'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

 

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'question indigène' et théorie communiste : "communautarisme identitaire" ? allons donc ! 

 

1er novembre 2016

un an après la Marche de la dignité

le PIR fait le point un an après la Marche de la dignité du 31 octobre 2015 (voir mes photos)

Marche de la Dignité 2015. Un an après : un bilan politique

ce texte est pour moi à lire sous les deux angles de ma position :

- légitimité des luttes décoloniales auto-organisées et donc soutien à la dynamique mondiale dans laquelle se produisent les initiatives en France

- critique des limites et contradictions des luttes/pensée décoloniales, et particulièrement de la position politique du PIR, dont la théorie décoloniale refoule les positions marxistes en général, et privilégie des allainces avec "l'extrême-gauche" blanche démocrate radicale

voir le avec et contre HOURIA BOUTELDJA et le PIR, "RACE, CLASSE et GENRE" ? et autres questions communistes et décoloniales

pour une vision théorique : "Vers un MARXISME DÉCOLONIAL" / des marxistes s'emparent de la pensée décoloniale / citations, recensions, contradictions, réflexions, conversations

 

août 2016

cette page n'est plus alimentée depuis un an et ne porte donc pas sur les sujets d'actualité. Voir DÉCOLONISER le FÉMINISME ! Féminisme, voile, race et Islam... "Féministes blanches"... sexisme et racisme... et le burkini ?!

d'autre part, concernant Houria Bouteldja et le PIR, les choses ont beaucoup évolué, ainsi que se sont précisées mes considérations sur le PIR à la fois d'un point de vue communiste (marxiste) et décolonial. Voir avec et contre HOURIA BOUTELDJA et le PIR, "RACE, CLASSE et GENRE" ? et autres questions communistes et décoloniales : conversations

sur un plan plus général et théorique, voir "Vers un MARXISME DÉCOLONIAL" / MARX et 'marxismes' dans la pensée DÉCOLONIALE / citations, recensions, contradictions, réflexions, conversations

introduction 2015

le titre « une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ? » s'explique par l'interpellation d'un certain nono sur le site dndf, voir 17 janvier 2014, en bas. Elle a justifié ma réponse et l'ouverture de cette page

étant une des plus lues de mon blog, je la choisis pour des commentaires permanents autour de ce que j'appelle désormais la question indigène, définie comme la problématique des identités sous lesquelles peut apparaître l'affrontement de classe au capital, en tant qu'il racialise les rapports économiques, l'idéologie et la politique. Elle n'est donc pas réductible à ce qu'en dit ou ce qu'on dit du PIR, Parti des Indigènes, dont Houria Bouteldja est la porte-parole controversée. Mes différends avec le PIR sont clairs, mais je n'ai pas à leur faire de leçon. Je prends le PIR comme un moment nécessaire et transitoire dans la situation française, une expression contradictoire mais significative d'un besoin d'auto-organisation des indigènes (comme par ailleurs et de façon liée les femmes), dans les limites politiques et idéologiques que lui assigne ce parti, en tant que parti politique [...]

"Houria Bouteldja", je n'en fais pas une figure historique et symbolique telle qu'en son temps une Angela Davis avec son livre Femmes, classe et race, mais le nom emblématique et problématisant de la question indigène en France, en tant qu'elle est question de 'race', de femme, et de classe, structure dominante du capitalisme comme mode de production et de reproduction

cela permet de comprendre concrètement et donc théoriquement les identités de luttes sous lesquelles est produite en France une lutte de classe qui ne trouvera plus son unité sous une identité prolétarienne effective en tant que telle, depuis la disparition de l'identité ouvrière dans la restructuration du capital, et face à sa récupération néo-fascisante nationaliste, écologiste et féministe, par l'idéologie, la théorie et la politique dans les actes qui définissent un funeste destin

en relation : le racisme de classe en France : structurel, institutionnel et idéologique / le monde et le capital, l'Occident et les autres (avec Stuart Hall, Gayatri Spivak,... Marxisme et Etudes post-coloniales et subalternes etc.) /  'Marx aux antipodes' et la théorie de la communisation et pour le reste en suivant les indications quotidiennes dans vu du monde et d'ici

« Les Français, comme tous les occidentaux, ne sont pas fondamentalement racistes, mais ils voient le monde entier à partir d'eux. C'est l'imaginaire colonial qui est toujours disponible » Houria Bouteldja, 2012

13 août 2015

nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, l'exploitation et les dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie (structure of feeling) : exploitation du prolétariat, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant

l'ensemble des dossiers est dans le forum-livre éponyme

COMMUNISME DÉCOLONIAL

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

PLAN COMPLET (état 10 août 2015)

COMMUNISME DECOLONIAL, LIVRE OUVERT

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT,
pour une reformulation permanente de PERSPECTIVES RÉVOLUTIONNAIRES,
il n'y a que les LUTTES !


avertissement : dans chaque catégorie, l'ordre des sujets dans les catégories qui s'affiche est fonction des messages les plus récents


OBJECTIFS, DÉFINITIONS, PLAN COMPLET. Quelles ruptures théoriques et quelles luttes ?

- PLAN COMPLET du LIVRE-FORUM-JOURNAL...
- COMMUNISME DECOLONIAL : abandon du concept de communisation, pas de communisme sans décolonisation, pas de décolonialités sans communisme  
- dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, une reformulation permanente des PERSPECTIVES RÉVOLUTIONNAIRES
- objectifs : pourquoi ce livre-forum, ce plan, ces catégories et ressources ? Structure dynamique, cohérence d'un chantier permanent
- une "méthode" DIALECTIQUE DYNAMIQUE et COMPLEXE des CONTRADICTIONS, analyse de DÉPASSEMENTS à PRODUIRE  
- pourquoi pas un LIVRE ?
- communisation janvier 2015 : texte de rupture/ouverture théorique, communiste et décoloniale - Patlotch
- principes pour les discussions  

ACTUALITÉS : dans le moment présent du capitalisme, des colonialités, et des luttes, ou pas...

LUTTES, ANALYSES et THÉORIES, STRATÉGIES et ACTIVITÉS : QUE FAIRE ?

I. ANALYSES et THÉORIES des LUTTES, STRATÉGIES et ACTIVITÉS : QUE FAIRE ?

- STRATÉGIES COMMUNISTES et DÉCOLONIALES... THÉORIE POLITIQUE et LUTTES RÉVOLUTIONNAIRES...
- sur le 'THÉORICISME' : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer
- RAYMOND WILLIAMS : une longue révolution... un lien théorique essentiel entre critique marxiste de la société et critique décoloniale !
- PENSER-LUTTER-TRANSFORMER, avec Henri Meschonnic
- LES DERNIERS FEUX du MILIEU THÉORISTE RADICAL POST-ULTRAGAUCHE : une LONGUE IMPOSTURE !
- ÊTRE ou NE PAS ÊTRE "RÉVOLUTIONNAIRE" : qu'en est-il ?
- pour en finir avec les PROFESSEURS en révolution et les ÉDUCATEURS SOCIAUX encadrant les radicalités
- un MANIFESTE révolutionnaire ? des "so called marxistes", "anarchistes", et autres "communisateurs" faisons table rase...
- L'ANTI-COMMUNISME nouveau est arrivé : Woland de Sic en Syrisa, Corcuff anarchiste d'État... Homs, Wajnsztejn, Dréan, et "anarchistes" lavant plus blanc, communisation identitaire européenne ? "ultra-gauches" et "communisateurs" off-side !
- Théorie et enquête, Crise et enquête... Viewpoint Magazine : bonnes nouvelles d'Amérique ?
- pour en finir avec la théorie de la COMMUNISATION
- "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010
- du 'maximalisme ULTRAGAUCHE', un DOGME du 'Prolétariat universel', entre pertinence et aberrationscritiques
- de l'AUTOGESTION et de l'AUTONOMIE, Autonomie et "Principe espérance" (Bloch)
- COMMUNISATION et WERTKRITIK (CRITIQUE de la VALEUR) : entre 'vases vides' et 'outres gonflées' par le vent
- L’hypothèse communiste et la question de l’organisation / The Idea of Communism and the Party-Form (on Negri/Hardt...)
- critique de l'INTERVENTION par Théorie Communiste, 2008, 2010, et autres considérations de 1981 à aujourd'hui
- Trapped at a Party Where No One Likes You, Communist in Situ 2015  

II. LE MOMENT ACTUEL et les LUTTES, textes et discussions

- L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE de l'extrême-droite aux anarchistes, avec Théorie Communiste (Roland Simon)... Todd... Alain Bertho... contre les temps a-critiques
- la République et l'Idéologie française en images : Maréchal Gavroche, nous voilà !
- SYRISA en Grèce, PODEMOS en Espagne... Et la France radicale de gauche ? Quel paradigme en Europe ? Une leçon d'histoire au présent
- dans la CRISE, des LUTTES : grèves, manifestations, occupations...
- QUANTITÉS et QUALITÉS, SEUILS... DÉMOGRAPHIES et GÉOSTRATÉGIES du capital et des luttes
- LE NÉO-POPULISME et le FASCISME FRANÇAIS, la nébuleuse anti-système entre extrême-droite et "ultragauche", écolo-national-anarchisme... entre racisme et anti-racisme abstrait...
- "QUARTIERS POPULAIRES", PROLOPHOBIE RACIALISÉE : histoire, témoignages, luttes et théorie-
- ÉMEUTES, Riots... / 2005, 10 ans après... / VIOLENCES POLICIÈRES...
- émeutes et revendications, à propos de la Suède...
- un retour du PROGRAMMATISME ? et les néo-trotskistes libertaires, Bihr, Corcuff... ANARCHISME D'ÉTAT
- d'une plongée dans le Club Médiapart de l'Idéologie française : des fins et de la suite dans les idées



CLASSES et CAPITAL : comme 'économie politique', pas de capitalisme sans EXPLOITATION du prolétariat

- PAUVRETÉ et RICHESSE : un produit de l'exploitation capitaliste, du racisme, du sexisme
- des "CLASSES MOYENNES", encadrement, prolétarisation, trans-classisme et prolophobie racialiste
- au boulot !? et si l'on parlait du TRAVAIL ?... des précaires, des chômeurs, des expulsés, des morts...
- IM)MIGRANT.E.S, (im)migrations, 'transnationalisme' et 'précariat globalisé' / Refugee Movement
- travailleuses et travailleurs DOMESTIQUES / Servants / Domestic Workers  7 Admin 71 le Ven 31 Juil - 18:16
- le TRAVAIL TUE plus que les violences policières  4 Admin 72 le Ven 31 Juil - 16:27
- ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ?
- les ROBOTS contre le prolétariat ? mais... quelle plus-value ?
- 'STRUCTURE à DOMINANTE', CONJONCTURE, "STRUCTURE of FEELING'... (Althusser, Gramsci, Raymond Williams, Stuart Hall...)
- RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : et la Chine, l'Inde, les BRICS, l'Afrique... ?
- les ENFANTS au TRAVAIL dans le monde
- PROLÉTARIAT : je t'aime, un peu, beaucoup... à la folie... pas du tout ?
- "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : Seuls 25% de tous les travailleurs du monde ont un emploi stable
- la société est générale, critique poétique de l'économie politique
- économies parallèles, mafias, États "corrompus"... encore le capitalisme
- implication réciproque : Théorie de la régulation, ou de la collaboration des classes ?
- la grève historique du rail souligne la radicalisation des conflits en Allemagne
- où en sont-ils dans la crise ? Tout va très bien, Madame la Marquise
- ruptures dans "la société capitaliste", crise et réactions antisociales, antisociétales, contre-culture...  


ÉTAT, POLICE, ARMÉE, MÉDIAS, DOMINATIONS des populations : Impérialisme ? Colonialisme ? Fascisme ? Critique de la démocratie politique

- combattre l'État, c'est combattre le capital, et réciproquement...
- critique de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, de la République, et de la politique
- VILLES et DISQUALIFICATIONS : pauvreté, immigration, marginalité urbaine, banlieue, intégration et colonialisme
- l'IDÉOLOGIE
- ÉTAT TRANSNATIONAL, GÉOSTRATÉGIE et capitalisme global : "néo-impérialismes" ?
- des ÉTATS aux ambitions HÉGÉMONIQUES ?
- mais où est l'État ?!! « L'ÉTAT PROFOND » : késako ?
- informations, déformations, "complots" et "révélations" : les MÉDIAS, les journalistes, et l'idéologie
- SURVEILLANCE de la POPULATION, mesures sécuritaires et liberticides, caméras, écoutes, numérique...
- abolir les PRISONS : contre tous les lieux d'ENFERMEMENT
- MILITARISATION de la POLICE et contrôle des populations, L'INDUSTRIE RACIALE DES PRISONS
- LUTTE ANTITERRORISTE : la grande imposture
- GUERRES, «nos» armées et les autres... Guerre pour l'économie... guerres idéologiques, etc.
- SOUVERAINISMES, NATIONALISMES, POPULISMES, SÉPARATISMES...
- (ANTI-)IMPÉRIALISMES en AFRIQUE... et l'AMÉRIQUE LATINE ?
- la théorie de la communisation et la question du FASCISME, Cherry Angiona 2012
- implosion du paradigme politique gauche/droite ? décomposition institutionnelle ?
- the Ends of the State / L'État et la stratégie de la révolution. Rountable 2014



DÉCOLONIALITÉS pour des COMMUNISMES PLURIVERSELS, sans frontières et sans classes

>> COLONIALISME, RACISME, COLONIALITÉS et CAPITALISME d'hier à aujourd'hui

- LA LOGIQUE COLONIALE FRANÇAISE d'hier à aujourd'hui  8 Admin 62 Aujourd'hui à 3:54
- CAPITALISME et COLONIALISME : quelques aspects d'un mariage durable, de raison et d'amour
- 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel, racisme systémique, racisme d'État...
- les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness ? BLANCHITÉ ?
- repenser le RACISME et l'ANTIRACISME, dépasser la racialisation et abolir le racialisme : auto-organisation !
- COLOR LINE, W.E.B Dubois
- contre l'ANTIRACISME UNIVERSEL INCOLORE HUMANISTE ou PROLÉTARIEN et le matérialisme abstrait, les luttes décoloniales (limites du PIR et environs)
- CLASSES, 'RACES', FEMMES aux USA... Luttes, émeutes... Riot Ferguson, Baltimore...
- races, classes, femmes et dieux, vus de mon quartier : photographies et poèmes
- La construction étatique d’une hiérarchisation « des racismes » et autres textes de Saïd Bouamama
- Black Feminist Revolution in Japan ?... Immigration et racisme, immigration et robotisation
- Guadeloupe: réquisitoire du LKP contre François Hollande  

>> les LUTTES DÉCOLONIALES, le MARXISME et le COMMUNISME : définitions et problématiques

- DÉCOLONISER les ESPRITS et les SAVOIRS = Deconstructing Colonial Mentality
- critiques décoloniales de l'INTERSECTIONNALITÉ et du POST-COLONIAL
- DÉCOLONIALITÉ, vue des DOGMES 'marxistes', 'anarchistes' et féministes eurocentristes... et la 'communisation' ?
- DÉCOLONIALITÉ : introduction, définitions, textes... et la LUTTE des CLASSES ?
- PERSPECTIVE COMMUNISTE PLURIVERSELLE, transfrontière et transmoderne
- des usages "réformistes" de la critique décoloniale
- LUTTES DÉCOLONIALES, FÉMINISTES et contre la RACIALISATION... Vers l'auto-organisation ?
- DÉCOLONISER l'ANARCHISME et les "COMMUNISATEURS"... Les anarchistes, le racisme et l'antiracisme, l'antisémitisme et l'antisionisme, le colonialisme et les luttes décoloniales
- pour une THÉORIE DÉCOLONIALE du COMMUNISME : décoloniser les théories de la révolution
- transmodernité, pensée-frontalière et colonialité globale : altérités épistémiques et capitalisme global
- CULTURE, "Siècle des Lumières", and EUROCENTRISME : "The universality of Marx" Loren Goldner 1989



FEMMES, CLASSES, COLONIALITÉS : la DOMINATION MASCULINE => auto-organisation...

SEXE, GENRE et CAPITALISME / FÉMINISME et MARXISME, avec Cinzia Arruzza... Limites de théories réductrices ou totalisantes / Et le "féminisme matérialiste" ?
- FÉMINISMES DÉCOLONIAUX... Critique du concept de "genre"...
- FÉMINISME et ISLAM, VOILE... FÉMINISME et RACISME...
- la DOMINATION MASCULINE dans le monde
- la DOMINATION MASCULINE en FRANCE, sexime, machisme, violences... Madame domestique...
- FÉMINISME et COMMUNISATION, Constance Chatterley janvier 2015 : actualité de la théorie communiste, femmes et luttes de classes, critique de la famille, de la "théorie du genre", etc.
- FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?
- luttes des FEMMES... AUTO-ORGANISATION ?
- travailleuses et travailleurs DOMESTIQUES / Domestic Workers => renvoi au sujet pour info
- féminisme, marxisme, communisme... Révolution ! avec Nicole-Edith Thévenin
- 'paternalisme lubrique' ou domination mâle sur des 'privilégiéEs' ?
- "Mère ou domestique, le rôle de la femme à Singapour reste soumis aux valeurs patriarcales"
- le site INCENDO, beaucoup de genre, un manque de classe : un coup de la sorcière ?  


IDENTITÉS, PARTICULARITÉS et CLASSES, NATIONS, RELIGIONS, PARTIS... : DÉPASSEMENTS à PRODUIRE

'DÉPASSEMENTS à PRODUIRE' : un concept capital renouvelé par la DIALECTIQUE COMPLEXE de Patlotch / 'Temps critiques' dans l'idéologie française anti-dialectique, 'Théorie Communiste' dans son carcan structuralo-conceptuel, ces 2 TC impénitents eurocentrés
- ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... Judaïsme... Juifs anti-colonialistes et décoloniaux...
- ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en question
- Claude Guillon, un cadavre : l'anarchisme communautariste et l'identité non dépassable ? Yves Coleman : Patlotch raciste... le surf des bobos anars dans l'idéologie française universelle... de cheval blanc
- ANARCHISTE ou COMMUNISTE ? Quel BESOIN d'un NOM ?
- sur « LA RELIGION, OPIUM DU PEUPLE », athéisme, communismes et religions, idéologie...
- Prolétariat et Classes, PEUPLES et NATIONS
- contre les fragmentations d'un potentiel sujet révolutionnaire, pour la subjectivation révolutionnaire, œuvrer à la transversalité de l'activité des communistes  


l'HUMAIN', l'AGRICULTURE, la 'NATURE', la SCIENCE et le 'PROGRÈS' : destruction ou communauté du vivant ?

- le 'PROGRÈS', la SCIENCE, l'HUMAIN et le capital... TRANSHUMANISME sans frontières humaines
- AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE
- POLLUTIONS: ras-le-bol ! bols d'air, bols d'eau... qui valent de l'or
- L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean Zin
- 'L'empire extractiviste. Vols, dette illégitime, malnutrition... accaparement de terres, luttes...
- DÉSASTRES "écologiques" du colonialisme et du capitalisme
- l’écosocialisme entre théories révolutionnaires et alternative capitalisme verte  4 Admin 72 le Mar 30 Juin - 12:43
Patlotch Voir le dernier message
- "La nature n’existe pas" Paul Guillibert
- Marx écologiste ?... le marxisme actuel a abandonné le "productivisme
- L'«HUMAIN», un RAPPORT intrinsèque à la «NATURE» à créer  



L'INDIVIDU au-delà de L'INDIVIDUALISME => "Je est des autres" : « Ni l'un, ni l'autre, mais quelque chose au-delà »

- "l'individualisme révolutionnaire", et autres serpents à sornettes
- Philosophie, aliénation et néocapitalisme : entretien avec Stéphane Haber
- pour et par les individus 2011-2012 et autres textes depuis 2004 Patlotch
- Organizing and Identity: Intersections, Eviscerations and Individuality
- "l'individu chez Marx" Noun de Los Cobos 1997-98, "Marx philosophe de l'intersubjectivité", Jad Hatem 2002  


RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION de Guy Debord à Patlotch... JAZZ... RAP...

- L'ARTISTE ? UN CADAVRE ! un renversement poétique et révolutionnaire de Guy Debord à... Patlotch...
- PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même (sur Guy Debord et la révolution poétique)
- POÈMES : ŒUVRES-SUJETS performatrices (Meschonnic) / POÉTIQUE de la RELATION (Édouard Glissant)
- JAZZ et COMMUNISME : une matrice de la poétique révolutionnaire / la révolution comme 'œuvre-sujet'
- ŒUVRES-SUJETS PERFORMATRICES en ARTS : des usages révolutionnaires ? JAZZ... RAP...
- PENSÉES diverses à marier sans modération
- LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits
- LIVRES : ya pas photo ? mon œil !


LIENS communisme, décolonial, féminisme, écologie radicale et autres ressources

- liens communisme, révolution, et alentours (ex "communisation")  
- décolonialité, critique post-coloniale et subalterne... et marxisme
- liens 'féminisme' dans une perspective révolutionnaire
- liens 'écologie radicale'
- 'ressources' et sources d'infos diverses


PROBLÈMES du forum, propositions, réclamations, insultes...

- la vie du forum : visites, réception, conseils, mises à jour, etc.
- Problèmes ? Suggestions ? Hurlements en faveur de Patlotch ? Insultes ?
- présentation, lisibilité, couleurs...
- 'droits' des invités  

12 mai

communisation et décolonialité : un changement essentiel tant théorique que relatif aux luttes actuelles : la rupture 'communiste' se double d'une rupture 'décoloniale' dans la théorie de la communisation - 12 mai 2015

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! décolonialité : histoire, théorie et luttes actuelles  Ramon Grosfoguel, vidéo 2:11'

10 mai

après le meeting des 10 ans du PIR

« Nous ne pouvons pas les nommer tous mais un grand merci à tous ceux qui ont contribué à la réussite du 10e anniversaire du PIR.

Nous avons revu Angela Davis aujourd'hui pour une réunion de débriefing et de perspectives avec la BAN, la Voix des Rroms, le CCIF, la fondation Franz Fanon, Mémoire en marche de Marseille, le FUIQP, le Collectif Ali Ziri, le Collectif contre Exibit B, Bruxelles Panthers, Stop au contrôle au faciès, le COFAD, Urgence notre police assassine et le Collectif Georges Ibrahim Abdallah Paris. Elle nous a écouté lui dresser un tableau de la situation en France dans l'après Charlie. Chacun a pu s'exprimer : les crimes policiers, le racisme structurel, les prisons, la négrophobie, l'islamophobie, la Rromophobie.

Angela Davis nous a réaffirmé son enthousiasme à l’issue de cette réunion, son intérêt pour les analyses et expériences politiques des luttes indigènes en France, et son plein soutien à la marche pour la dignité et contre le racisme qui aura lieu le 31 octobre prochain à l'appel d'Amal Bentounsi et d'un collectif de femmes en cours de constitution.. Elle nous a également dit que bien qu’étant venue en France des dizaines de fois, c’était la première fois qu’elle participait à un meeting d'une telle qualité politique et d'une telle émotion.

Cet événement formidable jette une lueur d'espoir sur un paysage politique dévasté, à un moment très dur où l'Etat est à l’offensive sur tous les fronts. Il nous rappelle une règle inébranlable, unis nous ne pourrons être vaincus !
»

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! votre serviteur quelque part déguisé en non-Indigène

j'ai également quelques photos, mais pas encore "développées"

3 mai

ces questions seront désormais abordées dans le forum sur la communisation, à la rubrique

CLASSES et IDENTITÉS ('races', ethnies, religions, nations...) : comment dépasser les divisions ?

1er mai 

Baltimore more... suite, débat possible sur le forum : Ferguson, Baltimore... Question raciale aux USA... mais en France ?

USA : émergence d’une nouvelle génération de radicaux noirs Regard sur l'Afrique 1er mai

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 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

Baltimore more...

un texte qui confirme mes appréhensions exprimées il y a deux jours

déclaration d'un camarade natif de Baltimore sur le soulèvement Sic 30 avril (traduction Patlotch approximative en attente de mieux...)

Quelque chose de très important se passe non seulement à Baltimore, mais à travers toute l'Amérique noire. Aucun décès n'a été imputé aux manifestants dans une ville où 250 personnes sont tuées par an, la quasi-totalité de ces victimes d'homicides étant noires. Malgré les incendies et les pillages, les jeunes gens de Baltimore ont encore montré une plus grande retenue dans leurs conflits avec la police et les propriétaires de magasin. Je dis cela parce que pendant des années, ma famille aussi a fait l'objet d'assassinats et nombreux morts.

Comment se fait-il que le soulèvement actuel, malgré sa violence, n'ait pas débouché sur une guerre ouverte entre blancs et noirs, flics et enfants, propriétaires et locataires, patrons et travailleurs, compte tenu du fait que la guerre ouverte entre les jeunes hommes noirs dans toute la région est incessante ? Parce que les jeunes Noirs apprécient plus encore la vie de leurs ennemis structurels que la leur propre. Le processus de ce qui est probablement l'organisme social d'auto-cannibalisme le plus efficace dans l'histoire – fusillades nocturnes, agressions, overdoses – est un projet qui a été construit depuis des siècles.

Les jeunes noirs de Baltimore ont été conditionnés pour se considérer eux-mêmes comme le problème. Toutes les questions socio-économiques qui se posent sont en quelque sorte le résultat de leur comportement. Ils entendent cela, non seulement de la part des flics blancs, des enseignants philippins, des propriétaires de magasin de liqueur coréens, mais aussi du grand nombre de noirs qui ont fréquenté Coppin ou Morgan, obtenu des emplois décents et décidé que la raison pour laquelle la police les vise eux, c'est que leurs biens ne doivent pas augmenter, ou ils ne doivent pas avoir d'augmentation de salaire, parce que « les négros » ont quitté le comté , qu'ils se sont toujours volés entre eux ou que « le reste d'entre nous » se fait mal voir.

La structure de l'Amérique a évolué pour s'assurer qu'il y ait pas de place pour ces jeunes. Les mouvements d'aujourd'hui ne feront pas écho aux luttes des années soixante. Aujourd'hui il n'y a aucune protection comme dans le boom économique d'après-guerre, pas d'emplois bien rémunérés pour les travailleurs peu qualifiés, aucun effort pour intégrer les noirs pauvres dans le processus productif. Des décennies de désindustrialisation ont stoppé les tentatives économiques d'intégrer les Noirs à faible revenu au marché du travail, et l'augmentation exponentielle du système pénitentiaire depuis quatre décennies signifie un retour au système esclavagiste comme moyen de gérer l'Amérique noire. Ce à quoi nous assistons à Ferguson, Baltimore et, bientôt, dans les quartiers noirs partout en Amérique, c'est à une rébellion d'esclaves modernes.

Aujourd'hui, il n'y a aucune direction noire légitime. Plus que tout, l'ascension d'une poignée de noirs à des postes de pouvoir a démontré l'impossibilité structurelle de trouver une place pour la majorité des Noirs en Amérique. Un maire noir, un chef de la police noire, un président noir et Baltimore brûle toujours.

Ce n'est pas une situation pleine d'espoir. Il est parfaitement possible qu'il n'y ait aucune résolution de ces problèmes. Je ne peux qu'espérer que les gens qui ont conçu cette architecture de la misère noire, ce hachoir à viande de chair noire, vont sentirez le poids des dents et des ongles sur leur propre cou.

Josh Baltimore

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28 avril

Baltimore, mort and more... et la France ?

avec Pap Ndiaye

« Obama est rattrapé par la question raciale » Libération 28 avril

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! 2009  'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! 2008

en France, Pap Ndiaye, franco-sénégalais, est volontiers interviewé comme le nouveau sociologue expert des questions afro-américaines, qu'il est incontestablement, moins souvent pour être l'initiateur des Black Studies à la française

le PIR, Parti des Indigènes de la république, ou du moins Sadri Khiari, n'aime pas Pap Ndiaye. À propos de ce livre :

Pap Ndiaye tire à blanc 2010

je n'ai pas lu ce livre entièrement, mais la critique de Khiari n'a rien de suprenant, dans la mesure où sa structure d'analyse de base est la 'race', sur la base d'un histoire du colonialisme, dont il ne fait pas d'abord une nécessité du capital à ses fondements et par la suite. Autrement dit, s'il est vrai que Pap Ndiaye n'a rien d'un gauchiste racialiste voulant prouver ce dont il est a priori convaincu. C'est un sociologue sérieux, et c'est le premier mérite de son livre. Plutôt que lui tirer dessus à boulets noirs, il peut être fécond de s'en servir avant de s'agiter

Marie Ndiaye n'écrit pas en noire

pour qui n'est pas passionné par ces approches, noter que la préface de « La condition noire » est écrite par Marie Ndiaye, sœur cadette de l'auteur, et romancière à la plume alerte, souvent drôle, et plutôt lucide

Marie Ndiaye refuse l'image de « métisse » ou d'Africaine que de nombreuses personnes ont d'elle « Cela renvoie une image qui n’est pas la mienne. Mon père est rentré en Afrique quand j’avais un an. Je n’ai jamais vécu avec lui. J’ai grandi en banlieue, je suis 100 % Française, avec les vacances dans la Beauce... On pense à tort que j’ai la double nationalité, la double culture. Mais je ne suis pas gênée que l’on dise de moi au Sénégal que je suis Africaine. / Je regrette depuis toujours de ne pas avoir de double culture alors que j'étais dans une situation idéale pour l'avoir / Je n'ai pas eu une enfance africaine, je ne l'aurai jamais. À 42 ans, il est trop tard pour acquérir une double culture. Aujourd'hui, j'ai plutôt conscience de ce que c'est de ne pas en avoir, de ce que représente un métissage tronqué dont on n'a que les apparences »

je l'ai lu comme une romancière. Point. Conseillé entre autres : Trois femmes puissantes

« Déchirements intimes, identitaires, interrogations sur l'appartenance et la condition humaine sont autant au cœur de ce triptyque troublant, vertigineux, composé dans un style éminemment élégant et épuré, qui en fait toute sa force, sa puissance.» Christine Rousseau, Le Monde des Livres 2009

pour revenir à Baltimore, dndf relaie une série d'article et pose cette question : Baltimore : Le spectre des émeutes des années 1960 ?

Ndiaye y répond indirectement en disant qu'un Président noir n'a pas fait mieux que ses prédécesseurs blancs pour les Noir.e.s d'en-bas, c'est-à-dire à leurs yeux plus mal. La période étant différente, il ne semble pas y avoir d'issue à des revendications d'intégration ou d'égalité raciale, ni même pour moins de violences policières. Si vient une vague d'émeutes, elles seront d'emblée plus marquées que dans les années 60 par un caractère de classe, ce qui ne signifie pas qu'elles trouveront une issue politique et sociale favorable, mais qu'elles participeront d'un moment dans la crise dont on voit les mêmes conséquences un peu partout, dans leurs particularités

2005 : un état d'urgence français face à des émeutes françaises, sans précédent depuis la Guerre d'Algérie

le tour de la France viendra - il est déjà venu puisque 2015, en plus du 10ème anniversaire du PIR, événement politique important mais à la marge, c'est celui des émeutes dans « nos banlieues », et d'un état d'urgence français, sans précédent depuis la Guerre d'Algérie...

c'est en ceci qu'il faut poser 'la question indigène' sur la table de la théorie de la communisation, comme importante pour comprendre les luttes à venir et agir en leur sein

concernant Baltimore encore, en relation de ce matin Baltimore, femme, race, classe... Another view

et ce poème du 25 avril

Sonnet à charge

à Freddie et Fredricka Gray

À Baltimore
ton frère est mort
le cou tordu
un coup perdu ?

Ferguson sonne
un noir tocsin
là-bas personne
est l'assassin ?

L'ennemi raye
de Maryland en Missouri
les Freddy Gray

Sont-ils tous gris ?
la haine est blanche
les flics aussi

FoSoBo 26 avril 23:56 2015 22 (v'la les flics) sonnet 195

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !  'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !  'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

vidéo                                                                                                Fredricka, sœur jumelle de Freddie Gray                                          Stephanie Rawlings-Blake, maire de Baltimore

« Fredricka Gray a lancé un appel au calme. « Ma famille veut vous dire : s'il vous plaît, s'il vous plaît, arrêtez la violence. Freddie ne voudrait pas ça ». Elle parlait aux côtés de la maire [démocrate] de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, « profondément déçue » par les violences, dont elle a accusé « un petit groupe d'agitateurs ».» Le Monde 25 avril

 

12 avril

classe, genre, race : pour en finir avec les "inepties" historiques et structuralistes de Théorie communiste 

l'Histoire à l'envers selon pepe

rapidement...

pepe dndf 12 avril : « Pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, je ne disais pas que je comprenais, dans les positions de TC, que la distinction de race était propre au mode de production capitaliste (donc récente) mais qu’elle découlait de la double contradiction de base des sociètés de classes, la contradiction de classes articulée à la distinction de genres

la distinction de race, comme nous venons de le redire dans traite arabe des Noir.e.s , Commerce triangulaire européen, Capitalisme et racisme moderne à propos de la remarque d'adé, est construite dans sa forme moderne par la nécessité de créer, idéologiquement, politiquement, économiquement, militairement et le tout massivement de façon pratique car visible, par une distinction de couleurs et d'origines, une catégorie de population à part, inférieure aux Blancs, justifiant l'esclavage, la traite et l'exploitation dans les plantations annonçant les usines, etc.

1) la distinction de race n'est pas ultérieure à la contradiction de classe puisqu'elle participe de sa production historique;

2) la distinction de race ne « découle » pas en elle-même de la « contradiction de genre » (bizarreté dialectique qui débouche bien ou mal comprise sur le « détruire les hommes et les femmes » d'Incendo Genre&Classe), même si le sort des femmes est différent, puisqu'elles doivent reproduire des esclaves nés hors d'Afrique, reproduction comme preinipale force productive comme l'a analysé Théorie Communiste (les dates d'abolitions de la traite et de l'esclavage sont décalées dans le temps et selon les régions du monde, en fonction des luttes des esclaves, des intérêts capitalistes locaux, des politiques des États concernés et de leur poids dans les confrontations géopolitiques inter-impérialistes d'alors, et en dernière analyse de l'intérêt général de passer de l'esclave au salariat sans lequel le capitalisme ne peut étendre sa domination mondiale)

3) l'articulation dans le capitalisme de la contradiction de classe et de la distinction de genre est au plus tôt concomittante (avant il n'y avait pas de mode de production capitaliste), au plus tard produite dans le capitalisme déjà constitué comme mode de production formelle, tel que l'analyse Marx à son époque

j'ai donné des exemples concrets [à retrouver...] de la construction de la race sur la terre américaine même. On voit très bien qu'elle n'est pas immédiate, et en quelque sorte pas liée au principe de la déportation humaine de masse comme force de travail, qui elle n'a pas une raison raciale 

métissages sociaux et raciaux par l'appropriation blanche-mâle des femmes 'indigènes', et conséquences encore aujourd'hui

la construction non de "la race" mais des races" dont la blanche qu'on oublie le plus souvent, se fait sur place dans le temps, avec tous les intermédiaires dus aux métissages, consécutifs le plus souvent aux viols des femmes noires par les maîtres, avec tout ce qui s'en suivra de « bénéfices secondaires » ou à l'inverse de dommages, selon la gradation de la « noirceur » ou de la « blancheur », une vision différente chez les protestants et les catholiques (dans un cas, un peu blanc, tu es blanc, donc un être humain susceptible d'être converti; dans l'autre un peu noir tu es noir, donc un animal. Cf Controverse de Valladolid ou autres plus tardivement)

de ces gradations subtiles bien connues aux USA et dans les Caraïbes, et selon les origines et l'évolution sociale des descendants d'esclaves ou d'affranchis, cela peut donner au pire les confusions à répétitions d'un Yves Coleman dans sa chasse aux « islamo-gauchistes » et autres « communautaristes identitaires » qu'on retrouve chez certains « camarades », tout ça sur fond de problèmes psychologiques graves d'identité individuelle non réglés, tels qu'analysés par Fanon dans Peau noire, masque blanc. Le tout est recouvert du prétexte idéologique et antiraciste universel de l'antisémitisme, en déniant toute validité au concept d'«islamophobie », dont l'intérêt est politique du fait de son sens compris par tous, ni plus ni moins rigoureux qu'antisémitisme, comme le rappelle Houria Bouteldja

l'irraison de la raison vs la "science" du « marxisme historique et dialectique »

parfois le réel est rationnel au-delà de la raison, et surtout de la folie de langage qui menace quand on veut à tout prix avoir raison (allant « vite en besogne, le cœur prenant le pas sur la cervelle» Roland Simon)

pepe soutient par conséquent une mauvaise historicisation, un double ou triple anachronisme, le premier concernant l'invention de la race pour le capital, les deuxième et troisième concernant le lien du genre à la race et à la classe

j'ai montré depuis un an, en me fondant sur les luttes où elle sont présentes, à propos d'intersectionnalité classe/genre/race, comment il fallait prendre les 3 tour à tour 2 à 2 dans leur rapport à la 3ème, puis articuler le tout ensemble comme structuré à dominante, et non structure d'essentialité de la race ou du genre s'ajoutant à la structure de classe du capital - c'est la démonstration 'scientifique' (comme on parlait jadis de « socialisme scientifique » ;-) dont Dauvé formule - plus bas - le résultat

avec de telles croyances structuralistes à l'emporte-pièce, on peut conserver la construction genre/classe en contradictions dites « consubstancielles » et minorer la distinction de race, puisqu'il est bien sûr impossible d'en faire une contradiction structurelle du capitalisme

si on regarde ça sérieusement et de plus près, la théorie classe-genre de Théorie communiste s'effondre, tout simplement

tout ça n'enlève rien aux femmes, et sans besoin de les « détruire », ne « secondarise pas le genre par rapport à la race » comme le prétendait Bernard Lyon dans Utérus versus Mélanine

il suffit de se rendre à la raison, comme comme celle de Gilles Dauvé par exemple, quand il écrit en 2012 dans Et maintenant:

« Il existe des réalités structurantes et d’autres structurées. Par exemple, la question du travail détermine la question sexuelle, mais on ne détruira le travail qu’en détruisant aussi la division sexuelle du travail, c’est-à-dire en bouleversant le rapport homme/femme. Il ne s’agit pas de reléguer les concepts de classe et de prolétariat à une place secondaire, mais de leur donner leur plein sens aujourd’hui

résultats et conclusion : la communisation, comme théorie, comme lutte de classe, et comme activités des communistes, n'a que faire des fantasmes conceptuels à « sexe sans excès » de Roland Simon, de ses ouailles et de ses oies du capital

exit leur théorie classe-genre laissant les races dans l'ombre de leur blancheur théorique immaculée et intouchable

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9 avril 2015

'la question indigène' par le petit bout de la lorgnette de la représentation politique

La gauche, les Indigènes, l’antisémitisme… Réflexions pour « politiser l’antiracisme » à partir de la contribution de Houria Bouteldja une contribution npa 8 avril

Sur le « philosémitisme d’Etat » / L’angle mort du point de vue de la classe ouvrière blanche / L’angle mort du point de vue des Indigènes / L’angle mort de la Nation

j'y reviendrai peut-être, mais une remarque s'impose. Ce point de vue, bien qu'individuel, est celui de parti à parti. quand l'auteur parle des « Indigènes », il s'agit du PIR, Parti des Indigènes de la République, dans une approche consistant à dire ce qu'il est bien ou mal de faire en tant que tel. Quand je parle des Indigènes ou de 'la question indigène', il s'agit des personnes racisées ou racialisées comme particularités les définissant dans le regard idéologique (eux et nous). Je parle plus précisément des prolétaires racialisés et subissant la domination raciale en sus de leur situation dans les rapports sociaux de classe.

autrement dit, si je partage un certain nombre d'observations, comme on l'a vu relativement à l'antisémitisme, au «philosémitisme d'Etat» ou à «l'islamophophie», je prends le PIR pour ce qu'il est (pour le meilleur aussi dans la nécessité d'une auto-organisation) en tant qu'un parti exprimant de façon contradictoire les intérêts de ces Indigènes, les prolétaires racialisés

la conclusion en découle immédiatement différente, puisque le npa a aussi des intérêts électoralistes de représentation politique

conclusion : 

Ma conviction est que la « politisation » de l’antiracisme, condition nécessaire au développement d’un mouvement de lutte capable de gagner la société ne sera possible qu’en lien avec toutes les expériences et combats menés. Car l’échange entre ces expériences est elle-même la condition nécessaire de l’articulation des points de vue.

La compréhension de la dimension structurelle du racisme ne pourra se développer sans chercher à articuler les fronts correspondants aux différentes formes du racisme. Pas sous la forme de condamnations morales et faussement symétriques. En tenant compte de chacune d’entre elles pour les intégrer dans une compréhension globale et dans une stratégie d’ensemble. Qui devra aussi nécessairement tenir compte des autres formes de domination et de la question de classe.

Parce que si le racisme est structurel cela signifie aussi qu’en finir avec le racisme sera un des instruments et une conséquence d’une transformation de toute la société.

ce texte présente comme un enjeu l'articulation des « fronts correspondants aux différentes formes du racisme [...) en lien avec toutes les expériences et combats menés », mais il n'y a pas de réflexion de fond sur la question identitaire au sein du prolétariat, et n'est donc pas envisagée son dépassement comme auto-production des luttes

quant à ma position de principe, rien de tel, puisqu'elle s'oppose à la prise en charge de la lutte de classe par des partis ou organisations permanentes, et entend promouvoir une intervention des communistes sur la question des identités de luttes, et la nécessité de leur dépassement auto-produit. Cela peut se recouper, mais la posture communiste et la « stratégie » sont très différentes

je reste dans l'esprit de Marx et du Manifeste de 1947, Prolétaires et communistes : « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier...»

8 avril

les communistes dans les luttes de classes de la crise à la communisation

avec Marx, un combat des communistes pour le dépassement de la segmentation de classe racialisée

contre le Marx de prolétaires et communistes dans le Manifeste, le structuralisme communisateur anti-militant est un militantisme anti-communistes

la théorie-lutte de la communisation réunit les questions du 'Comment une classe auto-produit le dépassement communisateur'et du Que faire ? communiste

l'exemplarité de 'la question indigène' et la communisation

Le Manifeste du Parti communiste Prolétaires et communistes Marx - Engels 1847

« Quelle est la position des communistes par rapport à l'ensemble des prolétaires ?

Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.
Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat.

Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classes existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux.

la critique communiste interne à la théorie de la communisation n'est pas confinée à la théorie, elle appelle des tâches politiques et stratégiques dans les luttes de classe, telles qu'elles se présentent dans leurs particularités

à titre d'exemple, 'la question indigène' n'est pas traitée par les communistes communisateurs sous la forme d'une lutte à mener contre un particularisme de la lutte de prolétaires racialisé.e.s, ni contre la religion ou telle ethnicisation des luttes contraintes par le capitalisme lui-même, qui définit les 'Autres'

les communistes communisateurs ne dénoncent pas ces luttes particulières comme « identitaires » ou « communautaristes », ni ne les réduisent à l'expression d'un parti prétendant les représenter, le PIR, quand il n'en est qu'une expression contradictoire, avec une propension à mettre en avant les questions religieuses ou l'instrumentalisation de l'antisémitisme par le capitalisme occidental

« l'intérêt du mouvement dans sa totalité » n'est pas la négation mais le dépassement de ces identités de luttes. Le rôle des communistes communisateurs est par conséquent de favoriser l'émergence de cette question au sein des luttes et de leur expression politique. Ce rôle est irremplaçable car un tel dépassement ne saurait être auto-produit spontanément à notre époque de segmentation du prolétariat produite par la crise du capital

le rôle des communistes communisateurs est aujourd'hui de lutter contre la segmentation du prolétariat sur le terrain même et à l'intérieur des luttes de classes segmentées

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! le structuralisme communisateur anti-militant est un militantisme anti-communistes

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2 avril

l'État, la citoyenneté, et le prolétariat indigène

Le discours des « valeurs de la république » : Un nouveau masque de l’idéologie dominante Saïd Bouamama 2 avril

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

dans le moment présent du capitalisme, documents, éléments critiques...

28 mars 2015

8 mai 2015 : le Parti des Indigènes fête ses 10 ans avec… Angela Davis

C’était il y a 10 ans.

Le 8 mai 2005, 4 mois après la publication de notre appel « Nous sommes les indigènes de la République », 3 mois après la loi du 23 février 2005 consacrant une lecture positive et institutionnelle de « l’œuvre française dans ses colonies » et 5 mois avant la révolte des quartiers qui embrasera la France pendant plus de 15 jours, s’élançait notre première Marche des Indigènes de la République.

C’était donc un 8 mai. Jour de deuil pour nous, indigènes de France, qui pleurons la mort de nos ancêtres massacrés par l’armée française le 8 mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata, en Algérie (45 000 morts). Jour de fête pour la République française qui commémore sa libération de 1945.

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

C’est pourquoi 10 ans plus tard, le 8 mai 2015, c’est avec émotion et fierté que le parti des Indigènes de la République célébrera son 10ème anniversaire.

L’occasion pour nous de dresser notre bilan politique, de l’inscrire au patrimoine des luttes de l’immigration postcoloniale, sur la voie de notre longue marche pour décoloniser la république.

Poursuivre notre combat, c’est aussi comprendre et reconnaître le rôle crucial joué par la lutte des femmes non-blanches, noires, arabes, musulmanes et rroms.

À l’heure où ces dernières sont les premières victimes de l’instrumentalisation néocoloniale, nous tenons à mettre en lumière nos sœurs et nos mères qui continuent à lutter là où elles sont réellement et non là où le système raciste s’acharne à les assigner.

Car c’est au travers des luttes historiques, multiformes et déterminées des femmes des quartiers, des ghettos et des immigrations que se dessinent et s’affirment les principaux fronts de résistance indigène contre l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, l’apartheid social, les violences et les crimes policiers, le colonialisme en Afrique, en Palestine et ailleurs, pour la mémoire, l’histoire et notre libération.

C’est aussi auprès de ces femmes, prises entre les feux croisés du racisme, de la pauvreté et de la violence masculine alimentée par la violence institutionnelle que subissent les hommes non-blancs, que se tiendra celle qui inaugurera et clôturera cette soirée, notre invitée d’honneur, Angela Davis.

Cette immense résistante, après avoir écouté les analyses et témoignages de nos autres invitées, interviendra pour nous livrer sa vision et son sentiment sur la parole singulière de ses sœurs d’outre Atlantique.

Nous profiterons également de cet anniversaire pour annoncer un autre rendez-vous, un événement d’envergure nationale prévu à l’automne prochain autour des femmes qui se battent sans relâche, en première ligne, contre les violences policières.
 
Parmi les intervenantes qui ont déjà répondu présentes : Vanessa Thompson (Brigade Anti Négrophobie/Cop-watch frankfurt-Allemagne), Amal Bentounsi (Urgence la police assassine !), Sihame Assbague (Stop le contrôle au faciès), Sarah Carmona (Romano Godjako Truj), Joby Valente (Mouvement pour les réparations – Collectifs des Filles et Fils d’Africains Déportés), Soraya El Kahlaoui (Attac Maroc), Bams (Collectif contre Exhibit B), Hanane Karimi (Femmes dans la mosquée), Zouina Meddour (Femmes des quartiers populaires), Mireille Fanon Mendès-France (Fondation Frantz Fanon), Louisa Yousfi (PIR), Aya Ramadan (PIR), Ismahane Chouder (Participation et Spiritualités Musulmanes), Nacira Guénif-Souilamas (sociologue), Hanifa Taguelmint (Collectif Mémoires en marche – Marseille), Bahija Benkouka (9ème collectif des sans-papiers), Zohra el Yamni (Justice et vérité pour Wissam el Yamni), Lila Charef (CCIF)

Nous vous invitons toutes et tous à partager avec nous ce moment historique.

Le vendredi 8 mai 2015 à la bourse du travail de St Denis – Métro Porte de Paris – à partir de 17h30 !

voilà qui me ferait «apporter une caution intellectuelle» à beaucoup dont je ne suis pas prêt de me passer, tant je ne serais pas devenu, sans elles et eux, communiste à 20 ans. Femmes, races, classe, le combat continue !

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! Patlotch 'la vie est un collage' 1988-89

tu me diras, chère lectrice, que les salariés français y ont quand même gagné un jour férié

ajoutons quelques coïncidence de dates

8 mai 1871, l'écrasement de la Commune de Paris

Le 8 mai, Thiers adresse une proclamation aux Parisiens par la voie d’une affiche qui se retrouve assez mystérieusement placardée sur tous les murs de la ville. Il demande leur aide pour mettre fin à l’insurrection et les informe que l’armée régulière va devoir passer à l’action dans la ville elle-même. « Nous avons écouté toutes les délégations qui nous ont été envoyées, et pas une ne nous a offert une condition qui ne fût l'abaissement de la souveraineté nationale devant la révolte. (…) Le gouvernement qui vous parle aurait désiré que vous puissiez vous affranchir vous-mêmes... Puisque vous ne le pouvez pas, il faut bien qu'il s'en charge, et c'est pour cela qu'il a réuni une armée sous vos murs... (…) si vous n'agissez pas, le gouvernement sera obligé de prendre, pour vous délivrer, les moyens les plus prompts et les plus sûrs. Il le doit à vous, mais il le doit surtout à la France.»

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

mai 1871 : « L'armée de la France venue vous sauver... Paris est délivré... La lutte est terminée : l'ordre, le travail et la sécurité vont renaître. »

mai 1971, Angela Davis est en prison depuis trois mois, « inculpée par l’État de Californie de meurtre, kidnapping et conspiration », elle est condamnée à mort, acquittée et libérée en juin 1972. Les manifestations pour sa libération seront avec celles contre la Guerre du vietnam mes premiers pas de communiste... 

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

le 13 mai 1971 acquittement des Panther 21 à New York, membres des Black Panthers accusés d'« association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ».

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retour sur le «philosémitisme d'État»

à propos d'une imposture de l'idéologie française : l'antisémitisme, les Juifs, le «terrorisme», les Autres et moi

[extrait]

les premières victimes de l'antisémitisme sont par définition les Juifs. Rien de plus insupportable que la comptabilité comparative des morts, agressions et insultes à l'autre de l'autre, tant pour l'antisémitisme, tant pour l'islamophobie, tant pour le 'racisme anti-blanc'... même si elle n'est pas vide de signification. Mais les Juifs sont aussi et surtout, en masse, les victimes de la lutte contre l'antisémitisme, qui se retourne contre eux quand elle instrumentalise la mémoire du génocide nazi, avec la complicité française et le silence d'une immense majorité de français pendant l'occupation, accroissant les tensions créées par la folie capitaliste occidentale en Orient

cette instrumentalisation trouve ses sources  au procès de Nüremberg, quand les "Alliés" occidentaux, aujourd'hui la so called « communauté internationale », ont dû se contorsionner juridiquement pour la qualification de "Crime de guerre" et de "Crime contre l'humanité" du génocide nazi, tout en évitant que la définition ne puisse en être retournée contre eux comme puissances encore colonialistes dont la France, contre les USA de la ségrégation institutionnelle, contre l'Afrique du Sud de l'Apartheid

cette instrumentalisation de l'antisémitisme remonte à la création de l'État d'Israël en 1947, non pas seulement pour accueillir la diaspora juive souhaitant s'établir sur une terre à elle, avoir un pays comme tout le monde, mais surtout pour installer dans la région, aux avants-postes des conflits par lesquels les puissances colonialistes occidentales, porteuses de la civilisation démocratique du progrès de l'humanité, et des valeurs universelles glorifiant la République française bourgeoise, entendaient s'approprier les bénéfices des richesses pétrolières et minières, posséder un avantage stratégique dans la guerre froide contre l'URSS et le nationalisme arabe ou les luttes de libérations nationales

cette instrumentalisation se poursuit depuis 70 ans, 70 ans de guerres et d'interventions occidentales, néo-coloniales et impérialistes dans la région, mettant en péril toutes les populations, au premier rang desquelles les Palestiniens, mais aussi celle d'Israël, qui vit dans la peur, et reconduit systématiquement tous les gouvernements guerriers de gauche comme de droite, dans des conditions aujourd'hui aggravées, car les États-Nations de l'Occident capitaliste sont prêts à tout pour maintenir leur suprématie, ou du moins, s'ils n'arrivent pas à enrayer la montée en puissance de la Chine et des pays émergents, le taux de profits des capitaux transnationaux appuyés sur leur puissance, leurs États nations et leurs organismes internationaux

il serait possible, mais je préfère l'éviter, de faire appel ici aux catégories de sionisme et d'antisionisme, celle à compréhension variable d'islamophobie, ou celle plutôt claire mais impropre voire démagogique de «philosémitisme d'État», puisqu'elle met la question juive au cœur d'objectifs dont elle n'est que l'instrument. Ces notions et les interminables polémiques qu'elles entraînent ne sont pas indispensables pour comprendre la logique de cette imposture, particulièrement gratinée en France, de l'instrumentalisation de l'antisémitisme. Imposture telle qu'on ne peut pas en parler sans être soupçonné ou accusé d'antisémitisme, le but étant ailleurs, empêcher de mettre en cause les intérêts et les politiques qui ont produit cette situation et la reconduisent depuis 70 ans

il y a une responsabilité des «peuples» en tant qu'ils se considèrent et agissent comme tels, quand ils votent et choisissent ou soutiennent des Pétains, des Hitler, des Obama, des Sarkozy ou des Hollande, des Netanyahu et des Hassad... et il n'est pas étonnant que d'autres «peuples» les tiennent pour responsables de politiques qu'ils ont choisies, soutenues, ou contre lesquelles ils n'ont rien fait : pas de détail quand on raisonne «peuple» et nation en tête... Au nom de leurs dirigeants responsables ou gênants, certains se prennent des bombes qui font centaines de milliers de victimes civiles, femmes et enfants, d'autres en retour des kamikazes ou desesperado n'ayant que la vie à perdre et le ciel à gagner pour massacrer quelques dizaines d'innocents, sans toujours le souci de distinguer races et obédiences : tu appartiens à tel «peuple», peu importe ta couleur, tu crois en tel dieu qui n'est pas le mien tant pis si je me trompe. Pour que ton «peuple» ait peur, tu dois payer, tu dois crever !... Mais laissons ce point ici

il n'existe pas à proprement parler un « philosémitisme d'État », les gouvernants français s'en foutent, des Juifs, autant que des «Musulmans». Ils roulent pour le Capital, et il est des capitalistes juifs, des hommes politiques juifs, des journalistes juifs, des idéologues juifs - peu importe la proportion - qui participent à cette imposture, qui n'est pas juive, mais idéologique au service de l'argent, du pouvoir, et de la domination capitaliste occidentale, et de leurs petites gueules à tous et toutes. Il est des Juifs, qui se disent tels ou le tiennent discrets, pour se dresser contre cette imposture instrumentalisant l'antisémitisme au service de ces intérêts. Aujourd'hui, ils ne peuvent pas parler sans qu'aussitôt de supposés amis de la lutte de classe, qui d'extrême-gauche ou anarchiste, qui radicalement démocrate pour la liberté d'expression et d'information, n'évoquent une «théorie du complot» «rouge-brun», ou un «confusionnisme» les renvoyant à une "alliance objective" avec les fascistes

c'est au point où la question de l'antisémitisme envahit les préoccupations de la gauche, de l'extrême-gauche, et de certains groupes de théorie radicale supposés s'en prendre au capital, alors qu'on voit traitée marginalement la question raciale, qui aura fait considérablement plus de victimes depuis des siècles que le supposé plus grand génocide de l'histoire contemporaine. Comment veut-on que puissent l'entendre, le comprendre ou l'interpréter, et l'accepter les héritiers de ces carnages, ou ceux qui vivent aujourd'hui les conditions qui en résultent ?

[...]

texte complet dans journal extime 2015

25 mars

critique communiste et 'question indigène', un texte bienvenu d'Henri Simon (93 ans) sur Mondialisme.org

saine intervention qui balaye la mauvaise tournure prise par Mondialisme.org devenue la visionneuse des dérives sans frontières de classe d'Yves Coleman 

dans l'extrait ci-dessous, Henri Simon rejoint mes remarques sur «la condition de colonisé» et la mémoire vive tant dans les ex-pays sous le joug colonial que dans les populations 'indigènes' vivant dans les ex pays colonialistes, les réalités actuelles héritées de « la soi-disant "décolonisation" » justifiant la perception de leurs luttes comme décoloniales

« TERRORISME » : UNE GUERRE À L’ÉCHELLE DU MONDE ? Henri Simon 25 mars

extraits

« Le « terrorisme » dénoncé aujourd’hui mondialement comme l’œuvre de fous furieux fanatisés par un islamisme dévoyé a toujours été stigmatisé et combattu de la manière la plus acharnée, ce qui permet d’escamoter à la fois l’origine de cette guerre « contre », ses motivations, ses méthodes et ses objectifs. Qu’en est-il de ce « terrorisme » qui serait une menace mondiale contre un monde capitaliste qui se dit « civilisé » face à des « barbares » ? Pour tenter une approche, il importe de remonter dans l’histoire des deux cents ans passés, aux débuts de la grande période de colonisation sous la férule des Etats industrialisés.

Un potentiel mondial de révolte contre des siècles d’oppression

Sur les 7?milliards d’habitants de la planète, 1,600?million d’êtres humains sont supposés être de confession musulmane. Sur ces derniers, 1?milliard vivent dans le Sud de l’Asie, 321?millions dans le Moyen-Orient et 242?millions en Afrique, la quasi-totalité d’entre eux dans leur contrée d’origine ou dans des migrations internes ou interrégionales. Quelque 44?millions de ces supposés musulmans vivent en Europe et 5?millions en Amérique du Nord. On ne saurait dire qu’ils ont tous entre eux un lien communautaire autour de la religion musulmane car cette religion comporte des frères ennemis (essentiellement les chiites et les sunnites) mais, ce qu’ils partagent presque tous, c’est, eux et leurs ancêtres parfois lointains, d’avoir été des « colonisés », c’est-à-dire soumis à la dure et cruelle loi des colonisateurs dans la dépossession de leurs terres, de leur culture, de leur vie, dans l’esclavage voire dans la déportation.

Personne parmi eux ne saurait abstraire d’être héritier d’une telle domination et exclusion, lointaine pour certains, toute proche pour d’autres. Plus que la religion, c’est cette ex- ou présente condition de colonisé qui forge une conception de la relation avec les puissances impérialistes d’hier et d’aujourd’hui : ce que la plupart connaissent de mémoire familiale, ont connu par le récit de leurs ancêtres ou vécu récemment c’est non seulement cette domination faite de dépossessions, mais un passé de guerre, de répression cruelle de toute velléité de révolte individuelle et/ou collective, la torture, l’extermination. Bien plus, le dépeçage de l’Empire turc après la première guerre mondiale entre les puissances impérialistes d’alors a séparé dans des entités nationales artificielles distinctes des populations qui jusqu’alors formaient des ensembles ethniques, économiques et culturels (et parfois religieux) unis autour d’un riche passé historique, chaque morceau étant soumis à la dure loi assimilatrice d’un autre pouvoir national.

La soi-disant « décolonisation » présentée comme une émancipation quant à cette condition de « colonisé », qui suit la seconde guerre mondiale n’a souvent guère changé à cette condition, sauf qu’à la gestion directe de la puissance coloniale (qui utilisait comme moyen de contrôle les conflits internes causés par le découpage colonial) s’est substituée une « gestion par procuration » déléguée souvent aux anciens auxiliaires de cette domination directe de l’Etat étranger colonisateur via la bourgeoisie compradore (4).

Si les plus importants de ces pays dits musulmans (importants par leur population et leurs ressources, Indonésie, Iran, Turquie, Egypte, Algérie, Maroc,...) ont pu quelque peu s’autonomiser très relativement par rapport à cette tutelle post-coloniale, ceux qui tentaient trop de s’en écarter se voyaient durement rappeler à l’ordre par la puissance dominante. Ceci d’autant plus que, pour l’ensemble du Moyen-Orient, l’exploitation des ressources pétrolières a toujours été la clé du contrôle (et des rivalités) des grandes ­puissances.

Le développement du « terrorisme » est directement lié à ces interventions guerrières directes ou pas, dans le passé comme dans le présent : indépendamment de ce fait fondamental, il faut souligner que des populations entières n’ont jamais connu rien d’autre non seulement de la contrainte quotidienne des sociétés d’exploitation mais une violence tout autant quotidienne pouvant aller jusqu’à des extrêmes. Bien plus, s’ils pouvaient penser échapper à leur misère et/ou à cette violence en émigrant pour se « réfugier » dans la contrainte relative d’une des puissances dominantes, ils y trouvaient une autre forme de ségrégation qui pouvait tout autant dégénérer, individuellement ou collectivement, dans la violence la plus extrême. On peut penser que le recours à la violence de la part des ex-colonisés où qu’ils soient tant dans leurs rapports communautaires que dans leurs relations avec les autres communautés, qui pouvait paraître une vindicte pour ce qu’ils avaient subi dans un passé même lointain ou dans le présent, était aussi une imprégnation de toute leur vie, une sorte de conditionnement social dont la matrice au cours des siècles se référait toujours au capitalisme.»

20 mars 2015

le féminisme et la question indigène

Tout commence
Avec les éclats du feu
Corps présents à nous
Nous présents au monde
Sans identité, sans langue, sans pays.
Le temps d’une main caressante
A suffi à éveiller le doute
Le tourment, le silence…

Habiba Djahnine poète et réalisatrice kabyle dont la sœur Nabila, militante féministe, a été assassinée en 1995 à Tizi-Ouzou. Entretien

« J'éloignerai la guerre et l'identité, je construirai les fragments de la maison » Une poésie de la vie en Algérie après la guerre civile Interview vidéo

Décoloniser le féminisme - Sortir de la confusion audio 1h07

Émission de Radio Grenouille avec les sociologues et activistes Hanane Karimi, Malika Hamidi, Houria Bouteldja, Kian Azadeh qui parlent des multiples formes du féminisme

à cette occasion, deux remarques :

1) le féminisme des femmes indigènes n'est pas nécessairement médié par l'Islam et la question religieuse

à toutes fins utiles, cette précision de Bouteldja : « Que ce soit clair, je ne me revendique pas du féminisme islamique... je ne constate pas d'implantation dans les (quartiers), et je ne vois pas comment l'interprétation du Coran pourrait résoudre les problèmes que rencontrent les femmes dans leur vie quotidienne et leurs luttes, (problèmes de race, de classe, de genre...) »

on note que le féminisme des indigènes n'est pas posé par elles nécessairement en terme d'Islam ou de religion, ce que voudraient nous faire croire les féministes (blanches) hostiles. Le terme de « féminisme islamique » est d'origine universitaire et ne recouvre aucun homogénéité d'un pays à l'autre ou entre divers courants ayant des accords et des divergences. C'est le contraire qui serait étonnant, mais tous s'accordent sur la stigmatisation visant les femmes comme telles, leur origine ethnique ou leur religion, le tout sous couvert d'athéisme républicain (ou 'prolétarien')

on peut se faire une idée de la réception de Houria Bouteldja sur Internet depuis un mois, et constater que l'essentiel consiste en attaques des néofascistes identitaires nationalistes, d'où émerge singulièrement l'anarcho-gauchiste Yves Coleman, dont les textes trans-classistes, à prétention d'éclairer sur l'antisémitisme, tirent dans le même sens et sont repris par les milieux anarchistes et libertaires : pour l'essentiel, des blancs mecs...

2) le nœud gordien des théories de la communisation

le milieu théorique de la communisation n'a manifesté aucun intérêt pour la question féminine chez les femmes françaises 'racialisées'. Sauf si cela m'a échappé, la construction de Théorie communiste de la « double contradiction de classe et de genre » passe centralement par la dé-construction des thèses de Christine Delphy sur le Patriarcat

autrement dit - alors que l'articulation classe-genre-race ne peut partout dans le monde ne peut s'appréhender qu'en considérant le rapport classe-genre dans sa médiation par la race, dit concrètement qu'à partir de la situation et des luttes des femmes non-blanches des couches sociales subalternes - le problème n'est même pas évoqué par Théorie communiste. Il faudrait être particulièrement indulgent pour ne pas y relever la même posture quant au rapport classe-race en général (hommes et femmes prolétaires), et ne pas s'inquiéter que cette aporie théorique soit justement celle dans laquelle s'engouffre la possible dérive de l'ultra-gauche vers le néo-fascisme. flav peut souligner, je le pense aussi, que « La dérive négationniste n’est pas inhérente au concept de communisation », mais ce dont il est question aujourd'hui n'est pas directement « le produit d’un résidu de programmatisme bordiguiste ayant trompé beaucoup de monde dont des communisateurs.». C'est sur la base de la critique par l'ultra-gauche historique de « l'antifascime et de l'antiracisme »*, sur le fond réveillé de faiblesses dans sa critique toute fraîche par les 'communisateurs',  que se pose un problème gravement actuel 

Nous ne sommes pas anti- » BL-TC. Sans être antiraciste ni antifasciste à la manière de l'universalisme humaniste abstrait, on n'en tombe pas moins dans un universalisme prolétarien qui n'est qu'un « marxisme aveugle », comme dit Loren Golner dans son entretien sur Ferguson. À quoi il faut relier la dernière expression en date de BL sur la question, dans « Utérus vs mélanine » en 2012 : « Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dévalué, secondarisé par la mise de question des races au niveau de celle du genre.» Comme si le problème méritait d'établir des hiérarchies et des comparaisons alors qu'il recouvre deux rapports liés mais par définition différents, et comme si les féministes noires américaines ou indigènes en France « secondarisaient » leur race ou leur genre, et y compris leur classe, vu qu'elles n'en ont pas le choix. Cela dit, depuis deux ans, BL n'affirme plus rien et fuit de façon très nette la polémique même qu'il se proposait

autrement dit, la théorie de la communisation, au-delà de ce dont elle ne parle pas, se trouve aujourd'hui ligotée dans un véritable sac de nœuds théorique qui touche le corpus entier par plusieurs points dont : la définition abstraite du prolétariat actuel, l'absence de théorisation de la race et des rapports conséquents avec la classe et le genre, l'absence de compréhension exprimée de la dérive néofasciste, le refus assumé de débattre, assimilant toute activité communiste explicite à du militantisme ou de l'activisme. Je crois avoir montrer que ce nœud ne peut se défaire, à partir de la situation française, qu'en abordant sans complexe la question indigène, et en plongeant les mains dans le cambouis

on a longtemps, moi aussi, été fasciné par « la cohérence » de Théorie communiste. Force est de constater qu'elle n'est pas au rendez-vous du moment présent et n'est plus cohérente que dans l'inconséquence de ses paralogismes. Pour ma part, je suis preneur de toute critique de mes incohérences et de mes inconséquences. Pour l'heure, les seules que j'ai reçues du milieu furent une allusion à mon probable antisémitisme par un Juif se revendiquant Juif, ses sarcasmes sur les indigènes, et une alerte quant à mon relai de «l'islamo-gauchiste gratiné Saïd Bouamama». En substance le sens des critiques d'un Yves Coleman, des néofachos, et des haines républicaines de souche, maquillées en purisme communisateur. La dérive n'est certes pas inhérente à la théorie, qui lui offre pourtant toutes possibilités par ses apories, mais elle est bien réelle chez des amis de trente ans de TC : racistes par défaut, ou prisonniers de leur orgueil ?

pour revenir au débat audio, on y entend des considérations un peu plus concrètes et théoriquement matérialistes que les développements dialectico-structuralistes de TC, dans un langage d'ancienne philosophie si compliqué que même des plus proches n'arrivent pas à suivre, et s'en vont à rebours à vau-l'eau. On dit que les femmes sont souvent plus terre à terre : remarque machiste ? Elles ont appris dans le sang le prix de leurs rêves

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19 mars

à propos des discours politiques anarchistes et communistes sur la question indigène

j'ai défini la question indigène comme la problématique des identités sous lesquelles peut apparaître l'affrontement de classe au capital, en tant qu'il racialise les rapports économiques, l'idéologie et la politique. Je l'ai fait pour éviter de la poser uniquement comme décolonialisme et opposition voire conflit racial, tel qu'on le lit (pas toujours et à confirmer de moins en moins) chez le PIR, Parti des Indigènes

comme toute question sociale, certes aussi politique, économique et idéologique, la question indigène se pose dans les rapports sociaux, non par la médiation d'une quelconque représentation politique. De même que la question juive ne peut être cernée en s'en tenant aux discours du CRIF, de l'UEJF ou de l'UJFP, la question indigène ne peut l'être en se focalisant sur ceux du PIR. Cette représentation politique, selon ses caractéristiques sociologiques et son importance quantitative, sa "représentativité", peut être considérée comme plus ou moins légitime en termes de classe, mais elle traduit toujours des contradictions de classe (cf par ex. Marx, Les luttes de classes en France)

réduire la question indigène ainsi posée à ce qu'en dit le PIR ou à ce qu'on dit du PIR, c'est bien sûr la vision qu'ont toutes les organisations et les militants qui confondent l'affrontement de classes avec celui de leurs partis ou organisations. C'est le meilleur moyen de n'y rien comprendre

c'est ainsi que cela se présente par exemple au npa ou entre le npa et LO (voir le fil Indigènes de la République sur le Forum des marxistes révolutionnaires, depuis 2010). On trouve l'équivalent anarchiste sur le forum anarchiste Indigènes de la République : racisme et patriarcat. Inévitablement, la discussion sombre dans cette approche organisationnelle, en termes d'accords et désaccords avec le PIR, tel de ses textes ou de ses leaders, Houria Bouteldja étant la plus controversée

je fuis cette posture comme la peste pour deux raisons de fond :

- celle évoquée plus haut : la lutte des classes n'est pas une lutte entre orgas ou positions politiques

- c'est une posture d'extériorité, en tant que ceux qui l'adoptent, étant le plus souvent 'blancs', ne peuvent quoi qu'ils disent éviter de donner des leçons d'abord aux organisations indigènes, mais aussi aux prolétaires racialisés, posture dénoncée par exemple par Césaire dans sa lettre de démission du PCF en 1956, non seulement pour son stalinisme et les errements de son anticolonialisme, mais son fraternalisme, qui n'est qu'un paternalisme qu'on retrouve plus bas concernant l'extrême-gauche et les anarchistes d'aujourd'hui

la question indigène, telle que définie plus haut, est ainsi évacuée sous prétexte qu'elle serait comme la religion opium du peuple à sens unique, le principal obstacle à une conscience classe du prolétariat, et à son unité. Il suffirait de dénoncer cet écran visant à cacher les enjeux de classe pour révéler la réalité sous l'idéologie, tout en en tenant les indigènes pour responsables par leur « communautarisme ». Autrement dit, sous des apparences de débat actuel, on ressort les dogmes révolutionnaires inopérant aujourd'hui, et l'on se retrouve sans trop s'en émouvoir sur le terrain de l'adversaire, qu'il soit l'Etat, les médias ou l'extrême-droite, dont les indigènes sont une cible privilégiée, idéologique et policière, avec l'argumentation de l'extrême-droite

autrement dit, sous des apparences de débat actuel, on ressort les dogmes révolutionnaires inopérant aujourd'hui, et l'on se retrouve sans trop s'en émouvoir sur le terrain de l'adversaire, qu'il soit l'Etat, les médias ou l'extrême-droite, dont les indigènes sont une cible privilégiée, idéologique et policière

quelques exemples de cette posture chez des anarchistes :

- le site Base de données anarchistes diffuse le texte d'Yves Coleman Les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise

- entendu hier sur Radio Vosstanie : « le PIR, Parti des Indigènes de la République, une secte obscure racialiste, petite bourgeoise intellectuelle, à côté de la plaque , ignore l'athéisme prolétarien »

voici une Lettre ouverte d’un anarchiste indigène à un anarcho-colon pour décolonisation des abjectes mentalités que l'on trouve dans toutes les tendances à prétention révolutionnaires, et relire "l'homme blanc" doit écouter ses AutrEs - avec Amiri Baraka-LeRoi Jones et Maya Angelou, ce qu'a manifestement su faire Roland Simon pour avoir écrit le texte le citoyen, l'Autre et l'État

Pour en finir avec le communautarisme majoritaire et le suprémacisme européen Karim Ramadan 14 août 2005

Le texte qui suit, issu d’une liste de discussion anticolonialiste de la mouvance libertaire, s’en prend à cet anarchisme franco-français plus anti-religieux qu’anti-étatiste et plus autoritariste que libertaire. Il le qualifie de colonial, en des termes véhéments, mais qui nous paraissent hélas adaptés aux dérives qui se font jour jusque dans la mouvance libertaire française - on est tenté de dire franchouillarde...

Salut,

Ton intervention paternaliste montre l’énormité du travail a accomplir chez les anars francais et chez les petits colons de gauche en général. Ton monologue est basé sur une hystérie politique, sur un intégrisme et un sectarisme politique abject. De plus tes accusations ridicules montrent ton ignorance des groupes et individus que tu calomnies. Ma compréhension de l’éthique libertaire, c’est de commencer par savoir de quoi et de qui on parle, de fonder son commentaire sur une expérience personnelle ou sur une communauté de vécu d’une situation. (Sans avoir besoin pour autant d’être un spécialiste) [...]

et cette chute, qui vaut son pesant de cacahuètes pour l'incontournable auto-organisation à laquelle sont convoqués vers la communisation tous les prolétaires, et dans leurs spécificités quand ils sont des femmes, des indigènes, ou pire, les deux

« Les indigènes ne peuvent compter que sur eux-mêmes et ne s’attendre à aucune solidarité militante, sauf celle bourrée d’arrières-pensées électorales de quelques zombies rescapés du trotskysme électoral ou des Verts.»

il est également clair que ce qui vise le plus avancé en la matière électoraliste, le npa, cela vaut aussi pour les partisans de la communisation qui penseraient sauter les étapes en promouvant ses thèses dans les milieux militants indigènes. Ce n'est pas mon objectif, parce que si je m'intéresse aux PIR, je ne me fais aucune illusion sur son existence comme parti, même s'il devenait puissant et plus 'prolétarien'. Cela posé, je considère indispensable d'enrichir la critique radicale, communiste, par les deux bouts de la théorie et de luttes dans leurs spécificités

je pose la question indigène comme féconde pour penser la communisation, à entendre des deux côtés. Compte-tenu de mes origines, je ne vais pas porter la bonne parole en milieu indigène, ni au PIR ni dans les quartiers ou j'ai néanmoins des ami.e.s. Je fais le boulot qui me semble prioritaire parmi ceux qui ont les mêmes origines que moi, ou qui malgré leurs origines croient pouvoir les effacer par un discours de dénégation, quand ce n'est pas des insultes fleurtant bon avec la prolophobie et le machisme racialisés de l'idéologie capitaliste occidentale

à lire complet dans discussions sur la communisation

17 mars

pudeurs sur la ville

les trous noirs de la France du capital et des gauchismes identitaires

sept photos en allant faire les courses, ce soir

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! classe, genre, race et banlieue : mise au ban

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! philosémitisme d'État

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! misère noire : quelle couleur ?

nous attaquerons le capital et ses politiques par tous moyens de la théorie, de l'action, de la représentation du réel par une poétique qui n'est pas à vendre

les autres images dans promenades socio-poétiques

 

la théorie de la communisation et 'la question indigène'

j'utilise l'expression 'la question indigène' comme traduisant de façon simple la problématique des identités de luttes de classe, un concept théorique que j'ai formalisé comme un appel le 18 juin 2014, dans abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus

la ligne de classe vs la ligne de couleur ou les limites de l'anti-racisme indigène du PIR

Non au(x) racisme(s) d’État, non au philosémitisme d’État ! Manifestation samedi 21 mars 2015, à 15h à Barbès PIR

cet appel souligne à juste titre le caractère structurel du racisme d'État à l'encontre des "Indigènes" (« Afro-antillais, Arabo-musulmans, Rroms...») et le fait qu'il n'existe pas l'équivalent à l'encontre des « Juifs ». Il souligne une différence : « il est vrai que persiste en France un antisémitisme traditionnel, alimenté par les officines d’extrême-droite. Mais il n’y a pas d’antisémitisme d’État. Les Juifs ne sont pas discriminés au logement ou au travail, ne sont pas harcelés par la police et ne subissent pas de propagande antisémite à grande échelle dans les grands médias nationaux

tout un chacun peut certes constater « Cette politique basée sur un traitement privilégié dont bénéficie la répression de l’antisémitisme par rapport aux autres racismes ».

mais au PIR, on ne trouve que marginalement une analyse de classe, ou une critique du Capital, dans cet appel il n'y en a pas. On ne veut connaître que la ligne de couleur, l'héritage du colonialisme, pas la ligne de classe comme structurante. Pourquoi le PIR évite-t-il de souligner le caractère social de ces discriminations, le fait que les indigènes des couches moyennes et supérieures ne sont pas, ou très peu, victimes de ces discriminations ? Une raison est la nature politique et la composition de ce parti pris dans ses contradictions, par exemple refuser « l'intégration » à la République mais revendiquer « le droit de vote des étrangers »

un des fondateurs du PIR, Youssef Bousoumah, compagnon d'Houria Bouteldja, va jusqu'à prétendre : « Aujourd'hui, Les musulmans ne sont plus O.S. ou femme de ménage, bien que ces métiers ne sont pas dégradants, ils sont maintenant enseignants, médecins, professeurs, physiciens, chercheurs, ils sont partout, ils sont sortis de l'enclave dans laquelle on voulait les enfermer, et c'est cela qui est insupportable pour les islamophobes et l'impérialisme

sans parler de la contre-vérité sociologique, et de la contradiction à relever ailleurs le sort des prolétaires indigènes des quartiers, on ne saurait mieux affirmer un point de vue d'indigène des couches moyennes. Comme le remarque un militant de LO dans un propos rapporté ici par vérié du npa :

« C'est l'esprit brouillon habituel du PIR, où un impérialisme désincarné aurait un problème avec l'acquisition de compétences par les musulmans. Il faudrait déjà prouver cette ascension sociale. [...] Surtout, cela montre que le PIR comprend le racisme comme une survivance coloniale, alors que les injustices de classe sont dans cette perspective de moins en moins d'actualité.

La grande faiblesse du PIR et de ses intellectuels sympathisants qui sont philosophes et non historiens, c'est qu'ils se perdent dans des concepts plus que dans de véritables contextes. [...] Boussoumah nous parle de ses copains, pas du chômage

au total, avec cette ligne d'un anti-racisme certes plus concret que celui universaliste abstrait de l'idéologie française républicaine et démocratique, le PIR ne franchit pas le pas d'une analyse de classe. Il a beau revendiquer l'héritage de WEB Dubois, de Césaire (je parle de ses positions les plus tranchées telles dans la Lettre de démission du PCF en 1956), ou plus près de nous d'Angela Davis (Femmes, Races, Classes, le titre de son nlivre le disait clairement en ), il fait preuve d'une véritable régression d'analyse. Pourquoi ?

le fait de se poser en parti politique de représentation dans la compétition démocratique conduit le PIR aux concessions démagogiques habituelles, et c'est ici qu'il faut chercher aussi sa critique du philosémitisme d'État, une critique qui déplace l'alliance de l'Etat français à l'impérialisme occidental avec l'État d'Israël fondé et entretenu aux avants-postes dans une région où le capitalisme occidental entend maintenir sa présence pour des raisons géo-stratégiques économiques et militaires (rente pétrolière, ligne d'affrontement avec l'Asie voire la Russie)

cette posture est bien sûr contradictoire avec la nécessité, telle que la formule Saïd Bouamama, d'une auto-organisation des indigènes, en quoi l'on voit bien que le PIR et ses environs idéologiques présentent des clivages que ne traduit pas la façon habituelle d'en parler

la question indigène comme problème actuel de la communisation pour théoriser les identités de luttes de classe

du côté de la théorie de la communisation, nous pouvons relever de tels clivages de façon symétrique dans la relation classes/identités

la ligne générale apparaît comme sous-estimant le facteur de 'race' comme structurant historiquement et pratiquement le capitalisme de ses origines à aujourd'hui. La gêne patente pour simplement parler de ces questions n'est pas ailleurs, il ne faut pas sortir de l'orthodoxie du marxisme occidental blanc, même si cela suppose de petits arrangements avec Marx (Marx aux antipodes)

ici le problème n'est pas lié au fait que les théoriciens de la communisation ne soient pas des prolétaires, au fond les mêmes couches sociales, à la 'race' près que celles des leaders du PIR, puisqu'ils ne revendiquent ni avant-garde, ni parti

théoriser les identités de luttes de classe, c'est d'une part tirer toutes les conséquences de la disparition de l'identité ouvrière et de l'affirmation que l'unité du prolétariat ne reviendra plus avant la communisation comme passage à son auto-abolition, et d'autre part pouvoir parler au présent de la communisation de façon concrète liée au cours du capital et aux luttes que nous avons sous les yeux avec leur forte composante identitaire de 'race', de 'nation' et de 'religion'. On voit ici en quoi le discours du parti des Indigènes nous concerne en ses limites mêmes

eurocentrisme

le seul en dehors de mézigue à l'avoir exprimé dans le milieu de la communisation à l'avoir exprimé, mais de façon très partielle, est Karl Nesic, dans son explication à l'arrêt de publication de TropLoin en 2012, Et maintenant ? : « Vouloir prendre à bras le corps la compréhension réelle de ce monde, ou au moins s’y essayer en évitant par exemple de répéter les mêmes généralités entendus depuis des années et déjà fausses en 1975, conduirait obligatoirement à la mise en cause de quelques certitudes, et je ne pense pas les communisateurs capables de cet exercice. Quelques exemples en vrac : - Un européocentrisme qui n’ose pas dire son nom, qui pose comme impossible le développement économique, politique et social de pays dits émergents comme la Chine ou l’Inde. Je ne dis pas que ce développement adviendra nécessairement, mais qu’il demeure une forte probabilité, si ce n’est possibilité »

une prétendue « sclérose théorique »

Nesic considère que « Le  mouvement communisateur se trompe de période historique. Il commence d’ailleurs à être atteint de sclérose théorique, dont il ne se débarrassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain, tant il est évident qu’il n’y est poussé par aucune réalité sociale.» Quant à la sclérose théorique, c'est peu ou prou l'avis exprimé par Wajnzstejn de Temps critiques, dont le vide d'analyse du racialisme de classe est patent, comme dans La critique radicale de la valeur (Wertkritik) : vous avez dit philosémitisme ? Je pense pourtant avoir cerné les apories des thèses sur la communisation dans ce qu'elles ont de commun à toutes leurs expressions devenues classiques

tout se passe comme si « il va falloir attendre », puisque c'est trop loin. Le résultat visible est d'évacuer l'intérêt actuel de la question des identités de luttes de classe, avec comme lourde conséquence l'incapacité de parler au présent de la communisation, non seulement en France mais partout dans le monde où elle s'annonce comme un problème majeur des luttes, de celles des femmes dans les pays néo-néocolonisés au symptome États-unien de Ferguson, en passant par la question des migrants en Europe, en Grèce, l'ennemi principal islamiste, les nationalismes ukrainien, russe, japonais, etc. et la tension à la guerre mondiale sous pavillon de « la communauté internationale », à savoir l'Occident capitaliste

le fait que la révolution communiste ne soit pas programmée demain matin ne signifie pas que toute activité communiste est vaine, à rejeter comme « militantisme » ou vouée au théoricisme attentiste

le seul théoricien à avoir fait écho à mes considérations théoriques, et en quelque sorte répondu à mon appel à approfondir la théorie de la communisation menacée de cette sclérose, est Roland Simon dans son texte le citoyen, l'autre et l'État. Encore faut-il le distinguer ici à titre personnel, puisque d'autres membres ou proches de Théorie communiste sont assez loin d'en tenir compte, et reproduisent leur retard sur la ligne générale antérieure, d'avant Charlie

il est donc faux d'affirmer qu'il y aurait sclérose théorique. Il est au contraire tout à fait intéressant de constater que ce que j'appelle en raccourci la question indigène est devenue à part entière un problème actuel de la théorie de la communisation, en tant qu'elle nous apprend à théoriser celle des identités de lutte. Il est normal que RS l'exprime dans la formalisation théorique qui lui est habituelle et dans la continuité du chantier permament de Théorie communiste, comme il est normal que je l'exprime à ma manière. L'important, c'est que cela puisse alimenter les discussions au-delà du milieu identifié comme celui de la communisation, puisque celle-ci n'a et n'aura ni milieu ni centre

PS : cette ligne de classe renouvellée par la question indigène est le discriminant essentiel qui distingue notre approche communiste de la récupération par l'extrême droite (Marine Le Pen saluant l'ultra-gauche théorique, le néo-situationnisme "marxien" Francis Cousin, le nationaliste Lucien Cerise et les activistes néo-fascistes de La dissidence française avec son collage au Musée de l'Immigration. Voir la nébuleuse anti-système dans la crise politique du capital en France)

15 mars

la question indigène en France, suite

de l'inactualité de la démission de Césaire en 1956 (suite de Tout-monde dans une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?)

c'est une chose qu'Edwy Plenel, à l'instar de Chritiane Taubira, essayent de nous faire avaler leur intérêt tardif et leur édulcoration des œuvres de Fanon, Kateb, et Glissant

c'en une autre que la réponse de ce Rabourgris au texte de Plenel sur Médiapart Fanon, Kateb, Glissant : l’archipel des indépendances

un cadavre exquis

M. Plenel je voudrais apporter quelques petits bémols à votre dithyrambe des trois grands hommes Fanon, Kateb et Glissant.

Et vous leur adjoignez Césaire que vous citez.  A l'occasion vous vous servez de lui pour égratigner le PCF. Puis-je vous faire remarquer qu'entre le PCF de 1956 et celui d'aujourd'hui il y a eu quelques aggiornamentos? Césaire parle d'un PCF d'un autre siècle, inféodé à Staline.

D'autre part j'aurais quelques préventions à l'égard des propos que vous mettez en exergue :
« Nous voulons que nos sociétés s’élèvent à un degré supérieur de développement, mais d’elles-mêmes, par croissance interne, par nécessité intérieure, par progrès organique, sans que rien d’extérieur vienne gauchir cette croissance, ou l’altérer ou la compromettre. »

J'y vois des risques d'un repli sur soi dangereux, voire utopique, à l'heure de la mondialisation. Le parcours politique de Césaire apporte un démenti cinglant à ces propos, il fut député apparenté PS jusqu'en 1993, maire de Fort de France jusqu'en 2001 et il a appelé à voter pour Ségolène Royal en 2007, autant de gestes politiques qui démontrent qu'il n'a pas promu la « croissance interne » autonome ou indépendante de la société antillaise.

J'ajouterais pour ma part, comme l'a fort bien écrit Régis Debray, le moment fraternité ne me semble pas un élément négligeable de notre République, en un pays de citoyens égaux il n'y a pas de « grand » frère.

Vous êtes moins disert au sujet de Kateb, j'aimerais bien connaître votre point de vue d'islamophile assumé au sujet de la perception des religions qu'avait Kateb mais aussi Fanon ou Glissant.

Je n'ai pas la prétention de m'ériger en connaisseur de l’œuvre de ces trois grands hommes mais permettez moi de vous dire que leur rendre hommage vous autorise-t-il à faire croire au lecteur qu'ils auraient pleinement approuvé vos positions à l'égard des religions, des laïcards et des athées ?

c'était mieux avant (eux aussi)

Cadavre exquis, jeu inventé par les Surréalistes en 1925

1924, Premier pamphlet surréaliste collectif publié à l'occasion de la mort d'Anatole France, signé Louis Aragon, Joseph Delteil, Pierre Drieu La Rochelle, André Breton, Paul Éluard, Philippe Soupault

« Le scepticisme, l'ironie, la lâcheté, France, l'esprit français, qu'est-ce ? Un grand souffle d'oubli me traîne loin de tout cela » Paul Éluard

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

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une question indigène en France ? ou la radicalité limitée, la radicalité coincée, la radicalité bouffie, en un mot : la radicalité française

l'État, les médias, la gauche, la droite, les fascistes, les gauchistes et le milieu français de la communisation

tous-ensembleux-tous ensembleux, yé yé yé

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! silence dans la théorie

« Nous ne sommes pas antiracistes » Bernard Lyon, de la marseillaise Théorie communiste ou les limites de la critique de l'antiracisme idéologique

les mots sont importants : vous avez dit communautarisme ?

philosémitisme ? « Le Ministre de l'Intérieur apporte son soutien à la communauté juive » France Info ce matin

« Le Ministre de l'Intérieur rassure les Musulmans » islamophilie ?

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14 mars

la haine en guise d'argument : philosémitisme vs l'antisémitisme ou l'impasse des fausses oppositions

à titre d'exercice, je laisse ma lectrice juger la façon dont Yves Coleman, à partir de la conférence d'Houria Bouteldja à Oslo, tire argumentation de son texte pour lui faire dire le contraire

Racisme (s) et philosémitisme d’Etat ou comment politiser l’antiracisme en France ? Houria Bouteldja, PIR, 11 mars 2015

Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise Yves Coleman Mondialisme.org 15 mars 2015

je ne suis pas persuadé que centrer un analyse sur la catégorie de « philosémitisme » soit le meilleur moyen d'éclairer la question, et il est probable que c'est ce que peuvent saisir les adversaires de toutes obédiences. Cela dit, il faut les lunettes policières d'Yves Coleman pour en faire ce qu'il en fait. Goûtons le sel de cette remarque :

« Pour ma part, je me méfierai donc toujours des « philosémites », chrétiens ou athées, de droite ou de gauche, mais pas du tout pour les raisons avancées par l’extrême droite complotiste et Mme Bouteldja du PIR. Tout simplement parce que des gens qui se prétendent « philosémites » ne défendent ni un point de vue de classe, ni une position anti-étatique ou anti-nationaliste...»

où trouve-t-on, hors la pétition de principe qu'il ne manque jamais de rappeler comme caution de sa radicalité révolutionnaire, la critique que Coleman ferait de l'Etat ou du capital ? Étrangement, le PIR et Houria Bouteldja sont les cibles, y compris physiques, de «l'extrême-droite gauloise» dont il voudrait nous faire croire que relèvent les Indigènes de la République et sa porte-parole. Ainsi le PIR serait-il la cinquième colonne du nationalisme français : « Le PIR mérite bien son nom : il est devenu un courant parfaitement autochtone, qui a totalement intégré le logiciel nationaliste français

une haine au nom des Juifs : contre les Juifs ou Coleman en small BHL

indiscutablement, le PIR est un produit social français, mais qui s'inscrit dans le combat nécessairement spécifique qu'exige sa particularité gratinée, en matière de racisme et de valeurs universelles, une spécialité devenue la risée du monde. On se désole et s'inquiète qu'au nom d'un so called mondialisme, ce Coleman - produit d'Outre-Atlantique hostile aux luttes des Blacks Américains, des Antillais, des Indigènes en France, on ne sait pas pourquoi si mauvais défenseur des Juifs et finalement contre qui et quoi - extériorise au fond une haine de lui-même, typique de celles que Fanon s'appliquait à soigner. Je le dis sans ironie, parce que je crois qu'Yves Coleman est sur le point de se préparer des souffrances telles que les télévisent les stygmates de la haine, sur les visages vieillissant des Finkelkraut, Glucksmann et autres BHL, et pire : au nom des Juifs

mais cette rencontre est inévitable, quand de part et d'autre, c'est le philosémitisme vs l'antisémitisme qui sont placés au cœur de l'analyse. Il est après tout normal, puisqu'il existe des Juifs, qu'il en existe qui les aiment et d'autres non, en tant qu'ils se définissent d'abord comme Juifs, et d'autres comme "Noirs" ou "Blancs". Le devenir révolutionnaire du "Juif" n'est pas moins que celui du "Noir", du "Blanc", du "Musulman" de  dépasser cette identité, ce qui est impossible sans se reconnaître comme prolétaire fac au capital pour abolir les classes. C'est le genre de point de vue qui semble faire défaut à la perspective du PIR, et ne parlons pas de Coleman...

on conseillera la Question juive de Marx et de relire alors le texte d'Houria, dans sa logique revendiquée et argumentée « décoloniale, anti-impérialiste » et anti-nationaliste, dans la continuité du contexte créé avec la production idéologique de l'antiracisme et l'antisémitisme sur la base du génocide nazi (toutes choses analysées par nombre d'auteurs, que ce soit Plumelle-Uribe (La férocité blanche) ou les courants radicaux du marxisme), et l'on verra le prodige de Coleman qui parvient à lui faire dire le contraire de ce qu'elle dit, pour la ranger aux côté de Soral

« Donc si ni l’État, ni l’extrême-droite ne sont les lieux de production de l’antisémitisme, où se trouve ce lieu ?

Mais la question que je pose ici en tant que militante décoloniale est la suivante : Pourquoi cette gauche tient-elle à associer lutte contre l’islamophobie et lutte contre l’antisémitisme ? Pour ce qui me concerne, je n’ai pas d’opposition de principe à condition d’appliquer la même méthodologie que pour l’islamophobie, le racisme anti-Noir ou le racisme anti-Rrom, c’est à dire identifier le lieu de production de l’antisémitisme. C’est ce que cette gauche se garde bien de faire.

Depuis quelques années, il est très tentant d’affirmer que la blanlieue produit de l’antisémitisme. Citons en exemple Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, et Amédy Coulibaly. Tous les trois ont visé et tué des Juifs. Citons aussi en exemple l’alliance entre Dieudonné qui est un humoriste noir très connu avec Alain Soral qui est un militant d’extrême-droite particulièrement hostile aux Juifs. Devant cette nouvelle réalité, la gauche éprouve un très grand malaise. Comment poursuivre son combat historique contre la bête immonde et continuer à défendre les opprimés qui participeraient peu ou prou au « renouveau » de l’antisémitisme ? Son malaise est d’autant plus grand, qu’elle est parfaitement incapable d’identifier le lieu exact de la production de ce « nouvel antisémitisme ». Peut-elle accuser la communauté musulmane sans distinction et sans devenir elle-même raciste ? Peut-elle dénoncer la banlieue sans tomber dans les amalgames les plus grossiers ? Les quartiers populaires, en effet, ne forment pas une unité politique contrairement aux groupes d’extrême-droite qui se revendiquent comme tel. C’est la raison pour laquelle elle cède à la facilité en choisissant de ne pas chercher les causes structurelles ET de l’islamophobie ET de l’antisémitisme. Et c’est la raison pour laquelle elle choisit des slogans creux et apolitiques en associant lutte contre l’islamophobie et lutte contre l’antisémitisme. J’ajoute que c’est la gauche la plus radicale qui se situe sur ce créneau. Car quand elle n’est pas radicale, elle lutte abstraitement contre le racisme et l’antisémitisme, en veillant à nommer, donc à distinguer, donc à hierarchiser, donc à privilégier la lutte contre le racisme anti-Juifs, ce qui bien sûr est pire.

En réalité, ce qu’elle refuse radicalement de faire, et c’est là son véritable angle mort, c’est non pas de combattre l’antisémitisme mais de combattre le philosémitisme d’État. Je prétends pour ma part que si l’on change radicalement de perspective, la lumière jaillit. Sartre disait, « c’est l’antisémitisme qui fait le Juif ». C’est toujours vrai, l’antisémitisme fait toujours le Juif mais sous sa forme philosémite. Et c’est ici que je vous invite à méditer ce que j’ai appelé plus haut des lapsus d’État. Des lapsus qui signifient en gros : on aime les Juifs mais pas trop et surtout à la place qui leur est assignée et en vérité les moins juifs possible.

Ainsi, si l’on est clairement anti-raciste et qu’on s’inquiète de la montée de l’extrême-droite qui va viser prioritairement les populations des quartiers et qu’on s’inquiète du sort des Juifs devenus cibles de groupes terroristes, il faut avoir le courage de s’attaquer aux formes actuelles du racisme d’État : islamophobie, négrophobie et romophobie et s’attaquer au philosémitisme d’État qui est une forme subtile et sophistiquée de l’antisémitisme de l’État-Nation. »

le PIR est un mouvement politique né dans la réalité actuelle, avec les particularités qui sont au fond les mêmes que celles justifiant la rupture de Césaire avec le PCF (voir ci-dessous). Nul ne peut de l'extérieur en exiger la pureté, ni théorique ni politique, et je ne me mêlerai pas d'exiger d'eux qu'ils deviennent "communisateurs", c'est impossible pour un parti et pas à l'ordre du jour. Il existe une enchevêtrement complexe des identités sous lesquelles peuvent s'exprimer les contradictions de classe, le démêler dans un sens révolutionnaire ne se décrète pas, mais je reste optimiste, parce que s'il est possible d'en percevoir les chemins en théorie, c'est en raison même qu'ils existent dans les luttes : voilà notre espoir

en vérité l'islamophobie est une prolophobie racialisée, un racisme de classe, ce que n'est pas l'antisémitisme...

3ème avertissement avant incendie 

« La prochaine fois, le feu » James Baldwin

les deux premiers avertissements concernent plus particulièrement les tenants de la théorie de la communisation en relation avec le dit « confuionnisme » actuel et les vieilles accusations de négationnisme à l'encontre de l'ultra-gauche dont les théoriciens sont issus, fondées dans quelques cas, provoquant des chasses policières aux « rouges -bruns » qui ont défrayé la chronique... Pour ma part, j'ai été membre du PCF de 1973 au milieu des années 80, et ne n'ai plus jamais eu de cartes nulle part, autres qu'à la CGT, puis plus du tout douze ans avant la retraite

pour servir aux bâtards de Staline et tous racistes au nom du prolétariat mondial

en mémoire de la Lettre à Maurice Thorez d'Aimé Césaire, démission du Parti Communiste Français, le 24 octobre 1956

sur la question indigène et le communisme

la question dite de l'immigration, dénommée la question indigène, est devenue un paramètre de discernement dans la définition d'une position communiste révolutionnaire. Je redonne cette lettre de démission de Césaire du PCF, non qu'il aurait été un révolutionnaire par excellence, mais pour ce qu'elle nous enseigne aujourd'hui quant à ce que peuvent penser ceux qui, comme lui, ne sont pas des communistes appartenant à l'identité raciale majoritaire où ils vivent. Et, à l'inverse de ce que nous pouvons déduire de ce que nous en disons, ou pas. Ce qui peut faire de nous, à notre insu bien sûr, et à quelque courant radical que nous prétendions appartenir, de dignes héritiers de la pensée de Staline

je ne retiens que les extraits les plus encore significatifs, et, étant entendu qu'il s'agit du Parti Communiste Français dans la Guerre d'Algérie, j'invite à le remplacer par quelque parti que ce soit, quelque organisation que ce soit, quelque théorie que ce soit, qui se mêlerait aujourd'hui de parler du communisme mondial sans donner la parole à ce que je nomme par simplicité les Indigènes (tout le monde comprend de quelles population il est question), ou à prendre en considération dans sa théorie ou sa pratique leur situation particulière

on remplacera avantageusement le mot peuple par un autre, si l'on évite d'y voir, trop facile (Dauvé l'a placée en exergue...), l'idée chère aux marxistes que le peuple ici serait opposable ici au concept de prolétariat, et dès qu'ils voient le mot, y lisent leur concept en lieu et place de tous autres sens possibles

j'attire l'attention que cette lettre, aujourd'hui, tomberait sans coup férir sous l'accusation de « communautarisme », ou de position « identitaire », pour un grand nombre de "camarades" d'extrême-gauche, d'anarchistes et communistes libertaires, d'ultra-gauche... en tous cas partisans d'une révolution contre le capital (c'est la rhétorique de Temps Critiques entre autres, sans parler de leur pote le fat Yves Coleman, flic antifa fournisseur de listes aux néo-cons)

en effet Césaire, répondant par avance, il y a près de 60 ans, à l'accusation de « provincialisme » ou de « particularisme étroit », ajouterait sans aucun doute la catégorie de « communautariste » dont l'usage est l'équivalent actuel opposé à l'identité française "normale", de souche, quoi, c'est-à-dire neutre, en un mot : citoyennement correcte et républicaine

il s'agit bien entendu d'un point de vue qu'oon peut considérer comme humaniste, et voir aisément les limites dans le contexte des luttes contre le colonialisme, et sa compréhension d'alors dans le capitalisme avant la défaite définitive du mouvement ouvrier des années 70 et suivantes, avant la fin des décolonisation, avant les luttes des Noir.e.s américains, la fin de l'Apartheid en Afrique du Sud, etc. Une sorte de moment dans lequel s'est condensé l'histoire des rapports dans ce que le stalino-trotskisme historique considérait comme « le mouvement communiste international et ses trois composantes, les pays socialistes, le mouvement ouvrier dans les pays capitalistes développés, et les luttes de libérations nationales dans les pays colonisés »*

* vision qui a prévalu jusqu'à l'effondrement de l'URSS ou presque, et que j'ai entendue en 1971, à l'occasion de ma première rencontre avec des communistes, de la bouche d'Alain Gresh, "descendu de Paris" où il était membre de la direction de l'UEC (orga des étudiants liée au PCF, non nécessairement membres du parti) pour une réunion des étudiants de classes préparatoires aux grandes écoles à Lyon, sur le thème de la situation internationale, une autre réunion portant peu après sur la philosophie marxiste, avec un exposé d'un Marseillais alors à l'ENS de la rue d'Ulm

de quoi Staline est-il ici le nom ?

il est, dans ce contexte de la critique radicale en France après Charlie - radical ici prend les choses à la racine, la souche française du communisme - le nom de tout ethnocentrisme blanc à prétention communiste ou communisatrice, aucune tendance communiste française n'y ayant échappé, et n'y échappant toujours pas à ce jour, en 2015

on pourra aussi lire avec intérêt les mots de Césaire sur la relation universel-particulier, que j'ai un peu abordée sur ces questions de "race" avec Stuart Hall et autres héritiers de Marx, et de façon plus concrète que toute philosophie envisageable sur la question, et de toute contorsion dialectico-structuraliste ne prouvant qu'une ignorance des choses mêmes, mais prétendant les remplacer

il est bien évident que depuis Césaire, ces problèmes ont fait l'objet de nombreuses et importantes avancées théoriques dont j'ai donné quelques exemples

bonne lecture et rendez-vous plus bas

Aimé Césaire, poète dans le monde, 1913-2008, extraits de sa lettre de démission du Parti communiste français :

Un fait à mes yeux capital est celui-ci : que nous, hommes de couleur, en ce moment précis de l’évolution historique, avons, dans notre conscience, pris possession de tout le champ de notre singularité et que nous sommes prêts à assumer sur tous les plans et dans tous les domaines les responsabilités qui découlent de cette prise de conscience.

Singularité de notre « situation dans le monde » qui ne se confond avec nulle autre.
Singularité de nos problèmes qui ne se ramènent à nul autre problème.
Singularité de notre histoire coupée de terribles avatars qui n’appartiennent qu’à elle.
Singularité de notre culture que nous voulons vivre de manière de plus en plus réelle.

Qu’en résulte-t-il, sinon que nos voies vers l’avenir, je dis toutes nos voies, la voie politique comme la voie culturelle, ne sont pas toutes faites ; qu’elles sont à découvrir, et que les soins de cette découverte ne regardent que nous ? C’est assez dire que nous sommes convaincus que nos questions, ou si l’on veut la question coloniale, ne peut pas être traitée comme une partie d’un ensemble plus important, une partie sur laquelle d’autres pourront transiger ou passer tel compromis qu’il leur semblera juste de passer eu égard à une situation générale qu’ils auront seuls à apprécier.

Ce n’est pas volonté de se battre seul et dédain de toute alliance. C’est volonté de ne pas confondre alliance et subordination. Solidarité et démission. Or c’est là très exactement de quoi nous menacent quelques uns des défauts très apparents que nous constatons chez les membres de etc. : leur assimilationisme invétéré ; leur chauvinisme inconscient ; leur conviction passablement primaire – qu’ils partagent avec les bourgeois européens – de la supériorité omnilatérale de l’Occident ; leur croyance que l’évolution telle qu’elle s’est opérée en Europe est la seule possible ; la seule désirable ; qu’elle est celle par laquelle le monde entier devra passer ; pour tout dire, leur croyance rarement avouée, mais réelle, à la civilisation avec un grand C ; au progrès avec un grand P (témoin leur hostilité à ce qu’ils appellent avec dédain le « relativisme culturel », tous défauts qui bien entendu culminent dans la gent littéraire qui à propos de tout et de rien dogmatise au nom du parti).

Il faut dire en passant que les communistes français ont été à bonne école. Celle de Staline. Et Staline est bel et bien celui qui a ré introduit dans la pensée socialiste, la notion de peuples « avancés » et de peuples « attardés ».* Et s’il parle du devoir du peuple avancé (en l’espèce les Grands Russes) d’aider les peuples arriérés à rattraper leur retard, je ne sache pas que le paternalisme colonialiste proclame une autre prétention.

* pensée qui vient d'Hegel et que l'on retrouve chez Marx mais plus à partir de la fin des années 1950, selon anderson Marx aux antipodes. Pensée que l'on retrouve chez le "communisateur" Francis Cousin

Dans le cas de Staline et de ses sectateurs, ce n’est peut-être pas de paternalisme qu’il s’agit. Mais c’est à coup sûr de quelque chose qui lui ressemble à s’y méprendre.

Inventons le mot : c’est du « fraternalisme ».

Car il s’agit bel et bien d’un frère, d’un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès.

Or c’est très exactement ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus.

Dans ces conditions on comprend que nous ne puissions donner à personne délégation pour penser pour nous ; délégation pour chercher pour nous ; que nous ne puissions désormais accepter que qui que ce soit, fût-ce le meilleur de nos amis, se porte fort pour nous. Si le but de toute politique progressiste est de rendre un jour leur liberté aux peuples colonisés, au moins faut-il que l’action quotidienne des partis progressistes n’entre pas en contradiction avec la fin recherchée et ne détruise pas tous les jours les bases mêmes, les bases organisationnelles comme les bases psychologiques de cette future liberté, lesquelles se ramènent à un seul postulat : le droit à l’initiative.

Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. Que ce que je veux, c’est que marxisme et communisme soient mis au service des peuples noirs, et non les peuples noirs au service du marxisme et du communisme. Que la doctrine et le mouvement soient faits pour les hommes, non les hommes pour la doctrine ou pour le mouvement. Et bien entendu cela n’est pas valable pour les seuls communistes. Et si j’étais chrétien ou musulman, je dirais la même chose. Qu’aucune doctrine ne vaut que repensée par nous, que repensée pour nous, que convertie à nous. Cela a l’air d’aller de soi. Et pourtant dans les faits cela ne va pas de soi.

Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe, et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative dont je parlais tout à l’heure et qui est, en définitive, le droit à la personnalité.

C’est sans doute là l’essentiel de l’affaire. L’heure de nous mêmes a sonné.

Et ce que je viens de dire des nègres n’est pas valable que pour les nègres. Oui tout peut encore être sauvé, tout, même le pseudo socialisme installé çà et là en Europe par Staline, à condition que l’initiative soit rendue aux peuples qui jusqu’ici n’ont fait que la subir ; à condition que le pouvoir descende et s’enracine dans le peuple, et je ne cache pas que la fermentation qui se produit à l’heure actuelle en Pologne, par exemple, me remplit de joie et d’espoir.

Ici que l’on me permette de penser plus particulièrement à mon pays etc. J’y pense pour constater que le Parti est dans l’incapacité absolue de lui offrir une quelconque perspective qui soit autre chose qu’utopique ; que le Parti ne s’est jamais soucié de lui en offrir ; qu’il n’a jamais pensé à nous qu’en fonction d’une stratégie mondiale au demeurant déroutante.

Je sais bien. On nous offre en échange la solidarité avec le peuple français ; avec le prolétariat français, et à travers le communisme, avec les prolétariats mondiaux. Je ne nie pas ces réalités. Mais je ne veux pas ériger ces solidarités en métaphysique. Il n’y a pas d’alliés de droit divin. Il y a des alliés que nous impose le lieu, le moment et la nature des choses. Et si l’alliance avec le prolétariat français est exclusive, si elle tend à nous faire oublier ou contrarier d’autres alliances nécessaires et naturelles, légitimes et fécondantes, si le communisme saccage nos amitiés les plus vivifiantes, celle qui nous unit à l’Afrique, alors je dis que le communisme nous a rendu un bien mauvais service en nous faisant troquer la Fraternité vivante contre ce qui risque d’apparaître comme la plus froide des abstractions. Je préviens une objection. Provincialisme ? Non pas. Je ne m’enterre pas dans un particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné.

Il y a deux manières de se perdre : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel ».

Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers. Alors ? Alors il nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent. En bref, nous considérons désormais comme notre devoir de conjuguer nos efforts à ceux de tous les hommes épris de justice et de vérité pour bâtir etc.

Dans ces conditions, je vous prie de recevoir ma démission de etc.

Aimé Césaire, Paris, le 24 octobre 1956

le Nègre est une insulte à la civilisation

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! source Claude Ribbe

ce qui est dit s'écrit, se crie : s'impose dans l'ordre d'une évidence

lu ? compris ? Bien. Voici ce qui, de cet instant entre nous s'impose :

on a longuement disserté, en milieu communisateur, de la violence faite à une femme quand on la considère en tant que femme, et non comme un être humain normal

on n'a jamais dit un seul mot, en milieu communisateur, de la violence faite à une personne noire de peau, à la considérer comme un.e Noir.e, un.e Asiatique, j'en passe et des meilleures

dans le premier cas, il y avait « assignation au genre » et je le partage. Dans le second, on n'a pas parlé d'« assignation à la race », ce que je considère tout bonnement d'autant plus raciste que l'on se dit communiste, car c'est dans le rapport, la relation, l'inter-subjectivation, qu'est le racisme, non dans la pensée séparée de l'individu considéré comme raciste, que l'on accuse de l'être avec tant de facilité quand il le revendique

comment peut-on prétendre à l'idée d'émanciper l'humanité entière en ayant en tête, plus forte que toute raison, cette impensée-là, cet inconscience-là ?

alors qu'on se mette, en pensée, dans la peau d'un.e Noir.e. Pas facile. Un bon auto-sondage d'opinion intime, se regarder dans une glace et se demander : et si l'on me considérait d'une couleur de peau

quant à moi, ça va, merci : je sais que je suis un mâle blanc, je ne le revendique pas, ni d'en changer, mais je sais ce que produisent mes mots, mes gestes, mes regards, tout ce que je suis face à un.e personne « de couleur », tant que nous ne nous connaissons pas assez bien pour que nous deux puissions réellemnt faire comme si, natrellement, spontanément, d'un oublier-savoir partagé, dépassées nos identités de couleurs. C'est un travail, sauf si l'on a vécu ça très jeune dans un milieu où c'est une habitude, et ça peut être le cas dans les 'quartiers'

il ne me vient plus à l'idée ni au corps de faire comme si nous, de chaque côté de la relation, pouvions l'oublier, de cette façon si accessible à tous ceux qui, du simple fait de savoir que les races sont des constructions historiques et sociales, se considèrent comme évidemment non-racistes, non pas même « antiracistes abstraits universalistes », mais refusant de prendre en compte les implications quotidiennes de vivre en tant que « de couleur » dans une société dominée, ne serait-ce que démographiquement, par des Blanc.he.s

on ne s'en tire pas en écrivant  « racisé.e.s » avec ou sans guillemets, ni même comme je l'ai suggéré « racialisé.e.s », tant qu'on ne se considère pas soi-même comme possiblement « racisé.e » par d'autres. En quoi la réflexion sur la blanchité, ou sur la blanchitude revendiquée par les identitaires de chez nous, qui semble a priori essentialisante (un mot qui en jette et qui rassure, on n'est pas raciste avec ça dans la bouche), n'est pas si vaseuse qu'elle en a l'air, puisque refusant à d'autres (purs prolétaires conceptuels) de se reconnaître dans une identité de couleur qu'on leur a collée, on admet plus difficilement qu'ils puissent faire de même à notre égard. C'est le procès fait aux indigènes... qui affirment pourtant ne pas vouloir être intégrés par la République et la France. Moi, je me désintègrerais volontiers

quand ces Blanc.he.s, qui plus est communistes, leurs demandent d'oublier leur couleur pour se comporter en purs prolétaires conceptuels, je les considère comme des ennemi.e.s de classes objectifs, ni plus ni moins que toute personne se mettant de son plein gré au service de la classe dominante

il ne sera plus admis de personne, se réclamant du communisme ou de la communisation, non seulement la moindre bavure, mais aussi le si pratique oubli de la question indigène, le si confortable silence sur « la ligne de partage des couleurs », pour le dire avec WEB Dubois

depuis un an, plus les décennies antérieures de brouillon de cette décision historique en Franssouche, mes dossiers ont éclairé ces questions, que nul n'est censé ignorer dans le milieu de la communisation

sera considéré comme raciste de plein gré en connaissance de cause qui, en personne avertie, n'en tiendra pas compte, et signera alors sa propre démission..

pour le non-parti de mon communisme universel particulier, Patlotch, le 13 mars 2015

« Le jazz et l'homme différencié - Musique de la transe. Corps possédé et chaos mental. Pour Julius Evola, "cette africanisation mentale était le symptôme d'une civilisation occidentale en ruines." Ben voyons. Reste que le jazz, première expression musicale du siècle dernier, se définit avant tout comme le passage d'une "musique populaire, voire ethnique" en "musique savante". Bien plus singulière qu'une simple "musique du monde" et autre chose qu'une "musique classique". Rencontre improbable entre les battements de cœur, le "pulse" original et le choral luthérien - entre l'esclave et son maître, oserait-on dire. Musique de désir et de recherche, du désir de la recherche. De joie pure et de structure (parfois laborieuse). De scène et d'autocréation. Art qui "nous ramène à ce que l'on est devenu ou à ce que l'on n'est plus". » Pierre Cormary la page de - à tous égards "intéressante" dans le registre de l'idéologie se revendiquant "de droite". Pierre Cormary (sic) se dit admirateur de Marc-Edouard Nabe, Alain Zannini, alias MEN - authentique jazzmen guitariste et écrivain, auteuur du plus beau livre jamais écrit en langue française sur Billie Holiday et son âme -, qui ne lui rend pas son admiration, mais dit avoir « beaucoup de peine pour cette bande de guignols de droite catholique bourgeoise qui se croit subversive et révolutionnaire parce qu’elle ne rit pas aux blagues de Bruno Gaccio ! Pauvres imbéciles…» Pierre Cormary, le gros porc recycleur 1er février 2015

à propos d'Houria Bouteldja et du PIR

précision suite à une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?, étant donné que ce texte est un des plus lus du site si j'en crois son indexation par Google. Je n'ai pas relu ma réponse de janvier, mais il est assuré que ma position est aujourd'hui encore plus claire, dans la mesure où mon travail m'a permis d'avancer dans l'articulation de la race avec le genre et la classe

concernant ce qui peut être interprété comme une ambiguïté relativement à Houria Bouteldja et le PIR, voir critique du capital : des classes du genre et de la race, intersectionnalité, communs...  pour une synthèse voir 'dépasser les identités de classe, genre, race, nations, religions... d'individus du capital et les identités militantes' et pour les arguments le dossier dans abolir le racialisme 2014.

mes "désaccords" (guillemets car je ne suis pas à leur place et n'ai pas à leur donner de leçons), avec le positionnement politique du PIR sont clairs : sa considération théorique d'un « champ politique blanc », sa mise en avant de la lutte « anti-sioniste », son choix d'exister comme parti politique citoyen... Mon accord essentiel porte sur la nécessité d'une auto-organisation transitoire des 'Indigènes' pour dépasser l'identité de race mais aussi celles de classes et de genres. Cette nécessité n'est pas qu'un choix politique, elle est un produit de l'histoire, et concernant le PIR, des spécificités françaises soulignées entre autres par Elsa Dorlin dans ses travaux

cela posé, je ne me sens pas moins proche de Houria et de certain.e.s de ses camarades que de militants voire de théoriciens « marxistes », y compris « communisateurs », qui négligent la race dans leurs analyses du capitalisme et des luttes historiques ou actuelles. Et certainement très éloigné de toute cette extrême-gauche et de ce féminisme qui se honteusement révélés pour ce qu'ils sont, aveuglés de Lumières laïcistes, à l'occasion de « l'affaire du voile »

le jour où les champs séparés de la lutte de classe, de genre, et de race se croiseront en France pour construire un en-commun révolutionnaire, je me sentirai mieux

26 novembre 2014

la politique du PIR : pourquoi avons-nous besoin d'un Parti des Indigènes en France ?

Why do we need an Indigenous Party in France ? Selim Nadi, membre du PIR, Parti des Indigènes, 16 novembre

Le texte que nous reproduisons ci-dessous est tiré de l’intervention qu’a fait Selim Nadi lors de la 11ème édition du colloque Historical Materialism, organisée à la School of Oriental and African Studies, à Londres. Ce texte a été présenté dans le panel « Race matters » où intervenaient également Alberto Toscano (sur W.E.B. Du Bois, la version française de son intervention est disponible au lien suivant : http://revueperiode.net/de-laristocratie-ouvriere-a-lunion-sacree-du-bois-sur-les-origines-coloniales-de-1914/) et Satnam Virdee (sur Stuart Hall). Il s’agissait dans ce texte de présenter le P.I.R à un public non-francophone et de développer certains de ses concepts fondamentaux et les enjeux stratégiques qui s’ouvrent à lui.

il s'agit d'un texte théorique issu d'un colloque organisé par l'association Historical Materialism (cf le programme déjà signalé de la 11ème conférence, How Capitalism Survive, début novembre). Son intérêt est d'expliciter comment le PIR conçoit l'articulation des dominations de "races", classes, et genre, et la nécessité actuelle en France d'une organisation politique autonome des non-Blancs. Il permet donc aussi d'en percevoir les limites, notamment de situer sur un même plan les diverses "dominations" sans les articuler dans le capitalisme comme mode de production/reproduction fondé sur l'exploitation

To sum up, then : autonomy does not mean that the P.I.R hasn’t a strategical vision, the P.I.R can build alliances with other political groups. But the building of a larger political bloc should override some disagreements. If the autonomy of the P.I.R is respected, then a common struggle could be built on sound basis. The exit of the white political field is therefore a necessary prerequisite to the struggles of non-white people in France, but paradoxically, it also appears as a necessary prerequisite to the constitution of a larger political force fighting in order to reverse the multiplicity of domination relationships that structure the society.

Of course the P.I.R is a complex party and to analyze it completely would imply to spend much more time on the many texts that constitute its foundation and on the almost ten years long experience of the M.I.R and the P.I.R. I’ve tried to present the most important political claims of the P.I.R and its place in the political struggle in France and my comments are far from complete but I hope they have allowed me to present this political force to a non-french public.

Il est regrettable que ce texte ne soit pas (encore) disponible en français, dans la mesure où il tranche sur certains points avec des positions du PIR nettement plus communautaristes

15 novembre

Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial » avec James Baldwin et Audre Lorde, Houria Bouteldja Berkeley avril 2014 blog du PIR septembre 2014

si je regrette qu'Houria Bouteldja réserve parfois de meilleurs textes à nos ami.e.s américains, je ne peux que me féliciter de références communes à James Baldwin et Audré Lorde... À sa décharge constatons que le combat "anti-raciste" est parfois plus miné en terres françaises qu'outre-Atlantique

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! Revolutionary Hope: A Conversation Between James Baldwin and Audre Lorde Essence Magazine 1984

3 juillet

le pire c'est quand ça ne décolle pas

La Puissance indigène est là, elle s’affirme, elle prolifère, elle inquiète, Sadri Khiari, membre du PIR 1er juillet

« Pour peu qu’on l’appréhende dans sa globalité, en appréciant ses paradoxes, les rythmes inégaux du développement des différents secteurs où elle se constitue, ses différents terrains d’actions, les modalités variées à travers lesquelles elle s’incarne, la Puissance indigène est là, elle s’affirme, elle prolifère, elle inquiète. Elle inquiète dans la mesure où elle existe et dans la mesure où elle pourrait exister.
[...]
Peu nombreux sont ainsi, pour prendre que ce seul exemple, les « lascars » des quartiers indigènes qui perçoivent le lien unissant leur colère contre la police et les luttes des travailleurs immigrés sans papiers, ou celles des ouvriers contre les discriminations raciales, ou encore celles des descendants de déportés africains qui réclament des réparations.

En appréhendant nos luttes dans une perspective postcoloniale et raciale, une autre réalité apparaît, en l’occurrence l’unité profonde de la logique sociale et politique de ces luttes, le fait que le mouvement d’ensemble de ces résistances procède d’une même logique d’opposition à la domination blanche et constitue une totalité: la Puissance politique indigène.»

gage que ce n'est pas en flattant l'identité indigène pour elle-même que « les « lascars » des quartiers indigènes [percevront] le lien unissant leur colère contre la police et les luttes des travailleurs immigrés sans papiers, ou celles des ouvriers contre les discriminations raciales... »

dans ces conditions comment attendre du PIR le meilleur ? la « jonction » ne se fera que sur une base de classe dans la conscience de celle-ci, serait-elle portée par la spécificité indigène. Car c'est immédiatement que doit être posé l'enjeu du dépassement identitaire comme visée et subjectivation révolutionnaire, y compris sur une base auto-organisée en tant qu'« Indigènes », dénomination en miroir de la racialisation par le capital, certes en France à domination blanche

c'est du PIR exiger l'impossible, puisqu'il est un produit politique du moment présent, et c'est aussi la limite de ma propre critique, qui serait vaine si elle se posait en leçon donnée ou pire comme dénonciation

.

28 juin

à la mi-temps des Nations, le mauvais côté du pire

Dialectique française et passion algérienne décoloniale Malik-Tahar Chaouch PIR 22 juin

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

quelques remarques

j'ai dit pourquoi l'auto-organisation des 'Indigènes' me semble nécessaire, au double sens d'inévitable historiquement et d'utile stratégiquement pour un dépassement de l'identité de race (voir abolir les identités de classe, 'genre', 'race'... de militants et d'individus)

cet article est représentatif de l'impossibilité pour le PIR, Parti des Indigènes de la République, d'analyser le fait national, l'existence même des Etats-Nations, comme constitutif de l'histoire et de l'existence du capitalisme

remarque 1 : la joie de ces supporters ne m'est pas plus sympathique que n'importe quelle autre manifestation de soutien à 'son équipe nationale' (ou pseudo-locale). La fat boule, je m'en foot, le ballon tricolore, je m'en tape. Au-delà de mon avis, voir sur le sujet les critiques du sport adéquat au capitalisme...

il faut le lire parce que son analyse prend en compte une part de réalités incontournables, justement celle qui font tabou ailleurs, mais...

entièrement construit à courte-vue sur la dialectique colonialisme -décolonialisme, il ne peut qu'entériner le fait national - les drapeaux - sans mettre en perspective aucun dépassement possible, enfermant les protagonistes dans la supposée contradiction fondamentale « to be or not to be White » du « champ politique blanc » défini par le PIR

« Le football est un extraordinaire miroir et catalyseur des contradictions sociales, des identités collectives et des luttes politiques »

que ce soit un symptôme certainement, mais positiver le degré zéro de cette expression comme politique, c'est éterniser dans le monde actuel les rapports construits par le capitalisme avec la colonialisme et le post-colonialisme. La notion de décolonialisme n'en est de fait qu'un miroir sur le même terrain, non de foot-ball, mais idéologique. Que ce soit le fait de dominés racisés par le capitalisme n'y change rien, d'autant que même en France, la base du capital n'est pas que française. Il faut croire que le foot rend fou, quand on lit cette chute démagogique

« Soutenir la sélection algérienne, en France, c’est décolonial. Être algérien, en France, c’est décolonial ! »

on n'assiste pas dans cette joie des supporters algériens à ce qui montrerait le bon côté du PIR, une reconnaissance inter-raciale ou inter-nationale de la domination française blanche, avec d'autres qui en sont les victimes en terre française. On observe une expression identitaire accrochée au drapeau national algérien des issu.e.s de l'immigration algérienne ou Algérien.ne.s vivant en France. Que ce ne soit pas un nationalisme algérien et qu'il porte autre chose, un air de juste revanche, ne doit pas empêcher d'en voir la limite

oui, « c'est décolonial », mais qu'est-ce que ça veut dire et à quoi ça mène ?

je n'ai jamais approfondi cette catégorie d'analyse historique, le décolonialisme, et je ne doute pas qu'elle porte un moment nécessaire d'identification critique, bien que plutôt empirique et sans grand fond théorique. Mais elle dessine aussi sa propre limite, comme en leurs temps la Négritude (encore que pas à base nationale, mais justement raciale anti-colonialiste), le Black Power dans les mouvements de libération, etc. Leurs leaders ne manquaient pas d'un fond de marxisme, d'analyses aussi en termes de classes

là, avec cet article, c'est la régression au pire du PIR, un sorte de caution analytique autojustificatrice semant la confusion à base de Nations qui en sont sans en être, et de racisé.e.s français qui seraient tout sauf des prolétaires mondiaux appelés pour se libérer à les abolir

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

que pas un mot dans cet article ne soit consacré aux formes débordantes que prend cette joie est le signe d'un malaise dans la politique du PIR, qui ne peut que renvoyer en miroir à la critique de racisme anti-blanc, dans un sport de combat aussi stérile que dangereux

remarque 2 : les témoignages que j'ai, relativement à cette particularité des supporters algériens, ne vont absolument pas dans le sens d'une approbation par leurs alter-egos des cités. Je les tiens de mon fils dont les amis des cités sont d'origines maghrébines et africaines diverses, et ne manifestent pas entre eux en temps normal cette folle identification à la nation - bien qu'ayant tendance à 'nationaliser' les proches, arabes, et à globaliser les Africains, les Asiat', beur... naturellement sur une base d'ignorance crasse. Peut-être cela vient-il que les Algériens n'ont pas avec la France la même histoire, parce que des drapeaux, dans les Printemps arabes, on en a beaucoup vus, beaucoup, passionnément, à la folie... Et puis hein, quand gagne la France, le Brésil ou le Portugal (ma ville championne aussi de cette immigration-là), c'est pas mieux...

vivement la fin du match inter-nationaliste !

22 juin

Meditations for Integration Mingus Live 1964 vidéo

Confusion « antisioniste » et opportunisme d’extrême gauche 13 juin 2014, par Yves Coleman Ni patrie ni frontières

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

je lis régulièrement les papiers d'Yves Coleman, 'graphomane' comme moi. Je ne saisis pas toujours pourquoi il donne tant de place à la critique de la critique de l'antisémitisme, relativement au manque en France d'approches marxistes de la question de la race. J'y vois une disproportion relativement à l'importance des populations concernées dans le monde, celle des 'Juifs' (~ 15 millions) et des 'Colored people' sous domination notamment blanche. Cela étant je partage grosso-modo son souci quant à l'absence dans tout ça d'une approche de classe et, car il l'exprime de façon plutôt courageuse, d'une absence de la question raciale dans l'approche de classe et chez les militants

un spectre hante l'Europe et le monde au-delà depuis Marx, la question juive, sur laquelle il n'est pas aisé de s'exprimer sans s'attirer quelque imbécile foudre paranoïde... Beaucoup dont Yves en ont fait les frais, moi aussi

je relaie donc ce texte, pour les éléments historiques qu'il apporte, tout en relevant quelques approximations voire oublis, par exemple

« - la négation de l’existence de l’antisémitisme depuis la Seconde Guerre mondiale au sein de la gauche et de l’extrême gauche »

je ne le vois que pas comme ça, et pour prendre un seul exemple (ils abondent), une organisation qui fut de masse, le MRAP. De 1949 à 1977 ce sigle signifiait « Mouvement contre le racisme et l'antisémitisme », avant de changer pour « Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples »

[ici 22 juin]

un autre texte d'Yves Coleman que je partage essentiellement, ce qui évitera toute mauvaise interprétation des conditions dans lesquelles je considère les interventions d'Houria Bouteldja et du PIR comme nécessaires mais aussi souvent aveuglées

Mohamed Merah, Houria Bouteldja et la compassion à deux vitesses Yves Coleman 14 avril 2012

en écho, un poème de mars 2012 le marché aux pleurs, pour Myriam, Mohammed, pour Toulouse et Gaza...

quant à Dieudonné, ce poème de 2005, alors dédié à Roland Simon et Plumelle-Uribe

Homme donné, dieux volés, classe perdue

à Roland et Rosa Amélia

Un valet noir sous un roi blanc a jeté son joker
Nègre bravant bradant le sort d'une boule de suif
Aux faces de colons promus de vendre au nom des Juifs
La mémoire deux fois sur le marché de Nüremberg

Nos prêtres démocrates chantent la messe de l'Homme 
Multicolore au monde fou de sa flemme olympique
Le vrai semblable est un moment du faux culte atlantique 
En tous genres lancé des vers accouchés dans la pomme

D'Adam et Ève on a idée des choses ingénue 
Faut-il en rire ou en pleurer se donner tant de mal 
Pour ignorer ce que l'on est sous ce bon capital
Croire en ce que l'on n'est jamais qu'à s'en retrouver nu

Le conte démocratique se paiera de sa haine
Du réel et fera la guerre au prix de son mensonge
Choisir c'est renoncer sortir de classe est plus qu'un songe
Les prolétaires pour la perdre ont assez de leurs chaînes

Cachan, 22 février 2005 Sortie des classes

24 mai 2014 17:26

la politique du PIR ?

(précision sur l'intersectionnalité dans les luttes en France)

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

on peut toujours se désespérer qu'un tel croisement classe/race ne semble s'opérer, en France, que sous la bannière politique du PIR, Parti des Indigènes de la République, et par la voix de Houria Bouteldja (féministe «de couleur»), que les marxistes tiennent à distance (voir une "caution intellectuelle" à Houria Bouteldja ?), mais du point de vue théorique, à qui la faute, et depuis combien de temps ? Je ne fais pas de cadeau aux tendances communautaristes et citoyennistes du PIR, mais c'est néanmoins la seule expression politique qui traduise en France le moment nécessaire de l'auto-organisation des racisé·e·s contre le capital. Elle existe par défaut d'une prise en charge de la question raciale dans une perspective révolutionnaire et se paye de conséquences plus néfastes que l'existence de ce parti

elle existe aussi, il me semble, parce que le moment présent d'affrontement face au capital se situe au-delà de cette seule question de la race, mais aussi globalement (la dimension "décoloniale") à travers elle, dans la politique, contre l'Etat, comme on l'a vu dans les soulèvements arabes, en Ukraine, en Bosnie, en Amérique du Sud...

au-delà de divergences évidentes avec Houria Bouteldja, force est de constater qu'en France, elle mène le combat où il se situe concrètement aujourd'hui, dans ce champ politique c'est-à-dire largement face à l'Etat, ce qui en situe les limites mais constitue une critique pratique et radicale de l'Etat-nation, de l'identité nationale, un champ d'action totalement délaissé par l'extrême-gauche, et mené de façon abstraite par les anarchistes, dont c'est pourtant le fond de commerce : l'abolition du capital, c'est aussi celle de l'Etat-Nation. Plutôt se demander pourquoi ce combat est mené, paradoxalement, dans un cadre citoyenniste

un combat concret que chacun·e mène depuis sa situation concrète

les théoriciens de la pureté du capital pourront certes chercher la petite bête de la mauvaise articulation entre race, genre et classe. Autre chose est de la prendre par tous les bouts, car dans la vie, elle se présente telle qu'elle est vécue dans une diversité de situations, jusqu'au niveau le plus individuel : « Les individus sont toujours partis d’eux-mêmes, partent toujours d’eux-mêmes » (Marx)

« Les individus sont toujours partis d’eux-mêmes, partent toujours d’eux-mêmes. Leurs conditions sont des conditions du mouvement réel de leur vie. Comment se fait-il que leurs conditions se rendent indépendantes des individus et les contrarient ? Comment se fait-il que les puissances de leur propre vie deviennent plus puissantes qu’eux-mêmes ? », Œuvres III Philosophie, Pléiade, 1982, p. 1036. Mais aussi, dans L’Idéologie allemande : « L’existence créée par le communisme est précisément la base réelle qui permet de rendre impossible qu’aucune existence soit indépendante des individus »

le combat du renversement communiste, concernant l'individualité, fait partie intégrante du cours de la lutte au présent, il n'est pas supposé commencer le jour J de la communisation. Voilà un point de vue individuel de haute-tenue

Race, classe et genre : l’intersectionalité, entre réalité sociale et limites politiques, Houria Bouteldja, Berkeley 17 avril 2013

« Il n’est pas nécessaire pour les femmes indigènes en France d’agir en tant que féministes déclarées ou en tant qu’anticapitalistes déclarées. Elles agissent pour leur intérêt immédiat qui est toujours une imbrication en creux de leur intérêt en tant que prolétaires, de femmes et d’indigènes.»

c'est comme ça, de la même façon qu'Elsa Dorlin l'a posé dans son livre La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, Paris, Éd. La Découverte, coll. Textes à l’appui/Genre et Sexualité, 2006

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

les théoriciens cocos du vieux continent à la bourre ?

au colloque "Puissances du Communisme", organisé par la Société Louise Michel (22-23 janvier 2010), lors de la table ronde "A la recherche du sujet perdu, j'ai pu observer dans la vidéo comment Pierre Dardot (commun et Cie) faisait la fine bouche devant les propos d'Elsa Dorlin, concernant aussi bien le genre que la race, un peu comme si elle était une petit fille au milieu de ces barbons

de même, je ne vois pas que les théoriciens du courant communisateur, Temps Critiques ou les tenants de la Wertkritik se soient sérieusement emparés du sujet. Peut-être que les héritiers de l'ultra-gauche et ses environs, ayant définitivement rangé la politique au magasin des accessoires de l'histoire, méprisent par trop les théoriciens communistes engagés dans le «mouvement social». Peut-être que s'exprimant de façon impersonnelle, ils pensent davantage s'épargner de partir d'eux-mêmes, hommes et blancs, de ce fait moins « communautaristes » qu'Houria Bouteljda ? Peut-être qu'étant des hommes, ils sont plus portés à la cérébralité, puisqu'on dit que les femmes sont plus concrètes, plus terre à terre... une qualité sans doute forgée dans l'adversité de genre, pour se libérer du mâle savoir qui prétend les dominer intellectuellement ? Toujours est-il que sur ces questions, des hommes de peu de couleur, théoriciens marxistes embarqués parfois dans des pratiques militantes critiquables (démocratisme radiacl, etc.) ont griller la politesse aux purs conceptuels

car il n'y a pas que le black feminism pour poser ces questions. Voir l'exemple de Jean Belkhir, de l'Université du Wisconsin, auteur en 1994 de The Failure and Revival of Marxism onb Race, Gender & Class Issues deuxième numéro d'une revue dont le premier est de 1993. On y trouve une belle bibliographie

 'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc ! 1994  'question indigène' et théorie communiste : communautarisme identitaire ? allons donc !

un texte "plus récent", de douze ans d'âge...

Marxism and Class, Gender and Race, Rethinking the trilogy Jean Belkhir 2001

Conclusion : As long as the RGC [Race Genre Classe]perspective reduces class to just another form of oppression, and remains theoretically eclectic, so that intersectionality and interlockings are, in a way, "up for grabs," meaning open to any and all theoretical interpretations, the nature of those metaphors of division and connection will remain ambiguous and open to conflicting and even contradictory interpretations. Marxism is not the only macro level theory that the RGC perspective could link to in order to explore the "basic structures of domination" but it is, I would argue, the most suitable for RGC's emancipatory political objectiv

à mon sens, on devrait plutôt, en tant que communiste, se réjouir que cela soit enfin posé, en France, dans la théorie et dans les luttes

en relation avec la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

17 janvier 2014 La communisation comme abolition du racialisme texte d'étape

dndf comentaires http://dndf.org/?p=12934#comment-14286

13/01/2014 à 00:21 | #23

 

Nono@Patlotch : Tu n’ignores sans doute pas qu’Houria Bouteldja a tenu plusieurs fois des propos ambigus et orduriers, notamment sur le sionisme ou encore à propos de « l’affaire Merah » ; qu’elle et ses acolytes du PIR soutiennent les antisémites du Hamas … La citer en référence dans tes ébauches ne te pose aucun problème de conscience ? N’est-ce pas en faire une « caution intellectuelle » dont on pourrait fort bien se passer au même titre qu’Eric Hazan antérieurement cité ici et, plus globalement, que toute cette clique post-moderne légitimant bien des phénomènes réactionnaires (sacré, religions, famille…) ?

13/01/2014 à 16:21 | #24

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Patlotch@nono avec quelques ajouts et précisions

Merci pour l’info. Si, je l’ignorais.

Tu fais référence aux citations de Houria Bouteldja qui sont là «  sur les luttes de dominé.e.s/racisé.e.s en France : spécificités »http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-493.html

D’une façon générale, est-ce que citer Untel-le dans mes ébauches en fait une « caution intellectuelle » ?

Dans ce cas, on pourrait en déduire que je donne une « caution politique » ou « une caution idéologique » aux textes de Nahla Abdo, Maya Angelou, Amiri Baraka, Brenna Bhandar, Sophie Bessis, Robert Castel, Carole Boyce Davis, Angela Davis, Christine Delphy, Elsa Dorlin, George Fredrickson, Françoise Héritier, Gaston Kelman, Eric Mabanckou, Moulier-Boutang, Jean-Louis Sagot-Duvauroux, etc.

Autrement dit, une « caution intellectuelle » à des idées dont aucunes ne s’inscrivent dans la perspective de la communisation, et pour beaucoup sont en quelque sorte « adversaires » de l'idée de communisation, bien que certains points de vue soient partagés, dans la mesure où elles prônent le changement par la politique, la démocratie, la citoyenneté, la primauté de la lutte anti-patriarcale sur la lutte de classes, etc. [ajout : comment l'interpréter comme une caution à des idées elles-mêmes en oppostion ?]

Exemple, sur le « forum féministe », des militantes « neutralisent » les liens vers des textes qu’elles citent. Chacun dans son coin peut toujours s’imaginer que ce dont on ne parle pas n’existe pas, avec l’illusion qu’interdire permettra d’éradiquer. C’est un point de vue militant, subjectiviste, et ce n’est pas le mien.

Mon objectif n’est pas, à ce stade du moins, d’ouvrir des controverses ou des polémiques avec ceux que je cite ou ce qu’ils portent, d’autant moins dans des activités qui sortent de ce débat. Il est de cerner l’articulation entre communisation et question raciale, en termes théoriques. Poser les bonnes questions de ce point de vue, puisque bien souvent en théorie, le problème est dans la question.

J’ai annoncé la couleur :

« Il s’agit de poser le problème spécifiquement français d’une universalité de droits en principe interdisant d’en mesurer l’application réelle. Ce n’est qu’une esquisse dont le but n’est pas de la combattre politiquement d’un point de vue citoyenniste, égalitariste et démocratique, mais de prendre la mesure de la domination raciale dans le rapport au travail et aux conditions de vie (et de mort) des racisé-e-s. Un constat sociologique. Non son utilisation idéologique, et pas davantage un combat contre elle, qui ne surgira pas d’un blog sur Internet

«Le fait de citer des sociologues, ou autres analystes et personnalités politiques, ne vaut pas approbation. M’intéresse d’abord le matériau y compris idéologique, la critique en est implicite et sa théorisation peut venir après. Il va sans dire que nombre de ces analyses relèvent d’un démocratisme radical souvent très soft (élues…). »

Pour revenir à Houria Bouteldja, ce petit texte, d’une interview par Christine Delphy en 2006, il est sur Wikipedia (combien de divisions sur Internet, la caution de Patlotch ?) :

« Demain, la société tout entière devra assumer pleinement le racisme anti-Blanc. Et ce sera toi, ce seront tes enfants qui subiront ça. Celui qui n’aura rien à se reprocher devra quand même assumer toute son histoire depuis 1830. N’importe quel Blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres [...] Le racisme structurel de la société française provoque un conflit d’intérêt entre les classes populaires indigènes et les classes populaires blanches, les premières se battant pour l’égalité des droits et pour le respect, les autres bien sûr pour préserver leurs acquis ou gagner des droits mais aussi pour maintenir leurs privilèges vis-à-vis des premiers. Ce conflit d’intérêt « blancs/non blancs » empêche les alliances entre les classes populaires et pousse les indigènes à s’organiser de manière autonome

Le « racisme anti-blanc » n’est pas le fait de poissons volants (en proportion des poissons qui ne volent pas).

Je ne suis pas plus anti-raciste qu'anticapitaliste (cf BL Nous ne sommes pas "anti", Meeting n°2 mai 2005). Je suis contre l’assignation de race. Je ne suis pas pour défendre les « racisé-e-s » en tant que tel-les. Je suis anti-racial. [ajout : je suis pour des relations araciales]. Et je pense que la communisation se fera contre la segmentation du prolétariat par la race : la communisation sera araciale ou ne sera pas.

De cette nuit : « Remarque d’étape : UN PARADOXE ‘STRUCTUREL OU THÉORIQUE ? http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-491.html
On parle, en France, de racisme ‘structurel’ [Houria Bouteldja...]. On peut l’entendre au niveau historique, social, sociologique. Mais ce n’est pas au sens de la structure du capitalisme du marxisme traditionnel, pour faire court. On ne trouve a priori rien de spécifique à  »la race » dans le rapport d’exploitation et dans le cycle de reproduction du capital. On ne le trouve pas si on ne le cherche pas en d’autres termes qu’une pureté de rapports entre prolétaires (tous les mêmes au sein de « LA classe ouvrière ») et capital.

Il en va différemment si l’on considère l’histoire concrète du capitalisme, de l’accumulation primitive à aujourd’hui, en passant par toutes les formes successives, de la traite aux colonialismes, au post-colonialisme, et à la distribution raciale du zonage actuel dans le capitalisme globalisé.

Il en va différemment si l’on considère le capitalisme dans son mouvement historique et en dynamique de moments présents, en prenant en compte le poids du facteur racial en termes de démographies, dans la segmentation du prolétariat au sein du zonage capitaliste, ses effets dans les luttes.

Autrement dit, pour mesurer la fonction du racisme dans le fonctionnement du capitalisme comme mode de production et de reproduction, il faut prendre en compte la « race » comme facteur déterminant un peu, beaucoup, passionnément…
- le capitalisme en mouvement sous les deux aspects de son cours historique et de ses dynamiques dans la succession de moments présents;
- les aspects quantitatifs (démographiques) du capitalisme et des luttes;
- la segmentation du prolétariat…

Comment cela peut-il s’intégrer à la théorie de la communisation telle qu’elle se présente chez ses théoriciens actuels ? Je n’en sais rien. Il me semble qu’on peut le faire,  en dépassant la modélisation abstraite, structuraliste et dialectique, pour théoriser à un niveau de généralités plus proche des « luttes théoriciennes » concrètes.

Il semble que jusque-là, le facteur de la race n’était pas pris en compte par la théorie ou pas comme un élément théorique à part entière dans les analyses des « luttes théoriciennes ». On pourrait peut-être en tirer des considérations plus générales, pour autant qu’une synthèse ait un intérêt : la lutte de classe n’existe pas de façon générale, du moins pas en dehors de périodes révolutionnaires, précisément celles où le prolétariat, tendant à trouver son unité, peut dépasser les divisions antérieures dont celles produites par le racisme. Tel pourrait être le cas du moment conjoncturel communisateur (selon Théorie communiste), dans l’activité de crise du prolétariat (selon Bruno Astarian/Hic Salta), la défaisance* des rapports sociaux entre « races » dans celles des rapports de classes et de genres.

* j’utilise les « concepts » et la terminologie existante. Je ne vois pas la nécessité d’en inventer une autre. Pour le plaisir d’une singularité théoricienne ?

Ce qui suit est un « scoop ». Je l’improvise ici à chaud avant de le reprendre sur mon site.

Ce qui précède va me permettre de revenir sur la discussion avec le texte de BL « Utérus vs Mélanine », dans cette spirale dialectique de mes ébaucheshttp://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-491.html

1) Éviter l’analogie entre Genre et Race est incontournable pour poser spécifiquement leurs articulations avec la Classe.

2) Il existe [correction : des analogies] plus que formelles entre Genre et Race, dans la mesure où les deux sont des constructions historiques et sociales.
Les races n’ont pas toujours existé, le genre oui
.http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-495.html
« On ne naît pas femme, on le devient » (Beauvoir 1949) / « On ne naît pas Noir, on le devient » (Sagot-Duvauroux, 2004) http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-494.html

3) Le travail que j’ai engagé permet d’aller plus loin. Non seulement il faut éviter l’analogie entre genre et race dans leur construction historique, dans la réalité présente du capitalisme et des luttes mais il va falloir l’éviter dans la communisation. Pourquoi ?
L’enjeu des luttes pour « abolir la domination masculine » et pour « abolir le racisme » ne se pose pas dans le même rapport entre hommes et femmes (une vraie contradiction à dépasser), et dans le rapport entre « dominants » racistes ou pro-races contre « racisé-e-s ».

Pour le dire rapidement, il y aura des luttes nécessaires entre « hommes » et « femmes » prolétaires. Elles seront révolutionnaires. Il y aura des luttes internes au prolétariat sur une base de différences raciales. Elle seront contre-révolutionnaires [ajout : du moins tant qu'elles ne remettent pas en question l'assignation de race, le racisme, le pro-race autant que le racialisme, ce qui ne sera pas le fait que des "racisé-e-s]. C’est à travers ces deux rapports croisés que se jouera l’unité du prolétariat pour son auto-abolition et celle du capital, des dominations masculines et raciales.

LA COMMUNISATION SERA ARACIALE OU NE SERA PAS.

PS : Concernant mes « problèmes de conscience », je ne sais franchement pas quoi te dire, nono. Je vais ouvrir un débat intime ;-)