poèmes 2014-2017

 

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poèmes 2014-2017 

l'image en marge est extraite de 'la vie est un collage' 1988-89

2015

cette section ne comporte pas tous les sonnets, voir mes sonnets depuis 2014

cette année, je voudrais des poèmes simples, moins réservés à des "amateurs" ou "connaisseurs" de poésie. Pas les plus faciles à écrire

le poème est œuvre-sujet : il appelle une lecture re-créant les sens mêlés de la forme et du contenu, du rythme et du son... lire un poème s'apparente à regarder un tableau, tendre l'oreille à une musique et danser, plus qu'à lire des informations rationnelles, théoriques... Le poème n'est pas une écriture, mais un faire, une geste, telle que le lisant, on peut croire l'avoir écrit pour soi. Alors il n'y a plus de 'je' qu'un jeu

le poème est par excellence la forme trinaire qui, d'un sujet à l'autre par le langage, permet la traversée du miroir entre identité et altérités

16 décembre

CLAR i NET

entre la nuit et la non-nuit
entre le non-jour et le jour
entre la danse et le son luit
l'étrangère amour

entrée sans nom, mêlée sans bruit
entre le don doux par l'ajour
parlant à l'autre sans l'ennui
naturelle amour

ici n'entre pas le tricheur
ici tout vient par la fraîcheur
parler encore d'une vie

où cause la terre à l'envie
sans pause ni divin prêcheur
ici tout vient à la fraîcheur



FoSoBo, 16 décembre 2015, 04:03, sonnet 202

 

30 novembre

ALLONS HAUT PLUS COURT

poème en sept coups pleins


Comment ne pas désespérer ? De soi ? Des autres ? Du pire ?
de la bêtise en nous gouverne et de l'intelligence à s'en servir ?

Tu te demandes comment une classe, ta classe, exploitée, brimée de parts en parts
de tout côtés la mer des eaux glacées des calculs et gros tics
comment peut-elle encore, épluchée pour plus cher

Se sortir des ornières, arracher ses œillères
s'arracher aux hiers rabâchés de prières
pour lâcher sa colère, s'étancher écolière

Accoucher de lumières, marcher hors des frontières
sans loucher vers l'arrière son foyer d'ouvrière
et s'embaucher sorcière, au bûcher l'épicière

S'harnacher émeutière, cravacher son derrière
et chevaucher guerrière, trancher dans la matière
faucher la banque entière et lyncher la banquière

Ah des fichiers litière à chier sur la rentière !

Bêcher la taupinière et défricher la terre
à faire nourricière et là, enfin pépère,
pécher au nom du père : couchée en jardinière



Patlotch, FoSoBo, 30 novembre, 11:16

Henri Rousseau, La Guerre, vers 1894, huile sur toile, 114 x 195 cm

 

25 novembre

peau neuve


peau d'âne et de chagrin

peau des fesses et d'efface,

sur le sable,

les pas désormais interdits

à Fred Sochard, dessinateur

 

14 octobre

trois sonnets à charge

j'ai brûlé vos baptêmes
rien ne m'est catholique
ni orthodoxe même
et je vais protestant :
vos dieux n'existent pas !

 

FRANCE M'EXISTE PAS

de terre noire est mon quartier
un pays sans frontière
un pays sans front fier
où je suis né

je suis né sans nation
pour vivre sans patrie
j'essuie les passions tristes

j'ai vécu à l'envers
contre les fous d'ici
de leurs dieux et messies
à merci de mes vers

j'ai brûlé mes papiers
je ne suis plus français
France m'existe pas

Terre Noire 14 X 15 14:20 sonnet 198

 

CURE ATELLE

à voile et à vapeur
la France est en errance
un pays sans valeurs
qu'universelles rances

on y gère en voleurs
bien assis sur sa branche
beurre et argent du beurre
au lait de race blanche

de moraline en Morano
mauvaises fois, gros mots
français : clartés obscures

quand tout part à vau-l'eau
sonnailles et grelots :
mes sœurs n'en ayons cure

Terre Noire 14 X 15 15:10 sonnet 199

 

GAUCHE

ni gauche ni à droite
ni attrape-nigauds
aux urnes mis en boîte
en la trappe à gogos

on se débauche en boîte
en satrapes et vieux beaux
et les burnes plus plates
tout y plonge à l'égo

gros gens comme devant
ci-devant citoyens
enfilés par derrière

ainsi va la moyenne
emportée par les vents
noyée au cou la pierre

Terre Noire 14 X 15 15:28  sonnet 200

 

Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, aux États-Généraux du Christianisme, 3 octobre 2015 : « Les valeurs de la République sont largement celles de l'Évangile. » La Vie, hedomadaire chrétien d'actualités n°3658, semaine du 8 au 14 octobre, page 18

« Faire revivre les valeurs républicaines, qui sont aussi largement celles de l'Évangile, constitue pour moi l'une des clés de ce renouveau que vous appelez de vos vœux. »

« Même si elles est marquée par la sécularisation, même si elle a accueilli sur son sol des croyants de toutes confessions, qui contribuent eux aussi à sa richesse culturelle, la France est historiquement un pays de tradition chrétienne. Comment donc les Français pourraient-ils faire société en négligeant cet engagement des chrétiens ? Réciproquement, comment les chrétiens pourraient-ils vivre leur engagement sans être conscients et fiers de défendre les valeurs de la République ? »

 

17 septembre

FLAGRANT DÉLIRE

L'arrêt sonné de sa raison,
arraisonnant son imposture
est venu, loup traqué,
outrager l'écriture

Tu n'iras plus, haut bois,
d'ébène à blanchiture
flirtant la trahison,
boire à la source impure

cette eau pâle où risquer
l'impair, où le pervers
l'emporte dans l'émoi

Mensonge et faux surmoi
d'un dividu rhétoriqueur :
« - Houria ! » loup râle à crève-cœur

Fosobo 17 septembre 2015, 09:34, sonnet 197

 

25 août


Elle est morte hier soir il pleuvait
elle est tombée par terre
et ne s'est relevée

On a pleuré
on l'a brûlée
sans messe ou mise en bière

Elle était ouvrière, ma mère

FoSoBo, 25 août 2015

13 août

une série de 12 haïkus, écrits un peu à pied, beaucoup dans le RER et le métro parisien, pas du tout ailleurs, le 8 juillet dernier

la forme haïku a quelque chose de paradoxal : tout y serait impair, vers de 5 - 7 - 5, somme 17 nombre premier, mais... 5+7=12 et 7+5=12... la structure "japonaise" retombe sur l'alexandrin français, avec une coupure non à l'hémistiche, mais décalée impaire, à préférer, disait Verlaine, et le reste est littérature...


morale d'un lapin

aux accents d'outre-
là je tisse l'amitié
d'être en vers en droit

à l'endroit à l'envers
vise demain visière
en quête la casquette

il marchait, d'Étoile
à Anvers et Château rouge
place vague rame

RER d'été
vite la rame vide et
vogue la galère

une adresse fausse
rue de Wagram à midi
au lapin agile

au fond du couloir
allée des temps zelle avait
un sourire à boire

à table on passe et
l'amour tremble à côté des
manche du coup tôt

un mort sur la voie
interrompt le trafic on
nettoie l'on repart

pardi, un retard ?
une avance au paradis !
se dit le lapin

corbillard en sous
sol à la clef d'un cauchemar
singe et nuit d'été

Père Lachaise il
est tombé dans le caveau
c'est la faute à qui

marche à côté de
ces pompes funèbres du
destin dès Nation

 

29 avril

sonnet au bois résonné musette

nous n'irons plus au bois
par les quatre chemins
en moutons aux abois
pour des chiens inhumains

tu diras ton émoi
de la fleur à la main
à Fontenay-sous-Bois
que t'offre ce gamin

tout recommencera
le désir tu l'auras
la bonne envie de faire

comme si toi et moi
nous étions hors-la-loi
seulement sœur et frère

FoSoBo 29 avril 15:01 2015 25 sonnet 196

poèmes 2014-2017 extrait de « Jeux des enfants ne sont pas jeux »

.

les mots pour le faire

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer.» Karl Marx 11ème des Thèses sur Feuerbach

« Ses filles l'appelaient non pas "Père", mais "Maure", un surnom qu'on lui avait donné à cause de son teint foncé, de sa barbe et de ses cheveux d'un noir d'ébène » Paul Lafargue, Souvenirs personnels sur Karl Marx, 1890

Tu n'en reviendras pas… Aragon / Léo Ferré Le roman inachevé, 1956

pour le rythme, la diction la chanson, comme Léo Ferré

pour ceux qui la onzième taisent

à Karl Marx, dit Maure

Tu n'en reviendras pas toi qui disais les mots
n'ont été jusqu'ici qu'un récit sans refaire
le monde

Nous qu'avons-nous appris, nous qu'avons-nous compris
d'un sort qui s'est jeté en travers de la route
comme un chien sous les roues de l'histoire en déroute
immonde ?

Voilà l'horreur qui vient à grands pas de raisons
qui marche sur nos rêves
et nous d'aller hagards comme prendre à la gare

le premier train pour nous rendre ensemble en prison
qui emmène plus vite à la fosse où l'on crève
avec une assurance sur la mort plus sûre
qu'un contrat de travail à durée terminée

Terminus tout le monde descend en enfer
place couchée, mais sans toucher, en classe affaire,
à la blonde, à la brune qu'on pouvait tirer
comme une bière fraîche au temps de nos richesses

sans compter sur nos sous
pour un devenir saoul
sans penser avenir
en avant la jeunesse

vivre avec tout le temps des ennuis pour mourir
l'éternité, la mer, le soleil et les fesses
hâlées de la femme au copain d'avant la guerre

la guerre était finie chez nous depuis longtemps
on la faisait là-bas à la télévision
en soirée avec un pétard mouillant les yeux
à la scène barbare et le cœur indigné
par cet autre inhumain couleur non alignée

poèmes 2014-2017 Marx à Alger, 1882

Tu n'en reviendrais pas toi qui étais barbu
si tu voyais de quoi sont capables les Maures   
depuis qu'on est parti que nos soldats sont morts
pour qu'ils vivent enfin avec des mœurs, un but
civilisés, et des envies communes de
supermarché

Tu n'en revenais pas de la Commune de
Paris, les insurgés te donnaient des envies
de révolution, où l'on perdrait deux vies
plutôt qu'en gagner une à travailler encore,
bosser à y laisser la peau les os le corps
entier, l'esprit avait déjà pris du ciel
le parti

Dieu seul savait comment et la bourse aussi elle
était un paradis, quand t'en avais, pardi !
à planter, pas des choux, à manger, des radis
par la racine radicalement dessous
qui creuse l'estomac, comme la vieille taupe,
la terre du cercueil de ton bel idéal

Tu n'en reviendrais pas toi mon cher ami Karl
des foutaises qu'on fit, confite onzième thèse

FoSoBo 29 avril 04:30 2015 23

26 avril 2015

Sonnet à charge

à Freddie et Fredricka Gray

À Baltimore
ton frère est mort
le cou tordu
un coup perdu ?

Ferguson sonne
un noir tocsin
là-bas personne
est l'assassin ?

L'ennemi raye
de Maryland en Missouri
les Freddy Gray

Sont-ils tous gris ?
la haine est blanche
les flics aussi

FoSoBo 26 avril 23:56 2015 22 (v'la les flics) sonnet 195

poèmes 2014-2017 poèmes 2014-2017 poèmes 2014-2017

vidéo                                                                                                Fredricka, sœur jumelle de Freddie Gray                                          Stephanie Rawlings-Blake, maire de Baltimore

« Fredricka Gray a lancé un appel au calme. « Ma famille veut vous dire : s'il vous plaît, s'il vous plaît, arrêtez la violence. Freddie ne voudrait pas ça ». Elle parlait aux côtés de la maire [démocrate] de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, « profondément déçue » par les violences, dont elle a accusé « un petit groupe d'agitateurs ».» Le Monde 25 avril

Accusing Sonnet

dedicaced to Freddie & Fredricka Gray

In Baltimore
your brother dies
the neck broken
fault with no luck?

Ferguson sounds
a black tocsin
but nobody
is assassin?

The enemy eliminates
from Maryland to Missouri
all Freddy Gray

Are colorless?
hatred is white
the cops also

.

avec Cioran et Mallarmé et Cioran, deux Django, deux Loriot/d, un Messiaen

en écoutant Django Reinhardt, Saint-Louis Blues, Paris 1937

« Tous les penseurs sont des ratés de l'action et qui se vengent de leur échec par l'entremise des concepts. »

« La poésie a, comme la vie, l'excuse de ne rien prouver. » Emil Cioran Précis de décomposition 

Crise féline

d'après Mallarmé, Brise marine

La chair est triste, et grâce ! je n'ai lu tous les livres.
Fuir ? Ici fuir !  Je sais que ces héros sont ivres
De leur écume aussi courue que d'autres cieux !
Rien, ni les vieux gamins aveuglés par leurs yeux
Ne soutiendra ce cœur qui dans l'amer se trompe
O nuits ! ni la clarté déserte que j'estompe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la belle femme au regard triomphant.
Je resterai ! frimeur balançant sa mâlure,
Jette l'ancre pour une authentique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'aveu suprême des mouchards !
Et sûrement, les fats, débitant leurs adages
Seront de ceux qu'un vent poussera aux naufrages
Perdus, sans mâts, sans bras, en débiles idiots...
Mais, ô mon chat, entends le chant du gai loriot !

FoSoBo 26 avril 15:46 2015 21

poèmes 2014-2017 Django, le rouge et le noir, destin ?

« La malhonnêteté d'un penseur se reconnaît à la somme d'idées précises qu'il avance. » Syllogismes de l’amertume

« On est et on demeure esclave aussi longtemps que l'on n'est pas guéri de la manie d'espérer. » Ecartèlement

chant du Loriot d'Europe, 'oiseau superbe de la taille d'une Merle, jaune vif et noir, au chant flûté, sifflé, parfois grinçant'

poèmes 2014-2017 

Yvonne Loriod  Messiaen, Le Moqueur polyglotte

25 avril

Crise en vers 2011

je ressors ce poème, pour quelques retouches de syntaxe et de ponctuation, plus adéquates au rythme

ICI L'OMBRE... le poète ne parle à personne 

« Ici Londres ! Les Français parlent aux Français... » Pierre Dac

Solitude océane. Au pied de mes fadaises
la raison, d'avoir tort, n'est pas toujours mauvaise.
Encor trop d'horizon, trop de demains, surtout
la tête ne tient plus en un si petit tout

Voyez ce monde plaint pleurer de toute part
ses lames en pluies sèches de cinglants poignards,
sur les rêves d'avoir sur des comptes gelés...
Voyez nous-boîtes conservés, à pérempter...

Voyez cet oiseau mort nager sur l'huile noire,
où je trompe ma plume et trempe l'écharnoir
pour me faire la belle, une nouvelle peau,
tirant mon pauvre zob, sucé comme un appeau,

par un art de la fugue en sous-sol mineur d'hors,
monnaie de singe ou pis, roupie, sansonnet mort
au chant bonheur, caché d'un jardin de caillots,
léché des asticots que crashent les boyaux 

d'une littérature à l'estomac qui brûle,
qui hurle, ment, culturelle berlue qu'hulule
une chouette hibou comme une poule au pot
qui bout, au bout du bout... d'un coup mâle à-propos. 

Ici la rime a fort raison, d'avoir son tort,
à savoir
mes raisons, sur la raison du fort
en thème, et du docteur en logique béton
.
Qu'un gruyère troue donc le cul à ces croutons 

sans preuve ! Que d'en jouir, car pour ça l'on s'en passe,
si le poème est là, tel qu'il change l'espace
et le temps, du plaisir double, payé de mots,
de penser l'impensable et d'oublier ses maux

26 juillet 2011 Crise en vers

.

22 avril

quatre sonnets autour de minuit

au loin de ma brune

sur des fronts insensés
sous l'affront des mensonges
c'est à fronts renversés
qu'on lutte et que l'on songe

aux coups durs ramassés
à qui jette l'éponge
à qui s'est surpassé
à d'autres qu'un frein ronge

en quête d'un repos
du guerrier dans la peau
d'une brune à la ronde

on tombe sur la blonde
on se dit pas de pot
comment changer le monde ?

FoSoBo 22 avril 23:29 16 2015 sonnet 191

pourquoi ?

pourquoi mourir debout
quand on peut vivre assis
ou couché dans la boue
c'est bien moins cher ainsi

pourquoi quitter chez nous
si l'on restait ici
en priant à genoux
qu'un dieu le veuille aussi

pourquoi chercher plus loin
ce qu'on n'a pas gratuit
qu'on payera demain

pourquoi vivre aujourd'hui
ça attendra la fin
c'est bien assez d'ennuis

FoSoBo 22 avril 23:38 18 2015 sonnet 192

comment ?

comment fais-tu l'amour
toi qui dors sous mon toit
sans attendre de moi
qu'un café au p'tit jour

comment sais-tu toujours
ce qu'un homme en émoi
dans sa tête prévoit
quand tu es de retour

comment peux-tu savoir
comment peux-tu me voir
avant d'être ici-même

comment dit-on « je t'aime »
à celle qui s'en va
ailleurs faire l'amour ?

FoSoBo 22 avril 23:47 19 2015 sonnet 193

qui ?

qui m'entend qui ne m'entend pas
qui m'attend qui ne m'attend pas
qui est là qui n'est pas qui elle
est qui elle aime qui se mêle

de qui je suis qui n'est plus qu'à
côté de lui-même un tracas
à ses yeux qui la larme appellent
qui n'y jettera que du sel

qui paiera le marchand de sort
pour qu'il fasse demain soleil
pour qui l'orage et qui la mort

qui l'attend elle qui ne m'a-
ttend plus moi qui pourtant la veille
quittais une autre qui tant m'aima

FoSoBo 22 avril 24:10 20 2015 sonnet 194

tous mes sonnets jusqu'en 2012

.

4 haïkus, 12 vers, 68…

couper et connaître, aller allier

pour F. et A.

couper n'est pas lier
aller où la vie appelle
connaître et allier

amitiés nouvelles
une jeunesse, un printemps
fleurs, fusées, fusils

causer est saisi
contre en-haut , puis, pour qu'en-bas
choses et combats

rompent le tout lié
connaître et aller, allier
où la vie appelle

FoSoBo 22 avril 04:30 15 2015

.
HAÏKU, TENKA, SENRYU... formes japonaises ou dérivées jusqu'en 2012

19 avril

Paroles, paroles, paroles

à un ami... peut-être

Toi qui parles, à qui parles-tu ?
Toi qui me parles, m'entends-tu ?
Que dis-tu qui te parle ?
Nous qui parlons, à qui ?
Qu'entend nous que dit nous ?
Qui ? Toi
Quoi ? Comment

FoSoBo 19 avril 18:25 14 2015

Words, words, words...

to a friend... maybe

You who speak, who are you talking about?
You who speak to me, do you hear me?
What do you say that speaks to you?
We who speak, to whom?
What means 'we' that 'we' said?
Which? You
What? How

.

heure bleue câline

la chatte étire à la brune

sa grâce féline

 

haïku, FoSoBo 19 avril 06:55 13 2015

.

grecque ma guerre guère

ma vie suit son court cours
mais comme maman ment
je suis à trépas pas
à l'entrée de Tartare

poèmes 2014-2017 Ixion dans le Tartare J. Elie Delaunay, Huile sur toile, 1876, Musée des beaux-arts de Nantes

FoSoBo 19 avril 2015 01:06 / 12 2015

 

18 avril

entre pairs et impairs

dans la douleur des pertes
le vent enterre tes morts
ouvre sans peur des portes
il vient dans la couleur alerte

FoSoBo 17 avril 2015 22:21 / 11 2015

7 avril

anniversaire

.

ne sachant pas vivre

- ils en font la théorie -

n'ont pas à mourir

.

haïku FoSoBo 24:01 / 10 2015

.

3 avril

pour adé, et les autres

.

il pleut ici et

chez toi c'est mouillé ? Alors

quand va arriver

.

haïku FoSoBo 17:53 / 9 2015

.

Les prisonniers d'émois

Quand percent les rancœurs s'avèrent
Blessés les cœurs mal endurcis
Bercés de mythes bien rassis
Le merle moqueur perd ses vers

D'un don ni farce ni mémoire
L'humain d'être humain se défend
Pour ce qu'il ne sait plus qu'il fend
L'écran devient un champ de foire

Il tombe en lui parfois si bas
Quand la honte règle ses comptes
Plus il compte moins l'homme compte
Trahi l'aveugle y perd ses pas

Cruel défi briser sa foi
Croire ma foi n'est pas son tort
Ses vérités forcent l'émoi
Gare au plus vil s'il est plus fort

Que peu l'on ait ou trop à dire
Si l'on crie l'on entend que soi
Quand son semblable est à maudire
Pire on l'est hors de bonnes fois

Poésie pour le faire Nimistaire, mars 2004

poèmes 2014-2017 Valerio Adami, Freud, 1973

.

2 avril 2015

poésie aléatoire ininterrompue, petites proses et vers libres

Revue de presse revue de près

84 = 7 x 12, est la somme des 7 premiers nombres triangulaires (1 + 3 + 6 + 10 + 15 + 21 + 28), ce qui en fait un nombre tétraédrique

Les frères Saïd et Chérif Kouachi, qui ont assassiné 12 personnes à Charlie Hebdo et durant leur fuite le 7 janvier. Bismark, né le 1er avril 1815, ne pardonnait pas à sa mère de l'avoir placé dans un pensionnat très strict de Berlin à l'âge de 7 ans…. les enfants y travaillaient au moins 12 heures par jour. Respecter le rythme de 12 millions d’élèves… Le calendrier pur et parfait, c’est 7 semaines de travail... Les Folies fromage nous ont permis de doubler notre CA et de passer de 7 employés à 12. Chez les hommes, 7 nationalités seront représentées par 12 équipes. Terrible séance d'entraînement : entre 7 et 12 heures de vélo d'une traite. Le Pape avait lavé les pieds de 12 jeunes prisonniers et prisonnières de diverses nationalités et confessions, répondu aux questions de 7 détenus. Jugé pour avoir frappé sa compagne enceinte de 7 mois, un homme condamné à 12 mois de prison fermes. 12 Auvergnats, dont 7 nageurs du Stade Clermontois, participeront aux championnats de France Élite en grand bassin, à Limoges. La droite gagne dans 12 des dix-neuf cantons, ne laissant à la gauche que 7 cantons. 12 familles habitant une ancienne ferme d’El Keurt, à Mascara, attendent de pouvoir bénéficier de logements décents, plus de 7 mois que l’eau ne coule pas des robinets. IVG : le délai de réflexion de 7 jours est un calvaire, je n’ai découvert ma grossesse que par hasard, à déjà presque 12 semaines. Mon conjoint de l’époque était violent.

« En 84 jours, il n'avait pas pris un poisson » Hemingway, Le vieil homme et la mer

Le tour du Monde en 84 jours
Un faux courtier promettait des rendements de 84 %
Jean-Marc Lecerf perd son siège pour 84 voix
À dix-sept ans, ils agressent une dame de 84 ans
Jules, 84 ans, le miraculé de la Saint-Sylvestre
A 84 : un blessé héliporté
84 logements créés en plein centre-bourg
84% des Français soutiennent les Enfoirés
84 lycéens en immersion
Décès du poète portugais Herberto Helder à l'âge de 84 ans
Bell condamné à payer plus de 84 millions à Vidéotron et Groupe TVA
84% des tunisiens font confiance aux policiers
Au Japon, un groupe d'idoles de 84 ans, les KBG84
Woman, 84, bitten by rattlesnake in backyard
84% des médecins appliqueront des tarifs conventionnés
La grand-mère de 84 ans privée de liberté a eu l'impression d'être une criminelle
Apple : un employé meurt après 84 heures de travail en une semaine
Une militante communiste de 84 ans frappée en tractant
Un homme de 84 ans tue sa femme par balle à l'hôpital

Maboul Isidore Roman feuilleton 42 épisodes écrits et mis en ligne du 4 au 29 février 2012
« 42 est la réponse à the Ultimate Question of Life, the Universe and Everything, dans l’œuvre de Douglas Adams, Le Guide du voyageur galactique, mais le problème est que personne n'a jamais su la question précise.» voir aussi
42
« Son désarroi était tel qu'il se demandait si, selon le vieux dicton japonais, ce n'était pas ses quarante-deux ans qui lui portaient malheur.» Les dunes de Tottori, Nishimura Kyotaro, Seuil policier 1992, p.76
Ici, prosaïquement, un homme averti en vaut deux, 42 est la moitié de 84 = 7 x 12 = 6 x 14, qui structure
Livredel, poème-roman 1er avril 1988 - 1er avril 1991

FoSoBo 2 avril 2015 13:39 / 8 2015

.

30 mars 2015

Adieu veaux, vaches, méchants, couvées
de langues mortes

Adieu ramasse populaire

Foin des guéguerres, adieu valets
loin du grégaire à moi l'accorte

Bonjour à vous, dits de travers
intraversés

Vincennes 30 mars 2015  18:07 / 7 2015

 

accalmie amie

du temps-poésie a mi-

parcours par mille heurts

 

Haïku, Saint-Mandé  17:44 / 6 2015

.

il faisait peu de bruit maintenant le silence

à Tomas Tranströmer, décédé ce 26 mars, sept vers et sept photos

la fin au nom des théories ou rien
la haine au nom des Juifs humaine
le bien au nom d'un nom sans main

l'attente lâche et blanche

quitter leurs mondes d'impostures
planter les terres d'ouvertures

ton non au nom sans nom

FoSoBo 30 mars 11:05

poèmes 2014-2017 

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poèmes 2014-2017 poèmes 2014-2017

Oui je reviens à moi ce n'était que paren-
thèse ha la famille on se croirait au cime-
tière j'y étais justement hier c'est marrant
vous voyez comme je me promène ici me

Direz-vous les mots les morts ce n'est pas pareil
ce n'est pas drôle pour tout le monde Monsieur
un peu de respect que diable et laissez les vieilles
en paix les jeunes ce n'est pas l'endroit qui sied

Pour leur courir au derrière je me répète
justement hier j'ai trouvé Gitle Lionel
ta grand-mère dont il sort toujours de ma tête
parce qu'à prononcer son nom est difficile

Enfin c'est bien la seule que j'ai mis en terre
ici te souvient-il ce triste temps de pluie
et de camps revenus il n'en restait plus guère
la peine était mouillée sur les visages juifs

LIVREDEL Livre de Catherine 1990 Chapitre 3 (six cent vingt-huitième nuit)

poèmes 2014-2017 Lionel Jacubowiez in Patlotch "musicien"

6 2015

21 mars

sans titre et sans qualité, sans souche et sans papier

sept fois sept vers sans foi ni loi

le pire est là qui vient repassant la tenue de nos vieilles erreurs
la taupe est jeune et creuse encor dans les trous noirs de nos lueurs

je marche sur le sable de nos mots vidant l'avenir
par l'imposture universelle
de mâles certitudes
de pâles servitudes
de lâches attitudes

sur les blessures de mon orgueil je marche en boitant sur
les pieds d'un vers cassé dans la blanche poussière
sur la mer asséchée d'avoir trop bu hier
tout le sang de la terre et des rêves d'azur 

qu'importe l'air du temps dans le vain dit du sûr
nous voilà nus comme des vers enfilant les chaussures
de nos morts pour la gloire
dont on fait nos médailles communes
sous l'arc de triomphe de nos défaites

on n'a jamais brûlé la banque des forfaits
on n'a jamais compté les efforts faits
pour payer le prix fort de nos hontes
cacher nos règlements de comptes
notre misère au pied du mur rendant l'arme à la trahison
passant à l'ennemi comme en rentrant à la maison

nous n'avons que nos cœurs que nos mains que nos peines
à porter et nos coups à survivre en corps à mi debout
nous n'avons que nos sœurs que leurs reins que leur saines
vérités et nos jours à revivre encore amis d'un nous

la révolte enchantée pour ultime salaire
nous n'aurons plus confiance qu'en nos ennemis
eux qui prient dans les ruines du temple
pour se tenir en face avec leurs canons clairs
sonnant l'heure dernière d'un tsunami émis

nous n'aurons plus confiance qu'en nous-mêmes
pour sortir de nous-mêmes
pour entrer dans la danse du temps éprouvé
par la communauté libre de s'y trouver

nous n'aurons plus confiance qu'en nos peurs
reconnues n'être pas à la hauteur
de nos espoirs en nos combats
de nos déboires sous nos pas
de nos désirs d'être meilleurs

nous n'aurons plus qu'à inventer l'amour
par défaut de n'avoir rien à vendre
par raison d'un savoir neuf apprendre
sans mesurer du temps les rebours

alors peut-être sera peut-être
et pourra être qui pourra
et fera naître qui viendra
sur le sable enfin réuni
l'un dans l'autre au pas affranchi

Fosobo 21 mars 2015 03:40

5 2015

30 janvier 2015

de contre basse en mare et cages

7 x 2

Tel quel un parapluie indigne de confiance
où se brise l'amer sur sa lame de fond

La vérité se désaccorde
un hiver et ça fond

Encore elle à voix basse éperdue dans mes cordes
comme tombe et résonne en l'âme un balafon

L'entièreté se désarçonne
à grands principes canassons

Dévidant du bidet lavant culte sa norme
évidence abondée contre révolution

Tout lâche à l'ennemi l'informe est uniforme
un faux ami se cache ainsi sa trahison

Nous n'irons plus abois nous en multiple formes
ainsi gardant d'amour l'avenir polysons

FoSoBo 30 janvier 2015 13:48

poèmes 2014-2017poèmes 2014-2017 ce jour

4 2015

8 janvier

lendemains

12 x 2

le sang versé aucune erreur
un voile est nu sur la terreur

pour couvrir sa raison d'État
les tartuffe en feront des tas

prêchant l'unité nationale
drapant la République à poil

dans les couleurs de son drapeau
la peur injectée dans la peau

et tous ensemble au pas des lois
en jurant de leur bonne foi

reviendront nous jeter en Seine
dans une fière mise en scène

en épargnant le principal
pour protéger leur capital

de confiance dans la nation
car la France aime à la passion

semer l'ivraie de ses valeurs
et que récoltent les malheurs

que sa démocratie pourvoie
en misère tous ceux qu'on voit

un jour de bonne colère
mettre le feu à leur galère

aux frontières et potentats
de l'argent Ô dieu attentat

FoSoBo 8 janvier 2015 05:55

3 2015

 

6 janvier

(sans queue ni tête, un roman d'après)

mon vers s'énerve
ô cieux ce soir inouï
une rousse sirène s'ennuie
une veuve aime un monsieur sans rêve
sa sève ressource mes veines

FoSoBo 6 janvier 2015

2 2015

3 janvier

la rime en prime, empire en mire

(histoire secrète de la poésie III, poème creux, voir notes poétiques)

ma vie ne rime à rien
alors je fais la belle
en douze alexandrins
à trente-six chandelles

Que l'on m'impute un certain but, là je dis « zut !»
car peu me flatte qu'on s'épate de rimes plates
et qu'on s'éclate alors que rate un disparate

Donc je dis crotte à mes zélotes, ça ça me botte
c'est ma défaite, je me répète et ça m'embête
car je m'y perds ya rien à faire, c'est un enfer
qui m'indiffère, être pervers en pieux pépère

Mon seul espoir est que ça foire, l'amer à boire,
ma vraie déroute, et l'on s'en doute il me dégoûte

Qu'un tel bazar dû au hasard fasse bas art
ou qu'on soit maître, avec des lettres, de son paraître
et que l'on aime, ici quand même, ce creux poème

FoSoBo 3 janvier 06:28/16:36

1 2015

28 décembre 2014

maintenant un futur

6 x 7 impairs et pairs et gagne

maintenant tout est là rien ne vient
semble-t-il
que l'hiver et l'effroi et l'insensible ennui
d'un désir impossible

je l'ai vu je l'ai dit je l'ai mis
en conserve
congelé dans la toile ennemie

et qu'on lit comme on se couche assis
aussi content qu'honnête
on se regarde au net
en attendant la fin

plutôt que le début plus tard que dans sa vie.
le pire est arrivé je n'ai plus d'ennemi
tant d'amies inconnues et parfaites

je rêve encor de retrouver les hiers du bonheur
la lutte sans douter
qu'on menait cœurs en fête
et la tête à la main tendue

je rêve de vous croire et je sais que je rêve
rien ne fait foi en moi
l'espoir s'est mis en grève :

c'est la bonne nouvelle, elle descend
au pas des affranchis du crime
dans la rue claire où rime
quelque chose inouï

cela ressemble au temps
avec le goût du temps
car c'est le temps

le temps de faire avec
et pas avec des songes
le temps de faire un pas
pensé le pied dedans

loin des pompes funestes
enterrant les vivants
avec des idées mortes

tu marches l'arme au poing
sur le marché aux peurs
au fusil point de fleurs
la balle est dans ton camp

là-bas les grands ont peur
approche-toi et tu
verras l'avenir de ton cœur

FoSoBo 28 décembre 13:48

51 2014

tout sang mêle

on dit que parfois
trois jolies garçonnes
de chair lisse et bonne
s'amusaient au bois

l'amour en musette
la pomme dedans
les corps enlacés

(…)

c'est un lieu qu'on nomme
"étang d'écarlat"
on y dit qu'un homme
il était une fois

riait aux éclats
et sa voix résonne
à jamais glacée

(...)

sous le vent d'automne
des feuilles blessées
d'une belladone
sourd un sang mêlé

diable nous pardonne
l'émoi du saigneur
est impénétré

FoSoBo 28 décembre 11:05

50 2014

.

27 décembre 2014

j'ai reçu en cadeau pour Noël un carnet Moleskine à pages blanches, du format souple que l'on garde en poche partout, des fois que... Il est tentant il est grand temps de me remettre à écrire. De la poésie. Des poèmes. J'ai peur d'avoir perdu plus que l'envie la main. Je m'y jette, sagement retenu, comme en impro d'un saxophone arrimé à la grille d'accords, accroché aux barres de mesures. Ne pas se perdre. Ponctué ce sera plus facile. Trouver le rythme. Tenir mon souffle. Prenez le vôtre, c'est parti...

bonne année !

42 alexandrins pour la route

l'avenir en cadeau m'offre sa page blanche,
l'appel de là forer, comme la taupe creuse,

la belle année qui vient de mon insurrection,
contre moi, contre tout, contre notre inaction,

contre les mots en vain, les mots qui vont avides
remplacer notre vie en remplissant nos vides

de bons mots, de mots sans, des mots du mauvais sang
qu'on se fait sans effet contre maux impuissants,

contre viols des mariés, contre courants amers,
à contre temps présent comme à tous vents offerts

aux rongeuses amies des rêves éloignés
par tous chemins ouvrant, de se dire "indignés",

les portes des églises à toute foi maudite
odieuse autant athée qu'en dieu et de redites

attelées à leurs saints, à leurs Livres sacrés
dont rien ne les délivre, aux curés fous livrés,

que l'argent ne délie de croire encore vivre
par défaut de crever, désespéré mais libre

de battre le pavé, le fer quand il est chaud,
l'enfer des bonnes intentions au feu du show

social, oui, le pavé que jette dans la mare
l'enfant privée de jouer en paix à la mar-

elle, qui vit sans toit sous la bombe bénie
par nos états unis de promesse en déni,

lui, qui dort sans le sou dans la boue de La France
dont les flics sous leurs pas cadencent la violence

alors que ses écrans aveuglent mes yeux secs
de coco crocodile à la vitrine impec',

elle, ici, qui ne voit que sa vie qui s'en va
de là où elle n'est que de n'y être pas

reconnue, ni connue, ni une inconnue même
- une femme est visible à preuve que l'on aime

le sexe qui l'habite à hauteur mesurée
par longueur de sa bite en face rassurée,

qu'elle soit noire ou blanche à l'occase qu'importe,
tant qu'elle est dure dure une émotion si forte

que l'on fait mine ou pas de vouloir partager
tant la peur de savoir fait le mâle outragé,

lui qui ne dort jamais dans les bras d'infortune
d'une qui dans ses draps ne vient que pour la thune,

lui qui ne sort jamais couvert d'être que 'ça'
qu'elle est partout dehors où la mène ses pas,

ou dedans l'enfermée d'une maison d'enfer
dans sa raison d'y faire un bel héritier fier

de papa et maman, de pépés et mémés,
d'être beau, d'être fort, d'être riche et aimé

pour que ça continue, et que les uns profitent
d'une histoire que nous n'avons encore écrite

FoSoBo 27 décembre 20:32

l'angoisse du page blanc 

(Histoire secrète de la poésie, II)

Ô claire lacune
Mon amie d'angoisse
Prête-moi tes maux

Avec ma plume haut
Trempée dans la poisse
Qu'ils crient : Exquis mots !
Choquez là ! Glacez !

Bon bon...  Ne te froisse
C'est froid, sec... difforme
Au goût déplacé...

Ta pâleur m'a plu
Blanche tu n'es plus
Me voici ton page...

Y pa ni kado

19 décembre 2011 Crise en vers /60 Sonnet 165

note : Rimbaud emprunte pour L'Éternité le vers à 5 syllabes de Au clair de la lune

49 2014

22 novembre 2014

à Bernard Heidsieck, décédé ce 22 novembre

silence dans la poésie sonore

un poète qui meurt fait encore
moins de bruit qu'un son mort

mais d'un mot dit silence
un poète s'honore

48 2014

.

hyper-sonnet photosophique

« C'est fort différent, de voir une chose ou de la faire. Et le domaine propre de l'art et de la poésie est, comme ce dernier mot l'indique, de faire. De quelque chose qui est simplement perçu par les sens, l'homme fait quelque chose que la raison peut comprendre et dont la sensibilité peut jouir, d'une chose matérielle il fait un être spirituel.[...] Pour connaître une chose vous n'avez qu'à comprendre ce qu'elle est, mais pour faire une chose vous avez à comprendre comment elle est faite. » Paul Claudel, Religion et poésie 1925, p. 170-172

considéré comme achevé... provisoirement

les 14 séries de photographies constituent une forme poétique longue, structurée comme mes œuvres précédentes par les nombres 7 et 12 (14 séries de photos, 7 de 12 et 7 de 7, en alternance), pour un "hyper-sonnet". J'y exploite des photographies prises à Sigoyer (Hautes-Alpes) et environs, du 12 au 26 juillet 2014, avec un appareil numérique 'bridge' de milieu de gamme. Elles sont utilisées telles quelles, sans retouche ni effets hormis le recadrage en carré. Je ne suis pas photographe...

bribes poétiques, esquisses de poèmes à parfaire ou non...

citations de Paul Claudel, George Sand, Thomas Mann, Nathalie Sarraute, Tchékhov, Balzac, Jean Giono, Erckmann-Chatrian, Pearl Buck, Richard Wright, Aldous Huxley, et des Contes de la Forêt... rencontres de hasard comme au détour d'un chemin, de livres trouvés sur le lieu de mon séjour

poèmes 2014-2017
poèmes 2014-2017

structure de l'hyper-sonnet

théorie papillonne 12
théorie du genre animal 7

théorie de l'homme de bois 12
homme de pierre, homme de fer... 7

théorie sans fleur 12
théorie sans phare 7
à régner sur un rêve obscur 12
l'élan de la mare 7

du rouge en rouille 12 
vu à la télé 7
théorie du reflet 12

sept idées d'un chemin 7
douze idées dans les nuages 12
la vie la poésie 7

poèmes 2014-2017 le droit à la paresse

47 2014

29 juin

poèmes 2014-2017

Entendons-nous, dans nos campagnes...

Nous aimons trop les voies d'hier
où nos pas tant sont cadencés
et nous prenons les nuits d'hiver
pour annoncer les jours d'été

Nos théories ont des œillères
sur les chemins de l'unité
nos vérités dans les ornières
tombent sans jamais hésiter

Le cerveau s'y plaît à penser
mais dans la vie creuse un fossé
où nul corps ne saurait danser

Amis nous n'aimons pas assez
nos erreurs nos fautes laisser
pour enlacer nos amitiés

FoSoBo, 29 juin, 16:54 sonnet 190

poèmes 2014-2017 des morts vivants  30 mai 1992

défaire les sphères : affaire privée, affaire publique, affaire commune ?

46 2014

.

16 juin 2014

gens d'un dernier voyage

en 7 vers pour 12 salopards

Tous les chemins ne mènent pas
les Roms à la Cité des Poètes :
un jeune y passa de vie à trépas

Dans la cave vous fîtes sa fête
de fauché que la mort faucha

pour voyage gratuit à perpète
dans le chariot de vos achats

FoSoBo, 16 juin 2014 21:58 demi-sonnet

Darius « Le droit français s'oppose à la diffusion de cette photo d'une victime mineure.» La procureure de la République de Bobigny, Sylvie Moisson
article 39 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette dernière punit de 15.000 euros d'amende la publication d'une image permettant notamment l'identification d'un adolescent victime d'une infraction. « Si l'amende est assez faible, elle s'accompagnerait de fort dommages et intérêts », précise le service juridique du Figaro
source

Seine-Saint-Denis : pronostic vital engagé pour un jeune Rom victime d'un lynchage AFP 16 juin
« Il a été retrouvé vendredi vers 23h30, inconscient, dans un chariot de supermarché abandonné sur la nationale 1, près de la Cité des Poètes. Un adolescent rom de 16 ans se trouvait lundi entre la vie et la mort après avoir été roué de coups par une douzaine de personnes, qui le soupçonnaient de cambriolage à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis. [...] « Un groupe de plusieurs personnes est venu le chercher dans le campement et l’a emmené de force», a raconté une source policière. L’adolescent aurait alors été séquestré dans une cave, où ses agresseurs l’auraient violemment frappé. Selon une source proche de l’affaire, «une douzaine de personnes» auraient participé à ce lynchage.»

poèmes 2014-2017

46 2014

.

12 juin

pape hot

réussir échoué
sur les chemins de l'autre ?

isolé volontaire
avec ses idées hautes
son idéal à terre

(...)

FoSoBo, 12 juin 2014 00:25

poèmes 2014-2017

45 2014

.

10 juin

poèmes 2014-2017 fleurs de navets mai 2014

jardin d'Alexandrie

cultiver mon jardin ce n'est pas pour l'oseille
j'y mets pas un radis mais des fleurs de navets

j'aime m'en occuper comme de mes oignons
c'est bête comme chou mes carottes sont crues

ayant fait le poireau j'ai gros sur la patate
un vendeur de prunier m'a pris pour une poire

raconté des salades et laissé cornichon
(grosse légume c'est la fin des haricots)

je vais lui envoyer mes tomates pourries
plutôt que les farcir, le meilleur c'est le riz

je n'ai pas le melon, ne vais pas aux asperges
mais ramène ma fraise avant de les sucrer

je n'ai pas à rougir... heureux qui communiste
a fait un beau jardin où voyager de près

FoSoBo 9 juin 2014 22:57

note : un spécialiste d'un grand magasin de jardinage m'a vendu un prunier pour un poirier ancien, l'oseille rouge est envahissante...
pour les expressions utilisées voir
Histoire de légumes

cette forme de 7 distiques, avec 7 vers de 12 deux fois, a la longueur en syllabes d'un sonnet, 14 vers de 12

poèmes 2014-2017 10 juin 2014

44 2014

.

9 juin

beau comme un grêlon
fleur de machine à foudre
aléa par tonnerre

FoSoBo, 9 juin 2014, 14:29

poèmes 2014-2017 9 juin 02:05

« beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à
coudre et d'un parapluie»
Lautréamont Chants de Maldoror 1869

43 2014

.

poèmes 2014-2017 FoSoBo 9 juin 01:15

banlieue rouge

Ici la ville est loin. Elle est bien dans ses rues
comme un flic dans ses pompes.
Sous le regard de ses vitrines la démocratie fait le trottoir.

le jour attend son heure
la nuit n'a pas éteint
le temps s'arrête au feu

la banlieue gronde ses enfants perdus
l'horizon brûle sa mémoire
aux yeux fermés des voisins sans histoire

les oiseaux sont couchés dans les ombres humides
le repos du soleil s'est posé sur la lune
il fait beau pour mourir

le jour attend son heure
la nuit n'a pas éteint
le temps s'arrête au feu

les secours viendront au matin
la radio comptera les morts
le beurre sera dur à tartiner, et le café à avaler

le feu s'est mis au vert le temps à cavaler
la ville est loin la banlieue bouge
le jour se lèvera où la nuit est tombée

FoSoBo, 9 juin 2014, 04:30 maj 12:49

précision 10 juin : j'avais connaissance de l'incendie à Aubervilliers la nuit précédente, deux morts, mais pas de son origine criminelle par un  'enfant perdu' de douze ans. L'évènement entre dans la toile de fond, mais je n'y ai songé qu'après coup

42 2014

.

6 juin

poèmes 2014-2017 photo 7 juin

l'homme, le poète, et le moineau

Ma vie se glisse dans la maladie, sa chemise de nuit,
attend une aube et rien
de plus qu'au matin une pluie de surprises

Le poète n'est jamais libre
pourquoi le mettre en prison ?
c'est lui offrir le temps profond de l'écriture

Dehors la foule invente son désert conforme
mon rêve dicte les aventures extraordinaires d'un inconnu qui se dit être moi
qui est le plus sérieux des deux ?

Un vent tombé, un vent se lève. Un vent ici, des vents ailleurs
les vents vont seuls poussés par les nuages
tissés de réactions par les avions

J'ai pris le vol de l'ignorance initiatique
car l'homme croit qu'il sait
je sais qu'il croit - il n'entend pas

d'un moineau le chant vrai
plus que parole humaine
mais que dit-il, ce poids plumes ?

Apprendrai-je jamais à chanter ?

FoSoBo, 6 juin 2014, 15:37-21:22

poèmes 2014-2017

41 2014

.

24 mai 2014

un moment présent sans parole

.poèmes 2014-2017

« Le présent ? mais existe-t-il ? C'est servir une fraction périodique. Je pensais que je servais le présent, et il est déjà passé et déjà avenir... »
Marina Tsvetaeva, Le poète et le temps
, 1932, Le temps qu'il fait, 1989, p. 49

40 2014

.

20 mai

à trompe-temps

Le bonheur nous coûte moins tant
qu'un rêve offre l'odeur du temps

gratuit. C'était grand les vacances,
l'avenir appartient à l'enfance

quand je montais au champ d'en-haut
qu'elle mettait du vin dans l'eau

mon goût était dans sa nature
tout prenait couleur d'aventure

Les livres des grands attendraient
l'heure de confier leurs secrets

les jours passaient avant les rimes
j'étais plutôt chasseur de frime.

D'herbes ferions une perdrix
de mon invention hors de prix

l'esprit déjà tire à la fronde
et sous le front refait le monde

mais la branche attend mon couteau
sur la planche irions en radeau

le saule pour la canne à pêche
le cornouiller pressent la flèche

le frêne l'arc et mon bâton
le sureau vert un mirliton

et j'allions seul avec ardeur
sans le sou sans chien et sans peur

sauf d'une mouche ou d'un crapaud.
Courageux qui joue du pipeau

je rentrais les jambes tremblantes
en pleurs vers la main secourante

chez ma mémé. Si doux nid rond,
l'odeur du temps dans son giron

FoSoBo 20 mai 18:07

poèmes 2014-2017 Jim Daly

« Qui donc est ce temps, pour que je le serve, de surcroît ?

Qu'est-ce donc que le temps en général, pour qu'on le serve ?

Mon temps passera demain, comme hier celui d'un autre, comme après-demain - le tien, comme tout temps passe toujours, jusqu'à ce que le temps lui-même disparaisse.

Le poète sert le temps - c'est vrai - c'est un service par contrainte, c'est-à-dire une fatalité - je ne peux pas ne pas.[...]

Le mariage du poète avec le temps est un mariage forcé. Un mariage dont, comme de toute contrainte subie, il a honte, et d'où il cherche à s'échapper...

Le mariage du poète avec le temps est un mariage forcé et, en conséquence, peu solide...

Servir le temps, c'est servir le changement - la trahison - la mort. On ne peut le rattraper - ni le servir assez bien. Le présent ? mais existe-t-il ? C'est servir une fraction périodique. Je pensais que je servais le présent, et il est déjà passé et déjà avenir...

Servir son temps est une commande acceptée par désespoir...


Il ne reste plus rien à l'athée que la terre et son organisation. »

Marina Tsvetaeva, Le poète et le temps, 1932, traduit du russe par Véronique Lossky, Le temps qu'il fait, 1989, p.47 à 50

39 2014

.

16 mai

à demi-sonnet

L'un dit rien
l'autre, l'indigent
indigène indien,
indiffère les gens

Que faire ?
Un geste
indigeste

FoSoBo 16 mai 18:43

poèmes 2014-2017

38 2014

.

15 mai

« Rien n'est sacré tout peut se dire » Raoul Vaneigem
« Le ventre encore fécond, d'où a surgi la bête immonde » Bertold Brecht 
« Au plus élevé trône du monde, on n'est assis que sur son cul » Montaigne
« Et plus que l'air marin la douceur angevine »
Heureux qui, comme Ulysse Joachim du Bellay

etc.

fin

à la mémoire d'Albert, ami et camarade paysan de Haute-Saône, physicien, mort asphixié à 24 ans par son poêle à charbon, en Algérie, 1973

Rien n'est sacré tout peut se vendre
le prix encor fait qu'on
trône plus bas qu'immonde

La mort construit sa tour aussi haute que si
elle avait le contrôle du ciel
l'horizon aboli la raison engloutie

Ne vois-tu rien venir du haut de tes fadaises ?
« Un homme à la mer ! » quelle idée !
pourquoi pas une femme ?

Mais non, c'est un robot imprimé en 3D
insensible au sale air systémique
au chômage, au fromage de vache, à la magie humaine

Quand la cyberéthique s'empare des masses
l'immatériel est l'avenir de l'homme
pas de robote à dominer

le robot et le rat c'est tout comme
des villes et des champs réuni
il se reproduit biotech-né

Le post-humain est arrivé
à rendre l'ange vain
son genre a fait un beau voyage
heureux comme un nu lisse

en cage sans barreau
sans maton ni béton
sans parents et sans âge
sans douceur sans village

ni baiser ni aimer, ni boire ni manger
ni beauté ni danger
la vie est la non-vie réelle et fonctionnelle

plus de contradiction, résolue sans révolution
l'art révolu résolution
la vérité du rêve est la liberté fictionnelle

Poil au velu rebelle
au policier imberbe
en meute de la faim 

Et qu'habile Berbère
dans ce parfait désert
compte les Blancs mutins

Quel besoin de sommeil ?
demain sera la veille
sans mémoire

Tu verras tu verras
comment commencera
sans histoire

L'éternité
in-oubli-able
une fuite de sable

Un souvenir sans temps 
le vrai moment s'entend
du faux incontestable

Plus de temps plus d'espace
plus de loin plus de proche
plus de lieu plus de place

Et jamais un reproche
inutile l'armure
indifférente différence

Tombes sont tous les murs
et dans les ruines l'essentiel
la solitude du silence

L'ennui universel
d'un immortel commun
règle l'égale égalité

Personne pour chercher
personne pour trouver
personne demandé

Qui dira
le mot
?

FoSoBo 15 mai 2014 01:15

poèmes 2014-2017poèmes 2014-2017
poèmes 2014-2017 si c'est un homme ?

37 2014

.

14 mai

somnifère lunatique

berçeuse pour ma chatte (de race ?)

Le temps s'arrête au point d'orgue
où je donne la plume à mon chat
pour écrire un mot à la lune
« Merci Madame au disque d'or
gratuit à mes yeux de la terre »
Mais la plume du chat fait un ogre
il mange la lune et s'endort

FoSoBo 14 mai 13:12

« Lunatique est un terme généralement utilisé pour désigner un trouble de l'humeur et/ou de la personnalité chez un individu. Ce trouble peut vivement ou lentement se manifester selon les conditions, ambiances ou atmosphères autour desquels se trouve le sujet. Ce trouble peut survenir à tout moment souvent pour une raison méconnue, même chez un individu potentiellement lunatique, et l'humeur peut changer partiellement ou totalement.
En anglais, le terme lunatic ne connaît pas la même définition que celui en français. Ce terme relate un individu mentalement instable, dangereux et imprévisible...
Selon une légende urbaine souvent remise en question, la lune aurait une influence sur certaines maladies mentales. Dans un article du Journal of Affective Disorders de 1999, une hypothèse est suggérée indiquant que la phase de la lune pouvait avoir un effet sur les patients bipolaires en répandant de la lumière pendant la nuit qui affecterait les patients susceptibles durant leurs heures de sommeil...»
Lunatique (psychiatrie) Wikipédia

poèmes 2014-2017 poèmes 2014-2017

36 2014

.

13 mai

Parade

Sais-tu où donner de l'athlète ?
Ce qui te passe par la tête
est perdu de trop embrasser
et ton survol aussi. Assez !

Tes vers se meurent dans la quête
où court ta prose en glose à perte
que tes fidèles vont ramasser
demain sur le net entassés.

Quand ton tout rime en hymne à rien
mieux vaudrait faire de l'atout
un tant soit peu un quelque chose

En tirer profit pas des poses
d'enfer prix pour le paradis
parade itou d'apparat dit

FoSoBo 13 mai 23:20 Sonnet 189

poèmes 2014-2017 Parade 1917 Picasso Cocteau Satie Diaghilev

35 2014

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11 mai

« Le mur, du béton, des fils barbelés tranchants partout donnaient l'impression d'être en prison. » Angela Davis, sur la Palestine Londres janvier 2014

poèmes 2014-2017

cimentiel

Les mots sont entrés dans les ordres
par la porte des théories
C'est la maison d'arrêt du monde
sur images

De mâles matons montent la ronde 
aux murs de nos prisons, favories
des raisons, intérêts et dommages,
de nous mordre

Là, moment des poissons sans chômage -
leurs poisons à la mer, péchés mignons industriels.

Se vouloir dieu devenir diable
c'est leur travail immatériel...

Mais auront-ils assez de sable
pour cimenter nos ciels ?

FoSoBo 11 mai 2014 20:23 Sonnet 188

 Sonnet 188

34 2014

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10 mai

l'affût

un bouton bleu sous la paupière
a fui
il a fait nuit

FoSoBo 10 mai 22:57

poèmes 2014-2017

33 2014

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ta guerre

naguère à fleur de peau
sur le tambour du temps
sans timbre ni rebord

ta guerre a beau redire
rebondir à rebours
rétorquer à bon tort

ta guerre
n'est guère qu'un bouton
comme un rebut d'acné 
sur le bout de ton nez
abus d'atout

ta guerre
elle sait tout 
et lasse de silence
elle tombe damnée
de nuire et de non sens

ta guerre étrangle des moustiques
étrangers domestiques
oui et non de famille

ta guerre
se donne un genre
élastique et glouton

ta guerre a pressé le bouton
et le passé ressort
rouge et bleu comme un songe

FoSoBo 10 mai 22:30

« Le bouton disparaît dans l’éclatement de la floraison, et on pourrait dire que le bouton est réfuté par la fleur. A l'apparition du fruit, également, la fleur est dénoncée comme un faux être-là de la plante, et le fruit s’introduit à la place de la fleur comme sa vérité. Ces formes ne sont pas seulement distinctes, mais encore chacune refoule l'autre, parce qu'elles sont mutuellement incompatibles. Mais en même temps leur nature fluide en fait des moments de l'unité organique dans laquelle elles ne se repoussent pas seulement, mais dans laquelle l’une est aussi nécessaire que l’autre, et cette égale nécessité constitue seule la vie du tout » Hegel, La phénoménologie de l'esprit, Aubier, Editions Montaigne, Paris

poèmes 2014-2017 Bouton Rouge Moody Blues live 1968

32 2014

.

6 mai

vertige

dans le monde où je sombre
sans trêve
nous se met en abîme de n'être
que l'ombre sur l'écran
d'un rêve
                   :
naître

FoSoBo 6 mai 2014 15:28

poèmes 2014-2017

31 2014

.

2 mai

la liberté

la liberté existe je l'ai rencontrée
un soir entre deux portes
bonheur en sa propriété
unique et trop blâmée

vous n'irez plus au chants
les bergers sont passés
les étoiles montrées
sont éteintes

le temps de venir éclairer
l'ardent fourré d'épines
à l'ancienne

s'ouvre une école buissonnière
au vert printemps aqueux
ha que c'est beau là que

l'on sème

FoSoBo 2 mai 22:21 Sonnet 187

« Nous n'irons plus au bois » Les Quatre Barbus et Lucienne Vernay

poèmes 2014-2017 Moïse et le Buisson ardent Raphaël 1515

30 2014

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l'herbe et la ville

fabliau

l'herbe et la ville ont fait rencontre
on ne sait où, on ne sait quand
depuis ces dames se racontent
n'ayant rien à taire à Lacan

les uns sont pour, les autres contre
les deux au dur bain des cancans
s'accordent à régler le compte
d'un vil à l'herbe éradiquant

par la racine ou qu'il attige,
déprisant son long feuilleton,
la belle idylle : qu'en dira-t-on ?

car s'il n'existe herbier de ville
ce n'est pas drôle et humain trop
mauvaise herbe aime le métro

FoSoBo 2 mai 18:52 Sonnet 186

« Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus.» Ralph Waldo Emerson

poèmes 2014-2017 par la racine ?

29 2014

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in out

pair,

l'étranger domestique éprouve la main de viande
qu'ingère un frère mort
par la fenêtre intruse du sommeil

quand tout l'est devenu rien n'est plus légitime
la vie s'oublie en sa demeure
l'individu est allogène

à quoi ça rime ?
de quoi ne meurt ?
en quoi ça gêne ?

quand la raison s'endort s'éveille un corps
c'est la vie chair
l'existence friande

in out

impair,

la main de viande éprouve l'étranger domestique
l'indigeste frère mort
intrus du sommeil

rien n'est plus légitime que tout
en sa demeure s'oublie de vivre
l'individu allogène

prime au décor
meurt la raison
que voilà taboue

le corps veille
la vie chair
friandise exquise

in out

et gagne

l'étranger domestique la viande
d'un frère mort de sommeil
que la main éprouve

rien ne légitime le tout
l'individu hors sa maison
la vie sort de raison

un corps tabou
rime au décor
la bonne mœur

de faim s'éveille
friande chair
sans mauvais goût

FoSoBo 2 mai 16:36 / 22:03

« the most complicated free improvisation seem logical...» Scott Yanow

poèmes 2014-2017 vidéo

1964 Kenny Dorham (tp) Joe Henderson (ts) McCoy Tyner (p) Richard Davis (b) Elvin Jones (d) Full Album

28 2014

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27 avril

polluimini

perdu dans ce village tu cherches un chemin vers la ville
là vers le ciel qu'elle dépeuple d'étoiles
firmament de poisons liminaires

le rêve dit qu'aussitôt arrivé tu seras dérouté
c'est heureux
la pensée construit le passé, traduit le présent, introduit
l'avenir

te souviens-tu, vingt ans déjà, cette peinture découpée en morceaux offerts à tes amis d'un peu partout
chacun avait la liste des autres, mais aucun ne reconstituerait jamais le puzzle

un monde sait
un monde sent
personne est con

un monde à l'œil cerné
de l'intérieur intime
un ordre constellé

son cri au bord s'abîme

FoSoBo 27 avril 17:44

poèmes 2014-2017 F. Delbord

27 2014

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22 avril

New Blue

poèmes 2014-2017

qu'à vos yeux plaise

adieu l'ascèse
mètres anciens maîtres envieux
adieu mesure adieu synthèse allez sans ciel

ailes sans zèle
à l'essentiel
elles et nous

bonjour voyelles
ave voyou
chantez youyous

you best regards
bleus par hasards
new Blue thank you

FoSoBo 22 avril 2014 18:34 Sonnet 184

[c'est un chat qui parle] « On voit ainsi que les hommes ont beaucoup plus de temps à perdre que les chats, et on comprend pourquoi ils aiment à inventer toutes ces sottises pour tromper leur ennui.» Natsume Soseki  Je suis un chat 1905

26 2014

.

7 avril 2014

l'économe

quand c'est fini ça recommence c'est
l'imparfait du subjectif c'est la porte du ciel
c'est le pauvre qui l'ouvre

comme un couteau à éplucher
la peau des mots sur la lèvre la chair
décousue de fil rouge

les prêtres de retour déguisés en savants font semblant de loucher
leurs fois fantoches les confondent
leurs paroles s'annulent, langage fossoyeur

la bouche écaillée du mentir
crache sa cendre froide
et la salive aux sangs se mêle en baisers pour la trahison

elle est venue, la vérité n'est plus à découvrir
tuée d'écrits exténuée de maux elle est nuée nouée en langues
et nue portée comme un linceul

Tourne la page et tu verras
la nuit le jour qui vient l'étoile sans berger
comme à la pleine lune un silence de loup

la courbe un saint parfait sur le mur de l'église
et l'ombre d'une verge au vent de la révolte

ne crois jamais mon fils
ne crois jamais celui
qui se donne un air de savoir

il n'est que l'ignorant de son erreur si belle
qu'il s'y mire en Narcisse borgne
sous les yeux ébahis d'Écho prise à la gorge

la vie pour qui l'étreint se suffit à elle-même
comprendre est le pouvoir de mort du bavard de l'occultation
bâtard de son occupation contre l'ennui d'être inutile

la vie remonte à la surface il va se taire enfin
purger sa peine seul à seul
et fouiller la mémoire de sa honte éclairée

il ne parlera plus
il ne parlera plus qu'à lui-même
il sait qu'il s'est trompé du début à la fin

il ne sait pas comment le dire
il a peur qu'on l'attende encore

FoSoBo 7 avril 2014 06:37

dédié aux populations chinoises en lutte contre l'usine à pétrochimie

25 2014

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24 mars 2014

poèmes 2014-2017

pour un printemps

ma chatte est morte
et c'est raté

elle n'était
pas le chat botté

elle mettait
sa patte à côté

de la rate et
de son pâté

ma chatte est morte
et c'est raté

FoSoBo 24 mars 12:07

ma chatte

Si tu veux ma chatte
attraper la mouche
ne crains qu'elle touche
au bout de ta patte

Tu n'es guère adroite
que pour mettre en bouche
de boîte si louche
le pâté de rate

Mon pauvre Steinlen
que sont tes félins
si fiers devenus

Ces chats de gouttière
à la griffe altière
Minette ingénue

FoSoBo, 28 mars 18h25

à Théophile-Alexandre Steinlein

poèmes 2014-2017

Ma chatte est morte ce matin, comme chante Françoise en Malherbe hardi. Nora, c'était son nom, qui se prononce en japonais nola, 'nola-néko' étant équivalent à notre 'chat de gouttière'. Elle était en réalité la chatte de mon fils, un cadeau pour ses 5 ans, elle avait 5 mois... ils étaient 'frère et sœur' à un point surprenant, elle se précipitait vers lui quand il se faisait mal, ils faisaient la boxe... Ma compagne était plutôt pour elle dans le rôle de la mère, et moi du père fouettard, dont elle avait peur comme de tous les hommes, je ne sais pour quelle raison. Depuis six mois, suite à une attaque cérébrale, elle était paralysée du train arrière, et demandait des soins réguliers, pour la nourrir, la faire propre... ce qui n'était possible que par ma présence 'à la maison'. De ce fait elle était devenue très câline avec moi... De chacun selon ses besoins... 

24 2014

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22 mars

« [à propos de 'Home'] je voulais raconter le processus par lequel on devient un homme. Pour mieux dire : un être humain. Car devenir un homme, ce n'est pas suffisant. Devenir un être humain, voilà ce qui est important. Et c'est plus difficile, ça demande plus de force et de bravoure. C'est un processus où n'intervient pas seulement la capacité à se défendre, à faire la guerre, à tuer s'il le faut, donc l'exercice de la violence, mais au contraire et plus fondamentalement la capacité à prendre soin d'autrui. La compassion. Le souci de l'autre. Il me semble que les femmes y parviennent mieux que les hommes — vraiment je le crois.»
Toni Morrison, “
Ecrire des romans, c'est faire apparaître les gens ordinaires qui ne sont pas dans les livres d'histoire” Interview août 2012

le chemin des lucioles

vers l'infini sans carte
mettre le cap à l'inconnu
écartelé, sans territoire à vivre

régler nos comptes avec
les poussières d'usines pour travaux superflus, l'ennui organisé des foules solitaires, l'empire des écrans ses riens à voir absolument, les ciels sans nuits de jours sans lendemains, l'amour empoisonné par l'homme à femmes, la rente des sondages, les analyses d'urnes, le rance national et la prison globale, les jeunes dégagés et les vieux encagés, la chanson engagée, la relation sans flamme et la femme olympique

abandonner aux vents les dunes du savoir

renvoyer d'une chiquenaude l'horizon à ses études
bord à l'autre des temps oublier les horloges

pour tendre
affamé de mémoires
une main vide à l'hirondelle

et migrer

l'âme à la promenade
contre un effondrement de plus
et toi, mon cœur, marchant à mes côtés
cueillant ces dernières jonquilles

et moi t'offrant
sous une pluie de cerisiers intimes
cette plume de geai, bleue d'une renaissance

des lucioles ouvriront les chemins sans poser de questions aux ténèbres

un coucou chantera, un ruisseau répondra

alors nous nous perdrons avec bonheur

FoSoBo 22 mars 09:16

poèmes 2014-2017

23 2014

.

20 mars

le sourire du pompier

une image qui parle
un livre qui se tait
un silence qui hurle
un prêtre à qui ça plaît
une fille qui brûle
un père qui savait
un soldat qui s'alarme
une banque qui fume
un pompier qui passait
lui demande une cigarette et va s'asseoir au bord du fleuve
il y baigne les pieds, sur les lèvres un sourire

FoSoBo 20 mars 18:07 / 21 mars

22 2014

.

des veines

Tu creuses ton retard
avec un œil de l'un
d'un autre le regard
aiguisé en commun

L'un te montre la lune
l'autre se mord les doigts
Ainsi mis en commune
chacun peut ce qu'il doit

Elles viennent Ils s'en vont
ils prennent des savons
pour accrocher les cœurs

Sur les murs pas la peine
de dessiner la haine
Ils s'en vont Ils ont peur

FoSoBo 20 mars 17:17 Sonnet 184

poèmes 2014-2017

21 2014

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la mort, la page et le papillon

la vie dit le brouillon
la page est cent papiers
tout est là tourbillon
rien ne la fait plier

la mort échantillons
referme ses charniers
s'y pose un papillon
qui nous fait l'oublier

demain est déjà las
d'aujourd'hui qui s'en va
sur la pointe des pieds

tu marches et fais des vœux
tu danses sur des œufs
rien ne te fait prier

FoSoBo 20 mars 16:27 Sonnet 183

poèmes 2014-2017

20 2014

.

18 mars

D comme Dense

entrée dans la danse

 
[avertissement]

Latour, prends garde ! 

l'atour, prends garde qu'en
sévère militant
tu peux franchir le pas
sur un air militaire
en vers de mirliton

si tu ne fais danser
nul ne prendra son pied
on t'enverra valser
en traversant les clous

[méthodologie]
au premier temps de la val-
se, tu les fais tourner
à sept temps

au deuxièm' temps dans la va-
gue, tu les vois perdus
c'est marrant

au dernier temps dans la va-
se, tu nettoies les tiens
vers d'antan

[la nuit passe]

au matin donne la mesure
l'hygiène aidant un verre à dents
que le soir venu ils assurent
pas affranchi du french clinquant

[plus tard]
en voiture et que ça tour-
ne, on n'a pas tous les jours
dix-sept ans

nous allons dense et sans car
tiers car nos poules ont
déjà des dents

FoSoBo 18 mars 00:07

Latour, prends garde ! est une chanson dialoguée, construite sur un air de chasse de l'époque de Louis XV. Le Duc de Bourbon dont il est question ici serait le connétable de Bourbon, cousin de roi de France François 1er. Charles de Bourbon participa à la bataille de Marignan, mais en 1521, le décès de sa femme, petite-fille de Louis XI, morte sans enfants, est la cause de sa brouille avec François 1er pour des questions d'héritage. Dépouillé, il choisit de trahir son maître et se retrouva avec Charles Quint dans les rangs des vainqueurs de Pavie.

poèmes 2014-2017 Toulouse-Lautrec 1889

19 2014

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17 mars

P comme Poétique

reprendre mon langage at Point Zero, viser la poésie totale en sa mémoire alliée à l'histoire misée dans un présent sans muse, revisiter les vers des autres, dans la langue amusée des hôtes de la profondeur artistique, théorique, sociale véridique, humheuristique en musique sans tic

que taire ? rien, car le vacarme assure en son bruit blanc

que faire ? simple, pour être lu par ma grand'mère de toute éternité

A comme Adam

poèmes 2014-2017 Wojtej Siudmak

The Big Apple

Voici l'ardent Adam
en homo fabuler
portant sur son épaule
d'Adam Smith le mystère

D'un côté vient sa pomme
de l'autre ces Miss comme
à miser notre terre
avec des airs paumées

Où s'étend la misère
s'éteint la liberté
d'un soleil limité

Allé loin sans la mer
en désertant l'été
fini l'éternité

FoSoBo 21:31 Sonnet 182

j'ai écrit ce poème d'après l'image, et non cherché l'image pour le poème comme ci-dessous, d'où leurs places respectives. The Big Apple est un surnom de New York

18 2014

.

Adam sans Ève

Pas un mot d'ordre
ne fait l'amour
à tordre
la raison

mon désordre est définitif
pas un slogan
à prendre
avec des gants

de ménage adroit
pour homme
en retour d'âge
à la saison des leurres

à l'heure du crime au net
la banque du sperme est ouverte
sept jours sur sept
à zéro

double-monsieur
trouble mes yeux
et vous me dites :
- c'est rien médite

sur ton propre cas qu'as-tu dis
caricature car tu l'as tu
l'as pas raté, carapaté
en empoté il s'est cassé

tout doucement nobody say
où l'emporte son vent mauvais

Very slow game
but no slogan
pas un mot d'ordre
sous l'Adam

FoSoBo 17 mars 20:23

poèmes 2014-2017 poèmes 2014-2017  PP Rubens vers 1597-1600

17 2014

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grand ensemble

En bon bougre mauvais
de sa vie pas facile
Je le regarde en face
il me croit dans les cieux

Ainsi nous font les choses
énigme en chambre éclose
sans tract, du distractif
intact, dubitactif

Rien n'est plus comme apprêt
vu d'un haut paravent
le sens y va labile
et la bile à la mer

La loi yest modérée
on peut s'y noyer libre
en mots frais naufragé
sans sombrer à l'amer

ni attendre la fin
en intendant la faim
quand l'appétit de vivre
est plus grand que la mer

FoSoBo 17 mars, 19:06

poèmes 2014-2017 la maison tesseract  Rose-May Thepenier

16 2014

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A comme Aujourd'hui

poèmes 2014-2017

Tout fut dit
par dessus sans dessous
et le reste est de conflit dur
sans la culture
sans le crédit
plantez leurs sous

Gardez vos haines
brisez vos chaînes
tuez leurs chiens
coupez leurs liens

Tout à dire
sans dessous c'est plus sûr
ça restera où ça ira
à la fracture
et là prêt à partir
qui virera verra

FoSoBo 17 mars 2014, 15:28 Sonnet 181

All was said
from above without below
the rest is hard conflict
without culture
without credit
plant their pennies

Keep your haines
break your chains
kill their dogs
cut their links

Everything must be say
not below it's safer
It will remain where it will go
to fracture
and then ready to go
which will change will see

15 2014

.

15 mars

poèmes 2014-2017 1989 papier journal Huma  sur Canson A3 collage sous influence de Jirí Kolár

en pur style bourgeois

gageons qu'ils se tairont

comme au temps de Villon

sans haine on les aura, Verlaine et cetera

telle chanson tel con

muette sans pardon

pour soi

 

14 2014

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11 mars

flûte sous la lune

douce nuit du rossignol

à l'aube s'est tue

FoSoBo 06:01 haïku, Tenka, Senryu... formes japonaises ou dérivées

depuis quelques jours, un rossignol philomèle se met à chanter vers 2 heures du matin, et n'arrête plus avant le jour levé. L'endroit est pourtant plutôt urbanisé, mais si je n'ai en guise de jardin qu'une terrasse utilisée comme tel, il en est tout alentour du bâtiment. Étrange alchimie de sentiments entre bonheur physiologique et ne pas fermer l'œil de la nuit. Mes rythmes sont absolument décalés d'un jour à l'autre, je dors quand le sommeil me prend, présent pour les repas communs, que demander de plus ?

le rossignol philomèle est très courant en France, mais peu observable, sinon par son chant, un des plus variés qui soit

13 2014

.

9 mars

revanche

à Bobby Lapointe Revanche

vous m'auriez donc pris
pour un Jacques

et péri maître
en jacquerie

n'aimez-vous point mes jeux de mots vieux ?
facile ? votre monde est-il neuf ?

de vos savoirs vous voilà veufs
je rions de vous savants pieux

Jacques a tant dit
que j'entendîmes

n'attendez plus de moi la dîme
je nous paierons plus que vos têtes

et vous rembourserez mes dettes
en me priant d'en rire en rime

et jacquerie
car Jacques en rit

FoSoBo 9 mars 20:32

poèmes 2014-2017 hot dog

12 2014

.

la danse du balai

traîne sur place
un parfum désuet
de suaire
sans sueur

mémoire fait défaut
l'identité perdure
en conjections fétides
se retrouve sans être
dans ses corps en décombres

il pleut des algues vertes
sur la plage du verbe

en messages codés
j'envoie des étincelles
reçues d'une inconnue
volant sur un balai
comme on danse à Bali

craignez hommes en armes
sur vos scènes en toc
de choir dans votre vide
un poignard dans le bide

et qu'un rien vous antique
et que tout vous échappe
et que nous soyons tout

FoSoBo 9 mars 18:16

poèmes 2014-2017 Tomoe Gozen

11 2014

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pourtant tourne le vent

« Le froid et le silence. Les cendres du monde défunt emportées çà et là dans le vide sur les vents froids et profanes. Emportées au loin et dispersées et emportées encore plus loin. Toute chose coupée de son fondement. Sans support dans l'air chargé de cendre. Soutenue par un souffle, tremblante et brève.
Si seulement mon cœur était de pierre.»
Cormac McCarthy, La route

sous le vent d'Est en Ouest
sur la table s'efface
l'étiquette du temps

brûlés décors de fermes
des corps de femmes fument
la langue encore vive
en mots d'amours d'hier

sous le vent d'Est en Ouest 
le soleil prend son bain à l'envers 
sur la nappe entre les bulles rouges
du cloaque

les moteurs sont éteints
dans l'essence du crime
aux reflets d'ors en flaques

sous le vent d'Est en Ouest
grenouille dans la boue un homme
à l'air de parenté avec un autre
white and black

qui marche à nos côtés
sans peur ni pompe
ou raison de périr
sous le vent d'Est en Ouest

sur la main du cadavre
un papillon se pose
alors ce chant d'oiseau

sur le vent d'Ouest en Est

FoSoBo 9 mars 2014 16:27 Poèmes 2014

poèmes 2014-2017 Gabby Steel

10 2014

.

3 mars

« Chaque époque rêve de la suivante » Walter Benjamin

relai gâteux

ils n'avaient plus ces questions sans réponse
formant le rêve
et armant le futur

ils étaient au passé du présent
des morts vivant
de faux espoirs

nous sommes les «sans noms»
sans horizon sans illusions
à nos raisons de faire

relégation

« Le temps benjaminien a ceci de particulier qu'il se rebelle contre l'historicité de la conscience. C'est pourquoi il la double en la prenant de vitesse, afin de ne pas laisser au destin le dernier mot. On songe ici au geste de Benjamin dédiant la construction de l'histoire « à la mémoire des sans-noms » et, plus généralement encore, à tout passé exigeant réparation et rédemption : « Il y a un rendez-vous mystérieux exigeant entre les générations défuntes et celle dont nous faisons partie nous-mêmes. Nous avons été attendus sur terre. Car il nous est dévolu à nous comme à chaque équipe humaine qui nous précéda, une parcelle du pouvoir messianique. Le passé la réclame, a droit sur elle. Pas moyen d'éluder sa sommation. L'historien matérialiste en sait quelque chose. » 'Philosopher dans la forme du temps' (récit, expérience et révélation) Danielle Cohen-Lévinas, revue 'europe' avril 2013, Walter Benjamin

Nous n'avons plus de nom nous sommes les sans
Noms
nous n'avons plus de dieux nous sommes les
Sans horizon sans illusions et laissant
Les murs désolants les maisons isolées
Aux facteurs de ruines maculées de sang
Nos mains déduisent des lieux la parole et
Vont se fondre en chairs et autres en dansant

la peau traverse les langages 18 octobre 2003 POÉSIE POUR LE FAIRE

9 2014

.

22 février
à propos du colloque «Penser l'émancipation» à Nanterre

sonnons les matines

quand le capital se repose histoire 
d'enfiler 
aux luttes de classe un suppositoire

leur penser 
pour nous, pauvres et vilains 
frêles frères Jacques, nous endort trop bien 

sonnons-les mutins

Frères Jacques, Traditionnel French Song

8 2014

.

On compense à Nanterre
C'est la faute aux cocos
On bêle libertaire
Hélas ya pas photo

On est laid à Nanterre,
C'est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C'est la faute à Rousseau.

Joie est mon caractère,
C'est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C'est la faute à Rousseau.

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à...

Victor Hugo Les Misérables 1862

7 2014

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20 février

ceci n'est pas un sonnet

si tu ne vas pas au cinéma 
le cinéma viendra à toi
 le 
cinéma dit 7ème art 
toujours dépassé par la

réalité fait au présent son cinéma 
mise en scène du capital 
budget l'horreur des jours la nuit 
pour tout le monde c'est gratuit

nous sommes tous au cinéma 
soit actrice de ta vie 
de ton propre rôle figurant

mais paye-toi de retour 
avec un lance-pierre 
allons-y gaiement

sonnet 180

6 2014

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19 février

poèmes 2014-2017

AFP Serguei Supinsky

à cran l'Ukraine

morts ukrainiens
cœurs nous en saignent

nos corps chagrins 
sang de leur haine

notre heure vient 
dame ukrainienne

capital craint
son temps s'éteigne

sur nous qui règne 
l'argent n'est rien

FoSoBo 19 février 2014 15:37

5 2014

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7 janvier

le genre impur

Une grande femme de taille moyenne
Cherchant une botte à son pied

N'y trouva qu'un homme en neuvaine
À ses genoux prêt à expier

« Ôte-toi de mon ombre, dit-elle
Je ne suis pas en sainte à prier »

Le petit homme un nain à peine
Les yeux sous ces seins baissés

Ramassa sébile et gamelle
Et plus loin se remit à mendier

FoSoBo, 7 janvier 2014, 10h15

4 2014

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1er janvier 2014

D'un pas frenchy divine enflûre
Patlotch nouveau est à rimer
Cette année s'annonce à l'amer

Vieux veilleurs neufs et pieux chichi
Arriba meufs et Ka d'anciens

Toi Béotienne moi béotien
Meilleurs vœux ma fidèle inconnue

Les femmes mariées, notamment les Béotiennes selon les textes antiques, portaient de lourds manteaux qu'elles utilisaient parfois pour se couvrir le visage. Les mouvements de danse représentés ici font supposer qu'il s'agit de la transcription des pas d'une danse rituelle, dite danse au manteau. Ce type de représentation apparaît sur les vases dès le Vème siècle avant Jésus-Christ. Les figurines attiques, surtout les béotiennes, sont plus généralement datées de la première moitié du IVème siècle avant Jésus-Christ. Source

poèmes 2014-2017

3 2014

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23 novembre 2013

C'est reparti, comme en-cas torse, à consommer sans modestie. Comme d'habitude (avant, quand c'était mieux), j'ai rien à dire a priori mais je l'dirai quand même, ça fait du bien, et si ça plaît tant mieux, si ça pleut pas tant pis, on attendra la belle saison, quand un nuage apportera la paix, aux braves, la guerre, aux cons, le jazz, aux méritants, la classe, aux élégantes, le communisme, ah ça ira ça ira, on les aura, pardi, et sans parti, c'est reparti !

1 2014

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