anti-journal déc 2013- janv 2014

 

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anti-journal déc 2013- janv 2014 

« Ce avec quoi continuellement ils sont le plus en relation, avec celà ils sont en désaccord, et [les choses] qu'ils rencontrent jour après jour, elles leur apparaissent comme étrangères » HERACLITE, Fragments, 72

22 janvier 2014

Dans les années 1980, alors que j'étais en instance de rupture avec le PCF, à  mes camarades qui me voyaient déjà "dans le camp d'en face", je répondais : « Vous courez après votre ombre, mais il n'y a plus de soleil.»

7 janvier

« La révolution ? Je veux ! Mais qui abolira la bêtise ? » Un Autre, Editions d'un jour, 2014

4 janvier

« la femme la moins exploitée peut opprimer un être, qui est son employée; cette employée peut être opprimée par l'homme le plus exploité, qui peut être son mari; elle est deux fois prolétaires » Flora Tristan 1843 et Tristal Floran 2014

1er janvier

de James Sallis "Le tueur se meurt" Rivages/Thriller 2013 p.192

« Mettre de l'ordre, c'est ce que nous voulons tous. Et ici, on est en terrain sûr. Mais un pas de plus, le pas qui suit, on commence à dériver radicalement. Pour certains, qu'il s'agisse d'individus ou de sociétés, il est manifeste que cet ordre doit être imposé, régi par des lois et appliqué -gravé- d'en haut. D'autres jugent avec la même certitude que, à moins de venir de l'intérieur, cet ordre est définitivement condamné.

Comme vous le savez tous, je dois bientôt rentrer. Mon séjour ici a été bref. Finalement, j'ai vu si peu de votre monde, et j'en ai compris encore moins.

N'oubliez jamais que votre monde est un monde d'une grande beauté : ces nuages, ces arbres, cette eau vive, la caresse du vent. Et pourtant un si grand nombre d'entre vous ne vivent pas dans ce monde. Vous vous contentez de lui rendre visite et vous choisissez, à la place, de vivre dans un monde de mots, de théories.

Vous êtes coincés, prisonniers de votre langage, otages de votre obsession de comprendre.

Les théories mènent votre monde, et elles vont le détruire.»

7 brèves du contoir épuisées à la source (écrits dans l'air)

Conjugaison : il la viole, elle le tue (source)

Combinaison : Google "cocotte-minute+sac à dos" ou 22 v'là les flics ? (source)

Allez à Toire si ça vous fait... (source)

Hasard ou mauvais genre ? Née sans vagin, enceinte sur fellation (source)

Désolande : Hollande est 'désolant'. Laurent est relou et le rance est chelou (source)

LE chiffre 2013 : Bourse +18%, chômage 18%. L'économie simplifie les comptes (source)

Hegel et la contradiction : lent passé n'attend pas l'an prochain (source)

 

31 décembre 2013

Le monde est gris mais je n'ai pas lu tous les livres

Internet est tout à la fois une source d'informations, de documentations, parfois de controverses à l'infini... et un formidable vecteur de l'idéologie. Ce dont nous voudrions parler ne s'y trouve qu'avec difficulté, ou pas du tout, et la manière dont on en parle n'est pas la nôtre. Pourquoi ? Qui accède à Internet et surtout qui s'y exprime ? La réalité sociale est ainsi déformée par les deux bouts, l'objectif et le subjectif, par son absence et par sa déformation.

Les théories peuvent avoir un intérêt en soi, pour les théoriciens. Pour ma part, si je ne suis pas un théoricien, j'en ai besoin pour comprendre, comme j'ai besoin des faits pour les comprendre, voire les critiquer.

Les débats que l'on peut suivre en ligne sont rarement porteurs des questions que nous nous posons, ou de la façon dont nous les posons. Cela ne signifie pas nécessairement que nous manquerions de pertinence, car les réalités sociales sont plus porteuses de ces questions que les discours qu'elles suscitent sur Internet, et nous ne connaissons pas toujours les mots qu'elles produisent, entre "ceux d'en bas", sauf à en être, ou y descendre.

La vie est ailleurs, dit-on. Oui et non. Mais s'il est un lieu où elle ne manque pas d'être aussi vivante que sur Internet, ce sont les livres, du mentir-vrai des romans à ceux de la sociologie, de l'histoire... des théories.

30 décembre

La phrase du jour : « S'il avait fait du cinéma, il aurait demandé quel était le contexte, la backstory. Backstory, pitch, storyboard... Dans le cinéma, on a son jargon. Des producteurs incapables de décomposer une phrase n'en aiment pas moins pérorer à propos de la "structure" d'un scénario. » Drive, James Sallis, Rivages/Noirs p.134

23 décembre

La pauvreté dérange ? Qui ? à propos de L’EXPLOITATION CAPITALISTE, c’est aussi la PAUVRETÉ qu’elle produit

anti-journal déc 2013- janv 2014

La pauvreté dérange ?

La pauvreté c’est pas comme la police. C’est l’exploitation mais « passive », comme on dit de la résistance. La pauvreté ne s’oppose pas au capital. La pauvreté n’est pas une lutte. La pauvreté n’est pas révolutionnaire.

Le pauvre qui crève, de pauvreté, c’est pas comme mourir face à la police, en combattant.

La pauvreté est bien, comme la police, une violence du capital, mais tant que le pauvre ne se bouge pas, bof…

Les pauvres, c’est un peu comme les femmes, on les voit pas. Eux, on les voit pas comme des hommes, elles, comme les hommes. Les pauvres femmes encore moins. Mieux vaut être homme et riche que… c’est ça, les pauvres, c’est comme les malades, et même c’est contagieux. Les pauvres, c’est comme les vieux. Comme la vieillesse, vaut mieux pas trop s’en approcher. Et comme on les cache, c’est pas difficile.

Regardez sur les sites anarchistes, radicaux… Il est bien rare que la pauvreté soit un « thème », un « mot-clé ». Il en est même qui n’en rendent pas compte, de la pauvreté, ce « fléau social », toujours dans les coulisses (de leurs exploits ?), en toile de fond. Quel fond ? Tout se passe un peu comme si, ceux qui ne voient pas dans le capitalisme d'abord l'exploitation, ils ne 'voyaient' pas non plus la pauvreté, son produit.

Remarquez aussi, qu’il y a souvent sur ces sites « amis » une rubrique « féminisme ». C’est une lutte, le féminisme. Un lutte à part. Et plus loin, à part, une autre, « le genre »… Ça fait classe, le genre. Mais c’est pas une lutte, c’est la domination masculine. On va pas se battre… et puis bon, ça vient (même moi). C’est acquis. C’est à qui va pas faire la révolution sans les femmes, en tant que sous-genre.

On va faire la révolution sans les pauvres ? Non, mais pas « en tant que pauvres », mon cher Patlotch. C’est vrai. Allons leur expliquer !

21 décembre 2013

Peut-être est-ce pour moi que j'écris des poèmes ? Comme si, au fond, je n'étais pas satisfait par ceux des autres ? Je relis parfois mes poèmes, et je m'y trouve narcissiquement bien ou mal, mais pas indifférent. Souvent, ils ne veulent rien dire, mais le soutiennent mordicusement, comme disait Pierre Dac. Ainsi, Dans les dents, que je ressors, et qui a toute la cruauté des contes pour enfants. Pour enfants ?

17 décembre

Écouter les femmes, ai-je écrit par ailleurs comme une nécessité pour les hommes. C'est ce que j'ai fait avec le jazz et la musique et ce que j'essaye dans la perspective communiste. De façon moins explicite que dans les textes de théoriciennes féministes, mais redoutablement convaincante, il faut lire des romans écrits par des femmes. On y apprend une foultitude de choses de leur point de vue, y compris sur l'intimité de leurs rapports avec les hommes, ce qui n'est pas sans bouleverser la sienne, jusque dans les rapports sexuels. Aujourd'hui, je ne citerai qu'une auteure, qui est pour moi un des plus grands écrivains japonais vivants, et que je préfère au nobélisable Haruki Murakami (il me tombe des mains assez vite) : Natsuo Kirino. Ses livres sont régulièrement traduits en français et paraissent rapidement en poche. L'un des meilleurs à mon goût met en scène, entre autres, la condition des femmes ouvrières au Japon et leurs réactions face aux hommes.

anti-journal déc 2013- janv 2014

Dans une usine de Tokyo, quatre femmes travaillent de nuit. Leurs maris sont tous infidèles ou violents, et détestés. Lorsque Yayoi finit par étrangler son conjoint, c’est une véritable descente aux enfers qui commencent pour elle et ses complices. Leur route croise celle de Mitsuyoshi, un ancien homme de main hanté par le supplice qu’il a fait subir à… une femme. S’engage très vite une terrifiante lutte à mort.

La critique d'une lectrice canadienne, Gabrielle Lacombe :

J'ai beaucoup apprécié cette lecture et  j'ai plein de choses positives à dire à propos de Out. Dans ce polar, Kirino aborde la question des relations hommes/femmes et plus précisément, la situation des femmes d'âge moyen, accaparées par plein de tâches ménagères et de responsabilités, et faisant face à leur quotidien et un destin plutôt misérable. C'est drôle, j'ai parfois repensé à la trilogie de Stieg Larsson, Millénium, en le lisant. Peut-être à cause du titre, les hommes qui n'aimaient pas les femmes... et peut-être aussi à cause de la facon dont l'auteur se sert de son roman pour nous en apprendre plus sur la société dans laquelle elle vit, sur son pays et nous le faire voir différement, dans ses défauts comme dans ses qualités. Je ne sais pas trop, en tout cas, j'ai bien aimé. 

Parmi ces femmes, donc, on retrouve Yayoi, qui a deux enfants de trois et cinq ans et ne s'entend pas du tout avec son mari. Elle décide donc de le zigouiller et de là part toute l'intrigue. Ses trois collègues de travail vont l'aider à s'en tirer en se débarassant du corps. Donc, Masako, la plus terre-à-terre d'entre-elles, va décider de le démembrer dans sa salle de bain... Source

16 décembre

Voir debriefing d'un artiste raté de la vie

Le "féminisme" et moi, souvenirs

À vrai dire, le croisement "militant" de la question communiste et de la lutte féministe était de mes préoccupations depuis le début des années 1970. En 1968 j'avais 17 ans, et je participais à l'occupation de notre lycée technique, à Roanne. Ma copine d'alors, 4 ans de plus, était fille d'un CRS...

À partir de 1975, je militais dans une cellule d'entreprise du PCF dont deux tiers des adhérents étaient des femmes; elle était baptisée Flora Tristan, mais je n'avais pas été à l'origine de ce choix. Je n'ai appris que plus tard qu'elle était née un 7 avril, comme moi (et Billie Holiday, au demeurant), et que son homme lui avait tiré dessus avec un révolver, à deux pas d'où nous travaillions, Rue du Bac à Paris (la maison a disparu depuis).

Avec l'arrivée de Mitterrand à la présidence en 1981, les groupes féministes se sont multipliés, autorisés au Ministère où je travaillais (non-titulaire). Ils étaient emmenés majoritairement par des militantes de la CFDT, qui avait plus de succès parmi les cadres des deux sexes. Celles de la CGT y participaient mais avaient peu voix au chapitre, portant des revendications plus matérielles (facilités horaires pour les enfants, etc). Quelques hommes, dont j'étais, y participaient de façon discrète, et leur présence était plus ou moins discutée. Certaines des leadeuses n'ont pas manqué de faire ensuite une carrière dans les cabinets ministériels, à la Condition Féminine ou autres.

Ma première compagne, de 1973 à 1985, était communiste mais pas féministe. Elle avait une forte personnalité, et sa façon de se faire respecter ne passait pas par des "discours", pas plus dans ses activités qu'entre nous. En dehors de son travail d'enseignante en arts plastiques, elle était peintre et sculptrice, et je suppose que sa création, la force qu'elle en tirait lui était plus utile, en tant que femme, qu'un militantisme féministe, auquel elle n'était pas sensible. L'importance pour nous de nos activités créatrices a fait que nous ne souhaitions pas avoir d'enfant. La base supposée de nos échanges était qu'un individu compte pour un, mais il faut croire que certaines choses restaient voilées, de part et d'autre...

Toute ma poésie et ma peinture de la fin des années 1980 et du début des 90' ont d'incessantes références croisées au communisme, à l'art et au jazz, aux femmes... Cette thématique n'avait pas de fondement théorique, "la question du voile islamique" n'était pas encore d'actualité, c'était les années après avoir quitté le PCF, et j'étais peu ou prou considéré comme un renégat par mes anciens camarades : « T'es dans quel camp, toi ? ». Je vivais seul et seule la création me donnait encore une raison de vivre. La phrase de Lautréamont La poésie doit être faite par tous, non par un avait pour moi valeur symbolique, politique et révolutionnaire, autant que d'un principe formel de création, avec des éléments empruntés au réel, d'où les collages, les journaux du monde entier, etc.

Reprendre aujourd'hui ces questions n'est donc pas pour moi sans passé, sans histoire à relire. Cela dit, je m'aperçois que j'étais loin du compte, que ce soit à titre personnel ou du point de vue théorique.

Voir La méthode et son double, une vision d'hommes ? Pour une refondation en théorie communiste

14 décembre

Sans doute, est-il opportun d'écouter les femmes plutôt que leur parler, entâché par le statut d'homme, toujours suspect d'en imposer par ses discours quand ce n'est pas par son monologue, ses débats intérieurs et ses problèmes d'intérieur, comme Sartre disait des femmes.

Un forum http://feminisme.fr-bb.com/

anti-journal déc 2013- janv 2014

Impressionnante de succès, si l'on en croit son Google, la thématique de "l'homme féministe", et pas moins en images.

Toujours est-il que je lâcherai pas sur ce point : il est aussi délétère, d'un point de vue révolutionnaire, d'être féministe sans poser la question sociale, que communiste, ou anarchiste, sans poser celle des femmes, à commencer chez soi, et par soi.

4 décembre

Taiwan introduces all-female marching bands liven FUNERALS

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Puisqu'on vous le dit...

Différences homme-femme : tout est dans le cerveau

par Julien Proux, le 3 Décembre 2013

Une étude américaine confirme la véracité de certains stéréotypes. Les connexions neuronales seraient différentes selon les sexes, ce qui expliquerait les différences d'aptitudes entre hommes et femmes.

... mais le cerveau, il n'est pas formé par l'histoire, au fil des générations ?
Celle des rapports hommes-femmes n'y est pour rien ? Qu'on se rassure :

« Les dernières découvertes de ces chercheurs ont en effet mis en évidence que les femmes seraient supérieures aux hommes pour la capacité d'attention, la mémoire des mots et des visages ainsi qu'aux tests d'intelligence sociale. Les hommes, pour leur part, surpasseraient les dames en capacité et vitesse de traitement de l'information.»

nouvelobs.com/Differences-homme-femme---tout-est-dans-le-cerveau-4545.html

3 décembre

Sur le blog de Jean-Louis Roche, 30 novembre

La principale prostitution n’est pas celle que vous voyez !

La répression libidinale de l'abbé Hollande contre la sexualité des ouvriers immigrés

« La prostitution n’est qu’une expression particulière de la prostitution générale de l’ouvrier et comme la prostitution est un rapport où entrent non seulement le prostitué mais aussi celui qui le prostitue – dont l’abjection est plus grande encore – le capitaliste, etc., tombe aussi dans cette catégorie.) ». KARL MARX (Manuscrits de 1844, économie politique et philosophie, se reporter également aux diverses discussions de Marx sur le travail et la prostitution des femmes qui citent et commentent les textes d’économie politique en France dans les années 1840.)

*

La discussion à base de théorie ne fait pas la théorie. Mais elle renoue. Elle relit et relie. Le défait. Le mal fait. Le défait. Le refait. Jamais recuit de haines déconfites, l'amitié va et vient. C'est un bonheur, somme toute.

26 novembre 2013

Un date facile à retenir. Chico Hamilton est parti... et je suis arrivé... à mettre le site en ligne.

*anti-journal déc 2013- janv 2014

23 novembre 2013

C'est reparti, comme en-cas torse, à consommer sans modestie. Comme d'habitude (avant, quand c'était mieux), j'ai rien à dire a priori mais je l'dirai quand même, ça fait du bien, et si ça plaît tant mieux, si ça pleut pas tant pis, on attendra la belle saison, quand un nuage apportera la paix, aux braves, la guerre, aux cons, le jazz, aux méritants, la classe, aux élégantes, le communisme, ah ça ira ça ira, on les aura, pardi, et sans parti, c'est reparti !