la police et l'armée des États contre les populations

 

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la police et l'armée des États contre les populations 

Ouvert le 27 janvier 2014

 

3 mai 2015

ces questions seront désormais abordées dans le forum sur la communisation, dans la rubrique

ÉTAT, POLICE, ARMÉE... MÉDIAS = DOMINATIONS des populations : fascisme ou communisation ? Critique de la démocratie politique

18 avril

USA : théorie sans complot

Faut qu'ça saigne, Boris Vian (Le tango des joyeux bouchers, musique de Jimmy Walter, 1954)

C'est le tango des joyeux militaires
 Des gais vainqueurs de partout et d'ailleurs
 C'est le tango des fameux va-t'en guerre
 C'est le tango de tous les fossoyeurs

 Faut que ça saigne
 Appuie sur la baïonnette
 Faut que ça rentre ou bien que ça pète
 Sinon t'auras une grosse tête
 Faut que ça saigne
 Démolis-en quelques-uns
 Tant pis si c'est des cousins
 Fais-leur sortir le raisin
 Faut que ça saigne
 Si c'est pas toi qui les crèves
 Les copains prendront la relève
 Et tu joueras la Vie brève
 Faut que ça saigne
 Demain ça sera ton tour
 Demain ça sera ton jour
 Plus de bonhomme et plus d'amour

la stratégie américaine comme si vous y étiez, Interview de George Friedman, dedefensa 22 janvier Kommersant december 22 14

la police et l'armée des États contre les populations

recherche pour Friedman Stratfor CIA

texte intégral dans la police et l'armée des États contre les populations

Kommersant : «Dans vos analyses, vous vous référez à la fragmentation de l’Europe. Comment se manifeste cette fragmentation ?»

George Friedman : «Durant la Guerre froide, les frontières en Europe ont été préservées. Il était entendu que, si l’on changeait quelque chose, une déstabilisation s’ensuivait. Une fois la Guerre froide terminée, le bouleversement des frontières a commencé avec la Yougoslavie. Ensuite, il y a eu les changements de facto dans les frontières des pays du Caucase. Très récemment, 45% des Écossais ont voté pour l’indépendance. Les Catalans veulent aussi leur indépendance.

»Dans le contexte de ce mouvement de fond, je ne pense pas que la situation ukrainienne (où une partie du pays est attirée par un rapprochement avec l’UE tandis que l’autre veut être proche de la Russie) est unique. La situation ukrainienne prend parfaitement sa place dans les tendances centrifuges que nous avons observées en Europe depuis un certain temps. Bien entendu et jusqu’à récemment, personne ne pensait à la question des rapports entre l’Angleterre et l’Écosse, qui semblait être réglée depuis 300 ans, et qui est réapparue de façon si soudaine et urgente. En d’autres mots, la crise ukrainienne, si elle est connectées avec la situation russe, est aussi une partie d’un processus qui marque la crise européenne elle-même.»

Kommersant : «Les politiciens européens disent que ce qui a causé la déstabilisation de l’Europe c’est l’action de la Russie en Ukraine.»

George Friedman : «Les Européens sont très fiers de ce qu’ils nomment leur “exceptionnalité”. Cela implique qu’ils se sont débarrassés de toute menace de guerre interne, depuis au moins un demi-siècle, et qu’ils ont vécu dans un monde de stabilité et de prospérité. Mais jusqu’aux années 1990, l’Europe a vécu, en fait, sous l’occupation conjointe des USA et de l’URSS. Et puis, il y a eu la Yougoslavie, et puis le Caucase. Le continent européen n’a jamais été complètement pacifié.»

Kommersant : «Mais les officiels US, aussi bien que les directions des États-membres de l’UE, ont justifié leur politique très dure contre la Russie par le fait que, avec l’annexion de la Crimée, la Russie a “redessiné des frontières par la force” depuis la Seconde Guerre mondiale.»

George Friedman : «Les Américains savent que c’est un non-sens. Le premier exemple de changement des frontières par la force a été la Yougoslavie. Et le Kosovo fut seulement l’achèvement du processus. Et les USA sont directement impliqués dans ce processus.»

Kommersant : «Quel est le but de la politique US pour ce qui concerne l’Ukraine ?»

George Friedman : «Durant les cent dernières années, les Américains ont poursuivi avec constance une politique étrangère très consistante: empêcher quelque nation que ce soit de constituer une trop grande puissance en Europe. D’abord, les USA ont cherché à empêcher l’Allemagne de dominer l’Europe, ensuite ils ont cherché à limiter l’influence de l’URSS.

«L’essence de cette politique est ceci: maintenir aussi longtemps que possible un certain rapport de forces en Europe [qui les avantage], en aidant les partis les plus faibles, et lorsque le rapport de forces existant était [ou est] sur le point d’être modifiée, – en intervenant au dernier moment. Ce fut le cas durant la Première Guerre mondiale, lorsque les USA intervinrent seulement après l’abdication du tsar Nicolas II en 1917 pour éviter que l’Allemagne s’affirmât d’une façon prééminente. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les USA ouvrirent un second front très tardivement (en juin 1944), après qu’il fût devenu évident que les Russes allaient l’emporter sur les Allemands.

»Par-dessus tout, l’alliance potentiellement la plus dangereuse, selon le point de vue des USA, a toujours été une alliance entre la Russie et l’Allemagne. Cela serait une alliance entre la technologie et le capital allemands avec les ressources naturelles et humaines de la Russie.»

Kommersant : «Aujourd’hui, que croyez-vous que les USA tentent de contenir ?»

George Friedman : «Aujourd’hui, les USA cherchent à bloquer l’émergence d’un ensemble d’hégémonies régionales potentielles : la Serbie, l’Iran, l’Irak. En même temps, les USA utilisent des attaques de diversion. Par exemple, dans une bataille, quand l’ennemi est sur le point de parvenir à une victoire, vous le frappez de façon à déstabiliser son avantage. Les USA ne cherchent pas à “vaincre” la Serbie, l’Iran ou l’Irak, mais ils cherchent à créer le chaos dans ces zones pour empêcher ces pays de devenir trop forts.»

Kommersant : «Et pour ce qui est de la Russie, quelle tactique utilisent-ils ?»

George Friedman : «La fragmentation de l’Europe est accompagnée par l’affaiblissement de l’OTAN. Les pays européens n’ont pratiquement par de réelles armées qui leur soient propres. Dans l’alliance, seuls les USA sont puissants en termes militaires. Dans le cadre de l’affaiblissement de l’Europe, la puissance relative de la Russie a considérablement grandi.

»L’impératif stratégique de la Russie est d’établir une zone de sécurité la plus profonde possible sur ses frontières occidentales. Par conséquent, la Russie a toujours été particulièrement sensibles à ses relations avec la Biélorussie, l’Ukraine, les pays baltes et les autres pays d’Europe de l’Est. Ils sont d’une très grande importance pour la sécurité nationale de la Russie.

»Au début de cette année [2014], il existait en Ukraine un gouvernement assez pro-russe mais très faible. Cette situation convenait parfaitement à la Russie: après tout, la Russie ne voulait pas contrôler complètement l’Ukraine ni l’occuper; il était suffisant pour elle que l’Ukraine ne rejoignît ni l’OTAN ni l’UE. Les autorités russes ne peuvent tolérer une situation où des forces militaires occidentales seraient stationnées à une centaine de kilomètres de Koursk ou de Voronezh.

»Les USA, pour leur part, étaient intéressés par la formation d’un gouvernement pro-occidental en Ukraine. Ils voyaient que la puissance russe augmentait et ils cherchaient à empêcher la Russie de consolider cette position dans l’espace post-soviétique. Le succès des forces pro-occidentales en Ukraine devait permettre de contenir la Russie.

»La Russie définit l’événement qui a eu lieu au début de cette année [en février 2014] comme un coup d’Etat organisé par les USA. Et en vérité, ce fut le coup [d’État] le plus flagrant dans l’histoire.»

Kommersant : «Vous parlez bien de la liquidation de l’accord du 21 février [2014], c’est-à-dire du processus Maidan ?

George Friedman : «Tout le processus. Après tout, les USA ont soutenu ouvertement les groupes des droits de l’homme en Ukraine, y compris par des soutiens financiers. Pendant ce temps, les services de renseignement russes rataient complètement l’identification de cette tendance et sa signification. Ils n’ont pas compris ce qui était en train de se passer, et quand ils ont enfin réalisé ils se trouvèrent incapables de stabiliser la situation, et ils firent une mauvaise évaluation de l’état d’esprit dans l’Est de l’Ukraine.»

Kommersant : «En d’autres mots, la crise ukrainienne est le résultat de la confrontation entre la Russie et les USA ?»

George Friedman :  « Vous avez là deux puissances: l’une veut une Ukraine neutre, l’autre une Ukraine qui forme un élément d’une ligne de restriction de l’expansion russe. On ne peut dire que l’une des deux parties se trompent: tous les deux agissent selon leurs intérêts nationaux. Il y a juste le fait que leurs intérêts nationaux sont antagonistes.

»Pour les Américains, comme je l’ai dit, il est important d’empêcher l’émergence d’une hégémonie en Europe. Récemment, les USA ont commencé à s’inquiéter des intentions et du potentiel de la Russie. La Russie est en train d’évoluer de la position défensive qu’elle avait depuis 1992 vers une restauration de son influence. Il s’agit d’une divergence des intérêts nationaux de deux grandes puissances»

Kommersant : «Quels actes du côté russe pourraient avoir causé la préoccupation des USA ?»

George Friedman : «La Russie a commencé à entreprendre certaines initiatives que les USA considéraient comme inacceptables. D’abord en Syrie. C’est là que les Russes démontrèrent aux Américains qu’ils étaient capables d’influer sur les processus en cours au Moyen-Orient. Les USA ont assez de problèmes au Moyen-Orient sans y ajouter la concurrence des Russes.

»Les Russes sont intervenus dans les processus du Moyen-Orient parce que, entre autres raisons, ils espéraient acquérir une capacité de levier pour influencer la politique étrangère des USA dans d’autres domaines. Mais ils ont fait une erreur de calcul. Les USA ont pensé qu’ils cherchaient à s’opposer à eux.

»C’est dans ce contexte que l’on doit évaluer les événements en Ukraine. Apparemment, les Russes n’ont pas bien mesuré avec quelle hostilité les USA percevraient leur action [en Syrie] , ou bien ils n’ont pas vu la capacité des USA à trouver aisément des contre-mesures. C’est dans cette situation que les USA ont observé la Russie et en sont arrivés à conclure qu’ils pouvaient au moins prendre cette mesure de riposte : l’instabilité en Ukraine.»

Kommersant : «Donc, vous pensez que l’Ukraine est une sorte de revanche sur la Syrie ?»

George Friedman : «Non non, pas une revanche. Mais l’intervention des Russes dans le processus syrien, alors que les USA étaient encore en train de traiter les problèmes d’Irak, et qu’ils négociaient avec l’Iran ... A Washington, beaucoup de gens ont eu l’impression que les Russes voulaient déstabiliser la position US déjà bien fragilisée au Moyen-Orient, – Une région d’une importance capitale pour les USA.

»A propos de cette question, il y avait deux points de vue différents à Washington : celle selon laquelle les Russes essayaient maladroitement de jouer un rôle [pour faire les importants], et celle selon laquelle ils avaient trouvé un point faible dans la position des USA et qu’ils essayaient d’en tirer avantage. Je ne suis pas en train de dire que l’intervention en Syrie de la Russie est la cause de la crise ukrainienne, cela serait simplifier et caricaturer. Mais cette intervention a achever de faire pencher la balance de l’opinion prédominante à Washington vers l’idée que la Russie était un problème. Et alors, que fallait-il faire? Il valait mieux ne pas les affronter directement au Moyen-Orient, il fallait orienter leur attention vers un problème nouveau dans une autre région.

»Bien sûr, tout cela est très simplifié, c’est beaucoup plus complexe dans la pratique mais la cause et l’effet sur les relations sont exactement comme je le dis. Le point central, l’argument fondamental, c’est que l’intérêt stratégique des USA est d’empêcher la Russie de devenir hégémonique. Et il est dans l’intérêt stratégique de la Russie de ne pas permettre aux USA de venir jusque sur ses frontières...»

Kommersant : «Selon vous, quelle est l’idée qui se trouve derrière les sanctions US ? Les autorités russes disent que les USA veulent parvenir à un changement de régime en Russie.»

George Friedman : «Le but des sanctions, c’est, – avec un minimum de dommages pour les USA et des dommages un peu plus conséquents pour l’Europe, – de faire pression sur la Russie de façon à ce qu’elle capitule et remplisse les conditions exigées par les USA.

»Les sanctions démontrent la puissance des USA. Et les USA sont très heureux d’en faire usage contre les pays qui n’ont pas les moyens de répondre et de riposter d’une façon adéquate. C’est aussi une opportunité pour “réaligner” les Européens. Je ne pense pas que le but principal des USA soit le changement de régime en Russie. Le but principal, c’était de limiter le plus possible les capacités de manœuvre des autorités russes, ce qui est effectivement en train de survenir. Mais il y a bien sûr d’autres facteurs qui jouent un rôle, comme par exemple le ralentissement de l’économie russe et la chute du prix du pétrole.»

Kommersant : «En Russie, beaucoup disent que les prix du pétrole ont été manipulés par une conspiration entre les USA et les pays du Golfe.»

George Friedman : «Il est toujours plus facile d’expliquer une difficulté par une référence à des actions délibérées d’autres personnes. Il est un fait qu’un certain nombre de pays, dont la Chine, l’Inde et le Brésil, ont réduit leurs prévisions pour ce qui concerne leur rythme d’expansion économique. Et, par ailleurs, l’Europe est au niveau zéro pour sa croissance. Et là-dessus, une révolution se développe dans le secteur pétrolier, et le volume de pétrole disponible grandit.

»La chute des prix du pétrole était inévitable. Qu’est-ce que vous pouviez attendre d’autre ? Mais vous [vous, Russes] avez construit toute votre stratégie économique non seulement sur un prix levé du pétrole, mais aussi sur l’exportation des ressources d’énergie en tant que telles. Cela vous rend si vulnérables ! Vous auriez dû employer les 10 ou 15 dernières années de rentrées importantes de la vente des ressources d’énergie à la diversification de l’économie, mais votre gouvernement n’a pas fait cela.»

Kommersant : «Peut-on attendre une amélioration des relations entre les USA et la Russie après les prochaines élections présidentielles US ?»

George Friedman : «En Russie, vous personnalisez trop la politique américaine. Aux USA, le président est seulement une des institutions du pouvoir, il n’est pas tout-puissant. Obama est aussi pieds et poings liés que ses prédécesseurs. Si au Moyen-Orient des groupes comme l’“État Islamique” se développent à un rythme très rapide, peu importe que le président soit démocrate ou républicain, – il devra intervenir avec force contre eux.

»Aucun président américain ne peut se permettre de rester assis sans rien faire si la Russie devient de plus en plus influente. Les actions de la Russie au Moyen-Orient ou, disons, dans le cas de l’asile politique accordée à Edward Snowden, ont été perçues aux USA comme des attaques directes contre les intérêts US. N’importe quel président doit réagir contre cela. Il y a trois ans, dans un de mes livres, je prédisais que dès que la Russie commencerait à accroître sa puissance et à montrer cet accroissement, une crise éclaterait en Ukraine. C’était évident.

Kommersant : «Que croyez-vous qu’on puisse dire du rapprochement entre la Russie et la Chine ?»

George Friedman : «La Chine a beaucoup de problèmes qui lui sont propres, – freinage de la croissance, inflation élevée, chômage. Il n’y a aucun cadeau à espérer de Pékin. Et la construction du pipeline vers la Chine, où les autorités russes vont devoir dépenser beaucoup d’argent, n’aura probablement aucun impact tangible sur l’économie russe.»

Kommersant : «Comment croyez-vous que la situation en Ukraine va se développer?»

George Friedman : «La Russie ne fera aucune concession sur la Crimée, c’est évident. Mais je pense qu’elle aura de sérieux problèmes pour assurer le ravitaillement et la subsistance de la péninsule. D’autre part, elle ne peut pas reculer sur certaines de ses positions vis-à-vis de l’Ukraine. Elle ne peut pas permettre à des forces militaires occidentales de stationner sur le territoire ukrainien. C’est un cauchemar pour la Russie, avec fort peu de possibilités de manœuvres.

»Les USA vont devoir prendre une décision stratégique, pas maintenant mais dans le futur, soit pour intervenir plus activement en Ukraine, ce qui présente beaucoup de difficultés, soit pour construire une nouvelle alliance, – au sein de l’OTAN ou hors de l’OTAN, – avec la Pologne, la Roumanie, les pays baltes et, par exemple, la Turquie. Cela a déjà commencé à se former, doucement mais cela a commencé. Et c’est quelque chose que les Russes n’accepteront pas, – un “cordon sanitaire”. Pour les USA, l’essentiel n’est pas de contrôler l’Ukraine; l’essentiel est que les Russes ne la contrôlent pas.

»Beaucoup dépendra de Kiev. Le gouvernement de Kiev est le maillon faible. S’il se fragmente, – ce qui, de façon assez surprenante, n’est pas encore arrivé, – alors les Russes essaieront de faire tourner les choses en leur faveur.

»Mais la question principale est bien de savoir si la Russie peut évoluer dans tout cela en n’éclatant pas. Elle fait face désormais à tous les facteurs qui ont conduit à l’effondrement de l’Union Soviétique: l’absence d’un système de transport efficace; une attitude de scepticisme dans beaucoup de régions du pays pour la capitale, du Caucase à l’Extrême-Orient; mais la chose principale est une économie qui ne fonctionne que dans certaines circonstances, – essentiellement, le prix de l’énergie élevé. Vous n’avez qu’un seul produit, et il est aujourd’hui en offre excessive sur le marché global.»

 

25 mars

la « guerre au terrorisme » comme contre-mesures préventives face à une généralisation de mouvements spécifiques...

Et la lutte de classe derrière les paravents idéologiques ? Henri Simon, Mondialisme.org 25 mars

« Cet ensemble de contre-mesures (face à un mouvement éventuel mais qu’on ne saurait qualifier de contre-révolutionnaires) peut se justifier par l’extension dans les cinq dernières années de mouvements plus ou moins spontanés qui se sont étendus comme une tache d’huile à plus ou moins grande échelle internationale, sans qu’intervienne une organisation préexistante. On peut trouver des traits communs au « printemps arabe », au mouvement « Occupy » et même à l’extension du « terrorisme islamique ». Malgré leur caractère imprécis, sans véritable contenu de classe, leur existence éphémère – qu’elles aient ce caractère du fait de la répression ou de par leur propre dynamique – peut faire craindre aux dirigeants une nouvelle généralisation de tels mouvements spécifiques, ou, bien plus, l’explosion d’une action ouvrière globalisée. La dimension internationale donnée à la « lutte contre le terrorisme » ferait alors partie, à l’échelle mondiale, des contre-mesures prévenant une telle explosion.»

16 mars

le Japon s'en ira en guerre, suite... avec la France

Armement : la France et le Japon cimentent leur relation Les Échos 16 mars

Les deux pays ont conclu un accord ouvrant la voie à des matériels communs. Tokyo, qui a levé l'interdiction d'exporter, veut renforcer son industrie militaire.

« Un pas considérable »

« Cela fixera le cadre de notre collaboration », a précisé Laurent Fabius, cité par l'AFP. Les projets évoqués par le ministre des Affaires étrangères concernent notamment « les systèmes de drones, les hélicoptères ou l'espace ». Le déminage pourrait enrichir la liste. Pour Jean-Yves Le Drian, son alter ego de la Défense, il s'agit d' « un pas considérable qui devrait être suivi le plus rapidement possible, peut-être avant la fin de l'année, d'un accord de logistique et approvisionnement ».

sera-ce la drone de guerre ? Une chose est sûre, il n'y a pas que la liste qui va s'enrichir, et tout ça, c'est minant

la police et l'armée des États contre les populations

11 mars

crise du capital et terrorisme : critique de la 'désinformation' et de la 'manipulation', immanence de l'idéologie et théories du complot

un entretien intéressant, nonobstant le langage néo-situationniste et les mérites de Marx semblant être déshistorisés par le raccourci de formules chocs (comme dans la conférence), ce que n'a pas compris Jean-Louis Roche dans sa dénonciation du Faussaire de Radio-Courtoisie, depuis son dogme révolutionnaire et sa vision de la politique opposant une bonne gauche extrême à une extrême-droite diabolique, comme tous ceux qui n'ont rien compris à la démocratie politique et à la fonction capitaliste des États

assumer la critique radicale de la politique

tous ceux qui critiquent la démocratie capitaliste et la politique en tant que telle sont susceptibles d'être dans le collimateur de tous les partis et militants de gauche et d'extrême-gauche, on a vu les antécédents du négationnisme imputé à toute une partie de l'ultra-gauche sans discernement, et les risques pris par Léon de Mattis avec son livre 'Mort à la démocratie'. On voit aujourd'hui la confusion panique se répandre chez tous ceux qui croient encore à la politique, et je ne doute pas d'être l'objet de soupçons de la part des plus timorés sur cette question dans la critique radicale, du seul fait de renvoyer à des textes et vidéos diffusés où l'on sait. Je ne vois franchement pas comment faire autrement, ou n'en point parler...

à lire avec des lunettes, comme d'hab' : contre l'usage surabondant et discutable du « fétichisme de la marchandise », je préfère considérer le fonctionnement immanent de l'idéologie du capital. Peu m'importe ici d'ergoter sur la stricte rigueur conceptuelle. Dieu ma lectrice reconnaîtra les siens

Terrorisme, Système et Stratégie de la tension Francis Cousin 19 janvier 2015 (l'entretien est plus probablement antérieur aux attentats parisiens mais postérieur à  'l'affaire Merat')

Le Capital organise des stratégies terroristes de diversion, de chaos systématiquement orchestré, afin de maintenir sa domination, à la fois pour empêcher l'émergence de lutte radicale et pour confisquer le regard du spectateur dans de fausses directions.

ce que les mouvements révolutionnaires radicaux des années 60-70 ont compris, dans la mouvance du situationnisme, de l'autonomie ouvrière et de toutes ses radicalités pratiques qui se sont mises en marche, c'est que l’État est le chef d'orchestre terroriste. Alors non pas par complotisme fou, mais parce qu'il y a une immanence de la marchandise. La marchandise dans sa phase actuelle de crise généralisée ne peut plus organiser son pouvoir despotique - sur les êtres et sur l'espace qu'elle contrôle - qu'à travers la manipulation chaotique.

En Italie dans les années 70 on avait des luttes de classe qui étaient extrêmement radicales. La gauche du Capital, les syndicats de la gauche du Capital, les partis de la gauche du Capital, étaient incapables de les contrôler, il y avait une autonomie ouvrière qui explosait, et dans le même temps l'OTAN avait besoin d'une restructuration impérialiste de la partie sud du continent européen. Donc la stratégie des Brigades rouges est très simple : vous avez quelques paumés qui circulent, et quelques paumés qui circulent c'est une manne infinie pour les services. Parce que n'oublions jamais qu'un service secret est un service de manipulation. S'il n'était pas un service de manipulation il ne s'appellerait pas service secret mais service public. Donc le service secret est secret parce qu'il manipule, parce que ce qu'il fait, il ne le dit pas, ce qu'il dit, il ne le fait pas.

Maintenant, le problème est la critique du concept de désinformation. Marx l'avait déjà fait, les situationnistes l'ont fait, et ils convient d'aller au bout. Le concept de désinformation est insuffisant. Parce que le concept de désinformation nous donnerait à croire que le système matraque, que le système, par une technique de renversement, construit le faux. Or, le faux n'est pas une construction diabolique et complotiste d'états-majors, petits, moyens ou grands. Le faux est la substance même du fétichisme de la marchandise. C'est une immanence. Alors bien évidemment, il y a des états-majors dans les services qui organisent. Mais, il n'ont aucun pouvoir. Ils sont eux-mêmes dans la mystification du fétichisme. Ce ne sont pas les états-majors qui organisent le fétichisme de la marchandise, c'est le fétichisme de la marchandise qui manipule et organise les états-major.

si on a un regard étroit, et que le champ de vision est restreint, on peut se dire que : de cette première rencontre avec l'ambassadrice américaine*, bien évidemment gérée par la CIA, par le NSA, et par l'appareil d'état, il y a une manipulation construite. Alors effectivement, il y a une manipulation construite mais qui n'est qu'un effet. Cette manipulation construite n'est qu'un effet parce qu'elle est prise dans la grande crise générale du système de la valorisation capitaliste. Les américains ont besoin de redéfinir tout l'espace euro-asiatique avec tout le problème des hydrocarbures. Il y a donc une logique immanente à la crise du Capital qui fait que compagnies pétrolières, services, sont tous dans un mouvement impersonnel « qui conduit à ». Et c'est d'ailleurs pour cela que Marx explique très bien qu'aujourd'hui il n'y a plus de bourgeoisie. Tous les couillons gauchistes qui vous disent : « La bourgeoisie ! La bourgeoisie ! La bourgeoisie ! », ils n'ont pas lu Marx. Marx explique très bien qu'au moment de la domination réelle de la marchandise qui se met en mouvement, la bourgeoisie est supplantée, dirigée et annihilée par la classe capitaliste. La bourgeoisie, c'était des gens qui étaient propriétaires et qui géraient dans une phase intermédiaire les débuts de la marchandise.

* Cousin fait référence aux révélations par Wikileaks, particulièrement celles concernant le 11 septembre 2001

Au moment de la domination réelle de la marchandise Marx dit, une classe capitaliste salariée, anonyme, nomade, se met en mouvement et elle ne gère pas le Capital. C'est le Capital qui la gère. Vous voyez bien que les plus grands patrons du jour au lendemain sont débarqués. Ils ont un pouvoir à un moment donné mais il ne faut pas confondre la réalité du pouvoir de la marchandise avec la schizophrénie narcissique des mecs qui un jour dans un état-major regarde le pouvoir qu'ils exercent sur le monde en croyant que c'est eux qu'ils l'exercent. Il y a donc un système immanent qui organise le système de la marchandise et qui organise les campagnes terroristes. Les campagnes terroristes sont des réponses à la crise.

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terrorisme et impérialisme américain : théories du complot ? 15:19

les informations, je n'ai aucun moyen de les vérifier, mais un peu celui voir leur utilisation, leur montage, pour quelle analyse en relation avec celle de la situation générale, des considérations géostratégiques dans la concurrence capitaliste croisée d'enjeux internationaux (Etats-nations-régions) et transnationaux (capitaux des grands groupes). La question d'un domination américaine (impérialiste mondiale) et celle d'un Empire capitaliste global (Negri/Hardt) n'est pas encore décidable, d'autant qu'elle recoupe deux approches théoriques qui ne sont pas incompatibles : considérer le capital comme un tout sous peine de se heurter à des problèmes quasi insolubles (par exemple baisse du taux de profit à l'échelle mondiale), ou considérer plus concrètement les enjeux économiques, politiques, stratégiques et militaires évoqués plus haut

or, nous l'avons vu, une grande faiblesse des théories de la communisation est leur difficulté à considérer les contradictions géo-stratégiques du capitalisme mondial en tant qu'il fonctionne, pour contrer la tendance à la baisse du taux de profit, sur le principe de la concurrence entre capitaux organisés en sphères concurrentielles sur une base transnationale : à la fois déconnection et inter-dépendance

des fonctions des États en fonction...

une fonction des États-nations est d'assurer la police de leur population territoriale (chaque pays) dans le cadre de cette double concurrence internationale et transnationale, politique et économique, stratégique et militaire, et bien sûr idéologique (contrôle médiatique). Pour ceux qui le peuvent, elle est de participer, notamment sur le plan militaire, aux formes inter-impérialistes de la domination (exemple de la France en Afrique et au Moyen-Orient, des USA un peu partout, de la Russie dans sa sphère d'influence, de la Chine et du Japon en Asie). Elle est soumise aux nouvelles contradictions géo-politiques inter-impérialistes (exemple Chine-Russie-émergents-Europe-USA)

c'est ainsi que Marx analysait le monde de son temps avec une surprenante capacité à couvrir pratiquement toutes les régions du monde, alors que n'existaient que les journaux et les livres, les trains et les bâteaux (cf Marx aux antipodes). De ce point de vue et c'est un paradoxe à notre époque disposant de moyens de communications incomparablement supérieurs et plus rapides (avion, téléphone, radio, télévision, Internet), les théories de la communisation, dans leur modélisation abstraite, ne sont pas (encore) à la hauteur de leur ambition à dire l'état du monde actuel. Je n'ai pas la prétention de résoudre ce problème, mais je pose comme nécessité de le faire sauf à y perdre en crédibilité et en efficience critique réelle

c'est à ce titre que je donne ces liens vers des analyses qui seront aux yeux rien de moins que des théories du complot. Mais à les éviter, on l'a vu, on ne fait plus que donner l'absolution à l'impérialisme américain et l'on en vient vite à accepter la rhétorique des néo-cons, et de fil en aiguille, on ne peut plus faire la critique du capital sans être soupçonné de «confusionnisme». La question est plutôt de ces informations, quand elles sont vérifiables et se recoupent, ne pas avoir des analyses simplistes, opposant deux camps clairement identifiables, et construire des complots à la manière de Thierry Messiaen par exemple, comme on l'a vu depuis le 11 septembre 2001. Il me semble que les articles ci-dessous ne tombent pas dans ce travers, sauf à ignorer complètement le rôle de la CIA et des services secrets dans l'histoire contemporaine

trois articles d'une même journaliste, Julie Lévesque, journaliste et chercheure au Centre de recherche sur la mondialisation, dont je n'ignore pas qu'il figure en bonne place sur les listes de sites « confusionnistes » diffusées par les 'antifas' (voir par exemple Indymédia Nantes Mondialisation.ca : analyse antifasciste d'un site d'un site janvier 2010). Mais comme dit mon Cousin : L'antifascisme et l'antiracisme sont des religions du capital

Irak : Terrorisme « made in USA » et chaos constructif au Moyen-Orient Julie Lévesque News off American Company Internet Council Diconisco.tv 30 juin 2014

Canada : Campagne de peur – Les «extrémistes islamiques» et le rôle douteux des services de renseignement Julie Lévesque Mondialisation.ca 25 octobre 2014

Boko Haram = USA : Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est de contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles Julie Lévesque Regard sur l'Afrique 9 mars 2015

ce qui n'est pas encore très clair relativement à Daesh et Boko-Haram ressemble toutefois étrangement à ce qui s'est passé en Afghanistan, pour ne donner qu'un exemple ne prêtant pas à discussion

15 février

« L’esprit du 11 janvier » ou les guerres françaises à l’ombre de Charlie Said Bouamama 7 février 2015

La conférence de presse de François Hollande du 5 février 2015 a été l’occasion pour le Président de la République de donner sa lecture de « l’esprit du 11 janvier ». Cette étrange expression reprise en boucle par tous les médias lourds vise à asséner l’idée d’une « unité nationale » devenue possible et nécessaire d’une part, souhaitable et souhaitée par les citoyens français d’autre part. Depuis un mois, la méthode Coué et son principe « la répétition fixe la notion » sont devenus le leitmotiv du gouvernement et des médias : la France est en guerre, cette guerre exige des interventions militaires extérieures et des mesures de surveillance intérieures, celles-ci imposent une « unité nationale », elles exigent également une offensive idéologique confiée à l’école de la république pour repérer ceux « qui ne sont pas Charlie », etc. Tel est le contenu (sans cesse répété pour qu’il soit fixé dans toutes les consciences) de « l’esprit du 11 janvier » que François Hollande veut « prolonger » (1). L’esprit du 11 janvier pour Hollande est un esprit guerrier.

Préparer l'opinion à de nouvelles guerres en Afrique / L'esprit de guerre au Moyen-Orient / La guerre intérieure de Valls

Il est temps de réagir avant que, de renoncement en renoncement, un seuil qualitatif ne soit franchi. Le fascisme surgit rarement brusquement. Il est généralement précédé d’un processus long dans lequel des libertés démocratiques sont rognées de plus en plus et des répressions de plus en plus importantes sont développées pour « assurer notre sécurité ». Le fascisme lui-même continue de se légitimer par l’impératif de sécurité. Comme le disait Joseph Goebbels, ministre du Reich à l’éducation du peuple et à la propagande : « Vous n’avez rien à craindre si vous n’avez rien à cacher ». Nous n’en sommes bien sûr pas là mais l’opération Charlie a réellement affaibli nos anticorps démocratiques. Il est temps de reprendre l’initiative.

la police et l'armée des États contre les populations

17 décembre 2014

Sur le Black bloc Contretemps décembre 2014

traduction de On the Black Bloc Salar Mohandesi February 12, 2012 ViewPoint Magazine

Dans ce texte de février 2012, à l'occasion des débats du mouvement anticapitaliste qui ont suivi Occupy, Salar Mohandesi revient sur la place qu'a occupée dans ces débats le Black bloc. Aussi souvent condamné qu'admiré, le Black bloc a été fétichisé de part et d'autre comme l'exemple type de groupe prônant l'action violente. L'auteur propose ici d'en retracer les origines au sein de l'autonomie italienne, du mouvement squat en Allemagne, et de montrer les limites d'une tactique (l'autodéfense organisée des lieux d'occupation) érigée en stratégie unique.

on y trouve, quant à la période récente, une analyse sur la montée et la chute des Black blocs concomittantes, dans la première décennie du XXIème siècle, à celle de l'atermondialisme (démocratisme radical), et qui recoupe les constats du courant communisateur

C'est vraiment avec l'éruption du mouvement altermondialiste, qui se développa  de 1999 environ à 2003, que la tactique du Black bloc, alors totalement disjointe de l'idée même de centre sociaux, commença à survivre de manière indépendante  en se remodelant de façon à devenir autre chose qu'une simple tactique. La grande majorité de ceux qui formaient les rangs du Black bloc à Seattle n'avait aucun souvenir proche des autonomes allemands du début des années 1980, séparés qu'ils étaient par un fossé générationnel assez net,  et par conséquent n'avait pas d'autre choix que de se reconstruire une nouvelle identité. La renaissance du Black bloc eut malgré tout un prix : la contradiction insurmontable entre son existence en tant que tactique et son existence en tant qu'identité. Même si la défaite du mouvement anti-guerre, le début des années Bush, et le déclin de la gauche organisée forcèrent le Black bloc à disparaître plus ou moins en tant que tactique importante, cela renforça paradoxalement son identité, lui assurant ainsi une deuxième vie mystique qui est aujourd'hui l'objet d'une résurrection et d'un fétichisme. [...]

Après des décennies de restructuration du capitalisme, il n'y plus aujourd'hui de squatteurs à défendre. Avec le démantèlement définitif de l'État-providence qui créait  autrefois les conditions dans lesquelles les mouvements autonomes purent apparaître, et la violente répression des centres sociaux qui subsistaient, les squatteurs qui à une époque formaient la base sociale du Black bloc ont disparu. [...]

la police et l'armée des États contre les populations

Séparé de ces fondements, le Back bloc a continué à vivre comme une sorte de tactique flottante. [...] Et le mouvement se retrouve à osciller entre deux idéologies complémentaires, deux stratégies inconscientes, sous le nom de « diversité de tactiques ».

La première implique d'organiser des affrontements délibérés avec la police dans l'espoir de transformer en spectacle le mouvement pour le rendre absorbable par la gauche institutionnelle. Plus proche de la formule que de la stratégie, elle s'applique de façon indifférenciée, sans grand souci du contexte spécifique, et rend paradoxalement la survie du mouvement dépendante de sa capacité à attirer l'attention de l'État.

La seconde consiste à essayer , d'une manière forcée, de faire revivre les centres sociaux, autrefois à la base du black bloc.  Isolée, dépourvue des centres sociaux qui au départ lui donnèrent tout son sens, l'idéologie du blac block tente à présent de les créer de toutes pièces. Les conditions légales extraordinairement hostiles, et la puissance militaire écrasante de l'Etat, transforment l'appropriation d'immeubles en cadre pour l'affrontement de rue. Et dans une certaine mesure, il est difficile de voir au-delà du geste performatif de reconstitution d'un espace social, qui semble être une fin en soi, plutôt que la construction réelle d'un centre.

Dans le premier cas, par conséquent, nous avons une idéologie  digne de la gauche institutionnelle actuelle. Dans le second, une idéologie communiste du passé.  L'une a conduit certains des éléments les plus radicaux, dynamiques et dévoués du mouvement vers le réformisme de façon involontaire ; l'autre a conduit ces éléments à exécuter les directives transmises depuis un passé qui n'existe plus.

14 décembre 2014

la police du capital contre les ZAD et les "surexploités (immigrés et leurs enfants)"

avec Mathieu Rigouste, "chercheur militant"...

Mathieu Rigouste fait partie d'une génération de "chercheurs militants" qui se sont fait connaître après les heures de gloire de l'altermondialisme démocratique et radical, et qui me paraissent moins sous l'emprise de cette idéologie. Si cela n'en fait pas des théoriciens communistes, leurs travaux sont néanmoins précieux pour saisir le moment présent du capitalisme

il se définit lui-même comme quelqu'un qui « prend part aux luttes populaires contre les systèmes de domination et d’oppression. » Il ajoute que, selon lui, « l’investigation n’est pertinente que si elle est menée, au service des luttes et à travers elles »

Mathieu Rigouste : « La mort de Rémi Fraisse n’est pas une bavure, c’est un meurtre d’Etat » Médiapart entretien 30 octobre

Mathieu Rigouste, militant, chercheur en sciences sociales, travaille à disloquer les mécanismes de domination. Dans La Domination policière (2013), il avance que "la violence policière est rationnellement produite et régulée par l'Etat". Selon lui, les zadistes du Testet sont face à une "contre-insurrection policière", qui peut dériver en "guerre de basse intensité". Il distille une lecture iconoclaste des événements qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse. Entretien.

Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la police apparaît très clairement pour ce qu’elle est : un appareil d’Etat chargé de maintenir l’ordre économique, politique et social (capitaliste, raciste et patriarcal) par l’usage de la violence.

la police assassine régulièrement, sa violence est systémique, systématique et portée par des structures politiques, économiques et sociales. La police distribue la férocité des classes dominantes.

Comme tous les crimes policiers dans les quartiers, le meurtre de Rémi n’est pas une « bavure », pas un dysfonctionnement, mais bien le produit de mécaniques instituées, de formations rationnelles, de tactiques et de stratégies légitimées et justifiées du haut de l’appareil d’Etat jusque dans les gestes des exécutants policiers, c’est un meurtre d’Etat, prémédité par la mise en oeuvre des structures qui l’ont rendu possible, un assassinat.

Face aux ZAD et à leurs formes de reterritorialisations des luttes urbaines et rurales,, les polices occidentales expérimentent aussi de nouveaux dispositifs de contre-insurrection hybrides et modulables, c’est-à-dire où la dimension militaro-policière du quadrillage, de l’enfermement et de la provocation est centrée sur un théâtre d’opération rural et forestier mais est aussi capable de passer rapidement voire simultanément en mode « Azur » (action en zone urbaine). Capable de passer instantanément du « maintien de l’ordre » au « contrôle des foules », de la répression policière à la guerre de basse intensité.

Au Testet comme dans les quartiers populaires, la police est chargée de soumettre tout ce qui résiste à l’expansion du système impérialiste. Elle doit balayer tout ce qui gène le mouvement de conquêtes ainsi que les programmes de déplacements et de dépossession des territoires et de leurs habitant.e.s, que le capitalisme met en oeuvre pour se restructurer.

la police et l'armée des États contre les populations

A propos de "La domination policière" de Mathieu Rigouste 2012 Contretemps autre lecture

un grand intérêt des travaux de Mathieu Rigouste, en même temps qu'il s'intéresse aux ZAD, est le lien qu'il établit entre les évolutions de la police comme instrument de la "domination" capitaliste et des "surexploités - les immigrés et leurs enfants" dans le prolongement post-colonial du colonialisme. Ce lien est naturellement celui que font à partir de leur expérience les "racisé.e.s" quand ils/elles se mêlent de lutter en tant que tels...

« La domination des surexploités est l’un des piliers de la police » Le Grand Soir 20 août 2013

De la même manière que la société capitaliste fonctionne à plusieurs vitesses, il y a différents types de polices, qui contrôlent différentes strates de la population. La strate surexploitée – les immigrés et leurs enfants – fait l’objet d’un contrôle particulier. La domination de ces surexploités est l’un des piliers de la police. Ainsi, le contrôle au faciès n’est pas une dérive, c’est une pratique ancienne et structurelle, un dispositif central. Depuis le début du XXe?siècle, un système de ségrégation et de contrôle se déploie pour encadrer la main-d’œuvre issue des colonies que le capitalisme industriel concentre aux abords de ses grands centres d’accumulation de profit

L’un des principaux changements, c’est que les BAC sont des unités « ?proactives? », régies par la notion de productivité. « Proactives » : c’est-à-dire qu’elles sont capables de créer leur propre marché. Et elles sont très créatives dans ce domaine. Défier les jeunes du regard est l’exemple typique du système proactif. C’est une technique qui est censée permettre de révéler le « ?crime caché dans la population? ». Si quelqu’un fuit ou s’esquive quand le policier le fixe, c’est qu’il a quelque chose à se reprocher. Mais, en réalité, cette attitude provoque la rébellion et offre de nouvelles possibilités d’intervention là où il n’en existait pas. On a parfois tendance à considérer qu’il s’agit d’attitudes de policiers particulièrement zélés, racistes ou frustrés, or il s’agit bien d’une technique d’État, une mécanique de police socioraciste et systémique

Sécurité privée - Ce secteur est accolé aux forces de police classique. C’est ce que l’on appelle la « ?coproduction de sécurité? ». L’histoire des BAC est indissociable de celle des marchés de la coercition et de la sécurisation. Le Flash-Ball, arme de guerre israélienne, a ainsi envahi les banlieues aussi parce que l’armement sublétal, qui permet de frapper quotidiennement en réduisant le risque de tuer, constitue un grand marché économique. Pour le Flash-Ball comme pour le Taser, de grandes campagnes de lobbying accompagnent la dotation des policiers en nouvelles armes. Le contrôle social est devenu un marché lucratif

la police et l'armée des États contre les populations

L'ennemi intérieur / La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine Cultures et conflits 2008 texte intégral

La question postcoloniale. Repenser la subversion intérieure dans le contexte de la dissuasion

La dissuasion contre la subversion
Concevoir le désordre mondial, premiers retours sur la subversion
Régénérer la subversion après la disparition de la menace soviétique

La menace migratoire. Une perspective de défense globale

Penser les menaces dans le cadre de la défense globale
La construction du « problème de l’immigration »
L’ethnicisation des menaces

L’ennemi transversal. Construire la sécurité internationale

L’immigration comme menace transversale
Vigipirate, sécuriser le territoire
Construire la sécurité internationale face à un adversaire en commun

Les héritages contre-subversifs du modèle sécuritaire

6 décembre 2014

pourquoi et comment Ferguson met en cause l'Etat et le système capitaliste ?

Capitalism, Property, and Revolution : The Ferguson Decision Sean Everett Quiet Mike 26 novembre
There is much more to the Ferguson decision and subsequent riots than just race

que signifient la violence, le pillage de magasins et la destruction de voitures, l'attaque de la police ? Nonobstant sa conclusion qui demeure paradoxalement dans la revendication, ce petit texte simple établit le lien avec l'Etat et l'économie, c'est-à-dire avec le système capitalisme, mieux que nombre d'analyses ou de protestations focalisées sur la seule dimension raciale, les violences policières, la "justice", la "délinquance"...

traduction partielle la police et l'armée des États contre les populations

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5 décembre 2014

militarisation du maintien de l'ordre suite 21:13

en complément du petit texte plus bas

Une petite histoire du maintien de l’ordre Tantquil 22 novembre 2014

La militarisation du maintien de l’ordre, entre sociologie et histoire Fabien Jobart 2008 Déviance et société CairnInfo

Fabien Jobard prévient :

S’il y a une leçon à retenir de cette histoire d’avant l’histoire du maintien de l’ordre, c’est bien celle de son cours contingent, de ses retours sur elle-même et de son imprévisibilité fondamentale. Les appariements conceptuels (institutionnalisation/pacification, professionnalisation/contention, militarisation/répression) ou les antonymies (négociation/injonction) sont aujourd’hui les outils par lesquels on pense les évolutions de la gestion policière des protestations. S’ils ont pour avantage d’ordonner les scansions de l’histoire aussi bien que ses césures, ils menacent toujours de donner de l’évolution de la violence d’État un cours trop linéaire, qui tait sous l’ordre du mouvement général le désordre des événements singuliers qui en forme pourtant la chair.

Pouvoir politique et maintien de l'ordre. Portée et limites d'un débat Patrice Mann 1994 Persée

un livre de 2007 Maintien de l'ordre, l'enquête de David Dufresne, évoque la démilitarisation de l'histoire à la française du maintien de l'ordre, avant la création des CRS après-guerre

la police et l'armée des États contre les populations 2007 réédition en poche en 2013

il n'y a par conséquent pas d'irréversibilité dans l'attribution à la police (nationale) du maintien de l'ordre intérieur et à l'armée celui de l'ordre extérieur, ce qui ne dispense certes pas d'analyser la remilitarisation actuelle de la police comme réponse aux nouveaux besoins des États et du capital dans la crise

pour ça comme pour d'autres caractéristiques, par exemple l'esclavage dans un rapport inversé au salariat ou l'entretien des tensions raciales, nécessité oblige, c'est un peu comme si le capitalisme en revenait à ses premières amours...

sans être légaliste, parce que l'Etat et les capitalistes sont les premiers à s'asseoir sur leurs lois quand ça les arrange, on peut même dire en l'occurrence que nécessité fait loi

« Le recours aux forces armées pour du maintien de l’ordre a été prévu par le législateur. Il est notamment encadré par les articles D1321 du Code de la Défense. Lors des émeutes dans les banlieues, en 2005, certains responsables politiques (de droite comme de gauche) ont demandé l’intervention des militaires pour imposer le retour au calme.» L’armée doit-elle faire du maintien de l’ordre ? Pascal Lagneau 6 juin 2011 zonemilitaire

et comme quoi ils ont pensé à tout

Projet de loi portant dispositions relatives à la gendarmerie nationale (LOI n° 2009-971 du 3 août 2009 relative à la gendarmerie nationale plaçant la gendarmerie sous double tutelle de l'Intérieur et de la Défense). Extraits :

I. Le droit en vigueur / Un principe ancien

Le principe des réquisitions des forces armées pour le maintien de l'ordre public est la traduction du principe de subordination des forces armées à l'autorité civile.

Il traduit également l'idée que le maintien de l'ordre doit être confié à titre principal à des forces distinctes des forces armées, le recours à celle-ci n'intervenant que lorsque les forces civiles ne suffisent plus. Cette prévention à l'égard des forces armées s'explique autant pour des raisons historiques que pour des raisons liées aux spécificités techniques du maintien de l'ordre qui diffèrent sensiblement des techniques militaires classiques.

II. Le projet de loi

Tirant les conséquences de ces critiques et des évolutions institutionnelles, le présent article du projet de loi tend à supprimer purement et simplement le système des réquisitions pour la gendarmerie nationale. La mise en action de la gendarmerie nationale pour le maintien de l'ordre obéirait aux mêmes procédures que celles applicables à la police nationale. En revanche, les armées resteraient soumises au principe de réquisition.

5 décembre 2014 maj 19:15

USA : 1000 homicides policiers par an ? 10 fois plus que de policiers tués ?

les médias, l'opinion et parfois la critique se focalisent aujourd'hui sur quelques cas parce qu'ils ont provoqué des protestations allant jusqu'à l'émeute, et réveillent la vieille question du racisme américain comme jamais depuis les années 60

on constate depuis des années une augmentation des homicides policiers mais pas une recrudescence récente qui justifierait à elle seule les réactions qui ont suivi. Ce qui change et traduit un tournant, ce sont les réactions, leurs causes et leurs formes

en effet le nombre de personnes tuées par la police chaque année serait d'environ 1000 par an, soit près de 3 par jour. Le chiffre officiel est de l'ordre de 450 mais nombre de cas ne sont pas pris en compte

Hundreds of Police Killings Are Uncounted in Federal Stats The Wall Street Journal 3 décembre

Une analyse du Wall Street Journal des données les plus récentes de 105 des plus grands services de police du pays a trouvé que plus de 550 policiers homicides au cours de ces années étaient absents dans le décompte national ou, dans certains cas de dizaines, non attribués à l'organisme responsable. Résultat : il est presque impossible de déterminer combien de personnes sont tuées par la police chaque année.

What we know about who police kill in America ? Vox 21 août

la police et l'armée des États contre les populations 

preuve qu'il ne s'agit pas de bavure par des policiers particulièrement plus violents ou inexpérimentés, il faut 631 policiers pour tuer 400 personnes, et 28% des victimes en 2012 ont été abattues par plusieurs officiers. Dans 1% des cas, un seul policier abat plusieurs personnes

The dataset shows 426 homicide victims — in line with the 400 justifiable homicides per year stat that USA Today and other sources have reported. However, it also includes the number of officers who were involved in homicides of felons: 631 officers. The number of officers is higher than the number of homicide victims because 121 victims, or 28.4 percent of all 2012 victims, were shot by multiple officers when they died. About two-thirds were a single victim shot by a single officer; in 1 percent of cases, a single officer shot multiple victims.

les victimes sont proportionnellement plus des hommes, des jeunes, des Noirs

la police et l'armée des États contre les populations

The victims: overwhelmingly male, heavily young, disproportionately black

The justifiable homicide victims of 2012 were overwhelmingly male — the FBI's records included 11 women and 415 men. They were also, as are most people that interact with the criminal justice system, disproportionately black. Black Americans make up 13 percent of the US population, but the FBI's data shows that 32 percent of the felons killed by officers in 2012 where black. Fifty-two percent were white, and 12 percent were Hispanic.

Another (Much Higher) Count Of Homicides By Police FiveThirtyEight 25 août

extraits :

We randomly sampled 146 incidents (10 percent) from the news links posted to Killed By Police. All the posts linked to established outlets, although in some cases a new url for the article had to be found because the news site had restructured its links. Here’s a breakdown of these incidents:

124 incidents (85 percent) were clear-cut police shootings in which the victims were fatally shot by officers acting in the line of duty. “Line of duty” doesn’t necessarily mean “justifiable,” but it’s an important distinction because it excludes some incidents, such as one in which an off-duty officer shot and killed a friend during a bar fight and was subsequently charged with criminal homicide. This count does include a few cases of off-duty officers using deadly force while acting in a law-enforcement capacity.

12 incidents (8 percent) were other cases of arrest-related deaths in which the victims died after being Tasered or otherwise restrained by law enforcement officers. These incidents are more complicated than shootings; the exact cause of death is harder to pin down. In some cases, a victim’s preexisting health issues are blamed.

10 incidents (7 percent) were killings by police officers acting outside the line of duty or accidental deaths. Examples include an officer who killed two women in a drunken-driving accident, a murder-suicide in which an officer killed his ex-wife, and a woman killed in a collision with a police SUV that was pursuing a suspect. These are all newsworthy deaths, but they aren’t examples of the use of deadly force by police officers in the line of duty. We wouldn’t necessarily expect a comprehensive governmental database of police killings to include them.

List of killings by law enforcement officers in the United States par année depuis 2009, Wikipedia

en décembre 2014, déjà 12 victimes

5 à 10 fois moins de policiers tués

le nombre de policiers morts en service fait l'objet d'une attention plus soutenue. On en trouve même sur Wikipédia la liste, avec leurs noms, grades et services, et la cause de leur décès. Environ la moitié sont accidentels ou suite de maladies. Il est vrai que leur nombre augmente depuis quelques années, comme le notait la presse en 2011

2009 USA : hausse du nombre de policiers tués Le Figaro 13 juillet 2009

Le nombre de policiers en service tués aux Etats-Unis au cours des six premiers mois de 2009 a augmenté de 20% avec 66 décès contre 55 au premier semestre 2008. Selon le National Law Enforcement Officers Memorial Fund, même avec onze décès supplémentaires en 2009, le nombre d'officiers tués en service reste cette année toutefois en-deçà de la moyenne de tués chaque année sur 10 ans.

La majorité des officiers décédés (35) ont trouvé la mort dans un accident de voiture, soit une augmentation de 17% sur 2008. Sept hommes ont été percutés sur le bas côté de la route alors qu'ils contrôlaient un véhicule. Vingt-deux policiers, contre 20 au premier semestre 2008, sont décédés dans des fusillades ou échanges de coups de feu.

Sur les 66 officiers morts en service, tous étaient des hommes, 51 étaient blancs. Leur moyenne d'âge était de 39 ans. Les Etats où il y a eu le plus d'incidents mortels sont la Floride (sud-est, 7), la Californie (ouest, 6), la Pennsylvanie (est, 6) et le Texas (sud, 6).

2011 Hausse du nombre de policiers tués aux Etats-Unis Le Monde 10 avril 2012

Si le nombre de crimes violents a chuté à travers les Etats-Unis, le nombre de policiers qui y ont été tués dans l'exercice de leur fonction a lui augmenté. Selon des statistiques du FBI, 72 officiers de police ont été tués en fonction en 2011, soit une hausse de 25 % par rapport à l'année précédente et de 75 % depuis 2008, rapporte le New York Times.

Ce chiffre correspond à la première année où le nombre d'agents dans les rangs de la police tués par des suspects a été plus important que lors d'accidents de voiture, selon des chiffres de l'International Association of Chiefs of Police. Ce chiffre est le plus haut depuis vingt ans, si l'on excepte les policiers morts dans les attentats du 11 septembre 2001 et la tuerie d'Oklahoma City en 1995, qui fit cent soixante-huit morts.

Une majorité d'entre eux ont été tués dans des petites villes, treize l'ont été dans des villes de plus de 250 000 habitants. New York déplore la mort de deux policiers en 2011. Dimanche, quatre policiers ont été blessés par un tireur à Brooklyn, portant à huit le nombre de policiers visés depuis décembre dans cette ville. "Nous n'avons pas connu une période aussi violente depuis longtemps", a déclaré le chef de la police new-yorkaise, Raymond W. Kelly.

Si le FBI et les forces de l'ordre n'expliquent pas ce regain de violence à l'encontre des policiers, ils pointent ses conséquences dévastatrices. "Dans ce métier, dès que vous mettez votre insigne, quand vous quittez votre domicile, vous n'êtes jamais certain d'y revenir", explique ainsi un membre des forces de police dont deux adjoints ont été tués en mars 2011 et deux autres grièvement blessés par un homme muni d'une arme de guerre.

2013 : j'ai décompté près de 150 décès policiers en service, pour une cinquantaine par accident ou maladie

1 policier tué contre 10 personnes abattues par la police ?

dans cette guerre sociale à mort, on ne peut que constater qu'il vaut mieux être "gendarme" que "voleur", puisque même selon les chiffres officiels, le ratio homicide policier / policiers tués serait de l'ordre de 5 contre 1, et de 10 contre 1 si l'on en croit les omissions statistiques

avec la crise augmente la violence de la police et des luttes

la violence sociale, la violence policière mais aussi la violence de ceux qui luttent, augmente avec la crise... Certes ce n'est pas un scoop, mais il est rare que cela devienne aussi visible au point d'occuper le devant de l'actualité, et de devenir un aspect déterminant des contradictions sociales... et des idéologies

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la police et l'armée des Etats contre les populations maj 20:05

c'est bien avant les événements de ferguson que l'on parle de militarisation de la police aux Etats-Unis

le phénomène n'est certes pas purement américain. Un livre de 2005 aborde le sujet de façon plus générale depuis trente ans et traite aussi spécifiquement du cas de la France. On peut y lire un passage concernant la complémentarité de la gendarmerie et de l'armée de terre françaises, à propos de l'intervention au Kosovo en relation avec l'OTAN pour le contrôle des foules.

la France ne fait pas état d'une exception

la police et l'armée des États contre les populations extraits

un double mouvement police > armée / armée > police

Au cours des trente dernières années, les organisations policières ont connu des transformations considérables en matière de réponse opérationnelle et de traitement de l'information. En effet, l'émergence de problèmes criminels particuliers, les situations à risque élevé de violence et les opérations de contrôle de foules ont favorisé le développement d'une approche instrumentale et spécialisée au sein des appareils policiers. De plus, la guerre contre le trafic de stupéfiants, le terrorisme et la criminalité en général ont nécessité une collaboration étroite entre le domaine militaire et le domaine policier. Ainsi, devant une obligation de résultats de plus en plus pressante, la police a élaboré une réponse opérationnelle qui s'est militarisée tout en se dotant d'un arsenal technoscientifique de pointe. Soulignons cependant que ce glissement n'est pas unidirectionnel.

En effet, nous constatons que les forces armées s'orientent également vers des tâches qui relèvent plus de l'activité policière, particulièrement dans les missions de maintien et d'imposition de la paix. Ce caractère multidirectionnel se transpose également au niveau international, impliquant ainsi le secteur privé dans les sphères policières et militaires.??" L'intensification de la réponse policière, l'intervention des forces militaires et l'interpénétration des sphères publiques et privées représentent à l'heure actuelle une tendance lourde dans le domaine de la sécurité intérieure. Cet ouvrage propose donc de mettre en contraste la complexité de ce nouvel assemblage policier.

tout le monde ne sait pas qu'en France, la gendarmerie nationale (effectifs ~ 100.000) est une force armée placée sous la double tutelle des ministères de l'Intérieur et de la Défense. L'effectif de la gendarmerie mobile est de 17.000. Les CRS, Compagnies républicaines de sécurité (effectifs ~ 14.000) sont un corps de la police nationale dépendant de l'Intérieur.

« La gendarmerie nationale est une force armée chargée des missions de police et placée sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Défense.En 2009, la gendarmerie est rattachée au ministère de l'intérieur tout en conservant son statut militaire, des liens particuliers avec le ministère de la défense et certaines missions à caractère militaire.[...] La gendarmerie nationale fait partie, aux côtés de l'Armée de terre, de l'Armée de l'air, de la Marine nationale et des services de soutien interarmées, des forces armées françaises » 

même si parlant de militarisation de la police, on évoque plutôt son équipement en matériels utilisés par les militaires en dehors du territoire national, la militarisation de la police française est donc intrinsèque à sa fonction et à son organisation... et à son histoire (depuis les révolutions du 19ème siècle à la période de la colonisation et encore aujourd'hui dans les départements et territoire d'Outre-Mer).

avant que ne soient créées des forcs policières pour le maintien de l'ordre intérieur, celuis est aussré par la troupe. Lire à ce sujet Une petite histoire du maintien de l’ordre Tantquil 22 novembre

Au sortir de l’Ancien Régime, à la fin de XVIII e siècle il n’existait pas de forces chargées spécifiquement du maintien de l’ordre. Par exemple, lors de la Révolution Française, ce sont les troupes militaires (Gardes Suisses et Gardes françaises) qui répriment les foules révolutionnaires, avant de tourner casaque et de prendre parti pour la Révolution.

De même, au cours du XIXe siècle, la gestion des foules est assurée par la troupe. Celle-ci réprime dans le sang diverses révoltes (qui prennent souvent une tournure insurrectionnelle) : les deux révoltes des Canuts lyonnais de juin 1831 et 1834, la répression des ouvriers parisiens en juin 1848 ou encore la Semaine sanglante à la fin de la Commune de Paris de 1871. Cet usage de la force militaire pour réprimer les foules continue sous la IIIème République, qui rappelons-le s’ouvre sur le massacre des communards. Alors que le mouvement ouvrier se développe, la troupe tire à plusieurs reprises sur des grévistes comme lors des massacres de Fourmies ou de Courrières. Il faut dire que la répression militaire ne fait pas dans la dentelle, les manifestants sont traités comme des combattants et non comme des civils.

concernant le cas américain, un livre de juillet 2014

Rise of the Warrior Cop: The Militarization of America’s Police Forces conférence vidéo 24 juillet

la police et l'armée des États contre les populations extraits et audiobook

The American approach to law enforcement was forged by the experience of revolution. Emerging as they did from the shadow of British rule, the country's founders would likely have viewed police as they exist today as a standing army and therefore a threat to liberty. Even so, excessive force and disregard for the Bill of Rights have become epidemic in America today. According to civil liberties reporter Radley Balko, these are all symptoms of a generation-long shift to increasingly aggressive, militaristic, and arguably unconstitutional policing - one that would have shocked the conscience of America's founders.

Rise of the Warrior Cop traces the arc of US law enforcement from the constables and private justice of colonial times to present-day SWAT teams and riot cops. Today relentless ''war on drugs'' and ''war on terror'' pronouncements from politicians, along with battle-clad police forces with tanks and machine guns, have dangerously blurred the distinction between cop and soldier. Balko's fascinating, frightening narrative shows how martial rhetoric and reactionary policies have put modern law enforcement on a collision course with the values of a free society.

l'histoire de la militarisation de la police aux États-Unis, le Journal International 2 septembre

Aux Etats-Unis, la longue histoire des brutalités policières  Le Monde 21 août/4 décembre
Racisme et militarisation : la face cachée de la police américaine

la lecture de cet article est très intéressante pour sa documentation, mais « longue histoire » est étonnant puisqu'il ne parle que des années 2000...

l'Etat Américain s'est toujours passé de frontières pour maintenir l'ordre capitaliste à l'intérieur comme à l'extérieur de son territoire

le cas américain est singulier, parce que s'ils n'ont pas été un pays colonisateur classqiue, ils sont intervenus et interveinnent partout dans le monde comme chez eux, ce qui veut dire qu'ils interviennent chez eux comme ailleurs dans le monde. La distinction entre police et armée est difficile à établir dans un pays qui s'est construit sur des génocides et à travers des guerres civiles pour se constituer en Etat-nation. La militarisation accrue de la police américaine depuis une trentaine d'année est donc inscrite dans les gènes et l'histoire de sa fonction de maintien de l'ordre intérieur/extérieur. La « guerre au terrorisme » en montre la continuité

par conséquent, sur le plan de la politique des Etats pour maintenir l'ordre capitaliste chez eux ou en dehors, il n'y a pas de rupture de continuité entre armée et police. L'effacement de la frontière entre police et armée correspond à celui des frontières nationales dans la globalisation capitaliste et à l'évolution concomittente de la fonction des États, la dénationalisation de certaines de leurs fonctions (Saskia Sassen)

ne se tromper ni d'analyse n d'objectif ni d'adversaire

avoir ces éléments en tête est à mon sens important pour ne pas tomber dans une critique séparée de la police, dénonçant son excessive brutalité sous prétexte qu'elle aurait "une mission de sécurité publique au service de tous les citoyens nationaux"<

avoir en tête que « la militarisation de la police » correspond dans le moment actuel du capitalisme à la nécessité de contenir les luttes que produit la crise comme crise du travail salarié, pour la sur-exploitation forcée des populations migrantes (cf plus bas les textes d'Henri Simon pour Echanges)/p>

et savoir que si la militarisation de la "police nationale" ne suffit pas, aucun État n'hésite à faire intervenir l'armée sur son territoire, comme on l'a vu en France depuis l'après-guerre contre les mineurs (Valenciennes 1948, les sidérurgistes, en 1968 etc.

et l'Europe dans tout ça ?

Les conseillers auprès de l’Union Européenne préconisent le recours à l’armée pour combattre les grèves et les manifestations, WSWS 25 août 2014

Les experts d’un groupe de réflexion de l’Union européenne exigent que l’UE se prépare à mettre fin au moyen de la force militaire aux grèves et aux manifestations. Du fait de l' inégalité sociale grandissante dans une économie mondialisée et du nombre de conflits armés croissants à l’intérieur des frontières de l’UE, de telles diatribes se multiplieront inévitablement.

Dans cette étude réalisée par l’Institut d’Etudes de sécurité de l’Union européenne, les auteurs ont carrément déclaré que face à ces développements, il faudra utiliser l’armée de plus en plus fréquemment pour maintenir l’ordre et protéger les riches de la colère des pauvres.[...]

3 décembre 2014

bon à savoir

Ferguson / Portland : qui est vraiment le « policier bisous » ? Alain Korkos arretsurimages.net

la police et l'armée des États contre les populations la police et l'armée des États contre les populations

Alain Korkos nous donne la réponse : un des 31 qui ont dit "aimer" le profil facebook des policiers ayant arboré ce badge « "I am Darren Wilson", le nom du policier qui a abattu le jeune Michael Brown à Ferguson, Missouri [...] Le même qui, le lendemain, étreignait le petit Devonte Hart »

le meilleur n'est pas cette manipulation de l'opinion, mais qu'on ait dû fabriquer un faux comme moment du vrai. En effet, la figure du bon flic est plausible, elle existe par-delà les "races", mais ça ne change en rien la fonction de la police, le maintien de l'ordre étatico-capitaliste établi. C'est dire à quel point la question est sensible et le moment symptomatique du fait qu'au-delà du gouvernement Obama, l'État américain est sur la défensive du point de vue idéologique

je le vois comme un complément à la démission (forcée ?) de l'agent Darren Wilson, et naturellement aux figures positives de la police diffusées-infusées à longueur de feuilletons télévisés aux Etats-Unis comme en France (ce que rappelait Angela Davis dans son petit livre La prison est-elle obsolète ?)

23 novembre 2014

« Question Kurde », Etat islamique, USA et autres considérations » Il Lato Cattivo /dndf traduction française

si le sur-titre de dndf, Saisir la question communiste est frappé de la modestie qui fait tout le charme du blog à Pepe, le texte est très fourni et intéressant au-delà de la "question kurde" qu'il replace dans une analyse de l'état actuel du capitalisme

précision utile, au-delà des critiques au texte initial qu'on peut estimer justifiées quant à l'analyse de la situation dans la région, ce texte « remanié » (sic) est à lire, du fait de ses présupposés et conclusions, un texte de Théorie Communiste

« N’ayant pu participer à cette rencontre, nous avons, ultérieurement, remanié le texte initial ; ce qui en résulte peut être lu soit comme une série de notes en marge de l’article de Pepino, soit comme un texte indépendant.»

vient avec force l'idée de la dé-nationalisation des Etats, que TC avait repris à Saskia Sassen, et cette analyse inscrivant les luttes kurdes dans une « nébuleuse de « mouvements » entre banditisme social et guérilla organisée », où l'on distingue mal la critique qui en est faite de celle de ceux qui y voient le fer de lance d'une révolution anti-capitaliste

« … le mouvement qui abolit… » : le local, le national, le mondial

Une vaste nébuleuse de « mouvements » – armés ou non, balançant entre banditisme social et guérilla organisée – agissent dans les zones les plus déshéritées du dépotoir capitaliste mondial, et présentent des traits similaires à ceux du PKK actuel. Ils tentent, d’une panière ou d’une autre, de résister à la destruction d’économies de subsistance désormais résiduelles, au saccage des ressources naturelles minérales locales, ou encore à l’imposition de la propriété foncière capitaliste qui en limite ou empêche l’accès ou/et l’utilisation ; à titre d’exemple, on peut citer pêle-mêle les cas de piraterie dans les mers de Somalie, du MEND au Nigeria, des Naxalistes en Inde, des Mapuches au Chili. Même si les discours et les formes de lutte de ces mouvements ne sont pas de simples épiphénomènes, il est essentiel de comprendre le contenu qui les réunit : l’autodéfense. Une autodéfense qui l’on peut considérer comme vitale, mais qui ne se distingue pas, quant à sa nature, de celle qui s’exprime dans n’importe quelle action syndicale visant à sauvegarder le salaire ou les conditions de travail de ceux qui entrent en action. Ce serait comme un tour de passe-passe que de faire passer une lutte salariale, même si elle très ample et très dure, pour un « mouvement révolutionnaire », de la même façon, il est faux de tomber dans la caractérisation de ce type d’autodéfense animé par des populations épuisées, comme d’un mouvement intrinsèquement révolutionnaire. Un tel tour de passe-passe peut naturellement avoir beau jeu de jouer sur la corde morale, opposant d’un côté « les Occidentaux privilégiés » et de l’autre les « damnés de la Terre » déjà prêts à faire la révolution. Mais un tel anti-impérialisme de seconde main est désormais hors d’usage. Qu’on le veuille ou non, nous ne pouvons oublier que ces mouvements se situent fréquemment, non dans un supposé mais inexistant en-dehors de la production et de la circulation de la valeur, mais effectivement à leurs marges, et parfois dans la défense des « petits mondes anciens » (coutumes ancestrales, etc.) que les rapports sociaux capitalistes sont en train de détruire ou ont déjà remodelés. Mais on ne peut vouloir la révolution communiste et être pour la conservation des petits mondes anciens ; parce que s’il est vrai que le capitalisme les déstabilise, sa destruction révolutionnaire ne pourrait elle-même faire autrement. En même temps, il n’y a pas de sens à soutenir leur destruction capitaliste : nous pensons que ces mouvements devront être englobés et/ou réabsorbés (non sans conflits) par le mouvement pratique de destruction du capital, ce qui ne pourra se faire à force de manœuvres politiques (alliances léninistes ou démocratiques), ni par des mesures intermédiaires visant à approfondir la même prolétarisation forcée que le capital poursuit. Néanmoins, un tel processus ne pourra émaner que du cœur du mode de production (ce qui ne veut pas dire « Occident »), et non de ses marges. On ne peut mettre de côté l’extension toujours mondiale du système capitaliste et sa hiérarchisation : ainsi, une caissière, un enseignant ou un ouvrier, bien qu’étant tous des travailleurs salariés, n’ont pas la même possibilité d’intervenir sur la production de plus-value, de la même façon, une crise insurrectionnelle n’a pas la même portée et les mêmes conséquences sur le plan mondial, si elle a lieu au Kazakhstan ou en Allemagne (la question de savoir quel est le « maillon faible » reste d’actualité).

toute entreprise théorique extérieure aux luttes ou persistant au-delà est aujourd’hui confrontée à son échec

typique du mépris surplombant de cette analyse des plus courtes, soulignons pour la bonne bouche « nous pensons que ces mouvements devront être englobés et/ou réabsorbés (non sans conflits) par le mouvement pratique de destruction du capital, ce qui ne pourra se faire à force de manœuvres politiques (alliances léninistes ou démocratiques), ni par des mesures intermédiaires visant à approfondir la même prolétarisation forcée que le capital poursuit.»

autrement dit, il faudra faire entrer les « bandits sociaux » de gré ou de force dans le courant communisateur, qui possède la science du « mouvement pratique de destruction du capital » (sic). En attendant, contentons-nous de constater que les uns existent par leurs combats réels dans le capitalisme réel, les autres par le grand style de leur phraséologie. Pour paraphraser l'adresse de la revue Meeting, toute entreprise théorique extérieure aux luttes ou persistant au-delà, est aujourd’hui confrontée à son échec

quoi qu'il en soit le courant communisateur ne connaît rien et n'a rien compris de ces mouvements renvoyés aux « petits mondes anciens », et pour cause, son analyse structuraliste, sa vision étroite et partielle des contradictions du monde contemporain, ses œillères européo-centristes, son déterminisme vers une communisation annoncée comme promesse religieuse ne le permettent pas

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18 novembre

«Question kurde», Etat Islamique, USA aux alentours

la salle des machines de dndf, en mal de carburant, signale la version anglaise intégrale du texte de il lato cattivo, mais ne donne pas le lien. Le voici The "kurdish Question", ISIS, USA, etc. Je ne ferai pas d'éventuels commentaires avant d'avoir une traduction en français

la police et l'armée des États contre les populations One Nation sic... ça me rappelle « le droit légitime du Peuple palestinien à un Etat »

7 septembre

l'impuissance et les choses

lettre sur l'antisionisme dndf, traduit de l'italien Lettera sull'antisionismo R. F. luglio 2014

la police et l'armée des États contre les populations

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25 août

la critique anti-flics en ses limites

Missouri, USA : Contre le retour à la paix sociale. Récit d’une semaine de révolte à Ferguson 21 août, Base de données anarchistes, Les textes

certains ne sont intéressés à la situation sociale qu'en fonction des violences physiques, affrontements avec la police, émeutes... qu'elle provoque. Cet article en est un bel exemple, qui ne donne aucun élément sur les conditions sociales qui ont conduit à cette situation. « Répression, respectabilité, race, genre et écart générationnel », un peu court, non ? Il est bien écrit comme clause de style : « Nous avons déjà constaté ce système coupable - le racisme, la structure de classe, le gouvernement, la police. »

même chose pour les articles précédents aux titres significatifs : Ferguson, USA : Guerre à l’Etat policier et actions de solidarité avec les émeutiers (14 au 18 août 2014)... Missouri, USA : Solidarité avec les émeutiers de Ferguson – 11, 12 et 14 août 2014, etc. Ce n'est pas d'une classe dont ils sont a minima "solidaires" à défaut d'en être, mais de ceux qui se battent selon les critères qu'ils jugent déterminant. Déterminant quoi ?

contre la paix sociale, guerre à l'Etat policier... certes, mais encore, et après, pour quoi faire, aller où ?

esthétisme de la violence sociale en soi

le choix des photos illustrant ces textes relève de la même idéologie à courte vue, comme sur d'autres blogs fascinés par « les émeutes » au point d'en faire une esthétique : comme il est beau mon émeutier !

la police et l'armée des États contre les populations

ainsi, focalisant sur l'événement dans la courte durée sans véritable analyse ni mise en rapport avec des potentialités de dépassement, ce genre de positions anarchistes n'est qu'une forme renversée de l'information médiatique du capital

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20 août 2014

Ferguson : les racines de la colère Catherine Gouëset L'Express 19 août

la police et l'armée des États contre les populations la police et l'armée des États contre les populations

The Militarization of Racism and Neoliberal Violence Henry A. Giroux 18 August 2014

la police et l'armée des États contre les populations la police et l'armée des États contre les populations photos

African Americans in grips of racial capitalism PressTV 20 août

la police et l'armée des États contre les populations Les Noirs, les Blancs et l’économie aux USA : l’implacable constat des chiffres Laurent Ribadeau Dumas FranceTVInfo 18 août

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11 août

certains l'aiment chaude

l'intérêt des thuriféraires "anarchistes" et "communisateurs" des émeutes urbaines (cf Blaumachen « L'ère des émeutes »), et autres comptabilisateurs d'une montée de la violence sociale sans distinction, rejoindrait-il celui de l'extrême-droite sécuritaire ? D'un côté comme de l'autre on ne voit, ou ne dit voir, que ce qui alimente sa thèse, que ce soit de manière politicienne à des fins électorales ou par subjectivisme militant en croyant faire avancer le schmilblick de la révolution

« Non, il n'y a pas « une émeute urbaine majeure par mois » en France » Le Monde.fr 22 juillet

« Ça pose le problème de fond de l’ordre républicain en France. On voit bien que les manifestations ou les rassemblements aujourd’hui dégénèrent systématiquement en France. Avant, on avait une émeute urbaine tous les dix ans, puis tous les deux ans, puis tous les ans. Maintenant, en France, c’est une émeute urbaine majeure tous les mois... » Florian Phillipot FN

toujours est-il qu'en France, selon Le Monde, « les indicateurs n'augmentent pas », que ce soit les « interventions policières pour incendie » ou les « atteintes physiques à des policiers ». Les violences urbaines sont « régulières », sans être des « émeutes urbaines majeures »...

la police et l'armée des États contre les populations

quoi qu'il en soit, il y a bel et bien un rapport entre violence sociale en général, attaque de la police et contenu révolutionnaire en liaison avec la crise du capital. La montée de la première est un indicateur du désespoir de ceux qui n'attendent plus rien de la 'société', mais de là à ce qu'ils franchissent le pas, y compris par leurs actes violents, d'une visée d'abolition du système, cela reste suspendu à d'autres formes d'interventions plus générales qui traduiraient l'évolution vers une conjoncture plus largement transformatrice, au positif comme au négatif. On en perçoit des éléments disparates dans le monde entier, mais on ne le voit nulle part s'esquisser comme constituant un en-commun. Celui-ci demeure de l'ordre d'une hypothèse à explorer ou d'un vœu pieu dont faire propagande, selon sa foi théorique

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2 août

Gaza ou l'alibi ?

quelques commentateurs critiques prennent leurs distances avec la focalisation médiatique sur Gaza, et la tendance de l'extrême-gauche à se perdre avec les avatars fascisants de l'antisionisme, alors que d'autres convoquent « le nouvel antisémitisme ». Comme d'habitude - mais comment s'habituer ? -, la comptabilité des morts de part et d'autre suffit pourtant à fixer les limites d'une prise de distance au nom de ce qui serait l'absence d'enjeux de classes à ce conflit, même si l'illusion d'une issue démocratique (un Etat palestinien etc.) englue la perspective. Affirmer qu'on est contre tout État, ça mange pas de pain et ne reçoit pas de bombe, ça fait aux gazaouis une belle jambe autant qu'une bonne conscience aux "anarchistes"

qui ne veut voir que la nouvelle question juive est une question arabe ? (lire Gaza : pourquoi les médias occidentaux sont pro-israéliens ? Alain Gresh, TSA Tout sur l'Algérie, 22 juillet, mais aussi l'article rapporté aujourd'hui par Yves Coleman Pourquoi il faut lutter contre l’antisémitisme au sein des manifestations en faveur de Gaza - Daniel Randall, Londres)

je n'ai pas manquer de souligner, dans les considérations "camarades", la disproportion sur la question juive, qui est un aspect de la dissymétrie générale accordée en Occident, toutes idéologies confondues, à la question raciale dans le monde. La recherche sur Google, en français ou en anglais, aux items d'antisémitisme et de racisme, est sans appel, rapportée à la démographie des populations concernées, et les "camarades" n'échappent pas à la règle

la police et l'armée des États contre les populations

quant à la Syrie, ou à la Lybie, « l'impuissance occidentale » est à son comble, mais l'information ne s'empare pas des masses avec la même célérité...

à lire un point de vue d'ailleurs : Lybie : trois ans après la chute de Kadhafi, le chaos perdure, Nestor N'Gampoula et Fiacre Kombo, Agence d'Information d'Afrique Centrale, 30 Juillet 2014

« Les événements de 2011 ont précipité le pays dans une guerre civile tribale dont on se demande bien quelle pourrait être l’issue aujourd’hui. On peut se demander d’ailleurs si la situation n’était pas finalement moins mauvaise du temps de Mouammar Kadhafi, même si l’on connaît tous les aspects révoltants de son régime, car depuis sa mort, meurtres, règlements de comptes, tortures, arrestations arbitraires, viols, massacres font dorénavant partie du quotidien des Libyens.

La situation s’est encore dégradée depuis plus de deux semaines du fait des affrontements entre milices rivales, causant la mort de près de 200 personnes. Ce qui a contraint les capitales occidentales à demander à leurs ressortissants de quitter la Libye et de fermer leurs représentations diplomatiques à Benghazi. Le ton a été donné par les États unis, suivis dans la foulée par la Grande-Bretagne. Aussitôt, l’Allemagne, la France et d’autres capitales européennes leur ont emboîté le pas.

Il y a lieu de se demander pourquoi ce départ inopiné lorsqu’on sait que les Occidentaux s’étaient rués à Benghazi, le berceau de la révolution, dès la fin de la guerre civile en Libye dans le but inavoué de décrocher des contrats de reconstruction de ce qu’ils avaient détruit.

Le ministre britannique des Affaires étrangères justifie ce départ par le fait que, selon lui, « une menace spécifique et imminente » visant les Occidentaux en Libye... [...]

Pourtant, la mission de l’OTAN [la France de Sarkozy en tête de l'armada occidentale] était d’instaurer la démocratie dans le pays de Mouammar Kadhafi. Malheureusement, les données actuelles du pays prouvent qu’il n’en est rien. En 2010, sous le règne du guide libyen, il y avait dans le pays 3,8 millions de Libyens et 2,5 millions de travailleurs étrangers, soit 6,3 millions d’habitants. Aujourd’hui, 1,6 million de Libyens sont en exil, et 2,5 millions d’immigrés ont fui la Libye pour échapper aux agressions racistes. Il reste environ 2,2 millions d’habitants. »

bref, de l'Irak à l'Ukraine en passant par le monde arabe, chaque fois que les Occidentaux se mêlent de quelque chose, ça devient pire... y compris chez eux

toujours est-il que pour moi, mais je reconnais l'extrême marginalité de mon point de vue (hormis la mouvance Indigènes malgré ses limites cf une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?), nous payons les retards accumulés par les communistes et marxistes européens et particulièrement français, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sur la question raciale (le deal de Nüremberg pour sauver l'Occident de ses tares post-esclavagistes). Ils sont d'autant plus démunis aujourd'hui pour penser la question que les effets politiques sont catastrophiques, jusque dans leurs rangs, y compris au nom de l'antifascisme et de l'antiracisme... et de l'anti-antisémitisme

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2 juillet 2014

le Japon s'en ira en guerre

révision de la constitution japonaise Infos

Après 60 ans de pacifisme, le Japon révise sa Constitution France 24 1er juillet

Le Japon va autoriser son armée à intervenir à l’étranger Les Echos 1er juillet

la police et l'armée des États contre les populations

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13 février

la liberté d'expression en ses limites, et la mort au tournant

Venezuela At least two killed by gunfire at Venezuela protests Reuters 12 février

la police et l'armée des États contre les populations 'flics, fascistes, assassins !'

A demonstrator jumps over a riot police line during an anti-government protest in Caracas February 12, 2014

At least two people were shot dead on Wednesday during anti-government protests in Caracas, escalating the worst bout of unrest in Venezuela since turmoil after President Nicolas Maduro's election last year. The deaths illustrated the South American OPEC nation's deep political divide and volatility almost a year after the death of former socialist leader Hugo Chavez. Government officials said a Maduro supporter and one other person were killed amid chaotic scenes as a march against Maduro's government and a rally to support the president ended just a few blocks apart in the city center. "He was a comrade assassinated by the right-wing fascist hordes," National Assembly President Diosdado Cabello said of the first victim, a community leader from a poor neighborhood. With both sides blaming each other for the violence, the opposition said two student protesters had died, but there was no official confirmation. "We have two Venezuelans killed for raising their voices," opposition leader Maria Corina Machado said. Reuters reporters on the scene heard gunshots and saw one man carried away dead with blood gushing from his head. Twenty-three people were injured, 25 arrested, four police vehicles burnt, and some government offices vandalized in violence throughout the day, officials said. As night fell, soldiers fired tear gas at several hundred young demonstrators who burned tires and blocked the main avenue of the upscale district of Chacao.

"THE EXIT" Under the banner "The Exit," meaning Maduro's departure, hardline opposition groups have been holding mostly small protests around the country for the last two weeks, to complain about rampant crime, corruption and economic hardships. Some have degenerated into rock-throwing skirmishes with security forces in the first sustained trouble since last year's post-election riots that killed half a dozen people. "We're staying in the streets until this government falls," said student Jose Jimenez, 22, protesting in Chacao with a shirt tied round his face to protect him from tear gas. Maduro, a 51-year-old former bus driver and union activist who has pinned his presidency on maintaining the legacy of late socialist leader Hugo Chavez, says right-wing "fascists" are seeking to destabilize his government and topple him. "A Nazi-fascist current has emerged again in Venezuela, they want to lead our nation to violence and chaos," Maduro told pro-government demonstrators clad in the red colors of the ruling Socialist Party at their rally before the violence broke out. A few blocks away, thousands of opposition supporters had gathered in a square and marched toward some government buildings, chanting and blowing horns and whistles. "We don't want a Cuban dictatorship," some chanted, in a reference to accusations that Maduro is a stooge of Cuba's President Raul Castro and his brother Fidel. "You need therapy to live in Venezuela!" read one banner, held up by members of a university psychology department.

YOUTH DAY The marches were held as part of Wednesday's "Youth Day" commemoration that celebrates the participation of students in a 19th century independence battle against colonial authorities. About 45 demonstrators have been arrested since two hardline opposition groups began calling for street protests two weeks ago to try to force Maduro to resign. Opposition activists said armed pro-government supporters belonging to "colectivos" attacked and shot at people protesting in the western Andean city of Merida on Tuesday, injuring five. "They were attacked by the colectivos while exercising their right to peaceful protest," said Tamara Suju, who is tracking the violence for one of the parties, Popular Will. Maduro blamed the Merida incident on opposition provocateurs posing as Socialist Party sympathizers. "They cannot take us back to the scenes of 2002," Maduro said in a reference to massive street protests that culminated in a brief, military-led coup against Chavez. Some student protesters in the state of Merida have thrown rocks and blocked roads. Police officers have been injured during student-led protests in another western state, Tachira. The current protests have been much smaller than the 2002 wave. Many in the opposition favor a more moderate approach.

"While there are plenty of reasons to protest, there does not seem to be an agenda for the current wave. #LaSalida (The Exit) is not a strategy. It's a hashtag!" complained the anti-government blog Caracas Chronicles. "The street protests, along with the public bickering they are engendering, are creating a false sense that our actions can undo the regime, while at the same time casting doubt on the opposition's unity."

World press freedom: 4 key takeaways  the Christian Science Monitor 12 février

la police et l'armée des États contre les populations elle est à vous, défendez-la

Venezuela A woman with her mouth covered stands before a line of National Bolivarian Police preventing protesters from reaching the national intelligence agency in Caracas, Venezuela, Tuesday, Feb. 11, 2014. Her sign reads in Spanish, "Freedom of expression. It's yours. Defend it." Venezuela ranked 116th on Reporters Without Borders's 2014 media freedom index. Alejandro Cegarra

When it comes to global media freedom, the quick assumption is that developed, solidly democratic countries are the star performers. For the most part, they are. But as Reporters Without Borders' 2014  press freedom index  underscores, their high rankings come with some important caveats. RSF's annual index ranks 180 countries based on freedom of information and the ease of reporting. The international watchdog found in its latest assessment that global violations of information freedom overall rose by 1.8 percent, a trend that affected countries of all political and economic stripes.

Snowden played a big role in much-watched countries. This year's best performers (Finland, Norway, The Netherlands) are not surprising – and neither and the autocratic worst performers (Turkmenistan, North Korea, Eritrea) But RSF found that the democratic powerhouses fell far short of setting a global example. RSF slams the United States for cracking down on Bradley Manning and Edward Snowden (on whose behalf  the organization advocates) downgrading it by 13 points from last year’s ranking in “one of the most significant declines” in media freedom worldwide. The US is now in the 46th spot, behind Papua New Guinea and Romania and just ahead of Haiti. It is worth noting, however, that the US ranked 47th in 2011, and 53rd in 2006. Its highest ranking – 17th place – was in 2002, the year RSF started the index. The main culprit, according to RSF: “ an overly broad and abusive interpretation of national security needs.” Or, more specifically, “the hunt  for leaks and whistleblowers.”  The UK fell as well – albeit by only three points – for "distinguishing itself by its harassment of The Guardian," which similarly took place in the wake of the Snowden scandal.

Armed conflict remains a top threat to freedom of information...  Violent conflicts again drew a host of countries to the bottom of the list, including Syria (177th), Democratic Republic of Congo (151th), and Mali (122th). “In an unstable environment, the media become strategic goals and targets for groups or individuals [attempting] to control news and information,” the report says A key trend here is that violence is increasingly getting privatized. Non-state armed groups across the Middle East (such as  ISIS in Iraq and Syria) and Africa (Al Shabab in Somalia) increasingly regard journalists as enemies or targets in their campaigns of intimidation.  

... but other forms of violence imperil journalists outside war zones. One of those forces is organized crime, which makes it “hard if not impossible to refrain from self-censorship on such sensitive subjects as drug-trafficking, corruption and criminal penetration of the state apparatus,” according to RSF. These risks are often met with passivity or indifference by local governments. Brazil was singled out as one of the continent’s deadliest places for reporters. Media independence and pluralism are hampered by powerful politicians with ownership stakes in huge businesses and media companies. This  turns Brazi  into “the country of 30 Berlusconis,” a reference to Italy's powerful former prime minister and media magnate, with journalists as “ tools of local barons.”

The Internet isn’t helping global media freedom much RSF peppers its report with stories of tacit and overt cyberspace controls keeping journalists – both professional and citizen reports – under the government’s thumb.  Among the worst offenders: China has continued its crackdown on bloggers and cyber-dissidents, keeping it in 175th place, five spots from the bottom. Targeting of bloggers and citizen reporters has been on the rise in Russia (148th) in the run-up to the Winter Games in Sochi, in particular when their activities directly touched on the preparation process. Bloggers are also  under assault in Egypt, where they’re harassed and arrested alongside journalists, as the government cracks down on suspected Muslim Brotherhood supporters. The list goes on.

retenons deux choses, plus loin qu'un problème de presse : 

le contrôle policier des États et du capital s'accentue et s'organise avec une certaine avance. Il est probable que la rencontre Obama-Hollande a aussi abordé cette question (ceci écrit avant d'avoir l'info sur sa rencontre avec les "boss du net")

'Internet n'aidera pas la liberté globale d'expression' au-delà des limites dans lesquelles elle est acceptable par les pouvoirs des États et du capitalisme réunis, et maîtres du contrôle policier des réseaux virtuels. Son utilisation en témoigne, dans les «Printemps arabes» et autres vite nommées « révolutions », et vite vaincues pour laisser place à une mise en adéquation du système global. Quant à ses possibilités révolutionnaires, cela supposerait de prendre le contrôle de ces réseaux en leur cœurs, nœuds, maillons et divers circuits... Je ne suis pas un expert, mais pourquoi prendre nos ennemis pour des imbéciles ?

San Francisco déjeuner sous haute sécurité pour Hollande et les boss du net Le Figaro 13 février

la police et l'armée des États contre les populations les boss ? pas net !

Le président de la République a convié les patrons de Google, Twitter et Facebook pour un déjeuner à San Francisco à l'occasion de sa visite d'État aux États-Unis.

Le calme règne dans Polk Street. Jusqu'à l'arrivée du cortège. Une trentaine de motards de la police de San Francisco qui, en moins de deux minutes et toutes sirènes hurlantes, bloquent les accès des rues adjacentes. Des vans noirs descendent les membres du secret service américain. Ceux du GSPR français les accompagnent.

Sur les trottoirs, les badauds commencent à s'attrouper devant la façade du restaurant «La Folie» dont l'accès et les abords sont gardés par des molosses en oreillettes et des policiers locaux. C'est là que François Hollande doit déjeuner. Mais pas avec n'importe qui.

De fait, les consignes sont drastiques. Et étonnamment, les plus dures ne sont pas venues de l'Élysee mais des boss du net. Interdiction de leur poser une question. Interdiction de tweeter avant la rencontre pour ne pas dévoiler le lieu du repas. Interdiction de les approcher. Seules quelques caméras et photographes sont autorisés à immortaliser le début de la rencontre. Ce qui n'empêche pas François Hollande de s'extirper du groupe pour glisser quelques mots à propos de ses invités. «Ils sont humains», sourit le président de la République

«Ce sont les rois du net. Avoir tous ces CEO réunis ici tous ensemble, cela représente un pouvoir exceptionnel», confie Roland Passot, le chef qui a préparé le menu de ce repas d'exception

31 janvier

La Réunion nuit de violences  Libération 31.01.14 > la police des États contre les populations

la police et l'armée des États contre les populations comme un anniversaire de 2012

Au Port, à l'ouest de l'île, et au Chaudron, dans le Nord, des heurts se sont produits entre jeunes et forces de l'ordre.

Des incidents opposant des groupes de jeunes aux forces de l’ordre ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi à la Réunion, au Port et au Chaudron à Saint-Denis, où un commerce a été pillé et des véhicules incendiés, selon une source policière.

 

Au Port (ouest de l’île), les incidents se sont produits dans la foulée des manifestations des collégiens et lycéens ayant entraîné dans l’après-midi l’intervention de la police pour lever des barrages routiers, installés par des jeunes, aux abords d’un lycée. Le commissariat du Port a toutefois refusé de faire de relation entre le mouvement des élèves dénonçant la chaleur dans les salles de cours et les violences de la nuit.[...]

22 janvier

22 v'là les flics ! suite en attendant la fin

Brazil protesters struggle to define next steps, ST Breaking News, 21.06.13, avec vidéo de la manifestation

la police et l'armée des États contre les populations "Only struggle changes life"

A frightened woman runs away as policemen from the anti-riot special unit Trope de choque shoot tear gas during clashes downtown Niteroi, 10km from Rio de Janeiro, on June 19, 2013. Brazilians won the world's attention and a pull-back on the subway and bus fare hikes that had first ignited their rage. But now, many say, the real work is only beginning. 175 FILE PHOTO:AFP PAULO (AP)

la police et l'armée des États contre les populations

la police et l'armée des États contre les populations

SAO PAULO (AP) - After a week of mass protests, Brazilians won the world's attention and a pull-back on the subway and bus fare hikes that had first ignited their rage. But now, many say, the real work is only beginning. Middle-class protesters marching for the first time say the challenge for Brazilians is to keep alive the political spirit that was awakened in the last week, after decades of apathy. They say they hope leaders emerge at the forefront of an eclectic mass movement and present concrete demands to national and state governments. In short, protesters say it's time to organise around their flurry of grievances, ranging from ending government corruption to improving public education, health care and public safety. "I think leaders will emerge but in smaller groups," said secretary Juliane Furno, while standing under a banner in Sao Paulo on Thursday reading "Only struggle changes life"

la police et l'armée des États contre les populations

Dans les années 1980, suivant le conseil de Flora Tristan, 'de la nécessité de faire bon accueil aux belles étrangères', j'ai fait la connaissance d'une Brézilienne à Paris. En France elle gagnait sa vie comme baby-sitter, et suivait des études. Au Brésil, elle était assistante sociale auprès des prisonnier-es dans les prisons de Sao-Paulo. Elle me racontait comment là-bas, il valait mieux ne pas porter de montre dans le métro. Non pour éviter qu'on te la vole, mais parce que pour le faire, on pouvait te trancher le poignet.

22 v'là les flics !

Nigeria  La communauté homosexuelle victime d'une véritable chasse aux sorcières Amnesty International, 16.01.14

à l'abord d'âges - le plus récent La police nigériane dresse des listes de personnes suspectées d'appartenir à la communauté LGBTI. © See Li/Demotix/Corbis

« Les autorités nigérianes doivent immédiatement libérer la dizaine de personnes déjà arrêtées en application d'une nouvelle loi qui bafoue plusieurs droits fondamentaux sur la base de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre réelles ou présumées, a déclaré Amnesty International.

Ces arrestations ont eu lieu dans les États nigérians d'Anambra, d'Enugu, d'Imo et d'Oyo dès le lundi 13 janvier, date à laquelle il a été annoncé que le président Goodluck Jonathan avait ratifié la loi sur l'interdiction du mariage entre personnes de même sexe.

« Les personnes arrêtées en application de cette nouvelle loi draconienne doivent être libérées immédiatement et les charges retenues contre elles, abandonnées, a déclaré Makmid Kamara, spécialiste du Nigeria à Amnesty International. Incarcérer quelqu'un en raison de son orientation sexuelle est contraire aux normes relatives aux droits humains les plus élémentaires. Les informations selon lesquelles la police serait en train, dans un État du Nigeria, de dresser une liste de personnes soupçonnées d'être lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI) sont extrêmement préoccupantes.»

En 2013 les autorités ont évacué deux fois plus de camps de Roms qu'en 2012, alerte la Ligue des droits de l'Homme, Libération 14.1.14

à l'abord d'âges - le plus récent Campement de Roms sur un terrain de la SNCF évacué à Saint-Ouen, près de Paris, le 27 novembre 2013. (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)

« Les chiffres publiés ce mardi par la LdH donnent le tournis : 21 537 personnes ont été chassées en 2013 du bidonville dans lequel elles avaient trouvé refuge.»

Tunisie : Blocage des chemins de fer à Ksar Gafsa, usage de bombes lacrymogènes BTK 18.1.14

à l'abord d'âges - le plus récent

 Les unités sécuritaires ont dû faire usage de tirs de bombes à gaz lacrymogène, ce samedi 18 Janvier 2014, suite au blocage des chemins de fers transportant du phosphate, dans la délégation de Ksar à Gafsa, pour disperser les manifestants qui sont derrière ce blocage. Les manifestants, la plupart des chômeurs, se sont interposés contre l’acheminement du phosphate,  mettant en péril les intérêts des citoyens. Wahid Mabrouk, secrétaire général du syndicat des unités d’intervention rapide, est intervenu sur radio Shems FM, et a assuré que la sûreté nationale n’est pas contre les manifestants ni contre leurs demandes, affirmant que le siège des forces d’intervention rapide a été attaqué par plusieurs individus.”

la chasse au faciès « dans la personnalisation des rapports sociaux comme production de sujets »

à l'abord d'âges - le plus récent Contrôle de police à la gare de l’Est, par Alain Bachellier (Publié sur Flickr* sous licence CC BY-NC-SA 2.0) * des flics errent en silence, avec licences personnelles

« Il ne suffit pas de dire que la distinction de race crée une essentialisation hiérarchique des individus, qu’elle est un produit du mode de production, on en reste à faire de la description le concept de sa propre explication si l’on ne dit pas que c’est dans la personnalisation des rapports sociaux comme production de sujets que réside la question. » Roland Simon/TC Tel Quel, Ceux d'en-bas 2012

LDH Toulon 2012 « Parfois, c’est dix contrôles dans le mois. Très souvent pour les mêmes motifs : couleur de peau, origine, accoutrement, âge. Ils en ont assez et ont décidé d’assigner le ministère de l’Intérieur en justice, devant le Conseil d’Etat, contre ce qu’ils considèrent comme des discriminations. C’est une première. Ces quinze étudiants, lycéens, salariés, artistes ou chômeurs de Villeurbanne, Lille ou Saint-Ouen refusent de continuer à être "catalogués comme délinquants".

Les contrôles d’identité sont censés être motivés, ou ne se faire que sous réquisition du procureur. Or, selon un rapport de 2009 de l’Open Society Justice Initiative en collaboration avec le CNRS, dont nombre de policiers reconnaissent l’objectivité en off, les individus considérés comme "noirs" étaient alors en moyenne contrôlés six fois plus souvent que ceux vus comme "blancs". Pour les individus considérés comme"arabes", c’était huit fois plus souvent.»