la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

 

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la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' 

ouvert 18 janv 2014

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' black Marx is back

voir en relation races, genres, classes, Intersectionnalité... et notamment Stuart Hall (ajout 29 mars)

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

9 juillet 2014

marxisme et études postcoloniales une série de textes

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' 2002 PDF

At a time when even much of the political left seems to believe that transnational capitalism is here to stay, Marxism, Modernity and Postcolonial Studies refuses to accept the inevitability of the so-called 'New World Order'. By giving substantial attention to topics such as globalisation, racism, and modernity, it provides a specifically Marxist intervention into postcolonial and cultural studies. An international team of contributors locate a common ground of issues engaging Marxist and postcolonial critics alike. Arguing that Marxism is not the inflexible, monolithic irrelevance some critics assume it to be, this collection aims to open avenues of debate - especially on the crucial concept of 'modernity' - which have been closed off by the widespread neglect of Marxist analysis in postcolonial studies. Politically focused, at times polemical and always provocative, this book is a major contribution to contemporary debates on literary theory, cultural studies, and the definition of postcolonial studies.

Marxism and Postcolonial Theory: What's Left of the Debate? A panel

Marxism, postcolonial studies, and the tasks of radical theory Vivek Chibber interviewed by Jason Farbman

The Intersection of Marxism and Postcolonialism Darren Kinkead

Marx’s Eurocentrism: Postcolonial studies and Marx scholarship Kolja Lindner 2010

Marxism vs. Post-Colonialism Ben D.B. Wilkerson 2011

Not Even Marxist: On Vivek Chibber's Polemic against Postcolonial Theory Chris Taylor 2013

Current Studies into Marxism & Postcolonialism

Marxism And The Postcolonial World: Footnotes to a Long March Aditya Nigam 2007

Marxist Post-Colonial Theory Conferences

How Does the Subaltern Speak? by Vivek Chibber
Postcolonial theory discounts the enduring value of Enlightenment universalism at its own peril

*

Intersectionality and its Relationship to Marxist Theory revolutionary socialism in the 21st century 2013

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21 juin

'Pour déracialiser, il faut penser la race (et la classe)' Elizabeth Esch et David Roediger, Période juin 2014

Cet article est initialement paru dans The New Socialist Magazine n° 56 (avril-juin 2006) Traduit de l’anglais par Mathieu Bonzom

je ne partage pas la chute. Il me semble que ne sont pas assez distingués les luttes des "racisé.e.s" mêmes, jamais abstraites, et les "mobilisations antiracistes", mais ce différend porte davantage sur la conception du dépassement révolutionnaire que sur la nécessaire articulation de la classe et de la race

Extraits

Il faut définitivement se débarrasser des approches des classes sociales qui passent outre les considérations sur la race. Eilzabeth Esch et David Roediger présentent diverses analyses de Bourdieu, Wacquant, Adolph Reed ou encore Darder et Torres, qui font volontairement l’impasse sur la race

Les outils d’analyse marxistes
Le marxisme a produit les meilleurs outils pour comprendre la race et le racisme. Ce sont les marxistes qui ont le plus efficacement exploré l’idée que la race est une construction sociale, et la tradition d’étude critique de la blanchité (whiteness) a été entretenue par un large spectre de théoriciens matérialistes comme James Baldwin, W.E.B. Du Bois, Oliver Cox, Karen Brodkin, Michael Rogin, Theodore Allen ou Noel Ignatiev.

Ces outils sont plus nécessaires que jamais. Un peu partout dans le monde, on peut encore clairement constater l’importance persistante de la race1 dans la structuration de l’oppression, dans l’élaboration de stratégies de gouvernement dans le capitalisme, et dans certaines dimensions de la résistance à celui-ci.

La classe sans la race ?
Au vu de ce contexte, il est surprenant de constater que des secteurs de la gauche radicale comme de la gauche libérale tentent d’écarter la race de toute analyse de classe, et ce faisant, accordent à la classe une importance tellement plus grande qu’ils en viennent même à contester le recours à la race et au racisme comme catégories d’analyse.

Que devons-nous faire ?
Nous devons soutenir toutes les initiatives, et tout particulièrement la revendication de réparations pour les populations opprimées par le racisme, qui sont susceptibles d’éduquer les blancs au sujet de la façon dont le capitalisme, la colonisation de peuplement, l’esclavage et le racisme se sont développés conjointement par le passé, et au sujet des bénéfices que nous pouvons tous tirer de mobilisations antiracistes sérieuses aujourd’hui. Nous devons étendre la participation populaire, ne rien tenir pour acquis, exiger des réformes et refuser le réformisme contrôlé par en haut. Nous devons répéter que le silence et le désespoir sont tout ce qu’il y a à attendre sans action directe de transformation sociale.»

des mêmes auteurs

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' 2012 la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' The Wages of Whiteness: Race and the Making of the American Working Class 2ème éd. 1999

In 1907, pioneering labor historian and economist John Commons argued that US management had shown just one "symptom of originality," namely "playing one race against the other." 
In this eye-opening book, David Roediger and Elizabeth Esch offer a radically new way of understanding the history of management in the United States, placing race, migration, and empire at the center of what has sometimes been narrowly seen as a search for efficiency and economy. Ranging from the antebellum period to the coming of the Great Depression, the book examines the extensive literature slave masters produced on how to manage and "develop" slaves; explores what was perhaps the greatest managerial feat in U.S. history, the building of the transcontinental railroad, which pitted Chinese and Irish work gangs against each other; and concludes by looking at how these strategies survive today in the management of hard, low-paying, dangerous jobs in agriculture, military support, and meatpacking. Roediger and Esch let us see afresh what slaves, immigrants, and all working people were up against as the objects of managerial control. Managers explicitly ranked racial groups, both in terms of which labor they were best suited for and their relative value compared to others. The authors show how whites relied on such alleged racial knowledge to manage and believed that the "lesser races" could only benefit from their tutelage. These views wove together managerial strategies and white supremacy not only ideologically but practically, every day at workplaces. Even in factories governed by scientific management, the impulse to play races against each other, and to slot workers into jobs categorized by race, constituted powerful management tools used to enforce discipline, lower wages, keep workers on dangerous jobs, and undermine solidarity.

24 mai 2014

les cocos du vieux continent à la bourre ?

importé de critique de 'genre' du capital et de la race, intersectionnalité, femmes et communs...

au colloque "Puissances du Communisme", organisé par la Société Louise Michel (22-23 janvier 2010), lors de la table ronde "A la recherche du sujet perdu, j'ai pu observer dans la vidéo comment Pierre Dardot (commun et Cie) faisait la fine bouche devant les propos d'Elsa Dorlin, concernant aussi bien le genre que la race, un peu comme si elle était une petit fille au milieu de ces barbons

de même, je ne vois pas que les théoriciens du courant communisateur, Temps Critiques ou les tenants de la Wertkritik se soient sérieusement emparés du sujet. Peut-être que les héritiers de l'ultra-gauche et ses environs, ayant définitivement rangé la politique au magasin des accessoires de l'histoire, méprisent par trop les théoriciens communistes engagés dans le «mouvement social». Peut-être qu'étant des hommes, ils sont plus portés à la cérébralité, puisqu'on dit que les femmes sont plus concrètes, plus terre à terre... une qualité sans doute forgée dans l'adversité de genre, pour se libérer du mâle savoir qui prétend les dominer. Toujours est-il que sur ces questions, les théories marxistes et autres embarquées dans des pratiques militantes critiquables ont griller la politesse aux purs conceptuels

il n'y a pas que le black feminism pour poser ces questions. Voir l'exemple de Jean Belkhir, de l'Université du Wisconsin, auteur en 1994 de The Failure and Revival of Marxism onb Race, Gender & Class Issues

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' 1994 la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

un texte "plus récent", de douze ans d'âge...

Marxism and Class, Gender and Race, Rethinking the trilogy Jean Belkhir 2001

Conclusion : As long as the RGC [Race Genre Classe]perspective reduces class to just another form of oppression, and remains theoretically eclectic, so that intersectionality and interlockings are, in a way, "up for grabs," meaning open to any and all theoretical interpretations, the nature of those metaphors of division and connection will remain ambiguous and open to conflicting and even contradictory interpretations. Marxism is not the only macro level theory that the RGC perspective could link to in order to explore the "basic structures of domination" but it is, I would argue, the most suitable for RGC's emancipatory political objectiv

à mon sens, on devrait plutôt, en tant que communiste, se réjouir que cela soit enfin posé, en France, dans la théorie et dans les luttes

.

17 mai

Marx et les Autres : 'une théorie dialectique plurilinéaire du devenir social'

Not Just Capital and Class: Marx on Non-Western Societies, Nationalism and Ethnicity Kevin B. Anderson, Envisioning a Post-Capitalist Order

L’auteur, professeur de sociologie et de science politique à l’université de Californie-Santa Barbara, explore le cheminement de la pensée de Karl Marx, en s’appuyant sur des textes souvent méconnus (une partie importantes de l’œuvre de Marx reste non publiée). Il explore la pensée de Marx sur la Chine et l’Inde, sur la Russie, sur la guerre civile aux Etats-Unis (et les questions de race et de classe), sur l’Irlande (rapport entre nationalisme et classe), sur ces « marges du monde », loin du centre capitaliste. Captivant et stimulant. Marx et les marges du monde, Alain Gresh Nouvelles d'Orient 8 novembre 2011

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'  extraits

il est probable que si j'avais disposé de cet ouvrage, j'aurais conçu autrement le texte abolir le racialisme, janvier 2014. Je me serais épargné une polémique exclusive contre Théorie Communiste selon qui la race n'est pas structurelle au capitalisme. Je l'aurais élargie aux rapports qu'ont entretenus avec la race, et avec Marx, la plupart des marxismes, les plus traditionnels mais aussi nombre de contemporains

il est même possible, si ces textes de Marx avaient été connus à la fin du 19ème siècle, voire comme l'Idéologie allemande dans les années 1920, les théories mais aussi les partis communistes auraient infléchi leurs positions, et l'histoire aurait pu être différente

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' Marx à Alger en 1882  la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' à un poil près, c'est bien lui

sans en avoir connaissances, on pouvait en avoir l'intuition à la lecture des lettres d'Algérie un an avant sa mort (j'en ai parlé sur mon ancien site il y a quelques années), tant les observations de Marx y témoignent d'une curiosité et d'une fraîcheur étonnante pour qui n'a de ses idées que la vision commune de ses ouvrages majeurs

Lettres d'Alger et de la Côte d'Azur, texte intégral Gilbert Badia, Le Temps des cerises 1997

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

Le dernier voyage du Karl Marx Projet de travail pour un film animé H.J. Krysmanski 2007 

Marx plus que dans les marges la conclusion du livre À l'Encontre 9 juillet 2012

Nous publions ici la conclusion d’un ouvrage important, édité en 2010 par l’University of Chicago Press (336 pages) et ayant pour titre: Marx at the Margins: On Nationalism, Ethnicity, and Non-Western Societies. L’auteur, Kevin B. Anderson, est professeur de sociologie et de sciences politiques à l’université de Californie Santa Barbara. L’ouvrage est consacré aux écrits de Marx dédiés au nationalisme, à l’ethnicité et aux sociétés non occidentales. Cet ouvrage est, en quelque sorte, le pendant thématique à la passionnante introduction que Robin Blackburn a consacrée à une partie des écrits de Marx sur la Guerre civile américaine: Karl Marx/Abraham Lincoln. Une révolution inachevée. Sécession, guerre civile, esclavage et émancipation aux Etats-Unis,Editions Syllepse 2012 pour la traduction française). En se centrant sur ces questions, l’auteur – qui participe au travail de nouvelle publication des œuvres complètes de Marx et d’Engels (la MEGA II) – met à mal l’affirmation de ceux et celles qui font de Marx une espèce d’apologue du développement capitaliste comme précurseur d’une société socialiste. Il met à mal également l’idée, assez répandue dans certains courants dits marxistes-léninistes, selon laquelle sa préoccupation exclusive portait sur les classes sociales et les rapports Capital-Travail. Kevin B. Anderson indique les évolutions dans la pensée de Marx, laquelle n’a cessé de s’élargir et de s’approfondir en – pour reprendre ses termes – une théorie dialectique plurilinéaire du devenir social. Il nous invite ainsi à (re)lire Marx pour penser notre propre temps. (Rédaction A l’Encontre)

« Dans cette étude, j’ai, en résumé, affirmé que Marx a développé une théorie dialectique du changement social qui n’était ni unilinéaire ni exclusivement fondée sur les classes sociales. Comme sa théorie du développement social évolua dans une direction plus plurilinéaire, sa théorie de la révolution s’est concentrée de façon croissante, au fil du temps, sur l’articulation de la question des classes avec celles l’ethnicité, des races et du nationalisme. Marx n’était pas, certes, un philosophe de la différence dans un sens postmoderne puisque sa critique d’une entité centrale, le capital, figurait au centre de toute son entreprise intellectuelle. Centralité ne signifie cependant pas quelque chose d’univoque ou d’exclusif. La théorie sociale du Marx de la maturité tournait autour d’une idée de la totalité qui non seulement offrait une place considérable à la particularité et à la différence, mais faisait également, à l’occasion, de ces particularités que sont la race, l’ethnicité ou la nationalité des déterminants de la totalité. C’était le cas lorsqu’il soutint qu’une révolution nationale irlandaise pouvait être le «levier» qui aiderait au renversement du capitalisme en Grande-Bretagne ou lorsqu’il écrivit qu’une révolution enracinée dans les communes rurales russes pouvait servir de point de départ d’un développement communiste à l’échelle de l’ensemble de l’Europe.) » Anderson

Alain Gresh :

En conclusion de son ouvrage, Anderson écrit : « En résumé, j’ai montré dans cette étude que Marx avait développé une théorie dialectique du changement social qui n’était ni unilinéaire (succession de modes de production), ni fondée uniquement sur les classes. Au fur et à mesure que sa théorie du développement social évoluait dans une direction multilinéaire, sa théorie de la révolution se concentrait de manière croissante sur l’intersection entre classe, ethnicité, race et nationalisme. Certainement, Marx n’était pas un philosophe de la différence au sens post-moderne du terme, car la critique d’une entité supérieure, le capital, était au centre de son entreprise intellectuelle. Mais cette centralité ne signifiait pas l’exclusivité. La théorie sociale du Marx de la maturité tournait autour du concept de “totalité” qui n’offrait pas seulement l’avantage de laisser une grande place aux particularités et aux différences, mais aussi, dans certains cas, faisait de ces particularités – race, ethnie, ou nationalité – des éléments déterminants de la totalité. »

Toutes ces réflexions sont importantes pour comprendre le monde d’aujourd’hui et l’articulation entre les problèmes de « classe », de « nation », de « race » et aussi de « genre ». Contre l’idée qu’il suffit de résoudre la question sociale pour résoudre les autres « problèmes », Marx a ouvert la voie à une réflexion bien plus fructueuse et à une articulation des divers niveaux de luttes.

« De nombreuses conclusions théoriques de Marx qui touchent à l’articulation de la classe avec la question raciale, l’ethnicité et le nationalisme, sont, elles, plus directement pertinentes pour nous, aujourd’hui.)» Anderson

ces "découvertes", ajoutées à d'autres travaux récents, nous permettent de comprendre l'actualité de Marx quant à l'articulation d'un point de vue communiste des dimensions de classe, de race et du rapport à la nature (par exemple avec Marx écologiste  de John Bellamy Foster). Quant au genre, il faut naturellement se tourner vers des travaux féminins pour intégrer cette dimension aux conceptions révolutionnaires héritées de Marx, par exemple les textes de Silvia Federici. J'ajouterai la dimension poétique (artistique) dans le sens où Isabelle Garo en parle, partant de Marx (voir Réflexions poétiques, art et révolution sociale...), à prendre comme activité, à l'opposé d'une conception d'un en-commun soumis à des normes démocratiques

marxistes, encore un effort pour devenir de Marx héritiers conséquents

toujours est-il que, sans citer 'à preuve' ces réflexions de Marx, qui ne peuvent remplacer les élaborations d'aujourd'hui, elles devraient permettre aux marxistes en tous genres de se poser a minima quelques questions sur la centralité exclusive de la contradiction de classes dans leurs positions*, et d'ouvrir les possibilités d'approches communes avec d'autres, d'une évidente nécessité quant à la construction d'un en-commun révolutionnaire

* cela concerne à la marge les fossiles du programmatisme ouvrier qui dénoncent les communautarismes mais pas le racisme français structurel et institutionnel, mais aussi le «courant communisateur». Je mettais en cause en 2006, dans Communisation Troisième courant cette binarité, citant l'adresse de Meeting : « la certitude que la lutte de classes entre le prolétariat et la classe capitaliste est partout dans le monde l'unique dynamique de cette destruction [du capitalisme et indissociablement de toutes les classes] ». Mais c'était avant que Théorie Communiste ne découvre le genre, et que les femmes ne manquent pas de dynamisme

certes, les marxistes d'Europe continentale, notamment les Français, dans leur province du monde théoricien, sont d'une façon assez générale en retard sur ces questions, relativement aux anglo-saxons particulièrement les Noirs mais aussi les hispano et Asian Américans, et bien sûr aux Indiens, Latino-Américains et Africains, dans cette nouvelle conjoncture théoricienne, tous les espoirs sont donc permis. Que trouve-t-on, sur la race, chez Temps Critiques ou dans la Critique de la valeur, en dehors de la sempiternelle attention portée à la question juive (sionisme, antisémitisme, etc.), dans une proportion effarante relativement aux populations concernées dans le monde, et même en Europe, en France ou en Allemagne, pays dont proviennent ces théoriciens ?

dans la nouvelle conjoncture ouverte cependant à la théorie par ces textes de Marx, tous les espoirs sont permis

« Je suis convaincu que les écrits de Marx sur lesquels c’est concentré mon ouvrage fournissent des orientations importantes pour notre compréhension actuelle en ce qui concerne soit: 1° une dialectique plurilinéaire du développement social ou 2° un exemple heuristique fournissant des indications au sujet d’une théorisation des mouvements indigènes actuels affrontant le capitalisme mondialisé ou encore 3° une théorisation des rapports entre classe, race, ethnicité et nationalisme. » Anderson

16 mai

Karl Marx : sur l’esclavage, la race et la classe - Dyne Suh AlgérieInfo
traduit par Selim Nadi de
Until We Are All Abolitionists: Marx on Slavery, Race, and Class - Dyne Suh 22 octobre 2011

« Dyne Suh, chercheuse et militante en Californie (États-Unis), donne à voir dans ce texte un Marx que la gauche française semble avoir oublié ou ignoré. Dans la doxa de l’extrême gauche, Marx s’est avant tout préoccupé de l’émancipation de la classe ouvrière européenne et aurait fait peu de cas de la race et des rapports coloniaux. Contre ces lectures eurocentriques, Dyne Suh rappelle l’analyse de Marx sur l’esclavage transatlantique et les luttes pour son abolition sur le sol américain. Pour Marx, l’esclavage transtlantique était au fondement de la civilisation capitaliste occidentale. La traite négrière se distinguait en ce sens pour lui de toutes les formes d’esclavage antérieures. Sur ce constat, Marx inscrivait la lutte abolitionniste dans un combat pour l’émancipation humaine à l’échelle globale. Il prenait ainsi très au sérieux la lutte contre les privilèges des travailleurs blancs, au Sud des États-Unis comme ailleurs. En cela, il se démarquait de beaucoup de ceux qui s’en sont réclamés et s’en réclament aujourd’hui en France pour proclamer que les races sociales n’existent pas et que les classes populaires sont unies par les mêmes intérêts.» La rédaction des Indigènes de la République

15 mai

Difficultés dans la théorisation marxiste de la race E. San Juan Jr. Période

La race pose problème au marxisme : comment éviter de réduire le racisme à un « dommage collatéral » de l’oppression économique ? Comment éviter de formuler des hypothèses historiques trop contraignantes sur ses origines et sa portée ? E. San Juan Jr. propose ici, dans un texte séminal publié pour la première fois en 1989, de confronter ces problèmes à partir du concept d’hégémonie et de conjoncture. La race et les luttes antiracistes se conçoivent dès lors comme des résultats singuliers de stratégies hégémoniques.

un texte de fond et fécond, assez proche de Stuart Hall, sur lequel je reviendrai. Extraits :

Une étude précise des conjonctures historiques plurielles est nécessaire pour savoir comment la reproduction des rapports sociaux opère dans le prisme de la race dans la mesure où, par exemple, le capitalisme fait s’exprimer les classes de diverses manières et à chaque niveau (économique, politique, idéologique) de la formation sociale. En effet, la manière dont la race attribue des valeurs, alloue des ressources et légitime la position/le statut social de populations racialement définies (en bref, le racisme), joue sur la constitution de fractions de travailleurs noirs, asiatiques ou hispaniques en tant que classe.  Autrement dit, les rapports de classe qui attribuent par la race une position sociale/politique/économique du sujet, fonctionnent comme des rapports de race. Hall déclare :

« la race est donc également une modalité par laquelle est « vécue » la classe, le moyen par lequel les relations de classe sont expérimentées, la forme par laquelle il est possible de lutter contre la reproduction des classes par le Capital, y compris contre la globalité de ses contradictions internes – structurées par la race. (Identités et cultures 2. Politiques des différences 1980, 341).»

À partir du postulat althussérien remodelé qui envisage la société en tant qu’entité complexe, la conception de la race de Hall en tant que principe idéologique mobilise la notion gramscienne d’hégémonie pour s’intéresser à son effectivité politique : la race comme terrain de la lutte des classes.

Dans tous les cas, j’aimerais conclure ces réflexions en proposant de soumettre à un examen plus approfondi le critère d’Harold Wolpe pour juger la valeur théorique et pratique d’une inscription de la dialectique race/classe dans un projet global de transformation socialiste :

« L’ordre racial, y compris les groupes raciaux « corporatistes », doivent être analysés comme le résultat de multiples déterminations sur lesquelles l’opération d’une économie caractérisée, de manière non-économiste, par les relations capital-travail, ainsi que par la structure du pouvoir étatique sont des éléments essentiels – cette explication ne peut être réduite à la race, même si le processus de catégorisation raciale ne peut non plus être réduit à la « pure » économie … La question fondamentale pour l’analyse marxiste est de savoir en quel sens et à quel degré la reproduction, la transformation et la désintégration de l’ordre racial servent à maintenir ou à miner les rapports compatibles avec l’accumulation du capital.»

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes' 

Wolpe, H., « Class Concepts, Class Struggle and Racism » In Theories of Race and Ethnic Relations,   dir. : J.Rex et D. Mason, pp. 110-130, Cambridge University Press, Cambridge, 1986, 129)

Ces quelques phrases impliquent que l’on ne peut définitivement pas ignorer le moment de la totalité ainsi que sa désintégration préfigurée dans la rupture révolutionnaire (Lefebvre, 1966). Mais comme le montre cet essai, la trajectoire de cette lutte complexe doit nécessairement faire l’épreuve de la destruction du racisme sous ses formes les plus diverses. Il n’y a pas de raccourci ou de détour possible. En effet, les politiques raciales sont une dimension essentielle dans la vie et la mort de millions de Noirs, d’Hispaniques, d’Asiatiques, d’Amérindiens (Native Americans) et d’autres communautés assignées racialement aux États-Unis. Ainsi, l’urgence et la nécessité pour toutes les forces progressistes est de s’attaquer au racisme aujourd’hui en tant que point d’équilibre, dont les contours restent encore assez mystérieux, de la lutte des classes contre la domination du capital et contre l’impérialisme.

voir aussi The E. SAN JUAN, Jr. Archive

1) Karl Marx et la 'race'

« Marx lui-même et, à sa suite, une partie des penseurs marxistes ont souscrit à l'entreprise coloniale au prétexte qu'elle hâtait l'entrée des sociétés pré-capitalistes dans la sphère du capitalisme, accélérant, sans le vouloir, l'avénement planétaire du communisme. Marx a pu ainsi considérer que « l'Angleterre a une double mission en Inde, l'une de destruction, l'autre de régénération : annihiler la vieille société asiatique et poser les fondements matériels de la société occidentale en Asie » [Marx, La domination britannique en Inde, 1853, Éditions Sociales Paris 1968]. Dans ses derniers écrits, il est vrai, il a partiellement réhabilité les possibilités de progrès inscrites dans les structures précapitalistes. Mais l'Occident seul a continué, à ses yeux, de donner le signal de ce progrès. » Sophie Bessis, L'Occident et les autres, histoire d'une suprématie, Sophie Bessis, La Découverte 2001, p.65-66

Cependant...  Karl Marx : « L'esclavage direct est le pivot de notre industrialisme actuel aussi bien que les machines, le crédit, etc. Sans esclavage vous n'avez pas de coton, sans coton vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donné de la valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont créé le commerce du monde, c'est le commerce du monde qui est la condition nécessaire de la grande industrie mécanique. Aussi avant la traite des nègres, les colonies ne donnaient à l'ancien monde que très peu de produits et ne changeaient pas visiblement la face du monde. Ainsi l'esclavage est une catégorie économique de la plus haute importance ». 28 décembre 1846 à Pavel Annekov

la communisation comme abolition du racialisme + hic salta ou franchir le pas en pratiques théoriques, TC théorie blanche occidentale Ultime avatar d'une exception française ?

« Karl Marx « Chaque centre industriel et commercial d'Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L'ouvrier anglais moyen déteste l'ouvrier irlandais en qu'il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l'ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l'Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les Blancs pauvres vis-à-vis des Nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L'Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l'ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande » Karl Marx « circulaire confidentielle » de la première Internationale le 1er Janvier 1870 

« Dans les États-Unis du nord de l'Amérique, toute velléité d'indépendance de la part des ouvriers est restée paralysée aussi longtemps que l'esclavage souillait une partie du sol de la République. Le travail sous peau blanche ne peut s'émanciper là où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri. Mais la mort de l'esclavage fit éclore immédiatement une vie nouvelle. Le premier fruit de la guerre fut l'agitation des huit heures, qui courut, avec les bottes de sept lieues de la locomotive, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique, depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu'en Californie. Le congrès général des ouvriers à Baltimore (16 août 1866) fit la déclaration suivante : "Le premier et le plus grand besoin du présent, pour délivrer le travail de ce pays de l'esclavage capitaliste, est la promulgation d'une loi d'après laquelle la journée de travail doit se composer de huit heures dans tous les États de l'Union américaine. Nous sommes décidés à mettre en œuvre toutes nos forces jusqu'à ce que ce glorieux résultat soit atteint" » Karl Marx, Le Capital I

Adress of the International Working Men's Association to Abraham Lincoln, President of the United States of America, Marx dec 30 1864

À Abraham Lincoln, président des États-Unis d'Amérique, AIT/Marx 30 déc 1864

(à compléter...)

2) les 'communistes' et la race

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

« Les contradictions communistes, la timidité de certaines positions, comme l'adhésion du PCF à l'Union française dans les années cinquante, ou sa référence répétée à la « grandeur française » et aux « intérêts de la France » dès son entrée au gouvernement en 1945, puis dans les débuts de la guerre d'Algérie, ne sont pas uniquement la conséquence de la généalogie dans laquelle s'inscrit la pensée marxiste puis léniniste, ni le seul résultat des calculs soviétiques. Ells reflètent également les ambiguïtés des classes ouvrières occidentales à l'égard d'entreprises coloniales dont elles ont, moins que d'autres mais elles aussi, touché les dividendes. La rhétorique anticapitaliste et messianique du communisme lui a permis, à de rares et partielles exceptions près, de faire l'économie d'une analyse des rapports des prolétariats européens avec le fait colonial puis migratoire, comme d'ailleurs avec la question des rapports de genre. Le racisme, le sexisme, l'antisémitisme, le colonialisme étant, dans la vulgate, des tares du capitalisme destinées à sombrer avec lui, le prolétariat en est exempt pour ainsi dire naturellement. » Ibid. p.67-68

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

Heureusement, depuis que les 'communisateurs' ont abandonné le programme ouvrier, la théorie l'a échappé belle !

[à compléter]

3) de dits 'communistes'

RIPOSTE laïque

Pas d'amalgame avec le PCF ou d'autres, mais on y trouve une espèce tenace de "communistes français"

« Le site Riposte Laïque a été créé en août 2007, par des anciens animateurs du journal en ligne Respublica. Il se réclame des principes laïques et républicains, et réunit des patriotes de gauche et de droite qui n’acceptent pas l’islamisation de leur pays, et le silence complice de la gauche et de la droite, devant ce péril mortel pour nos valeurs.»

«Houria Bouteldja : haro sur les prolétaires blancs»

la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

Souchien : de souche (« Français de souche ») avec le suffixe -ien. Néologisme de 2007 revendiqué comme humoristique par le mouvement politique les Indigènes de la République.

La Réunion / Racisme : les Femmes communistes soutiennent Taubira Clicanoo.com 7 novembre 2013

« Nous, Femmes communistes [de la Réunion], condamnons fermement ces propos et rappelons que tous, hommes et femmes, appartiennent à une seule et unique espèce humaine. Et, au moment où nous célébrons les 350 ans du Peuple Réunionnais, les Femmes communistes déclarent qu’il faut en finir avec la classification des humains par couleur »

18 janvier 2014

Censurer plus blanc anticapitaliste antiraciste internationaliste épargne de  polémiquer utile in la 'race' de Marx aux marxismes

Le site Bellaciao/France est réputé pour être très fréquenté, voire animé, administré et modéré (sic), par la mouvance "communiste" qui va du PCF au NPA, en passant pas quelques désencarté-e-s. J'y ai posté le texte La communisation comme abolition du racialisme avant-hier. Il est resté en ligne le temps de la post-modération rien à cette adresse. Entre temps, le message a été repris par anauseam.medialternative, aujourd'hui une page blanche (sic).

A priori, Bellaciao est tout sauf nationaliste français comme Riposte laïque, et autres dans la tradition du rouge-brun bien de chez nous. Mais voilà, la seule idée de révolution communiste leur donne des boutons, dieu sait de quelle couleur...

Où la raison s’endort en croyant s’éveiller 
Aux Lumières que leurs ombres font vaciller 
Continent entartré dans sa blancheur de plomb 
Salivant seul à seul d’un ridicule aplomb 
Sans dénouer son goût désuet d’unité 
De part en part gonflé par tant de vanités 
Cause qui cause en se mettant le doigt dans l’œil

Et ce pays non plus le mien j’arrive 
Trop tard et je le trouve si petit 
Si dérisoire d’oublier le temps 
Passé à trier son passé ses Vive 
La Républiqu’ désarmant l’appétit 
D'un peuple souverain déjà vaincu 
Dès qu'il entre à l’Eglise de l’Etat

Toutes voiles dehors le voile hors 
L’école aux enchères des marchands 
Du temple de l’égalité mord 
La poussière épuisée de ses chants 
Au miroir fétiche de ses ors 
Chaire sévère de l’irréel 
Quand le savoir n’est plus alléchant

Pas de quartier just the ghetto 
French colored people en cage 
D’escaliers pour tout bateau 
De plaisance où le caïd nage 
D’aisance et frime sur le dos 
De gosses interdits de rage 
Et bons pour la fosse commune
Extrait de la peau traverse les langages 18 octobre 2003

(à compléter)

3) Critique marxiste (théoricienn-ne)

Marxismes et Intersectionnalité, interview Selma Birge, Montréal, déjà citée in classe race genre : autant de "planchers de verre" ? / 7 janv 2014

La résistance française ? Extraits

« SB : Je ne pense pas qu'on puisse parler de façon générale d'une réception marxiste de l'intersectionnalité. De quel marxisme parle-t-on ? Dans quel contexte ? Qui le revendique et pour quoi faire? Quand on regarde un des textes fondateurs de la pensée intersectionnelle, le manifeste du collectif Combahee River, on voit bien que l'approche qui y est défendue s'inscrit dans la lignée marxiste mais lui fait des critiques internes qui sont formulées de la positionnalité (positionality) féministe africaine-américaine lesbienne. À cet égard, il convient de souligner, et j'ajouterai d'étudier davantage, la proximité théorique et politique entre l'intersectionnalité et lesbritish cultural studies où la filiation avec le marxisme est patente. Il faut bien entendu comprendre que le marxisme dont il est question ici en est un d'après le tournant gramscien marqué par le passage de l'idéologie à l'hégémonie, un qui en a fini avec le réductionnisme et le déterminisme économique de l'orthodoxie marxiste où le culturel est pensé soit comme un simple reflet des faits économiques ou encore comme une activité propagandiste. Ces approches néo-marxistes, qui émanent donc d'une remise en question interne (intra-marxiste) profonde entamée dans les années fin 1950 et poursuivie dans les décennies suivantes (1960 et 1970), commencent à s'intéresser à d'autres rapports sociaux structurants, de race et de genre précisément, sans les subsumer a priori sous les rapports de classe. Celles-ci suivent principalement deux orientations théoriques différentes : l'une centrée sur l'économie politique, et l'autre se focalisant sur l'analyse des liens entre les divisions de classe, la culture et l'hégémonie; c'est dans cette dernière que se situent en gros les british cultural studies. Toutefois, il faut souligner que lessensibilités intersectionnelles marquent aussi la première orientation, pas seulement la seconde, comme en témoignent par exemple certains travaux néo-marxistes de l'approche de l'économie politique qui se penchent sur la division sexuelle et ethnique du marché du travail sans traiter le genre, ni l'ethnicité comme une fausse conscience remplissant une fonction idéologique aux mains des dominants, celle de masquer les luttes de classe. Dès lors, l'étude de l'économie politique des inégalités sociales se façonne par une plus grande complexification de la question de classe avec l'apport du féminisme, de l'anti-colonialisme et de l'anti-racisme. On peut donc parler d'une « intersectionnalisation » des manières dont les inégalités sociales et la domination de classe sont comprises et étudiées par certains néo-marxistes de la branche dite « économie politique ». À l'heure où l'intersectionnalité est de plus en plus dépolitisée – une dépolitisation bien politique, soulignons-le, qui fait de l'intersectionnalité un outil du complexe néolibéral de gestion de la diversité dans lequel l'industrie académique est un joueur central – il me semble très important de rappeler cet héritage marxiste, et plus généralement la critique radicale qui est à la source et au cœur de la démarche intersectionnelle.

Il convient également de souligner que cette intersectionnalisation de la « question sociale » n'est pas vue comme légitime dans tous les contextes, en particulier en Europe continentale où la race est trop souvent déclarée hors-sujet et renvoyée au contexte étatsunien. L'exemple français est édifiant à cet égard : à une époque où les analyses néo-marxistes étatsuniennes et britanniques deviennent de plus en plus intersectionnelles, par exemple dans leur traitement de la main d'œuvre immigrée, on trouve en France une réaffirmation du non-lieu racial pour le contexte français par des figures aussi emblématiques que Bourdieu. J'invite les lecteurs à voir notamment un article datant de 1999 de Pierre Bourdieu et de Loïc Wacquant, publié dans Theory, Culture and Society, « On the Cunning of Imperialist Reason », où les sociologues délégitiment le recours à la race comme catégorie d'analyse et de lutte pour les populations postcoloniales de la France qui se trouvent accusées de contribuer à l'impérialisme culturel et académique américain et à la « globalisation des problèmes américains »… D'ailleurs l'héritage imposant de Bourdieu n'a pas uniquement délégitimé les questions ethniques et raciales comme des objets propres pour les sciences sociales françaises, mais également l'étude des cultures populaires et des productions culturelles de masse qui est au cœur des cultural studies. Les difficultés rencontrées par les cultural studies pour s'implanter dans l'espace francophone, en particulier en France, ne sont pas donc sans lien avec le primat de la sociologie bourdieusienne dans ce domaine qui a empêché le développement des lectures alternatives3. En somme, les discussions sur la généalogie de l'intersectionnalité et ses liens complexes avec d'autres courants de pensée, qu'il s'agisse des courants néo-marxistes ou post-structuralistes, doivent tenir compte des spécificités nationales et décortiquer les conditions permettant la délégitimation de certaines catégories et l'effacement de certains rapports de pouvoir dans certains contextes

(à compléter)