critique du 'courant communisateur' 2014

 

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critique du 'courant communisateur' 2014 

pour qui découvre ce blog : sommaire

24 avril 2015, cette critique de l'an dernier, alors imparfaite, est pour moi aujourd'hui achevée. Elle a permis d'aller plus loin, d'ouvrir d'autres problématiques à intégrer dans la théorie de la communisation. Un aboutissement d'étape est ce texte : Communisation 2015 : théorie-lutte et activités communistes, féministes, anarchistes, écologistes..., avec des réflexions moins "théoriques" pour un manifeste révolutionnaire,  et les discussions y ayant conduit, remarques glanées ici ou là...

6 juillet 2014 le monde à l'envers, esquisses théoriques  j'appelle à un approfondissement des problèmes liés à la communisation, à la refondation et à la reformulation de ses approches théoriques, faute de quoi le concept sera confronté à sa dégénérescence comme toute progéniture de mariages consanguins 

la communisation n'est pas morte, mais son concept ne revivra qu'à la condition de refonder et la théorie et les pratiques théoriques, en prenant plus largement en compte les luttes sociales de classe, de genre, et de race qui caractérisent le face à face avec le capitalisme en crise

je fais mien le concept de communisation au seul sens où il est révolution communiste, abolition du capital sans transition socialiste ou autogestionnaire, un sens qui n'appartient à personne et ne relève pas d'une théorie mais des activités produisant la crise du capital et la montée en puissance d'un mouvement communiste mondial

compte-tenu de la connotation étroite attachée au concept de "communisation", je me vois transitoirement contraint de le laisser en jachère, et de reprendre les termes de communisme et de révolution communiste, à tenir aussi face à l'idéologie réformiste qui émerge en opposant au communisme le concept de "commun", lui-même compris de façon idéaliste dans une perspective citoyenne réformiste

cette critique du 'courant communisateur' s'est élargie à tout ce qui s'apparente à des communautarismes militants ou intellectuels identitaires constitués en organisations ou pas

 

23 avril 2015

en ré-éditions revues et augmentées

rien n'est sacré, tout peut se lire

si vous ne lisez pas :                                                   lisez :

critique du 'courant communisateur' 2014    critique du 'courant communisateur' 2014

à suivre dans discussions sur la communisation et l'activité des communistes dans la lutte de classe

6 mars

découvertes théoriques et relance du concept de communisation

nous ne sommes pas au bout de découvertes théoriques, y compris remontant du passé, et il est heureux qu'elles puissent ouvrir et enrichir les théories de la communisation sans en menacer les acquis essentiels, naturellement sous réserve de quelques précautions. Le plus encourageant est que des apports de théoriciens du "passé" divers et parfois opposés puissent à nouveau participer à ces recherches d'une compréhension du capitalisme actuel et à l'élaboration de voiex révolutionnaires inédites

pour ma part, je considère que le concept de communisation est dorénavant relancé sur des bases plus larges et plus fécondes que ne semblait l'enfermer la vision maintenant classique de sa construction venue d'ultra-gauche, avec ses apories et il faut bien le dire son étroitesse d'esprit et son sectarisme quasi militant. Comme je m'y attendais, c'est précisément sur des questions fondamentales de théorie, de méthode, et particulièrement de construction dialectique que le bouchon a sauté d'une construction structuraliste abstraite, pour ne pas dire mécaniciste et frayant avec l'idéalisme, le risque étant de fabriquer un nouveau dogme révolutionnaire et son programme, ou sa vaine évanescence théoriciste, sans troisième voie pour la communisation. Voilà qui est de bonne augure pour étendre l'intérêt au-delà des milieux habituels et en finir avec des critiques parfois servies sur un plateau *

* les blocages de la théorie de la communisation entre vraies et fausses raisons

les raisons de fond sont inhérentes aux formulations de la théorie par TC, ses apories, ses méthodes et sa pratique théorique - choses abordées en détail dans ce fil critique du courant communisateur. Dès lors qu'elle se faisait connaître, elle se heurtait de surcroît, en plus de ces aspects la plupart du temps inaperçus du moins non critiqués sur le fond, à ses propres errements : cibles de diffusion privilégiées, attitudes sectaires, mépris, refus de dialogue, silence sur les critiques dérangeantes, etc.

quant aux fausses raisons, je pense particulièrement aux critiques qui se sont exprimées de façon certes légère sous les plumes des Jacques de Temps Critiques, d'André Dréan, de Claude Guillon, et surtout aux ravages de la compréhension des thèses proposées dans les milieux anarchistes ou activistes par les textes de Léon de Mattis, tout ça pour une méprise magistrale aboutissant à un flop

je pense aussi à leur ignorance ou rejet systématique, in fine provoqués, chez certains marxistes, alternativistes en politique mais parfois inspirés en matière de critique de l'économie politique (les théoriciens post-trotkistes sont plutôt actifs, en France comme aux Etats-Unis, alors évidemment, on y trouve à boire et à manger... Dunayevskaya fut secrétaire de Trosky en 1937...)

je pense au regrettable rejet par Théorie communiste de questionnements de Endnotes, et plus précisément au texte de Chris Chen The Limit Point of Capitalist Equality, Notes toward an abolitionist antiracism, qui référençait déjà Stuart Hall dont je n'ai pas saisi alors les potentialités en m'engageant dans abolir le racialisme 2014 (personne dans ce petit monde franco-bilingue n'a accepté, à ma demande, de le traduire en français : les veaux et dévots franco-communisateurs sont bien immunisés)

la critique de "dérive universitaire" aurait été recevable si TC avait montré autre chose qu'une incapacité à s'exprimer sans jargonner de façon auto-référentielle, et à se faire comprendre hors de sphères justement formatées par l'université... française, alors que dans le même temps TC draguait les milieux anarchistes de gauches, puis féministes radicaux pour se refaire une santé avec le genre. Faire le contraire en pratique de ce qu'ils prétendent en théorie était devenu leur spécialité

je pense encore à la réception du concept dans les pays anglo-saxons (UK USA), qui a été filtrée par les positions de Théorie communiste, et celles faisant consensus dans SIC au-delà de la question du genre, alors focalisées sur une relation à l'activisme dont on a vu l'impasse théorique et pratique

il était devenu évident que ni ces bases (TC et SIC) ni leurs critiques ne permettaient une relance de la théorie révolutionnaire, et telle est la position que j'ai soutenue dans le forum communisation, aujourd'hui moribond. Mais comment être entendu dans un milieu où sont privilégiés les échanges consanguins, avec petits arrangements et traductions sélectives entre amis ? Critiquer tous les "proches" pour les discrétiter n'aboutit qu'à une solitude stérilisante et méritée, au lieu que relire tout le champ du marxisme passé et contemporain permet de saisir la substantifique moëlle communisatrice à produire en commun

c'est pourquoi aussi le livre de Gilles Dauvé, From Crisis to Communisation, tombera à point, publié en anglais en août prochain, pour remettre outre-Manche et outre-Atlantique les choses de la communisation sur leur pied de départ à défaut sauf surprise de problématiques vivantes (cf dans Et maintenant ? les raisons données par TropLoin pour arrêter sa publication). Mais, autant le dire sans fausse modestie, et pour ce que je perçois des positions de Dauvé et donc du contenu de son livre sauf changement de cap théorique, que cette base n'est pas susceptible de produire autant d'effets que les éléments que j'ai proposés ces derniers mois comme autant de problématiques ouvertes d'un chantier véritablement permanent en prise sur les réalités de ce Tout monde, précisément parce que les voies théoriques que j'ai suivies sont ignorées ici et mieux connues là-bas, mais pas encore reliées à leurs potentialités relatives à la théorie de la communisation

23 novembre 2014

kommunisierung ou le ring théorique, traduction française de l'introduction à trois volumes sur la communisation, en allemand, dndf

une synthèse de l'histoire du courant communisateur au sens étroit de ce qu'il fut, et n'est plus. Un texte introductif entre récit des faits et analyse interne proche de Théorie Communiste (TC), notamment l'explication officielle des raisons de la fin de SIC, Revue internationale pour la communisation. Le point de vue exclusif, partiel et auto-justificateur de TC, sans trace d'autocritique. Nous avions raison, nous avons raison, nous aurons raison... Amen

l'histoire se répète en farce, disait le Grand Autre, ça me rappelle les textes staliniens sur l'histoire du mouvement communiste internationale, mais ici pas besoin de retoucher les photos, il n'y en a pas

on y trouve cette perle : « C’est un milieu où les problèmes théoriques sont discutés en détail et abordés  dans  les débats sans œillères identitaires », mais chacun sait que le propre de ses œillères, c'est qu'on ne les voit pas, ce dont cette introduction est un bon exemple

bonne initiative toujours est-il que de regrouper dans ces trois volumes les textes importants de ce courant qui représenta un moment de la théorie communiste et son achèvement, mais en l'absence de sommaire, je ne sais pas quelle sélection a été faite

9 novembre

communisation : du passé ils payent l'ardoise

un constat sans me surprendre ne cesse de m'interroger : quel intérêt de repasser les plats des débats militants d'avant-hier ? Le milieu radical, et particulièrement celui de la communisation, est-il si dépendant de ses ancrages anarchistes de gauche et ultra-gauchistes qu'il ne puisse assumer ce que pourtant il me semble avoir théorisé, la caducité de leurs présupposés objectivistes et subjectivistes

pour ce qui concerne le groupe Théorie Communiste, le pas m'apparaissait franchi à la fin de Meeting en 2007, ou après la rechute dans Sic et son pertinent sabordage en 2013, d'une rupture avec les milieux activistes. Pourtant, le blog dndf, lié à TC, n'en finit pas de relayer de façon privilégiée ses activités, comme si elles avaient une quelconque importance dans le cours actuel du capitalisme, du cours de sa crise et des luttes de classes. Comme quoi les préceptes généraux valent pour tous, sauf eux. L'idéologie, c'est les autres... qui s'en nettoie n'est plus ton frère

exemple, la discussion engagée autour de l'article Les Black Blocks belges déguisés en travailleurs, dans laquelle certains radotent à loisir des analyses anciennes de TC, ou leur caricature, comme autant de réalités invariantes dans le moment présent

je n'ai rien pour ou contre les anarchistes de gauche ou autres Black Blocks plus qu'à l'égard des restes de gauchisme institutionnel, mais ce monde-là nous éloigne tant de Marx et de toute analyse sérieuse du capitalisme mondial en crise comme totalité, et de contradictions à l'œuvre d'un poids plus conséquent, ne serait-ce que pour des raisons démographiques...

j'y vois entérinée la fin d'une période "théorique" que j'évoquais récemment, et un enlisement pathétique dans lequel pataugent ensemble la dernière génération des théoriciens issus de l'ultra-gauche et une jeunesse à laquelle elle a cru pouvoir passer le témoin

autre exemple de ce malaise, une invite récente, reçue par mail adressé à une soixantaine de personnes constituant ce milieu radical français de la théorie révolutionnaire, de Temps Critiques à PalimPsao (Critique de la valeur) en passant par les "communisateurs" de TC à TropLoin et HicSalta... c'est dire la cohérence

Les gauches radicales nées dans les années 20 internationalisme et autonomie prolétarienne
Nous en parlerons avec Philippe Bourrinet, auteur de différents articles et livres sur le mouvement ouvrier révolutionnaire et membre des éditions Smolny samedi 8 novembre à 15h30 Local Cnt-SO 12 rue de l'Évêché, Marseille

Dans les années 20, dans différents pays européens (en particulier en Italie, en Allemagne et en Hollande), se développent différents courants qui mettent au centre du débat l’internationalisme et l’autonomie prolétarienne contre l’état (démocratique, socialiste ou fasciste).
Aussi, même s’ils ne représentent qu’une minorité, ils développeront une réflexion théorique intense, sur le rôle des conseils ouvriers, sur le rapport entre organisation et classe, sur l’expérience prolétarienne et sur le sens profond de la révolution. A Marseille, dans les années 30, on retrouvera des traces de cette expérience.

certes, ai-je répondu "à tous", « Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens », regardons « notre histoire » pour en tourner la page, mais qu'attendre d'une telle auberge espagnole autour des plats faisandés de « l'internationalisme et de l'autonomie prolétarienne » dans les années 20, alors même que les débats sur la situation actuelle aveuglent par leur absence

laisser entendre que ce passé, visiblement mal digéré, pourrait être la base d'une illusoire convergence de vue quant à l'avenir, c'est tricher avec le présent, à commencer par le sien, le leur qui n'est plus le mien. C'est à mille lieues d'entendre l'appel que je plaçais en juillet dernier en exergue de le CAPITAL contre le vivant, le COMMUNISME pour la VIE, à un approfondissement des problèmes liés à la communisation, à la refondation et à la reformulation de ses approches théoriques, faute de quoi le concept sera confronté à sa dégénérescence comme toute progéniture de mariages consanguins

plutôt que sempiternellement en payer l'ardoise, ce passé étant lu ne mérite qu'une chose, en faire table rase

PS : si prisonniers qu'ils sont de leurs égos gérés au sein de leur sainte famille, dans leur cocon de cocos cons, ils ne feront aucun écho à mes avis, et c'est très bien ainsi, CQFD

7 novembre

spectacle de l'intermilitance : on a la lutte et la critique qu'on mérite

à propos de la lutte des intermittents et précaires, une polémique s'est engagée chez dndf autour d'un texte relayé par DDT21, "On a les chefs qu'on mérite"

ça devait arriver, tant il vrai que participer à une lutte du bout des lèvres, et des bras, avec derrière la tête l'idée d'en alimenter une analyse théorique à vocation révolutionnaire, par les temps qui courent (pas très vite), se heurte aux limites du discours abstrait (la supposée théorie) dans les limites des luttes concrètes (la supposée pratique). Quelque part un dialogue de sourds, chacun ayant ses raisons, et de lutter comme ça (revendiquer), et de théoriser comme ci (la révolution)

on peut seulement vérifier à cette occasion que les deux ne sont pas près de, ni prêts à, se rencontrer. À mon avis, ça a moins d'importance qu'ils s'en donnent, mais, « les individus partant toujours d'eux-mêmes » (Marx), ça les excite, et qui se ressemble s'assemble y compris pour répéter vainement les scénarios d'antan...

comme d'hab' dans le petit 'milieu radical' auto-proclamé, beaucoup de bruit pour rien, auquel je n'ai à ajouter que mon silence, ayant dit de quoi comprendre ce genre de problèmes dans ce qui précède

10 octobre

d'un accident de la pensée de l'auteur Roland Simon

"LES AUTEUR(E)S NE SONT QUE DES ACCIDENTS DE LA PENSEE" dndf Dazibao Extrait de "Au sujet de Caliban et la sorcière"

je ne sais pas ce que peut penser Roland Simon (RS) de ce choix d'extraire cette phrase hors de son contexte et d'en faire ainsi une de ces phrases passe-partout dont on ne sait trop ce qu'elles voulaient dire à l'origine. RS a écrit :  « Autant ce livre est nécessaire, autant je crois qu’il est nécessaire de dire clairement mon opposition à cette grille de lecture, même si elle est le fait de l’auteure (les auteur(e)s ne sont que des accidents de la pensée) ». Je n'ai trop à première lecture interpréter cette phrase, sans m'y arrêter (de quelle pensée s'agit-il ?), supposant que son auteur avait mal exprimé autre chose, et qu'il est assez trempé dans Marx pour ne pas être croire que la pensée d'une époque flotterait au-dessus d'elle comme un pur esprit sans sujet, ou qu'elle serait autre chose qu'un produit des conditions générales de cette époque

dans ce cas précis de Federici, et cela devrait suffire, il a été dit qu'il fallait distinguer entre ses idées comme théoricienne et historienne, qu'elle exprime en tant qu'auteure, et sa propre lecture politique, idéologique si on veut, de son travail. D'abord ce travail n'est pas un accident de la pensée, et n'est pas propre à Federici, mais appartient à tout un courant - pas spécifiquement communisateur - à Théorie Communiste et d'autres aussi, qui articulent critique du genre et du capital, en termes d'histoire et/ou de structure, de permanence comme contradictions mêlées du capitalisme

en un sens, les auteur.e.s qui expriment cette idée, ou d'autres, ne sont donc en rien des accidents de la pensée, mais plutôt des singularités qui expriment une critique radicale normale dans le cours quotidien des choses

à l'inverse, ce n'est pas par accident ni incohérence de sa propre pensée que Federici tend à s'inscrire dans l'idéologie des Commons, et aucune idéologie n'est accident de la pensée...

mais le choix de mettre cette phrase en dazibao m'y a fait revenir. J'ai pensé à « les individus sont les virgules de l'histoire »... bien que l'idée en soit différente. Peu importe...

à cette occasion, je redécouvre ce passage du texte de RS :

« L’idéologie des Commons n’est qu’une énième variante de l’increvable idéologie de l’alternative. Par analogie, on fait de l’accumulation primitive un processus continu, et on substitue à un développement contradictoire interne du mode de production capitaliste, une imaginaire opposition (contradiction ?) à ce mode de production de la part de «populations» non encore touchées par celui-ci ou marginalement. La modification de la segmentation mondiale du capital, des modes d’appropriation de la force de travail et / ou du surplus sont vus par analogie comme la répétition de l’accumulation primitive. Le but de l’opération est toujours le même : fonder sur une force externe au mode de production capitaliste (MPC) la possibilité de son abolition, ce qui justifie, ici et maintenant, l’alternative.»

j'ai déjà dit que je partage en partie ce diagnostic, sous réserve d'inventaire dans ce qui est ainsi mis en vrac dans « idéologies des Commons » (cf commun et/ou communisme : révolution ou réformisme ?). Je n'y reviens pas ou pas par ce biais. Dire qu'il y aurait des « "populations" non encore touchées par celui-ci ou marginalement » suffit à considérer que ce qu'elles font quand elles luttent relèverait d' «une force externe au mode de production capitaliste », comme si, au demeurant, cela ne pouvait que disparaître sous l'emprise à venir d'une domination totale achevée du capitalisme, une subsomption réelle absolue. C'est un syllogisme en boucle : « ce qui n'est pas encore touché... » serait extérieur à ce qui est posé comme totalité du monde. De deux choses l'une, soit tout ce qui existe est dedans, et personne ne prétend voir surgir des marges une révolution externe, soit ces marges sont extérieures au capital, et la vision de TC confirme qu'elle choisit ce qui l'intéresse pour alimenter ses thèses, méthode qui lui a valu les déboires qu'on sait, avec l'écart, sic, etc.

impression de malaise donc, devant ce qui est devenu le peu de rigueur d'un théoricien qui semble confronté aux limites de son approche structuraliste

voilà pourquoi je préfère croire qu'il s'agit d'un accident de la pensée de l'auteur Roland Simon

PS : quant au choix de dndf, cela me fait penser à ces citations qu'on met en exergue ici ou là, qui passent pour des pensées profondes d'autant plus qu'isolées, elles ne veulent rien dire. On en trouve dans toutes les religions, de la part de tous les croyants

5 août

la phrase du jour et la communisation

« Je crains que diverses paroles vengeresses qui appellent à la “dé-communisation” ne détournent notre attention des objectifs essentiels... » Général Jaruzelski, mémoires Les chaînes et le refuge JC Lattès 1992 p. 470 Vouloir 3 août

loin de ce gag, une question actuelle : sur quoi peut reposer aujourd'hui une perspective post-capitaliste, communisme ou communauté humaine ? Le véritable problème des théories de la communisation, c'est leur incapacité à dépasser le renversement de la fin du programmatisme ouvrier, une théorie post-prolétarienne, et à fonder une perspective révolutionnaire sur l'ensemble des réalités de la société capitaliste d'aujourd'hui, prenant en compte tout le champ de l'histoire et de la géographie humaines et au-delà. Ces apories ne sont pas limitées au corpus structuralo-dialectique abstrait de Théorie Communiste; elles sont communes à toutes les variantes de la 'communisation', qui ne peuvent pas concrètement répondre à sa question inhérente : comment une classe abolit le capital strictement en tant que classe ?

le désintérêt patent des théories de la communisation pour tout ce qui n'entre pas a priori dans leur modèle logique - à l'exception en France de questionnements de TropLoin et de Temps Critiques nonobstant leur absence de solutions théoriques -, signe leur caractère de théorie infirme, alors que se posant en universalisme typique des philosophies occidentales

critique du 'courant communisateur' 2014

c'est le constat qui invite à remettre en chantier sur une base élargie et approfondie la recherche des voies du communisme, et à le faire au-delà du modèle conceptuel de la communisation comme révolution immédiate

7 juillet

un rapprochement "communisateur" comme fait social particulier à part entière

il me semble pouvoir relever sur ces questions (cf (sur)vivre en quasi- autarcie, une voie post-capitaliste ?)  un défaut ou un déficit des théories de la communisation, sans doute par manque de connaissances vu l'origine sociale de ses fondateurs, et de par leur approche marxiste plutôt traditionnelle (post-prolétarienne et post-programmatiste, critique inachevée)

pauvres de nous « individus-du-capital » ! le milieu communisateur forme-t-il une planète à part ?

il semble que le rapprochement 'théoriciens'-'activistes' de Meeting et Sic, au-delà d'intérêts réciproques (diffuser ou utiliser la théorie) se soit fait aussi sur des bases d'origines sociales communes (couches moyennes ou déclassées selon les générations, chacune leur objectivisme), et constitue par conséquent un phénomène social et idéologique à part entière, aussi minuscule soit-il. Point aveugle non interrogé par manque de distanciation, et l'on peut étendre au milieu communisateur la remarque de Robin : les pratiques de ce "milieu communisateur" ne sont pas autre chose qu'une forme d'existence réelle de la contradiction en procès qu'est le MPC...

5 juillet

les aventures des Dalton de la communisation seront prochainement suspendues pour cause de grève intermittente

critique du 'courant communisateur' 2014critique du 'courant communisateur' 2014critique du 'courant communisateur' 2014 en attendant la fin...

... qu'on se rassure, ils donneront avec ou sans failles de nouvelles preuves de leurs talents

dans une super-production

critique du 'courant communisateur' 2014 fin de partie : du passé faisons table rase !

avec, dans les rôles principaux :

ppdndf dit The Men (le Meilleur d'Entre Nous) critique du 'courant communisateur' 2014 un choc Beauvoir précoce

une surprise (précaire à mi-temps) dans le genre Ma Dalton critique du 'courant communisateur' 2014 l'argent aboli par la femme domestique reproductrice de la population à l'Ouest

adé-rantanplan dit lavant-garde... critique du 'courant communisateur' 2014 le pur individu-du-capital rencontre sa limite

un spectacle dans lequel une femme domine tous les hommes

critique du 'courant communisateur' 2014 l'histoire de l'intime n'est que celle des modes de production jusqu'à aujourd'hui

alors patience, tenir compte de la structure dialectique des particularités spécifiquement objectivo-subjectives

critique du 'courant communisateur' 2014 trajectoire à boule au pied

car pendant ce temps-là, The Concept critique du 'courant communisateur' 2014  traverser le désert ou entrer dans la zone ?

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26 juin 2014

clarté

C’est déjà beaucoup (mise au point sur la communisation) DDT 21

« Que veut dire communisation ?

Que dès ses débuts, et donc sans « période de transition », une révolution future commencera à transformer les rapports sociaux capitalistes en rapports sociaux communistes : destruction du travail salarié, de la propriété privée, de l’échange marchand, de la division sociale et de la division sexuelle du travail, de l’État et tutti quanti.

Ce concept est essentiel.

Il ne résume, ni ne remplace, ni n’absorbe en lui l’ensemble des « fondamentaux » de la critique communiste : il leur donne seulement le sens et la portée nécessaires à notre époque.

C’est déjà beaucoup.»

« Quelques camarades ont récemment annoncé DDT21 comme un « nouveau blog sur la communisation ».

mise au point bienvenue, m'étant étonné que ce blog soit ainsi présenté sans l'avoir demandé...

 « Dès lors qu’une théorie ou un concept correspond à une époque, confusion et « récupération » sont inévitables. A nous de savoir nous en garder...»

... et inversement, si l'époque produit des idées, aucune raison que ce soit sous un seul nom. À nous de savoir regarder... cf qu'est-ce qu'un concept ?

mais qu'en termes discrets et courtois ces choses-là sont dites...

car qui ne s'est pas gardé, servant la confusion et produisant la « récupération » au-delà de l'inévitable ? et qui continue de semer l'incompréhension et d'entretenir la confusion par ces liens en rapport avec la communisation sans retenir la leçon de son échec ? Que signifie cette inconséquence durable, la prolongation d'une complaisance contradictoire, écrire une chose pour en faire une autre ?

critique du 'courant communisateur' 2014 1921 première revue « d'éducation révolutionnaire et de culture prolétarienne » (sic)

leur cancer n'est pas le nôtre

sectarisme, opportunisme, copinage, évitement des problèmes, fuite des débats, manque de franchise, tricheries intellectuelles, déformations et censure, procédés déloyaux, manipulations des "naïfs", mensonges... rien de nouveau sous le soleil des « camarades révolutionnaires », politicien un jour, politicien toujours... plus les groupes, formels ou informels, sont petits, plus ces défauts les rongent de l'intérieur et s'étendent aux cellules natïves

critique du 'courant communisateur' 2014

question d'origine sociale ? toujours est-il que cela ressemble aux manières de faux-culs en vigueur dans la « classe de l'encadrement » et dans la « classe des professeurs », confrontées à leurs rôles policés de reproduction sociale face aux milieux populaires, de l'école au travail. C'est pas nouveau, c'est l'héritage de la distinction sociale et culturelle, leur point aveugle dont 'nous' n'est pas dupe, qu'ils prennent pour un con

moins ils affrontent par eux-mêmes les duretés de la vie d'en-bas, moins ils apprennent dans leurs tripes comment naissent les révolutions, alors ils s'inventent des histoires en lisant des "sociologies"...

ils théorisent qu'il ne faut pas de chefs, mais parlent et se comportent comme des chefs, ou comme ceux qui les servent : qui les croira avant de se passer d'eux, ou de passer sur eux ?

ce que dit le langage des « révolutionnaires » de papiers et de blogs, y compris le mien mais je le sais, c'est que nous sommes très très loin d'une révolution

24 juin

tempête dans un verre vide

une séquence particulière, où en sont-ils dans le courant communisateur ?

Épilogue laconique
Nous sommes actuellement loin de la visibilité croissante et immédiate des contradictions de classes et de genre et de leur liaison avec la révolution et le communisme, le devenir idéologie parmi d’autres de la «  théorie de la communisation », tant comme slogan que comme passeport académique plane sur nos têtes fragiles.
Théorie Communiste
Une séquence particulière Où en sommes-nous dans la crise Avril 2014

les innombrables qui se pressent pour intervenir dans le  forum.communisation sont en colère. Comprenez-les : Patlotch empêche « les échanges et débats sur la communisation ». Patlotch empêche la jeunesse curieuse de poser des « questions de compréhension, aussi naïves soient-elles bienvenues ». Patlotch empêche les camarades « sympathiques » de définir pour Robin des « concepts » dont le sens ressort de « textes trop longs et difficiles » pour ces impatient·e·s de comprendre « LA théorie de la communisation » afin de hâter la révolution. Patlotch empêche les « réactions sur l'actualité ». Patlotch empêche que vous déposiez « vos textes ». Patlotch empêche de répondre aux arguments de Patlotch

en résumé Patlotch est un « repoussoir » comme le montre la recrudescence des commentaires sur dndf depuis qu'il n'y intervient plus

ne cherchez pas plus loin, « le but de Paltoch [sic] était de saborder l'équipage* dès sa mise à l'eau ». Patlotch est un agitateur d'idées contre la communisation, qu'il avait « jetée aux orties »

* un équipage étant « l'ensemble du personnel affecté à la manœuvre et au service d'un navire », le personnel est ici Robin, qui se noie en remettant le pied dans un fleuve sans courant

critique du 'courant communisateur' 2014

en effet, si « pour certains, ce débat est considéré comme étant un premier pas vers la révolution, nécessaire d'un point de vue "révolutionnaire" », empêcher les débats caractérise pour eux un acte contre-révolutionnaire

« suggestions pour améliorer ce forum » : à la place de Robin, je prendrais deux mesures radicales, au sens de Marx, « Être radical c'est prendre les choses par la racine, et la racine c'est... » Patlotch !

- je m'inventerais une dizaine de pseudos et je poserais des questions « naïves », comme dans le courrier des lecteurs de la presse stalinienne, entres autres. Des questions dont il aurait des réponses pas naïves comme celles de Patlotch

-  je réveillerais la pratique du « bannissement » du parti pour les traitres de l'intérieur, en effaçant purement et simplement Patlotch et ses messages du forum

critique du 'courant communisateur' 2014

Nikolai Patlotch (à droite sur la 1ère photo) devient en 2006 commissaire du peuple aux affaires intérieures du « courant communisateur », et par là même, à la tête du NKTC, la police politique sicoviste (de la revue sic). Il va donc jouer un rôle très important dans le répression et les purges de 2008 à 2013. Remplacé par Robin en juin 2014, il est arrêté en avril 2015 et fusillé en février 2016. source

alors le peuple assoiffé de communisation, pour lequel Robin va définir le rôle de la théorie prochainement, pourra se lever en masse et s'exclamer d'une seule voix :

« La vie est devenue meilleure, camarades, la vie est devenue plus joyeuse »*

* discours de Staline à la première conférence des stakhanovistes de l'Union soviétique, le 17 novembre 1935,  cf. K.V. Dušenko (éd.), Slovar' sovremennykh citat, Moscou

Patlotch empêche encore Robin de se demander pourquoi son forum était un échec prévisible
mais Patlotch n'empêchera pas Robin de se rendre ridicule, ni de ridiculiser le concept de communisation**

** remarquons que nulle part sur ce forum « didactique » destiné à en discuter n'est défini le concept de communisation, ce qui renvoie inévitablement les curieux pressés à la définition de Wikipedia, copiée-collée à son insu depuis le site de... Patlotch

critique du 'courant communisateur' 2014 « loin de la visibilité croissante et immédiate des contradictions de classes et de genre ... »

« tous les petits événements et personnages hystériques du courant de la communisation se répètent pour ainsi dire trois fois. La deuxième fois comme blague, la troisième comme farces et attrapes » (le 18 brumaire de Louis-Simon Martin)

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15 juin

"en-commun" communisateur ?

message sur le forum communisation

Salut à tous et toutes,

Je ne souhaitais pas ouvrir le bal, mais Robin m'y a invité après un message privé où je disais que ma participation pourrait être contre-productive, décourager d'intervenir certains...

Une bonne chose que ce forum, mais pas évident qu'il décolle, pour des raisons de forme et de fond.

Sur la forme, les forums n'attirent plus comme avant, réseaux sociaux oblige etc. Sur la communisation ils ont toujours été problématiques, en raison de la difficulté théorique, des bases indispensables pour comprendre et participer de façon pertinente, de la réticence générale dans le milieu à intervenir (y compris sur les listes internes, Meeting, SIC...), des incompréhensions, des avis tranchants des experts parfois désagréable à encaisser, d'un comportement de consommateur-spectateur de théories, et du fait même que ça peut partir dans tous les sens... d'où un véritable casse-tête pour les 'modérateurs'

Sur le fond, plusieurs aspects

Il me semble que le concept de communisation marque le pas, après une montée en puissance consécutive à l'entrée de [i]Théorie Communiste[/i] (TC) sur la scène publique, avec[i] Meeting[/i] il y a une dizaine d'années. Difficile de séparer ce qui tient à la période présente, et à la façon dont le concept a été diffusé et se trouve connu plus largement. Le "courant communisateur", pour le meilleur et parfois le pire, a focalisé sur lui une compréhension à mon sens étroite du concept, dont TC définit une ligne générale autour de laquelle sont perçues les autres (internes à SIC -EndNotes, Blaumachen, Riff Raff... ou externes, Astarian, TropLoin...)

Il y a donc, déjà, le poids d'un héritage, et la difficulté de l'assumer sous le terme de 'communisation', y compris quand on partage l'idée centrale d'une révolution nécessaire sans transition socialiste ou autogestionnaire.

À partir de là, j'ai pris mes distances avec le terme 'communisation' pour reprendre, comme disait Christian Charrier en quittant Meeting en 2005 ( http://meeting.communisation.net/archives/meeting-no-2/les-textes-publies-6/article/la-communisation-point-d-orgue ) « l'exploration des voies » de la révolution communiste, plutôt qu'un enfermement dans ce qu'est devenue la perception étroite du concept de communisation. Car de fait, le «point d'orgue » semble 10 ans après s'imposer à tous pour ce qui est de l'expression publique.

Naturellement, il faut des mots pour définir les choses et s'y reconnaître, mais cela même pose un problème, parce que ça tend à créer un 'en-commun' identitaire, c'est-à-dire militant, avant-gardiste, TC dirait peut-être « objectiviste et subjectiviste », et à déplacer l'enjeu du communisme comme mouvement, de la communisation comme ensemble d'activités de luttes sociales, vers les activités théoriques ou d'interventions de ceux qui portent la communisation comme 'idée'.

Or la communisation, comme disait Marx du communisme, « n'est pas une idée ».

Naturellement, il faut un 'en-commun' pour[i] faire quelques choses ensemble[/i], comme TC a constaté qu'il n'existait plus pour continuer SIC ('Fin de parti-e'), mais cet 'en-commun' n'est pas à confondre avec l'en-commun de production d'une subjectivation révolutionnaire dans les rapports sociaux de par les luttes partout dans le monde : la communisation est-elle appelée à se faire sous son nom, ou un autre, sous un nom commun ? Voire... voir les avatars de 'communisme' ou de 'révolution' (cf le succès éditorial de [i]Commun, la révolution du XXIe siècle[/i], de Dardot-Laval : Révolution ou Réformisme ? [url]http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-563.html[/url] )

J'ai des divergences plus spécifiques avec TC, notamment sur la conception même de la théorie en rapport aux luttes, et sur des aspects non pris en compte dans son approche de la totalité du capitalisme dominant tout (sur la race, sur le rapport social à la 'nature'...). Laissons pour le moment.

Je pense utile et prudent d'avoir en tête comment la façon de concevoir un forum peut générer des effets pervers sur cela même que l'on souhaite faire avancer, en raison du décalage entre discours sur internet et réalités sociales.

Un exemple à ne pas prendre mal, Robin, la rubrique 'actualités'. Nous avons toujours trop tendance à penser ce qui va se passer à partir d'une actualité courte, qui ne permet pas de comprendre, contextualiser les mouvements en profondeur, parce que quand ça chauffe, le passé remonte à la surface, si ce n'est LA structure, les structures, de classe, de genre, de race... (voir par exemple, comment on a pu ici ou là discuter de la Bosnie, ou de l'Ukraine, sans focale large et profonde).

Le défilement des discussions dans un forum accentue cette perte, un oubli de ce qui a été dit plus haut. Et donc remettre en perspective, contextualiser 'le moment présent', c'est difficile dans un forum, le nez collé sur l'actualité, comme à la télé ou les forums "marxistes révolutionnaires"...

Pour ma part, j'ai tenté de tenir un journal qui croise critique du capital  et mise en perspective communiste, en ayant en tête ces difficultés, partant de ma critique du 'courant communisateur', essentiellement celle de Théorie communiste ( [url]http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-521.html[/url] ) essayant de tisser 'le moment présent du capitalisme' ( [url]http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-525.html[/url] ) et 'les communismes comme combats ( [url]http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-548.html[/url] )

C'est un chantier immense, pour lequel on est jamais assez de fous, et de sorcières... Je souhaite que ce forum contribue à un 'en-commun' [i]problématisateur[/i], à une perception ouverte de la communisation, du communisme comme [i]problèmes[/i] au présent, plus qu'à donner des réponses pour marmites pré-cuites de l'avenir

En tout cas, merci à Robin, et bons courages à tous et toutes

 

6 juin maj 10 juin

Expérience de la folie « L'essenciation, qui peut la supporter ? La tendance à l'essence est un plaisir vertige, une secrète frénésie.
Le fou essencie, se fascine à essencier et il est dangereux d'essencier. Lorsque la masse des faits d'expérience était petite, aux époques où l'on aimait essencier, on en arrivait naturellement et presque uniquement à essencier sur Dieu.
Même sur Dieu il est dangereux d'essencier. La religion est l'enfer des scrupuleux. A cet être infini, qu'ils n'arrivent pas à concevoir, et qui les mobilise incessamment en direction d'infini et les rejette dans les tendances infinisantes, ils répondent par la conscience de leur manque infini, de leurs péchés. »
Henri Michaux, Misérable miracle, nrf Poésie/Gallimard p 151-152, édition augmentée, 1972

.critique du 'courant communisateur' 2014 Michaux, plume 1981

28 thèses... + une ? suivi de 'explorer les voies du communisme'

le groupe La Sociale de Montréal a publié une brochure dont dndf nous offre le bon à tirer en PDF : « Les 28 thèses » édition augmentée (sic : l'augmentation vaut pour la réponse de TC et la réponse sans appel de Kosmoprolet, une victime collatérale du pape de l'essence structuro-conceptueuse). Armez-vous de patience pour une lecture croisée de gauche à droite et de haut en bas et inversement, de ces trois textes autour des thèses des ami(e)s de la société sans classes, comme de la brochure Federici en marge de « Caliban et la sorcière »

28 thèses sur la société de classes nouvelle édition augmentée de
Commentaire critique par Théorie Communiste
et suivie de Sur la communisation et ses théoricienNEs, réponse des auteurEs

critique du 'courant communisateur' 2014

un mérite de cet échange, comme dans la décennie précédente, ceux de Théorie Communiste avec TropLoin (Dauvé&Nesic), Temps Critiques, Aufhebung... c'est de donner à mieux comprendre les un·e·s et les autres, notamment les thèses de TC qui sont parfois mieux reformulées et contextualisées par d'autres que par eux-mêmes

la 29ème thèse ou l'auto-effondrement du « courant communisateur »

la réponse à TC appartient à une série de critiques correspondant à la fin de la période de sortie de l'ombre de ce groupe central du « courant communisateur », en fait le seul vraiment théoricien, le seul qui l'a fait exister comme « courant » en tant que promoteur des revues Meeting et SIC dans la décennies 2003-2013. Son relatif succès de diffusion en Europe et aux États-Unis aura produit des critiques aussi sévères que sérieuses, qui sont à recouper avec l'implosion de SIC dont TC n'a donné qu'une explication arrangeante (Fin de parti·e). Dans cette série, et concernant le nihilisme et le romantisme de la communisation selon ce « courant », voir Romantic Fiction

comme je l'ai souligné dans mon attaque de TC, son Commentaire Critique et la réponse 'Sur la communisation et ses théorienNEs' font ressortir les tricheries intellectuelles de Roland Simon, autrement dit les conditions dans lesquelles le débat est à la fois possible et impossible sur la base de sa compréhension et de son interprétation de ceux qui ne considérent pas son corpus comme la théorie adéquate à l'époque

depuis 2005, au fil de mes pérégrinations avec, sans ou contre TC, j'aurai formulé, en termes souvent moins théoriques et donc par là sans intérêt pour ce petit milieu imbu, l'essentiel des critiques que l'on trouve recoupées par celles Des ami(e)s de la société sans classes. Je l'aurai fait de façon disparate et spontanée dans les commentaires de Meeting puis de dndf, ou sur la liste de discussion interne à SIC, de façon plus systématique sur mon site (critique du 'courant communisateur') à partir du moment où Roland Simon s'est autorisé à mon encontre des mêmes procédés de déformation relevant de l'incompréhension voire de la malhonnêteté, en tout cas d'une pathologie auto-centrée

« Cancer mystique, chanteras-tu longtemps ton cantique au mystère ? » Robert Desnos, Rrose Selavy 93

du point de vue méthodologique, à partir du moment où TC définissait ce « cycle de luttes » autour de « l'appartenance de classe comme contrainte extérieure », il ne prenait plus en considérations que les luttes dont il supposait qu'elles portaient ce sens - je l'ai relevé dès 2005 -, un sens dont sa théorie formulait la vérité, celles de luttes théoriciennes, ceux qui les menaient n'attendant pourtant que d'eux-mêmes et autre chose, mais pas qu'un théoricien leur apprenne ce qu'ils auraient fait sans le dire ni le savoir, qu'ils ne le faisaient pas

critique du 'courant communisateur' 2014 sauf par la théorie

comme dans toute théorie à prétention scientifique, il vient toujours un moment où le pas est franchi d'une solution mystique, et c'est ainsi qu'on peut comprendre le communisme en voie de réalisation selon TC comme un monde sans médiations sociales, sans production, sans produit, sans travail, sans société, sans genres sexués... et comprendre sa théorie comme une des plus séparées des luttes au point de ne les aider en rien, le rien dont TC a aujourd'hui les mains pleines. Séparée des luttes puisqu'aucune ne s'y reconnaît, et isolée dans le monde de la théorie communiste, puisqu'aucun·e théoricien·e mais seulement des moines copistes soutiennent encore ses thèses

explorer les voies du communisme

il me faudrait relire ces 28 thèses pour elles-mêmes, autrement que sous l'angle des désaccords que je partage largement avec TC, et les confronter à ma propre exploration des voies de la révolution, comme j'ai renommé cette rubrique, manière d'allusion et d'hommage à ce qu'écrivait Christian Charrier en 2005 dans La communisation...point d'orgue

Nous avons écrit dans l’Invite à Meeting que le but de la revue est d’« explorer les voies de la communisation » (pt. 5) : je crois que tout le mal vient de cette formule expéditive est un peu racoleuse et qui suppose surtout que le résultat de la chose est déjà acquis, et de l’affirmation selon laquelle « d’ores et déjà un courant communisateur existe au travers d’expressions théoriques diversifiées et de certaines pratiques dans les luttes actuelles. » (pt. 3) – bien sûr, c’est du point de vue des pratiques que les choses se compliquent tout de suite (c’est là-dessus que TropLoin et Danel ont tout de suite pointé leurs critiques). Lequel redoute que l’on se contente de « raisonner comme si la notion de “courant communisateur” ne faisait pas problème », de « l’abstraction la plus générale du processus de la communisation et d’une définition très politique du sujet communisateur », pour conclure : « je crains qu’on ne construise un sujet révolutionnaire ad hoc pour les besoins de la problématique fondatrice de la revue ». À part ça, actuellement, seule Théorie communiste est capable de rendre compte théoriquement et de manière cohérente de l’existence pratique d’un courant communisateur au travers de sa thèse selon laquelle « dans la période actuelle (…) être en contradiction avec le capital c’est être en contradiction avec sa condition de classe » ; ce qui suppose bien sûr toutes les médiations inhérentes au corpus técécien – à commencer par la théorie de l’achèvement de la « restructuration du capital » en ce qui concerne la période actuelle : « il nous semble impossible de parler de communisation sans parler de restructuration et de nouveau cycle de luttes. »
 
L’exploration tout de go des voies de la communisation, dans laquelle chacun s’est lancé comme dans une vente promotionnelle ou une opération de propagande – qu’il s’agisse de faire de la communisation le socle d’une théorie nouvelle de la révolution ou le débouché de corpus existants – fait l’économie des supposés de son objet et de ses origines, sur la base d’une apparente évidence de la chose portée par sa diffusion inhabituellement rapide et l’adhésion qu’elle rencontre.

il n'est donc pas étonnant que dans cette décennie où le « courant communisateur » a traversé en comète la sphère (semi-)publique, on retrouve aux deux bouts, de la part de ceux qui partagent la base de la fin du programmatisme ouvrier, la mise en cause de sa thèse centrale prétendant évacuer toutes les autres voies d'une révolution communiste. Quand je dis "voies" ce n'est pas pour en privilégier une parmi d'autres, mais pour explorer comment s'articulent celles qui se présentent dans le monde actuel comme autant de situations particulières ayant en commun la perspective de dépassement du capitalisme

on aura compris qu'aucun des corpus théoriques existants - du moins que je connaisse - ne me satisfait entièrement, que je prends à Negri en minimisant le rôle attribué au capital cognitif (à vrai dire atténué dans Commonwealth mais fascinant encore Moulier-Boutang et ses ami·e·s de Multitude), à Federici* tout en considérant son absence de prise en compte de la violence et sa critique de Negri fondée sur des thèses qu'il a dépassées...

* reconnaissons à Federici de ne pas se prétendre théoricienne de la révolution, ce qui rendrait vain de lui reprocher de « ne pas produire théoriquement la révolution ». Laissons ça à TC et d'autres, quand le temps aura passé de l'usage intéressé qu'ils en font et qu'ils engageront la polémique

le communisme : un processus de transformation qui doit se porter à la hauteur du capital

bref, explorer les voies du communisme, c'est d'abord considérer que le processus révolutionnaire ne peut émerger et surtout emporter la victoire que s'il engage une majorité de la population mondiale d'une façon ou d'une autre, cela non seulement à partir d'éléments qui surgiraient dans la crise avancée du capital, mais sur la base même de ce qu'il a produit et tranformé dans les rapports sociaux et le rapport social à la nature. Je constate que la plupart des thèses communistes radicales ne le font pas, et tendent toujours à mettre en avant une identité révolutionnaire de sujets qui ne se définiraient pas selon leur être social, mais selon leurs idéaux communistes, ce que firent in fine les membres (sic) du « courant communisateur » (en ce sens TC relève de l'activisme-théorique complément de l'activisme immédiatiste avec et contre lequel il a polémiqué, c'est-à-dire d'un gauchisme commun qui prend ses désirs pour des réalités et son existence pour importante qualitativement)

c'est pour souligner cette nécessité historique, le problème du quantitatif dans le qualitatif si dédaigné par la plupart des supposés 'dialecticiens', que j'ai placé en exergue de la rubrique le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques, luttes 'théorisantes' cette citation de Marx, où l'on est prié de ne pas prendre au sens du 19ème siècle « les forces productives »

« Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.» Karl Marx Critique de l'économie politique 1859

si je porte un tel intérêt à Negri, au-delà de reproches sérieux, c'est pour sa focale très large sur la totalité du système-monde capitaliste, et sa redéfinition, avec 'la multitude', de ce qu'est la classe de son abolition, et ceci sur une base de classe dans les rapports sociaux de production et reproduction. Peut-être qu'il le fait mal, mais qui d'autre à un tel niveau de cohérence ?

le mouvement du communisme produit sa philosophie, la révolution la réalise

hé bien, en toute immodestie je pense contribuer à la perception de cette critique de la totalité, et l'ampleur de la tâche suppose précisément de ne pas l'enfermer dans un corpus théorique séparé. Si ma contribution ne s'élabore pas en formulation théorique, c'est parce que je prends soin de prendre le cours du capital, et des luttes contre lui, au point où elles en sont de se chercher un dénominateur commun

la théorie ne saurait aller au-delà de sa base dans les rapports sociaux, base largement outrepassée par Théorie Communiste et d'une façon générale par nombre de rêveurs radicaux. Je comprends que ce soit moins séduisant qu'un corpus bien ficelé, mais aussi moins susceptible d'être suivi ou déformé à souhait : chacun·e est convié·e à faire marcher sa tête. C'est ainsi que je conçois l'intelligence critique et la subjectivation communiste au niveau individuel, pas comme un rapport militant à la théorie-guide

« ceux qui ne savent plus rien faire que remâcher le caca des autres, ils sont déjà morts » Jean Meckert (Jean Amila) Comme un écho errant 1986 p. 164

le communisme comme processus diversifié produit dans ses combats la philosophie qu'il réalisera dans la révolution. Et pour l'heure aucun philosophe ou théoricien ne l'a formulée de façon satisfaisante à mon goût. C'est ainsi que l'on pourrait dire de la philosophie de la révolution ce que Jean Meckert écrivait de sa sœur

« Elle avait le défaut des tempéraments riches, elle brouillait, ouvrait des portes et partait sans les refermer, mais c'était le contraire de l'incohérence, elle savait très bien où elle allait. » id. p. 160

l'œuvre de Jean Meckert/Jean Amila (d'abord Amilanar) est de celles que j'ai presque intégralement lues, dès les années 70 où l'on ne trouvait ses livres que chez les bouquinistes et dans les bibliothèques. Ces dernières années sont republiés ses livres non 'policiers' des années 40 sous divers pseudonymes. Pour les uns et les autres et par-delà ses hauts et bas, Meckert est un de mes auteurs français préférés, parce qu'un des seuls qui entende quelque chose au milieu ouvrier ou prolétaire qui fut le sien, bien davantage que ses héritiers du néo-polar français, de Manchette à Daeninckx en passant par Fajardie et Jonquet, seul le premier ayant la taille d'un grand écrivain, mais pas prolétarien pour deux sous

critique du 'courant communisateur' 2014

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19 mai

Théorie Communiste : « achever la 'prolétarisation' des paysans ruinés du tiers-monde » ? Les communisateurs veulent-ils parachever le travail du  capital avant de l'abolir ?

« La gratuité, l’absence complète de comptabilité de quoi que ce soit, est l’axe autour duquel la communauté révolutionnaire se construit, seule la gratuité peut permettre de rassembler toutes les couches sociales non directement prolétaires qui se délitent dans l’hyper crise, et ainsi d’intégrer/abolir les individus non directement prolétaires, tous les « sans-réserve » (y compris ceux que l’activité révolutionnaire aura réduits à cette condition), les chômeurs, les paysans ruinés du « tiers monde », les masses de l’économie informelle. Il s’agit de dissoudre ces masses en tant que couches moyennes, en tant que paysans, de briser les relations de dépendance personnelle entre « patrons » et « salariés » ou la situation de « petit producteur indépendant » à l’intérieur de l’économie informelle, en prenant des mesures communistes concrètes qui contraignent toutes ces couches à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire achever leur "prolétarisation" » Bernard Lyon Communisation vs socialisation. Le pas suspendu de la communisation juin 2009

l'implication réciproque absolue, une utopie communiste ou capitaliste ?

« Il s'agit tout d'abord, pour le Capital en marche vers son utopie, mais en crise, de transformer l'humanité réelle en une espèce qui lui soit enfin pleinement adéquate, et rien d'autre. Cela signifie tenter d'achever sa prolétarisation forcée de ses servants, pour en faire une seule et unique masse de réserve mondiale, uniformément disponible. Mais aussi, utopie oblige, dresser haut la statue de ce zombi, afin que tous ne rêvent que de cet Homme nouveau, et se précipitent d'eux-mêmes vers l'avenir radieux enfin promis... » Homo œconomicus, Le Communisme de marché, de l'utopie marxiste à l'utopie mondialiste, Flora Montcorbier 2000 p.125 [en laissant à l'auteure la responsabilité de son titre]

pourquoi vouloir prolétariser dans la communisation ceux qui ne l'ont pas encore été par le capital et qui se battent pour ne pas l'être ? Sur quels critères seraient-ils moins potentiellement révolutionnaires que les « vrais prolétaires », dont on ne sait plus très bien qui ils sont, au-delà des « travailleurs productifs », dont les luttes indiquent massivement jusque-là qu'ils veulent plutôt conserver leur boulot et leurs usines, quitte à auto-gérer la pollution  ? Les paysans ne sont-ils pas, « dans un rapport au capital social » différent mais non moins « situation objective »,  des travailleurs re-productifs ?

« si chaque prolétaire à un rapport formellement identique à son capital particulier, il n’a pas, selon qu’il est un travailleur productif ou non, le même rapport au capital social (il ne s’agit pas de conscience, mais d’une situation objective). S’il n’y avait pas, au centre de la lutte des classes, la contradiction que représente le travail productif, pour le mode de production capitaliste et pour le prolétariat, nous ne pourrions pas parler de révolution (elle serait quelque chose d’exogène au mode de production, au mieux une utopie, au pire rien).» Roland Simon le plancher de verre

encore une fois, ayant défini de façon étroite la totalité du mode de production capitaliste - pourtant dit en «subsomption réelle » - ce qui n'entre pas dans cette définition structuraliste ne peut être qu'« exogène »

la séparation entre les prolétaires productifs et les paysans est devenue le plancher de terre de la théorie communiste

la plupart des théoriciens communistes sont, en Occident, des urbains. Au-delà de porter des slips fabriqués dans les usines du monde, se nourrissent-ils de concepts ?

dans le plancher de terre : paysannerie, capitalisme ou révolution du commun ?

 

1er mai 2014

la communisation orpheline de  sa théorie dans critique du 'courant communisateur'

« Se laisser prendre aux reflets est le risque professionnel que courent tous ceux qui portent les lumières. Eux aussi revendiquent un soutien. Même eux, ceux dont leurs fonctions d'enseignant font des handicapés de l'apprentissage, comprendront tôt ou tard la nécessité de la formation permanente. » Peter Sloterdijk, Le Palais de cristal / À l'intérieur du capitalisme planétaire, 2005, p. 376

Théorie Communiste : où en sommes-nous dans la crise ? une séquence particulière dndf 30 avril

« Moi du moins je crierai cet amour que je dis
Dans la nuit on voit mieux les fleurs de l’incendie

Je crierai je crierai dans la ville qui brûle
A faire chavirer des toits les somnambules

Je crierai mon amour comme le matin tôt
Le rémouleur passant chantant Couteaux Couteaux »

La nuit de Dunkerque, Aragon 1942 Les yeux d'Elsa

critique du 'courant communisateur' 2014 

en 2012, j'écrivais « que TC comportait plusieurs "sous-théories" - dont une critique du capitalisme contemporain et une théorie de la révolution communiste -, que les concepts de programmatisme, restructuration, implication réciproque (dans certaines limites), démocratisme radical... en tant qu'ils participent d'une critique pertinente du capitalisme quasi indépendamment d'une perspective communisatrice, sont à distinguer de ces concepts-leurres que je pointe relativement à la dimension théorie de la révolution et à son fonctionnement idéologique bétonnant son noyau dur - structuré  comme un inconscient. Je considère que la partie théorie de la révolution est massivement une théorie du manque révolutionnaire, construite sur l'articulation entre concepts-leurres dont j'ai parlé et des concepts proprement nécessaires à l'analyse du présent

en sabordant la revue SIC, Théorie Communiste reconnaissait sans le dire la pertinence de cette remarque, faisait deux pas en arrière après le faux pas en avant de l'écart, et se réfugiait dans le concept de conjoncture qui à la fois relève d'une évidence et se distingue par sa vacuité relayant celle de l'angle mort

la cohérence perdue d'une théorie communiste

ce dernier texte (résumé d'un plus long) entérine le fossé théorique entre la critique du capital selon TC et l'élaboration d'une théorie de la révolution communiste articulée sur elle, la communisation. Le texte est comme toujours séduisant en ce qu'il semble proposer une vision totale du moment présent, ici « une séquence particulière de la lutte des classes débutant autour de 2010 et dans laquelle nous nous trouvons actuellement ». De fait les critères d'observation et d'analyse étant les mêmes depuis une dizaine d'année et plus, cela peut satisfaire qui ne voit pas combien cette vision est partielle au point de laisser dans l'ombre des caractéristiques majeures des rapports sociaux contemporains, tant dans l'exploitation/dominations que dans les luttes. Je n'y reviens pas puisque ce site en donne de larges aperçus

optique étique

quant cette «séquence actuelle » est caractérisée «surtout » par le fait que « le champ de la lutte des classes s’élargit du rapport salarial à la société salariale », on se demande où sont passés ceux qui n'ont pas accès au rapport salarial, les « Nègres » au-delà de la race selon Achille Mbembe. On se demande ce qu'est devenu le « précariat définissant le salariat ». Mais on l'a vu, la question du racisme n'est pour TC qu'un épiphénomène utile, comme le confirme le passage sur la racialisation uniquement considérée dans son rapport à l'Etat-Nation, d'un point de vue occidental toujours aussi centré

critique du 'courant communisateur' 2014 Cuisine,  1580 Vincenzo Campi

de même la question du genre n'est abordée que dans un passage sur « la famille, rempart du peuple et de « l’authenticité humaine » contre l’individualisme, contre les élites et les experts de l’éducation, de l’alimentation, de la sexualité, etc.». On se demande de quels peuples et de quelles familles il est question, autres que ceux qui existent encore, et ce que sont devenus les migrant·e· s auxquels s'intéressait le précédent texte de TC sur la crise

1er mai dernière messe : faite du travail productif

ce texte paraît même régressif quant à la place accordée au supposés travailleurs productifs dans la subsomption réelle du capital, et aux considérations fondées sur la notion vague de classe moyenne et le fourre-tout d'interclassisme. L'articulation des deux, travail productif et interclassisme, donne un coup de vieux à ces thèses dont une contradiction interne est l'utilisation de repères marxistes traditionnels pour analyser un moment présent du capitalisme qui n'est plus exclusivement fondé sur eux

« Dans cette nécessité pour la classe capitaliste de s’attaquer au cœur du problème apparaît la question centrale du travail productif.
Si chaque prolétaire à un rapport formellement identique à son capital particulier, il n’a pas selon qu’il est un travailleur productif ou non le même rapport au capital social (il ne s’agit pas de conscience mais d’une situation objective)

le diable par la queue

critique du 'courant communisateur' 2014

passons sur la considération du travail productif à partir de chaque prolétaire... qui relève d'une ignorance complète du fonctionnement de la production, une erreur que même le PCF ne faisait plus dans les  années 70 (Jean Lojkine entre autres). Plus que post-prolétarienne, cette théorie est ouvrière-post-ouvrière, ce qui n'est pas son moindre paradoxe, mais trouvait jusque-là sa cohérence dans le report au moment communisateur de l'identité de classe retrouvée dans le processus de son abolition. Cette thèse n'a plus rien sur quoi s'appuyer, et c'est pourquoi le discours de TC n'est plus que l'ombre projetée de sa thèse centrale, alors que se sont éteints, dans la séquence actuelle, les quelques rayons de soleil des luttes aux limites produisant un écart, « l'appartenance de classe comme contrainte extérieure »

autrement dit, l'analyse du capital par TC est surtout la rétro-projection sur le moment présent d'une conception de la révolution qui ne peut plus s'appuyer sur l'observation de ce moment selon ce critère de l'écart. Ce qui dans cette théorie était un raisonnement par l'absurde est devenu un raisonnement absurde

auto-conjuration : terrasser ses propres démons

critique du 'courant communisateur' 2014

Roland Simon n'ayant plus de « proches » sur qui il « aime bien taper », il ne lui reste plus qu'à réveiller ses vieux démons, l'extériorité de la lutte contre le capital et l'utopie humaniste (la rage n'est plus qu'entre parenthèse) :

« S’il n’y avait pas, au centre de la lutte des classes, la contradiction que représente le travail productif, pour le mode de production capitaliste c’est-à-dire aussi pour le prolétariat, nous ne pourrions pas parler de révolution (elle serait quelque chose d’exogène au mode de production, au mieux une utopie humaniste, au pire rien) »

mais qui parle d'extériorité des luttes d'abolition ? en tous cas pas Negri et Hardt ou Silvia Federici dont les points d'appuis sont bien plus concrètement que ceux de TC au sein des mutations du capitalisme contemporain. Quand on regarde le monde par le petit bout de sa lorgnette, et qu'on prend la partie pour le tout, il est normal de considérer comme extérieur ce qui ne tombe pas sous son regard

et qui fonde une théorie de la révolution sur un humanisme qui serait coupé des rapports sociaux contradictoires du capital ? pas même Temps Critiques puisque sa « révolution à titre humain » ne pose pas l'humain au départ, mais comme visée, et s'appuie pour le faire sur rien d'autre que le même monde réel que celui de Théorie Communiste, avec plus d'importance accordée à la subjectivité, dont on a le sentiment (sic) qu'elle n'existe pas plus pour TC que la nature même capitalisée, comme un rapport de la plus haute importance quant à la subjectivation révolutionnaire

pas de sujet, pas de révolution

mais de subjectivation révolutionnaire, Roland Simon ne parle pas, tout simplement parce que refusant de considérer les luttes actuelles en ce qu'elles sont théorisantes loin de sa théorie, il n'a rien sur quoi l'appuyer : la communisation est orpheline de sa théorie

et comme RS « n'est pas con », il envisage quand même, dans un « épilogue laconique » son échec théorique : « Nous sommes actuellement loin de la visibilité croissante et immédiate des contradictions de classes et de genre et de leur liaison avec la révolution et le communisme »

mais comme « ceux qui portent les lumières [de TC] eux aussi revendiquent un soutien », il ne faut pas désespérer le « courant communisteur » et pour celà, encore organiser une réunion de discussion en un lieu où ils ne manqueront pas de rencontrer surtout ceux qui portaient (on ne les entend plus) « le devenir idéologie parmi d’autres de la « théorie de la communisation » tant comme slogan que comme passeport académique [qui] plane sur nos têtes fragiles »

critique du 'courant communisateur' 2014
critique du 'courant communisateur' 2014
critique du 'courant communisateur' 2014

principe espérance ?

Théorie Communiste n'a jamais manqué de « comprendre la nécessité de la formation permanente ». Pour vérifier si la Chine et l'Asie du Sud-Est sont bien le « maillon faible de ce monde »TC se propose « là un tout autre travail à poursuivre ». Rien ne laisse espérer qu'il serait conduit avec d'autres critères que ceux usés de son corpus et de sa méthode

critique du 'courant communisateur' 2014 défense d'y voir un excès de sexe

épilogue lacanique

il va falloir ne pas attendre

critique du 'courant communisateur' 2014 Germaine Bouret

6 avril 2014 7 avril 08:08

à propos de Valeur et luttes de classes chapitre 8 de l'abolition de la valeur Bruno Astarian

concernant les chapitres précédents de ce 'feuilleton' de ce théoricien de la communisation, j'avais estimé que le plus dur était à venir. C'est un point sur lequel je suis d'autant moins déçu que je ne n'attendais pas grand chose. On pouvait se demander, dès le départ, pourquoi ce travail était centré sur « l'abolition de la valeur ». La conclusion nous éclaire : « le prolétariat ne lutte pas tant contre la valeur que contre le capital.»  

« Le chapitre 8 cherche à comprendre l’impact de la lutte des classes sur la valeur, et en particulier celui de l’activité du prolétariat. On verra qu’il faut alors distinguer entre le cours quotidien de la lutte de résistance du prolétariat à l’exploitation capitaliste et les phases insurrectionnelles où se pose la question de la possibilité du communisme. On concluera que le prolétariat ne lutte pas tant contre la valeur que contre le capital.»

critique du 'courant communisateur' 2014 le penseur, Guérineau

peu avant, l'auteur avait affirmé : « Dans la sphère de la production, la loi de la valeur ne s’impose au travailleur que comme loi de la valorisation, c’est-à-dire loi du capital. » (8.1.2), « Encore une fois, le prolétaire ne connaît pas la loi de la valeur, mais seulement celle du capital » (8.1.2.2)

chemin faisant, la critique aura certes été incisive contre tous ceux qui mettent la question de la valeur au centre de l'affrontement de classe (Postone, Wertkritik... pour partie Léon de Mattis), mais selon moi, cet ancrage théorique n'est pas rédhibitoire, les considérations sur les luttes y étant tout aussi variables que dans d'autres théorisations du capital - ce qui montre par l'absurde leurs limites communes. Ces débats théoriciens ne concernent plus que les centrifugeurs abstraits des voies concrètes du communisme, les possibles réels ancrés dans le présent tant négativement que positivement

en clair, ce qui pour moi distingue les différentes théories révolutionnaires du communisme n'est pas qu'elles soient fondées ou non sur la valeur comme contradiction essentielle, mais qu'elles soient capables de prendre en compte la diversité des luttes actuelles autour de la notions de 'communs', d'un point de vue défensif ou offensif

pour revenir à Astarian, en résumé : « Le rapport entre prolétariat et capital est un affrontement perpétuel. Il prend des formes différentes selon qu’on envisage le cours quotidien de la lutte des classes, où la présupposition réciproque des classes est reproduite, ou le soulèvement insurrectionnel où cette présupposition réciproque tourne à l’affrontement pur. Dans les deux cas, la contradiction se situe entre le prolétariat et le capital. La valeur n’est pas un des pôles de la contradiction qui reproduit les classes. La loi que le prolétariat doit abolir, ce n’est pas la loi de la valeur, mais la loi du capital. Ce faisant, il dépassera la valeur dans le même mouvement. Dans son combat insurrectionnel contre le capital, le prolétariat donne aux éléments qu’il arrache à la propriété capitaliste la forme sociale de la non-valeur.»

la non-valeur, un concept à suivre

l'élément le plus novateur de ce texte est sans doute l'invention de ce concept, forme sociale de non-valeur, (8.3.3 : Prise de possession et non-valorisation... 8.3.3.3 Insurrection et forme non-valeur)

pour le reste, c'est-à-dire pour le tout de la conception insurrectionnaliste de la révolution selon Bruno Astarian, on ne sort pas de la vision ancienne, du paradigme binaire de la lutte de classe, de la quasi absence de réflexion sur la reproduction (et partant sur le genre et les autres dominations essentielles). On ne sait pas trop de quelle époque est le capitalisme dont nous parle Bruno Astarian, un peu de toutes semble-t-il, et plutôt porté à l'invariance, comme si la restructuration n'était pas passée par là, comme si la globalisation n'appelait pas davantage de complexité que ce schéma du chemin unique vers l'insurrection au singulier, pour tous et partout rabattu sur des généralités théoriques abstraites 8.3.2.3 – L’insurrection comme rapport social

si le concept de non-valeur est intéressant, pourquoi ne serait-il produit que par la forme insurrectionnelle, dans le classique (marxien) affrontement de classe entre capital et prolétariat (notion de plus en plus floue et non creusée ici relativement aux classes non productives, mais essentiellement reproductives du capital comme tout) ? Comme nous l'avons vu, cette forme est loin d'être le seul rapport social susceptible de 'défaire' les rapports capitalistes les communismes comme combats : réflexions et luttes pour la révolution (au-delà de l'anti-capitalisme)

l'essentiel de la déconstruction du concept de 'communisation', que j'ai accomplie en partant essentiellement de Théorie Communiste, vaut a fortiori concernant Bruno Astarian. La faiblesse concrète du raisonnement relativement au monde contemporain, l'angle socialement et géographiquement limité des exemples donnés (Occident et Afrique du Nord), tout cela s'inscrit dans ce que j'ai appelé le théorisme, avec un schématisme qui projette sur les rapports sociaux des a priori théoriques quant au devenir strictement insurrectionnel de la lutte de classes, à valeur universelle pour un communisme à voie unique dont rien ne dit de quoi il sera positivement fait...

critique du 'courant communisateur' 2014 Dispute des philosophes Filippo Vitale, vers 1635

dès 2006 avec Communisation Troisième Courant, je soulignais qu'il convenait de considérer l'implication réciproque réelle dans toutes les dimensions générées par le capitalisme en subsomption réelle,: « C'est cette activité qui libère des qualités individuelles sociales et psychologiques déjà présentes dans les relations inter-individuelles bridées au sein du capital ou dans les différents niveaux de rapports évoqués aux points précédents : il y a en plusieurs points une dynamique d'affrontements et des limites indépassables dans le capital. Il s'agit d'une multiplicité de dépassements à produire dans leurs spécificités, comme dans leur unité au sein de l'implication réciproque réelle comme tout, et dans l'essentialité de sa dimension de classe. Bien sûr, cela ne doit pas être entendu comme "les femmes liquident le patriarcat", "les hommes « de couleur » le racisme" etc. Rapporté à l'individu singulier, c'est sa propre multiplicité d'appartenances aliénées car identitaires qui doivent être dépassées, y compris subjectivement sa qualité de prolétaire

mais que faire d'une 'implication réciproque caricaturée, rapportée à sa 'structure', dans une dialectique ignorant les rapports négatif/positif, destruction/construction, qualitatif/quantitatif, dimensions locales et globales dans la relation temps/espaces, nouvelles formes et des relations de travail et de celles des luttes... (de ce point de vue, Hardt et Negri, dans CommonWealth sont d'une intelligence historique  du présent paradoxalement plus dialectique, en particulier sur le problème de la transition, non sans accents 'communisateurs', mais cela tient à la pertinence confirmée de certaines de leurs concepts quant au monde actuel)

Bruno Astarian pouvait représenter, dans le 'courant communisateur', un contrepoids aux thèses de Théorie Communiste, mais il ressort qu'il n'est qu'une variante du même paradigme post-prolétarien, prolétarien à l'ancienne, classe ouvrière comme pur sujet (8.3.2.2 – Apparition fugitive du pur sujet), et qui plus est ignorant des questions de genre, de race, d'environnement...

bref, ça tourne en rond autour du même, dans un monde de la pensée arrêtée

critique du 'courant communisateur' 2014 Penseur et ruban de Moëbius, Hervé Delamarre

il se confirme que ces théoriciens sont ni plus ni moins otages de leur fantasme d'un renversement du programmatisme ouvrier en communisation - sur les mêmes fondements théoriques réducteurs et dépassés -, des théoriciens vieillissant qui continuent sur la lancée de leurs jeunesses françaises des années 68-75

le label 'communisation' est désormais le marqueur commun de théories qui ne peuvent plus évoluer qu'en s'enlisant, ou en sortir en se reniant comme 'communisatrices'

ne m'intéresse plus, le cas échéant, que cet échappement du 'courant communisteur'

critique du 'courant communisateur' 2014 Democrite, le philosophe rieur Johan Moreelse, vers 1630

31 mars  16:09

communisation vs communs => communismes dans critique du 'courant communisateur'

quel changement de paradigme révolutionnaire ?

dans mon cheminement, la communisation cesse d'être la référence négative par laquelle j'ai reconstruit ma compréhension de la perspective communiste. Cette référence n'avait rien d'absolue, rien d'une nécessité objective quant à l'influence sociale de ce courant théorique. Sa critique n'a eu d'utilité que pour moi, éventuellement des 'camarades' s'y référant et prenant conscience de cette impasse théorique. Ce n'est pas ma victoire sur eux mais leur défaite par eux

cette vidéo aussi pour signifier un regret, ne pas comprendre entre autres l'espagnol et le portugais, et de ce fait limiter le champ des références au français et à l'anglais, ce qui se fait sentir dans la fréquentation du site, certes une cinquantaine de pays sur tous les continents, mais peu en Amériques latines

comme le disait Lobo dans un commentaire de dndf « les théoriciens de la communisation pourraient dire exactement le contraire de ce qu’ils disent, qu’il faut absolument un programme révolutionnaire, une période de transition, l’autogestion des centrales nucléaires, une juste mais ferme domination masculine, etc. que ça n’aurait pas non plus la moindre conséquence », dans la mesure où « toute théorie qui ne subit pas le baptême du feu de la pratique, comme, inversement, toute pratique qui n’effectue pas de retour réflexif, est condamnée à la folie. À la folie de l’auto-engendrement. Et, comme je l’ai dit au début, elle peut se déployer autant qu’elle le voudra, elle ne tire pas à conséquence. Et ça, c’est terrible : ne pas tirer à conséquence. Autant en emporte le vent ? »

la critique que j'en ai faite a été systématique, articulant et déconstruisant la cohérence formes-contenus du corpus de Théorie Communiste, et par suite le paradigme même de la communisation comme stricte immédiateté de la révolution, c'est-à-dire in fine le caractère religieux, idéaliste, d'une théorie de l'attente plus que de l'activité, du communisme comme mouvement et combat

cette théorie a révélé son idéalisme pré-marxiste, son caractère d'utopie. En prenant ses rêves pour la réalité, elle n'a fait que projeter sur le présent l'idée qu'elle se faisait de la révolution plus tard, dans une simple inversion de la révolution selon le programme ouvrier. Le moment actuel du capitalisme n'a été observé qu'à partir de la thèse d'une lutte finale dont le processus était annoncé pour plus tard. Aucune lutte ne s'est référée à la visée communisatrice, pas même celles, 'théoriciennes', sur lesquelles celle-ci prétendait s'appuyer : celles-ci ne sont que luttes désespérées pour la survie dans le système capitaliste. De ce fait, ont été laissées de côté, taxées d'immédiatistes, d'ex-communistes, de contre-révolutionnaires, une part décisive des luttes constituant aujourd'hui l'antagonisme capital-prolétariat, dont il ne s'agit pas non plus d'exclure les émeutes et insurrections

cette théorie de la communisation a produit de tels comportements militants, désignant comme adversaires tous ceux qui ne s'y retrouvent pas, que la question pourrait être posée, si elle portait à conséquance : pour qui roulait-elle ?

l'«annonce» du «préviseur» à partir des «écarts» affrontant les «limites» pour «franchir le pas» s'est avérée promesse révolutionnaire reportée à l'horizon d'une crise globale, alors que celle-ci est déjà là, générant partout dans le monde une profonde transformation des formes et contenus des luttes, sur plusieurs fronts, qu'il s'agit de relier en subjectivation, le ciment de cet en-commun étant les communs au cœur du projet communiste

je poursuivrai la réflexion autour de ce changement de paradigme révolutionnaire, avec le regard nouveau à porter sur ce qu'est le prolétariat d'aujourd'hui, qui n'est plus dans le capitalisme global structuré autour du noyau de la classe ouvrière, mais de ceux d'en bas. Ils ne sont plus ceux qui n'auraient rien s'ils ne travaillaient pas pour le capital - c'est aussi confondre misère et pauvreté, celle-ci étant tout sauf dépourvue de puissance contre ou en dehors du capital

il ne s'agit pas d'abandonner le concept de la lutte de classes, mais de changer celui des luttes et celui de la classe des abolitions

qui dit subjectivation pour un en-commun suppose, de la part des militants définis par leurs identités de parti ou de référence organisationnelle, de les dépasser pour se percevoir comme éléments d'un mouvement communiste qui excède les catégories de langages et d'engagements dans telle ou telle forme de lutte considérée comme plus révolutionnaire que d'autres, sur d'autres lignes de fronts ou d'autres lieux du tout-monde

sauf à faire obstacle au processus de subjectivation révolutionnaire, cette auto-transformation de la posture théorique ou militante doit se comprendre comme une partie seulement d'un tout des luttes que mènent sans étiquettes les prolétaires, femmes, racisés pour dépasser leurs 'différences' sur la base de leurs différences, sortir de l'enfermement dans des communautarismes de luttes qui participent de la segmentation du prolétariat de la pauvreté, qu'il soit ouvrier, précaire ou sans emploi, féminin, migrant, paysan, etc.

25 mars

- des réflexions sur la communisation (André Dréan, 2012), de fait une critique approfondie des thèses de Théorie Communiste et de ce qui en a résulté avec SIC. Cette critique comporte de nombreux éléments montrant à l'idée de révolution sans transition (au centre du concept de communisation) une genèse historique qui semble oubliée par les 'communisateurs', même si l'auteur tend à négliger le nouveau de la restructuration du capital depuis 40 ans. Du côté de la vacuité des éléments autour desquels se structure la 'théorie de la communisation', cette critique recoupe très largement la mienne

plus largement, des textes en français et en anglais sur le site dialectical delinquents : « délinquants dialectiques, une contribution à la destruction de cette société stupide, triste, malade … “prenant la violence des délinquants sur le plan des idées” … oubliez V pour Vendetta – voici D pour dialectique et... D for delinquent »

critique du 'courant communisateur' 2014

n'ayant pas tout lu, je signale ces quelques textes traduisant une convergences avec les idées qui se sont construites ici au fil des derniers mois

- dans nouvelles d'opposition (le présent) une remarquable recension de luttes dans le monde entre octobre 2013 et janvier 2014, qui n'est pas sans recouper, dans une forme plus sobre, le travail que j'ai fait ici

- des réflexions sur la communisation (André Dréan, 2012), de fait une critique approfondie des thèses de Théorie Communiste et de ce qui en a résulté avec SIC. Cette critique comporte de nombreux éléments montrant à l'idée de révolution sans transition (au centre du concept de communisation) une genèse historique qui semble oubliée par les 'communisateurs', même si l'auteur tend à négliger le nouveau de la restructuration du capital depuis 40 ans. Du côté de la vacuité des éléments autour desquels se structure la 'théorie de la communisation', cette critique recoupe très largement la mienne. Versé à critique du 'courant communisateur'

- une critique du post-anarchisme stimulante, dont voici la chute, dans laquelle je mets en valeur des éléments de convergence, au langage près

à retenir donc, l'idée d'une nécessaire multiplicité des formes autour d'un contenu de rupture, et celle de combats au présent qui, pour ne pas constituer en eux-mêmes la rupture, en sont les éléments positivement fondateurs sans lesquels il est vain de fantasmer sur un imaginaire révolutionnaire qui se déploierait aux beaux jours venus de la 'communisation' selon sa vulgate técéiste

- les fils effilochés de l’amitié (2012, traduction 2014)

les idées de ce texte recoupent celles que j'ai de longue date émise d'une façon assez générale, quant à « la nécessité de rompre », l'impossibilité de maintenir des 'amitiés' longues et anciennes, quand elles ne reposent plus sur un communauté de vues quant à l'essentiel à quoi nous sommes confrontés. La poursuite de ces relations entretient alors par habitude une fausse amitié, au prix de l'évacuation de tout ce qui nuit à la bonne entente, dans laquelle personne reste lui-même celui qui fuit les problèmes de ce monde au lieu de les affronter y compris en ce qui le concerne. Qui les pose et tente de le faire devient alors un emmerdeur, un empêcheur des « bons moments que nous passons ensemble », et lui ne peut plus les vivre qu'en singeant celui qu'on attend encore comme un «ami de trente ans»

on y retrouvera également ce que j'ai écrit au sujet du sectarisme de groupe et des identités 'révolutionnaires' auto-satisfaites, sous les '-ismes' divers et variés qui se caractérisent surtout par leur incapacité, voire les obstacles, à toute construction concrète d'un en-commun

12 mars

à partir de Tarnac : une erreur du 'courant communisateur' et un enjeu essentiel pour la subjectivation révolutionnaire

D’où vient la Terreur ?
 
Les défenseurs de ce monde se sont sentis menacés non par  les théorisations révolutionnaires des gens de Tarnac – qu’ils ont utilisées pour justifier la répression - mais par leur mode de vie, leur approche  d’une communauté humaine.  Ceux-ci ont en effet assuré une belle convivialité dans le village où ils vivaient comme le confirment  les gens du pays et des journalistes. Les divers tenanciers du pouvoir, à quelque échelon qu'ils soient, ont eu devant ce fait,  la même réaction que la personne anonyme qui écrivit ceci à Louise Michel : «Je voudrais vous voir attachée à un poteau et vous faire souffrir, mais j’espère bien qu’on vous fera pire que la torture car cela m’est odieux de vous entendre dire que tout le monde peut être heureux».

Cela remet en cause tout ce qu'ils ont vécu pour recouvrir le fait d'avoir dû abandonner toute naturalité, d'avoir dû être domestiqués, réprimés. Cela leur est insupportable que des hommes, des femmes osent vivre ce que, jadis, ils auraient aimé vivre, réactivant la terreur et la menace  qu'ils vécurent du fait de ne pas être acceptés et de devoir se plier à un mécanisme infernal qu'ils réactualisent aujourd’hui en proclamant que ceux de Tarnac les menacent et, pour se justifier, ajoutent qu'ils menacent tout le pays. Mais cette terreur est en eux, et ce n'est pas en la déléguant à d'autres qu'ils pourront résoudre leur immense inquiétude, la hantise de la menace.

Les gens du pouvoir ont toujours essayé de manipuler la terreur afin de chasser ce qui les hante et qu'ils n'atteignent jamais. En dépit des massacres perpétrés au cours de millénaires, ils ne se sont jamais sauvés parce qu'ils ne parvinrent jamais à percevoir que l'ennemi est en eux et, que pour sortir de l'enfermement où ils se trouvent, ils doivent ressentir qu'il n'y a pas d'ennemis.
 
Jacques Camatte Invariance 4 décembre 2008

critique du 'courant communisateur' 2014

j'ai un ennemi principal, les dirigeants capitalistes et leurs valets politiques, gestionnaires et policiers

je ne partage pas l'avis de Jacques Camatte, concernant la chute de cette intervention. Les «gens de pouvoir» ont certes une part ennemie en eux-mêmes, mais avant qu'ils en prennent conscience et s'en défasse, ils continueront à considérer que l'ennemi, c'est la population sur laquelle ils exercent leur pouvoir pour en tirer profit. Faut pas rêver qu'ils "quittent ce monde" d'eux-mêmes. Par contre, il existe un enjeu de ce type concernant les couches moyennes particulièrement celles d'encadrement, selon qu'elles sont disposées à rejoindre les intérêts de "ceux d'en-bas", ou qu'elles s'accrochent à ce qu'elles croient les leurs aux côtés de "ceux d'en-haut". Mais ce n'est pas ce dont je souhaite parler

une habitude détestable de ne pas répondre aux questions, qui plus est sur son propre blog ou de quelqu'un des siens

à propos de Tarnac, dans un commentaire à « Premières mesures révolutionnaires » d'Éric Hazan et Kano, Roland Simon est intervenu dans un sens que j'ai dit partager. Il a précisé : «La seule question que pose ce texte est celle de son existence, qu’est-ce que ça exprime, qu’est-ce que cela signifie maintenant ? La question ne se posait pas pour "L’insurrection qui vient" quoi qu’on pense du texte.» Blaise a demandé : « Pourquoi est-ce que la question ne se posait pas pour l’IQV ? Merci d’éclairer ma lanterne.é  Pourquoi est-ce que la question ne se posait pas pour l’IQV ? Merci d’éclairer ma lanterne.»

comme à l'accoutumé, RS n'a pas répondu, ni personne des siens, et je ne le ferai pas à sa place, me contentant d'ajouter cette manière méprisante et méprisable à d'autres, dont j'ai parlé comme parfaitement repoussantes non seulement concernant TC, mais pour l'idée même de communisation, bien qu'elle ne soit pas la propriété de ce groupe théoricien

Tarnac, à boire et à manger

ce que j'ai à dire n'entrera pas dans les détails de «l'affaire de Tarnac», que je connais mal et qui n'est pas le plus intéressant ici. Quant aux textes de Coupat, il me faudrait les relire. Je n'étais pas dans le même esprit quand je l'ai fait. Toujours est-il que le style, d'une forte élégance, est marquée d'une origine sociale et d'une posture qui ne sont pas ma tasse de thé même offert par des gens charmants à la campagne. Je doute de sa portée dans les milieux sociaux qui me paraissent les plus en besoin de saisir où est leur intérêt. J'ai peu d'intérêt pour la thématique de «l'insurrection qui vient», qui me paraît à côté de la plaque, alors que les considérations critiques sur l'état des choses sont elles plutôt intéressantes. Que Hazan comme éditeur ait cru pouvoir prolonger personnellement, avec Kamo, le succès de Coupat, me semble d'une forfanterie dont est seul capable qui n'a pas claire conscience de ses limites, de sa médiocrité, de son incompétence et pour finir de son ridicule, qui ne tue point, encore moins dans le Tout Paris 'alternatif'

qui est concerné par la remarque de Camatte ?

ce qui suit sera néanmoins une forme de réponse à la question de Blaise, on l'aura compris avec la citation de Camatte en exergue, dont je partage en gros les deux premiers paragraphes. Mais je pense que cette analyse ne concerne pas seulement «les défenseurs de ce monde». L'enjeu 'théorique', ou idéologique, n'est pas à mon sens où le placent généralement les détracteurs de Coupat, et peut-être pas dans les enjeux qu'ils formulent lui-même. Du moins n'est-ce pas mon analyse dans le contexte de ma position quant aux voies diverses de la communisation

il faut changer de perspective par une approche démultipliant les chemins d'accès à la communisation, qui ne sont pas d'emblée incompatibles, mais autant d'atouts pour le mouvement d'ensemble

une frustration de la mal-vie transposée en sourde envie de ceux qui tentent d'y échapper : un désir de communisme réel ?

au-delà, tous ceux qui sont frustrés par la vie qu'ils mènent, et quelque part, même s'ils n'osent se l'avouer, peuvent légitimement être envieux des choix faits par des gens comme ceux de Tarnac - pas des plus dépourvus quand même, sauf erreur d'information - ou d'autres, soit qu'ils n'en fassent pas une posture révolutionnaire, soit qu'ils relient ce mode de vie à d'autres engagements, religieux voire sectaires, écologistes radicaux, héritiers de Thoreau ou autres. Pour moi, le choix de ce mode de vie est en lui-même plus porteur d'espoir que d'en faire le chemin révolutionnaire par excellence

un symptôme répandu chez les militants notamment marxistes

sont aussi concernés, malheureusement jusqu'à preuve du contraire, ceux qui considèrent les gens de Tarnac ou d'autres dans la même mouvance alternative ayant «quitté ce monde» dans l'erreur ou l'illusion idéologique en tant qu'ils ont fait ce choix de vie. RS a beau dire que ce n'est pas une question de «mode de vie», il ne le connaît pas de l'intérieur, et exprime peu ou prou, comme les communistes traditionnels, un certain dédain envers ceux qui sont partis élever des chèvres dans la Larzac après 68

mais si ce n'était pas chez eux aussi un sourd désir de communisme, d'en connaître l'avant-goût même comme 'canadry dry' en attendant... pourquoi les considéreraient-ils comme dignes d'intérêt ?

en définitive, RS et nombre de «camarades» marxistes de toutes sortes sont allergiques à ces choix qu'ils considèrent peu ou prou anecdotiques en comparaison des luttes ouvrières, bien qu'ils n'en attendent que l'auto-abolition de l'être prolétarien ouvrier au centre de la production de valeur

des mauvaises raisons aux véritables causes

critique du 'courant communisateur' 2014

c'est du moins les raisons qu'ils se donnent et celles qu'ils offrent à lire dans leurs analyses. Mais les causes profondes de leur position sont à mon avis plus près de celles que dit Camatte. Cela les touche si profondément que venant à la surface de leur conscience, ils doivent en souffrir psychiquement, en le reconnaissant ou en le refoulant, c'est ainsi que je le perçois sans faire de la psychanalyse de comptoir à distance

le moins est bien d'entendre cette souffrance, mais n'étant pas psychologue, on n'y peut rien et l'on n'a pas, et moins encore la 'cause' communiste, à en supporter les conséquences. On n'en sort qu'en le voulant, entreprenant de le faire en y mettant du sien. C'est possible à tout âge, le plus gros obstacle étant la raison raisonnante surtout chez les travailleurs intellectuels plus portés à comprendre qu'à sentir

mon impression est recoupée précisément par la teneur des considérations sur le sexe dont RS a cru faire une réponse à mes positions, dans «Le sexe sans excès», et à la perception que j'ai dont RS vit sa propre vie, sa difficulté à aborder toute question par l'individualité, la subjectivité

de ma propre violence

mes premières réactions ont certes été violentes, mais il s'agissait de dire  «non ! c'est inacceptable et ça ne se passera pas comme ça», ce qui n'a peut-être jamais dit clairement face à RS, et pourtant la seule manière de ne pas se prendre les pieds dans sa folie conceptuelle. Je l'avais déjà signifié en 2012, et en privé, et dans un texte public

ensuite, j'en suis venu au fond, sans trop attendre de discussions dans l'immédiat, mais des résultats visibles avec le temps : je ne fais pas de morale, je prône une éthique et je propose un cheminement concret, tel qu'il n'en existe nulle part ailleurs pour la perspective communiste. Je suis beaucoup moins seul que j'en donne l'air, j'ai un feeling pour ces choses-là, une qualité de poète, si l'on permet

discuter dans ces conditions, de quoi et à quoi bon ?

à partir de là, discuter devenait impossible, et j'ai instauré la discussion chez moi avec plus d'efficience que sur un blog où tout se coince, avec moi comme avec d'autres, nonobstant mes défauts que je (re)connais bien

quand je vois la teneur de certaines polémiques entre gens du milieu, je crois être dans la cour de récré d'un lycée de khâgneux (quoi, 2 à 5% d'enfants d'ouvriers ?), avec des échanges de dissertations entre adultes du troisième âge dignes de potaches boutonneux, des poses verbales et rhétoriciennes, de la mauvaise foi, de l'auto-complaisance, de l'intellect, de l'intellect, de l'intellect... À quoi bon et comment discuter dans ces conditions et avec des gens pareils ? de quoi de concret ?

la question n'est pas que les copies soient bonnes ou mauvaises, c'est le principe, la teneur et le langage de leurs dissertations qui instaure un débat entre eux, dans leur bulle, dont sont exclus les autres... et ils font mine de penser que ceux qui les entourent de leurs petits soins sont d'accords, surtout quand ils se taisent : une majorité silencieuse  qui ressemble un peu trop à une autre

une déconnection sociale des intellos issus de l'ultra-gauche mais hors des luttes depuis quarante ans

en laissant de côté ceux qui sont purement et simplement rentrés dans le rang, le pire est que chez les pro-communisme, ça dure depuis quatre ou cinq décennies, et me semble typique du décrochage des intellectuels en général - à l'exception remarquable des intervenants de terrain, sociologues, psychologues...

au delà de formes apparentes, une déconnection des réalités que vivent ceux dont ils parlent, que la plupart connaissent fort mal, et ne sont pas portés à découvrir sur un pied d'égalité, toujours parlant en professeurs derrière une table comme des conférenciers : une véritable coupure sociale entre dominants par le pouvoir des mots et dominés par les discours, quand ils s'en préoccupent encore, alors que ces kilomètres de théorie tombent complètement à plat sur les rapports sociaux : quel rapport avec le communisme ? quelles relations aux luttes chez ceux qui pendant trente ans ont considéré qu'il était inutile d'en être ?

je me suis beaucoup trompé, mais je l'ai fait avec des gens qui se battaient et pas du bout des lèvres, dont pas mal de prolétaires réel·le·s, un bon nombre de femmes, un bon nombre «de couleurs». Et chaque fois que j'ai perçu mes erreurs, j'ai changé, une autre façon d'être fidèle à soi, à un combat aussi

un milieu dans lequel je ne me sens pas à ma place, et dont l'origine majoritaire de couches moyennes ne m'attire pas davantage dans un contexte communisateur que dans la vie

ajouter à ça, dans un fameux CampMeeting sur la communisation, pas l'ombre d'un prolo dont ils font si grands cas, ou d'origine africaine entre autres, sans que ça ne les interpelle nulle part, la 'race' n'étant pas structurelle au capital «soyons prêts à polémiquer bla bla bla». Par contre, toute une faune d'«artistes» ou aspirant à être reconnus comme tels socialement, vaguement déclassés et vaguement anars, le tout créant une «ambiance sympa» sans rapport particulier avec le sujet de la communisation, auquel cela n'apporte strictement rien en discussions, comme le montre ce qui reste sur leurs blogs quand ils s'agitent encore... N'étant pas un boy-scout, je n'avais plus rien à faire dans ces "campMeeting" aux échanges codés, prévisibles quand on les a connus une fois, et sans enjeux réels dans la vie

un manque à guérir

autant dire qu'un manque patent en ressort, d'abord à travers le comportement généralement désagréable des membres de ce groupe, chez lesquels je ne parviens pas à sentir un engagement communiste personnel dépassant l'expression théorique : cela ne me parle pas, et parfois sonne faux

un non-sens pour la production d'une individualité sans médiations de pouvoirs

ensuite c'est un manque pour la réflexion indispensable sur le passage, l'auto-transformation, de l'individualisme, produit par les rapports sociaux et de genres & sexes dans le capitalisme, à l'individualité à produire dans le communisme

tout se passe comme si cette métamorphose ne pouvait être engagée que dans le processus révolutionnaire de rupture lui-même, et pas avant.

une grave erreur préjudiciable à la subjectivation révolutionnaire

d'une part ce n'est pas vrai dans la réalité, ça ne l'a jamais été, c'est infirmé par tous les exemples à tous niveaux de l'échelle sociale, mais particulièrement dans les milieux populaires, pour ce qui nous concerne

d'autre part, pour les raisons que j'ai développées ces derniers jours, penser comme RS et TC, c'est s'interdire toute possibilité de subjectivation révolutionnaire comme processus dialectique psycho-social qui s'invente en situation de lutte ou de survie, dont nous avons de multiples exemples, à quoi également Silvia Federici attache la plus haute importance, ou comme nous l'avons vu Hakim Bey, et donc Jacques Camatte ou ceux de Tarnac comme d'autres camarades ayant participé à Meeting

tel est pris qui croyait prendre

le pire, critiquant «l'individu du capital», et ayant décrété qu'il ne changera pas avant la révolution, est bien que ces «camarades» de TC se comporte au plus près de ce qu'il est, jusque dans leur relations avec les plus «proches»

critique du 'courant communisateur' 2014

de gré ou de force, et face au femmes...

comme quoi, comme disait Marx, «les individus sont toujours partis d'eux-mêmes» dans des conditions sociales déterminées et des rapports sociaux déterminants. Je présume que bien des causes résident dans le milieu social et l'éducation, qui percent à travers tous les masques que l'on se donne, jusqu'à être contraint de les tomber, soit qu'on en ressente le besoin pour vivre mieux avec soi et les autres, soit que les autres vous y amènent, notamment dans les relations entre hommes et femmes, de gré ou de force

nous nous passerons des récalcitrants et de leur trouille de devenir eux-mêmes avec les autres, cette peur de la vraie liberté

quoi qu'il en soit du chemin suivi pour y parvenir, c'est une nécessité pour produire une subjectivation de la communisation, et si ceux qui en sont les promoteurs ne l'entendent pas, ce chemin sera emprunté par d'autres sans eux, et au besoin contre eux

critique du 'courant communisateur' 2014

 

10 mars 2014 21:49

homme blanc d'Occident, ta communisation fout le campsansmeeting

la revue SIC2 en français 

un capitalisme en crise, mais sans femme ni genre, ni reproduction

à noter la sérieuse régression du non-éditorial, caractérisé par l'absence des mots 'femmes', 'genre', 'reproduction', et de toute considération écologique, le tout rapporté à la 'lutte de classe' et à la production, aux considérations habituelles sur les "couches moyennes"... à la fois loin des avancées de Théorie Communiste, ex-moteur de la revue, loin de prendre en compte les caractères des luttes des 'nègres·ses du monde' (Mbembé), et loin de rompre avec le schéma naïf et caricatural d'une communisation réduite à son abstraction idéaliste

le texte sur la Commune d'Oakland, «sous une tenue anti-émeutes» touche du doigt certains aspects sortant de ce schéma, mais sans en formuler la théorisation, réduite à la question des «blocages», et sans le comprendre comme la place désormais centrale de la reproduction, tant de la population par les femmes que de la vie par les communs résistants à l'emprise du capital

la forme d'une théorie change moins vite que celle des luttes théorisantes

la (nouvelle ?) «ligne générale» de la revue SIC ne s'y est pas trompée, puisqu'une réponse des plus classiques est associée à ce texte, la circulation du capital pour la production, non la reproduction dans toute son ampleur : l'analyse de la limite et ses limites « Ainsi, pour nous, la question se rapporte à l’insaisissable unité de pratiques coordonnant ces deux impératifs jumeaux : la destruction de l’auto-reproduction du capital et la maîtrise de la nôtre. Nous considérons que la découverte pratique de cette unité est la communisation

« Pour ce qui concerne la nécessité d’étendre “les attaques du coeur de la reproduction vers le coeur de la production”, nous sommes absolument d’accord. La forme d’une ville change moins vite, hélas! que le coeur de la production! Pour ce qui et de la question de comment la production se retrouve actuellement structurée, quelle est la composition de la classe qui organisera un telle attaque et ainsi quelles sont les stratégies et les tactiques qui se présenteront, voici les propositions que nous avons offert aux luttes »

n'en déplaise, c'est bien «l'auto-reproduction» du capitalisme globalement restructuré et «le cœur de la production» indispensable à la substistance et à la reproduction du prolétariat en tant que tel, qui est attaqué par celles qui défendent leurs terre et se battent pour les soustraire au marché : il ne suffit plus de parler abstraitement de la rente. C'est bien «la maîtrise» de la reproduction du vivant qui est tentée par les mouvements féminins défendant les communs, la terre

des luttes paysannes au cœur de la production/reproduction

il n'y a pas à "étendre" ces luttes pour la reproduction des êtres humains concernant et du vivant alentour “du coeur de la reproduction vers le coeur de la production” (la production ouvrière, industrielle), pour la simple raison que leur activité de production paysanne est une des formes de production antérieure au capital, encore présente sans rente dans la globalisation (Afrique, Chine, Inde, Asie du Sud-Est, Amérique du Sud, Australie...), et donc à la fois activités de production et de reproduction échappant en partie au capitalisme (sans quoi il ne se batterait pas pour se les approprier, il n'y aurait pas la réforme annoncée en Chine qui conditionne un capitalisme chinois endogène...). cette question ne se pose pas dans une crise pouvant devenir crise de reproduction du capitalisme comme à ses origines ou à son extension mondiale par le colonialisme, pour la rente

la question éventuelle, si elle a un intérêt, d'un éventuel "écart" par ces luttes ne se pose donc pas en termes de "luttes suicidaires" ou d'auto-destruction des usines, et par là du prolétariat ouvrier en tant que tel. Ces 'prolétaires' paysannes n'ont pas à détruire leurs activités en tant qu'elles échappent en partie à la subsomption réelle du capitalisme, mais au contraire à défendre ce en quoi elles ne sont pas encore, ou plus, prolétaires exploitées dans l'agriculture intensive pour le marché

ce qui peut se poser, c'est l'articulation, la convergence de ces différents types de luttes, contre la segmentation identitaire, ce que j'ai nommé la subjectivation d'un en-commun autour des communs

une théorie post-prolétarienne d'homme blancs

on baigne en pleine théorie post-prolétarienne au sens étroit d'avant son articulation avec le genre, une sorte d'envers en miroir du programmatisme ouvrier, qui se mord la queue d'un sujet qu'elle prétend mort pour soi. Ainsi, rien n'attaquerait de fait le capital avant l'engagement de la communisation, ce dont font litière les luttes des femmes pour les communs, ce qui est une marque de plus d'une théorisation faite par des hommes (et pour des hommes ?), des hommes blancs sauf erreur : qu'ils aillent se faire voir chez les Grecs anciens

plus de moteur dans l'essence du 'courant communisateur'

la sortie de ce numéro 2 de SIC confirme le bien fondé de la rupture de TC, confronté à ses propres problèmes, mais pas la capacité le la revue à contribuer à une dynamique de débats du moins dans le sens que j'essaye de promouvoir, dans le silence des revues Blaumachen en Grèce, Riff-Raff en Suède, et l'échappée libre de Endnotes en Angleterre

révolution ? communisation vs alternative ? ou comment la communisation 'troisième courant' ouvre son chemin

une perspective révolutionnaire globale et locale qui remet en cause tant les tabous de l'altermondialisme démocratique que ceux du 'courant communisateur' historique... d'où le silence environnant ?

« Les communistes [...] mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat [...] ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité » Marx-Engels, Manifeste du Parti Communiste, 1848

la communisation vers une refondation, l'alternative anticapitaliste vers une scission

poursuivant la 'discussion' engagée avec la notion de «communs», je m'intéresse ici à ce qui distingue et sépare l'approche de Silvia Federici dans les textes évoqués plus bas, et les thèses du 'courant communisateur', à travers ses catégories «contre-révolutionnaires» de «l'alternative» voire du «démocratisme radical»

je reviendrai ultérieurement sur la scission nécessaire dans l'alternative démocratique radicale, déjà abordée en bas de cette rubrique. On verra comment se dessine la nécessité d'un scission dans l'alter-mondialisme, entre d'une part citoyennistes faisant appel à l'Etat ou se proposant de le transformer progressivement, et ceux qui abandonneront cette piste illusoire

rappelons que les éditions Senenevero publient (sortie 22 avril) «Caliban et la sorcière», traduit de l'ouvrage de 2004 :

présentation de l'éditeur : «Caliban et la sorcière est une remise en cause de la notion de reproduction chez Marx. Pour Silvia Federici, Marx ne prend pas en compte le travail domestique, expropriation de travail non-rémunéré. Au travers d'une nouvelle compréhension de ce qu'a été l'accumulation primitive, elle nous montre ce que le capitalisme continue d'être: un mode de production dans lequel l'extorsion de plus-value n'est pas uniquement exploitation du travail mais aussi appropriation des femmes, c'est-à-dire pour l'auteure, extorsion d'autres formes de travail que le travail salarié. Chasse aux sorcières, pillage des colonies, institutionnalisation du viol et de la prostitution, christianisation, torture, contrôle et médicalisation masculine de la reproduction et de l'avortement,... telles ont été les institutions de dominations qui ont dues être mises en place. Explorant le processus de la mécanisation du corps prolétaire et sa transformation, dans le cas des femmes, en une machine de production de nouveaux travailleurs, Caliban et la sorcière écrit une histoire du prolétariat au-delà du salariat et de l'homme blanc.»

on comprend cette heureuse initiative comme apportant de l'eau au moulin de la thèse de TC sur la fonction du genre «femmes» dans le capitalisme, «reproduire la population, principale force productive», et donc participant du couple production/reproduction caractéristique du mode de production capitaliste 

des luttes «ex-communistes dans l'intermonde» ou des luttes concrètes théorisantes pour la révolution dans le moment présent ?

à partir de là, qu'est-ce qu'on en fait ? au-delà de la genèse historique du capitalisme il y a plusieurs siècles, quelles sont les implications aujourd'hui ?

pour TC, cela renouvelle son corpus en introduisant la contradiction de genre, à croiser avec celle de l'exploitation et aboutit à ce résultat : le capitalisme ne pourra être dépassé qu'en abolissant le capital comme mode de production et de reproduction et donc le genre, soit la domination masculine

pour Silvia Federici (SF), on a vu le lien entre cette caractéristique du capitalisme à ses origines, et sa reprise actuelle avec l'expropriation continue des «communs», et les luttes que mènent particulièrement les femmes en Asie, en Afrique, en Amériques pour défendre l'utilisation commune de ces communs, à des fins d'auto-subsistance par le refus de l'appropriation privée (parfois étatique) de la globalisation

dans Revolution at Point Zero, House Work Reproduction and Feminist Struggle, la troisième partie Part III: Reproducing Commons comporte trois textes :
On Elder Care Work and the Limits of Marxism (2009) Women, Land Struggles, and Globalization:  An International Perspective (2004) Feminism and the Politics of the Common in an Era of Primitive Accumulation (2010)

dans et hors l'alternative

considérant les nombreux exemples de luttes et d'initiatives des femmes présentés et explicités par SF notamment dans les tous les continents hors l'Europe (sauf erreur), un bon nombre ont été liés ou apparentés, en tant que mouvements locaux, à ce qu'on appelle les Forums Sociaux et à l'Altermondialisme. Les positions de SF, à cet égard peuvent par là se rattacher à ce courant des luttes sociales dans les années 1990-2000, elle inscrit ses thèses théoriques dans une pratique locale de terrain et un combat politique. Lire par exemple, dans le dernier texte de l'ouvrage, Women and the Communs, p. 142-144. On en retrouve la plupart des ingrédients dans le «programme» d'un Forum Social tel que celui de Tunis, en avril 2013 : Pour reprendre notre avenir en main, nous devons changer le présent ! Nos propositions pour « Changer le système, pas le climat ». Le texte du collectif, après la liste des mesures d'orientations, indique par exemple :

« Changer le système nécessite de mettre un terme à l’empire mondial qu’exercent les entreprises multinationales et les banques. Seule une société qui établit un modèle de contrôle démocratique sur les ressources, basé sur les droits des travailleurs (y compris migrants), des femmes et des populations indigènes, et qui respecte la souveraineté des populations, sera en mesure de garantir la justice économique, sociale et environnementale. Changer le système exige de briser le patriarcat dans le but de garantir les droits des femmes dans toutes les dimensions de l’existence. Le féminisme et l’écologie sont des éléments clefs de la nouvelle société pour laquelle nous nous battons.»

une «défaisance» immédiate du rapport de genre ?

SF Federici donne des exemples, en Amérique Latine entre autres, de formes d'auto-organisations qui ont été 'inventées' dans les luttes, parfois violentes, et qui ont perduré comme formes de résistances...

The other side of women’s struggle for direct access to means of reproduction has been the formation, across the Third World—from Cambodia to Senegal—of credit associations that function as money commons. Differently named, “tontines” (in parts of Africa) are autonomous, self-managed, women-made banking systems, providing cash to individuals or groups that can have no access to banks, working purely on the basis of trust. In this, they are completely different from the microcredit systems promoted by the World Bank, which functions on the basis of shame, arriving to the extreme (e.g., in Niger) of posting in public places the pictures of the women who fail to repay the loans so that some have been driven to suicide.

The first lesson to be gained from these struggles is that the “commoning” of the material means of reproduction is the primary mechanism by which a collective interest and mutual bonds are created. It is also the first line of resistance to a life of enslavement, whether in armies, brothels or sweatshops.

Not last we could move beyond the abstract solidarity that often characterizes relations in the movement, which limits our commitment and capacity to endure, and the risks we are willing to take. Undoubtedly, this is a formidable task that can only be accomplished through a long-term process of consciousness raising, cross-cultural exchange, and coalition building, with all the communities throughout the United States who are vitally interested in the reclamation of the land, starting with the First American Nations. Although this task
may seem more difficult now than passing through the eye of a needle, it is also the only condition to broaden the space of our autonomy, cease feeding into the process of capital accumulation, and refuse to accept that our reproduction occurs at the expense of the world’s other commoners and commons.

une destruction de la séparation public-privé ?

cela comporte aussi des prises en charge collectives des tâches domestiques et d'éducation des enfants, dans les luttes comme après, jusque dans la conception des projets de logements avec des espaces réservés et un tour de rôle, avec la question de la participation des hommes [texte à retrouver]

s'en suivent pour SF les éléments à même de reconstruire le féminisme en ce sens (Feminist Reconstruction p. 144-148)

On this account, we must include in our political agenda the communalization/collectivization of housework, reviving that rich feminist tradition that we have in the United States, that stretches from the utopian socialist experiments of the mid-nineteenth century to the attempts that the “materialist feminists” made, from the late nineteenth century to the early twentieth century, to reorganize and socialize domestic work and thereby the home, and the neighborhood, through collective housekeeping—efforts that continued until the 1920s, when the “Red Scare” put an end to them.

It remains to clarify that assigning women this task of commoning/collectivizing reproduction is not to concede to a naturalistic conception of “femininity.” Understandably, many feminists would view this possibility as “a fate worse than death.” It is deeply sculpted in our collective consciousness that women have been designated as men’s common, a natural source of wealth and services to be as freely appropriated by them as the capitalists have appropriated the wealth of nature. But, quoting Dolores Hayden, the reorganization of reproductive work, and therefore the reorganization of the structure of housing and public space is not a question of identity; it is a labor question and, we can add, a power and safety question.

I am reminded here of the experience of the women members of the Landless People’s Movement of Brazil (MST), who when their communities won the right to maintain the land which they had occupied, insisted that the new houses should be build to form one compound, so they that they could continue to share their housework, wash together, cook together, taking turns with men, as they had done in the course of the struggle, and be ready to run to give each other support if abused by men. Arguing that women should take the lead in the collectivization of reproductive work and housing is not to naturalize housework as a female vocation. It is refusing to obliterate the collective experiences, knowledge, and struggles that women have accumulated concerning reproductive work, whose history has been an essential part of our resistance to capitalism. Reconnecting with this history is today for women and men a crucial step, both for undoing the gendered architecture of our lives and reconstructing our homes and lives as commons.

nous voilà donc confrontés à des luttes qui, autour de l'usage des 'communs', aboutissent à remettre en cause en pratiques la séparation des sphères publiques et privées, l'usage marchand de la terre et son orientation pour la subsistance locale hors marché, etc.

l'alternative en ses limites

s'il est clair que cela s'inscrit, vu de loin et globalement, dans une perspective d'alternative, on voit néanmoins que c'est le type même de «mesures» qui prendraient un caractère de «mesures communisatrices» dans un contexte de révolution comme communisation

ces formes de combats féminins et de classe, comme résistance dans le capital au capital, n'ont pas en elles-mêmes la puissance de l'abolir, elles ne changent pas le contexte général, qu'elles soient ou non portées au niveau politique régional, national, mondial, via notamment les ONG *. La formule est «changer le système» et non «changer de système», pour autant qu'il s'agisse d'en promouvoir un unique à valeur mondiale : la dimension locale sera déterminante dans un processus de communisation général

le texte du collectif du Forum Social de Tunis est signé de Alliance of Progressive Labor, Philippines / Alternatives International / Attac France / Ecologistas en Acción / Environmental Rights Action, Nigeria / ETC Group / Fairwatch, Italy / Focus on the Global South / Global Campaign to Dismantle Corporate Power and end TNCs’ impunity / Global Forest Coalition / Grassroots Global Justice Alliance / Grupo de Reflexão e Apoio ao Processo do Fórum Social Mundial / Indigenous Environmental Network / La Via Campesina / No-REDD Africa Network / Migrants Rights International / OilWatch International / Polaris Institute / Transnational Institute

le schéma communisateur ébranlé

cela posé, ces formes interrogent le schéma communisateur des écarts/limites/franchir le pas... et la description habituelle du processus de l'immédiateté mondiale de la communisation. Elles sont porteuses d'une subjectivation de l'en-commun qui est proprement communiste en essence (sans avoir à s'en revendiquer), elles changent le rapport social et le sens des luttes, mais elles ne portent pas a priori d'écart aux limites du capitalisme

d'un côté ces formes peuvent être critiquées comme relevant de «l'idéologie alternative», une perspective sans révolution, c'est-à-dire relevant peu ou prou pour le courant communisateur de la «contre-révolution», au même titre que les «ex-communistes dans l'inter-monde», traités en adversaires

des luttes qui portent au-delà de l'anti-capitalisme de l'alternative : le concept de 'communisation' miné

d'un autre côté, étant luttes de femmes prolétaires remettant en cause en pratiques la logique capitaliste, il est difficile de les analyser comme telles

certes, l'idée qu'il n'y a «pas de transcroissance entre luttes revendicatives et luttes révolutionnaires» n'est pas remise en cause, puisqu'à la base l'aspect revendicatif (ou politique) ne définit pas la nature de ces luttes mais seulement un prolongement que lui donne le démocratisme radical

c'est la dichotomie entre mesures alternatives et mesures communisatrices qui s'effondre, dans un champ qui n'est pas celui de la production (de produits et/ou de plus-value) mais de la reproduction, élargissant ainsi considérablement la définition d'un possible sujet révolutionnaire à la croisée de la classe, du genre et de la relation au post-colonialisme dans la globalisation

on comprend désormais que traduire «Caliban et la sorcière» risquait moins de prêter à divergences et à polémiques, si ce n'est avec Silvia Federici elle-même, avec qui relèverait comme moi les implications déterminantes concernant la perception des luttes actuelles, comme je l'ai déjà souligné à propos de la 'race' (la communisation comme abolition du racialismeou avec Achille Mbembe, 'Critique de la raison nègre'). Comme déjà noté en janvier, SF apporte de l'eau au moulin de Théorie Communiste jusqu'à un certain point (d'histoire et de structure production/reproduction), mais à partir d'un autre, le moment présent, elle le fait tourner à l'envers

TC : la théorie de l'autruche

mais voilà, laisser entendre que Patlotch aurait des tendances naturalistes («le sexe sans excès») est une chose, démonter son argumentation et celle de Silvia federici en est une autre. S'en prendre à moi ou pratiquer depuis à mon égard la sourde oreille et la censure objective ne mange pas de pain, démonter mon argumentation et celle de Federici, c'est une autre paire de manche

en effet il n'est pas possible d'écarter mes thèses de la subjectivation de l'en-commun et du partage des communs dans le mouvement du communisme au présent, en me renvoyant à un abandon de la communisation comme rupture sans transition étatiste : un 'troisième courant' théorique de la communisation est bel et bien en jeu

c'est pourquoi votre fille est muette

à mon sens, le 'courant communisateur' préfère pour l'heure n'en point parler, ce qui révèlerait dans sa théorie une contradiction dans les termes, notamment sur la question du genre, plus patente que celle entre luttes revendicatrices et luttes révolutionnaires, où la question de l'appropriation de la plus-value issue du sur-travail autorise un schéma plus clair et plus juste dans son principe

TC se trouve pris dans l'impossibilité de considérer ces luttes théorisantes pour ce qu'elles font, que met en évidence Silvia Federici, sans contredire soit la construction même de son concept de communisation, soit l'intérêt qu'il porte à la contradiction de genre dans un schéma d'abolition décalqué sur celui des classes

ruptures dans la continuité au présent ?

en termes de révolution communiste, la question de la rupture dans la continuité est donc à reposer d'une façon différenciée selon de quoi l'on parle. On ne peut plus ranger les différentes formes de luttes contre le capital selon des catégories tranchées dans une description abstraite générale, apte à fournir des concepts et critères passe-partout pour la critique comme pour les luttes elles-mêmes

ouverture pour une autre conception de la révolution communiste

plus la crise s'approfondira, plus ces formes seront diverses et plus elles remettront en cause le cadre même de pensée des thèses sur la communisation, pour générer un autre concept de la révolution y compris de son moment ultime, celui de l'abolition du système

5 mars 2014 17:17

SIC n°2 est paru, les derniers feux de l'universalisme occidentalo-marxiste

la revue internationale pour la communisation n'est plus qu'en version anglaise

alors que le plus déterminant dans le moment présent du capitalisme se produit hors d'Occident, hormis le déclin de sa suprêmatie, la limite est atteinte du point de vue de l'homme-blanc-communiste à son insu raciste, au sein même d'une théorie à prétention révolutionnaire

critique du 'courant communisateur' 2014 pas de quoi fouetter un chat critique du 'courant communisateur' 2014 le monde à l'envers ?

à travers tous les articles le concept de restructuration semble analyser le capitalisme dans sa globalité mondiale, mais de fait toutes ces analyses reposent sur l'ancienne vision de l'exploitation modélisée en Occident, projetée en négatif sur ce qui se passe ailleurs, cela bien au-delà du fait que la grande majorité des articles ne s'appuient que sur des luttes en Europe et en Amériques

le point aveugle de la raison universelle occidentale a envahi jusqu'aux thèses héritées du marxisme, comme le montre abondamment l'accumulation d'éléments critiques réunis sur ce site ces derniers mois

critique du 'courant communisateur' 2014

le bilan du milieu communisateur est acca-blanc, et pour l'heure tout ce qu'ils disent comme tout ce qu'ils ne disent pas ne peut que se retourner contre une conceptualisation à repenser de fond en comble (hormis les constats sociologiques empruntés à d'autres, qui ne sont pas en eux-mêmes de la théorie communiste, et qu'ils n'ont fait que reformuler dans un corpus structuraliste épuisé, concernant les migrations, le zonage du monde, la reproduction et la part des femmes...)

voir en relation

comment la race structure le capitalisme : fétichisme et exploitation de Marx à Mbembe en passant par Roubine 5 mars 2014

2 mars 2014 épilogue ?

la fin advenue des théories communistes blanches occidentales dans le communisme comme combat : réflexions et luttes pour la révolution

critique du 'courant communisateur' 2014

la raison des soldes ?

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avec les considérations sur la place de l'esclavage dans l'histoire du capitalisme, et les formes de «travail bridé» de retour dans le capitalisme actuel, nous tenons de façon définitive que le «sujet révolutionnaire» de la «classe ouvrière» ne reviendra plus, ni sous la forme de mouvement ouvrier mondial, ni dans une «communisation» dans laquelle le prolétariat retrouverait son unité autour de ce concept

épuisée historiquement, la théorie de la communisation s'effondre sur sa base

c'est la thèse centrale de la communisation en tant que théorie post-prolétarienne (plutôt post-classouvrièriste) qui s'effondre. Comme déjà noté, si nous pouvons encore parler de 'prolétariat', c'est en tant que sujet nu face au capital, dans une reconceptualisation fondamentale par rapport à la position centrale du salariat chez Marx (reste Bruno Astarian, qui a ouvert une piste avec son texte sur les bidonvilles)

un deuxième aspect remis en cause est la structuration stricte du capitalisme actuel autour de la production de plus-value par le travail salarié

un troisième est l'attente d'écarts, susceptibles de produire un dépassement des limites du mode de production/reproduction, autour de la seule question de l'exploitation

nous sommes bien devant un système capitaliste global, mais sa structure n'est pas fondée sur une seule contradiction binaire : entrent en jeu le rapport de classe dans la production, les femmes dans la reproduction, et des aspects de contrainte au travail ou de rejet d'accès à ce moyen de vivre qui excèdent la vision marxiste traditionnelle

la question centrale de Théorie Communiste TC/RS, « comment une classe agissant strictement en tant que classe peut-elle abolir les classes ? » perd sa pertinence y compris dans son articulation avec la contradiction de genre, ainsi que les thèses de la communisation dans la mesure où elles attendent la production d'événements sur ce seul critère

la fin des théories communistes blanches occidentales

la perspective de la communisation n'aura été qu'un moment théorique occidental renversant le programmatisme ouvrier et s'opposant aux alternatives démocratiques ou activistes. De ce peu d'importance au niveau mondial, elle devient inopportune et impotente, comme en atteste le silence prolongé de des affidés

elle est désormais devenue nuisance en tant qu'elle justifie, plus qu'un combat communiste, un attentisme... communiste ? À ce titre, cette théorie est à critiquer comme l'inverse, en miroir, des alternatives démocratiques

le blog dndf en a pris acte en retirant mon site de ses liens resserrés sur l'anarco-communisation blanc européen, ce dont je me félicite

les thèses de groupe anglais endnote sont réduites à une perspective communisatrice ayant perdu le fondement théorique que l'emprunt aux thèses françaises : leur cohérence se délite en errance. Il n'en ressort plus guère que l'utopie négative, ou si l'on préfère, le "romantisme"

il existe un parallèle logique entre perte d'hégémonie occidentale dans le capitalisme mondial, et perte de pertinence des théorisations 'marxistes' occidentalo-centrées, qui ne peuvent rejouer indéfiniment la posture universaliste de leur raison éclairante

les caractéristiques avancées précédemment quant à la multiplicité du combat communiste sont à l'inverse confirmées

la question des luttes entre aujourd'hui et un éventuel processus révolutionnaire d'abolition du capitalisme est posée à nouveaux frais, comme alternative au capitalisme totalitarisme esclavagiste ou chaos social moyen-âgeux