Joëlle Léandre met les pieds dans le plat

 

Recherche

Table des matières

Index  

Ancien site LIVREDEL  Sommaire

    5. JAZZ
            5.5.11. Jazz et féminisme
Joëlle Léandre met les pieds dans le plat 

le Ven 18 Oct 2013

Joëlle Léandre à Jazz sur son 31 : «Le milieu de la musique est filtré par les hommes» > http://www.ladepeche.fr/article/2013/10/18/1733678-joelle-leandre-milieu-musique-est-filtre-hommes.html

[extraits]

Joëlle Léandre est une incorrigible bavarde. Une militante aussi, de la musique au féminin vécue comme un combat quotidien. «Je joue de la contrebasse depuis 54 ans et je suis sur les routes depuis 39 ans, raconte-t-elle avec vigueur. Quand j’ai appris, je travaillais plus que les garçons, 6 à 7 heures par jour. Alors que les filles qui sortent des grandes écoles et des conservatoires, il y en a tant qui disparaissent. Elles jouent bien pourtant, on se demande ce qu’elles deviennent». Joëlle Léandre est ravie d’avoir été invitée à jouer à Muret, ce soir, même si elle se méfie du thème «Jazz sur son féminin».

«SUR UN PROGRAMME, ON NOUS CHERCHE À LA LOUPE»
«Le plus souvent, quand vous ouvrez un programme de festival, nous les femmes, on nous cherche à la loupe. En général, en dehors des chanteuses, on trouve quoi ? Une ou deux instrumentistes, pas plus». Dans un milieu «filtré par les hommes», la contrebassiste a fait son chemin, à force de travail et de détermination. Elle a joué dans l’orchestre de Pierre Boulez puis auprès de grands musiciens comme Anthony Braxton ou Steve Lacy. Elle a aussi composé pour des chorégraphes de haut vol comme Merce Cunningham. Ses choix ont été exigeants ce qui la pousse, en concert, à pratiquer l’improvisation. «C’est ça la création, cette vibration ; être conscient et à l’écoute, s’ouvrir vers l’autre. Et c’est valable dans bien d’autres domaines que la musique. Dans la vie, on n’arrête pas d’improviser». Pas de méprise pourtant : l’improvisation est tout le contraire de l’amateurisme, d’une recette qu’on tenterait un peu au pif, sans trop y croire. Réussir, ratages compris, à s’échapper des partitions, c’est «mettre à plat ce qu’on traverse avec respect de la musique et grande discipline».

Joëlle Léandre revient à sa lutte féministe, exhortant ses «sœurs» à «prendre la parole, à oser et à monter sur le plateau» car «la création, c’est l’invention de soi». Et de conclure en revenant sur son expérience : «Il n’y a pas plus travailleur qu’un paysan. Il place le tracteur dans sa ligne et recommence inlassablement. Je sors mon tracteur depuis 54 ans. Petit à petit, j’ai fait mon champ et mon chant».


à lire aussi La femme en première ligne à Jazz sur son 31
http://www.metronews.fr/toulouse/la-femme-en-premiere-ligne-a-jazz-sur-son-31/mmjq!K076I5oueFg2I/