Jazz écrit toutes tailles

 

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            5.4.90. SOLAL Martial, trésor national de jazz
Jazz écrit toutes tailles 

le Dim 17 Nov 2013

Il me faut maintenant aborder un et des gros morceaux, Martial Solal et l'écriture, le grand orchestre...

Nous l'avons rencontré dans cette approche dès la fin des années 1950, avec notamment un disque.


1957

Martial Solal (piano), Kenny Clarke (batterie), Roger Guérin (trompette), Pierre Michelot (basse), Lucky Thompson (saxophone), Barney Wilen (saxophone), Billy Byers (trombone), Luis Fuentes (trombone), Bernard Hulin (trompette), André Paquinet (trombone), Hubert Rostaing (clarinette), Benny Vasseur (trombone), Charles Verstraete (trombone), Fernand Verstraete (trompette)



Avec la Suite en ré bémol aussi... Un autre album dans les années 1960. Il faut y ajouter également ses musiques de film, entre 1950 et 1964, à laquelle je consacrerai un sujet spécifique > http://jazzitude.forumactif.com/t4448-martial-solal-et-le-cinema . Mais il faut préciser à cet égard, comme Solal le fait lui-même, que la musique de film présente des 'facilités' ou des contraintes qui ne la range pas au même niveau d'exigence que l'écriture pour formation de jazz en tant que telle.

« Je pense que la musique pour le cinéma […] ne permet pas au compositeur de vraiment raconter son histoire. Penser aux images est très stimulant mais limite un peu les grands élans et brime quelquefois l'imagination. Il y a, bien sûr, de très grandes réussites dans ce domaine. Mais ces réussites ne sont pas du niveau de celles obtenues lorsque la musique est seule en scène... J'estime qu'il est plus important d'écrire des partitions pour de grands solistes ou des orchestres internationaux que pour un film, si populaire ou si génial soit-il. Mais je suis heureux que les circonstances m'aient permis de toucher à ces différents univers. » p.108
« Mais pendant ces trente années sans cinéma, je n'ai jamais cessé d'écrire. Je n'ai même jamais autant écrit. Souvent des pièces beaucoup plus ambitieuses. J'en parlerai sûrement plus loin. » p. 72
Dans ce rapport de Solal à l'écriture, on n'évite pas d'évoquer son ami André Hodeir, autre figure du jazz français dont l'importance en la matière est considérable. Voir André HODEIR, Problème du Jazz ?

Double rapport puisqu'André Hodeir a beaucoup écrit sur le jazz, avec des mots, en authentique écrivain aussi. Pas étonnant donc que la préface de l'autobiographie de Solal lui soit confiée.

Dans ce livre, Solal consacre un chapitre au 'Jazz écrit'.
« J'ai toujours cru que la musique de jazz avait besoin de textes écrits pour avancer, pour durer, pour passer à la postérité. C'est dans cet esprit que j'avais composé la Suite en ré bémol, en 1959...» p.121
L'écriture ne concerne pas que des grandes formations.
« Dans les années qui suivirent, j'ai écrit pour mon trio des pièces comportant chacune plusieurs thèmes (Vice versa / Nos smokings). À cette époque, presque tous les petits ensembles se contentaient d'improviser sur des standards ou sur des compositions personnelles équivalentes en durée. La forme la plus courante était le fameux A-A-B-A...» p.121
Naturellement il en vient dans ces pages à parler de Duke Ellington, de « ce que l'on a appelé le troisième courant (Third Stream) », avec Gunther Schuller, John Lewis et le Modern Jazz Quartet...

« D'autres compositeurs européens ont été tentés par des recherches du même genre. Pour ma part, je ne suis pas sûr que le mariage de deux musiques si différentes [le 'classique' et la 'jazz'] soit une solution idéale. Je préfère les œuvres spécifiquement écrites pour le jazz, comme celles qu'André Hodeir a imaginées (Anna Livia Plurabelle). » p.123
Moi aussi...

Davantage de précisions dans cet entretien avec Martial Solal, Olivier Calmel et Eric Ferrand-N’Kaoua autour d’André Hodeir, 22 janvier 2012.
> http://lejarsjasejazz.over-blog.com/article-martial-solal-olivier-calmel-et-eric-ferrand-n-kaoua-reunis-a-propos-d-andre-hodeir-97965515.html

La collaboration avec André Hodeir est précoce. Dès 1956, il est associé comme pianiste, tour à tour avec René Urtreger, au sextette de Kenny Clarke


oct-nov. 1956-sept.1957

Kenny Clarke (drums); Roger Guérin (trumpet); Hubert Rostaing (alto saxophone); Robert Guismath (alto saxophone); Billy Byers, Nat Peck (trombone); André Hodeir (arranger); Martial Solal, René Urtreger (piano); Jean Warland, Pierre Michelot (bass)
The Squirrel > http://www.youtube.com/watch?v=JzdoqmHln7E
Bemsha Swing > http://www.youtube.com/watch?v=5TTFRyyVRh8

Sample > http://www.allmusic.com/album/plays-andre-hodeir-mw0000699207
Youtube > https://www.google.fr/webhp?hl=fr#hl=fr&q=kenny+clarke+sextet&tbm=vid

Suivent, dans 'Ma vie sur un tabouret', des considérations plus musicales, techniques, du pianiste et compositeur, puis sur sa propre démarche...

« Ma méthode relève un peu du hasard [...] Il me faut d'abord au départ une mélodie ou une phrase rythmique […] Une fois le point de départ trouvé, j'attends que l'inspiration me guide, sans idée préconçue. Ce qui ne mène pas toujours quelque part. Il y a les fameux jours sans. Il est sûr que le hasard a son rôle à jouer dans l'affaire. » p. 127-128
Une question ne tarde pas, le rapport entre l'écrit et l'improvisé, et par conséquent, celui aux conceptions d'André Hodeir qui va jusqu'à l'improvisation simulée.



On y reconnaît, sauf erreur, Jean-Louis Chautemps au ténor, Michel Godard au tuba, Frédéric Sylvestre à la guitare, Cesarius Alvim et Jean-Paul Céléa à la contrebasse...

« Dans mes big bands, j'ai toujours laissé assez peu d'espace aux solistes, car j'estimais que, quel que soit leur talent, l'unité de l'ensemble risquait de s'en ressentir. Certaines pièces comme Et si c'était vrai ou Hommages, pourtant très longues, sont presque entièrement écrites. En cela, j'ai imité André Hodeir, dont le travail m'a toujours inspiré. Mais le public aime les exploits personnels. Il est moins sensible à une belle orchestration qu'à un solo réussi. Quant aux musiciens, même s'ils reconnaissent que leurs interventions modifient les œuvres, ils sont très demandeurs de solos. On peut les comprendre. Dans mon écriture, j'essaye de concilier leur envie de s'exprimer et la nécessité de trouver une unité à mon travail. » p.106
[Pour les disques, la première date est celle de l'enregistrement, la seconde celle de la sortie]



Vinyl 1984

Sample > http://www.allmusic.com/album/solal-et-son-orchestre-jouent-hodeir-mw0000976439
Le désert recommence, Transplantation I, Arte Della Commedia Dell', Crépuscule with Nelly, D or not, Catalyse, Comin' on the Hudson


1984

Et si c'était vrai (3 parties), Hommages, Piccolo


déc.1997-janv.2000

Martial Solal (p), Patrice Caratini (b), François Merville, Umberto Pagnini (d), Jean-Pierre Chautemps, Sylvain Beuf (sax), Jean-Pierre Solves (bs, fl), Tony Russo, Roger Guérin, Eric Le Lann (tp), Denis Leloup, Jacques Bolognesi (tb), Didier Havet (tuba).
Critique par Michel Lellouche pour CitizenJazz 2001 http://www.citizenjazz.com/Martial-Solal-Dodecaband.html


2005-2007

Sample > http://www.allmusic.com/album/exposition-sans-tableau-mw0000770931


Incoercible, Western, A Frail Dance, Cortancyl, Exposition Sans Tableau, Lamblike



Martial Solal new decaband, des photos de Jacky Lepage (il eût été bien d'indiquer le nom des musiciens... parmi lesquels Claudia Solal voc, Eric Le Lann et Claude Egéa tp, Jean-Jacques Justafré, cor d'harmonie, Denis Leloup tb, François Thuillier tuba...)> http://www.jackylepage.com/virt/middelheim_03/solal/index.htm?1


'Le toujours sémillant Martial Solal affronte une montagne avec son new-decaband et l'orchestre à cordes de l'Opéra de Lyon'