pauvreté, racisme et exploitation

 

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12 janvier 2014 voir aussi éléments d'une sociologie anticonstitutionnelle universalo-française

31 décembre 2013

pauvreté, racisme et exploitation

Intervention pour dndf Bonnes fêtes de faim damnée

31/12/2013 à 15:11 | #1

 

Il est toujours bon d’être informé des formes les plus scandaleuses de l’exploitation capitaliste. Mais cet article (sur le Japon) ne découvre-t-il pas la lune ?

Ce recrutement existe depuis la catastrophe, et n’est que la continuité d’une pratique courante particulièrement dans le secteur du BTP, ou « légalité » et « illégalité » n’ont pas de frontières, dans un pays où la condition ouvrière est un tabou, et particulièrement celle des travailleurs journaliers, dont le recrutement pour les tâches les plus dangereuses dans le nucléaire est bien antérieur à ‘Fukushima ».

Voir cet article de Rue89 http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/01/15/nucleaire-au-japon-letat-est-un-traitre-pour-les-travailleurs-228381

Il faut savoir que la plupart de ces travailleurs sont étrangers (Philippins…) immigrés (coréens confrontés au racisme depuis…), ou « burakumins », la caste des parias depuis le moyen-âge, qui font au demeurant les gros des troupes de clans yakuzas (mafia) http://fr.wikipedia.org/wiki/Burakumin

On nous affirme que « Les récentes arrestations au sein des organisations mafieuses Inagawa-kai, Sumiyoshi-kai et Yamaguchi-gumi suggèrent des liens solides entre les entreprises de construction et le crime organisé ». La mafia japonaise est structurellement intégrée au patronat et à l’Etat Japonais pour le recrutement des travailleurs pauvres depuis l’industrialisation du pays à la fin du 19ème siècle. En fait de « liens solides », ce ne sont pas deux mondes séparés qui s’entendent, c’est un joint-venture structurel.

Il n’est plus possible, nulle part, pas plus en France, de discerner un capitalisme propre, « légal », et un capitalisme « mafieux ». La police et la justice savent, elles, qu’il est impossible de distinguer des mafieux entrés légalement dans les affaires et des patrons aux pratiques « illégales », parce que la loi même organise ou couvre ces pratiques à grande échelle. Un aperçu à Mafia+Capitalisme https://www.google.fr/webhp?hl=fr#hl=fr&q=mafia+capitalisme

Une remarque : méfions-nous aussi de ne pas participer à une focalisation des critiques sur ce qui se passe ailleurs qu’en France. Je sais bien que ce n’est pas l’intention des camarades, et qu’on ne peut pas se limiter à ce qui se passe près de chez nous. Soyons conscients que la France est un des pays les plus réactionnaires, de gauche à droite et parfois au-delà (« Affaire du voile » et White Feminism…), et de ce que cela annonce, qui vient, bien plus profond que le fantasme d’une insurrection…

Pourquoi les « Grands du Monde » ont-ils fait de Mandela une vedette sur le tard ? Parce qu’il a empêché hier ce qui leur fait peur aujourd’hui. L’effondrement de l’économie américaine, s’il se vérifie, et ce qu’indiquent le caractère des luttes en Asie, la féminisation des migrations… pourraient apporter les plus formidables changements dans les luttes à l’échelle mondiale. C’est pourquoi je m’interroge sur une possible sous-estimation de la « race » par la théorie communiste. C’est la bonne nouvelle qu’annonce depuis trente ans le Black Feminism, qui serait mieux nommé Féminisme non-blanc. C’est par le genre que nous pouvons comprendre l’importance structurelle de la « race » pour le capital. Des « races » qu’il a construites pour exister il y a quatre siècles, et qu’il a structurées idéologiquement au 19ème siècle, au moment même où, l’accumulation du capital accomplie, il abolissait la traite puis l’esclavage, mais jamais la « race » comme nécessaire à l’exploitation à l’échelle nationale ou mondiale.

Un souvenir de l’époque où je bossais à la Direction des affaires économiques et internationales du ministère de l’Equipement. Depuis les fenêtres du 18ème étage de la Grande Arche où était installé le bureau sur la réglementation du travail dans le BTP, on pouvait observer les ouvriers travaillant sur les terrasses en contrebas, sans casques, sans protections, sur des échafaudages de fortune (sic)… Prolétaires, mais Noirs, la race des travailleurs « racisés »…

Le crime organisé c’est le capitalisme dans ses formes nécessaires aujourd’hui. Quand on parle d’illégitimité de la revendication sur le salaire, on doit entendre aussi que le capitalisme a détruit sa « légalité » antérieure. Notre job n’est pas de dénoncer (comme Attac etc.) les manquements à la légalité capitaliste, le capitalisme « ultra-libéral », le capitalisme « sale », comme s’il pouvait être « propre », mais de montrer le crime contre l’humanité comme l’essence du capitalisme actuel.

JAPON – Appel à la solidarité des sans-abris du parc de Tatekawa Kasenshiki (Tokyo)
http://www.alterinfos.org/spip.php?article6073

Bonne fin d’année à toussétoutes !

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