Un Parisien en Amérique

 

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    5. JAZZ
        5.4. Jazz musicien-ne-s A... Z
            5.4.90. SOLAL Martial, trésor national de jazz
Un Parisien en Amérique 

le Ven 15 Nov 2013

Le producteur américain George Wein découvre Solal en France, lui envoie un télégramme pour lui proposer de jouer au festival de Newport en 1963. Avec un engagement préalable de deux semaines à l'Hickory House, un club de la 53ème rue, à Manhattan.

« Un vrai choc... J'avais l'impression que j'allais exploser ! Depuis Django Reinhardt, aucun musicien français n'avait plus été invité aux USA pour un engagement de ce genre. » p.74
Solal doit régler quelques problèmes pour jouer aux USA, carte du syndicat des musiciens, carte de sécurité sociale pour jouer dans un club, service d'immigration, permis de travail... Tout est réglé en quelques jours grâce à l'envoyé de George Wein, Joe Morgen et « Joe Glaser, l'agent de Louis Armstrong, Duke Ellington, Benny Goodman, Billie Holiday... »

« L'invitation ne concernait que moi et non mon trio comme nous l'espérions. Humair et Pedersen n'étaient pas très heureus et m'en ont même un peu voulu... Aussi n'ont-ils pas hésité à accepter la proposition que les Swingle Singers leur ont faite très peu de temps après...» p.74-75

Sample > http://www.allmusic.com/album/martial-solal-trio-at-newport-1963-mw0000744486

« La première section rythmique que Joe Morgen m'a présentée a été la bonne : Paul Motian et Teddy Kotick, qui jouaient régulièrement avec Bill Evans. Je les ai tout de même auditionnés et nous nous sommes entendus sans difficulté. L'un et l'autre lisaient très mal la musique. Ils ont appris par cœur des pièces longues et difficiles (Suite pour une frise, Nos smokings) qui faisaient partie de mon répertoire habituel. Ils étaient particulièrement doués... Le trio a été vite au point. Deux jours après, nous débutions. » p.79

« Le festival était non-stop de 18 heures à minuit. long et copieux, avec quelques noms célèbres : Jimmy Smith, Dave Brubeck, Herbie Mann et leurs groupes jouaient avant moi, puis le quartette de John Coltrane. je ne l'avais encore jamais entendu. Ce fut, à mon sens, de loin le moment le plus intéressant...» p.81
Sample > http://www.allmusic.com/album/martial-solal-trio-at-newport-1963-mw0000744486

« J'ai rencontré tout ce que New-York comptait de grands musiciens et de personnalités tournant autour du jazz : la baronne Pannonica de Kœnigswarter, John Hammond, Errol Garner, Ray Bryant, Jim Hall... »
Le contrat au Hickhouse est prolngé de trois emaines après Newport et s'en suivent des engagements au festival de Montréal, à Chicago...


Nuages > http://www.youtube.com/watch?v=Vy6q0HkhSJ8

Duke Ellington : « Martial Solal has, in abundance, those indispensables of the musicians’ craft: sensitivity, creativity, and a prodigious technique. Most of all, he sparkles with refreshment—and for a jazz musician to sound refreshing in 1963 is no ordinary thing

« Le télégramme de George Wein aurait pu changer complètement ma vie. J'ignorais que toutes les portes allaient s'ouvrir et... que je les refermerais moi-même. A partir de 1960, ma vie privée avait basculé...» p.75
Solal décline les propositions alléchantes de Joe Glaser pour son attachement à Paris et aux siens...

« Glaser était très fâché. J'ai prétexté un problème familial et on n'en a plus parlé. L'année suivante, il me programmait tout de même à San Francisco (c'est là que j'ai composé A San Francisco sans Francis, hommage à André Francis) dans un club sur Broadway.[...] Un an plus tard, Glaser me faisait jouer au festival de Monterey. Mais c'en était fini de l'aventure américaine. J'avais compris qu'il me serait trop difficile de vivre loin de Paris.» p.82

« Mais finalement, non, je ne regrette rien !»