Van EPS George, 7Strings Guitar, pédagogue

 

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Van EPS George, 7Strings Guitar, pédagogue 

George Van EPS

Je l'ai posé comme jalon de cette histoire, parce qu'avec lui, plusieurs choses changent relativement aux précédents : guitare électrique, 7ème corde grave, doigtés, plus le projet explicite de jouer comme un pianiste (lap's piano). Sauf erreur, Epiphone, le grand concurrent de Gibson, lui adapte en 1938 un manche 7 cordes sur une Archtop Hollowbody Deluxe de 1931. Il accordait la 7ème en LA pour doubler la 5ème à l'octave inférieure sur la même frette, mais perdait ainsi l'intervalle de quarte entre cordes, donc les doigtés de gammes et intervalles habituels (j'y reviendrai).

Van EPS George, 7Strings Guitar, pédagogue


Une video le montrant en solo




On en trouve d'autres, en compagnie de son disciple Howard ALDEN, ici : George Van Eps & Howard Alden Night and Day


Le système VAN EPS


Sa technique est largement développée dans son ouvrage en trois tomes désormais classique, Harmonic mechanisms for guitar, trois pavés de 3 à 400 pages, les partitions étant manuscrites, sans tablatures (comme Jimmy WYBLES, il y était opposé, sans doute en raison des nombreuses possibilités de doigtés à exploiter pour tel passage, tel intervalle, tel accord).

Je n'ai que les deux premiers, jamais travaillés exhaustivement, mais j'en possède le principe sur le bout des doigts, pour ainsi dire... Une particularité est qu'il s'appuie sur un système d'intervalles et triades, ouvertes ou fermées (cad en pratique ~~ avec ou sans saut de cordes), à partir desquels entre autres un Pierre-Jean GAUCHER développera son style ("Des intervalles aux triades", Birdland, 1998).
On a donc affaire à une construction de l'harmonie par les intervalles et triades, à laquelle s'ajoute, à partir de la note basse, de la note aiguë ou de l'intermédiaire, soit vers le haut, soit vers le bas, des morceaux de gammes qui permettent de relier ces éléments entre eux.

Formulé autrement, cette technique permet, à partir d'une intervalle (deux notes jouées simultanément) d'avoir une note soutenue pendant qu'on développe un trait mélodique soit vers le haut, soit vers le bas, soit entre les deux.

C'est la base du système qui permet à Van EPS de jouer simultanément basses, harmonie et mélodie.

J'insiste sur cet aspect. On le verra, ni Joe PASS ni Jimmy WYBLE ne fonctionnent comme ça, du moins pas systématiquement ni exclusivement. En ce qui me concerne, ayant appris la guitare jazz avec Pierre CULLAZ, et d'emblée "ses" deux ou trois séries d'accords à quatre sons (comportant tierce, quinte, sixte ou septième) et leurs renversements ou enrichissements sans quinte, je n'ai pas pu revenir à ce système Van Eps. J'en ai adapté le principe, jusqu'à découvrir l'an dernier Jimmy WYBLE, qui me permettait de faire la jonction, en même temps que d'autres séries d'accords décrites par Ted GREENE (liens plus haut, j'y reviendrai).

Positions de gammes et positions d'accords

J'ouvre une parenthèse sur une question technique en relation avec l'histoire, l'évolution de la guitare de jazz.

Avant l'arrivée des guitares électrifiées (niveau sonore relativement à l'orchestre, à un sax...), avant Charlie CHRISTIAN et Django REINHARDT, on peut dire que le jeu mélodique, en single notes, n'était pas aussi développé, et surtout qu'il était davantage fondé sur des positions d'accords (ou leurs renversements) que sur des doigtés de gammes en positions (les gammes 'de' Segovia, celles 'de' Cullaz etc.).
Les gammes en position, cad sans déplacer la main dans le sens du manche, faciliteront, pour le pire et le meilleur, l'apprentissage de l'improvisation par les "modes" correspondant à tels accords. Bucky PIZARRELLI (une référence pour la "seven Strings' guitar") parle de cette évolution, lui-même appartenant plutôt à la vieille école, sans parler de son étude de la guitare classique.

À mon sens, l'approche 'autour des positions d'accords', est plus propice à l'insertion d'accords dans le jeu mélodique, que l'apprentissage de gammes séparé de l'apprentissage d'accords. Il n'est donc pas étonnant de voir un Kurt ROSENWINCKEL ponctuer facilement ses solos d'harmonies, qu'il a sous les doigts en disciple de Van Eps. Dans le genre aussi, le merveilleux Ed BICKERT...

L'influence de Van EPS est aussi considérable que celle de Charlie CHRISTIAN, mais elle se fait souvent plus discrète parce que rarement utilisée de façon complète, par exemple pour des passages en intervalles joués en double stroke (deux notes simultanément) avec lien mélodique, technique utilisée bien au-delà du jazz...