des livres des femmes du jazz

 

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le Jeu 15 Aoû 2013

Aujourd'hui 15 août, journée internationale de LA femme qui monte, je propose une minute de silence, mais un silence de jazz !



« A travers cette étude, Marie Buscatto se propose d'expliquer la situation particulière des femmes dans le monde du jazz français. Le constat est en effet sans appel : alors que les femmes se montrent relativement peu présentes dans le milieu (seulement 8% des musiciens de jazz sont des musiciennes), celles-ci sont victimes d'une double ségrégation. Ségrégation horizontale tout d'abord, qui les situe dans des emplois « féminins » (si 4% des instrumentistes sont des femmes, elles sont 65% à être chanteuses), mais aussi une ségrégation verticale qui limite leur accès aux positions les plus élevées de la hiérarchie des emplois et les empêche de vivre exclusivement de leur art. Cette situation, déjà suffisamment intéressante en soi, se révèle encore plus intrigante quand on apprend que le monde du jazz est non seulement pleinement conscient de cette réalité mais plus encore, qu'il la déplore et affiche une volonté de féminisation du milieu. Comment alors expliquer cette situation ? La simplicité apparente de la question ne doit pourtant pas masquer la richesse de l'analyse.

2 Le travail d'enquête a en effet consisté en une immersion de longue durée (neuf ans) dans le monde du jazz français, d'une série de 46 entretiens et d'une analyse régulière de la presse spécialisée depuis 2001. Ce matériau permet à l'auteure d'investir son terrain sous différents angles. Ainsi, l'intérêt porté aux trajectoires professionnelles des musiciens et musiciennes interrogés est complété par une observation fine des interactions du quotidien de ces mêmes musiciens. Après avoir brièvement présenté, au cours du premier chapitre, les difficultés à s'insérer et à se maintenir, hommes et femmes confondus, dans un monde du jazz saturé et hiérarchisé, l'ouvrage se découpe en deux grandes parties traitant séparément du cas des chanteuses et des instrumentistes. Cette distinction se justifie par le fait que ces deux catégories de musiciennes n'ont pas à faire aux mêmes difficultés même si toutes deux luttent pour leur reconnaissance dans un monde très masculin.

3 Si l'histoire du jazz reste marquée par quelques chanteuses emblématiques (d'Ella Fitzgerald à Diana Krall...) dont les critiques font régulièrement l'apologie, la réalité quotidienne des chanteuses françaises de jazz les relègue souvent aux positions les plus dévalorisées du milieu. La sociologue pointe trois processus sociaux explicatifs de cette hiérarchie musicale. Tout d'abord (chapitre 2), chanteuses et instrumentistes ne partagent pas les mêmes conceptions de la musique. Les premières privilégient l'interprétation là où les seconds placent la composition et la virtuosité au sommet de leur hiérarchie des valeurs. Cette différenciation s'accompagne d'une hiérarchisation qui se fait à la défaveur des chanteuses, le jazz vocal étant alors considéré comme « commercial » par opposition au « vrai » jazz défendu par les instrumentistes. Le deuxième facteur (chapitre 3) relève de la domination des conventions musicales, sociales et langagières masculines dans le monde du jazz. Pour être respectables, les chanteuses doivent se comporter « comme des hommes » (savoir s'imposer, adopter un langage formel...), or nombre d'entres elles se montrent mal à l'aise avec ce type de comportements. Enfin (chapitres 4 et 5), la performance de la chanteuse n'est pas reconnue comme le produit d'un travail au même titre que la pratique instrumentale. Leur voix et leur corps sont perçues comme des attributs « naturels » de la féminité faisant ainsi de la chanteuse une collègue moins légitime qu'un homme. L'observation des jams vocales amatrices (chapitre 6) illustre très bien le poids des trois processus évoqués plus haut. Sans la présence des hommes, les chanteuses développent une autre approche de la pratique, plus en phase avec leur conception de l'activité musicale.

4 Mais, aussi rares soient-elles, le monde du jazz compte tout de même quelques femmes instrumentistes. Cette difficulté à s'insérer dans ce monde de l'art musical tient au fait que, pour intégrer le milieu, les femmes instrumentistes font l'objet d'une sur-dotation musicale, les femmes ont généralement poursuivie des études musicales plus poussées que les hommes, et/ou familiale, un membre de la famille se montre souvent plus ou moins proche du milieu. Une certaine faculté d'adaptation à un monde « masculin » se révèle aussi nécessaire (chapitre 7). Mais passé ce premier temps de l'insertion, relativement rapide pour ces jeunes femmes « très bien dotées », la difficulté consiste à se maintenir au sein de cet univers. Les chapitres 8 et 9 s'attachent à décrire cette difficulté. Rarement intégrées à un réseau professionnel stable, les femmes se montrent souvent dépendantes du réseau de leur conjoint. De plus, la tension entre vie personnelle et vie professionnelle se fait particulièrement forte pour ces femmes qui, contrairement à leurs homologues masculins, ne bénéficient pas d'un « conjoint-époux » leur permettant de se consacrer exclusivement à leur art. Enfin, avec le dernier chapitre, l'auteure évoque l'obligation pour ces femmes de se positionner quant à leur féminité. Qu'elles la rejettent ou l'affirment, on a bien là à faire à une particularité « féminine » qui n'est pas sans incidence sur leur carrière professionnelle.

5 A travers cette enquête, Marie Buscatto décrit parfaitement comment le fonctionnement interne du monde du jazz français, indépendamment de toute volonté d'exclusion, tend à fermer son accès aux femmes. C'est peut être justement ce regard trop centré sur le monde étudié, et sur le clivage sexué qui le traverse, qui constitue la principale limite de ce travail. La question de la socialisation scolaire ou familiale des musiciens n'est que très brièvement évoquée (pp. 136-139, chapitre 7) alors qu'elle semble pourtant constituer un des facteurs de différenciation majeur entre hommes et femmes. En fait, les chanteuses et instrumentistes interrogées ne sont appréhendées qu'à travers leur appartenance de genre et leur pratique musicale, mais qui sont, socialement parlant (origine sociale, niveau de diplômes...), ces femmes de jazz ? La question mériterait d'être posée car elle pourrait se révéler éclairante pour la compréhension du phénomène étudié. Dans le même ordre d'idée, la nature même du questionnement (pourquoi le monde du jazz compte t'il aussi peu de femmes ?) nécessiterait, il nous semble, de porter un regard en amont du monde du jazz pour se pencher sur le processus de constitution d'un goût pour cette pratique musical. Autrement dit, si l'ouvrage nous démontre bien que le monde du jazz français contribue, par son mode de fonctionnement, à tenir à distance la gente féminine, à aucun moment il n'est envisagé que le faible taux de jazzwomen trouve peut être aussi son origine dans le fait que peu de femmes développent un intérêt pour ce type de pratique musicale. Une telle approche compléterait avantageusement le travail déjà réalisé.»
Rémi Deslyper

Source > http://lectures.revues.org/573
The History of Women in Jazz in Britain - The Women's Liberation

PDF > http://womensliberationmusicarchive.files.wordpress.com/2010/10/the-history-of-women-in-jazz-in-britain.pdf

Marian McParland est citée page 9 « Marian McPartland left the Guildhall School of Music to perform in vaudeville, and subsequently has enjoyed a long and successful career as a pianist, educator and disc jockey in the USA
Gender Study Jazz

Les Gender Study n'ont pas manqué de se pencher sur le sexe du jazz.

En 2008, un livre, Big Ears: Listening for Gender in Jazz Studies Editor(s): Nichole T. Rustin, Sherrie Tucker


On en trouve des extraits en GoogleBook > ICI

Il existe même un WikiGender, exemple cet article, Jazz and Gender Equality: Trumpeting Women Instrumentalists > http://www.wikigender.org/index.php/Jazz_and_Gender_Equality:_Trumpeting_Women_Instrumentalists

Autres à fouiller > http://www.google.fr/webhp?hl=fr#fp=3abca365895a0f87&hl=fr&q=gender+jazz+


le Dim 3 Nov 2013



3e ed. 2000


"Nadine Jansen, a flugelhornist and pianist, remembers a night in the 1940s when a man came out of the audience as she was playing both instruments. "I hate to see a woman do that", he explained as he hit the end of her horn, nearly chipping her tooth. Half a century later, a big band named Diva made its debut in New York on March 30, 1993, with Melissa Slocum on bass, Sue Terry on alto sax, Lolly Bienenfeld on trombone, Sherrie Maricle on drums, and a host of other first rate instrumentalists. The band made such a good impression that it was immediately booked to play at Carnegie Hall the following year. For those who had yet to notice, Diva signaled the emergence of women musicians as a significant force in jazz.

Madame Jazz is a fascinating invitation to the inside world of women in jazz. Ranging primarily from the late 1970s to today's vanguard of performance jazz in New York City and on the West Coast, it chronicles a crucial time of transition as women make the leap from novelty acts regarded as second class citizens to sought-out professionals admired and hired for their consummate musicianship. Author Leslie Gourse surveys the scene in the jazz clubs, the concert halls, the festivals, and the recording studios from the musicians' point of view. She finds exciting progress on all fronts, but also lingering discrimination. The growing success of women instrumentalists has been a long time in coming, she writes. Long after women became accepted as writers and, to a lesser extent, as visual artists, women in music--classical, pop, or jazz--faced the nearly insuperable barrier of chauvinism and the still insidious force of tradition and habit that keeps most men performing with the musicians they have always worked with, other men.

Gourse provides dozens of captivating no-holds-barred interviews with both rising stars and seasoned veterans. Here are up-and-coming pianists Renee Rosnes and Rachel Z., trumpeter Rebecca Coupe Frank, saxophonist Virginia Mayhew, bassist Tracy Wormworth, and drummer Terri Lynne Carrington, and enduring legends Dorothy Donegan, Marian McParland and Shirley Horne. Here, as well, are conversations with three pioneering business women: agent and producer Helen Keane, manager Linda Goldstein, and festival and concert producer Cobi Narita. All of the women speak insightfully about their inspiration and their commitment to pursuing the music they love. They are also frank about the realities of life on the road, and the extra dues women musicians pay in a tough and competitive field where everybody pays dues. A separate chapter offers a closer look at women musicians and the continual stress confronting those who would combine love, marriage, and/or motherhood with a life in music.

Madame Jazz is about the history that women jazz instrumentalists are making now, as well as an inspiring preview of the even brighter days ahead. It concludes with Frankie Nemko's lively evaluation of the West Coast jazz scene, and appends the most comprehensive list ever assembled of women currently playing instruments professionally."

Linda Dahl à lire, Vera Auer à découvrir

le Jeu 7 Nov 2013

Sur Internet une discussion d'il y a vingt ans (décembre 1993)

female jazz instrumentalists, Google Group
https://groups.google.com/forum/#!topic/rec.music.bluenote/r16vXOS9gHs

Des noms devenus familiers, et la référence d'un livre de Linda Dahl 1982, réédité en 1996.



Linda Dahl a également écrit une biographie de Mary-Lou Williams "Imagine a pianist playing concerts with Benny Goodman and Cecil Taylor in successive years (1977-78)"



Pour nous tenir au jazz, Linda Dahl est l'auteur d'un livre sur la chanteuse Susannah McCorkle, une voix et une vie à (re)découvrir


Dans la discussion du même Google Group, ce témoignage à propos d'une vibraphoniste autrichienne, Vera Auer, émigrée aux Etats-Unis et qui a joué avec George Shearing, Chet Baker et d'autres musiciens célèbres...

« Then there is the Austrian (?) guitar player and singer, Katerina Valente. And I also knew a vibes player from Austria, whose name I can't remember, but she married a soldier over there and came to the States. Ahh, I remember her name now - Vera Auer. She played jam sessions at the Blue Note in Asbury Park, NJ, and was offered, but turned down, a job with George Shearing. This was around 1960-61, when I was in the Army, fighting the battle of the beach - Asbury Park, Belmar, Wildwood, etc. Anyway, Vera showed us pictures of her playing with people like Chet Baker and other jazz luminaries when they were in Europe.»

Vera Auer, vibraphoniste et accordéoniste, est la nièce d'un grand professeur de violon hongrois, Leopold Auer (Jascha Heifetz parmi ses élèves). Elle joue en Autriche au début des années 50, avec Friedrich Gulda, le guitariste hongrois Attila Zoller, qui s'installe en Allemagne en 1954 (il y jouera avec Jutta Hipp, Albert Mangelsdorff...). Dans son groupe, on trouve un certain Joe Zawinul, qui a commencé sa carrière par "la musique tzigane et la musique traditionnelle autrichienne"... Elle croise au Deutsches Jazz Festival de 1956 le saxophoniste Jean-Louis Chautemps.

Elle suit son bidasse américain aux USA en 1960, et les cours de la Lenox School of Jazz. Elle joue avec Dave Burns, Cal Massey, J. J. Johnson, Mal Waldron, Ted Curson, Zoot Sims, Walter Perkins et Richard Williams... Elle décède en 1996 à 77 ans.

La discographie d'Attila Zoller (http://www.jazzdiscography.com/Artists/Zoller/az-disc.htm) la signale comme leader et accordéoniste pour le premier enregistrement du guitariste, à Vienne en 1950
Vera Auer (ldr), Attila Zoller (g), Gert Steffens (org), Helmuth Czukovits (b), Vera Auer (acc), Frank Mikuliska (d), Liane Augustin, Hall Trio (v)
Les thèmes portent des titres en allemand [i]Nachts ruft ein Lied[/i], Meine Augen sagen Ja.
En 1951, ils sont en anglais (Apple Honey de Woody Herman, et Pick Yourself up de Jerome Kern)
Vera Auer (ldr), Vera Auer (vib, acc), Attila Zoller (g), Hans Hammerschmid (p), Helmuth Czukovits (b), Frank Mikuliska (d)

Ce qui semble le seul disque à son nom (LP 1977, pas vu de réédition)



Vera Auer vibes, Richard Williams trumpet, Hugh Brody tenor & soprano saxophones, Chris White bass, Rudy Collins drums

On y trouve les thèmes de Body and Soul et
Con Alma (Gillespie) > http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=fnwwsaxKloc

Toutefois, un enregistrement 78t de 1950 à Vienne (Autriche), pour un trio vocal accompagné d'un accordéon, d'une guitare et d'une contrebasse



Harry Lime > http://www.youtube.com/watch?v=MufVv18-rQw

Vera Auer, une et des lames donc, encore plus introuvables que Terry Pollard et Marjorie Hyams