Guitare classique et Jazz

 

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Guitare classique et Jazz 
La guitare classique au service du jazz


J'aurais pu d'emblée évoquer la lignée de guitaristes qui utilisent la guitare classique (ou sud-américaine) pour jouer du jazz. Je ne l'ai pas fait parce que leur référence n'est pas le piano jazz, mais la guitare classique, sa technique, sa culture... Je m'en tiendrai aux plus connus pour leur place dans l'histoire du jazz, leur participation au brassage du jazz avec les musiques latines (bossa nova etc), tel Laurindo ALMEIDA et Charlie BYRD, entre autres accompagnateurs de Stan Getz. Un cas à part, Bill HARRIS, qui est plus proche du blues. Depuis, n'en jetez plus, la cour est pleine, sans parler des guitaristes proprement classiques qui pensent jouer du jazz, et qui font penser à nos chorales interprétant des Gospels...

Ce post pourrait être une parenthèse en marge du sujet, si Laurindo ALMEIDA, le "Segovia sud-américain", n'avait pas apporté ses conseils à... Jimmy WYBLE ou Charles POSTELWATE (dont j'ai parlé concernant la technique main droite à cinq doigts, aussi bien en jazz qu'en classique, comme en témoigne ses compositions). En passant, je ne résiste pas à évoquer la controverse qui existait entre SEGOVIA et VILLA-LOBOS, un des premiers à utiliser le petit doigt droit pour quelques-unes de ses études d'arpèges, alors que le maître espagnol le tenait pour une hérésie (il faut dire qu'il considérait ses propres trucs comme quasi absolus, même quand son élève, l'Anglais John WILLIAMS, a pris son envol).

De même, Charlie BYRD insistait souvent sur le jeu dans la longueur du manche, qui seul permet une homogénéité de son sur certains traits mélodiques (contrairement au jeu en position). À cet égard, j'ai noté que souvent, des virtuoses de la guitare jazz jouent les mélodies à trois doigts (sans l'auriculaire), ce qui semble indispensable au drive, sollicite les glissés, enrichit l'expression... (Charlie CHRISTIAN, BENSON, SCOFIELD...). Comme quoi le plus n'est pas toujours le mieux... (merci Monsieur Django !).

Le jeu dans la longueur du manche s'impose naturellement quand on doit faire lignes de basses, harmonies et mélodies.
 
shaking

Laurindo ALMEIDA

Quand le jeune brésilien, qui avait à Paris entendu Django, débarque aux USA à la fin des 40', c'est chez Stan Kenton qu'il se fait connaître. Il n'est pas étranger aux influences latino dans l'orchestre. Il y côtoie les meilleurs musiciens West-Coast et notamment l'altiste (sax) et flûtiste Bud Shank, qui est présent auprès de son quartet



Je suis très attaché à ces faces de 1953, connues pour annoncer la bossa-nova, en raison de leur richesse rythmique et harmonique, de leur ambiance et de leur fraîcheur, qui à mon avis tranche avec pas mal de sucreries enregistrées par des jazzmen sous le label bossa-nova, avec un feeling qui laisse en route tant de saveurs brésiliennes... Ce n'est pas une critique de Getz qui s'en tire plutôt bien, en partie pas le choix de ses accompagnateurs, et tout simplement par son génie mélodique, un des plus beaux sons de ténor...

Ce n'est donc pas surprenant qu'Almeida retrouve Shank vingt ans plus tard, aux côtés, excusez du peu, du contrebassiste Ray Brown et du batteur Shelly Manne, pour un quartet qui tournera de 1974 à 1982, les L.A. Four. Je n'ai d'eux qu'un LP, superbement enregistré



C'est un disque conseillé aux guitaristes même sans les dents, aux flûtistes même tubards, aux contrebassistes même s'ils jouent juste, aux batteurs même au chômage, aux arrangeurs même pas avocats, aux mélomanes même pas mélos, aux amoureux même séparés, aux désespérés même de rien, aux vieux même aux jeunes surtout mes lectrices.


Sans conclure et sans bla bla technique concernant ce grand Monsieur de la musique, un live tardif




Sad
Charlie BYRD

Plus jeune qu'Almeida, c'est vers la fin des années cinquante qu'il commence à se faire connaître, et toujours comme guitariste de grande formation, lui chez Woody Herman.

Sa discographie est impressionnante. Je n'en connais qu'une faible partie. Ses faces avec Getz sont bien connues, même de ceux qui ne savent pas que c'est lui, mais attention ne pas le confondre avec les faces postérieures du saxophonistes aux côtés des Gilberto (Joao et Astrud). Cette version de 1963 d'un vieux saucisson sur lequel tout le monde se désaccorde, est disons moins "brésilienne", et pour cause...



Des mêmes, un live prouvant abondamment qu'ils n'ont pas recours aux pistes de synthé pour la rythmique. Le mordant du guitariste, son chorus avec quelques accents bluesy, c'est quand même quelque chose... On y retrouve aussi le grand Getz improvisateur, dans l'esprit de ses débuts comme de ses merveilleuses apparitions sur le tard...




Finalement, c'est un peu comme moi, j'écris "live" en improvisant... Si demain je recommençais le fil, il serait différent

confused

Comme transition vers Bill HARRIS, et à titre de comparaison de leurs jeux, un blues avec le fidèle contrebassiste Keter Betts, futur accompagnateur d'Ella




Comme pour Almeida, je termine ce post par une video tardive (il est mort en 1999 à 74 ans), bien filmée pour les regardeurs de guitare. Visez la basse électrique demi-caisse... Admirez (si si) comme il swingue avec une technique classique, ce qui est loin d'être le cas de... silent


C'est un thème que j'adore, une des premières valses enregistrées dans le jazz, en 1942, Jitterbug Waltz de Fats Waller





I don't want that

Bill HARRIS Blues ain't nothing...





Un beau document, non ? On y trouve même (6'45") une sorte de... concerto pour guitare Wink

Pour ma part, je ne connais pas de guitariste qui conjugue aussi bien, à tous points de vue, technique classique et blues's guitar.

Dans un idiome plus jazz, une courte version de Cherokee, de 1956. Bel exemple, à quel tempo !, de ligne de basse + accords de mélodie... ce qui nous ramènera à notre sujet préféré




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