éléments d'une sociologie anti--constitution-universalo-française / 10 janv 2014

 

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éléments d'une sociologie anti--constitution-universalo-française / 10 janv 2014 

 

13 décembre 2014.

c'est au présent qu'il faut parler d'un racisme de classe

alors que les Etats-Unis connaissent aujourd'hui une journée marquante dans la protestation contre les violences policières à l'encontre des Noirs, la France est à la traîne

sans illusion que les statistiques raciales puissent changer la situation, ce que mettent en avant ceux qui s'opposent, il n'est pas étonnant que lorsque les médias français parlent de "discrimination raciale", ce soit pour pointer les États-Unis. Recherche actualités Google à "discrimination raciale"

pourtant ici comme là-bas, la question se pose d'abord en termes de discrimination sociale à base raciale, dont l'universalisme institutionnel n'a pas cassé le thermomètre réel, mais l'antiracisme français dominant à gauche comme à droite préfère la compassion stérile à une approche matérialiste fondée sur les réalités sociales... et les chiffres

comprenons-nous, je ne défends pas une égalité dans l'exploitation, je pointe les causes d'une fragmentation dans le prolétariat, qui ne sont pas le "communautarisme", mais à l'inverse le produisent, et donc légitiment les luttes spécifiques des premier.e.s intéressé.e.s

avec une question : où sont les textes théoriques des "marxistes" et autres "communistes" français qui traitent de ce sujet ? voir la 'race' de Marx aux 'marxistes' et 'communistes'

à titre de complément de la rubrique éléments d'une sociologie anti--constitution-universalo-française / 10 janv 2014

Discrimination raciale : la question Alain-Christian Monkam Avocat

« Soyons précis : selon le Haut Conseil de l’Intégration, un immigré est une personne née à l’étranger et résidant en France (qu’elle ait acquis la nationalité française ou pas) ; un descendant d’immigré est une personne née et résidant en France, ayant un ou les deux parents immigrés. Selon les chiffres 2010 de l’INSEE, la France compte 5,3 millions d’immigrés dont 3,5 millions issues d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Les descendants d’immigrés sont pour leur part 6,7 millions dont 2,6 millions ayant un parent nés hors Union Européenne.

Il ressort de ces chiffres que les "minorités visibles", c’est à dire les personnes qui peuvent être identifiés par leurs faciès comme n’étant pas originaires de l’Union Européenne (Africains, Magrébins ou Asiatiques), dépassent ainsi les 6 millions en France, soit près d’1 français sur 10. Il est également établi par diverses enquêtes de l’INSEE que ces minorités visibles sont victimes de différences quant à leur intégration ou leur évolution au sein des entreprises, par exemple : 30 % des descendants d’immigrés d’Afrique sont encore au chômage contre 10 % des "descendants natifs de France" 5 ans après leur sortie du système éducatif (c’est à dire les "Blancs" pour parler clairement). Les descendants d’immigrés d’Afrique (Maghreb compris) ont plus souvent que les autres des contrats courts, des missions d’intérim ou un statut subalterne dans l’entreprise, par exemple : ils sont 40 % à être ouvriers contre 7 % de la population majoritaire. Autre chiffre illustratif : toujours selon l’INSEE, près de 40 % des immigrés et descendants d’immigrés rapportent avoir subi des discriminations dans l’emploi (licenciements, refus d’emploi ou de promotion).
[...]
l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés indique qu’il est strictement interdit de "collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques (...)" »

Les statistiques ethniques "interdites" en France : une belle hypocrisie L'Obs 24 avril 2012

Discrimination raciale : la réalité en chiffres auféminin 2012

Des contrôles de police plus fréquents
Justement, fin janvier dernier, l'association Human Right Watch dénonçait les contrôles d'identité abusifs. Fondé sur 67 entretiens menés auprès de jeunes issus de minorité, le rapport affirme que la police française s'en prend davantage aux jeunes noirs et arabes. De nouveaux témoignages qui confirment les chiffres de l'étude réalisée en juin 2009 par le CNRS. Les statistiques sont formelles : les Arabes ont 7,8 fois plus de risques d'être contrôlés que les Blancs. Pour les Noirs, c'est 6 fois plus. Même constat en ce qui concerne les fouilles : seuls 3,3% des Blancs doivent s'y soumettre contre 9,9% des Noirs et 12,4% des Arabes. Autre conclusion notable : 47% des personnes contrôlées affichent un look particulier : hip-hop, grunge ou gothique. Pourtant, cette catégorie d'individus ne représente que 10% de la population française ! Le délit de "sale gueule" prend tout son sens...

Au travail, l'égalité des chances reste théorique
Si toute forme de discrimination à l'embauche est strictement interdite, il existe bel et bien un sentiment d'injustice et de stigmatisation au sein de la population française. En effet, l'enquête aufeminin.com sur la diversité réalisée en octobre 2011 révèle que pour 83% des répondants, l'origine ethnique consitue un frein à la réussite. Un chiffre qui corrobore les résultats du baromètre de la perception des discriminations au travail CSA/Défenseur des droits/OIT publié en janvier dernier. L'origine ethnique arrive en première position des critères de discrimination. Alors, fantasme ou fait avéré ?
Il suffit d'éplucher les rapports de l'Insee pour en avoir le coeur net. Une étude de janvier 2011 montre que les Français ayant au moins un parent originaire du Maghreb ont des taux d’emploi inférieurs de 18 points à ceux dont les deux parents sont français de naissance. Et cette différence ne s'explique pas uniquement par le niveau d'études ! En effet, une fiche de 2009 sur l'insertion des jeunes révèle qu'à diplôme égal, le chômage touche davantage les Français qu'on appelle "issus de l'immigration" par rapport aux jeunes dont les deux parents sont nés en France. Par exemple, pour des individus dotés d'un Bac + 2, le taux de chômage enregistre un écart de 12 points selon leur origine.

Le délit de faciès au quotidien
Selon l'ultime rapport de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) publié en avril 2011, l'origine ethnique constitue le premier critère de discrimination : cela représente entre 27 et 29% des réclamations enregistrées depuis 2007. Outre l'emploi, le délit de faciès s'immisce aussi dans la sphère privée. Si le phénomène reste difficilement mesurable, on peut tout de même citer quelques chiffres : 15% des cas de discrimination traités par SOS Racisme concernent l'accès au logement, tant sur la vente que sur la location. 35% portent sur les services (entrée en discothèque, location de voiture, de skis etc.). Comme si la couleur (pâleur ?) de peau était un gage de sérieux et de fiabilité.

Les statistiques ethniques "interdites" en France : une belle hypocrisie L'Obs 24 avril 2012

Discriminations : les preuves s’accumulent, le débat s’enlise Sciences humaines juin 2011

20 janvier

Hollande, "race" : otez ce mot que je ne saurais lire dans la Constitution de la France

Rien que la suite logique de l'universalisme français : fixer l'égalité en droit pour considérer qu'elle existe en fait. Qui lit et 'respecte' la Constitution ? Ceux qui usent et abusent de la 'race', et que protège la même Constitution ?

François Hollande a introduit samedi 10 mars le rassemblement des ultramarins par l'annonce symbolique de la suppression du mot "race" de la Constitution. Le recours à ce mot dans notre droit, même s'il a pour objet de prohiber les discriminations entre les êtres humains, est une forme de validation et de légitimation de l'existence de "races humaines". Dans cette note, Béligh Nabli montre pourquoi il convient de supprimer ce terme de notre ordre juridique, au nom de la science, de la rigueur intellectuelle et de l'idéal républicain.

Le dossier ci-dessous montre comment cet effacement légal des distinctions de 'race' interdit d'en mesurer les effets dans les statistiques officielles, contrairement aux droits américain, canadien...

10 janvier Ajout 13 janvier sur le zonage du capitalisme restructuré

'Things ain't what they used to be' (Duke Ellington)

les choses sont-elles ce qu'elles sont ?

Ici, il n'y aura à proprement parler rien à débriefer. Il s'agit de poser le problème spécifiquement français d'une universalité de droits en principe interdisant d'en mesurer l'application réelle. Ce n'est qu'une esquisse dont le but n'est pas de la combattre politiquement d'un point de vue citoyenniste, égalitariste et démocratique, mais de prendre la mesure de la domination raciale dans le rapport au travail et aux conditions de vie (et de mort) des racisé-e-s. Un constat sociologique. Non son utilisation idéologique, et pas davantage un combat contre elle, qui ne surgira pas d'un blog sur Internet.

« Car la France n'a pas connu, comme les États-Unis d'Amérique, une cohabitation d'« ethnies » bien distinctes, ni la liberté de traiter la « question ethnique » sans que cela soulève un tollé. Là-bas, les statistiques ethniques ou la qualification d'origine ne remettent pas en question l'appartenance à la nation*. Ici, de telles pratiques sont anticonstitutionnelles, mais c'est précisément cette « anticonstitutionnalité » qui masque les injustices. Sous prétexte d'assurer une prétendue égalité collective, plusieurs Français sont écartés du jeu de la démocratie. » Alain Mabanckou, Le sanglot de l'homme Noir, Fayard, 2012, p.44

* Note de l'auteur : Au cours de certaines conférences à ce sujet, je m'amuse d'ailleurs à définir USA par « United Statistics of America ».

À titre d'exemples  Gender Race Statistics  / Gender Race Employment Statistics / Gender race Unemployment Statistics / Gender Race Poverty Statistics / Gender Race Life Expectancy Statistics / etc.

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De tels courbes et tableaux sont interdits en France de par la loi. Pour les "races" et "ethnies". Pas pour le genre, dénommé "sexe".

Toute personne en âge d'avoir été recensée sait que la question n'est pas posée, ni par les enquêteurs en face à face (en auraient-ils besoin ?), ni dans les formulaires d'enquête, qui comportent le nom, pour les vérifications et recoupements par les services (municipaux, je présume). Pour avoir participé à un tel recensement en 1975, comme "petit boulot" dans une période de chômage, au porte à porte dans un « quartier », j'en sais quelque chose. Nous étions payés à la tête du client, si j'ose dire, à la personne recensée, enfants compris, ce qui poussait à grossir les familles, la vérification étant assurée après coup. Quant au nom, qui peut traduire les origines, si le recensement est anonymisé dans ses résultats globaux, il ne l'est pas pour une demande d'emploi, avant même un éventuel entretien d'embauche. Or c'est un facteur discriminant plus fort que la couleur de peau. Ballade avec Robert Castel

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« Un même traitement différentiel opère dans le rapport au travail. Ce type de discrimination à l'embauche est proscrit la loi (loi du 16 novembre 2001 qui condamne les discriminations fondées sur - « l'apparence physique » ou le « patronyme » et par le droit du travail - article 1 122-49). [...]  mais pour les jeunes diplômés qui ont passé le barrage scolaire, la discrimination ethno-raciale est également évidente. Une enquête menée à Roubaix auprès de 500 titulaires du bacalauréaat inscrits au RMI établit que 90 d'entre eux portent des noms à consonance arabe. Un "testing" monté par l'Observatoire des discriminations de l'Université de Paris I montre qu'à la suite de l'envoi de curriculum vitae correspondant à 258 offres d'emplois, 75 candidats étaient convoqués pour un entretien s'ils étaient d'origine française et habitaient Paris. En revanche un candidat qui, toutes choses égales par ailleurs, habitait un quartier de banlieue et portait un nom à consonance maghrébine n'était invité que quatorze fois pour un entretien d'embauche. [Patrick Weil, La République et sa diversité, Seuil 2005]». Robert Castel, La discrimination négative, Citoyens ou indigènes ? Seil et République des Idées 2007, p.46-47, la discrimination dans le rapport à l'emploi.

Qui veut mesurer les « discriminations » selon ces catégories est donc amené à biaiser. Robert CASTEL, dans ce même ouvrage, présente toutefois en annexes 4 et 5 les résultats d'autres enquêtes explicites (la première de l'Observatoire de Paris I cité plus haut, l'autre non référencée).

« Annexe 4. Cinq fois moins de chances d'avoir un entretien d'embauche du fait de l'origine ethnique. Ainsi, en réponse à une même offre d'emploi, le « CV de référence » d'un homme, de nom et prénom français [sic], résidant à Paris, blanc de peau et d'apprence standard, a 75% de chances d'entraîner une convocation à un entretien d'embauches, contre 14% pour un CV indiquant des caractéristiques identiques mais mentionnant un nom et un prénom maghrébins. » Robert Castel, id. p.129

« Annexe 5. Nom, couleur, résidence : les mots de la discrimination. On a posé aux jeunes sortis des études en 1998, qu'ils aient ou non un emploi, la question suivante : « Avez-vous dans votre parcours professionnel été victime de discrimination à l'embauche ? Si oui, combien de fois ? ». La question portait spécifiquement sur l'embauche. 40% des garçons originaires du Mghreb répondent qu'ils ont été au moins une fois victimes de discrimination à l'embauche. On retrouve ces taux élevés pour les jeunes originaires d'Afrique noire, à un niveau identique pour les garçons et un peu moins pour les filles. La discrimination sur la base du patronyme vient en tête des motifs avancés par les jeunes issus de l'immigration comme base de la discrimination. La couleur de peau est le second item le plus souvent cité. » Robert Castel, id p.130

Suit un tableau sur le Motif de la discrimination pour les hommes (1998) de seconde génération, où sont comparées à l'ensemble les discriminations selon le nom, la couleur et la résidence selon quatre catégories : Français, Maghreb, Portugal, Afrique sub-saharienne. Le Maghreb décroche la médaille d'or, l'Afrique sub-sah. la médaille d'argent, et suivent à quasi égalité pour le bronze le Portugal et la France. 

D'autres enquêtes portent sur le Déficit de diplômes des minorités visibles (mêmes catégories) / Concentration des catégories défavorisées dans les zones urbaines sensibles (ZUS) : actifs, chômeurs, inactifs, avec comparaison hors ZUS des mêmes unités urbaines, et France métropolitaine. ZUS sans mais sans indication d'origines / Taux de chômage BIT selon sexe, âge, résidence 2005 selon un zonage comparable, sans indication d'origines /.../ Retard scolaire aggravé pour les garçons de banlieue, 2006, mais c'était avant les bienfaits de Fadala Amara, qui fut plus tard "ma ministre", alors que je travaillais comme documentaliste à la DIV (Délégation interministérielle à la Ville), à Saint-Denis. Plusieurs collègues s'étaient étonnés que je reste dans mon bureau le jour où elle a rendu visite au personnel dans les locaux de la Doc', pièce la plus spacieuse. Elle était si "sympa" et si "simple"...

Mon but n'est pas ici de fournir des preuves sociologiques, mais de souligner le problème spécifique à la France, du fait de sa singularité universaliste. Néanmoins, les chiffres qui précèdent sont sans appel, et peuvent être recoupés par d'autres plus récents que les intéressé-e-s chercheront par elleux-mêm/eux/ses, en se basant par exemple sur les critères précédents.

Quand on tape dans Google-Images "Statistiques minorités visibles" on croit être rassuré en trouvant des courbes et tableaux en français. La plupart sont des chiffres du Canada...

On trouve toutefois des choses intéressantes, au-delà de la discrimation des "racisé-e-s"

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Source Cereq Revue française de sciences sociales 2008 (plusieurs pages de tableaux)

Insertion professionnelle des jeunes ultramarins : DOM ou métropole ? Cairn-Info 2011

 

De même, et pour revenir à la question croisée du genre et de la race, comme au constat d'Alain Mabanckou en exergue, qu'on espère pas trouver en France autant de statistiques qu'aux USA. Exemple, le tableau ci-dessous, où le genre n'est pas correlé à la "race/ethnie/origine...".

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Femmes et travail : agir pour un nouvel âge de l'émancipation, Sénat, un site au service des citoyens, Rapport d'info Délégation aux droits des femmes, janvier 2013

Quand elles existent, les enquêtes s'inscrivent de façon quasi exhaustive dans une perspective citoyenniste et égalitariste, qu'elles viennent de service officiels ou d'une sociologie soucieuse de proposer des solutions, pour éviter que le cadre étatico-démocratique soit remis en cause par d'éventuelles "émeutes de racailles". Il s'agit d'alerter les « Pouvoirs publics ». Ainsi Robert Castel, cité plus haut, peut-il écrire simultanément

« Ce qui disqualifie les minorités ethniques, c'est le double handicap de la race et de la classe, qu'il faut combattre simultanément. » Id. p.105

« Le régime actuel [sic] du capitalisme exaspère ces tensions à travers la mise en œuvre d'une concurrence exacerbée au niveau transnational. Les périphéries deviennent ainsi à la fois plus éloignées et plus proches. Elles vont jusqu'aux lointaines frontières de l'économie-monde [c'est le concept, dans le prolongement de Fernand Braudel, d'Immanuel Wallerstein, un des penseurs du Démocratisme radical], mais elles s'installent aussi au sein des États-nations qui perdent de leur pouvoir de cohésion. La périphérie aspire de cette manière des individus et des groupes qui se trouvaient plus près du centre, et leur citoyenneté se dégrade. » id. Conclusion p.117 Remarque : sur le modèle caduc de Wallerstein/Amin (?) (centre, périphéries...), on sent une perception du zonage globalisé selon Théorie Communiste *

* « L’espace du monde capitaliste restructuré est un zonage qui se déploie de façon « fractale » à toutes les échelles : monde, continents, aires, pays, régions, métropoles, quartiers. A chaque niveau d’échelle, se côtoient et s’articulent : un noyau « surdéveloppé » ; des zones constellées de focalisations capitalistes plus ou moins denses ; des zones de crises et de violence directe s’exerçant contre des « poubelles sociales », des marges, des ghettos, une économie souterraine contrôlée par des mafias diverses.

Dans un tel « nouvel ordre mondial », la question de la distinction entre opération de guerre et opération de police n’a plus un grand intérêt. La restructuration actuelle est une autre organisation de l’espace de la reproduction du capital et une autre organisation de la violence. Les formes d’interventions sont celles de la discipline. Si le principal résultat du procès de production c’est la reproduction du face-à-face entre le prolétariat et le capital, que de ce face-à-face découle ipso facto le premier moment de l’échange entre le capital et le travail (achat-vente de la force de travail) ne va pas de soi. Au « centre » ou à la « périphérie », ces distinctions ont été mises en abimes à tous les niveaux d’échelle, la situation de la force de travail est fondamentalement la même : la force de travail existe face au capital comme force de travail sociale globale. Alors qu’elle est dans les aires développées globalement achetée par le capital et individuellement utilisée, il n’y a pas d’achat global dans les nouvelles périphéries. D’où l’importance partout de la disciplinarisation de la force de travail face à un prolétaire redevenu, en tant que prolétaire, un pauvre. « Ballade en novembre » Meeting n°3, novembre 2005, cité sur dndf Chômage : Émeute de jeunes prolétaires espagnols

Au début de cette conclusion à « la discrimination négative », Robert Castel montre patte blanche (à qui ?)

« Je prends le risque d'avouer mon admiration pour les révolutionnaires qui ont construit le modèle républicain français. Il fallait avoir une idée singulièrement haute de l'individu et du citoyen pour oser le poser au centre de la vie sociale et en faire le dépositaire et le seul responsable de la légitimité politique. » id. p.113 Une idée haute ? Plus dure sera la chute...

Comme quoi l'analyse ne "reflète" la réalité qu'à travers le "filtre" de l'idéologie. C'est bien normal, puisque les deux, réalité et idéologie, sont deux faces d'une même monnaie. Cela dit le propos n'est pas ici de combattre cette idéologie mais de la comprendre sur la base même où elle est faite de réalités qu'elle reproduit.

 

(à suivre ou compléter éventuellement)