George RUSSELL, entre Ellington et Zappa

 

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George RUSSELL, entre Ellington et Zappa 

Voir le sujet complet RUSSELL George, théoricien, compo, argt, percussions

Message par Patlotch le Mer 18 Sep 2013

Poursuivant, après John Lewis et Gerry Mulligan la destinée des arrangeurs du grand orchestre de Gillespie à la fin des années 40, nous arrivons à George Russell, compositeur d'une de ces pièces les plus novatrices, Cuban-be, Cubano-Bop.

On y trouve plusieurs ingrédients que le compositeur-arrangeur utilisera toute sa vie: les percussions afro-cubaines, une simplicité mélodique nouvelle, le goût des masses orchestrales puissantes, bien qu'il n'ait cessé par ailleurs de jouer en sextet. Mais cela n'épuise pas son œuvre.

Celui qui fut d'abord batteur, pianiste, et compositeur arrangeur pour Earl Hines et Benny Carter s'engage en effet dans l'élaboration théorique. Le Lydian chromatic Concept of tonal Organization mérite un détour pour deux raisons : comprendre et apprécier sa musique d'une part, et d'autre part son influence déterminante sur le devenir du jazz, dès lors que s'en emparent des musiciens tels que Miles Davis, John Coltrane, Bill Evans, Eric Dolphy, Ornette Coleman, ainsi que les arrangeurs de grands orchestres, Mulligan, Gil Evans, Sun Ra... Ce concept est la base sur laquelle se développera le jazz modal, une rupture avec l'harmonie de la tonalité, particulièrement les enchaînements du be-bop, une plus grande liberté mélodique... Bref, une source qui inspirera par exemple Kind of Blues, Miles et ses musiciens maîtrisant déjà ces apports théoriques.



Avant de présenter succinctement cette théorie, il faut dire que Russell fait l'admiration de tous dans le milieu du jazz, tant pour ses œuvres d'une beauté inouïe, que pour ses apports théoriques. Il est comparé à un Duke Ellington moderne, pour sa vision totale de la musique et du jazz, jusqu'à la dimension philosophique. Mais pourquoi pas à un Zappa du Jazz ? Il en partageait l'intérêt pour Stravinsky. Le personnage n'en demeure pas moins modeste, et très attachant.

George Russell maîtrisait parfaitement le langage des fanfares dixieland et du jazz swing, du blues et du boogie-woogie. Il fut, selon le mot d'Eric Dolphy, un « passeur » entre le classicisme, la modernité, et la postérité du jazz.

Sa musique tient tour à tour en ensemble du rock-and-roll, des folklores maghrébins, des polyrythmies africaines, du be-bop et du jazz modal, de Schoenberg, Bartok, Messian ou Stockhausen, de la musique électronique... et surtout de ses propres conceptions. On comprend dès lors que son influence dépasse la musique de jazz.

J'aborderai d'abord la théorie, avec des documents et témoignages, puis la musique, les disques et extraits. Compte tenu de l'importance de ce musicien je le ferai dans un sujet séparé. Voir > http://jazzitude.forumactif.com/t4376-george-russell-le-jazz-moderne-et-au-dela