penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre

 

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penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre 

2 février 2014

la spirale constructiviste s'élargit au fil des jours comme critique de la totalité et perspective révolutionnaire globale

d'Hegel à Camatte, et de Patlotch en Potlatch, nous avons engagé tous les renversements théoriques : la théorie révolutionnaire, remettant Camatte sur ses pieds contre le capital, et dépassant les marxismes, le situationnisme et l'écologisme, Théorie Communiste et Temps Critiques réunis, s'émancipe de tous les -ismes militantaires et de leur étroitesse d'isthmes identitaires

> le capital contre le vivant, la révolution pour la vie

6 février 7 février 18:16

à propos de 'programmatisme' et d'une discussion chez dndf (critique de la verte critique, chez dndf ils sont a-Wert critiques, moi aussi : un homme et une femme a-wert i' z'en valent quatre)

penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre vaine critique ?

penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre lobo t'amis

Lobo met le doigt où ? vertement sur les contradictions à l'excès de l'avant-garde communisatrice, les ultra gauches (maladroits) à trajectoires de balles dans le pied à répétition.

si j'avais 17 ans, et si j'étais sérieux c'est sûr, ça me gonflerait dur, ces causettes de vieux

les programmes n'engagent que ceux qui en avaient

penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre critique du programme ? en gros tard

discutailleurs programmés ou acteurs du moment présent ?

Que faire, aujourd'hui, d'une discussion sur le "programmatisme ouvrier" (la révolution communiste comme prise du pouvoir d'État). Qui s'en soucie, hors les historiens du communisme, et les vieux militants ? Certes, dit le proverbe africain, si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens. Les jeunes générations seraient-elles tentées de repasser les plats ? Je ne le vois nulle part, hors chez des attardé-e-s de l'encartage, fossiles ou vrais demeurés,  et autres Bellacio-istes, car le démocratisme radical est un programme sans révolution ni réalisme.

le programme était communiste

Le programme ouvrier était communiste, il a produit le "communisme d'État", le "communisme de caserne", un "capitalisme d'État",  toutes expressions approximatives. C'était pourtant, de fait, une fausse "dictature du prolétariat", de ceux qui n'étaient plus prolétaires de la "classe ouvrière", mais nouvelle "classe économique politiquement dominante" dans le "socialisme réel". Ceux d'en-bas n'étaient pas moins exploités et opprimés par ceux d'en-haut que dans le capitalisme des dictatures ou des démocraties politiques.

l'alternative démocratique est utopie, car irréalisable

à l'inverse aujourd'hui, l'alternative démocratique est pure utopie. Peu importe qu'elle soit une "utopie du capital" : elle est irréalisable. Qui peut croire aux sornettes de Mélenchon, d'Alternative Libertaire ou autre Organisation Communiste Libertaire ?  Le Pen et l'abstention, voilà la crédibilité politique de masse. Quand un nouveau "fascisme" sera au pouvoir, sans parler de la grande guerre qu s'annonce, verra-t-on encore des "camarades" se garder de les combattre, parce que ce ne serait pas un combat de classe ?

les jeunes vivent sans théorie le moment présent capitaliste

les jeunes du moment actuel (révolutionnaires de demain ?) vivent leur temps et le regardent avec leurs yeux d'aujourd'hui, pas avec nos yeux d'hier et nos lunettes de rétropréviseurs. Je me sens plus en phase avec mon fils de 17 ans qu'avec des discutailleurs théoriques, le nez sur leurs concepts dans leur verbiage auto-référencé, loin de la vie sauf par bouquins interposés, un langage spécialisé au demeurant pas indispensable pour comprendre les réalités, quand elles font le quotidien du capitalisme concret. La formulation théoricienne n'est utile qu'aux théoriciens et à ceux qu'ils fascinent. Qu'ils prennent plutôt garde à l'idéalisme qui leur pend au nez.

pourquoi pas de jeunes 'communisateurs' conséquents ?

"nous" avons certainement un déficit de jeunesse "dans nos rangs communisateurs". Mais pourquoi ressasser un passé d'ancien-ne-s combattant-e-s ? Il serait plus avisé de se demander pourquoi la théorie de la communisation, dans son classicisme post-prolétarien, n'est portée que par des "camarades" nés deux à trois décennies avant 1968 ou dans celle qui a suivi, et d'observer que les rares jeunes qui s'en "emparent", quand ils ne sont pas de simples adeptes, en font autre chose. N'est-ce pas la meilleure des nouvelles du moment présent ? Et s'ils sont mauvais élèves, à quels professeurs la faute ?

l'heure n'est pas à ressasser son passé, mais à passer le témoin

4 février 18:34

démocratisme radical une relecture de "notre histoire" en spirale dialectique

penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre dessin au stylo noir - détail - 2013 - Mathilde Guillemot, reçu ce jour par mail, du 12 février au 18 mars, galerie Univer/Colette Colla, 6 rue de l'Ameublement Paris 11e M° Faidherbe ou Reuilly

non, je ne vais pas relire l'ouvrage de Roland Simon (2002). Quelque chose n'a pas été vu. Certes, la perte de l'identité ouvrière, l'effondrement du programmatisme ouvrier... ont fait perdre de vue la perspective révolutionnaire comme rupture. Mais ce faisant, l'ensemble des fléaux causés par le capitalisme global remontaient à la surface : exploitations, dominations, oppressions, répressions, saccages écologiques... et s'emparaient du discours politique de l'anticapitalisme, de la recherche d'une convergence de toutes les victimes du capital.

face à cet abandon de la perspective révolutionnaire, les partisans de la communisation, étant ancrés plus qu'ils ne le pensaient dans le programmatisme, se sont enlisés dans la "négation" du prolétariat. Ils ont bien vu la caducité de la révolution comme affirmation de la classe ouvrière à l'assaut du pouvoir politique, mais ils n'ont pas perçu la démultiplication à l'œuvre des identités sous lesquelles le prolétariat affrontait le capital, aux limites de ce qu'il faisait d'elles : femmes, personnes de couleurs, migrants, sans-papiers... tous ceux qui n'existaient comme tels que pour le capital, comme le disent les communisateurs post-prolétariens.

avec l'effondrement politique du démocratisme radical, comme de sa petite sœur l'action directe, la conscience de causes capitalistes à tous les maux du monde s'approfondit et s'élargit tout en se diversifiant sur toutes les lignes, en même temps que la politique et la démocratie font de moins en moins illusion (à suivre l'abstention lors des prochaines élections dans le monde). Qui sait ce que les gens feront, en tant quils se nomment"citoyens du monde", mais pas en citoyens d'un quelconque État ? Pas plus qu'ils ne les définissent réellement dans le capital, leurs mots ne limitent pas toujours leurs actes. La critique qui en reste aux mots ne comprend rien aux choses.

autrement dit, nous sommes apparemment dans un moment creux de la 'combativité', qui correspond à cette désillusion politique, et à la digestion de l'illégitimité de la revendication salariale. Le prolétariat, dans sa diversité, encaisse les coups, mais le capital ne perd rien pour attendre.

ma propre recherche, de 2002 à 2004 (carrefour des émancipations) relevait de cette idéologie en vogue, tout en cherchant à l'intégrer dans l'héritage marxien.

La chute en était un modèle d'idéologie démocrate radicale

4) POLITISATION DÉMOCRATIQUE GÉNÉRALE 

4.1. de l'Etat-Nation capitaliste à l'administration démocratique des choses /4.2. la démocratie politique contre l'Etat / 4.3. la politique comme improvisation collective / 4.4. politique, économie et 'société civile' 

5) QUEL PROJET... QUELLE STRATÉGIE... QUELLE ORGANISATION POLITIQUES ? 

Communisme... aux armes etc. / Alternative de société : un choix stratégique  Appropriation citoyenne du fonctionnement de la société 

le départ comportaient pourtant des ingrédients qui n'y étaient pas voués automatiquement, et dont je souligne ceux que depuis j'ai renversés dans la perspective communisatrice, une fois vidés de leur idéologie citoyenniste

1) ELARGIR LA CRITIQUE DU CAPITAL ET DE L'ETAT 

1.1 de l'impuissance contre le Capital et l'Etat  1.3 quels "retours à Marx" ?  1.4 quand les Rouges manquent les Noirs, le Vert y perd ses fruits 

1.5 on est prié d'articuler

2) LE TEMPS VENU DE L'AUTOPRAXIS 

2.1. le renversement de perspectives par l'autopraxis  2.2. les formes politiques comme pièges de l'histoire  2.3. praxis : des séparations à dépasser entre théories et pratiques  2.4. dialectique, articulations, processus... autopraxis 

2.5. libertaires en masse !

3) POLITIQUE DU SUJET

3.2. la personnalité dans le groupe  3.4. penser par soi-même, concevoir avec d'autres   3.5. philosophie politique ou praxis ?  3.6. désoccidentaliser la pensée 

3.7. la politique comme subjectivation et relation

c'est arrivé là que j'ai buté sur mes inconséquences, avant de découvrir la théorie de la communisation en version RS/TC. Je n'ai pas tout compris d'emblée, mais mon édifice a basculé en quelques semaines. Naturellement, j'essayais de convaincre mes ex-camarades (PC, LCR, LO, Anars...), mais je me heurtais à un mur, sous l'accusation de théoricisme d'intello masturbateur.

avec mes nouveaux "amis", j'ai eu beau batailler alors, sur le forum de Meeting, pour sauver une part de mes "acquis", je ne faisais pas le poids devant le rouleau compresseur de LA contradiction dans l'implication réciproque passant le tout par son entonnoir. Je me suis laissé ficeler par cette vision confrontée aujourd'hui à son échec théorique et pratique.

pour revenir à mon objet, la morale de cette histoire est qu'il n'y a pas à diaboliser ceux qui se sont pris dans le démocratisme radical ou l'action directe. Ils font partie du même prolétariat dont on attend tant et tout, qui ne viendra pas sous la forme annoncée.

À mes débuts dans le 'milieu communisateur', on m'a légitimement soupçonné de ne pas être "déconstruit" de mon "passé PC social-démo" (comme disent les féministes de celle qui est "encore imprégnée de patriarcat"), certain même d'être un flic infiltré, exigeant ma démission contre son adhésion.

on peut relire ma poésie depuis 25 ans et constater que" stalinien", je l'étais moins que ces anarcho-groupistes de surface. Anarchiste je n'avais pas besoin de l'étiquette : où je travaillais, les gauchistes m'appelaient 'l'anar'. J'ai démonté l'identité communiste, pas seulement dans ce poème en prose de 1989, aussi bien l'identité de groupe ("notre parti", "nous") qu'individuelle (le ou la "camarade") - Critique de l'identité communiste, 2003. Les nuisances du groupe, le sectarisme, je les avais subis de l'intérieur dans le PCF, observés identiques dans les groupes anarchistes, avant de les retrouver chez Théorie Communiste. Tel Quel.

ceux qui avaient la pureté des concepts ne la salissaient pas dans l'impureté des luttes dont ils théorisaient le réformisme, d'autant moins qu'ils appartenaient à des milieux épargnés du plus bas, en termes de salaires

de chacun, selon ses besoins, son combat

Il est absurde et criminel envers soi-même de donner à l'Histoire plus qu'elle n'est capable de vous rendre, soi-même vivant (si l'on ne croit pas au paradis, à l'enfer, etc.) Roger Vaillant, Journal intime

dedans t'étouffes dehors tu t'empoisonnes tu vas où tu fais quoi tu peux toujours chercher l'air pur dans les montagnes de ta pensée voir ça de haut croire que t'es un aigle t'es qu'un moineau blessé en chute libre t'es tout seul et sans ciel deviens pas un vautour t'as pas raison tout seul t'as seulement des raisons déraison démission t'as seulement des visions dérision et la nuit c'est chacun son aire chacun son nid chacun sa grotte là t'atteinds des sommets en philosophie caverne contre caserne ça c'est drôle on dirait de la joie du Jouary Lajoinie d'la pensée la joie triste à mourir et dedans forcément si t'as le nez dessus quand ça pue c'est terrible tu prends la porte et tu crois prendre l'air tu prends tes jambes à ton tes désirs pour des du coup t'en viendrais même à plus sentir du tout et pas la merde que font dehors les autres t'en as jusqu'aux genoux si t'es fort jusqu'au cou si c'est faible et sans parler des morts de tous ceux qu'on voit plus noyés dedans dessous qu'on marcherait dessus à pas lourds à pas faire attention et qu'on y plongerait comme d'autres s'y baignent ils en ont plein les yeux se croient au chaud dedans au chaud d'un ventre ventre toujours fait con comme dirait l'autre sans parler des assis au bord qui font concours de pêche avec leur carte en poche société privée d'exploitation du genre humain et du reste alors faudrait mener ta barque au large en optimiste toutes voiles dehors te dire que vivent ceux qui rament contre vents et marées non ceux qui rament crèvent vogue la galère et vivent ceux qui rêvent faudrait repartir à zéro et tout recommencer quoique les re ça t'as de ces relans de ces requins qu'on sait plus trop à qui bien mal acquis déjà tout seul c'est pas aisé à deux t'es bien souvent baisé alors quand t'es un peuple t'as beau te dire sans parti pris les autres feront la part de tes excès et toi de leurs raisons in-tel-lec-tu-el-col-lec-tif ou duel collectif il faut choisir son camp renoncer à soi-même apprendre les réponses avant de poser les questions douter de tout douter de rien maxime contre minime chacun son goût de l'absolu tout est si relatif on coupe en quatre les cheveux de l'autre ça fait des tifs ou des têtes qui tombent sous les superlatifs des plumitifs laisse béton qui peut Le Puill peut le moins plus Spire des deux n'est pas celui qu'on coupez ici on ne pense pas on s'approprie on se nettoie dit le Petit Robert s'il se nettoie c'est donc ton frère de combat dieu que c'est compliqué il en faut du courage l'ennemi à ta porte ouverte dans les deux sens alors ton frère toi-même as-tu bien su t'approprier prier te nettoyer passez-moi le savon de Marseille mais qu'est-ce que tu dis t'oublies faut dire que la mémoire faudrait s'en faire une autre sur mesure appropriée nettoyée oublier ce qu'on a ou ce qu'on n'a pas dit ou écrit ajouter ce qu'on ne pouvait pas tout savoir inventer l'avenir pourtant moi qui croyais le mieux serait d'être un jeunadéran un adhérentanplan pas un amer en plan pas un Rouge à la mer cherchant le vent du large le mieux serait d'être un proche de nous pas trop curieux un loin de nous mais qui réfléchit bien un qui conserve ses désaccords en attendant d'avoir compris que ce sont des erreurs le mieux serait d'avoir confiance pas en soi mais en eux de leur faire aveugle confiance sourde confiance et muette confiance le tout bien digéré par toi autogéré par eux avant-garde appropriée et auto-nettoyante professionnels de l'erreur infailliblement corrigée reconductibles éternels dialecticiens à la faucille pédagogues de l'oubli hommes au passé plus que parfait courageux du silence exonérés d'autocritique machines à pomper l'air castrateurs de l'esprit critique parasites de l'espoir médiocres incasables concours lépine de l'échec stratèges du déclin rassembleurs d'eux-mêmes et encore ventilateurs d'air en boîte philosophes de casernes désaffectées chefs d'armées introuvables monarques de l'autogestion majoritaires automatiques Don Quichotte des non-dits tendanciels et des valeurs unilatérales pourfendeurs de l'idyllisme visionnel grands thermomètres de l'influence réelle indicateurs universels de l'horizon hommes nouveaux toujours nouveaux toujours nouveaux toujours nouveaux toujours

Calme-toi ! Offre leur ta pitié. Réserve ton mépris. Garde ta haine pour ceux d'en face, les tiens (?) ne t'auront plus. Panse ta blessure. N'oublie pas ceux que tu aimes encore et ne leur dis pas adieu puisqu'en partant tu demeures  LIVREDEL I 1989

3 février 12:31

stratégie révolutionnaire, perturbation : théorie communiste => penser l'agir collaboratif des abolitions contre le capital

penser les abolitions contre le capital : une nouvelle période s'ouvre

avec le capital contre le vivant, la révolution pour la vie nous disposons d'une sorte de petit manifeste révolutionnaire, d'une ligne générale. Pour y parvenir, j'ai renversé les pratiques théoriques antérieures, fondées sur la discordance et les alliances confuses et opportunistes, en pensées et pratiques croisées pour construire la pensée révolutionnaire d'un nouvel en-commun. Ce renversement aboutit à :

s'exprimer au nom de tous impersonnellement pour exclure les autres => s'exprimer en son nom individuellement en incluant les autres

théoriser communiste formalisation d'un individu ou groupe => penser dans l'agir collectif & traverser les langages

théoriser dans la séparation => croiser les pensées dans les actions

théoriser par exclusion => élaborer par inclusion

entériner les segmentations => promouvoir la convergence des ruptures

étiquettes identitaires y compris des camarades communisateurs => une révolution de sans noms 

Aucune révolution, aucun changement historique n'a jamais réussi dans un principe d'exclusion et d'appropriation, sauf le capitalisme et ses choses : l'Etat, la démocratie, le colonialisme, l'argent, la marchandise, le territoire, l'humain, le vivant... Les révolutions qui réussissent sont celles qui se gagnent au-delà de leurs propres fondements.

années 1990, petite expérience de lutte revendicatrice - j'étais alors élu cgt du personnel, très faible syndicalisation - commençait à se poser un gros broblème de surcharge de travail des secrétaires (toutes des femmes) - j'ai rédigé une pétition sans étiquette et nous avons monté une réunion, nous avons obtenu une audience auprès du directeur la cgt a envoyé sa permanente à notre réunion et à l'audience - je ne plus si nous avons obtenu quelque chose ou pas - à la sortie, la permamente proposait l'adhésion et la VO (VieOuvrière, journal confédéral cgt) - personne n'a adhéré, toutes s'en foutaient et moi aussi. J'ai démissionné peu après, un premier avril, le directeur m'a téléphoné, ne sachant si c'était du lard ou du cochon. Un poisson vrai !

TC Théorie Communiste un bilan contrasté : sur le blog dndf "perturbé", R.S de TC rectifie un point d'histoire capital « Précision historique: TC paraît depuis septante sept » (adé avait écrit septante neuf). Même sans inclure les textes antérieurs, cela fait 35 ans que TC produit de la théorie. C'est l'équivalent de Marx entre le Manifeste en 1848 et sa mort en 1883, ou si l'on préfère - souhaitons longue vie à Roland Simon -entre les "écrits de jeunesse" de Marx en 1943 et ceux de la fin des années 1870.

La différence qui saute aux yeux, c'est que Théorie Communiste n'a eu strictement aucun écho dans les luttes de son temps. Ses textes ont davantage accompagné leur temps qu'ils n'ont fait leur temps et au-delà pour le meilleur et le pire, comme ceux de Marx ou de l'Internationale Situationniste. TC, un groupe au statut ambigu et contradictoire, a passé son temps à mener ses petites guéguerres grégaires contre tous ses "proches", contre la "fuite hors du capital" de Camatte, contre la supposée "extériorité" au capital de "l'humanisme" de Temps Critiques ou TropLoin, contre le récit de Bruno Astarian "Merci Patron", contre mon "excès de sexe" etc. - sans aucun effet contre le capital et ses alliés idéologiques. Cela se consume dans l'auto-promotion radoteuse d'un "intello" (au sens de la jeunesse des banlieues) mégalomane, qui n'a pas à être rhabillé pour l'hiver, puisqu'il reste couvert aux temps chauds.

Cela ne signifie pas que TC n'a pas eu d'influence révolutionnaire, qu'il n'en reste rien, sinon je ne serais pas là à en causer pour en retenir les leçons positives ou négatives. La boucle est bouclée, pour autant qu'elles seraient non "programmatistes", des "théories post-prolétariennes" (Christian Charrier). Les temps sont à autre chose.

Toute polémique entre Théorie Communiste et moi serait vaine et stérile, d'emblée hors sujet, dépassée dès que formulée en ses termes délétères, et confrontée immédiatement à son échec dans la petitesse égotiste. Il en va de même, en tendance, pour toutes les polémiques et confrontations internes au supposé milieu théorique de la communisation. La dynamique actuelle est à l'externalisation.

« Toute la connaissance est chez les autres » Henri Meschonnic

Personnellement, je n'invente rien, encore moins de gros concepts à exposer. Je ne me considère pas comme un théoricien mais comme un passeur, un faciliteur de rencontres auto-transformantes pour la pensée et l'action. Je ne fais que formaliser un ensemble de considérations qui ne sont pas d'abord les miennes, mais le savoir et l'expérience des autres.

1er février 18:25

que de pas franchis... malgré TC depuis l'autosatisfecit de Théorie Communiste dans ce texte de TC23 en mai 2010

Franchir le pas
Qu’est-ce qui fait que Théorie Communiste apparaisse comme un paradigme suscitant méfiance et réticence vis-à-vis d’un milieu pourtant riche en divergences et affrontements ? TC apparaît comme extérieur à un en-commun à l’intérieur duquel se déroulent divergences et affrontements finalement convenus. Laissons pour l’instant de côté la scie de la difficulté de lecture de TC, mais nous y reviendrons.

Bien sûr il y a la critique de l’auto-organisation, de l’autonomie, de toute forme de gestion ouvrière, il y a la critique du programmatisme, c’est-à-dire la périodisation historique de la révolution et du contenu même du communisme, il y a la restructuration du mode de production capitaliste, c’est-à-dire de la contradiction entre le prolétariat et le capital, il y a l’affirmation de l’existence d’un nouveau cycle de luttes se définissant par la lutte d’une classe dont l’existence même comme classe est la limite de sa lutte, il y a la critique de toute vision normative des luttes et de la révolution. Il y a tout cela, mais l’essentiel est dans la rupture que représente TC vis-à-vis du paradigme théorique définissant l’en-commun de ces débats, controverses et polémiques.

Ce qui est clair aujourd'hui, c'est que le paradigme 'Théorie Communiste' ne suscite pas que "méfiance" sans bonnes raisons, ni "réticence" non fondée en théorie comme en pratique théorique. "L'en-commun" n'existait déjà plus à il y a deux ans - quel mépris pour certain-e-s ! Mettre dans le même sac tous les autres parce que refusant de "franchir le pas" selon TC n'était qu'une manière de plus de se considérer comme porteur autodéclaré de la théorie adéquate à l'époque. La "scie de la difficulté de lecture" s'explique en partie par la lourdeur de style de Roland Simon, mais surtout par sa conception même de la formulation théoricienne, sur la base d'une dialectique post-hégelienne structuraliste qui n'est plus de saison, ni adaptée au moment présent du capitalisme et des luttes.

Les acquis théoriques dont la liste est dressée ne posent plus de problèmes, à la terminologie près, à une bonne partie de ceux qui s'inscrivent dans la perspective de la communisation. Ce n'est pas le cas de toutes les thèses de TC, et d'autres élaborations tout aussi fécondes aujourd'hui s'en passent, voire s'y opposent.

TC ne représente donc plus à lui seul "la rupture avec le paradigme théorique définissant l'en-commun", un en-commun taillé sur mesure de façon paranoïde et mégalomaniaque pour justifier une ségrégation théorique sur la base de sa domination. Les "controverses, débats et polémiques" du milieu visé, TC y a participé plus que tout autre groupe ou individu théoricien, jusqu'à les provoquer par intérêt parfois théorique, parfois pour le seul but de conforter une position centrale et motrice, qu'il a tenu à juste titre au moment de faire connaître les concepts essentiels de cette théorie : programmatisme, restructuration, disparition de l'identité ouvrière et quelques autres parfois sous d'autres mots que les siens.

Les problèmes de fond que posent, ensemble, la forme de théorisation du discours de TC et celle de ses échanges avec les autres, formes et fond que j'ai démontés durant ce mois de janvier, sont aggravés par les rapports que ce groupe théorique a entretenu, d'une part avec les luttes théorisantes considérées comme "théoriciennes" via sa propre élaboration théorique;  d'autre part avec ceux qui ont été ses interlocuteurs privilégiés, choisis délibérément, depuis dix dans dans les revues Meeting et SIC, avec un milieu supposé adéquat à l'exposition de ses thèses au sein de luttes supposées exemplaires, en France comme en Grèce (et notamment Untel, "leader objectif" du milieu anarchiste radical en France et au-delà). Le pas franchi par TC dans cette démarche était une erreur théorique autant que de pratiques théoriques, sur fond d'ambiance malsaine et sclérosante. Pour que se recrée le minimum de confiance indispensable à un éventuel en-commun sur une "autre base" vraie, on attend plus que les justifications contorsionnistes de "Fin de parti(e)".

Cette période est révolue. Rien ne se passera plus ainsi et c'est très bien. Il appartient aux membres de Théorie Communiste d'en prendre acte quoi qu'ils en fassent, et aux autres de se sentir décomplexé-e-s, et libéré-e-s de cette appropriation inconsidérée de la théorie communiste en France, que TC aurait aimé exporter ailleurs. Son échec est double et patent, et bien que partiel compte-tenu des acquis, il met à jour ses limites en théorie comme en pratiques. TC "s'est abolie sur la base de" TC. Cet échec est principalement le sien, et offre un bol d'air frais à la théorie communiste à produire aujourd'hui.

La théorie communiste n'a plus ni centre ni milieu, et c'est bien mieux comme ça. Toutes et tous ceux qui le souhaitent, en France comme à l'étranger, vont pouvoir avancer séparément ou ensemble de façon plus saine et plus féconde. Pour l'heure il n'y a aucune nécessité que cela s'organise et se formalise autrement que par des initiatives indépendantes, telle par exemple que la lettre à Anselm Jappe publiée par dndf (voir quelles radicalités contre le Capital ? de l'invention de 'Meeting' à l'abolition de 'SIC', et au-delà...), ou ma propre initiative avec ce site, ou ma rupture transitoire avec le blog dndf, en raison du manque de franchise et de clarté qui en émanait.

Il s'agissait de passer à autre chose. Je considère, sans fausse modestie l'ayant engagé seul*, que le dire a valeur performative.

* la plupart des groupes concernés par mes textes disposant de sites internets en ont été destinataires. À ce jour aucun n'a rajouté mo, site à ses liens, ni fait écho à mes textes. Ainsi va la vie, au chaud dans son milieu, chacun pour soi, Patlotch pour tous...