Giuffre étudie le contrepoint... Debussy, Bartok

 

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    5. JAZZ
        5.4. Jazz musicien-ne-s A... Z
            5.4.35. GIUFFRE Jimmy, sax clar flûte argt
Giuffre étudie le contrepoint... Debussy, Bartok 
Bon, vous avez remarqué, j'ai annoncé un plan, et j'ai commencé par ne pas le suivre. L'administration d'État même n'a pu m'y faire. Ma tare est d'écrire comme d'autres jouent, en improvisant. Je me félicite d'avoir été assez mauvais pour n'avoir point à me simuler chez Hodeir.



En fait, je n'ai pas changé de plan, je n'ai pas commencé de le mettre en branle. J'avions dit : Jimmy giuffre arrangeur de big bands. Tout est relatif, un grand orchestre de jazz, à partir de combien ? 10, 12...15 ? Un combo, 4... 6, 9 ? Quand un type débarque, comme ça, qui « étudie la composition pendant huit ans sous la férule du Dr Wesley La Viollette à Los Angeles » nous dit Jean-Robert Masson, la réponse devient : ça dépend (j'adore cette pirouette, retenue de Karl Marx). Giuffre peut faire sonner un trio comme un big band, cf avec Jim Hall et Brookmeyer (idée que reprendra le batteur Joey Baron avec Ellery Eskellin et Steve Well, se jouant de Basie en trio dms, ténor, trombone).

Bon, fastoche, la guitare, c'est déjà un orchestre miniature, comme disaient Berlioz, Segovia, et Villa-Lobos (faut pas me croire : c'est Beethoven qu'a commencé...).





Alors avec Giuffre, tête contrepointée, Jim Hall et sa science économique de harmonie, tout devient possible.



Du coup, je ne sais plus où j'en suis.


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Jimmy Giuffre a étudié la composition et le contrepoint de 1947 à 1952, avec le professeur Wesley La Violette, dont l'influence est grande sur les musiciens de la « West-Coast », Don Bagley, John Grass, Bob Laurence, Shorty Rogers…



Il en retire sa maîtrise du contrepoint, des couleurs et rythmes utilisés par Debussy et Bartók. Pour son trio cl/sax Guitar / Bass, avec Jim Hall et Ralph Pena, il s'est inspiré de la Sonate pour flûte, alto, et harpe, de Debussy.



Giuffre : “Debussy’s sonata for flute, viola, and harp. So Jim was the harp, Ralph the viola, and I was the flute. I’d been looking for someone who could play great drums and also wanted to play more of a chamber-type music—and it was hard. I couldn’t find a drummer interested in playing softly, in listening and resting. So I heard this Debussy piece, I liked it and I thought, well, why not the three of us.
En voici une interprétation

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Interview de Jimmy Giuffre, traduit de Raymond Horricks, Jazzmen de notre temps, 1960 (http://patlotch.free.fr/text/wit-index-keywordsiG.html)
 
Le jazz
Un musicien de jazz fait de la musique, mais il parle le langage du jazz. On peut le reconnaître comme on reconnaît la langue de chaque pays. S’il joue la musique qui lui est propre, il parle la langue qui lui est naturelle, et cela a un sens que vous pouvez saisir.
 
Le blues
Vous savez, pour moi, il existe une quantité d’atmosphères en dehors de celle du blues. Mais le blues, c’est pour moi le climat du jazz. Non que vous ayez à jouer toutes les progressions d’accords du blues ou que vous deviez être particulièrement tristes. Le jazz semble mettre en chaque chose un note de bonheur et de tristesse à la fois... Dans le trio (avec Bob Brookmeyer et Jim Hall), nous atteignons de nouvelles dimensions, mais nous gardons contact avec le blues. Nous utilisons des procédés différents, des background différents, le contrepoint même, mais à travers tout cela nous conservons présent le sentiment du blues. (Auparavant, le blues) était fondé sur une approche harmonique, avec seulement un chanteur et un background, un fond rythmique.(...) Aujourd’hui, ce sont trois hommes qui jouent ensemble des mélodies individuelles, et créent ainsi un climat sonore à trois voix.
(à propos du trio avec Bob Brookmeyer et Jim Hall)
Nous sommes trois musiciens qui devons penser de la même façon, sentir de la même façon. Chacun doit se préparer à jouer ce qui lui est propre, une mélodie bien à lui, entraînante ou pas, qui complètera les autres mélodies.
 
Lorsque j’ai étudié le contrepoint, je me suis vite aperçu que chacun désire exprimer sa propre individualité. Pourquoi resterait-on là à jouer autre chose qui n’aurait aucun caractère personnel ? ... seulement une sorte de bourdonnement, une sorte de background qui permet à quelqu’un d’autre de s’exprimer. On a vu bien sûr, pendant des années, des tas d’orchestres n’est rien à jouer... Et je me suis dit : eh bien ! si ce type-là joue, donnons-lui quelque chose de bien à jouer. Au guitariste, au contrebassiste ou à qui que ce soit, je donne une ligne qui, pour lui, fait absolument comme s’il jouait sa propre mélodie (...)

Jimmy Giuffre se raconte 28mn > http://www.npr.org/player/v2/mediaPlayer.html?action=1&t=1&islist=false&id=90004452&m=89998065

Several of today’s writers have dropped sounded beat for contrast, but never for an entire work. I’ve written works completely lacking sounded beat, but the difference between this music and all previous work is the use of drums. My previous attempts at this approach, while achieving some of the clarity I sought, were always vaguely unsatisfactory to me until I realized the trouble: the drums, by their nature, cannot carry a simultaneous or overlapping line; when the drums is struck any other note is obliterated, and attention is torn away from any other line. In this music, the drum lines are integrated but isolated.” “Jimmy Giuffre: Blues in Counterpoint” Saturday Review, July 13,1957

“The result is a certain feeling of suspension, of dissonance, if it’s handled right. In slow-motion counterpoint, for example, if one melody is an eight-note pattern that is changing notes often, the other melody changes notes much less often, perhaps every four bars. And for rhythmic interest, the slow-changing line can be broken up by repeated notes and rests. A third line and possibly a fourth could be proceeding at other varying rates of speed simultaneously." 1957 “cover” of Meredith Wilson’s score for The Music Man
Jim Hall à propos de Giuffre > http://www.jazzwax.com/2010/03/interview-jim-hall-part-2.html
JW: Your next group was the Jimmy Giuffre Trio, which also had a different chamber jazz sound.
Jim Hall : Jimmy had gotten into folk music at around this time. He also had a background in classical composition and had studied with Wesley La Violette. Jimmy was a lovely person. He was a curious guy, very interested in people and very positive. He helped me enormously with my phrasing. He’d write a line and I’d work to make my playing blend better with Jimmy’s sound. That group and approach helped my playing a great deal.
JW: How so, specifically?

Jim Hall : Jimmy worked with me to get my guitar to sound more fluid, like a wind instrument. To do this, he encouraged me to ease off on the picking with my right hand and to use my left hand more on the neck for slurring, so notes would blend with what he was doing on the clarinet and saxophones.
 
Jimmy Giuffre Coming In from The Cool by Graham Lock
From Chasing the Vibration: Meetings with Creative Musicians (Exeter: Stride Publications, 1994)
> http://dev.jazzstudiesonline.org/files/Jimmy%20Giuffre.pdf

Teaching Improvisation and the Pedagogical History of the Jimmy Giuffre 3
Peter Johnston, 2012 > http://www.seethroughmusic.com/resources/Writing/PeterJohnstonJimmyGiuffre3Article.pdf
 
Fin des années 90 Now I will also play, "Jimmy Giuffre, A Jazz Portrait" a half hour radio
documentary I Produced about 10 years ago. It's Jimmy telling his own story,
in his own voice, complemented by the music he heard and made throughout his
long career. Steve Schwartz
Jimmy Giuffre - The Quiet Man > http://jazzprofiles.blogspot.fr/2008/04/jimmy-giuffre-quiet-man.html