Plus loin que l'Ouest, du Cool au free

 

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        5.4. Jazz musicien-ne-s A... Z
            5.4.35. GIUFFRE Jimmy, sax clar flûte argt
Plus loin que l'Ouest, du Cool au free 

le Dim 22 Sep 2013

Cul-de sac ?

De ce couple de géants du jazz, la riche sobriété nous emmène aux portes des années 60', que je ne franchirai pas. Pas encore. Il y va d'un changement, d'un enjeu, esthétique. On peut palabrer à l'infini sur le Giuffre des années 50, musicien 'West-Coast', après la messe est dite. Giuffre avec Bley, plus de messe. Tant pis pour les curés du cool et des points cardinaux.



Nous avons entendu le Giuffre de la fin des années 40, celui de la seconde moitié des 50'. Que s'est-il passé entre temps ? Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Rencontrer Lee Konitz, Shorty Rogers, Howard Rumsey, Chet Baker, Teddy Charles, Buddy de Franco, Bill Evans, Lennie Niehaus, Anita O'Day... Bref, des gens qui ne font rien comme les autres, voilà qui laisse de la marge à la création collective. Mais la simple pensée que Giuffre ait pu écrire des arrangements pour Sonny Stitt me mets l'eau (de mer) à la bouche : l'ombre de Charlie Parker au soleil de Californie !?



Un art de regarder ailleurs ?

Dans la première moitié des années 50, que retenir de Jimmy Giuffre dont la contribution discographique est abondante en sideman, soliste ou arrangeur ? Deux jalons permettent de s'y repérer, deux formations phares entre Cool et West Coast. Elles se chevauchent dans la chronologie et se poursuivent au-delà sans Giuffre. La seconde relève indéniablement de l'esthétique West-Coast, dont elle représente comme le cœur battant au sein du Club « Lighthouse », qui accueillait notamment la formation éponyme du contrebassiste Howard Rumsey, le Lighthouse All Stars. J'y reviendrai plus loin. Autre signe : Shorty Rogers joue pour Rumsey leader du Lighthouse, plus rarement l'inverse.



Il s'agit de faire entendre aussi une différence, entre Rogers et Rumsey. Si le second s'inscrit voire définit une esthétique West-Coast, et s'y cantonne, le premier hérite davantage de celle des audaces de « Birth of the Cool », que ce soit pour l'orchestration, l'harmonie, les dissonances, avec un sens de l'aventure en liberté qui en font une des sources les plus précoces du free-jazz. Les titres mêmes des morceaux et des disques sont à cet égard significatifs : Cool and Crazy, Free, Evolution... Contre-exemple, un LP en grand orchestre, remake adouci du big-band de Basie.



Les productions de Shorty Rogers débordant notre sujet, j'aborderai dans le post suivant la collaboration de Jimmy Giuffre avec ce trompettiste et arrangeur, qui offre avec ses Giants, mais aussi avec son grand orchestre, et encore en quartet, toute la condensation littérale du petit au grand, à Jimmy comme un gant.