RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

 

Recherche

Table des matières

Index  

Ancien site LIVREDEL  Sommaire

    1. POÉTIQUE
RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES 

29 mai 2014

Amiri et Maya, ami-amie, nos amis sont partis cette année, ils s'écoutaient, écoutons-les, dans "l'homme blanc" doit écouter ses AutrEs - avec Amiri Baraka-LeRoi Jones et Maya Angelou

Amiri Baraka / LeRoi Jones Funeral

16 janvier 2014

Télépathie ? Avant-hier je m'insurgeais, dans ce post sur le forum Jazzitude, contre le silence des journalistes de jazz français suite au décès d'Amiri Baraka/LeRoi Jones, mais j'ajoutais : « Peut-être qu'on aura droit à un bel hommage de Francis Marmande, qui sait ? » Lui le savait, en savant à belle plume :

Amiri Baraka (LeRoi Jones), poète afro-américain (1934-2014)

Le Monde.fr | 15.01.2014 à 18h12 • Mis à jour le 15.01.2014 à 23h08 |Par 

14 janvier

J'y pense pas ou j'oublie ? à propos de la mort de LeRoi Jones dans la presse française de jazz ou pas. Un certain esprit en serait-il passé au rap ? Une vidéo interview sous-titrée en français, Amiri Baraka - doyen du rap par LaRumeurOfficiel « Les poètes du Black Art Mouvement, dans les années 60, c'est de là que vient le rap, la musique et la poésie ensemble [...] Vous voyez ces mecs en train de creuser dans la rue, quand ils ont une minute pour manger un sandwich, allez leur lire un poème. Et si vous ne prenez pas un coup sur la tête, alors vous avez un futur. »

10/11 janvier

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

en version communisme théorique

Le poète, dramaturge, essayiste et activiste LeRoi Jones/Amiri Baraka est décédé le 9 janvier à 79 ans.

Armstrong, je ne suis pas noir
Je suis blanc de peau

Claude Nougaro 1965 Paroles et vidéo

"Discussion" sur le forum AAJ AllAboutJazz

Comment dire mon émotion et que LeRoi Jones fut pour moi un "maître", un "père spirituel" ? Dans la bouche d'un 'homme blanc', certes amateur de jazz, certes "communiste", certes "enragé", certes "poète", certes en paroles parfois injuste ou violent... comment cela ne sonnerait-il pas ridicule et fat ? Jamais je n'aurais chanté comme Nino Ferrer « Je voudrais être un Noir », ni ne me serais mis « Dans la peau d'un Noir » comme John Howard Griffin. À quoi bon se grimer, tel un Minstrel, faire semblant ? Sang blanc, c'est en-dedans qu'un peu je me sens noir. De cœur. Rouge. Comme LeRoi.

En hommage immédiat, deux poèmes (rap hip-hop, appelez-ça comme vous voudrez). Choisis pour le hasard objectif d'une date, le 10 janvier, comme un bien triste anniversaire. Poèmes extraits de TEMPS BASCULÉS. Je reviendrai plus longuement sur cet intellectuel enragé au cœur du XXème siècle raciste (voir en bas)

SORTIS DES SOUTES

10 janvier 2012

rap à deux voix et percussions (voix 1 voix 2 ensemble, ou distribution libre)

Des siècles des poussières
dix-sept ans sur les routes
aux présents des hiers
quand il sortait des soutes
une lumière
noire à percer l'avenir

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Vous les jetez d'un geste
aux enchères
aux marchés

Vous les laissez sans reste
et plus chers
épluchés

À pourrir dans vos cages
où mûrissent leurs rages
de vos temps indigestes

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Ils en ont dans le chou
ils déjouent les tabous
de vos livres d'histoire
Ils ont eu les déboires
versé toutes les larmes
ils ont toutes mémoires
ils auront toutes armes

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Ils sont partout ils vont par milles
ils sont parmi le nombre
Ils sont sortis de l'ombre
ils n'ont pas le nombril

à la place du cœur ni leur nom brille
place de la concorde
Ils coupent court
au virage à la corde

au cou rage Un langage
leur manque les mots
pas le souffle
ils sont le vent levé

Volent haut comme au
devant des dangers comme
oh !
des anges contre vous
Démons !

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Forçats des esclavages
des soutes soulevés
ils sont nos vents en poupe

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Et surgissent vos peurs
qu'ils ne soient pas qu'on gère
managés en voleur
qu'ils ne soient pas pépères
à voile et à vapeur

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Voilà votre terreur
être rien qu'ils soient tout
Et voici votre fin
qu'ils ne soient plus valeurs

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Qu'ils soient pis, contre vous
pis qu'ils soient tous contre vos sous
pis qu'ils vous nettoient vous vos dessus vos dessous vos sourires
Telle est votre panique qu'ils vous niquent

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

Ils vous déborderont
sabordant vos encombres
Ils vous débonderont
démontant vos démondes
Ils vous déborderont
espèces de cons combles
Ils vous débonderont
espèces de cons combles
Ils vous débonderont
espèces de cons combles

On dit ces temps de doute
poussière sur la route

 

Poème à controverses Paroles françaises

PLACE À JUSTES VIOLENCES !

4 janvier 2012

À la mémoire de Flora Tristan *, et de son petit-fils Paul Gauguin

Nous tournerons les vents mauvais sur toutes têtes
de nœuds du lien social au bordel capital
Nous jetterons l'effroi dans la tempête

Feu sur leur droit à la violence
Sur la violence de leurs droits

Aux riches et leurs chiens Aux maîtres et leurs biens Aux mâles de leurs miennes Aux chefs et leurs miches
Aux princes de la triche Aux trombines d'écrans Aux marchands et combines Aux sages de l'usine

Feu sur leur droit à la violence
Sur la violence de leurs droits
 

Aux bureaux Aux barreaux Aux tôles et contrôles Aux caméras cachées À la came en cachets
Au gibet des guichets À la démocratie ses scies À politique et ses boutiques Au sale lot boulot
Au travail ce trafic Aux trajets des tracas Aux fracas des sujets Aux pouvoirs des avoirs
Aux affaires Aux affreux À l'horreur des horaires Au permis aux pervers Aux salauds Aux salaires

Feu sur leur droit à la violence
Sur la violence de leurs droits
 

Aux bonnes soeurs des sacrifices Aux malsains édifices d'État Aux faux seins et tas d'artifices
Aux quartiers de mollesse Aux quartiers sans noblesse Aux rentiers de la fesse Aux messes des banquiers
Aux valeurs de papiers Aux pigistes pliés aux pieds de la valeur Aux artistes pompiers
Aux pinpons des doctrines Aux doctoresses en droit Aux élueurs de gauche Aux terreurs du milieu
Et j'en oublie et j'en oublie on remplira et cætera

Feu sur leur droit à la violence
Sur la violence de leurs droits
 

Ajoutons-y ces rats aussi Ces assis scélérats sociaux et ces cocos rassis Ces curés à parade chic
Ces coincés d'appareils Leurs partis c'est pareil Les carats prés carrés Les cars de policiers
Les paras préparés par droits de l'homme à la violence Et les fistons par leurs tontons au droit de viol
Et j'en oublie et j'en oublie on remplira et cætera

Feu sur leur droit à la violence
Sur la violence de leurs droits
 

Comme ils ont mis nos vies à nu
nos malheurs au placard
nos savoirs au rancart
nos enfants à la rue
nos vieux à la poubelle
nos belles au trottoir
nos malades aux déchets
nos luttes en fichiers
nos pauvres en prison

Et compromis ce temps sans horizon 
achetant aux enchères
sur l'air à vendre leur canon
le plus cher de nos chairs

Place à justes violences !

Comme ils ont à bruit blanc
réduit les maux du monde
Soumis à l'or planqué
les mots vidés de sens 
Abruti le silence
salaire d'impuissance  
Ôté à la bonté toutes ses vérités 
et même à tout poème...

...ah ah la poésie laissez-moi rire
Un temps pour tout ! D'urgence offrir

Place à justes violences !

On gardera nos vers pour le repos guerrier
et la rime pour rir' si si soyez gais riez 
un sourire à la main pour venger la maman
d'un père l'aimant en cage
d'un fils mort désarmé

On offrira des fleurs à nos filles sauvages 
de beaux joujoux aux gosses de partout
des youyous désarmant aux fusils 
de futiles yoyos et la commune à tous
pour le temps nécessaire inutile

Encore faut-il

Faire un pas vers un choix
de vivre en liberté
entre tous inventer 
                                        l'infini
contre un reflux des vagues
pour un réel allié
à folie tendre
âmes déliées

Mais sans attendre faire

Place à justes violences !

* après lecture du magnifique roman de Vargas Llosa 'Le Paradis - Un peu plus loin', avec un aveu : je fus tenté par le 'hasard objectif' (André Breton, Nadja) quand, élu en 1975 secrétaire d'une nouvelle cellule du PCF baptisée Flora Tristan, j'appris qu'elle avait vécu à deux pas, rue du Bac (où son mari lui tira un coup de révolver, kidnappa et viola sa fille la mère de Gauguin), et que "Madame la colère" était née, comme moi, un 7 avril (ainsi que Billie Holiday). Avant Marx, elle affirma « L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ». Néanmoins, son 'Union ouvrière' fut naïvement pacifiste.

11 janvier 2014

De longues fidélités

Que j'ai pu passer, en quelques jours, d'une période consacrée aux femmes de jazz à la question de l'articulation genre/race/classe dans la théorie de la communisation, comme de l'écriture de Jazz et problèmes des hommes en 2002 à un retour d'intérêt en 2004 pour la théorie communiste, cela ressort à l'évidence d'un tout en ce qui me concerne, de même qu'en 1971, amateur de jazz et communiste encarté à l'UEC, je défilais à Lyon pour la libération d'Angela Davis (images / film super8 document ).

Avec la disparition de Leroi Jones, je m'autorise aujourd'hui à montrer la logique de ces liens de façon plus lisible, sous les angles de la poésie, du jazz, et de la communisation.

LeRoi Jones : l'incontournable écoute de ses AutrEs par l'homme blanc

Relisant quelques pages d'il y a 12 ans de mon auto-controverse (l'index) avec la critique française de jazz (et ses "théoriciens" français), à l'occasion de la mort de LeRoi Jones, je considère aujourd'hui que mes critiques valent pour toute théorisation de questions concernant les Autres de l'Occident (les so called "racisés"), comme les Autres des hommes (les ainsi nommées les femmes). On n'est jamais à l'abri de l'ethno-centrisme ou de la posture masculine, quand on ne vit pas de l'intérieur leurs situations de 'racisé-e-s' ou de femmes même 'blanches'.

C'est pourquoi, en tant qu'hommes blancs solidaires de leurs combats, la nécessité se fait absolue de les écouter d'abord, quitte à élaborer ensemble sur la base de leurs considérations autonomes. C'est ce que j'ai fait structurellement pour mon livre Jazz et problèmes des hommes en 2002, puis l'an dernier dans cette longue série 'la femme est avenir du jazz', les femmes de musiques'.

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

C'est ce que je tente en abordant l'articulation Classe/Genre/Race. Le choc que j'ai ressenti il y a 40 ans, à la lecture de 'Brother' LeRoi Jones, a bouleversé mon regard sur toutes choses, y compris ensuite sur les femmes. Les idées rencontrées à 20 ans ont traversé depuis mes pensées, mes poèmes en sont imprégnés, boiteux pour qui ne le sent pas... C'est pourquoi ma tristesse est si vive et profonde aujourd'hui.

Amiri Baraka sera commémoré, on en fera une légende, une icône peut-être, mais on l'incriminera encore de 'violence' ou pire, on tentera de déformer son 'message' par les erreurs et les excès qu'il a commis, et souvent reconnus par la suite (Lionel DAVIDAS, Chemins d’identité : LeRoi Jones et le fait culturel africain-américain, cité ci-dessous), et puis on l'oubliera aussi vite qu'on avait déjà oublié, peu après et depuis, ses pavés des années 1960 dans la mare des mondes blancs du jazz et du blues, mais aussi de la poésie et du théâtre. On l'oubliera comme un pionnier du rap ou du slam dès ces années là.

LeRoi JONES : « L'ouvrage (Blues People)mériterait d’être réécrit (...) Ce que j'essayais de mettre en avant, c''est que la musique afro-américaine s'est développée à partir de la culture africaine. En affirmant cela, je m'inscrivais en faux contre ceux qui minimisaient et dénigraient l'influence africaine, disant qu'elle n'existait pas. (...) Je tentais de résister à l'agression culturelle. (...) Dans le livre que j'essaie d'écrire sur John Coltrane j'espère de corriger les erreurs fondamentales que je perçois dans Blues People, erreurs relatives au nationalisme culturel, plus précisément.» Interview K.W Benston, citée par Lionel DAVIDAS, Chemins d"identité, Leroi Jones et le fait culturel africain-américain, p.100

In Defense of Amiri Baraka

Those Who Dismiss Famed Poet For His Anti-Semitism Should Take a Second Look , by Joshua Furst, January 13The Jewish Daily Forward

1964 aux origines du rap dans le (free-)jazz Sweet/Black Dada Nihilismus - Amiri Baraka(Leroi Jones)&The New York Art Quartet : Roswell Rudd tb, John Tchicai alto sax, Lewis Worrel bass, Milford Graves percus

1964 La pièce Dutchman (Obie Oward 1964) a été adapté en français (Le métro fantôme) et en film éponyme par Anthony Harvey en 1967 : Dutchman Vidéos

Théâtre de rue Dutchman by Leroi Jones performed at The Norristown Arts Hill Launch Festival

1968 TV The amazing dream team of Amiri Baraka akka Leroy Jones avec des enfants

1982 AM/Trak for John Coltrane  avec Henry Threadgill - flute, Fred Hopkins - bass, Steve McCall -drums

1982 Air with Amiri Baraka - Against Bourgeois Art Air est un trio de jazz fondé à Chicago en 1971 par trois musiciens de l'AACM (Association for Advancement of Creative Music fondée en 1965), Henry Treadgill aux saxophones, Fred Hopkins à la contrebasse et Steve McCall à la batterie.

2013 Dope by Amiri Baraka (Impromptu Dramatic Speech Choir) à Manille

10 Janvier
RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES
Le peuple du blues en deuil
Amiri Baraka, alias Leroi Jones, poète, dramaturge et activiste, auteur en 1963 de Blues People : Negro Music in White América (Le peuple du blues dans une Amérique blanche) est mort hier à 79 ans Infos Vidéos
Je m'en étais beaucoup inspiré pour plusieurs chapitres de mon livre en ligne Jazz et problèmes des hommes en 2002, dont : avec Leroi Jones aux sources du Jazz. Pour retrouver citations et activités de cet incontournable intellectuel enragé du XXème siècle, voir l'index, à JONES Leroi. L'essentiel de ce qu'on y trouve est en rapport avec la question sur laquelle je reviens aujourd'hui : la classe et la race, mais il n'était qu'un homme noir...

J'ai lu son livre en 1971 à 20 ans. Le temps passe... mais ne laisse pas qui reste reposer en paix

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

Voir en relation : 'On ne naît pas Noir, on le devient' / l'invention de la race, construction historique et sociale

Hors l'œuvre de Jones/Baraka, trois livres conseillés

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

Préface

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

Le Jazz et l'Occident, culture afro-américaine et philosophie

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

Amiri Baraka, Maya Angelou et Toni  Morrison aux obsèques de James Baldwin en 1987

"Maya Angelou mourns death of her friend and fellow poet Amiri Baraka, recalls their dancing"

RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES