anti-journal > 11 mars 2014

 

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anti-journal > 11 mars 2014 

(de Camatte à Théorie Communiste en passant par Temps Critiques), « Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie »

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1587
mais n'oubliez pas les épines

« Ils cherchent, ils attendent de ces bosquets perdus sous les feux du risque une femme qui n’y soit pas tombée, une femme de propos délibérée, une femme ayant de la vie un sens si large, une femme si vraiment prête à tout, qu’elle vaille enfin la peine de bouleverser l’univers. » Aragon Le Paysan de Paris 1927

« Est nègre une large catégorie de l’humanité qu’on pourrait qualifier de subalterne » Achille Mbembe Critique de la raison nègre 2013

anti-journal > 11 mars 2014 « Within some walls of stone
Another world is waiting for it's own
Another time, another world, another world »
Abbey Lincoln
Another World Music

suite de anti-journal > 27 février 2014

11 mars 2014

avec Anselm Jappe Être libres pour la libération ? Wertkritik

je ne rate décidément pas une occasion de me faire condamner «ex-communiste dans l'intermonde» par mes ex-camarades de tous bords et débords, mais croyez-moi, je ne le fais pas exprès. Ainsi suis-je tombé, dans mon tour habituel des blogs où l'on trouve encore quelque chose à se mettre sous la dent, sur un texte d'Anselm Jappe, récemment fustigé pour son appartenance au cercle de la Wertkritik Critique de la valeur, ces bons à rien qui ne voit dans le capitalisme qu'un automate, et rien en face

Anselm Jappe donc, à qui je dois d'avoir, dans les années 90, commencé à comprendre Debord (voir Dépasser Debord et ses critiques post-prolétariennes, texte non relu peut-être bourré d'âneries ?), avec une communication au Mexique en 2012

j'en recopie quelques mots qui font écho à mes réflexions précédentes, des passages choisis donc, quitte à les remplir autrement que ne le fait leur auteur, dont je laisse de côté aussi le plus théorique, sur la valeur et la marchandise, pour éviter de focaliser l'attention sur la polémique post-marxiste sur l'essence du capitalisme :

« La technophilie sous des formes renouvelées apparaît aujourd'hui moins «ringarde» que le projet de «prendre le pouvoir» et constitue peut-être un obstacle majeur pour une rupture profonde avec la logique du capitalisme. Cependant, la diffusion de propositions comme la décroissance, l'éco-socialisme, l'écologie radicale, le retour des mouvements paysans dans le monde entier, etc., indiquent, dans toutes leur hétérogénéité et avec toutes leurs limites, qu'une certaine partie des mouvements de contestation actuels ne veut pas confier au progrès technique la tâche de nous acheminer vers une société émancipée. Et c'est encore une bonne nouvelle...

« Je dirais donc qu'il existe actuellement, en principe, une clarté plus grande sur les contours d'une véritable alternative au capitalisme.»

« Si nous sommes donc un peu plus assurés qu’auparavant que le capitalisme est en crise, et s’il y a un peu plus de clarté sur les alternatives, il se pose la question suivante : comment y arriver ? Je ne veux pas me livrer ici à des considérations stratégiques, ou pseudo-stratégiques, mais me demander plutôt quel genre de femmes et d’hommes pourront accomplir la transformation sociale nécessaire. C’est ici que gît le lièvre. En effet, pour le dire tout de suite, on a souvent l’impression que la véritable «régression anthropologique» causée par le capital, surtout pendant les dernières décennies, a également frappé ceux qui pourraient ou voudraient s’opposer à lui.»

[...]

« Dans les révolutions classiques, et au plus haut point dans la Révolution espagnole de 1936, le capitalisme était combattu par des populations qui le vivaient comme une extériorité, une imposition, une invasion. Ils lui opposaient des valeurs, des manières de vivre, des conceptions de la vie humaine tout autres; ils constituaient, bon gré mal gré (il ne faut quand même pas les idéaliser), une alternative 'qualitative' à la société capitaliste. Et, qu'ils l'admettent ou pas, ces mouvements tiraient une grande partie de leur force de leur ancrage dans des habitudes pré-capitalistes : dans l'aptitude au don, à la générosité, à la vie en collectif, au mépris de la richesse matérielle comme fin en soi, à une autre conception du temps... Marx même a dû admettre à la fin de sa vie que les restes de l'ancienne propriété collective de la terre présents en son temps chez de nombreux peuples constituent une base pour une société communiste future. Comme on le sait, même aujourd'hui ces restes existent encore, surtout chez les peuples indigènes de l'Amérique latine, et je vous laisse décider s'ils peuvent constituer une base pour une société future émancpée qui plonde ses racines dans le passé (mais j'imagine que votre réponse est oui...).

« Si cela peut constituer une lueur d'espoir, il faut reconnaître que cela signifie que presque partout ailleurs, dans les pays dits «développés » comme dans les mégalopoles du reste du monde, et jusqu'aux campagne reculées, les individus vivent de moins en moins la marchandise omniprésente comme un assujettissement étranger à leurs traditions, mais, tout au contraire, comme un objet de désir. Leurs revendications portent alors essentiellement sur les conditions de leur participation à ce règne, comme cela a déjà été le cas pour le mouvement ouvrier classqiue. Que ce soit sous la forme d'un conflit salarié médiatisé par les syndicats ou d'une émeute de banlieue, la question porte presque toujours sur l'accès à la richesses marchande. Cet accès est souvent nécessaire pour survivre dans la société marchande, on ne peut en douter - mais il est également avéré que ces luttes ne posent pas l'exigence de dépasser le système actuel et de créer une autre manière de vivre. À beaucoup d'égards, l'individu appartenant aux sociétés «développées» d'aujourd'hui semble plus loin que jamais d'une solution émancipatrice. Il lui manque les présupposés subjectifs d'une libération, et donc aussi le désir de celle-ci, parce qu'il a intériorisé le mode de vie capitaliste (concurrence, vitesse, succès, etc.). Ses contestations regardent en général la peur d'être exclu de ce mode de vie, ou de ne pas y arriver; beaucoup plus rarement son rejet pur et simple.

Les mouvements de contestation qui apparaissent en ce moment sur la scène ne sont pas dépourvus d'une certaine ambiguïté. Très souvent, les gens protestent simplement parce que le système ne tient pas ses promesses; ainsi ils manifestent pour la défense du statu quo, ou plutôt du statu quo ante.

[...]

Ce qu'on peut faire aujourd'hui, c'est donc essentiellement ceci : œuvrer pour que les contestations, qui de toute manière ne manqueront pas de naître, empruntent le bon chemin. Il est sûr que la présence d'éléments résiduels des sociétés pré-capitalistes peut beaucoup contribuer à faire choisir le bon chemin. »

Au moins est-il clair que des convergences - comme dirait Jacques Camatte - se dessinent sans besoin d'échanges privés ou de débats publics, et que ces propos d'Anselm Jappe rejoignent tout naturellement le travail au long cours de Silvia Federici, et ce que j'ai cru bon de prolonger ici en termes plus communs dans la sphère post-marxiste, en termes de révolution communiste

la 'théorie' doit être dé-faite par tous, non par un

« Un jour, aux abords d'un village, j'ai rencontré un homme, un révolutionnaire, qui a dit qu'il était dans la forêt depuis trente ans. Il exagérait sans doute, mais il y était depuis très longtemps. Son engagement remontait à la précédente révolution. Cette révolution-là s'était éteinte de longue date, mais il avait continué. C'était devenu un mode de vie pour lui, se cacher, faire semblant d'être un villageois. Comme l'ascète d'un vieux conte, dans son ermitage en forêt. Ou comme Robinson Crusoé, se nourrissant des ressources de la nature. Cet homme était un fou. Telle une pendule cassée, son cerveau avait cessé de fonctionner et il vivait toujours avec les idées qu'il avait en tête quand la pendule s'était arrêtée, indiquant la même heure indéfiniment. Ces idées étaient très pointues, on aurait cru entendre un homme sain d'esprit. Il y avait des gens de ce genre dans la prison. Je pouvais toujours prendre du recul face à ma situation. Mais, par moments, je sentais que j'étais en train de changer. Toute cette aventure était tellement étrange, un tel enchaînement d'épisodes irréels, que j'aurais fini par devenir aussi fou que les autres, je crois. Le cerveau est fragile, et l'homme peut s'adapter à toutes sortes de situations. Est-ce que ça a été pareil pour toi ? Au moins d'une certaine manière ? »
V.S. Naipaul Semences magiques 2004 Plon 2005 p. 177-178

« Et pourtant un si grand nombre d'entre vous ne vivent pas dans ce monde. Vous vous contentez de lui rendre visite et vous choisissez, à la place, de vivre dans un monde de mots, de théories. Vous êtes coincés, prisonniers de votre langage, otages de votre obsession de comprendre. Les théories mènent votre monde, et elles vont le détruire.» 
James Sallis 'Le tueur se meurt' Rivages/Thriller 2013 p.192

des centres du monde

la difficulté, dans un monde qui n'a pas de centre, plutôt des centres partout, est de parvenir à les tenir ensemble, dans leur unité présupposée comme un tout. Bien sûr il en a toujours été ainsi, et les plus grands penseurs furent aussi les plus grands voyageurs, même quand leur monde était plus petit. Mais aujourd'hui, avec la globalisation, le monde terrestre a trouvé une forte unité, la totalité une certaine efficience et bien que la «domination réelle du capital» ne soit pas absolue, contrairement à ce qu'en disent les caricatures théoriques*, le 'global' détermine le 'local', plus que l'inverse dans ses diversités qui sans doute caractérise·ro·nt les communismes...

* de Camatte à Théorie Communiste en passant par Temps Critiques, qui pense comme cela vit en réalité de façon plutôt confortable et, bourré de mauvaise conscience, tente de se pardonner à ses yeux en s'agitant dans «un monde de théories» (James Sallis). Au bout du compte je suis persuadé, pour autant qu'ils soient intelligents, qu'ils ne se considèrent pas ou plus comme communistes. Au demeurant, ce n'est pas faire insulte à ceux que j'ai nommés, puisqu'ils l'ont écrit ou laissé entendre. Mais pour ceux dont c'est le cas, que la ramènent-ils encore de ce point de vue ?

personnellement, je suis sans doute truffé de doutes, mais une chose dont je ne doute pas, c'est d'en être, non pour mériter une médaille, mais parce que je ne sais pas vivre sans. M'étant coupé volontairement de tous faux-semblants sociétaux, ma seule raison d'exister socialement est d'en sortir, ou de n'y retourner que pour en découdre. En attendant je vis aussi dans un monde de mots, mais ce sont d'abord les mots des autres. Mots de maux et merveilles, je suis des autres

au bout du compte et des décomptes, comme disait Marx, «il n'y a que la lutte», mais s'il n'y a pas qu'une manière de lutter. La théorie séparée est pire fuite que «quitter ce monde» de façon pratique. Et donc, comme prédit par James Sallis, leur monde de théories est détruit avant d'avoir dans le monde réel détruit ou construit quoi que ce soit, sauf leurs adeptes

quoi qu'il en soit il reste impossible d'avoir seul, d'exprimer seul, cette totalité. Pour en rendre compte, il faut respecter cette pluralité de points de vue, avec ce que Brecht appelait «Verfremdungseffect», la «distanciation», littéralement «effet d'étrangeté», qui ne vaut pas que pour le théâtre. C'est une bonne posture pour comprendre «de l'intérieur», si l'on ne l'a pas vécu, comment un événement local est événement mondial

voyager vs voyager

il existe, à deux extrêmes, deux façons de voyager pour connaître le monde. Au sens propre, parcourir le monde et y vivre des vies enracinées socialement, à l'opposer du tourisme. Avec les livres, qu'ils soient récits, romans, mémoires, essais, sociologies, histoire... La seconde est la mienne pour diverses raisons, à commencer par le peu de moyens et d'envie pour la première, puis le goût et le faible coût des livres, qu'on trouve dans les bibliothèques. On peut s'y immerger dans le point de vue de qui a vécu des situations ici ou loin, hier ou il y a deux mille ans, toutes choses inconnaissables par le 'vrai' voyage, même avec tout le temps et l'argent possibles. Pour beaucoup, Marx tenait de ces deux formes de «voyages» pour lui contraints, comme pour Lénine, mais parfois choisis chez des Gandhi, Jacques London, Orwell, ou Silvia Federici : voilà d'où provient autant leur profondeur de vue que leur largeur de champ

tout peut faire 'théorie' sauf la théorie même

certains doivent penser qu'introduire la littérature, l'art, des vies personnelles... dans une approche théorique, cela n'est pas sérieux, relève du subjectivisme ou je ne sais quoi («l'individu du capital» je t'en foutrais...), mais pas de la théorie «scientifique», qu'ils imaginent être le «matérialisme historique et dialectique» de Marx, qui n'a pourtant pas inventé cette formule, pas plus qu'il n'a jamais nommé son œuvre 'théorie'. Mais observons comment Marx s'y prenait lui-même, en érudit de toutes littératures, des Grecs à son ami le poète Heine en passant par Shakespeare, Goethe ou Diderot. Marx l'exilé, le proscrit en Europe, Marx en Algérie... Outre qu'il se destinait d'abord à une carrière littéraire, il y fait référence dans toute son œuvre. Voici un extrait des «Manuscrits de 1844», sur l'argent, avec Shakespeare et Goethe, le passage «Pouvoir de l’argent dans la société bourgeoise»

ma démarche consiste donc à utiliser des articles, interviews, témoignages aussi près possible de ce qui est vécu aux quatre coins du monde, autant que des analyses interprétant la réalité à travers un prisme idéologique, politique, etc. mais aussi des livres d'écrivain·e·s, en tant que tels et dans le texte, s'en m'en laisser compter par leur réputation politique ou tel aspect peu reluisant de leurs vies (par exemple, en exergue aujourd'hui, V.S. Naipaul). Depuis une quarantaine d'années, je lis des romans de tous temps et partout, américains blancs ou noirs, antillais, sud-américains, japonais, chinois, indiens, égyptiens, algériens, sénégalais, sud-africains, irlandais, suédois, russes, turques, etc.

l'individualité-l'identité hors d'elle-même

ma façon de penser est définitivement hors de moi-même, je n'ai plus de centre en tant qu'individu français moyen souchien, sauf d'un point de vue physiologique, et je me tiens à distance de la pollution mentale inévitable par les relations de ceux qui me ressembleraient socialement, leur préférant mon entourage immédiat dans le quartier. Dans un cercle d'un kilomètre se côtoient Turcs (restaurants), Pakistanais (commerces), Juifs (école confessionnelle régionale), Arabes (commerces, cité), Maliens (foyer), Roms (camp Montreuil), Africains d'origine (cités, ami·e·s), pauvres Blancs et Blancs moyens souvent âgés, nouveaux arrivés 'bobos' envahissant le quartier de leurs 4/4, de leurs systèmes de sécurité et de leur prétention à en faire un lieu de vie à leur mesure

politique de la relation

il est infiniment plus facile, du moins pour moi, de parler avec tous sauf ces derniers à tronches de premiers de la classe, qui m'insupportent par leur fausse simplicité. Si l'on constate de plus en plus d'agressivité à Paris ou dans les transports en commun, ici je ne la ressens pas, ou pas de la même façon. L'agressivité verbale des jeunes est un code à traverser, et je suppose avoir un 'don' pour ça, je peux leur parler et je n'ai jamais eu d'ennuis, y compris en conchiant l'équipe de France de fat boule au bas de la cage d'escalier, et alors que je n'ai ni un courage ni des moyens physqiues au-dessus de la moyenne. Le «respect» comme ils disent, on le sent chez qui le porte en lui, le mépris ou la peur aussi. En tous cas, ils peuvent être grossiers, je les trouve beaucoup moins vulgaires, dans la conception que j'en ai, que ceux qui croient posséder quelque chose de mieux, et aspirent à plus ou à le conserver : être des couches moyennes, c'est aussi et peut-être surtout de l'ordre de la psychologie sociale, selon d'où l'on descend et ce qu'on croit être monter

comme on l'a vu pour la Bosnie, l'Ukraine, Nantes ou Oakland, le fait d'être sur place, d'assister ou de participer aux événements est intéressant comme compte-rendu des faits, sous réserve des interprétations, qui partent en tous sens

convergences produites

ainsi peut-on voir chez Jura Libertaire, quant aux néo-nazis à Maiden ou dans le nouveau gouvernement, une position qui n'est pas éloignée de celle d'un Bernard Henri-Levy, et quant à Nantes, le nec plus ultra de la lutte "anti-fasciste", mais rien quant à ce qui apparente fascisme et démocratie dans l'Etat du Capital. On ne sort guère du proudhonisme bien français, qui place la critique de la politique au-dessus de celle de l'économie politique. Ce n'est pas pour autant qu'on puisse s'abstenir d'analyses politiques, dès lors qu'elles portent des enjeux de classes plus ou moins transparents. Bon exemple dont s'inspirer, le 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte, de notre cher Karl, ce shakespearien méconnu

langage de la séparation : une solution intellectuelle à un problème social, ça n'existe pas

de même on l'aura remarqué, je déteste les discours théoriques dans le langage qui distingue et sépare les intellectuels de professions, à de remarquables exceptions près, moins souvent chez ceux de formation littéraire ou philosophique. Les chercheurs scientifiques sont généralement plus authentiquement profonds, plus concrets, moins portés à généraliser de façon abstraite (ainsi hier sur France Culture, un chercheur du CNRS parlant des animaux, du traitement des animaux par les humains dans l'histoire, et allant le mettre en relation avec les classes exploitées ou les femmes / un autre de nouvelles sciences physiques, et du fait qu'on ne peut pas toujours distinguer solides et liquides, par exemple le sable, qui s'acoule bien qu'on marche dessus sans s'enliser / puissante métaphore quand à la pensée qui classe, sépare, tranche dans ce qu'elle croit maîtriser)

on peut connaître par cœur Molière ou Chamfort, et ne pas se sentir concerné. La plupart ne sont pas conscients du mépris réel que transpirent leurs textes, leur façon de parler, leurs poses modestes, dans l'ambition qu'ils ont de paraître sérieux et, bien que beaucoup ne décollent pas d'une médiocrité qui les aveugle, celle d'être respecter dans leur milieu d'abord, celui de l'Université, c'est-à-dire majoritairement de la pensée idéologique d'Etat, et d'une posture surplombante, qui les plombe, en fait des êtres lourds et vaniteux. Ils n'y peuvent rien, sauf à choisir de rompre, plus difficile que de donner le change

aucun problème auxquels nous sommes socialement confrontés n'est d'essence intellectuelle, n'a de solution intellectuelle séparée. Utilisé séparément, tout ce qui en relève est bon pour la corbeille à papier

travaillez chez l'ennemi social c'est travailler pour lui

alors entre eux, ils font comme si, nous prenant pour des demeurés du fait même de nos langages (le mien n'étant certes pas des «quartiers»), voire de nos insultes, parce qu'à défaut des coups de pied aux fesses, que méritent ces Tartuffe post-post-modernes, qui nous intiment sans le dire de la fermer... Tous ces professeurs sortis de l'école pour y retourner et parler de leur haut quelle qu'en soit la hauteur - du professeur de collège au collège de France -, ne sortant pas de leur bulle et de leur boucle, corps enseignant d'un corps qui ne saigne pas

par les limites faire parler limites

ce n'est pas vrai que des prolétaires, mais les intellos ne laissnet pas entendre que leur sentence s'appliquerait à eux-mêmes, et pourtant dans l'Etat pour lequel ils ont quasi tous officié, bonjour les dégâts ! Pour en sortir il n'y a qu'en sortir, et c'est en cela de même qu'il n'est pas correct de critiquer ceux qui cherchent à «quitter ce monde», à construire leur monde. Ceux-ci ne peuvent certes pas refaire le monde, mais ils se coltinent mieux que d'autres ses limites, et en ceci acquièrent une expérience concrète des possibles, plus loin que des impossibles décrétés par principe théorique. Contrairement à la formule de Roland Simon, il y va bien plus que de «modes de vie», comme si les uns ou les autres se mesuraient à la même aulne, et selon qu'on les aurait ou pas choisis, ce qui ne vaut qu'un temps

ceux qui tentent de s'échapper par tous les moyens sont au cœur d'un problème avec le capital, qui devient un problème du capital. Ils méritent pour cela d'abord notre respect, ensuite plus que notre intérêt, notre empathie et notre sympathie sans condescendance. J'ai pu m'y livrer, je le regrette et j'en suis revenu

contre les saintes thèses

pour en revenir à ce que je fais, sans doute peut-il exister un stade ultérieur de synthèse, mais il ne va pas sans risque de repasser au broyeur centrifuge la richesse des points de vue, de redonner un centre unique à ce qui n'en a pas, ce que je me refuse à faire, ce que font la plupart des théoriciens, qu'ils s'expriment en leur nom ou pire de façon impersonnelle. Or, s'il ne saurait y avoir une direction centrale, mondiale, au mouvement du communisme, s'en donner un pour la théorie relève de la même faute, étant de plus contradiction dans les termes, faisant en théorie le contraire de ce qu'on prétend enseigner à d'autres de faire en pratique. Je suis bien conscient que cela rend difficile la compréhension de mes considérations diverses et de natures variables d'un texte à l'autre. Difficile de suivre. Mais qu'on y réfléchisse, pas plus ardu que s'approprier un langage auto-référentiel de concepts tels qu'en usage chez les philosophes, sauf le genre Nietzsche, Benjamin, Cioran...

que faire d'Althusser, Deleuze, Derrida, ou Roland Simon, sinon passer son temps à ingurgiter de la bouillie épaisse pour en chier des débris à penser à la place des autres, qui de ce fait ne pensent plus par eux-mêmes, mais suivent leurs maîtres à ne pas penser comme chiens en laisses. Concernant le premier et le dernier, quelle plus belle trahison de l'esprit de Marx ?

lunettes d'hier lorgnettes d'hiver et sornettes diverses

des décennies à penser que tout se ramènerait à opposer révolution «à titre prolétarien» et «à titre humain», je crois bien, cf le révolutionnaire de Naipaul, qu'il faut être fou, fou de langage et fou de théorie, surtout quand on voit qu'au bout du compte, ce ne sont que les deux faces d'une même monnaie anthropocentriste et d'un occidentalo-centrisme qui s'ignorent, et que le monde capitaliste a produit des luttes de bonne surprise que, le nez sur leurs nombrils du monde avec leurs lunettes d'hier, ils n'ont pas vu venir

traversée du problème communiste

peut-être prendrai-je le temps, quand j'aurai avancé vers quelque chose de plus limpide en moi, d'écrire sinon une synthèse, un résumé du parcours suivi depuis que j'ai découvert le communisme, peu après 68, toujours avec quelque retard à l'allumage de mes neurones. Mais je pense que ce 'retard' m'a permis de vivre en leur temps et le mien, de penser/traverser toutes ces problématiques comme de l'intérieur et finalement sans œillères que passagères. J'aurai commis/compris toutes les erreurs comme d'abord les miennes, alors une de plus, bof... Ainsi n'ai-je jamais récité ni les positions du PCF ni celles de Théorie Communiste. Je ferais un très mauvais militant, car je n'essaye pas ou plus de convaincre, mais saisir plus que comprendre même, et donner à penser. C'est déjà beaucoup

une 'synthèse', un résumé aurait ainsi pour objectif de ramasser de façon claire ce que fut ce chemin d'élaborations depuis les quelques mois où j'ai remis, plus sérieusement que jamais, la main à la pâte

je suis loin d'être incompréhensible, mais qui ne cherche qu'à comprendre n'a rien compris, c'est le problème de la raison, comme dit l'autre viré par le cerbère de dndf, L'Hameunasse de In Limine. À considérer certains liens qui ne pose pas de problème à ce chien de garde des textes sacrés, il faut croire qu'il enrage, dans sa cage à moine haut

aussi est-il impossible de me suivre, de trouver ici une quelconque clôture, une exemplarité, mais seulement quelque inspiration, quelque respiration. L'enjeu est d'être performatif, et n'en déplaise à Jacques Guigou ce faux poète m'as-tu-vu, c'est en ce sens que la révolution sera poétique ou ne sera pas

sur le fil du temps

qui ne l'a pas suivi pourra revenir sur les aléas de ce parcours en funambule, en accéléré sur le fil dense du temps présent, toujours au risque d'un déséquilibre, d'une chute fatale dans le trop d'importance accordé à tel événement ou à la pensée de tel autre

au final, l'important est de savoir où nous en sommes, avec quelles oreilles entendre et quels yeux observer, dans un large panoramique, ce qui est là qui vient, nous fournit des repères, des critères, nous procure des pensées fûtées des armes affûtées, et nous confère, en tant que communiste avec ou sans ce nom, des tâches immédiates, qui que nous soyons où que nous soyons, mais toujours en situation de faire quelque chose plutôt que rien

non aux mano-manies

s'il est une chose que j'ai en horreur, chez moi comme chez les autres, c'est la mono-manie, ne se consacrer qu'à une dimension de la vie, et se contenter d'effleurer les autres. Je ne suis pas bon en tout, mais tout ce que j'ai fait, je l'ai pris au sérieux sans me prendre au sérieux. J'ai donc apprisen amateur mais de façon assez investie, y consacrant assez de temps, pour faire de la musique en musicien, de la peinture en peintre, de la poésie en poète, militer en syndicaliste, aimer en amoureux, jardiner en passionné, cuisiner en gourmet, écrit en écrivain... mais sans doute pas théoriser en théoricien, car ce qui distingue le concept de théorie de tous ce qui précède, c'est qu'elle ne fait pas

les mono-maniaques de quoi que ce soit sont des infirmes, comme ceux qui considèrent que les arts, la musique, la poésie ou le bricolage sont des domaines mineurs de la vie, et qui placent de fait la pensée à un étage supérieur, passant à côté du fait que dans ses activités en particulier et dans la vie en général, rien n'est séparé

des coups de pieds aux cultes !

les théoriciens marxistes peuvent réciter la 11ème thèse sur Feuerbach, selon laquelle on ne comprend que ce qu'on transforme, et passer leur vie à tenter de comprendre ce que transforment les autres... pour ensuite leur laisser croire qu'ils seraient du même mouvement ? mais qui, ayant ou n'ayant pas lu Marx, le croirait, alors qu'eux-mêmes ne s'en adminstrent la «preuve» qu'à grand renfort non de pratiques, mais de méta-théorie ?

un bon conseil ?

«camarades» et ami·e·s d'un potlatch authentique, que vous soyez théoriciens ou praticiens cultivés en théories scienteuses et sentencieuses au pas cadencé sans danser, protégez-vous, libérez-vous de ces fatras une bonne fois pour toutes. Ce sera difficile au début, mais vous ne vous en porterez que mieux, et vous vous rendrez alors plus utiles à tous

 

poèmes 2014

flûte sous la lune

douce nuit du rossignol

à l'aube s'est tue

haïku, Tenka, Senryu... formes japonaises ou dérivées

depuis quelques jours, un rossignol philomèle se met à chanter vers 2 heures du matin, et n'arrête plus avant le jour levé. L'endroit est pourtant plutôt urbanisé, mais si je n'ai en guise de jardin qu'une terrasse utilisée comme tel, il en est tout alentour du bâtiment. Étrange alchimie de sentiments entre bonheur physiologique et ne pas fermer l'œil de la nuit. Mes rythmes sont absolument décalés d'un jour à l'autre, je dors quand le sommeil me prend, présent pour les repas communs, que demander de plus ?

le rossignol philomèle est très courant en France, mais peu observable, sinon par son chant, un des plus variés qui soit


10 mars

homme blanc d'Occident, ta communisation fout le campsansmeeting texte complet dans Critique du 'Courant communisateur'

à propos de SIC n°2 en français

un capitalisme en crise, mais sans femme ni genre, ni reproduction
la forme d'une théorie change moins vite que celle des luttes théorisantes
des luttes paysannes au cœur de la production/reproduction
une théorie post-prolétarienne d'homme blancs
plus de moteur dans l'essence du 'courant communisateur'

rupture dans la théorie de la communisation : le communisme 'troisième courant' textes 2007-2014

dans ma grande modestie, je n'hésite pas à considérer que la rupture que j'initie, ici et maintenant, est aussi importante que celle qui est à l'origine, dans l'ultra-gauche d'après 68, du concept de communisation, donnant ce titre à l'ouvrage de Senonevero par François Danel, Rupture dans la théorie de la révolution, et comme je ne suis plus à un détournement près...

anti-journal > 11 mars 2014 il va falloir franchir le pas...

les petits textes successifs que je présente depuis le début de l'année ont amorcé et précisé en chemin une nouvelle perspective révolutionnaire locale et globale, sur tous les fronts où l'heure est à combattre le capitalisme pour pouvoir un jour l'abattre

cette perspective remet en cause tant les tabous conceptuels et les alliances politiques historiques de l'altermondialisme démocratique, que ceux du 'courant communisateur' appuyés sur le corpus de Théorie Communiste

il n'est donc pas surprenant que cette refondation générale rencontre un silence général de la part des ténors de ces deux idéologies, l'alternative ou la révolution, en ce qu'elles ont désormais prouvé leur manque de pertinence et leur impuissance, et brident de ce fait la possibilité d'ouvrir d'autres voies tant à la théorisation qu'aux luttes : être bousculé dans ses fondements n'est pas agréable, j'en sais quelque chose, mais bon, choisir c'est renoncer : l'égo et la messe en latin ou prendre la porte et l'avenir à bras le corps, les vieux copains ou la rupture

ces 'thèses', sans être à proprement parler théoriques, ni être formulées à ce stade comme synthèse - compte tenu de ma manière initiatique de penser/élaborer qui n'a rien de la tradition livresque universitaire ou autre -, ces thèses seront un jour ou l'autre incontournables, non qu'elles descendraient du ciel d'une pensée géniale, mais parce que

mes propositions sont en prise d'une part sur le moment présent du capitalisme et les caractéristiques des luttes partout dans le monde, dont j'ai fourni de multiples témoignages, d'autre part critiques sur tous les fronts de l'éventail de ce qui se présente sous le nom de communisme, que ce soit pour en montrer les impasses ('l'alternative' anticapitaliste démocratique autant que le 'courant communisateur', sans parler du 'programmatisme ouvrier'), ou pour en retenir la puissance analytique ou subjectivante (Silvia Federici, Achille Mbembé...), dans un prolongement des fondements critiques du mode de production capitaliste par Marx

révolution ? communisation vs alternative ? ou comment la communisation 'troisième courant' ouvre son chemin au présent

texte complet dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

« Les communistes [...] mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat [...] ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité » Marx-Engels, Manifeste du Parti Communiste, 1848

la communisation vers une refondation, l'alternative anticapitaliste vers une scission
des luttes «ex-communistes dans l'intermonde» ou des luttes concrètes théorisantes pour la révolution dans le moment présent ?

allusion au texte de SIC n°1 Les ex-communistes de Marcel Crusoe dans l’Intermonde, de Per Henriksson, juillet 2010 « Avec leurs vieux échos cammattiens les dissidents veulent « quitter ce monde » ; ils essayent de nous faire croire qu’ils l’ont déjà fait, et agissent eux-mêmes comme si c’était le cas. Au bout du compte, cependant, ce qu’ils veulent supplanter, abolir et détruire, etc. (volonté et besoin que je partage, comme beaucoup d’autres), c’est la détermination capitaliste historique des relations sociales. Je suis cependant assez sûr que ce processus révolutionnaire sera tout sauf un match de football, une transition latente ou un thé dansant (et aucun « Potlatch immédiatiste » dans le sens anarchiste à la Hakim Bey.»

autant dire que le sectarisme se porte bien en Suède comme partout (ex-communier, le plus vieux métier du monde ? voir plus bas 14 février), et nul doute que renversant le Potlatch en Patlotch, prétendant remettre Camatte sur ses pieds, et abandonnant le noyau dur de la communisation strictement immédiate et prolétarienne, nombre (relativement au milieu) d'ex-"camarades" me considèrent comme un «ex-communiste», mais il leur faudra ajouter à leur liste d'ex- Silvia Federici et surtout toutes les femmes qui se battent au quotidien pour sauver leurs terres, leurs vies et celles des leurs, le vivant leur environnement par là-même notre «commun» : un nouveau racisme ? Au point où en est SIC, sic, leur revue internationalisme pour la communisation, je ne crains pas de déferlantes de Vikings

dans et hors l'alternative
une «défaisance» immédiate du rapport de genre ?
une destruction de la séparation public-privé ?
l'alternative en ses limites
le schéma communisateur ébranlé
des luttes qui portent au-delà de l'anti-capitalisme de l'alternative : le concept de 'communisation' miné
TC : la théorie de l'autruche
un 'troisième courant' théorique de la communisation est bel et bien en jeu
c'est pourquoi votre fille est muette
ruptures dans la continuité au présent ?
ouverture pour une autre conception de la révolution communiste

9 mars

revanche

à Bobby Lapointe Revanche

vous m'auriez donc pris
pour un Jacques

et péri maître
en jacquerie

n'aimez-vous point mes jeux de mots vieux ?
facile ? votre monde est-il neuf ?

de vos savoirs vous voilà veufs
je rions de vous savants pieux

Jacques a tant dit
que j'entendîmes

n'attendez plus de moi la dîme
je nous paierons plus que vos têtes

et vous rembourserez mes dettes
en me priant d'en rire en rime

et jacquerie
car Jacques en rit

FoSoBo 9 mars 20:32

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 hot dog

la danse du balai

traîne sur place
un parfum désuet
de suaire
sans sueur

mémoire fait défaut
l'identité perdure
en conjections fétides
se retrouve sans être
dans ses corps en décombres

il pleut des algues vertes
sur la plage du verbe

en messages codés
j'envoie des étincelles
reçues d'une inconnue
volant sur un balai
comme on danse à Bali

craignez hommes en armes
sur vos scènes en toc
de choir dans votre vide
un poignard dans le bide

et qu'un rien vous antique
et que tout vous échappe
et que nous soyons tout

FoSoBo 9 mars 18:16

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Tomoe Gozen

révolution ? le vivant resaisi du mort

« Outre les maux de l'époque actuelle, nous avons à supporter une longue série de maux héréditaires provenant de la végétation continue de modes de production qui ont vécu, avec la suite des rapports politiques et sociaux à contretemps qu'ils engendrent. Nous avons à souffrir non seulement de la part des vivants, mais encore de la part des morts. Le mort saisit le vif ! »
Karl Marx,
Préface à la première édition du Capital 1867

le moment vient poser nouvellement ses questions : pourquoi une révolution est-elle nécessaire, rupture dans la continuité ? pourquoi ne plus la représenter comme saut dans l'inconnu d'après capitalisme, fantasme romantique et nihiliste, radical se payant de mots ? comment la positivité du combat communiste franchit-elle le pas d'abolir la négation capitaliste ? et si se présentaient d'autres écarts déjà-là mais non vus, non attendus, non entendus dans l'amnésie de qui oublie le mouvement de la vie, du vif qui met à mort sa mort ? des écarts qui ne portent pas à détruire seulement mais à « se construire le monde » par, dans et pour la sauvegarde du vivant ?

poèmes 2014

« Le froid et le silence. Les cendres du monde défunt emportées çà et là dans le vide sur les vents froids et profanes. Emportées au loin et dispersées et emportées encore plus loin. Toute chose coupée de son fondement. Sans support dans l'air chargé de cendre. Soutenue par un souffle, tremblante et brève.
Si seulement mon cœur était de pierre.»
Cormac McCarthy, La route

pourtant tourne le vent

sous le vent d'Est en Ouest
sur la table s'efface
l'étiquette du temps

brûlés décors de fermes
des corps de femmes fument
la langue encore vive
en mots d'amours d'hier

sous le vent d'Est en Ouest 
le soleil prend son bain à l'envers 
sur la nappe entre les bulles rouges
du cloaque

les moteurs sont éteints
dans l'essence du crime
aux reflets d'ors en flaques

sous le vent d'Est en Ouest
grenouille dans la boue un homme
à l'air de parenté avec un autre
white and black

qui marche à nos côtés
sans peur ni pompe
ou raison de périr
sous le vent d'Est en Ouest

sur la main du cadavre
un papillon se pose
alors ce chant d'oiseau

sur le vent d'Ouest en Est

FoSoBo 9 mars 2014 17:26 Poèmes 2014

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Gabby Steel

« Elle - Je connais ta manière de réfléchir. Ça consiste à repousser les choses au fond de ta tête.
Lui - mais je ne vois pas ce que je peux faire. Je ne sais pas où aller.
- Tu n'as jamais pensé que tu avais quelque chose à faire. Jamais tu n'as compris que les hommes doivent se construire le monde.
- Tu as raison.
- Épargne-moi ce petit jeu. C'est celui des membres de la classe dominante. Ils s'imaginent qu'ils n'ont qu'à serrer les fesses pour que le monde leur reste bénéfique. »

V.S. Naipaul, Semences magiques, Plon 2005

révolution ? la terre, la vie, le sang, les femmes... positivité d'un combat communiste

qui en connaît la valeur, qui n'a pas de prix ? il m'amuse d'engager cette 'discussion' par un quartolet qui passera aux oreilles des sourds pour naturaliste ou essentialiste, et aux yeux des cons pour un credo écolo-pétainiste

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

qui n'y verrait de ma part qu'une provocation de plus sous-estimerait mon sérieux

le texte de Silvia Federici 2004, cité plus bas, WOMEN, LAND STRUGGLES, AND GLOBALIZATION: AN INTERNATIONAL PERSPECTIVE, commence par ces lignes :

Women Keep the World Alive

Until recently, issues relating to land and land struggles would have failed to generate much interest among most North Americans, unless they were farmers or descendants of the American Indians for whom the importance of land as the foundation of life is still paramount, culturally at least. For many land issues seemed to have receded to a vanishing past.

In the aftermath of massive urbanization, land no longer appeared to be the fundamental means of reproduction, and new industrial technologies claimed to provide the power, self-reliance, and creativity that people once associated with self-provisioning and small-scale farming.

This has been a great loss, if only because this amnesia has created a world where the most basic questions about our existence—where our food comes from, whether it nourishes us or instead, poisons our bodies—remain unanswered and often unasked. This indifference to land among urban dwellers is coming to an end, however. Concern for the genetic engineering of agricultural crops and the ecological impact of the destruction of the tropical forests, together with the example offered by the struggles of indigenous people, such as the Zapatistas who have risen up in arms to oppose land privatization, have created a new awareness in Europe and North America about the importance of the “land question,” not long ago still identified as a “Third World” issue.

As a result of this conceptual shift it is now recognized that land is not a largelyirrelevant “factor of production” in modern capitalism. Land is the material basis for women’s subsistence work, which is the main source of “food security” for millions of people across the planet. Against this background, I look at the struggles that women are making worldwide not only to reappropriate land, but to boost subsistence farming and a noncommercial use of natural resources. These efforts are extremely important not only because thanks to them billions of people are able to survive, but because they point to the changes that we have to make if we are to construct a society where reproducing ourselves does not comes at the expense of other people nor presents a threat to the continuation of life on the planet

traduction approximative

les femmes gardent le monde vivant

Jusqu'à tout récemment, les questions relatives aux terres et aux luttes pour la terre auraient échoué à générer l'intérêt de la plupart des nord-américains, à moins qu'ils n'aient été agriculteurs ou descendants des Indiens américains, pour lesquels l'importance de la terre comme fondement de la vie est toujours primordiale, culturellement au moins. Pour bon nombre, poser la question des terres, c'était reculer à un passé en voie de disparition. À la suite de l'urbanisation massive, la terre n'est plus apparu comme le moyen fondamental de reproduction [...]

Cela a été plus qu'une grande perte, car cette amnésie a créé un monde où les questions les plus fondamentales de notre existence - provenance de notre nourriture, qui au lieu de nous nourrir empoisonne notre corps — restent sans réponse...

Cette indifférence à la terre chez les citadins touche cependant à sa fin... une nouvelle prise de conscience en Europe et en Amérique du Nord, sur l'importance de la question des terres, pas seulement comme un problème du «tiers-monde».

À la suite de ce changement conceptuel, on reconnaît maintenant que la terre n'est pas un « facteur de production » irrelevant dans le capitalisme moderne. La terre est la base matérielle pour le travail de subsistance des femmes, qui est la principale source de « sécurité alimentaire » pour des millions de personnes à travers la planète. Dans ce contexte, je regarde les luttes des femmes dans le monde entier non seulement pour se réapproprier la terre, mais aussi pour stimuler l'agriculture de subsistance et l'utilisation non commerciale des ressources naturelles.Ces efforts sont extrêmement importants non seulement parce que grâce à cela, des milliards d'êtres humains sont capables de survivre, mais parce qu'ils pointent vers les changements que nous devons faire si nous voulons construire une société où nous reproduire n'est pas aux dépens d'autrui ni constitue une menace pour la continuation de la vie sur la planète.

les femmes ne sont pas considérées, comme dans la contradiction de genre selon TC/Théorie Communiste, comme seulement utiles au capital pour «la reproduction de la principale force productive, la population», mais au-delà pour la perpétuation de l'espèce malgré et contre le capitalisme destructeur, en quoi il faut considérer aussi la guerre, encore une affaire d'hommes (sur la guerre, on peut se reporter au texte du même ouvrage de 2012, Revolution at Point Zero, WAR, GLOBALIZATION, AND REPRODUCTION 2000, PDF p.76-84). C'est bien pourquoi l'approche de TC est confirmée comme une vision d'homme, une façon de parler des femmes comme aucune n'en parle, sauf précisément celles qui rejettent purement et simplement cette condition, au-delà de ses attributs sociaux, et de ceux qui ont annoncé l'Insurrection qui détruira les hommes et les femmes...

à l'ère de menace du vivant dans laquelle nous sommes, c'est au-delà du mode de production que se pose plus qu'une question d'«humanité», en terme d'espèce humaine, qu'on la voit sauvée par une révolution à titre humain ou prolétarien, deux faces d'un même anthropocentrisme

sur le sang et l'invention de la distinction sociale hommes-femmes, avec Françoise Héritier (citations par Bertrand Oglivie, Par delà masculin et féminin, de l'ouvrage Masculin/Féminin, I Penser la différence 1999 II Dissoudre la hiérarchie 2002)

«La différence biologique suffit-elle pour fonder la domination masculine ? […] À cette question, je réponds "oui". Oui, la différence biologique a suffi et suffit encore pour fonder la domination masculine. Mais "fonder", au sens d'établir et de maintenir, non au sens de justifier. La mise en évidence des ressorts de cette domination nous éclaire, non sur l'existence d'un destin immuable, naturel, éternel, inquestionnable et sacré, mais sur le caractère contingent d'une histoire qui a dépendu de l'observation du réel, certes, d'interrogations métaphysiques et de constructions mentales découlant de ces observations et aboutissant à créer des systèmes de représentations durables, mais observations et interrogations conduites avec les seuls moyens fournis par les sens, dont on peut penser légitimement qu'ils ne sont plus suffisants aujourd'hui même pour la simple description du réel» (p.198-99).

«L'inégalité n'est pas un effet de la nature. Elle a été mise en place par la symbolisation dès les temps originels de l'espèce humaine à partir de l'observation et de l'interprétation des faits biologiques notables. Cette symbolisation est fondatrice de l'ordre social et des clivages mentaux qui sont toujours présents, même dans les sociétés occidentales les plus développées. C'est une vision très archaïque, qui n'est pas inaltérable pour autant»

Certes le matériau ethnologique permet de repérer une différence entre la perte irrépressible et régulière du sang menstruel chez la femme et la perte provoquée et aléatoire du sang par les hommes engagés dans des combats ou des accidents de chasse. Mais en quoi, considérée en elle-même, cette différence est-elle susceptible de valorisation ?

«Cela supposait, toute réflexion faite, qu'existât déjà dans les esprits une symbolique de hiérarchisation où le caractère "actif" était supérieur en valeur au caractère "passif", subi. Or cette opération de valorisation symbolique hiérarchisée ne peut être normalement que l'effet de l'observation de la différence sexuée et non un préalable à cette observation, laquelle est en effet à l'origine des catégorisations binaires, tant abstraites que concrètes qui nous servent à penser»(p.10). Françoise Héritier, qui considère que l'un de ses «principaux apports est d'avoir introduit la question du corps dans la réflexion anthropologique»(p.123), radicalisant son analyse, situait l'origine ultime de cette hiérarchie dans la «fécondité féminine», c'est-à-dire dans le fait que la femme, reproductrice du vivant, apparaît immédiatement comme lieu et enjeu de pouvoir, territoire sous haute surveillance, et donc comme exposée à une mainmise, «appropriation qui entérine d'un seul coup pour les femmes la perte de la liberté»(p.10)

défendre la vie n'est être 'humaniste' ni positivement ni négativement

ce n'est donc pas par une sorte de vitalisme humaniste, tel qu'on l'a reproché à Raoul Vaneigem (surtout après l'Internationale situationniste) voire Edgar Morin (après La Méthode, Terre-Patrie, 1993), que j'ai conçu et intitulé mon manifeste de poche le CAPITAL CONTRE le VIVANT, la RÉVOLUTION POUR la VIE, comme pourraient le penser ceux qui me considèrent comme un «poète» au sens commun du gars qui rêve avec de bonnes intentions, mais qui n'aurait pas, justement, les pieds sur terre

mon approche est parfaitement fondée, si l'on y tient, en «théorie», et cohérente avec nombre d'autres quant à des constats qui ne sont pas même effleurés par le «courant communisateur» tout à son attente du jour J où son prolétariat engagera  immédiatement la révolution, franchissant le pas à condition de bien s'«articuler» avec la «contradiction de genre»

positivité du communisme : sauver la terre, les enfants, la vie...

il y a quelques années, toujours aux prises (de bec) avec TC, j'avais ouvert la question de la positivité du communisme, dont on voit ici une illustration essentielle à travers l'approche de Silvia Federici : par leurs combats pour «garder le monde vivant», les femmes sont de plein pied dans l'invention concrète d'un post-capitalisme qu'on n'imagine pas, de ce point de vue, sortir de la contradiction prolétariat-capital en tant que telle

la scission continue dans le mouvement féministe et dans la théorisation communiste

qu'on la pose ou non en termes de genre, cette dimension dépasse la seule lutte pour abolir les différences hiérarchiques entre hommes et femmes. Elle est au contraire fondée sur ce qui est une caractéristique continue dans l'histoire de l'activité des femmes, en relation avec la terre ou les enfants

ce n'est peut-être pas le rêve des féministes de couches moyennes ou bourgeoises qui entendent faire carrière à égalité avec les hommes, focalisées sur le partage ou le sous-traitage des tâches des domestiques à la nouvelle caste de leurs esclaves démocratisé·e·s à la grecque, mais en attendant qu'on prouve par a+b que celà relèverait d'une vision naturaliste-essentialiste, des femmes dans le monde mènent ce combat sans leçons théoriques : c'est comme ça

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Women struggle to secure land rights  2012 AfricaRenewall

India: Women’s social and economic conditions, struggles for land and women’s resistance 2010 Frontlines of Revolutionary Struggle

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

The Mapuche's Struggle for the land novembre 2013 Counterpunch

Hong-Kong Women Working for Justice 2012 Kairos Canada

quant à Camatte, Guigou...

si j'ai estimé avoir remis le premier sur ses pieds, cela concerne sa focale élargie sur l'histoire du monde et sa critique de la séparation, du capital ayant tout absorbé, mais sûrement pas son mot d'ordre de «quitter ce monde», dont résulte le désengagement de toute critique concrète de la réalité concrète, l'absence de rapport situé aux luttes sociales depuis quarante ans, et dont ressort surtout un discours auto-référentiel à la limite de l'illisible : de quelles origines sociales et derrière quel luxe retranché faut-il vivre pour en arriver là ?

indigestion de base : le double langage hors de limites

des prétextes, comme les autres, tel son correspondant l'impudique Guigou, et autres petits bourges portés à être reconnus par leurs pairs (à majorité dans l'univers-cité, à la grecque...), entre égaux d'égos, en théorie comme en poésie jamis les mains dans le cambouis, face à des publics qui ne risquent pas de les insulter : comme un hommage à l'impertinence de l'insulte : «l'exhausté de l'instant» est dispensé de «mystification démocratique»

la modestie du m'as-tu-vu

le trou du cul du creux poétique petit-bourgeois : le faux-semblant par excellence : le vrai du Guigou moment du faux poétique : tout y est, la mer "éternelle" à l'opposé de Rimbaud, l'absence dans l'écriture de rythme, de son, d'équivoque, la lourdeur pataude des images, la référence de principe à la musique et au jazz... et juste la pointe ampoulée d'accent du 'terroir' pour donner le change : qui s'étonne qu'avec de telles boursouflures, on prétende à la «révolution à titre humain» ? Ça mange pas de pain. En joue, feu !

le Guigou rationnel est réel
bio d'un adversaire constant et obstiné de la révolution à titre social et de la poésie des poètes : faire carrière de tricheur à ce niveau d'implication idéologique : comment être à la fois serviteur réel de l'Etat et critiquer le principe démocratique dont on a fait son échelle sociale, et se poser en ennemi du capital ?

8 mars

Traite des femmes en Europe: «Les trafiquants visent de nouveaux profils» Le Temps 8 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

En Europe, près de 120.000 femmes et jeunes filles sont dans les filets des trafiquants, selon les Nations unies. Victimes surtout de prostitution forcée, près des deux tiers d’entre elles sont originaires de pays membres de l’Union européenne, dont la Roumanie et la Bulgarie.

... les itinéraires du trafic ont changé depuis une dizaine d’années. Certains pays fournisseurs, comme la Russie, ont été supplantés par des Etats de l’ancien bloc soviétique, tels la Moldavie, l’Ukraine, le Bélarus… Dans le même temps, il y a un changement des pays de destination ces deux dernières années: les victimes moldaves ou ukrainiennes de cette traite, comme la plupart des autres nationalités, sont surtout envoyées en Russie, à Chypre –où la prostitution a explosé dans le nord de l’île-, en Turquie et aux Emirats arabes unis.

L’Ukraine, qui connait une révolution socio-politique majeure, est donc une plaque tournante de ce trafic ?

C’est le pays d’Europe orientale qui a connu la plus forte hausse de la traite des êtres humains entre 2011 et 2012, avec 15% de victimes supplémentaires. Cette tendance est étroitement liée à une autre forme du trafic qui est en train de prendre des proportions énormes dans cette zone: l’explosion des cas d’exploitation de main d’oeuvre.

C’est-à-dire du travail forcé ?

Absolument. Ce phénomène a enregistré près de 80% d’augmentation en Ukraine en 2012. Mais il est normal que ce chiffre soit élevé: cette main d’oeuvre corvéable à souhait alimente les chantiers de construction ou les domaines agricoles, pour lesquels il faut constituer des brigades de plusieurs dizaines de travailleurs. Cette exploitation dessine une nouvelle tendance dans la traite des êtres humains, qui se retrouve aussi dans d’autres Etats du sud-est européen: le trafic est de plus en plus dirigé vers des pays qui, traditionnellement, ne faisaient «que» fournir des victimes. En Ukraine, ce sont principalement des hommes moldaves et ouzbeks qui sont exploités dans les champs. Conséquence logique de nouvelle forme d’exploitation: pour la première fois, le programme ukrainien de résinsertion des victimes mis en place par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), compte davantage d’hommes que de femmes.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 ombre de l hombre

La pauvreté est-elle toujours le principal trait commun des victimes?

C’est sans aucun doute le premier facteur. Toutefois, on remarque que le degré de bien-être des victimes avant leur enrôlement -hommes comme femmes- a augmenté. En Moldavie, leur niveau d’étude est plus élevé. De prime abord, elles apparaissent donc moins vulnérables. Mais les trafiquants ont su s’adapter à cette évolution. Le recrutement est de plus en plus fréquent directement dans les pays de destination, en particulier en Italie, en Pologne et en Russie, où les Ukrainiens se rendent de manière autonome et sont enrôlés dès leur arrivée, par exemple dans les gares. Les mafieux se sont aussi adaptées aux évolutions technologiques: le nombre de victimes -toutes nationalités confondues- recrutées par internet a plus que doublé entre 2011 et 2012.

Plusieurs rapports indiquent que la traite augmente sur le sol même du pays d’origine des victimes. Est-ce une nouvelle réalité plus difficile à combattre ?

C’est une donne encore limitée. En Moldavie par exemple, 6% des cas relevés en 2013 concernait un trafic interne. Celui-ci est plus facile à combattre sur le plan judiciaire, car il ne nécessite pas d’énormes moyens d’investigation ou d’accord spécifique entre Etats. Cependant, le profil social des victimes les rend plus compliquées à identifier. Souvent, ces personnes souffrent de troubles mentaux, ce qui complique aussi leur réinsertion sociale, par manque de structure adaptée ou de personnel formé dans le pays, comme en Moldavie.

En Europe, plusieurs lois ont été adoptées au cours des quinze dernières années pour lutter contre ce fléau , y compris une loi très restrictive en 2011. Mais seulement six des 27 Etats membres l’ont ratifiée. Comment expliquer cette faible mobilisation?

Question difficile et délicate… De mon point de vue, le manque de coopération entre Etats est conditionné par la corruption au sein des pays les plus touchés, et l’accès limité à la justice pour les victimes. Dans de nombreux Etats, elles ne recoivent aucune assistance lors de leur collaboration avec la police, ce qui est traumatisant et contre-productif: de ce fait, beaucoup refusent de collaborer et ne sont pas ensuite identifiées comme victimes de la traite d’être humains, mais comme simple migrant illégal.

révolution ? avec Silvia Federici

THE WEALTH OF THE COMMONS, A WORLD BEYOND MARKET & STATE, FEMINISM AND THE POLITICS OF THE COMMONS Silvia Federici 2011

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

WOMEN, LAND STRUGGLES, AND GLOBALIZATION: AN INTERNATIONAL PERSPECTIVE Silvia Federici 2004 dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution

ce texte est inclus dans Revolution at Point Zero, House Work Reproduction and Feminist Struggle (PDF) présenté ci-dessous. Il comporte quatre parties :

Women Keep the World Alive / Women and Land: A Historical Perspective
Struggles for Subsistence and against "Globalization" in Africa, Asia, and the Americas  / The Importance of the Struggle

dans le cadre, de la perspective du combat communiste ici conçu comme lutte initiale, son intérêt est de montrer le lien entre d'une part l'analyse historique du capitalisme à ses origines (Caliban et la sorcière), l'importance de la reproduction de la population par les femmes, et d'autre part l'actualité de cette question dans les luttes et la place qu'y tiennent les femmes, particulièrement en Afrique, en Asie et aux Amériques (nombre d'exemples sont d'Amérique du Sud, comme on le voit dans la vidéo. Voir aussi cet entretien récent en espagnol « La cuestión de la reproducción es esencial no solo para la organización capitalista del trabajo, sino para cualquier proceso genuino de transformación social » traduction souhaitée)

dans le zonage actuel du monde, on peut considérer que relèvent du même mouvement les luttes en France telles que 'femmes exploitées, sans papiers, des quartiers du 9.3'. C'est par conséquent en toute logique que ces éléments trouvent ensemble leur place ici

Revolution at Point Zero, House Work Reproduction and Feminist Struggle (PDF) > la reproduction du capital, de la domination masculine, et des identités délétères

le livre à paraître Caliban et la Sorcière est paru en anglais il y a 10 ans : PDF (en attendant la sortie en français pour l'anniversaire de Lénine, on peut toujours regarder les images)

autres textes plus récents Free access online articles (traductions souhaitées)

en 2012 paraît une compilation présentant l'intérêt d'être plus en prise sur le temps présent, avec la reproduction dans la globalisation capitaliste et l'enjeu des 'communs' dans les luttes des femmes 2 heures avec Silvia Federici (un avantage, on la comprend en anglais aussi bien que les immigrés italiens dans les film de gangsters)

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

 En voici le sommaire :

  • Part I: Theorizing and Politicizing Housework         
    Wages against Housework (1975)           
    Why Sexuality Is Work (1975)      
    Counterplanning from the Kitchen (1975)    
    The Restructuring of Housework and Reproduction in the
    United States in the 1970s (1980)    
    Putting Feminism Back on Its Feet (1984)    
  • Part II: Globalization and Social Reproduction
    Reproduction and Feminist Struggle in the New International
    Division of Labor (1999)     
    War, Globalization, and Reproduction (2000)   
    Women, Globalization, and the International Women’s
    Movement (2001)     
    The Reproduction of Labor Power in the Global Economy
    and the Unfinished Feminist Revolution (2008)   
  • Part III: Reproducing Commons
    On Elder Care Work and the Limits of Marxism (2009)  
    Women, Land Struggles, and Globalization: 
    An International Perspective (2004)   
    Feminism and the Politics of the Common in an Era of 
    Primitive Accumulation (2010)

concernant la perspective d'«abolition du genre», je rappelle mon désaccord avec le 'courant communisateur'/Théorie Communiste, et ma convergence avec ces considérations de Federici, qui distingue différences et hiérarchisation :

Ce à quoi nous nous opposons c'est d'être contraint à exister au sein d'un schéma binaire masculin/féminin, avec la codification de formes spécifiques de comportement entre les sexes. Si "abolir le genre" signifie cela, alors je suis complètement pour.

Mais il est absurde de considérer que toute forme de spécification par le genre doit toujours et nécessairement devenir un moyen d'exploitation et que nous devons vivre dans un monde asexué (sans genre). Le fait qu'historiquement le genre, dans toute société fondée sur l'exploitation du travail, a été transformé en une fonction de travail et une marque de valeur sociale ne nous oblige pas à supposer nécessairement que le sexe sera toujours un moyen d'exploitation, et que nous devrions faire semblant qu'il n'y a aucune différence entre les femmes et les hommes, ou que toute différence conduise à en abuser.

Ainsi l'idée que les identités de genre sont gelées, immuables, est injustifiée. Tous les mouvements philosophiques du XXème siècle ont contesté cette hypothèse. Dès l'instant où vous considérez qu'elles sont des constructions sociales, vous reconnaissez également qu'elles peuvent être reconstruites. Il ne faut pas simplement les ignorer, les repousser et prétendre que nous sommes « rien ». Il s'agit de nous libérer nous-mêmes en reconnaissant notre asservissement, parce que cette reconnaissance est la raison de notre combat, celle de s'unir et de s'organiser avec d'autres personnes.

un gauchisme intellectuel de couche moyenne européenne mâle et blanche

les thèses communisatrices, loin d'apporter quelque chose de plus aux analyses qu'elles empruntent à d'autres, les stérilisent dans la centrifugeuse de leur conceptualisation structuraliste, par une batterie de notions pseudo-dialectiques ('écart') figeant le manque de communisme, auto-bloquant ainsi (en théorie) toute émergence de combat communiste au présent, ce que confirme leur incapacité à entrer en tant que telles dans le concret des luttes et débats, immédiatement confrontées qu'elles sont à rompre avec l'être en miroir de leur théorie : l'activisme immédiatiste en Europe occidentale

affaires pendantes, ou comme on dit 'barrées en couilles' ?

très bien que les "camarades communisateurs" aient pris l'initiative de traduire un premier ouvrage de Federici datant de dix ans, mais pourquoi leurs blogs et sites et staf de traducteurs 'supervisés' (sic) ne font-ils rien pour introduire ces textes en France : un bon coup de commerce pour redresser les finances via Senonevero ? une gêne patente vu les contradictions de leur théorie avec l'engagement de Federici, moins facile à envoyer balader qu'un Patlotch ? un excès de sexe ou de puritanisme ? une tartufferie judéo-chrétienne de plus au compte de 'Théorie Communiste', dans le genre on ne polémique qu'utile ?

intouchables ?!

« Au nom des pauvres femmes qui sont tarifées comme de la chair à débauche dans les boucheries de la prostitution, et qu'on appelle filles de joie, parce que, comme aux réprouvés du Dante, leurs larmes se sont à jamais glacées dans leurs yeux et qu'une rage de douleurs les fait parfois lamentablement rire »
Flora Tristan
L'émancipation de la femme ou le testament de la paria, ouvrage posthume complété d'après ses notes et publié par A.Constant, Paris, au bureau de la Direction de La Vérité, 1846

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Parias LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

« Partie en quête des racines paternelles au Pérou, après avoir quitté un mari brutal, Flora Tristan restitue dans ce journal, paru en 1837, ses réflexions sur la société péruvienne post-coloniale et sur un jeune pays qui peine à se transformer en nation. Vivant, intelligent et coloré, son récit fait mieux que mobiliser les promesses de la littérature de voyage : remis entre les mains des victimes (les femmes, les Péruviens), auxquelles il désigne la voie de l'émancipation, il fixe la ligne d'un combat. Les autorités devaient brûler l'ouvrage sur la place publique de Lima, au lendemain de sa publication. Depuis, les Pérégrinations d'une paria sont un classique au Pérou »

nous ne sommes ni victimes, ni invisibles, nous sommes les femmes en lutte du 9.3

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 parlez images !

avec Sarojini Sahoo «La femme indienne n’a aucune identité propre » L'Humanité 4 mars

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 redefining feminism blog

la demeure sombre

7 mars

l'art est public des femmes Jazzitude

tout le monde sait que le 8 mars est une journée importante. En effet, c'est le double anniversaire de ma grand'mère maternelle et de mon premier amour. Sans doute faut-il une journée particulière pour mesurer que, chacune des quelque 360 autres de l'année, les femmes ne sont pas à la fête, et si l'on en n'est pas convaincu, cette journée est l'occasion rêvée de s'en faire une idée médiatique

mon propre anniversaire correspond à ceux de Flora Tristan et Billie Holiday, vies aussi belles que tragiques...

je ne refuse pas ce qu'on entend par avoir une part de féminité ou de masculinité, mais qu'on le nomme ainsi. Cela renvoie à des catégories créées pour qu'on en tire de telles inepties. Par contre se laisser, en tant qu'homme, influencer ou marquer par des femmes au-delà de ce qui semble la norme, c'est un bonheur que je souhaite à tout homme de saisir. Il n'est jamais trop tard et les chemins sont multiples, que ce soit par les rencontres vivantes ou par les livres... par la musique et particulièrement le jazz, puisque les femmes y tiennent une place singulière, tout à la fois fondatrice et porteuse d'abord de ce qu'elles sont en-dehors du jazz, dont on voit combien il les a très relativement 'libérées'

le sujet « la femme est l'avenir du jazz » a reçu un fort nombre de visites sur le forum Jazzitude : 6.400 depuis août 2013. Ne rêvons pas, il arrive derrière « vos derniers achats » près de 10.000 en 4 ans, mais devant « le grand jazzman que vous détestez », 6.075 en 6 ans, dont le titre laisse entendre que ce sont pas des femmes de jazz qu'on est supposé détester

il faut croire que cette accumulation attire des cu·rieux·rieuses, dont nul ne sait de quois. Qu'importe c'est bien ainsi

il y a mille et mille façons d'en tirer mieux que je ne l'ai fait moi-même, mais cela me plaît de le laisser aux points de suspension

la plus mauvaise utilisation serait de ne pas écouter leurs musiques

en hommage tout particulier à Lindsay Cooper, mon aînée d'un mois, qui nous a quittés l'an dernier


Hamburg
NDR Funkhaus Studio 10
3 Oct. 1980


Lindsay Cooper - bassoon, sopr. & alto saxes
Sally Potter - voice & saxophone
Maggie Nicols - voice
Annemarie Roelofs - trombone
Georgie Born - bass & cello
Irene Schweizer - piano
Corinne Liensol - trumpet

 

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La jeune pakistanaise Malala presse le monde d'aider les enfants syriens L'Express 19 février

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Malala's ordeal Dr Lal Khan London Progressive Journal 20th Oct 2013

La jeune Pakistanaise Malala Yousafzaï obtient le prix Sakharov Le Monde 10 septembre 2014

Sri LankaThe ‘Post-colonial Grip’ and ‘Class Domination’: Sinhalese Upper and Middle Classes Siri Gamage Groundviews  16 février 

Afrique : Redéploiement de l’impérialisme français et sidération humanitaire de la gauche  Jean Batou Contretemps 15 janvier 2014

créer, 'ça n'a pas de prix' : vers un printemps

j'ai quitté mes habits d'hiver, je ne vais pas passer mon temps à les brûler. Je suis en passe de cesser mon accumulation, toujours primitive, pour passer à autre chose, de plus printanier : plus créateur

une vague de rêves

il me fallait dépasser la seule intuition d'une antinomie radicale avec un mode de penser et d'agir confiné dans l'étroitesse d'esprit, et comme administrer des preuves qui ne tiennent pas qu'à moi. C'est fait. En surgit une vague de rêves fabuleux, indiquant une libération psychique, qu'il me faut saisir pour l'échapper belle, me défaire des fers dont ne restent que les cicatrices

la fausse gratuité

un changement majeur ne saurait émerger que de ce qui n'a pas de prix, comme on dit communément. Le capital n'a pas de prise sur ce qui n'est pas valorisable pour lui. En relève la création qui ne cherche pas à être valorisée, qui n'a pas à se vendre pour être. Exemple, la poésie. Si elle 'intéresse' si peu, c'est parce qu'elle ne vaut rien sur un critère d'échange marchand, et même au-delà, car l'échange dit 'gratuit' est aujourd'hui contaminé par son envers supposé. Il s'agit de créer sans fin sans rien prendre à personne, et d'en faire don aléatoire. Les échanges informatiques 'gratuits' n'en sont qu'une caricature technologique : créer réellement suppose d'éviter en permanence l'addiction, alors qu'Internet produit surtout de la dépendance, interne et externe. Créer suppose et invente une liberté aussi relative soit-elle, pas un ersatz d'échange pseudo-gratuit

de qui pourraient provenir des créations de vie qui ne cherchent pas à se vendre, sinon de ceux qui n'ont rien, et dont le capital ne veut pas ?

le capital en soi

l'idée d'une destruction du capital comme quelque chose d'extérieur, lien social 'externe', est nécessaire mais insuffisante. Pourquoi critiquer ceux qui choisissent plus ou moins de rompre avec la vie fondée sur des besoins matériels sous l'injonction de consommer des produits supposant un niveau de revenus à la hauteur, dès lors qu'ils n'en font pas profession de foi révolutionnaire ? Détruire en soi le lien interne, psychologique, au capital, est une autre paire de manche si l'on n'est pas adepte d'une schizophrénie confinant au double langage

poète, ton papier !

vivre en marge n'est certes pas « quitter ce monde » qui n'a pas une réalité dedans une autre dehors, sauf pour les mystiques. Se couper d'une vie de contraintes sociales, quand on n'y est pas réduit, c'est apprendre la liberté. Écrire un poème ne nourrit pas son homme, mais ne demande que papier et crayon, le pire dont on puisse être privé en prison. Ce monde étant une prison, il n'est pas surprenant qu'on y coupe les mains aux guitaristes, la langue aux chanteuses et tous organes à l'avenant. Au contrat social

le moyen-âge comme alternative

pour l'image

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Source Nous n'échapperons pas à un Moyen Âge post-capitaliste Marc Lafontan 2011

vu d'un centre du Monde

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enjeux démographiques dans la reproduction du capitalisme mondial

deux aspects quantitatifs se recoupent, le présent et les dynamiques de reproduction de la population, "principale force productive". La question du genre, les femmes, est certes centrale, mais celle de la répartition mondiale est déterminante car elle pose concrètement les enjeux géopolitiques de l'évolution du capitalisme

Population mondiale Vous souhaitez connaître le nombre d'habitants de chaque pays ? Cliquez sur la carte

l'Asie regroupe 60% de la population mondiale, la Chine 19,5%, l'Inde 17,5%... l'Afrique 15%, les Amériques 13% dont la moitié au Nord, l'Europe 10% dont 2/3 dans l'UE...

comment ignorer ceux qui loin de l'Europe pensent en marxistes l'évolution du monde ? Que Marx n'ait été pas été euro-centriste est une chose qui se discute relativement à son temps, mais qu'aujourd'hui on prétende théoriser en les ignorant le capitalisme globalisé, et plus encore la révolution, voilà qui relève d'un exploit typiquement européen et plus spécifiquement français

comme avec les gender studies et les approches universitaires de l'intersectionnalité, nous sommes confrontés avec les études post-coloniale à l'enjeu de la question des classes dans le capitalisme globalisé

dans la crise du capitalisme mondial, avec la question d'une possible restructuration avant l'ouverture de toute fenêtre révolutionnaire à l'échelle mondiale, des débats s'ouvrent et font rage, dans lesquels nos marxistes européens se distinguent par une absence d'un ridicule qui n'échappe qu'à eux

un monde à décentrer : marxisme et post-colonialisme, moissons et débats

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 collectif

table des matières

Quelle est la relation entre le marxisme et de la pensée postcoloniale ? Une idéologie révolutionnaire européenne comme un outil émancipateur intellectuel dans le monde post-impériale ? Ou, dans les sites où la pensée européenne est souvent traité avec suspicion, répétition d'un leg douteux ? Cet ouvrage collectif est la première tentative systématique de donner un aperçu de cette collision.

parmi les textes :

The Eurocentric Marx and Engels and other related myths August Nimtz : This article disputes the charge that Marx and Engels were Eurocentric – a charge that has roots in the long-established marxological enterprise and has since been embraced by postcolonialists and postmodernists to varying degrees – and argues that they were first and foremost revolutionaries who viewed the entire globe as their theater of operation

Was there a time before race? Capitalist modernity and the origins of racism Helen Scott 2002

Some of the most comprehensive recent histories of race confirm the link between racism – the systematic oppression of groups on the basis of supposedly biological, inherent qualities readable in external characteristics – and capitalism. Robin Blackburn's The Making of New World Slavery uses extensive, detailed research to reveal that racism is modern and traceable to a specific phase in capitalism's development: the institutionalization of racial slavery in the colonial Americas. Blackburn provides an important key to understanding the character of the link between capitalism, slavery and racism when he places the concept of modernity at the heart of his analysis. He writes of the plantation slavery of the New World:

Its development was associated with several of those processes which have been held to define modernity: the growth of instrumental rationality, the rise of national sentiment and the nation-state, racialized perceptions of identity, the spread of market relations and wage labor, the development of administrative bureaucracies and modern tax systems, the growing sophistication of commerce and communication, the birth of consumer societies, the publication of newspapers and the beginnings of press advertising, “action at a distance”and an individualist sensibility.(1997: 4)

These “processes” develop over several centuries and only reach maturity with capitalism's hegemony. Because of its transitional nature – no longer clearly feudal, not yet fully capitalist – the early modern period provides particularly rich fodder for investigating the emergence of structures and ideologies associated with capitalist modernity.

« The English jackasses need an enormous amount of time
to arrive at an even approximate understanding of the real
conditions of... conquered groups.»
Karl Marx, 1879

Marx’s Eurocentrism: Postcolonial Studies and Marx Scholarship Kolja Lindner Radical Philosophy 2010

avec Vasant Kaiwar L'orient postcolonial. Sur la "provincialisation" de l'Europe et la théorie postcoloniale Paris, Syllepse, coll. "Mille marxismes", 2013

« Je n'ai nullement cherché, dans ma lecture de Marx, à me détourner de l'universel ; j'ai plutôt tenté de faire de la catégorie de « capital » le site où l'histoire universelle du capital et la politique de l'appartenance humaine peuvent interrompre leurs récits respectifs. »

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Paul Guillibert : « En guise de conclusion, nous voudrions revenir sur ce qui nous semble être la confrontation majeure entre V. Kaiwar et les penseurs postcoloniaux : le rôle et la place du « futur » dans une histoire critique du capitalisme. Autrement dit, à partir de quoi envisager un dépassement du capitalisme ? Alors que chez Guha et Chakrabarty la critique de l'historicisme a pour fonction de faire apparaître « des futurs qui sont déjà », l'appel de Kaiwar, à la suite de Gramsci et de Benjamin, à un « historicisme absolu » a pour fonction de penser un « à-venir au-delà des futurs déjà existants ». C'est cet à-venir qui conduit l'auteur à reléguer la question des différences dans « un royaume de la liberté déployé bien au-delà de tout ce que telle ou telle modernité a à offrir ». Les penseurs postcoloniaux font au contraire effort pour montrer que la relégation des différentes manières d'être-au-monde est un impératif de la modernité capitaliste européenne et que la prise en compte de ces différences et des transformations qu'elles imposent au développement du capital est une condition nécessaire à la résistance et au dépassement du capitalisme mondialisé.

La lecture du livre de Kaiwar nous semble donc nécessaire à un triple titre : au titre d'introduction à la pensée postcoloniale et aux problèmes qu'elle pose au « marxisme occidental » ; au titre d'une épistémologie historique du capitalisme qui se doit de dépasser la téléologie de l'histoire et les méta-récits du capital ; au titre enfin d'une intervention politique nécessaire concernant la place des subalternes et de leurs discours dans la pensée radicale – débat qui ne peut plus être évité au sein des gauches françaises. La défense que propose Kaiwar du marxisme et la discussion avec le postcolonialisme qu'il engage sont un moment nécessaire et important pour une « philosophie de la praxis » qui a désormais en charge de transformer le monde capitaliste globalisé.»

avec Vivek Chibber Postcolonial Theory and the Spectre of Capital

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A provocative intellectual assault on the Subalternists' foundational work . Conclusion en français : les  subalterns studies comme idéologie

Postcolonial theory has become enormously influential as a framework for understanding the Global South. It is also a school of thought popular because of its rejection of the supposedly universalizing categories of the Enlightenment. In this devastating critique, mounted on behalf of the radical Enlightenment tradition, Vivek Chibber offers the most comprehensive response yet to postcolonial theory. Focusing on the hugely popular Subaltern Studies project, Chibber shows that its foundational arguments are based on a series of analytical and historical misapprehensions. He demonstrates that it is possible to affirm a universalizing theory without succumbing to Eurocentrism or reductionism.

Subaltern Studies Revisited: Vivek Chibber's Response to Partha Chatterjee, avril 2013

« My intention in Postcolonial Theory and the Specter of Capital (hereafter PTSC) was to assess the theoretical framework generated by the Subaltern Studies collective. To do so involved three distinct tasks – first, to distill from the key writings what the projects’ essential arguments were; since these arguments were in large measure a critique of Enlightenment and especially Marxist theories, it required, as a second task, to assess the validity of their critique on empirical and conceptual grounds; and lastly, I suggested that their own theoretical innovations were a failure, both as theory and as normative critique. To be sure, my verdict was not kind to the project. But I tried, in the book, to reconstruct the Subalternists’ arguments as clearly and generously as possible, and to base my own alternative formulations on logic and evidence, not by appeals to authority.[...]

Subaltern Studies was not just supposed to offer a rival framework for interpreting colonial modernity; it was also supposed to have internalized whatever was worth retaining from the Marxian tradition, thereby inheriting the mantle of radical critique. For years, the Subalternists have focused just about everything they have written on the irredeemable flaws of Marxism and the Enlightenment -- how they are implicated in imperialism, their reductionism, essentialism, etc.

 These are the people he is trying to reassure, with his reliance on authority, his re-found Marxism, his blithe dismissal of worrisome facts, and the like. It is a remarkable performance, but a performance nonetheless. The question now is, how many readers will fall for it?»

avec Dipesh Chakrabarty le décentrement du monde la vie des Idées novembre 2010

Dans un ouvrage phare des études postcoloniales, Dipesh Chakrabarty critique l’historiographie européocentrée de la modernité politique en Asie du sud. Il s’efforce de réduire les incommensurabilités qui séparent l’Europe de l’Asie, en évitant le double écueil du relativisme et de l’utopie d’une mondialisation culturelle.

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Provincialiser l'Europe La pensée postcoloniale et la différence historique 2009

Théorie et pratique de la critique postcoloniale
Celui-ci est divisé en deux grandes parties, l’une essentiellement théorique, tandis que l’autre porte plutôt sur des cas pratiques, à partir d’exemples tirés de l’histoire de l’Asie du sud.  Cette structure permet à l’auteur de proposer une sorte de « mode d’emploi » de la critique postcoloniale dans le domaine de l’histoire. 

La première partie, du chapitre I au chapitre IV, reprend des réflexions critiques sur les représentations historicistes du temps historique et leur rapport aux récits de la modernité politique et économique dans l’Inde coloniale. Le chapitre I, « La postcolonialité et l’artifice de l’histoire », reprend un article que Chakrabarty avait rédigé en 1992 et qui présente sur un mode programmatique le projet de l’ouvrage : poursuivre « ce qui résiste, ce qui se dérobe aux plus grands efforts de traduction dans les systèmes culturels et autres systèmes sémiotiques, de sorte qu’à nouveau, on puisse imaginer la radicale hétérogénéité du monde » (p. 92). Le chapitre II (« Les deux histoires du capital ») retravaille la pensée de Marx, comme moment fondateur pour la pensée antiimpérialiste, en s’efforçant de l’ouvrir aux questions de différence historique, ce qui donne lieu à un cheminement intellectuel qui tient un peu du numéro d’équilibriste. Ainsi, l’auteur s’attaque aux conceptions purement historicistes du développement capitaliste et s’appuie sur deux aspects de la critique de Karl Marx, le « travail abstrait » et le rapport entre capital et histoire, pour contester l’idée selon laquelle la logique du capital assimilerait les différences.

Il en arrive à la conclusion qu’il n’existe pas de forme historique du capital, même mondialisée, qui puisse se présenter comme une logique universelle, puisque ces formes historiques du capital constituent toujours un compromis entre la logique universelle du capital et la différence historique. Les chapitres III et IV, intitulés respectivement « Comment traduire des mondes vécus dans les catégories de travail et d’histoire » et « Histoires minoritaires, passés subalternes », sont en quelque sorte l’illustration de ce pivot théorique, à partir du cas spécifique de l’histoire du travail en Inde, à la fois lié aux univers séculier et religieux, et de la question de l’historiographie subalterniste, une autre façon de comprendre, penser et écrire l’histoire et son « hétérogénéité temporelle ».

Rethinking Working-Class History: Bengal 1890-1940 2000

Jute: The nature of the Industry / Of Conditions and Culture / The Paradox of Organization / Protest and Authority / Class and Community / Rethinking Working-Class History

6 mars

antisémitisme / racisme : ne pas s'y prendre les pieds ? allons-y gaiement, googlement

HOMME DONNÉ, DIEUX VOLÉS, CLASSE PERDUE 

à Roland et Rosa Amélia, en vers de 14, Der des Der ?

Un valet noir sous un roi blanc a jeté son joker 
Nègre bravant bradant le sort d'une boule de suif 
Aux faces de colons promus de vendre au nom des Juifs 
La mémoire deux fois sur le marché de Nüremberg

Nos prêtres démocrates chantent la messe de l'Homme  
Multicolore au monde fou de sa flemme olympique 
Le vrai semblable est un moment du faux culte atlantique  
En tous genres lancé des vers accouchés dans la pomme 

D'Adam et Eve on a idée des choses ingénue  
Faut-il en rire ou en pleurer se donner tant de mal  
Pour ignorer ce que l'on est sous ce bon capital 
Croire en ce que l'on n'est jamais qu'à s'en retrouver nu

Le conte démocratique se paiera de sa haine 
Du réel et fera la guerre au prix de son mensonge 
Choisir c'est renoncer sortir de classe est plus qu'un songe 
Les prolétaires pour la perdre ont assez de leurs chaînes

Cachan, 22 février 2005 SORTIE DES CLASSES

faites vos dé-comptes avec google : antisemitism 17 millions, racism 21 millions, 13 millions de Juifs soit  < 0, 002 population mondiale

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 oui...

Jean Vosté, le seul Noir déporté à Dachau

cet attrait pour l'antisémitisme plus que pour le racisme est néanmoins premier et omni-présent chez des ultra-marxistes tels que Mondialisme.org (sic), Critique de la valeur, Il Latto Cattivo... 

une soirée informelle d'un CampMeeting 'communisateur' de 2007 s'est épanchée sur la question juive, pas un nègre alentour, je me suis fait jeter quand j'en ai fait la remarque, pour fuire armes et bagages ce déluge de blanchitude et dormir à la belle dans la garigue, écœuré

et l'on s'étonne d'un Dieudonné ?

depuis le Procès de Nüremberg, l'Occident a tout fait pour prouver que holocauste nazi aurait créé une rupture plus radicale que le racisme occidental à la base du capitalisme, du colonialisme et du post-colonialisme... Il s'agissait alors de punir les méchants nazis, mais d'épargner l'Amérique de la discrimi-nation, la France et l'Angleterre colonialistes, l'Afrique du Sud de l'Appartheid -alliée d'Israël jusque dans les années 80...

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 mais

le modèle des camps de la mort nazis (Juifs, Roms...) est expérimenté par les Allemands en Afrique avec le génocide des Héréros, prenant exemple pour les détails techniques sur Napoléon en Haïti et environs

les premiers « camps de concentrations » sont espagnols, anglais et allemands, à Cuba et en Afrique, pour autant que les plantations esclavagistes n'en soient pas

le racisme 'inconscient' de Théorie Communiste/Roland Simon/Bernard Lyon, un micro-stalinisme en milieu anarchiste de gauche

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

au nom de la sacro-sainte exploitation de la classe ouvrière (jamais désignée comme blanche) par le capital (jamais identifié comme occidental), tout le reste est accessoire, les femmes, les 'Noirs', les 'Jaunes' les 'Arabes'... pensés en tant que tels par l'universalisme français pré-post-marxiste, dont hérite le très européen Théorie Communiste grâce à son maître en dialectique, Hegel. Le maître,sur l'Afrique :

« Ce continent n’est pas intéressant du point de vue de sa propre histoire, mais par le fait que nous voyons l’homme dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l’empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation. L’Afrique, aussi loin que remonte l’histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance qui, au-delà du jour de l’histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noire de la nuit.

« elle n’a donc pas, à proprement parler, une histoire. Là-dessus, nous laissons l’Afrique pour n’en plus faire mention par la suite. Car elle ne fait pas partie du monde historique, elle ne montre ni mouvement, ni développement et ce qui s’y est passé, c’est-à-dire au Nord, relève du monde asiatique et européen.

Ce que l’on a su toutefois de ces hordes c’est le contraste de leur attitude, qui manifestait, dans ces guerres et ces expéditions l’inhumanité la plus irréfléchie et la brutalité la plus répugnante

Étant donné cette configuration naturelle, les Européens n’ont pu acquérir que peu de connaissances sur l’intérieur de l’Afrique. En revanche, des peuples en sont parfois sortis, qui se sont montrés si barbares et sauvages que toute possibilité de nouer des relations avec eux était exclue. [naturellement, Roland Simon, n'établit aucune relation ni en théorie ni dans la vie, avec des Africaine-e-s, digne héritier de Hegel plus que de Marx, qui a de belles pages sur les Algériens de sa convalescence finale]»

Ce qui caractérise en effet les nègres, c’est précisément que leur conscience n’est pas parvenue à la contemplation d’une quelconque objectivité solide, comme par exemple Dieu, la loi, à laquelle puisse adhérer la volonté de l’homme, et par laquelle il puisse parvenir à l’intuition de sa propre essence. Dans son unité indifférenciée et concentrée, l’Africain n’en est pas encore arrivé à la distinction entre lui, individu singulier, et son universalité essentielle ; d’où il suit que la connaissance d’un être absolu, qui serait autre que le moi et supérieur à lui, manque absolument. L’homme, en Afrique, c’est l’homme dans son immédiateté. L’homme en tant qu’homme s’oppose à la nature et c’est ainsi qu’il devient homme. Mais, en tant qu’il se distingue seulement de la nature, il n’en est qu’au premier stade, et est dominé par les passions. C’est un homme à l’état brut.»

G.W.F. Hegel, La raison dans l'histoire

tel père tel fils tel quel TC

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Patlotch encule Roland Simon (on fait ce qu'on peut)

il faudrait citer tout le texte, mais rien, strictement rien, ne nous indique que Théorie Communiste pense l'Afrique et l'être humain 'noir' d'aujourd'hui autrement que Hegel, sauf qu'il n'en parle pas, comme d'un tas de 'choses' dans sa perception trouée de "la totalité". Théorie Communiste/BL : « Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dévalué, secondarisé par la mise de question des races au niveau de celle du genre » Les polémiques, on les attend depuis des mois, silence radio, mais  qu'ils y viennent, au risque de se faire éclater la tronche avec ou sans leur femme post-delphiste, partout où ils mettent de leur haut les pieds, dès qu'il y a des enjeux concrets

chez ces supposés communistes de Marseille, dont nombre juifs de surcroît, un bla-bla ad nauseam, Roland Simon : « La distinction de races ou d’ethnie joue alors son propre rôle selon des déterminations prescrites par elle-même dans l’autonomie du domaine d’action qu’elle se crée : un Noir peut devenir président des Etats-Unis, il reste un Noir, et un prolétaire noir n’est pas un prolétaire blanc », mais, dans leurs écrits depuis 40 ans, pas un penseur non-blanc cité

ces théoriciens communistes ne sont ni plus ni moins que racistes sans le savoir, comme héritiers de l'idéologie colonialiste franco-universelle. Alors, quand ils se gonflent de n'être pas 'anti', 'anti-racistes', 'anti-colonialistes', 'anti-fascistes'... il est légitime de se demander ce qu'ils sont positivement, d'autre que des trous du culs du vide de communisme et de leurs manques existenciels de souchiens 'marxistes'

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 au crépuscule du folklore post-prolétarien, chacun selon sa moustache

la bonne conscience ouvrière est assurée par l'imbécile de service, CLN employé municipal de souche ouvrière en 9.3, soutier servile de dndf, qui a bouffé à tous les rateliers des milieux ultra-gauches depuis 40 ans, l'Edgar Faure de la communisation : « C'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent », CLN fuyant comme pas deux qui a des ami·e·s partout : mieux vaut pas savoir lesquels, les flics du milieu, on s'en passe

autant le savoir, jusqu'à preuve du contraire, les victimes non juives et non blanches du capitalisme auront face à elles des théories telles que la communisation selon TC

pas taper sur les «camarades» ? quels camarades ?

que ces bouffons se planquent, qu'ils se déguisent, mais qu'ils ne reviennent plus nous parler sans honte d'immédiateté de la révolution communiste pour plus tard

5 mars

couleurs

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Cortège de la sagesse LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Visas

Chéri Samba Congo African Remix 2004-2007                                                         El Anatsoui Ghana 1992       

SIC n°2 est paru, les derniers feux de l'universalisme occidentalo-marxiste  dans critique du 'courant communisateur'

la revue internationale pour la communisation n'est plus qu'en version anglaise

alors que le plus déterminant dans le moment présent du capitalisme se produit hors d'Occident, hormis le déclin de sa suprêmatie, la limite est atteinte du point de vue de l'homme-blanc-communiste à son insu raciste, au sein même d'une théorie à prétention révolutionnaire

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 pas de quoi fouetter un chat LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le monde à l'envers ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

à travers tous les articles le concept de restructuration semble analyser le capitalisme dans sa globalité mondiale, mais de fait toutes ces analyses reposent sur l'ancienne vision de l'exploitation modélisée en Occident, projetée en négatif sur ce qui se passe ailleurs, cela bien au-delà du fait que la grande majorité des articles ne s'appuient que sur des luttes en Europe et en Amériques

le point aveugle de la raison universelle occidentale a envahi jusqu'aux thèses héritées du marxisme, comme le montre abondamment l'accumulation d'éléments critiques réunis sur ce site ces derniers mois

le bilan du milieu communisateur est acca-blanc, et pour l'heure tout ce qu'ils disent comme tout ce qu'ils ne disent pas ne peut que se retourner contre une conceptualisation à repenser de fond en comble (hormis les constats sociologiques empruntés à d'autres, qui ne sont pas en eux-mêmes de la théorie communiste, et qu'ils n'ont fait que reformuler dans un corpus structuraliste épuisé, concernant les migrations, le zonage du monde, la reproduction et la part des femmes...)

hausse du budget militaire de la Chine revue de presse

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En Europe, une femme sur trois victime de violences Le Parisien 5 mars

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Une étude menée par l'Agence européenne des droits fondamentaux s'appuie sur les témoignages de 42 000 femmes dans les 28 pays de l'Union européenne Libération 5 mars

comment la race structure le capitalisme actuel : du nègre noir aux nègres multicolores

 fétichisme et exploitation de Marx à Mmembe en passant par Roubine  dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes'

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 « Ce qu’il y a de plus mystérieux dans la forme-marchandise consiste simplement en ceci qu’elle renvoie aux hommes l’image des caractères sociaux de leur propre travail comme des caractères objectifs des produits du travail eux-mêmes, comme des qualités sociales que ces choses posséderaient par nature […]. C’est ce quiproquo qui fait que les produits du travail deviennent des marchandises, des choses sensibles suprasensibles. »
Karl Marx, Le caractère fétiche de la marchandise et son secret, in Le Capital, livre 1

« le capital devient un être tout à fait mystérieux (….), il apparaît comme productif. Alors que les moyens de production sont de simples outils techniques, en devenant capital, ils se « subjectivisent : le pouvoir d’accroître la productivité devient une propriété du capital. Les moyens, devenus capital, se personnifient face au producteur : C’est le capital qui emploie des ouvriers. Dans cette simplicité, ce rapport met en relief la personnification des objets et la réification [chosification] des personnes » Marx, Un chapitre inédit du Capital

avec la conceptualisation d'Achille Mbembe, nous franchissons un nouveau pas dans la perception de la 'race' comme structurelle au capitalisme. Alors que jusqu'ici (voir la communisation comme abolition du racialisme, janvier 2014) la race apparaissait comme structurelle au capitalisme davantage dans la dimension historique - dans l'accumulation primitive du capital, le colonialisme et la suprêmatie blanche occidentale dans le capital - la notion de race perd ses couleurs pour apparaître comme le lien concret à l'extrême entre les concepts de fétichisme et d'exploitation chez Marx, mis en évidence par Achille Mbembe en deux temps :

Le nègre est une création du capitalisme : au départ, il définit cet «homme-objet», «homme-marchandise», qui apparaît avec la traite des esclaves. Il a permis l’essor du premier capitalisme. Mais à l’âge du néolibéralisme, le nègre s’affranchit du concept de race. Et l’abandon, l’indifférence vis-à-vis de pans entiers de l’humanité deviennent les formes paroxystiques de l’exploitation capitaliste. Tout simplement parce que la production de richesses s’est détachée des besoins réels.

Le capitalisme a non seulement pour fonction de produire des races et des espèces, mais aussi des espèces marchandes. C’est dans sa dynamique de donner vie à l’objet, d’animer ce qui a l’air inerte, d’ouvrir sur une sorte d’idolâtrie, une sorte de situation où ne savons plus faire la distinction entre l’homme et la chose.

Ainsi, dans le fonctionnement structurel historique et social du capitalisme, n'importe pas seulement l'esclavage en tant que rapport social - qui en lui-même n'a pas besoin de la 'race' - mais l'invention concrète, moderne, de celle-ci, avec les 'Noirs' d'abord (Traite atlantique = commerce triangulaire => accumulation primitive du capital) puis des autres non-Blancs (les « quatre races » => colonialisme, exemple l'Angleterre aux Indes). Le 'nègre' est dans la réalité cet «homme-objet-marchandise»* que Marx décrit dans la double inversion du fétichisme, la « personnification des choses et la réification des rapports de production » (Le Capital, L. III, t. 8), et sur laquelle revient Isaac Roubine en 1928, dans La théorie marxienne du fétichisme de la marchandise 3. Réification des rapports de production et personnification des choses

* nous l'avions vu dans la comptabilité de la plantation, les esclaves figuraient dans la colonne des achats matériels, les marchandises, les chiens de garde dans celle  des salaires du personnel d'encadrement et de répression

Roubine ajoute :

« Des deux aspects du procès de reproduction que nous avons mentionnés, seul le second - la « personnification des choses » - apparaît à la surface de la vie économique et peut être directement observé. Les choses apparaissent sous une forme sociale déjà prête qui influence les motivations et le comportement des producteurs individuels. Cet aspect du procès se reflète directement dans la « psyché » des individus et peut s’observer directement. Il est beaucoup plus difficile de découvrir comment s’élabore la forme sociale des choses à partir des rapports de production entre les hommes. Cet aspect du procès, la « réification » des rapports de production entre les hommes, est le résultat hétérogène d’une masse d’actions humaines qui s’entassent les unes sur les autres. Cette « réification » est le résultat du procès social qui s’accomplit « derrière le dos » des producteurs, c’est-à-dire qu’elle est un résultat qui n’avait pas été posé a priori comme but. Ce n’est qu’au moyen d’une profonde analyse historique et socio-économique que Marx réussit à expliquer cet aspect du procès.»

Ainsi, l'invention de la race, à partir des 'nègres', est-elle première dans cette «masse d'actions humaines» ayant pour résultat la chosification des rapports de production entre les hommes, jusqu'à transformer l'être humain en simple chose. De ce point de vue, Mbembe prolonge l'analyse de Marx au-delà de l'invention par les Blancs de la race fondée sur la couleur de peau, « le nègre s'affranchit du concept de race », « la condition nègre ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur ».

Aujourd'hui, la race de ces hommes-objets ne repose plus nécessairement sur la couleur, pas plus que le capitalisme sur une nécessaire domination blanche. Alors que l'Occident est en passe de perdre sa suprêmatie, c'est en Chine et en Inde que l'on trouve le plus grand nombre de travailleurs esclaves, parmi lesquels nombre d'enfants

'Trente millions d'esclaves dans le monde' Libération 17 octobre 2013

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4 mars

avec Achille Mbembe Critique de la raison nègre  un ouvrage majeur  

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 le devenir nègre du monde

La Découverte, collection Cahiers Libres, 272 pages, 21 euros

"Face au nègre, la raison perd la raison" Le Point 27 octobre 2013

L'Europe entre dans une phase où il sera de plus en plus clair qu'elle ne formera plus jamais une société homogène et qu'elle devra conjuguer son identité sur le mode de la multiplicité. Elle doit faire face à cette mosaïque alors même qu'elle n'est plus le centre de gravité du monde. La combinaison de ce déclassement historique et de l'émergence, ou résurgence, de forces de clôture n'est pas accidentelle. Elle aggrave la prolifération de fantasmes. L'écart entre le déclassement effectif de l'Europe et la prise de conscience mondiale de ce dernier (y compris chez ceux qui pensent encore y trouver leur salut), cet écart, ce décalage, explique la collision des temps si caractéristique de ce que nous vivons actuellement. Les grands laboratoires de demain sont en Afrique, en Amérique latine, en Asie, en Chine, en Inde, au Brésil, ce qui ne veut pas dire que l'Europe n'a rien à dire. Il faut seulement qu'elle accepte que le monde l'aide à réanimer ce que fut son idée.

Vous parlez d'un "devenir nègre" du monde, pensez-vous aux migrants d'origines diverses, Syrie, Somalie, qui affluent sur ses rivages ?

Oui, car ils font l'expérience d'un arrachement à leur lieu natal et d'une plongée dans l'inconnu, hier l'Atlantique, aujourd'hui la Méditerranée, en prenant un risque mortel. Le voyage est aléatoire, la destination pas du tout garantie. Mais la différence avec le nègre du premier capitalisme (du XVe au XIXe siècle), c'est qu'hier les nègres, objets de vente, étaient achetés pour une aventure qui se soldait souvent par le désastre, l'Atlantique devenant un énorme cimetière au temps de la traite de l'esclavage. Alors qu'aujourd'hui ces migrants payent des passeurs. S'agissant de ceux qui fuient la misère, ce déplacement nous dit quelque chose de fondamental de la structure actuelle du capitalisme : il y a toute une humanité subalterne dont le capitalisme n'a pas besoin. Le drame d'aujourd'hui, c'est de ne même plus pouvoir être exploité, alors qu'hier le drame était d'être exploité. Là réside le basculement que mon livre s'efforce de pointer.

Le nègre est le symbole du corps-marchandise

Face au nègre, la raison perd la raison. On peut parler de la raison chinoise, ou autres, mais la différence avec le nègre est que, de tous les êtres humains, il est le symbole du corps dont il fut fait marchandise, et du fait que le projet final du capitalisme, dans un système économique d'exploitation des richesses, est d'abolir la distinction entre êtres humains, choses et marchandises. Dans l'histoire, seul le nègre a été l'exemple vivant de cette tentative d'abolition.

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'Critique de la raison nègre' « La pensée contemporaine a oublié que pour son fonctionnement, le capitalisme, dès ses origines, a toujours eu besoin de subsides raciaux. Mieux, sa fonction a toujours été non seulement de produire des marchandises, mais aussi des races et des espèces. Par néolibéralisme, j’entends l’âge au cours duquel le capital veut dicter toutes les relations de filiation. Il cherche à se multiplier dans une série infinie de dettes structurellement insolvables. Plus de distance entre le fait et la fiction. Capitalisme et animisme ne font plus qu’un.

Tel étant le cas, les risques systémiques auxquels seuls les esclaves nègres furent exposés au moment du premier capitalisme constituent désormais sinon la norme, du moins le lot de toutes les humanités subalternes. Il y a donc une universalisation tendancielle de la condition nègre. Elle va de pair avec l’apparition de pratiques impériales inédites, une rebalkanization du monde et l’intensification des pratiques de zonage. Ces pratiques constituent, au fond, une manière de production de nouvelles sous-espèces humaines vouées à l’abandon, à l’indifférence, quand ce n’est pas à la destruction.

L’esclavage atlantique est le seul complexe servile multi-hémisphérique qui fasse des gens d’origine africaine des marchandises. C’est en cela qu’il est le seul à avoir inventé le Nègre, c’est-à-dire une sorte d’homme-chose, d’homme-métal, d’homme-monnaie, d’homme plastique. C’est dans les Amériques et les Caraïbes que les êtres humains sont transformés, pour la première fois dans l’histoire universelle, en cryptes vivantes du capital. Le Nègre est le prototype de ce processus

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« Le sous-prolétaire chinois est un nouveau nègre » Rue89 27 octobre 2013

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« Est nègre une large catégorie de l’humanité qu’on pourrait qualifier de subalterne » Entretien à Libération 1er novembre 2013 

Une humanité pour laquelle la grande tragédie, c’est de ne même plus pouvoir être exploitée. Alors qu’au XIXe siècle, la pensée de l’émancipation reposait sur l’idée de la sortie de l’aliénation, la réalité qui s’impose aujourd’hui est celle de la quête de l’auto-aliénation. Les pauvres cherchent à se vendre là où, autrefois, ils étaient vendus.

Et c’est ce retournement du mécanisme d’exploitation qui conduit à considérer que la condition nègre ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur. Le nègre est devenu post-racial, il s’identifie à une nouvelle catégorie de gens qui ne sont même plus exploitables et qui sont, par conséquent, laissés à l’abandon.

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Le nègre est une création du capitalisme : au départ, il définit cet «homme-objet», «homme-marchandise», qui apparaît avec la traite des esclaves. Il a permis l’essor du premier capitalisme. Mais à l’âge du néolibéralisme, le nègre s’affranchit du concept de race. Et l’abandon, l’indifférence vis-à-vis de pans entiers de l’humanité deviennent les formes paroxystiques de l’exploitation capitaliste. Tout simplement parce que la production de richesses s’est détachée des besoins réels. Elle ne sert plus à offrir du travail et à réduire le chômage, elle ne permet plus depuis longtemps d’aboutir à de nouvelles procédures de redistribution. La richesse, du fait de la financiarisation de l’économie, est devenue abstraite, elle n’a plus autant besoin des travailleurs ou des esclaves.»

Qu’appelez-vous précisément le “capitalisme animiste” ? Les Inrocks

Il y a une convergence entre le capitalisme et l’animisme. Le capitalisme a non seulement pour fonction de produire des races et des espèces, mais aussi des espèces marchandes. C’est dans sa dynamique de donner vie à l’objet, d’animer ce qui a l’air inerte, d’ouvrir sur une sorte d’idolâtrie, une sorte de situation où ne savons plus faire la distinction entre l’homme et la chose. Confondre l’homme et la chose, adorer la chose en l’homme, donner une âme à la chose, c’est cela l’animisme ; de ce point de vue, l’animisme n’est pas le propre des sociétés primitives, elle est le propre des sociétés dites modernes.

La critique de la raison nègre serait donc cette critique de la raison occidentale ?

C’est la critique de la raison qui s’efforce d’effacer les distinctions entre l’homme et la chose, dans le but d’adorer la chose, d’imputer à la chose un vie spéculaire d’autant plus dangereuse qu’elle a des traductions très concrètes, légales, institutionnelles.

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« Gare au capitalisme animiste » Le Monde 13 septembre 2014

L'archive européenne, c'est-à-dire l'ensemble des pensées que l'Europe a léguées, a été indispensable à la construction de notre monde. Mais cette archive est en voie d'épuisement. L'Europe aurait pu articuler une "pensée monde" à l'époque des grandes découvertes, quand elle a été mise en contact avec l'Afrique et les Amériques. Mais, à cause de son incroyable capacité de déni, elle n'a pas pu reconnaître qu'il existait des histoires parallèles du monde. Elle les a considérées comme des notes de bas de page de sa propre histoire.

Elle a voulu exercer sur le reste de la planète une sorte de capitanat autoproclamé. Elle s'est donc privée de la possibilité d'articuler une pensée monde. Aujourd'hui, le centre de gravité du monde s'est déplacé en de multiples autres points de la planète. Ce déplacement est à l'origine d'une crise dans la conscience et la politique européenne. Toutes les tensions autour de l'immigration, du port du voile, de l'islam, voire les nouvelles guerres d'occupation, sont des symptômes de ce malaise. Il faut redonner vie à cette archive européenne, mais sa réanimation sera le résultat de la confrontation avec d'autres univers de pensées et d'argumentations.

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la balle au centre ?

dans la mondialisation, le dé-centrement est aussi important que la globalisation 

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un phénomène majeur du XXIème siècle est la fin de la suprêmatie blanche

ces deux aspects bouleversent le capitalisme, mais aussi la lutte contre le capitalisme, aussi bien leurs théorisations que leurs réalités

'se battre'

toute la misère et toute l'espérance du monde  Le Monde 4 mars

Résumé : De nombreux Français de tous âges connaissent aujourd’hui des fins de mois difficiles. Nous ignorons presque tout de ces vies, de leur intimité, de leur quotidien, de leur combat pour survivre. Stigmatisés sous des mots trompeurs et injustes, ils sont la face noire et muette de notre société telle que nous sommes en train de l’accepter.
Pourtant, en eux, il y a le désir de révolte, les rêves, la rage de vivre, et les mots pour le dire. Seuls à leurs côtés, les bénévoles des associations d’entraide, une véritable armée de l’ombre, se donnent sans compter pour une idée de la justice et du bien commun. Leurs énergies rassemblées nourrissent l’envie de continuer à vivre ensemble et tracent un chemin d’espoir pour tous. C’est le don fragile du cinéma de nous mettre de plein-pied avec ces fragments d’existence, à la fois offerts et pourtant si pudiques.
L'Humanité  4 mars « Jean-Pierre Duret et Andrea Santana, qui ont travaillé par le passé avec Pialat, les frères Dardenne et sur les pauvres du Nordeste brésilien, redonnent des mots, une parole à tous les sans-voix. A ceux qui ont le sentiment, comme cette femme croisée sur les bords du Gier, de «ne plus faire partie du monde qui bouge, celui des voitures qui avancent, des gens qui partent tôt le matin, qui se dépêchent de rentrer le soir.» Des vies à mille lieux de l’univers des prospectus commerciaux et des centaines de millions d’euros qui surgissent parfois d’un poste de radio.
Financé avec 70.000 euros sans l’appui de la télévision, ce film soutenu par le Secours populaire et la Ligue des droits de l’Homme met aussi en valeur les bénévoles, ces militants de la solidarité qui donnent de soi, reçoivent des autres et connaissent la richesse de l’entraide. Le bonheur, c’est «d’être à deux», raconte un couple qui a grandi à la DDASS. C’est aussi de «vivre en HLM», dira Eddy, le jeune boxeur qui a soif de victoires.
On comprend pourquoi ce film, précieux et salutaire, a fait le plein lors des projections en avant-première. On en sort avec la rage et une idée fixe. Se battre. 

« Je n'ai pas d'ennemis, l'enfermement s'abolit » 
Jacques Camatte

Je me sens envahi de promesse. Je suis un autre. Cela peut-il durer ? Moi-même par lui-même aboli ? Par un autre muté ? Il paraît que la matière constituant notre corps se renouvelle sans cesse tout au long de la vie. Il doit en aller de même des idées. L'esprit sain dans sa chair et changeants, si bien qu'on ne sait plus à quel sein les nourrir. Tout fout le camp ? Non, tout fond comme neige aux soleils, s'écoule vers l'au-delà de soi. En bas de soie une femme t'attend en bas de chez toi. Elle a de longs cils, le ventre transparent, des pieds de gazelle. Elle est belle autant que le disent tes yeux. Elle ne te regarde pas, et son approche n'en est que plus délicate. Elle ne regarde rien, au vrai, mais elle tend les mains et s'arrange pour toucher ton visage. Alors seulement elle tourne le sien, te fait face, et tu vois mieux de quoi parlent vos corps. De quelle musique la vie est muette. De quels rythmes elle s'absente. Et tu connais le manque d'un absolu besoin, la danse du vide sur le plein, la transe au bord du gouffre, les hautes destinées de n'avoir rien à perdre que l'haleine d'une bouche sans frais, au matin des amis de la nuit et des jours sans réveil. Elle est déjà partie qu'importe une autre vient la même pour l'éternité. Toujours présente et prête. Tu t'es laissé surprendre et tu as découvert ce que tant d'autres ne cherchent pas. Un trésor de simplicité. Un bien qui ne s'achète ni ne se vend. La mine à terre ouverte sous un ciel suspendu comme un cerf-volant rouge, rouge sombre, rouge à force de bleus et de blues plein la viande et la tête, et de sang plein la veine où se vident les verres du déboire. Alors tu le sais. Enfin. Tout recommencera. Ce n'était qu'un dé-but.
MES DÉ-BUTS 
25 janvier 2006

LOOVE

Le vent d'hiver dans les perruques du courage 
Défait les cheveux lourds sur les nuques de rêve 
Les épluchures du visage tombent en lambeaux noirs 
Dedans la rage rentre et elle est rouge

D'où vient-elle sinon de longues endurances 
De défaite en défaite et trop courtes patiences 
Des coups reçus, des coups rendus, à tort, à raison, à travers l'apparence 
Par des boxeurs dépourvus de technique

Non. Rien n'est dit en paroles de plomb 
Un mot léger nous fait voler encore en eaux profondes 
Traverser des nuages d'acide et de grisou

Parlez, poissons-volants, en langue d'hirondelle 
Embrassons la sirène et mille Cendrillon 
Ah le grand méchant love !

RER A, 27 janvier 2006, 8h17 MES DÉ-BUTS

3 mars

LA FILLE D'UN FUMISTE

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Pourquoi dit-on "Faire fi de..." ?

Abreuvée ma fille aux eaux fortes 
qu'on boit loin des philo sophistes

Son vice est meilleur de la sorte 
- d'une mousseronne * au trou vert -

Couchée dans ce lit de marasmes 
et piquant sa crise de vers

J'eu beau faillir, noyer son âme 
dans un verre en papier mâché

La revoilà pute et fumiste ** 
avec mon temps pour la gâcher 

Laissant ses pan-sœurs du futur 
à leur vertu, de sa nature

Oiseuse en viol avant la chute, 
méfiante sur la conjoncture

5 décembre 2011 CRISE EN VERS

* Le (faux) mousseron est un champignon très populaire, dont le nom savant est marasme des oréades
** « le terme «fumisme» était appliqué à l’origine aux esthétiques de Mallarmé et Rimbaud » 
Fumisme : le rire jaune du Chat Noir Catherine Dousteyssier-Khoze, University of Durham 

en Russie contre la guerre

Déclaration des internationalistes contre la guerre en Ukraine

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Images de la lutte contre la guerre en Russie 2 et 3 mars

Guerre à la guerre ! Pas une goutte de sang pour la "nation" !

La lutte de pouvoir entre les clans de l’oligarchie en Ukraine menace de se transformer en conflit international armé. Le capitalisme russe tente d’utiliser la redistribution du pouvoir au sein de l’Etat ukrainien pour mettre en oeuvre ses vieilles aspirations impériales et expansionnistes en Crimée et en Ukraine orientale, régions où il a d’importants intérêts économiques, financiers et politiques.

Dans le contexte de la prochaine crise imminente en Russie, le régime tente d’attiser le nationalisme russe afin de détourner l’attention de l’aggravation des problèmes socio-économiques des travailleurs : salaires et pensions de misère, démantèlement des soins accessibles, de l’éducation et d’autres services sociaux. Dans la tempête d’une rhétorique nationaliste et agressive, il est plus facile d’instaurer un Etat autoritaire et corporatiste basé sur des valeurs réactionnaires et des politiques répressives.

En Ukraine, la crise politique et économique aiguë a conduit à exaspérer la confrontation entre les "nouveaux" et "vieux" clans oligarchiques, et a pour la première fois utilisé des formations ultra-nationalistes et ultra-droitières pour réaliser un coup d’Etat à Kiev. L’élite politique de Crimée et d’Ukraine orientale n’a pas l’intention de partager son pouvoir et ses propriétés avec les nouveaux dirigeants de Kiev et se tourne vers le gouvernement russe pour avoir de l’aide.  Des deux côtés, on a recours à l’hystérie nationaliste, respectivement ukrainien et russe. Il y a des affrontements armés et effusion de sang. Les puissances occidentales ont leurs propres intérêts et leurs propres aspirations, et leur intervention dans le conflit pourrait mener à une troisième guerre mondiale.

Ces messieurs des différentes cliques belligérantes nous poussent, comme d’habitude, nous les gens ordinaires, les travailleurs salariés, les chômeurs, les étudiants, les retraités…, à nous battre pour leurs intérêts. Ils veulent nous saouler avec leur drogue nationaliste, nous pousser les uns contre les autres, nous faire oublier nos réels besoins et intérêts : que nous n’avons que faire de leurs "nations", alors que nous avons à régler d’autres problèmes urgents et vitaux : comment joindre les deux bouts dans ce système qu’ils ont instauré pour nous opprimer et nous réduire en esclavage.

Nous ne succomberons pas à l’intoxication nationaliste ! Qu’ils aillent en enfer avec leurs Etats et "nations", leurs drapeaux et leurs discours ! Ce n’est pas notre guerre et nous ne devons pas y participer et payer avec notre sang leurs palais, leurs comptes en banque et leurs plaisirs de s’asseoir dans les confortables fauteuils du pouvoir. Et si les messieurs de Moscou, Kiev, Lvov, Kharkov, Donetsk et Simferopol  commence cette guerre, notre devoir est d’y résister par tous les moyens !

Pas de guerre entre les "nations" – pas de paix entre les classes !

KRAS-AIT (Confédération Révolutionnaire Anarcho-Syndicaliste, Russie),
Fédération Anarchiste de Moldavie (Moldavie),
Fraction Socialisme Révolutionnaire (Ukraine),
Internationalistes d’Ukraine, de Russie, de Lituanie, d’Israël et de Moldavie

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Leningrad

 

racisme etc.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 James Baldwin

Anika Naila Poetry Performance
LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014
Poetry Performance

'une lecture marxiste de l’Apartheid' Mouhamadou Moustapha Dia Le Soleil 25 février

aux yeux de l’auteur, c’est le mode de production du système capitaliste qui a, inévitablement, été à l’origine du racisme en Afrique du Sud. Il a favorisé son développement sous forme de l’apartheid.  « La critique du système raciste relève non pas d’une question théorique mais de la pratique en tant que le racisme s’explique à partir des circonstances spécifiques. C’est ce que montre objectivement le cas de l’apartheid où le racisme est plus une  pratique qu’une théorie dans la mesure où il intervient à tous les niveaux de la vie sociale », se défend-il. Ce faisant, relève-t-il, le combat antiraciste est donc un combat pour un changement de structures sociales, c'est-à-dire un combat politique.

Soutenue à l’aide des investissements des occidentaux dans l’exploitation de l’industrie minière, l’auteur écrit que la ségrégation raciale a été élaborée et mise en pratique par « les blancs sud-africains ». L’attribution des deux tiers des terres à la couche blanche a permis d’exercer une domination sur les noirs sous une forme économique d’abord, et idéologique ensuite. Cela, grâce à l’affirmation de l’inégalité des races que certains savants ont tenté de démonter.

Racisme, une création de la société occidentale  
Dans l’ouvrage, l’écrivain montre aussi comment le racisme a été une création des sociétés blanches en un moment de l’histoire. Toutefois, ce racisme ne sera théorisé qu’à partir du 19e siècle.

« Le combat contre le racisme sera essentiellement économique » Mouhamadou Moustapha Dia SeneNews 22 février

Selon lui, ‘’le racisme, sur le plan symbolique, a perdu beaucoup de terrain mais existe sur le plan réel’’. Faisant une analyse marxiste du phénomène, M. Dia a soutenu que ‘’les représentations idéologiques peuvent survivre, alors que le système économique a changé’’.

‘’L’idéologie raciste a été inventée pour les besoins de la cause pour justifier la spoliation des peuples de couleurs, et le système apartheid s’inscrit en droite ligne de ce bouleversement historique multiséculaire’’, a t-il rappelé.

Donnant l’exemple du système des castes au Sénégal qu’il définit comme ‘’la division sociale du travail’’, l’auteur a expliqué que l’idéologie met autre chose dans l’esprit des gens.

‘’C’est une économie paysanne qui n’existe plus aujourd’hui, mais dans la tête des gens, la représentation demeure (…). Et ça c’est difficile à enlever’’, a-t-il ajouté.

‘’Ces actes racistes choquent lorsqu’un joueur de football noir est hué sur les terrains d’Allemagne ou d’Italie, lorsque qu’un +beur+ est poussé dans la Seine en France ou encore lorsqu’un Noir est roué de coups par la police de Los Angeles’’, a martelé Mouhamadou Moustapha Dia.

Pour l’auteur, ‘’si l’histoire de l’Afrique du Sud fascine et doit continuer d’intéresser les jeunes générations, c’est bien parce qu’elle est remarquable au sens où la lutte pour l’autodétermination a été la plus longue de presque toute la planète’’. ‘’Elle doit intéresser les jeunes générations, car elle peut devenir la locomotive d’un développement accéléré de tout le continent’’, a affirmé M. Dia rappelant que l’Afrique du Sud représente 40% de l’économie continentale dans sa totalité.

‘’Aujourd’hui plus qu’hier, nous demeurons convaincu que le seul combat moral contre le racisme est voué à l’échec’’, a-t-il soutenu avant de préconiser ‘’la transformation des conditions matérielles d’existence, l’émancipation économique et politique pour lutter efficacement contre le racisme’’.

l'Allemagne accusée de racisme RespectMag 28 février

« Comment savoir si vous êtes noir », ou l'art de parler du racisme avec humour Le Monde 26 février

le racisme, l’inégalité avant tout Libération 17 février

«impossible d’expliquer le racisme en faisant abstraction des autres rapports sociaux - pas plus d’ailleurs qu’on ne peut expliquer le racisme en le réduisant à ces autres rapports» Maxime Cervulle

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Contretemps

«Diversité», «lutte contre les discriminations», «statistiques ethniques»: autant d’expressions qui, depuis les années 2000, n’ont cessé d’alimenter la controverse au sein de la sphère publique française. Dans ce contexte, les domaines audiovisuel et cinématographique ont été au cœur des préoccupations et la question de la représentation des dites «minorités visibles» a été particulièrement polémique. Inversant les termes habituels du débat français autour de la «diversité», cet ouvrage propose d’interroger la construction sociale de la blanchité. Ce concept anglo-américain, né à la fin des années 1980 et presque complètement ignoré en France, désigne un mode de problématisation des rapports de race: l’étude des modalités dynamiques par lesquelles des individus ou groupes peuvent adhérer ou être assignés à une «identité blanche» socialement gratifiante. Entre études historiques novatrices sur l’articulation entre capitalisme et racisme et enquêtes sociologiques consacrées à l’hégémonie blanche, Dans le blanc des yeux rend ainsi compte des débats qui ont renouvelé la conceptualisation du racisme et pose à nouveaux frais la question de la dimension racialisante des représentations médiatiques.

L'auteur :
Maxime Cervulle est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et membre du Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CEMTI). Il est le co-auteur de Homo exoticus. Race, classe et critique queer (Armand Colin-Ina, 2010).

I. Race : une notion sous tension.
II. Penser la blanchité : dynamiques épistémologiques.
III. L'identité blanche et sa critique : les critical white studies en débat.
IV. Les médias au prisme de la diversité : politiques de la représentation et de la reconnaissance.
V. L'écran blanc : cinéma, publics et rapports sociaux de race.
Conclusion : Blanc n’est pas une couleur

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 extraits

Au tournant du siècle, la lutte internationale contre l'homophobie et les controverses autour du mariage gay ont fait irruption dans la sphère publique, mobilisant acteurs associatifs et politiques. Pourtant, ces débats ont leurs points aveugles : les enjeux de race, de classe et les tensions postcoloniales. Du cinéma d'auteur à la pornographie, de la télévision à la photographie, Homo exoticus se penche sur la culture visuelle et la fabrique de l'identité gay française contemporaine.

L'ouvrage analyse les discours et représentations qui opposent minorités sexuelles et ethnoraciales à l'aide des outils conceptuels des Cultural Studies et de la théoriequeer. Il ouvre la voie à une critique de l'homonormativité, où s'articulent exotisme et discriminations, volonté d'assimilation républicaine et exclusions.

Pour rester force de transformation sociale, la culture gay doit peut-être sonder le blanc de ses yeux et quitter les rivages de l'exotisme.

Indeun débat inédit sur le racisme dans la société Le Monde 7 février

femmes explotées, sans papiers, des quartiers

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014


POURQUOI NOUS DEVONS PARTICIPER AU 8 MARS ?
Le 8 mars pour nous c’est une journée de lutte, c’est la fête des luttes des femmes ouvrières, précaires, prolétaires, avec ou sans papiers, avec ou sans emploi. Cette journée internationale des luttes des femmes. a été créée par Clara Zetkin, militante communiste et féministe allemande et la conférence des femmes socialistes de 1910. Pour que les femmes ouvrières défilent par milliers ce jour- là, pour porter leurs revendications sur le travail et tous les aspects de leurs vies.

Le féminisme fait partie de l’histoire de nos quartiers et du mouvement ouvrier. Avec la crise le 8 mars est plus que jamais une date de lutte, c’est l’occasion de dire quel féminisme nous voulons !

QUE VOULONS-NOUS ? SORTIR DE L’OMBRE !
SORTIR DE L’OMBRE pour affirmer que la place des femmes dans le milieu militant reste trop invisible.
Pour dire que nous taisons nos situations spécifiques. Or, nous sommes présentes dans tous les combats, notre place est légitime !
SORTIR DE L’OMBRE pour ne plus se cacher, ne plus avoir peur. Pour dénoncer les violences économiques, sociales et domestiques que nous subissons. Comme en 2010 l’ont fait les femmes du quartier des FrancsMoisins pour ne plus « avoir à choisir entre manger, se soigner, se loger » et subir les humiliations des administrations.
SORTIR DE L’OMBRE pour ne plus avoir peur de dénoncer les crimes racistes et policiers laissant les familles et les proches endeuillées face à une justice à deux vitesses !
SORTIR DE L’OMBRE par rapport aux  féministes institutionnelles et bourgeoises qui nient nos réalités sociales au nom de l’unité de toutes les femmes. La parole sur les oppressions que nous vivions c’est à nous de la porter, nous ne devons plus laisser les féministes bourgeoises parler en notre nom. Nous ne vivons pas les mêmes réalités ! Nous n’avons pas les mêmes priorités.
SORTIR DE L’OMBRE contre les discours qui disent que seuls les hommes des quartiers populaires sont sexistes et violents ! Bertrand Cantat , DSK, Polanski ne sont ni noirs, ni arabes, ni pauvres !  Leur mépris et leur violence envers les femmes sont restés impunis, parce que ce sont des bourgeois. C’est à nous de définir nous-mêmes les oppressions que nous vivons et comment nous organiser ! Pour ne plus laisser d’autres femmes ou hommes parler en notre nom ! Sortons de l’ombre pour dénoncer les violences sexistes et pour développer nos propres outils de défense !
SORTIR DE L’OMBRE contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie ! Contre les discours qui disent que l’homosexualité n’existe pas dans nos quartiers et que c’est une « maladie occidentale ». Nous, LGBT, existons dans les quartiers populaires et nous devons sortir de l’ombre aussi !
SORTIR DE L’OMBRE pour critiquer les mouvements politiques et sociaux qui disent que le féminisme n’est ni l’affaire des habitants des quartiers , ni de l’immigration, ni du mouvement ouvrier. Nous, féministes des quartiers, françaises ou issues de l’immigration, exploitées et précarisées, avec ou sans papiers, sortons de l’ombre pour défendre un féminisme populaire et multiculturel de lutte des classes !

FEMMES EXPLOITÉES,  FEMMES DES QUARTIERS, FEMMES SANS PAPIERS
SORTONS DE L’OMBRE… POUR LE 8 MARS !POUR VIVRE LIBRES !

VIVRE LIBRES, c’est avoir le droit de circuler librement sans la crainte de se faire arrêter pour les papiers et expulser. C’est pourvoir travailler sans être exploitées par d’autres femmes qui profitent de notre statut de sans-papiers pour nous faire subir les pires conditions de travail !
VIVRE LIBRES, c’est revendiquer d’être dans l’espace public le jour, la nuit, partout. C’est pouvoir choisir sa tenue vestimentaire sans se faire insulter si on est en mini-jupe ; ou sans être agressé par les racistes si nous portons un voile.
VIVRE LIBRES, c’est combattre la précarité de nos vies imposées par le patronat et les gouvernements : peur des licenciements, intérim, chômage de masse, santé au rabais, logements insalubres...
VIVRE LIBRES, c’est pouvoir assumer son orientation sexuelle sans la peur d’être banni de sa famille ou de sa communauté, sans la peur de se faire agresser et insulter dans la rue ou au travail.
VIVRE LIBRES, c’est pouvoir choisir librement son/sa partenaire, sans la pression familiale ou économique ou des papiers. C’est pouvoir se séparer et avoir une autonomie financière. C’est pouvoir choisir ou non la maternité, pouvoir accéder à l’IVG et l’accès aux crèches pour toutes. C’est pouvoir aimer qui on veut, comme on le veut.
VIVRE LIBRES, c’est s’unir pour construire un avenir plus serein pour nous nous-mêmes et ne plus avoir à se cacher et se battre seule. Construire notre mouvement féministe de lutte des classes contre l’oppression, le sexisme, les discriminations, le racisme. C’est aussi, s’organiser collectivement dans les associations, les syndicats, les partis ou entre voisines, collègues pour créer des solidarités contre l’exploitation.
FAIRE VIVRE NOTRE FÉMINISME !
Faisons taire ceux et celles qui disent que quand les femmes s’organisent elles divisent notre camp.

Ensemble, créons un féminisme populaire anti-homophobe et anti-raciste.

Un féminisme de lutte de classe résolument multiculturel et internationaliste !
FEMMES EN LUTTE 93
femmesenlutte.93@gmail.com / femmesenlutte93.over-blog.com


FAISONS UN CORTÈGE POUR LE 8 MARS POUR FAIRE ENTENDRE NOS VOIX, CRIER NOTRE RÉVOLTE MAIS AUSSI NOTRE CONFIANCE EN NOS PROPRES FORCES !

HABITANTS ET HABITANTES DES QUARTIERS POPULAIRES ! FAISONS LA VIVRE AVEC FORCE ET RAGE  !

remake à l'occidentale

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selon qui sont ses autres, l'Occident américano-européen joue soit au Gendarme et au voleur soit aux Cow-Boys et aux Indiens

le délire idéologique actuel quant à la situation en Ukraine-Crimée tient plutôt du premier, alors que les pays arabes, africains... évoquent le second. Les autres sont des méchants ou des sauvages

les mêmes variantes s'observent dans la vie politique et sociale, flics et voyous...

il faut croire que cette pseudo-naïveté fonctionne relativement bien

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avec Walter Benjamin à la mémoire des "sans noms"

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

« Chaque époque rêve de la suivante » Walter Benjamin

relai gâteux

ils n'avaient plus ces questions sans réponse
formant le rêve
et armant le futur

ils étaient au passé du présent
des morts vivant
de faux espoirs

nous sommes les «sans noms»
sans horizon sans illusions
à nos raisons de faire

relégation

FoSoBo 3 mars 06:37

 

Nous n'avons plus de nom nous sommes les sans
Noms
nous n'avons plus de dieux nous sommes les
Sans horizon sans illusions et laissant
Les murs désolants les maisons isolées
Aux facteurs de ruines maculées de sang
Nos mains déduisent des lieux la parole et
Vont se fondre en chairs et autres en dansant

la peau traverse les langages 18 octobre 2003 POÉSIE POUR LE FAIRE

 

'Philosopher dans la forme du temps' (récit, expérience et révélation) Danielle Cohen-Lévinas, revue 'europe' avril 2013, Walter Benjamin

« Der Erzähler (Le Narrateur) est exemplaire de la manière dont Benjamin entend soustraire la question de l'expérience au schématisme de la représentation où les événements vécus sombrent dans l'ndifférentiation totale entre l'universel et le particulier

« Savoir et ne plus apprendre, dire le temps et non plus l'expliquer, substituer au « encore une fois » le « encore une seule fois »

« Le temps benjaminien a ceci de particulier qu'il se rebelle contre l'historicité de la conscience. C'est pourquoi il la double en la prenant de vitesse, afin de ne pas laisser au destin le dernier mot. On songe ici au geste de Benjamin dédiant la construction de l'histoire « à la mémoire des sans-noms » et, plus généralement encore, à tout passé exigeant réparation et rédemption : « Il y a un rendez-vous mystérieux exigeant entre les générations défuntes et celle dont nous faisons partie nous-mêmes. Nous avons été attendus sur terre. Car il nous est dévolu à nous comme à chaque équipe humaine qui nous précéda, une parcelle du pouvoir messianique. Le passé la réclame, a droit sur elle. Pas moyen d'éluder sa sommation. L'historien matérialiste en sait quelque chose. »

« Ce qui me tourmente, c’est la confusion et le flou des dissensions qui existent parmi le petit nombre de ceux qui me sont proches, ce qui porte atteinte à ma paix intérieure, qui est aussi une disposition pacifique, c’est la disproportion entre l’âpreté avec laquelle sous mes yeux on règle de tels différends – même si depuis longtemps ils ne sont plus toujours en eux-mêmes un enjeu – et l’importance objective souvent très minime de ces différences. Ce sont précisément les caractères permanents de la situation des écrivains qui sont en effet désolants, mais, pour des raisons touchant à l’honneur de la profession, ils ne sont presque jamais exposés au grand  jour » Écrits autobiographiques

« La conscience de faire éclater le continuum de l'histoire est propre aux classes révolutionnaires à l'instant de leur actions » Sur le concept d'histoire

« C'est seulement à cause de ceux qui sont sans espoir que l'espoir nous est donnée » Correspondance

« Le passé et le futur convergent explosivement dans l’instant présent.»

« Toute image du passé qui n’est pas reconnue par le présent disparaît irrémédiablement.»

« Le 'maintenant' ouvre une brèche dans le temps et sauve quelque chose qui se nomme une image dialectique.»

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Paris 10 rue Dombasle

2 mars

suppression de la rubrique liens

donnant une image fausse d'un hypothétique centre de gravité de mes positions,  elle perd d'autant son intérêt qu'elle est sans réciprocité. Pas d'inconvénient puisque j'indique toujours mes sources

la fin advenue des théories communistes blanches occidentales dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

la raison des soldes ?

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avec les considérations sur la place de l'esclavage dans l'histoire du capitalisme, et les formes de «travail bridé» de retour dans le capitalisme actuel, nous tenons de façon définitive que le «sujet révolutionnaire» de la «classe ouvrière» ne reviendra plus, ni sous la forme de mouvement ouvrier mondial, ni dans une «communisation» dans laquelle le prolétariat retrouverait son unité autour de ce concept

épuisée historiquement, la théorie de la communisation s'effondre sur sa base

c'est la thèse centrale de la communisation en tant que théorie post-prolétarienne (plutôt post-classouvrièriste) qui s'effondre. Comme déjà noté, si nous pouvons encore parler de 'prolétariat', c'est en tant que sujet nu face au capital, dans une reconceptualisation fondamentale par rapport à la position centrale du salariat chez Marx (reste Bruno Astarian, qui a ouvert une piste avec son texte sur les bidonvilles)

un deuxième aspect remis en cause est la structuration stricte du capitalisme actuel autour de la production de plus-value par le travail salarié

un troisième est l'attente d'écarts, susceptibles de produire un dépassement des limites du mode de production/reproduction, autour de la seule question de l'exploitation

nous sommes bien devant un système capitaliste global, mais sa structure n'est pas fondée sur une seule contradiction binaire : entrent en jeu le rapport de classe dans la production, les femmes dans la reproduction, et des aspects de contrainte au travail ou de rejet d'accès à ce moyen de vivre qui excèdent la vision marxiste traditionnelle

la question centrale de Théorie Communiste TC/RS, « comment une classe agissant strictement en tant que classe peut-elle abolir les classes ? » perd sa pertinence y compris dans son articulation avec la contradiction de genre, ainsi que les thèses de la communisation dans la mesure où elles attendent la production d'événements sur ce seul critère

la fin des théories communistes blanches occidentales

la perspective de la communisation n'aura été qu'un moment théorique occidental renversant le programmatisme ouvrier et s'opposant aux alternatives démocratiques ou activistes. De ce peu d'importance au niveau mondial, elle devient inopportune et impotente, comme en atteste le silence prolongé de des affidés

elle est désormais devenue nuisance en tant qu'elle justifie, plus qu'un combat communiste, un attentisme... communiste ? À ce titre, cette théorie est à critiquer comme l'inverse, en miroir, des alternatives démocratiques

le blog dndf en a pris acte en retirant mon site de ses liens resserrés sur l'anarco-communisation blanc européen, ce dont je me félicite

les thèses de groupe anglais endnote sont réduites à une perspective communisatrice ayant perdu le fondement théorique que l'emprunt aux thèses françaises : leur cohérence se délite en errance. Il n'en ressort plus guère que l'utopie négative, ou si l'on préfère, le "romantisme"

il existe un parallèle logique entre perte d'hégémonie occidentale dans le capitalisme mondial, et perte de pertinence des théorisations 'marxistes' occidentalo-centrées, qui ne peuvent rejouer indéfiniment la posture universaliste de leur raison éclairante

les caractéristiques avancées précédemment quant à la multiplicité du combat communiste sont à l'inverse confirmées

la question des luttes entre aujourd'hui et un éventuel processus révolutionnaire d'abolition du capitalisme est posée à nouveaux frais, comme alternative au capitalisme totalitarisme esclavagiste ou chaos social moyen-âgeux

à propos de restructuration géopolitique du capital dans le moment présent du capitalisme

Ukraine : bruits de bottes et restructuration dndf 2 mars traduction de Ukraine 2. A political earthquake for Europe and Russia People and Nature suite de Ukraine 1. Yanukovich’s end is a beginning

« pour évaluer correctement les dangers réels, nous devons analyser les manipulations et exagérations par la plupart des grands médias, et des sections de la gauche aussi, qui décrivent les relations entre la Russie, l’Europe et les Etats-Unis en termes géopolitiques. Cette approche minimise le fait évident que, depuis l’éclatement de l’Union soviétique, la Russie a été intégrée dans l’économie capitaliste mondiale non comme une grande puissance ou quelque chose de ressemblant, mais dans un rôle économique subordonné – celle d’un fournisseur de pétrole , de gaz, de métaux et autres matières premières dans le domaine manufacturier à l’étranger. »

loin de s'y opposer, cette analyse confirme ce que j'ai nommé (28 février) 'géopolitiques du capital'. Les éléments que j'ai fournis quant à la montée en puissance de la Chine dans le capitalisme mondial sont recoupés par la chute de l'article :

« Quels que soient les jeux militaires vicieux, que Poutine joue dans le Caucase, en Russie de l’Asie centrale il a été éclipsé par la Chine comme la principale puissance économique, et perd de plus en plus de terrain politique.»

un élément non négligeable est toutefois la dépendance de la Chine pour les matières premières énergétiques, d'où son intérêt pour l'Afrique, entre autres

voir énergie en Chine

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

le bruit du gaz

quant à l'Europe occidentale 

« Les relations entre l’Union européenne et la Russie en matière d’énergie » rapport de 2009 à l'Assemblée Nationale

L'Europe et la question énergétique Oekumene 4 décembre 2012

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 2010

China Global Investment Tracker (inter-actif)

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

esclavage et capitalisme : lectures pour tous > Complet dans la 'race' pour l'esclavage, construction historico-sociale par et pour le capitalisme

De l'esclavage au salariat. Économie historique du salariat bridé 1998 Présentation de Robert Castel Cairn Info 2002

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 extraits

Robert Castel 2002 extraits : « Cet ouvrage est bien autre chose qu’une somme érudite des connaissances disponibles sur le travail. Il propose une théorie générale des rapports de travail et des rapports au travail, qui reconstruit l’articulation de leurs différentes configurations et la logique de leurs transformations. Il s’agit en fait de l’élaboration d’une économie historique du salariat qui marque la place du salariat « libre », tel que nous le connaissons au sein de la nébuleuse du travail dépendant. Le bénéfice par rapport aux interprétations habituelles de l’histoire du travail est considérable.

on assiste aux débuts de l’époque moderne à une véritable réinvention de l’esclavage fondé sur la traite des Noirs en direction des colonies d’Amérique. Le travail esclavagiste organisé dans les grandes plantations représente la forme la plus adéquate et la plus rentable de l’organisation de la production intensive du sucre, du coton, du café. Ainsi l’économie de la plantation, telle qu’elle se développe surtout aux xviie-xviiie siècles, et encore pour une part au xixe, surtout en Amérique, réalise une unité de production capitaliste et moderne à mettre en rapport avec les concentrations industrielles qui s’implantent en Europe occidentale à l’époque. L’une et l’autre font partie de l’économie-monde.

En d’autres termes, on ne saurait seulement opposer le travail forcé et le travail « libre ». Outre que le salariat moderne comporte toujours une dimension de subordination, il existe en fait de multiples formes de travail contraint et de « salariat bridé » selon l’heureuse expression de Moulier Boutang : esclavage, servage (y compris le second servage qui s’est réimposé en Europe à l’est de l’Elbe jusqu’à la fin du xixe siècle), « engagement » dans les colonies anglaises et françaises, péonage, système des coolies en Asie, régime de l’apartheid en Afrique du Sud, etc. – mais aussi dans l’Europe pré-industrielle, mise au travail forcé des pauvres, des vagabonds, des criminels, galères, déportations, manufactures royales, hôpitaux généraux…

Cette entrée inaugure une histoire du capitalisme à partir du « bas » et des acteurs qui n’entrent pas dans son hagiographie. Cette histoire n’avait jamais systématiquement été tentée, et Moulier Boutang en pose au moins les principes directeurs. Sa portée dépasse la réhabilitation romantique de nouvelles catégories de damnés de la terre. On comprend que le capitalisme n’est pas seulement une entreprise impitoyable d’extraction de la plus-value. Il est aussi un jeu avec la liberté...

Car cette histoire n’est pas achevée. Au plus près de nous, la société salariale implantée en Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale avait promu un compromis relativement satisfaisant entre ces deux poussées antagonistes. Les contraintes du travail nées des exigences du marché avaient été relativement équilibrées par des procédures collectives de sécurisation des travailleurs (droit du travail, protection sociale). On sait que cet édifice qui a toujours été fragile apparaît aujourd’hui profondément ébranlé. La « grande transformation » à laquelle nous assistons, c’est sans doute une remise en mobilité du monde du travail et une individualisation des tâches, des cursus professionnels, des trajectoires de vie. Cette nouvelle donne remet en question les anciennes régulations, et en particulier celles du rapport salarial classique »

Les esclaves du marché. L'accumulation capitaliste s'est faite autant avec le travail libre qu'avec le travail contraint Jean-Baptiste Marangiou Libération janvier 1999

Slavery As Capitalism The Shape of American Slavery The UnjustMedia

Capitalism & slavery Eric Williams 1944/2010
With an introduction by Collin A Palmer and preface by Tabo Mbeki
University of North Carolina Press; reprinted by Unisa Press 2010, soft cover

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 1944 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 1968

extraits 

Williams démontre que la naissance du capitalisme britannique (la révolution industrielle) est liée aux profits tirés de l’esclavage. L’acharnement, depuis 1944, des historiens et des économistes occupant des positions dans l’establishment des anciens pays esclavagistes, a tenter d’invalider les démonstrations de James suffisent, s’il était besoin, à lui donner raison.

La présente étude s’efforce de placer dans une perspective historique les rapports qui existent entre les débuts du capitalisme - en l’occurrence, du capitalisme anglais - et la traite des Noirs, l’esclavage noir et l’ensemble du commerce colonial des XVIIe et XVIIIe siècles. Chaque époque récrit l’histoire, mais surtout la nôtre qui, sous la pression des événements, a dû réviser toutes ses conceptions de l’histoire et du développement économique et politique.

L’ouvrage cependant n’est pas un essai. Il ne prétend pas avancer des idées ou interpréter des faits. Il n’est rien d’autre qu’une étude économique du rôle joué par l’esclavage noir et la traite des Noirs dans la constitution du capital qui a financé la révolution industrielle et de celui que le capitalisme industriel parvenu à maturité a tenu ensuite dans la destruction de ce même système esclavagiste. Il est, par conséquent, d’abord une analyse de l’histoire économique anglaise et ensuite une étude de l’histoire antillaise et nègre.

A propos de l’auteur : Né le 25 septembre 1911 à Port of Spain (Trinidad), il fait ses études primaires à Tranquility Boy’s School, puis ses études secondaires au Queen’s Royal College. Major de sa promotion au St Catherine’s College (Oxford) en licence d’Histoire moderne avec des First Class Honors, il obtient en 1939 le Ph. D. pour sa thèse sur les aspects économiques de l’abolition de l’esclavage et de l’émancipation des esclaves dans les Antilles Britanniques. Cette thèse fut remaniée et publiée en 1944 sous le titre capitalisme and Slavery. Docteur en droit, en Lettres, il devient président de la Société Africaine de Culture en 1969. C’est sous la présidence que fut instituée la Journée des peuples Noirs adoptée par la 20e Session de la Conférence générale de l’Unesco (1978) et célébrée le premier dimanche de chaque année.

Water and Soil, Grain and Flesh Slavery and Empire in the Cotton Kingdom
Walter Johnson reconsiders the connection between slavery and capitalism The Nation 11 février

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

But the Southern slaveholders were more than just rich. As the Harvard historian Walter Johnson explains in his bracing new history of slavery and capitalism in the Deep South, River of Dark Dreams, the slaveholders were the quintessential American capitalists. They were early adopters of technology, avid consumers of financial data, expert manipulators of legal arcana and aggressive speculators in everything, including not only human chattel and cotton but also unstable paper money and exotic credit arrangements. Above all, the slaveholders of the Cotton Kingdom were rapacious—and highly effective—
masters of the essential capitalist process of converting labor into commodities. The whole point of plantation slavery, Johnson explains, was this chain of capitalist mutations: from “lashes into labor into bales into dollars into pounds sterling.”

Much of the North’s wealth also depended on the exploitation of slave labor, even though the Northern states abolished slavery within their boundaries in the decades after the American Revolution. Many of the early Northern factories turned Southern cotton into cheap textiles, which were then sold to the slaveholders as low-grade “negro cloth.” But the factories were not the big story, since they remained relatively small in this period. Most Northerners were farmers rather than industrialists or industrial workers. The serious profits were made in commerce, especially shipping, financing and insuring the cotton that accounted for roughly half the value of all US exports from 1820 to 1860. Southern cotton, even more than the grain hauled through the Great Lakes and Erie Canal, fed the rise of New York to commercial eminence.

extraits

Slavery, Family, and Gentry Capitalism in the British Atlantic: The World of the Lascelles, 1648-1834 (Hardback)

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 extraits

From the mid-seventeenth century to the 1830s, successful gentry capitalists created an extensive business empire centered on slavery in the West Indies, but inter-linked with North America, Africa, and Europe. S. D. Smith examines the formation of this British Atlantic World from the perspective of Yorkshire aristocratic families who invested in the West Indies. At the heart of the book lies a case study of the plantation-owning Lascelles and the commercial and cultural network they created with their associates. The Lascelles exhibited high levels of business innovation and were accomplished risk-takers, overcoming daunting obstacles to make fortunes out of the New World. Dr Smith shows how the family raised themselves first to super-merchant status and then to aristocratic pre-eminence. He also explores the tragic consequences for enslaved Africans with chapters devoted to the slave populations and interracial relations. This widely researched book sheds new light on the networks and the culture of imperialism.

France Intérim

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Paris-Plage

L'emploi en intérim a augmenté de 6,9% en 2013 RTL 12 février

Toyota Onnaing : 500 recrutements d’intérimaires en juin 2014 La Voix du Nord 17 février

Batilly : Renault-Sovab embauche 450 intérimaires Le Républicain Lorrain 27 février

Des intérimaires occupent 4 agences de travail Le Figaro 27 février

Carrez veut transformer les intermittents en intérimaires Le Nouvel Obs 18 février

Nouvelle mobilisation des intermittents du spectacle et des intérimaires France3 IDF
Les intermittents du spectacle se sont donné rendez-vous à Paris et dans plusieurs villes en région pour manifester contre la proposition du MEDEF qui modifierait leur régime d’assurance chômage. Les intérimaires rejoignent leur mouvement

Italie

Crise économique : 60% des Sénégalais ne mangent plus à leur faim SeneNews 17 février

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

Pourquoi l'Italie ne fait plus rêver les Africains SlateAfrique 13 février
Le meurtre raciste de deux Sénégalais à Florence réactive la peur d'une banalisation du racisme

Sénégalais tués en Italie: manifestation à Florence contre le racisme SeneNews 17 février

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Grèce

« La Grèce: simple passage vers la France ou la Grande Bretagne » JOLpresse 1er mars
La Grèce, qui a pris la présidence semestrielle de l'Union européenne jusqu'au mois de juillet, a placé les questions d'immigration parmi ses dossiers prioritaires. Chaque jour, des milliers de migrants, principalement afghans, palestiniens et syriens, arrivent clandestinement en Grèce, porte d’entrée vers d’autres pays de l’Union européenne.

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

La Grèce au bord d'une crise des «subprime» Le Figaro 23 février

Deux millions de prêts ne sont plus remboursés, dont 300.000 crédits immobiliers

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Au 1er janvier, les Grecs surendettées et insolvables pourront voir leur habitation principale saisie / Nikolas Giakoumidis/AP/SIPA

Allemagne

L'Allemagne, championne d'Europe des inégalités ! Le Point.fr 28 février

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Une étude montre qu'un Allemand de "l'Ouest" possède en moyenne un patrimoine de 94 000 euros contre à peine 41 000 euros pour un "Ossi"

L'égalité entre les sexes n'est pas non plus pour demain, puisque les hommes ont 27 000 euros de plus que les femmes comme "poire pour la soif" (pour calculer la fortune personnelle d'un particulier, l'étude prend en compte l'épargne, les assurances, les bijoux et les propriétés immobilières détenus par les particuliers, mais pas leurs voitures ni leurs liquidités)

Faire des enfants n'aide pas non plus à économiser. Un couple seul dispose ainsi en moyenne de 216 000 euros contre à peine 62 500 euros pour une famille avec un enfant et 44 000 euros pour un foyer de cinq personnes. Et près de 20 % de la population ne possède aucun patrimoine, une proportion qui monte à deux tiers chez les chômeurs.

Environ un tiers des Allemands sont endettés et le nombre des surendettés est même croissant

« L’Allemagne risque de devenir l’économie la plus faible de la zone euro » Les Échos 28 février

Albert Edwards, qui travaille à la Société Générale à Londres, est connu pour ses prédictions pessimistes. Actuellement, il craint une vague de dévaluations des pays émergents et de la Chine. Le risque ? Une accentuation de la déflation en Europe et le retour à la récession.

Vous dites vous-même que les économies émergentes sont plus solides. N’exagérez-vous pas le risque déflationniste ?
Il s’est constitué une gigantesque bulle de crédit en Chine - plus grosse que celle qui a affecté les Etats-Unis - qui a abouti à des surcapacités de production. Corriger cette situation n’est pas évident et des erreurs peuvent être faites. En outre, je reviens à mon point de départ sur le fait que le principal risque de cette situation est pour les pays développés : la question clé n’est pas quand la bulle du crédit va-t-elle exploser et est-ce qu’il y aura une récession dans les pays émergents, et en particulier la Chine, mais de combien les émergents vont-ils dévaluer pour juguler le recul de leur économie.

Cette crise affecterait en tous cas les pays européens et les Etats-Unis à un mauvais moment…
En effet, les profits des entreprises stagnent depuis un moment aux Etats-Unis après un cycle de croissance classique. En Europe, ils se reprennent un peu mais restent vulnérables. Cependant, si tout le monde dévalue contre vous, alors vos profits baisseront. Ce n’est pas un bon moment pour vivre dans une zone de devise forte. Or pendant ce temps, l’occident n’a pas réglé son problème de surendettement public…

Chine

La Chine nouvelle des ingénieurs et des financiers  La Tribune 28 février

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

L'union des prolétaires de tous les pays, c'est pour bientôt Slate 18 février

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1er mars

site vit des visites

« Celui qui saura attendre aura la plus belle des visitations »
Roger Vaillant

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 ramène ta fraise !

statistiques de février : une moyenne journalière en légère hausse, une plus grande fidélité : merci·e·s

le monde dans tous ses états dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes'

le combat communiste dans l'expectative

un même constat il y a quelques années certains constats étaient le fait de sociologues, géopolitologues ou d'économistologues, ou de théoristologues en termes d'analyses s'ils s'emparent de la presse aujourd'hui, c'est que la crise du capital a réalisé de façon évidente ce qui n'était perçu que par un petit nombre on peut remarquer que les intellectuels ne sont guère plus avancés que l'homme ou la femme de la rue, dans tous les sens du terme

la démocratie ligne de démarcation pour classes moyennes

on notera que la présentation des mêmes faits s'accompagne d'interprétations différentes voire opposées, surtout quant aux perspectives
une ligne de partage nette est la question de la démocratie politique comme pouvant sauver le monde (capitaliste) de la crise, ou en miroir, en permettre le dépassement
cette surestimation du politique en général et de la démocratie comme ultime rempart peut être considérée comme une illusion de classes moyennes

le communisme 'dans l'expectative'

la précipitation des événements des deux dernières années met les théoriciens communistes « dans l'expectative » comme note Jean-Louis Roche à propos des «maximalistes» (partisans du «programme communiste» et des «conseils ouvriers») en effet, rien ne tient plus la route dès lors que l'on cherche un «sujet révolutionnaire» dans le prolétariat réduit sociologiquement et/ou conceptuellement à la «classe ouvrière», voire au secteur de la production

le prolétariat, oui mais mais si le mot «prolétariat» fait peur, c'est pourtant de lui qu'il s'agit, sous réserve d'en avoir une perception et une conception adéquate, c'est-à-dire sous ses multiples apparences identitaires aujourd'hui fragmentées voire opposées. Si les couches moyennes sont prolétarisées, ce n'est pas pour devenir ouvrier/e/s exploité/e/s, la paysannerie oui encore, mais les masses de migrant·e·s à vau l'eau n'ont sont pas moins des « prolétaires nu·e·s », et «l'homme aux écus» n'en a plus que faire

« il faut entendre par prolétaire le salarié qui produit le capital et le fait fructifier, et que M. Capital […] jette sur le pavé dès qu'il n'en a plus besoin » Marx Le Capital ES p.675

« Et notre homme trouve effectivement sur le marché une marchandise douée de cette vertu spécifique, elle s'appelle puissance de travail ou force de travail. Sous ce nom il faut comprendre l'ensemble des facultés physiques et intellectuelles qui existent dans le corps d'un homme dans sa personnalité vivante, et qu'il doit mettre en mouvement pour produire des choses utiles. Pour que le possesseur d'argent trouve sur le marché la force de travail à titre de marchandise, il faut cependant que diverses conditions soient préalablement remplies. L'échange des marchandises, par lui même, n'entraine pas d'autres rapports de dépendance que ceux qui découlent de sa nature. Dans ces données, la force de travail ne peut se présenter sur le marché comme marchandise, que si elle est offerte ou vendue par son propre possesseur. Celui-ci doit par conséquent pouvoir en disposer, c'est à dire être libre propriétaire de sa puissance de travail, de sa propre personne. Le possesseur d'argent et lui se rencontrent sur le marché et entrent en rapport l'un avec l'autre comme échangistes au même titre. Ils ne diffèrent qu'en ceci : l'un achète et l'autre vend, et par cela même, tous deux sont des personnes juridiquement égales. Pour que ce rapport persiste, il faut que le propriétaire de la force de travail ne la vende jamais que pour un temps déterminé, car s'il la vend en bloc, une fois pour toutes, il se vend lui même, et de libre qu'il était se fait esclave, de marchand, marchandise. S'il veut maintenir sa personnalité, il ne doit mettre sa force de travail que temporairement à la disposition de l'acheteur, de telle sorte qu'en l'aliénant il ne renonce pas pour cela à sa propriété sur elle. La seconde condition essentielle pour que l'homme aux écus trouve à acheter la force de travail, c'est que le possesseur de cette dernière, au lieu de pouvoir vendre des marchandises dans lesquelles son travail s'est réalisé, soit forcé d'offrir et de mettre en vente, comme une marchandise, sa force de travail elle-même, laquelle ne réside que dans son organisme.» KarlMarx Le Capital Développement de la production capitaliste Achat et vente de la  force de travail

la lutte initiale le combat communiste est donc à déplacer, à décentraliser du sujet central ouvrier pour irriguer toutes les victimes du capital à quelque titre que ce soit Etats en crise, monde entre chaos et dictatures  AgoraVox 26 février

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extraits

L’affaiblissement républicain et social de l’Etat va de pair avec l’accroissement des tendances autoritaires de l’Etat. On observe ce processus dans la plupart des pays occidentaux. Ce n’est pas tant l’économie que l’Etat qui est en crise. Partout dans le monde et quelle que soit sa nature.

En ce moment, la Turquie, le Venezuela, la Thaïlande, l’Argentine, le Mexique mais aussi l’Inde, le Pakistan, pour ne parler que de quelques nations où existent des procédures démocratiques. Dans les dictatures d’Afrique et d’Asie, les dirigeants craignent l’effet domino avec le printemps arabe et la révolution en Ukraine.

Les crises des Etats sont en ce sens emblématiques de la fin de la Modernité, si l’on convient que l’Etat tel qu’on le connaît depuis deux siècles est une invention moderne. La crise de l’Etat moderne annonce peut-être la fin de la Modernité. Ce qui ne signifie par la fin de l’Etat mais un nouvel ordre politique avec un Etat post-moderne inséré dans une société où l’on ne sait pas encore quels seront les contours sociaux, culturels, humains et techniques. Pour l’instant, deux tendances prédominent, vers le chaos et vers l’ordre sécuritaire et technique avec deux variantes, démocratique ou autoritaire.

Ces tendances ont comme ressort la captation (légale et parfois illégale) des richesses par divers groupes, oligarchies, élites, capitalistes, affairistes, opportunistes, mafias, gangs, classes sociales. Alors qu’une frange de population est exploitée ou délaissée. Dans ce contexte, on observe des prises de conscience sur la situation, le progrès, les dangers de la technique, les illusions de l’économie.

Une intelligence nouvelle se dessine avec là aussi la fin de la science moderne comme référentiel et la découverte d’un nouveau sens pour la nature univers. Un émerveillement. A l’autre extrémité, la bêtise s’accroît. Les Etats sont en crise, le chaos nous guette mais certains proposent de lutter contre le réchauffement climatique. La bêtise est décidément sans limites. Et l’époque dangereuse mais intéressante à plusieurs égards. Le défi, ce n’est plus tant faire progresser le monde que le préserver, voire le sauver. Il y a du boulot !

la fin justifie les moyens

« Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. Si elles sont révolutionnaires, c'est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat.» Marx/Engels Bourgeois et prolétaires, Le Manifeste du Parti Communiste 1848

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La fin programmée des classes moyennes Les Échos 28 février autres articles Deux livres anglo-saxons qui dessinent un avenir très noir à la « middle class » des pays riches. Concurrencés par des machines intelligentes, appauvris par les prix de l'immobilier, les perdants seront nombreux. Les perspectives sont grises pour les classes moyennes des pays riches. Aux Etats-Unis, l'économiste Tyler Cowen prévoit leur extinction en raison des conséquences de la révolution numérique. Au Royaume-Uni, le journaliste David Boyle annonce, mais de façon peut-être un rien prématurée, leur décès.

Extinction américaine

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La situation des classes moyennes américaines, comprimées entre des riches plus riches et plus nombreux et des pauvres un peu moins pauvres mais eux aussi plus nombreux, n'est pas bonne. Et elle va, selon Tyler Cowen, empirer. Sa thèse centrale porte sur la polarisation. Des gagnants (entre 10 et 15 % de la population), qui savent faire fructifier le numérique, vont prospérer et vivre de façon captivante. Les perdants, remplaçables par les machines intelligentes, devenus inutiles et-ou dépossédés de toute initiative, vont voir leurs revenus stagner ou baisser. En état de subordination intégrale, ils passeront une partie de leur temps sous contrôle total (des machines comme des consommateurs), et l'autre en abrutissements vidéo. Pour Cowen, effritement des classes moyennes et croissance des inégalités, dans un pays vieillissant, ne conduiront pas à l'émeute, mais à l'abêtissement. Au fond, la perspective n'est pas neuve. Il s'agit de l'annonce récurrente des catastrophes sociales à attendre du progrès technique, ici automatisation et robotisation poussées à leurs plus hauts niveaux. Selon Cowen, la fracture numérique va dégénérer en fracturation sociale, avec une intelligence artificielle excluant les plus faibles intellectuellement. Il va au moins autant s'agir de marketing et de design que d'algorithmes. Confrontés à une diminution des revenus moyens, les Américains vont demander des produits et services de plus faible qualité, tout en réclamant des programmes sociaux plus réduits. La population, plus âgée et moins aisée, va aller vivre, télétravailler et être téléformée dans des territoires périurbains moins équipés, mais moins coûteux. La classe moyenne typiquement américaine sera conduite à une frugalité forcée. Le lecteur appréciera, ou non, ces pages sur l'université comme bureaucratie, qui risque d'être balayée par l'enseignement à distance, ou encore ces développements sur la science (naturelle ou économique) qui fera du chercheur un expert d'analyse de données plutôt qu'un théoricien perdu dans ses idées. Il n'en reste pas moins, pour tous, un livre captivant, nourri de chiffres solides comme de références de science-fiction (« Minority Report », « Gattaca », « Star Trek »). L'ensemble fait un peu penser à Hanna Arendt (que Cowen ne cite pas) quand elle s'interrogeait sur l'avenir de sociétés de travailleurs sans travail. Avec une perspective, ici, qui n'est pas la révolte ni l'apathie, mais la défection et l'hébétude.

Disparition britannique

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David Boyle, moins convainquant, est un tout petit peu moins pessimiste. S'il signe l'acte de décès des classes moyennes britanniques, il estime que galvanisées (sans que l'on sache trop par quoi), elles pourraient se relever. L'essayiste ne s'engage pas dans de longues considérations méthodologiques sur les caractéristiques de cette catégorie sociale. La plupart des gens, entre les très riches et les pauvres, estimant faire partie des classes moyennes, il s'agit par construction d'un sujet absolument central. La description de leur décrépitude et de leurs inquiétudes a des accents presque français : difficultés objectives à devenir propriétaire en raison de l'inflation de l'immobilier, craintes pour l'avenir des enfants, limitation des salaires moyens, angoisses quant aux retraites et plus généralement quant à l'avenir. David Boyle décrit la « scène du crime ». Il relève, comme un détective (qui se dit, naturellement, issu de la classe moyenne) des indices : la désadaptation du système éducatif, la polarisation du marché du travail (même si à un point plus faible qu'aux Etats-Unis), l'escalade des prix immobiliers. Sans désigner un coupable unique, il accuse vivement les politiciens (Margaret Thatcher, Tony Blair) et les banquiers. De cette vision, qui peut être critiquée, entre autres, comme trop londonienne (comme on critique des visions trop parisiennes), on doit retenir que le lamento sur les classes moyennes n'a rien d'uniquement hexagonal. Julien Damon

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La preuve par les faits : la disparition des classes moyennes déjà actée par les producteurs de biens de grande consommation Atlantico 5 février Aux Etats-Unis, les entreprises se soucient d'avantage des riches parmi les riches plutôt que de la classe moyenne, selon le New York Times. En effet, cette classe moyenne, socle de la société de consommation telle qu'on la connait aujourd'hui n’apparaît plus nécessairement comme le marché le plus attractif. Les entreprises préféreraient donc produire pour une clientèle plus restreinte. Le mythe de la classe moyenne indienne  Le Monde 28 février

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A la veille des élections législatives de printemps en Inde, la classe moyenne fait l'objet de toutes les attentions. Elle serait, à en croire certains analystes, la clé du prochain scrutin. Son poids électoral ne cesse de s'accroître – selon la Banque asiatique de développement, la classe moyenne indienne a gonflé de 205 millions d'habitants entre 1991 et 2008 – et son influence est encore bien plus considérable.
Les classes moyennes africaines prennent de l’assurance Financial Afrik 31 janvier

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La montée des classes moyennes africaines s’apprécie dans les bilans des compagnies d’assurances et dans le rythme de progression de la souscription des contrats d’assurance vie. En attendant l’agrégation des exercices 2013, les résultats 2012  en zone CIMA, ensemble de 14 marchés agrégés, font état d’une spectaculaire progression des primes émises. La Côte d’Ivoire reste de loin le premier marché avec environ 210 milliards de primes émises, devant le Cameroun (150 milliards FCFA), marché dynamique mais  en pente savonneuse sur le compartiment vie.  La surprise intervient sur la  troisième place  acquise au Sénégal depuis les indépendances. C’est désormais le Gabon (99 milliards de FCFA de primes) qui passe devant le Sénégal (92,3 milliards de FCFA). Comme le  déclare  le président de la FANAF, Protais Ayangma (voir interview dans le mensuel  Financial Afrik numéro4 en kiosque le 10 février ), la force du Gabon réside dans son organisation.  L’Etat s’assure et assure ses entreprises à travers une agence dédiée.  De même contrairement au Sénégal, à la Côte d’Ivoire et au Cameroun, le nombre d’acteurs est assez restreint au Gabon et au Congo, cinquième marché de la CIMA, en progression rapide.   Absent du top 5 de l’assurance vie, le Congo, pays de plateformes pétrolières,  est en revanche  bien représenté sur l’IARDT. Avec 31,4 milliards de dollars de primes, Arc Congo Brazzaville est la première compagnie de la région, devant Ogar Gabon (28,7 milliards FCFA), Colina Côte d’Ivoire et Chanas  Cameroun .

D'ici à 2022, les classes moyennes seront plus nombreuses dans les pays émergents qu'aux Etats-Unis Le Monde 4 février Dans moins de dix ans, quelque 200 millions de ménages disposeront, dans les pays émergents, de revenus annuels supérieurs à 35 000 dollars (25 889 euros). Le nombre de Chinois dans ce cas va tripler d'ici à 2022 et friser 80 millions. Le Brésil et l'Argentine compteront plus de 15 millions de familles disposant d'un tel niveau de revenus, tandis que le Mexique, la Turquie et l'Inde en abriteront chacun plus de 10 millions. Ensemble, les classes moyennes des pays émergents dépasseront en nombre celles des Etats-Unis, analyse le cabinet d'audit Ernst & Young dans son rapport annuel traditionnel sur les 25 marchés à croissance rapide.

Croissance rapide... c'est vite dit, et d'ici à 2022...

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Ukraine : constat amiable
dans la mesure où Jean-Louis Roche est, au-delà de sa culture historique, de son obstination et de son talent d'écriture, un des seuls blogueurs communistes conséquent, entre convictions et billets quotidiens, je ne mettrai pas en avant nos divergences quant aux possibilités de relancer un mouvement communiste international je retiens que le blog le prolétariat universel a publié trois ou quatres textes sur l'Ukraine dont je partage les analyses, aux leçons près à tirer quant au combat communiste Ukraine : Mourir pour des mafieux des deux côtés ? 20 février Une pourriture peut-elle revenir au pouvoir ? Ioulia Tymochenko, image ternie de la révolution»)

1996 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 1999 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 2004 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 2008 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 2011 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 

2012 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

de la «Princesse du gaz» condamnée pour corruption puis abus de pouvoir comme Premier Ministre de la 'Révolution orange', à son retour 'terni' après un parcours de tricheries politiques - certes durement payées, mais soutenues par les USA, l'Europe et l'Eglise Orthodoxe, qui l'ont marketée en paysanne ukrainienne à tresses blondes - la "troisième femme la plus puissante de la planète" (Forbes 2005) reçoit en 2005 le Price of Foundation, pour ses « qualités exceptionnelles de chef, les accomplissements économiques et la politique d'anti-corruption de son Cabinet et pour sa lutte contre les atteintes à la démocratie surgissant dans le monde moderne »

La chute de ianoukovitch ne résoudra pas les problèmes des masses prolétariennes communiqué du CCI 24 février

et donc d'accord avec « C'est partout en Europe qu'il faudrait manifester contre la répression de bourgeois assassins complices Ianoukovitch-Poutine-Obama-Hollande-Merkel ! »

quant à la suite « Pour la prise du pouvoir par les Conseils ouvriers !», même si c'était réaliste, qui pourrait en rêver ? pendant ce temps las, en attendant leur fin... dans l'anglemort entre structure et concept,

le silence des 'communisateurs', entre constipation conspirante et inspiration d'ultra-gausse annonce un pavé théoriste en béton,

à débiter en mantras par les moines-soldats du petit milieu fidèle à ses grands écarts - l'orange n'a rien à voir avec la révolution, c'est ma couleur pour l'écart

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 'tirons la chasse' Pepe#communisation

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'RETOUR AU CALME', PAS DE 'QUARTIERS' 

Rap à Toto*

Puant pays de collabos 
labo de la conservation 
conversation l'art des bobos 
beau d'être sa dénégation

Gardez vos places, tirez la chasse

Couches moyennes mais épaisses 
comme se couchent font leur lie 
leur lard où gens d'argent paissent 
l'ordre dur l'ordure où l'or dure

Gardez vos places, tirez la chasse

Seins bronzés et cul dans la soie  
par compassion ça va de soi 
Prolos et bourges, tous au chaos !

Gardez vos places, tirez la chasse

Société bonne pour les chiottes 
à deux bâtons qu'elle s'importe 
pour chier assis soleil levant

Gardez vos places, tirez la chasse

* Monopole japonais de sanitaires spécialiste de WC à commande numérique et perfectionnements d'ultra-confort > La Rolls des WC est japonaise, Philippe PONS, Le Monde, 16 novembre 2005

** PARIS (AFP) - La situation était revenue à la normale jeudi partout en France après trois semaines de violences urbaines, a annoncé la police, quelques heures après l'adoption par le Parlement de la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence...

RER A, 17 novembre 2005, 8h17 DE VERS GONDÉ TRAVAILLER POÈME

28 février

Ukraine un communiqué pour rien ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014

le communiqué du Syndicat des Travailleurs Autonomes d'Ukraine, en date du 24 février, Cinquante nuances de brun, est focalisé sur Ioulia Timochenko, la fausse blonde sortie de prison, mais elle attend son heure, ne souhaitant sans doute pas être usée avant de servir. Certes, le nouveau premier ministre, Arseni Iatseniouk est de son parti, et l'on a vu ses amitiés néo-nazies. Admettons-le, ils ne pouvaient deviner... mais quand même, ils auraient pu flairer la nécessité politique de mettre en avant une vedette de Maidan !

Portant exclusivement sur des considérations politiques intérieures, à l'exclusion des enjeux de classes et du contexte international, ce communiqué est très décevant relativement à l'interview précédente de Denis. Bien l'impression qu'il n'y a pas grande clairvoyance à attendre de cette 'ultra-gauche'

encore une précision : je ne suis pas 'anti-fasciste'

montrer les coquin-e-s et copains démocrates, républicains, de droite ou de gauche, de l'UE aux USA, de McCain à Kerry en passant par Merkel et Le Pen aux côté du néo-nazi Tyahnybok et du nouveau premier ministre, ce n'est pas pour dénoncer un manquement à l'esprit de la démocratie de la part de ses champions occidentaux, mais de faire ressortir la nécessité actuelle, pour le capitalisme, de faire feu de tous bois le 'fascisme' n'est pas moins, même en tant que 'dictature', fondé sur la trilogie politico-idéologique État-Société civile-Citoyens qui définit la 'société politique' adéquate, avec ses variantes, au capitalisme. Amener l'Ukraine dans le giron occidentalo-européen a été tenté avec Ianoukovitch et raté. Ce n'est pas pour l'UE le choix d'un parti ou d'un autre, mais un conflit politico-économique avec la Russie et son projet euro-asiatique, auquel l'Ukraine est aussi indispensable qu'à l'URSS de Lenine. Dans ce jeu, Merkel a été aux avants postes...

ce qui est intéressant, c'est qu'ils ne se sont pas cachés, même s'il a fallu toute la force de frappe française médiatico-idéologique, pour que ne paraisse trop gros le fait que François Hollande avait, de fil en aiguille, les mêmes alliés ukrainiens que Jean-Marie Le Pen (sa fille est plus discrète...)

actuellement, les frontières formelles entre 'régime totalitaire' et 'démocratie parlementaire' tendent à s'effacer devant les nécessités économiques, dans la concurrence intercapitaliste et les enjeux géopolitiques dont j'ai parlé, compte-tenu de l'importance de la police des États, au sens large dont la répression armée, la surveillance informatique, les politiques contre les migrants et les immigrés, etc. De ce point de vue et sauf erreur, je suis grosso modo dans la même optique d'analyse que Jacques Camatte héritant de Bordiga dans les années 1970-80

tout cela va de fait dans le sens plus généralement décrypté, une démocratie totalitaire esclavagiste comme forme généralisée de gouvernance du capitalisme mondial, avec l'enjeu de conserver l'alliance des décideurs de la grande bourgeoisie avec des couches moyennes faisant le choix de le rester, alors qu'une autre partie est prolétarisée de fait, avec ou sans boulot (voir les données sur le moral des jeunes français plus bas), et les fractures engagées entre «petits Blancs» et non-Blancs

métaphores, non modèles ajouté à pour une dialectique multidimensionnelle du combat communiste

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 mains et maintes fois que je te dis...

petite précision quant à l'usage que je fais de façon en apparence brouillonne d'œuvres d'art (peinture, improvisation collective...), de théories scientifiques (chaos, fractales...), voire de modélisations articulant dialectique et complexité (Sève...) je ne cherche pas un modèle pour appuyer une théorisation, cela sort de mon mode de penser. Comme faisiat mine de s'interroger Victor Hugo  : « Ne vaudrait-il pas toujours mieux faire des poétiques d'après une poésie, que de la poésie d'après une poétique ? » Chaque champ d'intervention intellectuelle ou d'activités, chaque objet nécessite de le penser-faire de l'intérieur dans sa spécificité. Par conséquent, c'est à titre de métaphores que je donne ces références, sans construire plus avant un système... de plus le principal intérêt devrait être de suggérer, de communiquer des images mentales, des formes de représentation faisant d'elles-mêmes leur chemin dans la pensée de chacun

ne se recharge que si l'on s'en sert

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 What a Wonder full World !  LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 1968 la reprise film

cette chanson de Bob Thiele (disques Impulse!) et George Davis Weiss, interprétée par Louis Armstrong en 1967, fut interdite d'antennes aux USA après le 11 septembre 2001 ce n'est ni de faces ni de piles que je causerai, mais de livres : vient un moment où il faut recharger ses batteries les années 2012-2013, j'ai beaucoup lu, l'essentiel emprunté à la bibliothèque, certaines semaines un livre par jour, mais comme je n'écrivais pas (sauf côté jazz ou travaillant la guitare), je ne prenais pas de notes. Je regrette de ne pas l'avoir fait d'un écrivain américain majeur : Cormac Mc Carthy

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 sur la route du monde d'après ?

et donc aujourd'hui je me suis planté, j'ai pris un Tom McCarthy que je ne lirai pas. Pour le reste :

- 3 romans du chinois Qiu Xiaolong, encres de Chine 2004, Cité de la poussière rouge 2008, Les courants fourbes du lac Tai 2009

- Walter Benjamin, n° 1008 de la revue europe, avril 2013

- James Sallis Cripple Creek Série Noire Gallimard 2005, avec quoi j'aurai épuisé le stock de la bibliothèque municipale

- Jean Lojkine L'adieu aux classes moyennes La Dispute 2005, voir aussi cet article de 2012 pour l'Humanité « La classe moyenne, cette anticlasse censée les absorber toutes »

orages ! on est des poires ! ô jeunesse ennemie !

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

Passe, pour me venger, en de meilleures mains.

Don Diègue, Le Cid, Corneille, acte I, scène 4

Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre Le Monde 25 février

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 l'absence de travail définit la condition prolétarienne des jeunes

Les mots-clés librement choisis pour définir leur génération sont édifiants : « sacrifiée », « perdue ». Et encore (après « Y », « Internet », « connectée »), « désabusée », « désenchantée », « galère »… « Autant "sacrifiée" est un terme qui a pu être induit par le discours des médias, analysent Cécile Van de Velde et Camille Peugny, autant "perdue" semble un choix spontané. »

acteur de ma vie ?

« une génération consciente, lucide, désillusionnée, selon laquelle les instruments de mobilité sociale ne fonctionnent pas ». « Les jeunes se sentent abandonnés par la société. Ils ne sont pas aux commandes de leur vie, ils subissent. Sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont. » Pour réussir dans la vie, la moitié des répondants pense donc ne pouvoir compter que sur soi-même. « Les jeunes sont individualistes, libéraux, par dépit plus que par essence. » Puisque très majoritairement (77 %), ils estiment également que dans la vie, on ne peut pas s'en sortir sans solidarité.

fuire là-bas fuire ?

« T'installer à l'étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l'enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d'aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l'impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… »

conflit de générations ?

Pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés. « C'est assez nouveau en France, et l'on peut penser que cela monte, surtout chez les étudiants, observe Cécile Van de Velde. Le problème d'équité entre générations se conscientise, sans doute du fait de la politique d'austérité, de la réforme des retraites et des débats sur le poids de la dette. Les jeunes pensent qu'ils font les frais de tout cela. » Mais sur une même génération, leur regard est double. Les mêmes qui disent « Marre des baby-boomers, on paye pour leur retraite, nous on n'en aura pas » ne veulent surtout pas que la retraite de leurs parents soit amputée – c'est particulièrement frappant chez les jeunes filles. « Ce qui explique en partie pourquoi le mouvement des Indignés a si peu pris en France… »

demande d'État

« Les jeunes expriment une demande d'Etat, en souhaitant par exemple que leur période de formation soit financée. Ils pensent que les politiques, s'ils en avaient le courage, pourraient avoir une influence sur leur vie. Mais qu'ils ont laissé la finance prendre le pouvoir. Il y a du mépris dans ce regard des jeunes. Ils n'y croient plus. »

la démocratie ne s'adresse pas à moi

Chez eux, jeunes diplômés en tête, le sentiment que droite et gauche se valent semble encore plus fort que dans l'ensemble de la population. « Ils font l'expérience de la désillusion politique. C'est la première fois qu'ils vivent la gauche au pouvoir. Et ils ont le sentiment que rien ne change pour eux. » Voilà qui poussera massivement à l'abstention, anticipent les chercheurs. « Ce sont des gens informés, qui ne se fichent pas de la politique, qui ont des habitudes participatives liées à l'usage des réseaux sociaux. Mais l'offre politique ne répond pas à leurs attentes. La démocratie ne s'adresse pas à eux. Ils n'iront pas voter mais ce sera une abstention politique, réfléchie, presque militante. » un "nous" ? « Un "nous'' pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »

t'aurais pas du feu ?  

En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d'adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). "Loyalty'' pourrait bien se transformer en "voice'' si rien ne bouge… Il suffit d'une étincelle… »

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 "La révolte consiste à refuser de se laisser gouverner par des institutions."  Max Stirner - 1806-1856

dialectiques du capital et de la révolution

géopolitiques du capital : pour une dialectique multidimensionnelle du combat communiste

texte complet dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Roberto Matta N'abolira 1990

du monde au quartier un même modèle « L’espace du monde capitaliste restructuré est un zonage qui se déploie de façon « fractale » à toutes les échelles : monde, continents, aires, pays, régions, métropoles, quartiers » RS/TC Le moment actuel, novembre 2005, Meeting n°3

sans nier la restructuration du monde capitaliste en zonage qui se déploie de façon « fractale » à toutes les échelles, les événéments des dernières années, produits depuis 2007 dans la crise du capitalisme global et particulièrement depuis 2010, invitent à interroger sa géopolitique mondiale, ou plutôt ses géopolitiques selon plusieurs catégories. On ne peut considérer le global comme un « modèle abstrait » indifférencié en dehors de sa distribution spatiale dans la géographie et l'histoire au présent. Quelques éléments : LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 combien ?

La mondialisation capitaliste et les différents cadres de la géopolitique impériale Christian Delarue Amitié entre les peuples 6 juillet 2010 le texte ci-dessous est choisi parmi d'autres comme point de départ. Je passe sur ses pré-supposés idéologiques quant à la nature du capitalisme pour retenir la liste des catégories selon lesquelles se dessine une «géopolitique multidimensionnelle des dominations»

1. La vieille géopolitique des Etats
2. La géopolitique des classes dominantes
3. La géopolitique contre les minorités nationales ou ethno-culturelles
4. Le campisme et la géopolitique issue du Choc des civilisations
5. Les géopolitiques continentales et transcontinentales
6. La géopolitique des oppressions sexistes, xénophobes et racistes
cette géopolitique multidimensonielle offre une description concrète de ce qui est conceptualié de façon générale dans Tel Quel, le moment révolutionnaire comme conjoncture
Une "unité" de rupture « Il faut reconnaître actuellement une multiplicité de contradictions, multiplicité que l’on peut également désigner comme multiplicité des formes d’apparition par lesquelles seulement la contradiction dans son unité existe. La contradiction dans son unité n’est rien d’autre que la totalité de ses attributs : son essence est son existence même. Les contradictions qui opposent les classes moyennes, les chômeurs et précaires, les masses excédentaires des périphéries ou des banlieues, le « cœur stable » de la Dans son mouvement, dans les formes qu’elle prend et abandonne, la lutte révolutionnaire se critique elle-même. C’est parce que cette lutte, jusqu’à son terme, est scindée entre d’une part, ce qui demeure un mouvement objectif qui n’est pas une illusion, les contradictions du mode de production capitaliste, et, d’autre part, dans cette objectivité, la pratique de son abolition qui le désobjective, qu’elle demeure structurellement idéologique. Elle vit de la séparation de l’objet et du sujet. C’est parce que la dissolution de l’objectivité constitue un sujet en tant que tel, et qui se considère ainsi, que l’idéologie (invention, liberté, projet et projection) est inhérente à sa définition et son action. * Le sujet et l’objet dont nous parlons ici sont des moments de cette auto-contradiction qui dans son unité passe par ces deux phases opposées (unité de moments promus à l’autonomie). N’ayant aucune base objective développée précédemment, le communisme est une production prise dans la contradiction d’un rapport contradictoire objectif dont le dépassement doit se produire alors comme la formalisation consciente et volontaire d’un projet car le procès de la révolution récuse toujours son état présent comme étant son aboutissement. Projet idéologique car il récuse son fondement objectif dans son état présent comme étant sa raison d’être, il place le futur, le devoir-être, comme compréhension du présent et comme pratique dans le moment actuel. Ainsi une conjoncture se présente comme ce qui arrive dans la mesure où “ce qui arrive” forme la condition particulière de ne pas savoir “ce qui peut arriver”, elle est le moment où peut s’exercer la puissance de faire de “ce qui est” plus que ce qu’il contient, de créer en dehors des enchainements mécanistes de la causalité ou de la téléologie du finalisme. » Cette puissance est projet, elle est idéologie. Dans l’objectivité du processus révolutionnaire, le communisme est projet, c’est la forme idéologique du combat dans laquelle il est mené jusqu’au bout.

le croisement de ces deux approches nous indique les pistes suivant lesquelles peut se construire, en articulation sur plusieurs lignes de fronts, le combat communiste global susceptible d'être à la hauteur de l'adversité capitaliste, elle-même démultipliée sur plusieurs fronts catégoriels dans l'espace et la polyrhytmie de leurs dynamiques entrelacées fausses pistes pour autant il n'y a pas plusieurs mondes, mais leur unité capitaliste face à laquelle opposer une unité de combats communistes

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 combien ?

je refuse ente autres le modèle indifférencié dans lequel me semble se noyer l'existence (à faire émerger) de deux camps antagonistes : la complexité de rhizomes selon les lignes (de fuites) de Deleuze, dont ne se dégage aucune dynamique de changement historique radical [et qui] écarte de fait toute dialectique de la totalité quelle qu'elle soit

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 comment ?

pour une DIAlectique pluridimensionnelle comment inscrire ces divers champs d'affrontement dans leur surdétermination par une contradiction dialectique globale, à deux pôles opposés ? pour reprendre la formulation de RS/TC en exergue, « reconnaître actuellement une multiplicité de contradictions, multiplicité que l’on peut également désigner comme multiplicité des formes d’apparition par lesquelles seulement la contradiction dans son unité (le mode de production capitaliste comme contradiction en procès) existe», c'est réconnaître « la contradiction dans son unité [qui] n’est rien d’autre que la totalité de ses attributs : son essence est son existence même »

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Matta Comment une conscience se fait univers (peut-être) 1992

un combat communiste pluridimensionnel alors nous pouvons approuver la chute « dans l’objectivité du processus révolutionnaire, le communisme est projet, c’est la forme idéologique du combat dans laquelle il est mené jusqu’au bout », mais seulement après ce détour par lequel nous reconnaissons la multiplicité, la pluridimensionnalité des fronts sur lesquels se mène le combat communiste global, avec la nécessité d'une subjectivation révolutionnaire, dans la convergence d'un affrontement binaire vers une «unité de rupture», comme enjeu immédiat : lutte initiale

27 février

ceci n'est pas un journal, pas un 'spectacle'

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014  Les adieux, états d'âme  Umberto Boccioni 1915

Futurisme, Rayonnisme, Orphisme, les avant-gardes avant 1914

dans ce qui précède, on perçoit mon cheminement à tâtons à travers le moment présent du capitalisme. Les événements d'Ukraine, mais aussi ceux de Bosnie, du Vénézuela ou de Thaïlande, après les «Printemps arabes» nous convoquent à tenir ensemble éléments locaux sociaux-politiques et contexte mondial de la crise du capital, dans la concurrence que se mènent, pour maintenir le (les ?) taux de profit moyen(s),  mastodontes économiques et États en termes de géo-politique de rapports de force armés entretenant l'équilibre précaire... avant la guerre que porte ces orages ?

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Dans le gris Vassily Kandinsky 1919

ainsi l'éclairage du militant anarcho-syndicaliste 'ultra-gauche' Denis nous fournit des éléments concrets et précis sur la situation ukrainienne et son histoire, mais semble sous-estimer d'une part les considérations socio-économiques (Vladimir) et la sur-détermination internationale, pour ainsi dire à la fois production des événements et récupération idéologique et politique en temps réel.... ça va vite

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 Manège de cochons Robert Delaunay 1922

LE CANARD DES CHAÎNÉ·E·S anti-journal 1988-2014 'sans toi aucun rouage ne tourne'

Jean Tinguely ~ 1970

ça va vite et cela questionne l'intérêt de produire des textes sûrement plus 'justes' que mes interventions à chaud, mais, des mois voire des années après coup, difficile à recevoir comme « théorie partie prenante des luttes », celles qui sont analysées (Grèce, Afrique Nord et Moyen Orient) n'étant plus ni en activité, comme on dit des volcans, ni sous les feux de l'actualité dans lesquelles se forgent les opinions et mûrissent les actions du temps présent, comme autant de directions non-choisies et non plus de hasard

on pourra me reprocher de faire flèche de tous bois, et d'utiliser des sources peu dignes d'intérêt analytique pour des communistes. Je les prends comme sources d'informations, recoupées entre plusieurs. Qu'on ne me reproche pas d'apporter ainsi une qulconque caution à qui ne cherche pas à sortir du capital, mais à l'aménager par une politique économique adéquate (Aglietta, Cheminade...)

il importe d'avoir en tête tous ces niveaux d'articulation, en grand angle à large focale, comme en télé-objectif dans le temps et l'espace sur les secousses locales comme événements mondiaux

 mais, la dialectique ?

The first part of Robert L. Devaney's three part illustrated mathematics presentation about chaos theory, fractals and dynamical systems. Devaney's presentation explains the mathematics behind remarkable computer graphic stills and animations and is accessible to junior and senior level high school mathematics classes. Part 1 explains the concept of iteration and its role in the study of dynamical systems.