le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

 

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le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD... 

14 décembre 2014 : je renomme cette rubrique de le plancher de terre : écologie, paysannerie, capitalisme ou révolution du commun ? en le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, paysannerie, ZAD... j'y raccroche les ZAD dans la mesure où elles mettent en avant la question du territoire

19 mai 2014 : introduction provisoire

la critique dite 'écologiste' n'est pas ma culture. Quitte à limiter le champ du rapport social de nature, je consacrerai cette rubrique à la contradiction entre production de la mort et reproduction du vivant dans le capitalisme. Le plancher de terre fait allusion au plancher de verre de l'exploitation du travail prolétaire, il évoque une limite à la destruction des conditions d'existence du genre humain. La terre pour l'humanité, c'est d'abord la place de la paysannerie dans la production/reproduction de la nourriture et d'autres biens de subsistance. Au cœur de cette question, des luttes, au cœur de ces luttes, des femmes, des femmes paysannes...

ce qui m'intéresse fondamentalement dans cette contradiction, à la différence du plancher de verre de l'exploitation dans la production capitaliste, c'est qu'elle se joue entre positivité de la production de subsistances et la négativité de sa destruction capitaliste. Elle est donc directement porteuse d'un enjeu de communisme, et s'articule en ça avec le concept d'une révolution fondée sur le commun, les communs

naturellement, ces luttes ne sont pas en elle-mêmes révolutionnaires, elles ne portent pas davantage une issue au capital que les revendications ouvrières, mais à la différence de luttes ouvrières qui ne remettent pas en cause le rapport même de travail, l'économie, y compris quand elles se proposent l'auto-gestion, les luttes paysannes me paraissent porter en elles-mêmes leur propre dépassement : la paysannerie, quand elle n'est pas classe ouvrière agricole, n'est pas comme le prolétariat un être social visant son auto-destruction

« Décoloniser la nature ce n’est certainement pas répondre à une pseudo urgence écologique qui viendrait suspendre les luttes dans les rapports de classe, de genre et de race. Décoloniser la nature ce n’est pas non plus ajouter aux luttes une quatrième dimension : celle de la préservation de la nature. Décoloniser la nature signifie, au contraire, qu’il faut renoncer au partage entre un ordre de la culture, de la société et de l’histoire et un ordre de la nature, de l’environnement, de l’écologie. Autrement dit, une écologie politique doit faire le deuil de toute politique de préservation de la nature.» Décoloniser la nature, Paul Guilibert Revue Période

La séparation entre nature et société n’est pas seulement une erreur théorique, c’est aussi l’instrument de la domination occidentale. Revisitant les débats de l’histoire environnementale du colonialisme, Paul Guillibert retrace les jalons d’une analyse marxiste de l’impérialisme écologique. Il examine ici deux vecteurs de la prédation occidentale : la domestication des écologies non européennes et la préservation environnementale dans les colonies.

19 avril 2015

leur nom signifie « être humain » : ils demandent des sous, les Innus

Des chefs innus rencontrent le chef de la direction de Rio Tinto à Londres Radio Canada 16 avril
Surplus d'électricité: les Innus de La Romaine exigent leur part LaPresse.ca 16 avril
Conflit avec Rio Tinto IOC: les Innus transportent leur lutte à Londres La Presse.ca 12 avril
Des Innus en mission européenne contre la minière IOC Radio-Canada 9 avril
Des Innus de Pakuashipi manifestent contre le projet de Muskrat Falls au Labrador Radio-Canada 5 mars
Les Innus veulent se donner un gouvernement national Huffington Post 26 février

« Les Innus ou Montagnais-Naskapis sont un peuple autochtone originaire de l’est de la péninsule du Labrador, plus précisément des régions québécoises de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que de la région du Labrador (Terre-Neuve-et-Labrador). Le terme « Innu » provient de leur langue, l’innu-aimun, et signifie « être humain ». Ce nom fut officiellement adopté en 1990 remplaçant le terme « Montagnais » donné par les premiers explorateurs français. Les Innus désignent leur territoire ancestral sous le nom de Nitassinan. En décembre 2010, on estimait leur nombre à 19 612, soit 17 517 au Québec répartis dans 11 réserves et 2 095 au Labrador dans 2 réserves. » source Wiki

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Procession catholique des Innus, 1863
Le colonialisme a apporté des changements dramatiques et de grande envergure à la culture, à la société et aux terres Innus. L'arrivée des missionnaires catholiques au Labrador durant le XIXe siècle a contribué à marginaliser les croyances religieuses du peuple Innu, tandis que les commerçants européens encourageaient les hommes Innus à piéger les bêtes à fourrures à temps plein, marginalisant les autres activités de subsistance.
Dessin de W. G. R. Hind. Explorations dans l'intérieur de la péninsule du Labrador : le pays des Montagnais et des Indiens Nasquapee, Vol. 1 (London : Longman, vert, Longman, Roberts et vert, 1863) source : Impacts of Non-Aboriginal Activities on the Innu

images / vidéos (les Innus parlent le français...)

Un Kabyle chez les Innus «Montagnais » (Amerindiens-Canada) 6:35

11 avril 2015

dément tellement, tel ment démantèlement

en léger différé du blog de Claude Guillon, Lignes de forces

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j'ai peu l'occasion d'intervenir sur cette question, non qu'elle n'intéresserait celle de la révolution pour en sortir, mais parce que je n'y connais pas grand chose. Il va sans dire qu'elle génère, comme toute question "écologique" bien comprise comme problématique de classe, une fragmentation (sic) supplémentaire entre salariés du nucléaire dont c'est le gagne-pain, l'arme de la faim, et intervenants bien conscients que ça peut nous péter à la gueule, pour autant que ce ne soit pas l'arme de la fin

j'ajouterais que cette question, si elle ne me paraît pas soluble dans le capitalisme, en pose une sacrément compliquée dans l'éventualité d'un révolution

25 mars 2015

Capital et 'Nature'... écologie-monde

Au-delà de « l’écosocialisme » : une théorie des crises dans l’écologie-monde capitaliste Jason W. Moore Revue Période Ce texte a initialement paru dans The Journal of Peasant Studies, 38: 1, 1 — 46, 2011

Wall Street produit et organise la nature. Si la théorie sociale cherche aujourd’hui à s’amender en tenant compte des enjeux environnementaux, elle dépasse rarement le dualisme typiquement moderne de la Nature et de la Société. Dialoguant avec les théoriciens de l’écosocialisme d’une part et des penseurs critiques tels que Harvey et Arrighi d’autre part, Jason W. Moore formule ici l’hypothèse que le capitalisme n’est pas seulement une économie-monde mais également une écologie-monde.[...]

En conclusion : vers une théorie unifiée du développement et des crises capitalistes

à théorie unifiée du développement et des crises capitalistes, quelle théorie communiste unifiée du dépassement de toutes ses contraditions ?

18 mars

fragmentation du prolétariat entre luttes ouvrières et luttes écolo-radicales : faites vos jeux

St-Nazaire: la CGT fait grève pour tabasser des écolos... Athénéo du Puy-de-Dôme, Anarchie... 16 mars

devoir pour le bac pro option "communisation"

1) quelles sont les bonnes « limites » de l'affrontement au capital entre « contraintes extérieures » de l'appartenance à la classe ouvrière, ou à l'humanité menacée de périr

2) le slogan « tout ce qui existe mérite de périr » est-il communisateur ou capitaliste ?

27 janvier

et pendant ce temps las (pour changer de registre)

Afrique : Les agro-impérialistes font main basse sur les terres agricoles Investig'Action 27 janvier

31 décembre 2014

Marx et la Commune russe : qui en tire profit ?

Marx e la comune agricola russa: cui prodest ? Il Lato Cattivo dicembre 2014

texte reçu du groupe Il Lato Cattivo*, dont j'attendrai la traduction française. Il s'agit d'une critique d'un ouvrage de l'historien italien Ettore Cinella. J'en attendrai la traduction avant d'éventuels commentaires

d'une façon générale, en dehors de leur intérêt marxologique, j'ai peu d'attrait pour les débats déshistorisant les problématiques actuelles, et recourant à Marx pour répondre à des questions de notre temps. Un Marx que chacun tire à soi pour utiliser aujourd'hui des thèses marginales de son œuvre, sorties de leur contexte historique, qui seraient aujourd'hui au cœur des enjeux révolutionnaires. Ce n'était pas moins des questionnements pour lui, ceux-ci à la fin de sa vie, et les balayer d'un revers de main marxo-marxiste n'est pas le meilleur moyen d'enrichir le débat. Mais dans le milieu radical, on est familier du procédé : soit éviter de parler des choses "ineptes", soit circulez, ya rien à voir...

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un clin d'œil marxiste au relativisme culturel, invitation de Montesquieu dans les Lettres Persanes ?

Marx plus que dans les marges traduction en français de la conclusion de l'ouvrage, La Brèche 2012 le livre était annoncé en traduction par les éditions Syllepse en 2012, mais sauf erreur il n'est pas encore sorti

présentation d'Alain Gresh 2011

En conclusion de son ouvrage, Anderson écrit : « En résumé, j’ai montré dans cette étude que Marx avait  développé une théorie dialectique du changement social qui n’était ni unilinéaire (succession de modes de production), ni fondée uniquement sur les classes. Au fur et à mesure que sa théorie du développement social évoluait dans une direction multilinéaire, sa théorie de la révolution se concentrait de manière croissante sur l’intersection entre classe, ethnicité, race et nationalisme. Certainement, Marx n’était pas un philosophe de la différence au sens post-moderne du terme, car la critique d’une entité supérieure, le capital, était au centre de son entreprise intellectuelle. Mais cette centralité ne signifiait pas l’exclusivité.  La théorie sociale du Marx de la maturité tournait autour du concept de “totalité” qui n’offrait pas seulement l’avantage de laisser une grande place aux particularités et aux différences, mais aussi, dans certains cas, faisait de ces particularités – race, ethnie, ou nationalité – des éléments déterminants de la totalité. »

 

14 décembre 2014

ZAD, un nouveau cycle global de mobilisations « translocales » ? une analyse intéressante

Des ZAD, mais pour quoi faire ? Le Monde 14 décembre

Spécialiste des mouvements altermondialistes, Nicolas Haeringer analyse les « zones à défendre »  de Notre-Dame-des-Landes, Sivens et Roybon

extraits

Je comprends qu’on souhaite labelliser les mouvements émergents car c’est un enjeu de compréhension. Mais il faut résister au maximum à cette tentation pour au moins deux raisons : la première, c’est qu’en essayant de coller un label sur les zadistes, on adopte très vite le jargon des autorités et de la police // la seconde c’est qu’on renonce ainsi à saisir tout ce qui se joue de nouveau dans ces mobilisations, dans des pratiques et des expérimentations dont le propre est précisément de faire évoluer les identités hors des catégories existantes. // Ce ne sont pas seulement des revendications environnementales. Les mobilisations se jouent aussi autour de revendications liées à la démocratie.

deux hypothèses. La première est que dans la période actuelle, l’enjeu des luttes est devenu le territoire. / La seconde est que, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens, ce qui se joue désormais, ce sont des résistances à l’« extractivisme » — les activités d’extraction de grands volumes de ressources naturelles, qu’elles soient agraires, pétrolières ou forestières. Le front de l’extractivisme était jusqu’à présent principalement situé dans les pays du Sud. Il se déplace désormais vers les pays du Nord, qu’il s’agisse des sables bitumineux de l’Alberta, des gaz de schistes, de la promotion du tourisme de masse (par la construction d’aéroports ou de parcs de loisirs) ou encore du soutien aux projets d’agriculture industrielle (à Sivens comme avec la ferme des Mille Vaches). Ce qui se joue dans les ZAD est donc double : la résistance à l’extractivisme et l’invention ou la préfiguration d’autres modes de vie, d’un futur décarboné.

on peut observer des dynamiques similaires en Angleterre, en Allemagne, en Amérique du Nord. Il y a par ailleurs une histoire déjà ancienne de ces mobilisations (on peut penser aux mouvements anti-barrages en Inde, par exemple). En ce sens, on peut considérer qu’il s’agit d’un cycle global de mobilisations

On peut toutefois identifier quelques changements par rapport à la manière dont s’est construit le cycle précédent. Il y a dix ou quinze ans, les mobilisations altermondialistes étaient très largement transnationales (autour de sommets et de contre-sommets internationaux par exemple). Les luttes dont nous parlons sont beaucoup plus ancrées dans un territoire. Elles sont locales, sans toutefois que leurs acteurs renoncent à la solidarité et à l’échange entre enjeux, entre occupations, etc. Ce qui se joue c’est donc peut-être une nouvelle forme de construction des solidarités, qui ne seraient plus « transnationales », mais « translocales »

Leur indépendance et leur volonté de ne pas être récupérés sont au cœur même de leur pratique. Et c’est précisément ce qui fait peur aux élus : les zadistes leur “échappent”. Les autorités ont besoin de faire entrer dans des cases : soit ce sont des associations avec des porte-parole avec qui on peut discuter, soit ce sont des jeunes non organisés, donc dangereux

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Zone A Défendre

Site des occupant·e·s de la ZAD, territoire prévu pour la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

La ZAD, c’est pour les aménageurs la Zone d’Aménagement Différé ; pour nous une Zone À Défendre : un bout de campagne à quelques kilomètres de Nantes (Bretagne) qui devrait, pour les décideurs, laisser place à un aéroport international.

Leur projet est de construire une plate-forme économique « Grand Ouest » d’envergure internationale allant de Nantes à Saint-Nazaire, qui ne formeraient plus qu’une seule et grande métropole. La réalisation de cette plate-forme demande de maîtriser tant le ciel, la mer, que la terre à travers le remplacement de l’actuel aéroport de Nantes par un nouveau à Notre-Dame-des-Landes, mais aussi l’agrandissement du port de Saint-Nazaire, la construction de nouvelles routes et autoroutes…

Nos désirs, en venant habiter sur l’emplacement prévu de l’aéroport, sont multiples : habiter sur un territoire en lutte, ce qui permet d’être proches des personnes qui s’y opposent depuis 40 ans et de pouvoir agir en temps de travaux ; profiter d’espaces laissés à l’abandon pour apprendre à vivre ensemble, à cultiver la terre, à être plus autonomes vis à vis du système capitaliste.

Ce site recueille des voix du mouvement d’occupation. Des voix plutôt que la voix : nous sommes une multitudes de groupes et d’individus avec des idées communes mais aussi beaucoup de différences.

ZAD… chez Claude Guillon, Lignes de Force son nouveau "blogue généraliste"

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11 décembre 2014

à Lima le climat au climax : changeons le système, pas le climat infos

« Changeons le système, pas le climat » : 20 000 personnes manifestent à Lima Basta! 11 décembre

Environ 20 000 jeunes, femmes, paysans, populations autochtones, employés et syndicalistes, ont manifesté le 11 décembre dans les rues du centre-ville de Lima, au Pérou, qui accueille la conférence annuelle sur le climat. Ce pays, l’un des plus touchés par les dérèglements climatiques, a connu ce qui est sans doute sa plus grande manifestation pour la justice climatique de tous les temps. [...]

« Au Pérou, paysans et étudiants veulent « changer le système, pas le climat » Le Monde 11 décembre

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« la politique de l'Etat maltraite l'environnement en promouvant les industries d'extraction et en ignorant les droits des peuples indigènes »

cette phrase réunit tous les ingrédients des luttes contre le capital : l'Etat, le rapport à la nature, l'exploitation de classe, la race et naturellement en filigrane, le genre...

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la police est là, traversant le genre

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celà, nonobstant le caractère revendicatif (mais pas seulement) de cette lutte, nous amène un peu plus loin que le dernier mot de Roland Simon/Théorie communiste sur la question :

« Ce serait comme un tour de passe-passe que de faire passer une lutte salariale, même si elle très ample et très dure, pour un « mouvement révolutionnaire », de la même façon, il est faux de tomber dans la caractérisation de ce type d’autodéfense animé par des populations épuisées, comme d’un mouvement intrinsèquement révolutionnaire. Un tel tour de passe-passe peut naturellement avoir beau jeu de jouer sur la corde morale, opposant d’un côté « les Occidentaux privilégiés » et de l’autre les « damnés de la Terre » déjà prêts à faire la révolution. Mais un tel anti-impérialisme de seconde main est désormais hors d’usage. Qu’on le veuille ou non, nous ne pouvons oublier que ces mouvements se situent fréquemment, non dans un supposé mais inexistant en-dehors de la production et de la circulation de la valeur, mais effectivement à leurs marges, et parfois dans la défense des « petits mondes anciens » (coutumes ancestrales, etc.) que les rapports sociaux capitalistes sont en train de détruire ou ont déjà remodelés. Mais on ne peut vouloir la révolution communiste et être pour la conservation des petits mondes anciens; parce que s’il est vrai que le capitalisme les déstabilise, sa destruction révolutionnaire ne pourrait elle-même faire autrement. En même temps, il n’y a pas de sens à soutenir leur destruction capitaliste : nous pensons que ces mouvements devront être englobés et/ou réabsorbés (non sans conflits) par le mouvement pratique de destruction du capital, ce qui ne pourra se faire à force de manœuvres politiques (alliances léninistes ou démocratiques), ni par des mesures intermédiaires visant à approfondir la même prolétarisation forcée que le capital poursuit. Néanmoins, un tel processus ne pourra émaner que du cœur du mode de production (ce qui ne veut pas dire « Occident »), et non de ses marges. On ne peut mettre de côté l’extension toujours mondiale du système capitaliste et sa hiérarchisation : ainsi, une caissière, un enseignant ou un ouvrier, bien qu’étant tous des travailleurs salariés, n’ont pas la même possibilité d’intervenir sur la production de plus-value, de la même façon, une crise insurrectionnelle n’a pas la même portée et les mêmes conséquences sur le plan mondial, si elle a lieu au Kazakhstan ou en Allemagne (la question de savoir quel est le « maillon faible » reste d’actualité).» Saisir la question du communisme, dndf 22 novembre

c'est une analyse marxiste somme toute assez traditionnelle, quant à la centralité de l'extraction de la plus-value sur le dos de la classe ouvrière, mais qui me semble faire peu de cas de la rente foncière, de la formule trinitaire (ou tripartite selon les traductions)

Karl Marx Le Capital Livre III Le procès d'ensemble de la production capitaliste § 7 : Les revenus et leur source Chapître XLVIII : La formule tripartite

1 Capital-Profit (profit d'entreprise + intérêt), Terre-Rente, Travail-Salaire, telle est la formule tripartite qui exprime tous les secrets de la production sociale. Mais l'intérêt est en réalité le produit caractéristique du capital, par opposition au profit d'entreprise, qui en est indépendant et qui est le salaire du travail : la formule se ramène donc à Capital-Intérêt, Terre-Rente, Travail-Salaire, expression de laquelle est heureusement éliminé le profit, la forme caractéristique que revêt la plus-value dans la production capitaliste.

Quand on examine de près cette trinité économique, on constate que les trois sources de la richesse annuellement disponible appartiennent à des sphères disparates et qu'il n'y a pas plus d'analogie entre elles qu'entre la taxe notariale, les betteraves rouges et la musique. Capital, Terre, Travail ! Le capital est non un objet, mais un rapport social de la production, adéquat à une forme historiquement déterminée de la société et représenté par un objet, auquel il communique un caractère social spécifique. Il n'est pas la somme des moyens de production matériels qui ont été produits, mais le résultat de leur transformation, car en eux-mêmes ils sont aussi peu capital que l'or et l'argent sont par eux-mêmes monnaie. Le capital personnifie les moyens de production, parce que ceux-ci, qui sont monopolisés par une partie de la société, constituent une entité en opposition avec la force de travail vivante, et dans cette opposition, figurent non seulement les produits des travailleurs transformés en forces autonomes et dominant ceux qui les produisent, mais encore les forces sociales et la forme future.... [? illisible] de ce travail. De sorte que le capital est une forme sociale, mystérieuse à première vue, de l'un des facteurs d'un procès social de production créé par l’Histoire.

Et à côté du capital figure la terre, la nature inorganique, rudis indigestaque moles [2], dans toute sa primordialité. La valeur est constituée par du travail ; la plus-value ne peut donc pas être constituée par de la terre. La fertilité absolue de la terre n'a d'autre effet que de faire produire par un travail donné un produit déterminé, en rapport avec la fertilité naturelle du sol ; de sorte que la différence de fertilité d'une terre à l'autre se marque en ce que des quantités égales de travail et de capital, par conséquent les mêmes valeurs, s'expriment par des quantités différentes de produits, par des produits de valeurs différentes. L'égalisation de ces valeurs sous forme de valeurs du marché a pour effet que the advantages of fertile over inferior soil... are transferred from the cultivalor or consumer to the landlord [3] (Ricardo, Principles, p. 6).

Et enfin comme troisième élément de la trinité, un fantôme, « le » travail, qui n'est qu'une abstraction, qui pris en lui-même n’existe pas ou qui, lorsque nous prenons la (illisible), représente d'une manière générale l'acti­vité productive qui permet à l'homme de réagir sur la nature. Cette activité est non seulement dépouillée de toute forme et de toute caractéristique sociale, mais même dans son affirmation purement naturelle, elle est indépendante de la société, étrangère à toutes les sociétés et une manifestation vitale tant de l'homme primitif que de l'homme vivant en société.

2 Capital-Intérêt; Propriété foncière (propriété privée du globe terrestre, adéquate à la production capitaliste)-Rente, Travail salarié-Salaire : c'est sous cette forme qu'existe la connexion entre les sources du revenu. De même que le capital, le travail salarié et la propriété foncière sont des formes sociales historiques du travail et de la terre monopolisée ; toutes deux correspondent au capital et appartiennent à la même formation économique de la société.

Ce qui frappe d'abord dans cette formule, c'est que le capital s'y trouve juxtaposé à la terre et au travail : le Capital, la forme de l'un des éléments d'un système de production déterminé, propre à une phase historique du procès de production sociale ; la terre et le travail, deux éléments du procès de travail en lui-même, appartenant sous cette forme matérielle à tout système et tout procès de production, quelle que soit sa forme sociale. Ensuite le capital, la terre, le travail y figurent respectivement comme sources de l'intérêt (substitué au profit), de la rente et du salaire, leurs produits, leurs fruits. L'intérêt, la rente et le salaire sont trois parties de la valeur du produit : d'une manière générale des parties de valeur, et en argent des parties de prix. La formule : Capital-Intérêt est une formule du capital, bien que ce soit celle qui réponde le moins à la notion de ce dernier. Mais comment la terre peut-elle créer une valeur, c'est-à-dire une quantité socialement déterminée de travail et surtout comment peut-elle créer cette partie de la valeur de son produit qui constitue la rente ? La terre fonctionne comme agent de la production d'une valeur d'usage, d'un produit matériel, du blé, par exemple; mais elle n'intervient d'aucune manière dans la formation de la valeur du blé. Le blé n'a de la valeur que pour autant qu'il est l’expression matérielle d'une quantité déterminée de travail social, quelle que soit la matière dans laquelle ce travail est incorporé et quelle que soit la valeur d'usage de cette matière. Et ce principe n'est pas en contradiction : 1°) avec ce fait que dans des circonstances égales le bon marché ou la cherté du blé dépend de la fertilité de la terre ; car la productivité du travail agricole dépend de conditions naturelles, qui ont pour effet que la même quantité de travail peut être représentée par beaucoup ou peu de produits, par beaucoup ou peu de valeurs d'usage. La quantité de travail qui est représentée par une gerbe, dépend de la masse de la gerbe fournie par cette quantité de travail. La productivité de la terre intervient pour déterminer la masse de produit qui représente la valeur, mais la valeur est donnée et est indépendante de cette mesure. La valeur est représentée par la valeur d'usage et celle-ci est une condition de la création de la valeur , mais c'est une sottise d'opposer une valeur d'usage, la terre, à une valeur, qui en outre est une valeur spéciale. 2°) [Le manuscrit ne va pas plus loin].

ce que je ne comprends pas, c'est qu'on puisse considérer - [Théorie Communiste mais aussi bonne part des marxismes classiques en deça de Marx ] - la lutte contre l'appropriation capitaliste de la terre, que ce soit pour l'exploitation minière ou l'agriculture de subsistance, comme « conservation des petits mondes anciens », et tout miser sur la production de plus-value par l'exploitation, alors même que l'on voit dans celle-ci l'implication réciproque qui reproduit l'existence du prolétariat comme catégorie capitaliste

il ne m'apparaît pas que les luttes, ici (à Lima) rassemblées, ne font que défendre les « petits mondes anciens », sauf à le déduire des costumes traditionnels indiens dans un anti-folklorisme aussi stupide que le romantisme anti-Occident à juste titre critiqué. Naturellement, ce sont des luttes foncièrement revendicatrices et tournées vers l'Etat, mais ni plus ni moins que le sont les revendications ouvrières, jusqu'à ce qu'elles dépassent cette limite et cassent la règle du jeu dont le capital sort toujours vainqueur sur tous les terrains

« L’or du Pérou attire de nouveaux conquistadors » Basta! 9 septembre 2013

exemple, la lutte contre le projet Conga : « Le gigantesque projet minier risque de priver les populations locales de leurs ressources en eau » ("Les énormes besoins en eau de l'exploitation minière entrent en compétition avec les activités traditionnelles, agricoles et pastorales des communautés villageoises" Wikipedia)

on aura du mal à faire croire qu'il ne s'agit que de préserver l'ancien et qu'un enjeu communiste est « sa destruction révolutionnaire [qui] ne pourrait elle-même faire autrement » (Roland Simaon/TC), parce que là, ni en théorie ni en pratiques, nous ne serions dans le même camp

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« Ce sera l’une des plus grandes mines d’or du monde : le projet Conga, mené par l’entreprise états-unienne Newmont, dans laquelle BNP Paribas a investi via une filiale au Luxembourg. Le gigantesque projet minier risque de priver les populations locales de leurs ressources en eau. Et suscite de fortes mobilisations réprimées par les forces de l’ordre péruviennes… formées par la gendarmerie française. Un projet qui entache le mandat du président, Ollanta Humala, élu grâce à un programme de défense des paysans et du petit peuple. Reportage. »

« J’y vois enfin clair dans l’emmerdante question de la rente foncière » Lettre de Marx à Engels, le 18 juin 1864

sûrement n'y vois-je pas aussi clair que le prétendait Marx - cité par Nicolas Dessaux dans la rente foncière et l'Etat octobre 2011 Initiative Communiste Ouvrière - et comme tant de théoriciens disent aujourd'hui qu'il n'avait rien compris à la question foncière, on peut sans doute, comme pour la question féminine (le genre) faire, sinon sans lui, avec lui* au-delà. Toujours est-il que ce n'est pas qu'une question de compréhension à travers le meilleur exposé théorique possible, c'est comme le reste affaire de luttes, de luttes théorisantes, et pour l'heure, nous avons celle-ci sous les yeux...

* notamment avec ses considérations sur la commune rurale russe évoquées le 19 mai (plus bas)

PS : dans les luttes des ZAD (Zones à défendre), c'est aussi quelque chose de ce genre qui est en question, mais ça ne colle pas non plus avec le schéma marxiste de la centralité de classe comme seulement la classe productrice de plus-value dans les usines. Alors si je partage avec l'ex courant communisateur l'idée (le constat) que l'appartenance au prolétariat n'est plus qu'une contrainte extérieure, je ne vois pas comment on peut aussi manifestement dédaigner la question de la terre comme source de la vie, et l'ignorer comme une question fondamentale du communisme comme mouvement, dans une dialectique par définition négative et positive des combats contre le capital

29 novembre 2014

capitalisme = exploitation des humains et de la nature

Who Will Confront the Real Cause of Environmental Exploitation?
The Climate Crisis is Capitalism Rob Ury CounterPoint 21-23 novembre

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10 novembre

écologisme et critique radicale

Sivens : “La gendarmerie locale avait carte blanche depuis un mois” Les Inrocks 7 novembre

non, je ne suis pas tombé dans l'écologisme radical ou l'éco-socialisme, mais je retiens une question comme pertinente, suscitée par la montée en France de luttes écolo-radicales plus anciennes dans les pays anglo-saxons : Notre-Dame des Landes, Sivens, Ferme des 1000 vaches...

Rédacteur en chef de Reporterre.net, Hervé Kempf analyse la montée de la violence policière, l’exploitation médiatique de l’image du casseur et les tensions entre le pouvoir et les mouvements écologistes. Extrait :

Pourquoi selon vous la violence policière s’exerce-t-elle en particulier sur des mouvements écologistes depuis quelques années ?

Les mouvements écologistes sont plus dangereux pour le pouvoir que les mouvements sociaux. La gauche a déserté le terrain de la critique radicale du système, les lambeaux de la classe ouvrière s’asphyxient lentement, et la majorité des luttes sociales sont défensives, à quelques exceptions près, comme la belle bataille qui a été menée par les ouvriers de Fralib. Dans ce contexte de baisse de la radicalité de la protestation et de la critique sociales, qui met vraiment en danger dans son idéologie le système capitaliste, croissanciste et inégalitaire ? L’écologie politique, dès lors que, pour une large partie du mouvement écologiste, l’articulation entre justice sociale et crise écologique est clairement établie. Par ailleurs les conflits environnementaux remettent en cause des intérêts financiers forts. De ce point de vue, les luttes écologiques sont très gênantes pour le système, d’autant plus qu’elles proposent des alternatives concrètes.

alors oui, la question mérite d'être posée, mais pas en ces termes d'une alternative écolo-socialiste même radicale, et la séparant des questions de classe et de genre. Au demeurant, la métaphore du rose et du vert dans mes images ne vise pas tant les couleurs de la majorité gouvernementale actuelle que cette variante idéologique de l'alternative

en ce sens néanmoins, ces luttes sont intéressantes, sous l'angle d'un affrontement réel de l'écologisme radical avec le capital, plus que par les formes illusoires d'affrontement anar-police relayant l'activisme des Black Blocks d'il y a dix ans

Le capital s’en va aux champs Alban Pellegris Revue Contretemps

L’agriculture en France est longtemps restée à l’écart de la production capitaliste. Les grandes firmes et le salariat n’y jouent qu'un rôle périphérique car les exploitations familiales assurent l’essentiel de la production. Dans cette contribution, Alban Pellegris revient sur les raisons théoriques et historiques qui expliquent cette exception sectorielle et montre comment elle est en train de prendre fin.

15 septembre

de l'eau, des sous, et des 'hommes'

No water, no peace! States of emergency and water shut-offs in Detroit Libcom 31 août

pour situer, bien que d'un contenu citoyenniste discutable, un texte en français, Les élites de Detroit déclarent que « l’eau n’est pas un droit social » Le GrandSoir 31 juillet

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD... autres infos

j'écrivais le 5 septembre, à propos des discussions autour de Caliban et la sorcière : « Je ne lis pas dans le court texte de RS, ou seulement entre les lignes, une distinction claire entre les luttes telles quelles et les idéologies qui les recouvrent, souvent de l'extérieur et sans considération de ce qu'en pensent celles et ceux qui les mènent. » Detroit n'est pas Occupy et le combat des habitants pauvres de Detroit, même s'il est en essence revendicatif et citoyen, au nom des droits de l'homme à l'eau gratuite, ne s'inscrit pas d'abord dans un combat politique sous l'idéologie des 'communs'

peu importe le mot, cette sorte de luttes concerne directement la contradiction entre le capital et, pour faire court, la (sur)vie humaine. Il est évident qu'il s'agit de luttes de classes, et visible que les minorités non blanches y sont majoritaires...

c'est un exemple typique de lutte menée selon d'autres déterminations immédiates que la contradiction de l'exploitation au travail, ou que la domination de genre, et qui appelle en termes de théorisation communiste autre chose que de sempiternels rappels hors sol des structures du capitalisme, ou l'oubli que ces structures comportent aussi la rente : la terre, l'eau, l'air... 

que certain.e.s fassent l'impasse sur l'exploitation au travail comme fondement du capital ne justifie en rien de la faire soi-même en donneurs de leçons marxistes purs et durs créant la confusion sur ce que sont dans leurs totales déterminations les luttes de classes et de genre aujourd'hui

c'est un exemple typique de lutte menée selon d'autres déterminations immédiates que la contradiction de l'exploitation au travail, ou que la domination de genre, et qui appelle en termes de théorisation communiste autre chose que de sempiternels rappels hors sol des structures du capitalisme, ou l'oubli que ces structures comportent aussi la rente : la terre, l'eau, l'air... Ces luttes ne peuvent être d'un revers de main renvoyées, parce qu'elles portent sur les "communs" (l'air, l'eau, la terre...), à « l’idéologie des Commons [comme] énième variante de l’increvable idéologie de l’alternative » (Roland Simon de Théorie Communiste alias TC).  TC a-t-il jamais considéré les luttes revendicatives comme simplement contre-révolutionnaires, alors qu'elles portent en elles-mêmes une demande de solution capitaliste ? Non, il est question de révolution « dépassement produit » « sans transcroissance » sur la base de luttes de classes quotidiennes évoluant dans le cours de la crise du capital. Alors pourquoi ce qui vaut pour le rapport classique d'exploitation ne vaudrait pas pour un rapport plus large d'incompatibilité entre le capitalisme et la vie (humaine et au-delà) sur terre (et au-delà) ?

mais comme je l'ai montré dans critique du 'courant communisateur', Théorie Communiste est coincé (comme au demeurant Bruno Astarian encore plus muet sur ces questions).  Il ne peut à juste titre accumuler des contradictions mises sur le même plan comme dans une démarche intersectionnaliste indiscernante, ni procéder avec toutes les contradictions fondamentales du capitalisme comme avec le genre, dans un bricolage dialectique accommodant un corpus structuraliste de trente-cinq ans, ce qui ressemblerait furieusement à mon premier, dont à raison il ne veut pas. Alors pour l'heure Roland Simon botte en touches de façon caricaturale sur la race, la terre, les communs, et s'accommode, certes avec élégance, d'échanges sur dndf qui passent à côté de l'enjeu qu'il a lui-même placé au centre de ses alertes. Plus triste que ça, tu meurs en tant que théoricien

 

21 août

Class struggles, climate change, and the origins of modern agriculture Libcom 18 août

Class conflicts and colonial expansion in the context of the Little Ice Age* lead to the emergence of capitalist agriculture and the transformation of social relations on a world scale.

* « le Petit âge glaciaire est une période climatique froide survenue en Europe et en Amérique du Nord entre les années 1303 et 18602 approximativement. Elle se caractérise par des périodes d'avancées puis de maximum successifs des glaciers, auxquelles correspondent plusieurs minimums de températures moyennes très nets.»

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

Conclusion : From the point of view of agricultural transformation, the European enclosures and the plantation complexes in the Atlantic, Americas, and Western Pacific formed two sides of the same historical process. This was a widespread shift from subsistence to commodity production, entailing the bloody separation of the rural population from the soil. Climate change, in the form of the Little Ice Age, had caused crop failures, chronic food crises, and famines around the world. The societal responses to these crises were mediated by the extant social relations, institutions, and the balance of class forces. As the circuits of European merchant and banking capital sought new profits in the colonies, enclosures and clearances created a landless proletariat in Europe.

As the European empires expanded, they encountered empires facing crises of their own. This facilitated the conquests, which were invariably followed by massive depopulation through disease and intentional mass slaughter. Colonial genocide provided returns on capital which flowed back to Europe, finding profitable investment in the employment of the new proletariat. Thus the colonialism of the late feudal period and the transformations of early modern agriculture formed a feedback loop which gave rise to a new capitalist mode of production.

Henceforth agricultural production became increasingly commodity production, as subsistence producers were expropriated, exterminated, or pushed to the margins. While the story of capitalist agriculture certainly does not end here, the basic contours of the contemporary world agricultural system were all in place by the end of the Little Ice Age.

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8 août

contradiction interne + contradiction externe ?

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

La contradiction ou pourquoi il faut dépasser le capitalisme La Nouvelle Union 11 juillet 2014

Le capitalisme tombera, ceci est inévitable, mais il est possible qu’il entraîne l’espèce humaine avec lui. Bien des philosophes, des économistes, des sociologues, des historiens et d’autres intellectuels ont prédit que le capitalisme s’écroulerait par des contradictions internes.

Ils eurent tort, c’est un fait. Toutefois, d’autres penseurs, plus réalistes, nous mirent et nous mettent toujours en garde contre une contradiction externe qui guette le monde tel que nous le connaissons. Cette contradiction, c’est celle de la production effrénée contre l’environnement. Deux faits sont au cœur de cette contradiction : 1. Nous vivons sur une planète composée de ressources limitées, 2. Le capitalisme nécessite une croissance sans fin à défaut de quoi il tombe en crise.

Impossible de concilier ces deux faits, ils sont antagonistes et nous devons donc choisir. Voici la situation telle qu’elle s’offre à nous actuellement : sortir du capitalisme ou disparaître. C’est une lutte à mort entre l’écosystème et un système économique désuet. [...]

130 organisations écologistes prônent la fin du capitalisme (et du marché international du carbone) Express.be 24 juillet

Une conférence sur le changement climatique qui s’est tenue au Venezuela et impliquant environ 130 organisations écologistes s’est achevée sur un appel à l’abolition du capitalisme et au rejet des marchés d'émissions de dioxyde de carbone. « Les causes structurelles du changement climatique sont liées au système capitaliste hégémonique actuel », ont-elles conclu dans la « Déclaration de Margarita ». [...]

Une civilisation se termine et nous devons en bâtir une nouvelle we demain.fr 30 Juillet 2014

Le manifeste "Le dernier appel" a été lancé en Espagne pour alerter sur l’effondrement écologique et social à venir si rien n’est fait pour y remédier. Il a déjà reçu plus de 6 000 signatures et été diffusé au travers des réseaux sociaux et de la presse. Voici sa version française. [...]

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2 août 2014

La nature, enjeu des luttes ou construction idéologique ?

La nature n’existe pas, Paul Guillibert, Période, 30 juillet

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

« La nature n’est pas un terrain neutre, mais le nœud de conflits sociaux irréductibles. L’ouvrage de Razmig Keucheyan, « La nature est un champ de bataille », s’attache à déconstruire le discours de l’écologie politique dominante. Il y analyse en outre la place de l’écologie dans la réorganisation actuelle du capitalisme. En considérant l’environnement comme un lieu traversé par divers rapports de domination, Razmig Keucheyan s’attache à élaborer un concept de nature réinvesti par certaines problématiques issues de la théorie marxiste. Et c’est précisément cette perspective que se propose d’examiner Paul Guillibert dans cet article, en interrogeant le concept de nature ici mobilisé. [...]

Conclusion

Critiquer le caractère idéologique des discours écologistes dominants suppose d’en passer par une déconstruction du concept substantialiste de nature. La thèse selon laquelle ce concept est à la fois supposé et produit par le processus d’abstraction-échange et par la modélisation de la nature est l’une des thèses les plus originales et les plus fortes de l’ouvrage. Elle pourrait permettre d’expliquer l’origine matérielle du concept idéologique de nature et ainsi d’engager un débat extrêmement fructueux avec le pragmatisme. L’absence de distinction explicite entre le concept substantialiste de nature produit par l’abstraction-échange et le concept matérialiste d’une nature donnée dans le procès de travail conduit à un flottement concernant l’objet même de l’ouvrage : une critique de la marchandisation de la nature et de l’idéologie qui en est solidaire ou une critique de l’exploitation de l’environnement. Le choix des exemples et la méthodologie employée indique sans aucun doute qu’il s’agit bien d’une critique de la marchandisation de la nature et de l’idéologie écologiste.

On peut (et notre auteur nous y invite à plusieurs reprises, notamment dans le chapitre « L’écologie politique qui vient » et dans la conclusion du troisième chapitre) dégager des propositions négatives et positives pour une politique écologiste matérialiste. Elle doit, d’un point de vue idéologique, refuser l’idée que le rapport de l’homme à la nature transcenderait les rapports de production et les dominations de race, de classe et de genre. La préservation de la nature ne peut donc pas être un objectif des politiques écologistes radicales. Vouloir préserver la nature suppose d’appréhender l’environnement comme un domaine séparé du monde social et historique, alors qu’il est en permanence transformé et modifié par celui-ci. Une politique écologiste matérialiste doit, en revanche, du point de vue de la pratique, résister à l’exploitation capitaliste de l’environnement et permettre d’assurer les conditions de possibilité du « métabolisme sociétés-nature ».»

7 juillet

(sur)vivre en quasi- autarcie, une voie post-capitaliste ? réflexions improvisées

partant de cet échange sur forum.communisation, et bien que n'ayant pas particulièrement étudier le problème, j'essaye de reformuler quelques questions 

Re: milieu anarcho-autonome 07 Juil 2014 08:51

Petit-Moulin : - Est-ce que d'après toi il est possible de communiser imparfaitement une parcelle de ce monde, à défaut de le communiser effectivement dans et par une révolution?

Robin : - Je pense que pour le fait d'être un prolo, c'est n'avoir que trois (quatre) possibilité pour survire :
- vendre sa force de travail
- mendier sa croute (dans la rue, auprès d'une assistante sociale, auprès de sa famille...)
- commettre des actes illégaux pour vivre et risquer le retour de bâton policier-judiciaire.
- (accepter une certaine forme de misère matérielle et s'en débrouiller seul, à deux ou a plusieurs)

paysan.ne.s : prolos ou pas prolos ?

pauvre Robin qui s'acharne à montrer à juste titre que « les pratiques de ce milieu [anarcho-autonome] ne [sont pas] autre chose qu'une forme d'existence réelle de la contradiction en procès qu'est le MPC... que le fait de la juger par rapport à son caractère révolutionnaire ou pas ne peut être qu'un jugement interne à ses pratiques », et se retrouve avec ce sujet comme le plus lu et actif de son forum, dont l'objet autour de Sic ne pouvait qu'aboutir à ça

Robin partant de sa situation personnelle et française oublie qu'il existe encore dans le monde une proportion non négligeable de paysans, de communautés paysannes, qui vivent sinon en autarcie, du moins avec des échanges marchands extérieurs minimisés. En dehors des populations pour lesquelles c'est une tradition, un héritage ou la continuité de rapports sociaux pré-capitalistes, l'expulsion du prolétariat du champ salarial est une contrainte sociale qui pousse des groupes sociaux à rechercher leur auto-subsistance, et c'est le cas en partie de l'économie parallèle dans les bidonvilles et zones poubelles du capital...

parallèlement dans les pays industrialisés, en France par exemple, on observe depuis la fin des années soixante l'existence de personnes, familles, groupes plus ou moins nombreux qui tentent des expériences de « retour à la terre ». Elles sont ou non portées par une idéologie considérant qu'il s'agit d'une voie révolutionnaire. Elles existent comme faits sociaux avec toutes leurs contradictions économiques avant même de produire une idéologie de l'autonomie. Elles ne se réclament pas nécessairement de l'anarchie mais plus souvent d'écologie plus ou moins passéistes (mais qu'est-ce que le progrès ?)... Elles rencontrent la résistance de la petite paysannerie en voie de disparition

il semble difficile de trouver une frontière nette entre ce qui relève d'une contrainte et d'une nécessité de survie et ce qui relève d' « un choix de vivre autrement ». La situation sociale-économique étant créée, la différence s'estompe avec le temps selon la durée de ces communautés, et leurs rencontres éventuelles. Cette situation n'est jamais pure, toujours plus ou moins liée à des revenus en argent provenant du salariat, de l'assistance ou de l'économie parallèle ou illégale : les bidonvilles ne forment pas une planète à part, les communautés non plus

fait historique, social et économique produisant ses idéologies de résistance ou de dépassement du capital

si l'on veut se pencher sur la question comme fait social dans toute son ampleur, il faut cesser de la poser en relation avec « le milieu anarcho-autonome », car c'est le meilleur moyen pour en faire une question de choix personnels sur une base militante idéologique, un phénomène marginal dans le monde et propre aux sociétés industrielles. Il convient de partir des rapports sociaux-économiques eux-mêmes et de les examiner sous deux angles

1) mettant de côté dans un premier temps les idéologies porteuses ou produites, deux questions quant à l'existant :

- la réalité de non-échanges externes déterminés par les rapports sociaux capitalistes, c'est-à-dire la capacité de produire de quoi (sur)vivre de façon relativement autonome

- la réalité des rapports sociaux internes, en termes d'échanges économiques, d'organisation sociétale, de rapports d'exploitation et de domination, de hiérarchisation des tâches, de dominations diverses

2) interrogeant les perspectives de devenir, voire d'un chemin vers une forme de vie post-capitaliste, deux autres questions :

- en quoi ce phénomène est appelé à s'étendre ou à régresser comme le monde paysan depuis près de deux siècles, autrement dit le mouvement historique actuel est-il à un capitalisme en subsomption réelle plus total et/ou à une montée en puissance de ces tendances lui résistant

- quelles contradictions à l'œuvre en termes d'affrontements de classes et sont-elles porteuses d'écarts susceptibles de participer au dépassement des limites du capitalisme et des rapports d'échanges marchands ?

un rapprochement "communisateur" comme fait social particulier à part entière

il me semble pouvoir relever sur ces questions un défaut ou un déficit des théories de la communisation, sans doute par manque de connaissances vu l'origine sociale de ses fondateurs, et de par leur approche marxiste plutôt traditionnelle (post-prolétarienne et post-programmatiste, critique inachevée)

pauvres de nous « individus-du-capital » ! le milieu communisateur forme-t-il une planète à part ?

il semble que le rapprochement 'théoriciens'-'activistes' de Meeting et Sic, au-delà d'intérêts réciproques (diffuser ou utiliser la théorie) se soit fait aussi sur des bases d'origines sociales communes (couches moyennes ou déclassées selon les générations, chacune leur objectivisme), et constitue par conséquent un phénomène social et idéologique à part entière, aussi minuscule soit-il. Point aveugle non interrogé par manque de distanciation, et l'on peut étendre au milieu communisateur la remarque de Robin : les pratiques de ce "milieu communisateur" ne sont pas autre chose qu'une forme d'existence réelle de la contradiction en procès qu'est le MPC...

une question à creuser

n'ayant pas une grande connaissance de l'existant, je me propose dans les prochains mois de constituer des dossiers documentaires et d'avancer quelques réflexions sur le sujet

 

30 juin

Chinese peasant struggles from 1959 to 2014 Nao libcom 23 juin

Overview of the main forms of peasant collective action against capital and the state in China from 1959 to 2014, with a focus on the past two decades

19 mai

la commune rurale en ligne de mir

Karl Marx, Véra Zassoulitch et le populisme russe L'entreprise de l'impertinence 31 mars 2014

« Avant de devenir une insulte à la mode chez nos élites pour diaboliser toute référence au peuple, le populisme était entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle un mouvement révolutionnaire présent en Russie et aux Etats-Unis qui avait pour but d’adapter la théorie socialiste aux réalités populaires de ces pays. En effet, chez Karl Marx, le socialisme ne peut naître que dans une société capitaliste avancée et largement prolétarisée. Hors la Russie à cette époque est avant tout paysanne, pendant que les Etats-Unis sont principalement constitués de petits producteurs. Le mouvement Narodniki (= « gens du peuple » en russe), fondateur du Parti socialiste révolutionnaire (SR) – qui subira les foudres bolcheviks dans les années 1920 – et proche du mouvement anarchiste, entend fonder un socialisme paysan et anti-étatique en Russie.

Ancienne anarchiste devenue populiste et admiratrice de Karl Marx, dont elle a traduit de nombreuses œuvres en russe, Véra Zassoulitch écrit au philosophe allemand au nom de plusieurs révolutionnaires (dont Plékhanov, Axelrod et Deutsch) le 16 février 1881. Le but de cette lettre est d’obtenir des éclairages sur les perspectives de l’évolution historique de la Russie et notamment des communes rurales russes. Elle y écrit notamment :

« Mieux que quiconque, vous savez avec quelle urgence cette question se pose en Russie, et notamment à notre Parti socialiste « russe ». Ces  derniers temps, on a prétendu que la communauté rurale, étant une forme  archaïque, était vouée à la ruine par l’histoire. Parmi ceux qui prophétisent une telle issue, certains sont des « marxistes » qui se disent vos disciples… Vous comprenez donc, citoyen, quel grand service vous nous rendriez, si vous nous exposiez votre opinion sur les destins possibles de nos communautés rurales et sur la théorie qui veut que tous les peuples du monde soient contraints, par la nécessité historique, de parcourir toutes les phases de la production sociale. »

le projet de réponse intégral de Karl Marx, se termine sur ces lignes

« D’un côté la « commune rurale » est presque réduite à la dernière extrémité, et de l’autre une conspiration puissante se tient aux aguets afin de lui donner le coup de grâce. Pour sauver la commune russe, il faut une Révolution russe. Du reste, les détenteurs des forces politiques et sociales font de leur mieux pour préparer les masses à une telle catastrophe.

En même temps qu’on saigne et torture la commune, stérilise et paupérise sa terre, les laquais littéraires des « nouvelles colonnes de la société » désignent ironiquement les plaies qu’on lui a frappées comme autant de symptômes de sa décrépitude spontanée. On prétend qu’elle se meurt d’une mort naturelle et qu’on fera bonne besogne en abrégeant son agonie. Ici il ne s’agit plus d’un problème à résoudre ; il s’agit tout simplement d’un ennemi à battre. Pour sauver la commune russe, il faut une Révolution russe. Du reste, le gouvernement russe et les « nouvelles colonnes de la société » font de leur mieux pour préparer les masses à une telle catastrophe. Si la révolution se fait en temps opportun, si elle concentre toutes ses forces pour assurer l’essor libre de la commune rurale, celle-ci se développera bientôt comme élément régénérateur de la société russe et comme élément de supériorité sur les pays asservis par le régime capitaliste.»

 et finalement, la lettre

8 Mars 1881.
41, Maitland Park Road, London N.W.

Chère Citoyenne,

Une maladie de nerfs qui m’attaque périodiquement depuis les derniers dix ans, m’a empêchée de répondre plus tôt à votre lettre du 16-me (sic) février. Je regrette de ne pas pouvoir vous donner un exposé succinct et destiné à la publicité de la question que vous m’avez fait l’honneur de me proposer (sic). Il y a des mois que j’ai déjà promis un travail sur le même sujet au Comité de St. Pétersbourg. Cependant j’espère que quelques lignes suffiront de (sic) ne vous laisser aucun doute sur le malentendu à l’égard de ma soi-disant théorie.

En, analysant la genèse de la production capitaliste, je dis : « Au fond du système capitaliste il y a donc la séparation radicale du producteur d’avec les moyens de production... la base de toute cette évolution c’est l’expropriation des cultivateurs. Elle ne s’est encore accomplie d’une manière radicale qu’en Angleterre... Mais tous les autres pays de l’Europe occidentale parcourent le même mouvement ». (« Le Capital », édit. franç., p. 315).

La « fatalité historique » de ce mouvement est donc expressément restreinte aux pays de l’Europe occidentale. Le pourquoi de cette restriction est indiqué dans ce passage du ch. XXXII : « La propriété privée, fondée sur le travail personnel... va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l’exploitation du travail d’autrui, sur le salariat ». (l. c., p. 340).

Dans ce mouvement occidental il s’agit donc de la transformation d’une forme de propriété privée en une autre forme de propriété privée. Chez les paysans russes on aurait au contraire à transformer leur propriété commune en propriété privée. L’analyse donnée dans le « Capital » n’offre donc de raisons ni pour ni contre la vitalité de la commune rurale, mais l’étude spéciale que j’en ai faite, et dont j’ai cherché les matériaux dans les sources originales, m’a convaincu que cette commune est le point d’appui de la régénération sociale en Russie ; mais afin qu’elle puisse fonctionner comme tel, il faudrait d’abord éliminer les influences délétères qui l’assaillent de tous les côtés et ensuite lui assurer les conditions normales d’un développement spontané.

J’ai l’honneur, chère Citoyenne, d’être votre tout dévoué.

Karl Marx

 

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD... Moscou 1925 le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD... 

Kondratiev exécuté en 1938, Chayanov en 1938, sont réhabilités en 1987. Le second est traduit en français en 1989, sauf l'étude ci-dessous...

THEORIE  DES  SYSTÈMES  ÉCONOMIQUES NON-CAPITALISTES PDF Alexandre  CHAYANOV Traduit  par  Ph. COUTY ORSTOM  Dakar Mars 1970

Avant-propos

Alexandre CHAYAXOV (1888-1939) est l'auteur d'un ouvrage théorique sur l'économie  paysanne,  publié  à Mosccu  en  1925.  Ce  l i v r e  a  é t é   traduit  en  anglais  en  1966,  à  l'instigation de l'American Economic Association

Une  première version de ce texte avait  été  publiée  dès 1923 à Berlin en langue allemande. Les deux  ouvrages  sont  peu  connus  en  Europe  et  aux Etats-Unis,  alors  qu'ils ont rencontré un vif succés en d'autres parties du monde, et notamment au Japon.  Pourtant,  comme l'écrit  Daniel THORNER dans son  introduction à l'édition américaine de 1966, beaucoup  de ceux  qui  cherchent à comprendre  le  cmportement économique de la paysannerie semblent ignorer qu'ils s'attaquent à des questions traitées depuis 1860 par  plusieurs générations  d'économistes russes. Les problèmes auxquels sont confrontés les économistes dans des pays tels que le Brésil, le Mexique, la Turquie,  le Nigéria,  l'Inde et l'Indonesie  ressemblent de manière frappante à ceux qui étaient à l'ordre du jour en Russie depuis l'émancipation des serfs de 1861 jusqu'à la collectivisation de l'agriculture à la fin des années 20.

S'appuyant sur un ensemble unique au monde d'enquêtes économiques et statistiques lancées par les Zemstvos et réalisées de 1870 à 1914, CHAYANOV élabore  :
- une théorie du comportement paysan au niveau familial (micro-économique)
- une théorie macro-économique, l'économie paysanne constitue un système économique à part,  système  non-capitaliste trouvant sa place dans l'économie nationale
La première de  ces  théories est exposée dans l'ouvrage de 1925, la  seconde dans un texte plus court,  intitulé "Théorie des  systèmes  économiques  non-capitalistes". C'est ce  texte  qu'on peut lire ci-après (PDF) traduit  in-extenso d'aprés la version anglaise de l'American Economic Association.

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Théorie Communiste : « achever la 'prolétarisation' des paysans ruinés du tiers-monde » ? Les communisateurs veulent-ils parachever le travail du  capital avant de l'abolir ?

« La gratuité, l’absence complète de comptabilité de quoi que ce soit, est l’axe autour duquel la communauté révolutionnaire se construit, seule la gratuité peut permettre de rassembler toutes les couches sociales non directement prolétaires qui se délitent dans l’hyper crise, et ainsi d’intégrer/abolir les individus non directement prolétaires, tous les « sans-réserve » (y compris ceux que l’activité révolutionnaire aura réduits à cette condition), les chômeurs, les paysans ruinés du « tiers monde », les masses de l’économie informelle. Il s’agit de dissoudre ces masses en tant que couches moyennes, en tant que paysans, de briser les relations de dépendance personnelle entre « patrons » et « salariés » ou la situation de « petit producteur indépendant » à l’intérieur de l’économie informelle, en prenant des mesures communistes concrètes qui contraignent toutes ces couches à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire achever leur "prolétarisation" » Bernard Lyon Communisation vs socialisation. Le pas suspendu de la communisation juin 2009

l'implication réciproque absolue, une utopie communiste ou capitaliste ?

« Il s'agit tout d'abord, pour le Capital en marche vers son utopie, mais en crise, de transformer l'humanité réelle en une espèce qui lui soit enfin pleinement adéquate, et rien d'autre. Cela signifie tenter d'achever sa prolétarisation forcée de ses servants, pour en faire une seule et unique masse de réserve mondiale, uniformément disponible. Mais aussi, utopie oblige, dresser haut la statue de ce zombi, afin que tous ne rêvent que de cet Homme nouveau, et se précipitent d'eux-mêmes vers l'avenir radieux enfin promis... » Homo œconomicus, Le Communisme de marché, de l'utopie marxiste à l'utopie mondialiste, Flora Montcorbier 2000 p.125 [en laissant à l'auteure la responsabilité de son titre]

pourquoi vouloir prolétariser dans la communisation ceux qui ne l'ont pas encore été par le capital et qui se battent pour ne pas l'être ? Sur quels critères seraient-ils moins potentiellement révolutionnaires que les « vrais prolétaires », dont on ne sait plus très bien qui ils sont, au-delà des « travailleurs productifs », dont les luttes indiquent massivement jusque-là qu'ils veulent plutôt conserver leur boulot et leurs usines, quitte à auto-gérer la pollution  ? Les paysans ne sont-ils pas, « dans un rapport au capital social » différent mais non moins « situation objective »,  des travailleurs re-productifs ?

« si chaque prolétaire à un rapport formellement identique à son capital particulier, il n’a pas, selon qu’il est un travailleur productif ou non, le même rapport au capital social (il ne s’agit pas de conscience, mais d’une situation objective). S’il n’y avait pas, au centre de la lutte des classes, la contradiction que représente le travail productif, pour le mode de production capitaliste et pour le prolétariat, nous ne pourrions pas parler de révolution (elle serait quelque chose d’exogène au mode de production, au mieux une utopie, au pire rien).» Roland Simon le plancher de verre

encore une fois, ayant défini de façon étroite la totalité du mode de production capitaliste - pourtant dit en «subsomption réelle » - ce qui n'entre pas dans cette définition structuraliste ne peut être qu'« exogène »

la séparation entre les prolétaires productifs et les paysans est devenue le plancher de terre de la théorie communiste

la plupart des théoriciens communistes sont, en Occident, des urbains. Au-delà de porter des slips fabriqués dans les usines du monde, se nourrissent-ils de concepts ?

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accumulation primitive sommaire (de documents)

Trois milliards de paysans nourrissent le monde

1er indicateur : le nombre d'agriculteurs

La carte ci-dessous fait état d'un écart croissant entre une population agricole déclinante au Nord, des suites du productivisme, et un nombre croissant d'agriculteurs au Sud, notamment en Asie et en Afrique. Selon Jean-Paul Charvet :

"S’ils ne représentent plus que 2 % de la population active en Amérique du Nord ou en Allemagne et 3 % en France ou aux Pays-Bas, les agriculteurs regroupent encore 54 % de la population active asiatique et plus de 55 % de la population active africaine".

Cette progression dans les continents indiens et africains explique que le nombre d'agriculteurs dans le monde ait augmenté de façon continue, passant de "de 900 millions à la fin années 1960 à 1 milliard 350 000 millions actuellement, ce qui correspond à une population agricole de plus de 2 milliards 600 millions de personnes."  Source

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD... source

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

Depuis 2006, ce sont près de 30 M ha de terres, l’équivalent de la SAU (Surface Agricole Utile) française, qui ont fait l’objet de transactions dans le monde. L’hectare devient un actif à la mode. Des financiers comme George Soros, des fonds spéculatifs comme Altima ou Quantum font de la terre leur placement spéculatif favori face à la volatilité des marchés céréaliers. La variété et l’imprécision des chiffres fournis donnent la mesure du phénomène : peut-on parler de 20 M ha, comme l’évaluent la Banque mondiale et la FAO (Food and Agriculture Organisation) ? De 10 M ha cédés dans le seul sud du Sahara en 2008, de 30 M ha ou de 45 M ha en 2009 dans cette même zone ? Ces seules imprécisions valent aveu de confusion, de précipitation sur cette nouvelle richesse. Après le pétrole, les minerais, les terres rares, les minerais stratégiques : les terres agricoles à cultiver, voilà le nouveau mot d’ordre !

nouvel enjeu de la mondialisation Alain Nonjon 1er juillet 2011

un livre parmi d'autres : Avec les paysans du monde / Comment ils sont victimes du capitalisme / Comment ils lui résistent / Comment ils cherchent, avec beaucoup d'autres, à le dépasser

le plancher de terre : écologie radicale, luttes paysannes, environnement, ZAD...

La Via Campesuna Mouvement paysan international

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et particulièrement la rubrique Femmes, par exemple Nous luttons contre le capitalisme, le patriarcat et pour nos droits ! 7 mars 2014

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Riches heures, labeurs, valeurs, malheurs...

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16 avril

The Communist Hypothesis and Revolutionary Capitalisms: Exploring the Idea of Communist Geographies for the Twenty-First Century Erik Swyngedouw 2010 Noel Castree, Paul Chatterton, Nik Heynen, Wendy Larner and Melissa W. Wright

This essay starts from the presumption that “the communist hypothesis” is still a good one, but argues that the idea of communism requires urgent re-thinking in light of both the “obscure” disaster of twentieth century really existing socialism and the specific conditions of twenty-first century capitalism. I explore the contours of the communist hypothesis, chart the characteristics of the revolutionary capitalism of the twenty-first century and consider how our present predicament relates to the urgency of rethinking and reviving the communist hypothesis. Throughout, I tentatively suggest a number of avenues that require urgent intellectual and theoretical attention and interrogate the present condition in light of the possibilities for creating communist geographies for the twenty-first century

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Nature and its more recent derivatives, like ‘environment’ or ‘sustainability’, are ‘empty’ signifiers. There is no such thing as a singular Nature around which an environmental policy or an environmentally sensitive planning/architecture can be constructed and performed. Rather, there are a multitude of natures and a multitude of existing, possible or practical socio-natural relations. The obsession with a singular Nature that requires ‘sustaining’ or, at least, ‘managing’, is sustained by a particular ‘quilting’ of Nature that forecloses asking political questions about immediately and really possible alternative socio-natural arrangements. I conclude with a call for a politicization of the environment, one that is predicated upon the recognition of the indeterminacy of nature, the constitutive split of the people, the unconditional democratic demand of political equality, and the real possibility for the inauguration of different possible public socio-ecological futures that express the democratic presumptions of freedom and equality.

12 avril

une critique révolutionnaire du concept de 'genre' texte complet dans LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 12 avril

Les « Féministes autonomes » latino-américaines et caribéennes : vingt ans de critique de la coopération au développement Jules Falguet Recherches féministes, vol. 24, 2011 : 39-58

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d'une grande richesse concrète et théorique, ce mouvement bolivien nous en apporte une nouvelle confirmation : d'une façon générale, la question des classes et celle du genre sont posées par et dans les luttes en lien avec la question raciale. Prendre ces questions deux à deux hors de la troisième n'a pas de sens dans les luttes réelles, et l'on voit clairement les impasses dans lesquelles sont conduites les luttes exclusivement classistes, féministes, raciales ou communautaristes. Voir aussi communisme : genre, classe, 'race', documents

cet exemple sud-américain vient à point nommer souligner qu'on ne saurait avoir de ces questions une approche d'abord théorique, par exemple en terme d'articulations dans la structure du capital, ou d'intersectionnalités à construire par des études universitaires : ces luttes sont plus que théorisantes pour le compte de théoriciens, elles formulent et expriment leur propre théorie au sein de leur activité

Mujeres Creando espagnol français anglais un site des photos des textes

« Notre féminisme est "dépatriarcalisateur".  C’est  pourquoi  il  est  décolonisateur, "déshétérosexualisateur", antimachiste, anticlassiste et antiraciste. » Une caractéristique notable de ce mouvement est de ne pas devoir son origine au black feminism nord-américain, pour des raisons non seulement linguistique. C'est une volonté de « poser le féminisme (communautaire) comme une solution globale pour l’ensemble de l’humanité ». Il tranche fortement avec le féminisme français a-classiste quand, avec "la question du voile", il alimente l'anti-islamisme au coude à coude avec les laïcistes souchiens, et au-delà le néo-racisme envers tous les migrant·e·s, une question loin d'opposer la gauche et la droite, même extrême, entre discours et politiques réelles, comme en témoigne "la question rom"

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9 mars 2014

la terre, le sang, la vie, les femmes... qui en connaît la valeur, qui n'a pas de prix ? il m'amuse d'engager cette 'discussion' par un quartolet qui passera aux oreilles des sourds pour naturaliste ou essentialiste, et aux yeux des cons pour un credo écolo-pétainiste

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qui n'y verrait de ma part qu'une provocation de plus sous-estimerait mon sérieux

le texte de Silvia Federici 2004, cité plus bas, WOMEN, LAND STRUGGLES, AND GLOBALIZATION: AN INTERNATIONAL PERSPECTIVE, commence par ces lignes :

Women Keep the World Alive

Until recently, issues relating to land and land struggles would have failed to generate much interest among most North Americans, unless they were farmers or descendants of the American Indians for whom the importance of land as the foundation of life is still paramount, culturally at least. For many land issues seemed to have receded to a vanishing past.

In the aftermath of massive urbanization, land no longer appeared to be the fundamental means of reproduction, and new industrial technologies claimed to provide the power, self-reliance, and creativity that people once associated with self-provisioning and small-scale farming.

This has been a great loss, if only because this amnesia has created a world where the most basic questions about our existence—where our food comes from, whether it nourishes us or instead, poisons our bodies—remain unanswered and often unasked. This indifference to land among urban dwellers is coming to an end, however. Concern for the genetic engineering of agricultural crops and the ecological impact of the destruction of the tropical forests, together with the example offered by the struggles of indigenous people, such as the Zapatistas who have risen up in arms to oppose land privatization, have created a new awareness in Europe and North America about the importance of the “land question,” not long ago still identified as a “Third World” issue.

As a result of this conceptual shift it is now recognized that land is not a largelyirrelevant “factor of production” in modern capitalism. Land is the material basis for women’s subsistence work, which is the main source of “food security” for millions of people across the planet. Against this background, I look at the struggles that women are making worldwide not only to reappropriate land, but to boost subsistence farming and a noncommercial use of natural resources. These efforts are extremely important not only because thanks to them billions of people are able to survive, but because they point to the changes that we have to make if we are to construct a society where reproducing ourselves does not comes at the expense of other people nor presents a threat to the continuation of life on the planet

traduction approximative

les femmes gardent le monde vivant

Jusqu'à tout récemment, les questions relatives aux terres et aux luttes pour la terre auraient échoué à générer l'intérêt de la plupart des nord-américains, à moins qu'ils n'aient été agriculteurs ou descendants des Indiens américains, pour lesquels l'importance de la terre comme fondement de la vie est toujours primordiale, culturellement au moins. Pour bon nombre, poser la question des terres, c'était reculer à un passé en voie de disparition. À la suite de l'urbanisation massive, la terre n'est plus apparu comme le moyen fondamental de reproduction [...]

Cela a été plus qu'une grande perte, car cette amnésie a créé un monde où les questions les plus fondamentales de notre existence - provenance de notre nourriture, qui au lieu de nous nourrir empoisonne notre corps — restent sans réponse...

Cette indifférence à la terre chez les citadins touche cependant à sa fin... une nouvelle prise de conscience en Europe et en Amérique du Nord, sur l'importance de la question des terres, pas seulement comme un problème du «tiers-monde».

À la suite de ce changement conceptuel, on reconnaît maintenant que la terre n'est pas un « facteur de production » irrelevant dans le capitalisme moderne. La terre est la base matérielle pour le travail de subsistance des femmes, qui est la principale source de « sécurité alimentaire » pour des millions de personnes à travers la planète. Dans ce contexte, je regarde les luttes des femmes dans le monde entier non seulement pour se réapproprier la terre, mais aussi pour stimuler l'agriculture de subsistance et l'utilisation non commerciale des ressources naturelles.Ces efforts sont extrêmement importants non seulement parce que grâce à cela, des milliards d'êtres humains sont capables de survivre, mais parce qu'ils pointent vers les changements que nous devons faire si nous voulons construire une société où nous reproduire n'est pas aux dépens d'autrui ni constitue une menace pour la continuation de la vie sur la planète.

les femmes ne sont pas considérées, comme dans la contradiction de genre selon TC/Théorie Communiste, comme seulement utiles au capital pour «la reproduction de la principale force productive, la population», mais au-delà pour la perpétuation de l'espèce malgré et contre le capitalisme destructeur, en quoi il faut considérer aussi la guerre, encore une affaire d'hommes (sur la guerre, on peut se reporter au texte du même ouvrage de 2012, Revolution at Point Zero, WAR, GLOBALIZATION, AND REPRODUCTION 2000, PDF p.76-84). C'est bien pourquoi l'approche de TC est confirmée comme une vision d'homme, une façon de parler des femmes comme aucune n'en parle, sauf précisément celles qui rejettent purement et simplement cette condition, au-delà de ses attributs sociaux, et de ceux qui ont annoncé l'Insurrection qui détruira les hommes et les femmes...

à l'ère de menace du vivant dans laquelle nous sommes, c'est au-delà du mode de production que se pose plus qu'une question d'«humanité», en terme d'espèce humaine, qu'on la voit sauvée par une révolution à titre humain ou prolétarien, deux faces d'un même anthropocentrisme

sur le sang et l'invention de la distinction sociale hommes-femmes, avec Françoise Héritier (citations par Bertrand Oglivie, Par delà masculin et féminin, de l'ouvrage Masculin/Féminin, I Penser la différence 1999 II Dissoudre la hiérarchie 2002)

«La différence biologique suffit-elle pour fonder la domination masculine ? […] À cette question, je réponds "oui". Oui, la différence biologique a suffi et suffit encore pour fonder la domination masculine. Mais "fonder", au sens d'établir et de maintenir, non au sens de justifier. La mise en évidence des ressorts de cette domination nous éclaire, non sur l'existence d'un destin immuable, naturel, éternel, inquestionnable et sacré, mais sur le caractère contingent d'une histoire qui a dépendu de l'observation du réel, certes, d'interrogations métaphysiques et de constructions mentales découlant de ces observations et aboutissant à créer des systèmes de représentations durables, mais observations et interrogations conduites avec les seuls moyens fournis par les sens, dont on peut penser légitimement qu'ils ne sont plus suffisants aujourd'hui même pour la simple description du réel» (p.198-99).

«L'inégalité n'est pas un effet de la nature. Elle a été mise en place par la symbolisation dès les temps originels de l'espèce humaine à partir de l'observation et de l'interprétation des faits biologiques notables. Cette symbolisation est fondatrice de l'ordre social et des clivages mentaux qui sont toujours présents, même dans les sociétés occidentales les plus développées. C'est une vision très archaïque, qui n'est pas inaltérable pour autant»

Certes le matériau ethnologique permet de repérer une différence entre la perte irrépressible et régulière du sang menstruel chez la femme et la perte provoquée et aléatoire du sang par les hommes engagés dans des combats ou des accidents de chasse. Mais en quoi, considérée en elle-même, cette différence est-elle susceptible de valorisation ?

«Cela supposait, toute réflexion faite, qu'existât déjà dans les esprits une symbolique de hiérarchisation où le caractère "actif" était supérieur en valeur au caractère "passif", subi. Or cette opération de valorisation symbolique hiérarchisée ne peut être normalement que l'effet de l'observation de la différence sexuée et non un préalable à cette observation, laquelle est en effet à l'origine des catégorisations binaires, tant abstraites que concrètes qui nous servent à penser»(p.10). Françoise Héritier, qui considère que l'un de ses «principaux apports est d'avoir introduit la question du corps dans la réflexion anthropologique»(p.123), radicalisant son analyse, situait l'origine ultime de cette hiérarchie dans la «fécondité féminine», c'est-à-dire dans le fait que la femme, reproductrice du vivant, apparaît immédiatement comme lieu et enjeu de pouvoir, territoire sous haute surveillance, et donc comme exposée à une mainmise, «appropriation qui entérine d'un seul coup pour les femmes la perte de la liberté»(p.10)

défendre la vie n'est être 'humaniste' ni positivement ni négativement

ce n'est donc pas par une sorte de vitalisme humaniste, tel qu'on l'a reproché à Raoul Vaneigem (surtout après l'Internationale situationniste) voire Edgar Morin (après La Méthode, Terre-Patrie, 1993), que j'ai conçu et intitulé mon manifeste de poche le CAPITAL CONTRE le VIVANT, la RÉVOLUTION POUR la VIE, comme pourraient le penser ceux qui me considèrent comme un «poète» au sens commun du gars qui rêve avec de bonnes intentions, mais qui n'aurait pas, justement, les pieds sur terre

mon approche est parfaitement fondée, si l'on y tient, en «théorie», et cohérente avec nombre d'autres quant à des constats qui ne sont pas même effleurés par le «courant communisateur» tout à son attente du jour J où son prolétariat engagera  immédiatement la révolution, franchissant le pas à condition de bien s'«articuler» avec la «contradiction de genre»

positivité du communisme : sauver la terre, les enfants, la vie...

il y a quelques années, toujours aux prises (de bec) avec TC, j'avais ouvert la question de la positivité du communisme, dont on voit ici une illustration essentielle à travers l'approche de Silvia Federici : par leurs combats pour «garder le monde vivant», les femmes sont de plein pied dans l'invention concrète d'un post-capitalisme qu'on n'imagine pas, de ce point de vue, sortir de la contradiction prolétariat-capital en tant que telle

la scission continue dans le mouvement féministe et dans la théorisation communiste

qu'on la pose ou non en termes de genre, cette dimension dépasse la seule lutte pour abolir les différences hiérarchiques entre hommes et femmes. Elle est au contraire fondée sur ce qui est une caractéristique continue dans l'histoire de l'activité des femmes, en relation avec la terre ou les enfants

ce n'est peut-être pas le rêve des féministes de couches moyennes ou bourgeoises qui entendent faire carrière à égalité avec les hommes, focalisées sur le partage ou le sous-traitage des tâches des domestiques à la nouvelle caste de leurs esclaves démocratisé·e·s à la grecque, mais en attendant qu'on prouve par a+b que celà relèverait d'une vision naturaliste-essentialiste, des femmes dans le monde mènent ce combat sans leçons théoriques : c'est comme ça

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Women struggle to secure land rights  2012 AfricaRenewall

India: Women’s social and economic conditions, struggles for land and women’s resistance 2010 Frontlines of Revolutionary Struggle

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The Mapuche's Struggle for the land novembre 2013 Counterpunch

Hong-Kong Women Working for Justice 2012 Kairos Canada