Parmi eux, 73 % étaient arrivés à Maïdan en 2013, 24 % étant présents depuis le 21 novembre.

80 % des manifestants étaient des citadins, 20 % des ruraux. A partir du 30 novembre, quand les forces de l’ordre ont commencé à répondre par la violence aux manifestations pacifiques, trois fois plus de personnes sont descendues dans la rue, conscientes que la lutte serait dure et longue. Maïdan s’est transformé en camp retranché. Les raisons qui ont poussé les gens à manifester sont restées les mêmes depuis le début du mouvement : la brutalité de la répression (61 %), le désir d’un changement social en Ukraine (51 %), le refus opposé par Ianoukovitch à l’accord d’association avec l’UE (47 %) et l’appel à un changement de régime (46 %).

L’opposition officielle n’avait aucun lien avec le mouvement, ouvertement apolitique et organisé sans concertation avec les partis politiques, en lesquels les gens n’avaient que peu confiance. Seulement 1 % des manifestants estimaient qu’il fallait confier le pouvoir aux dirigeants de l’opposition et seulement 6 % se disaient d’accord avec la formation d’un gouvernement par cette même opposition. La majorité absolue des participants de Maïdan n’avait aucune affiliation politique.

70 % étaient venus de leur propre initiative, 8 % étaient membres d’organisations citoyennes, 14 % participaient à des mouvements sociaux et les autres étaient membres de partis d’opposition. Les événements ont débouché sur une révolution de la classe moyenne, sortie victorieuse d’une lutte mortelle avec le régime de Ianoukovitch, soutenu par Moscou. Un mouvement qui a eu pour but d’offrir à l’Ukraine la possibilité de se construire selon les principes sociopolitiques européens.

—Bohdan Boutkevitch Publié le 13 mars 2014 dans Oukraïnsky Tyjden

'Rébellion noire contre le droit de tuer' Le Temps 14 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 «Le prix des changements sociaux»

"Lundi, la capitale de la Floride a été le théâtre d’une marche pour dénoncer une loi très controversée de légitime défense. Cette loi, répliquée dans une vingtaine d’Etats, a pourtant les faveurs d’une majorité d’Américains

Le combat d’une mère endeuillée
Ils étaient tous à Tallahassee, en Floride, à se tenir par les bras à la tête de la marche. Sabrina Fulton et Tracy Martin, les parents du jeune Afro-Américain Trayvon, 17 ans, tué en février 2012 par George Zimmerman, une vigile volontaire dont l’acquittement, l’automne dernier, avait provoqué un scandale national. Lucia McBath, dont le fils unique, Jordan Davis, a été tué en novembre 2012 parce qu’il écoutait de la musique trop fort au goût de Michael Dunn, un ingénieur informatique qui tira trois coups de feu, pensant à tort que sa future victime était armée d’un fusil.[...]"

'Le nouveau capitalisme criminel ' Jean-françois Gayraud

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 ce qu'en dit Jorion 

analyser le capitalisme par ses excès, ses "exagérations ultra-libérales" est généralement un bon moyen pour dire qu'il est améliorable. Sûrement, dans la crise, pour les capitalistes qui s'en sortiront. Néanmoins, Gayraud est un professionnel sérieux dont j'avais apprécié Le Monde des mafias, Géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, Paris, 2005, notamment sur l'interpénétration et l'impossibilité de discerner mafieux dans les affaires économiques et politiques et politiques, et patrons s'entendant avec les réseaux mafieux, les possibilités étant plus grandes avec les dérèglementation commerciales, par la juridiction même, et rendant la justice impuissante, la police aussi quand elle s'y colle. Par ailleurs, dans les limites où elle n'est pas non plus critique du capitalisme et ne se prétend pas telle, l'approche de Gayraud n'est pas a priori marquée au secau de l'idéologie du rideau de fumée. C'est le bon travail d'un grand flic, il en existe de 'propres'

sans en faire une priorité je lirai donc cet ouvrage, gage d'informations utiles pour voir comment cette interpénétration a évolué au niveau mondial, et dans la mesure où cela rend encore plus illusoire une intervention anti-capitaliste d'ordre politique, puisque ceux qui tirent les ficelles sont désormais quasi seuls à bord, à babord comme à tribord

il est probable que la France va larguer progressivement tout ce qui lui reste faisant relativement rempart à la corruption, et cela aura des retombées socio-économiques, mais aussi militaires et policières (on a vu deux ou trois grands flics tomber depuis l'an dernier pour corruption et trafics divers). Ce qui ne sera pas fait ou confié à la police officielle pourra de plus en plus l'être aux officines privées, contrôlées ou non par des mafias. De ce fait seront utilisés en interne des États les méthodes en usage habituels dans les pays à contrôler, comme en Afrique, au Moyen-Orient, en Turquie, en Grèce, en Amérique latine, etc. Maidan en Ukraine en a donné un avant-goût sur lequel les médias sont discrets

sans être parano comme Debord, il y a dans le seul titre de Gayraud une confirmation de se vues, avec cette ambiguité plaisante : parle-t-il de la seule partie du capitalisme qui serait criminel, ou du capitalisme qui serait devenu globalement criminel ?

cela ne simplifie pas vraiment les choses quant aux affrontements avec l'Etat ou les patrons, et il me semble que la tendance à sur-évaluer les assauts d'occupants divers avec la police relève d'une grande naïveté. Si on les laisse faire (Nantes...), c'est parce que cela garantie un certain temps la «paix sociale». Il faut donc éviter, en France au moins, des victimes vite transformées en martyres, risquant d'élargir les mouvements et de les contaminer par d'autres raisons, plus sociales. Mais si cela prend de l'ampleur, à quel rapport de forces rêvent donc ceux qui voient venir l'insurrection ? Sans doute pour beaucoup des jeunes, et bien peu de mémoire des années chaudes socialement, y compris en restant sur le plan revendicatif

trois sujets me semble bons pour prendre des coups : les prolétaires liés au travail et particulièrement ceux qui ont quelques moyens d'interventions musclées mais seulement à l'occasion de conflits particuliers, les couches moyennes voulant freiner leur dégringolade sociale, et les 'quartiers', qui peuvent aussi sortir de chez eux. Il n'est pas impossible que l'illégitimité de la revendication salariale entérinée, et les précédents irlandais, grecs, espagnols... pèsent sur l'envie d'en découdre : pour obtenir quoi ? Tout ça est loin de faire une unité prolétarienne, sauf peut-être sur une base sociale commune mais avec un prétexte politique, et encore... pas sûr que ça intéresse grand monde, et le gouvernement est plutôt prudent, pas envie de mettre le feu aux poudres. Bref, n'est-on pas entré dans une période d'absence de luttes, en attendant du nouveau dans la crise, un printemps économique à faire froid dans le dos ?

en attendant, la vie est ailleurs, avec ou sans flics, et les mafieux sont devenus des gens bien élevés sachant rester discrets. Mais il en résulte un inconvénient, les communistes n'ont-ils pas tendance à sous-estimer ces aspects, dès lors qu'ils ne sont pas visibles médiatiquement, même en cherchant bien ? Une raison de plus de lire cet ouvrage

Financiarisé, mondialisé et dérégulé à l'excès, le capitalisme n'est-il pas devenu criminogène, tant il offre désormais d'opportunités et d'incitations aux déviances frauduleuses ?

C'est ce qu'indique la dimension criminelle qu'ont prise certaines crises financières, au Japon, en Albanie, en Espagne ou encore au Mexique et en Colombie. C'est ce qu'implique l'extension du trading de haute fréquence, qui permet de négocier à la nanoseconde des milliers d'ordres de Bourse. Et c'est enfin ce qu'induit le blanchiment d'argent sale à travers les narcobanques.

Éclairant toujours plus profondément la géo-économie et la géopolitique du crime organisé, Jean-François Gayraud montre ici que, sur les marchés financiers, le crime est parfois si systématique qu'il en devient systémique dans ses effets. De curieuses coopérations et hybridations se nouent ainsi entre criminels en col blanc, gangsters traditionnels et hommes politiques corrompus.

Il s'interroge aussi sur le devenir de la finance : portée par sa seule volonté de puissance, par- delà le bien et le mal, n'est-elle pas en train de s'affranchir de la souveraineté des Etats ? Dès lors, face à des puissances financières aux arcanes si sombres, quelle liberté reste-t-il ?

 

à partir de Tarnac : une erreur du 'courant communisateur' et un enjeu essentiel pour la subjectivation révolutionnaire

D’où vient la Terreur ?
 
Les défenseurs de ce monde se sont sentis menacés non par  les théorisations révolutionnaires des gens de Tarnac – qu’ils ont utilisées pour justifier la répression - mais par leur mode de vie, leur approche  d’une communauté humaine.  Ceux-ci ont en effet assuré une belle convivialité dans le village où ils vivaient comme le confirment  les gens du pays et des journalistes. Les divers tenanciers du pouvoir, à quelque échelon qu'ils soient, ont eu devant ce fait,  la même réaction que la personne anonyme qui écrivit ceci à Louise Michel : «Je voudrais vous voir attachée à un poteau et vous faire souffrir, mais j’espère bien qu’on vous fera pire que la torture car cela m’est odieux de vous entendre dire que tout le monde peut être heureux».

Cela remet en cause tout ce qu'ils ont vécu pour recouvrir le fait d'avoir dû abandonner toute naturalité, d'avoir dû être domestiqués, réprimés. Cela leur est insupportable que des hommes, des femmes osent vivre ce que, jadis, ils auraient aimé vivre, réactivant la terreur et la menace  qu'ils vécurent du fait de ne pas être acceptés et de devoir se plier à un mécanisme infernal qu'ils réactualisent aujourd’hui en proclamant que ceux de Tarnac les menacent et, pour se justifier, ajoutent qu'ils menacent tout le pays. Mais cette terreur est en eux, et ce n'est pas en la déléguant à d'autres qu'ils pourront résoudre leur immense inquiétude, la hantise de la menace.

Les gens du pouvoir ont toujours essayé de manipuler la terreur afin de chasser ce qui les hante et qu'ils n'atteignent jamais. En dépit des massacres perpétrés au cours de millénaires, ils ne se sont jamais sauvés parce qu'ils ne parvinrent jamais à percevoir que l'ennemi est en eux et, que pour sortir de l'enfermement où ils se trouvent, ils doivent ressentir qu'il n'y a pas d'ennemis.
 
Jacques Camatte Invariance 4 décembre 2008

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

j'ai un ennemi principal, les dirigeants capitalistes et leurs valets politiques, gestionnaires et policiers

je ne partage pas l'avis de Jacques Camatte, concernant la chute de cette intervention. Les «gens de pouvoir» ont certes une part ennemie en eux-mêmes, mais avant qu'ils en prennent conscience et s'en défasse, ils continueront à considérer que l'ennemi, c'est la population sur laquelle ils exercent leur pouvoir pour en tirer profit. Faut pas rêver qu'ils "quittent ce monde" d'eux-mêmes. Par contre, il existe un enjeu de ce type concernant les couches moyennes particulièrement celles d'encadrement, selon qu'elles sont disposées à rejoindre les intérêts de "ceux d'en-bas", ou qu'elles s'accrochent à ce qu'elles croient les leurs aux côtés de "ceux d'en-haut". Mais ce n'est pas ce dont je souhaite parler

une habitude détestable de ne pas répondre aux questions, qui plus est sur son propre blog ou de quelqu'un des siens

à propos de Tarnac, dans un commentaire à « Premières mesures révolutionnaires » d'Éric Hazan et Kano, Roland Simon est intervenu dans un sens que j'ai dit partager. Il a précisé : «La seule question que pose ce texte est celle de son existence, qu’est-ce que ça exprime, qu’est-ce que cela signifie maintenant ? La question ne se posait pas pour "L’insurrection qui vient" quoi qu’on pense du texte.» Blaise a demandé : « Pourquoi est-ce que la question ne se posait pas pour l’IQV ? Merci d’éclairer ma lanterne.é  Pourquoi est-ce que la question ne se posait pas pour l’IQV ? Merci d’éclairer ma lanterne.»

comme à l'accoutumé, RS n'a pas répondu, ni personne des siens, et je ne le ferai pas à sa place, me contentant d'ajouter cette manière méprisante et méprisable à d'autres, dont j'ai parlé comme parfaitement repoussantes non seulement concernant TC, mais pour l'idée même de communisation, bien qu'elle ne soit pas la propriété de ce groupe théoricien

Tarnac, à boire et à manger

ce que j'ai à dire n'entrera pas dans les détails de «l'affaire de Tarnac», que je connais mal et qui n'est pas le plus intéressant ici. Quant aux textes de Coupat, il me faudrait les relire. Je n'étais pas dans le même esprit quand je l'ai fait. Toujours est-il que le style, d'une forte élégance, est marquée d'une origine sociale et d'une posture qui ne sont pas ma tasse de thé même offert par des gens charmants à la campagne. Je doute de sa portée dans les milieux sociaux qui me paraissent les plus en besoin de saisir où est leur intérêt. J'ai peu d'intérêt pour la thématique de «l'insurrection qui vient», qui me paraît à côté de la plaque, alors que les considérations critiques sur l'état des choses sont elles plutôt intéressantes. Que Hazan comme éditeur ait cru pouvoir prolonger personnellement, avec Kamo, le succès de Coupat, me semble d'une forfanterie dont est seul capable qui n'a pas claire conscience de ses limites, de sa médiocrité, de son incompétence et pour finir de son ridicule, qui ne tue point, encore moins dans le Tout Paris 'alternatif'

qui est concerné par la remarque de Camatte ?

ce qui suit sera néanmoins une forme de réponse à la question de Blaise, on l'aura compris avec la citation de Camatte en exergue, dont je partage en gros les deux premiers paragraphes. Mais je pense que cette analyse ne concerne pas seulement «les défenseurs de ce monde». L'enjeu 'théorique', ou idéologique, n'est pas à mon sens où le placent généralement les détracteurs de Coupat, et peut-être pas dans les enjeux qu'ils formulent lui-même. Du moins n'est-ce pas mon analyse dans le contexte de ma position quant aux voies diverses de la communisation

il faut changer de perspective par une approche démultipliant les chemins d'accès à la communisation, qui ne sont pas d'emblée incompatibles, mais autant d'atouts pour le mouvement d'ensemble

une frustration de la mal-vie transposée en sourde envie de ceux qui tentent d'y échapper : un désir de communisme réel ?

au-delà, tous ceux qui sont frustrés par la vie qu'ils mènent, et quelque part, même s'ils n'osent se l'avouer, peuvent légitimement être envieux des choix faits par des gens comme ceux de Tarnac - pas des plus dépourvus quand même, sauf erreur d'information - ou d'autres, soit qu'ils n'en fassent pas une posture révolutionnaire, soit qu'ils relient ce mode de vie à d'autres engagements, religieux voire sectaires, écologistes radicaux, héritiers de Thoreau ou autres. Pour moi, le choix de ce mode de vie est en lui-même plus porteur d'espoir que d'en faire le chemin révolutionnaire par excellence

un symptôme répandu chez les militants notamment marxistes

sont aussi concernés, malheureusement jusqu'à preuve du contraire, ceux qui considèrent les gens de Tarnac ou d'autres dans la même mouvance alternative ayant «quitté ce monde» dans l'erreur ou l'illusion idéologique en tant qu'ils ont fait ce choix de vie. RS a beau dire que ce n'est pas une question de «mode de vie», il ne le connaît pas de l'intérieur, et exprime peu ou prou, comme les communistes traditionnels, un certain dédain envers ceux qui sont partis élever des chèvres dans la Larzac après 68

mais si ce n'était pas chez eux aussi un sourd désir de communisme, d'en connaître l'avant-goût même comme 'canadry dry' en attendant... pourquoi les considéreraient-ils comme dignes d'intérêt ?

en définitive, RS et nombre de «camarades» marxistes de toutes sortes sont allergiques à ces choix qu'ils considèrent peu ou prou anecdotiques en comparaison des luttes ouvrières, bien qu'ils n'en attendent que l'auto-abolition de l'être prolétarien ouvrier au centre de la production de valeur

des mauvaises raisons aux véritables causes

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

c'est du moins les raisons qu'ils se donnent et celles qu'ils offrent à lire dans leurs analyses. Mais les causes profondes de leur position sont à mon avis plus près de celles que dit Camatte. Cela les touche si profondément que venant à la surface de leur conscience, ils doivent en souffrir psychiquement, en le reconnaissant ou en le refoulant, c'est ainsi que je le perçois sans faire de la psychanalyse de comptoir à distance

le moins est bien d'entendre cette souffrance, mais n'étant pas psychologue, on n'y peut rien et l'on n'a pas, et moins encore la 'cause' communiste, à en supporter les conséquences. On n'en sort qu'en le voulant, entreprenant de le faire en y mettant du sien. C'est possible à tout âge, le plus gros obstacle étant la raison raisonnante surtout chez les travailleurs intellectuels plus portés à comprendre qu'à sentir

mon impression est recoupée précisément par la teneur des considérations sur le sexe dont RS a cru faire une réponse à mes positions, dans «Le sexe sans excès», et à la perception que j'ai dont RS vit sa propre vie, sa difficulté à aborder toute question par l'individualité, la subjectivité

de ma propre violence

mes premières réactions ont certes été violentes, mais il s'agissait de dire  «non ! c'est inacceptable et ça ne se passera pas comme ça», ce qui n'a peut-être jamais dit clairement face à RS, et pourtant la seule manière de ne pas se prendre les pieds dans sa folie conceptuelle. Je l'avais déjà signifié en 2012, et en privé, et dans un texte public

ensuite, j'en suis venu au fond, sans trop attendre de discussions dans l'immédiat, mais des résultats visibles avec le temps : je ne fais pas de morale, je prône une éthique et je propose un cheminement concret, tel qu'il n'en existe nulle part ailleurs pour la perspective communiste. Je suis beaucoup moins seul que j'en donne l'air, j'ai un feeling pour ces choses-là, une qualité de poète, si l'on permet

discuter dans ces conditions, de quoi et à quoi bon ?

à partir de là, discuter devenait impossible, et j'ai instauré la discussion chez moi avec plus d'efficience que sur un blog où tout se coince, avec moi comme avec d'autres, nonobstant mes défauts que je (re)connais bien

quand je vois la teneur de certaines polémiques entre gens du milieu, je crois être dans la cour de récré d'un lycée de khâgneux (quoi, 2 à 5% d'enfants d'ouvriers ?), avec des échanges de dissertations entre adultes du troisième âge dignes de potaches boutonneux, des poses verbales et rhétoriciennes, de la mauvaise foi, de l'auto-complaisance, de l'intellect, de l'intellect, de l'intellect... À quoi bon et comment discuter dans ces conditions et avec des gens pareils ? de quoi de concret ?

la question n'est pas que les copies soient bonnes ou mauvaises, c'est le principe, la teneur et le langage de leurs dissertations qui instaure un débat entre eux, dans leur bulle, dont sont exclus les autres... et ils font mine de penser que ceux qui les entourent de leurs petits soins sont d'accords, surtout quand ils se taisent : une majorité silencieuse  qui ressemble un peu trop à une autre

une déconnection sociale des intellos issus de l'ultra-gauche mais hors des luttes depuis quarante ans

en laissant de côté ceux qui sont purement et simplement rentrés dans le rang, le pire est que chez les pro-communisme, ça dure depuis quatre ou cinq décennies, et me semble typique du décrochage des intellectuels en général - à l'exception remarquable des intervenants de terrain, sociologues, psychologues...

au delà de formes apparentes, une déconnection des réalités que vivent ceux dont ils parlent, que la plupart connaissent fort mal, et ne sont pas portés à découvrir sur un pied d'égalité, toujours parlant en professeurs derrière une table comme des conférenciers : une véritable coupure sociale entre dominants par le pouvoir des mots et dominés par les discours, quand ils s'en préoccupent encore, alors que ces kilomètres de théorie tombent complètement à plat sur les rapports sociaux : quel rapport avec le communisme ? quelles relations aux luttes chez ceux qui pendant trente ans ont considéré qu'il était inutile d'en être ?

je me suis beaucoup trompé, mais je l'ai fait avec des gens qui se battaient et pas du bout des lèvres, dont pas mal de prolétaires réel·le·s, un bon nombre de femmes, un bon nombre «de couleurs». Et chaque fois que j'ai perçu mes erreurs, j'ai changé, une autre façon d'être fidèle à soi, à un combat aussi

un milieu dans lequel je ne me sens pas à ma place, et dont l'origine majoritaire de couches moyennes ne m'attire pas davantage dans un contexte communisateur que dans la vie

ajouter à ça, dans un fameux CampMeeting sur la communisation, pas l'ombre d'un prolo dont ils font si grands cas, ou d'origine africaine entre autres, sans que ça ne les interpelle nulle part, la 'race' n'étant pas structurelle au capital «soyons prêts à polémiquer bla bla bla». Par contre, toute une faune d'«artistes» ou aspirant à être reconnus comme tels socialement, vaguement déclassés et vaguement anars, le tout créant une «ambiance sympa» sans rapport particulier avec le sujet de la communisation, auquel cela n'apporte strictement rien en discussions, comme le montre ce qui reste sur leurs blogs quand ils s'agitent encore... N'étant pas un boy-scout, je n'avais plus rien à faire dans ces "campMeeting" aux échanges codés, prévisibles quand on les a connus une fois, et sans enjeux réels dans la vie

un manque à guérir

autant dire qu'un manque patent en ressort, d'abord à travers le comportement généralement désagréable des membres de ce groupe, chez lesquels je ne parviens pas à sentir un engagement communiste personnel dépassant l'expression théorique : cela ne me parle pas, et parfois sonne faux

un non-sens pour la production d'une individualité sans médiations de pouvoirs

ensuite c'est un manque pour la réflexion indispensable sur le passage, l'auto-transformation, de l'individualisme, produit par les rapports sociaux et de genres & sexes dans le capitalisme, à l'individualité à produire dans le communisme

tout se passe comme si cette métamorphose ne pouvait être engagée que dans le processus révolutionnaire de rupture lui-même, et pas avant.

une grave erreur préjudiciable à la subjectivation révolutionnaire

d'une part ce n'est pas vrai dans la réalité, ça ne l'a jamais été, c'est infirmé par tous les exemples à tous niveaux de l'échelle sociale, mais particulièrement dans les milieux populaires, pour ce qui nous concerne

d'autre part, pour les raisons que j'ai développées ces derniers jours, penser comme RS et TC, c'est s'interdire toute possibilité de subjectivation révolutionnaire comme processus dialectique psycho-social qui s'invente en situation de lutte ou de survie, dont nous avons de multiples exemples, à quoi également Silvia Federici attache la plus haute importance, ou comme nous l'avons vu Hakim Bey, et donc Jacques Camatte ou ceux de Tarnac comme d'autres camarades ayant participé à Meeting

tel est pris qui croyait prendre

le pire, critiquant «l'individu du capital», et ayant décrété qu'il ne changera pas avant la révolution, est bien que ces «camarades» de TC se comporte au plus près de ce qu'il est, jusque dans leur relations avec les plus «proches»

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de gré ou de force, et face au femmes...

comme quoi, comme disait Marx, «les individus sont toujours partis d'eux-mêmes» dans des conditions sociales déterminées et des rapports sociaux déterminants. Je présume que bien des causes résident dans le milieu social et l'éducation, qui percent à travers tous les masques que l'on se donne, jusqu'à être contraint de les tomber, soit qu'on en ressente le besoin pour vivre mieux avec soi et les autres, soit que les autres vous y amènent, notamment dans les relations entre hommes et femmes, de gré ou de force

nous nous passerons des récalcitrants et de leur trouille de devenir eux-mêmes avec les autres, cette peur de la vraie liberté

quoi qu'il en soit du chemin suivi pour y parvenir, c'est une nécessité pour produire une subjectivation de la communisation, et si ceux qui en sont les promoteurs ne l'entendent pas, ce chemin sera emprunté par d'autres sans eux, et au besoin contre eux

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vie ou mort du concept de communisation/u> ? une exigence de clarté, de responsabilité, d'éthique et d'ouverture

on a pu lire, en commentaires de dndf, à propos de Premières mesures révolutionnaires d'Eric Hazan & Kamo, un commentaire de Roland Simon dont j'ai dit partagé le sens

un combat sérieux à mener sérieusement sans se prendre au sérieux

je pense au demeurant que si Théorie Communiste veut retrouver une crédibilité, et assumer ses responsabilités quant au sérieux du concept de ommunisation, il faut en finir avec les pratiques nocives en vigueur sur dndf. J'ai déjà parlé de la dernière initiative de ce blog, avec son Dazibao - pourquoi pas ? - mais ce commentaire d'une personne signant Lisbeth Salander, et promettant «la guerre» aux «ennemis des études de genre». Je n'en suis pas un, à preuve un travail de six mois qu'on peut consulter ici «La femme est l'avenir du jazz», plus consulté en 6 mois qu'aucun topic de dndf en près de 6 ans, à suivre ici avec une rubrication, dont Jazz et féminisme et Jazz et Gender Studies

de pseudonymes non anodins

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Lisbeth Salender est «l'une des héroïnes de la trilogie de romans policiers de l'écrivain suédois Stieg Larsson parue en Suède en 2005 » (voir description sur Wikipédia) dont voici des images tirées d'adaptations en film ou dessins. Je n'ai rien contre le personnage, je n'ai pas lu ce best seller mais d'autres avec des personnages féminins comparables, et je n'ai pas boudé mon plaisir. Je n'ai rien contre les pseudos, j'en use sur Internet, Patlotch étant plus un nom de plume qu'un masque. Je ne leur attache pas plus d'importance que de pouvoir s'exprimer dans un relatif anonymat, et donc quand on est honnête avec une certaine sincérité, au-delà de la nécessaire pudeur sous un patronyme public

mais là, de quoi s'agit-il ? l'emprunt du nom de cette héroïne n'est pas anodin, puisqu'il recouvre, concernant «la guerre...» à mener contre l'assignation des femmes au genre, sexe social féminin. Je suis donc a priori plutôt favorable à cette guerre, qui suppose aussi son but, la paix retrouvée dans les victoires au sein des relations hommes-femmes sexué·e· ou autres

je ne connais pas la personne derrière ce pseudo, et j'ai mes raisons de la croire sincère et tout à fait fréquentable à titre personnel, ce n'est pas le problème. Ce qui suit n'est donc pas une critique à elle adressée mais plutôt à qui a relayé ce commentaire sans la moindre remarque quant à la relation qu'elle entretient avec le combat pour la communisation

ce qui me dérange, c'est d'abord la figure d'une super·héroïne pour symboliser un combat libérateur sans considération de hiérarchie ou de talent

cela ne me gêne pas en général, on peut avoir des phases de ce genre, se donner héros des maîtres à suivre dans une période d'apprentissage. Je l'ai fait, sans pseudo,  avec des guitaristes, bassistes ou compositeurs de jazz, jamais dans le registre politique. Je me vois mal intervenir avec pour pseudonyme Flora Tristan, Emma Goldman ou Pierre Soury

un combat se gagne aussi par l'image qu'il donne de lui-même

cela me dérange en rapport avec un combat pour le communisme, ou même pour l'abolition du genre. Au point où en est la réception du concept, et alors que dndf est le seul blog en France, un des seuls en Europe, à relayer une théorie centrale pour ce concept, on ne peut pas se permettre sérieusement la sorte de folklorisation de la lutte que cela donne à voir, d'autant que le symbole est en partie contradictoire avec le contenu de la chose

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 vidéo

source En Centrafrique, les femmes utilisent la machette AfriqueNews 6 mars

est-ce que les Amazones de Centre-Afrique, auto-organisées pour la défense de leurs vies et celles de leurs proches, armées de seules machettes, se donnent des pseudonymes folkloriques pour le faire ?

dndf est un des seuls blog un peu actif promouvant le concept de communisation, il faut cesser de le tourner en ridicule, mais qu'on ne compte pas sur moi pour taire ce ridicule là où il se révèle, sans imaginer le tord porté à la cause supposée défendue

vers un combat de masse, un combat populaire

ce qui s'impose comme combat nécessaire s'exprime simplement, sans déguisement d'aucune sorte, et c'est le cas généralement dans tous les combats sérieux des classes populaires

ce qui est poursuivi est un engagement de masse, y compris à titre individuel, et non son accaparation par une minorité agissante quelles que soient ses bonnes intentions. Cela émane d'une nécessité sociale irrépressible, non de l'application d'une idée, ou du besoin de se montrer plus radical que d'autres

cela suppose de se défaire des vieux habits militants et de ne pas en fabriquer d'autres même auto-produits par l'identité de groupes, de proches par le langage ou l'idéologie

je voudrais en venir, dans la mesure de mes possibilités, car j'avoue mon peu d'expérience directe récente, à queqlues aspects concrets incontournables, assez simples à saisir, sentir et vivre, qui ne dépendent pas d'explications et d'une compréhension intellectuelle : il faut s'y coller, sinon se taire, et assumer son ridicule

la communisation relève d'un nouveau paradigme de la lutte : l'auto-organisation, luttes frontales et pour la survie

je reviendrai sur les aspects luttes de masse, à partir de l'expérience de ce qu'on appelait autrefois les «organisations de masse» liées au «parti» ou plus simplement au militantisme de quartier - j'étais aussi dans la cellule communiste de mon quartier en banlieue, dont la fonction était loin de se limiter à de la propagande électorale, l'enracinement populaire était réel, quoi qu'on pense du contenu

il y avait beaucoup d'auto-organisation au sens de tâches partagées entre certaines prises spontanément et d'autres plutôt organisées, distribuées

on le retrouve dans les seules organisations aujourd'hui proches des exclu·e·s quelles que soient leurs obédiences ou leur domaine d'intervention, les seuls proches des pauvres

on le trouve dans les cités, où de nombreux besoins sont satisfaits par une prise en charge, qu'elle soit ou non liée à un commerce parallèle plus ou moins licité ou à une solidartité active traditionnelle notamment chez les Africains. Mon fils y est reçu comme un fils, un frère ou un cousin depuis l'âge de cinq ans, son esprit est construit entre cultures françaises, japonaises et africaines

la communisation n'est pas un combat par procuration : ne pas se tromper de révolution

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« Je me présentai au paysan. Je lui dis sans détour : "Bonsoir, mon frère. Je suis un révolutionnaire. J'ai besoin d'un abri pour la nuit." Il m'appela monsieur et me pira de l'accompagner à sa cabane. Là, il m'offrit pour gîte son étable. C'est la classique histoire de la révolution. L'étable était affreuse, bien que depuis lors j'en aie vu de pires. Nous mangeâmes du riz infâme. L'eau provenait d'un petit ruisseau. Pas comme dans les livres un ruisseau anglais roucoulant, cristallin. Ici, c'est l'Inde, mes amis, et il s'agissait d'une espèce de cloaque. Il fallait faire bouillir ce qu'on pouvait puiser de cette boue malodorante.

Je parlai à mon hôte de sa pauvreté, de son endettement et de la dureté de sa vie. Il parut surpris. Je l'invitai alors à tuer le propriétaire terrien. J'y allais fort, n'est-ce pas ? Pour le premier soir ! Mon paysan refusa tout net. J'en fus plutôt soulagé, en fait. Je n'étais pas assez endurci. J'aurais eu envie de me sauver si cet homme avait répondu : "Quelle bonne idée, monsieur. Ça fait un certain temps que j'y pense. Venez donc me voir égorger ce salaud."

Au lieu de quoi mon paysan dit qu'il dépendait du propriétaire terrien pour la nourriture et pour l'argent pendant trois moins. Le tuer, dit-il, me livrant sa propre sagacité en échange de mes théories, ce serait tuer la poule aux œufs d'or. Ses propos étaient truffés de ce genre de formules. Je m'enfuis dès que je pus le lendemain matin. C'est une histoire révolutionnaire classqiue. La plupart des gens auraient regagné la ville, pris un car ou un train pour rentrer chez eux et se seraient remis à leurs études et à sauter les servantes. Tandis que moi, j'ai pérsévéré. Et me voici tel que vous me voyez, trente ans après. Toujours à me mêler aux paysans avec cette philosophie du meurtre. »

« Willie et un autre membre de la brigade se rendirent dans un village au crépuscule. Willie se souvint du discours du toqué, arrivant lui aussi dans un village à la nuit tombée et demandant au premier cultivateur aperçu de tuer le grand propriétaire terrien. Cela s'était passé trente ans auparavant. Et voilà qu'aujourd'hui Willie revivait la même histoire. sauf qu'il n'y avait plus de grand propriétaire terrien.

Ils abordèrent un paysan. Il avait le teint foncé, un court turban et les mains calleuses. Il paraisssait bien nourri.

Le compagnon de Willie dit :" Bonsoir, mon frère. Qui est l'homme le plus riche de ton village ?". le villageois savait apparemment où il voulaient en venir. Il s'adressa à Willie : "S'il vous plaît, gardez votre fusil et allez-vous-en." Le compagnon de Willie riposta : "Pourquoi on devrait s'en aller ?" le villageois dit :"Tout ira bien pour vous deux. Vous rentrerez dans vos belles maisons. Moi, au bout de cette affaire, si je vous écoute, je me ferai taper sur la tête par quelqu'un ou quelqu'un d'autre. Ça , j'en suis sûr. - Mais si tu exécutes l'homme riche, il y en aura un de moins pour t'opprimer." Le villageois se tourna encore vers Willie : "Tuez-le à ma place. D'ailleurs, je ne sais pas me servir d'un fusil." Willie répondit : "Je vais te montrer" - Ça serait vraiment bien plus simple pour tout le monde si vous le tuiez vous-même. - je vais te montrer. Tu le tiens comme ça, et tu mets ton œil ici pour viser". Dans la visée apparut un fermier [...]» V.S Naipaul Semences magiques 2004, Plon feux croisés 2005 pp. 133-134 & 145-146

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Révolution naxalite mais dans les révolutions à base paysann, le maoïsme n'est pas une norme

Guerre révolutionnaire et répression en Inde / L'insurrection 'naxalite' en Inde aujourd'hui, section belge pour un Secours rouge international. Un reportage dans le Chhattisgarh, où l'implantation et le 'succès' sont autres que dans l'histoire de Naipaul, située dans la région plus au nord, le Bihar, dans les années 1960-2000 « « Pour nous, le Président Mao Zedong en établissant les principes de la guerre populaire, a doté le prolétariat de sa ligne militaire, de sa théorie et de sa pratique militaire, de valeur universelle, donc applicable partout, selon les conditions concrètes. (…)  Chaque classe génère sa forme de guerre spécifique et en conséquence, sa stratégie. Le prolétariat a crée la sienne : la guerre populaire et c’est une stratégie supérieure. La bourgeoisie ne pourra jamais avoir une stratégie supérieure à celle-là, qui plus est, il n’y aura pas de stratégie plus développé que celle du prolétariat.» (interview de 1988).» 

«la révolution ne sera pas une soirée de gala» disait Mao. C'est vrai de toute révolution et la communisation n'en 'sera' pas épargnée. Mais il faut comprendre qu'elle ne relève pas d'un paradigme révolutionnaire de guérilla dans le Tiers-Monde selon des canons programmatiques dans l'espèce maoïste, cubaine ou sud-américaine à l'ancienne. On ne saurait commettre des erreurs du même style ou leur équivalent pour notre temps. Et cela se prépare sur le long terme d'autant que la question se posera mondialement, et dans des formes extrêmement variées. Si l'expérience et la mémoire des guérillas de tous temps en chaque lieu sont importantes, elles ne détermineront pas les formes à venir, n'ayant ni les mêmes circonstances, ni les mêmes enjeux et objectifs

si l'on veut comprendre les qualités humaines dont je parle plus haut, qui ont largement disparu dans les classe moyennes actuelles, il faut les vivre de l'intérieur, ou au contact de ceux qui les portent. Cela ne s'imagine pas, ne s'invente pas sauf à y être contraint, et il faut alors se défaire de bien des habitudes acquises et entretenues dans ce monde

cela est totalement absent des considérations sur l'auto-organisation qu'on trouve chez les théoriciens français, complètement étrangers à ces pratiques 'naturelles' chez d'autres, et de plus en dédaignant l'expérience

d'une façon plus générale, il n'est pas besoin de les connaître personnellement pour voir qu'ils ignorent le plus souvent la vie des classes populaires dont ils parlent, pour beaucoup n'en étant pas issus, et comme leur déléguant par procuration la tâche d'aller au charbon 

l'auto-organisation, une dialectique entre le négatif (luttes frontales contre l'ennemi) et le positif (assurer la survie au présent pour préparer l'avenir) : deux éléments inséparables à tenir ensemble, y compris dans l'image que l'on donne de la communisation. Il est regrettable que la discussion sur l'auto-organisation ait été ramenée par Théorie Communiste à une question conceptuelle plutôt abstraite et sous le seul angle des luttes. Le résultat est une compréhension des luttes châtrée, uniquement sous l'aspect des luttes comme destruction de l'adversaire, et le plus fréquemment sous la forme violente : c'est en profondeur une vision d'homme à dépasser

ce n'est pas une vision d'hommes parce que les femmes devraient être reléguées à l'arrière - comme aujourd'hui en Syrie -, pour assurer la cuisine, l'infirmerie et le repos des guerriers, comme 'décharges' dans tous les sens du terme. Les femmes aussi peuvent faire la guerre, assumer le combat armé, pas seulement dans la mythologie des Amazones ou la figure de Jeanne d'Arc, comme on l'a vu chez les Mapuches, aujourd'hui en Centre-Afrique

hommes et femmes : quitter les rôles dès à présent, une affaire de tous, toutes, et chacun·e

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

il n'est pas plus dans la nature des femmes d'être paisibles que dans celle des hommes d'être violents, mais le fait est que l'on retrouve ce schéma supposé à combattre jusque dans nos rangs : il faut en changer et c'est possible, mais ne voit-on pas plus fréquemment des femmes porter des fusils que des hommes à la cuisine, à la collecte ou à la production de subsistances ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 de l'Inde à l'Afrique LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

nous ne sommes pas des saint·e·s, et ce n'est pas une question d'exceptions individuelles, mais une nécessité vitale pour le communisme dès maintenant, il ne faut négliger ou manager aucun effort en ce sens, de la part des femmes pour l'exiger des hommes, de la part des hommes pour auto-apprendre à se libérer de leurs vieux habits du genre : moins que tout c'est un processus qui pourrait attendre l'engagement de la 'lutte finale' (qui sera si elle advient de plusieurs générations)

il faut donc cesser d'encourager l'idée figée que «tous les hommes s'approprient toutes les femmes», que «ce n'est pas une question personnelle» mais structurelle de «l'individu du capital», toutes ces demi-vérités/demi-âneries dépourvues de dialectique vivante et d'expérience vécue, comme pour repousser de s'y coller soi-même

voilà, en résumé, il serait préférable que chacun·e sache qu'en parlant de communisation, il engage sa responsabilité non seulement pour soi-même, mais devant et pour les autres

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il conviendrait, comme disent les Portugais·e·s, d'arrêter de se prendre les pieds avec les mains, parce que c'est l'image du communisme qui est ternie jusqu'àdevenir repoussante. Que ceux qui ont les portugaises ensablées y réfléchissent, et quoi qu'il en soit, pour ce qui dépend de moi, je ne laisserai pas l'idée de communisation saccagée par ses célibataires-mêmes. Si nous perdons sur ce point, ce ne sera pas une défaite personnelle, mais la responsabilité de qui l'on verra

12 mars

Que faire pour l'en-commun communisateur ? un temps pour l'œcuménisme

Un temps pour toute chose

1  Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le soleil.
2 Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant,
3 un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures, un temps pour démolir et un temps pour construire.
4 Il y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser,
5 un temps pour jeter des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s'en abstenir.
6 Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour conserver et un temps pour jeter,
7 un temps pour déchirer et un temps pour recoudre, un temps pour garder le silence et un temps pour parler,
8 un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

La Bible du semeur, Ecclésiaste 3

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le faux Patlotch est un moment du vrai

dieu me garde de sombrer dans l'opium des peuples et de la communisation. Néanmoins, je vais endosser ma soutane tunique en sa propriété, pour éclairer le chemin que je suis, si je me suis bien

dans ce qui précède de près ou de loin, je tape sur mon supposé prochain, «qui aime bien châtie bien», les un·e·s et les autres à tour de rôle, dans un triple but (tel un énarque expert en communisation)

premièrement) éradiquer le sectarisme et la séparation, en finir avec les oppositions stériles de ce qui ne doit pas l'être au nom du communisme, par des non-dits explicites, et des interdits à la mise en commun pour raisons non fondées

deuxièmement) promouvoir non une synthèse, ligne générale unique qui serait le réceptacle organisé des différentes manières d'œuvrer, sous ce nom, un autre ou sans nom, mais la diversité des lignes de front sur lesquelles se construira seulement un en·commun communisateur, par des dépassements à produire dès maintenant sans attendre l'engagement d'un processus inévitable de rupture violente quand elle s'imposera à nous

sur la «lutte armée» : ne soyons pas naïfs, les dirigeant capitalistes et leurs valets d'Etat, acculés, ne se laisseront pas faire. Ils trouveront toutes sortes de soutiens et de moyens de nous diviser, de nous opposer pour relancer leur système. Au-delà de l'asservissement idéologique coutûmier,  ils utiliseront à grande échelle les pires moyens de destruction, déjà expérimentés ici ou là pour annihiler non seulement leurs opposants irréductibles, mais des populations entières : la police, la guerre, le laisser-faire c'est-à-dire le faire-mourir, l'empoisonnement alimentaire, la maladie sans soins ou pire, la faim, la pollution sciemment mortelle, le 'risque' industriel destructeur du vivant, les armes biologiques et bactériologiques, la guerre informatique, etc.

troisièmement) encore faut-il se nettoyer le cerveau de tout ce qui nous attache à la consommation mortifères par tous les organes possibles du corps humain, de la bouche pleine au mental normosé, du robot interactif à l'intelligence d'artifices, des yeux au sexe à prendre, et du nez bouché aux oreilles média-paralytiques... Bref, se rendre un tant soi peu disponible : libre de choisir et d'agir

quelles rencontres ?

quand je mets en avant les luttes d'Africaines pour la terre, je n'ai pas pour autant l'intention de les rencontrer, ou le désir d'être bien vu en Afrique, de même pour Silvia Federici, ou d'autres que j'ai croisés dans Meeting : à quoi cela servirait-il ? L'expérience en a été tentée avec SIC qui ne pouvait qu'être un échec,  je l'avais prédit en m'en retirant et ce fut confirmé

que ceux qui ont à se rencontrer pour faire continuent, mais qui n'en est pas n'est pas pour autant contre ou inapte à faire autre chose d'utile

privilégier la proximité : non à un mondialisme communisateur

sans doute ce genre de rapprochements est-il souhaitable dans la proximité, au niveau local, y compris d'initiatives qui ne sont pas sur la même ligne de front : tels écolo radicaux, tels auto-producteurs hors marché, telles 'femmes exploitées des quartiers'... tel·le·s confrontés aux harcèlement sexuel, professionnel ou policier, à la police sociale des salariés, précaires et chômeurs, au contrôle au faciès, tel·le·s voyant l'ensemble dans une perspective pouvant lui ajouter un sens, celui d'une convergence globale susceptible d'alimenter un espoir commun, voire des exemplarités pour soi et sans les imposer à tous au nom de limites indépassables par principe

de chacun selon ses moyens, à chacun sa place, toute sa place, rien que sa place

l'idée est qu'il ne sera jamais produit une «immédiateté sociale» si personne n'en fait l'apprentissage, et qu'elle ne tombera pas du ciel en un discours pré-cuit à passer au micro-ondes locales. L'idée même d'immédiateté sociale est incompatible avec la vision globale surplombante d'un communisme dans une forme unique valant pour tous et partout

on peut se faire des ami·e·s partout, ma compagne est venue de 10.000 km, mais j'estime ne pas avoir à traverser les Océans, ni même la Manche ou la Méditerranée pour aller évangéliser des gens dont je ne connais rien en pratique sociale : ce sera toujours autant d'argent et de kérosène hors-sujet, un excellent apprentissage pour l'immédiateté gratuite près de chez soi

rien ne ressemblerait autant  à un missionnaire évangélisant les sauvages outre-mer qu'un globe-trotter de la communisation à la française

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014la communisation pour les nègres

internet et réseaux ?

pourquoi pas, pour autant qu'on puisse en profiter sans (se) créer des ennuis, tant la surveillance va se durcir. Il est peu probable que l'on puisse uitiliser durablement à des fins révolutionnaires les réseaux informatiques. Par conséquant, resterait la solution de réseaux autonomes à raccorder sur le principe du net. Encore faut-il qu'elle soit réalisable

renverser le démocratisme radical et l'alternative : la communisation sans forum mondial

au fond c'est ce que j'appelais un renversement du démocratisme radical, qui suppose naturellement la clarté de la «ligne générale», sans besoin qu'elle s'habille d'un discours théorique partagé et même d'un nom, encore que cela puisse aider : communisation pourquoi pas, mais si cela doit être facteur d'ignorance, de dédain, de mépris, et de rejet parce qu'en tant qu'écolo-radical untel est allergique à l'idée qu'il se fait du marxisme, à quoi bon ?

il ne s'agit plus d'exiger ni d'obtenir des droits d'un État ou de quiconque en aurait le pouvoir, mais de vivre en liberté dans et pour la communauté

serait-ce par manque du mot «communisation», voire pour la présence des mots «alternative du système» plutôt que «au système» capitaliste, ou même le mot d'ultra-libéralisme voire selon son utilisation celui de citoyen, qu'il faudrait condamner des actions telles que celles des femmes défendant la terre, comme propriétés de ceux qui participent aux forums sociaux sur la base de l'alermondialisme démocratique ?

il me semble que de ces mots, elles n'ont rien à faire, sauf éviter de confier leur sort à l'Etat ou une supervision mondialiste de quelque ordre qu'elle soit

toujours est-il que dans un avenir plus ou moins proche, des ruptures seront nécessaires dans le rattachement de ces activités de base à l'alternative démocratique, et de même des ruptures dans l'unité devenue de façade, par habitude, de ses protagonistes aux niveaux organisationnels et idéologiques (d'un côté démocrates d'Etat indécrottables et leurs partis, ATTAC... de l'autre marxistes partisans de la révolution, écolo radicaux plutôt anarchisants, ONG d'ailleurs édifiées sur l'impasse citoyenniste, etc.)

éviter la maladresse sectaire

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il me semble donc normal que le mot même de communisation, au-delà de ses intentions, ne soit pas perçu comme porteur d'un en-commun y compris communiste, puisque ceux-mêmes qui s'en réclament ne font que s'unir pour aussitôt se séparer, comme on disait des trotkistes : 2 communisateurs, un meeting, 3 communisateurs une rupture

la véritable scission dans SIC

quand j'ai rejoint le comité de rédaction de Meeting, en 2005, je n'y comprenais pas grand chose, j'étais plutôt sur les bases de TC, mais j'étais animé d'un esprit non d'unité mais de convergence, tantôt d'accord avec les uns «activistes», tantôt avec les autres théoristes, tantôt avec moi-même qui ne fut pas le plus facile. Je finis par comprendre ce qui tout à la fois les opposait et les rassemblait, une sorte de méprise finalement avérée de cet attelage bien compris théorie+activisme

toute possibilité d'en-commun s'est sclérosée ensuite et les raisons n'en sont pas exactement celles qu'a dit Théorie Communiste dans Fin de parti·e, indépendamment même des événements ayant accéléré la rupture de SIC

la véritable scission était inscrite en profondeur dans l'idée même de la nécessité d'une rencontre physique en une revue mystificatrice, confirmant par son existence les rôles dévolus à la théorie et à l'exemplarité des pratiques

le tout, comme l'a relevé Bruno Astarian (où va TC ?), ne pouvait mais évidemment sans le dire, que dériver vers la forme parti : le texte Fin de parti·e, dans son masculin, doit être compris comme une auto-critique

quelle exemplarité ?

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il ne s'agit pas de formater des modèles, mais des idées peuvent être reprises, sans que s'impose de suivre ou de copier. Je crois à la puissance de la métaphore, c'est-à-dire à la transposition d'un contenu commun (la communisation) d'une forme particulière à une autre

quant à l'exemplarité «faites ce que je dis, pas ce que je fais», nous voyons trop durablement (texte précédent) que nous n'en sommes pas à l'abri, du cœur même de la théorie adéquate à l'époque. Que dire de plus sinon : «casse-toi, pauv'con» avant la fin !

le concept d'en-commun communisateur : le compatible non l'opposable

autrement dit, ce qui a été raté là, ou jamais rendu possible avec d'autres, dont moi mais je ne suis qu'un, et qui se présente difficilement avec les exemples dont j'ai parlé en relation avec les textes de Silvia Federici, relève selon moi d'un problème conceptuel quant à la stratégie -n'ayons pas peur des mots

en effet, il est tout à fait possible de considérer comme compatibles, et par conséquent de laisser vivre des formes différentes de pensées et d'actions, en divers lieux ou sur plusieurs lignes de front, dès lors que l'on a compris qu'elles pouvaient s'inscrire dans la même perspective globale d'abolition du capital, et pour créer ensemble un monde vivable pour tous, ce qui en soi suppose à chaque moment de multiples activités complémentaires

subjectiver l'en-commun

mais il faut faire plus et mieux que simplement admettre cette compatibilité. Il faut la dire, il faut l'inscrire explicitement dans ce que cela constitue de commun, dans ce que cela relie en alimentant un espoir partagé

c'est sans doute le meilleur rôle que peuvent tenir, sinon des 'théoriciens', du moins des personnes davantage portées comme moi à la formulation, à l'écriture, à la parole surplombante, prétendant exprimer ou pire organiser un tout communisateur à voie unique, c'est-à-dire programmant à soi seul l'échec de tous, comme on l'a vérifié à fort petite échelle

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de la suite dans mes idées

que je sois difficile à suivre m'étonne d'autant moins que j'ignorais hier où j'irais aujourd'hui, et généralement la veille où le lendemain

précision : au fait de créer un nouveau chapitre de cet anti-journal, de raison a priori que technologique, la page devient trop lourde à gérer/télécharger, et la moindre erreur m'oblige à des interventions risquées sur le code html, beaucoup de perte de temps

ruptures dans la continuité : programmatisme vs immédiatisme

néanmoins, tourner une page, c'est aussi l'occasion d'un déméningement à saisir, un peu comme autrefois je disais du 1er avril, le plus sérieusement du monde : engager ma vie avec une nouvelle compagne, démissionner de fonctions syndicales représentatives, ouvrir un nouveau chapitre à Livredel avec une autre contrainte d'écriture... La seule constante de mes 1er avril depuis mon enfance, c'est de m'offrir, me faire offrir ou préparer un baba au rhum

continuité donc, dans la rupture provoquée : programmée

mais voilà il ne va plus falloir attendre, en tout cas moi, je n'ai pas que ça à faire, attendre. À mon âge, attendre, c'est attendre la mort dont la probabilité est plus proche qu'hier, par définition de la mortalité. Attendre, c'est mourir un peu

sans attendre la fin

une chose est sûre, je n'attends pas la fin. Je crois que derrière ce titre se cache nécessairement une forme d'attentisme, et je pense que le blog éponyme dndf, sur le long terme, en est une preuve à charge contre Théorie Communiste qui structure son animation (sic)

contre tout pour rien à quoi bon ?

il n'existe strictement aucune trace de ce que font ces gens-là, en dehors de nous expliquer ce qui n'est pas conforme à la perspective qu'ils annoncent de la communisation : contre l'immédiatisme, contre l'autonomie, contre toute alternative, contre l'inter-monde des ex-communistes, contre le syndicalisme qui ne peut transcroître vers la révolution (ce qui est vrai), contre l'humanisme, contre la 'race' comme structurant le capitalisme, contre ce qui est 'anti' : anti-racisme, anti-fascisme, anti-capitalisme..., contre l'idée que tel «mode de vie» échapperait plus qu'un autre à l'emprise capitaliste, contre les plus «proches» : TropLoin, Hic Salta, Incendo, Temps Critiques, Wertkritik, Patlotch, contre SIC qu'ils ont créé, et finalement contre eux-mêmes, se tirant en permanence dans le pied les balles qu'ils adressent à d'autres

à réfléchir à tout ce que j'ai connu comme systèmes d'idées depuis une quarantaine d'années, c'est sans doute le plus contradictoire à lui-même, ce que résume au fond son appellation, Théorie Communiste, une contradiction dans les termes autant que Union Soviétique, Démocratie de Base, Auto-Gestion, Communisme d'État, Communisme par étapes...

pas de Grand Soir, cependant...

au temps du programme ouvrier, toutes les 'vraies' solutions étaient renvoyées à «une seule solution, la révolution», alors prise du pouvoir d'Etat par la classe ouvrière et ses alliés... notamment quant à l'égalité entre hommes et femmes, le féminisme était suspect...

il n'était pas question de créer des «illusions réformistes», de confondre combat revendicatif (le syndicat) et combat révolutionnaire (le parti)

le concept de communisation a formulé une idée géniale, dans un raisonnement par l'absurde : puisqu'il n'y a plus d'identité ouvrière, plus de base sociale à l'unité de la classe confirmée par le cours de l'économie en restructuration, l'espoir de communisme est une révolution immédiatement produite à l'occasion d'une future crise mondiale de reproduction du capitalisme, processus dans lequel le prolétariat trouverait son unité le temps de s'auto-détruire pour devenir on ne sait quoi, derrière cet horizon nouveau, la théorie, n'étant pas prophète, ne pouvant voir au-delà

donc pas de Grand Soir, de prise de l'État, d'autogestion... mais un processus auto-produit, toujours contre le capital, avec des mesures par lesquelles le communisme n'est pas un état, une étape, mais son propre mouvement. Jusque-là, pas de problème

le programmatisme dans son miroir

dès lors, en attendant cette fin, qu'est-ce qu'on fait ? hé bien, c'est ici que ça devient intéressant, car la posture est à peu près la même qu'au temps où l'on espérait le grand soir révolutionnaire, à ceci près que, pensant qu'il sortirait concrètement de luttes sociales et politiques, on menait pour cela un combat quotidien, organisé, militant...

le plus désespérant, c'est de voir les tenants de cette lutte finale à produire en temps et en heure, bien qu'ils ne tirent pas systématiquement sur ce qui bouge et peu intéressés par la critique concrète du concret qu'ils laissent à d'autres, expliquer que le plus conforme à leurs attentes théoriques, ce qui crée un écart, c'est bien, bravo, mais attention à ce qu'il ne faudra pas faire : s'auto-organiser dans la durée, chercher une autonomie, etc.

une pédagogie du désespoir

découvrant les thèses sur la communisation à la fin de 2004, dans la mesure où cela me semblait fondé matériellement en théorie et pour partie dans la réalité sociale, le plus important fut pour moi la renaissance d'un espoir communiste - comme pour d'autres à tord ou à raison Empire et Multitude de Negri. Je pense que cela explique pourquoi, malgré mes questionnements, mes insatisfactions, mes désaccords brouillons, j'ai voulu y croire au point de m'en faire parfois le diffuseur peu critique : c'est pourquoi j'ai détruit mes Ressources classées sur la communisation, leur ambiguité, leur absence de dynamique, le fait qu'elles devenaient un catalogue y compris de positions adverses. C'est aussi pourquoi je n'apprécie pas les sites qui balancent des textes ou des liens sans commentaires, laissant planer la plus parfaite ambiguité : intérêt à être critiquer ? sympathie politique ? copains les plus proches ? Mais on y discerne, autant que des rejets explicites, des affinités électives significatives

plus que l'attentisme imputé à ces théories, ce qui est encore discutable - avec quelques contorsions mais ils en sont experts, la dialectique peut classer leurs briques - plus grave est que cette théorie détruit l'espoir, en ne s'appuyant que sur des situations désespérées dans lesquelles les prolétaires seraient supposés réaliser leur (non-)être, bref «le dos au mur» n'ayant d'autre choix que faire la révolution

c'est bien pourquoi au fond tout ce qui tend à donner un peu d'air, en attendant la fin, ne peut émaner que de retardés programmatistes ou d'alternativistes dans l'illusion idéologique, voire exprimant au présent la contre-révolution. Même s'il convient de ne pas le dire - quand même un peu de pudeur, les camarades, vis-à-vis de ceux qui se battent -, c'est ce qu'on lit en creux de ce qu'ils prévisent dans l'anglemort. Une fois mis en échec, les producteurs des écarts ne les intéressent plus, ils n'en parlent pas. Ils sont passés comme un seul homme à un autre écart, avec le genre, mais sans excès de sexe, le genre étant social, ne pas confondre avec les histoires de cul, et se méfier de l'amour

une prédilection pour le négatif, la destruction, la guerre, la mort

dans les textes en circulation du milieu communisateur, il n'est nulle part question de la moindre positivité, de générosité, de communs, de désintéressement sauf à détruire le capital, la valeur, l'argent, la police, l'Etat, la société, toute médiation sociale, toute organisation limitée dans l'espace : tout ce qui existe mérite de périr, mort à ceci ou cela, l'insurrection qui détruira les hommes et les femmes, casser du flic pour casser du flic, images de violences, etc. indiquant un centre de gravité de leur souci

tout ce passe comme si, au-delà de saines douches froides contre l'idéologie dominante dans la radicalité de gauche, on voulait dégoûter les gens de s'engager dans un tel processus, dès lors qu'ils ne sont pas strictement d'accord avec ce... programme de destruction d'abord. C'est un programme comme le présuppose leur projet revendiqué, par le fait même d'envisager des «mesures communisatrices» dont les meilleurs «récits» (de Bernard Lyon, Léon de Mattis ou Bruno Astarian) nous donne un pré-catalogue. Mais attention, n'essayez pas de le mettre en œuvre avant le jour J (qui n'est pas un Grand Soir, la révolution appartient à ceux qui se lèveront tôt le bon jour), sous peine d'immédiatisme inconscient de la «temporalité»

soyez patient, comme 'nous', planquez-vous en attendant la fin, ou montrez l'exemple, faites un écart, franchissez le pas, soyez suicidaire !... Envoyez paître quiconque prétend mener un combat communiste au présent...

bref, menez une «vie normale» : inscrivez-vous sur une site de rencontres en ligne...

en attendant la fin, mener «une vie normale» pour un communisateur du 'choc Beauvoir'

la dernière trouvaille de dndf ? un 'dazibao' qui flaire bon la drague du féminisme radical - le nouveau sujet par excellence, après les 'activistes' ? - au risque de tout mélanger, les «études de genre» et une «théorie du genre» prônant son abolition dans celle du capital

soyons clair : je suis pour en finir avec la domination masculine, mais contre l'ambiguité consistant à mettre en exergue le slogan d'une photo sortie de nulle part « Tout homme qui assume sa part dans la domination des femmes, même la plus minime, est un ennemi mortel de la révolution à venir » avec ce commentaire guerrier « le risque de perdre leur place de genre dominant et de classe dominante ... Alors..? Alors c'est la guerre »

et alors ? quelle révolution ? car rien n'indique qu'ici «la classe dominante» n'est autre que celle des hommes, dans la plus vulgaire des théories du patriarcat refusant la lutte de classes, autrement dit la différence entre Roland Simon et Christine Delphy. Passons sur l'annonce de «la révolution à venir», laquelle, où et comment, quelle trace annonciatrice aujourd'hui ? Après le choc TC/Beauvoir en 2008 soixante ans après, un temps pour tout, il faut savoir attendre...

(les citations sont tirées du cru TC/dndf, pour autant qu'ils y croient)

je suis aussi pour accorder ses actes avec ses paroles, d'autant qu'on les intime aux autres comme «slogan sonnant comme un avertissement». Qu'en est-il ?

en attendant la fin «on vit une époque formidable» : on ne peut que mener, «en schizophrène» comme dit BL/TC, «une vie normale» (sic) : souhaitant mais pour plus tard la communisation la plus radicale dans l'absolu, on chante en chœur dans les églises (!), on affiche ses photos de «géovoyageur» (sic), et le meilleur pour la fin, sa belle gueule sur des sites de rencontres en ligne en précisant, à 'situation de famille' : «je préfère ne pas l'indiquer»

Marx a certes engrossé la bonne, mais avec une 'excuse', il n'avait pas lu Beauvoir ni découvert la théorie du genre

«camarades», profitez-en tant que le genre n'est pas aboli, jouissez sans entrâves et «sans excès de sexe», et surtout pas d'immédiatisme : LA théorie vous conforte, qui dit qu'on ne peut échapper à sa nature d'«individu du capital» : un mec c'est un mec, rien de plus «normal» puisque «tous les hommes s'approprient toutes les femmes»

ça me rappelle les curés pédophiles, les flics ripoux criant au voleur ou ces doubles vies d'espions, vivant sous couverture une vie pépère, ou pas au demeurant, attendant d'être remis en service par 'le centre' pour des activités subversives

au fond, ce n'est rien d'autre que cette bonne vieille morale individualiste du capitalisme dans ses œuvres cyniques, agrémentée des possibilités sans limites d'internet pour l'homme libéré adéquat aux femmes qu'il entend libérer plus tard... en théorie. Post-68tard dans toute sa splendeur, le même n'hésite pas à conchier la morale avec des citations d'anars de droite...

nul n'est parfait, mais comment s'affranchir de ses propres limites ? comme le pose Anselm Jappe : peut-on œuvrer à la libération sans être soit même libre, autant que faire se peut ?

le premier pas de la communisation c'est l'auto-orgasmisation, le second s'effectue avec elle, pépère, c'est l'ex-TAZ

«entre nous, à TC, la confiance est absolue» Roland Simon

je souhaite à cet individu dédoublé du groupe TC ce qu'il prône en tant que tel : de tomber sur une femme qui lui fasse sa guerre en tant qu'«ennemi mortel assumant sa part de domination des femmes, ennemi de la révolution à venir», et j'ajoute que j'assume, infiltré dans le  'courant communisateur comme agent double contre-révolutionnaire, et flic d'une théorie qu'il utilise pour justifier son inaction en condamnant celles des autres

incroyable mais vrai

si ce n'est pas une triste réalité vérifiable, que j'y perde toute crédibilité

d'infréquentable pour le leader de par ses tricheries intellectuelles, plus que pour sa théorie sans prise sociale, le pas est franchi par celui-ci de m'être répugnant. Comment concilier puritanisme et machisme de vulgaire adultère au sein d'une théorie de libération des hommes et des femmes y compris de la domination des premiers sur les secondes ? Réponse de Roland Simon : « il ne faut pas partir du niveau personnel de l'individu du capital». Mes fils, allez en paix forniquer via internet, dans le dos de vos compagnes forcé-ment d'accords, puisque déjà par vous libérées, 'choc Beauvoir' oblige

que quiconque le fasse le regarde, lui aussi et ses conquêtes, je m'en fous, mais pourquoi promouvoir le contraire en principe ? parce qu'il vaut pour plus tard ?

il ne s'agit pas de dénoncer un individu dont l'anonymat est préservé pour le pire et le meilleur, mais de constater qu'au sein du sein du 'courant communisateur', le possible est réel, le réel est rationnel, la théorie est bien pratique : elle produit sans rupture pour celui-ci ses propres écarts

le même et sa morale pour les autres : Tout est à eux, rien n'est à nous !

c'est beau, bien écrit, ça réveille de vieux instincts d'après-68, mais qu'est-ce qui l'en empêche dès aujourd'hui, de se séparer de tout ce qui fait son confort matériel et entretient la consommation, donc la production de marchandises comme besoins de l'individu capitalisé ? Il en est, j'en ai dans ma famille, qui l'ont fait sans attendre, et sans théorie

a-t-il songé un instant que le problème de la masse des 'exclus', c'est qu'ils n'ont pas même accès à ce qu'il entend détruire par l'«imagination» qui lui viendra, mais plus tard ?

bref, un beau cri de révolte de «privilégié» de la couche moyenne, et l'idéologie de poche qui va avec, pour la bonne conscience

la rupture de Sic, un autre et bonne raison ?

mais sans approuver leurs gestes - je n'y étais pas et n'en connais que la version TC  Fin de parti·e - comment ne pas interpréter aussi comme ça l'exacerbation sociale de ceux qui s'en sont pris à Théorie Communiste lors de la dernière rencontre de Sic, et réfléchissant un peu après cet accumulation de tartufferies, comment imaginer qu'ils n'auraient eu que de mauvaises raisons concernant le genre, en tant qu'«activistes» ayant choisi un autre «mode de vie »?

autrement dit, je formule une hypothèse, c'est que la rupture de Sic porte certes sur la genre, comme en témoigne le contenu du numéro 2, mais aussi sur l'impossibilité désormais advenue de considérer comme adversaires de la communisation ceux qui veulent «quitter ce monde» pour vivre dès maintenant autrement, d'autant plus qu'a priori, on y trouverait aussi des gens payant de leurs personnes pour produire des écarts en s'attaquant directement au capital, participant à des actions, dans la lutte anti-CPE, sur lesquelles TC s'est entre autres appuyé pour formaliser en 2005 ladite théorie de l'écart ?

parfois, trop c'est trop, excusez du peu

après l'écart, quoi ?

plus largement car enjeu théorique et social, une chose m'intrigue, sans ironie aucune. Que deviennent, que sont devenus, que font les sujets des écarts produits par les luttes aux limites dont TC fait si grand cas pour le jour où, dans la conjoncture révolutionnaire, elles vont franchir le pas ?

que font les suicidaires qui ne sont pas morts ? poursuivent-ils ce qu'ils auraient touché du doigt en se confrontant à la limite de leur statut de prolétaire ? On n'en sait rien, ou trop à regarder les témoignages, enquêtes, livres, films sur le sort de ces combattants du désespoir. Peut-on considérer alors que dans ce combat perdu, ils auraient investi un sens, un désir communiste, ou que la contrainte ultime les auraient poussé vers une telle perspective ? Voire... je n'ai pas vu ni entendu dans leurs témoignages qu'ils auraient eu ce projet-là et qu'ils s'y consacreraient encore d'une façon ou d'une autre. Autrement dit, cela confirmerait plutôt la caractéristique de ces luttes, du moins en Europe occidentale, qu'elles ne sont certes plus revendicatrices - elles ne peuvent pas -, mais que se maintient l'idée que c'est dans ce monde qu'il s'agit de trouver sa place, de survivre plus ou moins difficilement, ou de crever, quitte à se suicider, cette fois pour de bon, à titre individuel humain ou prolétaire

que reste-t-il à ceux qui, ayant produit ces écarts dans des luttes suicidaires, émeutes... après leur échec prévisible ? Comment survivent ceux qui sont devenus des exclus, des prolétaires nus ne trouvant plus à se vendre, qu'à d'autres prolétaires un peu moins nus du fait même qu'ils peuvent en utiliser un·e autre?

où sont passés les luttes des précaires ?

question accessoire du même (dés)ordre, toujours sans arrière-pensée : pourquoi, alors qu'ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres, n'entend-on plus parler des luttes des précaires, comme au début des années 2000 et jusqu'à la crise de 2007 ? On peut s'en faire une dée les sites d'associations, où l'essentiel est revendicatif, préserver ou exiger des droits, des protections, de la part de ceux qui ont organisé leur précarité, leur pauvreté, et qui continuent de plus belle

zones interdites pour la communisation ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

l'espoir, disai-je, fait vivre, ou aide à survivre, et ne saurait attendre ce qui viendra ou pas, pour soi ou pour d'autres

dans la mutation permanente inachevable de mes idées sur la question, je conseille une lecture attentive de Hakim Bey, l'auteur en 1991 de TAZ, Temporary Autonomous Zone (en français). Plutôt d'un texte intitulé Zone Interdite, plus récent, qui fourmille de considérations finalement assez proches des récits accompagnant l'imaginaire de la communisation, sauf qu'il s'appuie sur des actions actuelles et sur la probabilité qu'elles se démultiplient de la part de ceux qui sont rejettés par le système ou qui s'en excluent eux-mêmes. Les premiers étant immensément plus nombreux que les seconds, discuter sur le fait que ce serait «leur choix d'un mode de vie» est du plus grand inintérêt théorique et pratique, sauf à vouloir justifier le sien propre

je dis bien lecture attentive, parce que dans nombre de cas où certains s'en réclament, c'est du meilleur bobo-isme branché, à mon avis pas spécialement dans le sens de ce que signifie l'auteur

pour signifier mon intérêt pour ces considérations, dont la discussion chez en-dehors montre qu'elles ne peuvent être comprises par un esprit militant traditionnel anarchiste entre autres, je l'importe ici zones interdites etc. Je le mets au pluriel considérant que c'en est plus l'esprit

je signale la sortie plus récente, en 2011, d'un livre au même titre, mais je n'en connais pas le contenu

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

toujours est-il qu'on trouvera, dans le texte cité, une fois de plus, une convergence avec les éléments rapportés de Silvia Federici, hier la note d'Anselm Jappe, et mon propre intérêt à croiser, comme complémentaires plutôt qu'opposables voire adversaires, ces pratiques et celles attaquant plus directement le capitalisme dans ses murs